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CHAPITRE 4 : CALCUL PARASISMIQUE

INTRODUCTION .......................................................................................................................2
NOTIONS DE GÉNIE PARASISMIQUE..................................................................................4
CLASSIFICATION DES OUVRAGES .....................................................................................6
MÉTHODES (CRITÈRES) D’ANALYSE .................................................................................6
CALCUL DES EFFETS DES SÉISMES....................................................................................8
CONCEPTION DES UNITÉS DE FONDATION EN BÉTON...............................................12
APPUIS MOBILES...................................................................................................................16
SYSTÈMES D’ISOLATION À LA BASE...............................................................................17
EXEMPLE 1 – CALCUL DES EFFORTS AVEC LES MÉTHODES CU ET MU ................18
EXEMPLE 2 – EFFORTS DE CALCUL POUR UNE PILE ...................................................24
EXEMPLE 3 – VÉRIFICATION D’UN APPUI MOBILE......................................................29
RÉFÉRENCES ..........................................................................................................................30
Chapitre 4: Calcul parasismique 4.-2.

INTRODUCTION

Code CSA-S6-88

Le code S6-88 contenait quelques dispositions visant la résistance des ouvrages aux séismes.
On y spécifiait une charge horizontale statique minimale, Q, dont l’amplitude dépendait de la
sismicité au site, du type de sol de fondation, de l’importance du pont et, finalement, du poids
de l’ouvrage. L’accélération et la vitesse de pointe au sol étaient toutes deux utilisées pour
caractériser les mouvements du sol mais la charge sismique ne dépendait pas des
caractéristiques dynamiques de l’ouvrage. Le facteur de fondation pouvait prendre une valeur
variant entre 1.0 et 1.5 selon le type sol et un pont important commandait une résistance plus
élevée de 30% par rapport à un pont ordinaire. Le concepteur ne disposait cependant pas de
critères permettant de classifier les différents ouvrages. Pour les structures importantes ou
complexes, ou encore pour les structures fondées sur un sol inhabituel dans une zone sismique
active, le code S6-88 recommandait aussi de réaliser une analyse dynamique du pont mais, là
encore, on ne donnait pas de règles précises pour déterminer quand ce type d’analyse était
requis ni de détails relatifs à la façon de compléter une telle analyse.

Le niveau de charge sismique recommandé dans le code S6-88 impliquait que l’ouvrage
subirait des déformations inélastiques importantes lors d’un séisme majeur. À cet effet, on
reconnaissait, par l’intermédiaire d’un facteur K plus faible, que les éléments porteurs faits de
portiques continus (ex. : poteaux avec poutre-chevêtre) pouvaient offrir une meilleure ductilité
que des culées et piles faites d’éléments isolés. Hormis quelques règles concernant les
armatures hélicoïdales dans les poteaux circulaires en béton, le code S6-88 ne contenait
cependant aucune disposition constructive visant à garantir un comportement ductile de la
structure. Pour les poteaux en béton de section rectangulaire utilisés dans des ponts situés dans
des zones d’activité sismique élevée, on suggérait d’utiliser des armatures transversales
assurant un minimum de ductilité mais le code était muet sur ce qu’était un niveau d’activité
sismique élevé et le type de détails à utiliser.

On spécifiait aussi dans le code S6-88 des charges horizontale et verticale minimales pour les
appareils d’appui fixes. En particulier, la charge horizontale était au moins 2 fois plus élevée
que la charge Q utilisée pour la conception des unités de fondation du pont. On désirait ainsi
s’assurer de maintenir le lien entre le tablier et ses éléments porteurs une fois que ces derniers
auraient atteint leur résistance ultime. Par contre, le code ne contenait pas de règles visant à
accommoder, sans perte d’appui ou cognement, les mouvements sismiques du tablier aux
appuis mobiles. On ne retrouvait pas non plus dans le code S6-88 de dispositions relatives à la
conception parasismique des fondations ni sur d’éventuels problèmes de nature géotechnique
pouvant être générés par les séismes : rupture de remblais, augmentation des poussées des
terres ou liquéfaction des sables saturés.

Code CSA-S6-00

Depuis la parution du code S6-88, des progrès considérables ont été réalisés au niveau de la
compréhension des effets des séismes sur les ponts et sur les moyens permettant d’assurer un
comportement sismique adéquat de ces structures. En particulier, les séismes de Loma Prieta

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(San Francisco, 1989), Northridge (Los Angeles, 1994) et Kobé (Japon, 1995) ont touché des
zones urbaines comprenant de multiples ponts-routiers et ont été très riches en enseignements
de toutes sortes sur la façon dont les ponts réagissent aux secousses sismiques et sur l’impact
que peut avoir un séisme d’importance sur un réseau routier. Toute cette information a permis
d’améliorer considérablement les mesures visant à assurer un niveau de performance
acceptable pour les ponts-routiers. En parallèle, le concepteur dispose maintenant d’outils
informatiques bien supérieurs à ce qui se faisait il y a 15 ans au niveau de la puissance de
calcul et de l’interface ordinateur-utilisateur. Les ingénieurs peuvent aujourd’hui réaliser sur
une base quotidienne des analyses spectrales des structures et le jour n’est pas loin où des
analyses temporelles avec suivi de l’endommagement de l’ouvrage sous un séisme anticipé
deviendra pratique courante. S’ajoute à cela une gamme de produits de construction qui ont
aussi été créés spécifiquement ces dernières années dans le but d’améliorer le comportement
sismique des ouvrages existants et nouveaux.

Ces nouvelles connaissances et technologies ont été prises en compte dans l’élaboration du
code S6-00 qui comprend maintenant un chapitre entier sur la conception et la réhabilitation
parasismique des ponts routiers. On y donne un modèle de classification des ouvrages qui
dépend de leur importance stratégique et de la sismicité du site. Cette classification est ensuite
utilisée pour déterminer la méthode d’analyse à utiliser pour la prise en compte des effets des
séismes. La méthode spécifiée dépend aussi de la complexité de l’ouvrage. Elle peut se limiter
à une méthode statique simple, mais plus réaliste que celle de le code S6-88, ou impliquer des
analyses dynamiques spectrales ou temporelles. Dans toutes ces méthodes, on prend en
compte les caractéristiques dynamiques de la structure, et les paramètres relatifs aux effets des
sols de fondation sur les mouvements sismiques sont mieux définis.

Le code est aussi beaucoup plus précis quant au comportement attendu de l’ouvrage : les
éléments qui peuvent subir des déformations inélastiques y sont clairement identifiés et on
donne des détails pour que ces éléments offrent un comportement ductile. On spécifie
également quelles forces doivent être considérées pour la conception des autres éléments de la
structure, ceux qui doivent être protégés et, par conséquent, doivent demeurer élastiques. On
donne aussi des charges de calcul pour les appareils d’appui fixes de même que les
déformations devant être permises par les appareils d’appui mobiles. Le nouveau chapitre
comprend aussi des sections sur la conception des fondations, sur l’application de la technique
d’isolation parasismique des ouvrages et sur l’évaluation et la réhabilitation parasismique des
ouvrages, thèmes qui n’étaient pas abordés dans l’édition précédente du code.

Bien que le génie parasismique ait maintenant acquis une certaine maturité, plusieurs aspects
demeurent toujours inexplorés alors que d’autres évoluent encore très rapidement. C’est
particulièrement le cas du génie parasismique appliqué aux ponts routiers, de telle sorte que
des améliorations sont continuellement proposées aux méthodes de conception et techniques
de construction parasismiques. Le code S6-00, malgré qu’il soit tout récent et représente un
progrès considérable sur l’édition précédente, est fondé sur les connaissances disponibles au
milieu des années 1990 et, déjà, des développements importants ont été réalisés dans plusieurs
domaines. Par exemple, de nouveaux modèles ont été développés pour l’évaluation de l’aléa
sismique au Canada, modèles qui seront incorporés dans la prochaine édition du Code national
du bâtiment du Canada prévue pour 2003. Le code S6-00 permet aux concepteurs une grande

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latitude quant aux moyens à utiliser pour atteindre les niveaux de rendement désirés et
l’ingénieur doit se tenir au courant des développements plus récents et appliquer les meilleures
techniques disponibles pour procurer à ses ouvrages un niveau élevé de fiabilité.

Contenu du document

Dans ce document, on décrit brièvement les effets des séismes sur les ponts et on présente
l’approche adoptée dans le code S6-00 pour leur conception. La discussion porte
exclusivement sur les ponts à poutres. On traite ensuite de la classification des ouvrages, des
méthodes d’analyse, du calcul des charges sismiques, de la conception des unités de fondation
en béton et des dispositions pour les appareils d’appui. On donne finalement une brève
introduction des systèmes d’isolation à la base. Un exemple de calcul des charges à l’aide de
deux des méthodes d’analyse recommandées par le code est ensuite donné. On illustre aussi le
calcul des efforts pour la conception d’une pile en béton et l’application des directives
parasismiques pour les appareils d’appui mobiles. Le lecteur pourra trouver des informations
supplémentaires sur ces sujets de même que sur d’autres thèmes tels les ouvrages en acier ou
les fondations dans le commentaire du code et dans des références spécialisées dont certaines
sont suggérées à la fin du document.

NOTIONS DE GÉNIE PARASISMIQUE

Effets des séismes sur les ponts

Les mouvements du sol dus aux séismes se produisent dans les trois dimensions. La
composante verticale est prise en compte indirectement en imposant des facteurs de
pondération différents de 1.0 à la charge permanente lorsque combinée aux effets des séismes.
Ce faisant, on ajoute à l’accélération de la gravité l’effet des accélérations sismiques
verticales. Donc, seuls les effets des mouvements horizontaux doivent être évalués au moyen
d’une des méthodes décrites dans le code. Pour les ponts à poutres, ces mouvements du sol
causent principalement des forces d’inertie horizontales au niveau du tablier, là où est
concentrée la masse de l’ouvrage. Ces forces peuvent agir dans toutes les directions et on
procède à une analyse indépendante dans chacune des deux directions horizontales principales
de l’ouvrage, transversale et longitudinale. Les effets ainsi obtenus dans les deux directions
sont ensuite combinés pour tenir compte de la possibilité qu’ils surviennent simultanément.

Comportement sismique attendu

Les objectifs de performance varient selon l’importance stratégique du pont. Règle générale,
on accepte que les ouvrages soient endommagés sous le séisme de calcul et c’est pourquoi on
réduit les efforts obtenus d’une analyse élastique de la structure en les divisant par un
coefficient de modification de réponse, R. Cette réduction est cependant sélective : seuls les
éléments qui sont conçus pour offrir un comportement sismique ductile, c’est-à-dire pouvoir
subir plusieurs cycles de déformations inélastiques tout en maintenant leur résistance, sont

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-5.

conçus pour ces efforts réduits. Le coefficient R varie selon le niveau de ductilité offert par les
divers types d’éléments. On modifie aussi l’amplitude des efforts de conception en fonction du
niveau d’endommagement jugé acceptable pour l’ouvrage. Les autres éléments de la structure
sont, pour leur part, conçus pour demeurer essentiellement élastiques. Les efforts de calcul
pour ces éléments sont ceux qui s’y développeront lorsque les éléments ductiles atteindront
leur résistance réelle. Le calcul de ces efforts requiert donc qu’une seconde étude de la
structure soit effectuée une fois que la conception des éléments ductiles est complétée et que
leur capacité peut être estimée avec un niveau raisonnable de précision.

F
F

FEL

Ff F

Fig. N4-1 Comportement inélastique dans les piles et les pieux.

Sur la base des expériences passées, il est maintenant reconnu que les unités de fondation
(piles, culées) sont les meilleurs candidats pour absorber une partie de l’énergie induite par les
séismes en se déformant dans le domaine inélastique. On peut en effet construire (ou
réhabiliter) ces éléments de façon à ce qu’ils soient ductiles et qu’ils puissent être facilement
réparés après un séisme majeur (Fig. N4-1). Ce faisant, on protège les autres parties de
l’ouvrage, dont les éléments de fondation situés sous le niveau du sol, le tablier et les appareils
d’appui, qui sont maintenues intactes. Pour les ouvrages sur pieux, le code permet aussi que
des déformations inélastiques se produisent dans la partie supérieure des pieux, là où une
inspection et la réparation sont possibles après un séisme. Il faut cependant que ces pieux
soient conçus pour subir les déformations inélastiques anticipées.

Le coefficient R varie entre 2.0 et 5.0 selon le type d’élément qui est retenu pour subir des
déformations inélastiques (murs, poteaux isolés, portiques, etc.). Il en résulte donc une
réduction appréciable des efforts de calcul et une réduction des coûts de construction, même si
des mesures doivent être prises pour assurer le bon comportement des éléments ductiles et
protéger les éléments non ductiles. Compte tenu de la longue période de retour associée au
séisme de calcul, cette approche de calcul représente une excellente stratégie : elle permet de
construire à un coût raisonnable un ouvrage qui offrira un comportement prévisible et sûr sous
un séisme majeur, avec un endommagement contrôlé pouvant être réparé.

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CLASSIFICATION DES OUVRAGES

La zone de rendement sismique (ZRS) est le paramètre utilisé pour la classification des
ouvrages, classification qui est utilisée pour déterminer laquelle des méthodes d’analyse
structurale sera utilisée ou quelles dispositions particulières devront être considérées lors de la
conception de la structure. La zone de rendement sismique varie de 1 à 4, une valeur plus
élevée représentant une situation plus sévère. Par exemple, on ne requiert que des vérifications
au niveau des appuis du tablier pour les ponts situés dans une ZRS = 1 alors qu’une analyse
complète de l’ouvrage est exigée pour une ZRS égale ou supérieure à 2.

La zone de rendement sismique dépend de l’importance du pont et de la sismicité au site. Pour


le premier paramètre, on doit choisir parmi trois catégories d’importance : ponts de secours,
ponts d’urgence et autres ponts. Les ponts de secours sont ceux qui doivent être ouverts à la
circulation immédiatement après le séisme de calcul. Pour les ponts de secours, on vise à
permettre le passage des véhicules de sécurité et de défense immédiatement après ce même
séisme. La sismicité au site est caractérisée par le rapport d’accélération de la zone, A,
paramètre qui varie de 0 à 0.40 et qui est directement relié à l’accélération horizontale
maximale du sol (AHM).

La valeur de A est aussi utilisée dans le calcul des charges sismiques. On peut l’obtenir des
cartes ou des tables de données climatiques du chapitre 3 du code. On peut aussi déterminer A
à partir de la valeur de AHM établie par la Commission géologique du Canada.

MÉTHODES (CRITÈRES) D’ANALYSE

Ponts situés dans une ZRS = 1 et ponts d’une seule travée

L’analyse sismique complète de l’ouvrage n’est par requise pour les ponts situés dans une ZRS
= 1. Les appareils d’appui fixes doivent cependant être conçus pour reprendre des forces
minimales spécifiées dans le code alors que les appareils d’appui mobiles doivent avoir une
longueur d’appui minimale ou être munis de dispositifs de retenue. Les règles relatives aux
appuis mobiles sont présentées en détails plus bas.

Des dispositions similaires s’appliquent aussi aux ponts d’une seule travée, peu importe la
zone de rendement sismique, sauf pour les ponts à poutres triangulées situés dans une ZRS > 2
qui doivent être conçus pour une charge sismique établie pour un coefficient R = 1.0 (le
coefficient R est décrit plus bas). Les diaphragmes des ponts à poutres d’une seule travée
doivent aussi être conçus pour demeurer élastiques sous des efforts correspondant à 125% des
efforts produits par les charges sismiques élastiques (R = 1.0).

Ponts situés dans une ZRS > 2 et ponts à travées multiples

Pour les autres ponts, on doit procéder au calcul des déformations et des efforts dus aux
mouvements sismiques horizontaux. La méthode à utiliser est prescrite dans le code au

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Tableau 4.4.5.3.1 et dépend de la ZRS, de la catégorie d’importance du pont (pont de secours,


d’urgence ou autre) et de la complexité de la structure (pont régulier ou non). Des critères sont
donnés dans le code pour déterminer si un pont est régulier : le nombre de travées, le degré de
courbure du pont et le rapport de la longueur des travées et de la rigidité des unités de
fondation d’une travée à la suivante sont les indicateurs qui ont été retenus pour distinguer un
pont régulier d’un pont irrégulier. Les quatre méthodes d’analyse possibles sont, en ordre
croissant de difficulté :

• méthode de la charge uniforme (CU);


• méthode spectrale unimodale (MU);
• méthode spectrale multimodale (MM);
• méthode des diagrammes d’évolution (MD).

Des détails sont donnés sur chacune de ces méthodes dans la section suivante. Dans toutes ces
méthodes, on fait l’hypothèse que la structure demeure élastique et l’amplitude de la
sollicitation est établie sur la base du coefficient de réponse sismique élastique, Csm. Les
déformations obtenues de ces calculs élastiques représentent une bonne approximation des
déformations réelles que subira la structure, même si des déformations inélastiques sont
anticipées au niveau des unités de fondation. Elles ne sont donc pas modifiées. Les efforts qui
correspondent au mode de déformation inélastique des éléments ductiles sont, quant à eux,
divisés par le coefficient de modification de réponse, R. Une description des différents
systèmes et des coefficients R qui leur sont associés est présentée plus bas.

Tel que mentionné, on procède à une analyse indépendante dans les deux directions
principales de l’ouvrage. Un facteur R est choisi pour les éléments ductiles pour chacune des
deux directions et on combine les efforts modifiés obtenus pour les deux directions dans les
deux proportions suivantes : 100% transversale - 30% longitudinale et 30% transversale -
100% longitudinale. On combine aussi ces efforts à ceux dus à la charge permanente (D) et
autres effets (E et P), selon les règles données au chapitre 3 du code, puis on procède à la
conception des éléments ductiles. Deux coefficients de pondération sont prescrits pour la
charge permanente afin d’inclure les effets des accélérations verticales: 1.25 et 0.8. Il faut
vérifier la résistance pondérée des éléments ductiles pour ces deux possibilités.

Lors d’un séisme important, les éléments ductiles atteindront leur capacité et se déformeront
dans le domaine non-linéaire. Les efforts qui se développeront alors dans les autres parties de
la structure seront gouvernés par la capacité des éléments ductiles qui agissent comme des
fusibles. On doit donc déterminer les efforts maximum qui sont anticipés dans les éléments
non-ductiles pour en faire la conception. Pour les structures situées dans une ZRS de 2, on doit
faire l’hypothèse que les éléments ductiles atteindront leur capacité nominale, capacité qui est
calculée en posant les coefficients de tenue, φ, égaux à 1.0. Les structures situées dans les
zones de rendement sismique 3 et 4 sont susceptibles de subir des déformations inélastiques
plus importantes et on doit utiliser la résistance probable des éléments ductiles. Pour les
éléments en béton et en acier qui se plastifient en flexion, la résistance probable est
respectivement posée égale à 1.3 et 1.25 fois leur capacité nominale. Dans les deux cas, les
efforts ainsi obtenus dans les éléments non-ductiles peuvent être limités à ceux obtenus de
l’analyse élastique. Dans le cas des éléments de retenue du tablier, on doit multiplier les

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-8.

efforts obtenus par un facteur de 1.25 pour leur assurer un niveau de protection
supplémentaire.

Coefficient R

Le facteur R le plus élevé (5.0) est accordé aux unités de fondation en béton ou en acier qui
comportent des poteaux multiples. Ces structures allient à la ductilité une redondance qui
permet de répartir la dissipation d’énergie entre plusieurs éléments. Pour les mêmes raisons,
on accorde aussi R = 5.0 aux unités de fondation qui sont fondées sur des pieux verticaux en
acier ou mixtes acier-béton. Le facteur R est réduit à 3.0 pour les structures supportées sur des
pieux verticaux en béton, éléments qui sont moins ductiles que les pieux verticaux en acier.
Contrairement aux pieux verticaux qui se déforment essentiellement en flexion dans leur partie
supérieure, les pieux inclinés subissent des déformations axiales sous les charges horizontales
et ne peuvent accommoder le même niveau de déformations inélastiques. Pour cette raison, on
spécifie des coefficients R plus faibles pour les structures avec pieux inclinés : 3.0 et 2.0,
respectivement, pour les pieux en acier et en béton.

Les unités de fondation constituées d’un poteau unique en béton ou en acier sont aussi
considérées comme plus vulnérables puisque non redondantes. On leur attribue un facteur R
égal à 3.0. On donne aussi une valeur moins élevée à R (2.0) pour les piles-murs car ce sont
des éléments moins ductiles puisqu’ils se déforment principalement en cisaillement plutôt
qu’en flexion. Dans le code, on distingue une pile-mur d’un poteau à l’aide du rapport
hauteur/largeur de la pile, ce rapport devant être supérieur à 2.5 pour que l’élément soit
considéré comme un poteau.

CALCUL DES EFFETS DES SÉISMES

Coefficient Csm

Le coefficient Csm correspond à un spectre de calcul élastique dont l’amplitude est


proportionnelle au paramètre d’accélération, A. Il est aussi modifié pour tenir compte de
l’importance de l’ouvrage (coefficient de priorité, I) et de l’influence des sols (coefficient de
site, S):

1.2 AIS
Csm = ≤ 2.5 A I , Tm < 4.0 s
Tm 2 3

3.0 AIS
Csm = , Tm > 4.0 s
Tm 4 3

Dans cette équation, Tm est la période de la structure dans le mode étudié (le mode varie selon
la méthode d’analyse retenue, tel que discuté plus bas). Ce spectre de calcul est utilisé dans
toutes les méthodes d’analyse. La variation de la charge sismique selon la période est un

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changement important par rapport au code S6-88, changement qui devrait se traduire par des
charges plus faibles pour les structures plus souples. Un autre changement important est la
plage des coefficients I et S (anciennement F). Le premier prend une valeur de 3.0 pour les
ponts de secours et de 1.5 pour les ponts d’urgence. On peut cependant limiter la valeur du
facteur I à la valeur du coefficient R si ce dernier est plus faible, de telle sorte que les efforts
de calcul pour les éléments ductiles n’excèdent pas les efforts élastiques anticipés. Quatre
types de profil de sol sont maintenant définis (3 dans le code S6-88) auxquels sont associés
des coefficients S qui varient de 1.0 à 2.0 au lieu de 1.0 à 1.5 dans le code précédent.

Pour les ponts construits sur des sols plus mous (type III et IV) et situés dans les zones
sismiques actives (A > 0.3), la borne supérieure pour Csm (2.5⋅A⋅I) est réduite à 2.0⋅A⋅I pour
tenir compte de l’atténuation des mouvements du sol de forte amplitude par les sols mous. Une
réduction supplémentaire est aussi permise pour le calcul de la contribution des modes
supérieurs auxquels une période de moins de 0.3 s est associée.

La variation de Csm avec la période est la même pour tout le Canada. Pour tenir compte des
particularités régionales des mouvements de sol, le concepteur peut aussi définir le paramètre
Csm à partir d’un spectre spécifique établi pour le site de l’ouvrage. Par contre, la valeur de Csm
ainsi obtenue doit être au moins égale à 80% de la valeur obtenue de l’équation donnée dans le
code.

Méthode de la charge uniforme (CU)

Il s’agit de la méthode d’analyse la plus simple où la charge sismique est uniformément


distribuée sur toute la longueur de l’ouvrage. Cette charge est égale à Csm⋅W/L où W et L sont
respectivement le poids et la longueur totale du tablier. Le coefficient Csm est calculé pour la
période fondamentale de la structure. Dans la direction longitudinale, la période est calculée en
considérant la masse du tablier (W/g) et la somme des rigidités des unités de fondation qui
résistent aux charges horizontales dans cette direction. Dans l’autre direction, le code suggère
d’utiliser une rigidité globale de l’ouvrage, K. On détermine cette rigidité en imposant au
niveau du tablier une charge uniforme quelconque, p0, et en calculant la flèche transversale
maximale sous cette charge, Vs,max. La rigidité est égale à la charge totale appliquée (p0⋅L)
divisée par la flèche Vs,max.

La valeur de la période que l’on obtient de cette méthode est généralement supérieure à la
valeur exacte de la période du premier mode de vibration de la structure car elle est basée sur
une borne inférieure de la rigidité (on suppose que toute la structure se déplace de Vs,max). Ceci
peut donc conduire à une valeur trop faible de Csm, erreur qui sera généralement compensée
par le fait que la charge uniforme surestime pour la plupart des ponts l’effet réel global des
séismes. En cas de doutes, on peut utiliser une valeur de déformée plus faible que Vs,max
(valeur moyenne, par exemple).

Dans tous ces calculs, il faut utiliser des valeurs réalistes pour la rigidité des divers éléments
de l’ouvrage. Par exemple, on prendra en considération la flexibilité des sols porteurs (et/ou
des pieux, s’il y a lieu) dans les directions horizontale et verticale ainsi qu’en rotation. On

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-10.

tiendra aussi compte de la fissuration des unités de fondation de béton (culées, piles, etc.) et de
la flexibilité possible au niveau des appareils d’appui. Les déformations en flexion (et en
cisaillement pour les ponts de faible longueur) du tablier dans son propre plan devront être
incluses. Dans le cas où des incertitudes existent quant aux propriétés à spécifier dans
l’analyse, il est prudent de vérifier la sensibilité des efforts et des déformations à une variation
des paramètres incertains. Ces considérations relatives à la modélisation s’appliquent aussi aux
autres méthodes d’analyse décrites plus bas.

Méthode spectrale unimodale (MU)

Dans cette méthode, on fait l’hypothèse que le comportement dynamique de l’ouvrage est
dicté uniquement par son mode fondamental de vibration. L’approche proposée n’est pas une
solution exacte parce qu’on ignore la contribution des modes supérieurs de vibration et parce
que les caractéristiques du mode fondamental sont déterminées d’une façon approximative. En
effet, la forme du premier mode est posée égale à la déformée de la structure, Vs(x), que l’on
obtient en appliquant une charge horizontale quelconque uniformément distribuée, p0, au
niveau du tablier.

La période associée à ce mode, T, est obtenue de l’égalité entre l’énergie de déformation totale
maximale qui est emmagasinée dans la structure et l’énergie cinétique totale maximale que
possède la structure lorsqu’elle oscille dans un mode de vibration. De plus, comme l’énergie
de déformation est égale au travail fait par la charge p0, on obtient :

L
∫ p0 Vs ( x ) dx p0 α
1L 1 L
∫ m( x ) ω Vs ( x ) dx ⇒ ω = L
2 2 2
∫ p0 Vs ( x ) dx = =
0
20 20 2 γ g
∫ m( x ) Vs ( x ) dx
0
et :
2π γ
T= = 2π
ω p0 g α

où :
L
α = ∫ V s( x ) dx
0
L
γ = ∫ W ( x ) Vs2 ( x ) dx
0

Dans ces équations, ω est la fréquence naturelle dans le mode de vibration supposé, m(x) et
W(x) sont respectivement la masse et le poids par unité de longueur du tablier (W = m⋅g), et L
est la longueur du pont. La déformée Vs(x) est obtenue d’une analyse statique alors que les
paramètres α et γ peuvent être facilement calculés par intégration numérique.

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-11.

La force pe(x) maximale qui est reprise par la structure qui oscille dans le mode supposé lors
du séisme de calcul est donnée par :

L
∫ m( x )Vs ( x ) dx
β g β Csm
pe ( x ) = m( x )Vs ( x ) 0 Csm g = W ( x )Vs ( x ) Csm = W ( x )Vs ( x )
L
2 γ g γ
∫ m( x )Vs ( x ) dx
0
où :
L
β = ∫ W ( x ) V s( x ) dx
0

Comme précédemment, le facteur β est obtenu par intégration numérique sur la longueur du
tablier et le coefficient Csm est déterminé avec la période T. Si le poids W(x) est constant, on
note que β = W(x)⋅α.

Les déformations et efforts élastiques qui sont recherchés correspondent à ceux produits par la
charge pe(x) appliquée au niveau du tablier du pont. Dans le cas des ponts droits, cette
méthode donne évidemment la même solution que la méthode de la charge uniforme dans la
direction longitudinale. Dans la direction transversale, elle donne généralement des résultats
plus faibles puisqu’on ne surestime pas, globalement, l’effet des séismes comme on le fait
avec la charge uniforme.

Méthode spectrale multimodale (MM)

Cette méthode consiste en une analyse spectrale régulière de l’ouvrage où on superpose la


contribution des premiers modes de vibration réels de la structure. Le spectre de calcul à
utiliser dans l’analyse est le paramètre Csm qui varie en fonction de la période. On spécifie
dans le code qu’il faut considérer un nombre de modes suffisant pour inclure au moins 90% de
la masse de l’ouvrage. On exige également que les contributions modales soient combinées en
utilisant la méthode quadratique complète (CQC) ou la somme des valeurs absolues des
valeurs modales si la différence entre les périodes est moins de 10 %.

Méthode des diagrammes d’évolution (MD)

Dans cette méthode, on soumet un modèle de la structure à plusieurs enregistrements


sismiques. Il s’agit donc d’une série d’analyses élastiques temporelles durant lesquelles on
détermine le comportement de la structure au fur et à mesure de l’application de la sollicitation
sismique. Afin de tenir compte de la variabilité des mouvements de sol, on doit utiliser
plusieurs enregistrements différents. Le code suggère un minimum de cinq enregistrements.
Ceux-ci peuvent avoir été choisis parmi des mouvements sismiques qui ont été mesurés lors de
séismes passés pour des conditions tectoniques et géotechniques similaires à celles du projet et
qui sont compatibles au niveau de l’aléa sismique pour le site. L’amplitude de ces
enregistrements doit être ajustée de telle sorte que leur spectre corresponde au spectre Csm. Les

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-12.

mouvements sismiques peuvent aussi être des simulations numériques générées à partir du
spectre Csm quoique ces mouvements soient moins réalistes.

Une telle analyse peut être faite indépendamment dans les deux directions principales, auquel
cas les combinaisons 100%-30% décrites précédemment sont effectuées en utilisant la valeur
absolue des efforts maximum calculés dans chaque direction. La combinaison avec la charge
permanente est également la même que dans les méthodes d’analyse précédentes. On peut
aussi réaliser une analyse en trois dimensions, analyse où les trois composantes de
l’enregistrement sismique sont appliquées simultanément. Dans ce cas, aucune combinaison
n’est requise en ce qui a trait à la direction et on peut considérer un coefficient de pondération
égal à 1.0 pour la charge permanente puisque l’effet des accélérations verticales aura été pris
en compte directement dans l’analyse temporelle.

Tout comme dans les méthodes d’analyses CU, MU et MM, les effets des séismes calculés à
l’aide de l’analyse temporelle correspondent au comportement élastique de la structure et
peuvent être réduits par le coefficient R applicable pour la conception des éléments ductiles.
Pour les modes de défaillance non ductiles, on utilise les efforts de l’analyse temporelle
élastique qui auront été amplifiés jusqu’à ce que les efforts dans les éléments ductiles
atteignent la capacité réelle de ces éléments.

Le code permet aussi de réaliser des analyses temporelles où le comportement inélastique de la


structure est pris en compte explicitement dans l’analyse. Cette approche requiert évidemment
que le comportement inélastique des éléments sous des sollicitations dynamiques cycliques
puisse adéquatement être reproduit par le logiciel. La procédure à suivre est alors la même que
pour une analyse temporelle élastique, sauf que l’on doit appliquer la charge permanente
pondérée à la structure au moment de l’analyse.

CONCEPTION DES UNITÉS DE FONDATION EN BÉTON

Le chapitre 4 du code contient des règles de conception et de construction visant à assurer un


comportement inélastique sismique adéquat des ouvrages en acier et en béton. Il s’agit de
règles supplémentaires qui doivent être considérées en plus des dispositions prescrites aux
chapitres 8 et 10. En cas de duplication, les articles du chapitre 4 ont évidemment priorité. Les
principales clauses sismiques pour les ouvrages en béton sont présentées dans les paragraphes
suivants.

Exigences relatives aux poteaux

Les armatures longitudinales doivent être réparties le long des parois et l’espacement c/c des
barres est limité (< 200 mm) pour procurer un bon confinement au béton. La résistance en
flexion des poteaux est réduite par la présence de la charge axiale (Fig. N4-2). Cette réduction
n’est pas liée à l’interaction effort axial-moment mais plutôt au fait que les essais ont
démontré que la ductilité en flexion des poteaux diminue lorsque l’on augmente la charge

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-13.

axiale. Plutôt que de réduire le facteur R en fonction de la charge axiale, et ainsi diminuer
l’amplitude des déformations inélastiques anticipées pour compenser la réduction de ductilité,
on a préféré réduire la résistance en flexion, ce qui donne le même résultat.

Il est très important de noter que cette réduction ne doit être appliquée que lors de la
conception des poteaux comme éléments ductiles. Cette réduction est en effet fictive et ne doit
pas être prise en compte lorsque l’on évalue la résistance nominale ou la résistance probable
des poteaux pour déterminer les efforts à utiliser dans le calcul des éléments à capacité
protégée. Lorsque l’on détermine les armatures de flexion du poteau, il faut aussi considérer
celui parmi les deux coefficients de pondération de la charge permanente (1.25 ou 0.8) qui
produira la résistance pondérée la plus faible.

Fig. N4-2 Réduction de la résistance en flexion


et de la contribution du béton à la résistance à l’effort tranchant des poteaux.

Tel que décrit précédemment, l’effort tranchant pondéré, Vf , à utiliser pour la conception du
poteau est basé sur la distribution des moments maximum anticipés après la formation des
rotules plastiques dans les poteaux. Ces rotules se formeront au-dessus des fondations et, pour
les poteaux fixes à leur sommet, sous les poutres-chevêtres. Dans le code, on précise la
longueur sur laquelle s’étendra la plastification dans les poteaux. Si un poteau fixe à son
sommet est élargi dans sa partie supérieure, il faut examiner la possibilité que la rotule
plastique se forme au bas de l’élargissement, ce qui se traduirait par un effort tranchant plus
important. De même, il faut vérifier à la base du poteau que la formation de la rotule au-dessus
des fondations n’est pas entravée par la construction d’autres ouvrages (murets, etc.), ou même
par un remblai très rigide. Ces obstacles repousseront la rotule plastique vers le haut,
augmentant aussi l’effort tranchant. Dans la mesure du possible, on tentera d’utiliser des
poteaux de section constante et d’éliminer toute obstruction pouvant altérer le comportement
inélastique des poteaux. Dans le cas de poteaux qui se prolongent directement dans le sol
(poteaux-pieux continus, sans semelle de fondation), il est possible que le moment maximum à
la base se produise sous le niveau du sol dû à l’interaction sol-structure. Pour ce cas
particulier, on définit dans le code la position de la rotule plastique en fonction de l’endroit du
moment maximum.

Le calcul de l’effort tranchant, Vf, doit être effectué en utilisant la résistance en flexion du
poteau calculée pour les deux valeurs de la charge permanente pondérée (αD = 1.25 et 0.8). Le
premier cas donne habituellement une plus grande résistance en flexion et, par conséquent, un
effort tranchant Vf plus important, mais la résistance à l’effort tranchant est plus faible lorsque

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-14.

l’on réduit l’effort de compression dans le poteau. Dans les zones de rotule plastique, cette
réduction est encore plus marquée car on prévoit une fissuration importante du béton. La
contribution du béton à la résistance à l’effort tranchant, Vc, doit alors être diminuée si la
charge axiale de compression est faible (voir Fig. N4-2). On doit donc vérifier la résistance à
l’effort tranchant du poteau, à l’intérieur et à l’extérieur des rotules plastiques, avec les deux
valeurs de Vf et de Vr qui sont associées aux deux coefficients de pondération de la charge
permanente.

On notera ici qu’une double vérification similaire peut être nécessaire pour d’autres éléments
non ductiles de la structure. Ce peut être le cas, par exemple, des fondations (étude du
renversement) ou des poutres-chevêtres (distribution des moments) pour lesquelles la situation
où la charge permanente est la moins élevée (αD = 0.8) peut être la plus sévère. Pour d’autres
éléments à capacité protégée, comme les appareils d’appui fixes, c’est habituellement le cas
correspondant à la résistance en flexion la plus élevée des poteaux qui est le plus critique.

Dans les zones de rotule plastique des poteaux, on doit mettre en œuvre des armatures
transversales supplémentaires pour bien confiner le béton situé à l’intérieur des armatures et
pour prévenir le flambement des barres longitudinales. De cette façon, la résistance en flexion
et en compression du poteau peut être maintenue sous plusieurs cycles de déformation
inélastique. La quantité et la disposition de ces armatures transversales sont spécifiées dans le
code pour les poteaux circulaires et rectangulaires. Il faut mentionner que des poteaux
circulaires donnent un bien meilleur confinement du béton et ce, avec une armature
transversale généralement moindre et beaucoup plus facile à installer. En effet, on peut
habituellement rencontrer les exigences du code pour les poteaux circulaires en resserrant
l’espacement des armatures hélicoïdales. Pour les poteaux rectangulaires, on doit prévoir des
cadres et des tirants munis de crochets parasismiques et la quantité d’armature requise devient
rapidement très importante pour des poteaux de grandes dimensions. Une solution suggérée
pour les poteaux rectangulaires est d’utiliser des cages d’armature circulaires qui sont
emboîtées les unes dans les autres.

Ces armatures de confinement doivent être placées sur toute la longueur anticipée des rotules
plastiques, en tenant compte des facteurs discutés ci-dessus qui peuvent influer sur la position
des rotules. On doit aussi les prolonger sur une distance minimum dans les éléments de
fondation à la base des poteaux ou dans les poutres à leur sommet (Fig. N4-3). Cette distance
est précisée à l’article 4.1.4.7.

Il est pratique courante de chevaucher les armatures longitudinales à la base des poteaux mais
cette technique ne peut être permise pour les poteaux ductiles. En effet, un tel chevauchement
cause une forte concentration de déformations inélastiques dans les armatures provenant des
fondations, ce qui réduit la ductilité en rotation plastique des poteaux. De plus, la perte du
couvert de béton et la fissuration du béton dans la zone de rotule plastique diminuent
considérablement l’adhérence des barres d’armature au béton, ce qui affecte la capacité du
joint de chevauchement. Pour ces raisons, les joints de chevauchement ne sont permis que
dans la partie centrale des poteaux. Des détails particuliers sont aussi donnés dans le code pour
éviter des ruptures au niveau des jonctions d’armature. Un autre aspect important concernant
les armatures longitudinales des poteaux est la réduction du nombre de barres le long des

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-15.

poteaux qui sont articulés à leur sommet. En effet, le point de coupure des barres doit être
établi à partir d’un diagramme des moments dont la base correspond à la résistance en flexion
probable (nominale si ZRS = 2), ceci pour éviter que la rotule plastique ne se forme au point
où l’armature est réduite si la résistance à cet endroit y était plus faible que le moment qui se
développera à cet endroit lorsque le moment maximum anticipé sera atteint à la base du poteau
(ce point est discuté dans l’exemple 2).

Rotule plastique

Prolongement de l'armature
de confinement dans la semelle

Fig. N4-3 Armature de confinement dans les poteaux et pieux en béton.

On doit aussi apporter un soin particulier à la conception des assemblages des poteaux avec les
poutres et les fondations. En plus du prolongement des armatures de confinement, on doit
utiliser de plus grandes longueurs de développement des armatures. Les efforts de calcul sont
évidemment ceux qui correspondent à la formation des rotules plastiques dans les poteaux et
une résistance réduite à l’effort tranchant est spécifiée pour les assemblages poutres-poteaux.

Exigences relatives aux piles-murs

Ces ouvrages plus trapus se déforment principalement en cisaillement et c’est pourquoi on


exige une armature répartie uniformément sur les parois pour distribuer la fissuration sur toute
la superficie du mur. Une équation particulière est aussi donnée pour la résistance au
cisaillement des piles-murs.

Les piles-murs sont habituellement considérées comme des poteaux autour de leur axe faible
car le rapport hauteur-épaisseur du mur est souvent supérieure à 2.5. Dans ce cas, les
armatures longitudinales qui sont placées sur les parois ayant la plus grande dimension doivent
être disposées et retenues comme s’il s’agissait d’armatures de poteaux : l’espacement c/c des
barres ne doit pas excéder 200 mm et une barre sur deux doit être retenue par des tirants
parasismiques en travers de la section. Ces tirants doivent être placés en alternance de façon à
ce que les crochets recourbés de 90° ne soient pas disposés côte à côte ou l’un par dessus

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-16.

l’autre. Les armatures situées le long des petits côtés doivent être disposées de la même façon
mais il n’est pas nécessaire de retenir les barres longitudinales par des tirants qui font la
longueur du mur. Par contre, une barre longitudinale sur deux devra être retenue par le coin de
cadres transversaux localisés aux extrémités des murs (voir l’exemple 2 ci-dessous).

Exigences relatives aux pieux

Des détails particuliers s’appliquent aux pieux pour lesquels on anticipe des déformations
inélastiques, c’est-à-dire lorsque l’on calcule les pieux avec des efforts inférieurs à ceux qui
sont engendrés par la formation de rotules plastiques dans les poteaux ou les murs qu’ils
supportent (les efforts de calcul étant alors ceux obtenus en utilisant les facteurs R spécifiés
pour le type de pieux utilisé). Dans ce cas, on demande que les pieux soient bien ancrés aux
semelles et on doit prévoir des armatures longitudinales et transversales dans la partie
supérieure des pieux pour éviter leur rupture prématurée (Fig. N4-3). Les détails de ces
armatures varient selon la ZRS et selon qu’il s’agit de pieux préfabriqués ou coulés en place.
Dans les zones de rendement sismique 3 et 4, les détails sont particulièrement sévères et on
doit faire une évaluation réaliste de la longueur de la rotule plastique, laquelle peut varier en
fonction de l’interaction des pieux avec le sol.

Un concept où des déformations inélastiques sont permises dans les pieux peut représenter une
solution avantageuse dans plusieurs cas, surtout lorsque les pieux supportent des éléments
robustes comme les culées, par exemple. Cependant, le concepteur doit garder à l’esprit qu’un
tel concept nécessitera, après un séisme important, une inspection des pieux et, probablement,
une réparation de ces éléments, deux opérations qui sont difficiles et coûteuses à réaliser. De
plus, des déformations inélastiques importantes au niveau des pieux peuvent résulter en de
grands déplacements au niveau du tablier, situation qui est non souhaitable dans la majorité
des cas.

APPUIS MOBILES

Les appuis mobiles doivent être conçus pour accommoder les déplacements du tablier obtenus
de l’analyse. De plus, ils doivent avoir une longueur d’appui minimale dans la direction
longitudinale, N (en mm), égale à :

⎛ L H ⎞⎛ ψ2 ⎞
N = K ⎜ 200 + + ⎟ ⎜⎜ 1 + ⎟
⎝ 600 500 ⎠ ⎝ 8000 ⎟⎠

où K est un coefficient de modification qui varie entre 0.5 et 1.5 selon la ZRS, le rapport
d’accélération de la zone, A, et le type de sol. La longueur L est la longueur totale de la portion
du tablier qui peut affecter l’appui considéré. La hauteur H dépend de la position de
l’appui mobile : hauteur moyenne des piles supportant le tablier sur la longueur L si l’appareil
est à une culée, la hauteur de la pile si l’appareil est installé sur cette pile, et la hauteur

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-17.

moyenne des deux piles adjacentes si l’appui mobile est localisé en travée. La longueur N doit
aussi être augmentée si le joint n’est pas perpendiculaire à l’axe longitudinal du pont (angle
ψ). Cette longueur d’assise minimale N vise à éviter la perte d’appuis, phénomène qui a été
observé à maintes reprises lors des séismes passés.

Si on ne peut respecter l’une ou l’autre des deux dimensions ci-dessus, on doit munir les
appareils d’appui mobiles de dispositifs de retenue longitudinale. Ces éléments sont
habituellement faits de câbles ou de plaques d’acier. Le code spécifie la force que doivent
reprendre ces dispositifs : 3.0⋅A⋅W > 0.20⋅W, où W est le poids du plus léger des segments de
tablier de part et d’autre du joint. Cette force est généralement très élevée et il sera souvent
plus économique de satisfaire les longueurs d’appui minimales. De plus, l’assemblage des
dispositifs de retenue aux unités de fondation doit être conçu pour une force égale à 125% de
la résistance ultime des éléments de retenue. On notera enfin que les dispositifs doivent être
conçus pour permettre les mouvements dus aux variations de température et de retrait. Dans le
cas de joints avec un biais, ils doivent aussi être installés sur un axe perpendiculaire au joint.

SYSTÈMES D’ISOLATION À LA BASE

Le chapitre 4 comprend une section dédiée à la conception des systèmes d’isolation à la base,
systèmes où on insère des isolateurs sismiques entre le tablier et les unités de fondation. Le but
premier est d’allonger la période de la structure de manière à réduire les forces sismiques sur
la structure (Fig. N4-4) et le concept peut être utilisé pour les nouveaux ouvrages et pour la
réhabilitation sismique des ponts existants. Plusieurs types d’appareils ont été proposés et
utilisés à ces fins durant les 20 dernières années. Les systèmes les plus courants sont les
isolateurs élastomères avec noyau central en plomb (Resilient Friction Base Isolation System)
et les systèmes de pendule à friction (Friction Pendulum System). Ces isolateurs doivent
incorporer un mécanisme de recentrage automatique afin de limiter les déformations lors d’un
séisme important. La plupart des systèmes sont aussi conçus pour dissiper de l’énergie
lorsqu’ils se déforment. Ceci augmente le niveau d’amortissement de la structure et permet de
réduire davantage les forces sur la structure (Fig. N4-4). Cette caractéristique est aussi prise en
compte dans la méthode de dimensionnement proposée dans le code S6-00.

Dans cette méthode, on doit utiliser les méthodes d’analyse applicables aux ponts ordinaires,
tel que décrit précédemment. Le paramètre Csm est modifié (il devient C’sm) en fonction des
propriétés de l’isolateur, et des valeurs plus élevées sont spécifiées pour le coefficient de site,
S (qui devient Si), car les ponts avec appareils d’appuis isolants sont plus sensibles à
l’amplification des mouvements sismiques causés par les sols mous. Le code comprend aussi
des dispositions relatives au dégagement minimum à prévoir pour permettre les déformations
anticipées dans les isolateurs et on doit vérifier la stabilité contre le renversement des
isolateurs lorsque les déplacements maximum sont atteints. Des facteurs de sécurité sont
spécifiés pour ces calculs. On exige également que les appareils aient une force de rappel
minimale pour le recentrage et qu’ils soient conçus pour reprendre les sollicitations
horizontales autres que sismiques (freinage, vent, etc.). Finalement, on demande dans le code
que les caractéristiques mécaniques des appareils isolants soient basées sur des essais de
qualification et une procédure d’essais est décrite à cet effet.

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-18.

période
plus longue
Sa (g)

amortissement
plus élevé

Période

Fig. N4-4 Spectre de calcul pour ponts avec appareils d’appui isolants.

EXEMPLE 1 – CALCUL DES EFFORTS AVEC LES MÉTHODES CU ET MU

Données

On désire faire le calcul des charges sismiques pour le pont droit à deux travées de 36.7 m
montré à la Fig. N4-5. Deux sites sont considérés : Rimouski et Rivière-du-Loup, au Québec.
Le pont n’est pas un pont de secours ni un pont d’urgence (catégorie d’importance = autre). Le
sol est un roc et les unités de fondation reposent sur des semelles. Tel que montré à la Fig. N4-
6, le pont est supporté horizontalement dans la direction transversale par les deux culées et la
pile alors que la seule la pile résiste aux efforts sismiques dans la direction longitudinale. Le
poids du tablier est de 342 kN/m et le centre de gravité est situé à 1240 mm au-dessus du
sommet de la pile. On néglige le poids de la pile dans les calculs. On suppose un béton de 40
MPa pour toute la structure, ce qui donne des modules E = 25 900 MPa et G = 10 800 MPa.

93400
1 Joint de tablier 2 Joint de tablier 3

10000 36700 36700 10000


3000 4500 2500 100 Libre 100 Libre 2500 4500 3000

M CL Chaussée gauche F CL Chaussée droite M


5200±

ÉLÉVATION

Fig. N4-5 Pont étudié : (a)Vue en en élévation.

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-19.

CL

18900
9450 9450
450 7500 1500 1500 7500 450

Terre-plein central
Enrobé bitumineux
(65 mm)

1400

260
2% 2%
Chasse-roue

1600 1600 3200 1600 1450


400
1600 1000

4800 2400

1600 1600 1600 1600 1600


5300

COUPE TRANSVERSALE

Fig. N4-5 (Suite) Pont étudié : (b) Vue en coupe à la pile.

EI, GA

36 700 36 700

ÉLÉVATION PLAN

Fig. N4-6 Système de résistance aux charges latérales du pont.

Méthode d’analyse

On détermine d’abord la zone de rendement sismique pour les deux sites. Le rapport
d’accélération de la zone est tiré du tableau A3.1.7 et on peut obtenir du Tableau 4.4.4.1 la
zone de rendement sismique :

• Rimouski : A = 0.15, ZRS = 2


• Rivière-du-Loup, A = 0.40, ZRS = 4.

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-20.

On peut ensuite choisir la méthode d’analyse exigée à partir du Tableau 4.4.5.3.1. Comme il
s’agit d’un pont régulier (Tableau 4.4.5.3.2, pont droit à deux travées égales), on peut procéder
à une analyse avec la méthode de la charge uniforme (CU) à Rimouski mais une analyse
spectrale unimodale (MU) est nécessaire à Rivière-du-Loup.

Modélisation de la structure

Lorsque sollicité dans la direction transversale, le tablier se déforme dans son propre plan. Sa
rigidité en flexion peut-être calculée en supposant un béton non fissuré, ce qui donne un
moment d’inertie, Ig = 373x1012 mm4. Comme la poutre que forme le tablier est relativement
profonde (longueur = 73 400 mm, largeur = 18 900 mm), on prend aussi en compte les
déformations en cisaillement du tablier en posant Av = 5/6 de l’aire de la dalle = 4.1x106 mm2.

Dans la direction transversale, on évalue la rigidité latérale totale de la pile, Kp,t (Fig. N4-6),
comme étant égale à 160 kN/mm. Le modèle utilisé pour déterminer cette valeur (série
d’éléments de poutre) est montré à la Fig. N4-7 pour un des deux poteaux. Dans ce modèle, on
a pris en compte la flexibilité du sol de fondation en supposant un module de 100 000 kN/m3
pour le roc, ce qui donne une rigidité en flexion, kθ, égale à 14.2x109 kN-mm/rad (Das 1983).
Comme les poteaux sont plutôt trapus dans cette direction (H/b = 7.9 m / 3.2 m = 2.47), on a
considéré une rigidité effective égale à 0.7 EIg pour ces éléments, valeur typiques pour les
murs. On a aussi considéré les déformations en cisaillement des poteaux en utilisant Ave = 0.7
Avg , avec Avg = 5/6 Ag. On a aussi prolongé les poteaux dans la semelle sur une profondeur de
350 mm pour tenir compte des déformations locales imposées par les poteaux (Priestley et al.
1996). Pour la partie élargie au sommet des poteaux, on a considéré les propriétés de la section
brute car on n’anticipe aucune fissuration dans cette région. L’élément de barre reliant le
sommet de la pile au point d’application de la force a été posé infiniment rigide, supposant
ainsi qu’aucune déformation n’est induite au niveau des appareils d’appui. Si la flexibilité du
sol est ignorée, la rigidité de la pile grimpe à 400 kN/mm. Dans ce qui suit, on a effectué les
calculs avec les deux valeurs de rigidité (Kp,t = 160 et 400 kN/mm) afin de voir l’influence de
ce paramètre. La rigidité des culées dans la direction transversale a été examinée de la même
façon et on a obtenu des valeurs de 10 à 50 fois plus élevées que Kp,t selon les hypothèses de
modélisation qui étaient retenues. On a donc considéré les culées comme parfaitement rigides
dans cette direction.

On a utilisé un modèle similaire pour la pile travaillant dans la direction longitudinale. La


principale différence dans ce cas est au niveau de la rigidité kθ qui devient égale à 28.6x109
kN-mm/rad, compte tenu que les semelles sont rectangulaires, et des rigidités effectives des
poteaux qui ont été posées égales à 0.50 EIg et 0.50 GAvg car on prévoit une fissuration plus
importante de ces éléments en raison de leur élancement plus élevé : H/b = 7.9 m / 1.2 m =
6.6. On note aussi que la force horizontale s’exerce au niveau du dessus des appareils d’appui,
soit 940 mm sous le niveau du centre de gravité du tablier, car les appareils d’appui ne peuvent
transmettre de moments. La rigidité Kp,l est égale à 48 kN/mm et 56 kN/mm, selon que l’on
considère ou non la flexibilité du sol. Seule la valeur de 56 a été retenue dans les calculs qui
suivent.

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-21.

6 6
1240 300
5 1000 5 1000
300

4
4

6900 6900
Lpj

Lpj
3 3
2 2
ÉLÉVATIONK 1400 Kθ 1400
1 1

7000

ÉLÉVATION
Fig. N4-7 Évaluation de la rigidité de la pile dans les directions transversale et longitudinale.

Méthode CU (Rimouski)

On fait d’abord l’analyse dans la direction transversale. On applique une charge uniforme
horizontale p0 = 1 kN/mm et on obtient des flèches Vs,max = 45.2 mm et 36.1 mm selon que
l’on utilise considère Kp,t = 160 ou 400 kN/mm. Les rigidités globales correspondantes du
pont, K, sont donc égales 1600 kN/mm et 2030 kN/mm. Le poids total de l’ouvrage, W, étant
égal à 25 100 kN (342 kN/m x 2 x 36.7 m), on obtient des périodes, T, égales à 0.25 s et 0.22 s
pour les deux valeurs de rigidité de la pile.

On détermine ensuite les valeurs de Csm associées à ces périodes. Le coefficient de priorité du
pont, I, et le coefficient de site, S, sont égaux à 1.0 (catégorie d’importance = autre, sol = roc).
Le rapport d’accélération de la zone, A, est de 0.15. Le diagramme de Csm est tracé à la Fig.
N4-8. Pour les deux valeurs de T, Csm est égal à 0.375. La charge sismique uniforme est donc
égale à 0.375⋅25100 kN / 73.4 m = 128 kN/m. On obtient les résultats montrés à la Fig. N4-9
lorsque l’on applique cette charge transversale au niveau du tablier du pont. Sauf en ce qui a
trait à l’effort repris par la pile, on note que les résultats sont peu affectés par la rigidité
donnée à la pile. Des variations plus grandes auraient probablement été obtenues si le
coefficient Csm avait été différent pour les deux valeurs de Kp,t ou si le pont avait été plus long,
auquel cas l’influence des culées aurait été moins dominante.

Puisqu’il s’agit d’un pont droit, on utilise une charge concentrée horizontale dans la direction
longitudinale au lieu d’une charge uniformément distribuée. Dans cette direction, la rigidité de
l’ouvrage est celle de la pile (Kp,l = 56 kN/mm) et le poids W = 25 100 kN. On obtient alors
une période, T, égale à 1.34 s. Le coefficient Csm correspondant à cette période est de 0.148, ce

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-22.

qui donne une charge sismique de 3710 kN (= 0.148⋅25 100 kN). Ces résultats sont aussi
présentés sur la Fig. N4-9.

1.0 1.0
Rimouski Rivière-du-Loup
0.8 0.8

Csm (g)
Csm (g)

0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0.0 0.0
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
Periode (s) Periode (s)

Fig. N4-8 Coefficients Csm pour les deux sites (I = S = 1.0).

3710 kN

ÉLÉVATION

PLAN

Fig. N4-9 Résultats de l’analyse CU (Rimouski).

Méthode MU (Rivière-du-Loup)

On débute aussi par la direction transversale. La première étape consiste à établir la déformée
Vs(x) sous une charge uniforme transversale quelconque que l’on pose ici égale à 1 kN/mm. La
déformée est la même que celle obtenue pour le cas précédent, c’est-à-dire avec une flèche
maximale au centre Vs,max = 45.2 mm et 36.1 mm selon que l’on considère Kp,t = 160 ou 400
kN/mm. On détermine les paramètres α et γ pour les deux rigidités de la pile par intégration
numérique à partir des flèches horizontales obtenues à chaque dixième de la longueur des
travées : α = 2.18 x 106 mm2 et 1.79x106 mm2; γ = 27.1x106 kN-mm2 et 18.1x106 kN-mm2.
Le poids total de l’ouvrage, W, étant égal à 25 100 kN, on détermine les valeurs de période
suivantes : T = 0.22 s et 0.20 s pour les deux valeurs de Kp,t, ce qui est légèrement plus faible
que la valeur obtenue de la méthode de la charge uniforme. La valeur de Csm pour ces périodes
est de 1.0 (A = 0.40 et S = I = 1.0 ou Fig. N4-8).

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-23.

Pour fins de comparaison, une analyse modale a été effectuée pour ce pont et les deux
périodes obtenues sont égales à 0.22 s et 0.20 s. On compare à la Fig. N4-10 la déformée
produite par la charge uniforme et le mode fondamental de vibration obtenu de l’analyse
modale. On note une similitude presque parfaite pour ce pont simple.

Kp,t = 160 kN/mm


50
Kp,t = 400 kN/mm
40
vs(x) (mm)

30

20
Mode approché
10 Mode exact
0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
x/L

Fig. N4-10 Formes approchée et exacte du mode fondamental de vibration du pont.

Le calcul de la charge pe(x) ne requiert plus que l’évaluation du paramètre β qui est aussi
obtenu par intégration numérique : β = 747x103 kN-mm et 614x103 kN-mm pour les deux
valeurs de rigidité de la pile. On obtient alors des charges dont la valeur pe(x=0.5L) = 426
kN/m et 417 kN/m. À la Fig. N4-11, on compare la distribution obtenue de la charge à la
charge uniforme qui aurait été considérée si on avait utilisé la méthode CU pour ce pont. On
note que la charge pe(x) est beaucoup moins importante aux deux extrémités de l’ouvrage mais
qu’elle est plus grande dans la partie centrale. Les résultats de l’analyse statique sous les
charges pe(x) sont donnés à la Fig. N4-12. Encore cette fois, la rigidité de la pile n’a que peu
d’effets sur les résultats hormis, bien sûr, la réaction horizontale au niveau de la pile.

Les calculs dans la direction longitudinale sont identiques à ceux présentés pour la ville de
Rimouski. La seule différence est le coefficient Csm qui est maintenant égal à 0.395. Ce
coefficient donne une force horizontale de 9910 kN qui produit une flèche de 177 mm.

500
pe (x) (kN/m)

400 342 kN/m


300
200
100
Kp,t = 160 kN/mm
0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
x/L

Fig. N4-11 Distribution de la charge transversale (Kp,t = 160 kN/mm).

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-24.

9910 kN

ÉLÉVATION

PLAN

Fig. N4-12 Résultats de l’analyse MU (Rivière-du-Loup).

EXEMPLE 2 – EFFORTS DE CALCUL POUR UNE PILE

Dans cet exemple, on fait d’abord le calcul de l’armature longitudinale à la base des poteaux
de la pile du pont décrit dans l’exemple 1. On détermine ensuite l’effort tranchant qu’il faut
considérer pour cette même pile. On ne considère ici que le cas Kp,t = 400 kN/mm et le site de
Rivière-du-Loup. Les forces sismiques élastiques obtenues de l’exemple 1 pour les deux
directions principales (méthode MU) sont résumées à la Fig. N4-13.

Résistance à la flexion

Les moments de flexion dans les deux directions sont donnés à la Fig. N4-13. Dans la
direction transversale, l’élancement des éléments de la pile est de 2.5 et on considère qu’il
s’agit de murs. On utilise donc un coefficient R = 2.0. Dans la direction longitudinale, les
éléments sont des poteaux isolés et une valeur de R = 3.0 est adoptée. Les moments pondérés
sont donc égaux à : Mf,transv = 22 910 / 2.0 = 11 460 kN-m et Mf,long. = 40 670 / 3.0 = 13 560
kN-m. La charge permanente du tablier produit sur chaque élément de pile un effort de
compression de 7840 kN. Si on néglige pour fins de simplification les efforts axiaux dans la
pile dus aux effets de la précontrainte, du retrait et du fluage dans le tablier, on obtient deux
efforts pondérés possibles dans les poteaux : Pf = 6280 kN (αD = 0.80) et 9810 kN (αD = 1.25).

L’armature choisie est montrée à la Fig. N4-14. Il s’agit de barres No. 45 régulièrement
espacées sur les 4 parois de la pile-mur. Des barres plus petites auraient pu être utilisées le
long des côtés les plus courts mais la même dimension a été conservée pour éviter les erreurs
au chantier. On note que l’espacement des barres respecte la limite de 200 mm et qu’une barre
sur deux est retenue par un cadre ou un tirant. Seules les barres placées le long des deux
grandes parois (armatures de flexion de la pile agissant comme un poteau) sont stabilisées par
des tirants qui traversent la section. Les tirants ne sont munis de crochets parasismiques qu’à

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-25.

une seule extrémité pour en faciliter la pose. Ils sont donc placés en alternance pour éviter que
tous les crochets pliés à 90° ne soient du même côté.

PD = 7840 kN PD = 7840 kN
2510 kN

4960 kN

9140
8200

22 910 kN-m 40 670 kN-m

Fig. N4-13 Efforts sismiques élastiques.

1200

168 (typ.) 48 No. 45

3200

Fig. N4-14 Section d’une pile-mur.

Le Tableau N4-1 présente la vérification de la résistance en flexion d’un des éléments de la


pile. On note d’abord que les calculs sont effectués pour les deux niveaux de charge axiale.
Les valeurs de la résistance pondérée en flexion, Mr , telles que calculées selon les méthodes
classiques en tenant compte de la charge Pf sont d’abord données. Ces valeurs sont diminuées,
M’r, pour tenir compte de la réduction de la ductilité en rotation causée par la présence de la
charge axiale (art. 4.7.4.1.2 – Fig. N4-2). Les efforts axiaux Pf dans les poteaux sont
respectivement égaux à 4.1% et 6.4% de f’c⋅Ag, ce qui résulte en M’r = 0.91 et 0.86 Mr. Par la

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-26.

suite, on donne les moments pondérés Mf pour les deux combinaisons relatives à la direction
de la sollicitation sismique : 100% dans une direction et 30% dans l’autre direction. L’effort
axial Pf dans les poteaux étant inférieurs à 0.10 φc⋅f’c⋅Ag pour les deux cas, la résistance des
poteaux en flexion bi-axiale est adéquate si (art. 8.8.5.5) :

M fx M fy
+ ≤ 10
.
M ' rx M ' ry

Le résultat de cette vérification est donnée sous le titre Interaction dans le tableau. On observe
que c’est le cas où 100 % de la charge longitudinale est appliquée et où la charge permanente
est réduite qui est le plus critique. La résistance en flexion augmente en effet lorsque l’on
augmente la charge Pf, et on dispose d’un surplus de résistance appréciable dans la direction
transversale dû à la dimension de la pile dans cette direction et de la quantité d’armature
requise pour résister à la charge sismique longitudinale.

Tableau N4-1 Vérification de la résistance en flexion d’un poteau de la pile.

Pf (kN) 6280 9810


Long. Transv. Interaction Long. Transv. Interaction
Mr (kN-m) 16480 42350 18050 45590
M'r (kN-m) 15000 38540 15520 39210

Mf (kN-m) Long. 13560 3440 0.99 13560 3440 0.96


Mf (kN-m) Transv. 4070 11460 0.57 4070 11460 0.55

Calcul de l’effort tranchant

Le Tableau N4-2 donne la résistance nominale et la résistance probable en flexion d’un des
éléments de la pile pour les deux directions et les deux valeurs de Pf. La résistance nominale
(Mn) a été obtenue en posant les coefficients de tenue égaux à 1.0. La résistance probable (Mp)
est égale à 1.3 fois la résistance nominale. Comme le pont se trouve dans une zone de
rendement sismique 4, le calcul de l’effort tranchant Vf doit être fait en supposant que le
moment probable, et non le moment nominal, sera atteint dans la rotule plastique qui se
développera au bas du poteau.

La Fig. N4-15 résume le calcul de l’effort tranchant dans la direction longitudinale. Sur la
gauche, on a tracé des diagrammes de moment en posant à la base un moment égal à Mf, Mn,
Mp et 3.0 Mf. Ce dernier moment correspond au moment élastique (= R⋅Mf). Les valeurs entre
parenthèses correspondent au cas Pf = 6280 kN, les autres valeurs étant pour la charge de 9810
kN. On remarque d’abord que le moment probable à la base est inférieur à la valeur de R⋅Mf,
ce qui indique qu’il est possible que le moment probable soit atteint dans cette direction.
L’effort tranchant est donc égal au moment Mp divisé par 8.2 m. Les valeurs obtenues sont
données au Tableau N4-2. On notera qu’il n’est pas requis de considérer l’action combinée des
charges sismiques dans les deux directions principales pour déterminer Vf.

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-27.

Tableau N4-2 Résistances nominale et probable d’un poteau de la pile.

Pf (kN) 6280 9810

Long. Mr (kN-m) 16 480 18 050


Mn (kN-m) 18 060 19 660
Mp (kN-m) 23 480 25 560
Vf (kN) 2860 3120

Transv. Mr (kN-m) 42 350 45 590


Mn (kN-m) 47 240 50 780
Mp (kN-m) 61 410 66 010
Vf (kN) 2510 2510

Sur la Fig. N4-15, on indique à l’aide du trait hachuré le diagramme de moment à considérer
pour déterminer où on peut interrompre les barres d’armature longitudinales. Il faut en effet
que les barres prévues à la base se poursuivent jusqu’à ce que le moment présent dans le
poteau à l’instant où M = Mp à la base soit inférieur à Mr = 16 480 kN-m. De cette façon, on
s’assure que la rotule plastique ne se formera pas au point de coupure des barres. Il n’est pas
nécessaire de considérer la résistance réduite M’r dans cette vérification car ce moment n’est
pas représentatif de la résistance réelle de la section.

La Fig. N4-16 illustre le calcul dans la direction transversale. Cette fois, le moment élastique
(2.0 Mf = 22 910 kN-m) est beaucoup plus faible que le moment probable, et même que le
moment nominal. On peut donc supposer que le moment maximum qui sera atteint durant le
séisme de calcul sera de 22 910 kN-m et c’est cette valeur que l’on utilise pour déterminer
l’effort tranchant : Vf = 22 910 kN-m / 9.14 m = 2510 kN. Cette situation est le résultat de
l’important surplus de résistance en flexion offert par la pile dans la direction transversale.
Compte tenu de cette surcapacité (2.0 Mf ≈ 50% Mr), on peut aussi penser que le degré de
fissuration de la pile sera vraisemblablement très faible lors du séisme de calcul. Vu la
dépendance de l’effort tranchant vis-à-vis de l’analyse élastique, il serait justifié de reprendre
cette analyse en utilisant des propriétés de la section de la pile qui tiennent compte qu’elle
demeurera pratiquement intacte si le séisme sollicite le pont principalement dans la direction
transversale. Par exemple, on pourrait utiliser le moment d’inertie de la section brute Ig au lieu
de 0.7 Ig comme on l’a fait à l’exemple 1. La pile devenant plus rigide attirera des efforts plus
élevés qui devraient être employés pour vérifier la résistance à l’effort tranchant.

Tel qu’illustré sur la Fig. N4-16, le diagramme de moment à considérer dans la direction
transversale pour déterminer la fin des armatures longitudinales sur la hauteur du poteau est
celui dont le moment à la base est 2.0 Mf puisque le poteau demeure élastique.

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-28.

9810 kN
(6280 kN)

Vf

8200

1400

Fig. N4-15 Effort tranchant dans la direction longitudinale.

9810 kN
(6280 kN)
Vf

9140

1400

Fig. N4-16 Effort tranchant dans la direction transversale.

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-29.

EXEMPLE 3 – VÉRIFICATION D’UN APPUI MOBILE

Dans cet exemple, on détermine la longueur d’assise minimale pour les appuis mobiles utilisés
aux culées du pont de l’exemple 1. On évalue ensuite la force de calcul pour les dispositifs de
retenue longitudinale qui seraient requis si la longueur d’appui minimale ne pouvait être
respectée. Seul le cas du pont situé à Rivière-du-Loup est examiné.

Longueur d’assise minimale

En premier lieu, l’appui mobile doit être conçu pour accommoder le déplacement longitudinal
anticipé de 177 mm (voir exemple 1, méthode MU). En plus, l’assise doit respecter la
longueur minimale, N, spécifiée par le code :

⎛ L H ⎞⎛ ψ2 ⎞
N = K ⎜ 200 + + ⎟ ⎜⎜ 1 + ⎟
⎝ 600 500 ⎠ ⎝ 8000 ⎟⎠

Pour ce pont, le coefficient K est égal à 1.5 (Tableau 4.4.1.5.1 avec ZRS = 4), la longueur L est
de 73 400 mm et la hauteur H est égale à 7900 mm. Le joint est à angle droit par rapport à
l’axe longitudinal du pont et l’angle ψ = 0. La longueur N est alors égale à 563 mm.

Dispositifs de retenue longitudinale

Si on ne peut accommoder la longueur d’assise de 563 mm, il faut installer des dispositifs de
retenue longitudinale et ceux-ci doivent être calculés pour résister à une force égale à 3.0⋅A⋅W.
Le paramètre A = 0.40 pour Rivière-du-Loup et le poids total du tablier qu’il faut maintenir en
place est celui du tablier complet, soit 25 100 kN. Ceci donne une force pondérée de calcul de
30 120 kN. Cette force est considérable compte tenu de la faible dimension du pont et on peut
penser qu’il sera beaucoup plus avantageux de respecter la longueur N et d’accommoder le
déplacement de ±177 mm au niveau des appuis mobiles. Il faut aussi considérer que les
assemblages des dispositifs de retenue doivent être conçus pour une force égale à 1.25 fois la
capacité ultime des dispositifs qui auront été choisis et que la culée risque d’être endommagée
si elle ne peut résister à ces efforts dans la direction longitudinale.

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Chapitre 4: Calcul parasismique 4-30.

RÉFÉRENCES

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Bruneau, M., Wilson, J.C. and Tremblay, R. 1996. Performance of Steel Bridges during the
1995 Hyogo-ken Nanbu (Kobe, Japan) Earthquake. Can. J. of Civ. Eng., 23, 678-713.
Clough, R.W. and Penzien, J. 1993. Dynamics of Structures. Mc-Graw-Hill. New York, NY,
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Finn, W.D.L., Byrne, P.M., Evans, S., Law, T. 1996. Some Geotechnical Aspects of the
Hyogo-ken Nanbu (Kobe) Earthquake of January 17, 1995. Can. J. of Civ. Eng., 23, 778-
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1995. Performance of Bridges in the 1994 Northridge Earthquake. Can. J. of Civ. Eng., 22,
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Pauley, T.P. and Priestley, M.J.N. 1992. Seismic Design of Reinforced Concrete and Masonry
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