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Front anti-immigration : Hongrie et Pologne

veulent surmonter leurs divergences et leur


isolement
4 janv. 2018, 12:03

© Attila KISBENEDEK / AFP Source: AFP

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban et son homologue polonais Mateusz Morawieck

Viktor Orban et son homologue polonais Mateusz Morawiecki ont


tenu à faire front commun le 3 janvier. Ils espèrent incarner une
autre voie en Europe en matière migratoire, rompre leur
isolement sur la scène européenne et dépasser leurs différences.

Lors d’une conférence de presse tenue à Budapest le 3 janvier, le


Premier ministre hongrois Viktor Orban et le Premier ministre polonais
Mateusz Morawiecki ont réaffirmé leur opposition à la politique
migratoire de l'Union européenne (UE). Cette rencontre médiatique
avait pour objectif de les conforter dans leur rôle de hérauts d'une
politique migratoire alternative à celle promue par Bruxelles.
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RT France
La #Pologne et la #Hongrie vent debout contre la nouvelle jurisprudence européenne
sur les #migrants

https://francais.rt.com/international/42904-pologne-hongrie-napprecient-
pas-decision-migrants … #UE
13:29 - 7 sept. 2017

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«Il est évident que les Européens ne veulent pas


d'immigration alors que plusieurs dirigeants européens continuent à
faire pression en faveur d'une politique d'immigration ratée», a assuré
Viktor Orban. Estimant que la position hongroise en matière
d'immigration devait permettre de protéger les frontières, il a appelé
l'Europe à «stopper le flux migratoire». Il a également profité de
l'occasion pour rappeler que, selon lui, la politique des quotas de
migrants fixés par l'UE contrevenait à la souveraineté des Etats.

«La Commission européenne n'avait pas le droit d'appliquer de telles


solutions», a pour sa part martelé Mateusz Morawiecki. Le Premier
ministre polonais a tenu à souligner les proximités politiques entre la
Pologne et la Hongrie sur ces questions. Le parti de Mateusz
Morawiecki, Droit et Justice, et son homologue hongrois, le Fidesz,
partagent de nombreux points communs, même si le premier est
moins majoritaire en Pologne que ne l'est la formation de Viktor
Orban en Hongrie.

Mis en œuvre par l'Union européenne en septembre 2015 après


l'importante vague migratoire qui a touché les pays du sud de
l'Europe, le système de quotas, a suscité l'opposition de plusieurs pays
dont l'Autriche, la Hongrie et la Pologne. Selon eux, cette décision est
une violation de leur souveraineté.

La volonté de créer tant bien que mal un


mouvement en Europe
Le Premier ministre hongrois a conclu sa déclaration en
saluant l'entrée de l'extrême droite au gouvernement autrichien le 18
décembre dernier. Un nouveau fait politique qui est, selon lui, la
traduction concrète des craintes de la population européenne sur
l'immigration. La démocratie aurait ainsi été «restaurée» d'après lui,
dans la mesure où les Autrichiens ont élu un gouvernement opposé à
l'immigration, comme la majorité des Autrichiens, toujours selon lui.

Lire aussi
Décision
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contre la Pologne

«La même chose va se produire partout en Europe, je pense que ce


n'est qu'une question de temps», a ajouté Viktor Orban, convaincu que
l'isolement de son pays sur la scène européenne ne sera que
passager.

Car tel est l'autre point commun à Varsovie et Budapest : en porte-à-


faux avec Bruxelles, ces deux capitales font l'objet de méfiances voire
de condamnations explicites de la part des autres pays membres,
comme en témoignait encore récemment la procédure enclenchée par
la Commission européenne le 20 décembre 2017 contre la Pologne,
exposant celle-ci à la suspension de ses droits de vote au sein de
l’Union.

Difficile dans ce contexte d'incarner un leadership alternatif et de


fédérer. D'autant que des dissemblances existent entre les deux
hommes et leurs partis et constituent autant de blocages. Si le Fidesz
bénéficie d'appuis solides au niveau européen, puisqu'il fait partie de
la majorité au Parlement de Strasbourg au sein du Parti populaire
européen, Droit et Justice est moins ancré dans le paysage politique
de l'UE.

Autre divergence de taille entre la Pologne et la Hongrie : si


la première continue de multiplier les déclarations et actes de défiance
envers la Russie, la seconde envisage ses rapports avec Moscou dans
une perspective plus sereine. Viktor Orban a par exemple reçu Vladimir
Poutine en février 2017 dernier, se félicitant à cette occasion des
bonnes relations économiques et diplomatiques entretenues par leurs
pays respectifs. Cette différence reste pour l'heure à l'arrière-plan du
rapprochement entre Varsovie et Budapest mais elle témoigne de
divergences géopolitiques plus profondes que ne le laisse supposer la
poignée de main échangée par Viktor Orban et Mateusz Morawiecki.

Lire aussi : Décision «politique» : Varsovie et Budapest dénoncent la


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