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Chapitre 1 : Notions préliminaires pour l'astronomie de position

I. Angles – Fonctions trigonométriques

Le domaine de l'astronomie est réputé pour l'utilisation parfois complexe des angles et des fonctions trigonométriques. Par exemple, pour repérer la position d'un astre dans le ciel, les astronomes ont besoin de deux coordonnées angulaires et le passage d'un système de coordonnées à un autre requiert l'utilisation des fonctions trigonométriques usuelles. Nous présentons ci–dessous les principales relations dont nous aurons besoin par la suite.

1. Mesure des angles

L'unité pratique est le degré, qui est la 90 ème partie de l'angle droit. Le degré est divisé en 60 minutes d'angle, elles-mêmes divisées en 60 secondes d'angle. Nous avons donc :

1° = 60'= 3600"

En fait, l'unité légale de mesure des angles n'est pas le degré mais le radian. Il est défini à partir d'un cercle de rayon unité, appelé cercle trigonométrique. La circonférence de ce cercle, engendrant un angle de 360°, a pour valeur 2π. Un radian est donc l'angle engendré par un arc égal au rayon du cercle. Nous avons donc la correspondance suivante entre les degrés et les radians :

1 ° =

π

rad

180

Le radian est généralement l'unité adoptée par les logiciels de programmation pour effectuer des calculs mathématiques. Le radian doit être obligatoirement utilisé pour effectuer certains calculs, notamment lors de la résolution de l'équation de Kepler.

L'emploi d'une troisième unité d'angle est spécifique à l'astronomie. L'usage de l'heure pour définir une valeur angulaire est lié à la durée du jour. 24 heures sont égales à 360°. L'heure est subdivisée en 60 minutes ou en 3600 secondes d'heure.

1h = 60 min = 3600s

Il ne faut pas confondre cette unité angulaire avec l'unité de temps, bien que leurs origines soient communes (une durée de 24 heures correspond à la rotation de la Terre sur elle–même d'un angle de 360° [1] ). Notons les équivalences entre les angles exprimés en degrés et en heures :

1h

1min

1s

=

=

15

=

15"

°

15'

2. Fonctions trigonométriques – Principales relations

Nous supposons connues les principales fonctions trigonométriques (sinus, cosinus, tangente) ainsi que leurs propriétés, et nous ne rappelons ci–après que les formules qui nous ont semblé importantes.

cos x =

k

= 0

(

1)

k

x

2

k

(

2

k

)

!

sin x =

k

= 0

(

1)

k

x

2

k +

1

(

2

k +

1

)

!

tan

x

sin x

=

cos x

Signalons deux fonctions particulières, la sécante et la cosécante, autrefois très employées en astronomie :

sec

x

=

1

cos x

cos ec

x

=

1

sin x

[1] Ceci n'est pas rigoureusement exact, comme nous le verrons par la suite.

On peut définir les fonctions trigonométriques à l'aide de la fonction exponentielle :

cos x

=

1

2

(

i x

e

+

e

i x

)

sin x =

1

2

i

(

i x

e

e

i x

)

programmation).

i =

x = 1 2 i ( i x e − e − i x ) où

1 . (Il faut toutefois noter que les nombres complexes ne sont généralement pas gérés par les logiciels de

Grâce à ces formules, on peut en déduire :

De même :

cos

a

cos

b

=

1

4

(

e

(

i a

+

b

)

+

sin

(

b

)

)

1

(e

(

b

)

i a

i a

e

a

sin

+

+

4

b = −

1

cos

+

e

(a + b) +

(

i a

b

)

)

=

1

2

cos

1

cos(a b)

sin

a cos

b

=

2 2

1

(a + b) +

1

sin

sin(a b)

cos

a sin

b =

2

1

sin

(a + b)

2

1

sin(a b)

2

2

(a b)

+

+

1

2

cos

(a b)

De là, on déduit, par additions et soustractions :

cos (a + b) = cos a cosb sin a sin b

cos (a b) = cos a cosb + sin a sin b

 

sin (

a

+

b

)

=

sin

a

cos

b

+

sin

b

cos

a

sin (

a

b

)

=

sin

a

cos

b

sin

b

cos

a

Nous avons ensuite, en posant

p =

a

+

b

et

q =

a

b

:

 

2

2

 

sin

a

+

sin

b

=

2sin

p

cos

q

sin

a

sin

b

=

2cos

p

sin

q

cos

a

+

cos

b

=

2cos

p

cos

q

 

cos

a

cos

b

= −

2sin

p

sin

q

Signalons également deux autres formules très utilisées en astronomie :

cos

2

x +

sin

2

x =

1

3. Relations dans les triangles sphériques

tan 2

x

1

cos

x

=

2

1

+

cos x

Soit une sphère de rayon unité de centre O et 3 points A, B et C situés à sa surface. Notons a, b, c les 3 côtés du triangle respectivement opposés aux sommets, a étant le côté BC. On désigne également par A, B, C les angles correspondants aux points nommés précédemment. Nous donnons sans démonstration les relations du triangle sphérique :

sin

a

cos

B

=

cos

b

sin

c

sin

b

cos

c

cos

A

sin

a

sin

B

=

sin

A

sin

b

cos

a

=

cos

b

cos

c

+

sin

b

sin

c

cos

A

Cet ensemble de relations est appelé groupe de Gauss. La dernière relation est une formule fondamentale en trigonométrie sphérique et nous la rencontrerons souvent dans les chapitres suivants. Nous pouvons établir d'autres relations par simple permutation circulaire, nous pouvons notamment déduire, à l'aide de la deuxième formule ci–dessus :

sin a

sin A

sin b

=

sin B

=

sin c

sin C

II.

Calculs mathématiques

1. Formule de Taylor

Toute fonction

f (x) peut être décomposée comme un polynôme formé des dérivées successives de f. La formule de Taylor

s'écrit :

f

(n)

(x)

désigne la n ième dérivée de f.

f

(

x

)

=

n =

0

(

x

x

0

)

n

n !

f

(

n

)

(

x

0

)

Nous avons donné plus haut les formules de Taylor des fonctions cosinus et sinus.

2. Méthode itérative de Newton

Il s'agit de déterminer par itérations successives la valeur pour laquelle une fonction s'annule. À l'ordre 1, la formule de Taylor donne pour f (x) = 0 :

f

(

x

)

= f

(

x

1

)

+

(

x

2

x

1

)

f

'(

x

1

)

=

0

Soit :

x

2

=

x

1

f

(

x

1

)

f

(

x

1

)

x

1

est une valeur pour laquelle

f

(

x

1

)

0

(voire même quelconque). On calcule

f

(

x

1

)

et

. On injecte ensuite la valeur de

f x

(

1

)

, puis la valeur

x

2

dans

formule ci–dessus.

applique la formule ci–dessus autant de fois que nécessaire jusqu'à ce que la valeur x ne varie plus sensiblement.

x

2

est une valeur plus approchée de la solution que

x

1

Exemple :

Soit

f

(

)

x = x

5

+

17

x

8

. Cherchons la valeur de x pour laquelle cette fonction s'annule.

Nous avons :

f (

x

)

=

5

x

4

+

17

Prenons pour valeur initiale

Nous obtenons ensuite :

x

1

= 0

, nous avons alors :

f

(

x

1

)

= −

8

et

f (

x

1

)

=

17

x = 0.469 249 986

x = 0.469 249 878

x = 0.469 249 878

, donc

x

2

=

8

17

=

0.470 588 235

.

En général, la méthode converge assez vite vers la solution.

3. Interpolation

x

2

x

1

par la

et on

En astronomie, nous connaissons souvent la valeur d'une fonction pour plusieurs points, sans avoir une expression analytique de cette fonction, et nous désirons calculer sa valeur à un point arbitraire. Par exemple, supposons que nous connaissons l'ascension droite d'une planète pour chaque jour à 0h et nous souhaitons connaître sa position pour le jour médian à 10h. Pour cela, il faut effectuer une interpolation des valeurs de la table. Nous allons considérer le cas d'une interpolation à 3 valeurs, ce qui est le cas le plus courant (l'interpolation linéaire [à 2 valeurs] ne sera pas évoquée ici, car elle n'offre aucune difficulté).

Connaissant les 3 valeurs tabulaires équidistantes

valeurs

suivantes :

(l'ascension droite dans l'exemple précédent) correspondant aux

de l'argument x (le temps dans l'exemple précédent, ce qui est souvent le cas), formons les différences

y , y

1

2

, y

3

x , x

1

2

, x

3

x

1

x

2

x

3

y

1

y

2

y

3

a

b

=

y

2

= y

3

y

1

y

2

c = b a

a et b sont appelées les différences premières des valeurs y, c est une différence seconde.

Appelons y la valeur recherchée, correspondant à l'argument x. Posons d'interpolation est :

n = x x

2 le facteur d'interpolation. La formule

y = y

2

+

n

2

(

a

+

b

+

c

+

nc

)

Si la fonction y s'annule, le facteur d'interpolation est déterminé par itérations successives grâce à la relation suivante :

Nous pouvons aussi déterminer

n

0

méthode de Newton).

n

0

=

2 y

2

a

+

b

+

cn

0

par corrections successives en calculant :

n

0

= −

2

y

2

+

n

0

(

a

+

b

+

cn

0

)

a

+

b

+ 2

cn

0

Si la fonction y atteint un extremum, la valeur maximale

y

m et le facteur d'interpolation sont respectivement :

y

m

=

y

n

m

= −

2

a

(

a

+

b

) 2

8 c

+

b

2 c

Exemple 1 : Calcul de l'ascension droite de Jupiter.

(basé sur la

Soit les valeurs suivantes de l'ascension droite (géocentrique) de Jupiter à 0h TD :

15

novembre 2006

15h 44min 12.071s

20

novembre 2006

15h 48min 03.503s

25

novembre 2006

15h 53min 23.526s

Convertissons les minutes et les secondes d'heures en fractions d'heures, et formons les différences :

15

novembre 2006

15.724 634 07h

 

0.076 339 07

20

novembre 2006

15.800 973 14h

0.000 386 15

 

0.076 725 22

25

novembre 2006

15.877 698 36h

Calculons l'ascension droite pour le 21 novembre 2006 à 19h TD. Le facteur d'interpolation, en unités de l'intervalle tabulaire (5 jours), est :

n =

19 / 24 =

1

+

5

0.358 333 33

Nous obtenons donc (entre parenthèses, la valeur exacte) :

y = 15.828 421 950h = 15h 49 min 42.319s (42.366s)

Exemple 2 : Passage de Vénus par l'équateur céleste.

Nous disposons des valeurs journalières suivantes de la déclinaison de Vénus (à 0h TD) :

22 février 2007

–0° 36' 44.26"

23 février 2007

–0° 05' 22.71"

24 février 2007

+0° 25' 59.58"

Nous trouvons facilement que

n

0

= 0.171 474

, ce qui correspond au 23 février à 4h 06min 55s.

Exemple 3 : passage de Mercure au périhélie.

12

novembre 2006 0hTD

0.308 648 823 UA

14

novembre 2006 0hTD

0.307 498 044 UA

16

novembre 2006 0hTD

0.308 907 329 UA

Nous obtenons une valeur du périhélie

n

m

=

0.050 488 191

y

(0.307 494 728), le facteur d'interpolation correspondant est

, ce qui correspond à la date du 13 novembre 2006 à 21h 34min 36s (33min 48s). Les différences

m = 0.307 494 781UA

s'expliquent par un écart tabulaire de 2 jours, ce qui est grand compte tenu de la vitesse de déplacement de Mercure.

4. Résolution d'un système d'équations linéaires par la méthode des moindres carrés

Nous avons à résoudre le système suivant :


a x

11

1

a x

21

1

a

m

1

x

1

+ a

+ a

x

12

22

2

x

2

+

a

m

2

x

+

+

2

+

+

+

a

1

a

2

n

x

n

=

b

1

n

x

n

=

b

+

a

mn

x

n

=

2

b

m

Ce système peut se mettre sous la forme matricielle suivante :

en posant :

A =

a

a

11

21

a

a

12

22

a a

m

1

m

2

A x = b

a

a

1 n

2 n

a

mn

x =

x

x

1

2

x

n

(1)

b =

b

b

1

2

b

n

Si m < n , il y a plus d'inconnues qu'il n'y a d'équations, le système n'admet pas de solutions ou pas de solution unique (on peut alors trouver une combinaison linéaire entre les différentes inconnues).

Si m = n et s'il n'existe aucune combinaison linéaire entre chaque équation, alors le système admet une solution unique. La

solution s'obtient de la manière suivante. On multiplie membre à membre l'équation (1) ci–dessus par matrice A :

, l'inverse de la

A 1

A

1

A

x

=

A

1

b

Sachant que A

1

A = I

la matrice identité, nous avons finalement :

−1 x = A b
−1
x
=
A
b

Si m > n , il y a plus d'équations qu'il n'y a d'inconnues. Il n'y a, en général, pas de solution mais une solution peut être le meilleur compromis satisfaisant le mieux possible le système d'équations. Pour cela, nous devons résoudre le système :

Ax = y

avec

y =

y

y

1

2

y

m

de manière à ce que les écarts entre b et y soient les plus faibles possibles. Introduisons pour cela la fonction

de coût J définie par :

J

=

m

2

r

i

i = 1

r

i

= b

i

y

i

= b

i

(Ax)

i

.

Le critère des moindres carrés consiste à minimiser la fonction de coût J, c'est–à–dire que ses dérivées par rapport aux composantes du vecteur x soient nulles :

Explicitons cette dernière relation :

x

j

m

2

r

i

i

=

1

=

J

x

j

= 0

m

=

1

i

r

2

i

x

j

=

m

=

1

i

m

i = 1

r

i

a

ji

=

Réécrivons cette relation sous forme matricielle, en posant

avec

t

A

la matrice transposée de A.

t

0

r =

r

1

r

2

r

m

Ar = 0

:

r

i

r

i

x

j

= 0

(2)

Or le vecteur r s'écrit r = b A x , nous obtenons donc :

t

t

A

A

(

b

A

A

x

=

x

t

) = 0

A

b

Les équations que forme la dernière relation sont appelées équations normales. La solution ajustée au sens des moindres carrés est :

La matrice

(

t

AA

)

t −1 t x = ( A ⋅ A ) A ⋅ b
t
−1
t
x =
(
A
A
)
A
b

1 est appelée matrice de covariance et ses éléments diagonaux représentent le carré des écarts–types.

Exemple : résoudre le système suivant :

Sous forme matricielle, nous avons :

A =

1


2

4

t A =

1

2

2


5

2.5

2

2.5

4

5

x


+

2

2 x

4 x

+

+

y

2.5

5

=

y

y

=

(

3

=

7

t

3

A

A)

=

b =

21

27


7

3

3


27

35.25

Calculons

(

t

AA

)

1

et

t

A

b

Nous avons finalement :

(

t

A

A

)

1

=

3.133333

2.4

2.4

1.866666

x =

0.466666

1.733333

t

A

b

=

37

48.5

Considérons maintenant le cas de l'ajustement linéaire, c'est–à–dire que nous voulons modéliser l'ensemble d'un nombre N de points par une droite :

y(x) = a + bx

Posons :

S

xx

N

=

i = 1

x

2

i

S

x

=

N

x

i = 1

i

S

xy

=

N

x

i = 1

i

y

i

S

y

=

N

y

i = 1

i

S

yy

=

N

y

i = 1

2

i

Nous trouvons, à partir des mêmes considérations précédentes :

c'est–à–dire en posant

∆ = N S

xx

S

x

2

:

N a

+

bS

x

=

S

y

aS

x

+

bS

xx

=

S

xy

a =

S

xx

S

y

S

x

S

xy

b =

On établit que le coefficient de corrélation et le RMS sont donnés par :

r =

N S

xy

S

x

S

y

∆ ⋅

(

N S

yy

S

y

2 )

N S − S S xy x y ∆ N 1 RMS = ∑ 2
N S
− S
S
xy
x
y
N
1
RMS =
∑ 2
r
i
N
i = 1

Le coefficient de corrélation est une mesure statistique du degré pour lequel deux variables sont liées entre elles. Il varie entre

–1 et 1, sachant qu'une corrélation parfaite est obtenue pour

r

= 1

.

Les écarts–types sur a et b sont :

Exemple :

x

y

1

1

2

1

σ

a

=

3

2

S xx ∆
S
xx

4

3

5

3

σ

b

=

6

4

N ∆
N

7

4

8

6

Nous trouvons :

S

S

x

xx

=

36

=

204

S

S

y

xy

= 24

= 136

S yy

= 92

∆ = 336

Nous avons ensuite :

σ

a

= 0.7792

σ

b

a = 0

= 0.1543

b =

2

3

r = 0.9661

L'équation de droite ajustée s'écrit donc :

y = (0.0000 ± 0.7792) + (0.6667 ± 0.1543)x

r = 0.9661

RMS = 0.4082

III.

Systèmes de référence

La définition de systèmes de référence est primordiale en astronomie, afin d'étudier la position et le mouvement des astres. Nous considérerons pour le moment que les étoiles sont fixes, du fait de leur très grande distance, et ce quel que soit le moment de l'observation. On peut alors définir des repères dont l'origine est un point quelconque et dont les trois axes pointent vers 3 étoiles fixes. Il existe plusieurs manières de repérer un point dans un repère (ou référentiel), à l'aide de systèmes de coordonnées.

1. Coordonnées cartésiennes

Il s'agit de projeter orthogonalement le point M sur chacun des 3 axes orthogonaux entre eux et de mesurer les longueurs par rapport à l'origine.

et de mesurer les longueurs par rapport à l'origine. Les coordonnées du point M sont :

Les coordonnées du point M sont : (x, y, z) .

2. Coordonnées polaires

Ce sont des coordonnées du plan, qui définissent la position d'un point M par sa distance à l'origine O et l'angle entre un axe fixe et la droite OM.

O et l'angle entre un axe fixe et la droite OM . Les coordonnées du point

Les coordonnées du point M sont notées (ρ,θ ) . Les relations qui existent avec les coordonnées cartésiennes du plan sont :

ρ

2

tan

=

θ

x

=

2

+

y

x

y

2

x θ

θ

y

=

=

cos

ρ

sin

ρ

3. Coordonnées cylindriques

Les coordonnées cylindriques ajoutent aux coordonnées polaires l'altitude z, qui est identique à la coordonnée z définie pour le repère cartésien. Les coordonnées du point M sont (ρ,θ , z) .

la coordonnée z définie pour le repère cartésien. Les coordonnées du point M sont ( ρ

8

4.

Coordonnées sphériques

Il s'agit sans doute du type de repère le plus employé en astronomie, puisque la position des corps est définie par une seule coordonnée de distance et deux coordonnées angulaires. L'angle θ est cette fois compté depuis l'axe Oz, et appelé colatitude, tandis que l'angle ϕ est dénommé longitude.

tandis que l'angle ϕ est dénommé longitude. Les coordonnées de M sont notées ( r ,

Les coordonnées de M sont notées (r,θ ,ϕ) . Il faut noter toutefois que r est différent de ρ en général.

IV. Systèmes employés en astronomie

1. Coordonnées écliptiques

La Terre se déplace autour du Soleil dans un plan (ce que nous démontrerons dans le prochain chapitre), appelé plan de l'écliptique. Le système de coordonnées dont le plan xOy est le plan de l'écliptique est appelé système de coordonnées écliptiques. On peut définir des coordonnées cartésiennes (x,y,z) ou sphériques. Dans ce dernier cas, la longitude dite écliptique est notée l, tandis que la latitude écliptique est définie par b = 90° − θ . Lorsque le Soleil est à l'origine du repère, la distance r prend le nom de rayon vecteur.

2. Coordonnées équatoriales

La projection sur la sphère céleste de l'équateur terrestre donne un grand cercle appelé tout simplement équateur céleste. Les mesures des distances angulaires par rapport à cet équateur s'appellent les déclinaisons, notées δ . Elles sont comptées positivement dans l'hémisphère céleste boréal et négativement dans l'hémisphère céleste austral (similaires à la latitude terrestre).

L'angle que fait l'équateur céleste avec le plan de l'écliptique s'appelle obliquité de l'écliptique dont la valeur ε est proche de 23°26', cette obliquité étant à l'origine de l'alternance des saisons. En conséquence, il existe deux points sur l'équateur qui coupent l'écliptique. Vu de la Terre, l'écliptique représente la trajectoire apparente du Soleil pendant un an. Lorsque celui-ci passe de l'hémisphère austral à l'hémisphère boréal (équinoxe de printemps), il se trouve à un point particulier, dénommé point vernal. Ce point vernal est l'origine des ascensions droites (α), et celles–ci sont comptées en heures pour des raisons pratiques.

est l'origine des ascensions droites ( α ), et celles–ci sont comptées en heures pour des

Nous distinguons les coordonnées équatoriales géocentriques et topocentriques (ou locales). Les premières se réfèrent au centre de la Terre tandis que les secondes sont rapportées au lieu d'observation.

Le lien qui existe entre les coordonnées écliptiques et les coordonnées équatoriales sont :

On a alors :

cos

sin

sin

cos

l

b = −

cos

l

b =

b =

sin

x x

ecl

=

eq

y y

= −

z

ecl

ecl

=

eq

cos

ε

+

z

eq

sin

ε

y

eq

sin

ε

+

z

eq

cos

ε

cos

α

sin

α

α

cos

cos

δ

cos

δ

δ

sin

cos

+

ε

ε

+

sin

sin

δ

δ

cos

sin

ε

ε

x x

eq

=

ecl

y y

eq

=

ecl

z y

eq

=

ecl

cos

sin

ε

ε

+

z

ecl

z

ecl

sin

cos

ε

ε

cos

sin

sin

α δ

α δ

cos

cos

δ

=

sin

l

=

=

cos

sin

l

cos

b

l

cos

b

cos

b

cos

ε

sin

ε

+

sin

b

sin

b

cos

ε

sin

ε

Dans les relations précédentes, α est exprimé en degrés, il faut le diviser par 15 pour l'avoir en heures. Seul le deuxième groupe est fréquemment utilisé car les théories planétaires fournissent les coordonnées écliptiques, qu'il faut transformer pour l'observation en coordonnées équatoriales. Ces relations se réécrivent de manière plus condensée :

tan

α

=

sin

l

cos

ε

tan

b

sin

ε

cos l

sinδ = sin l cosb sin ε + sin b cosε

où il faut surveiller le signe de cos l . Si celui–ci est négatif, il faut ajouter 180° à la valeur de α .

3. Coordonnées horaires

Il s'agit de coordonnées topocentriques, pour lesquelles la déclinaison est conservée, mais l'ascension droite est remplacée par l'angle horaire H, défini par :

H = TSG α LO

TSG désigne le temps sidéral de Greenwich, α l'ascension droite et LO la longitude du lieu d'observation (comptée négativement vers l'est). Le temps sidéral de Greenwich, qui est l'angle horaire du point vernal, sera étudié ultérieurement. L'angle horaire varie positivement vers l'ouest à partir du sud (et est compté en heures).

l'ouest à partir du sud (et est compté en heures). 4. Coordonnées horizontales locales Le plan

4. Coordonnées horizontales locales

Le plan xOy est défini par le plan horizontal du lieu d'observation. L'axe Oz pointe alors vers le zénith. L'angle mesuré depuis l'horizon jusqu'à l'astre s'appelle la hauteur h. Cet angle est par convention positif au-dessus de l'horizon (de 0 à +90°), et négatif en dessous (de 0 à –90°). L'angle a mesuré en degrés depuis le sud s'appelle l'azimut (la direction de l'ouest possède un azimut de 90°). On définit aussi la distance zénithale z = 90° − h . À l'aide de ces coordonnées, on peut déterminer l'instant où un corps céleste se lève, l'altitude étant nulle à cet instant (il faut de plus tenir compte de la réfraction atmosphérique). Ce système de coordonnées présente un inconvénient majeur : les coordonnées d'une étoile fixe varient au cours du temps et en fonction de la position géographique de l'observateur.

Les groupes de transformations sont :

sin

H

cos

δ

=

sin

a

cos

h

 

sin

a cos

h

=

sin

H

cos

δ

cos

H

cos

δ

=

cos

a

cos

h

sin

ϕ

+

sin

h

cos

ϕ

cos

h

a cos

cos

=

H

cos

δ

sin

ϕ

sin

δ

cos

ϕ

sin

δ

= −

cos

a

cos

h

cos

ϕ

+

sin

h

sin

ϕ

sin

h

=

cos

H

cos

δ

cos

ϕ

+

sin

δ

sin

ϕ

 

ϕ représente la latitude du lieu d'observation.

Là encore, nous ne retiendrons que les formules suivantes :

tan

a

=

sin

H

cos

H

sinδ

tanδ cosϕ

sin h = cos H cosδ cosϕ + sinδ sinϕ

V. La forme du globe

En première approximation, nous pouvons considérer la Terre comme sphérique, mais du fait de sa rotation diurne et de sa nature partiellement élastique, elle est légèrement aplatie aux pôles. La forme géométrique qui s'apparente le plus à la forme de la Terre (géoïde) est l'ellipsoïde de révolution.

La figure suivante représente une section passant par les deux pôles de la Terre.

une section passant par les deux pôles de la Terre. O représente l'observateur. Suivant qu'il mesure

O représente l'observateur. Suivant qu'il mesure sa latitude par rapport à la verticale du sol ou par rapport au centre de la Terre, il obtiendra respectivement la latitude géographique ϕ ou la latitude géocentrique ϕ'. En 1976, l'Union Astronomique Internationale a fixé les valeurs suivantes des mesures de la Terre :

a

= 6 378 140m

f

=

1

298.257

a représente la distance CE sur la figure précédente et est le rayon équatorial de la Terre. f est l'aplatissement du globe.

Nous en déduisons le rayon polaire terrestre par la formule :

b = CN = a(1 f ) = 6356755 m

Pour un lieu à la surface de l'eau, nous avons la relation suivante entre ϕ et ϕ' :

tan ϕ ′ =

b

2

a

2

tan ϕ

Nous utiliserons plutôt les formules valables pour des lieux dont l'altitude est h (en mètres) au-dessus du niveau de la mer.

ρ

ρ

sin

tan

′ =

ϕ

b

u =

b

a

+

sin u

tan ϕ

h

sin

ϕ

a 6378140

cos

′ =

ϕ

cos u

+

h

cos

6378140

ϕ

VI.

Les coniques

1. Le cercle

Les coniques sont l'ensemble des courbes obtenues de différentes sections du cône. La plus simple d'entre elles est le cercle, qui est la section horizontale du cône. Le cercle est le lieu géométrique de l'ensemble des points situés à égale distance d'un point fixe appelé centre. Le périmètre d'un cercle de rayon R se calcule de la façon suivante :

Son aire est donnée par :

Σ =

∫∫

D

P

=

r dr d

θ

θ

=

2

θ

=

0

π

Rdθ

=

r

=

R

r

=

0

r dr

= 2

π R

θ

=

2

θ

=

0

π

d

θ

=

π

R

2

Les orbites des planètes, hormis Mercure et Pluton, s'écartent peu de trajectoires circulaires.

2. L'ellipse

Une section biaisée du cône forme une ellipse. Nous allons nous attarder sur ce type de conique puisqu'au premier ordre, les trajectoires des planètes sont des ellipses.

Soient deux points distincts du plan F et F' fixes. L'ellipse est le lieu géométrique d'un point P pour lequel la somme F'P+FP est constante. Prenons comme axe Ox la droite passant par les points F et F', ces points étant appelés foyers de l'ellipse, et comme origine le point O, situé au milieu du segment [FF '] .

Posons :

a = OA = OA '
a
= OA
=
OA '

b

=

OB

=

OB '

a est appelé demi–grand axe et b demi–petit axe de l'ellipse.

Déterminons tout d'abord la constante introduite ci–dessus. Lorsque le point P se trouve en A, on a :

Équation cartésienne de l'ellipse

F A

'

+

FA

=

= = 2 a

(

(

F F

'

'

F F

+

+

FA

F A

'

)

+

'

)

FA

+

FA

Afin de déterminer l'équation cartésienne de l'ellipse, posons maintenant :

e =

OF

OA

Cette quantité est appelée excentricité de l'ellipse. Soit (x, y) les coordonnées du point P.

F 'P = 2a FP

2 2 2 ( x + ae ) 2 + y = 2a − (
2
2
2
(
x + ae
)
2 + y
= 2a −
(
x − ae
)
+ y
Élevons au carré :
2
2
2
2
2
(
x + ae
)
+ y
= 4a
+
(
x − ae
)
2 + y
2 − 4a
(
x − ae
)
+ y
2
a − ex
=
(
x − ae
)
2 + y
Élevons de nouveau au carré et simplifions :
2 2
x y
= 1
2
2
2
a
+ a
(1
− e
)

Lorsque le point P se trouve en B, de coordonnées (0, b), on trouve que définitive de l'équation cartésienne de l'ellipse :

Expression du rayon vecteur

Le point P' a pour composante selon l'axe Ox :

2 2 x y + = 1 2 a 2 b x'= a cosu
2
2
x
y
+
=
1
2
a
2 b
x'= a cosu

b = a

2 1 − e
2
1 − e

. On peut alors écrire la forme

Or x = x' , donc, en injectant cette relation ci–dessus dans l'équation de l'ellipse :

Soit :

cos

2

u +

y

2

b

2

=

1

y = b sin u

D'après la figure précédente et en posant r = FP le rayon vecteur, nous avons :

r

cos

ν

=

a

(

cos

u

e

)

r

sin

ν

=

b

sin

u

=

a

2 1 − e
2
1
e

sin u

En élevant chaque relation au carré et en sommant, nous obtenons :

r

2

=

a [

2

1 +

e

2

2

e

cos

u

e

2

sin

2

u]

Soit :

 

r

= a (1 e cosu)

r étant positif.

En injectant

cosu =

r

cosν +

e

a

dans r = a (1 e cosu) , nous obtenons :

( 2 ) a 1 − e r = 1 + e cosν
(
2
)
a
1 −
e
r =
1
+ e
cosν

Il s'agit de l'équation d'une ellipse en coordonnées polaires. Cette relation obéit à l'équation différentielle suivante :

en ayant posé

w =

1

r

et

p = a

(

1 e

2

)

Relation fondamentale liant u et ν

d 2 w 1 w = 2 + d ν p , appelé paramètre de
d
2 w
1
w =
2 +
d
ν
p
, appelé paramètre de la conique.

Cherchons maintenant une expression liant u et ν en éliminant le demi–grand axe. Pour cela, on utilise les deux mêmes relations que précédemment :

r

r

ν =

cos

=

a (

1

a

e

(

cos

cos

u

u)

e

)

En divisant membre à membre, nous avons :

cos

ν =

cos u

e

1

e

cos

u

Une autre relation, ne faisant intervenir une seule fois l'angle u, est obtenue en utilisant le fait que

tan 2

x

1

cos

x

=

2

1

+

cos

x

d'où finalement :

1

cos

ν =

(

1

+

e

)

1

cos u

1

e

cos

u

ν 1 + e 2 u tan 2 = tan 2 1 − e 2
ν
1
+ e
2 u
tan 2
=
tan
2
1
− e
2
ν
1
+
e
u
tan
=
tan
2
1
e
2

En astronomie, l'angle u prend le nom d'anomalie excentrique et l'angle ν

Périmètre de l'ellipse

1

+

cos

ν =

(

1

e

)

d'anomalie vraie.

1

+

cos u

1

e

cos

u

:

Le périmètre d'une ellipse ne peut pas être donné par une formule exacte contrairement au cercle. Pour le déterminer, il faut calculer une infinité de termes.

p

=

2

π a

e représente l'excentricité de l'orbite.

1

1

2 e

2

1 3

× e

2

4

× 5

1 3

×

2

e

6

2

1

 

2 4

× ×