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Student: Irina Gabriela NANCĂ

Specializarea: Română – Franceză, Anul II – ID

Analyse du texte de théâtre :


Molière – « Les Précieuses ridicules »

« Les Précieuses ridicules » est une comédie en un acte, écrite en prose par Molière,
important exposant du classicisme sous le règne de Louis XIV dont il était l’artiste
favorite. La pièce a été représentée pour la première fois à Paris le 18 novembre 1659
au Théâtre du Petit-Bourbon. Depuis sa première représentation la pièce a connu un
immense succès repris par la suite à la ville comme à la cour.
C’est la période pendant laquelle on met les bases et on tient absolument au respect
des règles du théâtre classique, à la règle des trois unités : d’action, de temps et de
lieu, synthétisée aussi bien par le vers de Boileau dans son Art Poétique (1674) :
«Qu'en un jour, qu'en un lieu, un seul fait accompli / Tienne jusqu'à la fin le théâtre
rempli.»

La pièce se veut une critique à l’adresse de la préciosité du temps. « La préciosité est


un mouvement qui prend naissance dans des salons comme celui de Mme de
Rambouillet, qui sont un univers où les femmes sont révérées et courtisées suivant les
principes de la courtoisie médiévale. La préciosité visait également à contrer la
vulgarité du langage et des manières Tallemant des Réaux1 en dit :« L'hôtel de
Rambouillet était pour ainsi dire le rendez-vous de ce qu'il y avait de plus galant à la
cour et de plus poli parmi les beaux esprits du siècle. » Cependant, ce mouvement
précieux se mit à dégénérer en jeux d'esprit futiles, notamment en province, comme
le décrivent Chapelle et Bachaumont2: « À leurs petites mignardises, leur parler gras,
et leurs discours extraordinaires, nous crûmes bientôt que c'était une assemblée des
précieuses de Montpellier ; mais bien qu'elles fissent de nouveaux efforts à cause de
nous, elles ne paraissaient que des précieuses de campagne, et n'imitaient que
faiblement les nôtres de Paris. » C'est cette dérive de la préciosité que Molière
attaque dans la pièce, plutôt que le mouvement précieux « originel ».3

Dans le déroulement de la pièce se succèdent XVII scènes. Les didascalies sont peu
nombreuses ; à part la présentation des personnages il n’y a pas de didascalie initiale.
Il en existe très peu dans le texte et, à l’intérieur-même du texte, des didascalies
internes : « MAS
CARILLE. – Donnez-moi un peu votre main, et tâtez celui-ci, là, justement au
derrière de la tête : y êtes-vous ? »4, « MASCARILLE : Ce
1
Gédéon Tallemant des Réaux[1], né le 7 novembre 1619 à La Rochelle, mort le 6 novembre 1692 à Paris, est un
écrivain et poète français connu pour ses Historiettes, un recueil de courtes biographies de ses contemporains.
[article Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9d%C3%A9on_Tallemant_des_R%C3%A9aux ]

2
Voyage de Chapelle et de Bachaumont: http://fr.wikisource.org/wiki/Voyage_de_Chapelle_et_de_Bachaumont

3
fragment de l’article Wikipédia sur « Les précieuses ridicules »: http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Pr
%C3%A9cieuses_ridicules

4
Molière: « Les précieuses ridicules. Les femmes savantes », édition Maxi-Livres, 2005, scène XI, p.40
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n'est ici qu'un bal à la hâte ; mais l'un de ces jours nous vous en donnerons un dans
les formes. Les violons sont-ils venus? ALMANZOR : Oui,
Monsieur ; ils sont ici. CATHOS : Allons donc, mes chères, prenez place.»5
Le discours dramatique utilisé par le dramaturge est un discours direct,
parsemé de dialogues effervescents, faisant le délice du lecteur ou du spectateur,
dans une note comique, ridiculisant la préciosité des personnages visés : Magdelon et
Cathos, deux jeunes filles bourgeoises riches, provinciales, qui, sont venues à Paris à
la recherche de l’amour et des jeux d’esprit. Elles sont très marquées par la
préciosité, qui est l’esprit de ces temps-là, qu’elles considèrent que les prétendants
trouvés par Gorgibus, père de Magdelon et oncle de Cathos, les seigneurs La Grange
et Du Croisy ne remontent à la hauteur de leurs exigences et, par conséquent, les
rejettent plus ou moins « gracieusement ». Les deux jeunes hommes, repoussés et
humiliés, cherchent à se venger. Afin de réaliser leur plan de vengeance, ils envoient
leurs valets, Mascarille et Jodelet, posant comme marquis, affichant des manières
précieuses pour séduire les filles par leur « bel esprit ». La manière dont ceux-ci leur
font la cour, d’un comportement si affecté et précieux, tourne facilement la tête des
deux filles qui tombent ainsi aisément dans leurs piège, pour découvrir à la fin
qu’elles ont été scandaleusement abusées. Les moyens comiques utilisés pour
ridiculiser les deux filles sont nombreuses, surtout ceux du comique de langage qui
abondent dans le texte :

« CATHOS : Ma chère, il faudrait faire donner des sièges.


MAGDELON : Holà, Almanzor!
ALMANZOR : Madame.
MAGDELON : Vite, voiturez-vous ici les commodités de la conversation »6

« MAGDELON : Il faut le recevoir dans cette salle basse, plutôt qu'en notre
chambre. Ajustons un peu nos cheveux au moins, et soutenons notre réputation.
Vite, venez nous tendre ici dedans le conseiller des grâces.
MAROTTE : Par ma foi, je ne sais point quelle bête c'est là : il faut
parler chrétien, si vous voulez que je vous entende.
CATHOS : Apportez-nous le miroir, ignorante que vous êtes, et gardez-
vous bien d'en salir la glace par la communication de votre image. »7
En utilisant avec grâce tous les moyens de la comédie classique de son temps,
Molière fait passer son message, considérant que chacun doit rester à sa place et y
remplir le rôle que la nature lui a assigné, il montre que ceux qui veulent changer de
figure finissent par se couvrir des masques ridicules sans le savoir. Dans le cas des
précieuses, ces masques sont ceux de la pruderie, de l'affectation et de la vanité.

5
Molière: « Les précieuses ridicules. Les femmes savantes », édition Maxi-Livres, 2005, scène XII, p.42

6
Molière: « Les précieuses ridicules. Les femmes savantes », édition Maxi-Livres, 2005, scène VI, p.28

7
Molière: « Les précieuses ridicules. Les femmes savantes », édition Maxi-Livres, 2005, scène IX, p.30
Student: Irina Gabriela NANCĂ

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