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TRANSFERT THERMIQUE

1 Généralités

La transmission de la chaleur s’effectue suivant trois mécanismes


fondamentaux :

 La conduction :

Il s'agit du transfert de la chaleur d'un


endroit à l'autre d'un milieu, sous l'influence
d'un gradient de température, sans
mouvements macroscopiques.

La conduction est d'autant plus


facilement observable que les mouvements
macroscopiques sont inhibés. On l'observe donc principalement dans les
solides.

Prenons l'exemple d'une barre métallique que l'on chauffe à l'une de ses
extrémités : l'agitation thermique des atomes situés à l'extrémité
chauffée de la barre augmente et se transmet de proche en proche dans
la direction inverse du gradient thermique.

Dans les métaux, la conduction fait intervenir les électrons libres qui les
rendent bons conducteurs de la chaleur. En revanche dans les isolants, la
conduction se fait mal. En résumé, il y a une forte correspondance entre
les propriétés thermiques et électriques des solides.

La conduction s'observe aussi dans des fluides au repos mais elle est
beaucoup plus faible que dans un métal. De plus, elle est souvent dominée
par la convection.

 La convection :

La convection implique le transport de la


chaleur par une partie d'un fluide qui se
mélange avec une autre partie.
La convection concerne exclusivement les
fluides (gaz ou liquides) puisqu'elle prend sa
source dans un transport macroscopique de matière.
La convection a lieu par exemple lorsque l'on chauffe une casserole d'eau.

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Le gradient thermique vertical est dirigé vers le bas. La masse volumique
du fluide inférieur s'abaisse (car celui ci est plus chaud) et le fluide
s'élève pour être remplacé par du fluide plus lourd situé plus haut. La
convection tente de s'opposer au gradient thermique par un mouvement de
fluide. Ce processus est associé à l'action de la gravité. On note que si l'on
chauffe la casserole par le haut, le fluide chaud se situe au dessus du
fluide froid et la convection est annihilée.
En gardant cette image dans la tête, on s'aperçoit immédiatement que la
convection est importante dans l'atmosphère (les phénomènes de brises
thermiques par exemple) puisque l'atmosphère est principalement chauffé
par la Terre (nous verrons qu'il absorbe très peu le rayonnement solaire).
En revanche, les océans chauffés par le haut présentent peu de
phénomènes de convection.

 Le rayonnement :
Un corps chauffé émet de l'énergie sous
forme de rayonnement électromagnétique.
Une des particularités de ce rayonnement dit
"thermique" est qu'il peut se propager dans
le vide .Au niveau microscopique, ce
phénomène ne peut s'expliquer en physique
classique. Cependant, on retiendra comme
image que plus la température du corps est élevée, plus l'agitation
thermique responsable de l'émission est élevée. Comme tout rayonnement
électromagnétique, le rayonnement dit thermique est caractérisé par une
densité d'énergie et un spectre (répartition de l'énergie suivant la
longueur d'onde). Le rayonnement thermique se déplace vers les courtes
longueurs d'ondes quand la température du corps augmente. Ainsi le
filament de tungstène utilisé dans les lampes à incandescence a une
couleur caractéristique de sa température. A faible température, il est
rouge-orangé, puis jaune puis blanc. Le pic du spectre d'émission se
déplace de la limite entre l'infra-rouge et le visible (rouge) vers le milieu
du visible (blanc). Il faut finalement distinguer la nature des récepteurs
de ce rayonnement thermique : certains le réfléchissent d'autres
l'absorbent et la transforment en énergie interne pour rayonner à leur
tour.

2- Transmission de chaleur par conduction

Soit un corps solide, homogène et isotrope (les propriétés physiques de


ces matériaux sont les mêmes dans toutes les directions de l’espace) .à
travers lequel passe un courant unidirectionnel de chaleur.

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Soit une petite couche plane
perpendiculaire à la direction x de
propagation de la chaleur d’épaisseur dx
et d’aire S à l’intérieur de ce milieu

Les deux faces de cette couche


sont des surfaces isothermes. La
première est à la température θ et la
seconde à la température θ + dθ (avec dθ < 0).
Figure 2.1 : Conduction dans une couche élémentaire de mur plan
Le gradient de température, est la variation de la température par unité de
longueur, lorsqu’on se déplace dans la direction de propagation de la chaleur.

Le flux thermique à travers la couche plane d’aire S,


d
proportionnel au gradient de température, est : Φ = -λ.S.
dx
c’est la loi de FOURIER

Le coefficient de proportionnalité λ est la conductivité


thermique du matériau. Elle dépend du matériau et de sa
température.

λ s’exprime en W.m-¹.K-¹ dans le système international ou

en kcal.h-¹.m-¹.K-¹.

Plus la conductivité thermique est élevée, plus les matériaux conduisent


facilement la chaleur. Au contraire les matériaux de faible conductivité
thermique conduisent difficilement la chaleur et sont donc utilisés comme
isolants.

Tableau 2.2 : Conductivité thermique de différents matériaux en W. m-1. °C-1

METAUX ET ALLIAGES (à la température ambiante)

Aluminium à 99,9 % 228 Zinc 111

Aluminium à 99 % 203 Acier doux (1 % de C) 46

Cuivre à 99,9 % 386 Acier inox (Cr 18 % - Ni 8 %) 16

Etain 61 Alliage (Al 92 % - Mg 8 %) 104

Fer pur 85 Laiton (Cu 70 % - Zn 30 %) 99

Nickel pur 61 Titane 21

Plomb pur 35

SOLIDES NON METALLIQUES (à la température ambiante)

10
Amiante (feuilles) 0,162 Liège 0,046

Béton plein 1,7 Matières plastiques phénoplastes 0,046

Briques de terre cuite pleines 1,16 Matières plastiques polyester 0,209

Plaque de fibrociment 0,74 Matières plastiques polyvinyles 0,162

Verre courant 0,70 Porcelaine 0,928

Verre pyrex 1,16 Laine de verre 0,046

Electrographite 116

LIQUIDES GAZ (à 0°C et sous la pression normale)

Eau à 20°C 0,59 Air 0,024

Eau à 100°C 0,67 Azote 0,024

Dowtherm A à 20°C 0,139 Acétylène 0,019

Benzène à 30°C 0,162 Hydrogène 0,174

Mercure à 20°C 8,47 Anhydride carbonique 0,014

Sodium à 200°C 81,20 Oxygène 0,024

On constate que parmi les solides, les métaux sont beaucoup plus conducteurs
que les composés non métalliques à l’exception du graphite (utilisé dans
certains échangeurs de chaleur).

L’acier inoxydable est moins conducteur que la plupart des autres métaux et
alliages.

Parmi les liquides :

o le mercure se détache nettement

o les métaux fondus sont de bons conducteurs ce qui explique par


exemple l’utilisation de sels de sodium comme fluide caloporteur
pour le refroidissement des réacteurs nucléaires.

On constate en général :λ des gaz < λ des liquides < λ des solides

Mais, la conductivité thermique varie avec la température.

 Pour les solides, on peut admettre, en première approximation,


que les variations sont linéaires, soit : λ = λ0 . (1 + a θ )
o où λ0 est la conductivité thermique à 0°C et λ la
conductivité thermique à θ°C.a est une constante appelée
coefficient de température du solide considéré.

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 a > 0 pour de nombreux matériaux isolants.
 a < 0 pour la plupart des métaux et alliages (à
l’exception de l’aluminium et du laiton).

 Pour les liquides, la conductivité thermique diminue quand la


température augmente (à l’exception de l’eau et du glycérol).

 Pour les gaz, la conductivité thermique croît avec la température.

2.1. Conduction à travers un mur plan homogène

Soit un mur plan homogène, d’aire S et d’épaisseur e, constitué par un


matériau de conductivité thermique moyenne λ.

L’une des faces est à la température θ1 et l’autre à la température θ2

Figure 2. 2 : Conduction dans un mur plan

2.1.1. Expression du flux thermique de conduction dans un mur plan

Si θ1 > θ2, un flux thermique s’écoule par conduction à travers le mur de la


face 1 vers la face 2.

Les lignes d’écoulement de la chaleur sont rectilignes et perpendiculaires aux


faces isothermes 1 et 2. Les faces latérales du mur limitent un tube d’écoulement et la loi de
conservation de la chaleur nous permet d’écrire :
flux de chaleur Φ =
flux thermique Φ1= traversant toute section flux de chaleur Φ2 =
entrant par la face 1. intérieure parallèle aux sortant par la face 2
faces.
Le flux thermique traversant par conduction une mince paroi d’épaisseur dx
située à une distance x de la face 1 et dont les faces sont respectivement aux
d
températures θ et θ + dθ, est donné par la loi de FOURIER : Φ = -λ.S.
dx
Φ .dx=-λ.S.dθ
e 2

après intégration on obtient : Φ .  dx   .S  d soit Φ .e= -λ.S.(θ1-θ2)


0 1

d’où l’expression du flux thermique :

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 .S .( 1   2)

e
La densité de flux thermique est le flux rapporté à l’unité de
 .( 1   2)
surface soit :  
e

2.1.2. Expression de la résistance thermique de conduction d'un mur


plan

Comme en électricité, la résistance est le rapport d’une différence


de potentiel donc ici de température et d’un débit d’énergie donc ici le
flux Φ, d’où l’expression suivante de la résistance thermique
( 1   2) e
R= 
  .S

2.1.3 Exemple d’application

- Calculer le flux traversant une vitre de 1 m² de surface et de 3,5


mm d’épaisseur. La température de la face interne de la vitre est égale à
10°C, celle de la face externe est égale à 5°C.
- En déduire la résistance thermique de la vitre.
Conductivité thermique du verre : λv = 0,7 W.m-¹.K-¹
- Pour les mêmes températures de paroi, calculer le flux traversant un m²
de mur de briques de 26 cm d’épaisseur. En déduire la résistance
thermique.
Conductivité thermique des briques : λb = 0,52 W.m-¹.K-¹.

Réponse :

Flux traversant 1m² de vitre :

Résistance thermique d’1m² de vitre :

Flux traversant 1m² de mur de briques :

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Résistance thermique d’1m² de mur de briques :

Analyse des résultats : Pour une même surface et un même écart


de température, le flux perdu par la vitre est 100 fois plus élevé que
celui perdu par le mur de briques dont la conductivité est plus faible
et dont l’épaisseur est beaucoup plus élevée que celle de la vitre.

2.2. Conduction à travers plusieurs murs plans homogènes, en série

Considérons plusieurs murs limités par des plans parallèles, constitués par
des matériaux de conductivités différentes, mais en contact parfait.

Soient λ1, λ2, λ3, les conductivités thermiques moyennes de chaque mur
dont les épaisseurs sont respectivement e1, e2, e3. On suppose comme
précédemment qu’il n’y a pas de pertes latérales de chaleur.

Chaque mur est donc traversé par le même flux thermique Φ.

Figure2.3 : Conduction à travers plusieurs murs plans en série

2.2.1 Expression du flux thermique de conduction à travers des


murs en série

On peut écrire d’après le paragraphe précédent le flux traversant chaque


mur, et en déduire les différences de température entre les faces de chaque
mur :

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Pour le mur 1 :

 e1
S
Φ = λ1 e .(1   2 )  (θ1- θ2) = 
1 S 1

Pour le mur 2 :

S  2 e
Φ = λ2 e .( 2   3 )  (θ2- θ3) = 
2 S 2

Pour le mur 3 :

S  3 e
Φ = λ3 e .( 3   4 )  (θ3- θ4) = 
3 S 3

et en additionnant membre à membre :

d’où l’expression du flux thermique

2.3.2. Expression de la résistance thermique équivalente à des murs


en série

L’expression précédente du flux peut être en faisant passer S au


dénominateur :

On voit ainsi apparaître la résistance thermique de chacun des murs :

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Ces 3 résistances sont placées en série et leur somme constitue la
résistance thermique équivalente des 3 murs en série, soit :

donc avec R = R1 + R2 + R3

Comme en électricité, la
résistance thermique équivalente des murs en série est la
somme des résistances thermiques de chaque mur.

2.2.3 Exemple d’application

- Etude des pertes par conduction à travers un double vitrage


Un double vitrage est constitué de deux plaques de verre séparées par une couche d’air sec
immobile. L’épaisseur de chaque vitre est de 3,5 mm et celle de la couche d’air est de 12 mm.
La conductivité thermique du verre est égale à 0,7W.m-¹.°C-¹ est celle de l'air est de 0,024
W.m-1.°C-1 sur le domaine de température étudié. Pour une chute de température de 5°C
entre les deux faces externes du double vitrage, calculez les pertes thermiques pour une vitre
de 1m2. (Note : ce calcul néglige l’effet du coefficient de convection de part et d’autre de
chaque vitre). Comparez ces pertes thermiques à celles qui seraient obtenues avec une seule
vitre d’épaisseur égale à 3,5 mm.

Réponse :

Le double vitrage est constitué de trois résistances thermiques en série.

Le flux traversant ce double vitrage est donné par :

A.N. :

16
Φ double vitrage = 9,8 W

Remarque sur le profil de température(voir figure)


La résistance thermique de la lame d'air est 100 fois plus élevée que celle de chaque vitre,

la chute de température dans l'air sera 100 fois plus élevée que dans chaque vitre,

c'est à dire :

Θ int - Θ v1 = R v x Φ = 0,005 x 9,8 = 0,049 °C

Θ v1 - Θ v2 = R a x Φ = 0,5 x 9,8 = 4,9 °C

Θ v2 - Θ ext = R v x Φ = 0,005 x 9,8 = 0,049 °C

Comparons le flux traversant le double vitrage à celui traversant une seule vitre en

verre pour

une même surface et une même différence de température.

Φ simple vitre = 1000 W

Conclusion : Si on considère uniquement les échanges par conduction (on verra au

chapitre suivant que le résultat est modifié du fait des échanges par convection),

le double vitrage permet de réduire 100 fois les pertes thermiques à travers la

vitre. Ceci est surtout dû à la résistance thermique très élevée de la couche d'air

car l'air a une faible conductivité thermique .

2.3. Conduction à travers la paroi d'un tube cylindrique

Considérons un tube cylindrique (voir figure 2.6)

Soient r 1 le rayon de la paroi interne, r 2 celui de la paroi externe,


Θ1 et Θ2 , les températures respectives des faces interne et externe
et λ la conductivité thermique moyenne entre Θ1 et Θ2 du matériau
constituant le tube.

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F igure 2.4 : Vue d'un tube cylindrique traversé par un flux de
conduction

2.3.1. Expression du flux thermique à travers un tube cylindrique

On désire connaître le flux thermique qui traverse le tube de l'intérieur


vers l'extérieur (lorsque Θ1 > Θ2 ) pour une longueur L de tube. Par raison
de symétrie, les lignes d'écoulement de la chaleur sont des droites
dirigées selon des rayons. On dit que le transfert de chaleur est radial

Soit un cylindre de rayon


intermédiaire r avec r 1 < r < r 2
et d'épaisseur dr

La densité de flux thermique à travers ce cylindre est donnée par la


loi de FOURIER :

Le flux thermique correspondant est :

S étant l'aire de la surface latérale du cylindre de rayon r et de longueur


L soit : S = 2.Π.r.L

donc : ou
encore

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Comme Φ est constant à travers tout cylindre coaxial de rayon r
compris entre r 1 et r 2 , l'équation précédente peut donc s'intégrer
de l'intérieur à l'extérieur du cylindre de la manière suivante :

d'où :

On en déduit l'expression du flux thermique

Remarque :

Ce flux ne dépend pas des dimensions absolues du tube. Il ne dépend


que du rapport r 2 /r 1 .Transformons cette expression pour la rendre
semblable à celle d'un mur plan.

Pour cela, rappelons la définition de la moyenne logarithmique appliquée


aux deux rayons r 1 et r 2

La différence entre les rayons est l'épaisseur du tube e.

d'où :

soit en remplaçant dans l'expression du flux

La surface latérale interne du tube est : S 1 = 2 Π . r 1 .L

La surface latérale externe du tube est : S 2 = 2 Π . r 2 .L

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La moyenne logarithmique de ces 2 surfaces est

D'où l'expression finale du flux à travers un tube :

Cette expression est semblable à celle obtenue pour le mur plan, la


surface S est remplacée par la surface moyenne logarithmique.
Très fréquemment, comme l'épaisseur du tube est faible, on peut
remplacer la surface moyenne logarithmique par la surface moyenne
arithmétique soit

Sma = (S 1 + S 2 ) / 2 = Π .L. (r 1 +r 2 )

2.3.2. Expression de la résistance thermique d'un tube cylindrique

A partir de l'expression du flux, on déduit l'expression de la résistance


thermique d'un tube :

donc :

soit

2.3.3 Exemple d'application:

Soit un tube d'acier 20/27 dont la température de la paroi interne est

Θ 1= 119,75°C et celle de la paroi externe Θ 2 = 119,64°C.

Conductivité thermique de l'acier : l = 46 W.m -¹ .°C -¹

Calculer :

a) la résistance thermique du tube pour une longueur de 1 m.

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b) le flux correspondant.

Réponse :

a) La résistance thermique du tube pour une longueur de 1 m est :

donc R = 1,038.10 -³ °C.W -¹

b) Le flux traversant par conduction un tube de 1m de longueur est :

donc Φ = 105,97 W

2.4. Conduction à travers deux tubes concentriques accolés

Considérons 2 tubes concentriques de longueur L en contact thermique


parfait (voir figure 2.5).

Θ1 est la température de la face


interne du tube 1 de conductivité
thermique λ1 .

Θ3 est la température de la face


externe du tube 2 de conductivité
thermique λ2 .

Θ2 est la température de
l'interface entre les 2 tubes Figure 2.5 : Vue en coupe
de 2 tubes cylindriques
accolés

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2.4.1. Expression de la résistance thermique équivalente de deux
tubes cylindriques accolés

Le tube 1 constitue une première résistance thermique R1 au transfert


de chaleur.

e1 étant l'épaisseur du tube 1 et S1ml la surface moyenne logarithmique


du tube 1.

Le tube 2 constitue une seconde résistance thermique R2 au transfert


de chaleur :

e2 étant l'épaisseur du tube 2 et S2ml la surface moyenne logarithmique


du tube 2.

Ces 2 résistances sont placées en série et la résistance équivalente


est :

2.4.2. Expression du flux thermique à travers deux tubes


cylindriques accolés

D'après la résistance équivalente calculée ci-dessus, on déduit


l'expression du flux thermique : (si Θ1 > Θ3 )

Ce calcul s'applique pour déterminer l'effet d'un calorifugeage de tube ou


pour prévoir l'augmentation de la résistance thermique quand un tube
est encrassé ou entartré.

2.4.3 Exemple d'application:

L'intérieur du tube 20/27 étudié dans l'exemple précédent (1.4) est


entartré sur une épaisseur de 2 mm.

On suppose que les températures intérieures et extérieures restent


inchangées : la température de la paroi interne est Θ 1= 119,75°C et celle
de la paroi externe Θ2 = 119,64°C.

22
Calculer :

a) la résistance thermique de la couche de tartre (pour une longueur de 1


m).

b) la résistance équivalente du tube entartré.

c) le flux thermique correspondant.

Conductivité thermique du tartre : λC = 2,2 W.m -¹ .°C -¹

Réponse :

a) La résistance thermique de la couche de tartre R t pour une longueur de


1 m est :

avec r t = r 1 – épaisseur couche


de tartre

donc Rt = 1,614.10 -2 °C.W-¹

La résistance équivalente du tube entartré est la somme de la résistance de la couche de


tartre et de

la résistance du tube en acier calculée précédemment soit :

R totale = R tube acier + R tartre = 1,038.10 -³ + 1,614.10 -² = 1,718.10 -² °C.W -¹

c) Le flux traversant le tube entartré de 1m de longueur est :

donc Φ = 6,4 W

Analyse des résultats :

La présence du tartre réduit le flux à 6 W alors qu'en absence de tartre il était de

106 W.

23
3 Transmission de chaleur par convection
La convection est le mode de propagation de la chaleur dans un fluide
(liquide ou gazeux) en mouvement. La transmission de la chaleur entre un solide
et un fluide s’effectue par l’action combinée de la conduction et de la convection.

Dans un fluide immobile ou


dans un écoulement
laminaire c’est
l’apparition de différences
de températures qui
provoque la convection.
Dans un écoulement
turbulent en contact avec
une solide, il existe le long de la paroi une
mince couche de fluide en écoulement
laminaire ou la propagation de chaleur
s’effectue par conduction. Cette couche
pénalise la qualité du transfert de chaleur,
elle devra être la plus fine possible ce qui
entraîne une vitesse d’écoulement élevée.

On admet que dans la couche limite il n’y a aucun mélange de matière et


que la chaleur se transmet par conduction perpendiculairement à la paroi.

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La conductivité des fluides étant faible par rapport à celle des solides,
cette couche constitue donc une zone de résistance au transfert de
chaleur. Il y a ainsi une forte variation de température dans cette couche.
On peut ainsi expliquer qu’une paroi d’échangeur puisse être à une
température sensiblement différente de la température mesurée au sein
du fluide.

Au sein du fluide, la chaleur se transmet parfaitement grâce au mélange et


la température devient parfaitement homogène. Cette température est
appelée température du fluide ou température de mélange du fluide.

On conclut de cette étude que le phénomène de convection se « réduit »


d’un point de vu thermique à la conduction dans une couche mince. Le flux
de chaleur échangé par convection entre le fluide et la paroi peu donc
s’écrire :

f S
  ( f   p )
e film

où f est la conductivité thermique du fluide

efilm l’épaisseur du film

S la surface d’échange de la paroi

f et p les températures du fluide et de la paroi.

Malheureusement l’épaisseur de la couche mince n’est que très rarement connue


car elle dépend de très nombreux facteurs, f dépend de la température et
celle-ci varie au sein de la couche. Pour ces raisons, dans un transfert de chaleur
par convection, on écrit le flux de chaleur sous la forme suivante :

 = h.S.( f- p)

où h est le coefficient de convection thermique. Il a la même dimension que 

La résistance thermique de transfert par convection R est donc égale à :


1
R=
hS

3.1 Détermination du coefficient thermique de convection.

Le problème de la convection est en fait de déterminer ce coefficient en


fonction des conditions d’écoulement du fluide, des caractéristiques
géométriques des parois et des éventuels changement d’état du fluide..

25
L’expérimentation est souvent la méthode apportant le plus d’information
sur la valeur de ces coefficients.

26
3.11 Circulation forcée à l’intérieur d’un tube.

L’expérience montre que le coefficient de convection interne hi dans


une section dépend des sept grandeurs suivantes :

um : vitesse moyenne du fluide

 : masse volumique du fluide

Cp : chaleur massique du fluide

 : viscosité dynamique du fluide

 : conductivité thermique du fluide

Di : diamètre intérieur du tube

X :abscisse de la section considérée avec l’origine placée à l’entrée du


tube.

La détermination du
coefficient hi par l’expérience
est impossible à réaliser à
cause du trop grand nombre
d’expérience nécessaires.
L’analyse dimensionnelle permet
de simplifier notablement ce
problème. Elle montre qu’il existe une fonction F à trois variables vérifiant
la relation :

hi  Di    Um  Di Cp   x 
 F  , , 
    Di 

On définit donc quatre nombres sans dimension :

Les nombres de Nusselt, Prandtl et Reynolds caractérisent


respectivement l’échange thermique, les propriétés thermiques du fluide
et le régime d’écoulement du fluide. Le nombre x/Di est le terme
représentatif des effets de bord, il n’intervient plus quand on est
suffisamment loin d’une des extrémités du tube.

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L’expérience est alors utilisée pour déterminer la fonction F, c’est à dire
une corrélation mathématique liant ces nombres.

Dans le cas d’un tube lisse avec écoulement permanent, on utilise la


relation de Colburn : Nu= 0,023.Re0,8.Pr0,33

Valable pour 10000<Re<120000, 0,7<Pr<120, L/DI>60. Les valeurs


numériques varient selon la nature des fluides.

3.1.2 Circulation forcée d’un fluide à l’extérieur d’un tube et


perpendiculaire à celui-ci

On montre que suivant le type de faisceau de tubes, le coefficient de


convection externe he est différent. Il est plus élevé lorsque les
turbulences augmentent. :

3.1.3. Transfert dans un échangeur tubulaire.

On a deux tubes cylindriques concentriques de rayon ri et re et de longueur


L. Un liquide chaud à la température i circule dans le tube intérieur et un
liquide froid à la température e circule dans l’espace annulaire. Le
transfert global de chaleur du liquide chaud au liquide froid s’effectue en
trois phases :

o Convection dans le tube intérieur(hi) du liquide chaud à la paroi


intérieure du tube intérieur

o Conduction dans la paroi du tube intérieur ( )

o Convection dans l’espace annulaire de la paroi extérieure du tube


intérieur au liquide froid (he)

En utilisant la propriété d’additivité des résistances thermiques en série,


on pourra en déduire la valeur du flux thermique :

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le vide absolu, une paroi froide peut alors l’absorber ou le réfléchir. S’il
est absorbé, ce rayonnement se transforme en chaleur qui a pour effet
d’augmenter la température de la paroi.

3.2 Coefficients pratiques.

L’évaluation du coefficient thermique de convection est complexe et


reste du domaine du thermicien. Dans la pratique « frigorifique » on utilise
des coefficients h fonction de la vitesse de l’air et pour les échangeurs
thermiques on respecte les préconisations des constructeurs pour obtenir
les performances prévues.

4 Transmission de chaleur par rayonnement

Le rayonnement est fondamentalement différent des deux autres types de


transfert de chaleur, en ce sens que les substances qui échangent de la chaleur
n'ont pas besoin d'être en contact l'une avec l'autre. Elles peuvent même être
séparées par le vide. La manifestation la plus commune de ce phénomène est celle

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du rayonnement solaire qui nous parvient sur la terre après avoir parcouru une
distance considérable dans le vide spatial.

Le rayonnement est l'émission d'ondes électromagnétiques par un corps chauffé,


une explication générale du phénomène étant fournie par la théorie quantique. En
1900, le physicien allemand Max Planck utilisa la théorie quantique et le
formalisme mathématique de la mécanique statistique pour vérifier la loi
fondamentale du rayonnement, dite loi de Stefan. L'expression mathématique de
cette loi indique que la puissance totalement émise (toutes longueurs d'onde
comprises) par un corps chauffé est proportionnelle à T(e4), T étant la
température absolue (c'est-à-dire exprimé en °K) du corps. Seul un corps noir
émet un rayonnement qui satisfait exactement à la loi de Planck, les corps réels
émettant avec une puissance inférieure à celle que prévoit la loi de Stefan.

La contribution de toutes les fréquences à l'énergie de rayonnement est appelée


pouvoir d'émission du corps : c'est la quantité d'énergie émise par unité de
surface et par unité de temps. Le facteur de proportionnalité de la loi de Stefan
est appelé constante de Stefan-Boltzman, du nom des deux physiciens
autrichiens Josef Stefan et Ludwig Boltzmann, qui, respectivement, en 1879 et
en 1884, découvrirent la relation entre le pouvoir d'émission et la température.
Ainsi, plus la température est élevée, plus la puissance émise est importante.
Outre l'émission, toutes les substances sont également capables d'absorber un
rayonnement.

Les surfaces opaques peuvent absorber ou réfléchir les rayonnements incidents.


En général, les surfaces mates et rugueuses absorbent mieux le rayonnement que
les surfaces brillantes et polies. À l'inverse, les surfaces brillantes réfléchissent

30
mieux le rayonnement que les surfaces mates. Les corps dotés d'un bon pouvoir
d'absorption sont également de puissants émetteurs de chaleur, alors que les
bons réflecteurs sont de mauvais émetteurs. Par exemple, les ustensiles de
cuisine sont dotés de fonds mats pour une bonne absorption de la chaleur et de
côtés polis pour une émission minimale, afin d'améliorer les transferts de
chaleur.

On observe que les capacités d'absorption, de réflexion et de transmission d'une


substance dépendent de la longueur d'onde du rayonnement incident. Le verre,
par exemple, transmet de grandes quantités de rayonnement ultraviolet (ondes
courtes), mais transmet mal le rayonnement infrarouge (ondes longues).

Le rayonnement fait intervenir un mécanisme physique qui est le rayonnement


électromagnétique, dont la propagation est quasi instantanée, du moins à l’échelle
des distances terrestres. Tous les corps solides, liquides ou gazeux émettent un
rayonnement de nature électromagnétique. Cette émission d’énergie s’effectue
au détriment de leur énergie interne.

Ce rayonnement thermique n’est pas une onde monochromatique. Il est composé


de radiations de longueurs d’onde différentes, comprises entre 0,1 mm et 100
mm, donnant des spectres continus dans le cas des solides, ou des spectres de
bandes dans le cas de certains gaz. Cette gamme de 0,1 mm à 100 mm ne
représente qu’une toute petite portion du spectre des ondes électromagnétiques,
qui s’étend de 10-8 mm pour les rayons cosmiques jusqu’à plusieurs Km pour les
ondes hertziennes.

Le spectre électromagnétique

31
La propagation du rayonnement thermique s’effectue dans le vide en ligne droite,
et à la vitesse de la lumière (3.10e8 m/s), sans aucune diminution de l’énergie
transportée. On dit, de ce fait, que le vide est un milieu parfaitement
transparent.

La plupart des gaz simples (O2, H2, N2) sont également des milieux
parfaitement transparents. Par contre, certains gaz composés (en particulier
CO2, H2O, CO), sont en revanche dits partiellement transparents, car la
propagation s’y accompagne d’une diminution de l’énergie transportée, ce qui
accroît d’autant l’énergie interne du gaz traversé. Certains liquides et solides
(plastiques, verres) entrent également dans cette catégorie.

La grande majorité des liquides et solides sont au contraire dits opaques, car ils
arrêtent la propagation de tout rayonnement dès leur surface. Un rayonnement
incident Φ qui arrive sur un corps opaque, est en partie réfléchi ( Φr), tandis que le
reste est absorbé (Φa) sous forme de chaleur au voisinage de l’impact.

Interaction d’un rayonnement thermique et d’un corps opaque

Comme en optique, la réflexion peut être diffuse ( Φr dans toutes les directions),
spéculaire (Φr dans la direction symétrique de Φi), ou quelconque.

Divers types de réflexions

32
La loi de Stefan-Boltzmann donne l'intensité du rayonnement (M en W/m²) en
fonction de la température absolue T du corps :

σ = 5,6697.10 -8
W.m-2 .K-4, c'est la constante de Stefan

L'émissivité du corps, noté ε, révèle sa capacité à absorber et à émettre de


l'énergie. Une surface noire et mate aura une forte émissivité et un faible
coefficient de réflexion alors qu'une surface blanche et brillante aura le
comportement opposé.

On remarque clairement au travers de cette relation que le rayonnement est


proportionnel à la température du corps et à son émissivité. Ainsi dans la
conception d'un radiateur ou d'un échangeur, la surface en contact avec le fluide
doit être la plus mate et noire possible afin que le rayonnement soit meilleur.
Dans ce cas précis, grâce au rayonnement on pourra obtenir un transfert
thermique complémentaire à la convection.

Tableau du degré d’émissivité de quelques matériaux

Dans la profession, seul le rayonnement solaire est pris en compte, notamment à


travers les vitrages en climatisation ou dans les entrepôts frigorifiques.

33
5 Coefficient global d’échange thermique K

 Constitution de la paroi : Maçonnée, isolation face intérieure ( type


bâtiment).

Ext Int

repère matériau épaisseur


Enduit ciment extérieur ventilé 2 cm
4m/s
Agloméré corps creux 12.5 cm
Isolant polystyrène 10 cm
Enduit ciment intérieur ventilé 2 cm
1m/s

 Evolution de la température au travers de la paroi :

- courbe définie point par point, au franchissement de chaque couche selon


la loi de transfert thermique ( Fourier ). La densité du flux thermique
ext
traversant la paroi :
se 1
2 u =he.(e-se)
=1/e1.(se-1)
=2/e2.(1-2)
=3/e3.(2-3)
si int =4/e4.(3-si)
33 =hi.(si-i)

e1 e2 e3 e4

34
Dans le cas d’une paroi constituée de plusieurs « murs » homogènes
accolés, la résistance thermique de l’ensemble de la paroi est égale à la somme
des résistances thermiques des diverses parois constituantes. Rth = rth.
Ainsi en tenant compte de la convection et du rayonnement, on obtient :

 
 1 
K  

 1   2   1  e1  e 2  e3  e4  1 
1 e1 e2 e3 e4 1 et 
 he 1  2  3  4 hi 

    
he 1  2  3  4 hi

on appelle K coefficient global d’échange thermique.


 Puissance thermique transmise par une paroi de surface S :

Pth = K.S.  avec P en Watts


K en W.m-2.°C-1
 écart de température
entre les fluides séparés par
la paroi.

35
TRANSFERT DE MASSE. MIGRATION DE LA VAPEUR D’EAU

1 Origine

Au travers d’une paroi passe non seulement de la chaleur mais aussi de la


vapeur d’eau. (La présence de cette vapeur d’eau est due principalement à

l’évaporation des réservoirs d’eau et à la respiration des organismes vivants).


Cette tendance à la migration de vapeur d’eau résulte de la différence des
pressions partielles de vapeur d’eau existant entre l’intérieur et l’extérieur
du local. En effet la pression partielle de la vapeur d’eau dépend de la
température et de l’humidité de l’air

La migration de vapeur d’eau au travers de la paroi et surtout de l’isolation


doit être évitée ou au moins fortement limitée car elle a pour conséquences :
 une entrée de chaleur latente dans le local à traiter
 un givrage accéléré des batteries
froides.
 dégradation des performances de
l’isolant pouvant aller jusqu’à sa
destruction.

On doit donc disposer sur la face « chaude »


de l’isolant un écran pare-vapeur.

36
2 Perméabilité des matériaux à la vapeur d’eau.

 la perméabilité( coeff. p ) caractérise un matériaux perméable


aux fluides.
Indique la quantité d’eau traversant une paroi de surface unitaire
(1m²), d’épaisseur unitaire (1 m), par unité de temps et pour une
différence de pression unitaire (1 mmHg).

p: g.m-1.h-1.mmHG-1
 la perméance (coeff. P ) caractérise plus particulièrement la
perméabilité aux gaz et donc à la vapeur d’eau
Indique la quantité de d’eau traversant une paroi de surface unitaire
(1m²), par unité de temps et pour une différence de pression
unitaire (1 Pa).

P: p/e
: g.m-2.h-1.mmHG-

 quelques valeurs

Matériaux épais  g. /m.24h.mmHg. unités


constructeurs
béton Moyenne 4.8
bois Moyenne 3.1
Laine de verre 100
Polystyrène expansé Selon classe : 48 en Q3
polturéthane 96 en 40kg/m3

Pare-vapeurs P (g/m2.24h.mmHg)
Polyéthylène 200 0.9
Emulsion de bitume 3kg/m3 8.4

 résistance au passage de la vapeur d’eau

Rv = rv1 + rv2 + rv3 + ------ + rvn

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