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Mario Lalonde ne s’est


pas assis sur ses Lauriers
Le Bulletin du Réseau de développement économique et d’employabilité de l’Ontario

Le méli-mélO des acronymes se terminant en « O »


Franco-Présence
La coop jeunesse Chez la gang

Été 2005 - No5


Mot du rédacteur en chef

Équipe de rédaction

archambault
L e bulletin Vox RDÉE a connu un succès faramineux. Les 1 000 exem-

Roch
plaires du numéro 4 ont été distribués et nous avons reçu de très bons
commentaires. Nous continuerons de parler des projets appuyés par le
RDÉE Ontario, de ses partenaires et de ses artisans.

j. groulx
micheline
Dans cette nouvelle édition, on présente un article fort intéressant sur
la coopérative Chez la Gang. Des jeunes qui ont su profiter de plusieurs projets
appuyés par le RDÉE Ontario pour finalement réaliser le rêve d’une commu-
nauté. Un autre jeune qui a su se démarquer est Mario Lalonde, gagnant d’un
prix Lauriers de la PME 2003 en Ontario. Notre organisme est à la veille de son
nouveau gala et nous devions rendre encore une fois visite à cet entrepreneur
qui ne cesse de nous impressionner.
Vous savez ce qu’est la DECCO ? Comme le dit Véronique Bruneau,
« Le méli-mélO des acronymes se terminant en « O »...ACFO, DECCO,
AFO »! Elle tente de nous présenter les organismes qui se cachent sous ces acro-
nymes.

marie-eve
larocque
Vous connaissez Body Ngoy? À chaque fois que je suis invité à une con-
férence de presse, une AGA, un événement, il est présent. Il parle de son projet
« Franco-présence ». Marie-Eve LaRocque nous a écrit quelques mots sur cette
coopérative dont vous allez entendre de plus en plus parler dans l’Est ontarien
et, dans les années à venir, partout en province.

Ricard
Patricia
Alain Royer nous revient avec deux articles, l’un sur le Collège d’Alfred
et un autre sur l’accès haute vitesse à Internet dans nos communautés. Pour le
profil d’un membre du conseil d’administration du RDÉE Ontario, Micheline
J. Groulx rend visite à Claude Mayer, un homme généreux envers les Franco-
Ontariens. Et, à la demande de notre directrice générale, un profil a été rédigé
sur ma personne.
Pour vous partager un peu de nouvelles de notre réseau national, le der-
nier numéro vous présentait un guide touristique du Nunavut. Dans le présent
numéro, venez découvrir un attrait touristique de l’Île-du-Prince-Édouard.
Je suis toujours sidéré par la quantité et la qualité des projets appuyés
par le RDÉE Ontario, mais aussi par tous ses partenaires. Il est incroyable de
voir cette force, ce sentiment d’appartenance dans les communautés francopho-
royer
alain
nes, cette détermination à créer un monde meilleur.

Roch Archambault
Bruneau
Véronique

2 Vox RDÉE
���
Passage… vers la réalisation professionnelle

L
e programme « Passage… vers la réalisation professionnel-
le» permet aux enseignantes et aux enseignants des écoles
Rédacteur en chef : franco-ontariennes d’inviter des femmes d’affaires et des
Roch Archambault femmes professionnelles à venir parler de leur carrière aux élèves
Équipe de rédaction : de la 7e année à la 12e année. Les conférences sont organisées par
Micheline J. Groulx, le biais d’un site Internet (www.passage.franco.ca). Le programme
Marie-Eve LaRocque est offert gratuitement. Via leurs témoignages, les conférencières
communiqueront leur passion et agiront comme modèles de réus-
Patricia Ricard
site. Le RDÉE Ontario a facilité le lancement officiel du pro-
Alain Royer gramme à Windsor et continue d’appuyer le RéSAFF dans cette
Véronique Bruneau initiative. « Passage… vers la réalisation professionnelle » sera im-
Paul-André Cyr planté dans l’Est ontarien et à Windsor, Sudbury et Toronto.
Révision et impression :
Impressions (Embrun)
Conception graphique :
Roch Archambault Festiv-été à Place Ontario les 5, 6 et 7 août 2005

L
Vox RDÉE Ontario est publié par le a première édition du festival Festiv-été aura lieu sur la rive
du Lac Ontario les 5, 6 et 7 août 2005. C’est en effet à Pla-
Réseau de développement
ce Ontario que francophones et amis de la francophonie
économique et d’employabilité
se donnent rendez-vous pour fêter ensemble 400 ans de présence
de l’Ontario, à un tirage de 2 000 francophone en Ontario.
exemplaires. Durant cet évènement unique, les visiteurs pourront à
loisir parcourir le site pour rejoindre la multitude d’attractions
Été 2005 - N°5. proposées aux petits comme aux grands. Ainsi, les thèmes de
la comédie, de la musique et de la magie seront abordés par de
© Réseau de développement nombreux artistes sur les différentes scènes que propose le site. Le
économique et d’employabilité de cinéma sera également à l’honneur avec la diffusion de documen-
l’Ontario 2005 taires et de films à grand spectacle pour le jeune public. Les écoles
françaises de l’Ontario seront représentées avec le déroulement
de concours pour la jeunesse. Enfin, la « Place des marchands
Courriel :
» sera un lieu où plusieurs exposants proposeront des spécialités
communications@rdee-ont.ca
culinaires francophones. Sans oublier les superbes attractions per-
Internet : www.rdee-ont.ca manentes proposées sur le site de Place Ontario.
Le grand spectacle musical qui prendra place à l’amphi-
Page couverture : Mario Lalonde théâtre Molson constituera le clou du festival. Un grand nom-
Photo par Roch Archambault bre d’artistes canadiens et internationaux y participeront, dont le
groupe Swing, Nicolas Ciccone, Luck Mervil, Aymar et la chan-
La réalisation du présent bulletin est teuse Andrée Watters. Enfin, Zachary Richard sera là pour nous
rendue possible grâce à l’appui faire vibrer au son de ses plus grands succès.
financier du gouvernement du Les principaux commanditaires de cette initiative organi-
Canada. sée par Francophonie en fête sont Place Ontario, Via Rail, RDÉE
Ontario, le Fonds pour les manifestations culturelles de l’Ontario
(FMCO), Tourisme Ontario, Radio-Canada, le Collège Boréal,
Canadian Parents for French, ACFO-Toronto, Cinéfranco et,
l’ONF.
Pour plus de renseignements, visitez le site web www.festiv-ete.ca

Vox RDÉE 3
C
ette année, deux jeunes de Du-
breuilville ont eu la chance
de participer au Camp de lea-
dership organisé par le Conseil de la
Coopération de l’Ontario. Lors de cet
événement, Julie Beaulieu et Marie-Ève
Poliquin devaient, avec d’autres jeunes,
participer à un projet réel ou fictif à l’in-
térieur du travail coopératif.
Les deux filles ont débuté leur
travail en rédigeant l’ébauche d’un pro-
jet rêvé par les jeunes de la communauté
depuis près de 15 ans. Prise d’enthou-
siasme, la coop se donne un nom : Chez
la gang. Le projet prend son envol sui-
vant les étapes de développement de
projets présentés lors d’un atelier, animé
par monsieur Yves Doyon, dans le cadre La Coop jeunesse Chez la Gang
de la deuxième édition du forum « Ça
marche encore » qui a eu lieu en février sources. Le comité provisoire est composé culturelles, de l’implication communau-
dernier à Dubreuilville. de Nathalie Lacroix – adulte (présidente taire, de l’animation de groupe, bref, des
Suite d’événements intéressants de Pivot Jeunesse); Marie-Ève Poliquin - séances sur tous les sujets pertinents à la
pour le RDÉE Ontario, car l’organisme jeune (présidente du comité provisoire); jeunesse d’aujourd’hui. Les jeunes veu-
avait appuyé le Camp de leadership du Julie Beaulieu – jeune; Mathieu Ouellet lent aussi faire du réseautage avec d’autres
CCO, avait parrainé Marie-Ève et Julie - jeune; Sophie Ouellet – jeune; Nancy coopératives jeunesse en province.
lors du camp, et puis avait présenté l’ate- Lévesque – adulte (Pivot jeunesse); Mo- La particularité importante du
lier lors du forum « Ça marche encore ». nique Ouellet - adulte (Pivot jeunesse). projet est que les jeunes veulent se pren-
Marie-Ève et Julie approchent On a envoyé des lettres à tous dre en mains et qu’ils ont l’appui de
finalement le groupe Pivot-Jeunesse qui les groupes communautaires afin d’expli- toute la communauté. Un projet pour
a pour mandat de divertir les jeunes avec quer le projet et d’obtenir des fonds pour les jeunes et par les jeunes!
différentes activités et lui présentent le l’étude de faisabilité et possiblement la
projet d’une coopérative jeunesse. Les mise en œuvre. Appuyés par les adultes,
les jeunes du comité provisoire ont réussi Patricia Ricard
gens du comité sont enchantés de voir
que les jeunes veulent s’engager dans un à obtenir 15 000 $ pour l’étude de faisa-
tel projet et acceptent de le chapeauter. bilité, soit 7 500 $ du RDÉE Ontario,
Un comité provisoire de sept personnes, 5000$ du CCO et 2500$ de la Société
dont quatre jeunes et trois adultes, est d’aide au développement des collectivités
donc mis sur pied. Patricia Ricard du Supérieur Est de Wawa. Puisque nous
RDÉE Ontario et Mélanie Mayer du considérons le modèle coopératif, Éthel
CCO agissent en tant que personnes-res- Coté a été choisie pour réaliser l’étude
de faisabilité et le plan d’activités, étant
donné son implication dans le monde
coopératif depuis plusieurs années.
Le projet consiste finalement en
la mise en œuvre d’une coop jeunesse
soit le centre de jeunes Chez la Gang.
Les jeunes veulent un lieu de rencontre
sain, un endroit permanent où ils pour-
ront se rassembler pour se divertir. Les Photos : Ateliers de consultation avec les
activités pourraient inclure des ateliers en jeunes, animés par Éthel Côté; (en haut
leadership, une préparation à l’emploi et et à gauche) élèves de l’école Carrefour
à l’entreprenariat, des activités de pro- supérieur nord à Wawa; (à droite) élè-
motion de la santé et de prévention de ves de l’école primaire St-Joseph de Du-
breuilville. Photos par Patricia Ricard.
la toxicomanie, des activités sportives et
coopératives, des activités de simulation
4 Vox RDÉE
Mario Lalonde
ne s’est pas assis sur ses Lauriers
Deux ans plus tard, visitons celui qui, en 2003, a gagné un prix Lauriers de la PME – volet Ontario

S
ympathique. Un mot qui dépeint faut de plus en plus se spécialiser et offrir un ches pour accueillir d’autres membres au
l’homme qui nous accueille dans sa service qui réponds aux besoin spécifiques Québec et en Ontario. Mario connaît
boutique « hi-tech » de Rockland. du client », mentionne Mario Lalonde. bien les autres magasins au Québec, car
On entre, on demande Mario et le voi- Il a pu apprendre beaucoup de il est chargé de la formation de leurs em-
ci, au grand sourire, affable. S’il n’est son alliance avec la franchise Stéréo Plus ployés dans le domaine de la distribution
pas tantôt au téléphone pour une com- (1998 à 2004). Faire partie d’une grande sonore chez les résidences, ainsi que des
mande de construction immobilière ou chaîne a ses avantages, mais il considère cours techniques.
tantôt présentant les nouveaux gadgets qu’il y a plus de désavantages : moins de
asiatiques, il nous accueille d’emblée et profits, moins de liberté, moins de pro- Le futur : la spécialisation
à l’écoute de nos besoins en électronique. duits de qualité et spécialisés. Ayant pris
Une clientèle toujours présente, tous les conscience de cette réalité, lui et quatre Comment voit-il le futur de Son
jours et à tous les moments de la journée, autres membres de Stéréo Plus ont quitté X Plus ? « Un service personnalisé, clef en
et qui semble connaître les lieux pour les la franchise pour créer la leur : Son X main », me dit Mario. « La formation di-
avoir maintes fois visités. Plus. rectement dans la maison du client, qui se
fait déjà, pourra se faire à long terme avec
L’électronique, une passion Son X Plus des mises à jour. » Son magasin offre ac-
tuellement aux nouvelles résidences en
Mario Lalonde a commencé à Mario Lalonde était invité der- construction la mise au point de systè-
s’attacher au monde de l’électronique nièrement comme conférencier lors de mes selon les besoins des clients et selon
alors qu’il était en 8e année. Il a ensuite l’Assemblée générale du Conseil de la les plans de maison : réseau, téléphone,
offert un service de disco mobile : « Disco Coopération de l’Ontario. Il a alors expli- caméra d’observation, sécurité, service
Mario ». Après un séjour de deux ans au qué que Son X Plus est une première dans satellite, câble, etc. Enfin, à cause de la
collège privé de Cornwall, le Juvénat du le monde de l’électronique au Canada. compétition avec la Chine, Son X Plus
Sacré-Cœur, et un autre à l’école secon- L’aspect important est que la franchise est tentera d’acheter directement auprès de
daire de Rockland, il étudia finalement une coopérative à but lucratif. La deuxiè- ce pays pour réduire les coûts. Loin d’être
en génie électronique au Collège Algon- me particularité est qu’elle vise la rura- téméraire, il est plutôt plein d’audace et
quin pendant trois ans et a obtenu son lité. « Rien nous sert d’aller nous implanter analyse continuellement le marché mon-
diplôme en 1986. La même année, après dans de grandes villes où les circulaires sont dial de l’électronique.
la disco mobile, l’électronique et, la mise partout ». Les circulaires de Son X Plus Gagnant d’un prix Lauriers de la
au point de chaînes audio pour voitures sont conçues avec un graphiste employé PME 2003 (volet Ontario), offert par le
dans le garage de son père, il a décidé de par la coopérative et selon les besoins du RDÉE Ontario, Mario admet qu’un prix
réunir ses passions pour mettre sur pied magasin et non de la chaîne entière. Elles fait toujours plaisir. « C’est important de
le magasin : Mario Audio Inc. permettent de présenter des appareils de le promouvoir auprès de sa clientèle, car ça
La boutique de Mario Lalonde très haute qualité (10 000$+) et de pré- démontre un symbole de réussite et que l’en-
a changé considérablement depuis son senter les services propres au magasin. La treprise sera là pour rester ».
premier emplacement (1986-1987) et ne franchise permet aussi l’achat de produits
cesse de s’agrandir. Le local actuel est dix spécialisés en groupe. Mario mentionne
fois plus grand que le précédent. Mario que la franchise ne vise pas à faire de l’ar- Roch Archambault
y vend bien sûr des téléviseurs, des ca- gent, mais bien à les aider. Son X Plus,
méras numériques, des ordinateurs, etc., c’est maintenant 18 magasins depuis le
comme toute grande chaîne de magasins. 1er avril 2004 dont 17 anciens membres
Mais l’originalité de cette boutique con- de Stéréo Plus.
siste à offrir des appareils de qualité et En ce moment, le seul magasin
surtout un service personnalisé. « Pour de la franchise situé en Ontario est ce-
faire concurrence aux grands détaillants, il lui de Mario. Le groupe fait des recher-

Vox RDÉE 5
Le méli-mélO des acronymes se terminant en « O »
Des francophones en Ontario? L’ACFO DECCO

Q
uelle surprise, pour moi, Qué- L’ACFO (Association cana- Créée en 2001, suite à la signa-
bécoise d’origine arrivée en dienne-française de l’Ontario) fut long- ture de l’Entente Canada-communauté
Ontario il y a quelques années, temps un porte-parole puissant pour les Ontario de 1999, la DECCO est com-
de reconnaître les sons familiers de la lan- francophones de la province. Grâce à sa posée de secteurs identitaires (femmes,
gue de Molière… Eh oui, à mon grand représentation politique, les Franco-On- jeunes, besoins spéciaux, minorités racia-
étonnement, j’apprenais qu’il y a plus tariens ont remporté plusieurs batailles. les et ethnoculturelles, aîné.es et retraité.
de 500 000 personnes ayant le français Toutefois, avec les années, plusieurs e.s) et de secteurs d’activité communau-
comme première langue officielle parlée groupes francophones, comme le secteur taire (arts, culture et patrimoine, centres
en Ontario, que les Franco-Ontariens artistique et culturel, les femmes et les culturels et communautaires, commu-
ne sont pas nécessairement bilingues et jeunes, ne sentaient pas que l’ACFO pro- nications, coopératives, développement
que c’est seulement en 1997 (!) que les vinciale rejoignait leur réalité. En 1995, communautaire, économie, éducation,
francophones ont pu faire gérer leur édu- Patrimoine canadien signait avec les pro- justice, gestion municipale, politique et
cation en français par des conseils scolai- vinces canadiennes une entente de finan- santé). La réunion des représentants de
res francophones (une réclamation qu’ils cement en matière de langues officielles. chaque secteur (élus par leur secteur res-
faisaient depuis 1855!). De plus, les fran- Ainsi, Patrimoine canadien remet à cha- pectif ) autour d’une même table a permis
cophones de l’Ontario ont dû se battre cune des provinces un montant d’argent une meilleure compréhension des réalités
contre un règlement (le Règlement 17), destiné au financement des organismes et des différences de ces groupes. Leur
émis en 1912, interdisant l’enseignement de langue minoritaire (c’est-à-dire les travail a, entre autres, donné naissance à
en français dans les écoles de la province. organismes francophones pour toutes les un document exprimant les besoins, les
Pas surprenant que les francophones ont provinces sauf pour le Québec - les or- enjeux et les stratégies de la communauté
dû s’organiser pour assurer leur survie en ganismes anglophones) de leur province francophone ainsi que les objectifs des
créant l’Association canadienne française afin de favoriser le développement et la différents secteurs. Il est important de
d’éducation de l’Ontario, qui plus tard vitalité des communautés de langues of- comprendre que, bien que la DECCO
devenait l’Association canadienne-fran- ficielles au pays. La logique voulant que ait élargi son mandat vers le développe-
çaise de l’Ontario (ACFO provinciale). ce montant soit géré par une structure ment et l’épanouissement des commu-
En se regroupant et en s’affirmant com- francophone représentative de la com- nautés francophones de la province, elle
me collectivité, les Franco-Ontariens ont munauté, les groupes inquiets quant à demeure un organisme de gestion qui a
pu revendiquer leur droits et se défendre leur représentation et à la structure orga- pour mandat principal de gérer la dis-
contre des décisions politiques dangereu- nisationnelle de l’ACFO provinciale ont tribution du financement provenant de
ses pour leur survie. C’est ainsi que j’ai demandé la création d’un nouvel orga- l’Entente Canada-communauté Ontario
compris l’importance pour les franco- nisme pour assurer cette gestion. C’est avec Patrimoine canadien. L’Ontario est
phones de l’Ontario de se rallier et d’être ainsi que la Direction Entente Canada- donc la seule province canadienne pour
bien représentés dans leur province pour communauté Ontario (DECCO) a été qui la gestion de l’Entente Canada-com-
ensuite être respectés et entendus par tous mise sur pied. munauté n’est pas gérée en totalité par
les Ontariens et à travers tout le pays. un organisme porte-parole provincial.

Le méli-mélO des acronymes


se terminant en « O »…
ACFO, DECCO, AFO
Où est le glossaire commu-
nautaire? En débutant dans le milieu
communautaire, j’ai dû, entres autres,
démêler les acronymes pour pouvoir
comprendre la dynamique de l’Ontario
français.

6 Vox RDÉE
Des études, des comités… à la part des organismes de la communauté siéger au Comité. De plus, les membres
des minorités raciales et ethnoculturelles de la communauté présents lors du fo-
recherche d’un organisme qui
ont dû fermer leurs portes faute de finan- rum communautaire ont élu deux repré-
représenterait l’Ontario français cement. Ceux qui ont survécu souffrent sentants de la communauté à ce Comité.
dans les dossiers politiques en majorité de sous-financement chroni- Le Comité de transition prévoit présen-
que. Pourtant, ces minorités raciales et ter, en novembre prochain, le modèle de
En 2003, l’ACFO voit son fi- ethnoculturelles francophones (MREF) l’Assemblée de la francophonie de l’On-
nancement considérablement réduit (représentant 16% de la francophonie tario (AFO), amélioré selon les besoins
par Patrimoine canadien qui, du même ontarienne en 2001) font face à des pro- de la collectivité. Ainsi, l’AFO devien-
coup, lui demande de revoir son rôle et blématiques importantes. Pour la majo- drait la voix politique des francophones
son mandat. Deux grandes études sur les rité de ces gens, le français est leur langue de l’Ontario en plus d’assumer la gestion
activités de l’ACFO sont ensuite effec- seconde et la seule langue officielle qu’ils et la négociation de l’Entente Canada-
tuées et les commentaires et visions de la maîtrisent. Les MREF ne se sentant pas communauté Ontario.
communauté sont recueillis. Suite à ces comprises et mal représentées ont senti
études, des recommandations de restruc- l’urgence de s’organiser. C’est ainsi que Fusion, dissolution, création?
turation pour l’ACFO provinciale sont l’Union provinciale des minorités raciales
émises dont celle de former un Comité et ethnoculturelles francophones (utiliser Qu’adviendra-t-il de l’ACFO
qui étudierait ces recommandations. La les acronymes a ses avantages…), a vu le et de la DECCO actuelles? Est-ce que
DECCO, l’ACFO et des membres de jour en mars dernier. L’UP MREF comp- l’AFO est une fusion des deux organis-
la collectivité francophone se réunissent te maintenant 70 organismes membres et mes? Est-ce que l’ACFO et la DECCO
donc en 2004 et des consultations avec prévoit tenir son assemblée de fondation disparaîtront pour permettre la création
les francophones ont lieu à travers la pro- officielle en novembre prochain. d’un organisme provincial de représen-
vince. C’est ainsi qu’on recommande la tation plus inclusif et plus fort? Toutes
création d’un nouvel organisme de repré- Comité de transition vers ces questions, je me les pose… Les vraies
sentation politique pour les francopho- réponses? Je les aurai lors de l’assemblée
nes de l’Ontario. Entre-temps, l’Associa-
l’AFO (Assemblée de la
de constitution de l’AFO prévue pour
tion canadienne française de l’Ontario francophonie de l’Ontario) novembre prochain. D’ici là, je suis les
(ACFO) change son nom pour l’Assem- nouvelles du Comité de transition qui
blée des communautés francophones de Le modèle d’organisme de repré-
travaille pour la francophonie de l’Onta-
l’Ontario (toujours ACFO (!)). Ensuite, sentation préparé par le Comité de mise
rio, maintenant mienne et bientôt celle
lors d’un forum communautaire, un se- en oeuvre a été présenté lors d’un forum
de mes enfants.
cond comité (Comité de mise en œuvre) communautaire réunissant 180 repré-
s’organise pour finalement présenter un sentants d’organismes et membres de la
modèle d’organisme de représentation collectivité francophone de la province, Véronique Bruneau
politique à la collectivité francophone à Toronto en avril dernier. De cette ren-
(vision, mandat, objectifs, modèle de contre, un troisième comité, le Comité
gouvernance, etc.). de transition, a été mandaté d’utiliser les
recommandations des participants du fo-
rum et de peaufiner le modèle original.
UPMREF
Les co-présidents du Comité de transi-
tion sont les présidents de l’ACFO et de
En 2001, plus de 92 000 per-
la DECCO. L’UPMREF, la DECCO et
sonnes nées en dehors du Canada mais
l’ACFO ont élu respectivement un mem-
vivant en Ontario ont le français comme
bre de leur conseil d’administration pour
première langue officielle parlée. La plu-

Vox RDÉE 7
Franco-Présence
une richesse artistique en Ontario français!

Une vitrine de la francophonie plurielle Un pas de plus…

V
isionnaire de nature d’origine congolaise, Body Body voit son rêve se réaliser, en 2003, alors que
Ngoy nous raconte pour la première fois son des appuis financiers de la Fondation franco-ontarienne,
idée d’entreprise sociale, émise il y a déjà deux du Conseil de la coopération de l’Ontario et du RDÉE
ans passés. La richesse culturelle, le potentiel économique Ontario permettent d’entamer la première phase du pro-
et des retombées intéressantes pour les artistes et artisans jet, soit une étude de marché exhaustive par L’Art du dé-
francophones émanent de son idée. Celle-ci nous semble veloppement. Un sondage démontre un besoin frappant
tout droit sortie des valeurs de notre patrimoine franco- et le désir des artistes et artisans franco-ontariens d’avoir
ontarien. un lieu de rencontre et de vente de produits artistiques et
Franco-Présence propose un concept novateur qui culturels. C’est sur le modèle d’une coopérative à parte-
allie une galerie d’arts et un magasin au détail afin de per- naires multiples que le comité d’orientation s’arrête pour
mettre la commercialisation des produits littéraires, musi- la structure de Franco-Présence.
caux et artistiques de la communauté franco-ontarienne. Une subvention de la Fondation Trillium de l’On-
De plus, Franco-Présence proposera un lieu scénique aux tario vient combler les efforts des promoteurs depuis le
artistes de la scène (conteurs, chanteurs, monologuistes mois de mai dernier. Étalée sur une année, cette dernière
comiques, poètes, jeunes amateurs, etc.), ainsi qu’un café- servira à consolider l’entreprise coopérative, à initier un
bistro ouvert à tous. plan d’affaires et à accroître le nombre de partenaires et de
Selon Body, « la nécessité de créer Franco-Pré- membres au sein de Franco-Présence.
sence se situe au niveau d’établir une structure physique Le 8 avril dernier, à la Nouvelle Scène, c’est le
permanente pour offrir des produits artistiques et cultu- lancement de la coopérative Franco-Présence, l’annonce
rels dans un environnement francophone, en mettant à officielle du financement de la Fondation Trillium et un
l’avant-scène les talents de nos artistes et artisans. Franco- spectacle de divers artistes franco-ontariens. « La richesse
Présence permettra également de développer et fidéliser de notre patrimoine ne manque pas », de dire la députée
un marché, ainsi que d’appuyer l’effervescence artistique d’Ottawa-Vanier, Madeleine Meilleur, venue partager ce
et culturelle de la francophonie ». bon moment.
Visant à s’installer dans la Capitale nationale, la Maintenant, un plan d’activités est en voie de dé-
coopérative Franco-Présence se veut une valeur ajoutée à veloppement pour la Coopérative, celui qui permettra de
la promotion des arts et de la culture au sein de la franco- faire passer la coopérative à une autre étape. Bientôt, la
phonie ontarienne. Par ailleurs, la devise de la coopérative coopérative verra le jour physiquement dans la Capitale
est de servir et préserver la diversité artistique culturelle nationale.
francophone en Ontario.
À vos marques… réflexion, les auteurs tentent d’augmenter la valeur ajou-
tée des communautés ethnoculturelles francophones. Ins-
Plusieurs artistes et artisans dans l’Est Ontarien pirés par cette idée rassembleuse, Body et Geneviève ont
sont déjà mobilisés et n’attendent que le coup de départ débuté leurs démarches pour concrétiser Franco-Présence
pour rendre leurs œuvres plus accessibles au public, tout et ont mobilisé tous ceux sur leur passage.
en augmentant la rentabilité du fruit de leur passion. Une Un rêve et une vision sont à l’origine de la coo-
première levée de fonds vient s’inscrire aux activités de la pérative et, grâce à tous ceux qui y ont cru, c’est sous peu
coopérative en novembre 2004, alors que douze artistes que Franco-Présence verra le jour!
francophones de l’Est Ontarien ont contribué à la réali-
sation d’un calendrier. La demande a largement dépassé
Marie-Eve LaRocque
le nombre de 115 calendriers produits. Plusieurs artistes
sont déjà intéressés à participer à la deuxième édition du
calendrier.
Déjà, on compte plus d’une quinzaine de membres
Photo en page 8 : L’honorable Madeleine Meilleur, ministre
à la coopérative! Un site Internet a été mis au point par
de la Culture, Body Ngoy, directeur général de Franco-pré-
l’entreprise Virtuo Management - www.francopresence.ca, sence et Louis Riopelle, président de l’équipe d’évaluation
où se trouvent différentes informations sur la coopérative des demandes de subvention de la Fondation Trillium de
et la membriété. « Franco-Présence s’inscrit dans l’histoire l’Ontario pour la région de Champlain, lors du lancement
des coopératives par ses valeurs de transparence, de démocra- de la coopérative le 8 avril 2005. Photo en page 9 : Brian
tie, de solidarité et d’entraide » a déclaré Mme Éthel Côté St-Pierre lors de ce lancement. Photos par Roch Archam-
de L’Art du développement. bault.

La photo « Soutenons nos artistes! » représente la couver-


Coup de cœur ture du calendrier Franco-Présence.

Les deux initiateurs du projet, Body Ngoy et Ge-


neviève Langlois, ont la francophonie dans le cœur et
dans l’âme. C’est dans la rédaction d’un roman, intitulé
Le Toi et le Moi, que ces deux militants francophones ont
fait naître Franco-Présence. Selon eux, leur initiative est la
meilleure façon de promouvoir la francophonie à travers
la diversité artistique et culturelle. Suite à cette première
Vox RDÉE 9
Le Collège d’Alfred :
un centre de formation en gestion de systèmes décentralisés de traitement de l’eau
et de l’assainissement, un centre d’essai pour les nouvelles technologies
ou un centre de transfert technologique

D
ix millions de Canadiens se le Collège d’Alfred. Ce collège serait un services publics, les organismes et les ex-
fient aux systèmes décentralisés centre ayant pour mandat de former les perts dans le domaine de la gestion de
pour leur alimentation en eau opérateurs et opératrices, les installateurs l’eau. Les gens de ces différents milieux
potable et il y a plus de 1 million de fos- et installatrices sanitaires et toutes les ont partagé leurs idées, leur savoir-faire
ses septiques en Ontario dont 30 % sont personnes de métiers rattachés aux systè- et leurs connaissances. Des nouvelles
défaillantes. Le besoin de formation est mes décentralisés de traitement de l’eau technologies ont été présentées et des
impératif. De plus, la tragédie de Walk- potable et des eaux usées pour les rési- démarches sont présentement en cours
erton et le rapport d’enquête conséquent dences individuelles, les lotissements do- auprès du gouvernement de l’Ontario en
ont mis au jour plusieurs lacunes impor- miciliaires de dix à soixante habitations vue de la négociation d’un accord pour
tantes dans le domaine de l’eau potable et et des municipalités de moins de 10 000 l’emplacement à Alfred d’un site d’essai
des eaux usées. Au moins 28 recomman- habitants. De plus, le collège pourrait de- pour les nouvelles technologies.
dations ont été formulées parmi lesquel- venir un centre d’essai pour les systèmes Ottawa et les Premières Nations
les on trouve celle qui a créé le Centre de décentralisés des eaux usées exploité par se sont déjà manifestés pour recevoir une
Walkerton pour l’assainissement de l’eau le gouvernement de l’Ontario et serait formation d’opérateur et d’opératrice au
(voir le chapitre 12 du rapport d’en- l’un des trois sites reconnus par ce der- Collège d’Alfred. Finalement, le projet
quête: « Le ministère de l’Environnement nier pour l’eau potable et les eaux usées. avance et les appuis des municipalités et
devrait prendre les mesures nécessaires pour Ce projet ambitieux est une des entreprises privées se concrétisent.
garantir que les cours de formation soient suite logique de la formation de base en Les gens découvrent peu à peu le poten-
à la portée des exploitants qui se trouvent agriculture qui est déjà offerte au Collège tiel économique du projet et ses retom-
dans des collectivités de petite taille ou éloi- d’Alfred. Mais ce qui est attrayant, c’est bées dans la région de Prescott-Russell.
gnées et que ces cours soient adaptés de fa- l’utilisation du français et l’ouverture et Le RDÉE Ontario favorise, par consé-
çon à répondre aux besoins des exploitants le soutien aux minorités visibles du Ca- quent, le développement d’une nouvelle
des réseaux d’approvisionnement en eau de nada, sans oublier l’orientation rurale du grappe technologique, un peu comme les
ces collectivités »). projet. Ce positionnement entrainerait gens de Saskatoon qui ont su développer
La situation géographique et le un souffle nouveau créateur d’emplois la biotechnologie agricole.
milieu anglophone du Centre de Wal- dans la région. Déjà, une table de con-
kerton préconisent un service complé- certation a vu le jour le 26 mai dernier.
mentaire qui serait fourni aisément par Elle réunissait les entreprises privées, les Alain Royer
Photo : Roch Archambault

10 Vox RDÉE
Qui sommes-nous ?
leadership qu’il exerce auprès de citoyens Conseil de la Coopération de l’Ontario
de toutes langues et cultures, mais par- depuis plusieurs années, Claude aide à
ticulièrement auprès de ses concitoyens promouvoir la vie économique des fran-
franco-ontariens et francophones. cophones de l’ensemble de la province
Il a exercé les métiers d’ensei- tout en assurant que ceux du Nord ob-
gnant au niveau secondaire, de chef de tiennent leur juste part. « Je crois dans
commerce et de directeur d’école; il a oc- la coopération. Je crois que la coopéra-
cupé des postes variés comme conseiller tion est une force qui a amené et amè-
scolaire dans le système séparé et dans le nera les francophones de l’Ontario à un
système public, toujours désireux de dé- développement économique profitable
fendre les intérêts et le bien des étudiants pour eux. » Quant au RDÉE, M. Mayer
de son milieu. n’a que des éloges pour l’équipe menée
Au niveau municipal, il a créé le par Nicole Sauvé. « Souvent je me de-
Claude Tournoi d’amitié entre les familles au hoc-
key et au baseball et est le fondateur et
mande, que ferions-nous, francophones,
si le RDÉE n’existait pas? Je suis content

Mayer
dirigeant du Festival des violoneux. Ces d’avoir aidé à sa création, de l’avoir vu
tournois et festivals attirent des milliers grandir et s’affirmer, et de reconnaître
de participants en plus de contribuer à que sans le RDÉE Ontario, le développe-
l’essor économique de la municipalité. ment économique pour les francophones
Notons que les tournois d’amitié se dé- n’avancerait pas avec autant de succès. »
« Souvent je me demande, que roulent en français et en anglais, ce qui Animé du désir de servir,
n’est pas souvent le cas dans le monde Claude Mayer cherche toujours les oc-
ferions-nous, francophones, si le sportif de nos milieux. casions d’améliorer la vie personnelle,
RDÉE n’existait pas? Je suis con- Depuis plusieurs années, Claude sociale, culturelle et religieuse des gens
tent d’avoir aidé à sa création, de œuvre à l’amélioration des services de de son milieu. L’éminence grise de no-
l’avoir vu grandir et s’affirmer, et santé pour les gens de la Rivière-des- tre conseil d’administration, le président
de reconnaître que sans le RDÉE Français et pour l’établissement d’un cen- Collin Bourgeois, lui cède la parole aux
tre de logement pour les aînés. Le centre réunions en l’appelant « Moïse » d’un air
Ontario, le développement éco-
permettrait de loger les personnes âgées souriant et taquin. L’âge ne le freine pas
nomique pour les francophones dans leur village, d’offrir des services bi- et nous nous demandons comment un
n’avancerait pas avec autant de lingues et de freiner l’exode des jeunes homme d’un certain âge peut-il poursui-
succès. » gradués en leur fournissant des emplois vre autant de dossiers à la fois. Et que
en services de la santé. dire des blagues et des histoires drôles,
M. Mayer est reconnu pour son même épicées, qu’il a toujours le temps
immense contribution en généalogie et de nous raconter!

L
e conseil d’administration du RDÉE est l’auteur de livres de familles locales Malgré une vie toute en mouve-
Ontario est composé, entre autres, telles les Bigras, les Gauthier, les Pitre et ment, Claude demeure très attaché à sa
de trois représentants nommés par les Carrière. Au sein de la paroisse Saint- famille : son épouse Marie-Ange, leurs
nos trois partenaires : l’AFMO, l’UCFO et David, Claude a toujours été très actif cinq enfants et leurs onze petits-enfants.
le CCO. Ils représentent leur organisme au et il a participé à la plupart des grands Il adore particulièrement célébrer, en-
conseil pour une période allant de un à trois projets de la paroisse. Président du co- touré de ses proches, les occasions spécia-
ans. Afin de faire connaître nos dirigeants mité du 100e anniversaire, Claude et son les : anniversaires, premiers sacrements,
à nos lecteurs, l’équipe de VOX RDÉE est équipe travaillent depuis des mois à orga- matchs de hockey.
heureux de vous présenter le deuxième de la niser une foule d’activités pour célébrer Dirigeant respecté, bon lea-
série de profils : QUI SOMMES NOUS? ce centenaire durant l’année 2005. der et champion de la francophonie, ça
Venez rencontrer Claude Mayer de Noël- En politique, il a occupé les pos- c’est « notre Claude », un grand ami du
ville dans la région de la Rivière-des-Fran- tes de conseiller et de maire. La Municipa- RDÉE Ontario!
çais, président sortant du CCO et trésorier lité de la Rivière-des-Français comprend
du RDÉE Ontario depuis juin 2002. neuf cantons. Le territoire s’étend de la
Rivière-des-Français au sud, jusqu’à West Micheline J. Groulx
Claude Mayer a marqué la vie de Arm au nord, et de l’autoroute 69 à l’est
nombreuses personnes et il continue de jusqu’à la partie ouest de Monetville.
le faire. C’est ce qu’on peut appeler son Membre et président sortant du

Vox RDÉE 11
Profil : Roch Archambault
rock au jazz et à l’improvisation, accom- connaître le grand Nord canadien et sa
pagnant les récitals de poésie organisés population inuit. Autrement, il s’emploie
entre autres par l’Association des auteu- à rebâtir les infrastructures de la station
res et auteurs de l’Ontario français. Au radiophonique communautaire d’Iqaluit
niveau du théâtre, Roch fait de la com- et y faire de l’animation.
position et de l’interprétation destinées à En décembre 2001, Roch quitte

N
é à Hull d’une famille ayant ra- appuyer la mise en scène théâtrale, tantôt le Nunavut pour Hong Kong, accom-
Photo : Stéphane Cloutier

cine à Alfred et Clarence Creek, au Théâtre de la Catapulte, tantôt chez pagné d’une collègue et amie d’enfance;
Roch partira vers Mont Laurier Vox Théâtre. Simultanément, il traverse Karine Massé, du RDÉE des T.N.-O. À
juste avant le passage à l’école secondaire, l’Atlantique vers Bordeaux en France où Hong Kong il réalise un rêve de dix ans,
pour suivre la famille qui s’installe là-bas. il exprime ses talents musicaux lors de celui de débarquer en Extrême-Orient
Au milieu des années 80, influencé par la présentation de la pièce « J’veux juste et, de là, les deux ingénus traverse en
l’émission Fame et la discothèque pater- jouer ». De plus, à plusieurs reprises, il Chine rouge. Au cours des années sui-
nelle, il devient claviériste et accompa- met son amour de la musique au service vantes, Roch retournera en Chine à deux
gne un certain nombre de groupes heavy de la radio, de la danse, de la production reprises.
métal de la scène locale. documentaire et surtout de la scène.
À la fin du secondaire, Roch es- Après avoir inspiré une quaran- RDÉE Ontario
saie au programme de DEC en musique taine d’articles de journaux traitant de sa
du CÉGEP de Sainte-Thérèse, mais se carrière musicale, en particulier ceux pu- En avril 2003, il se retrouve au
rend compte que l’étude théorique de bliés par le journal Le Droit, Roch quitte RDÉE Ontario. En sa qualité de coor-
la musique ne peut se substituer à l’ex- l’université avec en poche un baccalau- donnateur provincial des communica-
périence du vécu. Il passe alors à autre réat spécialisé en histoire. Il enseigne un tions du RDÉE, il consacre la majeure
chose en constatant que le fait de vivre temps la musique à l’école Montessori partie de son temps à la publication bu-
à distance de l’étude musicale permet avant de lancer en 1999 un CD, Le Noc- reautique de matériel promotionnel en
de réunir l’expérience de vie susceptible turne Écrivain, suivant six autres cassettes formats papier et électronique, diffusant
d’enrichir sa créativité à cet égard. de son cru, lancées aux cours des années l’action du RDÉE Ontario. De plus, il
Progressivement, Roch dévelop- précédentes. agit à titre de conseiller en communica-
pe son goût de l’exotisme et sa curiosité tion et de concepteur auprès de plusieurs
intellectuelle au contact de deux Jack; Le Nunavut et la Chine organismes franco-ontariens et canadiens
Kérouac et London, qui nourriront cet (AFMO, CCO, RDÉE Canada, etc…).
éveil. Le cinéma d’aventure des années En 2000, il se rend au Nunavut Côté familial, Roch s’est marié
80, Indiana Jones et autres avatars com- par envie de vivre autre chose et se joint en Chine à Hua et, l’année dernière, ils
pris, alimentera sa passion pour l’histoi- au RDÉE Nunavut en tant que respon- ont eu une petite fille du nom de Ca-
re. À travers ces passions, Roch franchit sable de l’économie du savoir. Il innove therine Qin. Il a aussi une seconde fille
la porte de l’université, étudiant l’histoi- en matière de technologie des communi- du nom de Mélodie qui demeure à Tim-
re et réalisant, entre autres, un mémoire cations en réalisant des entrevues auprès mins.
de baccalauréat sur l’œuvre maîtresse de d’entrepreneurs grâce à la transmission Il ne manquera certainement pas
son auteur fétiche, On the Road de Jack sur Internet et l’utilisation de caméras de nous étonner à l’avenir par la richesse
Kérouac. Web. Il devient à ce moment, le com- de sa contribution à la culture franco-
pagnon d’arme de Stéphane Cloutier, en ontarienne et canadienne-française.
Carrière musicale appuyant le projet de mise en valeur de
l’héritage du capitaine Bernier, premier
À l’université, Roch passe du véritable explorateur canadien ayant fait
Paul-André Cyr
12 Vox RDÉE
Accès haute vitesse à Internet dans nos communautés
Le problème que la technolo- gouvernementaux, les petites rer des applications classi-
gie ADSL ou la ligne d’abon- et les moyennes entreprises et, ques de voix aussi bien que
né numérique asymétrique les entreprises à domicile bé- des applications de données.
tente de résoudre est de faire néficieront d’un accès amélio- Les deux flux d’informations
face à la demande croissante ré à Internet. L’accès commuté (voix et données) partagent le
en termes de débit et de bande traditionnel avec un modem même support de transmis-
passante de la part des utilisa- procure un débit qui varie sion. Son avantage est que
teurs et utilisatrices du réseau entre 28 Kbit/s et 56 Kbit/s cette technologie se base sur
téléphonique. Cette technolo- selon les modems et la qualité des réseaux existants (le réseau
gie est maintenant disponible des lignes téléphoniques. Afin téléphonique) et améliore ses
à 21 centres de commutation de mieux comprendre, voici performances. De plus, les té-
de Bell dans les régions de un tableau des temps de té- léphones analogiques installés
Yollande Dweme M. Pitta

Prescott-Russell et de Stor- léchargement d’un livre selon sur les lignes ADSL peuvent
mont, Dundas et Glengarry. les technologies utilisées. fonctionner en même temps.
De plus, dans un rayon de Pour les petites en- La méthode de faire
4,5 km des 46 édifices pu- treprises, cela signifie un gain des affaires change rapidement
blics branchés, résidences et en temps considérable. Pour avec l’apparition des nouvel-
commerces ont maintenant une moyenne de coûts d’uti- les applications sur Internet.
accès à Internet avec une vi- lisation entre 40 $ et 45 $ par En raison de la concurrence
tesse de transmission qui peut mois, l’économie peut être accrue dans le domaine des
varier entre 1,5 et 6 mégabits appréciable pour ceux qui uti- télécommunications, il faut
par seconde (réseau-abonné) lisent fréquemment Internet. prévoir de nouveaux services à
et entre 128 et 384 kilobits D’ailleurs CEONET tentera des coûts abordables. Un bou-
par seconde (abonné-réseau). de connaître à l’aide d’études leversement bénéfique dans la
CEONET, Bell et le gouver- et de sondages les résultats région est à prévoir.
nement de l’Ontario sont les ou les conséquences de cette
principaux acteurs de ce pro- nouvelle opportunité offerte
jet de 4 millions de dollars. aux gens de la région. Alain Royer
Grâce à cette initia- L’ADSL est une des
tive, les bureaux, les services premières technologies à gé-

Type de technologie Débit Temps Vitesse

Ancien modem 2 400 bit/s 1,5 heures 0,0625 page/s


Modem récent 56 kbit/s 4 minutes 1,25 pages/s
RNIS 64 Kbit/s 3,5 minutes 1,67 pages/s
T1 1,5 Mbit/s 7,7 secondes 0,13 livre/s
E1 2 Mbit/s 5,8 secondes 0,17 livre/s
ADSL 6 Mbit/s (moyenne) 1,925 secondes 0,52 livre/s
T3 OC-1 45 Mbit/s 0,25 seconde 4 livres/s
RNIS large bande 155 Mbit/s 0,07 seconde 14,3 livres/s

Vox RDÉE 13
Des nouvelles de notre réseau national

Un charme touristique
tout -à -fait acadien
à l’Île-du-Prince-Édouard

A
ppuyé par l’équipe de RDÉE Île-du-Prince-Édouard, En nouveauté cet été, la communauté offre deux soupers-spec-
l’Association touristique Évangéline (ATE) a élaboré un tacles communautaires : un à la salle paroissiale de Mont-Car-
projet pour promouvoir la région Évangéline, la plus mel, l’autre au Centre Expo-Festival à Abram-Village où l’on
importante région acadienne et francophone de la province, offre régulièrement des soupers au homard et des mets aca-
comme destination primaire de repas au homard à prix abor- diens.
dables. L’ancien presbytère de Mont-Carmel est devenu centre d’infor-
L’initiative s’insère bien dans la stratégie provinciale où mation touristique, salle d’exposition des arts et de la culture
la route longeant la côte de la région a été renommée « Circuit régionale, casse-croûte et lieu pour des démonstrations et ate-
côtier North Cape ». Accompagnant une photo d’un savou- liers variés. L’église centenaire Notre-Dame-du-Mont-Carmel,
reux homard, le message « Une p’tite bouchée à mi-chemin de un beau bijou situé juste à côté, accueille aussi les visiteurs.
North Cape : Dégustez notre pince-sans-rire acadien! Vous al- À ces nouveaux attraits s’ajoutent les sites touristiques
lez craquer. » précède le slogan « La région Évangéline, là où on réguliers, notamment les merveilleuses et multicolores Maisons
vit et parle en français sur le circuit côtier North Cape ». de bouteilles au Cap-Egmont, où un pique-nique au homard
est également au menu cet été, le Phare du Cap-Egmont où la
vue est tout à fait splendide, quelques restaurants, diverses bou-
tiques d’artisanat, un terrain de camping et plusieurs chalets.
Plusieurs festivals et événements sont au calendrier: le
Festival bluegrass Évangéline du 8 au 10 juillet, l’exposition
d’automobiles « Evangeline Show’n Shine » le 24 juillet, le
Jamboree atlantique des violoneux du 29 au 31 juillet, le pi-
que-nique annuel à Mont-Carmel le 14 août et l’Exposition
agricole et le Festival acadien de la région Évangéline du 1 au 4
septembre.
À proximité de cette région, à Miscouche, le Musée
acadien de l’Île-du-Prince-Édouard offre une exposition per-
manente sur l’histoire des Acadiens dans la province, l’exposi-
tion temporaire « Adrien, expressions de toute une vie » et un
centre de recherche généalogique.
Ces attractions s’ajoutent à celles des autres régions
acadiennes insulaires pour accueillir les visiteurs, démontrer la
fierté acadienne et stimuler l’économie de nos régions.
Pour plus d’information, on peut consulter le site Web
www.regionevangeline.com.

14 Vox RDÉE
Siège social (Ottawa) Direction régionale Est (Ottawa)
Directions
Nicole Sauvé, Directrice générale Paul Onadja, Directeur régional
nicole.sauve@rdee.ca paul.onadja@rdee.ca
Diane Kyd, Adjointe à la direction Marie-Hélène de Quimper,
diane.kyd@rdee.ca Adjointe régionale
Patrick Cloutier, Contrôleur marie-helene.dequimper@rdee.ca
patrick.cloutier@rdee.ca (613) 749-8546
Roch Archambault, Coordonnateur
provincial des communications
roch.archambault@rdee.ca
Direction régionale
(613) 733-6077 Centre-Sud-Ouest
(Toronto)
Direction régionale Nord Annie Dell, Directrice régionale
annie.dell@rdee.ca
(Sudbury) Agnès Ngoya,
Guy Robichaud, Directeur régional Région du Nord

Conseil d’administration
Adjointe régionale
guy.robichaud@rdee.ca Collin Bourgeois (Sudbury) (président)
agnes.ngoya@rdee.ca
Micheline J. Groulx, Denis Bérubé (Kapuskasing)
(416) 596-0549
Adjointe régionale Willie Léveillée (Markstay-Warren)
micheline.groulx@rdee.ca
(705) 560-1121 Région du Centre-Sud-Ouest
Ernest Vaillancourt (Table de concertation des
organismes du Comté de Simcoe)
Christiane Beaupré (Brampton) (secrétaire)
Jacques Kenny (Windsor)
Alfred Rockland
Agents de projets

Kathy Chaumont Pascal Samson Région de l’Est


kathy.chaumont@rdee.ca pascal.samson@rdee.ca Diane Tittley (Hawkesbury) (vice-présidente)
(613) 679-2218, poste 322 (613) 446-6123 Charles Goubau (Lefaivre)
Denis Thibault (Cornwall)
Barrie Sault Ste.Marie
Gérard Lévesque Patricia Ricard Les unités entrepreneuriales des
gerard.levesque@rdee.ca patricia.ricard@rdee.ca collèges francophones de l’Ontario
(705) 737-9856 (705) 759-9909 Nicole Laflamme (Sudbury) pour
Les Entreprises « Boréal »
Embrun Timmins
Marie-Eve LaRocque Rachel Quesnel Conseil de la Coopération de l’Ontario
marie-eve.larocque@rdee.ca rachel.quesnel@rdee.ca Claude Mayer (trésorier)
(613) 443-9998 (705) 267-1886 François Juneau

Hawkesbury Toronto Union des cultivateurs franco-ontariens


Alain Royer Yollande Dweme M. Pitta Pierre Bercier
alain.royer@rdee.ca yollande.dwemempitta@rdee.ca Pierre Glaude
(613) 632-2483, poste 34 (416) 596-9917 Nadia Carrier, dir. gén. de l’UCFO

Kapuskasing Warren Association française des municipalités


Joanne Patoine Denis Brouillette de l’Ontario
joanne.patoine@rdee.ca denis.brouillette@rdee.ca Denis Pommainville (La Nation)
(705) 337-7002 (705) 967-1020 Daniel Fortier (Welland)
Réjean Nadeau, dir. gén. de l’AFMO
Meadowvale Welland
Jean-Denis Barry Léo Audette RDÉE Canada
jean-denis.barry@rdee.ca leo.audette@rdee.ca Simon Proulx (Ottawa) Est
(905) 826-8219 (905) 714-1650 Pierre Bélanger (Earlton) Nord
Pascale Harster (Dundas) Centre-Sud-Ouest
Ottawa Windsor
François Désormeaux Lynne Maher
francois.desormeaux@rdee.ca lynne.maher@rdee.ca
(613) 222-3103 (519) 944-8284

Vox RDÉE 15
Le RDÉE Ontario est membre du réseau national de développement économique francophone, RDÉE Canada.

Le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE) optimise le potentiel économique des com-
munautés francophones et acadiennes. Il est présent dans toutes les provinces et tous les territoires du pays
à l’extérieur du Québec. En Ontario, le RDÉE assure le plein épanouissement et la vitalité des communautés
francophones de la province, par le développement des capacités, le développement des ressources humaines,
la croissance économique et la création d’emplois. Le RDÉE Ontario est là pour stimuler, appuyer et coordonner
le développement économique dans les communautés par le biais d’études de marché, la recherche de finance-
ment et l’établissement d’alliances et de partenariats stratégiques.

Visitez le site Web du RDÉE Ontario au www.rdee-ont.ca et le site du RDÉE Canada au www.rdee.ca

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