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TAKKU LIGGEY

de Mboro

Place
à la jeunesse
Fernand-Bienvenue Ackey :
le rapprochement Canada-Afrique

9 jeunes de Katimavik
Prospective jeunesse
Concertation aux Comtés-unis
de Prescott et Russell
Mint Condition

Hiver 2006 - No6


Mot du
rédacteur en chef
RÉDACTEUR EN CHEF
Roch Archambault

ÉQUIPE DE RÉDACTION

J
Line Breton
anvier 2006, le Regroupement des gens d’affaires de la Capitale nationale in-
Micheline J. Groulx
vite des gens à entendre le conférencier Jean-Marc Chaput, « motivateur » très
Jessica Kwok
connu au Québec depuis 30 ans. J’ai ses 33-tours, ses livres, enfin je l’admire.
Nicole Laverrière
Cette fois-ci, il parla plus particulièrement des folles idées qu’on ne réalise plus
Caroline Poirier
quand on vieillit. Notre vie est complètement planifiée et plus tard on réalise qu’on
Nicole Sauvé
a des regrets. À mon point de vue, pour beaucoup d’entre nous, nous perdons cette
fougue de jeunesse qui nous envahissait. C’est finalement vivre les journées pleine-
Et de Katimavik : Amélie Arsenault,
ment, pour ne pas dire « bouddhiquement ».
Mélissa Boizot-Roche,
La nouvelle génération sera probablement très différente de celle de la
Gabby Chartier, Darlene Hibbs,
« Lost Generation » d’Ernest Hemingway, de la « Beat Generation » de Jack Ké-
Adrian Markiw, Lesley-Anne Marker,
rouac et de la « Generation X » de Douglas Coupland. Celle-ci est née en plein déve-
Shawn William Morris Tomac,
loppement de l’Internet et de nouvelles technologies qui changent aussi vite que les
Andy Vautour, Becky Zimmer.
prix des timbres aux bureaux de poste. La nouvelle génération voudra probablement
des résultats très précis et aussi, rapidement.
RÉVISION ET IMPRESSION
Des projets? Ils en auront. L’information est à un clic de souris et puis
Impressions (Embrun)
maintenant, à une pression d’un bouton sur un téléphone mobile qui navigue sur
l’Internet. Il y a des chances qu’ils ne s’adapteront pas exactement comme nous le
CONCEPTION GRAPHIQUE
voulons à notre mode de travail, alors nous devrons le modifier pour les accueillir.
Roch Archambault
Dans cette édition, vous trouverez plusieurs jeunes qui sont pleins d’éner-
gie. Quelques témoignages, dont celui de neuf jeunes de Katimavik à Alfred et celui
de Fernand-Bienvenue Ackey, un Togolais d’origine qui veut nous faire découvrir
Hiver 2006 - N°6.
l’Afrique. Jessica Kwok nous parle d’une entreprise créée dans un espace de son
école à Markham. Aussi, deux projets importants pour le RDÉE Ontario : la réussite
© Réseau de développement
de Prospective jeunesse et les conclusions de la table de concertation jeunesse de la
économique et d’employabilité
région des Comtés-unis de Prescott et Russell. Enfin, un jeune qui réussit très bien
de l’Ontario 2006
dans le monde des affaires, gagnant du prix Jeunesse au gala Célébrons nos PME
(RDÉE Ontario)
2005, Luc Bessette.
On doit certainement donner à cette génération notre savoir, mais ils sau-
Courriel
ront sûrement nous enseigner comment conserver de cet enthousiasme envers la
communications@rdee-ont.ca
vie.
Internet
www.rdee-ont.ca

Page couverture
Fernand-Bienvenue Ackey
Le rapprochement Canada-Afrique à travers les jeunes ... 4 Photo par Roch Archambault
Un festival qui a du tonus! ... 6
Les participants de Katimavik arrivent à Alfred ... 8 Vox RDÉE est publié par le Réseau de
Un champion de la francophonie s’installe à Sturgeon Falls ...10 développement économique et
Jean Poirier tire sa révérence ...12 d’employabilité de l’Ontario, à un tirage
Prospective jeunesse ...13 de 2 000 exemplaires.
Une initiative de concertation par et pour les jeunes ...14
25 profils socio-économiques La réalisation du présent bulletin est
Une première phase pour l’aéroport du Centre Niagara ...15 rendue possible grâce à l’appui financier
Déclaration de Dakar : « Renforcer le pouvoir d’agir des peuples » ...16 du gouvernement du Canada.
Mint Condition : l’espace des nouvelles idées ...18
Takku Liggey de Mboro ...19
Célébrons nos PME 2005 ...20
Le mentorat d’affaires ...22

Hiver 2006 Vox RDÉE 3


Le rapprochement
Canada-Afrique à travers
les jeunes

R
och Archambault a rencontré quelques jours avant Noël, Fernand-
Bienvenue Ackey. Roch a connu Fernand alors que ce dernier faisait
un stage au RDÉE Ontario.

Roch : Comment vas-tu Fernand? Prêt pour Roch : Pourquoi Ottawa?


quelques questions?
Fernand : J’ai fait un stage à Ottawa grâce
Fernand : C’est parfait. à un projet jeunesse de l’ARC du Canada et
de Radio-Canada. C’était donc le seul en-
Roch : Quel âge as-tu ? droit où je connaissais quelques personnes.
Aussi, c’est une ville bilingue. Bien, en tous
Fernand : J’ai 23 ans. cas, elle est bilingue en théorie.

Roch : Un peu jeune pour tout ton parcours! Roch : Tu fais de la radio depuis long-
Tu viens du Togo, n’est-ce pas? temps?

Fernand : Oui, un petit pays d’Afrique de Fernand : J’ai commencé à animer à l’âge
l’Ouest. Il est limité au nord par le Burkina de 11 ans. Quand j’ai fait part de mon in-
Faso, à l’est par le Bénin, à l’ouest on y re- térêt de faire de la radio à la direction de
trouve le Ghana, et puis au sud, le golfe de la première chaîne de radio privée de mon
la Guinée. pays, personne ne m’a pris au sérieux. Mais,
ma devise dans le temps était « À cœurs
Roch : On y parle quelle langue? vaillants rien d’impossible ». Je m’y ren-
dais tout de même à chaque soir, après les
Fernand : Plusieurs langues! Mais, il y a cours, pour faire leur café en plus d’ache-
trois langues dominantes : le Kabye parlée ter leurs cigarettes. Je pouvais alors assister
au nord et aussi l’Ewe et le Mina au sud. Di- les animateurs en ondes ou pendant certains
sons que l’Ewe et le Mina sont très proches reportages. Puis un jour, un communiqué ar-
et que les gens peuvent se comprendre. riva. J’étais seul avec un technicien qui ne
voulait pas parler en ondes. J’ai donc pris le
Roch : Tu parles français, donc on parle communiqué et je suis entré en ondes, pour
aussi français au Togo? annoncer moi-même le communiqué. Le di-
recteur de la radio m’a ainsi découvert sur
Fernand : Bien sûr! Le Togo est une an- ses ondes, m’a aimé et m’a offert un poste
cienne colonie française. Il est indépendant d’animateur.
depuis 1960. Le Togo a été le premier pays à
connaître un coup d’état en Afrique après les Roch : C’est étonnant!
indépendances. On ne doit pas se vanter de
cela, mais c’est une triste réalité. Nous avons Fernand : Je sais. Plus tard, on m’a appro-
connu de nombreuses perturbations socio- ché pour produire une campagne radiopho-
politiques depuis les 16 dernières années. nique sur les droits des enfants. J’ai aussi
animé des émissions de débats avec les jeu-
Roch : Pourquoi avoir immigré au Cana- nes. Cette campagne a été diffusée dans tout
da? le pays. J’ai reçu un prix UNICEF et Plan
international pour cette même émission ra-
Fernand : En 2001, je suis venu comme diophonique.
journaliste dans le cadre des Jeux de la fran- La radio religieuse m’a aussi fait
cophonie. Par la suite, j’ai décidé d’y reve- travailler. Radio Maria Togo, où j’ai tenu
nir pour des raisons personnelles plutôt que deux à trois émissions hebdomadaires pen-
professionnelles. dant des années. J’ai gagné plusieurs con-

4 Vox
VoxRDÉE
RDÉE Hiver
Hiver2006
2006
cours et stages internationaux. Tout ceci Roch : Parle-moi un peu de Connexion j’écris un sketch humoristique sur les réa-
m’a permis d’aller en Suisse, en Belgi- Jeunesse Canada Afrique. lisations des Noirs dans l’histoire. J’ai
que, en Italie, en Allemagne, en France bien hâte de présenter le tout, si ça peut
et puis grâce à Radio jeunesse 2001, à 19 Fernand : CJCA existe depuis deux ans. faire prendre conscience et être instructif
ans, au Canada. C’est un organisme sans but lucratif, dont pour certains, c’est déjà bien.
je suis le président. L’organisme veut Par contre, c’est difficile de ne
Roch : Qu’aimes-tu du Canada? développer des partenariats entre le Ca- pas avoir de revenu stable. Mais, je suis
nada et l’Afrique. Le but est d’amener des très passionné dans ce que je fais, que ce
Fernand : La liberté d’expression. jeunes à vivre une expérience de travail soit à la radio ou dans la gestion de pro-
en Afrique ou tout simplement donner de jets/événements.
Roch : On dit que le Canada est une terre leur temps dans une communauté afri- À une station de radio, un di-
de rêve. caine. recteur m’a déjà dit d’aller faire du
Nous offrons des stages en san- « cleaning » comme mes semblables,
Fernand : C’est une utopie. Le Canada té, en éducation, en environnement et en après avoir annulé le concours d’embau-
doit revoir sa politique de promotion à culture dans divers domaine. On n’a pas che auquel j’avais passé toutes les étapes
l’extérieur. Il promet beaucoup de choses. vraiment besoin d’avoir des compétences d’embauche haut la main. C’est toujours
Les employés de l’immigration omettent ou de grandes connaissances académi- une bataille. En fait, ici pour se trouver
d’informer les gens sur le fait qu’il n’y a ques. Certaines personnes s’y rendent un emploi, tout fonctionne par réseau de
pas de reconnaissance des diplômes et des pour simplement offrir de l’aide comme contacts. C’est par les gens que tu connais
compétences. Les immigrants viennent ici bénévoles et d’autres, par exemple, de ou qui te réfères que tu obtiens un emploi.
pour être mieux! Un choc culturel! On jeunes professionnels ou étudiants, pour Mais, quand on arrive et qu’on ne connaît
est là à ne rien faire. Pendant plusieurs un projet plus spécifique. Nous sommes personne, c’est tout un problème!
mois, avant de comprendre et de rentrer ouverts aux différentes idées de collabo-
dans le système, on mange, on subi des ration et d’échanges nord-sud. Roch : Que penses-tu de la francophonie
tests médicaux. [pause] Après on te parle en Ontario?
d’expérience canadienne avant de com- Roch : As-tu un site Web pour CJCA ?
mencer un emploi. Mais pour avoir une Fernand : Les organismes doivent se ré-
expérience canadienne, je crois qu’il faut Fernand : Oui, c’est le seauter, cesser de créer des partenariats
commencer quelque part, non? [rires] <www.africana.ca/cjca> basés sur la région et l’ethnie ainsi que
les petites chicanes. Selon moi, on doit ar-
Roch : Et Ottawa? Roch : Tu travailles aussi sur d’autres rêter de faire la promotion de la diversité
projets. Une entreprise de production et culturelle, mais plutôt faire celle de l’uni-
Fernand : J’ai eu des problèmes de lan- de distribution? té humaine par le respect entre humains,
gue. Certains endroits n’offrent pas de peu importe son origine, sa race, sa reli-
services bilingues, malgré les affiches qui Fernand : Oui, Akwaaba Productions. gion et son orientation sexuelle. Savais-tu
l’affirment. Quand je faisais des appels en C’est une entreprise à but lucratif dont qu’il y a des programmes qui emploient
vue de me trouver un logement, à cause de je suis le directeur général. C’est une so- des immigrants afin de rencontrer les sta-
ma voix ou je dirais plutôt de mon accent, ciété ontarienne qui a pour but de faire tistiques ou les critères pour l’obtention
on me demandait souvent si j’étais d’ori- la promotion des artistes afro-canadiens d’une subvention? D’une part, c’est bien,
gine étrangère ou clairement: es-tu Noir? à l’intérieur du Canada, mais aussi en mais cela ne valorise pas la personne.
Si oui, bien, tes chances viennent d’être Afrique et dans le reste du monde. Je veux Elle sent qu’elle a été embauchée parce
réduites. Ils ne sont pas tous comme cela, aussi faire connaître des artistes afri- qu’elle est une minorité visible plutôt que
mais malheureusement de telles injustices cains, ici. Je suis producteur, promoteur pour ses compétences et son expérience.
existent toujours. Des gens ont encore des et distributeur. Ce qui entraîne trop souvent des frustra-
préjugés envers les immigrants. tions et malentendus de parts et d’autres.
On donne des formations aux Roch : À part ceci, que fais-tu? Dans un monde idéal, tout le monde se
immigrants, mais pas à la communauté verrait à la base comme des humains,
qui reçoit ces immigrants. L’autre gros Fernand : Je vis de contrat en contrat, donc sans frontières.
problème est d’être francophone et de de programme en programme. Je me dé-
vivre en situation minoritaire, donc un brouille, comme on le dit chez nous. Pré- Vous pouvez entendre Fernand-Bien-
double problème de vie minoritaire. Tu sentement, j’ai un contrat pour l’organi- venue Ackey sur CHUO 89,1 FM à tous
sais, nous, en plus de nous battre pour la sation de la programmation du mois de les samedis de 22h à minuit ou sur in-
langue française nous nous battons aussi l’histoire des Noirs avec le comité consul- ternet au <www.chuo.fm>. Aussi, il ani-
pour la couleur de notre peau. Donc, les tatif sur les relations avec la communauté me les lundis et jeudis à 18h sur Select
Franco-Canadiens de souche et nous, noire de Gatineau et la Ville de Gatineau. FM au <www.selectfm.com>.
Afro-Francophones, devrions nous mettre Je fais la programmation artistique ainsi
ensemble pour la survie de la langue. On que la promotion et la diffusion de l’évé-
contribue à l’économie et au rayonnement nement. J’assumerai également l’anima-
de la culture francophone canadienne. tion du gala. Tu veux un scoop? Eh bien,

Hiver 2006 Vox RDÉE 5


Le Festival du patrimoine
des bûcherons de Kapuskasing

Un festival
qui a du tonus!

par Micheline J. Groulx

L
a 6e édition du Festival du patrimoine des bûcherons de Kapuskasing s’est déroulée du 21 au 24 juillet 2005. C’est un festival
qui a été reconnu à titre de l’un des 50 meilleurs festivals dans la province par Festivals et Événements Ontario. Cette année,
il était l’événement déterminant de la Compétition des bûcherons professionnels de l’Est du Canada. Bill Deba, l’hôte et
le réalisateur de la série télévisée « Lumberjack Challenge », s’est rendu à Kapuskasing pour filmer cinq tranches d’une durée de
30 minutes chacune, mettant en vedette les efforts des 31 bûcherons concurrents de grand calibre venus de partout au Canada, de
l’Australie, de la Nouvelle Zélande et des États-Unis.

6 Vox RDÉE Hiver 2006


Les enfants ont pu se rencontrer au « Village d’activi- de saison estivale accablant de chaleur, les journées du festival
tés» où ils ont trouvé un zoo familier et des jeux gonflables. Ils se sont montrées tempérées avec une température moyenne de
ont adoré la visite des personnages Shrekmc et Princesse Fionamc 23o Celsius. Denis Bérubé a ajouté que la recette magique qui
qui se sont promenés sur le terrain afin de rencontrer leurs jeu- a attiré les foules était une combinaison « d’ingrédients » telle
nes admirateurs. que l’enthousiasme, les aventures, la culture, l’éducation et les
Une nouveauté cette année était la compétition « En- souvenirs du patrimoine nordique. De nouveaux visiteurs et des
fants de fer », un triathlon qui comprenait des étapes de nata- anciens de la région sont venus visiter leurs parents et amis, et
tion, de cyclisme et de la course pour les enfants de 19 ans ou ont dépensé de l’argent dans les restaurants, les hôtels et les ter-
moins. rains de camping à Kapuskasing et ses environs. C’était une fin
Le concours « Pop Star Idol », commandité par Spa- de semaine pour toute la famille!
cek’s Audiotronic / NorthernTel Mobility était de retour cette En 2005, le nombre de visiteurs a atteint 10 113 avec
année. Cette activité, bien aimée de la foule, a mis en vedette la 26 500 participants aux différents sites et activités. Les recettes
finaliste Stacey Bulmer du concours « Canadian Idol ». ont augmenté de 3 % ce qui est attribuable à l’achat du passeport
Le site du festival a aussi pris de l’ampleur. Au lieu de pour les quatre jours du festival. Au rendez-vous en 2006, le fes-
tout présenter en face de l’ancien hôpital et du Parc Riverside, tival aura lieu du 27 au 30 juillet… dates à retenir en planifiant
deux sites ont accueilli les visiteurs. En fait, les activités comme vos vacances dans cette région à découvrir!
les courses de cheveaux western,
le concours de traction chevaline
et « Le Marché » ont eu lieu sur
le terrain de stationnement du
Palais des Sports. Les kiosques
du marché, à l’abri de tentes
énormes, ont donné l’occasion
aux touristes ainsi qu’aux rési-
dants, de magasiner en quête de
souvenirs, d’oeuvres artisanales
en plus de goûter aux produits du
terroir. « Le Marché » était aussi
relié au village autochtone.
L’un des dirigeants
au conseil d’administration du
RDÉE Ontario, Denis Bérubé,
avait accepté la présidence du
comité organisateur de la 6e édi-
tion du festival. Denis travaille
à la SADC North Claybelt, une
société qui fait partie de l’Équipe
du développement économique
de Kapuskasing (KAPEDO) -
l’organisateur officiel du Festival
du patrimoine des bûcherons.
Les organisateurs ont
recruté plus de 70 commanditai-
res qui représentaient des organi-
sations de bienfaisance comme
le Club Rotary de Kapuskasing
et celui de Hearst, ainsi que des
entreprises de toutes sortes dont
Tembec, Persona Media Inc.,
Gaston Sports and Marine, l’hô-
tel Comfort Inn et le restaurant
Casey’s, pour en nommer que
quelques-unes.
Denis nous a confié que
400 bénévoles ont uni leurs ef-
forts à ceux des commanditaires,
et que sans cette aide précieuse,
le succès du festival n’aurait
pas été assuré. Malgré un début

Hiver 2006 Vox RDÉE 7


L es participant s d e K a t i m a v i k
arrivent à Alfred
La communauté d’Alfred a accueilli un groupe Katimavik le 23 novembre dernier.
Après quelques semaines de travail, voici leurs commentaires :

Je m’appelle Amélie Arse-


Andy Amélie nault et je viens de Charny
au Québec. Je me suis ins-
crite à Katimavik pour une
raison bien simple : je ne
savais pas dans quelle voie
me diriger à l’université et
j’avais besoin de prendre
du recul. Me voilà donc
ici, rencontrant toujours de
nouvelles personnes et vi-
vant un lot d’expériences
enrichissantes, et ce, en at-
tendant le point culminant
Je suis Andy Voutour. J’ai 19 ans et je suis de de mon voyage à Terre-
Saint-Jean, Nouveau-Brunswick. Je me suis Neuve!
inscrit au programme Katimavik parce que,
selon moi, c’est une bonne façon de voir du
pays, faire la rencontre de gens intéressants et
Adrian
acquérir l’expérience du volontariat. J’aime Yo à l’Ontario! Je m’appelle
beaucoup le programme et j’ai bien hâte de Adrian « Master Chef » Mar-
vivre chez une famille d’hébergement. kiw. Je suis de Winnipeg (c.-à-
d : « Winterpeg »). Je me suis
joint au programme Katimavik
parce que je voulais prendre
une année sabbatique entre le
Mélissa secondaire et mes études post-
secondaires. Je vise une carriè-
re d’ingénieur électricien. Ka-
timavik est un moyen économique de mieux explorer son pays, tout en faisant
la rencontre de gens de partout au pays. Le programme me plaît énormément et
ce dernier me donne la chance d’acquérir une précieuse expérience de travail,
ainsi que de pouvoir contribuer de manière importante à la société.

Darlene
Bonjour. Je suis Darlene
Je suis Mélissa Boizot-Roche, de Toronto en Hibbs et je viens de Lon-
Ontario. En juin dernier, j’ai terminé mon se- don en Ontario. J’ai 21
condaire. Je n’avais pas la moindre idée de ce ans. Je me suis jointe à Ka-
que je voulais faire de ma vie. À peine une timavik parce que j’aime
idée très vague : celle de voyager et, possi- voyager, j’aime habiter
blement, aider les gens autour de moi. Kati- dans des endroits diffé-
mavik est le programme idéal : ce dernier me rents et j’aime apprendre
permet de faire les deux à la fois et, je l’es- de nouvelles choses. En-
père, avoir un impact sur des communautés core mieux si tout cela est
partout au Canada. Si ces quelques premières possible gratuitement! Je souhaite découvrir de nouvelles possibilités de
semaines sont un aperçu des neuf mois à ve- carrière par l’apprentissage de connaissances auxquelles je n’aurais sans
nir, ce sera toute une expérience! doute pas pensé.

8 Vox RDÉE Hiver 2006


Becky
Je suis Becky Zimmer et je
viens de la petite ville d’An-
naheim en Saskatchewan.
J’ai entendu parler de Ka-
timavik lors d’un Salon de
l’emploi local à proximité
de chez nous. J’ai trouvé
cela très intéressant et l’idée
de voyager à travers mon
pays m’a séduite. J’aime
beaucoup le programme jusqu’à présent parce que j’ai rencontré une foule
Shawn
de gens et je me suis fait de nombreux amis, tant à l’intérieur du programme Je m’appelle Shawn William Morris Tomac.
que dans la communauté. J’aime le sport, la musique, la littérature, ainsi que Je suis de Surrey en Colombie-Britannique,
partager de bons moments avec mes amis. mieux connue sous le nom de la ville des
parcs. J’aime la lecture, écrire, les jeux vi-
déo ainsi que les dessins animés japonais et
Lesley-Anne les mangas (bandes dessinées japonaises). Je
suis inscrit au Kwantlen Park Secondary et
Je suis Lesley-Anne Marker je suis en onzième année. Une fois mon se-
et je suis originaire d’Oran- condaire terminé, je ne suis pas certain quels
geville en Ontario (soit à seront mes projets, mais je crois que je me
quelque 40 minutes au nord dirigerai vers le collège de tourisme. Pas le
de Toronto). La raison pour moindrement sportif, mais plutôt poète qui a
laquelle je me suis jointe déjà publié dans une anthologie de la Poetry
à Katimavik? Une amie Guild – il y a de cela quelques années. Carpe
m’avait parlé de son expé- Diem.
rience et cela m’a ouvert les
yeux sur une nouvelle façon
Le programme Katimavik
de voyager. J’ai une passion
pour les voyages. Jusqu’à présent, j’apprécie le programme à 100 %. Ce
Katimavik propose aux jeunes de 17 à 21 ans
dernier répond à toutes mes attentes. J’apprends une nouvelle langue et
une aventure unique de neuf mois à la décou-
je rencontre de nouvelles gens tous les jours. Parmi les aspects qui m’in-
verte de trois régions du Canada. Le program-
téressent le plus : continuer mon apprentissage d’une langue seconde,
me repose sur le concept d’apprentissage par
voyager vers de nouveaux coins et rencontrer des gens.
le service volontaire qui intègre un développe-
ment personnel et professionnel grâce au tra-
Gabby vail bénévole sur des projets communautaires.
En plus de travailler 35 heures par semaine,
Hé, Katimavik! Je suis les participants bénéficient d’un programme
Gabby Chartier; je suis d’apprentissage concentré sur le leadership,
originaire d’Ottawa et j’ai les langues officielles, la protection de l’envi-
fait des études en sciences ronnement, la découverte culturelle et un mode
politiques et en français à de vie sain. Chaque participant de Katimavik
l’Université Wilfrid Lau- effectue une moyenne de 500 heures de travail
rier ainsi qu’à l’Université communautaire pour des organismes partenai-
Carleton. Depuis peu, je res. Depuis 1977, plus de 25 000 Canadiens
me suis mise à vivre et ont participé au programme Katimavik : ils ont
à respirer Katimavik. Et développé leur sens civique et ont acquis une
pour cause; je suis l’agen- meilleure confiance en eux-mêmes. Katimavik
te de projet pour la région d’Alfred. Cela fait en sorte que j’ai le privilège vise la formation de citoyens responsables qui
de superviser le projet pour la région et – du même coup – vivre et travailler contribueront de manière déterminante à la so-
avec les merveilleux participants et participantes à Alfred! Les trois premières ciété canadienne.
semaines ont été un tourbillon d’activités, de placements professionnels, sans
parler d’une adaptation à une routine surchargée! Les participants et moi avons Pour de plus amples renseignements :
été très occupés avec l’organisation de nombreuses activités éducatives et amu- Gabrielle Chartier, agente de projet à Alfred
santes, et ce, afin de mieux connaître cette communauté accueillante. Nous Téléphone : (613) 679-0915
avons bon espoir de rencontrer tous et chacun… alors, surveillez la fourgon- Site Web : www.katimavik.org
nette Katimavik près de chez vous!

Hiver 2006 Vox RDÉE 9


Un champion
de la
francophonie
s’installe à

Sturgeon Falls

par Micheline J. Groulx

A
près plus de 21 ans au service de la Coopérative funé- suicide chez les jeunes et sur l’organisation de groupes d’appui
raire du district de Sudbury, Collin Bourgeois est démé- pour les personnes affligées de deuil.
nagé à Sturgeon Falls afin de poursuivre son rêve. Le 1er L’année 2005 aura été extrêmement importante pour
octobre 2005, Collin est devenu le directeur et propriétaire du lui. En plus d’acheter le salon à Sturgeon Falls, Collin Bourgeois
salon funéraire Théorêt Bourgeois. Son épouse, Anita, travaille s’est vu décerné trois prix. En février, Centraide / United Way de
à la réception du salon. L’aîné de ses deux enfants, Martin, est la région du Grand Sudbury lui a remis le Mérite John Grasby et
demeuré à Sudbury tandis que sa fille Nadine étudie la musique le titre de bénévole de l’année. Le mois suivant, Collin a voyagé
à une prestigieuse école située dans la région de Boston dans le à l’Ambassade de France à Ottawa où il a reçu le Mérite de la
Massachusetts. Francophonie 2005 du Richelieu International. En juin, le Con-
Avant son départ, plus de 150 personnes se sont réunies seil de la Coopération de l’Ontario (CCO) lui a donné le prix
pour souhaiter bon succès à Collin et surtout le remercier pour Mérite coopératif 2005.
ses nombreuses années de service auprès de la communauté Selon Claude Mayer, trésorier du RDÉE Ontario et pré-
francophone de la région. Les députés fédéraux Diane Marleau sident sortant du CCO, le choix n’était pas difficile à faire, car
et Raymond Bonin ont participé à cette fête qui s’est tenue au « Collin est partout. On le retrouve tout aussi bien dans le sud
Collège Boréal. L’endroit avait été bien choisi car Collin Bour- que dans l’est de la province, sans oublier le nord. » Plusieurs
geois y a enseigné les cours de Droit funéraire et de Déontologie gens le disent, Collin Bourgeois est investi d’un sens aigu de res-
en services funéraires pendant plusieurs années. En fait, le pro- ponsabilités envers son prochain, et son travail reflète ce souci
gramme de Services funéraires est le seul en son genre offert en pour le bien-être d’autrui.
français dans tout l’Ontario. Non seulement Collin l’a enseigné, Natif de Timmins, Collin Bourgeois a étudié au collège
mais il a aussi créé le curriculum du programme! Humber à Toronto. Il a vécu à Cornwall et ensuite à Sudbury.
Collin Bourgeois est bien connu tant pour son travail Parmi ses nombreux engagements envers la communauté, il a
bénévole et humanitaire que pour son expertise en services funé- été nommé président du Réseau de développement économique
raires et en gestion du deuil. Devenu un populaire conférencier et d’employabilité de l’Ontario (RDÉE Ontario) à l’hiver 2002
à travers le pays, Collin est appelé à donner en moyenne 20 con- jusqu’en septembre dernier. Conseiller municipal de la Riviè-
férences par année, en anglais et en français sur la prévention du re-des-Français, il représente la région du nord à l’Association

10 Vox RDÉE Hiver 2006


« On n’est bien au niveau de sa santé et de son
Photo : Paul Gomirato R.G.D., PG Advertising and Design Inc [Sudbury]

moral que si l’on s’engage pour le bien-être de


ceux qui nous entourent. »

française des municipalités de l’Ontario (AFMO). Richelieu de- Mais certaines choses sont trop importantes à ses yeux
puis 1989, Collin est le gouverneur de la région du Moyen Nord pour arrêter. Il tient d’abord à terminer son mandat comme con-
depuis 2001. seiller municipal de la Rivière-des-Français, et dit que la politi-
Sa fonction de directeur général de la Coopérative fu- que, il adore ça et voudrait en faire encore un jour lorsqu’il sera
néraire du district de Sudbury lui a permis d’avoir une influence bien établi dans le Nipissing-Ouest.
et un rayonnement dans la communauté francophone de la ré- « Trouver des solutions, travailler de près avec les gens
gion du Grand Sudbury. Il a contribué à développer la fierté des et découvrir ce qui les préoccupe, il faut le faire dit-il. On n’est
Franco-Ontariens de sa région dans leur langue et dans leur cul- bien au niveau de sa santé et de son moral que si l’on s’engage
ture. pour le bien-être de ceux qui nous entourent. » Voilà la source de
Afin de pouvoir se consacrer pleinement à ses nouvel- son engagement profond au service public.
les responsabilités comme propriétaire de la maison funéraire à Selon Guy Robichaud, directeur régional du RDÉE
Sturgeon Falls et Verner, il dit qu’il ralentira un peu ses autres Ontario et un résidant de Sturgeon Falls, « c’est une acquisition
activités pendant quelque temps. Terminant son troisième man- formidable pour la région du Nipissing-Ouest, parce que Collin
dat comme président du RDÉE Ontario, il a laissé ce poste pour est un homme engagé qui a de nombreuses connaissances et,
devenir le vice-président. Il a également complété son mandat un excellent réseau de contacts. Quand Collin Bourgeois entre-
comme représentant du Nord de l’Ontario au Funeral Services prend un projet ou une cause, il fait bouger les choses. Des gens
Association. comme ça, on n’en a jamais assez dans une communauté. »

Hiver 2006 Vox RDÉE 11


Jean Poirier tire sa révérence par Roch Archambault

© Direction Entente Canada-communauté Ontario


L
e personnage a tiré sa révérence. Un personnage dont j’avais entendu
maintes fois parler avec des commentaires hauts et forts. Il a une réputa-
tion de travailler passionnément à la survie des Franco-Ontariens et de
leur respect. Il criait, il regardait droit dans les yeux, il demandait de l’écouter
et surtout de comprendre l’étendue du débat et de la cause. En décembre, je me
suis assis avec l’homme, toujours rempli de rêves, mais cette fois-ci pour lui et
son épouse.
Décrire l’étendue du parcours de sujet, lisez l’article « Le méli-mélo des
Jean Poirier, serait écrire une encyclopé- acronymes se terminant en O » dans les
die. Brièvement, disons que les années 70 pages 6 et 7 du Vox RDÉE no.5.)
ont été le début de son engagement dans Le processus de fusion de la
Prescott et Russell. Entre autres, il y a DECCO et de l’ACFO se terminera lors
créé l’Association de sécurité agricole et de la 1ère assemblée générale annuelle de
le Comité pour le défilé de la Saint-Jean. l’Assemblée de la francophonie de l’On-
Les années 80 et 90 l’ont gardé dans cette tario (AFO). En novembre dernier, un co-
région (initiateur de l’Association touris- mité provisoire a été élu pour continuer Jean Poirier à l’AGA 2005 de l’ACFO.
tique de Prescott-Russell et du Comité de le processus qui s’assure de cette fusion.
développement économique), mais l’ont « C’est un processus qui est dispendieux
aussi amené à un niveau provincial et po- et qui prend beaucoup de temps, m’expli- Quelques distinctions
litique. En 1984, il est devenu le député qua Jean Poirier. La loi exige un conseil
de la circonscription de Prescott et Rus- provisoire jusqu’à la fusion totale. Pour • Membre de l’Ordre de la francophonie de
sell à l’Assemblée législative de l’Onta- l’instant, l’ACFO existe toujours jusqu’au Prescott et Russell, Ontario (2005)
rio et il y demeura pour quatre mandats, 31 mars 2006, tout comme la DECCO. » • Prix Lyse-Daniels décerné par Impératif
jusqu’en 1995. Comme député, il aura Le conseil d’administration de français, Gatineau, Québec (2004)
connu beaucoup de succès. On n’a qu’à l’AFO aura 24 sièges, dont quatre exclu- • Membre de l’Ordre du Mérite franco-on-
penser à son projet de loi privé donnant sivement pour la communauté des mino- tarien, ACFO provinciale (2003)
une reconnaissance législative aux tra- rités raciales et ethnoculturelles franco- • Officier, Ordre National du Mérite de
ducteurs et interprètes de l’Ontario qui phones (MREF). Les ACFO régionales et France, promu par M. Jacques Chirac, Pré-
a été adopté à l’unanimité. Une première des centaines d’organismes francophones sident de la République française (2002)
mondiale! Aussi, il a été l’initiateur de en Ontario pourront devenir membre de • Récipiendaire, médaille du jubilé de la
l’interprétation simultanée à l’Assemblée l’AFO. Reine Elizabeth II (2002)
législative de l’Ontario. Jean Poirier a l’air heureux de • Récipiendaire de la médaille Bene Me-
Mais, depuis le 25 septembre terminer sur une belle note. « On a livré renti de Patria et du Prix Séraphin-Marion,
2004, il fait la manchette surtout en tant ce que la collectivité voulait. L’ACFO Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
que président de l’Assemblée des com- continuera! ». (2001)
munautés franco-ontariennes, mieux con- À la dernière assemblée géné- • Chevalier, Ordre National du Mérite de
nue sous le nom de l’ACFO provinciale. rale annuelle de l’ACFO, les membres France; premier récipiendaire de souche
Les uns l’aiment parce qu’il n’a pas peur lui ont rendu hommage, mais aussi à son franco-ontarienne; nommé par M. Jacques
des mots, des mots qui sonnent forts. Les épouse, Dominique-Marie Saubestre, qui Chirac, Président de la République fran-
autres l’aiment moins pour les mêmes a donné une partie de sa vie comme béné- çaise (1996)
raisons. vole pour la survie de la francophonie en • Commandeur, Ordre de la Pléiade, As-
À son arrivée à la barre de Ontario. semblée parlementaire de la Francophonie,
l’ACFO, l’organisme phare de la fran- Quand j’ai demandé à Jean ce l’APF (1995)
cophonie ontarienne avait franchi le cap qu’il fera après s’être retiré (le 31 décem- • Membre, Ordre de la Fidélité française,
du désespoir. Patrimoine canadien avait bre 2005), un grand sourire est apparu Conseil de la vie française en Amérique,
coupé dans la contribution financière à à travers sa barbe blanche : « Je serai Québec (1995)
l’ACFO, l’organisme ne pouvait plus avec ma femme. Des travaux autour de • Récipiendaire de la Médaille d’honneur
remplir son mandat. Jean Poirier a réussi la maison que je planifie depuis 25 ans. du Sénat de France (1995)
à redresser l’organisme avant sa fusion Le pinceau et le marteau remplaceront le • Reconnaissance officielle par le Président
avec la DECCO (Direction Entente Ca- stylo. » de l’Assemblée législative de l’Ontario
nada-communauté Ontario). Le 1er avril (1994)
prochain, l’ACFO changera de nom. (Si • Récipiendaire, Médaille du 125e anniver-
vous voulez en savoir un peu plus sur ce saire du Canada (1992)

12 Vox RDÉE Hiver 2006


jeunesse
Prospective
Prospective
par Caroline Poirier
jeunesse
membre du comité

P
rospective Jeunesse, est un groupe taire de Limoges, notre lave auto et dîner
d’adolescent.e.s de Limoges qui a pizza, le 24 septembre au Bureau de pos-
décidé de s’investir dans sa com- tes de Limoges. Nous avons cherché des
munauté. Appuyés par le RDÉE Ontario commanditaires locaux et, pour nous allé-
et la Fondation franco-ontarienne, nous ger la tâche, nous avons créé des trousses
travaillons à mettre sur pied un « skate d’information pour donner tous les ren-
park » sécuritaire et qui offre à la jeunesse seignements nécessaires de notre projet à
de Limoges, situé dans l’Est-ontarien, un nos commanditaires. Avec celles-ci, nous
lieu de rencontre et d’activités extérieu- avons reçu beaucoup de commandites.
res. Les organisateurs du projet sont dy- Parmi les commanditaires, nous comp-
Angélique Pilon, Ashley Gorman et Joey
namiques et enthousiastes dans la réussite tons la Caisse populaire Trillium Inc.,
Beaudin.
d’un projet pour la jeunesse de leur région. Norm’s Gym, Bearbrook Farm Bed &
Chacun apporte à la réalisation du projet, Breakfast, Sunshine Autoparts, le Groupe
sa touche personnelle et individuelle. financier Luc Bessette, Bourdeau Entre-
Depuis cette dernière année, prise, Home Hardware de Casselman,
financièrement, notamment le Comité de
plusieurs cueillettes de fonds ont été or- Dupuis Ford Lincoln, le Club Richelieu
la journée familiale du Canada (1 420$),
ganisées pour amasser des dons pour la Embrun, et plusieurs autres.
le Comité des citoyens de Limoges (4
construction de notre « skate park ». Par Nous avons aussi informé notre
000$), la Municipalité La Nation pour
exemple, nous avons tenu notre souper communauté à propos des organismes
faire paver le « skate park » (11 881$).
macaroni le 9 juin au Centre communau- locaux qui nous ont grandement appuyés
Ces chèques ont été reçus lors de la ren-
contre avec délégation à la Municipalité
La Nation à Casselman le 29 août der-
nier.
Présentement, quatre rampes sont
installées dans le parc et nous poursuivons
nos activités de financement. Nous espé-
rons faire l’ouverture officielle du « skate
park » dès le début de l’été 2006.
Le comité est composé de Joey
Beaudin, Ashley Gorman, Jennefer Ha-
mel, Angélique Pilon et moi-même.

Objectifs
• Offrir à la jeunesse de Limoges un lieu
de rencontre et d’activités
• Rendre la communauté plus dynamique
pour la jeunesse
• Créer un « skate park » sécuritaire
• Avoir une expérience de travail
• Redonner à la communauté.
Arrivée officielle des premières rampes du parc de rouli-roulants, situé au Parc
Rodolphe Latreille à Limoges. Le 23 octobre dernier, la Fondation franco-onta-
rienne, la Municipalité La Nation, le Club Optimiste de Limoges, le Comité de
citoyens de Limoges, le RDÉE Ontario et des résidents de la communauté étaient
présents lors de cet événement.

Hiver 2006 Vox RDÉE 13


Une initiative de concertation
par et pour les jeunes

par Marie-Eve LaRocque

Photo : Roch Archambault


Retour en arrière seignante de l’École secondaire Embrun,
Le 6 mai 2005, la Commis- afin de bien représenter les intérêts des 1. Encourager les initiatives par et pour
sion de formation de l’Est Ontarien et le différents groupes d’âges. Luc Bessette, les jeunes, comme la création d’une table
RDÉE Ontario se sont engagés à entamer jeune entrepreneur, nous parle de son de concertation jeunesse (sujets : politique,
un processus de consultation auprès des engagement au sein de ce comité : « Je économie, environnement, santé, mento-
jeunes francophones de 16 à 19 ans (en- m’implique activement dans le Forum rat).
trepreneurs, étudiants, sur le marché du
travail ou à la recherche d’emploi) des
jeunesse car le développement de la ré-
gion de Prescott et Russell, ma région,
2. Encourager le sentiment d’appartenan-
ce dans sa communauté par les activités et
Comtés-unis de Prescott et Russell, afin est très important à mes yeux. En tant
les regroupements.
de mieux connaître leurs impressions que planificateur financier et comptable,
par rapport aux occasions d’emplois, à la
réalité du marché du travail et au déve-
cela me permet de découvrir des ressour-
ces pour mes clients. Le Forum jeunesse
3. Communiquer aux conseils scolaires
les besoins exprimés par les jeunes face à
loppement économique de la région. Une est une importante source d’information la préparation au marché du travail.
soixantaine de jeunes francophones ont pour les jeunes qui sont à la recherche
participé au Forum Rendez-vous jeunesse d’emploi ou pour les jeunes qui dési- 4. Mettre en place un système de trans-
2005! rent démarrer leur entreprise. Je suis port en commun dans Prescott et Russell
moi-même un jeune entrepreneur, donc (ex : aux heures de travail matin/soir).
La suite du Forum j’appuie les démarches positives comme
Une invitation à s’engager pour celle-ci et j’encourage les jeunes à y par- 5. Sensibiliser les employeurs à l’impor-
développer une table jeunesse a été sug- ticiper. » tance de donner une chance aux jeunes afin
gérée aux participants, lors de ce forum. qu’ils puissent avoir des expérience de tra-
En majorité, les jeunes s’intéressent à Qu’elle est la suite ? vail dans leur domaine d’études.
mettre sur pied une telle table qui se pen- La coordonnatrice, Mylène Ber-
chera sur les besoins exprimés de la jeu- cier, embauchée pour appuyer la mise en 6. Encourager la création d’entreprises
nesse de Prescott et Russell. Par le biais œuvre des prochaines étapes, épaulera le dans Prescott et Russell dans différents
de cette table, les jeunes croient qu’il y comité organisateur dans la planification secteurs, de la construction, aux métiers,
aura un rapprochement par le réseautage, d’un deuxième rassemblement jeunesse jusqu’aux professionnels qui peuvent avoir
du mentorat entre les jeunes et les adultes, en début d’année 2006. Cet événement un cabinet de pratique à domicile.
un engagement de tous les niveaux de la
communauté pour créer l’unité, ainsi que
vise à élaborer un plan d’action pour la
table, selon les priorités identifiées par les
7. Améliorer les conditions salariales afin
d’avoir un avantage compétitif avec les sa-
la représentation des besoins des jeunes. jeunes. Des jeunes leaders et organismes
laires de la ville.
travaillant auprès de la jeunesse seront
Plusieurs jeunes siègent au sein
du comité organisateur, soit un jeune
invités à participer pour bien refléter les
besoins des jeunes et fournir les ressour-
8. Les jeunes connaissent les avantages
d’être bilingue, alors miser sur les bénéfi-
entrepreneur, une jeune employée, deux ces nécessaires au bon fonctionnement de ces qu’offre la communauté de Prescott et
étudiants du secondaire et une jeune en- la table de concertation. Russell au niveau linguistique.

14 Vox RDÉE Hiver 2006


25
Une première phase
profils pour
socio-économiques

R L
DÉE Canada a procédé au dévoilement de 25 profils e Club 2000 Niagara et la Commission de l’aéro-
socio-économiques. Cette importante base de données, port du Centre Niagara (appuyés par le RDÉE Onta-
développée sur une échelle régionale à la grandeur du rio) ont réussi à faire approuver une contribution de
pays, accompagnera la conceptualisation, l’élaboration et la 25 000 $ de la part du gouvernement municipal régional pour
mise en œuvre de stratégies appuyant le développement éco- la deuxième phase d’une étude de faisabilité et de marketing
nomique et l’employabilité des communautés francophones et pour l’aéroport, qui se trouve tout près de Welland, au centre
acadiennes. de la péninsule. Ce montant doit être incorporé dans le budget
L’utilisation des profils permettra de mieux compren- de la région pour l’an 2006.
dre le milieu dans lequel chacune des organisations membres La première phase, qui coûtera environ 25 000 $ et
du RDÉE Canada œuvre. Ces outils se concentrent spécifique- qui devrait commencer sous peu, serait financée à partir des
ment sur les communautés francophones et acadiennes, décri- fonds de réserve de la commission de l’aéroport. Cette phase
vant leur situation relative aux plans démographique, écono- verrait une étude du potentiel en développement économique
mique et social. On y présente à la fois un portrait statistique que peut offrir l’aéroport dans le tourisme et l’agro-alimen-
des communautés francophones et acadiennes, ainsi que des taire, les affaires (PME), le transport multi-portuaire, l’acti-
données qualitatives touchant à plusieurs thèmes d’intérêt dont vité culturelle (potentiel pour la communauté francophone),
le recrutement de la main-d’œuvre bilingue, la formation, les etc… À la suite de l’étude et de l’identification des besoins
services d’appui aux entreprises et les priorités régionales de et du potentiel, une campagne de marketing sera développée
développement économique. Ces outils seront mis à jour pério- pour attirer les gens à la région de Niagara Sud.
diquement. Le caractère unique de ce projet se trouve dans le
En outre, ces profils serviront à étoffer des analyses fait que, pour la première fois au Niagara, les municipali-
thématiques au cours des prochains mois. Il sera, par exem- tés ont vu le potentiel offert par la communauté francophone
ple, possible de faire ressortir les caractéristiques de la langue comme outil de marketing pour la région. La clientèle ciblée
au travail, du chômage et des revenus en menant des analyses viendra de plus loin que le sud de l’Ontario : on visera en par-
thématiques plus approfondies. Ces données permettront égale- ticulier le nord de l’Ontario, le Québec et le Manitoba. L’af-
ment de mieux comprendre les disparités entre le milieu rural et fichage à l’aéroport sera dans les deux langues et on espère
le milieu urbain. embaucher un gérant bilingue pour desservir les visiteurs. Les
La mission du RDÉE Canada est d’orienter et de sti- entrepreneurs, les activités et les services en français seront
muler, en collaboration avec ses partenaires régionaux, pro- mis en vedette afin d’appuyer la communauté francophone et
vinciaux et territoriaux, la prise en charge stratégique du dé- d’ouvrir les portes au développement économique pour cette
veloppement économique des communautés francophones et communauté.
acadiennes dans le but d’augmenter la création d’entreprises et Le RDÉE Ontario appuie depuis un an le Club 2000
d’emplois durables. Niagara et la Commission de l’aéroport dans la planification
Les données des profils socioéconomiques sont dispo- du concept et des interventions auprès des municipalités pour
nibles directement à partir du site Web du RDÉE Canada au : l’adoption du projet.
<www.rdee.ca>. Le projet a plusieurs partenaires : Club 2000 Nia-
gara, la Commission de l’aéroport de Niagara Centre-Sud, la
Source : RDÉE Canada municipalité de Welland, la municipalité de Port Colborne,
la municipalité de Pelham, la municipalité de Wainfleet et le
RDÉE Ontario.

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Hiver 2006 Vox RDÉE 15


Déclaration de Dakar :
« Renforcer le pouvoir d’agir des peuples »

À
la suite de Lima (1997) et Québec (2001), l’Afrique a accueilli la 3e rencontre sur la globalisation de la solidarité du
22 au 26 novembre 2005 à Dakar. Plus de 1200 participants des six continents regroupant des entreprises à finalité
sociale, des mutuelles, des coopératives, des associations, des ONG, des organismes de développement et de coopéra-
tion, des universitaires, des syndicats, des gouvernements, des élus locaux etc.

Au travers d’une diversité de programmes, les délibérations ont permis d’énoncer les axes de mobilisation et d’en-
gagements suivants :

NOUS NOUS MOBILISERONS POUR :


1. Continuer les activités de promotion tels que la parité des femmes, la dette (par exemple dans les pays du sud), (e)
de l’Économie Sociale et Solidaire dans internationale, la famine au Sahel, l’en- la mise en place de nouveaux partenariats
une perspective de développement du- treprenariat et les nouvelles dynamiques socio-économiques permettant d’accroître
rable; augmenter son impact politique à coopératives, la place des jeunes, l’apport ou de diversifier les filières de production
l’occasion des différentes rencontres du de la culture, l’agriculture équitable et le ou les services proposés, (f) l’inclusion
Forum Social Mondial et auprès des ins- tourisme social et solidaire. des coûts sociaux et la défense de l’envi-
tances multilatérales et continentales, ain- ronnement et de l`écologie, (g) l’accrois-
si que des organisations internationales 5. Développer des finances éthiques et sement et la diversification des produits,
telles que la Banque Mondiale, le FMI, solidaires à tous les niveaux, de partager et ce au niveau de chaque région et sous
l’OMC, l’OIT et l’ONU et obtenir des ré- les outils innovateurs de gestion y com- région.
formes fondamentales des institutions de pris l’information, d’appuyer les initiati-
Bretton Woods. ves des migrants; promouvoir le renfor- 8. Inciter à l’annulation de la dette du
cement de monnaies sociales. tiers monde en particulier dans ce qu’elle
2. Systématiser la diffusion de l’infor- a d’illégitime et d’odieux, (b) développer
mation par les nouvelles technologies 6. Impulser des alternatives populaires des stratégies intermédiaires telles que
de l’information et de la communication au modèle de développement privé et éta- les audits citoyens, la remise en question
mais aussi par la voie des radios locales; tique; défendre l’accès à l’eau et freiner du programme du FMI appelé « Initia-
identifier les leaders locaux qui adhè- la privatisation dans le cadre de la dé- tive pour les Pays Pauvres Très Endettés
rent aux concepts dans tous les collèges fense des droits humains, notamment les (PPTE) », (c) un processus d’arbitrage
d’élus, d’associations, d’universités, droits économiques, sociaux et culturels; juste et transparent de la dette sur la base
d’entreprises, et leur donner les moyens développer à partir du niveau local des d’un code financier international, (d) des
de se réseauter; démultiplier au retour, systèmes d’intégration et d’articulation mécanismes de réduction de la dette en
chacun dans ses réseaux, les avancées de des finances solidaires, de la production faveur de l’investissement social, avec la
Dakar 2005 et poursuivre activement le responsable, de la consommation éthique, participation de la société civile dans la
plaidoyer pour influencer les gouverne- des services de proximité et de partage conception, la gestion et la surveillance
ments de tous les pays du monde. des savoirs; faire toute sa place à la con- du processus, (e) donner la priorité au
tribution des femmes et des jeunes dans le paiement de la dette sociale et environ-
nementale par rapport à la dette externe
3. Demeurer politiquement vigilant pour renouvellement des modèles de dévelop-
financière des pays.
empêcher les tentatives de récupération pement; promouvoir l’alliance entre les
des années de luttes par les firmes mul- acteurs concernés de l’Économie Sociale
tinationales, entre autres. Le RIPESS et Solidaire. 9. Développer un partenariat pour un
soutient que la satisfaction des droits développement durable entre décideurs
humains fondamentaux des peuples (po- 7. Promouvoir le commerce équitable à politiques et société civile pour la co-pro-
litiques, civils, économiques, sociaux et toutes les échelles par (a) l’ouverture de duction de politiques publiques. Dans ce
culturels) doit être la finalité de l’activité marché, (b) la mise sur pied de certifica- cadre, il faut tenir compte d’une bonne
économique. tions alternatives (par exemple des régions culture de dialogue et de co-responsabi-
des pays du sud), (c) la régulation du mar- lité dans la conception, l’articulation et
l’application de politiques publiques en
4. Enrichir ses champs d’intérêt et ses ché basée sur les principes de l’équité et
faveur d’un système intégré d’Économie
méthodes d’approches à travers l’iden- de la transparence, (d) la mise en place de
systèmes de garantie adaptés aux réalités Sociale et Solidaire. Il importe de veiller
tification des priorités continentales et à la bonne application de la fonction ré-
l’approfondissement de certains thèmes des pays producteurs et consommateurs

16 Vox RDÉE Hiver 2006


gulatrice de l’État, de promouvoir une vé- 10. Poursuivre à l’avenir les initiatives ainsi que la reconnaissance de toutes les
ritable responsabilité sociale des acteurs initiées à Dakar de villages du commerce formes de travail qu’elles accomplissent.
économiques et d’impulser des politiques équitable pour favoriser une dynamique Le RIPESS entend poursuivre la parité
publiques à articuler le local au national de partenariat et d’échange avec partici- comme objectif dans le fonctionnement
et à l’international. Une attention doit être pants et participantes ainsi qu’une mar- de son organisation ainsi que la constitu-
accordée de plus en plus à la protection che populaire dans les centres-villes afin tion d’un réseau intercontinental «Femme
sociale des personnes en situation de vul- de rendre l’Économie Sociale et Solidaire et Économie Sociale et Solidaire ».
nérabilité, (femmes, enfants, handicapés plus visible.
personnes âgées etc.). Encourager les 12. Reconnaître la place des jeunes dans
autorités publiques à l’intercommuna-
lité et à s’organiser à tous les niveaux en 11. Reconnaître l`apport fondamental l’Économie Sociale et Solidaire et mettre
des femmes à la vie collective et dévelop- en place les moyens nécessaires pour leur
réseau pour mieux affirmer l’Économie permettre une participation à part entière,
Sociale et Solidaire dans l’espace institu- per vigoureusement leur droit à une parti-
cipation en parité à tous les niveaux déci- car ils représentent l’avenir.
tionnel.
sionnels (économique, social et politique)
13. Travailler activement pour la
paix et la souveraineté alimentaire.
Aujourd’hui, le pétrole est cause de
beaucoup de crises dans le monde, mais
dans l’avenir, c’est l’eau qui le sera.
Pour préserver la possibilité de la sou-
veraineté alimentaire, il faut également
que cette ressource soit gérée avec jus-
tesse et équité.

14. Oeuvrer pour la mobilisation des


organisations paysannes et des autres
organisations de la société civile des
pays du Nord comme des pays du Sud
face aux risques liés à la négociation
à l’OMC et les inciter à défendre et à
exercer le principe de souveraineté ali-
mentaire régionale.

Ce texte a été publié grâce au Réseau


Nicole Sauvé, directrice générale du RDÉE Ontario (à gauche), lors de son voyage à Intercontinental de Promotion de
Dakar, en compagnie de participants de la conférence. l’Économie Sociale et Solidaire

NOUS NOUS ENGAGEONS À


1. Mieux répondre aux aspirations des 3. Innover dans les approches et l’organi- 5. Appuyer l’organisation de la 4e Ren-
acteurs et partenaires en construisant un sation des marchés de solidarité au niveau contre en Belgique en 2007, date anniver-
processus ouvert et démocratique de gou- local, les codifier afin de rendre explicites saire du démarrage du Processus en 1997,
vernance concernant les questions d’ap- les possibilités existantes pour concréti- conformément au principe d’alternance
partenance, de prise de décision et d’orga- ser cette solidarité entre acteurs d’un ter- nord-sud. Cette rencontre permettrait une
nisation; le renforcement du réseau dans ritoire et travailler activement au renou- meilleure reconnaissance des dynamiques
lequel se reconnaîtra l’ensemble des ac- vellement des liens entre consommateurs des acteurs par l’Union Européenne et par
teurs de l’Économie Sociale et Solidaire. urbains et producteurs ruraux dans le sens l’ensemble des pays du Conseil de l’Eu-
de l’équité. rope, ce qui favorisera l’élargissement
2. Appuyer le renforcement des réseaux aux pays d’Europe Centrale et Orientale
d’Économie Sociale et Solidaire dans 4. Faire de l’éducation, notamment de (PECO).
tous les continents pour augmenter leur l’éducation non formelle un support pour
impact politique dans l’approfondisse- la promotion de l’Économie Sociale et Les défis sont nombreux, des difficultés
ment du dialogue entre les acteurs de Solidaire. seront à surmonter, mais nous quittons la
l’État et la société civile pour la copro- rencontre avec la ferme conviction d’être
duction de politiques publiques en faveur sur la voie permettant de « renforcer le
du développement de l’Économie Sociale pouvoir d’agir des peuples ».
et Solidaire.

Hiver 2006 Vox RDÉE 17


B
ienvenue à Mint Condition, une entre- des affaires. Et comme dirigeante du départe-
prise Globe – la seule cette année qui ment de communication au sein de Mint Con-
soit bilingue. Le programme a eu lieu dition, j’ai acquis de nombreuses compétences
dans le cadre de notre cours de commerce in- dans l’organisation, la gestion (surtout celle
ternational de 12e année et nous a permis d’ac- de temps), la communication et le leadership.
quérir une expérience solide et réaliste dans le À cause de l’interaction continuelle entre les
monde des affaires. autres dirigeants et nos partenaires américains,
Mint Condition a été créée en septem- j’ai eu l’opportunité de mettre en pratique mes
bre pour vendre au Canada des produits impor- habilités en tant que vice-présidente. Cette ex-
tés des États-Unis. En seulement trois mois, périence apportera un plus dans ma vie future
grâce à l’appui généreux du RDÉE Ontario et au sein de mon environnement de travail, car
de l’expertise de notre consultante Yollande j’ai beaucoup appris au sujet du fonctionne-
Dweme M. Pitta, notre entreprise a réalisé des ment d’une entreprise.
par Jessica Kwok bénéfices impressionnants. En conclusion, j’ai beaucoup aimé le
Vice-présidente des Comme entreprise, nous voulons programme Globe et mon expérience en tant
communications vendre des produits qui pourraient être offerts que vice-présidente des Communications, car
chez Mint Condition comme cadeaux et qui ne se trouvent pas ici j’ai appris des nouvelles leçons et j’ai décou-
au Canada. Nous avons choisi des produits qui vert la réalité du monde des affaires.
peuvent facilement générer des profits, entre
autres des produits domestiques. Pour plus de détails, visitez le
Comme vice-présidente des commu- <http://mintcondition.50megs.com>
nications, j’ai beaucoup appris sur le monde

Le RDÉE Ontario appuie le programme


de Jeunes Entreprises

G
lobe est un programme international développé par Yollande Dweme M. Pitta, agente de projets du
l’organisation Jeunes Entreprises <www.jacan.org> RDÉE Ontario travaille avec les élèves dans le processus du
pour les écoles secondaires. Jeunes Entreprises offre choix des produits pour échanger avec l’autre partenaire, la
des programmes de formation en administration des affaires réalisation des études de marché pour déterminer le choix du
aux élèves de la 6e à la 12e année. produit avant la vente, la capitalisation et la vente des actions
Le Programme GLOBE consiste à une simulation de l’entreprise, l’élaboration du plan d’affaire, la rédaction du
qui dure un semestre entier dans laquelle une classe de 12e rapport annuel, l’animation des réunions de travail.
année est jumelée à une autre classe dans une autre partie du L’école a remercié le RDÉE Ontario et a décidé de
monde. L’objectif consiste à établir une coentreprise pour fai- renouveler ce programme qui a connu un véritable succès
re de l’importation et de l’exportation. grâce à son appui et qui leur a aussi permis de gagner un prix
Le RDÉE Ontario appuie cette initiative en français de Junior Achievement pour la première fois dans le cours de
avec les élèves de 12e année de l’école d’immersion Pierre- commerce international en français.
Elliot-Trudeau de Markham, dans le cadre de leur cours de
commerce international.

18 Vox RDÉE Hiver 2006


TAKKU
LIGGEY
de Mboro
par Nicole Sauvé
et Line Breton

C
réée en novembre 1992 à Mboro au Sénégal,
cette association composée seulement de fem-
mes et comprenant 25 membres, a mis sur pied
un centre de transformation de fruits et légumes.
Celles-ci veulent rehausser la position socioé-
conomique de la femme et renforcer leur capacité au dé-
veloppement économique, ainsi qu’améliorer leur santé
reproductrice. versés aux femmes ayant participé à la transformation,
Ce centre de transformation de fruits et légu- et 10% aux femmes ayant participé à la commerciali-
mes comprend deux hectares aménagés avec deux puits sation. Les membres ont réussi à augmenter les profits
pour la production de sirop concentré et de jus de bissap, grâce à un système de réseautage efficace et étendu au
de gingembre et de tamarin. Un autre hectare a été re- Sénégal. Ce réseau aide à mobiliser les femmes mem-
boisé pour la culture des fruits et quatre bassins y furent bres pour faciliter la communication et le partage d’in-
installés ainsi qu’un hectare pour la culture de l’euca- formation.
lyptus. En 2005, la rémunération par femme est de
Géré par un conseil d’administration composé 30 950 cfa par année ce qui représente environ 90 $ ca-
de six femmes membres de l’Association, ce centre of- nadiens.
fre des services de transformation de fruits et légumes Malgré l’acquisition d’un Centre de formation
et de maraîchage pour près de quatre tonnes de toma- pour un groupe de femmes engagées et organisées, il
tes. L’association offre également un crédit rotatif aux reste des difficultés à surmonter telles que le coût élevé
membres et un service d’alphabétisation fonctionnel qui des emballages, l’écoulement difficile du stock, et la
a bénéficié à 275 auditrices de la zone pour la création et non-disponibilité ainsi que le prix dispendieux des ma-
la gestion de petits commerces. L’art de la teinture y est tières premières comme le sucre en plus du financement
également enseignée aux femmes qui s’y intéressent. insuffisant. Le Centre est également sous-équipé et les
Entre 2001 et 2005, les ventes ont presque débouchés pour écouler leur produit n’est pas dévelop-
quadruplé passant de 1 270 000 à 4 625 000 francs cfa pé. Il faut aussi mentionner que les critères de qualité
(environ 9 700$). Les profits sont divisés de la façon sui- des produits ne répondraient peut-être pas aux normes
vante : 50 % des profits sont versés à la caisse, 40 % sont pour une commercialisation plus étendue en Afrique ou
dans les autres continents.
L’impact de cette association est l’amélioration
des revenus de 20 femmes-membres soit 80 %, de cinq
emplois temporaires et l’amélioration du commerce
local. C’est en effet ce type d’association qui donne la
confiance aux femmes de poursuivre en travaillant en-
semble tout en améliorant leur niveau de compétence.
Elles développent également une certaine indépendance
financière et une confiance pour toujours aller au-delà
des objectifs prévus.
Dans le passé, les Sénégalaises ont souvent eu
de la difficulté à participer à la prise de décision. En ef-
fet, la structure de cette association leur permet mainte-
nant de participer et de planifier activement leur avenir.

Hiver 2006
Hiver 2006 Vox
Vox RDÉE
RDÉE 19
L
e concours du RDÉE Ontario qui célèbre l’excellence de l’entrepreunariat a eu lieu le 23 septembre 2005. Le gala provincial
Célébrons nos PME 2005 s’est déroulé au Musée canadien de la guerre, à Ottawa, où plus de 200 personnes ont profité de
l’occasion pour rendre hommage aux entrepreneurs francophones venus de tous les coins de l’Ontario. Voici deux entreprises
qui ont mérité un prix dans les catégories de l’économie du savoir et de l’intégration des jeunes dans le développement économique :
Planet bilingual Meetings & Incentives et le Groupe financier Luc Bessette.

ce que je fais et lui m’explique ce qu’il


fait. À la fin de notre discussion il me
dit – « Le jeune, pour faire ce métier-
là, il faut que tu aies des cheveux gris,
est-ce que tu comprends? ». Moi, il ne
faut pas m’en dire plus pour me moti-
ver. Je voudrais simplement le rencon-
trer de nouveau pour voir comment il
a évolué dans sa vie personnelle et
professionnelle.
Lorsque j’ai passé mon CSA
(Certified Senior Adviser), comme
Prix Jeunesse d’habitude ce sont tous des têtes blan-
ches. Pendant le dîner une des person-
Groupe financier nes à ma table me dit – « Pourquoi
prends-tu ce cours? Tu es tout jeune.»

Luc Bessette Je lui réponds – « Premièrement, les


personnes à la retraite sont LE marché
cible. Deuxièmement, lorsque tu vas
financial group prendre ta retraite, qui va s’occuper de
ta clientèle? Bien c’est moi. »

Pourquoi avoir créer cette


entreprise?
« Depuis le début de mes études,
c’était très clair pour moi que j’allais
démarrer mon entreprise. Je voulais
travailler le plus que je pouvais, avoir
un horaire flexible et surtout faire ce
que j’aime. »
Luc Bessette (Groupe financier Luc Bessette) et John Baker (Pepin, Tranquada,
Qu’est-ce qui vous motive ?
Baker et Associés - commanditaire et présentateur).
« Apprendre de nouvelles choses en pre-
nant des cours de perfectionnement. As-
Année de création : octobre 1999. et succession, assurance groupe et per- sister à des conférences. Faire des recher-
sonnelle, investissement; rapport d’impôt ches pour mes clients. Et surtout, voir les
Propriétaire : Luc Bessette personnel et pour petite entreprise. investissements de mes clients grossir
avec des placements astucieux. »
Site Web : www.lucbessette.ca Anecdotes
« Dans les premières années, je faisais La clé du succès pour un
Nombre d’employés : Deux francopho- mon réseautage et lors d’une réunion entrepreneur?
nes d’une des Chambres de Commerce, je « Le goût du risque, car il n’y a jamais
rencontre un monsieur qui est dans le rien de certain. »
Services : Planification financière, fiscale même domaine que moi. Je lui explique

20 Vox RDÉE Hiver 2006


Prix Économie du savoir

Planet bilingual
Meetings & Incentives

Marc Lefebvre (vice-président, soutien au développement des affaires, Caisses populaires de l’Ontario - commanditaire
officiel de l’événement), Anne-Marie de Lavison (Planet bilingual Meetings & Incentives) et Lynne Michaud (La Cité Collé-
giale - commanditaire et présentatrice).

Année de création : 1995 « Un congrès de 1300 délégués devait se tenir à Toronto. Aucun
hôtel ou centre de congrès pouvait nous accommoder, donc nous
Propriétaire : Anne-Marie de Lavison avons proposé Montréal. Le client avait peur que les coûts soient
exhorbitants car la moité des délégués, devait venir de Toronto.
Site Web : www.planetmeetings.ca Nous avons assuré le transport en train plutôt que par avion. Le
prix des chambres d’hôtel était plus avantageux et finalement,
Nombre d’employés : cette idée a été très bien reçue par le client. »
Deux personnes à contrat, 5-100 pigistes
Pourquoi avoir créer cette entreprise? « Je trouvais qu’il y
Nombre d’employés francophones avait une grande lacune dans le domaine. Très peu de firmes of-
Trois à dix personnes à contrat, selon le projet frent des services en français. Elles évitent carrément les régions
francophones car elles trouvent que cela demande trop de travail
Services : Planification stratégique et logistique de congrès, de et de ressources. »
réunions, de programmes de motivation - la préparation de bud-
gets, toute la programmation et l’achat de services, la réalisation Qu’est-ce qui vous motive?
de l’événement. « Le travail en lui-même est fort intéressant; la possibilité de
créer, de toujours relever de nouveaux défis, de trouver des so-
Anecdotes : « Dans un des lieux où nous devions tenir notre lutions pour les clients, de rendre leurs événements motivants et
congrès, il y avait une grande possibilité de grève de la part des intéressants, de pouvoir travailler en français, de découvrir des
employés. En suivant le tout de près, en écrivant des lettres aux nouvelles stratégies et façons d’améliorer son rendement. »
dirigeants, en organisant des rencontres avec les dirigeants de
l’hôtel et en impliquant mon client, nous avons réussi à faire La clé du succès pour un entrepreneur? « De ne jamais se
comprendre aux dirigeants de l’hôtel que nous nous attendions à décourager, de persévérer, d’être enthousiaste, de s’entourer de
un service hors pair même si les employés pouvaient déclencher gens qui pensent comme vous, de travailler avec des clients qui
la grève d’une minute à l’autre. J’ai réussi à convaincre le client nous apprécient et avec qui vous vous entendrez bien, de tou-
de ne pas changer d’hôtel. Notre congrès a connu un franc suc- jours se renouveller, de toujours trouver de nouvelles idées. »
cès et le service à l’hôtel était incroyable. »

Hiver 2006 Vox RDÉE 21


A
ctuellement, plus de 70 % des d’autres secteurs de l’activité économi-
nouvelles entreprises créées au que. Ainsi, des entrepreneurs provenant
Québec ne franchiront pas le des milieux du crédit communautaire,
cap des cinq ans d’existence et les 2/3 de l’économie sociale, du mouvement
des entreprises dites de deuxième géné- coopératif, de la haute technologie et
ration n’accéderont pas à cette étape ou des OSBL profitent aujourd’hui de l’ap-
ne survivront pas au transfert. Telles sont pui de mentors.
les statistiques canadiennes concernant Autre volet touché par notre
la pérennité de nos PME, une situation programme au cours de la dernière an-
peu enviable qui peut trouver une solu- née : le mentorat en matière de rachat ou
tion par le biais du mentorat d’affaires. de transfert d’une entreprise de deuxiè-
Plus important programme du me ou de troisième génération. Encore
genre au pays, le programme de mento- une fois, nous souhaitons par le biais de
rat d’affaires de la Fondation de l’entre- ce projet, éviter des fermetures faute de

Le mentorat
preneurship permet depuis cinq ans à de relève en affaires et faciliter l’acquisi-
nouveaux entrepreneurs d’être accom- tion des entreprises par des intérêts ca-
pagnés par des mentors chevronnés dans nadiens.

d’affaires :
leurs démarches en affaires. L’expérien- Enfin, le Service de mentorat
ce nous permet de constater que contrai- d’affaires de la Fondation de l’entrepre-
rement aux chiffres précités, c’est plus neurship compte aussi parmi sa clientèle
de 75 % des entreprises mentorées qui des dirigeants de grandes entreprises qui

pour voir affichent aujourd’hui cinq années et plus


d’opérations.
souhaitent implanter un programme de
mentorat au sein de leur propre organi-

plus loin
Fait important à souligner : no- sation pour favoriser le développement
tre réseau composé d’une soixantaine de de la culture d’entreprise auprès des jeu-
cellules réparties à travers toutes les ré- nes membres de l’équipe.
et autrement gions administratives du Québec comp-
te plus de 750 mentors et quelque 1400 Réseautage stratégique et
nouveaux entrepreneurs de tous les sec- gouvernance d’entreprises :
teurs d’activité qui ont vécu ou vivent des valeurs ajoutées
encore une relation d’accompagnement Souhaitant contribuer à étoffer
par un mentor. l’expertise des nouveaux entrepreneurs,
le Service de mentorat d’affaires de la
Le mentorat : une expérience Fondation de l’entrepreneurship, en
humaine de grande qualité collaboration avec des partenaires gou-
Reconnus pour leur expérience vernementaux offre de plus à sa clien-
et leur réussite en affaires, les mentors tèle, des ateliers touchant le réseautage
contribuent bénévolement au dévelop- stratégique et l’art de se créer un conseil
pement économique de leurs régions d’administration, deux aspects impor-
respectives en permettant aux entrepre- tants du monde des affaires.
neurs de la relève de profiter de leurs
connaissances. Voir plus loin et autrement
Basé sur une profonde relation S’il a fait ses preuves au Qué-
de confiance, le mentorat joue un rôle bec, le programme de mentorat d’affai-
par Nicole Laverrière prépondérant auprès de la nouvelle com- res de la Fondation de l’entrepreneurship
Directrice du Service munauté d’affaires en matière de savoir- n’est pas passé inaperçu dans le reste du
de mentorat d’affaires être et d’apprentissage des compétences Canada et même à l’étranger. Ainsi, au
Fondation de de bonne gestion. cours de la prochaine année, il s’avère
l’entrepreneurship D’ailleurs, afin de bien remplir possible de voir cette pratique s’implan-
leur rôle, les mentors sont invités à parti- ter au reste du pays et chez nos cousins
ciper à des séances de perfectionnement français.
touchant divers aspects de leurs nouvel- Il est très rare qu’un projet con-
les fonctions auprès de leurs mentorés. jugue le développement économique et
les qualités du cœur : le travail et la gé-
Un programme en constante nérosité des mentors jonglent très bien
évolution avec ces deux principes et permettent
Si le mentorat d’affaires auprès aujourd’hui à plus d’un millier de nou-
des entreprises dites traditionnelles con- veaux entrepreneurs de voir plus loin et
naît depuis cinq ans un très haut taux de autrement leur réussite en affaires.
succès, il s’adapte très bien aux réalités
22 Vox RDÉE Hiver 2006
Le réseau francophone
de développement économique

partout en Ontario

Le Réseau de
développement
économique et
d’employabilité de
l’Ontario

Le Réseau de développement économi-


que et d’employabilité (RDÉE) optimise le
potentiel économique des communautés
francophones et acadiennes. Il est présent
dans toutes les provinces et tous les terri-
toires du pays à l’extérieur du Québec. En
Ontario, le RDÉE assure le plein épanouis-
sement et la vitalité des communautés
francophones de la province, par le déve-
loppement des capacités, le développe-
ment des ressources humaines, la croissan-
ce économique et la création d’emplois. Le
RDÉE Ontario est là pour stimuler, appuyer
et coordonner le développement écono-
mique dans les communautés par le biais
d’études de marché, la recherche de finan-
cement et l’établissement d’alliances et de
partenariats stratégiques. WWW.RDEE-ONT.CA

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