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COURS DE L’INTRODUCTION A LA FINANCE ISLAMIQUE

INTRODUCTION GENERAL :

La fin du communisme et du socialisme, à la fin de siècle dernier, a fait croire que le capitalisme
basé sur la loi du marché, allait s’imposer à tous. Cependant Les crises financières que le mode a
connues, au début du XXIe siècle, ont montré que le système capitaliste mis en place est à repenser.
Les raisons souvent évoquées tiennent au fait que le système économique et financier est
insuffisamment régulé ou régulé d’une façon moins intelligente. Cette remise en question du
système financier, dit conventionnel, a conduit certains opérateurs et chercheurs à s’intéresser à
notre au type de finance : la finance islamique.

Cette finance dite aussi finance alternatif Elle se définit comme une finance éthique parce
qu’elle fait appel aux valeurs qui doivent cadrer les actes et les comportements des agents
économique pour garantir une certaine équité dans le partage aussi bien des risques que des
résultats entre les intervenants dans toute entreprise humaine. Elle se définit également comme une
finance alternative parce qu’elle permet d’utiliser des normes et des outils que la finance
conventionnelle ignore ou veut ignorer jusqu’à présent.

Pour mieux appréhender cette finance islamique il y a lieu de présenter, le cadre économique
et éthique à partir duquel elle tire sa légitimité de l’étude des fondements et la genèse de cette
finance.

CHAPITRE 1 : l’économie et l’islam :


La question que tout un chacun peut se poser, notamment les chercheurs et les opérateurs, est la
suivante : existe –il un véritable système économique propre à l’islam ?
Si l’islam se veut une religion universelle, il se doit d’apporter des réponses aux préoccupations
diverses de l’Homme inhérentes à sa vie Sociétale. Pour les théologiens musulmans, La réponse est
positive. Selon la thèse des oulémas, l’Islam a intégré toutes les dimensions de la vie de l’Homme en
réglementant d’une façon express certains mécanismes que l’on peut amener à utiliser et en laissant
aux croyants une grande marge de manœuvré pour les adapter au contexte dans lequel ils doivent
être déployés.
Cette liberté est conditionnée par l’attachement au respect de la volonté du créateur et au bien-être
de la collectivité.

SECTION 1 : l’aspect morale de l’économie

Les philosophes et les économistes en tendance à faire une nette distinction entre l’économie et
la moral. Mais l’économie et la morale sont toujours des interactions à tel point qui est très difficile
de faire une nette séparation entre les deux modes de pensée. Les règles économiques ne sont pas
exemptes des éléments à caractères morale.

Le pensée occidentale modern doit se focaliser sur la production des biens et sur leur échange
bien que la recherche des performances meilleurs nécessite de faire appel à quelques principes.
Ainsi la notion de bonne foi en matière des contrats et la notion de clauses abusive sont des

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principes moraux Souvent revendiqués par les agents économiques pour améliorer leur
performance.

SECTION 2 : éthique islamique et l’économique

Pour l’économie islamique, la religion et tout à fait présente dans tout processus d’un phénomène
économique et financier.

L’islam et les principales questions économiques :

1- la monnaie

Pour la religion musulmane, la monnaie n’est qu’un instrument de mesure de la valeur de la


monnaie à été confie à des marchandises et des biens pour assumer pleinement sur rôle. la monnaie
à été crée uniquement pour faciliter l’échange en mesurant la valeur des biens.

L’islam condamne tout usage de la monnaie autre que celui instrument de mesure.

Le commerce : Dieu demande aux croyants de mieux gérer leurs rapports entre les musulmans et
non musulman. Tout abus est générateur de péché pour lequel il est difficile d’obtenir le pardon
leurs de la résurrection. Toute partie l’usure de mode dans l’autre monde, qui doit se traduire par
une sanction de dieu pour rééquilibrer les rapports entre les hommes touts iniquité est bannie.

L’épargne et la dépense :

L’islam est une religion qui cherche de juste milieu dans toutes les activités humaines. Les
excès et les abus sont bannis. L’équilibre recherché suppose que la consommation doit être
modérée. L’avarice et l’ascétisme sont condamnés. De même de gaspillage et toute la consommation
excessive sont répréhensibles.

Pour maintenir un équilibre permanant, l’islam encourage l’épargne toute en incitant les
thésauriser leurs capitaux.

Le rôle de revenu :

L’islam défend une répartition des revenus basée sur l’équité et la transparence. le travail doit
être rémunéré célérité (rapidité) en respectant le principe de l’équité.

Le profit pour rémunérer le capital, doit être recherché mais indépendamment du temps. c’est
dans cet esprit que l’intérêt prohibé. Le profit généré par une opération commerciale est vivement
recommandé à condition qu’il respecte le principe de l’équilibre contractuel entre les agents
économique.

L’islam prône une correction au niveau des disparités sociales quand elles existent. C’est par la
zakat que cette correction peut se faire.

L’islam et l’éthique économique :

1. ISTIKHLAF (lieutenance)

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L’homme est investi d’une Mission par Dieu qui consiste à animer toute activité de création, de
mise en valeur, de protection et de développement des ressources mises à la disposition de
l’humanité cette mission appelée « ISTIKHLAF » et l’œuvre humaine est qualifiée d’IIMAR.

La valorisation de travail :

La religion musulmane accorde un statut social de choix aux personnes qui a acceptent d’assurer
une prestation au sein de la société. Le prestataire doit être rémunéré équitablement dans les
meilleurs délais.

L’activité économique et l’entreprenariat sont encouragés parce qu’ils contribuent au bien être de
l’individu et de la collectivité. Le travail aide les croyants à échapper à certaines activités considérées
comme des péchés qui sont bannies par Dieu : l’oisiveté, la mendicité (pour les personnes qui ne
peuvent pas travailler), Le jeu du hasard et la pratique du Riba.

3. l’investissement socialement responsable

L’Islam place l’environnement, le bien-être collectif, l’intérêt des générations futures au centre de ses
préoccupations. Toutes les initiatives, qui militent en faveur de cet engagement, sont récompensées.
Inversement, tous les comportements qui ne sont pas respectueux de cette éthique sont bannis.
Des activités ont été déclarées illicite parce qu’elles vont à l’encontre de cette éthique. Toute
stratégie d’investissement d’un croyant se doit d’écarter les activités suivantes :

L’alcool.
L’armement.
Les activités polluantes.
Les produits nocifs à la santé et à l’environnement.

Chapitre 2 : la charia
L’activité économique, de point du vue islamique, est un acte de régence. L’homme ne détient
pas la propriété effective des biens. Il ne dispose que d’un droit d’usage. Dieu à confie a l’Homme
une responsabilité de gestion de la terre et de ses richesses. Le coran et les hadiths forment le code à
suivre pour réussir cette mission de régence et constitue la charia.

Section 1 : la charia : un cadre réglementaire

Les sources de droit de la charia

La charia est une synthèse élaborée à travers l’histoire et composée des interprétations faites du
Coran et du Hadith de prophète.

Depuis Lors, une véritable science s’est créée ayant pour objet la vérification de l’authenticité du
Hadith.

1-L e fikh :

Lors des conquêtes menées après le décès du prophète, Les musulmans se sont confrontés à des
situations nouvelles, en dehors de leur territoire. Cette situation à posé le problème de
l’interprétation des textes coraniques et des Hadiths dans contexte géographique et culturel

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différent de celui de Médine. Les premières compagnes du prophète se sont mis à l’œuvre pour
interpréter les textes et les paroles et extrapoler les solutions pour les problématiques nouvelles.
Touts interprétation nouvelle est qualifiée de FATWA. Les musulmans ont reconduit cette pratique.
Ce qu’a permis de créer, au fur et à mesure du temps, Un répertoire riche à Fatwa, les théoriciens
nomment FIKH.

2- Les apporte de la charia

Pour rendre une activité économique et financière compatible aux percepts de l’islam, la charia met
ouvre les principales règles suivantes :

L’interdiction de le Riba (l’usure) : c'est-à-dire un accroissement non justifié des biens par le fait
uniquement du temps.

L’interdiction de Gharar : qu’on peut définir comme incertitude, ambigüité ou risque non mesurable
ou non quantifiable.

L’interdiction de Mayssir : qu’on peut qualifier de spéculation et la prise de risque total.

L’interdiction du commerce des produits illicites.

L’interdiction de la thésaurisation :

La mise à profit des circonstances défavorables d’une personne est condamnée.

L’interdiction de la vente d’un bien qu’on ne possède pas encore

Exigées par l’islam l’honnêteté et la loyauté

Exigée de la notion du partage du risque et des résultats dans toute opération commercial ou
financier.

L’existence d’un sous-jacent tangible pour tout mouvement de fonds générateur de revenus

SECTION2 : La charia et les principes d’interdictions

1. le Riba

Le Riba courant peut se définir comme étant une rémunération ex ante d’un capital,
stipulée contractuellement, et fixée indépendamment du résultat de l’opération
commerciale ou financière financée par le dit capital.

2. le Riba dans le texte religieux

Riba dans le Coran :

L’islam condamne le riba. Il le considère comme un péché d’une extrême gravité.

C’est le verset 275, de la Sourate AL BAKARA, qui définit le phénomène dans son
intégralité. « Ceux qui se nourrissent de l’usure ne se dresseront, au jour du jugement, que
comme se dresse celui que le démon a violemment frappé. Il en sera ainsi, parce qu’ils disent :

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la vente est semblable à l’usure. Mais Dieu a permis la vente et il a interdit l’usure. Celui qui
renonce au profit de l’usure, dès qu’une exhortation de son seigneur lui parvient, gardera son
capital. Son cas relève de Dieu. Mais ceux qui retourneront à l’usure seront les hôtes du feu
(enfer) ou ils demeureront immortels ».

Le Riba dans le Hadith et sunna :

Les juristes et les théologiens ont essayé de définir la typologie des Riba possible. Sont
parvenus à faire la distinction entre :

 Riba Annassia : c’est l’augmentation du pris ou de la dette en contrepartie d’un report du


paiement.
 Riba AL Fadl : il se définit comme tout accroissement injustifié dans une opération
d’échange commerciale qui peut léser une partie sur la qualité et /ou la quantité des
produits échangés.

Justification économique et sociale de l’interdiction de l’intérêt

Justification de l’interdiction

Les justifications de l’interdiction de l’intérêt sont parfois celles qui sont citées les éléments
suivants pour justifier cette interdiction :

 L’asservissement des pauvres demandeurs de prêts aux riches prêteurs. Le taux d’intérêt est
un moyen qui est de nature. A renforcer la position dominante des riches sur les pauvres. Ces
derniers ont recours à l’emprunt parce qu’ils ne disposent pas de fonds. Si à terme,
l’emprunt parce qu’ils ne disposent pas de fonds, ce qui est fréquent, pour rembourser ses
dettes, il sera dans l’obligation soit d’accepter l’augmentation du principal, soit d’user d’une
solution qui aggravera sa précarité.
 Le taux d’intérêt est inflationniste. Les économistes, mêmes ceux qui reconnaissent les
vertus de l’instrument du taux d’intérêt au niveau de l’encadrement du crédit et de
l’économie monétaire, reprochent à l’intérêt le fait générateur de l’inflation. Les banques
commerciales sont responsables de la création de la monnaie via des crédits accordés.
 Pour l’islam, l’intérêt peut être la source de l’oisiveté et de la passivité par le fait qu’il permet
de générer un revenu tout en adoptant une attitude passive et sans effort.
 L’intérêt peut décourager l’emprunteur-entrepreneur puisqu’il est tenu de rembourser aussi
bien l’intérêt que le capital avant tout retour sur investissement.
 L’intérêt crée une nette séparation entre l’économie réelle et l’économie monétaire.

La Solution alternative

Pour contrecarrer l’effet « négatif » de l’intérêt, l’Islam propose une rémunération


du capital par le profit. Il s’agit d’une rémunération post ante. Celle-ci doit être le résultat
de son déploiement et de son placement. Cette rémunération obéit à la règle d’or que
l’Islam défend : le principe du partage.
Le profit est une rémunération « juste » et équitable du capital. Pour en bénéficier, le

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capital doit intégrer un processus de création de richesse en vue de dégager un surplus
.Ce dernier doit faire l’objet d’un partage entre l’entrepreneur (investisseur) et l’apporteur
du capital (Rab Al Mal). Les deux partenaires partagent aussi bien le risque que le
résultat de l’opération.

Les autres interdictions :

Le Gharar (l’incertitude) :

Pour les jurisconsultes, le GHARAR est né d’une situation ou l’une des parties au contrat dispose
d’information insuffisantes ou incomplètes. En peut distingue :

 Un GHARAR lié à l’existence par exemple : vendre un bien qui n’existe pas encore.
(ALWOJOUD)
 Un GHARAR lié à la livraison : vendre un bien non livré.
 Un GHARAR lié au quantitatif : vendre un bien qu’on ne peut quantifier, vendre un bien
qu’on plongeur peut récupérer.
 Un GHARAR lié au qualitatif : vendre un bien dont les spécificités ne sont pas déterminées.
(ASSIFA)
 Un GHARRAR lié à la catégorie : vendre un bien dont les caractéristiques ne sont pas définies.
(AL JINSSE)
 Un GHARAR lié au délai : vendre un bien dont la livraison est incertaine.

L’intérêt de l’interdiction du GHARAR est double :

 L’élimination de Gharar permet d’établir un équilibre entre les deux parties


contractantes. Aucune partie ne doit pas être lésée par le fait du manque d’information
au moment de l’engagement.
 L’élimination de Gharar permet d’éviter le transfert du risque d’une partie à une autre.

La Thésaurisation

L’islam interdit la thésaurisation et encourage l’investissement. La thésaurisation peut


détourner la monnaie de son rôle de moyen d’échange. Elle pourrait ce traduire également par un
manque au niveau de l’offre des capitaux, une baisse de la consommation et par une réduction des
investissements.

C’est dans ce cadre que l’islam a considéré la thésaurisation comme un péché. La charia invite les
croyants à investir leur épargnes et à fructifier même celle des orphelins mineurs, sous leur tutelle,
par des opérations d’investissement. Le croyant doit fructifier son épargne pour ne pas l’exposer au
phénomène de l’amenuisement que la Zakat exerces sur l’argent non placé.

La spéculation (Mayssir)

La spéculation doit être entendue dans le sens de prise de risque démesurée et injustifiée. C’est
aussi l’acte qui vise à gagner sans qu’il y soit réellement une activité de production ou d’échange.

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C’est une opération qui lie le gain (ou la perte) des fonds à la production d’un événement sur lequel
on a aucune maitrise.

La licéité des activités et des produits

La licéité est prononcée quand une activité est conforme aux percepts de l’islam. Elle est dite
Hallal. Inversement, toute activité non conforme aux percepts de la charia est déclarée illicite et donc
Haram.

Le Coran et le Hadith ont précisé la liste des produits illicites ainsi que les conditions à remplir
pour qu’une transaction commerciale ou financière soit licite. Mais la règle poursuivie en la matière
est la suivante : Tout ce qui n’est pas interdit est licite. Cette interdiction peut toucher aussi bien les
produits que les conditions de forme de contrats.

Tous les objets qualifiés de Haram ne peuvent pas faire l’objet d’une transaction commerciale.

Les conditions de forme de contrat peuvent également frappées d’illicéité. Les exemples suivants
montrent bien que la charia défend l’équité, la loyauté et la transparence en matière des contrats :

 Un contrat avec une dose d’excessives de GHARAR est illicite.


 Un contrat, dont la réalisation est conditionnée par un autre contrat, est illicite.
 Un contrat basé sur l’échange inégal est illicite.

Chapitre 3 : le droit islamique des contrats


1- la règle générale

L’islam a défini un cadre contractuel entre deux opérateurs économique qui veulent s’engager
dans un processus de production ou d’échange. Les traits généraux de ce cadre peuvent être
résumés comme suit :

Le caractère intuitus personnoe du contrat : qui signifier que la relation existent entre deux
personnes contractants.
Le souci de maintenir une égalité permanente entre les contractants
L’ignorance (AL JAHALA) et l’ambigüité doivent être écartées lors de l’établissement des
contrats
l’acte juridique est constitué par la déclaration et non sur la volonté des contractants.
Le respect des engagements.

2- les éléments constitutifs du contrat

2.1 L’objet

L’objet du contrat doit être licite donc conforme à la charia. Il doit porter sur les éléments réels.
L’objet doit exister au moment de la conclusion du contrat. Le contractant doit être en mesure de
livrer au moment de l’exécution du contrat. Toutefois, le FIKH a accepté deux dérogation : la vente
Salam et la vente Istisnaa. Les deux ventes prévoient une livraison différée avec un règlement
immédiat.

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2.2 Les parties contractantes

Les parties contractantes doivent être majeures au sens de l’islam. Elles ne doivent présenter
aucun symptôme de faiblesse ou d’insuffisances mentales.

Leur consentement doit faire l’objet d’une déclaration et non d’une simple intention. La
déclaration formelle des contractants et l’écrit sont deux exigences de l’islam en matière des
rapports contractuels.

2.3 Validité de contrat

On peut résumer ces conditions de validité de contrat en droit islamique comme suit :

 Le consentement est une condition première pour la validité d’un contrat. Il doit faire l’objet
d’une déclaration formelle.
 L’unicité d’un contrat conditionné par le respect d’un autre est qualifiée de nul (FASSID).
 Le respect des principes de la charia

Section2 : Typologie des contrats de la finance islamique

On islam le contrat unilatéral est appelé WAAD. C’est un contrat qui n’acquiert pas l’acceptation
d’une partie. Ce contrat est souvent utilisé pour des opérations de don ou pour des promesses de
faire. Les contrats bilatéraux sont des contrats d’échanges, de transfert de propriété et/ou d’usufruit,
de partenariat et de garantie.

1- la typologie des contrats

 les contrats des sociétés (oukoud AL SHARIKATE) : ces contrats sont utilisés par des
associations à but lucrative. Ce type de contrat basé sur le caractère permanent d’un
partenariat et sur l’exploitation commune des moyens disponibles en vue de créer de la
richesse.

Les associations peuvent revêtir plusieurs formes :

 Oukoud AL Amal : ce sont des associations ayant pour but d’exploiter un savoir-faire.
C'est-à-dire deux personnes peuvent s’associer pour valoriser leurs compétences
respectives en créant un cadre de partenariat à caractère commercial ou de service.
 AL Moucharaka : lorsque la nature de la participation comporte aussi bien un volet
financier qu’une implication dans la gestion de l’association.
 AL Moudaraba : si la participation de l’une des parties est strictement financière et
l’autre partie limite son apport à son savoir- faire.

L’islam reconnait leur existence d’autre au type d’association même si elles ne sont pas utilisées, il
s’agit de :

 Sharikat Al Woujouh : qui consiste à ses personnes apporter à sont statut social ou
professionnel, des opportunités à exploiter ou des fonds à investir. Ce cadre contractuel
est admis par l’islam.

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 Sharikat Al Muzaraa : une terre agricole peut faire l’objet d’une mise en valeur en commun
entre les propriétaires et des paysans.

 Oukoud Al Mouaawaddat :

 Al Mourabaha : elle concerne l’activité purement commerciale c'est-à-dire les


opérations achat-vente.
 Al Ijara : c’est un contrat qui réglemente toutes les opérations de locations.
 Al Istisnaa : c’est un contrat par lequel un donneur d’ordre demande à un fabricant
de réaliser un produit selon un cahier de charge préétabli.
 La Maintenance : c’est un contrat qui est réservé à toute opération de réparation et
de maintenance.
 Al Wakala : c’est un contrat qui détermine les droits et les obligations de deux
parties si l’une d’elle a reçu le « mondât » de représenter et/ou d’exécuter une
opération pour le compte de l’autre partie.

 Oukoud Al Tabarouaat

Les activités concernées par ce genre de contrat sont à but non lucratif. On distingue :

‐ Les contrats du prêt sans intérêt (Quard Hassan) : l’activité de crédit n’est pas interdite
en Islam. Seule la rémunération ex ante est prohibée. De ce fait, le prêt doit être sans
intérêt.
‐ Contrat Waqf : l’acte de Waqf consiste à transférer la propriété d’un bien à Dieu et que
l’usufruit revient à une population connue et spécifiée par l’ancien propriétaire.

Chapitre 4 : Genèse de la finance islamique


La première révélation de l’Islam est faite à la Mecque était carrefour et un passage obligé pour
les commerçants. L’activité commerciale a connu un développement très apprécié avant et pendant
la révélation.

Après la révélation, l’Islam a instauré le cadre juridique et éthique qui a fixé les premiers
éléments d’un code de commerce ainsi que les prémices d’une réglementation de la finance
islamique. En effet, lorsque le prophète et ses compagnons arrivèrent à Médine, la révélation
s’intéressa d’avantage à l’organisation de la cité et à la codification des relations entre les individus.
Ainsi le Riba fut interdit l’écrit des engagements contractuel fut exigé. Un cadre contractuel nouveau
s’installa.

Section 1 : l’émergence d’une finance islamique

Les pays musulmans ont subi l’effet de colonialisme qui a su leur imposer son système
économique et financier. Le mode musulman à abandonner le cadre charia tique de la
finance et à intégrer les valeurs véhiculées par le système économique et financier du mode
occidental.

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Avec l’avènement des indépendances, un nouveau cadre administratif, mais n’est pas
insuffisant pour créer les conditions du choix d’un système politique et économique à mettre
en place. C’est ainsi que le système financier occidental a été reconduit. La réflexion pour la
création d’une économie compatible avec les percepts de l’Islam est repoussée à plus trad.

1- le schéma Egyptien

Il faut attendre les années 1960, date à partir de laquelle les prémices d’une « banque
islamique » commençaient à voir le jour, grâce à l’imagination et à l’initiative d’un
économiste Egyptien AHMED NAJAR. Qui souhaitait reproduire un système coopératif
allemand sur le sol égyptien, ainsi un système d’épargne rurale à été créé en 1962, pour
reçoit les dépôts des épargnants sans rémunération et accorde des prêts sans intérêt à la
paysannerie.

Il draine aussi des capitaux à investir à fonds perdu tel que la ZAKAT et l’aumône.
L’objectif recherché été les paysans à mieux gérer leur épargne et le financement de leur
activité agricole. Cette expérience a été interrompe malgré un succès spectaculaire. On
raison de la décision politique de l’époque qui voulait conserver la maitrise de l’encadrement
du mande rurale.

2- Le schéma de la Malaisie

Une autre expérience similaire a été lancée en Malaisie durant l’année 1940. Un
dispositif a été mis en place pour collecter l’épargne des croyants qui souhaitent
effectuer le pèlerinage à la Mecque. Un système de caisse d’épargne reçoit les épargnes
des croyants pendant la durée nécessaire pour constituer un capital suffisant requis pour
couvrir les frais de ce rituel, Les frais de voyage, les fris de séjour et les frais d’entretient
de la famille doivent être couverts par son épargne pour remplir la condition principale
requise pour l’accomplissement de ce rituel à savoir la capacité financière. La collecte de
cette épargne et sa fructification ont été confiées à des caisses d’épargne locales.
Cependant ces deux schémas n’ont pas pu générer un système bancaire islamique
moderne qui peut concurrencer la banque conventionnelle.

3- Naissance d’un système bancaire islamique

La période des années 1970 a été caractérisé par :

 La naissance d’un nationalisme arabo-musulman qui a été accompagné parfois d’un certain
islamisme politique. Qui ont créé les conditions propices à l’émergence d’une véritable
finance islamique.
 Les chocs pétroliers des années 1973 et 1974 l’augmentation vertigineuse des prix du pétrole
a généré des liquidités importantes pour les pays producteurs.

Les deux facteurs ont été à l’origine de la création de la banque islamique de développement
en 1975.

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La mission principale de cette institution est de promouvoir le commerce entre les pays
musulmans et de financer des projets d’investissement par des prêts excluant l’intérêt. La finance
islamique moderne fut ainsi créée plusieurs créations ont suivi :

 Koweït Finance House.


 Bahreïn Recouvrement Bank.
 Dubaï Recouvrement Bank.
 Jordan Recouvrement Bank for Finance and Investment.
 Muslim Commercial Bank (Karachi).
 Banque Islamique d’Iran.

Section 2: Naissance d’un cadre nouveau de la finance islamique

1- Boom de la finance islamique

A partir des années 1980, une véritable industrie financière islamique s’installait. Cette finance
cohabite avec la finance conventionnelle en acceptant le principe de la compétition en termes de
produit et en termes de proximité.

La dimension internationale est également atteinte. La finance islamique s’est implanté en


dehors des pays musulmans (U.S.A ; GB). On a assiste à l’apparition d’un nouveau réseau
international d’institutions financières islamiques constitué principalement par Dar Al Mal Islamique
et le groupe All Baraka.

1.1- la création d’institution d’encadrement et de régulation

Parallèlement à cet essor des banques islamiques, l’environnement de cette jeune industrie
commence à se dessine.

Des organisations d’aide et d’appui se sont créées qu’il que association internationale des
banques islamique lancée en 1977. Cette institution se propose de fournie l’assistance technique aux
réseaux des banques islamiques notamment en matière de recherche et de la formation du
personnel.

D’autres institutions on été cite à titre d’exemple :

‐ AAOIFI (Accounting and Auditing Organisation of Islamic Financial Institution) créée en 1991
est chargé d’élaborer les standards en matière d’éthique, d’audit et de comptabilité.
‐ SERIC (Statistical, Economic and Social Research and Training Center of Islamic): créé en 1977
sa mission est le traitement des informations économiques des états membre d’OCI.
‐ IFSB (Islamic Financial Services Board) : cet organisme est chargé d’améliorer l’intégration de
la finance islamique dans le système financier mondial.
‐ LMC (Liquidity Management Center) : son objectif est de créer un marché monétaire
islamique.
‐ IIRA (Islamic International Rating Agency): c’est un organisme de notation des institutions
financières islamiques.

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‐ IFA (Islamic Fikh Academy) : c’est une institution qui a pour mission la coordination l’activité
des jurisconsultes.

Chapitre 5 : l’activité de la banque commerciale


Les spécificités de la finance sont liées aux interdictions suivantes :

 L’interdiction du RIBA
 L’interdiction du GHARAR.
 L’interdiction de L’IKTINAZ (Thésaurisation).
 L’interdiction du MAYSSIR (l’incertitude totale).
 L’interdiction d’investir dans des activités illicites.

Section 1 : les produits bancaires de financement

On distingue deux catégories d’instrument :

 les instruments de financement basé sur une logique d’un partenariat participatif
 les instruments de financement destinés au financement des opérations
commerciales courantes.

1- les instruments de financement dans le cadre d’un partenariat participatif

1.1- la Moudaraba

Définition :

Moudaraba est la technique de financement islamique la plus connue et la plus


ancienne « Etymologiquement, elle se définit comme l’acte qui demande de parcourir la
terre à la recherche d’un gain licite ».

Juridiquement, la Moudaraba est un contrat de financement dans lequel une partie


dénommée « Rab Al Mal », associé et apporteur de fonds, met à la disposition d’une autre
partie dénommée Moudarib (investisseur) des capitaux que cette dernière s’engage à
fructifier par son savoir-faire dans l’intérêt des deux parties. Le résultat généré par cette
opération sera partagé entre les deux parties suivant clef de réparation préalablement
établie avant la mobilisation des fonds.

La banque qualifiée de Rab Al Mal. L’investisseur qui reçoit les fonds est qualifié de
Moudarib. La banque accepte de recevoir une rémunération sur la base d’un partage des
profits de l’opération financée. C’est ce principe de partage que la doctrine islamique
présente comme une alternative au taux d’intérêt.

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Si le résultat est bénéficiaire, la banque récupère son capital ainsi que sa cote part le
bénéfice réalisé. Dans le cas de déficit, seul la banque supporte les pertes. Toutefois si la
perte est due à une faute personnelle, celui-ci doit supporter l’intégralité de la perte.

1.1.1- les conditions de validité

Les conditions liées à la forme :

Il existe plusieurs formes de Moudaraba :

Moudaraba illimitée : la banque (Rab Al Mal) ne définit pas la nature de l’opération.


L’investisseur (Moudarib) n’est pas tenu d’obtenir l’autorisation pour valider un choix
d’un placement.
Moudaraba restrictive ou limitée : dans ce cas, la banque (Rab Al mal) précise le
cadre de l’engagement des fonds à l’investisseur. La banque peut conditionner le
déblocage de fonds au respect du cadre de l’opération préalablement arrêtée.

Les conditions liées au fonds :

le capital doit être liquide : entre les partenaires. C’est l’avis de la majorité des
jurisconsultes.
Le montant des fonds à débloquer doit être connu à la signature du contrat
moudaraba.

Les conditions liées au partage des résultats :

Le partage des résultats doit satisfaire les conditions suivantes :

La réparation des résultats doit être précise et formulée d’une façon claire suivant
une clé de répartition et ce au moment de la conclusion du contrat moudaraba.
Aucun des partenaires ne peut prétendre à une rémunération de droit à encaisser
d’avance avant la répartition du résultat.
Le bénéfice à répartir doit être net de toute dépense quelque que soit sa nature.

1.2- Moucharaka

Définition :

Les deux parties contractantes apportent des fonds pour créer un partenariat qui
s’inscrit dans la durée. Les apports doivent faire l’objet d’un accord préétabli. Chaque
partenaire agit comme un commandité. C’est un partenariat actif.

Les différentes formules utilisées en finance islamique sont :

Moucharaka Daima (Thabita) : la participation au capital est permanente.

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Moucharaka Moutanakissa : qui signifiée la participation de la banque peut être
dégressive. Dans ce cas la cadence de retrait de la banque du capital doit être définie
par le contrat initial.
Moucharaka (ordinaire) : cette formule concerne des opérations isolées
généralement d’ordre commercial ou liées aux marchés publics.

1.2.1- les conditions de validité

Conditions liées au capital :

le capital doit être versé en numéraire.


le capital doit être disponible à la signature du contrat et éventuellement au
commencement de l’activité.
Le capital ne doit pas être constitué par des apports financiers sous forme de dette.

1.2.2- les conditions relative au partage des résultats

Le partage du fruit du partenariat dans le cadre de la Moucharaka doit obéir aux


principes suivants :

 Le principe du partage des bénéfices ne doit pas être sous forme d’un montant fixe. Il
doit être formulé par référence à un % des résultats réalisés.
 Le contrat Moucharaka doit définir la proportionnalité de partage et les modalités de
distribution : quand, comment, à qui, combien, etc.
 La répartition des bénéfices n’est pas forcement proportionnelle aux apports. Le
contrat peut prévoir une répartition de bénéfice d’une façon égalitaire même si les
apports ne sont pas égaux.
 La répartition des pertes doit être obligatoirement proportionnelle aux apports. Sauf
que la responsabilité de l’un des associés est engagée quant à l’origine de la perte,
celle-ci est entièrement supportée par le responsable.

1.2.3- l’intérêt de la formule Moucharaka

Pour la banque :

 La possibilité d’un placement à terme des liquidités disponibles.


 La M oucharaka permet la coexistence et le jumelage de plusieurs formules de
financement.

Pour l’investisseur :

 C’est un mode de financement qui cadre avec les besoins de créations et des
extensions des entreprises.

14
 Le coût de financement n’affecte pas la compétitivité d’une entreprise car il
n’engendre pas des charges financières.
 C’est l’accès au financement le moins onéreux et le plus facile pour les entreprises
qui ne peuvent présenter des garanties.

Section 2 : les instruments financiers destinés aux opérations commerciales

1-Mourabaha

1.1- Définition

Le contrat Mourabaha réglemente un acte de vante avec marge conclue dans le cadre
d’une transparence parfaite. Le vendeur et le client ont une connaissance complète de tous
les éléments financiers de l’acte de vente c'est-à-dire :

 Le prix d’acquisition initiale du bien.


 Les frais liés à sa détention.
 Les frais liés à sa livraison.
 La marge à prélever par le vendeur.

1.2- Mourabaha : un instrument bancaire de financement

La moucharaka est un acte par lequel la banque achète une marchandise sur demande
express et pour le compte d’un donneur d’ordre(le client de la banque).

La banque achète cette marchandise suivant les spécificités formulées par le client. Ce
dernier s’engage à racheter la dite marchandise suivant un prix de vente bien déterminé à
l’avance. La banque et son client déterminent ensembles toute la structure du prix de vente
que la banque doit appliquer dans le cadre de la revente :

 Le prix d’acquisition payé au fournisseur.


 Les frais liés à l’opération et engagés par la banque.
 La marge que la banque doit inclure dans le calcul du prix de vente à facturer au
client.

Schéma de la Mourabaha :

(2) (3)
Fournisseur Banque Acheteur
(1) (4)

(1) : la banque achète le bien au fournisseur ou P1 après consultation de l’acheteur.

(2) : le fournisseur livre le bien à la banque et transfert la propriété du bien à la banque.

15
(3) : la banque livre le bien à l’acheteur (client de la banque).

(4) : l’acheteur règle le prix P2=P1+ une marge, ce règlement est différé.

1-3-Les conditions de validité

Les principales conditions de validité de la Mourabaha recensées sont aux nombres de


Six :

 La vente doit être structurée sous la forme d’une vente réelle et absolue. La
Mourabaha ne doit être une vente conditionnée à un événement future.
 L’objet de Mourabaha doit être une propriété ayant une valeur.
 Le produit doit être suffisamment identifié à l’acheteur.
 La livraison ne doit pas conditionnée par un événement aléatoire.
 La banque et le client doivent préciser leurs prix de revient la marge et les modalités
de règlement.
 Le transfert de propriété entre la banque et le fournisseur doit être effectif.

2- contrat Salam

2.1- Définition

Le contrat Salam est un contrat de vente avec deux particularités :

Le règlement des prix est immédiat mais la livraison est différée. Dans le cadre de ce contrat
la banque intervient comme un acheteur d’une marchandise. Le règlement intervient
immédiatement à la date d’initiation du contrat mais la livraison est différée car le produit
de transaction n’existe pas encore à la date de l’initiation du contrat.

La charia a conçu cet instrument pour financer des transactions qui ne peuvent être
financés autrement.

2.2- Fondements de la légalité du contrat Salam

Les jurisconsultes de l’ensemble des écoles de pensée ont admis la licéité du Salam du
fait que ce contrat était pratiqué du temps du prophète et ses premiers compagnons. Il
existe un Ijma (acceptation par l’ensemble des Oulémas) sur le caractère dérogatoire de la
vente Salam et la licéité du Contrat. Cependant cette dérogation est liée à certain conditions
relatives à l’objet du contrat :

 L’objet doit être licite, réel et non monétaire. Toutes les monnaies, y compris l’or et
l’argent, sont exclues. L’objet doit présenter des caractéristiques suffisantes pour
qu’il soit suffisamment identifiable.
 Le contrat Salam doit préciser les éléments suivant : prix quantité, lieu, délai et
cadence de livraison…

16
 La vente Salam n’exclue pas la possibilité de mandater le vendeur de livrer à un tiers
et ce pour le compte de l’acheteur qui a conclu le contrat initial.
 L’acheteur peut conclure un autre contrat Salam portant sur le même produit avant,
la date de livraison prévue par le contrat Salam initial. La banque peu avancer la
valeur de la marchandise à un agriculteur dans le cadre d’un contrat Salam. La
banque peu conclure également un autre contrat Salam avec une personne tierce qui
accepte d’acheter cette marchandise et dont le délai de livraison coïncide avec celle
du contrat conclu avec l’agriculteur.

‐ Aucune clause pénale ne doit pas être stipulée dans un contrat Salam. De
même, la livraison tardive ne doit justifier une rémunération supplémentaire.
‐ L’acheteur peut exiger des suretés réelles et/ou personnelles.

2.3- l’intérêt financier du contrat Salam

 Le contrat Salam est un instrument financier qui permet à la banque de faire des
avances à un client pour faire face au besoin de son cycle de production et/ou
d’exploitation. C’est un financement alternatif pour éviter toute formule basée sur
l’intérêt.
 La banque maitrise bien son risque puisque les fonds mobilisés doivent servir à la
production des biens tangibles précisés par le contrat.
 Le contrat Salam peut être une des solutions à proposer aux Petite et Moyen
Entreprise (P.M.E) qui sont confrontées aux problèmes de financement et aux
contraintes de suretés.
 La couverture du risque peut être assurée par le système d’un contrat SALAM
parallèle. La banque établit deux contrats :
‐ Un contrat 1 : la banque avance la valeur de la production agricole (valeur
v1) au paysan pour une livraison en jour J.
‐ Un contrat 2 : dans ce cas la banque vend à terme une production (valeur
2) similaire (c'est-à-dire une production comportant les mêmes
spécifications) à un jour J+1. A terme, la banque peut mandater le client 1
pour livrer le client 2. La banque aurait à percevoir le montant équivalent
à V2-V1.

 Schéma SALAM :

(1) (3)

Client Banque Vendeur


(2) (4)

17
(1) : le client vend le bien au banquier avec règlement immédiate et livraison différée.

(2) : le client livre à date prévu.

(3) : le banquier vend le bien sur le marché dans le cadre d’un autre contrat ( Mourabaha, Ijara…)

(4) : la banque livre le bien au nouvel acquéreur.

 Schéma SALAM parallèle :

(1) bis : contrat SALEM Parallèle (1) : Contrat SALEM


Banque
(2) (2)

(1) : paiement
Acheteur Vendeur

(1) : la banque et le vendeur signent un contrat SALEM à une date privée. La banque règle
intégralement et immédiatement le prix de bien P1.

(1) bis : la banque signe un autre contrat SALEM avec un acheteur pour la livraison de ce bien à la
date T2. Celui-ci paye intégralement un prix P2.

(2) : la livraison se fait. Le vendeur livre à la banque qui livre à son tour à l’acheteur.

Paragraphe 3: LE CONTRAT ISTISNAA.


3.1 Définition
Le contrat ISTISNAA est similaire au contrat Salam avec la particularité que le prix à payer
peut-être rééchelonnée. Il concerne les biens qui nécessitent des opérations de traitement et/ou de
transformation. L'ISTISNAA est donc un contrat par lequel un agent confié la réalisation d'un produit
ou d'un ouvrage, qui nécessite un processus de fabrication, à un fabriquant ou constructeur.
3.2 LES CONDITIONS DE VALIDITÉ :
 l'objet du contrat ISTISNAA doit être un bien matériel nécessitant une transformation

18
 tant que l'objet du contrat n'est pas livré totalement ou partiellement, l'acheteur n'a aucun
droit en cas de décès ou de faillite de fabricant sauf s'il est stipulé que le fabricant utilise les
matériaux spécifique ayant été payés par des avancées suivant les clauses des contrats.
 pour les programmes d'investissement dans le cadre de création des entreprises, la banque
peut-être amenée à réaliser une opération triangulaire dite Istisnaa parallèle. Dans ce cas la
banque signer un contrat n°1 d'ISTISNAA avec l'investisseur (client de la banque). Il
s’engage à livrer une usine Ou un matériel qui doit être au fabriqué selon les prescriptions
d’un cahier de charges. Selon la banque signer un contrat 2 avec le constructeur qui
s'engage a lui livrer le même matériel selon les mêmes prescriptions du cahier de charges. A
la même date de livraison, la banque peut demander au constructeur de livrer le bien a
l'investisseur. Le fabricant aura à encaisser le montant M1 convenu avec la banque. De
même ce dernier aura à encaisser le montant M2 convenu avec l’investisseur. Ainsi la
banque aurait gagné une marge égale à M2-M1.
 le contrat ISTISNAA peut être combiné aussi avec une opération Mourabaha dans ce cas la
banque finance la réalisation d'un projet qu’il vend à l’investisseur dans le cadre de
MOURABAHA.
 Schéma de contrat ISTISNAA

Client Fabricant

Contrat (1) (5) (6) (2) (4) (3) contrat n°2


n° 1

Banque commerciale

(1) : un investisseur prise de contrat avec la banque pour étudier l’opportunité de financement de
la fabrication d’un ouvrage. ;c
(2) : la banque choisi un fabricant sélectionne il même
(3) : le fabricant entame la réalisation du bien et reçoit des avances par la banque.
(4) : à la date prévue le fabricant livre le bien à la banque avec transfert de propriété.

19
(5) : la banque livre le bien au client avec transfert de la propriété.
(6) : le client règle le prix en totalité ou échelonné.

4- le contrat IJARA :
4.1 Définition
Le terme IJARA signifie la location. C’est une opération de crédit bail a moyen et à long
terme. Plus connu ce le nom de leasing est repris par la finance islamique sous la forme (IJARA
WAKTINA ou IJARA MONTAHIA BITAMLIK).
Dans le cadre d'un contrat IJARA, le locataire paye le loyer pendant la durée du bail. à l'issue
de la durée fixé, le locataire et la banque peuvent décider en commun de transférer la propriété à
son client (locataire) dans le cadre d’un contrat de vente séparé les versements a faire par le client
doivent comporter deux montants :
 un montant de loyer proprement dit et montant
 le montant réservé à l’acquisition (levée d’option d’achat) ces montants doivent être
versets dans un compte d'investissements. A maturité, le client peut lever l’option et
donner l'ordre à la banque de lui vendre le bien loué. le montant à verser à la banque sera
prélevé sur sont compte d'investissement précité.
4.2 LES CONDITIONS DE VALIDITÉ :
 l'opération IJARA WAKTINAA doit faire l'objet de deux contrats séparés :
- un contrat réglementant l’usage de l'utilisation du bien loué ainsi que le règlement des
loyers.
- un contrat autonome fixant les conditions de la levée de l’option.
 le bien loué, objet du contrat, doit être sous la garantie de propriétaire.
 l'assurance ainsi que les frais de la maintenance, non liée à l’usage sont à la charge de
propriétaire.
 l'objet du contrat doit être compatible avec la charia.
 dans le cas ou le bien est hors d'usage, le locataire est déchargé de sont obligation de
verser les loyers.
 le propriétaire (la banque) peut vendre le bien loué au cours de la période de location. Ses
droits seront transférés au nouveau propriétaire.
4.3 RECOMENDATION DE CONSEILS PRATIQUES :
 structure l'opération sous forme d'un contrat de location avec un droit d'achat au prix du
marché, accordé au locataire à la fin de la période de location après paiement de tous les
loyers dus. »

20
 structure l'opération sous forme d'un contrat de location associé d'un contrat de donation
du bien faisances au locataire, conditionné par le paiement totale des loyers.
 structure l'opération sous forme d'un contrat de location associé a un promesse de vente à
un prix contenu entre les contractants.
 structure l'opération sous forme d'un contrat de location ou le locataire profite d'un bien en
contrepartie d'un loyer donné pendant une période déterminée associé à un droit d'option
d'achat engageant le bailleur a donner au locataire le droit d'acquérir l'objet loué à tout
moment, à condition que la vente se produise dans le cadre d'un nouveau contrat au prix de
marché.
4.4 L'INTERET FINANCIE DE CONTRAT IJARA:
L’ijara est le formelle de financement qui présente plusieurs d'avantages :
Ce mode de financement est Utilisé pour les opérations d’investissements.
L’ijara permet d’alléger la structure financière des entreprises et d’optimiser ses ressources
financières en limitant le recours à des concours bancaires pour le financement de cycle
d'exploitation.
Schéma IJARA :
(7)
(6)

Banque (2)
Client
commerciale (5)

(5) (4) (1)

Fournisseur

(1) : le client choisit un matériel ou un bien au près d'un fournisseur.


(2) : le client et la banque signent un contrat IJARA MONTAHIYA BITAMLIK (et
éventuellement WAKTINA)
(3) : la banque achète le bien au fournisseur et règle sont prix.

21
(4) : le fournisseur livre à la banque le bien. Il est normalement livré au client, mais c’est le
transfert de propriété qui s’effectue en faveur de la banque.
(5): la mise en œuvre du contrat IJARA entre la banque et le client.
(6): le paiement des loyers par le client à la banque.
(7) : c'est le contrat est de type IJARA WAKTINA (avec options d'achat), la banque transfert
le bien au client suivent un autre contrat (contrat d'acquisition), la banque récupère le
bien pour le vendre à un tiers.

5- LES ACTIVITÉS DE CHANGES.


5.1-Le cadre chariatique :

Les oulémas sont accordé une attention particulière aux mécanismes de change en
raison du risque qu'il comporte et que peut se traduire par un gain non justifié assimilé à une
activité de riba. La tradition requiert que le change doit se faire de main a main est
simultanément. Le traitement du change des biens assimilés aux monnaies est représenté dans
le tableau suivant:

Or Argent Blé Orge Date Sel


Or E*S S LC LC LC LC
Argent S E*S LC LC LC LC
Blé LC LC E*S S S S
Orge LC LC S E*S S S
Date LC LC S S E*S S
Sel LC LC S S S E*S

LC: liberté contractuelle

S: simultanéité ou livraison immédiate de deux contreparties sans aucun ajournement.

E*S: égalité et simultanéité livraison immédiate ou égale.

2. Les conditions de validité :

Les jurisconsultes musulmans distinguent cinq conditions pour valider une opération de
change (sarf) :

 ALQABDH : le change doit se traduire par une réception ou une possession réelle des
contreparties en devises échangées.

22
 AL TAMATOUL: ce principe exige l'égalité entre les contreparties échangées issus de la
même monnaie exemple : en billet contre la même monnaie en pièce.
 AL NOUJOUZ: « ce principe refuse l’ajournement ou la stipulation d'un terme dans le
cadre du change monétaire.
 KHIYAR SHART non autorisé : se principe stipule qu'il ne doit pas exister des clauses
optionnelles autorisant la rétractation ou le choix d'une échéance à terme de versement
de l'une ou les deux une contrepartie du change.
 IHTIKAR: la spéculation ou le monopole de l'exercice des activités du change sont
interdit prohibés.

La section 3: les comptes bancaires et les relations avec les déposants

La finance islamique comme la finance conventionnelles se propose d'assurer l'intermédiation


financière en favorisant le rapprochement entre les agents ayant une besoin de financement et
les agents qui disposent d’excédents de trésorerie pour se la le système bancaire en mettant à
là disposition des épargnants deux groupes de comptes :

Les comptes de dépôt à vue et les comptes d'investissement.

Paragraphe1 les coûts de dépôt à vue :

Sont des comptes courants qui garantissent aux déposants la liberté de retrait de leurs
fonds à tous moment mais leur mécanisme n'est pas identique à celle des comptes courants de
la finance conventionnelle.

Juridiquement, selon la doctrine islamique, le dépôt (Wadiaa) et composé de fonds versés


par des épargnants à la banque qui accepte des recevoir moyennant le payement des frais de
gestion correspondants à la tenue de compte. Cependant la banque n'est pas autorisée à utiliser
les fonds comptablement et financièrement. En question les jurisconsultes admettent quelques
fois que la banque peut utilise ces fonds à condition que les déposent lui signifie, d’une façon
express, sont consentement quant à l'utilisation des ces fonds.

Dans ce cas le risque entièrement s’opère par la banque les jurisconsultes assimilent las
dépôts à vue à un crédit sans intérêt dit Qard Hassa.

La gestion des comptes courants ce fait à l'aide des instruments utilisés par la finance
conventionnelles c'est-à-dire : Le chèque, les cartes de payements les virements sont toutefois,
ces instruments ne doivent pas utiliser des mécanismes de riba. D’autres au part les
jurisconsultes ont présenté deux positions différentes. Compte à la rémunération des comptes à
vue certains soutiennent le principe de l'interdiction de toute les rémunérations de dépôts à vue.
la raison évoquée tient au fait qu’on reproduit les taux d’intérêt créditeur du système

23
conventionnel. De même les déposants ne doivent pas recevoir de rémunération pour les
décourager à conserver partiellement leur épargne sous cette forme. L'épargne doit être
mobilisée pour financier l'activité économique.

A l'inverse, d'autres jurisconsultes réclament la rémunération des comptes de dépôt à vue


c'ils contribuent à la réalisation des bénéfices de la banque. Selon ces autours les dépôts à vue
d'un montant élevé et ayant séjourné un temps suffisant pour influencer les performances de la
banque, doivent bénéficier d’une rémunération équivalente à leur contribution aux produits nets
bancaires (PNB). En pratique, la banque peut verser des primes, se forme de cadeaux aux
déposants les plus importants. Cette solution est licite à condition qu’elle ne soit pas décidée de
façon ex ante.

Les comptes d'investissement:

Les banques reçoivent les dépôts des épargnants (les investisseurs) dans le cadre d'un
partenariat visant a fructifier au mieux les fonds a déposés. La banque est chargée d’identifier les
opportunités d'investissement les plus intéressantes pour les fonds compte tenu de la nature et
de l’étendue du partenariat arrêté avec le déposant.

Des analystes assimilent les fonds déposés dans ses comptes d'investissement comme
l'achat des actions de la banque plutôt qu'un dépôt dans un compte à terme au sens de la
finance conventionnelle. Le principe de partage des résultats et des risques, auquel obéissent
ces dépôts, leur donne le caractère quasi fond propres. Cette caractéristique pourrait leur
légitimer un droit à une part de bénéfices sans pour autant leur donner le droit de vote ou de
gestion au niveau de la banque. De même, ces dépôts ne sont pas assurés de leur
remboursement à leur valeur nominale en cas de résultat déficitaire. Ils sont, par conséquent,
totalement différents des dépôts à terme des banques conventionnelles en distingue deux types
de compte d'investissement :

-les comptes d'investissement ouvert et les comptes d'investissement restrictif.

 Les comptes d'investissement ouvert :(AL MOUDARABA ALMOTLAKA)

Dans le cadre de ces comptes d'investissement les fonds sont déposés dans un compte
ouvert au nom du déposant. La banque s’engage à les gérer « bon père de famille » dans le
cadre de ses activités normales de placement. Dans ce cas le déposant appelé (rab al mal) et la
banque est qualifié de Moudarib.

 les comptes d'investissement « restrictif » (AL MOuDARABA ALMOKAYADA) :

La formelle de ce genre de dépôt consiste à préciser et à limiter, le cas échéant, au


banquier les critères à respecter pour le choix de tout placement des fonds mis à sa

24
dispositions. ainsi le déposant peut préciser le secteur d'activité, les critères d’éligibiltés d'un
projet, le délai de placement, la région, etc.

3- les modalités des fonctionnements des comptes d'investissement :

Le mode de fonctionnement de comptes d'investissements obéit de mécanismes de la


Moudaraba. La banque aura à remplir sa mission en acceptent de jouer deux rôles différents
qui empruntent les mêmes règles de fonctionnement, appellent la Moudaraba double.

La banque, quand elle reçoit les fonds dans un cadre du compte d'investissement, se
comporte en Moudarib. Le déposant est Rab al mal.

Ce dernier autorise les banques à fructifier ses fonds suivant un contrat préétabli
fixant :

 La répartition des bénéfices en pourcentage


 la durée (éventuellement)
 la nature et les frais de gestion à prélever
Le banquier place ces fonds dans le cadre d'un contrat Moudaraba. Le banquier
devient Rab al mal. Le client de la banque (investisseur) reçoit les fonds pour financer
ses activités de production ou de commerce. Le client est qualifié un nouveau contrat
Moudaraba doit être conclu entre la banque et l'investisseur qui doit fixer :
 La répartition des bénéfices (en%)
 La durée
 Des suretés (éventuellement).

Chapitre 6: les produits financiers des banques d'affaires


Les banques d'affaires islamiques s'appuient sur une ingénierie financière et juridique
pourrait être présentée à travers ses déploiement dans deux domaines de la finance.

Section 1 : le financement des projets


Le financement des projets est une activité classique du système bancaire. Cette activité est très
intermédiée dans le sens que la banque collecte des fonds qu'ils placent dans le cadre des crédits à terme.
Pour la finance islamique, ce mode de placement est prohibé. Le recours aux contrats nommés est une des
principales solutions proposées aux investisseurs à condition de respectent le principe de l'équilibre
financier des entreprises : c'est à dire que les emplois doivent être financés par des ressources de même
durée.

Paragraphe 1 : la synthétisation des instruments financiers islamiques

25
pour assurer une structure financière équilibrée aux financements des projets la finance
islamique combiner plusieurs contrats pour des projets d'investissement qui ne font pas appel à
un partenariat permanent, c'est-à-dire la MOUCHARAKA, le financement nécessite la création
d'une structure spécifique (SPV: special purpose vehicule) pour réussir les combinaisons aussi
des contrats nommés et pour rendre le financement compatible à la charia et conformes aux
règles de prudence de l'équilibre de la finance.

La SPV est un cadre juridique anglo-saxons qui n'existe pas au Maroc les investisseurs
marocain utilisent la formule d'une société anonyme. La combinaison des contrats nommés, il
concerne deux ou plusieurs contrats par exemple :

 les contrats Istisnaa-Moucharaka.


 Istisnaa-Mourabaha.
 Moudaraba-Istisnaa.
 Moucharaka-Istisnaa-Ijara.
 Moucharaka-Ijara-Salam-Istisnaa.

Pour mieux illustrer l'intérêt de cette synthétisation, un exemple d'un contrat nommé peut-être
présenté par un modèle susceptible d'être utilisée pour la réalisation d'un parking automobile.

 LE SCHEMA DE COMBINAISAN DES CONTRATS NOMMES

La banque Collectivité locale

(70%) (1) (30%)

(2) (6)

(3) SVP (4)

Constructeur Société spécialisé en


(entreprise BTP) gestion des parkings

(4) (5)

26
La vie du projet doit transiter Par les étapes suivantes :

1. La création d'un cadre juridique entre la collectivité locale et la banque(SPV). Ce cadre


reprend les mécanismes d'un contrat Moucharaka dégressive. la répartition des apports peuvent
être définie comme suite : 30% pour la collectivité locale et 70% pour la banque.

2. La création d'une SPV (société anonyme pour le cas marocain) entre la banque et la
collectivité locale pour abriter les fonds.

3. La SPV signe un contrat Ijara avec une entreprise de Génie civil pour la réalisation du projet

4. A la livraison, des projets la société SPV signe un contrat IJARA avec une société spécialisée
dans la gestion des parkings pour s'assurer une meilleure optimisation des fonds investis dans le
projet.

5 et 6. La SPV reçoit les loyers qui vont servir à rémunérer les fonds de la collectivité qui seront
affectés intégralement ou partiellement pour remboursement de capital de la banque géré par les
dispositions MOUCHARAKA dégressive. Les fonds sont rémunérés par le principe de partage
des résultats au des risques à respectée.

Paragraphe 2 : le cofinancement avec des bailleurs de fonds conventionnels

Lorsque les projets d'investissement ont une envergure Qui nécessite une consortialisation
de financement faisant appel aussi bien aux banques islamique que les fonds de la finance
conventionnelle, Le montage financier de ses projets peut présenter des complications difficiles à
surmonter.

Pour les banques conventionnelles, elle seraient confrontées aux difficultés suivantes :

 les intérêts
 les pénalités de retard
 l'utilisation des instruments des couvertures des risques.

Pour les banques islamiques les projets financiers faire l'objet d’un nantissement ou
hypothèque qui sont de nature à rendre difficile la liquidité du bien financé. D'autre au part si les
bailleurs de fonds islamique sont originaires des pays différents, Un problème d'interprétation
des textes de la charia peu se poser si les payes en question à dire a des écoles de pensées
différentes.

Section 2 : Levées de fonds, Titrisation et sukuk

Paragraphe 1 : le cadre de la charia

27
Lorsqu'on fait appel à l'épargne publique ou des institutionnels pour le financement d'un
projet d'investissement, l'ingénierie financière utilise des instruments non bancaires est des
mécanismes des banques d'affaires.

Pour Qu’elle que soit compatible avec la charia l'ingénierie financière doit prend en
considération des formes suivants :

‐ les investissements à financier doivent être conformes à la charia en respectant toutes


les interdictions prévues par la doctrine islamique (Gharar, Riba, Mayssir, illicéité de
l'objet)
‐ les créances et les dettes doivent être attachées à un sous-jacent réel. Leurs rentabilités
doivent être liées à cet actif tangible.
‐ la création d'un instrument Et éventuellement sa combinaison aux autres produits de
financement Doivent être à adossés à des sous-jacente tangibles.
‐ la levée des fonds doit se traduire par l'émission des titres matérialisant << la
copropriété du capitale et/ou du sous-jacente>> et non un titre des dettes.

Paragraphe 2 : la levée de fonds dans le cadre d'un préfinancement


Le préfinancement d'un projet d'investissement doit être entendu comme la constitution
d'un fonds destiné au financement de la réalisation de son programme d'investissement.

2.1 Les SUKUK : définition et intérêts


Le SUKUK est l'équivalent de l'obligation dans le système de la finance
conventionnelle. En finance islamique, le SUKUK se définit comme étant un droit de
propriété, dans l'indivision sur actif financé par les fonds collectés contre la remise des titres
correspondants aux apports reçus. Contrairement aux obligations qui sont des titres de dettes,
Les SUKUK sont des titres de propriété.

2.2 Les différentes étapes de l'émission des SUKUK de préfinancement


Le processus souvent utilisé peut être présenté comme suit:
Un investissement porteur d'un projet étudié, et ayant arrêté un programme
d'investissement précis crée une SPV une (SA au Maroc) la banque d'affaires désignée pour
superviser l'opération ou l'entrepreneur lui même est nommé le gestionnaire (Moudarib) du
SPV (chargée de la collecte des fonds). Quand les fonds sont versés par << les
souscripteurs>>, La SPV procédé à deux opérations successives:

28
 l'acquisition du bien, objet du Financement
 L'émission des titres SUKUK correspondants aux montants et matérialisant le droit de
propriété des souscripteurs de bien acheté.
Les titres seront rémunérés en fonction des performances de l'actif acquis. Le principe
de partage de résultats entre Rab al Amal (les souscripteurs) et le Moudarib (l'entrepreneur)
suivant une clef de répartition établie à l'avance (et exprimée en %). A l'échéance,
l'entrepreneur peut acquérir l'actif acheté suivant le type de SUKUK retenu : SUKUK Ijara,
SUKUK Istisnaa-Mourabaha, SUKUK Salam, etc. C'est le caractère du transfère du bien à
l'investisseur qui détermine la nature du SUKUK.
2.3 Les différentes catégories de SUKUK.
a. . Les SUKUK Mourabaha
Lorsque le transfert du bien, financé par l'émission des SUKUK, de la SPV à
l'investisseur se fait dans le cadre d'une opération Mourabaha avec régalement différé, on
parle d'un SUKUK Mourabaha. Les SUKUK Mourabha ne sont pas négociables sur un
marché secondaire. C’est un marché d'achat et de vente d'un actif financier déjà existant. Par
opposition au marché primaire, il est parfois appelé « marché de l'occasion ». Le marché
secondaire parfois Il comporte à la fois les opérations d'échange :
 de gré à gré (souvent proposées par les mêmes banques d'investissement)
 sur les marchés organisés, autrement dit les bourses
 Le marché secondaire permet la liquidité du marché primaire.
Les titres SUKUK Mourabaha est assimilé à un titre de dette. Lors valeur de vente ne peut-
être une valeur nominale. Ce qui réduit sa liquidité sur le marché secondaire.
b. Le SUKUK Ijara
Le montage juridique et financier de l'opération est identique à celui de SUKUK
Mourabaha à l'exception de l'étape relative au transfert de la propriété du bien, acquis par la
SPV, à l'investisseur. Le montant du loyer servira à rémunérer les fonds levés, c'est à dire aux
détenteurs des SUKUK Ijara. À la fine, les souscripteurs auraient récupéré leurs fonds
(principal et profits) et le bien sera transféré à l'investisseur conformément à un contrat Ijara
Waktina, préalablement signé entre deux parties. Étant donné que la SVP reste le propriétaire
du bien loué pendant la durée de loyer, les titres SUKUK émis représentent un droit indivise
de propriété sur le dit bien. Ils peuvent être cédés est valorisés sur un marché secondaire. les
titres SUKUK Ijara sont très liquides.
c. SUKUK Istisnaa

29
C'est une technique de financement utilisée par le système islamique lorsque le bien à
financier doit subir des transformations. La SPV émet des titres SUKUK Istisnaa pour
collecter des fonds nécessaires à la réalisation du bien à fabriquer. La maturité des titres émis
correspond à la date de livraison prévue par le cahier de charges établi à cet effet, entre la
SPV et le fabriquant. Lorsque le sous-traitant aurait achevé la fabrication du bien il sera livré
à la SPV qui doit procéder au règlement de l'intégralité du montant du contrat Istisnaa. la SPV
peut demander des sous-traitant de livrer directement l'investisseur qui l'initiateurs de
l'opération.ce dernier procède à son tour au règlement de la valeur de l'ouvrage conformément
au contrat le liant à la SPV celle-ci doit dégager une marge bénéficiaire suffisante pour
rémunérer les SUKUK émis.
d. Le SUKUK salam
Il s'agit d'un un type de SUKUK n'existe pas a la date d'initiation du contrat. à la livraison
des produits la SPV vend le bien acquis à l'initiateur de l'opération (l'investissement) avec un
prix de vente Incluant une marge bénéficiaire suffisant garantissant le niveau de rentabilité
souhaité par les détenteurs des titres SUKUK. Ce genre d'opération est l'équivalent des
obligations zéro coupon en finance conventionnelle. Les SUKUK salam sont peu liquides et
sont assimilé à des titres de dettes. La doctrine islamique interdit la vente et le transfert de
dette.

Paragraphe 3: la levée des fonds par la Titrisation

1. Conditions de validité.
‫‏‬
Peut être charia complaint, la titrisation doit se faire sur la base de l’existence d’un actif
tangible et non financier. La majorité des jurisconsultes ont interdit la titrisation des créances
et des dettes. En effet en finance conventionnelle, la titrisation est une technique
financière qui consiste classiquement à transférer à des investisseurs des actifs financiers tels
que des créances (par exemple des factures émises non soldées, ou des prêts en cours), en
transformant ces créances, par le passage à travers une société ad hoc, en titres financiers émis
sur le marché des capitaux.

2. les mécanismes

C’est l’existence d’un actif tangible avant l’émission des titres qui constitue la
particularité de la titrisation. La création d’une S.P.V Mourabaha est nécessaire pour la
collecte des fonds pour acheter le bien à titriser. La S.P.V son affectation ne peut se faire que
dans le cadre de :

30
 Mourabaha

En règle générale, l’actif est vendu avec un règlement différé. Une marge bénéficiaire doit
être dégagée pour rémunérer les fonds des souscripteurs. Lorsque la vente est faite à tiers, c'est-
à-dire qui ne peut être l’ancien propriétaire, l’opération est qualifié licite, par contre si l’ancien
propriétaire qui rachète son actif avec règlement différé, la vente est dite bai al einha. C’est un
mécanisme qui peut comporter une dose de Riba. Les prix de vente et d’achat peuvent être
différents des prix du marché.

 Ijara

La S.P.V, ayant acquis l’initiateur de l’opération ou à un tiers. Si la titrisation est faite dans
le cadre d’un lease back, l’opération est illicite à condition que l’ancien propriétaire ne s’engage
pas à le racheter dans le cadre Ijara Waktina. Des jurisconsultes reprochent à cette technique de
comporte une dose Ribaoui.

En effet Le lease-back est une opération par laquelle une entreprise propriétaire d'un bien
d'équipement ou à usage professionnel le cède à une société de crédit-bail, qui le remet
immédiatement à sa disposition par une opération de crédit-bail mobilier ou immobilier selon la
nature du bien cédé. De telles opérations ont essentiellement pour but de procurer à l'entreprise
des capitaux à long terme pour financer des immobilisations nouvelles, ou de consolider
des crédits relais à court terme pour rééquilibrer le bilan. Cet artifice disparaît lors de
l'établissement de comptes consolidés.

La titrisation est une technique pour laquelle des jurisconsultes émettent beaucoup de
réserves. Pour leur majorité, la titrisation permet de créer artificiellement une dette. Elle incite
les opérateurs à user de Hiyal (astuces) pour la rendre licite.

Paragraphe 4 : Les contrats à terme, les options et les SWAP

1. Les contrats à terme

Les contrats à terme utilisé par la finance conventionnelle, sont déclarés illicites par
l'ensemble des écoles de pensée. Bien que la Mourabaha avec paiement différé ainsi que
Salam (livraison différée) soit licites, les futures et les Forwords ne sont pas admises par la
doctrine islamique que le règlement et la livraison sont différés. Les futures sont des contrats
à terme qui comporte un engagement faire de livraison dans les caractéristiques à l'avance.
Les Forwords sont également des contrats à terme il s'agit d'accord d'acheté ou de vendre un
actif à un prix et une date futur précis dans le contrat. Les jurisconsultes admettent qu'il existe

31
une dose de Gharar suffisante pour générer des situations conflictuelles. Les jurisconsultes ont
formellement interdit les contrats à terme conventionnels dans lesquels tant le paiement de
prix que la livraison de l'objet de la banque sont qualifiés de passifs futur la licéité ne peut être
envisagé que par un règlement intégral et immédiat du prix de vente à la date d'initiation du
contrat.

2. Les options

Une option est un produit dérivé qui établit un contrat entre un acheteur et un vendeur.
L'acheteur de l'option obtient le droit, et non pas l'obligation, d'acheter (call) ou de vendre (put)
un actif sous-jacent à un prix fixé à l'avance (Strike), pendant un temps donné ou à une date
fixée. Ce contrat peut se faire dans une optique de spéculation ou d'assurance. Les options sont
des instruments crées par la finance conventionnelle. Et sont deux types:

Les options de vent (put) est un droit négociable de vendre un bien à un prix donné pendant
une durée déterminée.

L'option d'achat (cal) est un droit négociable d'achat d'un bien à un prix donné pendant une
durée indéterminée.

Quand ce droit est exercé, on dit qu'on a levé l'option. Après l'échéance cette option n'a
aucune valeur. L'option doit être levé avant l'échéance ou a l'échéance touts acheteurs ou
vendeurs d'options qui n'a pas l'intention d’exercer ce droit avant l'échéance ce droit était
obtenu moyennant une montant du prix il existe un marché organisé pour ce genre de
transaction une ingénierie spécialisé s'est développé plusieurs d'années pour émettre en droit
islamique cette technique a une licéité contestée l'objet d'un contrat ne peut être une promesse
donné matérialisée par le règlement d'une prime. De même que la transférabilité d'un droit
(option) n’est pas reconnue par les écoles sunite.

L'équivalent de cet instrument est la formule Ourbun. C'est une option d'achat de la
finance islamique. La différence principale entre les deux instruments c'est que l’Ourbun
(avance) fait partie du prix d'achat alors que la prime ne peut être assimilée à un acompte sur
le prix de la transaction d'achat ou de vente. Un autre point de différence c'est que le bien
objet de l'option doit exister au moment du règlement de l'acompte.

3. Le Swaps (AL Mourajaha)

32
Swaps est un contrat d'échange de flux financier entre deux parties qui sont généralement
des banques ou des institutions financières la technique de swaps consiste à échanger des
positions entre deux parties ayant des craintes opposée et des analyses de la conjoncture
différence sinon contradiction il s'agit principalement d'échanger deux positions qui peuvent
correspondre à la fluctuation des taux d'intérêts ou de la valeur des monnaies. Le taux d'intérêt
n'étant pas pratiqué par le système financier islamique. L’instrument swap de taux d'intérêt n'a
aucune utilité financière pour la finance islamiques pour le change les jurisconsultes
n'admettent pas l'utilisation de swap parce qu'il peut générer un gain qualifié de Riba. La
doctrine islamique rejette toutes les techniques de transfert du risque y compris la technique
des swaps. Paragraphe

Paragraphe 5 : les fonds d'investissement

1. Le Cadre de la charia

Les fonds d'investissement sont constitués par une épargne à la recherche d'un placement
et d'une rémunération variable principalement dans le cadre d'une Moudaraba ou une prise de
participation sous forme d'action. La stratégie des fonds d'investissement, peut se baser sur
des critères de sélection de projets avec une pondération particulière qui n'est forcement
financière. Toutefois la recherche du profit demeure le critère principal. Pour les prises de
participation dans des sociétés existantes les jurisconsultes ont défini des critères quantitatifs
et qualitatifs à satisfaire pour être en conformité avec les principes de la charia. Les critères de
sélection touchent les trois volets suivants:

 la licéité de l'objectif
 la structure financière
 la structure des revenus

Pour déclarer une société éligible au financement des fonds islamique les juristes sont
sensibles aux points suivants :

 l'endettement : l'entreprise ne doit pas être trop endettée


 le poids des créances et des actifs financiers : l'actif de l'entreprise ne doit pas être
constitué essentiellement par des créances et par de la trésorerie.
 l'importance de l'intérêt Ribaoui perçus : les intérêts perçus ne doivent pas dépasser un
seuil déterminé

33
 tous les revenus illégaux doivent être remis à des organismes de bien faisances pour
être purifiés.

2. Les normes

Si les jurisconsultes musulmans sont unanimes sur les critères de sélection précités, Les
normes applicables contre la charia Board des entreprises et des marchés financiers. La
standardisation des normes n'est pas encore établie malgré les efforts des institutions
chargées de la promotion et de développement de la finance islamique.

Lorsque les rations d’une entreprise sont conformes à ceux retenus par son marché
financier, Les fonds d'investissement si un des ratios n'est pas respecté, le fond
d'investissement doit procéder au retrait des actions concernées de son portefeuille.
L'entreprise ne peut revenir à la cotation que si elle procède à la correction requise.

Chapitre 7 : les apports de la finance islamique

L’industrie financière islamiques sont développement durant les trois derniers


décennies lui a permis d'attirer l'attention des chercheurs. Son développement
spectaculaire est dû à la jonction de plusieurs facteurs endogènes et exogènes à son espace
d’origine, le moyen orient.

L'augmentation de liquidités de pays du Golf peut expliquer partiellement sa


croissance.

La crise financière 2008 était un élément qui revient très souvent au niveau les débats
consacrés à l'étude et à l’étude et à la présentation de cette finance. Plusieurs analystes
n’hésitent pas à se référer aux causes de la crise pour étayer leur argumentaire utilisé pour
défendre les apports de cette jeune finance.

Section 1 : les apports de la finance sur le plan éthique et moral

Paragraphe 1 : le cadre général

La fin du monde dipolaire, après l'effondrement du bloc soviétique, a mis fin à la guerre
froide et à des peurs sur le plan social et politique. La libéralisation économique et la
mondialisation économique ont connu des extrêmes. Les excès commis par les opérateurs
financiers ont causé des dégâts extrême d'inégalité sociale et ont légitime des comportements
dénués de toute moralité. Face à cette situation, un courant nouveau de pensée milite pour un

34
retour de la morale pour retrouver un nouvel équilibre social qui place l'homme au centre de
ses préoccupations. Dans cette mouvance la finance islamique propose un modèle de
financement de l'économie ou la morale a sa place qui lui revient pour parvenir un équilibre
social accepté par toute la communauté qui garantit le bien être de l'homme. Pour ce faire la
finance islamique met l'accent sur trois notions essentielles de science économique :
 La monnaie est un instrument d'échange et non un instrument de spéculations. Par l'a
quelle il peut être la source d'inégalité par la constitution d'une catégorie de rentiers
par le biais de la spéculation.
 L’économie ne doit pas être un système indépendant de l'éthique comme la richesse
ne doit pas être dissociée du bien-être.
 La neutralité du temps : il ne peut faire l'objet d'une transaction à caractère
commercial et financier.
Paragraphe 2 : l'épargne
Capter le maximum d'épargne est une précipitation quotidienne de la banque. Pour y
arriver ils doivent agir sur les facteurs qui influencent sur le processus de décision de
l'épargnant quant au choix d'une banque de dépôt. La préférence des épargnants est souvent
guidée par la nature des utilisations qui seront faites de leurs fonds par la banque. L'épargne
solidaire est considérée comme l'un des modèles de ce mode de raisonnement. La banque est
mandaté pour affecter partiellement les produits financiers générés par les dépôts de ce genre
de clientèle à des organisations non lucratives qui militent en faveur d'un secteur social
déterminé. La finance éthique peut également s'intéresser au développement local et au
financement du tissu productif. Les épargnants peuvent décider d'affecter le produit de son
placement au renforcement des PME locales ou régionales qui sont exclus par le système
bancaire. Renoncer aux intérêts orienter les investissements vers des activités licite et donner
un sens à la solidarité sociale sont également dès critères de la finance islamique en matière
de mobilisation de l'épargne.
Paragraphe 3 : les placements
Pour la finance islamique les critères d'éligibilité au financement Sont définis par la charia.
Ils s’imposent à tous les opérateurs les investisseurs et les épargnants. Les critères de sélection
les plus usuels sont:
 Les activités reconnu comme HALAL c'est à dire conforme à la charia
 Le taux d'endettement ne doit pas passer 30% du passif
 L’actif financier ne doit pas excéder 30%.

35
 la part des produits illicites ne doit pas excéder plus de 5% des revenus de l'entreprise
cible. La purification doit se faire par le versement des montants qualifiés de HARAM
à des organisations caritatives. L'éthique de la finance islamique est universelle et
prône plus d'équité de solidarité et de justice sociale pour tous indépendamment de la
race de la religion et de l'appartenance sociale.
Paragraphe 4 : L'aléa moral et l'asymétrie de l'information
Est une situation qui permet à. Détenteur de la formation d'exploiter pour des fins
personnelles les éléments d'un contrat au détriment de l'intérêt de ses partenaires. La
finance islamique à traité ce problème à son origine. L'équilibre du contrat nommé, base
de toute transaction financière, Doit être atteint faute de quoi le contrat peut être dénoncé
ou annulé. Le GHARAR qui n'est que l'ignorance partielle ou totale de certains paramètres
liés à l'exécution du contrat, constitue un motif suffisant pour déclarer la nullité d'un
contrat. L'islam insiste sur quatre points fondamentaux qui doivent régir toute transaction
commerciale et financière :
L’honnêteté: un investisseur est censé être transparent et honnête.
Al AMANA: l'investisseur doit veiller aux respects des droits de toutes les parties
et à l'équilibre des contrats.
Clémence : le commerçant doit être plus clément au niveau de la pensée des
marchandises. Le débiteur est censé rembourser ses dettes à bonne date. Le
créancier est censé donner au délai raisonnable supplémentaire pour tout débiteur
qui connait des difficultés réelles de remboursement.
Le respect des engagements et de la parole donnée: Dieu a donné une instruction
précise aux croyants.
Section 2: les apports de la finance islamique sur le plan économique
Paragraphe 1 : le cadre général
Les principaux fondements de la finance islamique peuvent se résumer ainsi :
 l'interdiction de l'intérêt et la neutralité du temps
 le principe du partage des profits et des pertes
 le principe de l'interdiction du GHARAR et de Mayssir
 le principe de l'existence d'un sous-jacent tangible pour tout transfert de fonds
générateur de revenu. Ces fondements ont une influence directes sur :
 la structure de la valeur ajoutée (principe de partage des résultats)
 La dette publique (le taux d'intérêt et l'endettement)

36
 les marchés financiers et le financement de la croissance (l'existence d'un actif
tangible).
 Le plein emploi (le principe de partage et la valorisation du travail).
Paragraphe 2 : une finance participative

L'objectif de la finance islamique consiste à conditionner toute rémunération du facteur


capital à sa participation directe à la création de la richesse. Elle peut se concevoir que dans le
cadre d'un partage des résultats et des risques.

La rémunération du capital doit obéir aux conditions suivantes :

 Elle ne peut pas être définie d'une façon ex ante. Elle est conditionnée par la
production d'un résultat économique impliquant l'existence d'un sous-jacent tangible et
d'une prise de risque propre à l'opération en question.
 Elle doit se faire dans le cadre d'un partenariat avec le travail (l'entrepreneur) suivant
le principe de partage des résultats. C'est pour cette raison que la finance islamique a
été qualifiée de finance participative.

Paragraphe 3: l'abolition des situations nées de l'intérêt

Le taux d'intérêt est à l'origine de plusieurs situations qualifiées d'anormales par la


finance islamique. Parmi ces situations on peut citer :

 Le taux d'intérêt permet au détenteur des capitaux de gagner l'argent par l'argent
sans être contraint à prendre des risques (opérationnels). Cela engendre des
situations de rente.
 Le risque n'est pas équitablement réparti les bailleurs de fonds et les investisseurs.
Seuls les emprunteurs supportant les risques opérationnels. Ce qui pourrait être
interprété comme une injustice sociale.
 Le taux d'intérêt est inflationniste. Il contribue à la création de la monnaie par le
crédit.

Paragraphe 4: la résistance aux crises financières

La période 1980-2000 a connu un développement spectaculaire de la finance qui a


bénéficié d'un contexte favorable marqué par un libéralisme excessif. Des innovations
financières ont vu le jour. Une nouvelle culture financière s'est installée. L'économie

37
est devenue au service de la finance. La crise financière 2008 amis fin à ce processus
selon les analystes cette crise à été déclenchée par la crise des subprimes.

Cette dernière n'est que la jonction des phénomènes suivants:

 La Titrisation a été utilisée des de façon abusive.


 La complicité des agences de notations.
 La réévaluation des actifs par les banques au prix des marchés pour octroyer
plus de crédit à la consommation.
 des sur liquidités abondantes et bon marché favorisant l'octroi des crédits.

Le schéma d'octroi des crédits aux USA a été à l'origine de la crise 2008/2009. En effet
les banques américain accordent des crédits à des ménages qui veulent acquérir leur logement
Sur la base des dossiers qui ne pas suffisamment étudiés. Ce faisant des crédits ont été
accordés à des personnes qui ne présentent pas de garanties suffisantes pour le recouvrement
des fonds débloqués. Pour avoir leur aval afin de bénéficier d'un Rating favorable. Ainsi la
Titrisation des créances devient possible puisque les conditions requises été remplies. Lorsque
les acquéreurs de logement ne peuvent pas faire face à leur engagement. Les impayés des
banques ont atteint des proportions telles que la faillite de tout système financier devient
évidente. La crise de 2008 est éclatée.

L'analyse de ce schéma montre que la Titrisation est une technique qui répond à deux
objectifs :

 Elle permet de transférer le risque tierce.


 Elle permet à la banque de reconstituer son passif en se refinançant et d'améliorer par
conséquent son rating.

Cette technique est rejetée par la finance islamique car le transfert des dettes et des
risques est considéré comme Haram. La banque doit assumer pleinement son risque lié à toute
opération financière. Le taux d'intérêt est également l'une des causes de la crise financière. La
finance conventionnelle n'implique pas toujours l'existence d'un actif tangible pour tout
mouvement de fonds générateur de revenus. A l'inverse la finance islamique lie toute
rémunération des capitaux à leur contribution au niveau de la valeur ajoutée dans le cadre d'un
partenariat actif avec le travail. Ce qui a permis à cette finance de mieux résister aux crises
financières en Turquie. USA et en Europe.

38
Section 3: les fonds islamique une source précieuse de financement

Paragraphe 1 : Combinaison avec la finance Conventionnelle

La finance islamique est une industrie qui peut cohabiter avec la finance
conventionnelle. Autrement dit des projets peuvent être cofinancés par les fonds émanent
aussi bien de la finance conventionnelle que de la finance islamique.

Paragraphe 2 : le financement des collectivités locales

Le recours quasi-permanent aux aides de l'Etat et aux organismes de financement peut


s'avérer insuffisant eu égard aux énormes besoins que nécessite la mise à niveau du pays sur
le plan local, régional et sectoriel. La finance islamique peut compléter ces sources de
financement a cette effet les opérations du SUKUK utilisé par certains pays européens
pourraient être reproduites au Maroc. La construction d'un complexe sportif, le SUKUK
hebdomadaire et les gares routières sont des exemples de projets éligibles à ce mode de
financement islamique Sukuk. D'autres instruments peuvent être utilisés pour le financement
des collectivités locales tels que:

 Ijara et SUKUK Ijara


 la Moucharaka moutanakissa
 Istisnaa et SUKUK Istisnaa
 la Mourabaha

Paragraphe 3 : le financement des PME

Les banques conventionnelles montrent souvent une certaine réticence pour de


financement des PME. Les raisons souvent évoquées sont :

 La dimension de leur projet d'investissement


 la nature et l'ampleur du risque les PME sont généralement vulnérable. Elle est
exposée aux aléas liés aux changements de la conjonction et la qualité du
management du chef d’entreprise
 le cout du suivi du crédit PME et élevé: les procédures d'études, de déblocage de
fonds, de suivi et dé recouvrement sont souvent aussi compliquées que celle des
grands projets. Les procédures engendrent des coûts qui peuvent gêner la
rentabilisés des fonds de la banque. Pour rendre les PME plus attractive pour les

39
bailleurs de fonds, les formules de financement basé sur le principe du partage des
profits et des pertes pour améliorer la rentabilité des fonds mobilise par les
banques. Tous les produits de la finance islamique peuvent être utilisés pour le
financement des PME. La Mourabaha, là Moucharaka et Ijara, Sont souvent
utilisés pour le financement à long et moyen terme c'est à dire pour le financement
des programmes d'investissement. Par contre la Mourabaha,l'Istisnaa et Salam
peuvent être utilisés pour des cycles courts et éventuellement pour couvrir les
besoins du fonds roulement.

Paragraphe 4 : les micros crédits

La micro finance est une mode de financement de financement qui peut mettre en
relief la dimension sociale et économique De la mission de la finance islamique. Le
soutient aux initiatives individuelles, exclusive par le système bancaire conventionnel,
constitue une niche important dans les pays musulmans. La finance islamique semble
mieux outillée pour gérer et suivre les rapports entre croyants quand ils s'inscrivent
dans le cadre d'un partenariat économique et financière.

Sur le plan économique la micro finance conventionnelle est parfois coûteux en terme
du taux. Le principe de partage peut rendre la micro finance plus attrayante.

Chapitre 8 : les défis de la finance islamique

La finance islamique propose des modes de financement et de pratiques d'intermédiation


financière qui doivent obéir à deux types de normes :
‐ Les normes liées à la charia
‐ les normes liées à la rationalité économique et à la rentabilité financière.
Faire coexister ces normes, en les respectant, est une tâche très délicate. Ce qui constitue
d'ailleurs le défi majeur de la finance islamique. Par ailleurs, la pratique quotidienne de cette
finance a révélé certaines limites de son mode de fonctionnement. La standardisation des
contrats, l'applicabilité des lois auxquelles elle se réfère l'existence d'une charia au pluriel, la
pénurie du personnel qualifié sont des éléments qui ont impacter l'évolution de cette finance.
Section 1 : les obstacles au développement de la finance islamique
Paragraphes 1: la dimension religieuse
1.1 L’image de marque

40
La finance islamique est souvent présenté comme étant une finance dans les principes
structurant relèvent de la religion. Cette présentation peut réduire les champs d'application de
cette finance aux seuls actes de piété alors qu'elle est censée donner des réponses
économiques et universelles à la problématique posée par le développement économique et
social de la collectivité. Cette dimension éthique et religieuse a conféré à la finance islamique
une image de marque d'un modèle incompatible avec la rationalité requise dans toute stratégie
de développement économique et sociale d'un pays. Or les oulémas défendent la thèse selon
laquelle l'Islam est une religion qui propose n système économique politique et sociale à
même de gérer l'ensemble des dimensions de l'œuvre humaine. Sur le plan économique les
activités d'échange, de production et de financement ont été traitées avec une certaine
rationalité défendable. Le rôle de la monnaie, la renonciation à l'intérêt, l'interdiction de
GHARAR le non transfert des risques le principe de partage des résultats la valorisation du
travail sont autant de questions qui ont été traitées par l'islam. Cela montre que la dimension
religieuse n'a pas empêché la doctrine islamique de s'intéresser aux dimensions économique et
juridiques de l'acte d'entreprendre. La finance islamique devrait être considérée comme une
solution alternative indépendamment de ses référents religieux. Le champ d'application de la
finance islamique ne peut pas se limiter aux rapports financiers entre musulmans. Cette
finance propose de donner des solutions universelles pour les musulmans et non musulmans,
basée sur l'échange juste équitable transparent et responsable. "La finance islamique est la
réorganisation éthique des flux des capitaux à l'échelle mondiale"
1.2. La nature de marché de la finance islamique
Le marché de la finance islamique est constitué essentiellement d'une clientèle constituée
par des épargnants et des investisseurs sensibles en théorie, au référent religieux. La
population cible reste donc une minorité par rapport au marché de la banque conventionnelle.
Le poids du référent religieux impose un système de gouvernance qui doit prend en charge les
paramètres suivants:
 un profil très varié de la clientèle : l'âge, le niveau d'instruction le degré de sensibilité
au gain financier sont des paramètres qui interviennent pour définir le degré
d'attachement au réfèrent religieux d'un client
 l'absence d'une politique de différenciation des produits : la banque islamique n'a pas
encore développé une politique de différenciation des produits bancaires qui tient
compte des spécificités de chaque segment du marché.
 la dimension religieuse plurielle. C'est une dimension très influencée par le poids des
écoles de pensée et par les composantes culturelle de chaque zone géographique. Ce

41
qui explique le caractère fragmenté et localisé de développement de la finance
islamique qui ne doit pas se focaliser sur la zone géographique Constituée par les pays
de golfe.
1. 3. L'insécurité juridique
l'un des grands défis de la finance islamique est le choix d'une loi applicable aux contrats
dans un environnement non islamique ce tient à l'existence de controverses doctrinales sur le
droit islamique des affaires la difficulté à faire coexister un droit transnational et les droits
nationaux. Cette controverse est la conséquence de la difficulté d'interprétation des textes de
lois et des préceptes de la charia. Les contractants seraient confrontés à la difficulté de:
 Définir quelle école de pensée à laquelle il faudrait se référer lors d'un contentieux
éventuelle.
 Désigner quelle loi nationale applicable au contrat.
Il est difficile de faire valoir les droits reconnus par la charia dans un pays non musulman.
Pour les non musulmans le seul droit applicable ne peut être que laïc et national.
Paragraphe 2: la dimension technique et opérationnelle
2.1- les produits islamique sont peut attrayants
La finance islamique est une finance participative par ses instruments Mourabaha,
Moucharaka et Moudaraba. Il est rémunéré dans le cadre du partage des résultats. Dans la
pratique les investisseurs porteurs d’un projet à forte valeur ajoutée hésitent à se financer dans
le cadre de ce principe de partage. Ils préfèrent se financer par des crédits à terme que
proposer la finance conventionnelle par contre les investisseurs porteur de projets à faible
valeur ajoutée seraient intéressés par un partenariat avec la banque. Ce phénomène explique la
part très réduite de Moucharaka et Moudaraba dans les bilans des banques islamique.
2. 2. La fiscalité gène la compétitivité des instruments de la finance islamiques
Les différentes mutations des sous-jacents de Mourabaha, Ijara ou Mourabaha génèrent des
couts qui peuvent impacter la compétitivité de ces instruments financiers. Un réajustement des
dispositions fiscales Si pour cela certains pays comme l'Angleterre, la France, et le Maroc ont
essayé d'adapter leur code fiscal aux contraintes de cette finance.
2.3. Le transfert de risque
Les banques conventionnelles sont exposées aux risques de contrepartie et aux risques de
liquidité. Leur stratégie vise le plus souvent à maîtriser ces risques et éventuellement à les
transférer à un tiers dans un cadre contractuel organisé. La finance islamique interdit tout

42
transfert de risque et de dette. Les sûretés réelles et le système de garantie bancaire sont les
seuls recours de la banque islamique.
2.4. Le refinancement
Les banques islamiques ne peuvent pas se refinancer par des instruments liés aux taux. Les
marchés monétaires et interbancaires islamique sont quasiment inexistants ou peu développé.
Les banques islamique sont appelés à mettre en place d'une gestion rigoureuse des liquidités
pour éviter toute situation nécessitant un recours à des marchés de refinancement. Elles
doivent donc constituer des stocks importants de liquidités qu'on peut qualifier de stock mort.
Cela ne peut se faire qu'au détriment d'une optimisation des ressources et de rentabilité
financière des banques.
2.5. Des régularisations mal adaptées au contexte de la finance islamique
La régulation de l'activité bancaire est animée par la banque centrale. Elle détermine le
taux directeur, contrôle la structure des engagements banques et surveille la liquidité du
système bancaire. Les interventions de la banque centrale visent, entre autre à maintenir un
niveau de la masse monétaire garantissant une stabilité de prix et le financement de
l'économie dans les conditions satisfaisantes. La banque centrale exerce un contrôle direct sur
le marché monétaire et sur le change. Elle maintient un contrôle permanent sur les
engagements et sur les liquidités des banques. Au niveau de la finance islamique la banque
centrale ne peut agir sur l'activité bancaire d'une façon indirecte en utilisant de la politique du
taux. L'activité bancaire islamique reste en dehors de toute politique de taux d'intérêt. Son
refinancement ne peut se faire sur le marché monétaire classique puis quelle ne peut s'endetter
avec des crédits <<Ribaoui>>. Par contre la banque islamique est tenue respecter les normes
définies par les banques centrale.
Paragraphe 4 : La pénurie du personnel qualifié
L'activité bancaire islamique nécessite des compétences particulières. Les banques ne sont pas
des acteurs passifs. Elles participent à l'étude et au suivi des opérations initiées par leurs
clientèles. La gestion et le suivi des instruments de la finance islamique nécessitent des
connaissances en management en droit des affaires et des acquis sur le plan pratique. Le profil
du personnel requis pour mieux gérer les opérations précitées n'est pas souvent disponible en
nombre suffisant sur le marché du travail. Ce qui a incité les initiateurs de la finance
islamique à concevoir des programmes de formation pour répondre au besoin de leur secteur.
Section 2 : les axes de développement
Le grande défi actuel consiste à prouver que le modèle islamique peut recevoir des
applications Et que ses instruments financiers peut donner une réponse économique

43
universelle aux besoins exprimés par les opérateurs financiers ces principaux axes sont:
paragraphe1: l'innovation
L’innovation devrait être orientée non pour islamiser les produits conventionnels mais pour
donner une réponse alternative et universelle à des besoins économiques et financiers
exprimés par les opérateurs de divers horizons. Les innovations devraient être axées
d'avantage sur les produits bancaires et sur le mode de gouvernance de l'ensemble du système
financier islamique.
Paragraphe2 : les SUKUK
Les SUKUK sont l'une des innovations les plus audacieuses de la finance islamique les
SUKUK en favoriser la l'allocation des fonds investissables Vers d'autres classes de produits
en dehors de habitats préférés des investisseurs de la région de golf. Les initiateurs des
émissions devraient s'intéresser d'avantage aux SUKUK asset-backed c'est à dire sans garantie
des initiateurs. La garantie proposée à l'investisseur est la qualité dès sous-jacente auxquels
sont adossés les titres émis.
Section3: les banques islamiques
Paragraphe 1 : Diversification géographique
Les banques islamiques sont appelées à renforcer leur processus d'internationalisation et
leur stratégie de diversification géographique actuellement l'activité bancaire reste concentrée
au moyen orient. La création de nouvelle filiales à l'étranger en partenariat avec des financiers
des pays d'accueil pourrait être un démarche à suivre pour:
 toucher des pays émergeants qui présentent des opportunités d'investissements
importantes pour la finance islamique.
 s'appuient sur une expertise locale pour combler le déficit en matière de ressources
humaines.
 impliqué plusieurs courants des pensées islamique dans le processus de
standardisation des instruments financiers islamique.
1.1. Un développement financier indépendant des pétrodollars
Les banques islamiques devraient financer leur croissance par l'autofinancement Elle sont
appelés à s'autofinancer pour éviter toute corrélation entre la marché des hydrocarbures et le
développement de leurs liquidités. Mais il est également important de chercher parallèlement
à cette stratégie une rentabilité financière suffisant pour financer leur croissance. Le Maghreb,
l'Asie musulmans l'Afrique sont des marchés qui peuvent permettre à cette jeune industrie de
s'internationaliser et de se développer.
BONNE COURAGE POUR TOUS LES ETUDIANTS. Signature (Elhamzaoui Ayoub)

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