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Les obligations contractuelles

Le droit des obligations, constituant l'une des bases principales du droit


privé, regroupe tout à la fois selon le code civil :

 Les contrats, ou conventions, qui sont la rencontre de la volonté de deux


ou plusieurs personnes en vue de créer des effets juridiques (exemple :
contrat de mariage).

 Les quasi-contrats, qui sont des actes volontaires et licites qui ne


consistent pas en un accord de volonté mais qui oblige quand même son
auteur envers les tiers et parfois les tiers envers lui (exemple : réparer une
fuite chez un voisin alors que celui-ci est absent).

I - La classification des obligations


A - La classification des obligations

Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes


s'obligent envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou à ne pas faire.

L'obligation de donner
C'est le cas du débiteur qui s'engage à transférer aux
L'obligation de faire
C'est le cas par lequel le débiteur s'engage à
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créanciers, la propriété d'un bien s'abstenir de tel ou tel agissements vis à vis du
. créancier.
Ex : le contrat de vente dans lequel le vendeur
s'oblige à livrer un bien Ex : dans le contrat de vente d'un fonds de commerce,
le vendeur du fonds de commerce s'oblige à ne pas
faire concurrence.

B - Classification des obligations selon leurs effets

obligation de résultat Obligation de moyens obligation de sécurité

Dans ce cas, le débiteur doit Obligation de prudence ou Peut-être soit une obligation de
atteindre le résultat recherché diligence. Dans ce cas, le débiteur sécurité de moyen ou de résultat.
par le créancier, son obligation est doit tout mettre en œuvre pour Elle pèse sur les professionnels.
strictement déterminée. parvenir au résultat recherché Le professionnel est redevable
mais il n'est pas tenu de d'une obligation de sécurité
Ex : c'est l'obligation qui pèse sur l'atteindre. résultat lorsque le client ou le
le garagiste qui répare un véhicule consommateur n'a pas de rôle
(le véhicule doit fonctionner Ex : c'est l'obligation qui pèse sur actif. Ainsi le restaurateur doit
quand on vous le rend). le médecin face à une maladie servir des aliments sains.
grave (ne peut pas garantir la L'obligation de sécurité
guérison). moyen : c'est lorsque les clients
ont une certaine autonomie.

Ex : sport d'hiver, pour


l'exploitant de télébenne parce que
le client n'a aucun rôle actif donc
obligation de résultat. Alors que
l'exploitant de télésiège n'a qu'une
obligation de sécurité moyen car
les skieurs ont une certaine
autonomie dans le chargement et
le déchargement.

C - Classification des obligations selon les sources

1 - Selon les sources du code civil

Le code civil dit que certains engagements se forment sans qu'interviennent


aucune convention, n'y de la part de celui qui s'oblige ni de la part de celui envers
lequel il est obligé.

Les uns résultent de l'autorité seule de la loi, les autres naissent d'un fait
personnel à celui qui se trouve obligé.

5 sources : le contrat, le quasi-contrat, le délit civil, le quasi-délit civil, la loi.

le contrat le quasi- le délit civil les quasi-délits la loi

C'est une
contrat
Il ne Un fait
civils
"chacun est Elle peut
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obligation comporte aucun intentionnel et responsable du imposer des
conventionnelle accord de volonté illicite qui cause dommage qu'il a obligations en
qui résulte d'un à l'origine, mais un dommage à causé non dehors de toute
accord de volonté comporte des autrui. L'article seulement par volonté ou en
entre le débiteur obligations. 1382 du code civil son fait mais dehors de toute
et le créancier dit que : "à tout encore par sa faute d'un
Ex : durant la fait quelconque négligence ou son débiteur
tempête, j'ai de l'homme qui imprudence.
décidé de faire cause à autrui un
bâcher le toit du dommage, oblige
voisin, il a une celui par qui la
obligation, il doit faute duquel il
me rembourser est arrivé, de le
réparer".

.
2 - Distinction actes juridiques et faits juridiques

Les actes juridiques : sont des manifestations de la volonté émanant d'une


ou plusieurs personnes, ces actes sont destinés à produire des effets juridiques.
Cette manifestation de volonté est le plus souvent bilatérale, les contrats sont
synallagmatiques qui engendrent des manifestations réciproques.
Il y a aussi des manifestions unilatérales comme dans les promesses, les donations.
Les faits juridiques : sont des événements ou des agissements qui produisent des
effets de droit dans que ces effets aient été directement recherchés. C'est le cas des
quasi-contrats, des délits civils et des quasi-délits civils.

II - Les obligations contractuelles


A - Notion de contrat

C'est une convention qui crée des obligations, c'est un accord de volonté par
lequel les co-contractants s'engagent les uns par rapport autres. Le respect des
engagements contractuels trouve son fondement dans le principe de l'autonomie
de la volonté.

Mais chacune des parties n'est engagée que parce qu'elle l'a voulue, c'est le
principe de la liberté contractuelle.

A partir du moment où les parties ont exprimées leur volonté, c'et le principe
de la force des contrats.
Les contrats ont force de loi entre les parties.

1 - Les principes de la liberté contractuelle

Chaque partie est libre de contracter ou de ne pas contracter, elle est libre
de déterminer le contenu de son obligation.
C'est un principe ancien mais qui se restreint dans le droit contemporains pour 2
3
raisons :
 La notion d'ordre public évolue
 L'Etat intervient en matière économique.

a) évolution de la notion d'ordre public

Le code civil affirme qu'on ne peut déroger par des conventions particulières
aux lois intéressant l'ordre public et les bonnes mœurs. Les contractants doivent
donc respecter l'organisation sociale. Mais cette notion d'ordre public varie selon
les pays, selon les époques, c'est le juge qui apprécie ce qu'est l'ordre public.
b) intervention de l'Etat en matière économique

Le contenu des contrats n'est pas libre dans la mesure ou l'Etat peut
imposer certains taux. C'est le contractant qui est imposé et dans d'autres le
contractant est libre mais le contrat est imposé.
Parfois, le contractant économiquement le plus puissant impose le contenu
du contrat : contrat d'adhésion. Ex : contrat d'assurance, contrat de transport.

2 - Typologie des contrats

Il alimente la vie civile d'une façon permanente.


On distingue les contrats nommés et innommés.
 Les contrats nommés ont une législation particulière.
Ex : contrat de vente.
 Alors que les contrats innommés correspondent aux règles générales,
du code civil, il n'y a pas de règles spéciales.
Ex : la franchise.

On peut aussi classer les contrats en fonction de l'importance de la personne,


le co-contractant est indifférent. Mais il y a certains contrats dans lesquels la
personnalité du co-contractant, sa compétence, sont décisifs. On peut classer les
contrats selon la nature des contractants. On distingue les contrats individuels des
contrats collectifs.

Dans les contrats individuels, les co-contractants contractent pour leur


propre compte, ex : les contrats de travail, dans les contrats collectifs, les
contractants s'engagent pour les groupes qu'ils représentent comme les
conventions collectives.

Classement entre les rapports de force entre les co-contractants, on


distingue les contrats de gré à gré, contrat négocié entre les partenaires. Contrat
de gré à gré différent des contrats d'adhésion, le partenaire économiquement le
plus puissant impose le contenu du contrat à l'autre co-contractant. On peut classer
les contrats en fonction de leur condition de formation, les contrats consensuels,
formels, réels, solennels.

Le contrat consensuel repose sur le simple échange de consentement


simplement verbal il est valable, mais il y a un problème de preuve. 4
Ex : contrat de vente

Les contrats formels doivent être écrit : ex : contrat de travail.


Les contrats réels ont pour caractéristique de faire passer un bien du
patrimoine du débiteur dans le patrimoine du créancier.
Le contrat solennel est placé devant notaire, acte authentique.
Ex : contrat de mariage, et pour les opérations immobilières.

On peut classer les contrats en fonction de la réciprocité des


obligations : contrats unilatéraux et synallagmatique.

On distingue les contrats en fonction du but poursuivi, on


distingue les contrats de bienfaisance (contrat à titre gratuit).
Des contrats à titre onéreux (contrepartie financière).
Ces contrats à titre onéreux :

 Les contrats commutatifs, toutes les obligations se réalisent dans un


laps de temps connu ;
Ex : contrat de vente.
 Les contrats aléatoires sont soumis à un aléa, un événement qui se
produira à une date inconnue et c'est cet événement qui déclenchera
la réalisation des obligations.
Ex : assurance-vie.
On peut les classer en fonction du mode d'exécution, exécution
instantanée et successive :

 Contrat à exécution instantanée : toutes les obligations se


réalisent dans un même laps de temps ;
Ex : vente au comptant.
 Contrat à exécution successive : les effets du contrat
s'échelonnent dans le temps ;
Ex : contrat de durée.

Classer en fonction de leur durée :


Ex : CDI / CDD contrat de travail.

B - La formation

1 - conditions de validité
On distingue les conditions de forme et de fonds

a) les conditions de forme

Pour les contrats consensuels aucune forme spéciale n'est requise, le simple
accord verbal est suffisant à conclure le contrat ; Cependant, certains contrats
exigent un écrit. Ce sont les contrats formels comme le contrat de travail. Ce sont
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les contrats solennels passés chez le notaire.

Quel que soit la forme du contrat, il doit obéir à certaines conditions de fonds.

b) les conditions de fonds

4 conditions sont énumérées :


La capacité :

Il faut être majeur et capable, capacité juridique au moment de la signature


du contrat ;

Le consentement :
Rencontre
Offre + acceptation

Une offre est une proposition de contrat, elle peut être adressée à une
personne déterminée ou au public.

Cette offre peut prendre plusieurs formes : offre express ou tacite (chauffeur
de taxi).
L'offre doit être précise et complète de telle sorte que l'acceptation soit pure
et simple.
L'offre n'a pas d'effet juridique car elle peut être modifiée ou rétractée. Pour
assurer la sécurité des relations d'affaire, la jurisprudence exige que l'offre soit
maintenue pendant un certain délai raisonnable, apprécié par les juges.

L'acceptation est la réponse du destinataire de l'offre, elle n'est


soumise à aucune forme particulière, express ou tacite ou résulté d'un geste.
Le consentement est la rencontre de l'offre et de l'acceptation ; il ne
doit pas être vicié ni par erreur, dol, violence.
L'erreur, c'est une croyance fausse qui porte sur un des éléments du
contrat. L'un des contractants s'est de lui-même trompé soit sur les qualités de
l'objet du contrat, soit sur la personne du cocontractant.
Le dol consiste en des manœuvres frauduleuses et mensongères qui sont
délibérées et qui émanent de l'un des cocontractants pour pousser l'autre à accepter
le contrat.
IL faut distinguer le bon dol du mauvais dol ; seul le mauvais dol est
susceptible de sanction. Le bon dol est toléré, c'est le fait pour un commerçant de
présenter ces marchandises d'une façon attrayante.
La violence qui peut être une contrainte physique ou morale pour pousser
l'un des co-contractants à signer le contrat.

L'objet du contrat :

L'objet du contrat doit être certain, il doit être déterminé ou au moins


déterminable, quant à sa nature et à sa quantité. Les corps certains ne posent pas 6
de problème.
Les choses de genre doivent être déterminables, quand à l'espèce, la
quantité et la qualité.

- Il doit être possible, réalisable.


- Il doit être aussi dans le commerce juridique, susceptible d'être acheté
ou revendu (sont exclus les domaines publics et le corps humain).
- L'objet du contrat doit être licite, conforme à l'ordre public et aux
bonnes mœurs.

La cause : le motif pour lequel les parties se sont engagées, les intentions
qui ont poussées les parties à contracter.
Cette cause doit présenter un caractère moral et licite.

2 - Les sanctions des conditions de validité des contrats

Les nullités sont des sanctions prononcées par les tribunaux, elles ont pour
conséquences d'anéantir rétroactivement des contrats, d'effacer tous leurs effets.
On distingue 2 sortes de nullité :
 La nullité relative
 La nullité absolue

a) la nullité relative
Elle protège l'un des co-contractants. Le plus faible et la partie protégée
peuvent faire une action.
La nullité de protection peut être confirmée. L'action en nullité relative se
prescrit par 5 ans. La nullité peut être encourue lorsque le contrat a été encouru
par un incapable, d'autre part lorsque le consentement est vicié par erreur, dol ou
violence.

c) la nullité absolue

Elle protège l'ordre public, toute personne ayant un intérêt sérieux peut agir.
L'acte entaché de nullité absolue ne peut pas être confirmé. C'est une action qui se
prescrit par 30 ans.
C'est une nullité qui est prononcée lorsque l'objet ou la cause du contrat
présente un caractère illicite ou immoral.

d) la rescission

En effet la lésion est le préjudice pécuniaire subit par le contractant


résultant d'un déséquilibre entre la prestation fournie et la prestation reçue dans
un contrat à titre onéreux. Ainsi, par exemple, en matière immobilière, il y a lésion
lorsqu'il y a n déséquilibre de 7/12 entre la valeur de la transaction et la valeur
expertisée.
Le contrat lésionnaire entraîne une sanction qu'on appelle rescision.
La rescision laisse le choix au co-contractant de demander la nullité du
contrat ou de demander de ramener les obligations à de justes proportions. 7
Nullité : vicié
Rescision : validité
Résolution
Résiliation

C - L'exécution des contrats

Les conventions, les contrats légalement formés tiennent lieu de loi


à ceux qui les ont fait.

Force obligatoire des contrats entre les parties. Cependant, les contrats à
l'égard des tiers, n'ont qu'un effet relatif.

Si une partie n'exécute pas son obligation, l'autre partie peut mettre en
œuvre la responsabilité contractuelle.

1 - Exécution et extinction des contrats

a) force obligatoire des contrats

Seul les parties sont liées dans les obligations du contrat. Le débiteur doit
exécuter et le créancier est en droit d'exiger l'exécution. Les contrats ne peuvent
être que par le consentement mutuel des parties.
b) effet relatif à l'égard des tiers

Sauf le cas de certaines personnes lui juridiquement à l'un des co-


contractants.
C'est aussi le cas de certaines circonstances exceptionnelles, la stipulation
pour autrui.

c) exécution normale du contrat

Le débiteur doit s'acquitter de son obligation au plus tard à


l'échéance prévue par le contrat.
Et le paiement a lieu en principe au lieu du débiteur. C'est l'application de
la règle "les dettes sont quérables et non portables".

d) difficulté d'exécution

- interprétation du contrat : lorsqu'il y a un litige sur le sens d'une


clause du contrat, il faut s'adresser au juge qui recherche la volonté réelle des
cocontractants.

- révision du contrat : les contrats à exécution successive, les effets


s'échelonnent dans le temps, mais il y a un déséquilibre dans les prestations. Des
lois spéciales peuvent rééquilibrer.
Il est possible pour les contractants de prévoir des clauses de révision
des contrats : clauses d'indexation.
Elles sont interdites si elles portent sur des valeurs comme l'or, les valeurs
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étrangères, le SMIC, le niveau général des prix.
Elles sont autorisées si elles portent sur la valeur d'un bien ou d'un service
choisi comme référence et ayant un lien direct avec l'objet du contrat ou l'activité
des parties.
Ex : loyer d'un fond de commerce de boulangerie, indexé sur le prix du blé.

2 - Inexécution des contrats

Les contrats ayant force obligatoire, le débiteur doit exécuter son obligation.
Cependant, s'il ne le fait pas, le créancier peut agir en justice pour demander
l'exécution forcée. Si c'est possible, il demandera l'exécution forcée en nature,
sinon, il demandera l'exécution forcée en équivalant.

a) exécution forcée en nature

Le créancier doit faire une mise en demeure. Ensuite, le créancier se


tournera vers la justice pour qu'il soit ordonné l'accomplissement forcé de
l'obligation.
S'il y a des résistance à l'exécution, il y aura possibilité de faire des saisies,
des astreintes ou des expulsions.

b) exécution par équivalent


Si l'exécution forcée n'est plus possible, on mettra en jeu la
responsabilité contractuelle.

La faute contractuelle peut être la mauvaise exécution de l'obligation


ou son inexécution ;

Le lien de causalité consiste à prouver qu'il y a un lien direct entre la


faute et le dommage, lien de cause à effet. Si toutes ces preuves sont apportées, le
juge condamnera le débiteur à des dommages et intérêts qui peuvent être
compensatoires (indemniser le défaut de prestation) ou moratoires (indemniser les
retards).
Le dommage peut être matériel ou moral.