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Notions du référentiel : Chiffre noir de la délinquance,

Sociologie générale et sociologie politique


enquête de victimation.

Sous-thème 3 - Comment mesurer la délinquance ?


3. Contrôle social et déviance
sociaux

Activité 1 – Les critiques opérées à l’encontre des statistiques


de la délinquance sont-elles justifiées ?

Objectifs :
 Distinction déviance/délinquance
 Comprendre la diversité des mesures de la délinquance
 Travail sur la dissertation

Document 1 :
A : Macron lance son plan global pour les prisons
B : Regardez l’interview d’E.Ciotti, député LR (jusqu’à 1.30)
Questions :
1. Quelles sont les principales mesures du plan Macron pour les prisons ?
2. Quels en sont les objectifs ?
3. Le plan Macron paraît-il adapté à Eric Ciotti ? Pour quelles raisons ?

Document 2 :

Source : Ministère de l’Intérieur, Insécurité et délinquance en 2017, Janvier 2018


Questions :
1. Les chiffres donnés par E.Ciotti sur le nombre d’agressions et de cambriolages par jour sont-ils justes ?
Calculez-les à partir des données du tableau
2. Les données du tableau confirment-elles l’affirmation d’E.Ciotti : « La société est de plus en plus violente »?
3. Les statistiques qu’il utilise sont-elles fiables ? Pourquoi ?

Document 3 :
Dans le cadre de leur activité judiciaire, les forces de sécurité (services de police et unités gendarmerie) sont amenées
à rédiger des procédures relatives à des infractions, avant de les transmettre à l’autorité judiciaire Ces infractions ont
pu être constatées suite à une plainte déposée par une victime, à un signalement, un témoignage, un délit flagrant, une
dénonciation, etc., mais aussi sur l’initiative des forces de sécurité. La comptabilisation des infractions peut fournir
une indication du volume réel des infractions commises, et donc de l’insécurité qui en découle, dans les
domaines où la part des délits qui n’arrivent pas à la connaissance des services est faible.
A partir de 1972, les forces de sécurité (police et gendarmerie) se sont dotées d’un outil standardisé de mesure de
l’activité judiciaire des services basé sur des comptages mensuels, appelé « état 4001 ». Ce document administratif
porte sur les crimes et les délits (à l’exclusion donc des contraventions), enregistrés pour la première fois par les forces
de sécurité (afin d’éviter une double comptabilisation si une même infraction est traitée successivement par des
services différents) et portés à la connaissance de l’institution judiciaire (n’y sont donc retracées que les infractions
suffisamment constituées juridiquement pour pouvoir être poursuivies par un tribunal). Les infractions routières sont
exclues de ce dispositif.
Les infractions sont classées en 103 catégories, très hétérogènes par la nature et la gravité des faits, mais aussi par le
nombre d’infractions constatées chaque mois. On y trouve aussi bien les « Homicides commis sur des mineurs de
moins de 15 ans » (catégorie qui compte autour de 50 victimes enregistrées chaque année) que les « Coups et
blessures volontaires criminels ou correctionnels sur personnes de 15ans et plus » (autour de 200 000 victimes par an);
l’infraction de « Non versements de pension alimentaire » (15 000 auteurs recensés par an) ou encore les « Infractions
relatives à la chasse et à la pêche » (1 500 procédures annuelles).
Les critères de différenciation entre les postes de cette nomenclature font souvent référence à l’incrimination pénale
constitutive du crime ou du délit, mais aussi parfois au type de victime (les mineurs de moins de 15 ans sont souvent
spécifiés, ainsi que les particuliers, voire les femmes, ou certains groupes professionnels), au mode opératoire (le
cambriolage est spécifié, ainsi que le « vol à la tire ») ou au lieu de commission de l’infraction (lieux publics,
domiciles,etc.).
Numérotée de 1 à 107 (quatre chiffres ne sont pas utilisés, on recense donc 103 types d’infractions), cette
nomenclature, qui n’a évolué que marginalement depuis 1972 est appelée couramment « les 107 index de l’état 4001».
Source : Ministère de l’Intérieur, Insécurité et délinquance en 2017, Janvier 2018
Questions :
1. Comment ont été obtenues les données du tableau ?
2. Présentez le mode de construction de l’état 4001
3. Expliquez la phrase soulignée

Document 4 :
A:
Comme l'ONDRP (anciennement OND) l'a toujours précisé depuis sa création en 2004, cette statistique ne peut être
confondue avec la délinquance réelle. En effet, il s'agit de la délinquance constatée, qui laisse de côté le «chiffre noir
de la délinquance», à savoir la délinquance qui n'est pas enregistrée par les forces de l'ordre. Ainsi, on considère par
exemple que le taux de plaintes en cas de viol avoisine à peine les 10%. Ce qui signifie que les plaintes enregistrés ne
constituent qu'un dixième de la réalité du phénomène. A l'inverse, pour certains indicateurs (vols de voiture par
exemple) les statistiques enregistrées seront plus proches de la délinquance réelle (les victimes de vol de véhicules
portant en général plainte, et cette statistique étant peu dépendante du niveau de l'activité des forces de l'ordre). De
manière générale, les statistiques enregistrées en valeur absolue n'indiquent que partiellement la délinquance réelle. De
même, les évolutions de la délinquance constatée ne traduisent pas forcément une évolution de la délinquance réelle.
Le cas caricatural étant les IRAS (infractions relevées par l'action des services), comme les contrôles de stupéfiants.
L'évolution de cet indicateur traduit l'importance des moyens consacrés aux contrôles. Si la police cesse de contrôler
dans la rue, la statistique tombera à zéro, sans que cela ne signifie évidemment que le phénomène délinquant a
disparu.
Source : CheckNews | Peut on se fier aux chiffres de la délinquance?, Libération, 16/11/2017
B:
Mais tels qu'ils sont présentés par Ciotti, ces chiffres sont trompeurs car incomplets. Que 222900 agressions aient été
enregistrées ne signifie pas qu'il y a eu 222900 agressions en France en 2017. Il s'agit du nombre de faits constatés
(plaintes, etc.) Or, comme la lecture du rapport le précise, toutes les victimes ne portent pas plainte et tous les faits
d'agression ne sont pas portés à la connaissance des forces de l'ordre. Idem pour les cambriolages. Eric Ciotti (comme
l'ont fait nombre de responsables politiques avant lui) confond les statistiques de la délinquance constatées avec la
délinquance réelle. (…)
On peut affirmer d'ores et déjà que les chiffres de la délinquance constatée sont inférieurs à ceux de la «délinquance
réelle». Voilà ce qu'on lit dans le rapport : Le chiffre de la délinquance constaté sous-estime le phénomène des
violences dans notre société puisque les enquêtes de victimation nous apprennent que, malgré la gravité des
agressions subies, la majorité des victimes ne déclarent pas les faits à la police ou à la gendarmerie : en moyenne
entre 2014 et 2016, seulement un quart des victimes de violences physiques exercées par un auteur qui n’appartient
pas ou plus à leur ménage ont formellement déposé plainte dans un commissariat de police ou à la gendarmerie, et 10
% pour les victimes dont l’auteur vit au sein du ménage. C’est donc autour d’un million de personnes (hors enfants)
qui seraient victimes de violences physiques en France métropolitaine sur un an. Les violences intrafamiliales
représentent environ 4 victimes sur 10 : elles s’exercent principalement à l’encontre des jeunes garçons, puis des
femmes dans le cadre conjugal. Les jeunes adultes sont globalement surreprésentés parmi les victimes.
Ainsi, en se fiant aux enquêtes de victimation des dernières années, le service statistique estime qu'en fait, 1 million de
personnes (hors enfants) seraient victimes de violences physiques sur un an. Bien au delà des 249 000 faits recensés
par les forces de l'ordre et cités par Eric Ciotti.
Par ailleurs, on ne peut pas non plus, comme le fait Eric Ciotti, suggérer que l'augmentation de la délinquance
constatée témoigne forcément d'une «société plus violente». Une hausse des plaintes peut traduire une hausse du taux
de plainte. Qui ne signifie pas une hausse du nombre de faits eux même. Ainsi, le rapport statistique explique que
l'augmentation des agressions constatées entre 2015 et 2017 (de 212700 à 222900) «peut refléter une meilleure
déclaration à la police et à la gendarmerie des atteintes subies par les victimes. En effet, les derniers résultats des
enquêtes de victimation « Cadre de vie et sécurité » (CVS) ne font pas apparaître de hausses (des déclarations
d'agressions) durant la période 2009-2016».
Même chose pour les cambriolages : «Dans le domaine des cambriolages de logement, l’enquête CVS fait apparaître
un infléchissement à la baisse du nombre de faits en 2015 et 2016, alors que dans les données administratives, ils sont
en légère hausse en 2016 et en 2017, ce qui pourrait être l’indication d’une meilleure prise en compte des plaintes
pour tentatives de cambriolages depuis la modernisation des systèmes d’information de la police et de la
gendarmerie.
Source : CheckNews | Il y a-t-il vraiment 600 agressions et 700 cambriolages ..., Libération, 08/03/2018
Questions :
1. Qu’appelle-t-on chiffre noir de la délinquance ? Quelle relation entre délinquance réelle, délinquance
constatée et chiffre noir de la délinquance ?
2. Comment expliquer ce chiffre noir ?
3. Tous les actes délinquants sont-ils concernés de la même manière? Pourquoi ?
4. L’affirmation d’E.Ciotti « l'augmentation de la délinquance constatée témoigne forcément d'une «société plus
violente» » est-elle totalement juste ?

Document 5 :
Les enquêtes dites de victimation permettent de palier les limites de la statistique de la délinquance enregistrée. Il
s'agit de connaître les faits de délinquance dont les ménages et leurs membres auraient pu être victimes dans les mois
précédant le passage de l'enquêteur en les interrogeant. L’enquête permet d’approcher la délinquance subie, au
contraire des chiffres du ministère de l’intérieur qui ne concernent que les faits portés à la connaissance des policiers
et des gendarmes.
L'enquête va interroger un large échantillon de l'ensemble de la population (victimes et non victimes) sur les
cambriolages, vols ou tentatives de vol de voiture ou de deux-roues, violences physiques, menaces, etc... Cette
enquête est menée sur un échantillon de 15 500 ménages répondants, selon l'INSEE.
Depuis 2007, cette enquête annuelle est menée par l'INSEE et l'ONDRP. Depuis sa création en 2014, le Service
statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) est associé au pilotage, à la conception et à l’exploitation de
cette enquête.
Source : CheckNews | Peut on se fier aux chiffres de la délinquance?, Libération, 16/11/2017
Questions :
1. Comment sont construites les enquêtes de victimation ?
2. Quels sont leurs apports pour la mesure de la délinquance ?

Document 6 :
A:
En résumé, les chiffres d'Eric Ciotti, pour être basées sur des sources sérieuses, sont incomplets car ils ne s'appuient
que sur la délinquance constatée par les forces de l'ordre. En prenant en compte l'autre source indispensable de la
mesure de la délinquance (les enquêtes de victimation), on estime par exemple que les agressions sont en fait 4 fois
plus nombreuses que les chiffres que donne le député LR.
Source : CheckNews | Il y a-t-il vraiment 600 agressions et 700 cambriolages ..., Libération, 08/03/2018
B:
Ces limites de la statistique enregistrée ne signifient pas que cette mesure n'est pas fiable mais qu'elle n'est qu'un
indicateur partiel.
Le problème est que cette statistique a longtemps été très mal utilisée par les responsables politiques. Ainsi, jusqu'à
2012, les membres du gouvernement ont présenté ces chiffres comme étant ceux de la délinquance réelle. Trompant
très largement l'opinion, en dépit des nombreuses mises en garde méthodologiques de l'ONDRP.
A cette présentation trompeuse se sont ajoutés de nombreuses intox. La plus grossière étant la présentation dite du
«chiffre global de la délinquance» qui consistait à agréger la totalité des faits de délinquance constatée pour en faire un
chiffre unique. Cette statistique avait vocation selon ses promoteurs (Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux ou Claude
Guéant en ont fait un usage gourmand) à présenter l'évolution globale. L'ONDRP n'a eu de cesse de rappeler que ce
chiffre ne signifiait rien, puisque agrégeant des faits de nature et de gravité diverses. Pour prendre un exemple
caricatural, si une année donnée, le nombre de destructions d'abribus baisse de 2000 mais que le nombre d'homicide
augmente de 1000, le chiffre global de la délinquance sera orienté à la baisse... sans quel cela soit pour autant une très
bonne nouvelle.
Source : CheckNews | Peut- on se fier aux chiffres de la délinquance?, Libération, 16/11/2017
Questions :
1. Ne faut-il plus utiliser les chiffres de la délinquance produits par les services de police et justice ?
2. Quelles précautions faut-il prendre ?

Document 7 :
Questions :
1. Les sociétés modernes sont-elles plus violentes, comme le laissent penser les prénotions ?
2. En quoi les villes américaines se distinguent-elles entre elles et des autres pays (analyse transversale et
longitudinale)?

Document 8 :
Des chiffres qui n’avaient pas été vus depuis les années 1950. Avec 290 meurtres en 2017, la métropole américaine,
peuplée de 8,5 millions d’habitants, a vu son taux d’homicide tomber à 3,3 pour cent mille habitants (contre 5 en
Corse selon le ministère de l’intérieur français). Il faut remonter à plusieurs décennies pour trouver de telles
statistiques : lorsque West Side Story est créé en 1957 à Broadway, il n’y a que 314 meurtres recensés à New York.
Il s’agit aussi d’une chute vertigineuse depuis le record de 2 245 atteint en 1991. (…)
Le phénomène intéressant est celui des dernières années : la ville connaît une baisse de la criminalité qui coïncide
avec la baisse de la population carcérale (il y a désormais moins de 9 000 prisonniers dans les geôles new-yorkaises).
L’une des explications est la gentrification de New York, devenue ville de bobos, mais elle n’est pas complètement
satisfaisante, selon le Wall Street Journal, qui note qu’à Los Angeles, ville ayant suivi la même voie que New York, le
crime a baissé dans des zones où chômage et pauvreté se sont envolés tandis qu’il a reculé à Washington avant
l’embourgeoisement de la capitale fédérale.
Une des explications porte sur le changement des méthodes employées par la police. Elle a utilisé des algorithmes
pour analyser la carte de la criminalité et poster des policiers et des caméras dans les zones où les violences avaient le
plus de probabilités de survenir. Parallèlement, la police a renoué avec les populations des liens qui s’étaient largement
distendus avec la politique de tolérance zéro. Celle-ci s’était accompagnée de contrôles au hasard et surtout au faciès,
dont le nombre a culminé à 685 000 en 2011 : 53 % des personnes contrôlées étaient noires, 34 % hispaniques et 88 %
n’avaient absolument rien fait. Rien du tout, alors qu’il était possible jusqu’en 2016 d’être emmené en prison pour
s’être promené dans un parc la nuit après la fermeture, avoir roulé à vélo sur un trottoir ou s’être baladé avec une
bouteille d’alcool ouverte. (…)
Sur une période de trente ans, le recul de la violence aux Etats-Unis est un phénomène… général. Selon les chiffres
du FBI, le nombre de meurtres est passé du record de 24 700 en 1991 à 14 164 en 2014, avant de remonter en flèche
de plus de 20 % pour atteindre 17 250 en La violence reste particulièrement forte dans les villes marquées par la
défiance envers la police, après que de nombreux jeunes Noirs furent tués par des agents. Mais globalement, selon le
Centre Brennan pour la justice, la remontée de la criminalité semble endiguée : selon ses prévisions, le taux de
meurtres devrait avoir reculé de 2,4 % en 2017 dans les trente villes les plus peuplées des Etats-Unis.
Les Américains ne le ressentent pas ainsi. Depuis plus de dix ans, entre 60 % et 70 % de la population estime, selon le
centre de recherche Pew, que la violence augmente par rapport à l’année précédente, ce qui n’était pas vrai jusqu’en
2014. Dans ce contexte, les Américains défendent largement la possession d’armes : selon une enquête Pew réalisée au
début de 2017, quatre foyers américains sur dix détiennent une arme.
Source : Arnaud Leparmentier, New York a divisé par huit ses meurtres depuis 1991, LE
MONDE | 28.02.2018
Questions :
1. Comment a évolué la criminalité à New York depuis 25 ans ?
2. Comment expliquer cette évolution ?
3. L’emprisonnement est-il la solution pour lutter contre la délinquance ?
4. Les américains sont-ils conscients de cette évolution ?
Sujet de dissertation : Les statistiques de la délinquance traduisent-elles une montée de la violence
dans les sociétés contemporaines ?

Etapes du travail :
I. Compréhension du sujet

Termes Sens Première ébauche


d’organisation des idées

Nature du travail à faire


Domaine de Termes Définition
connaissances

Délimitation
géographique et
temporelle
Reformulation simple du
sujet
Deuxième ébauche
d’organisation des idées

II. Plan et problématique :


 Plan possible
 Problématique

III. Construction du plan détaillé :


 Elaborer un plan détaillé avec 2 ou 3 parties ; chaque partie ayant deux ou trois sous-parties.
 Chaque argument doit être expliqué et illustré
I.
A.
B.
II.
A.
B.
III.
A.
B.

IV. Introduction et conclusion


 Introduction :
 Idée d’accroche
 Lien avec le sujet

 Conclusion :
 Réponse à la question
 ouverture
Grille d’autoévaluation

Critères de réussite A ECA NA


Savoirs - Déviance/ délinquance
- Etat
- Chiffre noir de la délinquance
Savoir-Faire - Travail sur l’intitulé du sujet
- Réalisation d’un plan
- Elaboration d’une problématique
- Méthode AEI