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LA POLITIQUE

(LP/PHILIPPE DE POULPIQUET.)(LP/GUY

(LP/OLIVIER LEJEUNE.)(LP/DELPHINE

GOLDSZTEJN.)(LP/DELPHINE

GIOS.)(LP/PHILIPPE

DE POULPIQUET.)

GOLDSZTEJN.)

La droite juge le PS

Le PS est en pleine crise, mais la droite ne s’en réjouit pas forcément. Des ministres et des ténors de l’UMP nous confient leur analyse du parti de Martine Aubry.

A CRISE AU PS, ce sont les mi-

nistres de Nicolas Sarkozy et

les ténors de l’UMP qui en par-

lent le mieux. Si tous décrivent

L un parti « sans leader ni

idées », ils méditent l’adage : « En poli- tique, on ne meurt jamais. »

Ce qu’ils disent de Martine Aubry

« Le président a raison quand il dit qu’en poli-

tique il est question de désir, que celui qui gagne est celui qui en a envie. Or je m’inter- roge sur l’envie qu’a Aubry d’être là où elle est », confie Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique). « Aubry est intelli- gente, talentueuse. Elle fait ce qu’elle peut, mais elle peut peu ! Elle a sa part de responsa- bilité, historiquement parlant. Elle a renié sa modernité sous Jospin avec les 35 heures », juge l’ex-PS Jean-Marie Bockel (secrétaire d’Etat à la Justice), fondateur de Gauche mo- derne, allié de l’UMP. « Elle n’a pas encore fait la preuve qu’elle incarnait un leadership », concède le chef des députés UMP Jean-Fran- çois Copé, bien plus sévère avec François Hol- lande : « Il porte une responsabilité historique. Quand j’entends qu’il veut être candidat à la présidentielle, je souris ! Il n’a pas sorti une idée en dix ans. »

Ceux qui flinguent Manuel Valls

Pour tous, Aubry a commis une « faute in-

croyable » en le rappelant à l’ordre, pourtant…

« Valls est courageux en paroles, jamais en

actes », accuse le patron de l’UMP, Xavier Ber- trand. « Il ne suffit pas d’être dans la posture et de dire j’ai du talent ! » étrille Rama Yade (Sports), qui lui préfère Benoît Hamon ou Ar- naud Montebourg dans la jeune génération PS. Pas d’accord, l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin voit en Valls « celui qui réunit le mieux équilibre entre la modernité des idées et de la personne ».

Ce qu’ils pensent de l’ouverture

« C’est sûr que ça n’a pas renforcé le PS, mais

ce n’est pas Bernard Kouchner qui l’aurait sauvé ! » grince Copé. « Le PS n’a besoin de personne pour s’affaiblir. S’il y a eu l’ouverture, c’est qu’il y avait des gens mal à l’aise en son sein », renchérit Bertrand. « Cela a dédiabolisé le pouvoir », note Raffarin.

« Cela a dédiabolisé le pouvoir », note Raffarin. « Je m’interroge sur l’envie qu’a Aubry

« Je m’interroge sur l’envie qu’a Aubry d’être là où elle est », confie Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique).

», confie Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique). Pour Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, «

Pour Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, « Valls est courageux en paroles, jamais en actes ».

« Valls est courageux en paroles, jamais en actes ». L’ouverture « a dédiabolisé le pouvoir

L’ouverture « a dédiabolisé le pouvoir », explique l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

explique l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Pour l’ex-socialiste Eric Besson (Immigration), « toutes

Pour l’ex-socialiste Eric Besson (Immigration),

« toutes les difficultés du PS étaient déjà scellées au soir du congrès de Reims ».

étaient déjà scellées au soir du congrès de Reims ». « Le PS d’aujourd’hui, c’est la

« Le PS d’aujourd’hui, c’est la droite d’il y a dix ans ! » estime Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée.

Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée. « Aubry a la carrure et Royal est celle

« Aubry a la carrure et Royal est celle qui incarne le plus le mouvement », indique Rama Yade (Sports).

Ceux qui tirent à vue sur Solferino

« La seule chose sur laquelle ils sont d’accord,

c’est l’antisarkozysme primaire. Ça ne fait pas un projet ! » gronde Xavier Bertrand. « Le PS est l’enfant malade de la politique. Dans la crise, il fait de l’idéologie et de l’opposition sys- tématique alors que les syndicats sont constructifs », s’agace Laurent Wauquiez (Em- ploi). « Toutes les difficultés du PS étaient déjà scellées au soir du congrès de Reims (NDLR :

fin 2008), dont j’avais dit qu’il serait un échec et une impasse », décrypte l’ancien socialiste Eric Besson (Immigration). « Aubry a été élue sans vraie majorité et cette majorité hétéro- clite a surtout eu pour objet d’empêcher Royal et Delanoë d’accéder au premier secrétariat », rappelle Besson, devenu secrétaire général ad- joint de l’UMP.

Ceux qui jouent les historiens

« Le PS d’aujourd’hui, c’est la droite d’il y a dix

ans ! » lance Copé à ceux qui croient Sarkozy déjà réélu. Yade opine : « En politique comme en sport, tant qu’on n’a pas franchi la ligne d’arrivée, il ne faut pas lever les bras ». « N’ou- bliez pas 1993 : le PS était très affaibli, et au premier tour de la présidentielle de 1995, Jos- pin était en tête ! » se souvient Bertrand. « A la présidentielle de 1969, leur candidat, Gaston Defferre, a été éliminé au premier tour. Deux ans plus tard, Mitterrand faisait du PS une machine de guerre au congrès d’Epinay de 1971 ! » rappelle Kosciusko-Morizet, dont l’ar- rière-grand-père fut membre de la SFIO, an- cêtre du PS.

Ce qu’ils voient pour sauver le PS

« Le seul qui peut faire ça, c’est DSK ! » tranche

Copé. Pour Yade, 2012 se jouera entre deux femmes : « Aubry a la carrure et Royal est celle qui incarne le plus le mouvement. Fabius est

bloqué depuis 1984, et je ne crois pas à Strauss-Kahn car un sondage ne fait pas une élection. » Bockel ne sait pas qui sera candidat du PS en 2012, mais est sûr d’une chose : « Il aura un handicap de départ car il n’aura pas un parti en ordre de marche. » Sous couvert d’anonymat, un ministre livre son avis, acerbe, sur la jeune génération des Manuel Valls, Ar- naud Montebourg, Vincent Peillon ou Pierre Moscovici : « Ils sont déjà dans le coup d’après. La réélection de Sarkozy en 2012 se- rait plutôt une bonne nouvelle pour un jeune socialiste se positionnant en 2017… »

Nathalie Schuck

Manuel Valls persiste et pose JOURNAL « EL PAIS » DE DIMANCHE. Après une tribune
Manuel Valls
persiste et pose
JOURNAL « EL PAIS » DE DIMANCHE.
Après une tribune dans le « Financial
Times » la semaine dernière, Manuel
Valls a accordé une interview au journal
espagnol « El Païs ». Natif de Barcelone,
le député PS continue de se plaindre de
la lettre numérique de Martine Aubry
qui le pressait de cesser ses critiques ou
de quitter le parti. Posant avec du ruban
adhésif sur la bouche, il affirme : « Les
gens pensent que ce parti n’est pas prêt
à gouverner. Pour la première fois de
son histoire, le PS ne représente plus
aucun espoir. »
(« EL PAIS ».)

Etats-Unis

Sarah Palin jette l’éponge

ARAH PALIN a abandonné son S poste de gouverneur de

l’Alaska, dimanche soir, promettant de continuer à défendre les intérêts de ses administrés, mais ne livrant aucune indication sur son avenir po- litique. L’ex-candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis a passé le relais au nouveau gouver- neur, Sean Parnell, lors d’une céré- monie organisée à Fairbanks, en Alaska. Le 3 juillet, Palin avait an- noncé son intention de démission- ner alors qu’il lui restait dix-huit mois de mandat. Cette décision avait entraîné des spéculations sur son avenir politique et sur la possibilité qu’elle se pré- sente à l’investiture républicaine

pour l’élection présidentielle de 2012. « Certains continuent de ne pas vouloir entendre pourquoi j’ai choisi de suivre une nouvelle voie pour promouvoir l’Etat », a-t-elle dé- claré dans une allocution aux ac- cents de campagne électorale. Et d’affirmer qu’elle pourrait faire plus pour l’Alaska maintenant qu’elle n’est plus sujette aux contraintes de sa fonction. Un sondage pour le « Washington Post » et ABC montre que Palin dis- pose de 40 % d’opinions favorables parmi les Américains, contre 53 % d’opinions défavorables. Elle reste toutefois très populaire au sein de l’électorat républicain qui partage ses opinions conservatrices.

MARDI 28 JUILLET 2009

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