Vous êtes sur la page 1sur 12

Chapitre introductif : Notions du référentiel :

cCroissance, changement IDH


social, développement

Fiche 3– Le développement : définition et


indicateurs
I. Définition du développement

1. La distinction croissance –développement

L’assimilation entre croissance et développement qui a souvent été faite par de nombreux auteurs, en particulier
Rostow est très critiquable . E n effet , la croissance est un phénomène économique et quantitatif , alors que le
développement est d’ordre social , culturel donc qualitatif .

2. Définition de F.Perroux

Comme l’indique F.Perroux, « l’économiste à qui on demande qu’est ce que le développement doit à mon sens répondre
: le développement est la combinaison de changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à
faire croître cumulativement et réellement son produit réel global. »

Complément : une autre définition : celle de Sen , cliquez ici

3. Les caractéristiques du développement

Hugon insiste sur 3 dimensions essentielles du développement :


• le développement doit assurer à tous une amélioration du bien-être ce qui passe nécessairement
par une réduction des inégalités
• le développement nécessite l’application de nouveaux droits et libertés donc une
démocratisation plus poussée des sociétés
• enfin, le développement doit s’inscrire dans une perspective de préservation des intérêts et
choix des générations futures.

Complément sur l’analyse de P.Hugon cliquez ici

II. Les indicateurs du développement

Deux écoles s’opposent selon C.Bernard :


• ceux qui proposent de corriger le PIB tout en conservant les méthodes de la
Comptabilité nationale : ils calculent alors des PIB en PPA par exemple.
• ceux qui proposent de construire un nouvel indicateur dont le PIB ne serait qu’un
des éléments .P.Samuelson propose de calculer un bien-être économique net (BEN).
F.Perroux un bonheur national brut ( BNB ) . Toute la difficulté est alors de traduire
tous les indicateurs qualitatifs en valeurs monétaires

Solution :. C’est ce défi qu’a essayé de relever le PNUD (Programme des Nations Unies pour le
Développement) qui a construit 2 nouveaux indicateurs : l’Indicateur de Développement Humain ( IDH )
et l’ Indicateur de Pauvreté Humaine ( IPH ) .

1. L’IDH
a. définition de l’ IDH

Il veut être la mesure du développement humain entendu au sens où les besoins fondamentaux sont couverts . L’IDH
se calcule à partir de la combinaison de 4 critères :
• l’espérance de vie , comprise entre 25 et 85 ans
• le taux d’alphabétisation des adultes
• le nombre moyen d’années d’études
• le niveau de PIB/habitant en PPA .

Conclusion : « L’ IDH résulte de leur combinaison puisque c’est la somme pondérée selon les coefficients fixés par le
PNUD des 4 valeurs . Les indicateurs PIB réel par habitant ajusté et espérance de vie à la naissance pèse chacun pour
un tiers dans l’IDH, le taux d’alphabétisation des adultes et la moyenne des années d’études respectivement pour 2/9
et 1/9 . »
Complément sur le calcul de l’IDH par le PNUD , cliquez ici : ici

b. Intérêt de l’IDH

Il permet de :
• dépasser la simple comptabilisation quantitative du PIB et il mesure donc mieux le
niveau de développement atteint par un pays .
• Il établit donc une hiérarchie des pays différente de celle du PIB . Pour l’année 92 ,
le Canada occupe la 11° place au classement du PNB/habitant , mais la 1° à celui de
l’IDH . Au contraire , la Guinée occupe le 139° rang pour le PNB/habitant , et le 173°
rang pour l’IDH . De même , la hiérarchie des pays suivant le PIB réel par habitant et
celle de l’IPH ne se recoupent pas . Les profils de la Suède et des Etats Unis sont ainsi
très différents selon B.Stern .

2. L’IPH
a. Définition

L’indicateur de pauvreté humaine mesure le dénuement au niveau des quatre grands aspects de la vie humaine :
• la capacité de vivre longtemps et en bonne santé mesurée par le pourcentage de personnes
risquant de décéder avant un âge fixé
• le savoir mesuré par le pourcentage d’adultes analphabètes
• les moyens économiques mesurés par L’absence d’accès à des conditions de vie décentes qui se
décompose en 3 variables :
- pourcentage d’individus privés d’eau potable
- pourcentage d’individus privés d’accès aux services de santé
- pourcentage d ’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition
• La participation à la vie sociale

Ces éléments sont les mêmes pour tous les pays qu’ils soient industrialisés ou en développement. Seuls les critères
les mesurant varient, pour tenir compte des différences dans les réalités de ces pays . On calcule alors un IPH1(pour
les PVD) et un IPH2 (pour les pays industrialisés)

Complément sur le calcul de l’IPH par le PNUD , cliquez ici

b. Intérêt

Cet indicateur a l’avantage de révéler mieux que l’IDH la capacité redistributive des pays .

Complément : des indicateurs mesurant les inégalités hommes-femmes , cliquez sexospecifique de developpement humain
(ISDH) et indicateur de participation des femmes (IPF) ici

III. Les limites de ces indicateurs


S’ils prennent en compte les critères socioculturels , ce qui est un progrès , ils ne sont pas capables
de :
• rendre compte de la dynamique des structures économiques et sociales, qui seules
permettraient de mesurer le développement car l’IDH et l’IPH sont des indicateurs
statiques.
• Comme l’ensemble des indicateurs synthétiques IDH et IPH sont critiqués pour le
choix arbitraire de leurs composants mais aussi des pondérations qui permettent
leur agrégation en un indice synthétique.
• La forte corrélation de l’IDH avec le PIB pose la question de l’utilité de l’IDH puisqu’il
ne paraît pas pas apporter d’informations supplémentaires, il donne alors raison aux
théoriciens libéraux qui ne voient pas la nécessité de construire de nouveaux
indicateurs en constatant que le PIB fournit une information suffisante
• l’IDH semble réduire le concept de développement humain aux progrès de la santé,
de l’instruction et du niveau de vie, ce qui occulte la question des libertés politiques,
de la participation à la vie sociale et à la sécurité physique . Or ces capacités sont
aussi universelles et fondamentales que savoir lire, écrire ou que la santé. La
faiblesse de l’IDH est qu’étant un indicateur chiffré synthétique, il se révèle
incapable de prendre en compte des dimensions qualitatives comme le degré de
liberté et de démocratie qui ne sont pas facilement mesurables.
En approfondissement :
• sur le site du PNUD :
 le rapport du PNUD : le rapport 2009-2010l
 et le rapport sur les objectifs du millénaire pour l’année 2009 : Rapport sur les OMD 2010
• Sur le site de la banque mondiale : le livre de l’élève : Au Delà de la Croissance Économique : Ce
livre éducatif, dessiné avec des données de la banque mondiale, est adressé aux étudiants,
enseignants, et tout qui sont interessés par les issues du développement Français

• deux rapports du CAE : déjà ancien mais encore pertinents


 Développement Rapport n° 25, François Bourguignon, Christian Chavagneux,
Laurence Tubiana, Pierre Salama et Jacques Valier, 22 juin 2000
 Le cycle du millénaire Rapport n° 20, Pierre Jacquet, Patrick Messerlin et Laurence
Tubiana, 03 novembre 1999
• Sur les relations entre croissance et développement et en particulier sur la convergence
économique des pays : deux présentations power point du cours de L Nesta pour sciences po :
 Séance 12: La croissance économique: faits et théories Séance 13: Croissance et
développement
Chapitre introductif : Croissance, changement
social, développement

Fiche 4– L’analyse libérale de la relation croissance - développement

Selon les économistes libéraux :


• jusqu’à la Révolution Industrielle, les sociétés ne connaissaient ni progrès, ni
croissance.
• Dans cette perspective, la Révolution Industrielle aurait engendré :
- un processus de ruptures permettant de passer d’économies statiques pauvres,
dominées par la nature
- à des économies dynamiques qui améliorent continûment le bien-être de leur
population.
• Le modèle de croissance et de développement ayant été suivi par les actuels
PDEM est, selon de nombreux économistes, généralisable à tous les pays
quelque soit leur histoire, leur modèle culturel.
• Il devrait donc apporter à toutes les sociétés qui les suivent le bien-être
économique et social.

I. Les sociétés traditionnelles bloquent la croissance

1. Les caractéristiques des sociétés traditionnelles


Ces sociétés sont des sociétés holistes où l’individu est déterminé par le groupe ce qui a 2
conséquences :
• L’individu appartient alors au groupe de ses parents : il n’ y a pas de mobilité sociale
• Tout changement est refusé : les sociétés sont statiques , les valeurs héritées sont
respectées

Complément sur les sociétés traditionnelles , cliquez ici

2. empêchent la croissance
Le progrès technique est donc impossible , car il remettrait en cause les fondements même
de la société :
• l’individu innovateur changerait de statut
• il y aurait une remise en cause des valeurs traditionnelles

Il paraît alors difficile d’assurer une croissance économique et démographique forte , car :
• elles ne peuvent lutter contre les aléas de la nature ( par exemple , une tempête qui
détruit les récoltes)
• comme la production ne peut augmenter , il ne peut y avoir d’augmentation de la
population ( cf analyse de Malthus)

complément , cliquez ici

Conclusion :
Constat : La structure sociale et économique des sociétés traditionnelles semble rendre
impossible la libération de l’homme des besoins fondamentaux.
Explications : Les philosophes des Lumières vont s’efforcer de démontrer que le responsable
de cette situation est la société féodale qui, en entravant l’action individuelle, donc les droits
naturels de l’individu interdit toute croissance économique.

En effet , selon les libéraux, l’homo oeconomicus est une caractéristique naturelle, il existe
dans toutes les sociétés et à toutes les époques . Si l’homo oeconomicus paraît absent des
sociétés traditionnelles, c’est parce que celles-ci se sont efforcées en imposant des ordres,
des statuts, des corporations de contraindre l’individu qui est naturellement égoïste et
rationnel à rechercher non pas son intérêt individuel mais à se conformer aux besoins de la
société.

II. Le passage à la croissance

1. La suppression des sociétés traditionnelles est une


nécessité pour les libéraux
Dans ces conditions ,il faut libérer l’individu de l’ordre social qui le contraint afin de le libérer
du besoin .Dès lors , la croissance économique deviendra une fin en soi .

Mesures préconisées : Il faut donc comme préalable à tout décollage économique


remettre en cause l’échelle des valeurs imposée par la société traditionnelle en offrant aux
individus des possibilités différentes de celles qui se présentaient aux générations
précédentes
Solutions préconisées par les libéraux : Il est donc urgent, pour les libéraux, d’abolir cet
héritage du vieux monde afin de laisser jouer les lois naturelles du marché. Le libre-accès au
travail, l’institution d’un libre marché du travail marquent l’avènement d’un monde social
rationnel par la destruction de l’ordre social arbitraire de l’ancienne société.
Conséquences attendues : la liberté du travail en libérant l’initiative privée, le goût du
risque et de l’effort, le sens de la compétition va conduire l’individu à désirer une amélioration
de sa condition qui sera source d’efficacité et de dynamisme économique .

2. Un mécanisme universel
C’est ce qui s’est passé pour les pays occidentaux à partir du XVIII° siècle . Les auteurs
libéraux vont alors proposer des théories développant l’idée que tous les pays suivent la
même progression .

a. La thèse de Rostow

 Les 5 stades de Rostow

Rostow, dans une perspective libérale, va s’efforcer de montrer que la croissance économique
nécessite une rupture avec l’ordre ancien ; il va développer un schéma en 5 phases qui
reprend celui suivi par l’Angleterre depuis le 18° siècle :
• Premier stade les sociétés traditionnelle : ce sont des sociétés rurales , à faible mobilité
sociale et où le système des valeurs empêche tout progrès technique . La croissance
est donc très faible voire nulle
• Second stade : les conditions préalables au décollage : c’est un ensemble de
transformations fortes qui rendent le décollage possible : par exemple , une révolution
agricole qui , en augmentant la productivité agricole , permet de libérer de la main
d’œuvre
• Troisième étape : le décollage ou take-off : c’est la période où l’on passe des sociétés
traditionnelles aux sociétés industrielles . Cette période de 20 ou 30 ans est marquée
par un taux d’investissement très élevé et par quelques branches motrices tirant toute
l’économie
• Quatrième étape la maturité : c’est un longue période où les innovations se
généralisent à l’ensemble de l’économie et où une diversification des activités apparaît
• Cinquième étape : la phase de consommation de masse : les biens industriels se
diffusent à l’ensemble de la population . Comme les besoins fondamentaux sont
assurés , de nouveaux besoins apparaissent et sont progressivement comblés

Complément sur la théorie de Rostow , cliquez ici

 Les conclusions de Rostow sur le schéma de développement

Rostow écrit : « que le pays le plus développé industriellement ne fait que révéler aux
économies les moins développées l’image de leur propre futur. » En ce sens, les pays en
développement ne sont pas différents des pays développés, ils sont seulement en retard
( théorie dite du retard ) .

Mesures préconisées par Rostow : Les PVD, pour connaître une croissance et un
développement n’ont alors qu’à suivre un modèle de référence, considéré par Rostow comme
la seule voie possible ( the one best way ) : c’est le modèle de l’Angleterre depuis le XVIII°
siècle qui leur permettra de connaître une croissance économique forte et durable qui
engendrera un développement économique à terme et rapprochera les PVD de la situation
des PDEM aujourd’hui .

b. La thèse de Fukuyama : la fin de l’histoire

F Fukuyama va s’inscrire dans la logique de Rostow, mais en intégrant les données issues du
nouveau contexte dans lequel il se situe : Rostow rédige son ouvrage au début des années
60, Fukuyama au début des années 90, à l’époque de l’effondrement du bloc soviétique et de
son modèle.
Selon Fukuyama , un seul modèle assure simultanément la croissance , le bien-être et la
démocratie : celui des pays occidentaux basé sur :
• la liberté économique ( économie de marché) : le marché assure la croissance
économique la plus forte ( cf chapitre sur le marché de première
• la liberté politique ( démocratie libérale ) : celle-ci permet d’assouvir les aspirations
immatérielles des individus ( dignité)
• Selon Fukuyama , la liberté économique est un préalable à la liberté politique A
Prezeworski vient récemment de démontrer qu’au-dessus d’un PIB/habitant de
6000$/an il n’y a pas d’exemple de pays qui soit revenu à un régime autoritaire.
L’Espagne, Taiwan, la Corée du Sud ont tous réussi leur transition démocratique autour
de ce chiffre magique.
Conclusion : une fois que le modèle libéral se sera généralisé , on assistera à « la fin de
l’histoire » : un modèle de société optimal ayant été déterminé

Complément sur l’analyse de Fukuyama , cliquez ici

III. Assure automatiquement le développement


Comme le montrent Rostow et Fukuyama dans leur modèle , la croissance entraîne
obligatoirement du développement :

1. Une relation de corrélation :

On constate que les pays de l’OCDE qui sont les pays les plus riches sont aussi les pays les
plus développés et qu’au contraire les pays n’ayant pas connu de croissance économique
sont sous développés (13 p 18)

Complément sur cette relation de corrélation , cliquez ici


2. Transformée en relation de causalité

Cette relation de causalité est mise en évidence dans la courbe de Kuznets qui relie 2
variables : PIB/habitant et niveau des inégalités qui est un élément du développement :

 Premier stade : les sociétés traditionnelles où le PIB/hab et les inégalités réduites , car
la faiblesse de la croissance empêche tout surplus à partager

 Deuxième stade : dans la première phase de croissance , celle-ci se traduit par une
augmentation des inégalités car :
o La croissance nécessite un taux d’investissement élevé , donc un taux d’épargne
élevé . Comme ce sont les plus riches qui ont le taux d’épargne le plus élevé , il
faut accepter une hausse des inégalités
o Tous les individus n’ont pas les mêmes capacités pour profiter des opportunités
de la croissance

 Troisième stade : passé un certain seuil , l’augmentation du PIB/hab se traduit par une
réduction des inégalités . La forte augmentation de la richesse générée par la
croissance économique va permettre aux pays ayant connu un décollage économique
d’améliorer le sort de la population et d’assurer le bien-être de la population , car :
• Cette augmentation de la richesse permet d’augmenter le niveau de vie et d’améliorer
le mode de vie : la consommation augmente et se transforme ( cf lois d’Engel , fiche 1 )
• De prendre en charge les dépenses d’infrastructure ( d’éducation , de santé ) : la
population est plus instruite et en meilleure santé
• comme la population est plus riche et plus instruite , les revendications changent
d’après R.Inglehart : de matérielles , elles deviennent immatérielles . La population
souhaite alors plus de liberté , plus d’égalité .

3. Un cercle vertueux apparaît

Comme la population est plus instruite et en meilleure santé , sa productivité augmente ,


puisque elle peut plus facilement innover et que le nombre de personnes absentes au travail
diminue . La croissance intensive est donc relancée .
D’après les libéraux , un cercle autoentretenu entre croissance et développement existe : la
croissance est l’élément moteur qui lance le développement qui en retour renforce la
croissance .
Conclusion des auteurs libéraux , notamment de Rostow :L’étude des facteurs
quantitatifs semble être le meilleur indicateur selon Rostow pour analyser les performances
économiques d’un pays . Pour étudier le niveau de développement d’un pays , il suffit de
connaître son PIB/habitant .

Chapitre introductif : Croissance,


changement social, développement

Fiche 5– La remise en cause de l’automaticité de la


relation croissance- développement

La vision libérale a été fortement critiquée car :


• elle assimile trop facilement la croissance au développement,
• elle apparaît comme ethnocentriste (cf. cours première sur la culture)
• le modèle de développement proposé par les libéraux ne peut donc
être adopté par des pays de culture non occidentale

I. Croissance et développement une assimilation discutable

1. La croissance n’entraîne pas automatiquement le


développement

Si le développement rend certes la croissance irréversible ( il n’y a pas de


développement sans croissance ) , la proposition inverse : la croissance
génère inéluctablement le développement , ne se trouve pas toujours vérifiée .

a. Constat

Certains pays tels que le Brésil, ont :


• connu une croissance économique très forte depuis les trente
dernières années ; le Brésil est ainsi entré dans le club fermé des 10
premiers PIB mondiaux ,
• sans pour autant atteindre le stade de pays développé. En effet, un
certain nombre d’indicateurs montre que le Brésil reste très en retard
par rapport aux pays développés : deux tiers de sa population sont
sous-alimentés alors que le Brésil est l’un des premiers exportateurs
agricoles mondiaux ; le Brésil est la 8 ° puissance économique du
monde capitaliste mais le tiers de ses habitants habite dans des
bidonvilles, 75 % des paysans sont sans terre.

Conclusion : on peut alors parler de mal développement qui nécessite l’élaboration


de nouveaux indicateurs ne se limitant pas à mesurer l’augmentation de la richesse
matérielle : le PIB n’est donc pas un bon indicateur du développement comme
l’affirment les libéraux .

b. explications
L’augmentation des la richesse crée est donc une condition nécessaire pour assurer
du développement , mais elle n’est pas suffisante . D’autres facteurs sont
indispensables :
• comment cette croissance est obtenue :
- une croissance qui repose sur l’exploitation de la main d’œuvre ne peut
assurer de développement
- ou bien si cette croissance se traduit par une exploitation très forte des
ressources naturelle non renouvelables ( cf fiche 6 développement
durable)
• comment cette croissance est répartie :
- les fruits de la croissance doivent être réparties de manière équitable et
favoriser les plus démunis
- l’augmentation des richesses ne doit pas servir à effectuer des dépenses
inutiles au développement ( dépenses militaires ou pharaoniques :
« éléphants blancs »

2. La croissance n’est pas une condition nécessaire et suffisante


pour assurer le développement

A.Sen va plus loin et considère que le développement ne nécessite seulement pas une
croissance préalable , car : « l’éducation et les soins médicaux sont des services
intensifs en travail, donc relativement peu coûteux dans les pays pauvres (en raison
de la faiblesse des rémunérations). Si ces pays ont moins d’argent à dépenser, ils ont
aussi besoin de moins d’argent pour fournir ces services. Pour cette raison beaucoup
de pays pauvres ont de fait été capables de développer largement les services
éducatifs et médicaux sans attendre d’être prospères. »
Son raisonnement est le suivant :
• Le développement d’un pays est avant tout fondé sur sa capacité à éduquer et
à soigner sa population
• Ce sont des activités de services demandant beaucoup de travail et peu de
capital
• Les pays pauvres ont un excédent de main d’œuvre , le salaire y est donc faible
• Le coût de production de l’enseignement et de la santé est donc bas
• Les pays pauvres peuvent ainsi les financer

Complément : un article du Monde de Sen en mai 2006 sur « mondialisation et


justice sociale : cliquez ici

3. -Développement et croissance , une relation complexe

Une relation de circularité lie croissance et développement , les 2 variables sont


interdépendantes . Il ne faut donc pas favoriser l’un au détriment de l’autre , mais les
articuler
II -Laconception libérale de la relation croissance-
développement est ethnocentriste

La relation libérale entre croissance et développement est ethnocentriste :


- Un seul chemin mène au développement
- Le développement se définit par rapport à des critères occidentaux : efficacité,
égalité , justice , éducation

1. Plusieurs voies de développement sont possibles

Le succès économique des pays asiatiques est la preuve que le développement peut
s’obtenir de manières différentes :
- Une société holiste : Japon
- Une intervention forte et ciblée de l’Etat : Corée du Sud ou le Japon avec le Miti (
ministère de l’industrie )
- Une dictature politique alliée avec une économie du marché : la Chine

2. La définition du développement dépend de la culture du pays ( cf


cours de première : culture et socialisation)

Le développement est une notion qualitative qui dépend des aspirations de la


population . Celles-ci relèvent des valeurs de la société qui peuvent être différentes
de celles des pays occidentaux :
- L’exemple le plus célèbre est celui de M.Sahlins dans son ouvrage « Age de
pierre , âge d’abondance » :
• A priori , les bushimans arrivent à peine à subvenir à leurs besoins
• Or , quand Sahlins étudie de manière plus approfondie cette société , il se
rend compte que les bushmans passent très peu de temps à chercher
leur nourriture
• Sahlins en conclut que obtenir uniquement le minimum vital est un choix
et non une obligation , car leurs valeurs sont différentes de celles des
occidentaux : ils ne souhaitent pas accumuler des biens matériels , mais
disposer de temps libre

- Ainsi , les pays occidentaux ne pourraient pas juger de l’état de développement


des autres pays car ils ne disposent pas des bons outils de mesure : un pays
pauvre peut considérer comme essentiel de disposer d’une armée puissante
pour garantir son indépendance et donc y consacrer des sommes importantes
au détriment de l’éducation et de la santé .

Complément sur l’ethnocentrisme des PDEM , cliquez ici

Complément :une critique de l’analyse de Fukuyama par A.Touraine , cliquez ici

III-Un modèle qui n’est donc pas transposable : les critiques à


l’encontre de la théorie du retard

Les PED actuels ne pourraient pas suivre avec succès le modèle préconisé par Rostow
pour 2 raisons .

1. L’histoire n’est pas linéaire

Postulat : La thèse de Rostow « repose sur une vision linéaire de l’histoire :


• les bons sont les américains qui montrent la voie, les Etats-Unis
préfigurent donc ce que seront tôt ou tard l’ensemble des pays du
monde.
• La théorie de Rostow est, dans le modèle du développement,
l’équivalent de ce que soutenait F.W.Taylor dans le domaine de
l’organisation du travail : pour chaque problème , il existe one best
way , une seule bonne solution . » .

Critique : Ceci suppose que les différents pays sont dans des situations socio-
économiques comparables, ce qui est loin d’être le cas. Les PVD ne sont pas en
retard, ils sont différents.

Complément sur la situation spécifique des PED notamment des effets néfastes de la
colonisation , cliquez ici

Complément : une défense de la colonisation , la thèse de J.Marseille , cliquez ici

2. Tous les pays ne passent pas par les mêmes stades

Postulat :
• « L’histoire se déroule de façon implacable. On ne brûle pas les étapes
dit Rostow, chaque pays doit passer par un même nombre de stades,
un peu comme un homme avant d’être adulte . » .
• Cette vision de l’histoire est statique, elle suppose que
l’ environnement international auquel sont confrontés les pays
demeure identique .

Critique : Or, il n’en n’est rien :


• D Clerc écrit : « L’Inde des années 90 n’est pas analogue à la France
des années 1750 », elle est confrontée à des défis différents (elle a
par exemple subi la colonisation) .
• La simple répétition du modèle anglo-saxon conduirait donc
inéluctablement à un échec,
• d’autant plus que les conditions économiques du démarrage sont
aujourd’hui beaucoup plus difficiles à réunir qu’au siècle dernier .Clerc
écrit : « le sous-développement se maintient parce que les conditions
à réunir pour le démarrage s’éloignent au fur et à mesure que le pays
tente de les maîtriser, un peu à la façon dont l’horizon s’éloigne au fur
et à mesure qu’on essaye de l’atteindre. »
• car le développement des PDEM bloque celui des PED : les PDEM sont
très compétitifs car ils disposent d’une main d’œuvre qualifiée e de
stocks de capitaux . Les PED ne peuvent donc lutter et sont obligées
de se spécialiser dans des secteurs peu porteurs ( cf chapitre
mondialisation)

Complémément sur :
- l’intégration différente des PED dans le commerce mondial , cliquez ici
- les relations inégales entre pays riches et pays pauvres , cliquez ici
- La dégradation des termes de l’échange des PED , cliquez ici

En approfondissement : sur l’excellent site de Gapminder : en anglais mais


tout à fait accessible :

 200 years that changed the world


 Crisis narrows China-UK gap
 Poor beat rich in MDG race
 Et beaucoup d’autres : ici