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NUMÉRO 20
NUMÉRO 20

PERSPECTIVES

Réseaux

intelligents

p.15

Pour une nouvelle interactivité entre consommateurs et fournisseurs d’électricité.

ÉLECTRON LIBRE

La Russie, incontournable pour l’Europe ?

DÉCRYPTAGE

Des Européens plus favorables au nucléaire

p.10

p.12

alternatives

www.alternatives.areva.com

Parler autrement de l’énergie

NANOTECHNOLOGIES, MOUVEMENTS CINÉTIQUES, MATÉRIAUX INTELLIGENTS…

15 INNOVATIONS POUR L’AVENIR p.04

Le graphène présente des propriétés hors du commun, dont la résistance en particulier, qui ne cessent de surprendre les chercheurs. Un matériau à suivre de près…

SOMMAIRE

DOSSIER POUR

DOSSIER

POUR

15 INNOVATIONS 04

L’AVENIR

Quel sera notre avenir énergétique? Il sera fait d’une combinaison de multiples ressources et technologies. Énergies fossiles, renouvelables, nucléaire contri- bueront à satisfaire la croissance de la demande. De nombreuses initiatives se multiplient qui, mises bout à bout à petite ou grande échelle, peuvent représenter une alternative non négligeable.

peuvent représenter une alternative non négligeable. alternatives économisons-la! 1 e r trimestre 2009

alternativespeuvent représenter une alternative non négligeable. économisons-la! 1 e r trimestre 2009 Directeur de la

économisons-la!représenter une alternative non négligeable. alternatives 1 e r trimestre 2009 Directeur de la publication:

1 er trimestre 2009

Directeur de la publication:

Michel-Hubert Jamard. Rédaction: Thierry Piérard, Virginie Lepetit.

Crédits photos: Pasieka

Science Photo Library (couv), CNRS Photothèque/C. Lebedinsky (p. 3), Flaq, détail

Lightpiece éditée par Saazs, dessinée par Tomas Erel

(p. 4), Courtesy of Worcester Polytechnic Institute (p. 5),

Jernhusen (p. 5), Morgane Le Gall « Nature versus Technology » designed by Arik Levy and produced by Saazs (p. 6), LMCU (p. 7), David Freund/Photodisc-

Gettyimages ® (p. 7), Electric Power Research Institute

(p.

8), Alberto Villarreal (p. 9), Patrick Gillooly, MIT

(p.

9), IEA (p. 10), Siemens (p. 15), Xcel Energy (p. 16),

Ted Mead/Photolibrary.com/Photononstop (p. 17), CIEMAT (p. 18), George Doyle/Stockbyte (p. 20). Illustrations: Mr Suprême (p. 11), A. Dagan (p. 12).

Conception et réalisation: www.areva.com
Conception et réalisation:
www.areva.com

: 8540

Les opinions exprimées dans ce magazine ne reflètent pas nécessairement celles d’AREVA et n’engagent que leur auteur.

ISSN 1637-2603

Conformément à la loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978 modifiée par la loi du 6 août 2004, toute personne dispose d’un droit de modification ou de suppression des données personnelles la concernant. Ce droit peut être exprimé par voie postale auprès de T.M.S.

droit peut être exprimé par voie postale auprès de T.M.S. Certification papier (novatech gloss) : pâte

Certification papier (novatech gloss) : pâte FSC de source mixte et ECF (sans chlore), ISO 9706, ISO 9001, ISO 14001 conforme à la directive 98/638 CE relative à la teneur en métaux lourds, contact alimentaire norme 89/109/CEE. Encres utilisées dites écologiques (100 % végétales).

© 2009 AREVA.COM

L’énergie est notre avenir,

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V
V

DÉCRYPTAGE

Des Européens plus favorables au nucléaire

L’Eurobaromètre souligne l’évolution significative de l’opinion publique en faveur du nucléaire face aux défis énergétiques du XXI e siècle. Au-delà des avantages désormais largement reconnus de cette source d’énergie, demeurent des interrogations sur la gestion des déchets.

L’ESSENTIEL Recherche, environnement, transport… L’actualité de l’énergie au crible d’ Alternatives . Recherche, environnement, transport… L’actualité de l’énergie au crible d’Alternatives.

L’actualité de l’énergie au crible d’ Alternatives . 18 REPÈRES 54 MILLIARDS DE DOLLARS C’est le

18

REPÈRES

54 MILLIARDS DE DOLLARS C’est le montant prévu dans le plan de relance du Président Obama pour développer « une énergie propre, efficace, américaine ».

250MW SUPPLÉMENTAIRES Telle est la puissance cumulée des centrales de production d’électricité alimentées à partir de biomasse * que le ministère de l’Écologie français souhaite voir construire d’ici à 2012. À cette fin, il a lancé un nouvel appel d’offres en janvier 2009.

* La France dispose d’une puissance installée de 360 MW fin 2007, selon le Syndicat des énergies renouvelables.

10 ÉLECTRON LIBRE La Russie, incontournable pour l’Europe ? Dépendance ou interdépendance? Les relations
10 ÉLECTRON LIBRE La Russie, incontournable pour l’Europe ? Dépendance ou interdépendance? Les relations

10

ÉLECTRON LIBRE

La Russie, incontournable pour l’Europe ?

Dépendance ou interdépendance? Les relations énergétiques entre l’Europe et la Russie sont devenues de plus en plus complexes. La crise financière pourrait permettre de les rééquilibrer, au profit réciproque des deux partenaires.

rééquilibrer, au profit réciproque des deux partenaires. 15 (( (( PERSPECTIVES Réseaux intelligents : pour une

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(( ((

PERSPECTIVES

Réseaux intelligents : pour une nouvelle interactivité entre consommateurs et fournisseurs d’électricité

Des fournisseurs toujours plus nombreux, des consommateurs qui peuvent désormais produire eux-mêmes de l’énergie et un marché de l’électricité en plein bouleversement… Pour le gérer correctement et réguler la consommation, de nouveaux outils interactifs apparaissent.

consommation, de nouveaux outils interactifs apparaissent. KIOSQUE Une sélection d’ouvrages et de sites Internet

KIOSQUE Une sélection d’ouvrages et de sites Internet pour approfondir les thèmes abordés dans ce numéro.

19

pour approfondir les thèmes abordés dans ce numéro. 19 L’ÉDITO MARC J. LEDOUX, Directeur de la

L’ÉDITO

MARC J. LEDOUX,

Directeur de la politique industrielle du CNRS.

«INNOVER POUR MIEUX UTILISER LES ÉNERGIES»

du CNRS. «INNOVER POUR MIEUX UTILISER LES ÉNERGIES» F aites le test: parlez d’innovation dans l’énergie.

F aites le test: parlez d’innovation dans l’énergie. Vos inter- locuteurs vous répondront solaire, éolien, géothermie, nouveaux matériaux de construction… Ce ne sont pour- tant pas ces innovations-là qui vont répondre à l’ensem- ble de nos besoins dans les dix, vingt ou trente années

à venir. D’abord parce qu’elles sont incrémentales: les progrès se

font pas à pas, pour-cent par pour-cent. Ensuite parce que leur diffu- sion est restreinte: nous sommes trop urbanisés pour remplacer tous nos bâtiments par des immeubles à énergie positive, et nous ne pourrons pas nous contenter du vent, des vagues et du soleil pour répondre à la demande énergétique. Ce qui nous fournira, pour

les vingt à trente prochaines années, l’essentiel de notre mix éner-

gétique, c’est le pétrole, le charbon, le gaz et, surtout, le nucléaire.

Et c’est précisément dans ces énergies que nous avons des besoins immédiats d’innovations. Pour mieux utiliser les combustibles. Pour séquestrer le CO 2 . Ou, encore mieux, l’utiliser comme matière première chimique. L’enjeu est aussi politique: ces innovations demandent des finance- ments colossaux. Organiser la relance par des investissements qui profiteront aux générations futures comme à la nôtre plutôt que faire payer par nos enfants une relance par la consommation – pas forcé- ment écocompatible –, demande donc du courage… Et une bonne

dose de modestie. Car il faut aussi savoir réviser ses jugements. Il y a

dix ans, je croyais profondément à l’avenir des piles à combustible

dans les véhicules. Plus maintenant! Nous avons fait de tels progrès

sur les batteries légères et efficaces que, pour moi désormais,

l’avenir passe par des véhicules équipés de piles rechargeables, et non plus de piles à combustible. Mais, quoi qu’il arrive, nous ne pourrons nous passer d’aucune solution: ni de l’éolien, ni du solaire, – qui complètent le nucléaire pour produire de l’énergie sans CO 2 –, ni de la pile à combustible sur des applications fixes, ni des techno- logies dérivées du vivant. Toutes les innovations ont leur place, il ne faut en négliger aucune.

7%

C’est en pourcentage la part des capacités de production énergétique d’Abou Dhabi qui seront constituées de sources renouvelables en 2020, a annoncé le gouvernement émirati au mois de janvier lors du Sommet mondial sur l’énergie de l’avenir. Cette part est quasiment nulle aujourd’hui.

AUGMENTATION DE 1,2% DE LA CONSOMMATION FRANÇAISE D’ÉLECTRICITÉ EN 2008

Consommation intérieure corrigée des aléas climatiques et de l’effet année bissextile

500 480 480,4 486,1 471,8 460 470,3 440 420 400 0 2005 2006 2007 2008
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2006
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TWh

La consommation intérieure d’électricité est l’ensemble des quantités d’énergie électrique mises à disposition de la consommation française (production nette + importation - exportation - pompage). Elle a atteint 486,1 TWh en 2008.

Source : Dossier de presse de RTE du 14 janvier 2009

DOSSIER Un tour d’horizon sur l’un des enjeux liés à l’énergie NANOTECHNOLOGIES, MOUVEMENTS CINÉTIQUES,

DOSSIER

Un tour d’horizon sur l’un des enjeux liés à l’énergie

NANOTECHNOLOGIES, MOUVEMENTS CINÉTIQUES, MATÉRIAUX INTELLIGENTS…

15 INNOVATIONS POUR L’AVENIR

✔

Le premier verre émetteur de lumière

Contrairement à toutes les technologies d’éclairage existantes, la lumière des lightpieces ne vient pas d’une ampoule ni d’une source lumineuse distincte mais du matériau lui-même.

À quoi ressemblera notre avenir énergétique? On sait qu’il reposera sur la combinaison de multiples ressources et technologies. Énergies fossiles, renouvelables, nucléaire contribueront à satisfaire la croissance de la demande. Parallèlement, de nombreuses initiatives se multiplient qui, mises bout à bout, peuvent représenter une alternative non négligeable. Alternatives a retenu 15 idées… parfois étonnantes!

04

0404

/ NUMÉRO 20 / ALTERNATIVES

ALTERNATIVESALTERNATIVES

// NUMÉRONUMÉRO

2020 //

DIVERSIFIER LES SOURCES DE CHAUFFAGE

1 La moquette source de chaleur!

LES SOURCES DE CHAUFFAGE 1 La moquette source de chaleur! D es sols chauffés par une

D es sols chauffés par une batterie? Ce ne sera peut-être

bientôt plus de la fiction. Un prototype de moquette modifiée avec des nano- tubes de carbone a été mis au point à l’université de Czestochowa (Pologne). En incorporant les nano- tubes aux polymères

utilisés dans la fabrica- tion de moquettes, les chercheurs ont créé un matériau aux propriétés intéressantes: relié à une source d’électricité, il permet de chauffer d’importantes surfaces au sol avec peu d’énergie grâce aux propriétés de conduction de la chaleur

des nanotubes de carbone. Ces structures cristallines en forme de cylindres, des milliers de fois plus fines qu’un cheveu, sont l’un des premiers produits industriels issus des nanotechnologies.

Source: (http://www.bulletins-

electroniques.com/actualites/53362.htm)

2 Une solution en béton pour

stocker la chaleur

2 Une solution en béton pour stocker la chaleur L e centre allemand de recherche aérospatiale

L e centre allemand de recherche aérospatiale (DLR) et son partenaire industriel Züblin AG ont présenté

au mois de septembre 2008 un nouveau système de stockage de la chaleur pour les centrales solaires thermiques à concentra- tion (centrales CSP). Installé près de Stuttgart, le démonstrateur stocke la chaleur dans du béton. L’accumulateur en béton peut être adapté à n’importe quelle puissance. Il est non seulement approprié pour des applications dans des centrales CSP, mais il convient également pour le stockage de la chaleur d’échappement (gaz, vapeur…) dans l’industrie ou encore dans le domaine de la cogénération. La combinaison d’une centrale CSP avec un accumulateur de chaleur permet d’augmenter la durée de fonctionnement de la turbine (fonctionne- ment pendant la nuit ou, plus généralement, dans les moments de plus faible ensoleille- ment) et, donc, la disponibilité de l’installation de production d’électricité solaire. Jugée performante et à bas coût par les scientifiques, cette solution pourrait connaître une application commerciale, mais aucune date n’est encore avancée.

Source: (http://www.bulletins-electroniques.com/vigies/viewtopic.php?pid=4535)

Température en C° 60 0,5 55 0 50 0 0,1 45 1,5 1 40 0,5
Température en C°
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Illustration montrant les tuyaux de cuivre
véhiculant de l’eau à travers l’asphalte et
les thermocouples mesurant la température
à différentes profondeurs.
mesurant la température à différentes profondeurs. ✔ Ça chauffe à la gare de Stockholm La chaleur
✔

Ça chauffe à la gare de Stockholm

La chaleur dégagée par les milliers de personnes passant chaque jour par la gare centrale de Stockholm va servir à chauffer partiellement l’immeuble voisin.

3 Se chauffer… à partir de l’énergie humaine

voisin. 3 Se chauffer… à partir de l’énergie humaine L a société de gestion immobilière sué-

L a société de gestion immobilière sué- doise Jernhusen

espère utiliser la chaleur émise par les voyageurs de la gare centrale de Stockholm pour chauffer partiellement l’immeuble contigu! Environ 250000 personnes traver- sent la station chaque

jour. « Tout le monde produit de la chaleur. Au lieu d’ouvrir les fenêtres et de laisser s’échapper cette chaleur, nous voulons la capter à travers le système de ventilation », a indiqué l’un des responsables. Si ce système de « pompe à chaleur » est connu

depuis longtemps, sa mise en application est récente. Selon ses promoteurs, il devrait permettre de réduire les coûts de chauffage d’environ 15 % dans l’immeuble voisin.

Source: (http://www.lesechos.fr/info/-

innovation/4787807.htm)

L’asphalte surchauffé est un 4 réservoir d’énergie insoupçonné

surchauffé est un 4 réservoir d’énergie insoupçonné U ne équipe de scien- tifiques américains du Worcester

U ne équipe de scien- tifiques américains

du Worcester Poly-

technic Institute cherche à

récupérer la chaleur captée

par l’asphalte des routes

pour en faire une source

d’énergie et d’eau chaude.

« La surface reste chaude et pourrait continuer à produire de l’énergie après le coucher du soleil, à la différence du solaire traditionnel », indique le laboratoire. Des essais

ont été effectués sur des plaques d’asphalte aux- quelles ont été intégrés des thermocouples (utilisés pour la mesure de tempé- ratures), afin de mesurer la pénétration de la cha- leur, et des tubes en cuivre, pour évaluer dans quelle mesure elle pourrait être transférée dans un circuit d’eau. L’eau chaude produite par l’asphalte pourrait être utilisée « telle quelle » pour le chauffage

des bâtiments ou dans des procédés industriels. Elle pourrait également être exploitée par un géné- rateur thermoélectrique qui transforme la chaleur en électricité (sans faire appel à des mouvements mécaniques comme ceux d’un piston ou d’une turbine, ou à des réactions chimiques).

Source: (http://www.wpi.edu/News/-

Releases/20089/asphaltnews.html)

DOSSIER EXPLOITER LES NOUVEAUX MATÉRIAUX 5 éclairants Des murs et des plafonds Q uand l’intensité

DOSSIER

EXPLOITER LES NOUVEAUX MATÉRIAUX

5éclairants

Des murs et des plafonds

NOUVEAUX MATÉRIAUX 5 éclairants Des murs et des plafonds Q uand l’intensité lumineuse baisse, chacun a

Q uand l’intensité lumineuse baisse, chacun a recours

à des ampoules, qu’elles soient fluocompactes ou

à incandescence. Au Laboratoire des sciences de

l’habitat de l’École nationale des travaux publics d’État (ENTPE) à Lyon, des chercheurs testent des plaques très fines qui s’illuminent grâce à une incrustation de diodes électro- luminescentes. Ces systèmes pourraient être déployés dans les murs et les plafonds sous la forme de dalles lumineuses ou de bandes lumineuses encastrables. Selon les chercheurs de l’ENTPE, « la lumière viendra directement des matériaux de construction et devrait permettre de diviser par trois nos consommations d’énergie ». En utilisant ces diodes dans les maisons, l’ambiance de chaque pièce pourrait être différente puisque ces sources de lumière donneront la possibilité de modifier la couleur de l’éclairage au gré des envies.

Source: (www.entpe.fr)

Le solaire sur 6 toutes les surfaces

(www.entpe.fr) Le solaire sur 6 toutes les surfaces O n voit parfois des panneaux solaires sur

O n voit parfois

des panneaux

solaires sur

des toitures, mais on n’imagine pas encore que toutes les surfa- ces de la maison soient capables de stocker l’énergie du

soleil et de la conver- tir en énergie élec- trique… Et pourtant,

à l’université de

Toronto, un chercheur

a réussi à intégrer dans un plastique

des nanoparticules qui absorbent la lumière visible ainsi que la lumière infra- rouge. Appliqué sous forme de peinture ou tissé directement dans les rideaux, ce produit pourrait à l’avenir augmenter notable- ment le rendement énergétique obtenu

par des cellules photo- voltaïques tradition-

nelles et être utilisé pour des applications

domestiques. Au Japon, la société Nihon Telecommunication Systems a commerciali- sé des fenêtres photo- voltaïques. Pour l’heure, l’énergie produite est juste suffisante pour recharger des ordina- teurs ou des appareils mobiles. L’électricité générée (qui peut être exploitée simplement avec une connexion USB) atteint 70 W par mètre carré de verre, lorsque la luminosité est vraiment excellente.

Le premier verre 7émetteur de lumière

excellente. Le premier verre 7 émetteur de lumière A près plusieurs années de recherche et de

A près plusieurs

années de

recherche et de

développement, l’entre- prise française de design Saazs, en partenariat avec Saint-Gobain, a présenté le Planilum, le premier « verre actif éclairant ». Composé de quatre cou- ches d’un verre spécial, d’un gaz rare et de phosphores sérigraphiés, ce système d’éclairage ne mesure que 2 cm d’épais- seur. Il offre 50000 heures d’éclairage, soit vingt ans d’utilisation normale. Plus besoin d’ampoule puisque c’est le matériau lui-même qui diffuse la lumière! « La lumière n’éblouit pas. Proche de

chaque plaque de lumière (100 W) éclaire environ 40 m 2 d’espace périphérique. Une efficacité qui la situe entre une ampoule classique et un néon. La société espère amélio- rer l’efficacité lumineuse des plaques pour arriver en moins de trois ans au même niveau que celui du néon.

Source: (http://www.saazs.com/-

?gclid=CKzLqOCp6JYCFQpUtAodCUf9PQ)

la température du corps humain, elle peut être touchée, et ne nécessite aucun filtre ni aucune protection », explique- t-on chez Saazs. Les lampes Planilum sont par ailleurs recyclables à 90 %, car le verre est utilisé dans leur compo- sition. Actuellement,

✔ Une longévité exceptionnelle Le verre assure 50000 heures d’éclairage soit vingt ans d’utilisation normale.
✔ Une longévité exceptionnelle
Le verre assure 50000 heures d’éclairage
soit vingt ans d’utilisation normale.

Les matériaux à 8changement de phase

normale. Les matériaux à 8 changement de phase P eut-on imaginer que les parois des maisons

P eut-on imaginer que les parois des maisons ou des appartements puissent elles-mêmes réguler la température

intérieure d’une pièce, quelle que soit la saison? C’est le défi que proposent les matériaux à changement de phase (MCP), des produits qui ont la propriété de changer d’état (liquide ou solide) en fonction de la température ambiante. Ces matériaux à base de paraffine, de sels hydratés ou d’acides gras existent déjà, et font toujours l’objet d’études en laboratoire. Les chercheurs évaluent leur comportement face au feu, leur durée de vie et leur impact sur la qualité de l’air. On peut envisager qu’à l’avenir les murs ne contiennent pas un seul mais plusieurs matériaux capables de changer de phase à des températures différentes.

Source: (http://www.cstb.fr/actualites/webzine/thematiques/batimat/ materiaux-a-changement-de-phase-vers-une-climatisation-douce.html)

PRODUIRE DE L’ÉLECTRICITÉ AUTREMENT

9 Valoriser les déchets organiques des poulets

AUTREMENT 9 Valoriser les déchets organiques des poulets L es Pays-Bas ont mis en route la

L es Pays-Bas ont mis en route la première centrale électrique à biomasse euro- péenne alimentée par des fientes de poulet. Pour assurer une puissance de 36,5 MW, la centrale de Moerdijk récupérera quelque 440000 tonnes de fientes

par an auprès de 630 exploitations. La production électrique annuelle devrait dépas- ser les 270 millions de kWh. Le fonctionnement est simple: le méthane dégagé par les déchets organiques est brûlé pour produire du courant et les résidus sont trans- formés en engrais. Dix ans ont été nécessaires au groupe néerlandais Delta pour mener à bien le développement du projet. Au mois d’août dernier, la Chine a inau- guré elle aussi sa première centrale récupérant les déchets de batteries de poulets.

Une seconde vie 10 pour les épluchures

de poulets. Une seconde vie 1 0 pour les épluchures P lutôt que d’enfouir les déchets

P lutôt que d’enfouir les déchets de nos poubelles, pour-

quoi ne pas les valoriser en tant que source d’énergie complémentaire? Le processus consiste en effet à les laisser « pourrir » tout en captant le gaz qu’ils libèrent. Ainsi, une tonne d’épluchures peut fournir quelque 200 kWh d’électri- cité et 250 kWh de chaleur. À titre d’exemple, 200000 tonnes d’épluchures de pommes de terre peu- vent être transformées en 40 GWh d’électricité par an (soit 40 millions de kWh). L’énergie générée correspondrait alors aux besoins élec- triques de 10000 ménages occidentaux sur une période d’un an. La société Thenergo, filiale du groupe Theolia, est en train d’installer deux unités de méthanisation des éplu- chures de pommes de terre

à Ypres et à Vleteren, en

Belgique… En France, sur l’immense décharge de Claye-Souilly (Seine- et-Marne), des milliers de tonnes de déchets se décomposent en produisant du biogaz. Veolia Propreté, qui exploite le site, valorise ces déchets en produisant de l’électricité. Les électrons sont ensuite mis sur le réseau d’EDF. Veolia veut aller plus loin et travaille sur la transformation du méthane en carburant à partir du biogaz de décharge (pour pouvoir alimenter 50 bennes à ordures de l’entreprise selon le principe du gaz naturel utilisé pour les véhicules). L’installation devrait être mise en service au cours du deuxième tri- mestre 2009. Elle produira 60 Nm 3 /h de biométhane carburant (1) à partir de 200 Nm 3 /h de biogaz capté sur l’installation de stockage de déchets. La Communauté urbaine de Lille a lancé un

✔ Des déchets bien traités Le centre de valorisation organique de Lille métropole.
✔ Des déchets bien traités
Le centre de valorisation
organique de Lille métropole.

projet similaire qui devrait fournir du carburant pour alimenter une centaine de bus de l’agglomération. La Suède, les Pays-Bas et la Suisse ont déjà opté depuis longtemps pour cette voie. Selon L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), la France a pro- duit, en 2006, à partir de l’incinération des déchets, de quoi alimenter un million de logements en électricité et 600000 foyers en chaleur.

1. Nm³ est l’abréviation de « normo mètre cube », soit un volume d’un mètre cube de gaz dans les conditions normales de température et de pression (0 °C et 1 atmosphère soit 1,013 bar). Source: (http://www.veolia-proprete.com/- sf_metier_stockage_dechets.asp &

http://www.veolia-proprete.com/-

documents/Biomethane_VF_QD.pdf)

11 Des nanotechnologies à la pointe du courant

11 Des nanotechnologies à la pointe du courant U ne équipe de chercheurs de l’université d’Harvard

U ne équipe

de chercheurs

de l’université

d’Harvard a mis au point des câbles nanoscopiques qui, non seulement, conduisent l’électricité, mais produisent eux- mêmes du courant à partir de l’énergie solaire. Des centaines de fois plus petits que des cheveux (100 nanomètres), ces nanocâbles photosensibles sont formés de trois sortes de silicium. Des électrons sont générés par la lumière sur la partie extérieure des câbles et pénètrent à l’intérieur à travers des micropores. L’idée de créer des cellules photovoltaïques à l’échelle nanoscopique n’est pas neuve mais, cette fois, les matériaux développés sont plus efficaces:

ils convertissent 3,4 % de la lumière du soleil en électricité (à titre de

comparaison, le rendement des cellules solaires les plus couramment utilisées est de 17 % environ). Cette source d’énergie est propre, très efficace et renouvelable. Ces câbles pourront équiper des appareils miniaturisés, notamment dans le cadre de la médecine afin d’observer ce qui se passe à l’intérieur du corps. On pourrait également voir apparaître les nano- technologies dans nos vêtements! Des paires de fibres de textile recou- vertes de nanofils d’oxyde de zinc produiraient ainsi

de l’électricité en utilisant l’énergie « mécanique » et seraient capables de transformer tout mouvement en énergie électrique. Les nanogénérateurs déve- loppés par une équipe de l’université de Géorgie (États-Unis) exploitent déjà les propriétés des nanostruc- tures d’oxyde de zinc, qui permettent de générer de l’électricité lorsqu’ils sont en flexion… Ces fibres peuvent être tissées sur des rideaux, des tentes, ou n’importe quel tissu dont tout mouvement deviendrait alors générateur de courant. Selon ces chercheurs, un mètre carré de tissu fabriqué à partir de ces fibres spéciales pourrait théorique- ment générer jusqu’à 80 milliwatts de puissance:

c’est très peu mais, selon les chercheurs, plusieurs couches de ce tissu générateur pourraient être assemblées pour fabriquer des vêtements capables d’alimenter des appareils électroniques ou de recharger un télé- phone portable à partir des mouvements du porteur.

✔

Une petite révolution technologique: le graphène, matériau très prometteur pour les nanotechnologies, fascine aujourd’hui les chercheurs. Des applications pour les portables, l’éolien et le solaire sont à l’étude.

DOSSIER AVIS D’EXPERT ROSA YANG Rosa Yang est Directrice adjointe du Département technologie et innova-

DOSSIER

AVIS D’EXPERT ROSA YANG Rosa Yang est Directrice adjointe du Département technologie et innova- tion
AVIS D’EXPERT
ROSA YANG
Rosa Yang est Directrice adjointe
du Département technologie et innova-
tion de l’EPRI, l’Institut de recherche
américain sur l’énergie électrique.
Cet ingénieur nucléaire formé
à Berkeley (université de Californie)
a commencé sa carrière chez General
Electric, avant de rejoindre l’EPRI
en 1987, où elle a dirigé les recherches
sur la chimie des matériaux
pour le secteur nucléaire.

COMPOSER

un portefeuille énergétique peu émetteur en CO 2

   
     
 

Alternatives :

ressources et interagissent pour optimiser la pro- duction, la gestion et la consommation de l’élec- tricité.Alternatives : Quels sont les obstacles qui empêchent d’aboutir rapidement ? R. Yang : Ils sont

Quels sont les obstacles qui empêchent d’aboutir rapidement ? R. Yang : Ils sont nombreux, et beaucoup sont liés à la technologie. Comme le développement

À votre avis, quelle sera l’innovation qui changera tout en matière d’énergie ? Rosa Yang:

Il n’est pas possible de n’en retenir qu’une. Mais la priorité est selon moi de développer et valider les technologies de capture et de stockage du carbone. En effet, plus de 50 % de la produc- tion d’électricité mondiale est assurée grâce au charbon! Ces technologies sont donc indispensables pour composer un portefeuille énergétique peu émetteur en CO 2 . Moderniser le réseau, « la grille élec- trique », est tout aussi critique. L’EPRI a d’ailleurs développé un groupe de travail qui intègre ces deux aspects:

l’ElectriNet est une autre façon de penser le secteur électrique. Dans ce projet, les utilisateurs participent à la diversification des

Quels sont les progrès

à

accomplir pour

de centrales charbon plus

y

parvenir ?

efficaces ou les applications qui optimisent la consom- mation chez les utilisateurs finaux. Mais il y a d’autres obstacles conjoncturels, réglementaires ou sociétaux. Par exemple, la demande croissante en énergie nécessite le déploiement de productions de grande échelle, qui demandera quant

à

lui de nouvelles lignes de

R. Yang: Il faut un système de production électrique peu émetteur de CO 2 , qui servira de modèle pour les autres secteurs économiques. Un réseau électrique intelligent, qui optimise la transmis- sion et la distribution, qui intègre les énergies renou- velables intermittentes et le stockage à large échelle. On attend aussi un système de transport électrique capable d’inclure les voitures électriques et le réseau ferroviaire. Et des réseaux locaux, qui gèrent des res- sources et de la production sur site… Cet ElectriNet n’est pas seulement un plan d’action, mais aussi une nouvelle vision

transport et de distribution.

Ces projets soulèvent inévitablement des réticences sociétales, des questions environnementales, ils sont soumis à des exigences nationales… Enfin, des défis légaux et réglementaires restent à relever pour la séquestration du CO 2 , si elle est déployée

du système électrique.à grande échelle. ■

du système électrique.

à

grande échelle.

STOCKER L’ÉNERGIE POUR LUI REDONNER VIE

12 Les miracles de l’air comprimé

POUR LUI REDONNER VIE 12 Les miracles de l’air comprimé L ’École polytechnique fédérale de Lausanne

L ’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) a mis au point un système de stockage de l’énergie

reposant sur la compression de l’air. L’air, comme tous les gaz, est compressible. Il prend le volume qui lui est imposé. En l’obligeant à occuper un plus petit espace, sa pression

augmente et crée un potentiel d’énergie

comparable à l’élévation de l’eau dans un barrage hydroélectrique. Le stockage d’énergie par air comprimé n’est pas nouveau en soi, mais cette technique n’a pour ainsi dire jamais été exploitée, en raison du faible rendement des machines à air existantes. En effet, l’air s’échauffe quand on le comprime et cette chaleur, une fois évacuée, génère d’importantes pertes.

Une application industrielle permettrait d’alimenter les régions isolées.

La quantité d’énergie récupérée à la détente de l’air est faible par rapport à celle qui a été initialement stockée. On parle d’un rendement

de l’ordre de 20 à 30 %. Cette fois, un nouveau système, dit de « piston liquide », développé par la start-up Enairys, améliore le rendement du stockage de l’énergie par air comprimé de plus de 30 %. Selon les scientifiques, son rendement énergétique, compris entre 60 et 65 %, lui ouvre la voie d’une application industrielle. Le premier prototype étant finalisé, les chercheurs visent désormais une version industrielle, spécifiquement destinée aux régions isolées ou aux réseaux peu fiables. L’invention pourrait également intéresser l’industrie automobile.

Source: (http://infoscience.epfl.ch/record/88385)

13 Apprivoiser le solaire

13 Apprivoiser le solaire L es multiples tenta- tives pour stocker l’énergie du soleil afin de

L es multiples tenta- tives pour stocker l’énergie du soleil afin

de la réutiliser plus tard ont

échoué jusqu’à présent.

« Si vous pouvez seulement

avoir de l’énergie quand le soleil brille, c’est embêtant. Et c’est pourquoi, à mon sens, les cellules photo- voltaïques n’ont pas pénétré le marché », déclare Daniel Nocera, professeur d’énergie au Massachusetts Institute of Technology, cité par le site www.actualites- news-environnement.com.

« Si je pouvais fournir un

mécanisme de stockage, alors je permettrais de fournir de l’énergie 24h/24, 7j/7, et nous pourrions parler d’énergie

solaire », poursuit le chercheur. Lui et son équipe ont mis au point un processus inspiré de la photosynthèse des plan- tes, qui permet d’utiliser l’énergie tirée du soleil pour décomposer l’eau en hydro- gène et en oxygène. Les gaz peuvent ensuite être recom- binés grâce à une pile à combustible et alimenter en énergie une maison ou

une voiture électrique

EXPLOITER L’ÉNERGIE DU CORPS HUMAIN

14 La chaussure phare

L’ÉNERGIE DU CORPS HUMAIN 14 La chaussure phare D eux designers, Chen Feijun et Zhao Bin,

D eux designers,

Chen Feijun

et Zhao Bin,

(hormis la marche…) serait d’éclairer la route de nuit! Pioneer est

lauréats du dernier Red Dot Award (une compé- tition internationale de design) ont imaginé

une chaussure origi- nale dont la fonction

✔ Des équipements compacts Sous la semelle, une batterie permet de stocker l’énergie, et d’alimenter
Des équipements
compacts
Sous la semelle,
une batterie permet
de stocker l’énergie,
et d’alimenter
les diodes pendant
12 heures environ.
et d’alimenter les diodes pendant 12 heures environ. ✔ De l’énergie valorisée 24 heures sur 24
✔ De l’énergie valorisée 24 heures sur 24 La complémentarité du disposi- tif permet d’utiliser
✔ De l’énergie
valorisée
24 heures sur 24
La complémentarité du disposi-
tif permet d’utiliser l’énergie
produite de jour comme de nuit.
La nuit, l'hydrogène et l'oxygène
stockés sont exploités par la pile
à combustible pour produire
l'électricité, lorsque les cellules
photovoltaïques ne fonctionnent pas.
Le résidu d'eau de la pile à combustible
est recyclé dans le système de manière
à être divisé plus tard.

La journée, les panneaux photovoltaïques alimentent en énergie la maison.

En même temps, le surplus d’énergie est utilisé pour diviser l'eau en hydrogène et en oxygène afin d’être stockés, grâce à l’efficacité et la rentabilité du catalyseur développé par Nocera et Kanan.

indépendamment de l’ensoleillement. Ainsi, on peut « transformer la lumière du soleil en un carburant chimique », et « utiliser les cellules photo- voltaïques pendant la nuit », a-t-il déclaré. Une décou- verte à suivre de près…

Source: (http://www.actualites-

news-environnement.com/17410-

energie-solaire-MIT.html)

fondé sur l’idée que le mouvement cinétique de la marche peut être converti en énergie élec- trique par la chaussure… Les diodes sont assez brillantes pour éclairer une surface d’environ 1,5 mètre devant nous. Il y a aussi une lumière verte à l’arrière. Reste à savoir qui voudra bien porter de tels souliers quand ils existeront vraiment…

Source: (http://www.red-dot.sg/-

concept/porfolio/06/04fa/R014Pioneer.htm)

15 Un chargeur « cinétique »

15 Un chargeur « cinétique » L a société américaine M2E Power a à annoncé son

L a société américaine M2E Power

a

à

annoncé son intention de lancer,

l’été 2009, un chargeur portatif ali-

menté par les seuls mouvements cinétiques. En captant l’énergie issue du mouvement utilisé dans la vie de tous les jours (la marche, le jogging, le vélo…),

ce chargeur sera capable de produire et de restituer du courant pour la plupart des appareils électroniques nomades… Si vous aimez danser, le procédé fonctionne aussi! Orange UK (filiale britannique de France Télécom) a annoncé en 2008 l’évaluation grandeur nature d’un proto- type de chargeur de téléphone mobile qui a pour source d’énergie « les mouve- ments cinétiques de la danse ».

Source: (http://www.m2epower.com & http://pressoffice.orange.co.uk/Content/

Detail.asp?ReleaseID=808&NewsAreaID=2)

ÉLECTRON LIBRE

LA RUSSIE, ACTEUR INCONTOURNA

L’AVIS DE WILLIAM C. RAMSAY
L’AVIS DE
WILLIAM C. RAMSAY

Directeur du programme énergétique « Gouvernance Européenne et Géopolitique de l’Énergie » de l’Ifri, derniè- rement Directeur exécutif adjoint à l’Agence internationale de l’énergie (AIE, de 1999 à 2008), William C. Ramsay a été précédemment sous-secrétaire d’État au département d’État des États-Unis, Responsable de l’énergie, des matières premières et des sanctions économiques. À ce titre, il a largement contribué à développer le dialogue entre les pays producteurs d’énergie et les institutions internationales. Il a également été en poste comme Conseiller économique en Arabie saoudite et a enseigné en Afrique francophone (en Guinée), comme membre du Peace Corps.

Dépendance ou interdépendance? Les relations énergétiques entre l’Europe et la Russie sont devenues de plus en plus complexes depuis la fin des années 1990. La crise financière et la hausse du pétrole amènent Moscou à être plus conciliant, pour le plus grand profit de chacun des deux partenaires.

L’ attractivité de la Russie en tant que source d’énergie est évidente: sa proxi- mité géographique, la disponibilité de ressources abondan-

tes à un coût raisonnable et, enfin, son engagement à s’intégrer aux réseaux électriques européens en font un partenaire logique par excellence.

La Russie devrait profiter des talents et des capitaux occidentaux

La Russie ne peut cependant totale- ment garantir les approvisionnements européens. En particulier pour la pro- duction de gaz naturel liquéfié (GNL) ou pour l’exploitation des champs gaziers et pétrolifères en eaux pro- fondes, du fait de technologies et/ou d’équipements obsolètes… Elle a donc besoin de l’apport des opéra- teurs occidentaux, que ce soit au travers de joint-ventures ou tout sim- plement en achetant leurs services. Ce pays n’a pas non plus exploré toutes les potentialités de ses ressour- ces. Ainsi, la Russie est très riche- ment dotée en gaz, mais, jusqu’à pré- sent, elle n’en a exploité que la part la plus facile et pourrait confier cette tâche à des opérateurs plus souples et plus « agiles » que ses géants du

gaz Surgutneftegaz ou Gazprom. Or, la Russie a pris depuis quelques années le chemin inverse de la coopération avec les compagnies occidentales. Pourtant, avec un baril de pétrole descendu pour l’heure à 50 dollars et un besoin de financement annuel de 50 milliards de dollars (somme qu’elle risque de ne plus trouver sur les marchés), elle devrait voir son intérêt à relan- cer cette coopération. Par exem- ple, en réformant ses lois sur le sous- sol pour rendre l’attribution des concessions et des permis d’exploi- tation plus attractive pour les inves- tisseurs étrangers, ou encore en améliorant son régime fiscal ou la sécurité environnementale. Enfin, elle devrait renoncer aux divers pro- cédés qui lui ont permis d’entra- ver le développement de compa- gnies étrangères sur son territoire.

La crise aura un impact sur les nouveaux projets de gazoducs

Dans ce contexte, la crise financière pourrait constituer une opportunité pour rééquilibrer ses relations avec l’Occident. Ce pays a craint pendant longtemps – et à juste titre – que le reste du monde ne veuille met- tre la main sur ses intérêts dans le gaz et dans le pétrole. Ce n’est plus

BLE POUR L’EUROPE ?

le cas aujourd’hui: ce sont les opé- rateurs russes et le Kremlin qui domi- nent dans ces deux secteurs. Mais, au lieu de se replier sur eux-mêmes, ils devraient profiter de l’apport des talents européens, américains, asiatiques… Par ailleurs, la crise actuelle aura des impacts sur les projets de liaisons en cours. Les flux du pétrole auront plus de difficulté à être financés, du fait des questions que l’on se pose désor- mais sur la nécessité d’augmenter les capacités. Le gaz, indexé au pétrole, subira les mêmes problèmes et verra obligatoirement son prix bais-

VRAI ou FAUX?

Seuls les grands projets de gazoducs contournant la Russie pourront alléger la dépendance européenne au gaz russe?

Faux: L’importation par voie maritime de GNL (gaz naturel liquéfié) complète de manière significative les réseaux terrestres et renforce la maîtrise de la logistique d’approvisionnement de l’Europe. 10 % de ses approvisionnements sont actuellement assurés par le GNL. Pour 2020, les prévi- sionnistes tablent sur environ 20 %, ce qui, en absolu, signifie une multiplication des quantités par un facteur 2,5. Le renforce- ment de la diversification des sources, la solidité des contrats à long terme et l’amélioration de la compétitivité du transport sont des atouts majeurs du GNL.

Source: GDF Suez

sont des atouts majeurs du GNL. Source: GDF Suez ser avec six mois de décalage. D’ailleurs,

ser avec six mois de décalage. D’ailleurs, les projets évoqués, Nabucco, Northern Stream (voir « Zoom » ci-contre), en sont tou- jours au niveau des discussions et rien n’a encore été construit. En 1999-2001, lorsque le rouble était dévalué, les opérateurs russes ont fait appel aux savoir-faire et aux capitaux occidentaux. Aujourd’hui, ces mêmes opérateurs font pression sur le gou- vernement russe pour relancer cette coopération. Serait-ce le début d’un nouveau chapitre ou une simple parenthèse? Espérons qu’il s’agira d’une ère réellement durable et béné- fique pour l’Europe et la Russie et

que cette dernière en finira avec sa méfiance vis-à-vis de l’étranger… Enfin, en ce qui concerne leurs voisins immédiats, je crois que les Russes comprennent progressive- ment qu’il peut être très coûteux de « fermer les robinets ». Ils pour- raient éventuellement voir moins de risques à le faire avec les douze nou- veaux membres de l’Union euro- péenne en constatant que ces pays ne sont pas réellement intégrés à l’Europe des vingt-sept. Mais les Rus- ses hésiteraient à nuire à la France, à l’Allemagne, à l’Italie… Ne serait- ce que parce qu’ils partagent trop d’intérêts avec ces pays.

ZOOMqu’ils partagent trop d’intérêts avec ces pays. ■ Les voies sinueuses de l’intégration énergétique

Les voies sinueuses de l’intégration énergétique européenne Si l’UE importe plus de 60 % de son gaz, 42 % proviennent de Russie, dont elle est le premier client. Huit pays de l’Union sur vingt-sept dépendent même à 100 % de la Russie pour leurs livraisons de gaz, dont les trois pays Baltes, directement reliés par gazoduc à leur grand voisin. Et les choix des membres de l’UE en matière d’appro- visionnement en gaz n’expriment pas une réelle volonté de cohésion. Du gazoduc sous-marin nord- européen qui livrera directement le gaz russe à l’Allemagne en évitant soigneusement les pays Baltes et la Pologne, au projet Nabucco qui livrera du gaz d’Azerbaïdjan et du Turkménistan en transitant par la Turquie, la Grèce et l’Italie, les chemins de l’intégration énergétique européenne empruntent des voies étonnamment

sinueuses…énergétique européenne empruntent des voies étonnamment “ Jusqu’à présent, la Russie n’a exploité que la

Jusqu’à présent, la Russie n’a exploité que la partie la plus facile de ses gisements de gaz.

V V DÉCRYPTAGE Un guide pour mieux comprendre un phénomène naturel, une technique, un mécanisme…

VV

DÉCRYPTAGE

Un guide pour mieux comprendre un phénomène naturel, une technique, un mécanisme…

DES EUROPÉENS

PLUS FAVORABLE

UNE OPINION QUI ÉVOLUE LENTEMENT MAIS SÛREMENT

2005-2008: l’évolution de l’opinion des Européens vis-à-vis du nucléaire (en %)

Très

Plutôt

Plutôt

Totalement

Sans opinion

favorable

favorable

opposé

opposé

Source: Sondage extrait de l’Eurobaromètre Spécial 297 « Attitudes à l’égard des déchets radioactifs » publié en juin 2008.

Spécial 297 « Attitudes à l’égard des déchets radioactifs » publié en juin 2008. 12 /
Spécial 297 « Attitudes à l’égard des déchets radioactifs » publié en juin 2008. 12 /
Spécial 297 « Attitudes à l’égard des déchets radioactifs » publié en juin 2008. 12 /
Spécial 297 « Attitudes à l’égard des déchets radioactifs » publié en juin 2008. 12 /

S AU NUCLÉAIRE

L’enquête Eurobaromètre souligne l’évolution significative de l’opinion publique en faveur du nucléaire face aux défis énergétiques du XXI e siècle. Mais, au-delà des avantages désormais largement reconnus de cette source d’énergie, des interrogations demeurent sur la gestion des déchets.

des interrogations demeurent sur la gestion des déchets. A vec son ambitieux plan des « trois
des interrogations demeurent sur la gestion des déchets. A vec son ambitieux plan des « trois
des interrogations demeurent sur la gestion des déchets. A vec son ambitieux plan des « trois

A vec son ambitieux plan des « trois 20 »

(20% de réduction des émissions de gaz

à effet de serre, plus de 20% d’énergie

d’origine renouvelable, le tout à l’hori-

zon 2020), la Commission de Bruxelles

a choisi de relever le triple défi du réchauffement climatique, de la hausse de la demande mondiale d’é- nergie et de la sécurisation de ses approvisionnements en se dotant d’une énergie sûre, compétitive et dura- ble. Pourtant, si le nucléaire a été officiellement reconnu par l’Union européenne comme particulièrement attractif pour sa capacité à produire une électricité fiable et propre, les attitudes des gouvernements et des opinions publiques vis-à-vis de cette source d’é- nergie n’en restent pas moins relativement contrastées.

nergie n’en restent pas moins relativement contrastées. favorable » ou « très favorable » sur cette
nergie n’en restent pas moins relativement contrastées. favorable » ou « très favorable » sur cette
nergie n’en restent pas moins relativement contrastées. favorable » ou « très favorable » sur cette
nergie n’en restent pas moins relativement contrastées. favorable » ou « très favorable » sur cette

favorable » ou « très favorable » sur cette énergie, 45% y restant « plutôt » ou « totalement opposés ». Soit un gain de 7 points pour les premiers, contre une perte de 10 points pour les seconds… Depuis l’avant- dernière vague de sondages, en 2005, l’acceptabilité du nucléaire dans l’opinion publique s’est en effet signi- ficativement accrue dans une majorité de pays de l’UE (17 sur 27), en particulier dans ceux déjà dotés de cen- trales. Et plus de 60 % des Européens reconnaissent au nucléaire ses avantages indiscutables pour diversifier les sources d’énergie, pour sa contribution à la réduction de la dépendance aux hydrocarbures (pétrole et gaz) et par ses très faibles émissions de gaz à effet de serre.

L’opinion reste partagée sur la gestion des déchets

L’opinion reste partagée sur la gestion des déchets 60% des Européens reconnaissent des avantages
60% des Européens reconnaissent des avantages indiscutables au nucléaire Le constat du dernier Eurobaromètre (voir
60% des Européens reconnaissent
des avantages indiscutables au nucléaire
Le constat du dernier Eurobaromètre (voir encadré
p. 14) est clair. Le rééquilibrage en faveur des « pro-
nucléaires » face aux « anti » est significatif: 44 % des
Européens expriment désormais une opinion « plutôt
Mais le constat sur les interrogations que soulève son
développement est tout aussi clair: la gestion des
déchets est considérée comme cruciale. L’étude montre
que près de 40 % des répondants pourraient poten-
tiellement changer d’avis si on leur apportait la preuve
qu’une solution définitive et totalement sûre était
La fiche technique de l’enquête
La Direction Générale Énergie et Transports a
commandé cet Eurobaromètre dans le cadre
du plan d’action « Une politique énergétique pour
l’Europe » lancé au début 2007 par la Commission
européenne, qui met un «accent renouvelé sur la sûreté
et la sécurité nucléaires ». L’enquête d’opinion a été
conduite dans les 27 États membres de l’UE, en février
et mars 2008, par entretiens auprès d’un échantillon
représentatif de quelque 26746 citoyens européens âgés
de plus de 15 ans. Outre la question de la gestion
des déchets, élément nouveau introduit cette année, il
faut également retenir que l’évolution de l’attitude
des Européens a été mesurée sur la base d’une UE à 15
en 1998 et 2001, à 25 en 2005 et à 27 en 2008.
NUMÉRO 20 / ALTERNATIVES / 13
V V DÉCRYPTAGE

VV

V V
V V DÉCRYPTAGE

DÉCRYPTAGE

V V DÉCRYPTAGE

possible dans ce domaine. Par ailleurs, plus de 9 Européens sur 10 (93 %) estiment qu’il est urgent de trouver dès maintenant une solution technologique à la gestion des déchets, plutôt que d’en laisser le soin aux générations futures. Les opinions sont en outre partagées sur les choix du stockage géologique profond de ces déchets (stockage réversible ou irréversible), solution présentée comme la plus sûre par les institutions et les spécialistes du domaine. Les craintes associées à cette solution portent sur l’environnement et la santé (risques de fuites radioactives) et constituent donc la cause de son rejet, la proximité de sites d’enfouissement étant jugée poten- tiellement dangereuse pour les zones d’habitation.

La perception des dangers réels ou supposés demeure subjective

L’Eurobaromètre souligne par ailleurs une forte demande d’information sur la gestion des déchets. Depuis 1998, date de la pre-

VRAI ou FAUX? Dans les pays européens, l’accepta- bilité du nucléaire va de pair avec
VRAI ou FAUX?
Dans les pays européens, l’accepta-
bilité du nucléaire va de pair avec
la présence d’un parc nucléaire en
fonctionnement?
Faux: Mais l’Eurobaromètre précise aussi
clairement qu’un bon niveau d’information
sur les déchets est également nécessaire
et ce, que le pays soit doté ou non de centrales
en fonctionnement.

mière enquête dédiée, hormis en Suède, une majorité de l’opinion publique (fluctuant autour de 75 %) s’estime en effet peu ou pas informée, et ce, indépendamment de la présence ou non de centrales en exploita- tion. L’étude révèle en outre le paradoxe de plusieurs opinons publiques nationales qui se plaignent d’une information subjective- ment perçue comme insuffisante, mais qui n’en affichent pas moins leur soutien au nucléaire! Exemple typique, la France, pays pourtant le plus équipé en centrales, ne compte que 20 % de citoyens satisfaits sur le plan de l’information, mais une majo- rité (52 %) reste favorable à cette source d’énergie… Sur les dangers réels ou supposés des déchets, une forte majorité d’Européens (78 %) pense que tous les déchets radioac- tifs sont très dangereux et une majorité relative (42 %) pense même que seules les centrales nucléaires en produisent, ignorant les autres sources que sont, par exemple, les instituts de recherche ou certains hôpi- taux. Le classement montre toutefois que le niveau de connaissance objective sur les sources, la nature et la dangerosité des déchets radioactifs est d’autant plus élevé que les pays sont dotés d’équipements de production.le pays soit doté ou non de centrales en fonctionnement. Associer les citoyens au processus de

Associer les citoyens au processus de décision

On le voit, l’Union européenne est confron- tée à un dilemme: gérer le paradoxe d’une opinion publique qui a fortement évolué en faveur du nucléaire mais qui exprime ses inquiétudes sur la gestion des déchets, ainsi

qu’un fort besoin d’information. Dans unexprime ses inquiétudes sur la gestion des déchets, ainsi     L ’ o p i

   
L ’ o p i n i o n européenne régulièrement sondée

Lopinion européenne régulièrement sondée

Lancé en 1974, l’Eurobaromètre est des- tiné à analyser l’évolution de l’opinion publique européenne et à améliorer en conséquence les stratégies d’information et de communication de l’UE. Conçu à l’ori- gine pour mesurer le sentiment d’adhésion des populations à la construction européenne, il a élargi depuis ses enquêtes à des thèmes

plus ciblés, analysant de manière récurrente l’attitude des Européens à l’égard des problématiques de l’énergie, de la recherche, de la politique, de la science, du commerce, des tendances sociétales, etc. Ses synthèses contribuent à éclairer les décisions de la Commission de Bruxelles comme celles des gouvernants des 27 membres de l’UE.

Les pays les plus équipés sont les plus favorables au nucléaire

Êtes-vous tout à fait favorable, plutôt favorable, plutôt opposé ou tout à fait opposé à la production d’énergie par des centrales nucléaires?

Pourcentage des opinions totalement favorables en UE.

République tchèque* 64%

Italie

43%

Lituanie*

64%

Estonie

41%

Hongrie*

63%

Pologne

39%

Bulgarie*

63%

Danemark

36%

Suède*

62%

Lettonie

35%

Finlande*

61%

Roumanie*

35%

Slovaquie*

60%

Luxembourg 34%

Pays-Bas*

55%

Espagne*

24%

France*

52%

Irlande

24%

Slovénie*

51%

Portugal

23%

Belgique*

50%

Grèce

18%

Royaume-Uni*

50%

Malte

15%

Allemagne*

46%

Autriche

14%

Union européenne (27) 44%

Chypre

7%

* Pays comptant des centrales nucléaires en activité.

Source: Eurobaromètre spécial 297 « Attitudes à l’égard des déchets radioactifs » publié en juin 2008.

tel contexte, les conclusions soulignées par l’Eurobaromètre peuvent être globalement considérées comme encourageantes: les citoyens témoignent en effet d’une attitude très « proactive » vis-à-vis des processus de prise de décisions et ils souhaitent y être davantage associés, tant au niveau national qu’à l’échelon européen. Enfin, il faut noter un retour récent du nucléaire là où il avait été banni. Témoin la Suède qui, en février 2009, vient de mettre fin à un moratoire voté par référendum en 1980 en autorisant la construction de nouvelles centrales (jusqu’à dix). L’opinion publique, dans ce pays, y est d’ailleurs favorable à 82 %. Tandis qu’en Allemagne, qui avait choisi, en 2000, d’arrêter progressivement sa production d’énergie nucléaire, la réflexion sur une remise en cause de cette décision atteint désormais les plus hautes instances politiques…

@

• L’enquête complète Eurobaromètre:

http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/

ebs/ebs_297_en.pdf

• Plan d’action pour l’énergie de la Commission européenne

http://europa.eu/rapid/pressReleasesAction.

do?reference=MEMO/07/7

PERSPECTIVES Un éclairage sur les tendances énergétiques futures ✔ Un suivi permanent du réseau par
PERSPECTIVES
Un éclairage sur les tendances énergétiques futures
✔ Un suivi permanent du réseau par les gestionnaires:
Le compteur intelligent permettra de réguler la demande
globale et d’optimiser l’exploitation des parcs électriques.
RÉSEAUX INTELLIGENTS:
pour une nouvelle interactivité entre
consommateurs et fournisseurs d’électricité
((((

Des fournisseurs toujours plus nombreux, des consommateurs qui peuvent désormais produire eux-mêmes de l’énergie… Le marché de l’électricité est de plus en plus complexe. Pour gérer ces évolutions, proposer des offres plus sophistiquées et, à terme, pouvoir réguler la consommation d’énergie; de nouveaux outils interactifs apparaissent.

L e 9 novembre dernier, le gouver- nement chinois allouait 586 mil- liards de dollars à un plan de stimulation de l’économie. Dont 170 milliards directement inves-

tis dans la construction d’un réseau intelli- gent, un smart grid, d’ici à 2010. Le but est de répondre aux objectifs du gouvernement chinois: développer les énergies alternatives et réduire l’intensité énergétique du pays (la consommation d’énergie rapportée au PIB) de 20 % en 2010. Comment un « réseau intelligent » peut-il permettre un tel gain? Le smart grid, c’est en fait l’ensemble des systèmes et des équi- pements qui permettent de mieux gérer le réseau électrique, d’intégrer efficacement les actions de tous ceux qui y sont connectés:

producteurs et consommateurs. Efficacement, c’est-à-dire en économisant l’énergie, en sécurisant la distribution, en intégrant de plus en plus les énergies alternatives, en rédui- sant les coûts… Au cœur de cette nouvelle vision du réseau, plus complexe et plus dif- ficile à gérer que le système linéaire que nous connaissions jusqu’à présent, on trouve « une grille intelligente ». C’est-à-dire des systèmes de contrôle, de sécurité et de communication, des capteurs, des algorithmes, des logiciels, qui permettent en fait une communication

constante entre le consommateur et son fournisseur d’électricité. Tous les acteurs du marché de l’électricité sont concernés par ces nouveaux outils: ceux qui produisent l’éner- gie dans des centrales électriques, ou à partir de ressources alternatives conventionnelles (hydrauliques, éoliennes…), les responsables du transport de l’électricité sur les lignes à haute tension, et surtout de l’équilibre permanent entre la production et la consom- mation. Mais aussi les distributeurs, qui gèrent les réseaux basse et moyenne tension jus- qu’au consommateur et les fournisseurs, qui vendent et facturent l’électricité au détail au client final.des logiciels, qui permettent en fait une communication Un compteur intelligent chez soi Et c’est d’abord

Un compteur intelligent chez soi

Et c’est d’abord au domicile de ce client que le plus visible de ces nouveaux outils sera installé. En effet, l’un des maillons de ce nouveau réseau interactif est le comp- teur nouvelle génération. C’est par lui que passent aujourd’hui toutes les politiques de modernisation des réseaux électriques, en Europe, aux États-Unis, en Asie… Car tous les pays s’équipent. En 2008, le mar- ché mondial des smart grids représentait 42 milliards de dollars (dont 2,7 milliards dans les compteurs); il devrait croître pour

atteindre 65 milliards de dollars en 2013, 42 milliards de dollars (dont 2,7 milliards dans les compteurs); il devrait croître pour NUMÉRO 20

(( ((
(( ((

PERSPECTIVES

selon une étude publiée en octobre dernier par Lux Research. Le marché italien a été l’un des précurseurs en Europe, avec presque 30 millions de compteurs intelligents instal- lés dans la Péninsule par l’électricien Enel. Le marché suédois devrait être totalement équipé dans les prochains mois. Quant aux électriciens présents sur le territoire français, ils ont donné le coup d’envoi en 2008 :

prochains mois. Quant aux électriciens présents sur le territoire français, ils ont donné le coup d’envoi

ERDF, la filiale distribution d’EDF, a lancé l’année dernière une vaste opération d’un coût de 4 milliards d’euros en deux étapes. La première, expérimentale, prévoit l’ins- tallation chez les particuliers, d’ici à 2010, de 300000compteurs « communicants », qui permettent de recevoir et d’envoyer des données à distance. Cette phase d’expéri- mentation sera suivie d’un déploiement de grande ampleur (35 millions de compteurs sur le territoire) d’ici à 2012. Pourquoi maintenant ? Parce que nous sommes à la conjonction de plusieurs phénomènes, qui rendent le réseau de plus en plus complexe. Par exemple, en Europe, l’ouverture totale du marché du gaz et de l’électricité le 1 er juillet 2007, permettant au consommateur de choisir librement son

du marché du gaz et de l’électricité le 1 e r juillet 2007, permettant au consommateur
✔ Un réseau intelligent à domicile qui permet de gérer le type et la quantité
✔ Un réseau intelligent à domicile qui permet de gérer le type et la quantité
d’énergie utilisés dans la maison depuis son ordinateur, en fonction de ses besoins
personnels, voilà le projet ambitieux SmartGridCity de la société Xcel Energy.

fournisseur, a fait entrer une multitude d’acteurs nouveaux (et d’offres nouvelles)

dans des pays où n’existaient auparavant

qu’un ou deux fournisseurs historiques. En parallèle, partout dans le monde, la demande énergétique augmente et l’intégration des énergies alternatives aussi.

Les leçons de l’expérience italienne

Les leçons de l’expérience italienne

En Europe, c’est en Italie que, pour la première fois, un vaste réseau de comp- teurs intelligentsaétédéployé.30millions

Les « ratés » de l’opération italienne ont aussi inspiré les autorités de régula- tion des autres pays européens. En effet, en 2000, au début du déploiement, Enel a opté pour des compteurs utilisant un système propriétaire fermé: si le consom- mateur souhaitait changer de fournisseur, son nouveau prestataire devait adapter son offre à ce qui était déjà proposé par le compteur installé par Enel, ou bien chan- ger le compteur. Une restriction qui a beaucoup compliqué l’ouverture du mar- ché électrique italien à la concurrence. Depuis, les autorités de régulation des autres pays européens ont demandé, pour les déploiements de compteurs intelligents, d’intégrer des protocoles libres offrant un accès à tous les fournisseurs. Leçon retenue!

de clients ont été équipés par Enel. L’élec- tricien historique a lancé en 2000 une vaste opérationpouréquipersesclientsdanstoute la Péninsule. Une opération qui a coûté au

premierélectricienitalien2,1milliardsd’eu-

ros en cinq ans. Ce déploiement était une opé- ration phare pour Enel, qui a mobilisé, en

interne, 4000 salariés, et a eu recours à 600 sous-traitants. Mais les gains sont eux aussi substantiels. En relevant ses comp- teurs à distance, l’électricien pense écono- miser 50% par an sur ce poste. La relation client bénéficie elle aussi de ces nouveaux outils, qui permettent un contrôle de la qua- lité du courant beaucoup plus fin et un suivi de la consommation en temps réel.

Tous les grands noms de l’infor- matique investissent ce marché

De fait, ces nouveaux équipements, qui intègrent notamment le courant porteur en ligne ou les ondes radio, permettent les relevés à distance et sont en plus de vérita- bles interfaces informatiques, capables de comprendre et de gérer des ordres complexes. Les grands noms de l’informatique et d’Internet investissent d’ailleurs ce secteur, par l’intermédiaire de partenariats ciblés. IBM a signé en octobre dernier un contrat avec AEP (American Electric Power) pour le développement de solutions intelligentes, alors que Google annonçait, lui, un parte- nariat avec la Division compteurs intelligents de General Electric. Concrètement, ces compteurs intègrent donc de nouvelles fonc- tions: le suivi détaillé de la consommation individuelle, un panneau de commande à distance, et l’échange d’informations et d’instructions entre le consommateur et son fournisseur. Des fonctions qui présentent de nombreux avantages.

D’abord, ces outils permettent au gestion- naire de réseau un suivi permanent du réseau basse tension, de la qualité de l’électricité, des fluctuations de l’offre et de la demande… Idem chez les producteurs, pour lesquels le déploiement du smart grid signifie une vision beaucoup plus fine de la demande. Mieux informés, ils pourront gérer leur parc électrique de façon beaucoup plus écono- mique. Pour l’heure, il s’agit surtout d’évi- ter des investissements supplémentaires dans la production de pointe: les centrales thermiques à flamme (fioul, gaz, charbon) construites pour répondre aux pics de demande et qui ne fonctionnent que quelques heures par an.

Un réseau intelligent peut générer 10% d’économies d’énergie

À terme, les producteurs tablent sur le développement du demand response, « la gestion d’énergie négative » en français, un système déjà testé aux États-Unis, dans certaines villes de Californie. Le principe

est simple: plutôt que de mettre en route une centrale thermique à flamme, on demande

au client d’abaisser sa consommation, ce qui permet de « lis- ser » la demande. Grâce à des comp- teurs sophistiqués,

capables d’échanger en permanence des informations et de gérer les équipements de la maison (éclairage, chauffage, électro- ménager…), un tel système est possible. Avec, à la clé, des gains substantiels. Selon une étude publiée début 2008 à la demande du consortium GridWise, chapeauté par le Département de l’énergie, les économies d’énergie peuvent atteindre 10% en moyenne et 15 % sur les pointes électriques, évitant ainsi 120 milliards de dollars d’investisse- ments aux États-Unis. Un rapport publié en décembre dernier par l’EPRI (l’Institut de recherche américain sur l’énergie électrique) indique que le déploiement du smart grid

pourrait réduire les émissions de CO 2 de 60 à 211 millions de tonnes en 2030. Le déploiement d’un réseau intelligent permet aussi aux producteurs de suivre et

✔ Consommateurs et producteurs Un réseau plus intelligent devrait à terme permettre de distribuer et
✔ Consommateurs et producteurs
Un réseau plus intelligent devrait
à terme permettre de distribuer
et produire l’électricité partout.

d’intégrer les énergies réparties, c’est-à-dire que la production d’une éolienne placée sur le toit d’une maison est elle aussi prise en compte. Déployées à large échelle, ces microcentrales vont devenir un élément

important du mix énergétique et de la sta- bilité du réseau. Enfin, pour les

fournisseurs et les consommateurs, ces outils sont la clé d’entrée dans une nouvelle ère du marché de l’énergie. Une nouvelle ère qui

devrait ressembler à

ce qui s’est passé en dix ans en Europe dans les télécommunications. Avec ces comp- teurs, les fournisseurs peuvent désormais réellement faire jouer la concurrence, en proposant des offres sur mesure, calquées sur les profils de consommation des clients. De même, chaque fournisseur peut pro- poser sa propre grille de tarifs, des services innovants, inspirés de la téléphonie – pré- paiement, consommation seulement à cer- taines périodes, et même une gestion de tous les équipements électriques de la maison.de l’énergie. Une nouvelle ère qui devrait ressembler à demand response, soit en produisant direc- tement

demand response, soit en produisant direc- tement de l’électricité qui pourra être comp- tabilisée par le réseau. Autant de ressources fossiles et d’émissions de CO 2 économisées. « Le réseau électrique est de bien des façons la colonne vertébrale de notre économie », déclarait dans le magazine américain Newsweek en novembre dernier Dan Reicher, Directeur des actions climat et énergie de Google.org, la Division dédiée au déve- loppement durable. Pour lui, un réseau plus intelligent devrait à terme permettre de distribuer et produire l’électricité partout. En utilisant l’énergie produite par les panneaux photovoltaïques ou les éoliennes domestiques. Dan Reicher va plus loin. Selon lui, ces équipements vont même utiliser les véhicules comme ressources :

une fois au garage, les véhicules hybrides ou électriques pourront non seulement se recharger, mais aussi fournir, en cas de besoin, de l’électricité au réseau. De consom- matrice, la voiture va devenir productrice… grâce aux réseaux intelligents!

@

Pour plus d’informations, consulter le site du projet américain Gridwise:

http://www.gridwise.org/

Et le site SmartGrids, qui expose la stratégie européenne en la matière:

http://www.smartgrids.eu/

300 000 compteurs ‘communiquants’ vont être installés chez les particuliers d’ici à 2010.

Futurs « consomm’acteurs » de l’énergie

Le consommateur, lui, va aussi pouvoir devenir un acteur de l’énergie. Soit en rédui-

sant sa consommation et les pics par laLe consommateur, lui, va aussi pouvoir devenir un acteur de l’énergie. Soit en rédui- NUMÉRO 20

L’ESSENTIEL
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ÉNERGIES RENOUVELABLES

De l’hydrogène “made of” solaire

Conçue par des chercheurs alle- mands, une installation pilote de 100 kW à Almeria, en Espagne, a pro- duit de l’hydrogène à partir de l’énergie solaire et sans émission de CO 2 , permettant d’entrevoir un stockage de cette énergie sous forme d’hydrogène. Entouré d’hé- liostats, un four solaire à concen- tration est porté à une température de 800 à 1 200 °C, ce qui permet la décomposition chimique de l’eau en hydrogène et en oxygène sans

l’adjonction d’un courant électrique. Alors que les recherches antérieures ne dépassaient guère les 10 kW, le nouveau seuil atteint, grâce à la qualification thermique d’un revê- tement spécifique, permet d’envi- sager une production commerciale. Le prix européen de la recherche Descartes a récompensé cet ambi- tieux projet porté par le consortium Hydrosol, constitué par des acteurs allemands, espagnols, grecs, danois et britanniques.

✔ Vue aérienne de la plateforme solaire d’Almeria (Espagne).
✔ Vue aérienne
de la plateforme solaire
d’Almeria (Espagne).

ÉLECTRICITÉ

Une centrale virtuelle

sur Internet

Des chercheurs de l’université de Kassel procèdent à des essais très prometteurs sur une centrale électrique virtuelle à l’échelle de l’Allemagne.Kombikraftwerk, le dé- monstrateur, associe trois fermes éoliennes, deux centrales à biogaz, plusieurs centrales photovoltaïques et une centrale hydraulique, réparties sur le territoire. Tous ces équipements sont reliés par Internet et gérés depuis un centre opérationnel. Celui-ci fait appel à leurs productions respectives et les ajuste au fil du temps en fonc- tion de la demande d’électricité. Le centre opérationnel sélectionne en effet une ou plusieurs sources en

parallèle, selon leur capacité à pro- duire de l’électricité à un moment donné. Pour les sources intermit- tentes, ce seront, par exemple, une force du vent suffisante pour les éoliennes, l’ensoleillement pour les panneaux voltaïques. Le relais, ou le complément, peut être assuré, de jour comme de nuit, par les centrales à bio- gaz qui stockent le méthane qu’elles produisent. Si la demande d’électricité est satisfaite, le surplus de courant est alors envoyé vers la centrale hydraulique où des pompes opèrent la remontée de l’eau vers le bassin déver- sant, fournissant ainsi une nouvelle réserve d’énergie potentielle.

EUROPE

REACh: les produits basiques mieux surveillés

REACh (Registration, Evaluation,

AuthorisationandRestrictionforChe-

micals), l’accord sur la réglementation des produits chimiques, impose que toute mise sur le marché d’un article ou d’une préparation comportant plus de 0,1% d’une substance cancérigène, mutagène ou reprotoxique soit sou- mise à autorisation. Adopté par le Parlement européen en décembre2006 et entré en vigueur le 1 er juin 2007, REACh a franchi une nouvelle étape le 30 novembre 2008, avec la fin de la période de pré-enregistrement obli- gatoire par les entreprises de leurs produits concernés. Le législateur européen s’est focalisé sur les autori- sationsconcernantlessubstancesles plus dangereuses, pour lesquelles est rendue obligatoire la présentation de plans de substitution. Les contrôles et

sanctions interviendront dès le 1 er janvier 2009, le but étant d’éliminer les sub- stances les plus dangereuses d’ici à 2018. Les entreprises énergétiques exploitant les combustibles fossiles sont évidemment concernées. Elles utilisent en effet les produits issus de l’industrie pétrochimique, comme les fiouls lourds et légers ou le gaz naturel, qu’elles débarrassent de ses impuretés (huiles, eau, dioxyde de carbone, soufres, etc.) à l’aide de certainsproduitsaminésdontl’emploi est désormais soumis à restriction. De même, l’industrie nucléaire, qui a recours à certaines des substances visées par la réglementation – par exemple des solvants pour peintures ou certains produits de soudage –, est attentive à en appliquer les prin- cipales dispositions.

INNOVATION

Portables: un dispositif sans fil

pour charger les batteries?

Primé par la fondation Mac Arthur (« the Genius Grant »), le WiTricity (Wireless Electricity) est une nou- velle technologie qui permet de recharger à distance ordinateurs, téléphones mobiles, baladeurs MP3, etc. Initialement, les chercheurs du fameux MIT (Massachusetts Institute of Technology) avaient centré leurs études sur les ondes radio, mais ils les ont écartées, car elles partaient dans toutes les directions et perdaient de la puissance. Les résultats étaient également peu probants pour le laser, certes directionnel, mais dangereux et exigeant un alignement parfait. C’est ainsi qu’en explorant de nou- veaux territoires, ils ont conçu un système de résonateurs électroma- gnétiques à travers un champ magné- tique, permettant de mettre en place

ce dispositif sans fil. Comment fonc- tionne-t-il ? Une bobine de cuivre émettrice remplit l’espace d’une pièce de taille moyenne (une dizaine de mètres carrés) avec un champ magné- tique uniforme de quelques MHz et entre en résonance avec la bobine réceptrice,situéeàenvirondeuxmètres, établissant ainsi une connexion forte qui permet d’échanger de la puis- sance en agissant très faiblement sur l’environnement. La source peut identifier et sélectionner l’objet à charger grâce à la fréquence spécifique qui lui a été allouée, indépendam- ment de sa localisation dans l’espace et des obstacles qui pourraient s’intercaler entre eux. Les premières démonstrations publiques ont eu lieu au Consumer Electronics Show de Las Vegas, en janvier 2009.

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KIOSQUE

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INTERNET

LES SITES POUR EN SAVOIR PLUS SUR LES SUJETS DE CE NUMÉRO

Tout savoir sur l’énergie en Russie L’actu des réseaux intelligents www.iea.org/textbase/country/
Tout savoir sur l’énergie en Russie
L’actu des réseaux intelligents
www.iea.org/textbase/country/
www.smartgridnews.com/
n_country.asp?COUNTRY_CODE=RU
Site en français et en anglais //
Site en anglais //
Production, consommation, investissements…
pour tout savoir sur l’énergie en Russie,
le
de
site Internet de l’Agence internationale
l’énergie est l’un des plus complets. Outre
les données sur les ressources, les échanges
et
les équipements énergétiques du pays,
il fait le point sur les dernières orientations stratégiques,
les programmes de recherche, les relations de Moscou avec ses
clients internationaux. Bref, un portail indispensable pour qui veut
visiter la maison Russie, version énergie.
Tout savoir, chaque semaine, sur les projets, les
investissements, les innovations dans les smart
grids, c’est possible. Il suffit de s’abonner à
cette newsletter internationale, très complète.
Et pour ceux qui ne veulent pas encombrer leur
boîte e-mail, il suffit de jeter un coup d’œil de
temps en temps. Toutes les informations sont
accessibles en ligne, gratuitement.
Le business vert en direct
www.greenunivers.com
L’Europe de l’innovation
Site en français //
http://ec.europa.eu/energy/
technology/index_en.htm
Site en anglais //
Que fait l’Europe en matière
de recherche et de développement
pour l’énergie? Quelles sont les
priorités des Vingt-Sept ? Vous le saurez en consultant ce portail
mis en ligne par la Commission européenne de l’énergie. Au pro-
gramme : les axes privilégiés par la Commission, les bilans des
opérations menées en Europe, les dernières décisions adoptées
et l’agenda des grandes conférences sur l’innovation et l’énergie.
Pas le temps de relever, chaque jour, les contrats
et les investissements menés sur le terrain de
l’environnement? Allez jeter un œil sur le site
GreenUnivers. À côté des dossiers et des articles
thématiques, il recense, chaque semaine, les principaux
contrats passés dans tous les secteurs de l’environne-
ment: énergie, traitement de l’air, gestion de l’eau…
Et il les envoie à ses abonnés, sous forme de newsletter commentée
et interactive. Bonne lecture!

LIVRES

L’énergie de demain sera propre

La Troisième Révolution énergétique Par Anne Lauvergeon et Michel-H. Jamard – Éditions Plon – octobre 2008 – 210 pages – 20 euros

Éditions Plon – octobre 2008 – 210 pages – 20 euros La première était celle du

La première était celle du charbon, la deuxième celle du pétrole et de l’électricité, et la troisième sera celle des éner- gies sans CO 2 , au premier rang desquelles le nucléaire. En effet, pour les auteurs, Anne Lauvergeon, Présidente du Directoire d’AREVA, et Michel-H. Jamard, Directeur de la communication des activités nucléaires du groupe, il fau- dra mobiliser toutes les ressources disponibles pour répondre à la fois aux immenses besoins en énergie qui s’annoncent et aux exigences d’un environnement de plus en plus fragile. Face à ces grands enjeux d’avenir, ils expliquent comment le nucléaire, énergie fiable et non émettrice de CO 2 , a un véritable rôle à jouer dans ce mix énergétique plus diversifié.

rôle à jouer dans ce mix énergétique plus diversifié. Le guide indispensable World Energy Outlook 2008

Le guide indispensable

World Energy Outlook 2008 Publié par l’Agence internationale de l’énergie

Il est paru ! L’indispensable World Energy Outlook 2008 peut être commandé auprès de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui publie chaque année ce rapport très complet sur les grandes tendances énergétiques dans le monde. Dans ce recueil quasi exhaustif, on trouvera tous les chiffres de consommation, de production, ressource par ressource. Mais surtout des analyses et des projections sur deux enjeux majeurs. Le premier est le déclin de la production de pétrole et de gaz, analysé en étudiant huit cents des plus grands champs pétrolifères de la pla- nète. Le second, c’est l’avenir du climat, et notamment l’après-Kyoto. Le rapport présente deux scénarios à l’hori- zon 2030, pour faire comprendre aux lecteurs les choix stratégiques qui s’imposent aujourd’hui.

INTERACTIF
INTERACTIF

Vos questions … et nos réponses

manquer pour la

être que locales.

met en œuvre une

combiné signifie

Le thorium, cet

évoque l'avenir à moyen

dont l’Inde recèle 90 %

minerai est exploitable

Michel Sourrouille

L’utilisation « durable » de la bio- masse à usage énergétique ne fait pas appel à un stock disponible, mais à des flux annuels de production. Or, l’exploitation de la biomasse varie dans le monde. Ainsi, les pays indus- trialisés développent des cultures spé- cifiques (donc renouvelables) pour les « agrocarburants », tandis qu’à l’extrême, la déforestation sauvage

tiques ne

études de

améliorée

Charles Lataille (question reçue par courriel)

La cogénération est la production de chaleur et d’électricité à partir d’un même combustible: gaz natu- rel, gaz de fermentation (provenant par exemple de déchets urbains), charbon, fioul. Le combustible ali- mente un moteur thermique relié à un générateur d’électricité, tandis que les gaz d’échappement du moteur, dont la température peut monter au-delà de 450 °C, sont récupérés par une chaudière. Celle-

ci

alimente un système de chauffa-

ge

localisé: chauffage urbain, instal-

manière à

donc plus

quantité

lations industrielles, hôpitaux…

À noter que des chaudières électro-

La biomasse, énergie de l’avenir?

inconnu

Dans Alternatives n° 19, vous estimez que la biomasse constitue l’énergie de l’avenir. Mais si nous l’utilisons pour l’usage humain, ce prélèvement

Alternatives n'a pas encore parlé du thorium. Or ce métal est lui aussi, potentiellement, un combustible nucléaire, même si cette voie est

destiné à se transformer en énergie ne va-t-il pas

seulement en cours d'exploration. L’Inde s’y intéresse déjà. Les réserves de thorium, à ma connaissance, sont plus abondantes que celles de l’uranium. Ne faudrait-il donc pas en tenir compte lorsqu'on

ou long terme du nucléaire?

reconstitution des sols? Quelle est l’évolution de la productivité dans le sens quantité de biomasse produite par unité de surface? Est-ce que des études ont été faites sur la question de la durabilité de la biomasse?

Emmanuel Karlin (question reçue par courriel)

en Indonésie pour des usages domes-

Le thorium est effectivement plus abondant dans la nature que l’uranium. On le trouve notamment

plutonium et de déchets radioac- tifs à vie longue. En revanche, sa transmutation en uranium 233 à très haute radioactivité, pour le rendre fissile, crée un risque de proliféra- tion (usage militaire) et le recyclage du combustible n’est pas encore techniquement résolu. Ses qualités font cependant qu’il est largement intégré dans les programmes majeurs des réacteurs du futur (à l’horizon 2040), qui ont notamment pour objectif de minimiser les déchets à vie longue et de recycler leur propre combustible.

s’accompagne d’aucune

replantation… Dans ce contexte, les

productivité et de durabi-

sous forme de concentrations de minerais lourds (terres rares) dans des sables côtiers et en particulier dans un phosphate, la monazite,

des gise-

ments mondiaux. La totalité du

dans un

réacteur, contre 0,7 % pour l’ura- nium naturel, et ne nécessite donc pas de coûteuses installations d’en- richissement. De plus, le cycle du combustible produit moins de

lité ne peuvent

À titre d’exemple, dans la région de São Paulo, la productivité à l’hec- tare des plantations de canne à sucre

pour la fabrication de l’éthanol, s’est

de 33 % depuis 1975.

Cogénération et cycle combiné

Qu’entend-on par « cogénération » et par « cycle combiné ». Ces deux notions ont-elles des points communs?

(Source : AEN/OECD, World Nuclear Association.)

gènes à usage domestique, fonction- nant au gaz naturel, apparaissent sur le marché.

Le cycle combiné

turbine à gaz (alimentée par un mélange d’air comprimé et de gaz

naturel) dont la chaleur est là aussi récupérée, mais pour être introduite dans une deuxième turbine de

ÉCRIVEZ-NOUS : Cette rubrique étant la de vos interrogations. vôtre, vous êtes invité(e) à nous
ÉCRIVEZ-NOUS :
Cette rubrique étant la
de vos interrogations.
vôtre, vous êtes invité(e) à nous faire part
Nous y répondrons au fil des prochains numéros.
?
Magazine Alternatives // T.M.S. //
BP 71 - 93402 Saint-Ouen Cedex - France
@ alternatives
@ publicorp.fr

produire davantage d’élec-

tricité. Le cycle

d’électricité pour la même de combustible (donc

moins d'émission de CO 2 ). Ce type

de centrales fournit un complément

de puissance durant les pointes

E Mobilité urbaine et nouveaux modes

de déplacement

L’augmentation du trafic dans les centres-villes pèse lourd dans la balance environnementale et économique de nos sociétés. La circulation urbaine est à l’origine de 40 % des émissions de CO2 ; elle coûterait chaque année 100 milliards d’euros à l’Union européenne. Mais les urbanistes et les industriels du transport déve-

énergie et moins polluants, qui impliquent des

loppent des modes de déplacement moins coûteux en

mutations profondes en termes de structuration et de modèle de villes. Ces solutions passent par un nouvel essor des transports collectifs, le déploiement de systèmes intelligents de gestion du trafic, et l’optimi- sation du transport individuel, avec notamment le recours aux véhicules électriques. Plusieurs constructeurs automobiles testent actuellement des voitures hybrides ou totalement électriques, qui pourraient être les véhicules urbains de demain.

le prochain numéro… Dans le prochain numéro… Dans le prochain numéro… Dans

les véhicules urbains de demain. le prochain numéro… Dans le prochain numéro… Dans le prochain numéro…

E