Vous êtes sur la page 1sur 1

« La confiance n'exclut pas le contrôle ».

Cet adage populaire peut être appliqué aux sociétés


anonymes (SA) dans lesquelles les capitaux confiés aux dirigeants sociaux par les actionnaires
sont indéniablement exposés aux risques liés à la gestion. Cette interrogation reflète
évidemment les préoccupations du grand public que celles de la doctrine sur la question de la
bonne gestion de la société anonyme par les dirigeants. C'est dans cette logique que s'inscrit le
thème de notre mémoire : « Le contrôle de la société anonyme par les actionnaires ».
« Merveilleux instrument juridique du capitalisme moderne » selon la formule du doyen
RIPERT, la société, terme venant du latin sociétas ou socius, signifie compagnon ou associé.
La société peut être civile ou commerciale. La société anonyme étant une société commerciale
par la forme, elle est définie comme étant « une société dans laquelle les actionnaires ne sont
responsables des dettes sociales qu'à concurrence de leurs apports et dont les droits des
actionnaires sont représentés par des actions. La société anonyme peut ne comprendre qu'un
seul actionnaire ».
A ce titre, l'actionnaire étant « le pilier de la société anonyme parce qu'il a contribué par son
apport à constituer le mécanisme juridique perfectionné qui a été mis en place »7, il est
considéré comme une personne physique ou morale ayant apporté à la société des espèces ou
des biens nécessaires à son financement8.
Le terme contrôle, de l'ancien français contrerole, registre tenu en double, vient du verbe
contrôler qui signifie soumettre à un contrôle, à une vérification minutieuse. Le contrôle est
donc une vérification minutieuse de l'état de quelque chose ou de quelqu'un, ou une inspection
attentive de la régularité d'une action ou de la validité d'une espèce9.
Le contrôle qui s'exerce sur les organes d'administration est susceptible de degré. Stricto
sensu, le contrôle des comptes concerne la régularité et la sincérité des comptes sociaux. Lato
sensu, le contrôle de gestion englobe la régularité, et l'opportunité économique et
commerciale de la gestion.
La notion de contrôle présente en outre deux acceptions. D'une part, le contrôle évoque l'idée
de domination. Etudier le contrôle de la société, c'est rechercher entre les mains de quels
hommes ou de quel groupe voire de quel individu est le capital ; c'est aussi rechercher
comment éventuellement il est reparti, par qui et au profit de qui le droit de vote des
assemblées s'exerce ; c'est finalement déterminer qui détient en droit ou en fait le pouvoir de
décision. D'autre part, le contrôle évoque l'idée de surveillance exercée à l'égard des
détenteurs du pouvoir. Ce contrôle figure parmi les attributions d'un certain nombre d'organes.
Il constitue également l'une des fonctions les plus fondamentales des actionnaires. Cette
dernière acception fera l'objet de notre étude. Elle concerne la gouvernance de la société
anonyme.
En droit marocain L’article 144 de la loi 17.95 n’a pas donné une définition de notion de
contrôle mais il a seulement cité une liste de situations légales dans lesquelles une société est
considérée comme contrôlant l’autre.
La problématique que pose le sujet est de savoir : quelles sont les techniques de prises de
contrôle d’une société anonyme