Vous êtes sur la page 1sur 49

Audit comptable et financier

Introduction :

Avec l’internationalisation des marchés et la concurrence grandissante des firmes sont autant
de facteurs qui rendent l’environnement des entreprises de plus en plus instable. Ceci rend difficile
pour une entité d’atteindre tous ses objectifs. Toutefois, certains acteurs s’intéressent à la vie de
l’entreprise :
Dirigeants : Afin de mieux gérer l’activité de l’entreprise et prendre de bonnes décisions, ils ont
besoin d’avoir des bonnes informations sur la réalité de l’entreprise.
Propriétaires (associés ou actionnaires) : Ils désirent obtenir plus d’informations sur les résultats et
l’évolution de l’entreprise afin d’apprécier leurs investissements ou bien donner un jugement sur le
sort de leurs investissements.
Salariés : Ils se préoccupent des problèmes de la gestion de l’entreprise pour se rassurer leur avenir,
et donc ils ont besoin d’avoir des informations justes sur l’entité.
Tiers (clients, fournisseurs, banques, Etat…) : Ils ont besoin de savoir plus sur la situation réelle de
l’entreprise car ils traitent souvent avec cette entité ;
Par exemple pour la banque, elle octroie des crédits à l’entreprise et donc pour assurer le
remboursement de la dette octroyée, il faut que l’entreprise présente de bonnes informations à la
banque (une entreprise qui présente de bonnes informations à la banque est une entreprise solvable et
donc on peut vous accorder des crédits même dans une mauvaise conjoncture économique).
Pour les clients, ils ont besoin d’avoir des informations sur la qualité des produits par exemple, le
délai de livraison des produits…
Il existe plusieurs informations que produisent les entreprises, et toutes ces informations qu’elles
soient des informations financières ou non sont imbriquées les unes aux autres.

Donc, une entreprise qui affiche une bonne performance au niveau financier et donc elle a
l’argent pour fidéliser les clients, les fournisseurs…
Donc, une entreprise qui affiche une bonne performance donne un bon signal aux clients

Afin de répondre à ces différentes préoccupations, l’entreprise doit fournir des informations
(comptables, financières,…), ces dernières reflètent la réalité de l’entreprise.

Et donc pour remplir cette tâche ou bien produire de bonnes informations, les entreprises
recourent souvent à l’audit.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 1


Chapitre 1 : La démarche générale de l’audit

Section 1 : Définition de l’audit

Le mot audit vient du mot Latin « audire » qui signifie écouter, en Anglais « to audit » veut
dire vérifier, contrôler, inspecter.

L’audit comptable et financier est un examen des états patrimoniaux de l’entreprise exercé par
un professionnel indépendant, il s’agit de vérifier si ces états patrimoniaux sont réguliers, conformes
et reflétant l’image fidèle de l’entreprise.
Recours théorique est fondamental :

Dans le passé, l’audit portait essentiellement sur la vérification des états comptables et
financiers puisque ce sont les informations comptables et financières qui contenaient une certaine
importance. Aujourd’hui, le champ d’investigation de l’audit a été étendu à d’autres fonctions de
l’entreprise d’où l’émergence de d’autres formes d’audit telles que l’audit fiscal, comptable, social,
qualité, juridique....

Bref, l'audit peut être défini comme étant « Un examen professionnel / critique d'une
information réalisé par un professionnel en vue d'exprimer une opinion juste, motivée,
responsable et indépendante sur cette information par référence à un critère de qualité en vue de
donner plus de crédibilité à cette information ».

Examinons les termes clés de cette définition :

1- Un examen professionnel :

Le caractère professionnel de l'examen se manifeste par la méthode, techniques et outils à


utiliser:

 Méthode : La démarche générale pour conduire l'examen ;


 Des techniques et des outils à utiliser par un auditeur dans le cadre de la méthode, et donc
l'auditeur est un professionnel qui doit avoir une connaissance suffisante des activités et
informations qui font l'objet de son examen ainsi que des compétences en matière de droit,
finance, comptabilité, fiscalité…

2- D’une information :

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 2


La notion d'information est ici conçue de façon très extensive. Les différentes sortes
d'informations sur lesquelles doit porter l'audit qui sont :

 Informations analytiques ou synthétiques ;


 Informations historiques ou prévisionnelles ;
 Informations internes ou externes ;
 Informations qualitatives ou quantitatives ;
 Informations formalisées ou informelles.

Cette variété des informations qui peuvent être soumises à l'audit montre que le champ
d’investigation de l’audit est élargi.

3- Opinion motivée, responsable et indépendante :

• L'opinion est motivée dans le sens où l'auditeur doit justifier toutes ses conclusions.
 L'opinion émise par l'auditeur est une opinion responsable car il s’agit d'un engagement
personnel de l’auditeur sur le plan civil et pénal.
 L’opinion est également indépendante tant à l'égard de l'émetteur de l'information qu'à l'égard
des récepteurs de cette information.

L'opinion de l'auditeur peut être vue comme un simple jugement sur l'information à contrôler,
soit elle peut être complétée par la formulation des recommandations.

4- Par référence à un critère de qualité :

L'expression d'une opinion implique toujours la référence à un critère de qualité connu et


accepté de l'émetteur, des récepteurs et de l'auditeur.

Parmi les critères de qualité il y a :

 La régularité : Qui est la conformité à la réglementation ou à des principes généralement admis.


En cas d’absence de cette réglementation dans l’entreprise, il y a ce qu’on appelle un manuel de
procédures : c’est un ensemble des documents écrits qui décrivent la manière de faire les choses
dans l’entreprise, qui décrit les responsabilités de chaque fonction et de chaque responsable. Par
ailleurs, il existe aussi ce qu’on appelle les usages et les coutumes c.à.d. que par exemple chaque
lundi matin ou chaque vendredi soir, les employés se réunissent entre eux pour répondre à des
problèmes particuliers dans l’entreprise pour éviter les dégâts, les employés se mettent tous
d’accord sur une manière de travailler pour assurer une certaine fluidité / flexibilité au niveau du
travail ;
Et donc l’auditeur doit connaitre ces principes qui ne sont pas écrits dans la réglementation
intérieure ou justement voir est ce que cette façon de faire (ces usages et coutumes utilisés)
Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 3
permettent de répondre au bon fonctionnement interne ? Est-ce qu’on respecte un certain nombre
de principes ?
• La sincérité : C’est l'évaluation correcte des valeurs comptables. Il s'agit de donner une image
fidèle de l'entreprise ;
• La performance : Il faut respecter les critères d'efficacité, d'efficience et de la pertinence.

5- La crédibilité de l’information:

L'opinion fondée par l'auditeur a pour objet fondamental de crédibiliser l'information surtout
financière publiée par l’entreprise, c.à.d. d’accroitre son utilité pour les utilisateurs qui sont
généralement en situation d’asymétrie d’information.
(Théorie d’agence de Jensen et Meckling 1976, Watts et Zimmerman 1986,…).

Ce rôle spécifique de l’auditeur a mené les pouvoirs publics à organiser la profession de l‘audit
et à lui donner un cadre réglementaire bien défini.
=> On peut classer l’audit selon les critères suivants :

1er critère : Selon la situation de l’auditeur par rapport à l’entité auditée


Il est possible de distinguer l’audit externe et l’audit interne :

 Dans le premier cas, la mission est mené par un professionnel externe ;

 Dans le second, elle est mise en œuvre par un fonctionnel / salarié de l’entreprise, le plus
souvent rattaché à la direction générale.

2ème critère : Selon le statut de l’auditeur


Il convient de différencier les missions d’audit contractuel dont les objectifs sont librement fixés par
le mandataire, des missions d’audit légal, dont le cadre est défini par la loi et leS règlementations.

3ème critère : Selon la nature des objectifs assignés à la mission d’audit


Nous pouvons distinguer :

 L’audit financier qui consiste à certifier les comptes à l’entreprise.


 L’audit de gestion qui vise à formuler un jugement sur l’action des dirigeants et sur leurs
résultats.
 et l’audit opérationnel dont l’objectif est d’améliorer la performance de l’entreprise.

Les professionnels comptables libéraux font souvent référence à l’audit financier dont l’IFAC
(International Federation of Accountants) donne la définition suivante : « Une mission d’audit des
états financiers a pour objectif de permettre à l’audit d’exprimer une opinion selon laquelle les

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 4


états financiers ont été établis, dans tous les aspects significatifs, conformément à un référentiel
identifié (normes, règlement intérieur, lois, ISA,…) ».

Section 2 : Domaines principaux d’audit

1. Audit financier :

L’audit financier est un examen critique des informations comptables et financières réalisé
par une personne indépendante et compétente dans le but de donner une opinion motivée sur la
régularité et la sincérité des états financiers d’une entité.
A ce niveau là, nous distinguons deux types d’audit financier :

 La mission d’audit financier contractuel : Réalisé à la demande d’une entité ou d’un individu
pour des fins précisées dans la convention avec l’auditeur. Cet audit a pour objectif souvent la
certification des comptes aux tiers.
Par exemple au moment de l’introduction de l’entité en bourse ou lorsqu’elle fait appel public à
l’épargne.
 La mission d’audit financier légal : Réalisé par un commissaire aux comptes, sa mission est
réglementée par la loi et elle comporte :
 Une mission d’audit externe ;
 Un ensemble d’obligations spécifiques sous la responsabilité du commissaire aux comptes
prescrites par des dispositions réglementaires (Informations aux actionnaires, détection des
actes frauduleux,…).

L’audit financier peut être effectué par un professionnel interne mais dans ce cas il ne peut
garantir la sincérité et la régularité des informations que pour le besoin de la direction générale. Par
ailleurs, sa position interne ne lui autorise pas de certifier les comptes de l’entreprise à des tiers.

2. Audit interne :

Il existe plusieurs définitions d’audit interne, mais nous allons retenir celle proposée par
l'Institut Français des Auditeurs et des Contrôleurs Internes (IFACI) que nous jugeons riche et
synoptique [Au Maroc c’est l’AMACI (L’Association Marocaine Des Auditeurs Consultants
Internes)], « l'audit interne est défini comme une révision périodique des instruments dont dispose
une direction pour contrôler et gérer l'entreprise. Cette activité est exercée par un service

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 5


dépendant de la direction générale et indépendant des autres services. Les objectifs principaux des
auditeurs internes sont donc, dans le cadre de cette révision périodique, de vérifier si les
procédures en place comportent les sécurités suffisantes, si les informations sont sincères, les
opérations régulières, les organisations efficaces, les structures claires et actuelles ».

Cet audit est ainsi un service autonome de l’entreprise rattaché directement à la direction
générale pour garder son objectivité. Ce service est chargé d’évaluer les performances de toutes les
fonctions de l’entreprise.

L’audit interne est un audit transversal qui concerne tous les processus de l’entreprise depuis le
processus de la prise de décision jusqu’au processus d’alerte en cas d’erreur ou de problèmes sérieux
(Exemples : Jérôme Kerviel (cas de la société générale), la SAMIR).

3. Audit opérationnel :

Il est réalisé par des spécialistes moyennant des techniques et des méthodes sous la forme d'un
projet afin de :

 Voir les différentes possibilités pour améliorer les fonctions et l’utilisation des moyens à partir
d’un premier diagnostic autour duquel un large consensus est établi.
 Et de créer au sein de l’entreprise une dynamique de progrès selon les axes d’amélioration
définis.

Ce type d’audit porte par exemple sur le marketing, l’informatique, les ressources humaines, la
production, contrôle de gestion,…etc., il peut concerner toutes les activités et fonctions de l’entité
mais il peut être restreint à l’une des divisions composant l’organisation. Exemples : division d’une
entreprise, direction d’une grande société ou d’un ministère,…

Section 3 : Les relations entre les différents domaines d’activités

Deux critères peuvent être utilisés pour déterminer ces relations :

1er critère : L’objectif de l’auditeur


2ème critère : La position de l’auditeur par rapport à l’entité auditée

Ces deux critères sont liés. En effet, les objectifs de l'auditeur déterminent sa position.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 6


1ère relation : Audit interne et audit opérationnel

Généralement on trouve que les objectifs de ces deux types d’audit sont les mêmes ; ces deux
domaines d’audit peuvent avoir un champ d’application qui peut concerner toutes les fonctions de
l’entité dans le but d’améliorer la performance globale (l’ensemble des performances concernant
toutes les fonctions). Cependant, la notion d'audit opérationnel est plus large que celle d'audit interne
dans le sens où l’auditeur opérationnel peut d’étendre même à la direction générale. Dans ce cas,
l’auditeur doit être obligatoirement externe afin de respecter le principe d’indépendance.

De même, l’auditeur opérationnel peut être interne ou externe alors que l’auditeur interne est un
membre fonctionnel de l’entreprise.

2ème relation : Audit financier et audit opérationnel

Bien que ces deux domaines d’audit puissent examiner l’information financière de l’entreprise,
l’un et l’autre poursuivent deux perspectives différentes :

 L’audit opérationnel agira dans la perspective d’exploitation de l’information financière en tant


qu’un instrument de gestion, et non pas un garant de la sincérité et de la régularité de cette
information.
 Une autre perspective peut être constatée par rapport à l’audit opérationnel est que l’audit
financier peut être amené à certifier les comptes aux tiers alors que l’audit opérationnel ne le fait
pas.
En fin, nous pouvons dire que les objectifs poursuivis par ces deux domaines d’audit sont
différents.

3ème relation : L’audit interne et l’audit financier

L’auditeur financier peut certifier les comptes à des tiers. Par ailleurs, l’audit interne ne peut
assurer la qualité de l’information comptable que pour la direction de l’entreprise. Par rapport à la
situation de l’auditeur, l’audit interne est l’un des salariés de l’entreprise par contre l’auditeur
financier doit être externe.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 7


Chapitre 2 : Audit financier et ses objectifs

Section 1 : Les assertions d’audit

La mission de l’audit financier consiste à donner une opinion sur la sincérité et la régularité des
comptes de l’organisation, il se situe réellement après la comptabilité et avant l’analyse financière.

Pour accomplir sa mission, l’auditeur financier doit s’assurer qu’un certain nombre de critères /
assertions soient respectés dans l’élaboration des états financiers:

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 8


 1er critère : Completeness (Intégralité, exhaustivité)
 2ème critère : Accuracy (Exactitude)
 3ème critère : Valuation (Valorisation, évaluation)
 4ème critère : Existence
 5ème critère : Cut-off (Séparation des exercices)
 6ème critère : Rights and obligations (Droits et obligations)
ème
 7 critère : Presentation & disclosure (Présentation et information)

On l’appelle également le critère C.E.A.V.O.P

1. Completeness :

Vérifier si les opérations qui devraient être prises en considération dans les états financiers l’ont
été au niveau du compte du bilan et CPC.
Exemple : Est-ce que tous les achats des produits et des services ont été enregistrés et ont été pris en
comptes dans les états financiers ?

2. Accuracy :

Cela signifie que toutes les opérations effectuées par l’entreprise doivent être enregistrées dans
les comptes pour leurs montants exacts (conformément aux principes comptables fondamentaux).

3. Evaluation :

Veut dire que toutes les opérations comptabilisées doivent être appréciées et évaluées
conformément aux principes et méthodes d’évaluation généralement admis (La bonne méthode et son
application de manière constante).

4. Existence ou réalité :

L’objectif de ce critère est de vérifier si les éléments matériels (immobilisations, stocks,…)


existent réellement et physiquement.
Exemple : La direction générale déclare que les stocks des produits finis figurant au bilan existent et
sont destinés à la vente.

5. Séparation des exercices : (Cut-off) (occurance)

Il vise une bonne démarcation entre les exercices successifs ; Autrement dit, le but de ce critère
consiste à rattacher à chaque exercice tous les produits et les charges qui le concernent.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 9


6. Droits et obligations :

Ce principe vise à vérifier si les éléments d’actif constituent les droits de l’entreprise
réellement acquis et si les éléments de passif ses obligations effectivement à sa charge à une date
donnée.
Exemple : Vérifier les titres de propriétés (actes, contrats, conventions,…).

7. Présentation et information / Publication :

Cet objectif signifie que les opérations sont présentées dans les comptes en respectant les
règles comptables et en les appliquant de manière constante. Les états financiers doivent être
accompagnés de toutes les informations requises par les textes et nécessaires à leur compréhension,
notamment dans ce qu’on appelle l’éthique.

Il y a l’ETIC et il y a les annexes, les états d’informations complémentaires qui permettent de


mieux expliquer les états financiers.

Exemple :
Une entreprise annonce qu’elle dispose 500 000 DHS de stocks étant donné que vous êtes auditeur
financier et en appliquant le principe CEA montrez comment vous allez effectuer votre démarche
d’audit qu’on appelle aussi « Audit Objective Driven ».
1. Vérifier si tous les stocks ont été enregistrés dans le bilan
2. Est-ce qu’ils existent réellement (est ce qu’on a comptabilisé des choses qui n’existent pas)
3. Est-ce que les stocks ont été enregistrés pour leurs montants exacts.

Remarque :

 Un auditeur financier c’est quelqu’un qui analyse les zones risques importants les ou bien ce
qu’on appelle les zones d’ombres.
 Le mot « Audit financier » on l’appel aussi « Certification des comptes annuels
consolidés ».

Section 2 : Les normes d’audit

La mise en œuvre de toute mission d’audit, quels qu’en soient les objectifs, suppose au
préalable l’existence des normes qui constituent un ensemble de règles précises, formalisées et
connues.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 10


L’IFAC publie des standards internationaux et normes internationales sur l’ETIC, l’audit des
états financiers et à l’audit d’autres informations.
En France, en plus des normes ISA il y a ce qu’on appelle les normes d’exercice professionnel
(NEP) à partir de 2007 pour prendre en considération les spécificités du cadre français, ces normes
constituent l'ensemble des règles que le commissaire aux comptes doit respecter dans l'exercice de
ses missions.
Nous distinguons principalement :
1. Normes générales ou de comportement :
Ça veut dire que l’auditeur est amené à respecter les règles d’éthique conformément au code
d’éthique professionnel (code de déontologie) et dicté par l’IFAC.
Parmi les règles d’éthique nous distinguons :
 Intégrité
 Objectivité
 Indépendance
 Confidentialité
 Respect des normes techniques et professionnelles.
 Compétence professionnelle
a) Compétence professionnelle :
L’auditeur doit avoir des compétences et des expériences requises pour l’exercice de sa
fonction notamment une formation technique adéquate et une expérience professionnelle suffisante.
Cette double formation peut être complétée par une formation continue afin de compléter et
approfondir ses connaissances en matière d’audit.

b) Indépendance :
L’auditeur doit être libre de toute contrainte pouvant gêner l’exercice de sa mission et
indépendant et de tout lien d’ordre personnel, professionnel, financier, voire politique qui peut
constituer un obstacle à son objectivité et intégrité.
c) Secret professionnel :
L’auditeur doit avoir de la discrétion dans l’utilisation de toute information dont il a
connaissance dans l’exercice de sa fonction.
2. Normes de travail :

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 11


Le travail d’audit doit être effectué avec minutie, soin et respect scrupuleux des calendriers et la
tenue correcte des dossiers et documents de travail qui constituent les éléments de preuve des
conclusions d’audit (ISA 220 et 230).
En outre, l’auditeur doit effectuer une évaluation du contrôle interne, un contrôle de la qualité
de sa mission d’audit, la prise en compte des risques, de fraudes et d’erreurs (ISA 240), des textes
législatifs et réglementaires dans un audit des états financiers (ISA 250) et la collecte des
informations suffisantes et fiables.
3. Normes de rapport :
Dans ces normes on trouve :
 La nécessité de rédaction des rapports d’opinion (certification ou non) ;
 Un rapport contenant des recommandations sur le contrôle interne et éventuellement sur la
conformité avec les lois et règlements en vigueur ;
 Un rapport spécial pour les missions de commissaire aux comptes (CAC);
 La qualité des rapports : Datés, signés et notamment discutés avec les responsables de l’entité
auditée.
4. Travail d’équipe :
L’exercice de l’audit doit être effectué avec une équipe de collaborateurs pilotée par un
responsable mandaté. La collaboration est exigée entre les membres de l’équipe afin de faciliter la
communication entre eux de toute information intéressante, à identifier et soulever les grandes
difficultés. Les superviseurs doivent veiller sur l’exercice de la mission par les collaborateurs.
La structure d’une équipe d’audit est la suivante :
 Associé responsable (ou responsable mandaté)
 Superviseur (ou Directeur)
 Chef de mission
 Collaborateurs
 Assistants
Remarque :
Parmi les plus grands groupes d'audit financier au niveau mondial on trouve les Big Four ou
Fat Four (traduction littérale, les « quatre gros ») qui sont:
 Deloitte
 EY (Ernst & Young)
 KPMG
 Price water house Coopers (PwC)

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 12


Section 3 : Le cadre conceptuel de l’audit

1. Référentiel de l’audit et services connexes :


Il existe des normes internationales (ISA) qui mentionnent les différentes missions d’audit
définies par l’IFAC. Nous distinguons :
 L’audit des états financiers ou d’autres informations (ISA 250)
 Les services connexes à accomplir par l’auditeur.
Ces services connexes comportent :
 Les missions d’examen limité (ISA 910) ;
 Les missions d’examen sur la base des procédures convenues (ISA 920) ;
 L’examen d’informations prévisionnelles (ISA 810) ;
 Les missions d’audit spéciales (ISA 800) ;
 Les missions de compilation d’informations financières (ISA 930).
2. Les missions d’assurance :
Ces missions ont pour but d’évaluer ou d’apprécier une information par rapport à des critères
appropriés, et de formuler une conclusion permettant de donner un niveau d’assurance sur sa fiabilité.
Cette assurance permet de renforce la crédibilité de l’information.

D’après les normes, deux sortes d’assurance peuvent être distinguées :

 Les missions d’assurance de niveau élevé (Audit)


 Les missions d’assurance de niveau modéré (Examen limité).

Ne sont pas considérées comme des missions d’assurance :


 Les missions sur la base des procédures convenues ;
 Les missions de compilation d’informations financières ou autres ;
 Les préparations de déclarations fiscales, les missions de conseil et autres consultations.
a) L’audit des états financiers:
Dans le cadre de sa mission, l’auditeur exprime une assurance élevée, raisonnable mais non
absolue. La mission d’audit telle qu’elle a été définie par L’ISA mentionne que la mission d’audit
ayant pour objectif de permettre à l’auditeur d’exprimer une opinion selon laquelle les états
financiers ont été établis, dans tous leurs aspects significatifs, conformément à un référentiel
comptable identifié (national ou international).
La conclusion à laquelle l’auditeur peut formuler fournit une assurance élevée mais non absolue.
L’assurance absolue en audit ne peut avoir lieu, en raison de plusieurs limites :

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 13


- Les limites liées à tout système comptable et contrôle interne ;
- Le fait que les informations dont dispose l’auditeur permettent davantage de faire des
déductions que des certitudes.
b) Mission d’examen limité (ISA 910) :
La mission d’examen limité a pour but de permettre à l’auditeur de conclure qu’aucun fait
d’importance significative n’a été établi permettant de dire que les états financiers n’ont pas été faits
conformément au référentiel comptable identifié.

Pour apprécier la fiabilité de l’information, l’examen limité permet de mettre en œuvre un


ensemble d’investigations et de procédures analytiques.

Dans cet examen limité, l’auditeur exprime une assurance modérée, sous la forme d’une assurance
négative. (Exp : Nous n’avons pas constaté de faits significatifs nous laissant à penser que les états
financiers ne reflètent pas l’image fidèle de la situation financière).

3. Le référentiel comptable utilisé :


Le référentiel comptable utilisé pour l’audit des états financiers est composé des Normes
Comptables nationale (Cas de la France NEP depuis 2007) et Internationales IAS/IFRS.
4. Les services connexes :
a) Examen sur la base des procédures convenues (ISA 920) :
Les procédures que l’auditeur met en œuvre sont définies en commun accord entre l’auditeur,
l’entité et les tiers afin de formuler ces conclusions.
Dans le cadre de mission de procédures convenues, aucune garantie n’émane de l’auditeur, il
rédige simplement un rapport sur les différents faits constatés, complété par la formule suivante :
« Compte tenu du fait que les procédures mentionnées ci-dessus ne constituent ni un audit, ni un
examen limité effectué selon les normes internationales d’audit, nous ne pouvons vous donner
l’assurance que les problèmes qui auraient pu être décelés par un audit ou un examen limité selon
les normes internationales d’audit, ont tous été identifiés ».
Les utilisateurs peuvent évaluer les procédures appliquées et les faits relevés, et peuvent
formuler leurs propres conclusions.
b) compilation (ISA 930) :
Aucune assurance n’est exprimée dans une mission de compilation. L’opinion de l’auditeur est
exprimée avec les termes contenus dans la formule suivante:
« Sur la base des informations fournies par la direction, nous avons préparé le bilan de la société
X au 31 décembre 20xx. La préparation de ces états a été effectuée selon la norme internationale

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 14


d’audit relative aux missions de compilation d’information financière (ISA 930). La direction est
responsable de ces états financiers qui n’ont fait l’objet ni d’un audit, ni d’un examen limité de
notre part. Nous ne donnons, par conséquent, aucune assurance sur ces derniers ».

5. Les missions d’audit spéciales :


D’après la norme ISA 800, les procédures et des principes fondamentaux pour les missions
d’audit spéciales portent sur :
 Les états financiers établis suivant un référentiel comptable différent des Normes Comptables
Internationales ou des Normes Nationales ;
 Les rubriques ou comptes des états financiers ;
 Le respect ou non des clauses contractuelles ;
 Les états financiers condensés.
Dans ce cas, L’auditeur doit collecter et vérifier tous les éléments lui permettant de formuler
son opinion.
a) Rapport sur des états financiers selon un référentiel comptable différent des Normes
Comptables Internationales :
Le référentiel de base pour l’auditeur est composé des Normes Comptables Internationales
IAS/IFRS. Toutefois, les états financiers peuvent être établis sur la base d’un référentiel comptable
différent afin de répondre à d’autres objectifs tels que :
 Un référentiel utilisé afin d’établir les déclarations fiscales ;
 Un référentiel de la comptabilité sur la base des encaissements / décaissements ;
 Les règles et les dispositions énumérées par une autorité du gouvernement.
L’auditeur doit mentionner si les états financiers ont été établis, dans tous leurs aspects
significatifs, conformément à ce référentiel comptable.
De même, le rapport de l’auditeur doit préciser le référentiel comptable utilisé ou mentionner
dans une note supplémentaire aux états financiers relative à cette information notamment dans
l’ETIC (tableau d’amortissement,…).
b) Rapports sur les rubriques ou comptes des états financiers :
L’auditeur peut être amené à exprimer son opinion sur une ou plusieurs rubriques ou sur un ou
plusieurs comptes des états financiers, par exemple les stocks, les provisions pour impôt, les créances
clients,…
Dans son rapport, l’auditeur doit indiquer les rubriques ou les comptes concernés. Il doit
prendre en compte des états financiers pouvant avoir un impact significatif sur les informations
relatives à son opinion. Par exemple : ventes et créances clients,…

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 15


L’auditeur informe son client que son rapport sur la rubrique auditée ne peut pas être joint aux
états financiers de l’entité afin de ne pas donner l’impression que son rapport porte sur l’intégralité
états financiers.

c) Rapport sur le respect de clauses contractuelles :


L’auditeur peut vérifier si l’entité a respecté ou non certaines clauses contractuelles, par
exemple des contrats d’émission d’obligations ou des contrats d’emprunt. Ces clauses obligent
l’entité à respecter certaines dispositions relatives au paiement d’intérêts ou maintien de certains
ratios financiers,…etc. De ce fait, l’auditeur doit exprimer dans son rapport une opinion quant au
respect ou non de l’entité de ces clauses de l’accord entre l’entité et les tiers.
d) Rapport sur des états financiers condensés :
Les états financiers condensés ne contiennent pas toutes les informations requises par le
référentiel comptable et sont présentés avec moins de détails que les états financiers annuels.
L’auditeur doit exprimer dans son rapport que pour mieux comprendre la situation financière de
l’entité par exemple, les utilisateurs doivent consulter les états financiers condensés conjointement
avec ceux audités. Dans son rapport, l’auditeur doit éviter d’utiliser les termes « Image fidèle » ou
« Présentent sincèrement, dans tous leurs aspects significatifs » pour formuler son opinion sur les
états financiers.
e) Les missions d’examen d’informations financières prévisionnelles :
Selon la norme ISA 810, ce sont les informations financières prévisionnelles qui sont
examinées et non pas des informations exprimées en des termes généraux.

Dans le cadre de cette mission, l’auditeur doit assembler des éléments probants lui permettant de
vérifier si :
a. Les hypothèses formulées par la direction sont logiques et qu’elles sont cohérentes avec
l’objectif à atteindre ;
b. Les informations financières prévisionnelles sont établies sur la base des hypothèses
considérées ;
c. Les informations financières prévisionnelles significatives sont mentionnées correctement en
annexes et si les hypothèses sont plausibles ou théoriques.
d. Les informations financières prévisionnelles sont établies sur la base des états financiers
historiques. Ces informations peuvent être des prévisions, ou projections ou les deux à la fois.
Par exemple une prévision sur un an avec une projection sur cinq ans ou dix ans.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 16


Section 4 : Le risque d’audit et la matérialité

Lorsqu’il exprime son opinion sur les états financiers, l’auditeur encourt le risque que ses
objectifs ne soient pas atteints totalement ou partiellement. L’auditeur court le risque relatif à une
opinion exprimée de façon erronée par rapport à ce que reflètent les états financiers.
Ce risque peut être dû soit à la conception des comptes de l’entreprise soit à l’auditeur lui-même. Il
lui arrive parfois de ne pas pouvoir déceler certaines erreurs contenues dans les comptes annuels de
l’entreprise.
Dans certains cas, l’auditeur n’émet pas des réserves dans son rapport des états financiers
comportant des inexactitudes importantes non détectées.
1. Les composantes du risque d’audit :
a) Le risque inhérent (RI) :
Il se peut que certaines opérations comptables contiennent des erreurs importantes dues :
 A la nature complexe de l’activité ou du secteur d’activité de l’entreprise, exemple, cas d’une
société de trading / courtage, banque ou d’une société d’assurances ;
 A l’environnement de l’entreprise ou à la règlementation en vigueur. Exp : une entreprise
soumise à plusieurs réglementations fiscales nationales et internationales.
b) Le risque de contrôle (RC) :
Dans certaines situations les inexactitudes dans les différents comptes et opérations sont dues à
un contrôle interne inefficace et inefficient. Un système de contrôle interne défaillant ne permet pas
de détecter et prévenir en temps réel les insuffisances et les erreurs contenues dans les états
financiers. Un système de contrôle interne performant réduit les risques de ce contrôle.

c) Le risque de détection (RD) :


Ce type de risque est en fonction des procédures utilisées par l’auditeur pour révéler les
inexactitudes dans les opérations ou dans les soldes des comptes. Lorsque ces procédés de
vérification sont efficaces, le risque de détection diminue.
d) Le risque global (RG) :
Le niveau global du risque de la mission s’exprime par la formule :
Risque global = Risque inhérent x Risque de contrôle x Risque de détection
RG =RI *RC*RD
L’auditeur évalue le RI et le RC afin de déterminer le risque de détection pour réduire le RG et
le ramener à un seuil acceptable.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 17


Parce qu’une fois vous connaissez votre activité et le RI à votre activité, vous allez pouvoir
mettre en place un contrôle efficace, et pour mettre un contrôle efficace dans l’entreprise vous allez
pouvoir mettre l’ensemble des procédures efficaces pour réduire le risque de non détection de
certaines erreurs.
Donc le RD est exogène par rapport aux RI et RC, si on arrive à déterminer le RI et RC on peut
facilement déduire le RD et donc on pourra agir sur ces variables pour pouvoir réduire le RG de notre
mission d’audit.
La gestion du RG peut être représentée dans le tableau suivant selon une approche qualifiée
d’approche par les risques ou « Risk based »
Evaluation du risque Evaluation du risque de contrôle
Elevé Moyen Faible
inhérent
Elevé Maximum Elevé Moyen
Moyen Elevé Moyen Faible
Faible Moyen Faible Minimum

2. La matérialité en audit :
Etant donné sa mission, l’auditeur ne peut pas procéder à une vérification complète de toutes
les opérations réalisées par l’entreprise on dit qu’il ne peut pas faire ce qu’on appelle un « Full
audit ».

L’audit a pour but de donner une assurance raisonnable que les états financiers ne contiennent
pas des erreurs importantes pouvant avoir une incidence significative sur les résultats.

Dans la conduite de ses travaux, l’auditeur doit fixer un seuil de matérialité (ou de
signification) dans le cadre de sa mission.
En audit, le seuil de matérialité correspond au degré d’information que l’auditeur doit obtenir
en vue d’atteindre un niveau de confiance lié au fait que les états financiers ne contiennent pas
d’inexactitudes importantes.
Un seuil de matérialité est atteint lorsque l’importance d’une erreur ou omission dans une
information financière est telle qu’elle pourrait avoir pour effet probable l’influence du jugement
d’un utilisateur des états financiers ou la modification de sa décision.
- Le seuil de matérialité est évalué par l’auditeur à différents niveaux :
- Lorsqu’il détermine la nature de ses travaux d’audit et le calendrier de sa mission;
- Lorsqu’il évalue les effets des redressements identifiés sur les états financiers ;

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 18


- Lorsqu’il évalue le caractère approprié de la présentation des informations financières dans les
comptes.

Ce seuil de matérialité est défini par rapport à son effet sur les états financiers.
Critères d’établissement du seuil de matérialité :
L’établissement d’un seuil de signification est en fonction de deux sortes de critères :
quantitatifs et qualitatifs.
Critères quantitatifs :
Ces critères consistent à mesurer l’effet d’un élément par rapport à une base de référence.
Exemples de références :
 Résultat final ou intermédiaire (bénéfice net, bénéfice brut).
 Résultat moyen (bénéfice net moyen des trois exercices derniers).
 Un poste d’un état financier auquel l’élément est associé (chiffre d’affaires par exercice).
 Le solde du compte auquel l’élément appartient.
 L’effet de l’élément sur certains coefficients financiers (FR, bénéfice net par action).
Tout élément ou un ensemble d’éléments sont considérés comme significatifs :
 S’il modifie le résultat à ≥ 10%
 S’il modifie le montant du poste concerné à ≥ 10%.
Ces seuils peuvent être relevés ou abaissés en fonction des sommes en jeu.
Critères qualitatifs :
 Les caractéristiques de l’environnement économique de l’entreprise (contexte politique et socio-
économique).
Les caractéristiques de l’entreprise (nature des opérations, tendance des résultats).

Chapitre 3: La démarche de l’audit financier

Les auditeurs financiers doivent suivre une démarche dans laquelle ils doivent respecter une
méthodologie qui comprend les étapes essentielles de leurs travaux et techniques à mettre en œuvre
dans chacune de ces étapes. Ils doivent avoir une connaissance globale de l'entité auditée afin
d’orienter leurs missions et d’appréhender les domaines et systèmes significatifs. Dans le cadre d'un
audit légal, afin de certifier les comptes, l’audit comptable et financier doit respecter quatre phases
principales: Une phase préliminaire, évaluation du contrôle interne, contrôle direct des comptes,
travaux de fin de mission et rapport d'audit.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 19


1. La phase préliminaire :
Cette phase est très importante lorsqu’il s’agit d'une première mission d’audit, cette phase doit
être actualisée pour les prochaines missions afin de pouvoir tenir compte des changements opérant
dans l’entité et de son évolution.

Schéma de la phase préliminaire :

Diagnostic de l’audit

Prise de connaissance
générale

Note générale
d’orientation

Budget détaillé

Lettre de mission Planification

1) Acceptation de la mission d’audit :

Pour accepter une mission d’audit, un certain nombre de conditions doivent être satisfaits :

 La mission d’audit doit permettre à l’auditeur de conserver son indépendance ;


 Disposer des compétences nécessaires pour effectuer sa mission ;
 Disposer du personnel et du temps nécessaire pour faire l’audit ;
 Capable de mesurer les risques dans l'entreprise : Les faiblesses du contrôle interne, mauvaise
comptabilité, incompétence du personnel, conflits internes importants…;
 Prendre contact avec son prédécesseur afin de connaitre les raisons de non-renouvellement du
mandat de celui-ci.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 20


A ce niveau, l'auditeur procède à un diagnostic d'audit dans lequel il cherche à rassembler le
maximum d'informations dans un temps minimum pour savoir si sa mission est réalisable ? Avec quel
budget ? Et dans combinent de temps ?

A la l’issue (à la fin) de cette phase, l’auditeur rédige une lettre de mission qui est un document
dans lequel il précise les objectifs poursuivis, les zones de risque, les difficultés envisagées, durée,
mode de rémunération de la prestation, rapport remis.
Cette lettre de mission constitue la base de l’engagement de l’auditeur.

2) Prise de connaissance générale de l'entreprise :


Cette phase constitue le prolongement de la phase précédente dont l’auditeur cherche à
collecter les informations sur l'entreprise afin de pouvoir identifier les risques qui peuvent avoir une
incidence significative sur les comptes et conditionnent la planification initiale du contrôle et
l’orientation de sa mission.

L’auditeur doit être capable de classer les informations financières en fonction de leur origine :

 Données répétitives ;
 Données ponctuelles ;
 Données exceptionnelles.

Cela va lui permettre d’obtenir une compréhension suffisante des particularités de l’entité, de
son environnement et de son fonctionnement pour déterminer les risques généraux et identifier les
domaines et systèmes significatifs.

Les informations recherchées (à collecter) :

L’auditeur doit chercher les informations relatives aux domaines suivants :

Domaines et systèmes
Informations recherchées
significatifs
Nature de l’activité Informations relatives aux produits, clients, fournisseurs principaux,
volume de l’activité.
Secteur d’activité L’environnement économique de l’entreprise, place sur le marché,
concurrence, réglementation.
Structure de l’entreprise Implantations géographiques, actionnariat, activité de la filiale,
opérations intragroupes (cash pool)
Organisation générale Organigramme général et définition des principales fonctions

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 21


Politiques Politique commerciale, financière, sociale et perspective de
développement
Organisation L’existence des procédures, contrôle budgétaire, méthode de
administrative et traitement et de saisie des informations financières et analyse de
comptable données
Pratiques comptables La politique d’investissement et d’amortissement, évaluation des
stocks, politique en matière de provisions, méthode de consolidation
(Windows dressing)
Délais En matière de production de l’information financière et de gestion
Existence des contrôles Contrôle physique, rapprochement des comptes collectifs, la
internes fondamentaux périodicité des balances, séparation des fonctions.
Intervention d’un cabinet Nature des travaux effectués

Lors de la prise de connaissance générale de l’entreprise, l’auditeur ne cherche pas à fonder son
opinion mais de collecter le maximum d’informations, son but n’est pas de contrôler le bien fondé
des informations mais de les collecter tout en sachant qu’elles peuvent être cohérentes, les techniques
utilisées par l’auditeur relèvent essentiellement de l’entretien avec plusieurs interlocuteurs qui sont
susceptibles de mieux fournir une information appropriée, de l’analyse de la documentation interne et
externe et de la visite des locaux : l’examen analytique plus récent des données financières permet de
mieux révéler les tendances et de mieux faire une appréhension des domaines les plus significatifs.

Les moyens dont dispose l’auditeur sont les suivants :

 Relations directes avec les dirigeants auprès desquelles il recherchera les informations sur les
décisions qui peuvent avoir une incidence sur les comptes ;
 La prise en connaissance des comptes annuels, les comptes intermédiaires et documents
prévisionnels afin d’examiner la situation financière et la rentabilité de l’entreprise ;
 D’autres informations utiles qu’il peut recueillir auprès des tiers relatives aux opérations
effectuées avec la société (La circularisation) ;
 Les diverses publications internes ;
 Rapports des autres auditeurs internes et externes ;
 Les législations applicables à l’entreprise ;
 Rapport financier d’une entreprise similaire exerçant dans le même secteur ;
 Les publications des organismes professionnels,…
 Entretiens avec le personnel de l'entreprise :

Ces entretiens constituent une source privilégiée pour obtenir de l'information, ils sont effectués
avec le personnel de la direction et les autres responsables des différents services.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 22


En fonction des informations, l’auditeur peut décider à ce stade s’il doit s’adresser à un niveau
hiérarchique inférieur ou supérieur pour mieux comprendre les activités et les systèmes de
l’entreprise.

 Documentation interne et externe :

La documentation interne comprend l’ensemble des documents financiers qu’ils soient publiés
ou non et une variété d’autres documents comprenant par exemple les statuts, les manuels de
procédures et notes de service, les PV des organes d’administration et d’assemblées, les publications
internes telles que le journal d’entreprise, les contrats, le manuel comptable, le règlement intérieur, le
rapport des autres auditeurs internes et externes, contrôles fiscaux et sociaux, …

La documentation externe peut être obtenue grâce aux articles spécialisés dans l’activité de
l’entreprise (les statistiques, …) et informations financières publiées par les organismes
professionnels privés, consultation de banques de données (Exemples : Bankscope, Datastream,
Macrobond)

 La visite des locaux (lieux de production, de stockage, service administrative) :

Permet à l’auditeur d’avoir des informations concrètes sur les activités de l’entreprise et mieux
appréhender son organisation.

 Environnement informatique :

La prise de connaissance de cet environnement permet à l’auditeur de mesurer le niveau de


dépendance de l’activité de l’entreprise à l’outil informatique et le degré d’automatisation des
traitements de données à incidence comptable.

Cette prise de connaissance porte sur les domaines suivants :

 Le recensement des matériels et applications ;


 La compréhension générale des procédures et systèmes comptables informatisés ;
 La compréhension générale des procédures de contrôle de la fonction informatique.

Après la détermination de l’importance respective du contrôle manuel et informatisé, cet


examen préliminaire permet à l’auditeur de programmer des prochaines interventions portant sur
l’évaluation du contrôle interne de la fonction informatique et des évaluations des applications
informatisées, il permet aussi d’apprécier l’opportunité de :

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 23


 Faire appel à un spécialiste pour effectuer des tâches relatives à des environnements
informatiques complexes ;
 Prendre des dispositions en vue de l’utilisation des techniques de contrôle assisté par
ordinateur : Réservation des copies de fichiers par anticipation, planification de ce type
d’intervention.

Cette prise de connaissance devra être actualisée chaque année en vue de prendre en compte les
changements dus aux évolutions techniques, au développement des nouvelles applications et d’en
mesurer l’incidence sur l’orientation de la mission.

L’examen analytique est aussi une technique qui doit être largement utilisée lors de la prise de
connaissance générale de l’entreprise.

L’examen analytique :

Définition et objectif :

L’examen analytique est une technique permettant d’identifier les flux financiers, les variations
anormales et les tendances.

Au niveau des tendances par exemple, on a certains éléments soit au niveau de l’actif ou passif
soit au niveau du CPC. Au niveau du CPC pas
exemple on a acheté sur plusieurs mois mais au
cours d’un mois il n’y avait pas d’achats (donnée
manquante sur le mois), et donc lorsqu’on fait le
graphique on trouve un trou et donc ça nous
permet de se poser la question pourquoi il y a ce
manque d’informations. Ça permet également de
voir pourquoi les achats ont eu une certaine
tendance (baissière / haussière…).

Il consiste à :

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 24


 Faire des comparaisons entre les données des comptes annuels au niveau du même exercice et
des données antérieures, postérieures ou prévisionnelles de l’entreprise ou d’entreprises
similaires et établir des relations entre elles ;
 Analyser les fluctuations et tendances ;
 Analyser et étudier les éléments inhabituels résultant des comparaisons. Cela peut aider
l’auditeur à mieux connaitre l’entreprise, à identifier les domaines à risques potentiels et
contribuer ainsi à une meilleure planification de la mission d’audit.

Au niveau de cette phase de prise de connaissance de l’entité, l’auditeur cherche à


déterminer :

- La première année de sa mission, les différentes transactions qui ont ou peuvent avoir une
incidence sur les comptes en raison de leur poids relatif et / ou de leur nature. Cette analyse
préalable permet à l’auditeur de mieux planifier sa mission et déterminer la nature et
l’étendue de ses travaux pour chacun des éléments identifiés.
- Les années suivantes, les événements propres à chaque exercice qui permettent une mise à
jour de sa planification et une modification de son programme de travail [Création d’une
nouvelle ligne de produit, création d’une nouvelle entité géographique (Brownfield), mise en
place d’un nouveau système, fusion / acquisition (Greenfield) et tout ça relève des
Investissement direct à l'étranger (IDE)]

L’examen analytique des derniers comptes annuels disponibles, des budgets, des comptes
intermédiaires permet à l’auditeur de :

- Comprendre les interrelations existantes entre les différents éléments constitutifs des comptes
annuels et de révéler les variations qui peuvent montrer les modifications de structure ;
- De définir les ratios qui lui semblent intéressants pour comprendre l’évolution de l’entreprise
et de s’assurer que les éléments nécessaires à l’explication de leurs variations seront
disponibles. A ce niveau, l’auditeur peut utiliser les statistiques du secteur économique auquel
appartient l’entreprise : Cela va lui permettre de mieux comprendre les éléments qui servent
de mesure dans ce secteur et de situer l’entreprise considérée par rapport à ces rivaux.

Les techniques :

L’auditeur peut utiliser les techniques suivantes pour la prise de connaissance de l’entreprise :

1. Comparaisons des données absolues par rapport à :

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 25


1.1 Des périodes antérieures pour déterminer si l’évolution semble cohérente dans le contexte
économique de l’entreprise.
• Par exemple, on prend le CA et on analyse son évolution, si elle est baissière est ce que
cette tendance est à cause d’une mauvaise conjoncture économique de l’entreprise ou bien
elle est due à une erreur comptable (on n’a pas pris en considération certaines ventes)
• On peut dire qu’il y a un problème particulier au niveau de la période X (Zone hachurée)
parce que normalement il ne faut pas qu’il aie une chute brusque, et donc il se peut qu’on a
pas pris en considération certaines
ventes dans cette période.
• Plus de ça, si le CA n’est pas bien calculé il ne
peut pas servir comme étant un agrégat
pertinent pour le calcul du seuil de matérialité.

1.2 Au budget pour savoir si les objectifs fixés


ont été atteints ou obtenir les justifications des écarts.
1.3 Comparaison des données absolues par rapport à des données identiques dans des
entreprises du même secteur pour identifier les particularités de l’entreprise contrôlée.

2. Comparaison des données relatives (des ratios / rapports) :


Ces données relatives supposent l’existence d’une relation fixe entre une donnée et un élément
de référence, cette relation est généralement calculée sous forme de pourcentage.
Ces ratios peuvent être examinés :
• Seuls (Exemple : Ratios de structure financière)
• Ou par rapport à la période précédente, au budget, aux statistiques du secteur.

3. Analyse des tendances :


Les analyse des tendances consistent à procéder à des analyses généralement sur des longues
périodes pour essayer d’en tirer les règles précises sur les relations existantes entre les données
utilisées et de faire des prévisions sur le base de ces règles.
Exemple : Analyser la progression des ventes pour déterminer un taux de progression normal.
Ces analyses des tendances peuvent être effectuées par l’auditeur en utilisant des techniques
statistiques (moyennes mobiles, analyse de régression, …)

4. Utilisation de l’outil informatique :


Pour l’examen analytique, l’auditeur peut utiliser divers moyens informatisés notamment :
• Les tableurs sur ordinateur permettant de comparer les données pluriannuelles, de calculer les

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 26


ratios, de constater les tendances et de faire des extrapolations (calcul des moyennes, des écarts-
type, …).
• Les progiciels d’interrogation des fichiers. (Progiciel : Produit + Logiciel)
Un progiciel est une application informatique particulière pour gérer les fichiers d’une
entreprise ; Chaque entreprise a un progiciel qui lui est propre.

3) Identification des domaines et systèmes significatifs :


La prise de connaissance permet par le biais de l’examen analytique de mettre en évidence les
domaines et systèmes significatifs sur lequel l’auditeur devra orienter sa mission.

Exemple

Dans une entreprise industrielle et commerciale, les domaines et


systèmes significatifs sont composés de :

Pour une entreprise commercialePour une entreprise industrielleAchats


fournisseur
Ventes client
Trésorerie / RecetteL’ensemble des éléments évoqués dans l’entreprise
commerciale
+ Immobilisations
+ Personnel
+ PaieExemplesExemplesL’importance et les modalités de contrôle de la
fonction achats fournisseur seront différentes dans une filiale dont l’unique
source d’approvisionnement est la société mère et une entreprise indépendante
qui doit gérer ses différentes sources d’approvisionnement.
La gestion de la trésorerie peut être indépendante ou centralisée au sein d’un
même groupe.L’analyse du système de production ne sera pas le même selon
que l’on fait appel ou non à la sous-traitance.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 27


Pour apprécier l’aspect significatif des domaines et systèmes de l’entreprise, l’auditeur prend
en compte les notions d’importance relative et le seuil de signification.

Les domaines significatifs peuvent être classés en deux catégories :

 Les comptes significatifs en raison de leur montant et leur nature peuvent cacher des erreurs dont
le montant dépasse le seuil de signification. L’auditeur peut être amené à faire des vérifications
spécifiques en contrôlant le respect ou non des dispositions légales.
A priori, tous les comptes dont les montants sont importants sont significatifs : Les opérations
relatives à ces comptes doivent être examinées pour s’assurer s’ils étaient évalués et
comptabilisés correctement.
 D’autres comptes dont le solde est à première vue non significatif peuvent intéresser l’auditeur
dans le sens où ces comptes peuvent receler une des erreurs probables.
Exemples :
 Des comptes qui transitent des données de fortes valeurs ;
 Des comptes qui sont fortement affectés par des jugements subjectifs (Provisions pour
dépréciations des créances clients, risques et charges, …) ;
 Des comptes qui font appel à des techniques comptables complexes : Valorisation des
stocks dans une entreprise (LIFO) ayant un cycle de production long en termes de
processus ;
 Des comptes qui présentent des anomalies apparentes (Comptes présentant des variations
anormales par rapport à l’année précédente, on peut y avoir par exemple une caisse
créditrice).
Remarque : Comptablement on peut avoir une caisse créditrice dans une entreprise individuelle
par exemple où l’exploitant fait la confusion entre son argent personnel et l’argent de
l’entreprise, dans ce cas, on peut faire deux choses :
 Soit on essaye de trouver les justificatifs pourquoi on avait trouver une caisse créditrice et
quelles sont les erreurs (peut être c’est du à une manipulation comptable erronée)0 et on

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 28


fait la régularisation comptable soit on refait toute la comptabilité sinon elle perd sa force
probante ;
 Des comptes qui sont porteurs de risque (les comptes de clôture, les comptes qui sont
affectés par les changements de législation notamment la législation fiscale).

Plusieurs informations relatives aux comptes significatifs peuvent être obtenues grâce à
l’utilisation des logiciels permettant de mettre en évidence les variations anormales des comptes.

Les systèmes significatifs :

Tout système qui traite les données et peut avoir des incidences significatives sur les comptes
annuels est considéré comme système significatif.

Lorsque l’auditeur identifie les systèmes significatifs, il peut décider de voir quel système qui
doit faire l’objet d’une évaluation du contrôle interne ou d’un programme de contrôle spécifique, de
planifier, l’exécution des travaux et si possible de faire intervenir des spécialistes en cas par exemple
de traitement informatisé des données.

La mise en place d’un plan de mission :

Toutes les informations recueillies pendant la prise de connaissance générale de l’entreprise et


l’identification des domaines et systèmes significatifs doivent être synthétisées afin qu’elles soient
rapidement utilisables et plus particulièrement pour mettre en évidence les zones de risque qui ont été
déterminées et leurs effets sur la mission.

Le plan de mission a pour but de synthétiser l’information obtenue et formaliser les décisions
qui en ressortent sur l’orientation et la planification de la mission, plus tard ce document va être
employé comme étant une base de référence pour faciliter la prise de connaissance de l’entreprise
pour les prochaines missions.

L’auditeur doit donc entamer une organisation de sa mission par :

1. Le choix des collaborateurs en fonction de leurs compétences (expérience professionnelle, leur


connaissance de l’activité de l’entreprise) ;

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 29


2. Répartition des travaux au niveau de deux dimensions : dimension temporelle (date, durée de
visite), spatiale (l’auditeur essaye de voir s’il est possible de visite à plusieurs reprises les
succursales, les usines, …) ;
3. L’utilisation des travaux de l’expert-comptable et ceux des auditeurs internes ;
4. Travail en coordination avec les commissaires aux comptes des filiales ou de la maison mère ;
5. Faire appel à des spécialistes pour examiner certaines applications informatiques ou tout autre
domaine juridique, fiscal et technique ;
6. Dates de conseil et assemblée et délais d’émission de rapport ;
7. En fonction des informations réunies, l’auditeur pourra déterminer le budget de ses honoraires
en heure et en montant. L’estimation des heures nécessaires pour accomplir sa mission pourra
être changée. Lors de l’examen des systèmes comptables significatifs, il peut conclure que les
risques d’erreurs sont importants au point d’élargir la période de ses contrôles.

Le plan de mission permet de formaliser les décisions prises sur :

- Les travaux à entreprendre ;


- Les moyens à mettre en œuvre ;
- Les dates d’intervention ;
- Les rapports effectués ;
- Les heures et les coûts à engager ;

Le plan de mission permet une connaissance facile et rapide des particularités de l’entreprise et
de la mission. Il doit contenir les informations suivantes :

1. Les informations sur l’entreprise : Dénomination sociale, coordonnées, structure générale,


nature de l’activité, …
2. Les informations au niveau des comptes : Organisation et politique comptable, les comptes
prévisionnels, comparaison pluriannuelle du bilan et du CPC, date de clôture de chaque
exercice, …
3. Systèmes et domaines significatifs : Détermination de seuil de signification, identifier les
fonctions et les comptes significatifs, présentation des zones à risques, identification des points
forts de systèmes et la sensibilité des dirigeants à l’environnement du contrôle interne.
4. Informations au niveau de la mission :
4.1. Nature de la mission, certification des comptes annuels, des comptes consolidés,
attestation ou rapport annuel à émettre et quelques aspects particuliers concernant les
sociétés cotées en bourse.
4.2. Les axes principaux des travaux de contrôle :
a. Documents à obtenir ;
b. Les fonctions à évaluer ;
c. Dates d’intervention physique ;
d. Confirmation à obtenir ;
e. Intervention des spécialistes ;

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 30


4.3. Délai d’émission des rapports et attestations
4.4. L’organisation de la mission :
a. Niveau des intervenants et constitution de l’équipe d’audit ;
b. L’utilisation des travaux et rapports des autres auditeurs internes et externes ;
5. Au niveau du budget : Par nature des travaux :
a. Déterminer les heures nécessaires ;
b. calcul des couts estimés en fonction de l’expérience des intervenants.

Chapitre 4 : Audit financier et contrôle interne

Après avoir pris connaissance globale de l’entreprise et recueilli l’ensemble des informations,
l’auditeur va essayer de comprendre comment les données sont générées par les systèmes
d’information, cela va permettre à l’auditeur d’identifier les contrôles pertinents mis en place par
l’entreprise. Cette appréciation du contrôle interne va permettre à l’auditeur d’évaluer pertinemment
les risques liés à la conception et au fonctionnement des systèmes par lesquels sont traitées les
données répétitives.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 31


Ces opérations sont représentées par un nombre important de comptes annuels, ce contrôle
interne est constitué par une panoplie de mesures de contrôle comptable ou autres que la direction de
l’entreprise met en œuvre afin de protéger le patrimoine de l’entreprise et d’assurer la fiabilité des
enregistrements comptables et ces comptes annuels, cela implique que le contrôle interne est plus
préventif que répressif, le contrôle interne est vu comme étant un instrument de maitrise d’une part et
d’autre part comme un ensemble de moyens mis en place et qui font partie intégrante de l’entreprise.
Dans l’ensemble, les objectifs du contrôle interne sont :

 La protection et la sauvegarde du patrimoine de l’entreprise et la prévention contre la fraude ;


 La conformité par rapport aux règlements et lois applicables ;
 Le respect continuel et constant des règlements et instructions établis par la direction ;
 La communication rapide des documents comptables et financiers ;
 Le développement de la rigueur et l’amélioration de la performance ;

En fonction de ces différents objectifs, le contrôle interne a deux aspects selon qu’il a ou non une
incidence directe sur les comptes produits par l’entreprise.

1) Le contrôle interne ayant une incidence sur les comptes :

1.1. La protection du patrimoine et ressources :


Il arrive parfois que le patrimoine de l’entreprise et ses ressources sont mal protégés pour
différentes causes. De ce fait, un risque lié à des pertes d’informations n’est pas à sous-estimer.
Souvent, ces pertes de données ne sont reflétées dans les comptes annuels, c’est dans ce sens que le
contrôle interne est primordial pour l’auditeur. La protection du patrimoine de l’entreprise concerne :

 La protection physique des biens et les moyens mis en œuvre pour assurer cette protection (la
procédure de suivi des encaissements et décaissements contre le double paiement) ;
 La protection contre les risques environnementaux et s’assurer qu’il existe des assurances
adaptées à ce genre de risque ;
 La protection contre les risques de fraude et manipulation frauduleuse des documents.

Le contrôle interne n’est jamais perfectible à 100 % mais il peut rendre les fraudes plus
difficiles, de les déceler et d’y remédier.

1.2. La régularité et la sincérité des informations :

En vue d’assurer la régularité et la sincérité des informations des opérations comptables, le


contrôle interne vérifie que :

 Les documents nécessaires (documents financiers, fiscaux, …) sont établis dans les délais et en
respect de la manière dont ces documents sont produits.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 32


 Les informations nécessaires à la prise de décision ayant les mêmes caractéristiques.

Nous pouvons répartir ces différents contrôles internes en cinq catégories :

 Autorisation : Ces contrôles permettent de s’assurer que les décisions émanent par la
direction générale au niveau supérieur et donc limiter les risques d’opérations injustifiées.
Exemple : Ne pas accepter la commande d’un client qui était déjà identifié comme mauvais
payeur ;
 Réalité : L’objectif de ce contrôle permet d’éviter tous les risques liés à des enregistrements
fictifs ou des opérations qui ne concernent pas l’entreprise ;
 Exhaustivité : Ces contrôles permettent de vérifier que toutes ces opérations ont été
totalement enregistrées. Exemple : Toutes les expéditions client ont été facturées et toutes les
factures ont été correctement comptabilisées ;
 Evaluation correcte : Ces contrôles permettent de s’assurer que toutes les opérations ont été
comptabilisées en bonnes valeurs et en conformité avec les principes comptables et à la date
de clôture de l’exercice comptable.
Exemple : Les opérations en devise sont comptabilisées au taux du jour de leur réalisation et
les soldes en devise sont ajustés à la clôture (constater des écarts de convention) ;
 La comptabilité juste et correcte des opérations : C.à.d. s’assurer que l’enregistrement des
opérations se fait dans les comptes bien précis et que la tenue des bilans et CPC se fait de
manière à respecter les principes de comptabilisation. A ce niveau, l’informatique joue un rôle
très important.

Le contrôle sans incidence directe sur les comptes :
2.1. Application correcte des décisions de la direction de l’entreprise :

Pour que les tâches soient exécutées de manière correcte dans l’entité, l’auditeur doit s’assurer
que :

 La transmission correcte des instructions de la direction à tous les membres de l’entreprise ;


 Une diffusion des informations claire à leurs destinataires afin d’éviter tout risque lié à
l’asymétrie d’information ;
 Application des procédures des comptes rendus d’exécution ;
 Une adéquation entre les moyens mis en œuvre pour appliquer les instructions et la nature des
instructions données.

2.2. Amélioration des performances :

Dans l’organisation, des mesures peuvent être prises en compte à tous les niveaux permettant
d’améliorer le rapport coût / efficacité des différentes opérations.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 33


Plusieurs formes de contrôle peuvent être distinguées :

 Analyse statistique ;
 Tableau de bord ;
 Contrôle de la qualité d’information.

D’autres types de contrôle peuvent être faits et cela dépend des caractéristiques de chaque
organisation.

Les composantes du contrôle interne :

Nous pouvons classer les éléments constitutifs du contrôle interne dans les catégories
suivantes :

 Le système d’organisation ;
 Le système de documentation et d’information ;
 Le système de preuve ;
 Les moyens matériels de protection ;
 Le personnel ;
 Le système de supervision.

1. Le système d’organisation :
a. Définition des responsabilités des membres de l’entreprise :
Ces responsabilités et les différents pouvoirs attribués à chaque membre de l’entreprise doivent
être bien déterminés par un organigramme faisant apparaitre les différentes fonctions et le nom
de leur responsable. Après chaque changement d’affectation des fonctions, l’organigramme est
mis à jour pour tenir en compte ces modifications surtout dans les entreprises de grande taille
où ces changements sont souvent fréquents. En outre, l’organigramme doit être connu par tous
les membres de l’entreprise.

b. Séparation des tâches et des fonctions :


La conception des tâches et fonctions doit être faite de manière à faciliter le contrôle de leur
exécution. A ce niveau, il faut éviter les erreurs commises et la possibilité de les cacher.
La séparation des fonctions doit permettre de distinguer :
 L’opérationnel : Tous les services et les activités nécessaires à l’exploitation. Exemple :
Service commercial, achat, production, publicité, production, …
 Et tout ce qui est : Protection ou conservation : C.à.d. tous les services qui détiennent les
biens de l’entreprise et assurent la protection de ces biens (magasinier, caissier, …) ;
 L’enregistrement : Cette fonction est un élément fondamental du contrôle interne, elle
comporte :
- La comptabilité générale, auxiliaire et analytique ;

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 34


- La préparation de budget ;
- La paie ;
- Statistique ;
- La centralisation des informations utiles à la prise des décisions.
c. La description des fonctions :
A chaque niveau d’exécution des différentes fonctions, il convient de préciser :
 L’origine des informations à traiter ;
 La manière de traiter ces informations ;
 La périodicité du traitement ;
 Les destinataires.

Il est recommandé à ce que ces descriptions soient décrites de manière à éviter les différentes
erreurs de compréhension, et toute erreur qui peut se produire par négligence ou excès de zèle.
Cette description écrite aide à percevoir les changements, les remplacements du personnel
(Exemple : Mutation, départ, maladie, vacances, congés, …).

d. Le système d’autorisation :
La mise en œuvre dans une entreprise d’une procédure permettant de lister les personnes
pouvant engager l’entreprise doit être mise à la disposition des personnes chargées des
enregistrements et des opérations ; Ces personnes doivent d’assurer que ces opérations ont été
approuvées de manière correcte. Pour les opérations régulières, cette procédure ne peut
qu’alourdir l’exécution des tâches.
2. Système de documentation et d’information :
a. Les procédures écrites :
Les procédures écrites doivent indiquer :
 Les modalités de circulation, de traitement et de classement des informations
financières ;
 Les méthodes d’enregistrement ;
 La périodicité des analyses et des synthèses d’ordre financier ou opérationnel ;
 Les contrôles permettant d’éviter les déviations liées à la négligence.

Ces procédures doivent permettre à tout instant d’aller vers l’origine de l’information et de la
retrouver dans les documents de synthèse.

b. Les supports d’information et autres documents :


Pour garantir l’exhaustivité et l’exactitude des informations, il faut qu’il y ait des
documents qui servent comme support. Ces documents doivent être :
 Imprimés selon un format facilitant leur utilisation et leur classement ;
 Prévoir un emplacement pour matérialiser les contrôles nécessaires à leur
enregistrement (autorisation, comparaison, vérification et approbation) ;
 Pré-numérotés afin de faciliter leur exploitation et leur enregistrement.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 35


c. Rapport financier ou de gestion :
Toutes les opérations traitées par l’entreprise doivent être synthétisées afin de permettre leur
utilisation pour la prise de décision et par les tiers. En cas d’existence des normes en
matière de tenue du rapport financier, il convient de les compléter au niveau :
 De la situation financière ;
 Des résultats des opérations ;
 Du contrôle des crédits ;
 Des stocks et encours.

Ces rapports doivent être :

 Préparés rapidement et à date fixe ;


 Pertinents (adaptés au besoin) ;
 Utiles (trop d’informations est aussi nuisible qu’une information insuffisante) ;
 Objectifs (qu’il y a des règles connus des utilisateurs) ;
 Vérifiables ;
 Simples ;
 Diffusés aux intéressés dont la liste a été préétablie.

Ces rapports doivent revêtir un double aspect rétrospectif et prospectif (prévision à CT et à


LT).

d. Le manuel de procédures :
L’ensemble des procédures doivent être réunis dans un manuel afin d’en faciliter la
consultation par les personnes chargées à les appliquer.
Le manuel de procédures est un document qui décrit ces procédures et l’organisation
comptable.
3. Système de preuve:
Ce système doit permettre d’obtenir une assurance que :
 Seules les transactions régulières et appropriées sont autorisées, engagées, exécutées
et enregistrées ;
 Toutes les transactions respectant ces critères sont prises en compte.
a. Organisation de la comptabilité :

La comptabilité doit être organisée de manière à fournir les preuves de validité des opérations
enregistrées :

 Les comptes généraux pour toutes les catégories d’actif ;


 Les contrôles réguliers et physiques et rapprochement régulier des comptes.
b. Les moyens informatiques :
Le système de traitement des informations doit être conçu d’une manière rigoureuse afin
d’assurer une meilleure production de ces informations. Il est à noter que quelque soit la

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 36


fiabilité du matériel, l’outil informatique n’exécute jamais que ce que pour quoi il a été
prévu.
c. La pré-numérotation des documents et contrôles :
Les documents numérotés est le meilleur moyen pour faciliter leur utilisation et leur
enregistrement. Les contrôles automatisés ou non doivent permettre la détection des
failles au niveau des séquences.
d. Contrôles des totaux :
L’addition des données chiffrées existantes dans les documents permet de vérifier que tout
a été correctement traité.
e. Les rapprochements entre deux chiffres obtenus, ou entre un chiffre et sa source est l’un
des contrôles efficaces pour détecter les différentes erreurs qui auraient pu se produire
malgré les sécurités et le contrôle préalable au traitement.
Exemple : Rapprochement entre balance auxiliaire et le compte général résultant d’une
consolidation.
f. La documentation des contrôles :
Les différentes anomalies antérieurs doivent être décrites dans un document autrement ces
erreurs pourraient facilement se reproduire soit par :
 Omission de contrôle prévu par la procédure ;
 Duplication des contrôles ;
 Omission d’enregistrement des opérations.
En cas de détection des anomalies, il convient de savoir soit elle est due à l’absence du
contrôle soit au mauvais fonctionnement du contrôle, parfois il est compliqué de prendre
les mesures visant à éviter la reproduction des erreurs.
g. Le classement des documents :
L’existence d’un système de classement des documents doit permettre de faciliter la
recherche des opérations et leur justification. Il est à noter que l’entreprise doit conserver
les documents comptables pendant une période bien déterminée selon les dispositions
légales en vigueur.
4. Les moyens matériels de protection :
Il s’agit par exemple des barrières, des murs, des chambres fortes, accès protégé par un
système de badge, mot de passe, … qui sont des éléments essentiels de protection contre toute
sorte de vole, perte ou braquage. A coté de ces moyens, il y en a d’autres qui empêchent
l’accès à certaines informations (logiciels, fichiers informatisés, …), les risques de perte et de
vol ne sont généralement révélés qu’au cours d’inventaire physique.
5.
6. Le personnel :
Tout système qui n’est pas doté d’un capital humain qualifié n’est pas pérenne. Un contrôle
interne n’est fiable que s’il est doté de la qualité des personnes qui le font fonctionner et qu’il

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 37


y a des mesures pour garantir cette qualité.
Parmi ces mesures :
 Procédures de recrutement ;
 Ne pas omettre de consulter le casier judiciaire du caissier par exemple ;
 Niveau de fonction initiale et formation continue s’il y en a ; Exemple : Formation aux
procédures internes et au changement de ces dernières.
7. La supervision :
Étant donné qu’aucun système ne peut s’autocontrôler, cela veut dire qu’une procédure de
supervision est nécessaire, elle permet de s’assurer que :
 Les contrôles fonctionnent de façon régulière et sans anomalies ;
 Les contrôles sont adaptés au besoin ;
 Il n’y a pas de nécessité de modifier les procédures de contrôle.

Selon la taille de l’entreprise, la supervision peut être assurée dans l’entreprise par :

 Le chef de service dans la majorité des entreprises ;


 Le service de contrôle de gestion et d’audit dans les grandes entreprises ;
 le chef d’entreprise lui-même quand il s’agit d’une petite entreprise.

Chapitre 5 : Le calcul des seuils

Exemple de fourchette en fonction du


Exemples critères pertinents (NEP 320)
risque d’audit
CA 1% à 3%
Résultat net 3% à 7%
Résultat courant avant impôt 3% à 7%
Capitaux propres 3% à 5%
Endettement net 1% à 2%
Taux proposés par la matrice PEV3 (Petites Entreprises Version 3)

Il existe deux types de seuil :

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 38


- Le seuil de signification (de matérialité) ;
- Le seuil de planification.

1) Seuil de signification / matérialité :


- Objectif :

Son objectif est de déterminer le seuil au-delà duquel des anomalies sont jugées d’une
importance telle qu’elles sont susceptibles d’influencer le jugement de l’utilisateur se basant sur les
comptes. Le but est donc de déterminer le seuil de travail de l’auditeur.

- Contexte de son utilisation :

L’auditeur doit obtenir une assurance raisonnable que les comptes ne présentent pas
d’anomalies significatives. Le seuil de matérialité permet de donner un cadre de référence pour
apprécier le caractère matériel des anomalies et aussi de déterminer les seuils d’investigation pour la
réalisation des procédures d’audit.

- Étapes d’utilisation du seuil de matérialité :


 1ère étape : On sélectionne l’agrégat pertinent, au cas d’espèce en tenant en considération les
attentes des utilisateurs des états financiers et au regard des caractéristiques propres à
l’entreprise : le secteur d’activité, la nature de l’activité, résultat positif ou négatif, la croissance
de son CA, le niveau des capitaux propres, la structure d’endettement, la fluctuation des résultats
d’une année à autre, les éléments exceptionnels inclus dans les résultats etc.
 2ème étape : En fonction du risque d’audit, on détermine le pourcentage à retenir dans la
fourchette, ce dernier pouvant être proche de la fourchette haute, par exemple en cas :
- De présence de peu d’actionnaires,
- D’absence de dettes ou d’actions cotées sur le marché financier,
- D’absence de volonté de s’introduire en bourse à court terme ou de lever des fonds.
 3ème étape : A partir du seuil de matérialité obtenu, on établit un seuil de planification et
d’investigation.

Le calcul du seuil de matérialité fait appel au jugement professionnel de l’auditeur, il est


souvent déterminé en amont de la clôture de l’exercice pour permettre d’appréhender au mieux la
sélection des circularisations, la réalisation de travaux de pré-final et de définir les seuils
d’investigation nécessaires au test de détail.

L’auditeur doit toujours mettre à jour le seuil de matérialité en regard des comptes définitifs, il
doit aussi s’assurer qu’en cas de modification du seuil, les travaux réalisés au cours de l’audit sont

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 39


suffisants. Compte tenu de son impact sur l’étendue des travaux, le seuil de matérialité préliminaire
doit être validé en même temps que le plan de mission par l’associé signataire de l’opinion d’audit.

- Le choix de l’agrégat pertinent :

 Cas des agrégats négatifs ou à forte volatilité : (1ère étape)

En cas d’agrégat tel que le résultat courant, l’auditeur doit d’interroger sur la pertinence de
calculer son seuil sur ce critère. Compte tenu des évaluations erratiques de ce critère, l’auditeur peut
estimer qu’il est plus pertinent de choisir un autre critère pour son audit. Il en est de même en cas
d’agrégats connaissant des fluctuations économiques d’une année à l’autre. En effet, le risque d’audit
n’évolue pas forcément de la même manière. Ainsi réduire ou augmenter le seuil de matérialité peut
ne pas être approprié dans certaines situations.

 La réévaluation du seuil de matérialité :

Comme en l’avait dit précédemment, le calcul du seuil de matérialité préliminaire intervient le


plus souvent en amant de la clôture de l’exercice. Par ailleurs, fixer son niveau ou sont montant doit
être considéré comme relatif. En effet, l’auditeur tout au long de sa mission doit se poser la question
de son caractère approprié et ne doit pas hésiter à le réévaluer au cours du temps en fonction des
informations dont il dispose, par exemple en cas de changement d’actionnariat : des problèmes
informatiques importants, des risques accrus en matière de continuité d’exploitation etc., l’auditeur
devra envisager de faire augmenter ou non le seuil de matérialité.

2) Seuil de planification :

Il est défini par la NEP 450, c’est la norme d’exercice professionnel relative à l’évaluation des
anomalies relevées au cours de l’audit comme étant le seuil d’un montant inférieur au seuil de
signification utilisé par le CAC pour définir la nature et l’étendue de ses travaux.

Le seuil de planification est fixé à un montant tel qu’il permet de réduire à un niveau acceptable
le risque que le montant des anomalies relevées non corrigées et des anomalies non détectées excède
le seuil de matérialité. Le seuil de non détection des anomalies ne doit pas excéder le seuil de
matérialité,

Cet écart devra être plus important dans les sociétés pour lesquelles historiquement de
nombreux ajustements ont été relevés au cours des 10 derniers exercices.

Quelques exemples sectoriels :

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 40


Dans certains secteurs d’activité, il est pertinent de choisir un agrégat adapté au secteur
d’activité de l’entreprise. Dans les sociétés de Biotech, de R&D, ou startups, le montant des dépenses
ou des frais de R&D peut être le critère pertinent en l’absence de revenu et compte tenu de l’attention
particulière accordée par les lecteurs des états financiers sur ces agrégats.

Par exemple :

 Société de Trading : Son critère pertinent est le bénéfice par action


 Société commerciale : CA
 Collectivité locale : les dépenses

L’auditeur devra ensuite déterminer le pourcentage de ce critère à retenir ; par exemple dans le
domaine de la grande distribution retenir la marge bénéficiaire peut être également un critère
pertinent.

Cas pratique :

Un auditeur débutant se voit confier par son chef de mission la détermination préliminaire du
seuil de matérialité dans une société industrielle clôturant le 31/12/N. La société est mature et
présente des résultats opérationnels très dégradés par rapport aux exercices précédents. Par entretien
avec la direction, l’auditeur comprend que cette situation s’explique par des pertes sur créances
devenues irrécouvrables, plusieurs licenciements et quelques problèmes de qualité sur les produits
vendus. La direction estime que ces éléments sont ponctuels. La société commercialise des machines-
outils de forte valeur de 400 KDh / unité sur un marché très concurrentiel et pour lequel les délais de
concrétisation des ventes peuvent être très longs et complexes.

En N, les principaux agrégats financiers sont :

- Un CA de 15 000 000 de DH sur la période en légère hausse ;


- Résultat courant avant impôt négatif de 25 KDH, contre un résultat courant avant impôt positif
de 550 KDH en N-1 ;
- Un résultat net négatif de 150 KDH contre un résultat net positif de 590 en N-1 ;
- Capitaux propres de 2 000 000 DH.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 41


T.A.F : A partir de ces éléments, calculer le seuil de matérialité et le seuil de planification.

Taux retenu (En


fonction du
Critères Le montant
Taux indicatifs La base (KDH) jugement
pertinents calculé (KDH)
professionnel de
l’auditeur)
CA 1% à 3% 15 000 2% 300
KP 3% à 5% 2 000 3% 60

Le résultat courant avant impôt et le résultat net sont négatifs. Le critère « CA » a été préféré au
critère « capitaux propres » en raison de l’attention particulière portée par la direction et les
actionnaires sur le niveau des ventes.

Remarques :

 On ne retient jamais les critères négatifs ;


 Pour les capitaux propres, il n’y a pas un risque élevé (changement ou augmentation de
capital,…) et donc on prend la fourchette basse ;
 Pour le CA, le risque est moyen car le risque que « les dettes sur créances devenues
irrécouvrables peut arriver » arrive à tout le monde et donc on prend 2%.

Réponse :

1. Détermination du seuil de matérialité : Puisqu’au niveau du CA, on a des créances devenues


irrécouvrables, le seuil de signification est de 300 KDH.
Si par exemple les deux critères sont importants et les deux comportent des risques on retient le
plus élevé.
2. Détermination du seuil de planification : Compte tenu de l’historique des erreurs identifiées au
cours des exercices précédents, le seuil de planification a été déterminé à
50 % du seuil de matérialité, donc SP = 150 KDH.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 42


Chapitre 6 : La circularisation ou la confirmation directe

La circularisation permet d’obtenir la confirmation d’une information relative à l’entité auditée


par un tiers indépendant, c.à.d. que dans le cadre de la circularisation, l’auditeur est susceptible
d’écrire à différents tiers par exemple les banques, les fournisseurs, les clients, les avocats…ou tout
autre tiers susceptible de détenir une information importante sur l’entité.

1) Les étapes de la circularisation :


 Etape1 : On sélectionne les tiers à circulariser sur la base des critères adaptés en fonction de
l’objectif recherché.
 Etape 2 : La communication de cette liste à l’entreprise qui prépare et signe les courriers puis les
communique à l’auditeur.
 Etape 3 : L’envoi des courriers par l’auditeur en joignant une enveloppe à son adresse pour
obtenir la réponse directement.
 Etape 4 : Le suivi des retours et la mise en place de relance (si cela est nécessaire).
 Etape 5 : L’exploitation des réponses reçues (la comparaison de la réponse avec la comptabilité)
 Etape 6 : La mise en œuvre des travaux alternatifs

Les sociétés auditées proposent parfois d’envoyer elle-même les courriers aux tiers. Même s’il
s’agit ici d’un gain de temps, il risque de fragiliser la position de l’auditeur car ce dernier ne sera pas
rassuré que les envois ont été réalisés, il est donc important que cette tâche soit menée par l’auditeur.
De même, il est essentiel que les réponses soient adressées directement à l’auditeur par les tiers afin
que la société auditée ne puisse pas les perdre ou les modifier.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 43


L’auditeur doit toujours garder une liberté de choix dans la sélection des tiers et ne la partage
pas avec l’entreprise qu’une fois l’échantillon constitué.

Le taux de réponse aux circularisations est variable et il est plus important quand l’audita lieu
quelques mois après la clôture de l’exercice.

Il est utile de prévoir dès la phase des préparations des lettres un second courrier de relance qui
sera envoyé deux à trois semaines avant l’audit.

Si quelques jours avant l’audit le nombre de réponses est faible, il peut être efficace de faire des
relances par fax.

2) Différents cas de circularisation

La circularisation des clients :

L’objectif de cette circularisation est de valider l’existence et la correcte valorisation des


créances clients en comptabilité. L’auditeur doit demander à une sélection des clients de confirmer le
montant de la créance figurant à l’actif à la clôture, il construira son échantillon à partir d’une
balance auxiliaire client à la date de clôture en se basant sur son seuil de planification.

La circularisation des clients est dite « fermée » : La société communique à ses clients les
montants des créances détenues à charge pour ces derniers de les confirmer ou de produire une
édition d’un compte fournisseur afin de comprendre les écarts. A noter que si l’auditeur intervient
plusieurs mois après la clôture, il peut être plus pertinent pour lui de ne pas procéder à cette
circularisation mais de vérifier l’apurement des créances sur la période comprise entre la date de
clôture et son intervention.

La circularisation des fournisseurs :

L’objectif est de s’assurer de l’exhaustivité de la dette à la clôture. L’auditeur doit demander à


une sélection des fournisseurs de communiquer le montant de leurs créances à la clôture vis-à-vis de
l’entité auditée.

Il construira son échantillon à partir d’une balance auxiliaire fournisseur sur la base des
mouvements créditeurs cumulés sur l’exercice (sélection des fournisseurs dont les mouvements sont

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 44


les plus significatifs). Cela peut être fait dans les semaines précédant la clôture sur la base d’une
balance récente.

La circularisation des fournisseurs est dite « ouverte » c.à.d. que la société ne communique pas
le montant de sa dette à ses fournisseurs mais elle leur demande de communiquer le montant de leur
créance.

En l’absence des réponses, les procédures alternatives ne permettent pas d’apporter un niveau
d’assurance aussi élevé que celui de la circularisation, il s’agit principalement des tests de Cut off et
de la revue subséquente des décaissements.

La circularisation des banques et avocats :

On fait une sélection exhaustive sur la base :

- Des comptes bancaires présentés dans la balance générale pour les banques ;
- D’une extraction du compte honoraire avec la direction de la DADS2.

Pour les avocats, l’objectif est de s’assurer que la liste des litiges en cours à la date de clôture
est exhaustive et que l’appréciation du risque par le client parait acceptable.

Pour les banques, le but est d’obtenir les confirmations des principales positions et
engagements bancaires (les soldes des comptes bancaires et des emprunts, cautions, gage ou toute
autre sureté, montant des effets escomptés non échus).

La circularisation des autres tiers :

La sélection d’autres tiers se fait au cas par cas, par exemple : factor lorsque l’entreprise
pratique l’affacturage, une administration, un conseiller en propriété intellectuelle pour valider un
portefeuille de brevets, une compagnie d’assurance pour une indemnité à recevoir.

Balance auxiliaire fournisseurs


N° de compte Libellé Solde le 31/12/N X-Réf
4013818 M. DINE 4 000 Réf de la facture
402887 Société Label 5 000

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 45


Réponses reçues Procédures Conclusion
alternatives
Conformes Non Ecart X-Réf
conformes
4 000 OK
8 000 - 3 000 Ok
Le règlement par chèque
au fournisseur (facture de
3 000 comptabilisée en
facture non payée).

3) Modèle de lettre de circularisation :


Oujda, le ………

Adresse de la société Adresse de la société


fournisseur client

Messieurs,

A la demande de M. DINE Directeur du cabinet X et CAC de notre société, nous vous


adressons ci-joint le relevé de votre compte dans nos livres arrêtés le 09 mai 2016.

A cette date, la position de votre compte dans nos livres était la suivante :

- Solde : 25 000 MAD


- Effets acceptés à notre ordre et non échus : 4 000 MAD
= Total : 29 000 MAD
Nous vous serions reconnaissants de retourner directement à l’aide de l’enveloppe timbrée ci-
jointe à M. DINE la présente lettre après l’avoir signé pour accord ou éventuellement après y avoir fait
indiquer vos observations.

Nous tenons à préciser que la présente demande a uniquement pour objectif le contrôle de nos
comptes dans le cadre de l’accomplissement normal de sa mission par notre CAC. Il ne s’agit pas d’une
demande de règlement.

Avec nos remerciements anticipés, nous vous prions d’agréer messieurs l’expression de nos
sentiments distingués
Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 46 Signature

Directeur financier
Modèle de rapport d’audit :

Audit légal :

Aux actionnaires de la
société X

Rapport général du CAC

Conformément à la mission qui nous a été confié par votre assemblée générale du 9 mai
2016,nous avons effectué l’audit des états de synthèse ci-joint de la société, comprenant le bilan,
le CPC, l’état des soldes de gestion, le tableau de financement et l’ETIC relatifs à l’exercice clos
le31 décembre 2015. Ces états de synthèse font ressortir un montant de capitaux propres et
assimilés de 12 MMAD dont un bénéfice net (perte nette) de 500 000 MAD.
Responsabilité de la direction :
La direction est responsable de l’établissement et de la présentation sincère de ces états de
synthèse, conformément au référentiel comptable admis au Maroc, cette responsabilité comprend
la conception, la mise en place et le suivi d’un contrôle interne relatif à l’établissement et la
présentation des états de synthèse ne comportant pas d’anomalies significatives, ainsi que la
détermination d’estimations comptables raisonnables au regard des circonstances.
La responsabilité de l’auditeur :

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 47


Notre responsabilité est d’exprimer une opinion sur ces états de synthèse sur la base de
notre audit. Nous avons effectué notre audit sur la base des normes de la profession au Maroc. Ces
normes requièrent de notre part de nous conformer aux règles d’éthique, de planifier et de réaliser
l’audit pour obtenir une assurance raisonnable que les états de synthèse ne comportent pas
d’anomalies significatives.
Nous estimons que les éléments probants recueillis sont suffisants et appropriés pour fonder
notre opinion sur les états de synthèse.
Opinion sur les états de synthèse :
Cas d’une certification sans réserve :
Nous certifions que les états de synthèse cités au premier paragraphe ci-dessus sont
réguliers et sincères et donnent dans tous leurs aspects significatifs une image fidèle du résultat
des opérations de l’exercice écoulé ainsi que de la situation financière et du patrimoine de la
société au 31 décembre 2015 conformément au référentiel comptable admis au Maroc.

Cas d’une certification avec réserve :


Dans cette partie, on doit faire un exposé succinct mais pertinent et continu des réserves, on
va commencer par mettre les réserves par paragraphe, on place d’abord les réserves constituant
une incertitude, autrement dit, on cite d’abord l’ensemble des réserves en commençant par les
réserves non chiffrées en premier lieu puis les réserves chiffrées en précisant l’impact effectif de
chaque réserve sur le résultat net de la société et sur les capitaux propres et assimilés de la société.
Sous réserve de l’incidence des situations décrites aux paragraphes (n°), nous certifions que
les états de synthèse cités au premier paragraphe ci-dessus sont réguliers et sincères et donnent
dans tous leurs aspects significatifs une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice
écoulé ainsi que de la situation financière et du patrimoine de la société au 31 décembre 2015
conformément au référentiel comptable admis au Maroc.
Cas d’un refus de certifier pour limitations ou déni d’opinion :
Compte tenu de situation décrite aux paragraphes (n°), nous ne sommes pas en mesure de
certifier que les états de synthèse cités au premier paragraphe ci-dessus du résultat des opérations
de l’exercice écoulé ainsi que de la situation financière et du patrimoine de la société au 31
décembre 2015 conformément au référentiel comptable admis au Maroc.
Par conséquent, nous ne mettons pas d’avis les concernant.
Cas d’un refus de certifier pour désaccord (opinion défavorable) :
- Mettre une réserve par paragraphe ;
- Classer les réserves constituant l’incertitude ou non chiffrées en premier lieu suivies des

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 48


réserves chiffrées ;
- Le chiffrage de chaque réserve doit consister à donner l’impact respectivement sur le
résultat net et sur les capitaux propres et assimilés.
Compte tenu de l’importance de l’effet de la situation décrite aux paragraphes (n°) Les états
de synthèse cités au premier paragraphe ci-dessus ne donnent pas une image fidèle du résultat des
opérations de l’exercice écoulé ni de la situation financière ni du patrimoine de la société au 31
décembre 2015 conformément au référentiel comptable admis au Maroc.
Vérifications et informations spécifiques :
Nous avons procédé également aux vérifications spécifiques prévues par la loi et nous nous
sommes assurés notamment de la concordance des informations données dans le rapport de
gestion du conseil d’administration destiné aux actionnaires avec les états de synthèse de la
société.
Il faut prévoir d’informer également sur les aspects suivants :
- La prise de participation ;
- L’irrégularité dans la tenue des registres légaux.

Nom du CAC

Audit contractuel :

Concernant l’audit contractuel, c’est la même chose que l’audit légal.

Cours Audit financier et comptable – S9 - 2017/2018. Page 49

Vous aimerez peut-être aussi