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Palais de la Paix – La Haye, Pays-Bas

9 juillet au 17 août 2012

DOCUMENTS DE COURS

CINQUIÈME PARTIE

Division de la codification du Bureau des affaires juridiques des Nations Unies

Copyright © United Nations, 2012

1
Palais de la Paix – La Haye, Pays-Bas
2 et 3 août 2012

DROIT INTERNATIONAL PÉNAL


PROFESSEUR ERIC DAVID

Division de la codification du Bureau des affaires juridiques des Nations Unies

Copyright © United Nations, 2012

2
DROIT PÉNAL INTERNATIONAL
PROFESSEUR ERIC DAVID

1. Problèmes choisis de droit pénal international, document préparé par le professeur 5


Eric David pour le Programme de bourses de perfectionnement en droit international
des Nations Unies

Instruments juridiques

2. Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, 1948 11


3. Convention européenne d’extradition, 1957, et Protocole additionnel, 1975 15
4. Convention pour la répression de la capture illicite d’aéronefs, 1970 25
5. Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou 31
dégradants, 1984
6. Résolution 827 (1993) du Conseil de sécurité des Nations Unies du 25 mai 1993 39
7. Statut actualisé du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, 1993 41
8. Règlement de procédure et de preuve du Tribunal pénal international pour l’ex- 49
Yougoslavie (IT/32/Rev.45), 2010
9. Résolution 955 (1994) du Conseil de sécurité des Nations Unies du 8 novembre 1994 113
10. Statut actualisé du Tribunal pénal international pour le Rwanda, 1994 117
11. Projet de code des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, Commission du
droit international, 1996
Pour le texte, voir La Commission du droit international et son œuvre, 7ème édition,
vol. I, (Publication des Nations Unies, Numéro de vente : F.07.V.9), p. 113
12. Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme, 1999 141
13. Statut de Rome de la Cour pénale internationale, 1998
Pour le texte, voir Textes juridiques fondamentaux de la Cour pénale internationale
14. Amendements à l’article 8 du Statut de Rome (Résolution RC/Res.5, Assemblée des 153
États Parties de la Cour pénale internationale, Kampala, 10 juin 2010, annexe)
15. Le crime d’agression (Résolution RC/Res.6, Assemblée des États Parties de la Cour 157
pénale internationale, Kampala, 11 juin 2010, annexe)
16. Règlement de procédure et de preuve de la Cour pénale internationale, 2002
Pour le texte, voir Textes juridiques fondamentaux de la Cour pénale internationale
17. Éléments des crimes de la Cour pénale internationale, 2002
Pour le texte, voir Textes juridiques fondamentaux de la Cour pénale internationale
18. Décision-cadre du Conseil de l’Union européenne du 13 juin 2002 relative au mandat 161
d’arrêt européen et aux procédures de remise entre États membres
19. Résolution 1966 (2010) du Conseil de sécurité des Nations Unies du 22 décembre 181
2010
20. Accord entre l’Organisation des Nations Unies et le Gouvernement sierra-léonais sur 193
la création d’un Tribunal spécial pour la Sierra Leone, 2002
21. Loi relative à la création de Chambres Extraordinaires au sein des Tribunaux du 203
Cambodge pour la poursuite des crimes commis durant la période du Kampuchéa
Démocratique, avec inclusion d’amendements, promulguée le 27 octobre 2004
(NS/RKM/1004/006)

3
22. Accord entre l’Organisation des Nations Unies et la République libanaise sur la 217
création d’un Tribunal Spécial pour le Liban (avec le Statut du Tribunal) (Résolution
1757 (2007) du Conseil de sécurité des Nations Unies du 30 mai 2007, annexe)
23. Règlement No. 2000/15 sur la création de chambres spéciales ayant compétence 229
exclusive sur des crimes graves, Administration transitoire des Nations Unies au
Timor oriental (UNTAET/REG/2000/15) (en anglais seulement)

Jurisprudence

24. Mandat d’arrêt du 11 avril 2000 (République démocratique du Congo c. Belgique),


arrêt, C.I.J. Recueil 2002, p. 3
Pour le texte, voir Documents de cours, Quatrième partie, Relations diplomatiques et
consulaires, p. 124
25. Le Procureur c/ Dusko Tadic, Arrêt relatif à l’appel de la défense concernant 239
l’exception préjudicielle d’incompétence, Affaire No. IT-94-1-AR72, 2 octobre 1995,
Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Chambre d’appel
26. Certaines questions concernant l’entraide judiciaire en matière pénale (Djibouti c. 273
France), arrêt, C.I.J. Recueil 2008, p. 177

4
Problèmes choisis de droit pénal international

Document préparé par le professeur Eric David pour le


Programme de bourses de perfectionnement
en droit international des Nations Unies

5
- Problèmes choisis de dr. pén. internat.. – E. David - 2.

PROBLÈMES CHOISIS DE DROIT PÉNAL INTERNATIONAL ex., Convention des NU de 1973 sur la répression des infractions commises
contre des personnes internationalement protégées, art. 3, § 1, c) ; obligation
Programme de bourses de perfectionnement en droit international parfois étendue aux personnes morales relevant de cet Etat par leur siège social
La Haye – juillet-août 2012 ou par le ou par le droit selon lequel elles ont été constituées (voy. par ex.,
Convention des NU de 1999 sur le financement du terrorisme, art. 5) ; parfois,
Eric DAVID, reconnaissance du droit de l’Etat de poursuivre l’auteur présumé s’il possède sa
Professeur à l’Université libre de Bruxelles. résidence habituelle dans le territoire de cet Etat (ibid., art. 7, § 2, d, pour les
apatrides)
Avertissement
- compétence personnelle passive : droit (jamais une obligation) de l’Etat de
poursuivre l’auteur présumé d’une infraction internationale si les victimes sont
Etant donné que les participants peuvent aisément avoir accès, en bibliothèque, à des nationaux de cet Etat (par ex., Convention des NU de 1984 contre la
l’ouvrage du soussigné – Eléments de droit pénal international et européen, Bruxelles, torture, art. 5, § 1, c ; Convention des NU de 2006 contre les disparitions
Bruylant, 2009, 1566 p. – et qu’en outre, ils ont, par leur formation et leur expérience, déjà de forcées, art. 9, § 1, c)
solides connaissances en droit pénal international, le soussigné a pensé qu’il valait mieux
approfondir certaines questions d’actualité du droit pénal international plutôt que de chercher - compétence universelle :
à couvrir superficiellement l’ensemble de la matière.
- obligation étendue de l’Etat de poursuivre l’auteur présumé d’un crime de
droit international humanitaire si celui-ci est trouvé sur le territoire de cet
I. La compétence des tribunaux nationaux à connaître de crimes internationaux Etat quels que soient le lieu du crime, la nationalité de l’auteur ou celle de
la victime ; si l’Etat le préfère, il peut extrader l’auteur du crime vers tout
Etat qui le réclame : judicare vel dedere (CG de 1949, art. commun
A. Le principe 49/50/129/146 ; Convention des NU de 1984 contre la torture, art. 5, § 2,
selon l’interprétation donnée par le Comité des droits de l’homme dans
l’aff. Suleymane c/ Sénégal, 181/2001, 17 mai 2006 ; Convention des NU
- une infraction internationale affecte, par définition, deux Etats, plusieurs Etats ou toute de 2006 contre les disparitions forcées, art. 9, § 2 : aff. Belgique c/Sénégal,
la communauté internationale ; en érigeant un comportement en infraction CIJ, 2009-2012)

6
internationale, les Etats coopèrent pour réprimer cette infraction
- obligation limitée de l’Etat de poursuivre l’auteur présumé d’une
- coutume et traité sont les sources de l’incrimination aussi bien que de l’obligation de infraction internationale si celui-ci est trouvé sur le territoire de cet Etat, si
poursuivre ses auteurs un Etat étranger demande son extradition et si l’Etat requis refuse
d’accorder l’extradition : aut dedere aut judicare (système de droit
- même pour des infractions pénales, la coutume peut être une source de répression ; elle commun dans la plupart des conventions de droit pénal international ; voy.
l’a été pour la piraterie ; elle l’est encore aujourd’hui pour des infractions telles que par ex., Convention de La Haye de 1970 sur les détournements d’avions,
des crimes contre l’humanité art. 4, § 2)

- la source de la plupart des infractions internationales est toutefois conventionnelle - compétence résiduelle : droit de l’Etat d’exercer toute autre compétence pénale prévue
par son droit interne (par ex., compétence par défaut ou compétence de l’Etat à l’égard
- les sources des incriminations internationales peuvent s’appliquer directement dans des étrangers ayant leur résidence principale dans cet Etat ; voy. par ex., c.i.c. belge,
l’ordre juridique interne des Etats quand elles sont énoncées de telle manière qu’elles art 152 et 185 ; titre prélim. du c.p.p. belge, art. 7)
peuvent être directement appliquées par les cours et tribunaux internes (cfr.
Convention EDH, art. 7, § 2 ; Pacte relatif aux droits civils et politiques, art. 15, § 2)
*
- les sources imposent aux Etats qui y sont parties une obligation, soit de poursuivre les
auteurs de ces infractions, soit de s’entraider dans la poursuite de ces auteurs
II. Les obstacles à l’exercice par les tribunaux internes de leur compétence
répressive à l’égard d’infractions internationales
B. Les modalités
A. Le principe
- compétence territoriale lato sensu : l’Etat doit réprimer toute infraction commise sur
son territoire ou à bord d’un bien sous sa juridiction (navire, aéronef, plate-forme
artificielle enregistrée dans cet Etat) L’obligation pour les Etats de poursuivre les auteurs d’infractions internationales devraient
exclure pour certaines de ces infractions (notamment les crimes de droit international
- compétence extraterritoriale humanitaire – ci-après : « DIH ») divers obstacles classiques

- compétence personnelle active : obligation de l’Etat de poursuivre ses - à la poursuite ou à l’extradition de l’auteur présumé : immunité de juridiction pénale,
nationaux soupçonnés d’avoir commis une infraction internationale (voy. par amnisties, prescription, ne bis in idem, caractère politique de l’infraction
- Problèmes choisis de dr. pén. internat.. – E. David - 3. - Problèmes choisis de dr. pén. internat.. – E. David - 4.

l’humanité de 1996, art. 7), la jurisprudence de la Cour EDH (aff. Al Adsani, 2001, a
- à la condamnation de l’auteur présumé : causes de justification fondées sur l’ordre contrario), mais la CIJ a affirmé le contraire (aff. du mandat d’arrêt, 2002) ;
supérieur, la légitime défense, l’état de nécessité, la contrainte
- pas d’immunité devant un tribunal interne pour un crime de DIH, un crime contre la
paix ou un crime de torture quand l’auteur présumé n’est plus en fonction (aff.
B. Les obstacles à l’exercice de la compétence Pinochet, Chambre des Lords, 1998 et 1999 ; aff. du mandat d’arrêt, CIJ, 2002 ; aff.
Jones, Chambre des Lords, 2006)

1. L’immunité de juridiction pénale - immunité en cas d’invitation officielle de l’auteur présumé de l’infraction par l’Etat
du for, même pour des crimes de DIH (principe de loyauté).
a. L’immunité de l’agent étatique dans son propre Etat
2. Les amnisties
- une immunité incompatible avec l’obligation générale de poursuivre les auteurs
d’infractions internationales, obligation qui résulte de l’incrimination internationale de - incompatibilité de l’amnistie avec l’obligation générale de poursuivre les auteurs
ces faits (cfr. Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités, art. 26 ; voy. aussi d’infractions internationales (Convention de Vienne de 1969 sur le droit des traités, art.
Déclaration de l’AGNU sur les disparitions forcées, art. 16, § 3) 26)

- rejet spécifique de l’amnistie pour les crimes de DIH (nombreuses résolutions de


b. L’immunité d’agents étrangers l’AGNU et du Conseil de sécurité demandant de mettre fin à l’impunité, Déclaration de
l’AGNU sur les disparitions forcées, art. 18, § 1 ; Statut de la CPI, préambule, al. 4-6 ;
précédent de l’accord de paix de 1999 en Sierra Leone en rapport avec les réactions du
- fondement de l’immunité des agents étatiques étrangers : par in parem non habet SGNU et du Conseil de sécurité) et les faits de torture (Comité des dr. h., observation
juridictionem Æ pas d’immunité des agents d’Etats non reconnus (voy. par ex., Cass. it., générale n° 20, 1992)
Arafat, 1985)

- fondement de l’immunité des agents institutionnels : existence d’un texte (convention, 3. La prescription

7
loi) liant l’Etat du for Æ pas d’immunité de ces agents dans les Etats tiers (res inter alios
acta)
- poursuite des infractions internationale conformément au droit de l’Etat partie à la
- sources de l’immunité : traités (conventions de Vienne de 1961 sur les relations convention prévoyant cette répression (par ex., Convention de La Haye de 1970 sur les
diplomatiques, de 1963 sur les relations consulaires, de 1969 sur les missions spéciales, détournements d’avions, art. 7 ; disposition analogue dans quasiment toutes les
de 1975 sur les représentations des Etats auprès des organisations internationales ; actes conventions de droit pénal international) Æ applicabilité de la prescription si celle-ci est
constitutifs d’organisations internationales ; accords de siège entre Etat hôte et prévue dans le droit de l’Etat du for
organisations internationales ou forces étrangères) et coutume (chefs d’Etat étrangers,
chefs de gouvernements, ministres) - pas de prescription pour les crimes les plus graves : crimes de DIH et crimes contre la
paix (Convention des NU de 1968 sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des
- portée de l’immunité : varie selon la source, mais, en général : crimes contre l’humanité, art. 1 ; Convention européenne de 1974 sur l’imprescriptibilité
des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre), mais peu de succès de ces
- immunité pénale complète pour chefs d’Etat étrangers, chefs de gouvernements, instruments et manque de disposition à ce sujet dans le projet de code de la CDI de 1996 ;
ministres en fonction et agents internationaux bénéficiant d’un statut diplomatique ; règle toutefois prévue par le Statut de la CPI (art. 29)

- immunité partielle pour les autres agents publics en fonction pour des infractions de
droit commun, mais pas pour des infractions internationales ; 4. Ne bis in idem

- pas d’immunité devant une juridiction pénale internationale (statuts des TPI, art. 7, §
2/6, § 2 ; Statut de la CPI, art. 27 ; etc) ; - règle générale de droit pénal figurant dans les instruments protecteurs des droits de la
personne (Pacte international de 1966, art. 14, § 7 ; 7e Protocole additionnel à la
- pas d’immunité pour un crime de DIH selon certaines conventions (Convention de Convention EDH, art. 4), mais limitée aux crimes commis et jugés sur le territoire de
1948 sur le crime de génocide, Art. VI ; Convention des NU de 1968 sur l’Etat du for ; la règle ne s’applique pas aux crimes commis dans l’Etat du for ou contre
l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, art. 2) ; ce dernier et jugés dans un Etat étranger (projet de code des crimes contre la paix et la
sécurité de l’humanité de 1996, art. 12, § 2, b) sauf en cas d’accord sur l’entraide
- pas d’immunité d’une personne internationalement protégée devant un tribunal judiciaire en matière pénale (Convention de Schengen de 1990, art. 54 ; aff. Gözütoc et
interne pour un crime de DIH en droit international coutumier selon le jugement de Brügge, CJCE, 2003 ; aff. Van Esbroeck, Van Straaten, Gasparini, CJCE, 2006)
Nuremberg, la Commission du droit international (principes de Nuremberg codifiés
en 1950, principe 3 ; projet de code des crimes contre la paix et la sécurité de - pas un obstacle à des poursuites devant une juridiction pénale internationale si
- Problèmes choisis de dr. pén. internat.. – E. David - 5. - Problèmes choisis de dr. pén. internat.. – E. David - 6.

- l’affaire n’a pas donné lieu à de véritables poursuites ;


3. La contrainte
- les poursuites, au plan interne, étaient destinées, en réalité, à soustraire l’accusé à sa
responsabilité pénale internationale (projet de code des crimes contre la paix et la
sécurité de l’humanité de 1996, art. 12, § 2 ; Statut de la CPI, art. 17) - cause classique de non-imputabilité en droit pénal et admise en droit international (Statut
de la CPI, art. 31, § 1, d), mais écartée par le TPIY en l’aff. Erdemovic (1997) pour des
- pas un obstacle à l’extradition si le crime a été commis sur le territoire de l’Etat requérant crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre aux termes d’une argumentation peu
ou contre cet Etat (Convention européenne d’extradition de 1957, art. 9, § 3) convaincante

- obstacle à l’extradition si l’auteur présumé a déjà été jugé dans l’Etat requis ou dans un
Etat tiers et s’il a été acquitté ou si la peine a été subie dans l’Etat requis ou dans un Etat 4. L’altération des facultés mentales
tiers (Convention européenne d’extradition de 1957, art. 9, § 2)
- cause classique de non-imputabilité visée indirectement par le règlement de procédure et
5. Le caractère politique de l’infraction de preuve des TPI (art. 67, A, ii, b) et retenue directement comme motif d’exonération
pénale par le Statut de la CPI (art. 31 § 1, a)
- obstacle à l’extradition dans la plupart des conventions d’extradition (par ex., Convention
européenne d’extradition de 1957, art. 3) et dans la législation interne à laquelle renvoie *
de nombreuses conventions de droit pénal international (par ex., Convention de La Haye
de 1970 sur les détournements d’avions, art. 8 §§ 2-3)
III. Les nouvelles formes d’entraide judiciaire en matière pénale
- pas un obstacle à l’extradition des auteurs des crimes internationaux les plus graves :
crimes de DIH (Convention européenne d’extradition de 1957, art. 3, § 4, tel que modifié
en 1975 ; Convention de 1948 sur le crime de génocide, art. VII), actes de terrorisme - formes propres à un système d’intégration régionale tels que l’UE et formes propres à la
(Conventions européennes de Strasbourg du 27 janvier 1977, art. 1er, de Strasbourg du 15 lutte contre l’impunité des crimes internationaux les plus graves
mai 2003, art. 1er, de Varsovie du 16 mai 2005, prévention du terrorisme, art. 20,
financement du terrorisme, art. 28 § 1, e ; Accord de Dublin du 4 décembre 1979, art. 2;

8
Conventions des NU du 15 décembre 1997, art. 11, du 9 décembre 1999, art. 14, du 13 A. La centralisation institutionnelle en matière d’enquête et d’impulsion des
avril 2005, art. 15), trafic de stupéfiants (Convention des NU du 20 décembre 1988, art. poursuites
3 § 10)

- EUROPOL (TUE, art. 29 et Traité de 1995 créant l’Office européen de police) : centre
C. Les obstacles à la condamnation d’informations que les Etats membres doivent échanger pour prévenir et réprimer
certaines infractions graves (stupéfiants, terrorisme, criminalité transnationale)
1. Le commandement de la loi ou de l’autorité - EUROJUST (TUE, art. 34, § 2, et décision de l’UE de 2002) : coordination d’enquêtes et
de poursuites qui concernent au moins deux Etats membres de l’UE à propos des
infractions prévues par la Convention Europol
- écarté par les statuts des juridictions pénales internationales pour les crimes relevant de
leur compétence (statuts des TPI, art. 7 § 3/6 § 3 ; Statut de la CPI, art. 33 ; Convention
des NU de 1984 contre la torture, art. 2, § 3 ; Déclaration sur les disparitions forcées, art. B. Le mandat d’arrêt européen
6, § 1) à condition que l’agent ait la « liberté morale » de refuser l’ordre supérieur
(jugement de Nuremberg, 1946)
- Décision-cadre du 13 juin 2002 : remplace les conventions d’extradition entre Etats
membres de l’UE à partir du 1er janvier 2004
2. L’état de nécessité et la légitime défense
- procédure judiciaire de magistrat à magistrat

- pas une cause de justification pour l’agression (définition de l'agression, art. 5), la torture - vérification de certaines conditions de fond et de forme (concours de demandes,
(Convention contre la torture de 1984, art. 2, § 1; Convention EDH, art. 15; Pacte immunité, réextradition, âge, santé, etc) (art. 3-5, 8, 16, 20, 21, 23, 24)
international relatif aux droits civils et politiques, art. 4; Convention américaine des droits
de l'homme, art. 27), les disparitions forcées (Déclaration de 1992, art. 7; Convention de - délais rapides (art. 17)
l'OEA du 9 juin 1994, art. X), les crimes de guerre (CG de 1949, art. 1 et 3 communs)
- infractions passibles d’une peine égale ou supérieure à 12 mois de privation de liberté
- cause de justification dans le Statut de la CPI (art. 31, § 1, c), mais juridiquement dans l’Etat d’émission (art. 2, § 1) ; pas de double incrimination pour 32 infractions
inapplicable aux infractions visées aux art. 5 à 8 du Statut passibles d’une peine égale ou supérieure à 3 ans de privation de liberté dans l’Etat
d’émission (art. 2, § 2) ;
- Problèmes choisis de dr. pén. internat.. – E. David - 7.

- pas d’exception pour infractions politiques, mais application de la clause d’asile


humanitaire (préambule, 12e al.)

- applicabilité aux nationaux

- contrôle de la procédure selon le droit interne de l’Etat d’exécution (recours judiciaires


classiques) et par les voies internationales classiques (CJCE, selon TUE, art. 35 ; Cour
EDH)

C. La suppression des contrôles aux frontières intérieures des Etats

- système de la Convention de Schengen de 1990

- droits d’observation et de suite (art. 40-41)

- uniformisation des conditions d’entrée dans l’espace Schengen (art. 5 ss.) et des règles
relatives aux demandeurs d’asile (art. 26 ss.)

- établissement d’un système informatique commun (Système d’information Schengen –


SIS) (art. 92 ss.)

D. Les formes de coopération institutionnelle visant à lutter contre l’impunité

9
- les tribunaux pénaux internationaux

- la Cour pénale internationale

- les tribunaux pénaux mixtes

Voy. plan intro DIH, II, C, 5.


10
Convention pour la prévention et la répression
du crime de génocide, 1948

11
12
13
14
Convention européenne d’extradition, 1957,
et Protocole additionnel, 1975

15
_________________________________________________________________________________________

STE 24 – Extradition, 13.XII.1957 2


_
Série des Traités européens - nq 24

Les gouvernements signataires, membres du Conseil de l'Europe,

Considérant que le but du Conseil de l'Europe est de réaliser une union plus étroite entre ses
membres;

Considérant que cet objectif peut être atteint par la conclusion d'accords ou par l'adoption
d'une action commune dans le domaine juridique;

Convaincus que l'acceptation de règles uniformes en matière d'extradition est de nature à faire
progresser cette œuvre d'unification,

Sont convenus de ce qui suit :

Article 1 - Obligation d'extrader


CONVENTION EUROPÉENNE
Les Parties contractantes s'engagent à se livrer réciproquement, selon les règles et sous les
D'EXTRADITION conditions déterminées par les articles suivants, les individus qui sont poursuivis pour une
infraction ou recherchés aux fins d'exécution d'une peine ou d'une mesure de sûreté par les
autorités judiciaires de la Partie requérante.

16
Article 2 - Faits donnant lieu à extradition

1 Donneront lieu à extradition les faits punis par les lois de la Partie requérante et de la Partie
requise d'une peine privative de liberté ou d'une mesure de sûreté privative de liberté d'un
maximum d'au moins un an ou d'une peine plus sévère. Lorsqu'une condamnation à une
peine est intervenue ou qu'une mesure de sûreté a été infligée sur le territoire de la Partie
requérante, la sanction prononcée devra être d'une durée d'au moins quatre mois.

Paris, 13.XII.1957 2 Si la demande d'extradition vise plusieurs faits distincts punis chacun par la loi de la Partie
requérante et de la Partie requise d'une peine privative de liberté ou d'une mesure de sûreté
privative de liberté, mais dont certains ne remplissent pas la condition relative au taux de la
peine, la Partie requise aura la faculté d'accorder également l'extradition pour ces derniers.

3 Toute Partie contractante dont la législation n'autorise pas l'extradition pour certaines
infractions visées au paragraphe 1 du présent article pourra, en ce qui la concerne, exclure ces
infractions du champ d'application de la Convention.

4 Toute Partie contractante qui voudra se prévaloir de la faculté prévue au paragraphe 3 du


présent article notifiera au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, au moment du dépôt de
son instrument de ratification ou d'adhésion, soit une liste des infractions pour lesquelles
l'extradition est autorisée, soit une liste des infractions pour lesquelles l'extradition est exclue,
en indiquant les dispositions légales autorisant ou excluant l'extradition. Le Secrétaire Général
du Conseil communiquera ces listes aux autres signataires.

5 Si, par la suite, d'autres infractions viennent à être exclues de l'extradition par la législation
d'une Partie contractante, celle-ci notifiera cette exclusion au Secrétaire Général du Conseil qui
en informera les autres signataires. Cette notification ne prendra effet qu'à l'expiration d'un
STE 24 – Extradition, 13.XII.1957 3 STE 24 – Extradition, 13.XII.1957 4
__________________________________________________________________________________________ __________________________________________________________________________________________

délai de trois mois à compter de la date de sa réception par le Secrétaire Général. 2 Si la Partie requise n'extrade pas son ressortissant, elle devra, sur la demande de la Partie
requérante, soumettre l'affaire aux autorités compétentes afin que des poursuites judiciaires
6 Toute Partie qui aura fait usage de la faculté prévue aux paragraphes 4 et 5 du présent article puissent être exercées s'il y a lieu. A cet effet, les dossiers, informations et objets relatifs à
pourra à tout moment soumettre à l'application de la présente Convention des infractions qui l'infraction seront adressés gratuitement par la voie prévue au paragraphe 1 de l'article 12. La
en ont été exclues. Elle notifiera ces modifications au Secrétaire Général du Conseil qui les Partie requérante sera informée de la suite qui aura été donnée à sa demande.
communiquera aux autres signataires.
Article 7 - Lieu de perpétration
7 Toute Partie pourra appliquer la règle de la réciprocité en ce qui concerne les infractions
exclues du champ d'application de la Convention en vertu du présent article. 1 La Partie requise pourra refuser d'extrader l'individu réclamé à raison d'une infraction qui,
selon sa législation, a été commise en tout ou en partie sur son territoire ou en un lieu assimilé
Article 3 - Infractions politiques à son territoire.

1 L'extradition ne sera pas accordée si l'infraction pour laquelle elle est demandée est considérée 2 Lorsque l'infraction motivant la demande d'extradition aura été commise hors du territoire de
par la Partie requise comme une infraction politique ou comme un fait connexe à une telle la Partie requérante, l'extradition ne pourra être refusée que si la législation de la Partie requise
infraction. n'autorise pas la poursuite d'une infraction du même genre commise hors de son territoire ou
n'autorise pas l'extradition pour l'infraction faisant l'objet de la demande.
2 La même règle s'appliquera si la Partie requise a des raisons sérieuses de croire que la
demande d'extradition motivée par une infraction de droit commun a été présentée aux fins de Article 8 - Poursuites en cours pour les mêmes faits
poursuivre ou de punir un individu pour des considérations de race, de religion, de nationalité
ou d'opinions politiques ou que la situation de cet individu risque d'être aggravée pour l'une Une Partie requise pourra refuser d'extrader un individu réclamé si cet individu fait l'objet de
ou l'autre de ces raisons. sa part de poursuites pour le ou les faits à raison desquels l'extradition est demandée.

3 Pour l'application de la présente Convention, l'attentat à la vie d'un chef d'Etat ou d'un Article 9 - Non bis in idem

17
membre de sa famille ne sera pas considéré comme infraction politique.
L'extradition ne sera pas accordée lorsque l'individu réclamé a été définitivement jugé par les
4 L'application du présent article n'affectera pas les obligations que les Parties auront assumées autorités compétentes de la Partie requise, pour le ou les faits à raison desquels l'extradition est
ou assumeront aux termes de toute autre convention internationale de caractère multilatéral. demandée. L'extradition pourra être refusée si les autorités compétentes de la Partie requise
ont décidé de ne pas engager de poursuites ou de mettre fin aux poursuites qu'elles ont
Article 4 - Infractions militaires exercées pour le ou les mêmes faits.

L'extradition à raison d'infractions militaires qui ne constituent pas des infractions de droit Article 10 - Prescription
commun est exclue du champ d'application de la présente Convention.
L'extradition ne sera pas accordée si la prescription de l'action ou de la peine est acquise
Article 5 - Infractions fiscales d'après la législation soit de la Partie requérante, soit de la Partie requise.

En matière de taxes et impôts, de douane, de change, l'extradition sera accordée, dans les Article 11 - Peine capitale
conditions prévues par la présente Convention, seulement s'il en a été ainsi décidé entre Parties
contractantes pour chaque infraction ou catégorie d'infractions. Si le fait à raison duquel l'extradition est demandée, est puni de la peine capitale par la loi de la
Partie requérante et que, dans ce cas, cette peine n'est pas prévue par la législation de la Partie
Article 6 - Extradition des nationaux requise, ou n'y est généralement pas exécutée, l'extradition pourra n'être accordée qu'à la
condition que la Partie requérante donne des assurances jugées suffisantes par la Partie
1 a Toute Partie contractante aura la faculté de refuser l'extradition de ses ressortissants. requise, que la peine capitale ne sera pas exécutée.

b Chaque Partie contractante pourra, par une déclaration faite au moment de la signature Article 12 - Requête et pièces à l'appui
ou du dépôt de son instrument de ratification ou d'adhésion, définir, en ce qui la
concerne, le terme «ressortissants» au sens de la présente Convention. 1 La requête sera formulée par écrit et présentée par la voie diplomatique. Une autre voie pourra
être convenue par arrangement direct entre deux ou plusieurs Parties.
c La qualité de ressortissant sera appréciée au moment de la décision sur l'extradition.
Toutefois, si cette qualité n'est reconnue qu'entre l'époque de la décision et la date 2 Il sera produit à l'appui de la requête :
envisagée pour la remise, la Partie requise pourra également se prévaloir de la disposition
de l'alinéa a du présent paragraphe. a l'original ou l'expédition authentique soit d'une décision de condamnation exécutoire, soit
d'un mandat d'arrêt ou de tout autre acte ayant la même force, délivré dans les formes
STE 24 – Extradition, 13.XII.1957 5 STE 24 – Extradition, 13.XII.1957 6
_________________________________________________________________________________________ _________________________________________________________________________________________
_
_

prescrites par la loi de la Partie requérante;


1 En cas d'urgence, les autorités compétentes de la Partie requérante pourront demander
b un exposé des faits pour lesquels l'extradition est demandée. Le temps et le lieu de leur l'arrestation provisoire de l'individu recherché; les autorités compétentes de la Partie requise
perpétration, leur qualification légale et les références aux dispositions légales qui leur statueront sur cette demande conformément à la loi de cette Partie.
sont applicables seront indiqués le plus exactement possible; et
2 La demande d'arrestation provisoire indiquera l'existence d'une des pièces prévues au
c une copie des dispositions légales applicables ou, si cela n'est pas possible, une paragraphe 2, alinéa a de l'article 12 et fera part de l'intention d'envoyer une demande
déclaration sur le droit applicable, ainsi que le signalement aussi précis que possible de d'extradition; elle mentionnera l'infraction pour laquelle l'extradition sera demandée, le temps
l'individu réclamé et tous autres renseignements de nature à déterminer son identité et sa et le lieu où elle a été commise ainsi que, dans la mesure du possible, le signalement de
nationalité. l'individu recherché.

Article 13 - Complément d'informations 3 La demande d'arrestation provisoire sera transmise aux autorités compétentes de la Partie
requise soit par la voie diplomatique, soit directement par la voie postale ou télégraphique, soit
Si les informations communiquées par la Partie requérante se révèlent insuffisantes pour par l'Organisation internationale de police criminelle (Interpol), soit par tout autre moyen
permettre à la Partie requise de prendre une décision en application de la présente laissant une trace écrite ou admis par la Partie requise. L'autorité requérante sera informée
Convention, cette dernière Partie demandera le complément d'informations nécessaire et sans délai de la suite donnée à sa demande.
pourra fixer un délai pour l'obtention de ces informations.
4 L'arrestation provisoire pourra prendre fin si, dans le délai de 18 jours après l'arrestation, la
Article 14 - Règle de la spécialité Partie requise n'a pas été saisie de la demande d'extradition et des pièces mentionnées à
l'article 12; elle ne devra, en aucun cas, excéder 40 jours après l'arrestation. Toutefois, la mise
1 L'individu qui aura été livré ne sera ni poursuivi, ni jugé, ni détenu en vue de l'exécution d'une en liberté provisoire est possible à tout moment, sauf pour la Partie requise à prendre toute
peine ou d'une mesure de sûreté, ni soumis à toute autre restriction de sa liberté individuelle, mesure qu'elle estimera nécessaire en vue d'éviter la fuite de l'individu réclamé.

18
pour un fait quelconque antérieur à la remise, autre que celui ayant motivé l'extradition, sauf
dans les cas suivants : 5 La mise en liberté ne s'opposera pas à une nouvelle arrestation et à l'extradition si la demande
d'extradition parvient ultérieurement.
a lorsque la Partie qui l'a livré y consent. Une demande sera présentée à cet effet,
accompagnée des pièces prévues à l'article 12 et d'un procès-verbal judiciaire consignant Article 17 - Concours de requêtes
les déclarations de l'extradé. Ce consentement sera donné lorsque l'infraction pour
laquelle il est demandé entraîne elle-même l'obligation d'extrader aux termes de la Si l'extradition est demandée concurremment par plusieurs Etats, soit pour le même fait, soit
présente Convention; pour des faits différents, la Partie requise statuera compte tenu de toutes circonstances et
notamment de la gravité relative et du lieu des infractions, des dates respectives des
b lorsqu'ayant eu la possibilité de le faire, l'individu extradé n'a pas quitté dans les 45 jours demandes, de la nationalité de l'individu réclamé et de la possibilité d'une extradition
qui suivent son élargissement définitif, le territoire de la Partie à laquelle il a été livré ou ultérieure à un autre Etat.
s'il y est retourné après l'avoir quitté.
Article 18 - Remise de l'extradé
2 Toutefois, la Partie requérante pourra prendre les mesures nécessaires en vue d'une part d'un
renvoi éventuel du territoire, d'autre part d'une interruption de la prescription conformément 1 La Partie requise fera connaître à la Partie requérante par la voie prévue au paragraphe 1 de
à sa législation, y compris le recours à une procédure par défaut. l'article 12, sa décision sur l'extradition.

3 Lorsque la qualification donnée au fait incriminé sera modifiée au cours de la procédure, 2 Tout rejet complet ou partiel sera motivé.
l'individu extradé ne sera poursuivi ou jugé que dans la mesure où les éléments constitutifs de
l'infraction nouvellement qualifiée permettraient l'extradition. 3 En cas d'acceptation, la Partie requérante sera informée du lieu et de la date de remise, ainsi
que de la durée de la détention subie en vue de l'extradition par l'individu réclamé.
Article 15 - Réextradition à un Etat tiers
4 Sous réserve du cas prévu au paragraphe 5 du présent article, si l'individu réclamé n'a pas été
Sauf dans le cas prévu au paragraphe 1, alinéa b de l'article 14, l'assentiment de la Partie reçu à la date fixée, il pourra être mis en liberté à l'expiration d'un délai de 15 jours à compter
requise sera nécessaire pour permettre à la Partie requérante de livrer à une autre Partie ou à de cette date et il sera en tout cas mis en liberté à l'expiration d'un délai de 30 jours; la Partie
un Etat tiers l'individu qui lui aura été remis et qui serait recherché par l'autre Partie ou par requise pourra refuser de l'extrader pour le même fait.
l'Etat tiers pour des infractions antérieures à la remise. La Partie requise pourra exiger la
production des pièces prévues au paragraphe 2 de l'article 12. 5 En cas de force majeure empêchant la remise ou la réception de l'individu à extrader, la Partie
intéressée en informera l'autre Partie; les deux Parties se mettront d'accord sur une
Article 16 - Arrestation provisoire nouvelle date de remise et les dispositions du paragraphe 4 du présent article seront
STE 24 – Extradition, 13.XII.1957 8
STE 24 – Extradition, 13.XII.1957
_________________________________________________________________________________________ 7 __________________________________________________________________________________________

applicables.
_ Article 19 - Remise ajournée ou conditionnelle

1 La Partie requise pourra, après avoir statué sur la demande d'extradition, ajourner la remise de
l'individu réclamé pour qu'il puisse être poursuivi par elle ou, s'il a déjà été condamné, pour
qu'il puisse purger, sur son territoire, une peine encourue à raison d'un fait autre que celui
pour lequel l'extradition est demandée.

2 Au lieu d'ajourner la remise, la Partie requise pourra remettre temporairement à la Partie


requérante l'individu réclamé dans des conditions à déterminer d'un commun accord entre les
Parties.

Article 20 - Remise d'objets

1 A la demande de la Partie requérante, la Partie requise saisira et remettra, dans la mesure


permise par sa législation, les objets :

a qui peuvent servir de pièces à conviction, ou

b qui, provenant de l'infraction, auraient été trouvés au moment de l'arrestation en la


possession de l'individu réclamé ou seraient découverts ultérieurement.

2 La remise des objets visés au paragraphe 1 du présent article sera effectuée même dans le cas
où l'extradition déjà accordée ne pourrait avoir lieu par suite de la mort ou de l'évasion de

19
l'individu réclamé.

3 Lorsque lesdits objets seront susceptibles de saisie ou de confiscation sur le territoire de la


Partie requise, cette dernière pourra, aux fins d'une procédure pénale en cours, les garder
temporairement ou les remettre sous condition de restitution.

4 Sont toutefois réservés les droits que la Partie requise ou des tiers auraient acquis sur ces
objets. Si de tels droits existent, les objets seront, le procès terminé, restitués le plus tôt possible
et sans frais à la Partie requise.

Article 21 - Transit

1 Le transit à travers le territoire de l'une des Parties contractantes sera accordé sur demande
adressée par la voie prévue au paragraphe 1 de l'article 12 à la condition qu'il ne s'agisse pas
d'une infraction considérée par la Partie requise du transit comme revêtant un caractère
politique ou purement militaire compte tenu des articles 3 et 4 de la présente Convention.

2 Le transit d'un ressortissant, au sens de l'article 6, du pays requis du transit, pourra être refusé.

3 Sous réserve des dispositions du paragraphe 4 du présent article, la production des pièces
prévues au paragraphe 2 de l'article 12 sera nécessaire.

4 Dans le cas où la voie aérienne sera utilisée, il sera fait application des dispositions suivantes:

a lorsqu'aucun atterrissage ne sera prévu, la Partie requérante avertira la Partie dont le


territoire sera survolé, et attestera l'existence d'une des pièces prévues au paragraphe 2,
alinéa a de l'article 12. Dans le cas d'atterrissage fortuit, cette notification produira les
effets de la demande d'arrestation provisoire visée à l'article 16 et la Partie requérante
adressera une demande régulière de transit;
STE 24 – Extradition, 13.XII.1957 9 STE 24 – Extradition, 13.XII.1957 10
__________________________________________________________________________________________ _________________________________________________________________________________________
_

le permettront. Le retrait des réserves sera fait par notification adressée au Secrétaire Général
du Conseil de l'Europe.
b lorsqu'un atterrissage sera prévu, la Partie requérante adressera une demande régulière
de transit.

5 Toutefois, une Partie pourra déclarer, au moment de la signature de la présente Convention ou 3 Une Partie contractante qui aura formulé une réserve au sujet d'une disposition de la
du dépôt de son instrument de ratification ou d'adhésion, qu'elle n'accordera le transit d'un Convention ne pourra prétendre à l'application de cette disposition par une autre Partie que
individu qu'aux mêmes conditions que celles de l'extradition ou à certaines d'entre elles. Dans dans la mesure où elle l'aura elle-même acceptée.
ces cas, la règle de la réciprocité pourra être appliquée.
Article 27 - Champ d'application territoriale
6 Le transit de l'individu extradé ne sera pas effectué à travers un territoire où il y aurait lieu de
croire que sa vie ou sa liberté pourraient être menacées en raison de sa race, de sa religion, de 1 La présente Convention s'appliquera aux territoires métropolitains des Parties contractantes.
sa nationalité ou de ses opinions politiques.
2 Elle s'appliquera également, en ce qui concerne la France, à l'Algérie et aux départements
Article 22 - Procédure d'outre-mer, et en ce qui concerne le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord,
aux îles Anglo-Normandes et à l'île de Man.
Sauf disposition contraire de la présente Convention, la loi de la Partie requise est seule
applicable à la procédure de l'extradition ainsi qu'à celle de l'arrestation provisoire. 3 La République fédérale d'Allemagne pourra étendre l'application de la présente Convention
au Land Berlin par une déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe.
Article 23 - Langues à employer Celui-ci notifiera cette déclaration aux autres Parties.

Les pièces à produire seront rédigées soit dans la langue de la Partie requérante, soit dans celle 4 Par arrangement direct entre deux ou plusieurs Parties contractantes, le champ d'application

20
de la Partie requise. Cette dernière pourra réclamer une traduction dans la langue officielle du de la présente Convention pourra être étendu aux conditions qui sont stipulées dans cet
Conseil de l'Europe qu'elle choisira. arrangement à tout territoire d'une de ces Parties autre que ceux visés aux paragraphes 1, 2 et 3
du présent article et dont une des Parties assure les relations internationales.
Article 24 - Frais
Article 28 - Relations entre la présente Convention et les accords bilatéraux
1 Les frais occasionnés par l'extradition sur le territoire de la Partie requise seront à la charge de
cette Partie. 1 La présente Convention abroge, en ce qui concerne les territoires auxquels elle s'applique,
celles des dispositions des traités, conventions ou accords bilatéraux qui, entre deux Parties
2 Les frais occasionnés par le transit à travers le territoire de la Partie requise du transit seront à contractantes, régissent la matière de l'extradition.
la charge de la Partie requérante.
2 Les Parties contractantes ne pourront conclure entre elles des accords bilatéraux ou
3 Dans le cas d'extradition en provenance d'un territoire non métropolitain de la Partie requise, multilatéraux que pour compléter les dispositions de la présente Convention ou pour faciliter
les frais occasionnés par le transport entre ce territoire et le territoire métropolitain de la Partie l'application des principes contenus dans celle-ci.
requérante seront à la charge de cette dernière. Il en sera de même des frais occasionnés par le
transport entre le territoire non métropolitain de la Partie requise et le territoire métropolitain 3 Lorsque, entre deux ou plusieurs Parties contractantes, l'extradition se pratique sur la base
de celle-ci. d'une législation uniforme, les Parties auront la faculté de régler leurs rapports mutuels en
matière d'extradition en se fondant exclusivement sur ce système nonobstant les dispositions
Article 25 - Définition des «mesures de sûreté» de la présente Convention. Le même principe sera applicable entre deux ou plusieurs Parties
contractantes dont chacune a en vigueur une loi prévoyant l'exécution sur son territoire des
Au sens de la présente Convention, l'expression «mesures de sûreté» désigne toutes mesures mandats d'arrêt décernés sur le territoire de l'autre ou des autres. Les Parties contractantes qui
privatives de liberté qui ont été ordonnées en complément ou en substitution d'une peine, par excluent ou viendraient à exclure de leurs rapports mutuels l'application de la présente
sentence d'une juridiction pénale. Convention, conformément aux dispositions du présent paragraphe, devront adresser une
notification à cet effet au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe. Celui-ci communiquera
Article 26 - Réserves aux autres Parties contractantes toute notification reçue en vertu du présent paragraphe.

1 Toute Partie contractante pourra, au moment de la signature de la présente Convention ou du Article 29 - Signature, ratification, entrée en vigueur
dépôt de son instrument de ratification ou d'adhésion, formuler une réserve au sujet d'une ou
de plusieurs dispositions déterminées de la Convention. 1 La présente Convention demeurera ouverte à la signature des membres du Conseil de
l'Europe. Elle sera ratifiée et les instruments de ratification seront déposés auprès du Secrétaire
2 Toute Partie contractante qui aura formulé une réserve la retirera aussitôt que les circonstances Général du Conseil.
STE 24 – Extradition, 13.XII.1957 11
__________________________________________________________________________________________

2 La Convention entrera en vigueur 90 jours après la date du dépôt du troisième instrument de


ratification.

3 Elle entrera en vigueur à l'égard de tout signataire qui la ratifiera ultérieurement 90 jours après
le dépôt de son instrument de ratification.

Article 30 - Adhésion

1 Le Comité des Ministres du Conseil de l'Europe pourra inviter tout Etat non membre du
Conseil à adhérer à la présente Convention. La résolution concernant cette invitation devra
recevoir l'accord unanime des membres du Conseil ayant ratifié la Convention.

2 L'adhésion s'effectuera par le dépôt, auprès du Secrétaire Général du Conseil, d'un instrument
d'adhésion qui prendra effet 90 jours après son dépôt.

Article 31 - Dénonciation

Toute Partie contractante pourra, en ce qui la concerne, dénoncer la présente Convention en


adressant une notification au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe. Cette dénonciation
prendra effet six mois après la date de la réception de sa notification par le Secrétaire Général

21
du Conseil.

Article 32 - Notifications

Le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe notifiera aux membres du Conseil et au


gouvernement de tout Etat ayant adhéré à la présente Convention :

a le dépôt de tout instrument de ratification ou d'adhésion;

b la date de l'entrée en vigueur;

c toute déclaration faite en application des dispositions du paragraphe 1 de l'article 6, et du


paragraphe 5 de l'article 21;

d toute réserve formulée en application des dispositions du paragraphe 1 de l'article 26;

e le retrait de toute réserve effectué en application des dispositions du paragraphe 2 de


l'article 26;

f toute notification de dénonciation reçue en application des dispositions de l'article 31 de


la présente Convention et la date à laquelle celle-ci prendra effet.

En foi de quoi, les soussignés, dûment autorisés à cet effet, ont signé la présente Convention.

Fait à Paris, le 13 décembre 1957, en français et en anglais, les deux textes faisant également foi,
en un seul exemplaire qui sera déposé dans les archives du Conseil de l'Europe. Le Secrétaire
Général du Conseil de l'Europe en communiquera copie certifiée conforme aux
gouvernements signataires.
STE 86 – Extradition (Protocole additionnel), 15.X.1975 2

Les Etats membres du Conseil de l'Europe, signataires du présent Protocole,

Série des traités européens - nq 86


Vu les dispositions de la Convention européenne d'extradition ouverte à la signature à Paris le
13 décembre 1957 (ci-après dénommée «la Convention»), notamment les articles 3 et 9 de
celle-ci;

Considérant qu'il est opportun de compléter ces articles en vue de renforcer la protection de la
communauté humaine et des individus,

Sont convenus de ce qui suit:

Titre I

Article 1

Pour l'application de l'article 3 de la Convention, ne seront pas considérés comme infractions


politiques:
PROTOCOLE ADDITIONNEL À
a les crimes contre l'humanité prévus par la Convention pour la prévention et la répression
LA CONVENTION EUROPÉENNE du crime de génocide, adoptée le 9 décembre 1948 par l'Assemblée générale des Nations
D'EXTRADITION Unies;

22
b les infractions prévues aux articles 50 de la Convention de Genève de 1949 pour
l'amélioration du sort des blessés et des malades dans les forces armées en campagne, 51
de la Convention de Genève de 1949 pour I'amélioration du sort des blessés, des malades
et des naufragés des forces armées sur mer, 130 de la Convention de Genève de 1949
relative au traitement des prisonniers de guerre et 147 de la Convention de Genève
de 1949 relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre;

c toutes violations analogues des lois de la guerre en vigueur lors de l'entrée en application
du présent Protocole et des coutumes de la guerre existant à ce moment, qui ne sont pas
déjà prévues par les dispositions susvisées des Conventions de Genève.

Strasbourg, 15.X.1975 Titre II

Article 2

L'article 9 de la Convention est complété par le texte suivant, l'article 9 original de la


Convention constituant le paragraphe 1 et les dispositions ci-après les paragraphes 2, 3 et 4:

«2. L'extradition d'un individu qui a fait l'objet d'un jugement définitif dans un Etat tiers,
Partie contractante à la Convention, pour le ou les faits à raison desquels la demande est
présentée, ne sera pas accordée:

a lorsque ledit jugement aura prononcé son acquittement;

b lorsque la peine privative de liberté ou l'autre mesure infligée:

i aura été entièrement subie;


STE 86 – Extradition (Protocole additionnel), 15.X.1975 3 STE 86 – Extradition (Protocole additionnel), 15.X.1975 4

ii aura fait l'objet d'une grâce ou d'une amnistie portant sur sa totalité ou sur sa partie c lorsque le juge aura constaté la culpabilité de l'auteur de l'infraction sans prononcer de
non exécutée; sanction.

3 Toutefois, dans les cas prévus au paragraphe 2, l'extradition pourra être accordée:

a si le fait qui a donné lieu au jugement a été commis contre une personne, une institution
ou un bien qui a un caractère public dans l'Etat requérant;

b si la personne qui a fait l'objet du jugement avait elle-même un caractère public dans
l'Etat requérant;

c si le fait qui a donné lieu au jugement a été commis en tout ou en partie sur le territoire de
l'Etat requérant ou en un lieu assimilé à son territoire.

4 Les dispositions des paragraphes 2 et 3 ne font pas obstacle à l'application des dispositions
nationales plus larges concernant l'effet ne bis in idem attaché aux décisions judiciaires
prononcées à l'étranger.»

Titre III

Article 3

1 Le présent Protocole est ouvert à la signature des Etats membres du Conseil de l'Europe qui
ont signé la Convention. Il sera ratifié, accepté ou approuvé. Les instruments de ratification,

23
d'acceptation ou d'approbation seront déposés près le Secrétaire Général du Conseil de
l'Europe.

2 Le Protocole entrera en vigueur 90 jours après la date du dépôt du troisième instrument de


ratification, d'acceptation ou d'approbation.

3 II entrera en vigueur à l'égard de tout Etat signataire qui le ratifiera, l'acceptera ou


l'approuvera ultérieurement 90 jours après la date du dépôt de son instrument de ratification,
d'acceptation ou d'approbation.

4 Aucun Etat membre du Conseil de l'Europe ne pourra ratifier, accepter ou approuver le


présent Protocole sans avoir simultanément ou antérieurement ratifié la Convention.

Article 4

1 Tout Etat qui a adhéré à la Convention peut adhérer au présent Protocole après l'entrée en
vigueur de celui-ci.

2 L'adhésion s'effectuera par le dépôt, près le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, d'un
instrument d'adhésion qui prendra effet 90 jours après la date de son dépôt.

Article 5

1 Tout Etat peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de


ratification, d'acceptation, d'approbation ou d'adhésion, désigner le ou les territoires auxquels
s'appliquera le présent Protocole.
STE 86 – Extradition (Protocole additionnel), 15.X.1975 5 STE 86 – Extradition (Protocole additionnel), 15.X.1975 6
d toute déclaration reçue en application des dispositions de l'article 5 et tout retrait d'une
2 Tout Etat peut, au moment du dépôt de son instrument de ratification, d'acceptation, telle déclaration;
d'approbation ou d'adhésion, ou à tout autre moment par la suite, étendre l'application du
présent Protocole, par déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe, à e toute déclaration formulée en application des dispositions du paragraphe 1 de l'article 6;
tout autre territoire désigné dans la déclaration et dont il assure les relations internationales ou
pour lequel il est habilité à stipuler.

3 Toute déclaration faite en vertu du paragraphe précédent pourra être retirée, en ce qui f le retrait de toute déclaration effectué en application des dispositions du paragraphe 2 de
concerne tout territoire désigné dans cette déclaration, aux conditions prévues par l'article 8 du l'article 6;
présent Protocole.
g toute notification reçue en application des dispositions de l'article 8 et la date à laquelle la
Article 6 dénonciation prendra effet.

1 Tout Etat peut, au moment de la signature ou au moment du dépôt de son instrument de


ratification, d'acceptation, d'approbation ou d'adhésion, déclarer qu'il n'accepte pas l'un ou En foi de quoi, les soussignés, dûment autorisés à cet effet, ont signé le présent Protocole.
l'autre des titres I ou II.
Fait à Strasbourg, le 15 octobre 1975, en français et en anglais, les deux textes faisant également
2 Toute Partie contractante peut retirer une déclaration formulée par elle en vertu du foi, en un seul exemplaire qui sera déposé dans les archives du Conseil de l'Europe. Le
paragraphe précédent, au moyen d'une déclaration adressée au Secrétaire Général du Conseil Secrétaire Général du Conseil de l'Europe en communiquera copie certifiée conforme à chacun
de l'Europe et qui prendra effet à la date de sa réception. des Etats signataires et adhérents.

3 Aucune réserve n'est admise aux dispositions du présent Protocole.

Article 7

24
Le Comité européen pour les problèmes criminels du Conseil de l'Europe suivra l'exécution du
présent Protocole et facilitera autant que de besoin le règlement amiable de toute difficulté à
laquelle l'exécution du Protocole donnerait lieu.

Article 8

1 Toute Partie contractante pourra, en ce qui la concerne, dénoncer le présent Protocole en


adressant une notification au Secrétaire Général du Conseil de l'Europe.

2 La dénonciation prendra effet six mois après la date de la réception de la notification par le
Secrétaire Général.

3 La dénonciation de la Convention entraîne automatiquement la dénonciation du présent


Protocole.

Article 9

Le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe notifiera aux Etats membres du Conseil et à tout
Etat ayant adhéré à la Convention:

a toute signature;

b le dépôt de tout instrument de ratification, d'acceptation, d'approbation ou d'adhésion;

c toute date d'entrée en vigueur du présent Protocole conformément à son article 3;


Convention pour la répression de la capture illicite d’aéronefs,
1970

25
26
27
28
29
30
Convention contre la torture et autres peines ou traitements
cruels, inhumains ou dégradants, 1984

31
32
33
34
35
36
37
38
Résolution 827 (1993) du Conseil de sécurité
des Nations Unies du 25 mai 1993

39
40
Statut actualisé du Tribunal pénal international
pour l’ex-Yougoslavie, 1993

41
NATIONS
UNIES STATUT ACTUALISÉ DU TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL
POUR L’EX-YOUGOSLAVIE

(ADOPTÉ LE 25 MAI 1993, RÉSOLUTION 827)


Tribunal international chargé de poursuivre (TEL QU’AMENDÉ LE 13 MAI 1998, RÉSOLUTION 1166)
les personnes présumées responsables de Date : septembre 2009 (TEL QU’AMENDÉ LE 30 NOVEMBRE 2000, RÉSOLUTION 1329)
(TEL QU’AMENDÉ LE 17 MAI 2002, RÉSOLUTION 1411)
violations graves du droit international (TEL QU’AMENDÉ LE 14 AOÛT 2002, RÉSOLUTION 1431)
humanitaire commises sur le territoire de (TEL QU’AMENDÉ LE 19 MAI 2003, RÉSOLUTION 1481)
l’ex-Yougoslavie depuis 1991 Original : français & anglais (TEL QU’AMENDÉ LE 20 AVRIL 2005, RÉSOLUTION 1597)
(TEL QU’AMENDÉ LE 28 FÉVRIER 2006, RÉSOLUTION 1660)
(TEL QU’AMENDÉ LE 29 SEPTEMBRE 2008, RÉSOLUTION 1837)
(TEL QU’AMENDÉ LE 7 JUILLET 2009, RÉSOLUTION 1877)

STATUT ACTUALISÉ DU TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL


POUR L’EX-YOUGOSLAVIE .............................................................................................................. 3
STATUT ACTUALISÉ
RÉSOLUTION 808 (1993)....................................................................................................................................... 15
DU TRIBUNAL PÉNAL
RÉSOLUTION 827 (1993)....................................................................................................................................... 17
INTERNATIONAL RÉSOLUTION 1166 (1998) ..................................................................................................................................... 19
Annexe...................................................................................................................................................................... 20
POUR L’EX-YOUGOSLAVIE
RÉSOLUTION 1329 (2000) ..................................................................................................................................... 21
Annexe I.................................................................................................................................................................... 23
Annexe II .................................................................................................................................................................. 26

42
(ADOPTÉ LE 25 MAI 1993, RÉSOLUTION 827) RÉSOLUTION 1411 (2002) ..................................................................................................................................... 29
(TEL QU’AMENDÉ LE 13 MAI 1998, RÉSOLUTION 1166) Annexe I.................................................................................................................................................................... 30
(TEL QU’AMENDÉ LE 30 NOVEMBRE 2000, RÉSOLUTION 1329) Annexe II .................................................................................................................................................................. 31
(TEL QU’AMENDÉ LE 17 MAI 2002, RÉSOLUTION 1411)
RÉSOLUTION 1431 (2002) ..................................................................................................................................... 33
(TEL QU’AMENDÉ LE 14 AOÛT 2002, RÉSOLUTION 1431) Annexe I.................................................................................................................................................................... 34
(TEL QU’AMENDÉ LE 19 MAI 2003, RÉSOLUTION 1481) Annexe II .................................................................................................................................................................. 37
(TEL QU’AMENDÉ LE 20 AVRIL 2005, RÉSOLUTION 1597)
(TEL QU’AMENDÉ LE 28 FÉVRIER 2006, RÉSOLUTION 1660) RÉSOLUTION 1481 (2003) ..................................................................................................................................... 39
Annexe...................................................................................................................................................................... 40
(TEL QU’AMENDÉ LE 29 SEPTEMBRE 2008, RÉSOLUTION 1837)
(TEL QU’AMENDÉ LE 7 JUILLET 2009, RÉSOLUTION 1877) RÉSOLUTION 1597 (2005) ..................................................................................................................................... 41
Annexe...................................................................................................................................................................... 42

RÉSOLUTIONS AFFÉRENTES AU TPIY : RÉSOLUTION 1660 (2006) ..................................................................................................................................... 41


Résolution 1503, 28 août 2003 Annexe...................................................................................................................................................................... 42
Résolution 1504, 4 septembre 2003
Résolution 1534, 26 mars 2004 RÉSOLUTION 1837 (2008) ..................................................................................................................................... 41
Résolution 1581, 18 janvier 2005 Annexe...................................................................................................................................................................... 42
Résolution 1613, 26 juillet 2005
Résolution 1629, 30 septembre 2005 RÉSOLUTION 1877 (2009) ..................................................................................................................................... 51
Résolution 1668, 10 avril 2006 Annexe...................................................................................................................................................................... 53
Résolution 1775, 14 septembre 2007
Résolution 1786, 28 novembre 2007
Résolution 1800, 20 février 2008

(Cette compilation a été créée à partir de résolutions des Nations Unies. Ceci n’est pas un document officiel.)

1
STATUT ACTUALISÉ DU TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL Article 17 ................................................................................................................................................... 11
POUR L’EX-YOUGOSLAVIE Le Greffe

TABLE DES MATIÈRES Article 18 ................................................................................................................................................... 11


Information et établissement de l’acte d’accusation
Article premier............................................................................................................................................ 5
Compétence du Tribunal international Article 19 ................................................................................................................................................... 11
Examen de l’acte d’accusation
Article 2 ....................................................................................................................................................... 5
Infractions graves aux Conventions de Genève de 1949 Article 20 ................................................................................................................................................... 11
Ouverture et conduite du procès
Article 3 ....................................................................................................................................................... 5
Violations des lois ou coutumes de la guerre Article 21 ................................................................................................................................................... 12
Les droits de l’accusé
Article 4 ....................................................................................................................................................... 6
Génocide Article 22 ................................................................................................................................................... 12
Protection des victimes et des témoins
Article 5 ....................................................................................................................................................... 6
Crimes contre l’humanité Article 23 ................................................................................................................................................... 12
Sentence
Article 6 ....................................................................................................................................................... 6
Compétence ratione personae Article 24 ................................................................................................................................................... 12
Peines
Article 7 ....................................................................................................................................................... 6
Responsabilité pénale individuelle Article 25 ................................................................................................................................................... 13
Appel
Article 8 ....................................................................................................................................................... 7
Compétence ratione loci et compétence ratione temporis Article 26 ................................................................................................................................................... 13
Révision
Article 9 ....................................................................................................................................................... 7

43
Compétences concurrentes Article 27 ................................................................................................................................................... 13
Exécution des peines
Article 10 ..................................................................................................................................................... 7
Non bis in idem Article 28 ................................................................................................................................................... 13
Grâce et commutation de peine
Article 11 ..................................................................................................................................................... 7
Organisation du Tribunal international Article 29 ................................................................................................................................................... 13
Coopération et entraide judiciaire
Article 12 ..................................................................................................................................................... 7
Composition des Chambres Article 30 ................................................................................................................................................... 13
Statut, privilèges et immunités du Tribunal international
Article 13 ..................................................................................................................................................... 8
Qualifications des juges Article 31 ................................................................................................................................................... 14
Siège du Tribunal international
Article 13 bis................................................................................................................................................ 8
Election des juges permanents Article 32 ................................................................................................................................................... 14
Dépenses du Tribunal international
Article 13 ter................................................................................................................................................ 9
Election et désignation des juges ad litem Article 33 ................................................................................................................................................... 14
Langues de travail
Article 13 quater.......................................................................................................................................... 9
Statut des juges ad litem Article 34 ................................................................................................................................................... 14
Rapport annuel
Article 14 ................................................................................................................................................... 10
Constitution du Bureau et des Chambres

Article 15 ................................................................................................................................................... 10
Règlement du Tribunal

Article 16 ................................................................................................................................................... 10
Le Procureur

3 4
STATUT ACTUALISÉ DU TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL Article 4
POUR L’EX-YOUGOSLAVIE Génocide

(ADOPTÉ LE 25 MAI 1993, RÉSOLUTION 827) 1. Le Tribunal international est compétent pour poursuivre les personnes ayant commis le génocide,
(TEL QU’AMENDÉ LE 13 MAI 1998, RÉSOLUTION 1166) tel qu’il est défini au paragraphe 2 du présent article, ou l’un quelconque des actes énumérés au
(TEL QU’AMENDÉ LE 30 NOVEMBRE 2000, RÉSOLUTION 1329) paragraphe 3 du présent article.
(TEL QU’AMENDÉ LE 17 MAI 2002, RÉSOLUTION 1411)
(TEL QU’AMENDÉ LE 14 AOÛT 2002, RÉSOLUTION 1431) 2. Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire,
(TEL QU’AMENDÉ LE 19 MAI 2003, RÉSOLUTION 1481) en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
(TEL QU’AMENDÉ LE 20 AVRIL 2005, RÉSOLUTION 1597)
a) meurtre de membres du groupe ;
(TEL QU’AMENDÉ LE 28 FÉVRIER 2006, RÉSOLUTION 1660) b) atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
(TEL QU’AMENDÉ LE 29 SEPTEMBRE 2008, RÉSOLUTION 1837) c) soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa
(TEL QU’AMENDÉ LE 7 JUILLET 2009, RÉSOLUTION 1877) destruction physique totale ou partielle ;
d) mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.
Créé par le Conseil de sécurité agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le
Tribunal international pour juger les personnes présumées responsables de violations graves du droit 3. Seront punis les actes suivants :
international humanitaire commises sur le territoire de l’ex-Yougoslavie depuis 1991 (ci-après
dénommé “le Tribunal international”) fonctionnera conformément aux dispositions du présent statut. a) le génocide ;
b) l’entente en vue de commettre le génocide ;
Article premier c) l’incitation directe et publique à commettre le génocide ;
Compétence du Tribunal international d) la tentative de génocide ;
e) la complicité dans le génocide.
Le Tribunal international est habilité à juger les personnes présumées responsables de violations
graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de l’ex-Yougoslavie depuis 1991, Article 5
conformément aux dispositions du présent statut. Crimes contre l’humanité
Article 2 Le Tribunal international est habilité à juger les personnes présumées responsables des crimes
Infractions graves aux Conventions de Genève de 1949 suivants lorsqu’ils ont été commis au cours d’un conflit armé, de caractère international ou interne, et
dirigés contre une population civile quelle qu’elle soit :
Le Tribunal international est habilité à poursuivre les personnes qui commettent ou donnent l’ordre
de commettre des infractions graves aux Conventions de Genève du 12 août 1949, à savoir les actes a) assassinat ;
suivants dirigés contre des personnes ou des biens protégés aux termes des dispositions de la b) extermination ;

44
Convention de Genève pertinente : c) réduction en esclavage ;
d) expulsion ;
a) l’homicide intentionnel ; e) emprisonnement ;
b) la torture ou les traitements inhumains, y compris les expériences biologiques ; f) torture ;
c) le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter des atteintes graves à g) viol ;
l’intégrité physique ou à la santé ; h) persécutions pour des raisons politiques, raciales et religieuses ;
d) la destruction et l’appropriation de biens non justifiées par des nécessités militaires et i) autres actes inhumains.
exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire ;
e) le fait de contraindre un prisonnier de guerre ou un civil à servir dans les forces armées de la Article 6
puissance ennemie ; Compétence ratione personae
f) le fait de priver un prisonnier de guerre ou un civil de son droit d’être jugé régulièrement et
impartialement ; Le Tribunal international a compétence à l’égard des personnes physiques conformément aux
g) l’expulsion ou le transfert illégal d’un civil ou sa détention illégale ; dispositions du présent statut.
h) la prise de civils en otages.
Article 7
Article 3 Responsabilité pénale individuelle
Violations des lois ou coutumes de la guerre
1. Quiconque a planifié, incité à commettre, ordonné, commis ou de toute autre manière aidé et
Le Tribunal international est compétent pour poursuivre les personnes qui commettent des violations encouragé à planifier, préparer ou exécuter un crime visé aux articles 2 à 5 du présent statut est
des lois ou coutumes de la guerre. Ces violations comprennent, sans y être limitées : individuellement responsable dudit crime.
a) l’emploi d’armes toxiques ou d’autres armes conçues pour causer des souffrances inutiles ; 2. La qualité officielle d’un accusé, soit comme chef d’Etat ou de gouvernement, soit comme haut
b) la destruction sans motif des villes et des villages ou la dévastation que ne justifient pas les fonctionnaire, ne l’exonère pas de sa responsabilité pénale et n’est pas un motif de diminution de la
exigences militaires ; peine.
c) l’attaque ou le bombardement, par quelque moyen que ce soit, de villes, villages, habitations
ou bâtiments non défendus ; 3. Le fait que l’un quelconque des actes visés aux articles 2 à 5 du présent statut a été commis par un
d) la saisie, la destruction ou l’endommagement délibéré d’édifices consacrés à la religion, à la subordonné ne dégage pas son supérieur de sa responsabilité pénale s’il savait ou avait des raisons de
bienfaisance et à l’enseignement, aux arts et aux sciences, à des monuments historiques, à des savoir que le subordonné s’apprêtait à commettre cet acte ou l’avait fait et que le supérieur n’a pas pris
œuvres d’art et à des œuvres de caractère scientifique ; les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher que ledit acte ne soit commis ou en punir les
e) le pillage de biens publics ou privés. auteurs.

4. Le fait qu’un accusé a agi en exécution d’un ordre d’un gouvernement ou d’un supérieur ne
l’exonère pas de sa responsabilité pénale mais peut être considéré comme un motif de diminution de la
peine si le Tribunal international l’estime conforme à la justice.

5 6
Article 8 4. Une personne qui, aux fins de la composition des Chambres du Tribunal pénal
Compétence ratione loci et compétence ratione temporis international, pourrait être considérée comme ressortissante de plus d’un État, est réputée
ressortissante de l’État dans lequel elle exerce ordinairement ses droits civils et politiques.
La compétence ratione loci du Tribunal international s’étend au territoire de l’ancienne République
fédérative socialiste de Yougoslavie, y compris son espace terrestre, son espace aérien et ses eaux 5. Le Secrétaire général peut, à la demande du Président du Tribunal pénal international,
territoriales. La compétence ratione temporis du Tribunal international s’étend à la période désigner parmi les juges ad litem élus conformément à l’article 13 ter des juges de réserve qui
commençant le 1er janvier 1991. assisteront à toutes les phases du procès auquel ils auront été affectés et qui remplaceront un
juge qui serait dans l’incapacité de continuer à siéger.
Article 9
Compétences concurrentes 6. Sans préjudice du paragraphe 2 ci-dessus, si, en raison de circonstances exceptionnelles,
un juge permanent d’une section d’une Chambre de première instance doit être remplacé et
1. Le Tribunal international et les juridictions nationales sont concurremment compétents pour juger
les personnes présumées responsables de violations graves du droit international humanitaire commises qu’une section se trouve dès lors composée exclusivement de juges ad litem, cette section
sur le territoire de l’ex-Yougoslavie depuis le 1er janvier 1991. pourra continuer à connaître de l’affaire nonobstant le fait qu’elle ne comprend plus de juge
permanent.
2. Le Tribunal international a la primauté sur les juridictions nationales. A tout stade de la
procédure, il peut demander officiellement aux juridictions nationales de se dessaisir en sa faveur Article 13
conformément au présent statut et à son règlement. Qualifications des juges

Article 10 Les juges permanents et ad litem doivent être des personnes de haute moralité, impartialité et
Non bis in idem intégrité possédant les qualifications requises, dans leurs pays respectifs, pour être nommés aux plus
hautes fonctions judiciaires. Il est dûment tenu compte dans la composition globale des Chambres et
1. Nul ne peut être traduit devant une juridiction nationale pour des faits constituant de graves des sections des Chambres de première instance de l’expérience des juges en matière de droit pénal et
violations du droit international humanitaire au sens du présent statut s’il a déjà été jugé par le Tribunal de droit international, notamment de droit international humanitaire et des droits de l’homme.
international pour ces mêmes faits.
Article 13 bis
2. Quiconque a été traduit devant une juridiction nationale pour des faits constituant de graves Election des juges permanents
violations du droit international humanitaire ne peut subséquemment être traduit devant le Tribunal
international que si : 1. Quatorze des juges permanents du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie sont élus
par l’Assemblée générale sur une liste présentée par le Conseil de sécurité, selon les modalités ci-
a) le fait pour lequel il a été jugé était qualifié crime de droit commun ; ou après :
b) la juridiction nationale n’a pas statué de façon impartiale ou indépendante, la procédure
engagée devant elle visait à soustraire l’accusé à sa responsabilité pénale internationale, ou la a) Le Secrétaire général invite les Etats Membres de l’Organisation des Nations Unies et les

45
poursuite n’a pas été exercée avec diligence. Etats non membres ayant une mission d’observation permanente au Siège de l’Organisation à
présenter des candidatures ;
3. Pour décider de la peine à infliger à une personne condamnée pour un crime visé par le présent b) Dans un délai de soixante jours à compter de la date de l’invitation du Secrétaire général,
statut, le Tribunal international tient compte de la mesure dans laquelle cette personne a déjà purgé chaque Etat peut présenter la candidature d’au maximum deux personnes réunissant les
toute peine qui pourrait lui avoir été infligée par une juridiction nationale pour le même fait. conditions indiquées à l’article 13 du Statut et n’ayant pas la même nationalité ni celle d’un
juge qui est membre de la Chambre d’appel et qui a été élu ou nommé juge permanent du
Article 11 Tribunal criminel international chargé de juger les personnes présumées responsables d’actes
Organisation du Tribunal international de génocide ou d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le
territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés responsables de tels actes ou violations
Le Tribunal international comprend les organes suivants :
commis sur le territoire d’Etats voisins entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994 (ci-après
a) les Chambres, soit trois Chambres de première instance et une Chambre d’appel ; dénommé le « Tribunal pénal international pour le Rwanda ») conformément à l’article 12 bis
b) le Procureur ; et du Statut de ce tribunal ;
c) un Greffe commun aux Chambres et au Procureur. c) Le Secrétaire général transmet les candidatures au Conseil de sécurité. Sur la base de ces
candidatures, le Conseil dresse une liste de vingt-huit Candidats au minimum et quarante-deux
Article 12 candidats au maximum en tenant dûment compte de la nécessité d’assurer une représentation
Composition des Chambres adéquate des principaux systèmes juridiques du monde ;
d) Le Président du Conseil de sécurité transmet la liste de candidats au Président de l’Assemblée
1. Les Chambres sont composées, au maximum, de seize juges permanents indépendants, générale. L’Assemblée élit sur cette liste quatorze juges permanents du Tribunal pénal
tous ressortissants d’États différents, et, au maximum au même moment, de douze juges ad international pour le Rwanda. Sont élus les candidats qui ont obtenu la majorité absolue des
litem indépendants, tous ressortissants d’États différents, désignés conformément à l’article 13 voix des Etats Membres de l’Organisation des Nations Unies et des Etats non membres ayant
ter du paragraphe 2, du Statut. une mission d’observation permanente au Siège de l’Organisation. Si deux candidats de la
même nationalité obtiennent la majorité requise, est élu celui sur lequel s’est porté le plus
2. Trois juges permanents et six juges ad litem sont membres, au maximum et au même grand nombre de voix.
moment, de chacune des Chambres de première instance. Chaque Chambre de première
instance à laquelle ont été désignés des juges ad litem peut être subdivisée en sections de trois 2. Si le siège de l’un des juges permanents élus ou nommés conformément au présent article devient
juges chacune, composées à la fois de juges permanents et ad litem, sauf dans les cas visés au vacant à l’une des Chambres, le Secrétaire général, après avoir consulté les Présidents du Conseil de
paragraphe 5 ci-après. Les sections des Chambres de première instance ont les mêmes pouvoirs sécurité et de l’Assemblée générale, nomme une personne réunissant les conditions indiquées à l’article
et responsabilités que ceux conférés à une Chambre de première instance par le Statut et rendent 13 du Statut pour siéger jusqu’à l’expiration du mandat de son prédécesseur.
leurs jugements suivant les mêmes règles.
3. Les juges permanents élus conformément au présent article ont un mandat de quatre ans. Leurs
3. Sept des juges permanents sont membres de la Chambre d’appel, laquelle est, pour conditions d’emploi sont celles des juges de la Cour internationale de Justice. Ils sont rééligibles.
chaque appel, composée de cinq de ses membres.

7 8
Article 13 ter a) Bénéficient, mutatis mutandis, des mêmes conditions d’emploi que les juges
Election et désignation des juges ad litem permanents du Tribunal international;
b) Jouissent des privilèges et immunités, exemptions et facilités d’un juge du Tribunal
1. Les juges ad litem du Tribunal international sont élus par l’Assemblée générale sur une liste international;
présentée par le Conseil de sécurité, selon les modalités ci-après : c) Jouissent du pouvoir de se prononcer pendant la phase préalable à l’audience dans
d’autres procès que ceux auxquels ils ont été nommés et à cette fin jouissent, sous
a) Le Secrétaire général invite les Etats Membres de l’Organisation des Nations Unies et les Etats réserve du paragraphe 2 ci-dessus, des mêmes pouvoirs que les juges permanents.
non membres ayant une mission d’observation permanente au Siège de l’Organisation à
présenter des candidatures.
b) Dans un délai de soixante jours à compter de la date de l’invitation du Secrétaire général, 4. À partir du moment où ils remplacent un juge qui se trouve dans l’incapacité de
chaque Etat peut présenter la candidature d’au maximum quatre personnes réunissant les continuer à siéger, les juges de réserve bénéficient des dispositions du paragraphe 1 ci-dessus.
conditions indiquées à l’article 13 du Statut compte tenu de l’importance d’une représentation
équitable des hommes et des femmes parmi les candidats. Article 14
c) Le Secrétaire général transmet les candidatures au Conseil de sécurité. Sur la base de ces Constitution du Bureau et des Chambres
candidatures, le Conseil dresse une liste de cinquante-quatre candidats au minimum en tenant
dûment compte de la nécessité d’assurer une représentation adéquate des principaux systèmes 1. Les juges permanents du Tribunal international élisent un président parmi eux.
juridiques du monde et en gardant à l’esprit l’importance d’une répartition géographique
équitable. 2. Le Président du Tribunal international doit être membre de la Chambre d’appel, qu’il
d) Le Président du Conseil de sécurité transmet la liste de candidats au Président de l’Assemblée préside.
générale. L’Assemblée élit sur cette liste les vingt-sept juges ad litem du Tribunal
international. Sont élus les candidats qui ont obtenu la majorité absolue des voix des Etats
3. Après avoir consulté les juges permanents du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie,
Membres de l’Organisation des Nations Unies et des Etats non membres ayant une mission
d’observation permanente au Siège de l’Organisation. le Président nomme quatre des juges permanents élus ou nommés conformément à l’article 13 bis du
e) Les juges ad litem sont élus pour un mandat de quatre ans. Ils sont rééligibles. Statut à la Chambre d’appel et neuf de ces juges aux Chambres de première instance. Nonobstant les
dispositions des paragraphes 1 et 3 de l’article 12, le Président peut affecter à la Chambre d’appel
2. Pendant un mandat quelconque, les juges ad litem seront nommés par le Secrétaire général, à la jusqu’à quatre autres juges permanents des Chambres de première instance à l’issue des affaires dont
demande du Président du Tribunal international, pour siéger aux Chambres de première instance dans chaque juge est saisi. Le mandat de chaque juge réaffecté à la Chambre d’appel sera le même que celui
un ou plusieurs procès, pour une durée totale inférieure à trois ans. Lorsqu’il demande la désignation de des juges de cette chambre.
tel ou tel juge ad litem, le Président du Tribunal international tient compte des critères énoncés à
l’article 13 du Statut concernant la composition des Chambres et des sections des Chambres de 4. Le Président du Tribunal pénal international pour le Rwanda nomme, en consultation avec le
première instance, des considérations énoncées aux paragraphes 1 b) et c) ci-dessus et du nombre de Président du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, deux des juges permanents élus ou
voix que ce juge a obtenues à l’Assemblée générale. nommés conformément à l’article 12 bis du Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda
membres de la Chambre d’appel et juges permanents du Tribunal pénal international. Nonobstant les
Article 13 quater
dispositions des paragraphes 1 et 3 de l’article 12, le Président du Tribunal pénal international pour le

46
Statut des juges ad litem Rwanda peut affecter à la Chambre d’appel jusqu’à quatre autres juges permanents des Chambres de
première instance du Tribunal pénal international pour le Rwanda à l’issue des affaires dont chaque
1. Pendant la durée où ils sont nommés pour servir auprès du Tribunal international, les juge est saisi. Le mandat de chaque juge réaffecté à la Chambre d’appel sera le même que celui des
juges ad litem : juges de cette chambre.
a) Bénéficient, mutatis mutandis, des mêmes conditions d’emploi que les juges 5. Après avoir consulté les juges permanents du Tribunal international, le Président nomme
permanents du Tribunal international; les juges ad litem qui peuvent être de temps à autre appelés à siéger au Tribunal international
b) Jouissent des mêmes pouvoirs que les juges permanents du Tribunal international, sous aux Chambres de première instance.
réserve du paragraphe 2 ci-après;
c) Jouissent des privilèges et immunités, exemptions et facilités d’un juge du Tribunal 6. Un juge ne siège qu’à la Chambre à laquelle il a été affecté.
international;
d) Jouissent du pouvoir de se prononcer pendant la phase préalable à l’audience dans 7. Les juges permanents de chaque Chambre de première instance élisent parmi eux un président,
d’autres procès que ceux auxquels ils ont été nommés pour juger. qui dirige les travaux de la Chambre.
2. Pendant la durée où ils sont nommés pour servir auprès du Tribunal international, les Article 15
juges ad litem :
Règlement du Tribunal
a) Ne peuvent ni être élus Président du Tribunal ou Président d’une Chambre de première Les juges du Tribunal international adopteront un règlement qui régira la phase préalable à
instance, ni participer à son élection, conformément à l’article 14 du Statut; l’audience, l’audience et les recours, la recevabilité des preuves, la protection des victimes et des
b) Ne sont pas habilités : témoins et d’autres questions appropriées.

i) À participer à l’adoption du règlement conformément à l’article 15 du Statut. Ils Article 16


sont toutefois consultés avant l’adoption dudit règlement; Le Procureur
ii) À participer à l’examen d’un acte d’accusation conformément à l’article 19 du
Statut; 1. Le Procureur est responsable de l’instruction des dossiers et de l’exercice de la poursuite contre
iii) À participer aux consultations tenues par le Président au sujet de la nomination de les auteurs de violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de l’ex-
juges, conformément à l’article 14 du Statut, ou de l’octroi d’une grâce ou d’une Yougoslavie depuis le 1er janvier 1991.
commutation de peine, conformément à l’article 28 du Statut.
2. Le Procureur, qui est un organe distinct au sein du Tribunal international, agit en toute
indépendance. Il ne sollicite ni ne reçoit d’instructions d’aucun gouvernement ni d’aucune autre source.
3. Nonobstant les paragraphes 1 et 2 ci-dessus, pendant la durée où ils servent en qualité de
juges de réserve, les juges ad litem : 3. Le Bureau du Procureur se compose du Procureur et du personnel qualifié qui peut être
nécessaire.

9 10
4. Le Procureur est nommé par le Conseil de sécurité sur proposition du Secrétaire général. Il doit 4. Les audiences sont publiques à moins que la Chambre de première instance décide de les tenir à
être de haute moralité, d’une compétence notoire et avoir une solide expérience de l’instruction des huis clos conformément à ses règles de procédure et de preuve.
affaires criminelles et de la poursuite. Son mandat est de quatre ans, et il est rééligible. Ses conditions
d’emploi sont celles d’un secrétaire général adjoint de l’Organisation des Nations Unies. Article 21
Les droits de l’accusé
5. Le personnel du Bureau du Procureur est nommé par le Secrétaire général sur recommandation du
Procureur. 1. Tous sont égaux devant le Tribunal international.
Article 17 2. Toute personne contre laquelle des accusations sont portées a droit à ce que sa cause soit entendue
Le Greffe équitablement et publiquement, sous réserve des dispositions de l’article 22 du statut.

1. Le Greffe est chargé d’assurer l’administration et les services du Tribunal international. 3. Toute personne accusée est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie
conformément aux dispositions du présent statut.
2. Le Greffe se compose d’un greffier et des autres personnels nécessaires.
4. Toute personne contre laquelle une accusation est portée en vertu du présent statut a droit, en
3. Le Greffier est désigné par le Secrétaire général après consultation du Président du Tribunal pleine égalité, au moins aux garanties suivantes :
international pour un mandat de quatre ans renouvelable. Les conditions d’emploi du Greffier sont
celles d’un sous-secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. a) à être informée, dans le plus court délai, dans une langue qu’elle comprend et de façon
détaillée, de la nature et des motifs de l’accusation portée contre elle ;
4. Le personnel du Greffe est nommé par le Secrétaire général sur recommandation du Greffier. b) à disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense et à communiquer
avec le conseil de son choix ;
Article 18 c) à être jugée sans retard excessif ;
Information et établissement de l’acte d’accusation d) à être présente au procès et à se défendre elle-même ou à avoir l’assistance d’un défenseur de
son choix ; si elle n’a pas de défenseur, à être informée de son droit d’en avoir un, et, chaque
1. Le Procureur ouvre une information d’office ou sur la foi des renseignements obtenus de toutes fois que l’intérêt de la justice l’exige, à se voir attribuer d’office un défenseur, sans frais, si elle
sources, notamment des gouvernements, des organes de l’Organisation des Nations Unies, des n’a pas les moyens de le rémunérer ;
organisations intergouvernementales et non gouvernementales. Il évalue les renseignements reçus ou e) à interroger ou faire interroger les témoins à charge et à obtenir la comparution et
obtenus et se prononce sur l’opportunité ou non d’engager les poursuites. l’interrogatoire des témoins à décharge dans les mêmes conditions que les témoins à charge ;
f) à se faire assister gratuitement d’un interprète si elle ne comprend pas ou ne parle pas la langue
2. Le Procureur est habilité à interroger les suspects, les victimes et les témoins, à réunir des preuves employée à l’audience ;
et à procéder sur place à des mesures d’instruction. Dans l’exécution de ces tâches, le Procureur peut, g) à ne pas être forcée de témoigner contre elle-même ou de s’avouer coupable.
selon que de besoin, solliciter le concours des autorités de l’Etat concerné.
Article 22
3. Tout suspect interrogé a le droit d’être assisté d’un conseil de son choix, y compris celui de se Protection des victimes et des témoins
voir attribuer d’office un défenseur, sans frais, s’il n’a pas les moyens de le rémunérer et de bénéficier,

47
si nécessaire, de services de traduction dans une langue qu’il parle et comprend et à partir de cette Le Tribunal international prévoit dans ses règles de procédure et de preuve des mesures de
langue. protection des victimes et des témoins. Les mesures de protection comprennent, sans y être limitées, la
tenue d’audiences à huis clos et la protection de l’identité des victimes.
4. S’il décide qu’au vu des présomptions, il y a lieu d’engager des poursuites, le Procureur établit un
acte d’accusation dans lequel il expose succinctement les faits et le crime ou les crimes qui sont Article 23
reprochés à l’accusé en vertu du statut. L’acte d’accusation est transmis à un juge de la Chambre de Sentence
première instance.
1. La Chambre de première instance prononce des sentences et impose des peines et sanctions à
Article 19 l’encontre des personnes convaincues de violations graves du droit international humanitaire.
Examen de l’acte d’accusation
2. La sentence est rendue en audience publique à la majorité des juges de la Chambre de première
1. Le juge de la Chambre de première instance saisi de l’acte d’accusation examine celui-ci. S’il instance. Elle est établie par écrit et motivée, des opinions individuelles ou dissidentes pouvant y être
estime que le Procureur a établi qu’au vu des présomptions, il y a lieu d’engager des poursuites, il jointes.
confirme l’acte d’accusation. A défaut, il le rejette.
Article 24
2. S’il confirme l’acte d’accusation, le juge saisi, sur réquisition du Procureur, décerne les Peines
ordonnances et mandats d’arrêt, de détention, d’amener ou de remise de personnes et toutes autres
ordonnances nécessaires pour la conduite du procès. 1. La Chambre de première instance n’impose que des peines d’emprisonnement. Pour fixer les
conditions de l’emprisonnement, la Chambre de première instance a recours à la grille générale des
Article 20 peines d’emprisonnement appliquée par les tribunaux de l’ex-Yougoslavie.
Ouverture et conduite du procès
2. En imposant toute peine, la Chambre de première instance tient compte de facteurs tels que la
1. La Chambre de première instance veille à ce que le procès soit équitable et rapide et à ce que gravité de l’infraction et la situation personnelle du condamné.
l’instance se déroule conformément aux règles de procédure et de preuve, les droits de l’accusé étant
pleinement respectés et la protection des victimes et des témoins dûment assurée. 3. Outre l’emprisonnement du condamné, la Chambre de première instance peut ordonner la
restitution à leurs propriétaires légitimes de tous biens et ressources acquis par des moyens illicites, y
2. Toute personne contre laquelle un acte d’accusation a été confirmé est, conformément à une compris par la contrainte.
ordonnance ou un mandat d’arrêt décerné par le Tribunal international, placée en état d’arrestation,
immédiatement informée des chefs d’accusation portés contre elle et déférée au Tribunal international.

3. La Chambre de première instance donne lecture de l’acte d’accusation, s’assure que les droits de
l’accusé sont respectés, confirme que l’accusé a compris le contenu de l’acte d’accusation et lui
ordonne de plaider coupable ou non coupable. La Chambre de première instance fixe alors la date du
procès.

11 12
Article 25 Article 31
Appel Siège du Tribunal international

1. La Chambre d’appel connaît des recours introduits soit par les personnes condamnées par les Le Tribunal international a son siège à La Haye.
Chambres de première instance, soit par le Procureur, pour les motifs suivants :
Article 32
a) erreur sur un point de droit qui invalide la décision ; ou Dépenses du Tribunal international
b) erreur de fait qui a entraîné un déni de justice.
Les dépenses du Tribunal international sont imputées sur le budget ordinaire de l’Organisation des
2. La Chambre d’appel peut confirmer, annuler ou réviser les décisions des Chambres de première Nations Unies conformément à l’Article 17 de la Charte des Nations Unies.
instance.
Article 33
Article 26 Langues de travail
Révision
Les langues de travail du Tribunal international sont l’anglais et le français.
S’il est découvert un fait nouveau qui n’était pas connu au moment du procès en première instance
ou en appel et qui aurait pu être un élément décisif de la décision, le condamné ou le Procureur peut Article 34
saisir le Tribunal d’une demande en révision de la sentence.
Rapport annuel
Article 27 Le Président du Tribunal international présente chaque année un rapport du Tribunal international au
Exécution des peines Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale.
La peine d’emprisonnement est subie dans un Etat désigné par le Tribunal sur la liste des Etats qui
ont fait savoir au Conseil de sécurité qu’ils étaient disposés à recevoir des condamnés. La réclusion est
soumise aux règles nationales de l’Etat concerné, sous le contrôle du Tribunal international.

Article 28
Grâce et commutation de peine

Si le condamné peut bénéficier d’une grâce ou d’une commutation de peine en vertu des lois de
l’Etat dans lequel il est emprisonné, cet Etat en avise le Tribunal. Le Président du Tribunal, en
consultation avec les juges, tranche selon les intérêts de la justice et les principes généraux du droit.

Article 29

48
Coopération et entraide judiciaire

1. Les Etats collaborent avec le Tribunal à la recherche et au jugement des personnes accusées
d’avoir commis des violations graves du droit international humanitaire.

2. Les Etats répondent sans retard à toute demande d’assistance ou à toute ordonnance émanant
d’une Chambre de première instance et concernant, sans s’y limiter :

a) l’identification et la recherche des personnes ;


b) la réunion des témoignages et la production des preuves ;
c) l’expédition des documents ;
d) l’arrestation ou la détention des personnes ;
e) le transfert ou la traduction de l’accusé devant le Tribunal.

Article 30
Statut, privilèges et immunités du Tribunal international

1. La Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies en date du 13 février 1946
s’applique au Tribunal international, aux juges, au Procureur et à son personnel ainsi qu’au Greffier et à
son personnel.

2. Les juges, le Procureur et le Greffier jouissent des privilèges et immunités, des exemptions et des
facilités accordés aux agents diplomatiques, conformément au droit international.

3. Le personnel du Procureur et du Greffier jouit des privilèges et immunités accordés aux


fonctionnaires des Nations Unies en vertu des articles V et VII de la Convention visée au paragraphe 1
du présent article.

4. Les autres personnes, y compris les accusés, dont la présence est requise au siège du Tribunal
international bénéficient du traitement nécessaire pour assurer le bon fonctionnement du Tribunal
international.

13 14
Règlement de procédure et de preuve du Tribunal pénal
international pour l’ex-Yougoslavie (IT/32/Rev.45)

49
NATIONS RÈGLEMENT DE PROCÉDURE ET DE PREUVE
UNIES
(adopté le 11 février 1994)
(tel qu’amendé le 5 mai 1994)
(tel qu’amendé de nouveau le 4 octobre 1994)
Tribunal international chargé de poursuivre les IT/32/Rev. 45
8 décembre 2010 (tel que révisé le 30 janvier 1995)
personnes présumées responsables de violations
graves du droit international humanitaire commises (tel qu’amendé le 3 mai 1995)
sur le territoire de l’ex-Yougoslavie depuis 1991 Original: (tel qu’amendé de nouveau le 15 juin 1995)
Anglais et Français (tel qu’amendé le 6 octobre 1995)
(tel qu’amendé de nouveau le 18 janvier 1996)
(tel qu’amendé de nouveau le 23 avril 1996)
Trente-neuvième séance plénière (tel qu’amendé de nouveau le 25 juin 1996 et le 5 juillet 1996)
La Haye
(tel qu’amendé le 3 décembre 1996)
Pays Bas
8 décembre 2010 (tel qu’amendé de nouveau le 25 juillet 1997)
(tel qu’amendé de nouveau le 12 novembre 1997)
(tel qu’amendé le 10 juillet 1998)
(tel qu’amendé le 4 décembre 1998)
(tel qu’amendé le 25 février 1999)
(tel qu’amendé le 2 juillet 1999)
(tel qu’amendé le 17 novembre 1999)
(tel qu’amendé le 14 juillet 2000)
(tel qu’amendé les 1 et 13 décembre 2000)
(tel qu’amendé le 12 avril 2001)
(tel qu’amendé le 12 juillet 2001)

50
RÈGLEMENT DE PROCÉDURE ET DE PREUVE (tel qu’amendé le 13 décembre 2001)
(tel qu’amendé le 23 avril 2002)
(tel qu’amendé le 12 juillet 2002)
(tel qu’amendé le 10 octobre 2002)
(tel qu’amendé le 12 décembre 2002)
(tel qu’amendé le 24 juin 2003)
(tel qu’amendé le 17 juillet 2003)
(tel qu’amendé le 12 décembre 2003)
(tel qu’ amendé le 6 avril 2004)
(tel qu’ amendé le 10 juin 2004)
(tel qu’ amendé le 28 juillet 2004)
(tel qu’ amendé le 8 décembre 2004)
(tel qu’ amendé le 11 février 2005)
(tel qu’ amendé le 11 mars 2005)
(tel qu’ amendé le 21 juillet 2005)
(tel qu’ amendé le 29 mars 2006)
(tel qu’ amendé le 30 mai 2006)
(tel qu’ amendé le 13 septembre 2006)
(tel qu’ amendé le 12 juillet 2007)
(tel qu’ amendé le 28 février 2008)
(tel qu’ amendé le 4 novembre 2008)
(tel qu’ amendé le 22 juillet 2009)
i
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
(tel qu’ amendé le 10 décembre 2009) TABLE DES MATIÈRES
(tel qu’ amendé le 8 décembre 2010)

CHAPITRE Page

PREMIER DISPOSITIONS GÉNÉRALES 1

Article 1 Entrée en vigueur....................................................................1


Article 2 Définitions ..............................................................................1
Article 3 Emploi des langues.................................................................3
Article 4 Réunions hors le siège du Tribunal ........................................4
Article 5 Effet d’une violation du Règlement........................................4
Article 6 Modification du Règlement ....................................................5
Article 7 Textes authentiques ................................................................5

DEUXIÈME PRIMAUTÉ DU TRIBUNAL 6

Article 7 bis Manquement à des obligations ...............................................6


Article 8 Demande d’informations ........................................................6
Article 9 Requête du Procureur aux fins de
dessaisissement .......................................................................6
Article 10 Demande officielle de dessaisissement ..................................7
Article 11 Non-respect d’une demande officielle de
dessaisissement .......................................................................7
Article 11 bis Renvoi de l’acte d’accusation devant une autre juridiction....8

51
Article 12 Décisions des juridictions internes ...................................... 10
Article 13 Non bis in idem.................................................................... 10

TROISIÈME ORGANISATION DU TRIBUNAL 11

Section 1 Les juges ............................................................................. 11


Article 14 Déclaration solennelle ......................................................... 11
Article 15 Récusation et empêchement de juges .................................. 11
Article 15 bis Absence d’un juge ............................................................... 13
Article 15 ter Juges de réserve ................................................................... 15
Article 16 Démission ............................................................................ 15
Article 17 Préséance ............................................................................. 15

Section 2 Présidence du Tribunal ..................................................... 17


Article 18 Election du Président ........................................................... 17
Article 19 Fonctions du Président......................................................... 17
Article 20 Le Vice-Président ................................................................ 18
Article 21 Fonctions du Vice-Président................................................ 18
Article 22 Remplacement du Président et du Vice-Président............... 18

ii
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010

iii
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Section 3 Fonctionnement interne du Tribunal .............................. 19 Article 45 ter Désignation d’un conseil dans l’intérêt de la justice ........... 37
Article 46 Discipline............................................................................. 37
Article 23 Le Bureau............................................................................. 19
Article 23 bis Le Conseil de coordination.................................................. 19
Article 23 ter [Supprimé] ........................................................................... 20 CINQUIÈME MISE EN ACCUSATION 38
Article 24 Réunions plénières du Tribunal ........................................... 20
Article 25 Sessions plénières ................................................................ 20
Article 26 Quorum et vote .................................................................... 21 Section 1 L’acte d’accusation............................................................ 38

Section 4 Les Chambres..................................................................... 22 Article 47 Présentation de l’acte d’accusation par le Procureur........... 38


Article 48 Jonction d’instances............................................................. 39
Article 27 Roulement des juges............................................................ 22 Article 49 Jonction de chefs d’accusation ............................................ 39
Article 28 Juges de permanence et juges chargés de l’examen Article 50 Modifications de l’acte d’accusation................................... 40
des actes d’accusation.......................................................... 22 Article 51 Retrait d’un acte d’accusation ............................................. 41
Article 29 Délibéré................................................................................ 24 Article 52 Publicité de l’acte d’accusation ........................................... 41
Article 53 Non-divulgation................................................................... 41
Section 5 Le Greffe............................................................................. 25 Article 53 bis Signification de l’acte d’accusation..................................... 42

Article 30 Nomination du Greffier ....................................................... 25 Section 2 Ordonnances et mandats................................................... 43


Article 31 Nomination du Greffier adjoint et du personnel
du Greffe.............................................................................. 25 Article 54 Disposition générale ............................................................ 43
Article 32 Déclaration solennelle ......................................................... 25 Article 54 bis Ordonnance adressées aux Etats aux fins
Article 33 Fonctions du Greffier........................................................... 26 de prodution de documents.................................................. 43
Article 33 bis Fonctions du Greffier adjoint .............................................. 26 Article 55 Exécution des mandats d’arrêt............................................. 46
Article 34 Section d’aide aux victimes et aux témoins......................... 27 Article 56 Coopération des Etats .......................................................... 47
Article 35 Procès-verbaux .................................................................... 27 Article 57 Procédure après l’arrestation ............................................... 47
Article 36 Répertoire général................................................................ 27 Article 58 Dispositions de droit interne relatives à l’extradition.......... 48

52
Article 59 Défaut d’exécution d’un mandat d’arrêt
Section 6 Le Procureur ...................................................................... 28 ou d’un ordre de transfert .................................................... 48
Article 59 bis Transmission d’un mandat d’arrêt....................................... 48
Article 37 Fonctions du Procureur........................................................ 28 Article 60 Publication de l’acte d’accusation ....................................... 49
Article 38 Procureur adjoint ................................................................. 28 Article 61 Procédure en cas d’inexécution d’un mandat d’arrêt .......... 49

Section 3 Procédures préliminaires .................................................. 51


QUATRIÈME ENQUÊTES ET DROITS 29
DES SUSPECTS Article 62 Comparution initiale de l’accusé ......................................... 51
Article 62 bis Plaidoyers de culpabilité...................................................... 52
Section 1 Enquêtes ............................................................................. 29 Article 62 ter Procédure en cas d’accord sur le plaidoyer ......................... 53
Article 63 Interrogatoire de l’accusé .................................................... 53
Article 39 Déroulement des enquêtes ................................................... 29 Article 64 Détention préventive............................................................ 54
Article 40 Mesures conservatoires........................................................ 29 Article 65 Mise en liberté provisoire .................................................... 54
Article 40 bis Transfert et détention provisoire de suspects....................... 30 Article 65 bis Conférences de mise en état ................................................ 56
Article 41 Conservation des informations ............................................ 32 Article 65 ter Le Juge de la mise en état .................................................... 57
Article 42 Droits du suspect pendant l’enquête .................................... 32
Article 43 Enregistrement des interrogatoires des suspects.................. 33 Section 4 Production de moyens de preuve...................................... 62

Section 2 Du conseil............................................................................ 34 Article 66 Communication de pièces par le Procureur ......................... 62


Article 67 Communication supplémentaire .......................................... 63
Article 44 Mandat, qualifications et obligations d’un conseil .............. 34 Article 68 Communication des éléments de preuve à
Article 45 Commission d’office d’un conseil....................................... 35 décharge et autres éléments pertinents ................................ 64
Article 45 bis Personnes détenues .............................................................. 37 Article 68 bis Manquement aux obligations de communication ................ 65

iv v
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 69 Protection des victimes et des témoins ................................ 65 Article 88 [Supprimé] ........................................................................... 88
Article 70 Exception à l’obligation de communication........................ 65 Article 88 bis [Supprimé] ........................................................................... 88

Section 5 Dépositions ......................................................................... 67 Section 3 De la preuve........................................................................ 89

Article 71 Dépositions .......................................................................... 67 Article 89 Dispositions générales ......................................................... 89


Article 71 bis [Supprimé] ........................................................................... 67 Article 90 Témoignages........................................................................ 89
Article 90 bis Transfert d’un témoin détenu............................................... 91
Section 6 Requêtes.............................................................................. 68 Article 91 Faux témoignage sous déclaration solennelle...................... 92
Article 92 Aveux................................................................................... 93
Article 72 Exceptions préjudicielles..................................................... 68 Article 92 bis Admission de déclarations écrites et de comptes rendus
Article 73 Autres requêtes .................................................................... 70 de dépositions au lieu et place d’un témoignage oral .......... 94
Article 92 ter Autres cas d’admission de déclarations écrites et de
Section 7 Conférences ........................................................................ 71 comptes rendus de déposition.............................................. 95
Article 92 quater Personnes non disponibles................................................... 96
Article 73 bis Conférence préalable au procès........................................... 71 Article 92 quinquies Admission de déclarations et de comptes rendus de
Article 73 ter Conférence préalable à la présentation déposition de témoins faisant l’objet de pression6 .............. 97
des moyens à décharge ........................................................ 72 Article 93 Ligne de conduite délibérée................................................. 98
Article 94 Constat judiciaire ................................................................. 98
SIXIÈME LE PROCÈS EN PREMIÈRE INSTANCE 73 Article 94 bis Déposition de témoins experts............................................. 98
Article 94 ter [Supprimé] ........................................................................... 99
Article 95 Exclusion de certains éléments de preuve ........................... 99
Section 1 Dispositions générales........................................................ 73 Article 96 Administration des preuves en matière
de violences sexuelles.......................................................... 99
Article 74 Amicus Curiae ..................................................................... 73 Article 97 Secret des communications entre avocat et client ............... 100
Article 74 bis Examen médical de l’accusé................................................ 73 Article 98 Pouvoir des Chambres d’ordonner de leur propre initiative
Article 75 Mesures destinées à assurer la protection des victimes la production de moyens de preuve supplémentaires .......... 100

53
et des témoins ...................................................................... 73
Article 75 bis Demande d’assistance adressée au Tribunal en vue Section 4 Jugement............................................................................. 101
d’obtenir un témoignage ...................................................... 76
Article 75 ter Transfèrement de personnes en vue de leur témoignage Article 98 bis Acquittement........................................................................ 101
dans une affaire portée devant une juridiction Article 98 ter Jugement .............................................................................. 101
autre que le Tribunal............................................................ 77 Article 99 Statut de la personne acquittée ............................................ 102
Article 76 Déclaration solennelle des interprètes et des traducteurs .... 78
Article 77 Outrage au Tribunal............................................................. 79 Section 5 Sentence et peines .............................................................. 103
Article 77 bis Paiement des amendes ......................................................... 82
Article 78 Audiences publiques............................................................ 83 Article 100 Prononcé de la sentence lorsque l’accusé
Article 79 Audiences à huis clos........................................................... 83 a plaidé coupable ................................................................. 103
Article 80 Maintien de l’ordre .............................................................. 83 Article 101 Peines................................................................................... 103
Article 81 Enregistrement des débats et conservation des preuves ...... 84 Article 102 Statut du condamné............................................................ ..104
Article 81 bis Débats par vidéoconférence………………………………..84 Article 103 Lieu d’emprisonnement ..................................................... ..104
Article 104 Contrôle de l’emprisonnement .......................................... ..105
Section 2 Déroulement du procès...................................................... 85 Article 105 Restitution de biens ........................................................... ..105
Article 106 Indemnisation des victimes................................................ ..106
Article 82 Jonction et disjonction d’instances ...................................... 85
Article 83 Instruments de contrainte..................................................... 85
Article 84 Déclarations liminaires ........................................................ 85 SEPTIÈME L’APPEL 107
Article 84 bis Déclaration de l’accusé........................................................ 86
Article 85 Présentation des moyens de preuve ..................................... 86 Article 107 Disposition générale .......................................................... ..107
Article 86 Réquisitoire et plaidoiries .................................................... 87 Article 108 Acte d’appel....................................................................... ..107
Article 87 Délibéré................................................................................ 87 Article 108 bis Requête d’un Etat aux fins d’examen................................ ..107

vi vii
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 109 Dossier d’appel ....................................................................108 CHAPITRE PREMIER
Article 110 Copie du dossier d’appel ................................................... ..108 DISPOSITIONS GÉNÉRALES
Article 111 Mémoire de l’appelant....................................................... ..108
Article 112 Mémoire de l’intimé .......................................................... ..108
Article 113 Mémoire en réplique............................................................ 109
Article 114 Date d’audience ................................................................... 109 Article 1
Article 115 Moyens de preuve supplémentaires..................................... 109
Entrée en vigueur
Article 116 [Supprimé] ........................................................................... 110
(Adopté le 11 fév 1994)
Article 116 bis Procédure d’appel simplifiée ............................................... 110
Article 117 Arrêt..................................................................................... 110
Article 118 Statut de l’accusé après l’arrêt d’appel................................ 111 Le présent Règlement de procédure et de preuve, adopté conformément aux
dispositions de l'article 15 du Statut du Tribunal, entre en vigueur le 14 mars 1994.
HUITIÈME RÉVISION 112

Article 119 Demande en révision ........................................................... 112 Article 2


Article 120 Examen préliminaire............................................................ 112 Définitions
Article 121 Appel.................................................................................... 112 (Adopté le 11 fév 1994)
Article 122 Renvoi de l’affaire devant la Chambre de première instance..........113
A) Sauf incompatibilité tenant au contexte, les expressions suivantes signifient:
NEUVIÈME GRÂCE ET COMMUTATION 114
DE PEINE
Règlement: le Règlement de Procédure et de Preuve en vigueur; (Amendé le 25 juil 1997)
Article 123 Notification par les Etats ..................................................... 114
Article 124 Appréciation du Président ................................................... 114 Statut: le Statut du Tribunal adopté par le Conseil de sécurité dans sa
Article 125 Critères généraux d’octroi ................................................... 114
résolution 827 du 25 mai 1993;

54
DIXIÈME DÉLAIS 115
Tribunal: le Tribunal international chargé de poursuivre les personnes
présumées responsables de violations graves du droit international
Article 126 Dispositions générales ......................................................... 115
humanitaire commises sur le territoire de l'ex-Yougoslavie depuis
Article 126 bis Délais pour le dépôt des réponses aux requêtes .................. 115
Article 127 Modification des délais........................................................ 115 1991, créé par le Conseil de sécurité dans sa résolution 827 du 25 mai
1993;

***

viii 1
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Accusé: toute personne physique faisant l'objet, dans un acte Président: le Président du Tribunal;
d'accusation, d’un ou plusieurs chefs d’accusation confirmés
conformément à l'article 47 du Règlement; (Amendé le 25 juil 1997) Procureur: le Procureur nommé conformément à l'article 16 du Statut;

Arrestation: l'acte par lequel on place un suspect ou un accusé en garde à Règlements toute réglementation adoptée par le Procureur en application
vue en exécution d’un mandat d’arrêt ou en application de internes: du paragraphe A) de l'article 37 dans le but d'organiser les
l’article 40 du Règlement; (Amendé le 25 juil 1997) activités du Bureau du Procureur; (Revisé le 30 janv 1995)

Bureau: organe constitué du Président, du Vice-Président et des Suspect: toute personne physique au sujet de laquelle le Procureur
Présidents des Chambres de première instance; (Revisé le 30 janv possède des informations fiables qui tendent à montrer qu'elle
1995) aurait commis une infraction relevant de la compétence du
Tribunal; (Revisé le 30 janv 1995)
Défense: l’accusé, et/ou le Conseil de l’accusé; (Amendé le 17 nov 1999)
Victime: toute personne physique à l'égard de laquelle aurait été
Enquête: tous les actes accomplis par le Procureur conformément au commise une infraction relevant de la compétence du
Statut et au Règlement afin de rassembler des informations et Tribunal.
des éléments de preuve avant ou après confirmation d’un acte
d’accusation; (Amendé le 25 juil 1997) B) Sous réserve des particularités propres à chacune des langues officielles du
Tribunal, aux fins du présent Règlement, l'emploi du masculin et du singulier
Etat: i) Un Etat membre ou non des Nations Unies; comprend le féminin et le pluriel et inversement. (Amendé le 25 juil 1997, amendé le 12 nov 1997)

ii) une entité reconnue par la constitution de Bosnie-

55
Herzégovine, en l’occurrence la Fédération de Bosnie-
Article 3
Herzégovine et la Republika Srpska; ou
Emploi des langues
(Adopté le 11 fév 1994)
iii) une entité autoproclamée exerçant de facto des
fonctions gouvernementales, qu’elle soit ou non A) Les langues de travail du Tribunal sont le français et l'anglais.
reconnue en tant qu’Etat;
(Revisé le 30 janv 1995, amendé le 12 déc 2002) B) L'accusé a le droit de parler sa propre langue.

Juge ad litem: un juge nommé en application de l'article 13 ter du Statut; C) Toute autre personne, à l'exception du conseil de l'accusé, comparaissant devant le
(Amendé le 12 avr 2001)
Tribunal peut employer sa propre langue si elle n'a pas une connaissance suffisante
de l'une ou l'autre des deux langues de travail. (Revisé le 30 janv 1995, amendé le 10 juil 1998)
Juge permanent: un juge élu ou nommé en application de l'article 13 bis du
Statut; (Amendé le 12 avr 2001)
D) Le conseil de l'accusé peut demander au Président d'une Chambre l'autorisation
d'employer une langue autre que les deux langues de travail ou celle de l'accusé. Si
Opération: un certain nombre d'actions ou d'omissions survenant à
une telle autorisation est accordée, les frais d'interprétation et de traduction sont pris
l'occasion d'un seul événement ou de plusieurs, en un seul
en charge par le Tribunal dans les limites éventuellement fixées par le Président
endroit ou en plusieurs, et faisant partie d'un plan, d'une
compte tenu des droits de la défense et de l'intérêt de la justice.
stratégie ou d'un dessein commun;

E) Le Greffier prend les dispositions voulues pour assurer la traduction des pièces et
Parties: le Procureur et la Défense; (Amendé le 17 nov 1999)
l'interprétation des débats dans les langues de travail.

2 3
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 6
F) Si: Modification du Règlement
(Adopté le 11 fév 1994)

i) une partie doit donner suite dans un délai spécifique après le dépôt ou la
signification d’une pièce ou document par une autre partie, A) Tout article du Règlement peut être modifié à la demande d’un juge, du Procureur ou
du Greffier. Une réunion plénière est convoquée à cet effet. Chaque juge reçoit
ii) et que, conformément au Règlement, ladite pièce ou document a été déposée communication de la proposition de modification. Celle-ci est adoptée par un vote de
dans une langue autre que l’une des langues de travail du Tribunal, dix juges permanents au moins. (Amendé le 4 déc 1998, amendé le 12 avr 2001)

le délai ne commencera à courir qu’à partir du moment où la partie devant donner B) S’il n’est pas procédé comme prévu au paragraphe A) ci-dessus, les modifications du
suite a reçu du Greffier une traduction de ladite pièce ou document dans une des Règlement ne peuvent être adoptées qu’à l’unanimité des juges permanents. (Amendé le
12 avr 2001)
langues de travail du Tribunal.
(Amendé le 25 juil 1997) C) Par ailleurs, le Règlement peut être modifié conformément à la Directive pratique
publiée par le Président. (Amendé le 4 déc 1998)

Article 4 D) Les modifications entrent en vigueur sept jours après leur publication sous forme de
Réunions hors le siège du Tribunal document officiel du Tribunal contenant les modifications, sans préjudice des droits
(Adopté le 11 fév 1994)
de l’accusé, d’une personne déclarée coupable ou d’une personne acquittée dans les
Une Chambre peut, avec l'autorisation du Président, exercer ses fonctions hors le affaires en instance. (Amendé le 4 déc 1998, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)
siège du Tribunal si l'intérêt de la justice le commande.

Article 7

56
Article 5 Textes authentiques
(Adopté le 11 fév 1994)
Effet d'une violation du Règlement
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, amendé le 25 juil 1997, amendé le 12 nov 1997)
Les textes en français et en anglais du Règlement font également foi. En cas de
A) Lorsqu’une partie soulève une exception pour violation du Règlement ou des divergence, le texte qui reflète le plus fidèlement l'esprit du Statut et du Règlement prévaut.
règlements internes dès qu’il lui est possible de le faire, la Chambre de première
instance accorde réparation si elle considère que la violation alléguée est établie et
s’il est résulté pour ladite partie un préjudice substantiel du fait de cette violation.
(Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

B) Lorsqu’une exception de ce type n'a pas été soulevée aussitôt qu’il était possible, la
Chambre de première instance peut décider d’accorder réparation si elle considère
que la violation alléguée est établie et s’il en est résulté pour la partie qui a soulevé
l'exception un préjudice substantiel.

C) La réparation accordée par une Chambre de première instance conformément au


présent article est une mesure que cette dernière juge de nature à assurer le respect
des principes fondamentaux d’équité.

4 5
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
CHAPITRE DEUXIÈME
PRIMAUTÉ DU TRIBUNAL iii) l'objet de la procédure porte sur des faits ou des points de droit qui ont une
incidence sur des enquêtes ou des poursuites en cours devant le Tribunal,

Article 7 bis le Procureur peut proposer à la Chambre de première instance désignée à cet effet par le
Manquement à des obligations Président de demander officiellement le dessaisissement de cette juridiction en faveur du
(Adopté le 25 juil 1997) Tribunal. (Revisé le 30 janv 1995, amendé le 25 juil 1997)

A) Outre les cas visés aux articles 11, 13, 59 et 61, lorsqu’une Chambre de première
instance ou un juge permanent est convaincu qu’un Etat a manqué à l’une des Article 10
obligations au titre de l’article 29 du Statut en rapport avec une affaire dont ils sont Demande officielle de dessaisissement
saisis, la Chambre ou le Juge peut demander au Président d’informer le Conseil de (Adopté le 11 fév 1994)

Sécurité de ce manquement. (Amendé le 12 avr 2001)


A) S'il apparaît à la Chambre de première instance saisie d'une telle requête de la part du
B) Si le Procureur convainc le Président qu’un Etat ne s’est pas acquitté de l’une de ses Procureur, qu'elle est fondée conformément à l'article 9 ci-dessus, la Chambre de
obligations au titre de l’article 29 du Statut en réponse à une demande formulée par première instance peut demander officiellement à l'Etat dont relève la juridiction que
le Procureur au titre des articles 8, 39 ou 40 du Règlement, le Président en informe le celle-ci se dessaisisse en faveur du Tribunal. (Revisé le 30 janv 1995)
Conseil de Sécurité.
B) La demande de dessaisissement porte également sur la transmission des éléments
d'enquêtes, des copies du dossier d'audience et, le cas échéant, d'une expédition du
Article 8 jugement.
Demande d'informations

57
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995) C) Lorsque le dessaisissement a été demandé par une Chambre de première instance, le
procès ultérieur est porté devant une autre Chambre de première instance. (Amendé le 3
Lorsqu'il apparaît au Procureur qu'une infraction relevant de la compétence du mai 1995, amendé le 17 nov 1999)

Tribunal fait ou a fait l'objet d'enquêtes ou de poursuites pénales devant une juridiction
interne, il peut demander à l'Etat dont relève cette juridiction de lui transmettre toutes les
informations pertinentes. L'Etat transmet sans délai au Procureur ces informations, en Article 11
application de l'article 29 du Statut. Non-respect d'une demande officielle de dessaisissement
(Adopté le 11 fév 1994)

Si, dans un délai de soixante jours à compter de la date à laquelle le Greffier a notifié
Article 9
la demande de dessaisissement à l'Etat dont relève l'institution judiciaire ayant connu de
Requête du Procureur aux fins de dessaisissement
(Adopté le 11 fév 1994)
l'affaire dont il s'agit, l'Etat ne fournit pas à la Chambre de première instance l'assurance
qu'il a pris ou entend prendre les mesures voulues pour se conformer à cette demande, la
S'il apparaît au Procureur, au vu des enquêtes ou poursuites pénales engagées devant Chambre peut prier le Président de soumettre la question au Conseil de sécurité.
une juridiction interne comme cela est prévu à l'article 8 ci-dessus, que:

i) l'infraction a reçu une qualification de droit commun; ou

ii) la procédure engagée ne serait ni impartiale ni indépendante, viserait à


soustraire l'accusé à sa responsabilité pénale internationale ou n'aurait pas été
exercée avec diligence; ou
6 7
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 11 bis iii) le Procureur doit communiquer aux autorités de l’Etat concerné toutes les
Renvoi de l’acte d’accusation devant une autre juridiction informations relatives à l’affaire et qu’il juge appropriées, notamment les
(Adopté le 12 nov 1997, amendé le 10 juil 1998, amendé le 30 sep 2002) pièces jointes à l’acte d’accusation;
(Amendé le 30 sep 2002)
A) Après la confirmation d’un acte d’accusation et avant le début du procès, que
l’accusé soit placé ou non sous la garde du Tribunal, le Président peut désigner un iv) le Procureur peut envoyer des observateurs qui suivront en son nom l’action
collège de trois juges permanents parmi les juges des Chambres de première instance devant les juridictions internes.
(la « Formation de renvoi ») qui détermine uniquement et exclusivement s’il y a lieu
de renvoyer l’affaire aux autorités de l’État: E) La Formation de renvoi peut décerner à l’encontre de l’accusé un mandat d’arrêt
spécifiant l’État vers lequel il sera transféré pour être jugé. (Amendé le 30 sep 2002, amendé le 11
i) sur le territoire duquel le crime a été commis, fév 2005)

ii) dans lequel l’accusé a été arrêté, ou F) À tout moment après qu’une ordonnance a été rendue en application du présent
(Amendé le 10 juin 2004) article et avant que l’accusé soit déclaré coupable ou acquitté par une juridiction
interne, la Formation de renvoi peut, à la demande du Procureur et après avoir donné
iii) ayant compétence et étant disposé et tout à fait prêt à accepter une telle aux autorités de l’Etat concernées la possibilité d’être entendues, annuler
affaire, l’ordonnance et demander officiellement le dessaisissement aux termes de
(Amendé le 10 juin 2004) l’article 10. (Amendé le 30 sep 2002, amendé le 11 fév 2005)

afin qu’elles saisissent sans délai la juridiction appropriée pour en juger. (Amendé le 10 juil G) Si une ordonnance rendue en vertu du présent article est annulée par la Formation de
1998, amendé le 30 sep 2002, amendé le 11 fév 2005)
renvoi, celle-ci peut demander officiellement à l’Etat concerné de transférer l’accusé
B) La Formation de renvoi peut ordonner ce renvoi d’office ou sur demande du au siège du Tribunal et l’Etat accède à cette demande sans retard, conformément à
l’article 29 du Statut. La Formation de renvoi ou un juge peut également émettre un

58
Procureur, après avoir donné la possibilité au Procureur, et le cas échéant à l’accusé,
d’être entendu, et après s’être assurée que l’accusé bénéficiera d’un procès équitable mandat d’arrêt contre l’accusé. (Amendé le 11 fév 2005)
et qu’il ne sera pas condamné à la peine capitale ni exécuté. (Amendé le 30 sep 2002, amendé le
10 juin 2004, amendé le 11 fév 2005) H) Une Formation de renvoi a les mêmes compétences et suit, dans la mesure où elles
sont applicables, les mêmes procédures que celles qui sont prévues par le Règlement
C) Lorsqu’elle examine s’il convient de renvoyer l’affaire selon les termes du pour les Chambres de première instance. (Amendé le 11 fév 2005)
paragraphe A), la Formation de renvoi tient compte en conformité avec la résolution
1534 (2004) du Conseil de sécurité1 de la gravité des crimes reprochés et de la I) L’accusé ou le Procureur peut en droit interjeter appel de la décision de renvoyer ou
position hiérarchique de l’accusé. (Amendé le 30 sep 2002, amendé le 28 juil 2004, amendé le 11 fév 2005) non une affaire, rendue par la Formation de renvoi. L’acte d’appel doit être déposé
dans les quinze jours de la décision à moins que l’accusé n’ait pas été présent ou
D) Si une ordonnance est rendue en application du présent article: représenté lors du prononcé de la décision, auquel cas le délai de dépôt court à
compter de la notification de ladite décision à l’accusé. (Amendé le 11 fév 2005)
i) l’accusé, s’il a été placé sous la garde du Tribunal, est remis aux autorités de
l’Etat concerné;

ii) la Formation de renvoi peut ordonner que des mesures de protection prises à
l’égard de certains témoins ou victimes demeurent en vigueur;
(Amendé le 30 sep 2002, amendé le 11 fév 2005)

1
Document de l’ONU S/RES/1534 (2004)
8 9
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 12 CHAPITRE TROISIÈME
Décisions des juridictions internes ORGANISATION DU TRIBUNAL
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995)

Sous réserve du paragraphe 2 de l'article 10 du Statut, les décisions des juridictions


Section 1: Les juges
internes ne lient pas le Tribunal.

Article 14
Article 13
Déclaration solennelle
Non bis in idem (Adopté le 11 fév 1994)
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995)

A) Avant de prendre ses fonctions, chaque juge fait la déclaration solennelle suivante:
Si le Président est valablement informé de poursuites pénales engagées contre une
personne devant une juridiction interne pour une infraction pour laquelle l'intéressé a déjà
"Je déclare solennellement que je remplirai mes devoirs et exercerai mes attributions
été jugé par le Tribunal, une Chambre de première instance rend conformément à la
de juge du Tribunal international chargé de poursuivre les personnes présumées
procédure visée à l'article 10, mutatis mutandis, une ordonnance motivée, invitant cette
responsables de violations graves du droit international humanitaire commises sur le
juridiction à mettre fin définitivement aux poursuites. Si cette juridiction s'y refuse, le
territoire de l'ex-Yougoslavie depuis 1991 en tout honneur et dévouement, en pleine
Président peut soumettre la question au Conseil de sécurité.
et parfaite impartialité et en toute conscience."

B) Le texte de cette déclaration, signé par le juge en présence du Secrétaire général de


l'Organisation des Nations Unies ou de son représentant, est versé aux archives du
Tribunal.

59
C) Un juge dont le mandat a été immédiatement renouvelé ne fait pas de nouvelle
déclaration. (Amendé le 12 nov 1997)

Article 15
Récusation et empêchement de juges
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 15 juin 1995, amendé le 25 juin 1996, amendé le 5 juil 1996,
amendé le 25 juil 1997, amendé le 17 nov 1999)

A) Un juge ne peut connaître en première instance ou en appel d’une affaire dans


laquelle il a un intérêt personnel ou avec laquelle il a ou il a eu un lien quelconque de
nature à porter atteinte à son impartialité. En ce cas, il doit se récuser dans cette
affaire et le Président désigne un autre juge pour siéger à sa place.

B) i) Toute partie peut solliciter du Président de la Chambre qu’un juge de cette


Chambre soit dessaisi d’une affaire en première instance ou en appel pour les
raisons ci-dessus énoncées. Après en avoir conféré avec le juge en question,
le Président de la Chambre rend compte de la situation au Président du
Tribunal.

10 11
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
ii) Après que le Président de la Chambre lui a rendu compte de la situation, le Article 15 bis
Président du Tribunal constitue, si nécessaire, un collège de trois juges Absence d’un juge
appartenant à d’autres chambres qui lui fait part de la décision qu’il a prise (Adopté le 17 nov 1999)

quant au bien-fondé de la demande. Si le collège reconnaît le bien-fondé de la


demande, le Président du Tribunal désigne un autre juge pour remplacer le A) Lorsque
juge en question.
i) pour cause de maladie ou d’autres raisons personnelles urgentes, ou
iii) La décision du collège de trois juges ne pourra pas faire l’objet d’un appel d’activités se rapportant au Tribunal et ayant été autorisées, un juge ne peut
continuer à siéger dans une affaire en cours pendant une période qui semble
interlocutoire.
devoir être de courte durée et
(Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)
iv) Si le juge en question est le Président du Tribunal, c’est le Vice-Président qui
exercera les fonctions de ce dernier conformément aux dispositions du ii) les autres juges de la Chambre sont convaincus que l’intérêt de la justice le
présent paragraphe, ou, s’il en est empêché, le Juge permanent qui prend rang commande,
immédiatement après lui et n’est pas lui-même empêché.
ces derniers peuvent continuer à entendre l’affaire en l’absence du premier juge
durant une période n’excédant pas cinq jours ouvrables. (Amendé le 12 déc 2002)
(Revisé le 30 janv 1995, amendé le 21 juil 2005)

C) Le juge d’une Chambre de première instance qui examine un acte d’accusation B) Lorsque
conformément à l’article 19 du Statut et aux articles 47 ou 61 du Règlement peut
siéger à la Chambre appelée à juger ultérieurement l’accusé. Il peut également siéger i) pour cause de maladie ou d’autres raisons personnelles urgentes, ou
à la Chambre d’appel pour entendre un appel dans cette affaire. (Amendé le 6 oct 1995, amendé d’activités se rapportant au Tribunal et ayant été autorisées, un juge ne peut
le 2 juil 1999, amendé le 17 nov 1999, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000, amendé le 12 déc 2002, amendé le 21 juil continuer à siéger dans une affaire en cours pendant une période qui semble

60
2005)
devoir être de courte durée et
(Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)
D) i) Aucun juge ne peut connaître en appel d’une affaire dont il a eu à connaître
en première instance. (Amendé le 10 juil 1998, amendé le 4 déc 1998, amendé le 1 déc 2000, amendé le ii) les autres juges de la Chambre ne sont pas convaincus que l’intérêt de la
13 déc 2000, amendé le 12 déc 2002, amendé le 21 juil 2005)
justice commande de continuer à entendre l’affaire en l’absence de celui-ci,

ii) Aucun juge ne peut connaître d’une requête d’un Etat aux fins d’examen au
a) les juges présents peuvent toutefois traiter les questions dont ils sont
titre de l’article 108 bis portant sur une question dont il a eu à connaître en
convaincus que l’intérêt de la justice commande de les trancher même
qualité de membre de la Chambre de première instance qui a rendu la
en l’absence de ce juge et
décision devant être examinée. (Amendé le 10 juil 1998)
b) les autres juges de la Chambre peuvent ajourner la procédure.
(Amendé le 29 mar 2006)

C) Si un juge ne peut, pour toute raison, continuer à siéger dans une affaire en cours
pendant une période qui semble devoir se prolonger, les autres juges de la Chambre
en informent le Président qui peut désigner un autre juge et ordonner soit que
l’affaire soit réentendue soit que la procédure reprenne au point où elle s’est arrêtée.
Toutefois, après l’audition des déclarations liminaires visées à l’article 84 ou le début
de la présentation des éléments de preuve en application de l’article 85, la
continuation de la procédure ne peut être ordonnée qu’avec le consentement de tous
les accusés, sous réserve des dispositions des paragraphes D) et G). (Amendé le 12 déc 2002,
amendé le 29 mar 2006)
12 13
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
D) Si, lorsqu’il se trouve dans les conditions énoncées à la dernière phrase du Article 15 ter
paragraphe C), un accusé refuse de donner son consentement, les juges restants Juges de réserve
peuvent quand même décider de l’opportunité de continuer à entendre l’affaire (Adopté le 29 mar 2006, amendé le 8 déc. 2010)

devant une Chambre de première instance avec un juge suppléant pour autant que, au
regard de toutes les circonstances, ils estiment à l’unanimité que leur décision sert A) Lorsque l’intérêt de la justice le commande, le Président peut désigner un juge de
mieux l’intérêt de la justice. Les deux parties peuvent interjeter appel de cette réserve pour siéger avec la Chambre de première instance pour un procès.
décision, directement devant la Chambre d’appel entièrement constituée. Si la
décision de continuer à entendre l’affaire avec un juge suppléant ne fait l’objet B) Le juge de réserve doit assister à toutes les phases du procès pour lequel il a été
d’aucun recours, ou si la Chambre d’appel confirme cette décision, le Président désigné.
désigne un autre juge pour siéger au sein du collège existant, pour autant que ce juge
ait d’abord apporté la preuve qu’il s’est familiarisé avec le dossier de l’affaire C) Le juge de réserve peut poser toute question nécessaire à sa compréhension de
concernée. Il ne peut être procédé qu’à un seul remplacement de juge en vertu du l’affaire.
présent paragraphe. (Amendé le 12 déc 2002, amendé le 29 mar 2006)
D) Au cours du procès, le juge de réserve doit assister à toutes les délibérations, mais ne
E) Les paragraphes (C) et (D) doivent être interprétés à la lumière du paragraphe 6 de peut cependant prendre part au vote.
l’Article 12 du Statut. (Amendé le 29 mar 2006)

F) Les appels prévus au paragraphe D) doivent être interjetés dans les sept jours du Article 16
dépôt de la décision contestée. Lorsque pareille décision est rendue oralement, ce Démission
(Adopté le 11 fév 1994)
délai commence à courir à partir de la date du prononcé de cette décision, sauf dans
les cas où La démission d'un juge est adressée par écrit au Président pour être transmise au
Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies.

61
i) la partie qui conteste la décision n’était pas présente ou pas représentée
lorsque cette décision a été prononcée, circonstance dans laquelle le délai
commence à courir à partir de la date où la partie concernée a reçu Article 17
notification de la décision orale, ou
Préséance
(Adopté le 11 fév 1994)
ii) la Chambre de première instance a précisé qu’une décision écrite suivrait,
circonstance dans laquelle le délai commence à courir à partir du dépôt de la A) Tous les juges sont égaux dans l'exercice de leurs fonctions judiciaires, quels que
décision écrite. soient la date de leur élection ou de leur nomination, leur âge ou la durée des
(Amendé le 12 déc 2002) fonctions déjà exercées.

G) Lorsque, dans un procès pour lequel un juge de réserve a été désigné en vertu de B) Après le Président et le Vice-Président, les Présidents des Chambres de première
l’Article 15 ter, un juge ne peut continuer à siéger et n’a pas été remplacé par un instance prennent rang entre eux selon l'ancienneté d'âge.
juge suppléant selon la procédure des paragraphes (C) ou (D), le procès doit se C) Les juges permanents élus ou nommés à des dates différentes prennent rang selon la
poursuivre avec le juge de réserve, remplaçant le juge qui ne peut continuer à siéger. date de leur élection ou de leur nomination; les juges élus ou nommés à la même date
(Amendé le 29 mar 2006) prennent rang entre eux selon l'ancienneté d'âge. (Amendé 12 avr 2001)
H) En cas de maladie, de poste vacant non pourvu ou de toute autre circonstance
similaire, le Président peut, s’il est convaincu que l’intérêt de la justice le commande, D) En cas de réélection, il est tenu compte de la durée totale des fonctions déjà exercées
autoriser une Chambre à traiter les affaires courantes, telles que le prononcé de par le juge intéressé.
décisions, en l’absence d’un ou de plusieurs de ses membres. (Amendé le 12 déc 2002)

14 15
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
E) Les juges permanents ont la préséance sur les juges ad litem; ces derniers prennent Section 2: Présidence du Tribunal
rang entre eux selon la date de leur nomination. Les juges ad litem nommés à la
même date prennent rang entre eux selon l'âge. (Amendé 12 avr 2001)
Article 18
Election du Président
(Adopté le 11 fév 1994)

A) Le Président est élu pour une période de deux ans, dès lors que cette période ne
dépasse pas sa durée de fonctions en tant que juge. Le Président est rééligible une
fois.

B) Si le Président cesse d'être membre du Tribunal ou démissionne avant l'expiration


normale de son mandat, les juges permanents du Tribunal élisent parmi eux son
successeur pour le reste de son mandat. (Amendé 12 avr 2001)

C) Le Président est élu à la majorité des juges permanents du Tribunal. Si aucun juge
ne recueille la majorité, il est procédé à un nouveau tour de scrutin entre les deux
juges qui ont obtenu le plus de voix. En cas de partage des voix au second tour, est
élu le juge qui a préséance conformément à l'article 17 ci-dessus. (Amendé 12 avr 2001)

Article 19

62
Fonctions du Président
(Adopté le 11 fév 1994)

A) Le Président préside toutes les réunions plénières du Tribunal, coordonne les travaux
des Chambres, contrôle les activités du Greffe et s'acquitte de toutes les autres
fonctions qui lui sont confiées par le Statut et par le Règlement.

B) Le Président peut, à l’occasion et en consultation avec le Bureau, le Greffier et le


Procureur, émettre des Directives pratiques, compatibles avec le Statut et le
Règlement et traitant d’aspects particuliers de la conduite des affaires dont le
Tribunal est saisi. (Amendé le 25 juil 1997)

16 17
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 20 Section 3: Fonctionnement interne du Tribunal
Le Vice-Président
(Adopté le 11 fév 1994)

Article 23
A) Le Vice-Président est élu pour une période de deux ans, dès lors que cette période ne
Le Bureau
dépasse pas sa durée de fonctions en tant que juge permanent. Le Vice-Président est (Adopté le 11 fév 1994)
rééligible une fois. (Amendé le 12 avr 2001)
A) Le Bureau est constitué du Président, du Vice-Président et des Présidents des
B) Le Vice-Président peut être membre d'une Chambre de première instance ou de la Chambres de première instance.
Chambre d'appel.
B) Le Président consulte les autres membres du Bureau au sujet de toutes les questions
C) Les dispositions prévues aux paragraphes B) et C) de l'article 18 s'appliquent, importantes liées au fonctionnement du Tribunal.
mutatis mutandis, au Vice-Président.
C) Le Président peut consulter les juges ad litem sur les questions qui doivent être
examinées par le Bureau et peut inviter un représentant des juges ad litem à assister
Article 21 aux réunions du Bureau. (Amendé le 12 avr 2001)
Fonctions du Vice-Président
(Adopté le 11 fév 1994) D) Tout juge peut appeler l'attention d'un membre du Bureau sur les questions qui
méritent à son avis d'être examinées par le Bureau ou d'être soumises à une réunion
Sous réserve du paragraphe B) de l'article 22 ci-après, le Vice-Président exerce les plénière du Tribunal.
fonctions du Président si celui-ci est absent ou empêché.
E) Si un membre du Bureau ne peut exercer ses fonctions au sein du Bureau, celles-ci

63
sont assumées par le doyen des juges disponibles, désigné aux termes de l’article 17.
Article 22 (Modifié le 25 fév 1999)
Remplacement du Président et du Vice-Président
(Adopté le 11 fév 1994)

Article 23 bis
A) Si le Président et le Vice-Président sont l'un et l'autre empêchés d'exercer la
Le Conseil de coordination
Présidence, ou ne sont pas réélus, celle-ci est assurée par le juge permanent doyen (Adopté le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)
conformément à l'article 17 C) ci-dessus. (Amendé le 12 avr 2001, amendé le 12 juil 2001)
A) Le Conseil de coordination est constitué du Président, du Procureur et du Greffier.
B) Si le Président est empêché d'assurer la présidence de la Chambre d'appel, celle-ci
élit son président parmi ses membres. B) En vue de réaliser la mission du Tribunal, telle que définie dans le Statut, le Conseil
de coordination assure, dans le respect des responsabilités et de l’indépendance de
C) Après l’expiration de leur mandat, le Président et le Vice-Président, s’ils sont chacun de ses membres, la coordination des activités des trois organes du Tribunal.
toujours juges permanents, continuent d’exercer leurs fonctions jusqu’à l’élection de
leurs successeurs. (Amendé le 12 juil 2001) C) Le Conseil de coordination se réunit une fois par mois sur convocation du
Président. Des réunions additionnelles peuvent être convoquées à tout moment à la
demande de l’un des membres. Le Président dirige les réunions.

D) Le Vice-Président, le Procureur adjoint et le Greffier adjoint peuvent d’office,


représenter respectivement, le Président, le Procureur et le Greffier.

18 19
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Article 23 ter Article 26
[Supprimé] Quorum et vote
(Adopté le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000, supprimé le 8 déc. 2010) (Adopté le 11 fév 1994)

A) Un quorum de dix juges permanents est requis pour chaque réunion plénière du
Tribunal. (Amendé le 4 déc 1998, amendé 12 avr 2001)
Article 24
Réunions plénières du Tribunal B) Sous réserve des dispositions des paragraphes A) et B) de l’article 6 ci-dessus et du
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 12 avr 2001) paragraphe C) de l’article 18 ci-dessus, les décisions adoptées par le Tribunal en
plénière sont prises à la majorité des juges présents. En cas de partage des voix, celle
Sous réserve des restrictions relatives au droit de vote des juges ad litem énoncées à du Président ou du juge faisant fonction est prépondérante.
l'article 13 quater du Statut, les juges se réunissent en plénière pour:

i) l'élection du Président et du Vice-Président;

ii) l'adoption et la modification du Règlement;

iii) l'adoption du Rapport annuel prévu à l'article 34 du Statut;

iv) l'adoption de décisions sur les questions liées au fonctionnement interne des
Chambres et du Tribunal;

64
v) la détermination ou le contrôle des conditions de détention;

vi) l'accomplissement de toute autre tâche prévue dans le Statut ou le Règlement.

Article 25
Sessions plénières
(Adopté le 11 fév 1994)

A) En principe, le Tribunal arrête au mois de juillet les dates et la durée de ses réunions
plénières ordinaires pour l’année civile suivante.

B) Si au moins neuf juges permanents le demandent, le Président doit convoquer


d’autres réunions plénières; il peut aussi en convoquer dans tous les cas où l’exigent
les fonctions que lui confèrent le Statut ou le Règlement. (Amendé le 4 déc 1998, amendé 12 avr
2001)

20 21
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Section 4: Les Chambres
C) Toutes les demandes présentées dans une affaire qui n’est pas assignée à une
Chambre, à l’exception de l’examen des actes d’accusation, sont transmises au juge
Article 27 de permanence. Lorsque les accusés concernés font l’objet d’un acte d’accusation
Roulement des juges conjoint, les écritures concernant uniquement l’un d’entre eux, qui n’est pas placé
(Adopté le 11 fév 1994) sous la garde du Tribunal, à l’exception des demandes de modification ou de retrait
partiel de l’acte d’accusation déposées en application des articles 50 et 51, sont
A) L'affectation des juges permanents aux Chambres de première instance et à la transmises au juge de permanence, nonobstant le fait que l’affaire a déjà été assignée
Chambre d'appel se fait par roulement périodique, compte tenu de la nécessité à une Chambre pour certains des coaccusés de la personne concernée ou l’ensemble
d'assurer la bonne expédition des affaires. (Amendé 12 avr 2001) de ceux-ci. Le juge de permanence traite les demandes déposées dans le cadre du
présent article en application de l’article 54. (Amendé le 12 nov 1997, amendé le 17 nov 1999, amendé le
B) Les juges prennent leurs fonctions à la Chambre à laquelle ils sont affectés dès que le 13 déc 2001)
Président le juge opportun, compte tenu de la nécessité d'expédier des affaires en
instance. D) Lorsqu’une affaire a déjà été confiée à une Chambre de première instance:

C) Le Président peut à tout moment affecter temporairement un membre d'une Chambre i) si la demande est déposée en dehors des heures officielles d’ouverture du
de première instance ou de la Chambre d'appel à une autre Chambre. Greffe, elle est traitée par le juge de permanence s’il est convaincu de son
caractère urgent;
(Amendé le 13 déc 2001)

Article 28
ii) si la demande est déposée pendant les heures officielles d’ouverture du
Juges de permanence et juges chargés de l’examen des actes d’accusation
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, amendé le 23 avr 1996, amendé le 12 nov 1997, amendé le 17 nov 1999) Greffe et si la Chambre n’est pas disponible, elle est traitée par le juge de
permanence s’il est convaincu de son caractère urgent ou s’il est convaincu

65
A) Lorsque le Greffier reçoit du Procureur un acte d’accusation pour examen, il consulte qu’il convient de procéder ainsi en l’absence de la Chambre.
le Président. Le Président renvoie la question au Bureau, qui se charge de (Amendé le 13 déc 2001)

déterminer si, à première vue, l'acte d'accusation vise bien un ou plusieurs des hauts
dirigeants soupçonnés de porter la responsabilité la plus lourde des crimes relevant Dans ce cas, le Greffe transmet à la Chambre saisie de l’affaire copie de toute
de la compétence du Tribunal. Si le Bureau estime que tel est bien le cas, le Président ordonnance ou décision afférente prise par le juge de permanence. (Amendé le 17 nov 1999,
amendé le 13 déc 2001, amendé le 12 déc 2002)
charge l'un des juges permanents de la Chambre de première instance d'examiner
l'acte d'accusation, en application de l'article 47 du Règlement. Dans le cas contraire,
E) Durant les périodes de vacations judiciaires, le juge de permanence peut, quelle que
le Président renvoie l'acte d'accusation au Greffier, qui en avise le Procureur. (Amendé le
17 nov 1999, amendé le 12 avr 2001, amendé le 6 avr 2004)
soit la chambre à laquelle il est affecté, non seulement traiter les demandes déposées
en vertu du paragraphe D) ci-dessus, mais aussi:
B) Le Président, en consultation avec les Juges, tient un tableau sur lequel figure le juge
désigné en tant que juge de permanence pour une période donnée de sept jours. Le i) prendre des décisions en matière de détention provisoire dans les conditions
juge de permanence est disponible à tout moment, y compris en dehors des heures fixées par l'article 40 bis;
officielles d’ouverture du Greffe pour traiter les demandes visées aux paragraphes C)
et D) mais peut refuser de traiter toute demande en dehors des heures officielles ii) tenir l'audience de comparution initiale d'un accusé dans les conditions fixées
d’ouverture du Greffe s’il n’est pas convaincu de son urgence. Le tableau des juges par l'article 62.
de permanence est publié par le Greffier. (Amendé le 23 avr 1996, amendé le 12 nov 1997, amendé le 17
nov 1999, amendé le 12 avr 2001, amendé le 13 déc 2001, amendé le 11 mar 2005) Le Greffe transmet à la Chambre saisie de l’affaire une copie de toute ordonnance ou
décision y afférente prise par le juge de permanence. (Amendé le 14 juil 2000, amendé le 1 déc 2000,
amendé le 13 déc 2000, amendé le 13 déc 2001)

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IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
F) Les dispositions du présent article s’appliquent mutatis mutandis aux demandes Section 5: Le Greffe
déposées auprès de la Chambre d’appel. (Amendé le 13 déc 2001)

Article 30
Article 29 Nomination du Greffier
Délibéré (Adopté le 11 fév 1994, amendé le 12 avr 2001)

(Adopté le 11 fév 1994)


Avant de donner son avis au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies
Les délibérations des Chambres sont et demeurent secrètes. conformément au paragraphe 3 de l'article 17 du Statut, le Président recueille l'opinion des
juges permanents au sujet des candidats à la fonction de Greffier.

Article 31
Nomination du Greffier adjoint et du personnel du Greffe
(Adopté le 11 fév 1994)

Après avoir consulté le Bureau, le Greffier recommande au Secrétaire général de


l'Organisation des Nations Unies la personne à nommer aux fonctions de Greffier adjoint
ainsi que les autres membres du personnel du Greffe.

Article 32
Déclaration solennelle

66
(Adopté le 11 fév 1994)

A) Avant son entrée en fonctions, le Greffier fait devant le Président la déclaration


suivante:

"Je déclare solennellement que je remplirai en toute loyauté, discrétion et conscience


les devoirs qui m'incombent en ma qualité de Greffier du Tribunal international
chargé de poursuivre les personnes présumées responsables de violations graves du
droit international humanitaire commises sur le territoire de l'ex-Yougoslavie depuis
1991 et que j'observerai fidèlement toutes les prescriptions du Statut et du Règlement
du Tribunal."

B) Le Greffier adjoint fait devant le Président une déclaration semblable avant son
entrée en fonctions.

C) Tout membre du personnel du Greffe fait une déclaration semblable devant le


Greffier.

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IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 33 Article 34
Fonctions du Greffier Section d'aide aux victimes et aux témoins
(Adopté le 11 fév 1994) (Adopté le 11 fév 1994)

A) Le Greffier apporte son concours aux Chambres et lors des réunions plénières du A) Il est créé auprès du Greffier une Section d'aide aux victimes et aux témoins,
Tribunal, ainsi qu'aux juges et au Procureur dans l'exercice de leurs fonctions. Sous composée d'un personnel qualifié et chargée de:
l'autorité du Président, il est responsable de l'administration et du service du Tribunal
et est chargé de toute communication émanant du Tribunal ou adressée à celui-ci. i) recommander l'adoption de mesures de protection des victimes et des témoins
conformément à l'article 22 du Statut;
B) Le Greffier peut, dans l’exécution de ses fonctions, informer le Président ou les
Chambres oralement ou par écrit de toute question relative à une affaire particulière ii) fournir conseils et assistance aux victimes et aux témoins, particulièrement en
qui affecte ou risque d’affecter l’exécution de ses fonctions, y compris l’exécution cas de viols et violences sexuelles.
des décisions judiciaires, en informant les parties lorsque cela est nécessaire. (Amendé le (Amendé le 2 juil 1999)
17 nov 1999, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

B) Il est dûment tenu compte, lors de la nomination du personnel de la Section, de la


C) Le Greffier rend régulièrement compte de ses activités devant les juges réunis en nécessité d'y employer des femmes ayant une formation spécialisée.
séance plénière et devant le Procureur. (Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

Article 35
Article 33 bis
Procès-verbaux
Fonctions du Greffier adjoint (Adopté le 11 fév 1994)
(Adopté le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

Hormis les cas de compte-rendu intégral prévu à l'article 81 ci-après, le Greffier ou

67
A) Le Greffier adjoint remplit les fonctions du Greffier en cas d'absence ou d'incapacité les fonctionnaires du Greffe désignés par lui établissent les procès-verbaux des réunions
d’agir de ce dernier ou par délégation du Greffier. plénières du Tribunal et des audiences des Chambres, à l'exception des délibérations à huis
clos.
B) Le Greffier adjoint, en consultation avec le Président, aura pour responsabilités
particulières:
Article 36
i) de diriger et d’administrer la Section d'appui juridique aux Chambres;
Répertoire général
de veiller en particulier, en liaison avec les services administratifs du Greffe, (Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, amendé le 12 nov 1997)
à l'affectation de ressources adéquates aux Chambres, en vue de permettre
l'exécution de leur mission; Le Greffier tient un répertoire général fournissant, sous réserve de toute directive
pratique donnée en application de l'article 19 ou de toute ordonnance délivrée par un juge ou
ii) de prendre toutes les mesures appropriées en vue de l'exécution des décisions une Chambre aux fins de la non-communication d'un document ou d'une information, tous
rendues par les Chambres et les juges, notamment les sentences et les peines; les renseignements intéressant chacune des affaires dont le Tribunal est saisi. Le répertoire
général est ouvert au public.
iii) de formuler des recommandations concernant les missions du Greffe ayant
une incidence sur l’activité judiciaire du Tribunal.

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IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Section 6: Le Procureur CHAPITRE QUATRIÈME
ENQUÊTES ET DROITS DES SUSPECTS

Article 37
Fonctions du Procureur Section 1: Enquêtes
(Adopté le 11 fév 1994)

A) Le Procureur remplit toutes les fonctions prévues par le Statut conformément au


Article 39
Règlement et aux règlements internes qu'il adopte, pour autant que ceux-ci soient
Déroulement des enquêtes
compatibles avec le Statut et le Règlement. Toute incompatibilité présumée des (Adopté le 11 fév 1994)
règlements internes est portée à la connaissance du Bureau, dont l'opinion prévaut.
(Revisé le 30 janv 1995)
Aux fins de ses enquêtes, le Procureur est habilité à:

B) Les pouvoirs et les devoirs du Procureur, tels que définis dans le Règlement, peuvent
i) convoquer et interroger les suspects, entendre les victimes et les témoins,
être exercés par le personnel du Bureau du Procureur qu'il autorise à cette fin ou par
enregistrer leurs déclarations, recueillir tous éléments de preuve et enquêter
toute personne mandatée par lui à cet effet. (Amendé le 25 juil 1997)
sur les lieux;

ii) prendre toutes autres mesures jugées nécessaires aux fins de l'enquête et aux
Article 38
fins de soutenir l'accusation au procès, y compris des mesures spéciales
Procureur adjoint
(Adopté le 11 fév 1994)
nécessaires à la sécurité d'éventuels témoins et informateurs;
(Revisé 30 janv 1995)

A) Le Procureur recommande au Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies

68
iii) obtenir à ces fins l'aide de toute autorité nationale compétente ainsi que de
la personne à nommer aux fonctions de Procureur adjoint.
tout organisme international, y compris l'Organisation Internationale de
Police Criminelle (INTERPOL);
B) Le Procureur adjoint remplit les fonctions du Procureur en cas d'absence du service
ou d'incapacité ou sur instructions formelles du Procureur. (Amendé le 25 juil 1997)
iv) solliciter d'une Chambre de première instance ou d'un juge le prononcé de
toute ordonnance nécessaire.

Article 40
Mesures conservatoires
(Adopté le 11 fév 1994)

En cas d'urgence le Procureur peut demander à tout Etat:

i) de procéder à l'arrestation et au placement en garde à vue d'un suspect ou


d’un accusé;
(Amendé le 4 déc 1998)

ii) de saisir tous éléments de preuves matériels;

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IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
iii) de prendre toute mesure nécessaire pour empêcher l'évasion du suspect ou de est accompagnée d'un document rappelant les droits du suspect, tels qu'indiqués par
l'accusé, l'intimidation ou les atteintes à l'intégrité physique des victimes ou le présent article et les articles 42 et 43 ci-après.
des témoins, ou la destruction d'éléments de preuve.
D) La détention provisoire du suspect est ordonnée pour une durée qui ne saurait être
L'Etat concerné s’exécute sans délai, en application de l'article 29 du Statut. (Revisé 30 janv 1995) supérieure à trente jours à compter de la date de transfert du suspect au siège du
Tribunal. Au terme de cette période, à la demande du Procureur, le juge ayant rendu
l'ordonnance initiale ou un autre juge permanent appartenant à la même Chambre
Article 40 bis peut décider, à la suite d'un débat contradictoire entre le Procureur et le suspect
Transfert et détention provisoire de suspects assisté de son conseil, de prolonger la détention provisoire pour une durée qui ne
(Adopté le 23 avr 1996) saurait être supérieure à trente jours si les nécessités de l'enquête le justifient. Au
terme de cette prolongation, à la demande du Procureur, le juge ayant rendu
A) Dans le cadre d'une enquête, le Procureur peut transmettre au Greffe, pour obtenir l'ordonnance initiale ou un autre juge permanent appartenant à la même Chambre
une ordonnance d’un juge désigné conformément à l'article 28 ci-dessus, une requête peut décider, à la suite d'un débat contradictoire entre le Procureur et le suspect
aux fins du transfert et du placement en détention provisoire d'un suspect dans les assisté de son conseil, de prolonger à nouveau la détention provisoire pour une durée
locaux du quartier pénitentiaire relevant du Tribunal. Cette requête est motivée et, à qui ne saurait être supérieure à trente jours, si des circonstances particulières le
moins que le Procureur souhaite seulement interroger le suspect, mentionne un chef justifient. La durée totale de la détention provisoire ne peut en aucun cas excéder
d'accusation provisoire et est accompagnée d’un condensé des éléments sur lesquels quatre-vingt dix jours, délai à l'issue duquel, pour le cas où un acte d'accusation n'a
le Procureur se fonde. pas été confirmé et un mandat d'arrêt signé, le suspect est remis en liberté ou, le cas
échéant, remis aux autorités nationales initialement requises. (Amendé le 25 juil 1997, amendé le
B) Le juge ordonne le transfert et la détention provisoire du suspect si les conditions 12 nov 1997, amendé le 12 avr 2001)
suivantes sont remplies:
E) Les dispositions des articles 55 B) à 59 bis s'appliquent mutatis mutandis à

69
i) le Procureur a demandé à un Etat de procéder à l'arrestation et au placement l'exécution de l'ordonnance de transfert et de placement en détention provisoire du
en détention provisoire du suspect conformément à l'article 40 ci-dessus ou le suspect.
suspect est autrement détenu par les autorités d'un Etat;
F) Après son transfert au siège du Tribunal, le suspect assisté de son conseil comparaît
ii) après avoir entendu le Procureur, le juge considère qu'il existe des indices sans délai devant le juge ayant rendu l'ordonnance initiale ou un autre juge
fiables et concordants tendant à montrer que le suspect aurait commis une permanent appartenant à la même Chambre qui s'assure du respect de ses droits.
infraction relevant de la compétence du Tribunal; et (Amendé le 12 avr 2001)

iii) le juge considère la détention provisoire comme une mesure nécessaire pour G) Au cours de la détention, le Procureur, le suspect ou son conseil peuvent présenter à
empêcher l'évasion du suspect, l'intimidation ou les atteintes à l'intégrité la Chambre de première instance à laquelle appartient le juge ayant rendu
physique des victimes ou des témoins, la destruction d'éléments de preuve ou l'ordonnance initiale, toutes requêtes relatives à la régularité de la détention
comme autrement nécessaire à la conduite de l'enquête. provisoire ou à la remise en liberté du suspect.

C) L'ordonnance de transfert et de placement en détention provisoire du suspect doit H) Sans préjudice du paragraphe D) ci-dessus, les articles relatifs à la détention
être signée par un juge et revêtue du sceau du Tribunal. L'ordonnance mentionne les préventive de personnes mises en accusation s'appliquent mutatis mutandis à la
fondements sur lesquels le Procureur s'appuie pour introduire sa requête visée au détention provisoire de personnes conformément au présent article.
paragraphe A) ci-dessus, y compris le chef d'accusation provisoire, ainsi que les
motifs pour lesquels le juge rend l'ordonnance, compte tenu du paragraphe B) ci-
dessus. L'ordonnance précise également la durée initiale de la détention provisoire et

30 31
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 41 Article 43
Conservation des informations Enregistrement des interrogatoires des suspects
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000) (Adopté le 11 fév 1994)

Sous réserve de l’article 81, le Procureur est responsable de la conservation, la garde Le Procureur ne peut interroger un suspect que si l'interrogatoire est consigné sous
et la sécurité des informations et des pièces matérielles recueillies au cours des enquêtes forme d’enregistrement sonore ou vidéo selon les modalités suivantes:
jusqu’à ce qu’elles soient officiellement soumises comme éléments de preuve devant le
Tribunal. i) le suspect est informé, dans une langue qu'il comprend, que l'interrogatoire
est consigné sous forme d’enregistrement sonore ou vidéo;
(Amendé le 6 oct 1995, amendé le 21 juil 2005)

Article 42
ii) si l'interrogatoire est suspendu, l'heure de la suspension et celle de la reprise
Droits du suspect pendant l'enquête
(Adopté le 11 fév 1994) de l'interrogatoire sont respectivement mentionnées dans l'enregistrement
avant qu'il n'y soit procédé;
A) Avant d'être interrogé par le Procureur, le suspect est informé de ses droits dans une
langue qu'il comprend, à savoir: iii) à la fin de l'interrogatoire, il est donné au suspect la possibilité de préciser ou
de compléter toutes ses déclarations; l'heure de la fin de l'interrogatoire est
i) son droit à l'assistance d'un conseil de son choix ou, s'il est indigent, à la alors mentionnée dans l'enregistrement;
commission d'office d'un conseil à titre gratuit;
(Revisé le 30 janv 1995) iv) une copie de l’enregistrement ou, s’il a été utilisé un appareil
d’enregistrements multiples, l’une des bandes originales, est remise au
ii) son droit à l'assistance gratuite d'un interprète s'il ne comprend pas ou ne suspect;
parle pas la langue utilisée lors de l'interrogatoire et; (Revisé le 30 janv 1995, amendé le 12 déc 2002)

70
(Revisé le 30 janv 1995)

v) s’il a été nécessaire de faire une copie de l’enregistrement, la bande originale


iii) son droit de garder le silence et d'être averti que chacune de ses déclarations de l’enregistrement ou l’une des bandes originales est placée, en présence du
sera enregistrée et pourra être utilisée comme moyen de preuve. suspect, sous scellés contresignés par lui-même et par le Procureur; et
(Revisé le 30 janv 1995)
(Amendé le 25 juil 1997, amendé le 12 déc 2002)

(Amendé le 21 juil 2005)


vi) la teneur de l’enregistrement est transcrite si le suspect devient accusé.
(Amendé le 12 déc 2002)
B) L'interrogatoire d'un suspect ne peut avoir lieu qu'en présence de son conseil, à
moins que le suspect n'ait renoncé volontairement à son droit à l'assistance d'un (Amendé le 6 oct 1995)
conseil. L'interrogatoire doit néanmoins cesser si un suspect qui a initialement
renoncé à son droit à l'assistance d'un conseil, s'en prévaut ultérieurement;
l'interrogatoire ne doit reprendre que lorsque le suspect a obtenu de son chef ou
d'office l'assistance d'un conseil.

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Section 2: Du conseil B) Le Greffier peut, à la demande du suspect ou de l'accusé et lorsque l'intérêt de la
justice l'exige, admettre un conseil ne parlant aucune des deux langues de travail du
Article 44 Tribunal mais celle du suspect ou de l'accusé. Dans ce cas, le Greffier peut
Mandat, qualifications et obligations d’un conseil subordonner son accord aux conditions qu'il estime appropriées, dont l'exigence que
(Adopté le 11 fév 1994)
le conseil ou l'accusé assument tous les frais de traduction et d'interprétation qui ne
A) Le conseil choisi par un suspect ou un accusé dépose dans le plus bref délai son sont généralement pas pris en charge par le Tribunal et que le conseil s'engage à ne
mandat auprès du Greffier. Sous réserve de toute décision rendue par une Chambre pas demander de prorogation de délais en conséquence du fait qu'il ne parle pas une
en application des articles 46 ou 77, tout conseil est considéré comme qualifié pour des langues de travail du Tribunal international. Le suspect ou l'accusé peut former
représenter un suspect ou un accusé si le Greffier est convaincu qu'il: auprès du Président un recours contre les décisions du Greffier. (Amendé le 14 juil 2000,
amendé le 28 juil 2004)

i) est habilité à exercer la profession d'avocat dans un État ou est professeur de


C) Dans l'accomplissement de leurs devoirs, les conseils de la Défense sont soumis aux
droit dans une Université,
dispositions pertinentes du Statut, du Règlement, du Règlement sur la détention
ii) a la maîtrise orale et écrite de l'une des deux langues de travail du Tribunal, à préventive et de toutes autres dispositions réglementaires adoptées par le Tribunal,
moins que le Greffier ne juge nécessaire de lever cette exigence, comme le de l'Accord de siège, du Code de déontologie pour les avocats exerçant devant le
dispose le paragraphe B) ci dessous, Tribunal international et aux règles déontologiques qui régissent leurs professions
ainsi que, le cas échéant, la Directive relative à la commission d'office de conseil de
iii) est membre, en situation régulière, d'une association de conseils exerçant la Défense adoptée par le Greffier et approuvée par les Juges permanents. (Amendé le 25
juil 1997, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000, amendé le 13 déc 2001, amendé le 28 juil 2004)
devant le Tribunal reconnue par le Greffier,

D) Il est institué un Conseil consultatif auprès du Président et du Greffier pour toute


iv) n'a pas été déclaré coupable ou autrement sanctionné à l'issue d'une procédure
question relative aux conseils de la défense. Les membres du Conseil sont des
disciplinaire engagée contre lui devant une instance nationale ou
représentants d’associations professionnelles et des avocats ayant plaidé devant le

71
internationale, dont des poursuites intentées en vertu du Code de déontologie
Tribunal. Ils possèdent une expérience professionnelle reconnue dans le domaine
pour les avocats exerçant devant le Tribunal international, à moins que le
juridique et sont issus des différents systèmes juridiques. Une Directive du Greffier
Greffier n'estime que, dans les circonstances de la cause, il serait
précise l’organisation et la compétence du Conseil consultatif. (Amendé le 14 juil 2000)
disproportionné de révoquer la commission du conseil,

v) n'a pas été déclaré coupable au terme d'un procès pénal intenté contre lui,
Article 45
vi) n'a pas, dans l'exercice de sa profession ou dans toute autre circonstance, Commission d'office d'un conseil
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, amendé le 12 nov 1997, amendé le 14 juil 2000)
adopté de comportement malhonnête ou autrement déshonorant vis-à-vis d'un
conseil, préjudiciable à la bonne administration de la justice, susceptible de A) Chaque fois que l'intérêt de la justice l'exige, un conseil est commis d'office pour
réduire la confiance du public dans le Tribunal international ou représenter un suspect ou un accusé qui n'a pas les moyens de le rémunérer. La
l'administration de la justice, ou encore de nature à jeter le discrédit sur le commission d'office est établie conformément à la procédure fixée par la Directive
Tribunal international, et relative à la commission d'office de conseils de la Défense, adoptée par le Greffier et
approuvée par les Juges permanents. (Amendé le 14 juil 2000, amendé le 12 avr 2001, amendé le 28 juil
vii) n'a pas communiqué d'informations fausses ou trompeuses sur ses 2004)
qualifications et son habilité à exercer la profession d'avocat ou n'a pas omis
de communiquer les informations pertinentes en la matière.

(Amendé le 14 juil 2000, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000, amendé le 13 déc 2001, amendé le 12 juil 2002, amendé le 12 déc
2003, amendé le 28 juil 2004)

34 35
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
B) À cette fin, le Greffier tient une liste des conseils qui: Article 45 bis
Personnes détenues
i) remplissent toutes les conditions visées à l'article 44, à l'exception éventuelle (Adopté le 25 juin 1996, amendé le 5 juil 1996)

de celle relative à la connaissance linguistique énoncée à l'article 44 A) ii),


qui, comme le prévoit la Directive relative à la commission d'office, peut être Les articles 44 et 45 s’appliquent à toute personne détenue sous l’autorité du
levée par le Greffier, Tribunal.

ii) justifient d'une expérience avérée en droit pénal et/ou international


pénal/international humanitaire/international relatifs aux droits de l'homme, Article 45 ter
Désignation d’un conseil dans l’intérêt de la justice
(Adopté le 4 novembre 2008)
iii) possèdent au moins sept ans d'expérience en tant que juge, procureur, avocat
ou en toute autre qualité similaire dans le domaine de la justice pénale, et La Chambre de première instance peut, si elle estime que l’intérêt de la justice le
requiert, ordonner au Greffier de désigner un conseil pour défendre les intérêts de l’accusé.
iv) ont fait savoir qu'ils accepteraient d'être commis d'office par le Tribunal pour
représenter toute personne n'ayant pas les moyens de rémunérer un conseil et
détenue sous l'autorité du Tribunal, ainsi que l'énonce la Directive relative à
Article 46
la commission d'office. Discipline
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 28 juil 2004)
(Amendé le 14 juil 2000, amendé le 28 juil 2004)

A) Si un Juge ou une Chambre estime que le comportement d'un conseil est offensant ou
C) Le Greffier tient une liste distincte de conseils qui, en plus de remplir les exigences entrave le bon déroulement de l'audience, ou que ce dernier a fait preuve de
en matière de qualifications visées au paragraphe B), ont signifié qu'ils étaient négligence ou de manque de professionnalisme et de déontologie dans l'exercice de

72
disponibles à titre de "conseils de permanence" pour représenter un accusé lors de sa ses tâches, la Chambre peut, après un rappel à l'ordre en bonne et due forme resté
comparution initiale, en application de l'article 62. (Amendé le 25 juin 1996, amendé le 5 juil 1996, sans effet:
amendé le 10 juil 1998, amendé le 14 juil 2000, amendé le 28 juil 2004)

D) Le Greffier, en consultation avec les juges permanents, détermine le tarif des i) refuser d'entendre ce conseil, et/ou
honoraires à verser au conseil commis d'office. (Amendé le 12 avr 2001)
ii) décider, après avoir donné au conseil l'occasion de se justifier, que ce dernier
E) S'il s'avère qu'une personne bénéficiant de la commission d'office a les moyens de ne remplit plus les conditions pour représenter un suspect ou un accusé
rémunérer un conseil, la Chambre peut rendre une ordonnance aux fins de récupérer devant le Tribunal en application des articles 44 et 45.
(Amendé le 13 déc 2001)
les frais entraînés par la commission d'un conseil. (Revisé le 30 janv 1995, amendé le 14 juil 2000)
(Amendé le 28 juil 2004)
F) Si un suspect ou un accusé décide d'assurer lui-même sa défense, il en avertit par
écrit le Greffier dès que possible. (Revisé le 30 janv 1995) B) Un Juge ou une Chambre de première instance peut, avec l'accord du Président,
signaler tout manquement du conseil à l'Ordre des avocats dans le pays où il est
admis à l'exercice de sa profession ou, si l'intéressé est professeur de droit dans une
Université et n'est pas avocat, au Conseil d'administration de l'Université dont il
relève. (Amendé le 2 juil 1999, amendé le 28 juil 2004)

C) Sous le contrôle du Président, le Greffier publie un Code de déontologie pour les


avocats et veille à sa mise en œuvre. (Amendé le 14 juil 2000)

36 37
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
CHAPITRE CINQUIÈME iv) surseoir à sa décision afin de permettre au Procureur de modifier l’acte
MISE EN ACCUSATION d’accusation.

(Amendé le 25 juil 1997)

Section 1: L’acte d’accusation


G) L’acte d’accusation tel que confirmé par le juge est conservé par le Greffier qui en
fait des copies certifiées conformes portant le sceau du Tribunal. Si l’accusé ne
comprend aucune des deux langues officielles du Tribunal et si le Greffier sait quelle
Article 47
langue l’accusé comprend, l’acte d’accusation est traduit dans cette langue et cette
Présentation de l’acte d’accusation par le Procureur
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 25 juil 1997)
traduction est jointe à toute copie certifiée conforme de l’acte d’accusation. (Amendé le
12 nov 1997)

A) Un acte d’accusation, soumis conformément à la procédure ci-après, est examiné par


H) Une fois confirmé l’un quelconque ou la totalité des chefs de l’acte d’accusation,
un juge désigné à cet effet conformément à l’article 28. (Amendé le 25 juil 1997)

i) le juge peut délivrer un mandat d’arrêt, conformément au paragraphe A) de


B) Si l’enquête permet au Procureur d’établir qu’il existe des éléments de preuve
l’article 55, et toute ordonnance prévue par l’article 19 du Statut, et
suffisants pour soutenir raisonnablement qu’un suspect a commis une infraction
relevant de la compétence du Tribunal, le Procureur établit et transmet au Greffier,
ii) le suspect acquiert le statut d’un accusé.
pour confirmation par un juge, un acte d’accusation auquel il joint tous les éléments
justificatifs. (Amendé le 25 juil 1997)
(Amendé le 25 juil 1997)

C) L’acte d’accusation précise le nom du suspect et les renseignements personnels le I) Le rejet d’un chef d’accusation n’interdit pas au Procureur d’établir ultérieurement
concernant et présente une relation concise des faits de l’affaire et de la qualification un nouvel acte d’accusation modifié sur la base des faits ayant fondé le chef

73
qu’ils revêtent. (Amendé le 25 juil 1997, amendé le 2 juil 1999) d’accusation rejeté, pour autant que soient produits à l’appui des éléments de preuve
supplémentaires. (Amendé le 25 juil 1997)
D) Le Greffier transmet l’acte d’accusation et les pièces jointes au juge désigné, lequel
informe le Procureur de la date fixée pour l’examen de l’acte d’accusation. (Revisé le 30
janv 1995, amendé le 25 juil 1997)
Article 48
Jonction d’instances
E) Le juge désigné examine chacun des chefs d’accusation et tout élément que le
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995)
Procureur présenterait à l’appui de ces chefs d’accusation, afin de décider, en
application de la norme posée par l’article 19 1) du Statut, si un dossier peut être Des personnes accusées d’une même infraction ou d’infractions différentes
établi contre le suspect. (Amendé le 25 juil 1997) commises à l’occasion de la même opération peuvent être mises en accusation et jugées
ensemble.
F) Le juge désigné peut:

i) demander au Procureur de présenter des éléments supplémentaires à l’appui Article 49


de l’un ou de la totalité des chefs d’accusation, Jonction de chefs d’accusation
(Amendé le 10 juil 1998, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995)

ii) confirmer chacun des chefs d’accusation, Plusieurs infractions peuvent faire l’objet d’un seul et même acte d’accusation si les
actes incriminés ont été commis à l’occasion de la même opération et par le même accusé.
iii) rejeter chacun des chefs d’accusation, ou

38 39
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 50 Article 51
Modifications de l’acte d’accusation Retrait d'un acte d'accusation
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 14 juil 2000) (Adopté le 11 fév 1994)

A) i) Le Procureur peut modifier l’acte d’accusation: A) Le Procureur peut retirer un acte d'accusation:

a) à tout moment avant sa confirmation, sans autorisation; i) à tout moment avant sa confirmation, sans autorisation;
(Amendé le 10 juil 1998, amendé le 14 juil 2000) (Amendé le 12 déc 2002)
b) entre sa confirmation et l’affectation de l’affaire à une Chambre de
première instance, sur autorisation du juge qui l’a confirmé ou d’un ii) après sa confirmation et avant que l’affaire ne soit attribuée à une Chambre
juge désigné par le Président et de première instance, avec l'autorisation du juge ayant confirmé l'acte
(Amendé le 10 juil 1998, amendé le 17 nov 1999, amendé le 14 juil 2000)
d'accusation ou d’un juge désigné par le Président; et
c) après l’affectation de l’affaire à une Chambre de première instance, (Amendé le 12 déc 2002)
sur autorisation de la Chambre ou de l’un de ses membres statuant
contradictoirement. iii) après que l’affaire a été attribuée à une Chambre de première instance, par
(Amendé le 17 nov 1999, amendé le 14 juil 2000)
une requête présentée devant ladite Chambre conformément à l'article 73.
(Amendé le 12 déc 2002)
ii) Indépendamment de tout autre facteur entrant en ligne de compte dans
l’exercice du pouvoir discrétionnaire, l’autorisation de modifier un acte (Amendé le 3 déc 1996, amendé le 12 nov 1997, amendé le 12 déc 2002)

d’accusation ne sera accordée que si la Chambre de première instance ou le


juge saisi est convaincu qu’il existe à l’appui de la modification proposée des B) Le retrait de l'acte d'accusation est notifié sans délai au suspect ou à l'accusé et au
éléments de preuve répondant au critère défini à l’article 19, paragraphe 1), conseil du suspect ou de l’accusé. (Amendé le 12 nov 1997)
du Statut. (Amendé le 18 janv 1996, amendé le 3 déc 1996, amendé le 10 juil 1998, amendé le 17 nov 1999,
amendé le 14 juil 2000, amendé le 28 juil 2004)

74
Article 52
iii) Il n’est pas nécessaire de confirmer à nouveau l’acte d’accusation dont la Publicité de l'acte d'accusation
modification a été autorisée. (Amendé le 18 janv 1996, amendé le 3 déc 1996, amendé le 10 juil 1998, (Adopté le 11 fév 1994)
amendé le 17 nov 1999, amendé le 14 juil 2000, amendé le 28 juil 2004, amendé le 28 juil 2004)

Après la confirmation par le juge de première instance, et sous réserve de l'article 53


iv) Les articles 47 G) et 53 bis s’appliquent, mutatis mutandis, à l’acte ci-après, l'acte d'accusation est rendu public.
d’accusation modifié. (Amendé le 18 janv 1996, amendé le 3 déc 1996, amendé le 10 juil 1998)

(Amendé le 18 janv 1996, amendé le 3 déc 1996, amendé le 12 nov 1997)


Article 53
Non-divulgation
B) Si l'acte d'accusation modifié contient de nouveaux chefs d'accusation et si l'accusé a (Adopté le 11 fév 1994)
déjà comparu devant un juge ou une Chambre de première instance conformément à
l'article 62, une seconde comparution aura lieu dès que possible pour permettre à A) Lorsque des circonstances exceptionnelles le commandent, un juge ou une Chambre
l'accusé de plaider coupable ou non coupable pour les nouveaux chefs d'accusation. de première instance peut ordonner dans l’intérêt de la justice la non-divulgation au
(Amendé le 18 janv 1996)
public de tous documents ou informations et ce, jusqu’à décision contraire. (Amendé le 25
juin 1996, amendé le 5 juil 1996)
C) L'accusé disposera d'un nouveau délai de trente jours pour soulever, en vertu de
l'article 72, des exceptions préjudicielles pour les nouveaux chefs d'accusation et, si B) Lorsqu’il confirme un acte d’accusation, le juge peut, après avis du Procureur,
nécessaire, la date du procès peut être repoussée pour donner à la défense ordonner sa non-divulgation au public jusqu’à sa signification à l’accusé ou, en cas
suffisamment de temps pour se préparer. (Amendé le 18 janv 1996, amendé le 12 nov 1997, amendé le 10 de jonction d’instances, à tous les accusés.
juil 1998)

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IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
C) Un juge ou une Chambre de première instance, après avis du Procureur, peut Section 2: Ordonnances et mandats
également ordonner la non-divulgation au public de tout ou partie de l’acte
d’accusation, de toute information et de tout document particuliers, si l’un ou l’autre
est convaincu qu’une telle ordonnance est nécessaire pour donner effet à une Article 54
disposition du Règlement ou préserver des informations confidentielles obtenues par Disposition générale
le Procureur ou encore que l’intérêt de la justice le commande. (Revisé le 30 janv 1995) (Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, amendé le 6 oct 1995)

D) Nonobstant les paragraphes A), B) et C) ci-dessus, le Procureur peut divulguer tout A la demande d'une des parties ou d’office un juge ou une Chambre de première
ou partie de l’acte d’accusation aux autorités d’un Etat ou à une autorité ou une instance peut délivrer les ordonnances, citations à comparaître, ordonnances de production
institution internationale lorsqu’il l’estime nécessaire pour se ménager une chance ou de comparution forcées, mandats et ordres de transfert nécessaires aux fins de l'enquête,
d’arrêter un accusé. (Amendé le 4 déc 1998) de la préparation ou de la conduite du procès.

Article 53 bis Article 54 bis


Signification de l’acte d’accusation Ordonnances adressées aux Etats aux fins de production de documents
(Adopté le 17 nov 1999)
(Adopté le 12 nov 1997)

A) L'acte d'accusation est signifié à personne à l'accusé dès lors qu’il se trouve placé A) Une partie sollicitant la délivrance à un Etat d’une ordonnance aux fins de
sous la garde du Tribunal ou dans un délai aussi raisonnable que possible. production de documents ou d’informations en application de l’article 54, dépose
une requête écrite devant le juge ou la Chambre de première instance compétents et:
B) Cette signification prend la forme d’une remise à l’accusé d’une copie de l'acte
d'accusation certifiée conformément à l'article 47 G). i) identifie autant que possible les documents ou les informations visés par la
requête,

75
ii) indique dans quelle mesure ils sont pertinents pour toute question soulevée
devant le juge ou la Chambre de première instance et nécessaires au
règlement équitable de celle-ci, et

iii) expose les démarches qui ont été entreprises par le requérant en vue d’obtenir
l’assistance de l’Etat.

B) Le juge ou la Chambre de première instance peut rejeter in limine une requête


déposée en application du paragraphe A) si il / elle est convaincu(e) que:

i) les documents ou les informations ne sont pas pertinents pour la question


concernée soulevée devant le juge ou la Chambre de première instance ou ne
sont pas nécessaires au règlement équitable de celle-ci ou

ii) le requérant n’a pas entrepris de démarches raisonnables en vue d’obtenir de


l’Etat les documents ou informations sollicités.

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IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
C) i) Une décision rendue par un juge ou une Chambre de première instance en iii) un Etat peut, dans les quinze jours de ladite signification demander au juge
vertu du paragraphe B) ou E) est susceptible ou à la Chambre de première instance l’annulation de l’ordonnance, au motif
que la divulgation porterait atteinte à ses intérêts de sécurité nationale. Le
a) d’examen en application de l’article 108 bis; ou paragraphe F) s’applique à cette demande d’annulation de la même manière
b) d'appel. qu’à un acte d’opposition,
(Amendé le 21 juil 2005)

iv) si une demande est présentée en vertu de l’alinéa iii), l’ordonnance est
ii) L’appel visé au paragraphe i) doit être déposé dans les sept jours suivant le suspendue jusqu’à ce qu’il soit statué sur la demande,
dépôt de la décision contestée. Lorsque cette décision est rendue oralement,
l’appel doit être déposé dans les sept jours suivant ladite décision, à moins v) les paragraphes F) et G) s’appliquent à l’examen des demandes d’annulation
que: présentées en application de l’alinéa iii) de la même manière qu’à celui des
requêtes notifiées conformément au paragraphe D),
a) la partie attaquant la décision n'ait pas été présente ou représentée lors
du prononcé de la décision, auquel cas le délai court à compter du jour vi) sous réserve de toute mesure spécifique obtenue au titre d’une requête en
où la partie reçoit notification de la décision orale qu'elle entend application des paragraphes F) ou G), l’Etat et la partie sollicitant
attaquer; ou l’ordonnance peuvent être entendus au cours de l’audience relative à la
b) la Chambre de première instance ait indiqué qu'une décision écrite requête déposée conformément à l’alinéa iii).
suivrait, auquel cas le délai court à compter du dépôt de la décision
écrite. F) Si l’Etat soulève une objection en application du paragraphe D), au motif que la
divulgation porterait atteinte à ses intérêts de sécurité nationale, il dépose au plus
(Amendé le 21 juil 2005)
tard cinq jours avant la date prévue pour l’audience, un acte d’opposition, dans
(Amendé le 13 déc 2001, amendé le 12 déc 2002) lequel il:

76
D) i) Sous réserve d’une décision rendue en application des paragraphes B) ou E), i) précise, dans la mesure du possible, les arguments sur lesquels il se fonde
l’Etat concerné est notifié de la requête quinze jours au moins avant la tenue pour déclarer que ses intérêts de sécurité nationale seraient compromis et,
d’une audience sur cette dernière. L’Etat pourra être entendu durant ladite
audience. ii) peut demander au juge ou à la Chambre de première instance d’ordonner des
mesures de protection appropriées en vue de l’audience relative à
ii) À moins que le juge ou la Chambre de première instance n’en décide l’opposition, parmi lesquelles:
autrement, seule la partie requérante et l’Etat concerné ont le droit d’être
entendus. (Amendé le 13 déc 2001) a) la tenue à huis clos et/ou ex parte de ladite audience,
b) l’autorisation de présenter les documents sous forme expurgée,
E) Si, au vu des circonstances, le juge ou la Chambre de première instance a de bonnes accompagnés d’une déclaration sous serment signée par un représentant
raisons de le faire, il / elle peut délivrer une ordonnance en vertu du présent article officiel de l’Etat, exposant les motifs de l’expurgation,
sans que l’Etat soit notifié ou ait la possibilité d’être entendu en application du c) la délivrance d’une ordonnance enjoignant qu’il ne soit établi aucun
paragraphe D). Une telle ordonnance est soumise aux dispositions suivantes: compte rendu d’audience et que les documents dont le Tribunal n’a plus
besoin soient directement restitués à l’Etat sans qu’ils fassent l’objet de
i) l’ordonnance est signifiée à l’Etat concerné, la procédure de dépôt auprès du Greffe ou soient de toute autre manière
conservés.
ii) sous réserve de l’alinéa iv), l’ordonnance ne prend effet que quinze jours
après cette signification,

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G) S’agissant de la procédure prévue au paragraphe F) ci-dessus, le juge ou la chambre D) Sous réserve d'une ordonnance d'un juge ou d'une Chambre, le Greffier peut
de première instance peut ordonner que les mesures de protection suivantes soient transmettre une copie certifiée conforme du mandat d'arrêt à la personne ou aux
mises en place lors de l’audience relative à l’opposition: autorités auxquelles il est adressé, y compris aux autorités nationales de l'Etat sur le
territoire ou sous la juridiction duquel l'accusé réside ou a eu sa dernière résidence
i) la nomination d’un juge unique d’une Chambre en vue d’examiner les connue, ou sur le territoire ou sous la juridiction duquel le Greffier pense qu'il est
documents et d’entendre les exposés, et/ou; susceptible de se trouver. (Revisé le 30 janv 1995, amendé le 18 janv 1996, amendé le 25 juil 1997, amendé le 12
nov 1997)

ii) l’autorisation accordée à l’Etat de fournir ses propres interprètes pour


l’audience et ses propres traductions des documents sensibles. E) Le Greffier signale à la personne ou aux autorités auxquelles le mandat d'arrêt est
transmis que, au moment de son arrestation, l’accusé doit avoir lecture dans une
H) Le rejet d’une requête déposée au titre du présent article n’exclut pas la possibilité langue qu’il comprend de l'acte d'accusation et du rappel de ses droits et qu’il doit
d’introduire une demande ultérieure relative aux mêmes documents ou informations être prévenu dans cette même langue qu'il a le droit de conserver le silence et que
si des faits nouveaux interviennent. toute déclaration de sa part est enregistrée et peut être utilisée comme élément de
preuve. (Revisé le 30 janv 1995, amendé le 18 janv 1996, amendé le 25 juil 1997, amendé le 12 nov 1997)
I) Une ordonnance rendue en application du présent article peut prévoir que les
documents ou informations concernés que l’Etat doit produire fassent l’objet de F) Nonobstant le paragraphe E) ci-dessus, si, au moment de son arrestation, l’accusé se
mesures appropriées afin de protéger ses intérêts, parmi lesquelles peuvent figurer voit signifier l'acte d'accusation et le rappel de ses droits, ou leur traduction, dans une
les mesures énumérées au paragraphe F) ii) ou G). langue qu'il comprend et qu'il peut lire, il n'est pas alors nécessaire de lui en donner
lecture. (Amendé le 12 nov 1997)

G) Lorsqu'un mandat d'arrêt délivré par le Tribunal est exécuté par les autorités d'un
Article 55
Etat, ou par une autorité ou une institution internationale appropriées, un membre du
Exécution des mandats d'arrêt

77
(Adopté le 11 fév 1994) Bureau du Procureur peut être présent dès le moment de l'arrestation. (Amendé le 12 nov
1997)

A) Un mandat d'arrêt doit être signé par un juge permanent. Il comprend une
ordonnance aux fins du transfert rapide de l'accusé au Tribunal, une fois son
arrestation opérée. (Amendé le 12 nov 1997, amendé le 12 avr 2001) Article 56
Coopération des Etats
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 18 janv 1996)
B) L'original du mandat d'arrêt est conservé par le Greffier, qui en fait des copies
certifiées conformes portant le sceau du Tribunal. (Amendé le 12 nov 1997)
L'Etat auquel est transmis un mandat d'arrêt ou un ordre de transfert d’un témoin agit
sans tarder et avec toute la diligence voulue pour assurer sa bonne exécution, conformément
C) Chaque copie certifiée conforme du mandat d'arrêt est accompagnée d'une copie de
à l'article 29 du Statut.
l'acte d'accusation certifiée conformément à l'article 47 G) et d'un rappel des droits
de l'accusé prévus aux articles 21 du Statut et 42 et 43 du Règlement, mutatis
mutandis. Si l'accusé ne comprend aucune des deux langues officielles du Tribunal et
Article 57
si le Greffier sait quelle langue l'accusé comprend, chaque copie certifiée conforme
Procédure après l'arrestation
du mandat d'arrêt est également accompagnée d'une traduction dans ladite langue du (Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995)
document rappelant les droits de l'accusé. (Amendé le 12 nov 1997)
Après l'arrestation de l'accusé, l'Etat concerné détient l'intéressé et en informe sans
délai le Greffier. Le transfert de l'accusé au siège du Tribunal est organisé par les autorités
nationales intéressées en liaison avec les autorités du pays hôte et le Greffier.

46 47
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 58 Article 60
Dispositions de droit interne relatives à l'extradition Publication de l'acte d'accusation
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 6 oct 1995) (Adopté le 11 fév 1994, amendé le 25 juil 1997, amendé le 12 nov 1997)

Les obligations énoncées à l'article 29 du Statut prévalent sur tous obstacles A la demande du Procureur, le Greffier transmet le texte d'une annonce aux autorités
juridiques que la législation nationale ou les traités d'extradition auxquels l'Etat intéressé est nationales d’un ou plusieurs Etats, aux fins de publication dans des journaux et de diffusion
partie pourraient opposer à la remise ou au transfert de l'accusé ou d’un témoin au Tribunal. à la radio et à la télévision. L'annonce rend publique l'existence d'un acte d'accusation,
enjoint à l'accusé de se rendre au Tribunal et invite toute personne détenant des informations
permettant de le localiser à les communiquer au Tribunal.
Article 59
Défaut d’exécution d'un mandat d'arrêt ou d’un ordre de transfert
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 6 oct 1995) Article 61
Procédure en cas d'inexécution d'un mandat d'arrêt
A) Lorsque l'Etat auquel un mandat d'arrêt ou un ordre de transfert a été transmis n'a pu (Adopté le 11 fév 1994)
l'exécuter, il en informe sans délai le Greffier et en indique les raisons.
A) Si, au terme d'un délai raisonnable, un mandat d'arrêt n'a pas été exécuté et dès lors si
B) Si, dans un délai raisonnable, il n'est pas rendu compte des mesures prises, l'Etat est l'acte d'accusation n'a pas été signifié à personne à l'accusé, le juge qui a confirmé
réputé ne pas avoir exécuté le mandat d'arrêt ou l’ordre de transfert et le Tribunal, l'acte d'accusation invite le Procureur à rendre compte des mesures qu'il a prises.
par l'intermédiaire du Président, peut en informer le Conseil de sécurité. Dès lors que le juge est convaincu que:

i) le Greffier et le Procureur ont pris toutes les mesures raisonnables afin


Article 59 bis d'assurer l'arrestation de l'accusé, en ayant recours, notamment, aux autorités
Transmission d’un mandat d’arrêt compétentes de l'Etat sur le territoire ou sous la juridiction ou le contrôle

78
(Adopté le 18 janv 1996) duquel l'accusé réside ou a eu sa dernière résidence connue; et

A) Nonobstant les articles 55 à 59 ci-dessus, le Greffier transmet, à la suite d'une ii) si l'on ignore où l'accusé se trouve, le Procureur et le Greffier ont pris toutes
ordonnance d'un juge permanent et selon les modalités fixées par celui-ci, une copie les mesures raisonnables pour localiser l'accusé, y compris en demandant la
du mandat d'arrêt aux fins d'arrestation de l'accusé à l'autorité ou à l'institution publication d'annonces, conformément à l'article 60;
internationale appropriées ou au Procureur, ainsi qu'une ordonnance de transfert sans
délai de l'accusé au Tribunal dans l'éventualité où ce dernier serait placé sous la le juge ordonne que le Procureur saisisse la Chambre de première instance à laquelle
garde du Tribunal par ladite autorité ou institution internationale ou par le Procureur. ce juge est affecté de l'acte d'accusation. (Amendé le 3 mai 1995, amendé le 18 janv 1996, amendé le 12
(Amendé le 25 juin 1996, amendé le 5 juil 1996, amendé le 12 nov 1997, amendé le 12 avr 2001) nov 1997)

B) Immédiatement après avoir été placé sous la garde du Tribunal, l'accusé est avisé B) Dès l’obtention d'une telle ordonnance, le Procureur soumet l'acte d'accusation à la
dans une langue qu'il comprend des accusations portées contre lui et de son transfert Chambre de première instance en audience publique, en y joignant tous les éléments
prochain au Tribunal. Immédiatement après son transfert, il lui est donné lecture de de preuve présentés au juge qui a initialement confirmé l'acte d'accusation. Le
l'acte d'accusation et d'un rappel de ses droits, et une mise en garde lui est adressée Procureur peut également citer à comparaître et interroger, devant la Chambre de
dans ladite langue. (Amendé le 12 nov 1997) première instance, tout témoin dont la déclaration a été soumise au juge ayant
initialement confirmé l'acte d'accusation. En outre, la Chambre de première instance
C) Nonobstant les dispositions du paragraphe B), il n'est pas nécessaire de donner à peut demander au Procureur de citer à comparaître tout autre témoin dont la
l’accusé lecture de l'acte d'accusation et du rappel de ses droits si ces documents, ou déclaration a été soumise au juge chargé de confirmer l'acte d'accusation. (Revisé le 30
une traduction de ces derniers, lui sont signifiés dans une langue qu'il comprend et janv 1995, amendé le 25 juil 1997, amendé le 12 nov 1997)

qu'il lit. (Amendé le 12 nov 1997)

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C) Si la Chambre de première instance considère, sur la base de ces éléments de preuve Section 3: Procédures préliminaires
ainsi que de tous autres que le Procureur pourra produire, qu'il existe des raisons
suffisantes de croire que l'accusé a commis une ou toutes les infractions mises à sa
charge dans l'acte d'accusation, elle statue en conséquence. La Chambre prie le Article 62
Procureur de donner lecture des parties pertinentes de l'acte d'accusation et de rendre Comparution initiale de l'accusé
compte des efforts déployés pour effectuer la signification tels que prévus au (Adopté le 11 fév 1994, amendé le 12 juil 2007)

paragraphe A) ci-dessus.
A) Après le transfert d'un accusé au siège du Tribunal, le Président attribue
immédiatement l'affaire à une Chambre de première instance. L'accusé comparaît sans
D) En outre, la Chambre de première instance délivre contre l'accusé un mandat d'arrêt
délai devant la Chambre ou un Juge de celle-ci, et y est mis formellement en
international qui est transmis à tous les Etats. A la demande du Procureur, ou
accusation. La Chambre de première instance ou le Juge:
d'office, la Chambre peut délivrer une ordonnance demandant à un ou plusieurs Etats
d'adopter des mesures conservatoires concernant les biens de l'accusé, sans préjudice
i) s'assure que le droit de l'accusé à l'assistance d'un conseil est respecté,
des droits des tiers. (Amendé le 23 avr 1996)

ii) donne lecture ou fait donner lecture de l'acte d'accusation à l'accusé dans une
E) Si le Procureur établit à l'audience devant la Chambre de première instance que le
langue qu'il comprend, et s'assure que l'intéressé comprend l'acte d'accusation,
défaut de signification de l'acte d'accusation est imputable en tout ou en partie au (Amendé le 24 juin 2003)
défaut ou au refus de coopération d'un Etat avec le Tribunal contrairement à l'article
29 du Statut, la Chambre de première instance en dresse constat. Le Président en iii) informe l'accusé que, dans les trente jours suivant sa comparution initiale, il lui
informe le Conseil de Sécurité selon les modalités les plus opportunes, après sera demandé de plaider coupable ou non coupable pour chaque chef
consultation des Présidents de Chambre. d'accusation, mais qu'il peut, s'il le demande, plaider immédiatement coupable
ou non coupable pour un ou plusieurs chefs d'accusation,
(Amendé le 15 juin 1995, amendé le 4 déc 1998)

79
iv) si l'accusé ne plaide ni dans un sens ni dans l'autre lors de la comparution
initiale ou lors d'une comparution ultérieure, prend note en son nom d'un
plaidoyer de non-culpabilité,
(Amendé le 4 déc 1998)

v) si l'accusé plaide non coupable, donne instruction au Greffier de fixer la date


du procès,
(Revisé le 30 janv 1995, amendé le 4 déc 1998)

vi) si l'accusé plaide coupable:

a) devant la Chambre de première instance, agit conformément à l'article


62 bis, ou
(Amendé le 17 nov 1999)
b) devant un Juge, renvoie le plaidoyer à la Chambre de première instance
pour qu'elle agisse en conformité avec l'article 62 bis,
(Amendé le 17 nov 1999)

(Revisé le 30 janv 1995, amendé le 12 nov 1997, amendé le 4 déc 1998)

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vii) donne instruction au Greffier de fixer toute autre date appropriée. Article 62 ter
(Revisé le 30 janv 1995) Procédure en cas d’accord sur le plaidoyer
(Adopté le 13 déc 2001)
(Amendé le 12 nov 1997, amendé le 17 nov 1999, amendé le 12 avr 2001, amendé le 17 juil 2003)

A) Le Procureur et la Défense peuvent convenir que, après que l’accusé aura plaidé
B) Lorsque l'intérêt de la justice l'exige, le Greffier peut désigner un conseil de coupable de l’ensemble des chefs d’accusation, de l’un ou de plusieurs de ces chefs, le
permanence, tel que visé à l'article 45 C), pour représenter un accusé lors de sa Procureur prendra tout ou partie des dispositions suivantes devant la Chambre de
comparution initiale. Il procède à cette désignation en conformité avec les dispositions première instance:
pertinentes de la Directive mentionnée à l'article 45 A). (Amendé le 28 juil 2004)
i) demandera l’autorisation de modifier l’acte d’accusation en conséquence,
C) Dans les trente jours de la comparution initiale, si l’accusé n’a pas choisi un
conseil permanent ou s’il n’a pas fait part par écrit de son intention d’assurer lui- ii) proposera une peine déterminée ou une fourchette de peines qu’il estime
même sa défense conformément à l’article 45 F), le Greffier commet d’office un appropriées,
conseil permanent à sa défense. Si le Greffier n’est pas en mesure de désigner un
conseil permanent dans le temps imparti, il demande à la Chambre de première iii) ne s’opposera pas à la demande par l’accusé d’une peine déterminée ou d’une
instance une prorogation de délai. (Amendé le 12 juil 2007) fourchette de peines.

B) La Chambre de première instance n’est pas tenue par l’accord visé au paragraphe A).
Article 62 bis
Plaidoyers de culpabilité C) Si les parties ont conclu un accord sur le plaidoyer, la Chambre de première instance
(Adopté le 12 nov 1997)
demande la divulgation de l’accord en question, soit en audience publique soit, si des
Si un accusé plaide coupable conformément au paragraphe vi) de l’article 62 ou motifs convaincants ont été présentés, à huis clos, au moment où l’accusé plaide

80
demande à revenir sur son plaidoyer de non-culpabilité et si la Chambre de première instance coupable conformément à l’article 62 vi), ou demande à revenir sur son plaidoyer de
estime que: non-culpabilité.

i) le plaidoyer de culpabilité a été fait délibérément,


Article 63
ii) il est fait en connaissance de cause, Interrogatoire de l'accusé
(Adopté le 11 fév 1994)
(Amendé le 17 nov 1999)

iii) il n’est pas équivoque et A) L’interrogatoire d’un accusé par le Procureur, y compris après la comparution initiale,
ne peut avoir lieu qu’en présence de son conseil, à moins que l’accusé n’ait
iv) qu’il existe des faits suffisants pour établir le crime et la participation de volontairement et expressément renoncé à la présence de celui-ci. Si l’accusé exprime
l’accusé à celui-ci, compte tenu soit d’indices indépendants soit de l’absence ultérieurement le désir de bénéficier de l’assistance d’un conseil, l’interrogatoire est
de tout désaccord déterminant entre les parties sur les faits de l’affaire, immédiatement suspendu et ne reprendra qu’en présence du conseil (Amendé le 3 déc 1996)
(Amendé le 17 nov 1999)
B) L’interrogatoire ainsi que la renonciation à l’assistance d’un conseil sont enregistrés
la Chambre de première instance peut déclarer l’accusé coupable et donne instruction au sur bande magnétique ou sur cassette vidéo conformément à la procédure prévue à
Greffier de fixer la date de l’audience consacrée au prononcé de la sentence. (Amendé le 10 juil 1998, l’article 43. Préalablement à l’interrogatoire, le Procureur informe l’accusé de ses
amendé le 4 déc 1998, amendé le 17 nov 1999) droits conformément à l’article 42 A) iii). (Amendé le 3 déc 1996)

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Article 64 ii) la Chambre de première instance ait indiqué qu’une décision écrite suivrait,
Détention préventive auquel cas le délai court à compter du dépôt de la décision écrite.
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 25 juil 1997) (Amendé le 10 juil 1998)

Après son transfert au siège du Tribunal, l'accusé est détenu dans les locaux mis à (Amendé le 25 juil 1997, amendé le 12 nov 1997, amendé le 10 juil 1998, amendé le 17 nov 1999, amendé le 14 juil 2000, amendé le 1 déc
2000, amendé le 13 déc 2000, amendé le 21 juil 2005)
disposition par le pays hôte ou par un autre pays. Dans des circonstances exceptionnelles,
l’accusé peut être détenu dans des locaux situés hors du pays hôte. Le Président peut, à la E) Le Procureur peut demander à ce que la Chambre de première instance sursoie à
demande d'une des parties, faire modifier les conditions de la détention de l'accusé. l’exécution de sa décision de libérer un accusé au motif qu’il a l’intention d’interjeter
appel de la décision; il présente cette demande en même temps qu’il dépose sa
réponse à la requête initiale de l’accusé aux fins de mise en liberté provisoire. (Amendé le
Article 65 17 nov 1999)
Mise en liberté provisoire
(Adopté le 11 fév 1994) F) Lorsque la Chambre de première instance fait droit au sursis à l’exécution de sa
décision de mettre en liberté un accusé, le Procureur dépose son acte d’appel au plus
A) Une fois détenu, l’accusé ne peut être mis en liberté que sur ordonnance d’une
tard le lendemain du prononcé de la décision. (Amendé le 17 nov 1999)
Chambre. (Amendé le 14 juil 2000)

G) Lorsque la Chambre de première instance ordonne le sursis à l’exécution de sa


B) La mise en liberté provisoire ne peut être ordonnée par la Chambre de première
décision de mise en liberté de l’accusé en attendant l’arrêt relatif à tout appel interjeté
instance qu’après avoir donné au pays hôte, et au pays où l’accusé demande à être
par le Procureur, l’accusé n’est pas remis en liberté sauf dans les cas suivants:
libéré la possibilité d’être entendus, et pour autant qu’elle ait la certitude que l’accusé
comparaîtra et, s’il est libéré, ne mettra pas en danger une victime, un témoin ou toute
i) le délai de dépôt de l’appel de l’Accusation est écoulé et aucun appel n’a été
autre personne. (Revisé le 30 janv 1995, amendé le 17 nov 1999, amendé le 13 déc 2001)
déposé;
(Amendé le 17 nov 1999)

81
C) La Chambre de première instance peut subordonner la mise en liberté provisoire de
l’accusé aux conditions qu’elle juge appropriées, y compris la mise en place d’un ii) la Chambre d’appel rejette le recours, ou
cautionnement et, le cas échéant, l’observation de conditions nécessaires pour garantir (Amendé le 17 nov 1999)

la présence de l’accusé au procès et la protection d’autrui.


iii) la Chambre d’appel en décide autrement.
(Amendé le 17 nov 1999)
D) Toute décision rendue par une Chambre de première instance aux termes de cet article
sera susceptible d’appel. Sous réserve du paragraphe F) ci-après, l’appel doit être (Amendé le 17 nov 1999, amendé le 21 juil 2005)
déposé dans les sept jours du dépôt de la décision contestée. Lorsque cette décision est
rendue oralement, l’appel doit être déposé dans les sept jours de ladite décision, à H) Le cas échéant, la Chambre de première instance peut délivrer un mandat d’arrêt pour
moins que: garantir la comparution d’un accusé précédemment mis en liberté provisoire ou en
liberté pour toute autre raison. Les dispositions de la section 2 du chapitre cinquième
i) la partie attaquant la décision n’ait pas été présente ou représentée lors du s’appliquent mutatis mutandis. (Amendé le 25 juil 1997, amendé le 17 nov 1999)
prononcé de la décision, auquel cas le délai court à compter du jour où la
partie reçoit notification de la décision orale qu’elle entend attaquer ou I) Sans préjudice des dispositions de l'article 107 du Règlement, la Chambre d’appel
(Amendé le 10 juil 1998)
peut accorder la mise en liberté provisoire de condamnés dans l’attente de leur
jugement en appel ou pendant une période donnée pour autant qu’elle ait la certitude
que:

i) s’il est libéré, l’appelant comparaîtra à l’audience en appel ou, le cas échéant,
qu’il se présentera aux fins de détention à l’expiration de la période donnée;
54 55
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i) en présence de l’accusé, à une audience à laquelle le conseil participe par voie
ii) s’il est libéré, l'appelant ne mettra pas en danger une victime, un témoin ou de téléconférence ou par vidéoconférence,
toute autre personne et (Amendé le 12 déc 2002)

iii) des circonstances particulières justifient cette mise en liberté. ii) en l’absence de l’accusé, à une audience à huis clos à laquelle il participe par
voie de téléconférence s’il le souhaite et/ou à laquelle son conseil participe par
Les dispositions des paragraphes C) et H) de l’article 65 s’appliquent mutatis voie de téléconférence ou par vidéoconférence.
(Amendé le 12 déc 2002)
mutandis. (Amendé le 14 juil 2000)
(Amendé le 12 déc 2002)

Article 65 bis
Conférences de mise en état Article 65 ter
(Adopté le 25 juil 1997) Le Juge de la mise en état
(Adopté le 10 juil 1998, amendé le 12 avr 2001)
A) Une Chambre de première instance ou un Juge de première instance convoque une
conférence de mise en état dans les cent vingt jours de la comparution initiale de A) Dans les sept jours suivant la comparution initiale de l’accusé, le Président de la
l’accusé, puis tous les cent vingt jours au moins: Chambre de première instance désigne au sein de cette dernière un juge chargé de la
mise en état des affaires (ci-après « juge de la mise en état »). (Amendé le 17 nov 1999, amendé le
i) pour organiser les échanges entre les parties de façon à assurer la préparation 12 avr 2001, amendé le 17 juil 2003)

rapide du procès,
(Amendé le 4 déc 1998) B) Le juge de la mise en état a pour mission, sous l’autorité et le contrôle de la Chambre
saisie de l’affaire, de coordonner les échanges entre les parties lors de la phase
ii) pour examiner l’état d’avancement de l’affaire et donner à l’accusé la préparatoire au procès. Le juge de la mise en état s’assure que la procédure ne prend

82
possibilité de soulever des questions s’y rapportant, notamment son état de aucun retard injustifié et prend toutes les mesures nécessaires afin que l’affaire soit en
santé mentale et physique. état pour un procès équitable et rapide.
(Amendé le 4 déc 1998)

C) Le juge de la mise en état se voit confier par la Chambre de première instance toutes
(Amendé le 4 déc 1998, amendé le 17 nov 1999, amendé le 12 avr 2001, amendé le 12 déc 2002, amendé le 17 juil 2003)
les fonctions relatives à la phase préalable au procès prévues aux articles 66, 67, 73
B) La Chambre d’appel ou un juge de la Chambre d’appel convoque une conférence de bis et 73 ter du Règlement, et tout ou partie des fonctions prévues à l’article 73. (Amendé
le 17 nov 1999, amendé le 12 avr 2001, amendé le 12 déc 2003)
mise en état dans les cent vingt jours du dépôt de l’acte d’appel puis tous les cent
vingt jours au moins pour donner à toute personne détenue en attente d’un arrêt D) i) Le juge de la mise en état peut se faire assister, dans l’exécution de ses tâches,
d’appel la possibilité de soulever des questions s’y rapportant, y compris son état de par un juriste hors classe des Chambres. (Amendé le 12 avr 2001)
santé mentale et physique. (Amendé le 17 nov 1999)
ii) À cette fin, le juge de la mise en état fixe un plan de travail, indiquant, d’une
C) Si l’accusé y consent par écrit après avoir consulté son conseil, une conférence de manière générale, les obligations que les parties devront remplir
mise en état peut avoir lieu en application du présent article: conformément au présent article et les délais à respecter. (Amendé le 12 avr 2001)

iii) Agissant sous le contrôle du juge de la mise en état, le juriste hors classe des
Chambres s’assure de l’exécution du plan de travail et tient le juge de la mise
en état régulièrement informé de l’évolution des discussions entre les parties et
avec celles-ci, et en particulier de toute difficulté éventuelle; il adresse au juge
de la mise en état tout rapport qu’il estime utile. Il communique sans délai aux

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parties les observations ou décisions éventuelles du juge de la mise en état. d) le nombre total de témoins et le nombre de témoins qui déposeront
(Amendé le 12 avr 2001) contre chaque accusé et sur chaque chef d’accusation;
(Amendé le 12 avr 2001)
iv) Le Juge de la mise en état enjoint aux parties de se réunir pour discuter des e) si le témoin déposera en personne, ou si en application de l’article 92
questions relatives à la préparation de l’affaire, afin notamment que le bis ou de l’article 92 quater, il sera fait appel à une déclaration écrite
Procureur puisse s’acquitter des obligations visées aux alinéas i) à iii) du ou au compte rendu d’un témoignage préalablement rendu dans une
paragraphe E) ci-après et que la Défense satisfasse aux exigences du autre procédure devant le Tribunal et;
paragraphe G) et de l’article 73 ter ci-après. (Amendé le 12 avr 2001) (Amendé le 12 avr 2001, amendé le 13 sep 2006)
f) la durée prévisible de chaque déposition et la durée prévisible totale de
v) Ces réunions se tiennent entre les parties et, à sa demande, entre une ou présentation des moyens à charge.
(Amendé le 12 avr 2001)
plusieurs parties et le juriste hors classe. Le juriste hors classe s’assure que les
obligations visées aux alinéas i) à iii) du paragraphe E) ci-après et, le moment iii) la liste des pièces à conviction que le Procureur entend présenter, en précisant
venu, du paragraphe G) et de l’article 73 ter ci-après sont remplies chaque fois que possible si la défense conteste ou non leur authenticité. Le
conformément au plan fixé par le juge de la mise en état. (Amendé le 12 avr 2001) Procureur signifie à la défense des copies des pièces à conviction en question.
(Amendé le 12 avr 2001, amendé le 13 déc 2001)
vi) La présence de l’accusé n’est pas exigée lors des réunions avec le juriste hors
classe. (Amendé le 12 avr 2001) (Amendé le 17 nov 1999, amendé le 12 avr 2001, amendé le 12 juil 2001)

vii) Ce dernier peut se faire assister d’un représentant du Greffe dans l’exercice de F) Une fois que le Procureur a déposé les documents mentionnés au paragraphe E) le
ses fonctions au titre du présent article et demander qu’un compte rendu soit juge de la mise en état ordonne à la défense, dans un délai fixé par lui-même et au plus
établi. (Amendé le 12 avr 2001) tard trois semaines avant la date de la conférence préalable au procès, de déposer un
mémoire préalable traitant des points de fait et de droit et contenant un exposé écrit
qui précise:

83
E) Une fois tranchée toute exception préjudicielle soulevée dans le délai visé à
l’article 72, le juge de la mise en état, sur rapport du juriste hors classe, enjoint au
Procureur de déposer, dans un délai fixé par ledit juge et au plus tard six semaines i) en termes généraux, la nature de la défense de l’accusé;
avant la conférence préalable au procès requise par l’article 73 bis:
ii) les points du mémoire préalable du Procureur que l’accusé conteste;
i) la version finale de son mémoire préalable contenant pour chaque chef
d’accusation un résumé des moyens de preuve que le Procureur entend faire iii) pour chacun de ces points, les motifs de contestation par l’accusé.
valoir sur la commission du crime allégué et le type de responsabilité encourue
(Amendé le 17 nov 1999, amendé le 12 avr 2001, amendé le 12 déc 2003)
par l’accusé, ce mémoire présente les accords entre les parties et un exposé des
points de faits ou de droit non litigieux ainsi qu’un exposé des points de fait et G) À l’issue de la présentation des moyens à charge et avant la présentation des moyens à
de droit litigieux; décharge, le juge de la mise en état ordonne à la défense de déposer:
(Amendé le 12 avr 2001)

ii) la liste des témoins que le Procureur entend citer en précisant: i) une liste des témoins que la défense entend citer en précisant:
a) le nom ou le pseudonyme de chacun;
a) le nom ou le pseudonyme de chacun; b) un résumé des faits au sujet desquels chaque témoin déposera;
b) un résumé des faits au sujet desquels chaque témoin déposera; c) les points de l’acte d’accusation sur lesquels chaque témoin sera
c) les points de l’acte d’accusation sur lesquels chaque témoin sera entendu;
(Amendé le 12 avr 2001)
entendu et notamment des références précises aux chefs d’accusation et d) le nombre total de témoins et le nombre de témoins qui déposeront
aux paragraphes pertinents de l’acte d’accusation; pour chaque accusé et sur chaque chef d’accusation;
(Amendé le 12 avr 2001)
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e) si le témoin déposera en personne, ou si en application de l’article 92
bis ou de l’article 92 quater, il sera fait appel à une déclaration écrite ii) Une fois les documents requis au paragraphe G) ci-dessus déposés par la
ou au compte rendu d’un témoignage préalablement rendu dans une défense, le juge de la mise en état transmet à la Chambre de première instance
autre procédure devant le Tribunal et; un deuxième dossier. (Amendé le 17 nov 1999)
(Amendé le 12 avr 2001, amendé le 13 sep 2006)
f) la durée prévisible de chaque déposition et la durée prévisible totale de M) La Chambre de première instance peut exercer d’office l’une quelconque des
présentation des moyens à décharge. fonctions du juge de la mise en état. (Amendé le 17 nov 1999)
(Amendé le 12 avr 2001)

ii) une liste des pièces à conviction que la défense entend présenter à l’appui des N) Sur le rapport du juge de la mise en état, la Chambre décide, le cas échéant, des
moyens qu’elle invoque, en précisant à chaque fois que possible si sanctions à imposer à la partie qui ne respecte pas ses obligations au titre du présent
l’Accusation conteste ou non leur authenticité. La défense signifie au article. Ces sanctions peuvent inclure le rejet de certains éléments de preuve
Procureur des copies des pièces à conviction en question. testimoniaux ou documentaires. (Amendé le 12 avr 2001)
(Amendé le 13 déc 2001)

(Amendé le 17 nov 1999)

H) Le juge de la mise en état prend acte des points d’accord et de désaccord sur les
questions de droit et de fait. A cet égard, il peut enjoindre aux parties d’adresser soit à
lui-même, soit à la Chambre, des conclusions écrites. (Amendé le 17 nov 1999)

I) Le juge de la mise en état peut, si nécessaire, dans l’exercice de ses fonctions,


entendre d’office les parties. Le juge de la mise en état peut entendre les parties dans

84
son bureau hors la présence de l’accusé, auquel cas un représentant du Greffe dresse
un procès-verbal de la réunion. (Amendé le 17 nov 1999, amendé le 12 avr 2001)

J) Le juge de la mise en état tient la Chambre régulièrement informée, notamment en cas


de litiges, et peut lui renvoyer ceux-ci.

K) Le juge de la mise en état peut fixer un délai pour la présentation des requêtes
préalables au procès et, si nécessaire, fixer une date pour les entendre. Une requête
présentée au cours de la phase préalable doit être tranchée avant l’ouverture des
débats, sauf si le juge, pour des raisons valables, ordonne qu’elle le soit au procès. Le
fait pour une partie de ne pas soulever des objections ou de présenter des requêtes
dans le délai imparti par le juge de la mise en état vaut renonciation; celui-ci peut pour
des raisons valables lever cette renonciation. (Amendé le 12 avr 2001)

L) i) Une fois les documents requis au paragraphe E) ci-dessus déposés par le


Procureur, le juge de la mise en état transmet à la Chambre de première
instance un dossier complet contenant l’ensemble des documents déposés par
les parties, les comptes rendus de conférences de mise en état et les procès-
verbaux des réunions tenues dans l’exercice des fonctions en application du
présent article. (Amendé le 17 nov 1999, amendé le 12 avr 2001)

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Section 4: Production de moyens de preuve Article 67
Communication supplémentaire
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 12 déc 2003, amendé le 28 fevrier 2008)

Article 66
Communication de pièces par le Procureur A) Dans le délai fixé par la Chambre de première instance, après que celle-ci aura rendu
(Adopté le 11 fév 1994) sa décision en application de l’article 98 bis, mais au plus tard une semaine avant le
début de la présentation des moyens à décharge, la défense
A) Sous réserve des dispositions des articles 53 et 69, le Procureur communique à la
défense dans une langue que l’accusé comprend:
i) permet au Procureur de prendre connaissance et de faire des copies des livres,
documents, photographies et objets se trouvant en sa possession ou sous son
i) dans les trente jours suivant la comparution initiale de l’accusé, les copies de
toutes les pièces jointes à l’acte d’accusation lors de la demande de contrôle, qu’elle entend utiliser comme moyens de preuve au procès; et
confirmation ainsi que toutes les déclarations préalables de l’accusé recueillies
par le Procureur et, ii) donne, le cas échéant, au Procureur copie des déclarations de tous les témoins
(Amendé le 12 nov 1997) qu’elle entend faire citer à comparaître au procès et de toutes les déclarations
écrites recueillies en application de l’article 92 bis, de l’article 92 ter ou de
ii) dans le délai fixé par la Chambre de première instance ou par le juge de la mise
en état désigné en application de l’article 65 ter, les copies des déclarations de l’article 92 quater qu’elle entend présenter au procès. Les copies des
tous les témoins que le Procureur entend citer à l’audience ainsi que de toutes déclarations d’autres témoins sont, le cas échéant, mises à la disposition du
les déclarations écrites et de tous les comptes rendus de dépositions présentés Procureur avant que la décision de les citer ne soit prise. (Adopté le 28 fevrier 2008)
en application des articles 92 bis, 92 ter et 92 quater; les copies des
déclarations d’autres témoins à charge sont mises à la disposition de la défense B) Dans le délai fixé par la Chambre de première instance ou par le Juge de la mise en
dès que la décision de les citer est prise. état désigné en application de l’article 65 ter:

85
(Amendé le 12 nov 1997, amendé le 10 juil 1998, amendé le 17 nov 1999, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc
2000, amendé le 13 sep 2006)
i) la défense informe le Procureur de son intention d'invoquer:
(Revisé le 30 janv 1995, amendé le 3 déc 1996, amendé le 12 nov 1997, amendé le 10 juil 1998)
a) une défense d'alibi, avec indication du lieu ou des lieux spécifiques où
B) Sur demande, le Procureur doit permettre à la défense de prendre connaissance des l'accusé prétend s'être trouvé au moment des faits incriminés, des nom
livres, documents, photographies et objets se trouvant en sa possession ou sous son et adresse des témoins ainsi que de tous autres éléments de preuve sur
contrôle, qui soit sont nécessaires à la préparation de la défense de l’accusé, soit lesquels l'accusé a l'intention de se fonder pour établir sa défense
seront utilisés par le Procureur comme moyens de preuve au procès, soit ont été d'alibi;
obtenus de l’accusé ou lui appartiennent. (Revisé le 30 janv 1995, amendé le 12 nov 1997, amendé le 17 nov b) un moyen de défense spécial, y compris le défaut total ou partiel de
1999) responsabilité mentale, avec indication des nom et adresse des témoins
ainsi que de tous autres éléments de preuve sur lesquels l'accusé a
C) Dans le cas où la communication de pièces se trouvant en la possession du Procureur l'intention de se fonder pour établir ce moyen de défense.
pourrait nuire à de nouvelles enquêtes ou à des enquêtes en cours, ou pourrait, pour
toute autre raison, être contraire à l’intérêt public ou porter atteinte à la sécurité d’un ii) le Procureur informe la défense du nom des témoins à charge qu'il a l'intention
Etat, le Procureur peut demander à la Chambre de première instance siégeant à huis d'appeler pour réfuter tout moyen de défense dont il a été informé
clos de le dispenser de l’obligation de communication. En formulant sa demande, le conformément au paragraphe i) ci-dessus;
Procureur fournira à la Chambre de première instance (mais uniquement à la Chambre
de première instance) les pièces dont la confidentialité est demandée. (Revisé le 30 janv 1995, (Amendé le 12 déc 2003)
amendé le 12 nov 1997, amendé le 17 nov 1999)

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C) Le défaut d'une telle notification par la défense ne limite pas le droit de l'accusé de
témoigner sur ces moyens de défense. Article 68 bis
Manquement aux obligations de communication
D) Si l’une ou l’autre des parties découvre des éléments de preuve ou des informations (Adopté le 13 déc 2001)

supplémentaires qui auraient dû être communiqués conformément au Règlement, elle


en donne immédiatement communication à l’autre partie et à la Chambre de première Le juge de la mise en état ou la Chambre de première instance peut décider, d’office
instance. (Amendé le 13 déc 2001, amendé le 28 fevrier 2008) ou à la demande d’une partie, des sanctions à infliger à une partie qui ne s’acquitte pas des
obligations de communication que lui impose le Règlement.

Article 68
Communication des éléments de preuve à décharge et autres éléments pertinents Article 69
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, amendé le 12 juil 2001, Protection des victimes et des témoins
amendé le 12 déc 2002, amendé le 12 déc 2003, amendé le 28 juil 2004) (Adopté le 11 fév 1994)

Sous réserve des dispositions de l’article 70, A) Dans des cas exceptionnels, le Procureur peut demander à un juge ou à la Chambre de
première instance d'ordonner la non-divulgation de l'identité d'une victime ou d'un
i) le Procureur communique aussitôt que possible à la défense tous les éléments dont il témoin pour empêcher qu'ils ne courent un danger ou des risques, et ce jusqu'au
sait effectivement qu’ils sont de nature à disculper en tout ou en partie l’accusé ou à moment où ils seront placés sous la protection du Tribunal. (Amendé le 13 déc 2001)
porter atteinte aux éléments de preuve de l’Accusation.
B) En déterminant les mesures de protection destinées aux victimes ou témoins, le juge
ii) sous réserve du paragraphe i), le Procureur met à la disposition de la défense, sous ou la Chambre de première instance peut consulter la Section d’aide aux victimes et
forme électronique, les collections de documents pertinents qu’il détient et les aux témoins. (Amendé le 15 juin 1995, amendé le 25 juil 1997, amendé le 2 juil 1999, amendé le 13 déc 2001)
logiciels qui permettent à la défense d’y effectuer des recherches électroniquement.

86
C) Sans préjudice des dispositions de l’article 75 ci-dessous, l’identité de cette victime ou
iii) si le Procureur obtient des informations confidentielles d’une personne ou entité de ce témoin devra être divulguée avant le commencement du procès et dans des
donnée dans les conditions prévues à l’article 70 et si ces informations contiennent des délais permettant à la défense de se préparer.
éléments entrant dans le cadre du paragraphe i) ci-dessus, il prend les mesures
raisonnables pour obtenir le consentement de cette personne ou entité avant de les
communiquer à l’accusé ou de l’informer de leur existence. Article 70
Exception à l’obligation de communication
iv) si le Procureur détient des informations dont la communication pourrait hypothéquer (Adopté le 11 fév 1994)

des enquêtes en cours ou ultérieures, ou pourrait, pour toute autre raison, être contraire
à l’intérêt public ou porter atteinte à la sécurité d’un État, il doit demander à la A) Nonobstant les dispositions des articles 66 et 67 ci-dessus, les rapports, mémoires ou
Chambre de première instance siégeant à huis clos de le dispenser de l’obligation que autres documents internes établis par une partie, ses assistants ou ses représentants
lui impose le paragraphe i) de les communiquer. Ce faisant, le Procureur fournira à la dans le cadre de l’enquête ou de la préparation du dossier n’ont pas à être
Chambre de première instance (mais uniquement à elle) les informations dont la communiqués ou échangés.
confidentialité est demandée.
B) Si le Procureur possède des informations qui ont été communiquées à titre
v) à l’issue du procès et de tout appel ultérieur, le Procureur communique à la partie confidentiel et dans la mesure où ces informations n’ont été utilisées que dans le seul
adverse tous les éléments visés au paragraphe i) ci-dessus. but de recueillir des éléments de preuve nouveaux, le Procureur ne peut divulguer ces
informations initiales et leur source qu’avec le consentement de la personne ou de
l’entité les ayant fournies. Ces informations et leur source ne seront en aucun cas

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utilisées comme moyens de preuve avant d’avoir été communiquées à l’accusé. (Amendé Section 5: Dépositions
le 4 oct 1994, revisé le 30 janv 1995)

C) Si, après avoir obtenu le consentement de la personne ou de l’organe fournissant des Article 71
informations au titre du présent article, le Procureur décide de présenter comme
Dépositions
éléments de preuve tout témoignage, document ou autres pièces ainsi fournis, la (Adopté le 11 fév 1994, amendé le 10 juil 1998)
Chambre de première instance, nonobstant les dispositions de l’article 98, ne peut pas
ordonner aux parties de produire des éléments de preuve additionnels reçus de la A) Lorsque l’intérêt de la justice le commande, une Chambre de première instance peut
personne ou de l’organe fournissant les informations originelles. Elle ne peut pas non ordonner, soit d’office, soit à la demande de l'une des parties, qu’une déposition soit
plus, aux fins d’obtenir ces éléments de preuve additionnels, citer cette personne ou un recueillie en vue du procès, que le témoin dont la déposition est demandée soit en
représentant de cet organe comme témoin ou ordonner leur comparution. Une mesure ou non de comparaître devant le Tribunal. La Chambre mandate à cet effet un
Chambre de première instance ne peut user de son pouvoir aux fins d’ordonner la officier instrumentaire. (Amendé le 17 nov 1999)
comparution de témoins ou d’exiger la production de documents pour obtenir ces
éléments de preuve additionnels. (Amendé le 6 oct 1995, amendé le 25 juil 1997) B) La requête visant à faire recueillir une déposition mentionne les nom et adresse du
témoin, les conditions de date et de lieu de la déposition, l'objet de cette déposition
D) Si le Procureur cite un témoin à comparaître pour qu’il communique comme éléments ainsi que les circonstances qui la justifient. (Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)
de preuve des informations visées au titre du présent article, la Chambre de première
instance ne peut obliger ce témoin à répondre à toute question relative à ces C) S'il est fait droit à la requête, la partie ayant demandé la déposition en donne préavis
informations ou à leurs origines, si le témoin refuse de répondre en invoquant des raisonnable à l'autre partie qui aura le droit d'assister à la déposition et de contre-
motifs de confidentialité. (Amendé le 6 oct 1995, amendé le 25 juil 1997) interroger le témoin.

E) Le droit de l’accusé à contester les éléments de preuve présentés par l’accusation reste D) La déposition peut être recueillie soit au siège du Tribunal soit ailleurs, et

87
inchangé, sous réserve uniquement des limites figurant aux paragraphes C) et D). éventuellement par voie de vidéoconferénce. (Amendé le 17 nov 1999)
(Amendé le 6 oct 1995)

E) L'officier instrumentaire s'assure que la déposition et le cas échéant le contre-


F) La Chambre de première instance peut ordonner, à la demande de l’accusé ou du interrogatoire sont recueillis et enregistrés selon les formes prévues au Règlement; il
conseil de la défense que, dans l’intérêt de la justice, les dispositions du présent article reçoit et réserve à la décision de la Chambre les objections soulevées par l'une ou
s’appliquent mutatis mutandis à des informations spécifiques détenues par l’accusé. l'autre des parties. Il transmet tout le dossier à la Chambre de première instance.
(Amendé le 25 juil 1997)

G) Les paragraphes C) et D) ci-dessus n’empiètent en rien sur le pouvoir de la Chambre


de première instance aux termes de l’article 89 D) d’exclure tout élément de preuve Article 71 bis
dont la valeur probante est nettement inférieure à l’exigence d’un procès équitable. [Supprimé]
(Adopté le 17 nov 1999, supprimé le 12 juil 2007)
(Amendé le 6 oct 1995)

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Section 6: Requêtes sensiblement l’équité et la rapidité du procès, ou son issue, et que son
règlement immédiat par la Chambre d’appel pourrait concrètement faire
progresser la procédure.
Article 72 (Amendé le 25 juin 1996, amendé le 5 juil 1996, amendé le 25 juil 1997, amendé le 23 avr 2002)

Exceptions préjudicielles
(Revisé le 30 janv 1995, amendé le 12 nov 1997)
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 21 juil 2005, amendé le 12 juil 2007)

A) Les exceptions préjudicielles, à savoir: C) Les appels visés au paragraphe B) i) et les demandes de certification visées au
paragraphe B) ii) sont déposées respectivement dans les quinze jours et les sept jours
i) l’exception d’incompétence, de la décision contestée. Lorsque cette décision est rendue oralement, ce délai court à
compter du jour du prononcé de ladite décision, à moins que:
ii) l’exception fondée sur un vice de forme de l’acte d’accusation,
i) la partie attaquant la décision n’ait pas été présente ou représentée lors du
iii) l’exception aux fins de disjonction de chefs d’accusation joints conformément prononcé de la décision, auquel cas le délai court à compter du jour où la
à l’article 49 ci-dessus ou aux fins de disjonction d’instances conformément au partie reçoit notification de la décision orale qu’elle entend attaquer; ou
paragraphe B) de l’article 82 ci-après ou
ii) la Chambre de première instance ait indiqué qu’une décision écrite suivrait,
iv) l’exception fondée sur le rejet d’une demande de commission d’office d’un auquel cas le délai court à compter du dépôt de la décision écrite.
conseil formulée aux termes de l’article 45 C),
Dès lors qu’il est fait droit à la demande de certification, la partie concernée dispose
doivent être enregistrées par écrit et au plus tard trente jours après que le Procureur a de sept jours pour former un recours auprès de la Chambre d’appel. (Amendé le 12 nov 1997,
amendé le 10 juil 1998, amendé le 17 nov 1999, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000, amendé le 23 avr 2002)
communiqué à la défense toutes les pièces jointes et déclarations visées à

88
l'article 66 A) i). La Chambre se prononce sur ces exceptions préjudicielles dans les D) Aux fins des paragraphes A) i) et B) i) supra, l’exception d’incompétence s’entend
soixante jours suivant leur dépôt et avant le début des déclarations liminaires visées à exclusivement d’une objection selon laquelle l’acte d’accusation ne se rapporte pas:
l'article 84 ci-après. Sous réserve d’une ordonnance d’un juge ou de la Chambre de
i) à l’une des personnes mentionnées aux articles 1, 6, 7 et 9 du Statut
première instance, lorsque l’accusé n’a pas choisi un conseil permanent ou qu’il n’en
a pas été commis un d’office à sa défense, ou s’il n’a pas fait part par écrit de son ii) aux territoires mentionnés aux articles 1, 8 et 9 du Statut
intention d’assurer lui-même sa défense conformément à l’article 45 F), le délai de
trente jours ne commence à courir, nonobstant la communication des pièces jointes et iii) à la période mentionnée aux articles 1, 8 et 9 du Statut
déclarations visées à l’article 66 A) i), qu’au jour de la nomination d’un conseil
iv) à l’une des violations définies aux articles 2, 3, 4, 5 et 7 du Statut.
permanent. (Amendé le 12 nov 1997, amendé le 12 juil 2007) (Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

B) Les décisions relatives aux exceptions préjudicielles ne pourront pas faire l’objet d’un
appel interlocutoire, à l’exclusion:

i) des exceptions d’incompétence,


(Amendé le 25 juin 1996, amendé le 5 juil 1996, amendé le 23 avr 2002)

ii) des cas où la Chambre de première instance a certifié l’appel, après avoir
vérifié que la décision touche une question susceptible de compromettre
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Article 73 Section 7: Conférences
Autres requêtes
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 12 nov 1997, amendé le 12 avr 2001, amendé le 13 déc 2001, amendé le 23 avr 2002)

Article 73 bis
A) Chacune des parties peut, à tout moment après que l’affaire a été attribuée à une
Conférence préalable au procès
Chambre de première instance, saisir celle-ci d’une requête, autre qu’une exception (Adopté le 10 juil 1998, amendé le 17 nov 1999, amendé le 12 avr 2001, amendé le 17 juil 2003)
préjudicielle, en vue d’une décision ou pour obtenir réparation. Les requêtes peuvent
être écrites ou orales au gré de la Chambre de première instance. (Amendé le 12 nov 1997) A) La Chambre de première instance tient une conférence préalable au procès avant
l’ouverture des débats.
B) Les décisions relatives à toutes les requêtes ne pourront pas faire l’objet d’un appel
interlocutoire, à l’exclusion des cas où la Chambre de première instance a certifié B) Au vu du dossier de mise en état soumis à la Chambre de première instance par le juge
l’appel, après avoir vérifié que la décision touche une question susceptible de de la mise en état en application de l'article 65 ter L) i), la Chambre peut inviter le
compromettre sensiblement l’équité et la rapidité du procès, ou son issue, et que son Procureur à écourter l'interrogatoire principal de certains témoins. (Amendé le 17 nov 1999,
règlement immédiat par la Chambre d’appel pourrait concrètement faire progresser la amendé le 12 avr 2001)

procédure. (Amendé le 12 avr 2001, amendé le 23 avr 2002)


C) Au vu du dossier de mise en état soumis à la Chambre de première instance par le juge
C) Les demandes de certification doivent être enregistrées dans les sept jours suivant le de la mise en état en application de l'article 65 ter L) i), et après avoir entendu le
dépôt de la décision contestée. Lorsque cette décision est rendue oralement, la requête Procureur, la Chambre détermine
doit être déposée dans les sept jours suivant ladite décision, à moins que:
i) le nombre de témoins que le Procureur peut citer, et
i) la partie attaquant la décision n’ait pas été présente ou représentée lors du
prononcé de la décision, auquel cas le délai court à compter du jour où la ii) la durée de présentation des moyens de preuve à charge.

89
partie reçoit notification de la décision orale qu’elle entend attaquer; ou
(Amendé le 17 nov 1999, amendé le 12 avr 2001, amendé le 17 juil 2003)

ii) la Chambre de première instance ait indiqué qu’une décision écrite suivrait, D) Après avoir entendu le Procureur, la Chambre de première instance peut, afin de
auquel cas le délai court à compter du dépôt de la décision écrite. garantir un procès équitable et rapide, inviter le Procureur à réduire le nombre de
chefs d’accusation et fixer le nombre de lieux des crimes ou des faits incriminés dans
Dès lors qu’il est fait droit à la demande de certification, la partie concernée dispose un ou plusieurs chefs d’accusation pour lesquels le Procureur peut présenter des
de sept jours pour former un recours auprès de la Chambre d’appel. (Amendé le 12 nov 1997, moyens de preuve et qui, compte tenu de toutes les circonstances pertinentes, y
amendé le 10 juil 1998, amendé le 12 avr 2001, amendé le 23 avr 2002)
compris les crimes reprochés dans l’acte d’accusation, leur qualification et leur nature,
D) Indépendamment de toute sanction pouvant être infligée en application de l’article les lieux où ils auraient été commis, leur ampleur et leurs victimes, sont
46 A), lorsqu'une Chambre estime qu'une requête est abusive ou constitue un abus de raisonnablement représentatifs des crimes reprochés. (Amendé le 17 juil 2003, amendé le 30 mai 2006)
procédure, le Greffier doit s'abstenir de règler les honoraires se rapportant à la
production de ladite requête et/ou aux frais y relatifs. (Amendé le 8 déc 2004) E) Une fois que le juge de la mise en état lui a communiqué le dossier complet de
l’Accusation en application de l’article 65 ter L) i), la Chambre de première instance
peut, après avoir entendu les parties et afin de garantir un procès équitable et rapide,
enjoindre au Procureur de choisir ceux des chefs d’accusation sur lesquels il prendra
ses réquisitions. Les parties peuvent, de droit, interjeter appel de toute décision rendue
en application de ce paragraphe. (Amendé le 30 mai 2006)

F) Après l’ouverture du procès, le Procureur peut déposer une requête aux fins d’obtenir
une modification de la décision fixant le nombre de lieux des crimes ou des faits

70 71
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incriminés pour lesquels il peut présenter des moyens de preuve ou le nombre de CHAPITRE SIXIÈME
témoins qu’il entend citer, ou de demander un délai supplémentaire pour présenter ses LE PROCÈS EN PREMIÈRE INSTANCE
moyens de preuve, et la Chamber de première instance peut, si elle est convaincue
qu’il y va de l’intérêt de la justice, faire droit à la requête du Procureur. (Amendé le 17 nov
1999, amendé le 17 juil 2003)
Section 1: Dispositions générales

Article 73 ter
Article 74
Conférence préalable à la présentation des moyens à décharge
(Adopté le 10 juil 1998, amendé le 17 nov 1999)
Amicus Curiae
(Adopté le 11 fév 1994)

A) Avant que la défense ne présente ses moyens, la Chambre de première instance peut
Une Chambre peut, si elle le juge souhaitable dans l’intérêt d’une bonne
tenir une conférence.
administration de la justice, inviter ou autoriser tout Etat, toute organisation ou toute personne
à faire un exposé sur toute question qu’elle juge utile.
B) Au vu du dossier de mise en état soumis à la Chambre de première instance par le juge
de la mise en état en application de l'article 65 ter L) ii), la Chambre peut inviter la
défense à écourter l'interrogatoire principal de certains témoins. (Amendé le 17 nov 1999, amendé
le 12 avr 2001)
Article 74 bis
Examen médical de l’accusé
(Adopté le 10 juil 1998, amendé le 12 avr 2001)
C) Au vu du dossier de mise en état soumis à la Chambre de première instance par le juge
de la mise en état en application de l'article 65 ter L) ii), et après avoir entendu la
Une Chambre de première instance peut, d’office ou à la demande d’une partie,
Défense, la Chambre fixe le nombre de témoins que la Défense peut citer. (Amendé le 17
nov 1999, amendé le 12 avr 2001)
ordonner un examen médical, psychiatrique ou psychologique de l’accusé. Dans ce cas, à

90
moins que la Chambre n’en décide autrement, le Greffier confie cette tâche à un ou plusieurs
D) Après le début de la présentation des moyens à décharge, la défense peut, si elle experts dont le nom figure sur une liste préalablement établie par le Greffe et approuvée par
estime qu’il y va de l’intérêt de la justice, déposer une requête aux fins de revenir à sa le Bureau.
liste de témoins initiale ou de revoir la composition de sa liste
Article 75
E) La Chambre de première instance détermine après avoir entendu la Défense la durée Mesures destinées à assurer la protection des victimes et des témoins
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 12 juil 2007, amendé le 28 fevrier 2008)
de présentation de ses moyens de preuve. (Amendé le 12 avr 2001)
A) Un Juge ou une Chambre peut, d’office ou à la demande d’une des parties, de la
F) En cours de procès, la Chambre de première instance peut, dans l’intérêt de la justice,
victime, du témoin intéressé ou de la Section d’aide aux victimes et aux témoins,
faire droit à la requête de la Défense aux fins que lui soit accordé du temps
ordonner des mesures appropriées pour protéger la vie privée et la sécurité de victimes
supplémentaire pour présenter ses moyens de preuve. (Amendé le 12 avr 2001)
ou de témoins, à condition toutefois que lesdites mesures ne portent pas atteinte aux
droits de l’accusé. (Amendé le 15 juin 1995, amendé le 2 juil 1999)

B) Une Chambre peut tenir une audience à huis clos pour déterminer s'il y a lieu
d'ordonner:

i) des mesures de nature à empêcher la divulgation au public ou aux médias de


l'identité d'une victime ou d'un témoin, d'une personne qui leur est apparentée
ou associée ou du lieu où ils se trouvent, telles que:

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a) la suppression, dans les dossiers du Tribunal, du nom de l'intéressé et question. (Amendé le 17 nov 1999, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000, amendé le 13 déc 2001,

des indications permettant de l'identifier, amendé le 12 juil 2002, amendé le 12 juil 2007)

b) l'interdiction de l'accès du public à toute pièce du dossier identifiant la


victime ou le témoin, (Amendé le 28 fevrier 2008) G) Une partie à la deuxième affaire, qui souhaite obtenir l’abrogation, la modification ou
c) lors des témoignages, l'utilisation de moyens techniques permettant le renforcement de mesures ordonnées dans la première affaire, doit soumettre sa
l'altération de l'image ou de la voix ou l'usage d'un circuit de télévision demande
fermé, et
d) l'emploi d'un pseudonyme; i) à toute Chambre encore saisie de la première affaire, quelle que soit sa
composition, ou
ii) la tenue d'audiences à huis clos conformément à l'article 79 ci-après;
ii) à la Chambre saisie de la deuxième affaire, si aucune Chambre n’est plus
iii) les mesures appropriées en vue de faciliter le témoignage d'une victime ou d'un saisie de la première affaire. (Amendé le 12 juil 2007)
témoin vulnérable, par exemple au moyen d'un circuit de télévision fermé
unidirectionnel. (Revisé le 30 janv 1995) H) Un juge ou un collège de juges saisi d’une affaire portée devant une juridiction autre
que le Tribunal, une partie à cette affaire habilitée par une autorité judiciaire
C) La Section d’aide aux victimes et aux témoins s’assure qu’avant de comparaître, le compétente, ou une victime ou un témoin bénéficiant de mesures de protection
témoin a bien été informé que son témoignage et son identité pourront, en application ordonnées par le Tribunal peut demander l’abrogation, la modification ou le
de l’article 75 F), être divulgués ultérieurement dans une autre affaire. (Amendé le 12 déc
2002)
renforcement de mesures de protection ordonnées dans une affaire portée devant le
Tribunal en soumettant une requête en ce sens au Président du Tribunal, lequel la
D) La Chambre assure le cas échéant le contrôle du déroulement des interrogatoires aux transmet:
fins d'éviter toute forme de harcèlement ou d'intimidation.

91
i) à toute Chambre encore saisie de la première affaire, quelle que soit sa
E) Lorsqu’un juge ou une Chambre prend une ordonnance en application du composition;
paragraphe A) ci-dessus, il ou elle y précise, le cas échéant, si le compte rendu de la
déposition du témoin bénéficiant des mesures de protection peut être communiqué et ii) à une Chambre saisie d’une deuxième affaire, si aucune Chambre n’est plus

utilisé dans le cadre d’autres affaires portées devant le Tribunal ou une autre saisie de la première affaire;

juridiction. (Amendé le 12 juil 2007)


iii) à une Chambre nouvellement constituée, si aucune Chambre n’est plus saisie.

F) Une fois que des mesures de protection ont été ordonnées en faveur d’une victime ou (Amendé le 12 juil 2007, amendé le 28 fevrier 2008)
d’un témoin dans le cadre d’une affaire portée devant le Tribunal (la « première
affaire »), ces mesures I) Avant de se prononcer sur une demande présentée en application des
paragraphes G) ii), H) ii) ou H) iii) ci-dessus, la Chambre doit s’efforcer d’obtenir
i) continuent de s’appliquer mutatis mutandis dans toute autre affaire portée toutes les informations nécessaires concernant la première affaire, notamment des
devant le Tribunal (« deuxième affaire ») ou une autre juridiction et ce, jusqu’à parties à cette affaire, et consulter le juge qui a ordonné les mesures de protection dans
ce qu’elles soient rapportées, modifiées ou renforcées selon la procédure celle-ci, s’il est toujours en fonction au Tribunal. (Amendé le 12 juil 2002, amendé le 12 déc 2002,
exposée dans le présent article, mais amendé le 12 juil 2007)

ii) n’empêchent pas le Procureur de s’acquitter des obligations de communication J) Avant de se prononcer sur une demande présentée en application des paragraphes G)
que lui impose le Règlement dans la deuxième affaire, sous réserve qu’il et H) ci-dessus, la Chambre demande à la Section d’aide aux victimes et aux témoins
informe de la nature des mesures de protection ordonnées dans la première de s’assurer que la victime ou le témoin protégé consent à l’abrogation, à la
affaire les conseils de la Défense auxquels il communique les éléments en modification ou au renforcement des mesures de protection. Elle peut toutefois,
74 75
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lorsqu’il est établi que les circonstances l’exigent, ou pour éviter toute erreur
judiciaire, ordonner d’office l’abrogation, la modification ou le renforcement de E) Le Tribunal apporte son assistance en facilitant le témoignage par voie de
mesures de protection sans l’aval du témoin. (Amendé le 12 juil 2007, amendé le 28 fevrier 2008) vidéoconférence. Si le droit interne du pays de l’autorité requérante n’autorise pas le
K) Toute demande d’abrogation, de modification ou de renforcement de mesures de recueil de témoignages par cette méthode, la Chambre spécialement désignée peut
protection ordonnées au bénéfice d’une victime ou d’un témoin doit être tranchée, soit apporter son assistance en autorisant l’autorité requérante à avoir accès á la personne à
par la Chambre qui en est saisie, soit par un des juges de celle-ci, le terme entendre, soit dans les locaux du Tribunal, soit après transfèrement de celle-ci sous le
« Chambre » employé dans le présent article s’entendant également d’« un juge de régime de l’article 75 ter.
cette Chambre ». (Amendé le 12 juil 2007)
F) Sur instruction de la Chambre spécialement désignée, le Greffier coordonne la mise en
Article 75 bis place des dispositions nécessaires pour le témoignage par voie de vidéoconférence et
Demande d’assistance adressée au Tribunal en vue d’obtenir un témoignage assiste à l’audition.
(Adopté le 8 déc 2010)

G) Un juge de la Chambre spécialement désignée assiste à l’audition et s’assure que les


A) Le juge ou le collège de juges saisi d’une affaire portée devant une juridiction autre dispositions de l’article 75 bis D) i) à iii) sont respectées.
que le Tribunal ou une partie à cette affaire habilitée par une autorité judiciaire
compétente (l’« autorité requérante ») peut, pour les besoins de cette affaire si elle H) L’interrogatoire est conduit directement par l’autorité requérante, ou sous sa direction,
concerne une violation du droit international humanitaire commise sur le territoire de en conformité avec les règles de droit applicables sur son territoire.
l’ex-Yougoslavie depuis 1991, demander l’assistance du Tribunal en vue d’obtenir le
témoignage d’une personne placée sous l’autorité de celui-ci. I) Au présent article, l’expression « personne placée sous l’autorité du Tribunal »
s’entend de toute personne accusée ou déclarée coupable, et détenue par le Tribunal
B) La requête fondée sur le paragraphe A) est soumise au Président du Tribunal, lequel la au quartier pénitentiaire.
transmet à une Chambre spécialement désignée se composant de trois juges du

92
Tribunal (la « Chambre spécialement désignée »). J) Les décisions rendues sous le régime du présent article ou de l’article 75 ter ne sont
pas susceptibles d’appel.
C) La requête présentée en application du paragraphe A) est rejetée si elle est susceptible
de nuire au bon déroulement des enquêtes ou des procédures en cours au Tribunal. K) Le Président peut dans tous les cas demander un document ou un complément
d’information à l’autorité requérante.
D) La Chambre spécialement désignée, après avoir entendu les parties à l’affaire dont est
saisi le Tribunal, peut faire droit à la requête présentée en application du
paragraphe A) après s’être assurée que:
Article 75 ter
Transfèrement de personnes en vue de leur témoignage dans une affaire portée devant
i) la mesure demandée ne portera pas atteinte aux droits de la personne placée
une juridiction autre que le Tribunal
sous l’autorité du Tribunal; (Adopté le 8 déc 2010)

ii) des dispositions ont été prises et des assurances ont été données pour garantir A) La Chambre spécialement désignée n’autorise le transfèrement d’une personne au titre
le respect de toute mesure de protection que le Tribunal a accordée en faveur de l’article 75 bis E) que si:
de la personne placée sous son autorité;
i) la personne placée sous l’autorité du Tribunal a été dûment citée à
iii) la mesure demandée ne mettra pas en danger une victime, un témoin ou comparaître;
quelque autre personne;
iv) aucune considération impérieuse ne s’oppose à ce qu’il soit fait droit à la ii) la personne placée sous l’autorité du Tribunal a consenti à son transfèrement;
requête.

76 77
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iii) le pays hôte et l’État vers lequel la personne placée sous l’autorité du Tribunal Article 77
doit être transférée (l’« État requérant ») ont eu la possibilité d’être entendus; Outrage au Tribunal
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, amendé le 25 juil 1997, amendé le 13 déc 2001)

iv) l’État requérant s’est engagé par écrit auprès du Tribunal à renvoyer la
A) Dans l’exercice de son pouvoir inhérent, le Tribunal peut déclarer coupable d’outrage
personne transférée dans le délai fixé, à ne pas la transférer dans un État tiers,
les personnes qui entravent délibérément et sciemment le cours de la justice, y
à lui trouver un lieu de détention satisfaisant et à lui assurer l’immunité contre
compris notamment toute personne qui:
les poursuites et la signification d’actes de procédure pour les actes, omissions
ou déclarations de culpabilité antérieurs à son arrivée sur son territoire;
i) étant témoin devant une Chambre refuse de répondre à une question malgré la
demande qui lui en est faite par la Chambre;
v) le transfèrement de la personne concernée ne prolongera pas la durée de sa
détention telle qu’elle est prévue par le Tribunal;
ii) divulgue des informations relatives à ces procédures en violant en
connaissance de cause une ordonnance d’une Chambre;
vi) aucune considération impérieuse ne s’oppose au transfèrement de la personne
concernée vers l’État requérant.
iii) méconnaît, sans excuse valable, une ordonnance aux fins de comparaître
devant une Chambre ou aux fins de produire des documents devant une
B) La Chambre spécialement désignée peut subordonner le transfèrement de la personne
Chambre;
placée sous l’autorité du Tribunal aux conditions qu’elle juge appropriées, y compris
la mise en place d’un cautionnement et l’observation des conditions nécessaires pour
iv) menace, intimide, lèse, essaie de corrompre un témoin, ou un témoin potentiel,
garantir la présence de la personne concernée au procès et la protection d’autrui.
qui dépose, a déposé ou est sur le point de déposer devant une Chambre de
première instance ou de toute autre manière fait pression sur lui; ou
C) Au présent article, l’expression « personne placée sous l’autorité du Tribunal »
s’entend de toute personne accusée ou déclarée coupable, et détenue par le Tribunal

93
v) menace, intimide, essaie de corrompre ou de toute autre manière cherche à
au quartier pénitentiaire relevant du Tribunal.
contraindre toute autre personne, dans le but de l’empêcher de s’acquitter
d’une obligation découlant d’une ordonnance rendue par un Juge ou une
D) Au besoin, la Chambre spécialement désignée peut délivrer un mandat d’arrêt pour
Chambre.
garantir la comparution de la personne transférée en application du présent article. Les
dispositions de la section 2 du chapitre cinquième s’appliquent mutatis mutandis. (Amendé le 12 nov 1997, amendé le 10 juil 1998, amendé le 4 déc 1998, amendé le 13 déc 2001, amendé le 12 déc 2003)

E) À tout moment après qu’une ordonnance ait été rendue au titre du présent article, la B) Toute incitation à ou tentative de commettre l’un des actes sanctionnés au
Chambre spécialement désignée peut annuler l’ordonnance et demander officiellement paragraphe A) est assimilée à un outrage au Tribunal et est passible de la même peine.
le retour de la personne transférée. (Amendé le 4 déc 1998, amendé le 13 déc 2001)

C) Si une Chambre a des motifs de croire qu’une personne s’est rendue coupable
Article 76 d’outrage au Tribunal, elle peut:
Déclaration solennelle des interprètes et des traducteurs
(Adopté le 11 fév 1994) i) demander au Procureur d’instruire l’affaire en vue de préparer et de soumettre
un acte d’accusation pour outrage;
Avant de prendre ses fonctions, tout interprète ou traducteur prononce une déclaration
solennelle aux termes de laquelle il s'engage à accomplir sa tâche avec loyauté, indépendance ii) si elle estime que le Procureur a un conflit d’intérêts pour ce qui est du
et impartialité et dans le plein respect de son devoir de confidentialité. comportement en cause, enjoindre au Greffier de désigner un amicus curiae
qui instruira l’affaire et indiquera à la Chambre s’il existe des motifs suffisants
pour engager une procédure pour outrage; ou

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dépôt de la décision contestée. Lorsque cette décision est rendue oralement, l’acte
iii) engager une procédure elle-même. d’appel doit être déposé dans les quinze jours de la décision contestée, à moins que,

(Amendé le 12 nov 1997, amendé le 10 juil 1998, amendé le 4 déc 1998, amendé le 13 déc 2001) i) la partie attaquant la décision n’ait pas été présente ou représentée lors du
prononcé de la décision, auquel cas le délai court à compter du jour où la
D) Si la Chambre considère qu’il existe des motifs suffisants pour poursuivre une partie reçoit notification de la décision orale qu’elle entend attaquer; ou
personne pour outrage, elle peut:
ii) la Chambre de première instance n’ait indiqué qu’une décision écrite suivrait,
i) dans les circonstances décrites au paragraphe C) i), demander au Procureur auquel cas le délai court à compter du dépôt de la décision écrite.
d’engager une procédure, ou
(Revisé le 30 janv 1995, amendé le 25 juil 1997, amendé le 12 nov 1997, amendé le 10 juil 1998, amendé le 4 déc 1998, amendé le 1 déc
ii) dans les circonstances décrites au paragraphe C) ii) ou iii), rendre une 2000, amendé le 13 déc 2000)

ordonnance qui tient lieu d’acte d’accusation et soit demander à l’amicus


curiae d’engager une procédure, soit engager une procédure elle-même. K) Lorsque, statuant en premier ressort, la Chambre d’appel rend une décision en
(Amendé le 12 déc 2003) application du présent article, cette décision peut être attaquée dans les quinze jours de
son dépôt, au moyen d’un acte d’appel présenté au Président. Cinq juges désignés par
(Amendé le 13 déc 2001) le Président statuent sur cet appel. Lorsque la décision contestée est rendue oralement,
l’acte d’appel doit être déposé dans les quinze jours qui suivent, à moins que:
E) Les règles de procédure et de preuve énoncées aux chapitres quatre à huit du
Règlement s’appliquent, mutatis mutandis, aux procédures visées au présent article. i) la partie attaquant la décision n’ait pas été présente ou représentée lors du
Le plaidoyer de culpabilité ou de non-culpabilité prévu à l’article 62 A), la prononcé de la décision, auquel cas le délai court à compter du jour où la
communication des pièces visées à l’article 66 A) i) et le dépôt des exceptions partie reçoit notification de la décision orale qu’elle entend attaquer; ou
préjudicielles prévues à l’article 72 A) doivent, dans chaque cas, se faire dans un délai

94
maximal de dix jours. (Amendé le 13 déc 2001, amendé le 22 juil 2009) ii) la Chambre d’appel n’ait indiqué qu’une décision écrite suivrait, auquel cas le
délai court à compter du dépôt de la décision écrite.
F) Toute personne accusée ou inculpée d’outrage se verra commettre d’office un conseil,
en application de l’article 45 si elle satisfait aux critères fixés par le Greffier pour être (Amendé le 12 juil 2002)
déclarée indigente. (Amendé le 12 nov 1997, amendé le 4 déc 1998, amendé le 13 déc 2001)

G) La peine maximum qu’encourt une personne convaincue d’outrage au Tribunal est de Article 77 bis
sept ans d’emprisonnement ou une amende de Eur 100 000, ou les deux. (Amendé le 4 déc Paiement des amendes
1998, amendé le 13 déc 2001) (Adopté le 2 juil 1999)

H) L’amende est payée au Greffier qui la verse sur un compte distinct. (Amendé le 4 déc 1998) A) La Chambre qui prononce une amende en application de l’article 77 ou de l’article 91
fixe le délai de paiement. (Amendé le 13 déc 2001)
I) Si le Tribunal reconnaît un Conseil coupable d’outrage en application du présent
article, la Chambre ayant rendu cette conclusion peut également décider que le B) Lorsque le paiement d’une amende prononcée en vertu de l’article 77 ou de l’article
Conseil n’est plus habilité à représenter le suspect ou l’accusé devant le Tribunal et 91 n’est pas effectué dans le délai imparti, la Chambre peut rendre une ordonnance
conclure que son comportement constitue une atteinte à la discipline en application de demandant à la personne contre laquelle l’amende a été prononcée d’expliquer au
l’article 46, ou des deux. (Amendé le 13 déc 2001) Tribunal, soit oralement soit par écrit, les raisons du non-paiement. (Amendé le 13 déc 2001)

J) Toute décision rendue par une Chambre de première instance en vertu du présent
article est susceptible d’appel. L’acte d’appel doit être déposé dans les quinze jours du

80 81
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C) La Chambre peut, après avoir permis à la personne concernée d’être entendue, rendre Article 78
une décision visant à ce que des mesures appropriées soient prises, consistant Audiences publiques
notamment à: (Adopté le 11 fév 1994)

i) prolonger le délai de paiement; Sauf disposition contraire, la procédure devant une Chambre de première instance est
publique, à l'exception du délibéré.
ii) demander que le paiement de l’amende soit effectué en plusieurs versements;

iii) en consultation avec le Greffier, demander que la somme dûe soit déduite Article 79
d’éventuels honoraires, qui n’auraient pas été réglés par le Tribunal, dans le Audiences à huis clos
(Adopté le 11 fév 1994)
cas où la personne est un conseil engagé par le Tribunal aux termes de la
Directive relative à la commission d’office de conseil de la défense; A) La Chambre de première instance peut ordonner que la presse et le public soient
(Amendé le 17 nov 1999)
exclus de la salle pendant tout ou partie de l'audience:
iv) convertir l’amende, en tout ou en partie, en une peine d’emprisonnement de
douze mois au plus. i) pour des raisons d'ordre public ou de bonnes moeurs;

(Amendé le 17 nov 1999, amendé le 13 déc 2001) ii) pour assurer la sécurité et la protection d’une victime ou d’un témoin ou pour
éviter la divulgation de son identité en conformité à l’article 75 ci-dessus; ou
D) Outre une décision de l’alinéa C), la Chambre peut déclarer la personne coupable
d’outrage au Tribunal et prononcer une nouvelle peine par application de iii) en considération de l’intérêt de la justice.
l’article 77 G), au cas où la personne, qui était en mesure de payer l’amende dans le
délai imparti, a délibérément omis de le faire. Cette peine pour outrage au Tribunal B) La Chambre de première instance rend publiques les raisons de sa décision.

95
s’ajoute à l’amende initiale. (Amendé le 13 déc 2001)

E) La Chambre peut, le cas échéant, délivrer un mandat d’arrêt afin de garantir la Article 80
présence de la personne, lorsque celle-ci ne comparaît pas devant le Tribunal ou ne Maintien de l’ordre
fournit pas les explications écrites visées à l’alinéa B) ci-dessus. L’Etat ou l’autorité (Adopté le 11 fév 1994)

qui reçoit le mandat d’arrêt aux termes de l’article 29 agit rapidement et avec
diligence afin d’en garantir l’exécution efficace et appropriée. Lorsqu’un mandat A) La Chambre de première instance peut ordonner que toute personne soit exclue de la
d’arrêt est délivré dans le cadre du présent article, les dispositions des articles 45, 57, salle afin de sauvegarder le droit de l’accusé à un procès équitable et public ou afin de
58, 59, 59 bis et 60 s’appliquent mutatis mutandis. Suite au transfert de la personne maintenir l’ordre.
concernée au Tribunal, les dispositions des articles 64, 65 et 99 s’appliquent mutatis
mutandis. (Amendé le 13 déc 2001) B) La Chambre de première instance peut ordonner l’exclusion de l’accusé de la salle
d’audience et poursuivre les débats en son absence si l’accusé, après avoir été averti
F) Lorsqu’une peine d’emprisonnement est prononcée aux termes du présent article, ou que son comportement risque de justifier son exclusion de la salle d’audience, persiste
lorsqu’une amende est convertie en peine d’emprisonnement, les dispositions des dans ce comportement.
articles 102, 103 et 104 ainsi que le chapitre neuvième s’appliquent mutatis mutandis.

G) Toute déclaration de culpabilité d’outrage au Tribunal ou toute peine prononcée en


application du présent article est susceptible d’appel dans les conditions prévues à
l’article 77 J).

82 83
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Article 81 Section 2: Déroulement du procès
Enregistrement des débats et conservation des preuves
(Adopté le 11 fév 1994)

Article 82
A) Le Greffier établit et conserve un compte rendu intégral de tous les débats, y compris
Jonction et disjonction d’instances
leur enregistrement sonore, leur transcription et, lorsque la Chambre de première (Adopté le 11 fév 1994)
instance le juge nécessaire, leur enregistrement vidéo. (Amendé le 12 nov 1997)
A) En cas d’instances jointes, chaque accusé a les mêmes droits que s’il était jugé
B) Après avoir dûment examiné toutes les questions relatives à la protection des témoins, séparément.
la Chambre de première instance peut ordonner la divulgation de tout ou partie du
compte rendu des débats à huis clos lorsque les raisons qui ont motivé le huis clos ont B) La Chambre de première instance peut ordonner un procès séparé pour des accusés
disparu. (Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000) dont les instances avaient été jointes en application de l’article 48, pour éviter tout
conflit d’intérêts de nature à causer un préjudice grave à un accusé ou pour
C) Le Greffier assure la conservation et la garde de tous les éléments de preuve matériels sauvegarder l’intérêt de la justice.
produits au cours des procédures sous réserve de toute directive pratique ou de toute
ordonnance que la Chambre peut prendre à tout moment quant au contrôle ou à la
destination des éléments de preuve matériels produits au cours de la procédure devant Article 83
cette Chambre. (Amendé le 25 juil 1997) Instruments de contrainte
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 4 déc 1998)

D) La Chambre de première instance détermine si des photographies, des enregistrements


vidéo ou des enregistrements sonores peuvent être pris lors de l’audience autrement Les instruments de contrainte, tels que les menottes, ne sont pas utilisés si ce n’est, sur
que par le Greffier. (Amendé le 12 nov 1997) ordre du Greffier, pour éviter un risque d’évasion au cours du transfert ou en vue d’empêcher
l’accusé de se blesser lui-même, de blesser des tiers ou de causer de graves dommages

96
matériels. Ils sont retirés lorsque l’accusé comparaît devant une Chambre ou un Juge.
Article 81 bis
Débats par vidéoconférence
(Adopté le 12 juil 2007) Article 84
Déclarations liminaires
À la demande d’une partie ou d’office, un Juge ou une Chambre peut, (Adopté le 11 fév 1994)

dans l’intérêt de la justice, ordonner que les débats se tiennent par


Avant la présentation par le Procureur de ses moyens de preuves, chacune des parties
vidéoconférence. peut faire une déclaration liminaire. Toutefois, la défense peut décider de faire sa déclaration
après que le Procureur ait présenté ses moyens de preuve et avant de présenter elle-même ses
propres moyens de défense.

84 85
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Article 84 bis par la partie qui le présente. Toutefois, un juge peut également poser toute question au
Déclaration de l’accusé témoin à quelque stade que ce soit.
(Adopté le 2 juil 1999)

C) L’accusé peut, s’il le souhaite, comparaître en qualité de témoin pour sa propre


A) Après les déclarations liminaires des parties ou si, en application de l’article 84, la défense.
Défense choisit de présenter sa déclaration liminaire après celle, le cas échéant, du
Procureur, l’accusé peut faire une déposition s’il le souhaite, avec l’accord de la
Chambre de première instance et sous le contrôle de cette dernière. L’accusé n’est
Article 86
pas tenu de faire une déclaration solennelle et n’est pas interrogé quant à la teneur de
Réquisitoire et Plaidoiries
sa déposition. (Adopté le 11 fév 1994)

B) La Chambre de première instance statue sur l’éventuelle valeur probante de la A) Après présentation de tous les moyens de preuve, le Procureur peut prononcer un
déposition. réquisitoire; qu’il le fasse ou non, la défense peut plaider. S'il le souhaite, le
Procureur peut répliquer et la défense présenter une duplique. (Amendé le 10 juil 1998)

Article 85 B) Les parties déposent leur mémoire en clôture au plus tard cinq jours avant la
Présentation des moyens de preuve présentation de leur réquisitoire ou plaidoirie. (Amendé le 10 juil 1998, amendé le 1 déc 2000, amendé le
(Adopté le 11 fév 1994) 13 déc 2000)

A) Chacune des parties peut appeler des témoins à la barre et présenter des moyens de C) Au cours du réquisitoire et des plaidoiries, les parties abordent également les
preuve. A moins que la Chambre n’en décide autrement dans l’intérêt de la justice, questions relatives au prononcé d’une peine (Amendé le 10 juil 1998)
les moyens de preuve sont présentés dans l’ordre suivant:

97
i) preuves du Procureur; Article 87
Délibéré
ii) preuves de la défense; (Adopté le 11 fév 1994)

iii) réplique du Procureur; A) Après le réquisitoire et les plaidoiries des parties, le Président de la Chambre déclare
clos les débats et la Chambre se retire pour délibérer à huis clos. L'accusé n'est
iv) duplique de la défense; déclaré coupable que lorsque la majorité de la Chambre de première instance
considère que la culpabilité de l'accusé a été prouvée au-delà de tout doute
v) moyens de preuve ordonnés par la Chambre de première instance raisonnable.
conformément à l’article 98 ci-après; et
(Amendé le 10 juil 1998) B) La Chambre de première instance vote séparément sur chaque chef visé dans l'acte
d'accusation. Si deux ou plusieurs accusés sont jugés ensemble, en application de
vi) toute information pertinente permettant à la Chambre de première instance de l'article 48 ci-dessus, la Chambre statue séparément sur le cas de chacun d'eux.
décider de la sentence appropriée si l’accusé est reconnu coupable d’un ou
plusieurs des chefs figurant dans l’acte d’accusation. C) Si la Chambre de première instance déclare l’accusé coupable d’un ou plusieurs des
(Amendé le 10 juil 1998) chefs visés de l’acte d’accusation, elle prononce une peine à raison de chaque
déclaration de culpabilité et indique si les peines doivent être confondues ou purgées
B) Chaque témoin peut, après son interrogatoire principal, faire l’objet d’un contre- de façon consécutive, à moins qu’elle ne décide d’exercer son pouvoir de prononcer
interrogatoire et d’un interrogatoire supplémentaire. Le témoin est d’abord interrogé une peine unique sanctionnant l’ensemble du comportement criminel de l’accusé.
(Amendé le 10 juil 1998, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

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IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Article 88 Section 3: De la preuve
[Supprimé]
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, amendé le 12 nov 1997, supprimé le 10 juil 1998)

Article 89
Dispositions générales
Article 88 bis (Adopté le 11 fév 1994)
[Supprimé]
(Adopté le 12 nov 1997, supprimé le 10 juil 1998) A) En matière de preuve, la Chambre applique les règles énoncées dans la présente
section et n’est pas liée par les règles de droit interne régissant l’administration de la
preuve. (Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

B) Dans les cas où le Règlement est muet, la Chambre applique les règles
d'administration de la preuve propres à parvenir, dans l'esprit du Statut et des principes
généraux du droit, à un règlement équitable de la cause.

C) La Chambre peut recevoir tout élément de preuve pertinent qu'elle estime avoir valeur
probante.

D) La Chambre peut exclure tout élément de preuve dont la valeur probante est largement
inférieure à l'exigence d'un procès équitable.

E) La Chambre peut demander à vérifier l'authenticité de tout élément de preuve obtenu

98
hors audience.

F) La Chambre peut recevoir la déposition d’un témoin oralement, ou par écrit si l’intérêt
de la justice le commande (Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

Article 90
Témoignages
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, amendé le 25 juil 1997, amendé le 17 nov 1999, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc
2000)

A) Avant de témoigner, tout témoin fait la déclaration solennelle suivante: “Je déclare
solennellement que je dirai la vérité, toute la vérité et rien que la vérité.” (Amendé le 12 avr
2001)

B) Un enfant qui, de l’avis de la Chambre ne comprend pas la nature d’une déclaration


solennelle, peut être autorisé à témoigner sans cette formalité, si la Chambre estime
qu’il est suffisamment mûr pour être en mesure de relater les faits dont il a eu
connaissance et qu’il comprend ce que signifie le devoir de dire la vérité. Un
jugement, toutefois, ne peut être fondé sur ce seul témoignage. (Revisé le 30 janv 1995)

88 89
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
C) Un témoin, autre qu’un expert, qui n’a pas encore témoigné ne doit pas être présent Article 90 bis
lors de la déposition d’un autre témoin. Toutefois, s’il a entendu cet autre Transfert d’un témoin détenu
témoignage, le sien n’est pas pour autant irrecevable. (Adopté le 6 oct 1995)

D) Nonobstant le paragraphe C), sur ordre de la Chambre, nul ne pourra s’opposer à ce A) Toute personne détenue dont la comparution personnelle en qualité de témoin est
qu’un enquêteur chargé des investigations pour l’une des parties soit cité à ordonnée par le tribunal sera transférée temporairement au quartier pénitentiaire
comparaître sous prétexte qu’il était présent dans le prétoire durant l’audience. (Amendé le relevant du Tribunal, sous condition de son retour au terme du délai fixé par le
25 juil 1997) Tribunal.

E) Un témoin peut refuser de faire toute déclaration qui risquerait de l’incriminer. La B) L’ordre de transfert ne peut être délivré par un juge permanent ou une Chambre
Chambre peut, toutefois, obliger le témoin à répondre. Aucun témoignage obtenu de qu’après vérification préalable de la réunion des conditions suivantes:
la sorte ne pourra être utilisé par la suite comme élément de preuve contre le témoin,
hormis le cas de poursuite pour faux témoignage. (Revisé le 30 janv 1995) i) la présence du témoin détenu n’est pas nécessaire dans une procédure pénale
en cours sur le territoire de l’Etat requis pour la période durant laquelle elle est
F) La Chambre de première instance exerce un contrôle sur les modalités de sollicitée par le Tribunal;
l’interrogatoire des témoins et de la présentation des éléments de preuve, ainsi que sur
l’ordre dans lequel ils interviennent, de manière à: ii) son transfert n’est pas susceptible de prolonger la durée de sa détention telle
que prévue par l’Etat requis.
i) rendre l’interrogatoire et la présentation des éléments de preuve efficaces pour
l’établissement de la vérité et; (Amendé le 12 avr 2001)

ii) éviter toute perte de temps inutile. C) Le Greffier transmet l’ordre de transfert aux autorités nationales de l’Etat sur le
territoire ou sous la juridiction ou le contrôle duquel le témoin est détenu. Le transfert

99
(Amendé le 10 juil 1998)
est organisé par les autorités nationales intéressées en liaison avec les autorités du
pays hôte et le Greffier. (Amend le 12 nov 1997)
G) La Chambre de première instance peut refuser d’entendre un témoin dont le nom ne
figure pas sur les listes de témoins établies en vertu des articles 73 bis C) du
D) Il incombe au Greffier de s’assurer du bon déroulement dudit transfert, y compris le
Règlement et 73 ter C) du Règlement. (Amendé le 12 avr 2001)
suivi de la détention du témoin au quartier pénitentiaire relevant du tribunal; de
s’informer de toutes modifications pouvant intervenir dans les modalités de la
H) i) Le contre-interrogatoire se limite aux points évoqués dans l'interrogatoire
détention telles que prévues par l’Etat requis et pouvant affecter la durée de détention
principal, aux points ayant trait à la crédibilité du témoin et à ceux ayant trait à
du témoin audit quartier pénitentiaire et d’en faire part, dans les plus brefs délais, au
la cause de la partie procédant au contre-interrogatoire, sur lesquels portent les
juge ou à la Chambre concerné.
déclarations du témoin.

ii) Lorsqu'une partie contre interroge un témoin qui est en mesure de déposer sur E) A l’expiration du délai fixé par le Tribunal pour le transfert temporaire, le témoin
un point ayant trait à sa cause, elle doit le confronter aux éléments dont elle détenu sera remis aux autorités de l’Etat requis, à moins que l’Etat n’ait transmis,
dispose qui contredisent ses déclarations. pendant cette même période, un ordre de mise en liberté du témoin auquel il devra être
immédiatement fait suite.
iii) La Chambre de première instance peut, si elle le juge bon, autoriser des
questions sur d’autres sujets. F) Si, au cours du délai fixé par le Tribunal, la présence du témoin détenu demeure
nécessaire, un juge permanent ou une Chambre peut proroger le délai, dans le respect
(Amendé le 10 juil 1998, amendé le 17 nov 1999) des conditions fixées au paragraphe B). (Amendé le 12 avr 2001)

90 91
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Article 91 G) Le faux témoignage sous déclaration solennelle est passible d’une amende ne pouvant
Faux témoignage sous déclaration solennelle excéder Eur 100 000 ou d’une peine d’emprisonnement de sept ans maximum, ou des
(Adopté le 11 fév 1994) deux. L’amende est payée au Greffier qui la verse sur le compte distinct visé au
paragraphe H) de l’article 77 ci-dessus. (Amendé le 18 janv 1996, amendé le 25 juil 1997, amendé le 12 nov
A) D’office ou à la demande d'une partie, la Chambre avertit le témoin de son obligation 1997, amendé le 4 déc 1998, amendé le 13 déc 2001)
de dire la vérité et des conséquences pouvant résulter d'un faux témoignage. (Amendé le 25
juil 1997)
H) Les paragraphes B) à G) s’appliquent mutatis mutandis à une personne qui fait
sciemment et volontairement un faux témoignage dans une déclaration écrite
B) Si la Chambre a de bonnes raisons de croire qu'un témoin a sciemment et
recueillie en conformité avec l’article 92 bis ou avec l’article 92 quater et dont cette
volontairement fait un faux témoignage, elle peut
personne sait ou a des raisons de savoir qu’elle peut servir de preuve lors des
poursuites devant le Tribunal. (Amendé le 17 nov 1999, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000, amendé le
i) demander au Procureur d'examiner l'affaire en vue de préparer et de soumettre 13 déc 2001, amendé le 13 sep 2006)
un acte d'accusation pour faux témoignage; ou
(Amendé le 13 déc 2001)
I) Toute décision rendue par une Chambre de première instance en vertu du présent
article est susceptible d’appel. L’acte d’appel doit être déposé dans les quinze jours
ii) si elle estime que le Procureur a un conflit d’intérêts pour ce qui est du
du dépôt de la décision contestée. Lorsque cette décision est rendue oralement, l’acte
comportement en cause, enjoindre au Greffier de désigner un amicus curiae
d’appel doit être déposé dans les quinze jours de la décision contestée, à moins que,
qui instruira l’affaire et indiquera à la Chambre s’il existe des motifs suffisants
pour engager une procédure pour faux témoignage.
(Amendé le 13 déc 2001)
i) la partie attaquant la décision n’ait pas été présente ou représentée lors du
prononcé de la décision, auquel cas le délai court à compter du jour où la
C) Si la Chambre considère qu’il existe des motifs suffisants pour poursuivre une partie reçoit notification de la décision orale qu’elle entend attaquer; ou
personne pour faux témoignage, elle peut:
ii) la Chambre de première instance n’ait indiqué qu’une décision écrite suivrait,

100
i) dans les circonstances décrites au paragraphe B) i), demander au Procureur auquel cas le délai court à compter du dépôt de la décision écrite.
d’engager une procédure, ou
(Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

ii) dans les circonstances décrites au paragraphe B) ii), rendre une ordonnance au
lieu de délivrer un acte d’accusation et demander à l’amicus curiae d’engager
Article 92
une procédure.
Aveux
(Adopté le 11 fév 1994)
(Amendé le 13 déc 2001)

Sous réserve du respect rigoureux des conditions visées à l'article 63 ci-dessus, l'aveu
D) Les dispositions de procédure et de preuve prévues aux chapitres quatre à huit du
de l'accusé donné lors d'un interrogatoire par le Procureur, est présumé libre et volontaire
Règlement s'appliquent, mutatis mutandis, aux procédures visées au présent article.
jusqu'à preuve du contraire.

E) Toute personne accusée ou inculpée de faux témoignage se verra commettre d’office


un conseil, en application de l’article 45 si elle satisfait aux critères fixés par le
Greffier pour être déclarée indigente. (Amendé le 13 déc 2001)

F) Un juge ayant siégé à la Chambre de première instance devant laquelle le témoin a


comparu, ne peut connaître des procédures pour faux témoignage dont le témoin est
l'objet.

92 93
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Article 92 bis une attestation écrite selon laquelle le contenu de la déclaration est, pour autant qu’il
Admission de déclarations écrites et de comptes rendus de le sache et s’en souvienne, véridique et exact et
dépositions au lieu et place d’un témoignage oral
(Adopté le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000, amendé le 13 sep 2006) i) la déclaration est recueillie en présence:

A) La Chambre de première instance peut décider que la comparution du témoin en a) d’une personne habilitée à certifier une telle déclaration en conformité
personne n’est pas nécessaire et admettre, en tout ou en partie, les éléments de preuve avec le droit et la procédure d’un Etat ou
présentés par un témoin sous la forme d’une déclaration écrite ou du compte rendu b) un officier instrumentaire désigné à cet effet par le Greffier du Tribunal
d’une déposition faite dans une autre affaire portée devant le Tribunal, au lieu et place international et
d’un témoignage oral, et permettant de démontrer un point autre que les actes et le
comportement de l’accusé tels qu’allégués dans l’acte d’accusation. ii) la personne certifiant la déclaration atteste par écrit:

i) Parmi les facteurs justifiant le versement au dossier d’une déclaration écrite ou a) que le déclarant est effectivement la personne identifiée dans ladite
du compte rendu d’une déposition, on compte notamment les cas où lesdits déclaration;
éléments de preuve: b) que le déclarant a affirmé que le contenu de la déclaration est, pour
autant qu’il le sache et s’en souvienne, véridique et exact;
a) sont cumulatifs, au sens où d’autres témoins déposeront ou ont déjà c) que le déclarant a été informé qu’il pouvait être poursuivi pour faux
déposé oralement sur des faits similaires; témoignage si le contenu de la déclaration n’était pas véridique et
b) se rapportent au contexte historique, politique ou militaire pertinent; d) la date et le lieu de la déclaration.
c) consistent en une analyse générale ou statistique de la composition
ethnique de la population dans les lieux mentionnés dans l’acte L’attestation est jointe à la déclaration écrite soumise à la Chambre de première
d’accusation; instance.
d) se rapportent à l’effet des crimes sur les victimes;

101
e) portent sur la moralité de l’accusé; ou C) Après avoir entendu les parties, la Chambre détermine s’il y a lieu de citer un témoin à
f) se rapportent à des éléments à prendre en compte pour la détermination comparaître pour un contre-interrogatoire; le cas échéant, les dispositions de
de la peine. l’article 92 ter s’appliquent.

ii) Parmi les facteurs s’opposant au versement au dossier d’une déclaration écrite
ou du compte rendu d’une déposition, on compte notamment les cas où:
Article 92 ter
Autres cas d’admission de déclarations
a) l’intérêt général commande que les éléments de preuve concernés
écrites et de comptes rendus de déposition
soient présentés oralement; (Adopté le 13 sep 2006)
b) une partie qui s’oppose au versement des éléments de preuve peut
démontrer qu’ils ne sont pas fiables du fait de leur nature et de leur A) La Chambre de première instance peut admettre, en tout ou en partie, les éléments de
source, ou que leur valeur probante est largement inférieure à leur effet preuve présentés par un témoin sous la forme d’une déclaration écrite ou du compte
préjudiciable ou rendu d’une déposition faite dans une autre affaire portée devant le Tribunal, dans les
c) il existe tout autre facteur qui justifie la comparution du témoin pour conditions suivantes:
contre-interrogatoire.
i) le témoin est présent à l’audience;
B) Si la Chambre décide que la comparution d’un témoin n’est pas nécessaire, une
déclaration écrite soumise au titre du présent article est recevable si le déclarant a joint ii) le témoin peut être contre-interrogé et répondre aux éventuelles questions des
juges; et

94 95
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iii) le témoin atteste que la déclaration écrite ou le compte rendu de déposition ii) la non-comparution du témoin ou l’absence de déposition résulte concrètement
reflète fidèlement ses propos et confirme qu’il tiendrait ces mêmes propos s’il de pressions indues, notamment sous forme de menaces, d’intimidation, de
était interrogé. voies de fait, de subornation ou de coercition;

B) Un témoignage admis en application du paragraphe A) peut tendre à prouver les actes iii) le cas échéant, des mesures raisonnables ont été prises en conformité avec les
ou le comportement de l’accusé qui sont mis en cause dans l’acte d’accusation. articles 54 et 75 afin que le témoin comparaisse ou, s’il comparait, qu’il
témoigne librement sur tous les faits importants dont il a connaissance;

Article 92 quater iv) l’intérêt de la justice le commande.


Personnes non disponibles
(Adopté le 13 sep 2006) B) Pour les besoins du paragraphe A):

A) Les éléments de preuve présentés sous la forme d’une déclaration écrite ou du compte i) les pressions indues peuvent notamment concerner l’intégrité physique, les
rendu d’une déposition, d’une personne décédée par la suite, d’une personne qui ne biens ou les intérêts — financiers ou autres — du témoin ou d’autrui;
peut plus être retrouvée même avec des efforts suffisants ou d’une personne qui n’est
pas en mesure de témoigner oralement en raison de son état de santé physique ou ii) l’intérêt de la justice s’apprécie, entre autres, au regard des facteurs suivants:
mentale peuvent être admis, que la déclaration écrite se présente ou non sous la forme
prévue à l’article 92 bis, si la Chambre de première instance: a) la fiabilité de la déclaration ou du compte rendu de déposition au regard
des conditions entourant le recueil de la déclaration ou du témoignage;
i) est convaincue que la personne en question n’est pas disponible pour les
raisons susmentionnées; et b) le rôle apparemment joué par une partie à l’instance, ou par quiconque
agissant pour le compte de cette partie, dans les pressions indues;

102
ii) estime, au vu des circonstances dans lesquelles la déclaration a été faite et
enregistrée, que ces éléments sont fiables. c) le fait que la déclaration ou le compte rendu de déposition tend à
prouver les actes et le comportement de l’accusé mis en cause dans
B) Le fait qu’un témoignage tende à prouver les actes ou le comportement d’un accusé
l’acte d’accusation.
mis en cause dans l’acte d’accusation peut militer contre son admission, en tout ou en
partie.
iii) tout élément de preuve admis au titre du paragraphe A) peut notamment tendre
à prouver les actes et le comportement de l’accusé mis en cause dans l’acte
d’accusation.
Article 92 quinquies
Admission de déclarations et de comptes rendus de déposition de témoins faisant l’objet C) La Chambre de première instance peut, pour l’application du présent article, tenir
de pressions compte de tout élément de preuve pertinent, notamment écrit.
(Adopté le 10 déc 2009)

A) La Chambre de première instance peut admettre tout élément de preuve présenté sous
la forme d’une déclaration écrite ou d’un compte rendu de déposition faite dans une
autre affaire portée devant le Tribunal si elle est convaincue que les conditions
suivantes sont réunies:

i) le témoin n’a pas comparu ou, bien qu’ayant comparu, n’a pas déposé ou n’a
pas abordé certains points importants;
96 97
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Article 93 iii) si elle conteste la qualité d’expert du témoin ou la pertinence du rapport et/ou
Ligne de conduite délibérée de la déclaration, en tout ou en partie, auquel cas elle indique quelles en sont
(Adopté le 11 fév 1994) les parties contestées.
(Amendé le 13 sep 2006)
A) Les éléments de preuve permettant d'établir une ligne de conduite délibérée, dans
laquelle s’inscrivent des violations graves du droit international humanitaire au sens (Amendé le 13 déc 2001, amendé le 12 déc 2002, amendé le 13 sep 2006)

du Statut, sont recevables dans l'intérêt de la justice. (Amendé le 18 janv 1996)


C) Si la partie adverse fait savoir qu'elle accepte le rapport et/ou la déclaration du témoin
B) Les actes qui tendent à démontrer l'existence d'une telle ligne de conduite font l'objet expert, ce rapport et/ou cette déclaration peuvent peut être admis comme élément de
d'une communication à la défense par le Procureur, conformément à l'article 66. (Revisé preuve par la Chambre de première instance sans que le témoin soit appelé à déposer
le 30 janv 1995) en personne.
(Amendé le 13 sep 2006)

Article 94
Constat judiciaire Article 94 ter
(Adopté le 11 fév 1994) [Supprimé]
(Adopté le 4 déc 1998, amendé le 17 nov 1999, supprimé 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

A) La Chambre de première instance n'exige pas la preuve de faits de notoriété publique,


mais en dresse le constat judiciaire.
Article 95
B) Une Chambre de première instance peut, d’office ou à la demande d’une partie, et Exclusion de certains éléments de preuve
(Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, amendé le 12 nov 1997)
après audition des parties, décider de dresser le constat judiciaire de faits jugés ou de
l’authenticité de moyens de preuve documentaires admis lors d’autres affaires portées N’est recevable aucun élément de preuve obtenu par des moyens qui entament

103
devant le Tribunal et en rapport avec l’instance. (Amendé le 10 juil 1998, amendé le 22 juil 2009 et le 8 fortement sa fiabilité ou si son admission, allant à l’encontre d’une bonne administration de la
déc. 2010)
justice, lui porterait gravement atteinte.

Article 94 bis
Déposition de témoins experts Article 96
(Adopté le 10 juil 1998) Administration des preuves en matière de violences sexuelles
(Adopté le 11 fév 1994)

A) Le rapport et/ou la déclaration de tout témoin expert cité par une partie est
intégralement communiqué à la partie adverse dans le délai fixé par la Chambre de En cas de violences sexuelles:
première instance ou par le juge de la mise en état. (Amendé le 14 juil 2000, amendé le 1 déc 2000,
amendé le 13 déc 2000, amendé le 13 déc 2001, amendé le 13 sep 2006) i) la corroboration du témoignage de la victime par des témoins n'est pas requise;

B) Dans les trente jours suivant la communication du rapport et/ou de la déclaration du ii) le consentement ne pourra être utilisé comme moyen de défense lorsque la
témoin expert, ou dans tout autre délai fixé par la Chambre de première instance ou le victime:
juge de la mise en état, la partie adverse fait savoir à la Chambre de première instance: (Amendé le 5 mai 1994)
a) a été soumise à des actes de violence ou si elle a été contrainte, détenue
i) si elle accepte le rapport et/ou la déclaration du témoin expert; ou soumise à des pressions psychologiques ou si elle craignait de les
(Amendé le 13 sep 2006) subir ou était menacée de tels actes, ou
(Amendé le 5 mai 1994)

ii) si elle souhaite procéder à un contre-interrogatoire du témoin expert; et

98 99
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Section 4: Jugement
b) a estimé raisonnablement que, si elle ne se soumettait pas, une autre
pourrait subir de tels actes, en être menacée ou contrainte par la peur;
(Amendé le 5 mai 1994) Article 98 bis
Acquittement
iii) avant que les preuves du consentement de la victime ne soient admises, (Adopté le 10 juil 1998, amendé 17 nov 1999, amendé le 8 déc 2004)
l'accusé doit démontrer à la Chambre de première instance siégeant à huis clos
que les moyens de preuve produits sont pertinents et crédibles; A la fin de la présentation des moyens à charge, la Chambre de première instance doit,
(Amendé le 5 mai 1994) par décision orale et après avoir entendu les arguments oraux des parties, prononcer
l'acquittement de tout chef d'accusation pour lequel il n'y a pas d'éléments de preuve
iv) le comportement sexuel antérieur de la victime ne peut être invoqué comme susceptible de justifier une condamnation.
moyen de défense.

Article 98 ter
Article 97 Jugement
Secret des communications entre avocat et client (Adopté le 10 juil 1998)
(Adopté le 11 fév 1994)

A) Le jugement est prononcé en audience publique à une date qui a été notifiée aux
Toutes les communications échangées entre un avocat et son client sont considérées parties et aux conseils. Ces derniers sont en droit d'être présents, sous réserve des
comme couvertes par le secret professionnel, et leur divulgation ne peut pas être ordonnée à dispositions du paragraphe B) de l'article 102.
moins que:
B) Si elle juge l'accusé coupable d’une infraction et si à l'examen des preuves il est établi
i) le client ne consente à leur divulgation; ou que l'infraction a donné lieu à l'acquisition illicite d'un bien, la Chambre de première

104
instance le constate spécifiquement dans son jugement et peut ordonner la restitution
ii) le client n'en n'ait volontairement divulgué le contenu à un tiers et que ce tiers de ce bien conformément à l'article 105 ci-après.
n'en fasse état au procès.
C) Le jugement est adopté à la majorité et est motivé par écrit dans les meilleurs délais
possibles. Des opinions individuelles ou dissidentes peuvent être jointes.
Article 98
Pouvoir des Chambres d'ordonner de leur propre D) Un exemplaire du jugement et des opinions des juges dans une langue que l’accusé
initiative la production de moyens de preuve supplémentaires
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 25 juil 1997) comprend doivent lui être signifiés dans les meilleurs délais si celui-ci est en
détention. Des exemplaires des mêmes documents dans cette langue et dans les
La Chambre de première instance peut ordonner la production de moyens de preuve langues dans lesquelles ils ont été rédigés doivent être transmis dans les meilleurs
supplémentaires par l'une ou l'autre des parties. Elle peut d’office citer des témoins à délais au conseil de l’accusé.
comparaître.

100 101
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Article 99 Section 5: Sentence et peines
Statut de la personne acquittée
(Adopté le 11 fév 1994)

Article 100
A) Sous réserve des dispositions du paragraphe B) ci-dessous, l’accusé est, en cas
Prononcé de la sentence lorsque l’accusé a plaidé coupable
d’acquittement ou s’il est fait droit à une exception d’incompétence, remis en liberté (Adopté le 11 fév 1994)
immédiatement. (Amendé le 12 nov 1997)
A) Si le plaidoyer de culpabilité d’un accusé est retenu par la Chambre de première
B) Si, lors du prononcé du jugement, le Procureur fait part en audience publique de son instance, le Procureur et la défense peuvent présenter toutes informations pertinentes
intention d’interjeter appel conformément à l’article 108, la Chambre peut, sur requête permettant à la Chambre de première instance de décider de la sentence appropriée.
du Procureur et après avoir entendu les parties, rendre une ordonnance aux fins du (Amendé le 25 juin 1996, amendé le 5 juil 1996, amendé le 10 juil 1998)

maintien en détention de la personne acquittée dans l’attente du jugement en appel.


(Amendé le 12 nov 1997, amendé le 10 juil 1998) B) La sentence est prononcée en audience publique et en présence de la personne
reconnue coupable, sous réserve du paragraphe B) de l'article 102. (Amendé le 10 juil 1998)

Article 101
Peines
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 10 juil 1998, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

A) Toute personne reconnue coupable par le Tribunal est passible de l'emprisonnement


pouvant aller jusqu'à l'emprisonnement à vie.

105
B) Lorsqu'elle prononce une peine la Chambre de première instance tient compte des
dispositions prévues au paragraphe 2) de l'article 24 du Statut, ainsi que:

i) de l'existence de circonstances aggravantes;

ii) de l'existence de circonstances atténuantes, y compris le sérieux et l'étendue de


la coopération que l'accusé a fournie au Procureur avant ou après sa
déclaration de culpabilité;

iii) de la grille générale des peines d’emprisonnement telles qu'appliquées par les
tribunaux en ex-Yougoslavie;

iv) de la durée de la période, le cas échéant, pendant laquelle la personne


reconnue coupable avait déjà purgé une peine imposée à raison du même acte
par une juridiction interne, en application du paragraphe 3) de l'article 10 du
Statut.
(Revisé le 30 janv 1995)

C) La durée de la période pendant laquelle la personne reconnue coupable a été gardée à


vue en attendant d'être remise au Tribunal ou en attendant d'être jugée par une

102 103
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Chambre de première instance ou la Chambre d'appel est déduite de la durée totale de Article 104
sa peine. (Revisé le 30 janv 1995) Contrôle de l'emprisonnement
(Adopté le 11 fév 1994)

L'exécution de toutes les peines de prison est soumise au contrôle du Tribunal ou d'un
Article 102
organe désigné par lui.
Statut du condamné
(Adopté le 11 fév 1994)

A) La sentence emporte immédiatement exécution dès son prononcé. Toutefois, dès Article 105
notification d'appel, il est sursis à l'exécution de la sentence jusqu'au prononcé de la Restitution de biens
décision d'appel, le condamné restant néanmoins détenu comme prévu à l'article 64 ci- (Adopté le 11 fév 1994)

dessus. (Amendé le 10 juil 1998)


A) Après jugement de culpabilité contenant le constat spécifique prévu au paragraphe B)
B) Si, conformément à une décision antérieure de la Chambre, le condamné est en liberté de l'article 98 ter, la Chambre de première instance doit, sur requête du Procureur, ou
provisoire ou est en liberté pour toute autre raison, et n'est pas présent au moment du peut, d’office, tenir une audience spéciale pour déterminer les conditions spécifiques
prononcé du jugement, la Chambre émet un mandat d'arrêt à son encontre. Lors de dans lesquelles devra être restitué le bien en question ou le produit de son aliénation.
son arrestation, notification lui est alors donnée de la déclaration de culpabilité et de La Chambre peut ordonner dans l'intervalle les mesures conservatoires qu'elle juge
la sentence, après quoi il est procédé conformément à l'article 103 ci-après. appropriées pour la préservation et la protection du bien et du produit de son
aliénation. (Amendé le 25 juil 1997, amendé le 10 juil 1998)

B) La décision de restitution s'étend au bien et au produit de l'aliénation du bien même


Article 103
s'il se trouve entre les mains de tiers n'ayant aucun rapport avec les infractions dont
Lieu d’emprisonnement
(Adopté le 11 fév 1994) l'accusé a été reconnu coupable.

106
A) La peine de prison est exécutée dans un Etat choisi par le Président du Tribunal sur C) Les tiers sont cités à comparaître devant la Chambre de première instance et ont la
une liste d'Etats ayant indiqué leur volonté d'accueillir des personnes condamnées possibilité de justifier leur possession du bien ou du produit de son aliénation.
pour l'exécution de leur peine. (Amendé le 10 juil 1998)
D) Si la Chambre de première instance peut, à l'examen des preuves et de leur force
B) Le transfert du condamné vers cet Etat est effectué aussitôt que possible après probante, déterminer qui est le propriétaire légitime, elle ordonne la restitution à ce
expiration du délai d'appel. dernier du bien ou du produit de son aliénation, ou prend toute autre mesure qu'elle
juge appropriée. (Revisé le 30 janv 1995)
C) Dans l’attente de la conclusion d’un accord pour son transfert vers l’Etat où il doit
purger sa peine, le condamné reste sous la garde du Tribunal. (Amendé le 4 déc 1998) E) Si la Chambre de première instance ne peut pas déterminer qui est le propriétaire
légitime du bien, elle en informe les autorités nationales compétentes et leur demande
de le déterminer.

F) Après notification par les autorités nationales qu'elles ont procédé à cette
détermination, la Chambre de première instance ordonne la restitution du bien ou du
produit de son aliénation, selon le cas, ou prend toute autre mesure qu'elle juge
appropriée. (Revisé le 30 janv 1995)

104 105
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G) Le Greffier transmet aux autorités nationales compétentes les citations, les
ordonnances et les demandes rendues par une Chambre de première instance CHAPITRE SEPTIÈME
conformément aux paragraphes C), D), E) et F) du présent article. (Revisé le 30 janv 1995) L'APPEL

Article 106 Article 107


Indemnisation des victimes Disposition générale
(Adopté le 11 fév 1994)
(Adopté le 11 fév 1994)

Les dispositions du Règlement en matière de procédure et de preuve devant les


A) Le Greffier transmet aux autorités compétentes des Etats concernés le jugement par
Chambres de première instance s'appliquent, mutatis mutandis, à la procédure devant la
lequel l'accusé a été reconnu coupable d'une infraction qui a causé des dommages à
Chambre d'appel.
une victime.

B) La victime ou ses ayants droit peuvent, conformément à la législation nationale Article 108
applicable, intenter une action devant une juridiction nationale ou toute autre Acte d’appel
institution compétente, pour obtenir réparation du préjudice. (Adopté le 11 fév 1994, revisé le 30 janv 1995, supprimé le 12 nov 1997, amendé le 10 juil 1998,
amendé le 2 juil 1999, amendé le 17 nov 1999, amendé le 13 déc 2001)

C) Aux fins d'obtenir réparation du préjudice conformément au paragraphe B) ci-dessus, Une partie qui entend interjeter appel d’un jugement doit, dans les trente jours de son
le jugement du Tribunal est définitif et déterminant quant à la responsabilité pénale de prononcé, déposer un acte d’appel, exposant ses moyens d’appel. L’appelant précise
la personne condamnée. également l’ordonnance ou la décision attaquée, sa date de dépôt et/ou la page du compte
rendu d’audience, la nature des erreurs relevées et la mesure sollicitée. La Chambre d’appel
peut, s’il est fait état dans la requête de motifs valables, autoriser une modification des

107
moyens d’appel.

Article 108 bis


Requête d’un Etat aux fins d’examen
(Adopté le 25 juil 1997)

A) Un Etat directement concerné par une décision interlocutoire d’une Chambre de


première instance peut, dans les quinze jours de ladite décision, demander son examen
par la Chambre d’appel si cette décision porte sur des questions d’intérêt général
relatives aux pouvoirs du Tribunal.

B) La Chambre d’appel entend la partie à l’origine de la décision contestée rendue par la


Chambre de première instance. La Chambre d’appel peut entendre l’autre partie si elle
estime qu’il en va de l’intérêt de la justice. (Amendé le 17 nov 1999)

C) La Chambre d’appel peut à tout moment surseoir à l’exécution de la décision


contestée. (Amendé le 17 nov 1999)

D) L’article 116 bis s’applique mutatis mutandis.

106 107
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Article 109 Article 113
Dossier d'appel Mémoire en réplique
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000) (Adopté le 11 fév 1994, amendé le 21 juil 2005)

Le dossier d’appel est constitué du dossier de première instance, tel que certifié par le L'appelant peut déposer un mémoire en réplique dans un délai de quinze jours à
Greffier. compter du dépôt du mémoire de l'intimé. Lorsque l’appel ne concerne que la peine, le
mémoire en réplique est déposé dans les dix jours du dépôt du mémoire de l’intimé.

Article 110
Copie du dossier d'appel Article 114
(Adopté le 11 fév 1994) Date d'audience
(Adopté le 11 fév 1994)
Le Greffier fait autant de copies du dossier d'appel qu'il y a de parties et de juges en
Chambre d'appel. Après l'expiration des délais de dépôt des mémoires prévus aux articles 111, 112 et
113 ci-dessus, la Chambre d'appel fixe la date d'audience et le Greffier en informe les parties.

Article 111
Mémoire de l'appelant Article 115
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 12 nov 1997, amendé le 10 juil 1998, Moyens de preuve supplémentaires
amendé le 17 nov 1999, amendé le 13 déc 2001, amendé le 21 juil 2005)
(Adopté le 11 fév 1994)

A) Le mémoire de l’appelant, qui expose tous les arguments et références


A) Une partie peut demander à pouvoir présenter devant la Chambre d’appel des moyens
correspondantes, est déposé dans un délai de soixante-quinze jours à compter du dépôt
de preuve supplémentaires. Une telle requête, qui doit indiquer clairement et
de l’acte d’appel conformément à l’article 108. Lorsque l’appel ne concerne que la

108
précisément la constatation de la Chambre de première instance à laquelle le moyen
peine, le mémoire de l’appelant est déposé dans les trente jours du dépôt de l’acte
de preuve supplémentaire se rapporte, doit être déposée auprès du Greffier et signifiée
d’appel conformément à l’article 108.
à l’autre partie au plus tard trente jours après le dépôt du mémoire en réplique, à
moins qu’il existe des motifs valables ou, après l’audience d’appel, des raisons
B) Lorsque le Procureur fait appel, il déclare dans le mémoire de l’appelant qu’il a
impérieuses d’accorder un délai supplémentaire. Toute partie concernée par la requête
transmis, au moment du dépôt de celui-ci, tous les documents en sa possession qui
peut présenter des moyens de preuve en réfutation. Les parties sont autorisées à
devaient être communiqués.
présenter des mémoires complémentaires sur l’incidence des moyens de preuve
supplémentaires dans les quinze jours de l’expiration du délai imparti pour le dépôt
des moyens de preuve en réfutation si aucun moyen en réfutation n’est présenté et
Article 112
dans le cas contraire, dans les quinze jours de la décision relative à l’admissibilité
Mémoire de l'intimé
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 17 nov 1999, amendé le 13 déc 2001, amendé le 21 juil 2005) desdits moyens. (Amendé le 12 juil 2002, amendé le 30 sep 2002, amendé le 21 juil 2005)

A) Le mémoire de l’intimé, qui expose tous les arguments et références correspondantes, B) Si la Chambre d’appel conclut à la pertinence, la fiabilité et la non-disponibilité au
est déposé dans un délai de quarante jours à compter du dépôt du mémoire de procès des moyens de preuve supplémentaires, elle détermine si leur présentation au
l’appelant. Lorsque l’appel ne concerne que la peine, le mémoire de l’intimé est procès en aurait peut-être changé l’issue. Le cas échéant, elle en tient compte ainsi que
déposé dans les trente jours du dépôt du mémoire de l’appelant. de toutes les autres pièces du dossier et de tout moyen de preuve présenté en
réfutation pour rendre une décision définitive en conformité avec l’article 117. (Amendé
le 12 juil 2002, amendé le 21 juil 2005)
B) Lorsque le Procureur est l’intimé, il déclare dans son mémoire de l’intimé qu’il a
transmis, au moment du dépôt de celui-ci, tous les documents en sa possession qui
devaient être communiqués.
108 109
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
C) La Chambre d’appel peut statuer sur la requête avant ou pendant l’audience d’appel, D) L'arrêt est prononcé en audience publique à une date qui a été notifiée aux parties et
et avec ou sans audition des parties. (Amendé le 12 juil 2002, amendé le 21 juil 2005) aux conseils. Ces derniers sont en droit d'être présents. (Revisé le 30 janv 1995)

D) Dans les procès à plusieurs appelants, tout moyen de preuve supplémentaire admis au
nom de l’un d’entre eux sera, pour peu qu’il soit pertinent, pris en compte dans Article 118
l’examen du cas de chacun des autres appelants. (Amendé le 12 juil 2002) Statut de l'accusé après l'arrêt d'appel
(Adopté le 11 fév 1994)

A) En cas de condamnation, l'arrêt est exécutoire immédiatement.


Article 116
[Supprimé]
(Adopté le 11 fév 1994, supprimé le 12 nov 1997) B) Si l'accusé n'est pas présent au jour du prononcé de l'arrêt, soit en raison de son
acquittement en première instance, soit en raison d'une ordonnance prise
conformément à l'article 65 ci-dessus ou pour toute autre cause, la Chambre d'appel
Article 116 bis rend son arrêt en son absence et ordonne son arrestation et sa mise à disposition du
Procédure d'appel simplifiée Tribunal, hormis le cas de l'acquittement.
(Adopté le 30 janv 1995, amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000)

A) Tout appel interjeté en vertu des articles 72 ou 73 ou tout recours introduit contre une
décision rendue en vertu des articles 11 bis, 54 bis, 65, 73 bis (E), 77 ou 91 du présent
Règlement fait l’objet d’une procédure simplifiée sur la base du dossier d’audience de
la Chambre de première instance. L’appel peut être entièrement tranché sur la base
des conclusions écrites des parties. (Amendé le 12 nov 1997, amendé le 17 nov 1999, amendé le 14 juil 2000,
amendé le 13 déc 2001, amendé le 12 déc 2002, amendé le 21 juil 2005, amendé le 30 mai 2006)

109
B) Les articles 109 à 114 ne trouvent pas d’application dans le cas de cette procédure.

C) Le Président de la Chambre d’appel, après consultation des membres, peut décider de


ne pas appliquer le paragraphe D) de l’article 117. (Amendé le 25 juil 1997, amendé le 17 nov 1999)

Article 117
Arrêt
(Adopté le 11 fév 1994)

A) La Chambre d'appel rend son arrêt en se fondant sur le dossier d'appel et, le cas
échéant, sur les nouveaux éléments de preuve qui lui ont été présentés.

B) L'arrêt est adopté à la majorité et est motivé par écrit dans les meilleurs délais
possibles. Des opinions individuelles ou dissidentes peuvent être jointes. (Revisé le 30 janv
1995)

C) Lorsque les circonstances le requièrent, la Chambre d'appel peut renvoyer l'affaire


devant la Chambre de première instance pour un nouveau procès. (Revisé le 30 janv 1995)

110 111
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
CHAPITRE HUITIÈME Article 122
RÉVISION Renvoi de l'affaire devant la Chambre de première instance
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 4 déc 1998)

Si le jugement à réviser est frappé d'appel lors du dépôt de la requête en révision, la


Article 119
Chambre d'appel peut renvoyer l'affaire à la Chambre de première instance pour qu'elle statue
Demande en révision
sur la demande.
(Adopté le 11 fév 1994)

A) S'il est découvert un fait nouveau qui n'était pas connu de la partie intéressée lors de la
procédure devant une Chambre de première instance ou la Chambre d'appel ou dont la
découverte n'aurait pu intervenir malgré toute la diligence voulue, la défense ou, dans
l'année suivant le prononcé du jugement définitif, le Procureur peut soumettre à la
même Chambre une requête en révision du jugement. Si, à la date de la demande en
révision, un ou plusieurs juges de la Chambre initiale n’est plus en fonction au
Tribunal, le Président nomme un ou plusieurs juges en remplacement. (Amendé le 4 déc 1998,
amendé le 12 juil 2001, amendé le 13 déc 2001)

B) Tout mémoire en réponse à une demande en révision est déposé dans les quarante
jours du dépôt de la demande. (Amendé le 12 juil 2002)

C) Tout mémoire en réplique est déposé dans les quinze jours du dépôt de la réponse.
(Amendé le 12 juil 2002)

110
Article 120
Examen préliminaire
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 12 juil 2001)

Si la majorité des juges de la Chambre, constituée en application de l’article 119 du


Règlement, conviennent que le fait nouveau, s'il avait été établi, aurait pu être un élément
décisif de la décision, la Chambre révise le jugement et prononce un nouveau jugement après
audition des parties.

Article 121
Appel
(Adopté le 11 fév 1994)

Après révision, le jugement prononcé par la Chambre de première instance peut faire
l'objet d'un appel conformément au chapitre 7 ci-dessus.

112 113
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
CHAPITRE NEUVIÈME CHAPITRE DIXIÈME
GRÂCE ET COMMUTATION DE PEINE DÉLAIS

Article 123 Article 126


Notification par les Etats Dispositions générales
(Adopté le 11 fév 1994) (Adopté le 12 nov 1997)

Si selon la législation de l'Etat sur le territoire duquel est incarcéré le condamné, ce A) Quand le délai prévu par le présent Règlement ou fixé en vertu de celui-ci pour
dernier peut faire l'objet d'une grâce ou d'une commutation de peine, l'Etat en informe le accomplir un acte quelconque doit courir à compter d’un événement particulier, il
Tribunal conformément à l'article 28 du Statut. court à partir de la date de cet événement. (Amendé le 13 déc 2001)

B) Si un délai fixé par le Règlement ou par une Chambre expire un jour au cours duquel
Article 124 le Greffe du Tribunal n’accepte pas d’enregistrer des documents, il est prorogé
Appréciation du Président jusqu’au premier jour au cours duquel le Greffe du Tribunal accepte d’enregistrer des
(Adopté le 11 fév 1994, amendé le 12 avr 2001, amendé le 11 fév 2005)
documents. (Amendé le 12 juil 2002)

Le Président, au vu de cette notification, apprécie en consultation avec les membres


du Bureau et les juges permanents de la Chambre ayant prononcé la peine qui siègent encore
Article 126 bis
au Tribunal, s’il y a lieu d’accorder une grâce ou une commutation de peine.
Délais pour le dépôt des réponses aux requêtes
(Adopté le 13 déc 2001)

Article 125 Toute réponse à la requête d’une partie est déposée dans les quatorze jours du dépôt

111
Critères généraux d'octroi de ladite requête, à moins que la Chambre n’en décide autrement, à titre général ou dans un
(Adopté le 11 fév 1994)
cas particulier. Toute réplique est déposée, sur autorisation de la Chambre compétente, dans
les sept jours suivant le dépôt de la réponse.
Aux fins d'apprécier de l'opportunité d'une grâce ou d'une commutation de peine, le
Président du Tribunal tient compte, entre autres, de la gravité de l'infraction commise, du
traitement réservé aux condamnés se trouvant dans la même situation, de la volonté de
Article 127
réinsertion sociale dont fait preuve le condamné ainsi que du sérieux et de l'étendue de la
Modification des délais
coopération fournie au Procureur. (Adopté le 12 nov 1997)

A) Sous réserve des dispositions du paragraphe C), une Chambre de première instance ou
le juge de la mise en état peut, lorsqu’une requête présente des motifs convaincants,

i) proroger ou raccourcir tout délai prévu par le présent Règlement ou fixé en


vertu de celui-ci;
ii) reconnaître la validité de tout acte accompli après l’expiration des délais fixés
en posant, le cas échéant, des conditions qu’elle ou il considère comme justes
et ce, que le délai soit ou non expiré.

(Amendé le 1 déc 2000, amendé le 13 déc 2000, amendé le 21 juil 2005)

114 115
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010 IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
B) S’agissant de toute démarche à accomplir en vue d’interjeter appel, la Chambre
d’appel ou le juge de la mise en état en appel peut exercer les mêmes pouvoirs que
ceux conférés par le paragraphe A) ci-dessus et ce, de la même façon et dans les
mêmes conditions que celles prévues par ledit paragraphe. (Amendé le 21 juil 2005)

C) Le présent article ne s’applique pas aux délais prévus par les articles 40 bis et 90 bis.

***

112
116
IT/32/Rev. 45 8 décembre 2010
Résolution 955 (1994) du Conseil de sécurité
des Nations Unies du 8 novembre 1994

113
S/RES/955 (1994)
NATIONS Page 2
UNIES S
Estimant que la création d'un tribunal international pour juger les personnes présumées
Conseil de sécurité responsables de tels actes ou violations contribuera à les faire cesser et à en réparer dûment les
Distr.
effets,
GÉNÉRALE

Soulignant qu'une coopération internationale est nécessaire pour renforcer les tribunaux et
S/RES/955 (1994)
l'appareil judiciaire rwandais, notamment en raison du grand nombre de suspects qui seront déférés
8 novembre 1994
devant ces tribunaux,

Considérant que la Commission d'experts créée en vertu de la résolution 935 (1994) devrait
continuer à rassembler de toute urgence des informations tendant à prouver que des violations
RÉSOLUTION 955 (1994) graves du droit international humanitaire ont été commises sur le territoire du Rwanda, et qu'elle
devrait présenter son rapport final au Secrétaire général le 30 novembre 1994 au plus tard,
Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 3453e séance,
le 8 novembre 1994 Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

1. Décide par la présente résolution, comme suite à la demande qu'il a reçue du


Le Conseil de sécurité, Gouvernement rwandais (S/1994/1115), de créer un tribunal international chargé uniquement de
juger les personnes présumées responsables d'actes de génocide ou d'autres violations graves du
Réaffirmant toutes ses résolutions antérieures sur la situation au Rwanda, droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais
présumés responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d'États voisins, entre le

114
Ayant examiné les rapports que le Secrétaire général lui a présentés conformément au 1er janvier et le 31 décembre 1994, et d'adopter à cette fin le Statut du Tribunal criminel
paragraphe 3 de sa résolution 935 (1994) du 1er juillet 1994 (S/1994/879 et S/1994/906), et ayant international pour le Rwanda annexé à la présente résolution;
pris acte des rapports du Rapporteur spécial pour le Rwanda de la Commission des droits de
l'homme des Nations Unies (S/1994/1157, annexe I et annexe II), 2. Décide que tous les États apporteront leur pleine coopération au Tribunal international
et à ses organes, conformément à la présente résolution et au Statut du Tribunal international, et
Saluant le travail accompli par la Commission d'experts créée en vertu de sa résolution qu'ils prendront toutes mesures nécessaires en vertu de leur droit interne pour mettre en application
935 (1994), en particulier son rapport préliminaire sur les violations du droit international les dispositions de la présente résolution et du Statut, y compris l'obligation faite aux États de
humanitaire au Rwanda que le Secrétaire général lui a transmis dans sa lettre du 1er octobre 1994 donner suite aux demandes d'assistance ou aux ordonnances émanant d'une Chambre de première
(S/1994/1125), instance, conformément à l'article 28 du Statut, et prie les États de tenir le Secrétaire général
informé des mesures qu'ils prendront;
Se déclarant de nouveau gravement alarmé par les informations selon lesquelles des actes de
génocide et d'autres violations flagrantes, généralisées et systématiques du droit international 3. Considère qu'une notification devrait être adressée au Gouvernement rwandais avant
humanitaire ont été commises au Rwanda, que des décisions ne soient prises en vertu des articles 26 et 27 du Statut;

Constatant que cette situation continue de faire peser une menace sur la paix et la sécurité 4. Prie instamment les États ainsi que les organisations intergouvernementales et non
internationales, gouvernementales d'apporter au Tribunal international des contributions sous forme de ressources
financières, d'équipements et de services, y compris des services d'experts;
Résolu à mettre fin à de tels crimes et à prendre des mesures efficaces pour que les personnes
qui en sont responsables soient traduites en justice, 5. Prie le Secrétaire général de mettre en oeuvre d'urgence la présente résolution et de
prendre en particulier des dispositions pratiques pour que le Tribunal international puisse
Convaincu que, dans les circonstances particulières qui règnent au Rwanda, des poursuites fonctionner effectivement le plus tôt possible, notamment de lui soumettre des recommandations
contre les personnes présumées responsables d'actes de génocide ou d'autres violations graves du quant aux lieux où le siège du Tribunal international pourrait être établi, et de lui présenter des
droit international humanitaire permettraient d'atteindre cet objectif et contribueraient au processus rapports périodiques;
de réconciliation nationale ainsi qu'au rétablissement et au maintien de la paix,
S/RES/955 (1994)
Page 3

6. Décide qu'il choisira le siège du Tribunal international en fonction de critères de justice


et d'équité ainsi que d'économie et d'efficacité administrative, notamment des possibilités d'accès
aux témoins, sous réserve que l'Organisation des Nations Unies et l'État où le Tribunal aura son
siège concluent des arrangements appropriés qui soient acceptables pour le Conseil de sécurité,
étant entendu que le Tribunal international pourra se réunir ailleurs quand il le jugera nécessaire
pour l'exercice efficace de ses fonctions; et décide d'établir un bureau au Rwanda et d'y conduire
des procédures, si cela est possible et approprié, sous réserve de la conclusion d'arrangements
adéquats analogues;

7. Décide d'envisager d'augmenter le nombre de juges et de chambres de première


instance du Tribunal international si cela s'avère nécessaire;

8. Décide de rester activement saisi de la question.

ANNEXE

Statut du Tribunal international pour le Rwanda

[Texte omis (*)]

115
(*) Pour le texte actualisé du Statut du Tribunal international, voir p. 524 ci-dessous
116
Statut actualisé du Tribunal pénal international pour le Rwanda, 1994

117
BASIC DOCUMENTS
TEXTES FONDAMENTAUX

118
Statute Statut

International Criminal Tribunal for Rwanda (ICTR)


Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 2
Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR)
31 January 2010 – 31 janvier 2010
STATUT DU TPIR
UNITED NATIONS NATIONS UNIES
TABLE DES MATIÈRES

p.
STATUT DU TRIBUNAL PÉNAL INTERNATIONAL POUR LE RWANDA
Article premier : Compétence du Tribunal international pour le Rwanda 60
Tel qu’adopté puis modifié, le cas échéant*, par les résolutions du Conseil de Sécurité suivantes** :
Article 2 : Génocide 60
p. Article 3 : Crimes contre l’humanité 62
1. Résolution 955 (1994) Créant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Le Statut du 2
du 8 novembre 1994* Tribunal est annexé à la Résolution.
Article 4 : Violations de l’article 3 commun aux Conventions de 62
Genève et du Protocole additionnel II
2. Résolution 1165 (1998) Créant une troisième Chambre de première instance et modifiant les 6
du 30 avril 1998* Articles 10, 11 et 12 du Statut du Tribunal Article 5 : Compétence ratione personae 64
3. Résolution 1329 (2000) Décidant de l’élection de deux juges supplémentaires au TPIR, qui 10 Article 6 : Responsabilité pénale individuelle 64
du 30 novembre 2000 siègeront à la Chambre d’appel.
Article 7 : Compétence ratione loci et compétence ratione temporis 64
4. Résolution 1411 (2002) Modifiant l’Article 11 du Statut du TPIR portant composition des 14
du 17 mai 2002* Chambres.
Article 8 : Compétences concurrentes 64
5. Résolution 1431 (2002) Créant un groupe de juges ad litem au TPIR et modifiant les Articles 11, 12 16 Article 9 : Non bis in idem 66
du 14 août 2002* et 13 du Statut du Tribunal. Article 10 : Organisation du Tribunal international pour le Rwanda 66
6. Résolution 1503 (2003) Priant le Tribunal de concevoir une stratégie d’achèvement de ses travaux, 18 Article 11 : Composition des Chambres 66
du 28 août 2003* modifiant l’Article 15 du Statut portant sur le Procureur, demandant au
TPIR et au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de Article 12 : Qualifications et élection des juges 68
conclure les enquêtes à la fin de 2004, d’achever les procès de première Article 12 bis : Qualifications des juges 68
instance à la fin de 2008 et de conclure tous leurs travaux en 2010.
Article 12 ter : Élection et désignation des juges ad litem 70
7. Résolution 1512 (2003) Augmentant le nombre des juges ad litem pouvant être affectés à un 24
du 27 octobre 2003* moment donné à une chambre de première instance et modifiant les Articles
Article 12 quater : Statut des juges ad litem 70
11 et 12 quater du Statut. Article 13 : Constitution du bureau et des Chambres 72
8. Résolution 1534 (2004) Demandant aux Procureurs respectifs du TPIR et du TPIY d’identifier les 30 Article 14 : Règlement du Tribunal 72
du 26 mars 2004 affaires qui pourraient être déférées à des juridictions nationales et priant le
TPIR et le TPIY de présenter un rapport semestriel relatif à l’achèvement
Article 15 : Le Procureur 74

119
des travaux. Article 16 : Le Greffe 74
9. Résolution 1684 (2006) Prorogeant jusqu’au 31 décembre 2008 le mandat des 11 juges permanents 36 Article 17 : Information et établissement de l'acte d'accusation 74
du 13 juin 2006 du Tribunal.
Article 18 : Examen de l’acte d’accusation 76
10. Résolution 1717 (2006) Prorogeant jusqu’au 31 décembre 2008 le mandat des juges 40
du 13 octobre 2006 ad litem du Tribunal pénal international élus en juin 2003. Article 19 : Ouverture et conduite du procès 76
Article 20 : Les droits de l’accusé 76
11. Résolution 1824 (2008) Prorogeant jusqu’au 31 décembre 2009 le mandat des juges de première 44 Article 21 : Protection des victimes et des témoins 78
18 juillet 2008 instance (permanents et ad litem), et jusqu’au 31 décembre 2010 le mandat
des deux juges de la Chambre d’appel, et amendant l’article 11 du Statut du Article 22 : Sentence 78
Tribunal. Article 23 : Peines 78
12. Résolution 1855 (2008) Modifiant l’Article 11 du Statut du Tribunal et augmentant le nombre de 48 Article 24 : Appel 80
19 décembre 2008 juges ad litem autorisés au Tribunal.
Article 25 : Révision 80
13. Résolution 1878 (2009) Modifiant l’Article 13 du Statut du Tribunal et augmentant le nombre de 50 Article 26 : Exécution des peines 80
7 juillet 2009 juges affectés à la Chambre d’appel.
Article 27 : Grâce et commutation de peine 80
14. Résolution 1901 (2009) Soulignant son intention de proroger, d’ici au 30 juin 2010, le mandat de 56 Article 28 : Coopération et entraide judiciaire 80
16 décembre 2009 tous les juges de première instance et d'appel, autorisant le Tribunal a
Article 29 : Statut, privilèges et immunités du Tribunal international 82
temporairement dépasser le maximum de juges ad litem siégeant au
Tribunal à un instant donné, et décidant qu’un juge de première instance Article 30 : Dépenses du Tribunal international pour le Rwanda 82
siégera jusqu’à la fin de son affaire malgré l’expiration de son mandat. Article 31 : Langues de travail 82
** Liste non exhaustive. Voir, par exemple, les résolutions : 977 (1995), désignant la ville d’Arusha comme siège du TPIR ; 978 (1995) relative à l’arrestation de Article 32 : Rapport annuel 82
personnes responsables d’actes tombant sous la juridiction du TPIR ; 989 (1995) relative à la désignation des juges du TPIR; 1047 (1996), nommant Mme Louise
Arbour Procureur du TPIR et du TPIY ; 1200 (1998) relative à la désignation des juges du TPIR, 1241 (1999) décidant que le Juge Aspegren finirait les affaires
entamées avant l’expiration de son mandat; 1259 (1999), nommant Mme Carla Del Ponte Procureur du TPIR et du TPIY ; 1347 (2001), portant désignation de
juges du TPIR; 1449 (2002), établissant une liste de juges candidats; 1477 (2003), portant désignation de Juges ad litem; 1482 (2003) autorisant les Juges Dolenc,
Maqutu, Ostrovsky et Pillay à rester juges jusqu’à la conclusion d’affaires entamées avant l’expiration de leurs mandats respectifs; 1505 (2003), nommant
M. Hassan Bubacar Jallow Procureur du TPIR; 1705 (2006), autorisant le Juge ad litem, Mme Solomy Balungi Bossa à continuer de siéger dans l’Affaire Butare
jusqu’à la fin de cette affaire; 1774 (2007), renouvelant le mandat de M. Hassan Bubacar Jallow en tant que Procureur du TPIR pour une durée maximum de quatre
ans.

Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda ii Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda iv
RÉSOLUTION 955 (1994) S/RES/955 (1994)
8 novembre 1994 Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

Adoptée par le Conseil de sécurité 1. Décide par la présente résolution, comme suite à la demande qu’il a reçue du Gouvernement
à sa 3454e séance, le 8 novembre 1994 rwandais (S/1994/1115), de créer un tribunal international chargé uniquement de juger les
personnes présumées responsables d’actes de génocide ou d’autres violations graves du Droit
Le Conseil de sécurité, international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés
responsables de tels actes ou violations commis sur le territoire d’États voisins, entre le
Réaffirmant toutes ses résolutions antérieures sur la situation au Rwanda, 1er janvier et le 31 décembre 1994, et d’adopter à cette fin le Statut du Tribunal criminel
international pour le Rwanda annexé à la présente résolution;
Ayant examiné les rapports que le Secrétaire général lui a présentés conformément au
paragraphe 3 de sa résolution 935 (1994) du 1er juillet 1994 (S/1994/879 et S/1994/906), et 2. Décide que tous les États apporteront leur pleine coopération au Tribunal international et à
ayant pris acte des rapports du Rapporteur spécial pour le Rwanda de la Commission des droits ses organes, conformément à la présente résolution et au Statut du Tribunal international, et
de l’homme des Nations Unies (S/1994/1157, annexe I et annexe II), qu’ils prendront toutes mesures nécessaires en vertu de leur droit interne pour mettre en
application les dispositions de la présente résolution et du Statut, y compris l’obligation faite aux
Saluant le travail accompli par la Commission d’experts créée en vertu de sa résolution États de donner suite aux demandes d’assistance ou aux ordonnances émanant d’une Chambre
935 (1994), en particulier son rapport préliminaire sur les violations du droit international de première instance, conformément à l’Article 28 du Statut, et prie les États de tenir le
humanitaire au Rwanda que le Secrétaire général lui a transmis dans sa lettre du 1er octobre 1994 Secrétaire général informé des mesures qu’ils prendront;
(S/1994/1125),
3. Considère qu’une notification devrait être adressée au Gouvernement rwandais avant que des
Se déclarant de nouveau gravement alarmé par les informations selon lesquelles des actes décisions ne soient prises en vertu des Articles 26 et 27 du Statut;
de génocide et d’autres violations flagrantes, généralisées et systématiques du droit international
humanitaire ont été commises au Rwanda, 4. Prie instamment les États ainsi que les organisations intergouvernementales et non
gouvernementales d’apporter au Tribunal international des contributions sous forme de
Constatant que cette situation continue de faire peser une menace sur la paix et la sécurité ressources financières, d’équipements et de services, y compris des services d’experts;
internationales,
5. Prie le Secrétaire général de mettre en oeuvre d’urgence la présente résolution et de prendre

120
Résolu à mettre fin à de tels crimes et à prendre des mesures efficaces pour que les en particulier des dispositions pratiques pour que le Tribunal international puisse fonctionner
personnes qui en sont responsables soient traduites en justice, effectivement le plus tôt possible, notamment de lui soumettre des recommandations quant aux
lieux où le siège du Tribunal international pourrait être établi, et de lui présenter des rapports
Convaincu que, dans les circonstances particulières qui règnent au Rwanda, des
périodiques;
poursuites contre les personnes présumées responsables d’actes de génocide ou d’autres
violations graves du droit international humanitaire permettraient d’atteindre cet objectif et
6. Décide qu’il choisira le siège du Tribunal international en fonction de critères de justice et
contribueraient au processus de réconciliation nationale ainsi qu’au rétablissement et
d’équité ainsi que d’économie et d’efficacité administrative, notamment des possibilités d’accès
au maintien de la paix,
aux témoins, sous réserve que l’Organisation des Nations Unies et l’État où le Tribunal aura son
Estimant que la création d’un tribunal international pour juger les personnes présumées siège concluent des arrangements appropriés qui soient acceptables pour le Conseil de sécurité,
responsables de tels actes ou violations contribuera à les faire cesser et à en réparer dûment les étant entendu que le Tribunal international pourra se réunir ailleurs quand il le jugera nécessaire
effets, pour l’exercice efficace de ses fonctions; et décide d’établir un bureau au Rwanda et d’y conduire
des procédures, si cela est possible et approprié, sous réserve de la conclusion d’arrangements
Soulignant qu’une coopération internationale est nécessaire pour renforcer les tribunaux adéquats analogues;
et l’appareil judiciaire rwandais, notamment en raison du grand nombre de suspects qui seront
déférés devant ces tribunaux, 7. Décide d’envisager d’augmenter le nombre de juges et de chambres de première instance du
Tribunal international, si cela s’avère nécessaire;
Considérant que la Commission d’experts créée en vertu de la résolution 935 (1994)
devrait continuer à rassembler de toute urgence des informations tendant à prouver que des 8. Décide de rester activement saisi de la question.
violations graves du Droit international humanitaire ont été commises sur le territoire du
Rwanda, et qu’elle devrait présenter son rapport final au Secrétaire général le 30 novembre 1994 _____________________
au plus tard,

Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 2 Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 4
RÉSOLUTION 1165 (1998) S/RES/1165 (1998) 5. Demande aussi instamment aux organes du Tribunal pénal international pour le Rwanda de
30 avril 1998 poursuivre activement leurs efforts afin d’accroître encore l’efficacité des travaux du Tribunal
international dans leurs domaines de compétence respectifs et, à cet égard, leur
Adoptée par le Conseil de sécurité demande en outre d’examiner la manière dont leurs procédures et méthodes de travail pourraient
à sa 3877e séance, le 30 avril 1998 être améliorées, compte tenu des recommandations pertinentes à ce sujet;

Le Conseil de sécurité, 6. Prie le Secrétaire général de prendre des dispositions concrètes pour organiser les élections
mentionnées au paragraphe 2 ci-dessus et pour améliorer encore le bon fonctionnement du
Réaffirmant sa résolution 955 (1994) du 8 novembre 1994, Tribunal pénal international pour le Rwanda, notamment en fournissant en temps utile le
Rappelant la décision qu’il a prise dans cette résolution d’envisager d’augmenter le nombre personnel et les moyens nécessaires, en particulier à la troisième Chambre de première instance
de juges et de chambres de première instance du Tribunal pénal international pour le Rwanda, et aux bureaux correspondants du Procureur, et le prie en outre de le tenir régulièrement informé
si cela s’avérait nécessaire, des progrès accomplis à ce sujet;
Demeurant convaincu que, dans les circonstances particulières qui règnent au Rwanda, des 7. Décide de demeurer activement saisi de la question.
poursuites contre les personnes présumées responsables de violations graves du Droit
international humanitaire contribueraient au processus de réconciliation nationale ainsi qu’au ___________________
rétablissement et au maintien de la paix au Rwanda et dans la région,
Soulignant qu’une coopération internationale est nécessaire pour renforcer les Tribunaux
et l’appareil judiciaire rwandais, notamment en raison du grand nombre de prévenus qui sont
déférés devant ces tribunaux,
Ayant examiné la lettre du Président du Tribunal pénal international pour le Rwanda,
transmise aux Présidents du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale par des lettres
identiques du Secrétaire général en date du 15 octobre 1997 (S/1997/812),
Convaincu qu’il est nécessaire d’augmenter le nombre de juges et de chambres de première
instance pour permettre au Tribunal international pour le Rwanda de juger sans retard le grand

121
nombre de prévenus,
Prenant note des progrès accomplis dans l’amélioration de l’efficacité du Tribunal
international pour le Rwanda, et convaincu qu’il importe que ses organes continuent leurs efforts
afin de poursuivre ces progrès,
Agissant en vertu du chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

1. Décide de créer une troisième chambre de première instance du Tribunal international


pour le Rwanda et, à cette fin, décide de modifier les Articles 10, 11 et 12 du Statut du Tribunal
international comme indiqué en annexe à la présente résolution;
2. Décide que les élections pour les juges des trois chambres de première instance se
tiendront conjointement, pour un mandat expirant le 24 mai 2003;
3. Décide que, à titre exceptionnel, pour permettre à la troisième Chambre de première
instance de commencer ses travaux le plus tôt possible et sans préjudice du paragraphe 5 de
l’Article 12 du Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda, trois juges nouvellement
élus, nommés par le Secrétaire général en consultation avec le Président du Tribunal
international, prendront leurs fonctions aussitôt que possible après leur élection;
4. Demande instamment à tous les États de coopérer pleinement avec le Tribunal pénal
international pour le Rwanda et avec ses organes, conformément à la résolution 955 (1994),
et se félicite de la coopération dont le Tribunal international bénéficie déjà dans l’exercice
de son mandat;

Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 6 Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 8
RÉSOLUTION 1329 (2000) S/RES/1329 (2000) 1. Décide de créer un groupe de juges ad litem au Tribunal pénal international
30 novembre 2000 pour l’ex-Yougoslavie et d’augmenter le nombre des membres des Chambres d’appel du
Tribunal pénal international pour l’ex - Yougoslavie et du Tribunal pénal international
Adoptée par le Conseil de sécurité pour le Rwanda et, à cette fin, décide de modifier les articles 12, 13 et 14 du Statut du
à sa 4240e séance, le 30 novembre 2000 Tribunal pénal international pour l’ex- Yougoslavie et d’y substituer les dispositions
Le Conseil de sécurité, indiquées à l’annexe I à la présente résolution et décide également de modifier les
articles 11, 12 et 13 du Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda et
Réaffirmant ses résolutions 827 (1993) du 25 mai 1993 et 955 (1994) du d’y substituer les dispositions indiquées à l’annexe II de la présente résolution;
8 novembre 1994,
2. Décide que deux juges supplémentaires seront élus le plus tôt possible au
Demeurant convaincu que les poursuites dirigées contre les personnes responsables de Tribunal pénal international pour le Rwanda et décide également, sans préjudice de
graves violations du droit international humanitaire commises sur le territoire de l’article 12, paragraphe 4, du Statut de ce tribunal, qu’une fois élus, ils siégeront jusqu’à la
l’ex-Yougoslavie contribuent au rétablissement et au maintien de la paix en ex-Yougoslavie, date à laquelle expirera le mandat des juges actuellement en fonction et que, aux fins de
Demeurant convaincu également que dans la situation particulière régnant au Rwanda, ces élections, nonobstant l’article 12, paragraphe 2 c) du Statut, le Conseil de sécurité
les poursuites dirigées contre les personnes responsables d’actes de génocide ou d’autres dressera, sur la base des candidatures reçues, une liste de quatre candidats au minimum et
violations graves du droit international humanitaire favorisent le processus de réconciliation de six candidats au maximum;
nationale et le rétablissement et le maintien de la paix au Rwanda et dans la région,
3. Décide qu’une fois que deux juges auront été élus conformément au
Ayant examiné la lettre du Secrétaire général au Président du Conseil de sécurité en date paragraphe 2 ci-dessus et seront entrés en fonctions, le Président du Tribunal pénal
du 7 septembre 2000 (S/2000/865) ainsi que la lettre datée du 12 mai 2000 adressée au Secrétaire international pour le Rwanda prendra le plus tôt possible, eu égard à l’article 13,
général par le Président du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, et la lettre du paragraphe 3, du Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda et à l’article 14,
Président du Tribunal pénal international pour le Rwanda, datée du 14 juin 2000, qui y sont paragraphe 4, du Statut du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, les mesures
jointes, nécessaires pour que les deux juges élus ou nommés en application de l’article 12 du Statut
Convaincu qu’il est nécessaire de créer un groupe de juges ad litem au Tribunal pénal du Tribunal pénal international pour le Rwanda siègent aux Chambres d’appel des
international pour l’ex-Yougoslavie et d’augmenter le nombre des juges siégeant dans les Tribunaux pénaux internationaux;
Chambres d’appel des deux Tribunaux pénaux internationaux pour permettre à ceux-ci de 4. Prie le Secrétaire général de prendre les dispositions pratiques voulues pour les
terminer leurs travaux le plus tôt possible,

122
élections mentionnées au paragraphe 2 ci-dessus, pour l’élection aussi prochaine que
Notant que les procédures des Tribunaux internationaux se sont beaucoup améliorées et possible de 27 juges ad litem, conformément à l’article 13 ter du Statut du Tribunal pénal
convaincu que ces organes doivent poursuivre leurs efforts afin de les perfectionner encore, international pour l’ex-Yougoslavie, ainsi qu’en ce qui concerne la fourniture en temps
opportun de personnel et de moyens matériels au Tribunal pénal international
Prenant acte de la position exprimée par les Tribunaux pénaux internationaux selon
pour l’ex-Yougoslavie et au Tribunal pénal international pour le Rwanda, en particulier à
laquelle ce sont les hauts responsables civils, militaires et paramilitaires, et non les simples
l’intention des juges ad litem, des Chambres d’appel et des services connexes du
exécutants, qui devraient être traduits devant eux,
Procureur, et le prie en outre de tenir le Conseil de sécurité strictement informé de
Rappelant que les Tribunaux pénaux internationaux et les tribunaux nationaux ont l’évolution de la situation à cet égard;
concurremment compétence pour poursuivre les personnes accusées de violations graves du droit
international humanitaire et notant que le Règlement de procédure et de preuve du Tribunal pénal 5. Demande instamment aux États de coopérer pleinement avec les Tribunaux
international pour l’ex-Yougoslavie dispose qu’une chambre de première instance peut décider pénaux internationaux et leurs organes conformément aux obligations qui leur incombent
de surseoir à un acte d’accusation dans une affaire donnée pour permettre à un tribunal national en vertu des résolutions 827 (1993) et 955 (1994) et des Statuts des deux Tribunaux, et se
de connaître de cette affaire, félicite de la coopération dont les Tribunaux ont déjà bénéficié dans l’exercice de leurs
mandats;
Reconnaissant des efforts que font les membres du Tribunal pénal international pour
l’ex-Yougoslavie, ainsi que le montre l’annexe I à la lettre du Secrétaire général en date du 6. Prie le Secrétaire général de présenter aussitôt que possible au Conseil de
7 septembre 2000, pour que les organes compétents des Nations Unies commencent à se faire une sécurité un rapport contenant une évaluation et des propositions relatives à la date à
idée relativement exacte de la durée du mandat du Tribunal, laquelle prendra fin la compétence ratione temporis du Tribunal pénal international pour
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, l’ex-Yougoslavie;

7. Décide de rester activement saisi de la question.


_____________________

Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 10 Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 12
RÉSOLUTION 1411 (2002) S/RES/1411 (2002) RÉSOLUTION 1431 (2002) S/RES/1431 (2002)
17 mai 2002 14 août 2002

Adoptée par le Conseil de sécurité Adoptée par le Conseil de sécurité


à sa 4535e séance, le 17 mai 2002 à sa 4601e séance le 14 août 2002

Le Conseil de sécurité, Le Conseil de sécurité,

Réaffirmant sa résolution 827 (1993) du 25 mai 1993, 955 (1994) du 8 novembre 1994, Réaffirmant ses résolutions 827 (1993) du 25 mai 1993, 955 (1994) du 8 novembre 1994,
1165 (1998) du 30 avril 1998, 1166 (1998) du 13 mai 1998 et 1329 (2000) 1165 (1998) du 30 avril 1998, 1166 (1998) du 13 mai 1998, 1329 (2000) du 30 novembre 2000 et
du 30 novembre 2000, 1411 (2002) du 17 mai 2002,

Ayant examiné la lettre du Secrétaire général au Président du Conseil de sécurité en date


Constatant que des personnes dont la candidature à la fonction de juge a été proposée ou
du 14 septembre 2001 (S/2001/764), et la lettre du 9 juillet 2001, adressée au Secrétaire général
qui ont été élues ou nommées juges du Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie ou du
par la Présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda qui y est jointe,
Tribunal international pour le Rwanda peuvent avoir la nationalité de deux États ou plus,
Ayant examiné également la lettre du Secrétaire général au Président du Conseil de
Sachant qu’au moins une personne se trouvant dans ce cas a déjà été élue juge de l’un sécurité en date du 4 mars 2002 (S/2002/241) et la lettre datée du 6 février 2002, adressée au
des tribunaux internationaux, Secrétaire général par la Présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda, qui y est
jointe,
Considérant qu’aux fins de la composition des chambres des tribunaux internationaux,
une personne se trouvant dans ce cas devrait être réputée avoir uniquement la nationalité de l’État Convaincu qu’il est nécessaire de créer un groupe de juges ad litem au Tribunal pénal
où elle exerce ordinairement ses droits civils et politiques, international pour le Rwanda pour permettre à celui-ci d’achever ses travaux le plus tôt possible
et déterminé à suivre de près les progrès du Tribunal pénal international pour le Rwanda,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
1. Décide d’amender l’article 12 du Statut du Tribunal international
pour l’ex-Yougoslavie et de le remplacer par le texte figurant à l’annexe I de la présente 1. Décide de créer un groupe de juges ad litem au Tribunal pénal international pour le

123
résolution; Rwanda et, à cette fin, décide de modifier les articles 11, 12 et 13 du Statut du Tribunal pénal
international pour le Rwanda et d’y substituer les dispositions portées à l’annexe I de la présente
2. Décide également d’amender l’article 11 du Statut du Tribunal international pour le résolution et décide également de modifier les articles 13 bis et 14 du Statut du Tribunal pénal
Rwanda et de le remplacer par le texte figurant à l’annexe II de la présente résolution; international pour l’ex-Yougoslavie et d’y substituer les dispositions portées à l’annexe II de la
présente résolution;
3. Décide de rester activement saisi de la question.
2. Prie le Secrétaire général de prendre les dispositions pratiques voulues pour l’élection
_____________________ aussi prochaine que possible de 18 juges ad litem conformément à l’article 12 ter du Statut du
Tribunal pénal international pour le Rwanda ainsi que pour la fourniture en temps opportun de
personnel et de moyens matériels au Tribunal pénal international pour le Rwanda, en particulier
à l’intention des juges ad litem et des services correspondants du Procureur, et le prie en outre de
le tenir strictement informé de l’évolution de la situation à cet égard;

3. Demande instamment aux États de coopérer pleinement avec le Tribunal pénal


international pour le Rwanda et ses organes conformément aux obligations qui leur incombent en
vertu de la résolution 955 (1994) et du Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda;

4. Décide de rester activement saisi de la question.

_____________________

Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 14 Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 16
RÉSOLUTION 1503 (2003) S/RES/1503 (2003) Priant instamment le Tribunal pénal international pour le Rwanda d’arrêter une stratégie
28 août 2003 détaillée, inspirée du modèle de la Stratégie d’achèvement des travaux du Tribunal pénal
international pour l’ex-Yougoslavie, en vue de déférer devant les juridictions nationales
Adoptée par le Conseil de sécurité compétentes, selon qu’il convient, y compris au Rwanda, les accusés de rang intermédiaire ou
à sa 4817e séance, le 28 août 2003 subalterne pour être en mesure d’achever ses enquêtes au plus tard à la fin de 2004, tous les
procès en première instance en 2008 et l’ensemble de ses travaux en 2010 (Stratégie
Le Conseil de sécurité, d’achèvement des travaux),
Notant que les Stratégies d’achèvement des travaux susmentionnés ne modifient en rien
Rappelant ses résolutions 827 (1993) du 25 mai 1993, 955 (1994) du 8 novembre 1994,
l’obligation faite au Rwanda et aux pays de l’ex-Yougoslavie d’enquêter sur les accusés qui ne
978 (1995) du 27 février 1995, 1165 (1998) du 30 avril 1998, 1166 (1998) du 13 mai 1998,
seront pas jugés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda ou par le Tribunal pénal
1329 (2000) du 30 novembre 2000, 1411 (2002) du 17 mai 2002, 1431 (2002) du 14 août 2002,
international pour l’ex-Yougoslavie et de prendre des mesures appropriées concernant
et 1481 (2003) du 19 mai 2003,
l’inculpation et les poursuites, tout en gardant à l’esprit que le Tribunal international pour le
Rwanda et le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie priment sur les tribunaux
Notant la lettre que le Secrétaire général a adressée au Président du Conseil de sécurité
nationaux,
le 28 juillet 2003 (S/2003/766),
Notant qu’il est d’une importance cruciale pour le respect de l’état de droit en général et
Saluant l’important concours que le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie la réalisation des Stratégies d’achèvement des travaux du Tribunal pénal international pour l’ex-
et le Tribunal pénal international pour le Rwanda apportent à l’instauration d’une paix et d’une Yougoslavie et du Tribunal pénal international pour le Rwanda en particulier de renforcer les
sécurité durables dans l’ex-Yougoslavie et au Rwanda et les progrès accomplis depuis leur systèmes judiciaires nationaux,
création,
Notant que la création rapide, sous les auspices du Haut Représentant en Bosnie-
Herzégovine, et la prompte entrée en fonctions, au sein de la Cour d’État de Bosnie-Herzégovine,
Notant que la réalisation des objectifs fixés dans les Stratégies d’achèvement des
d’une chambre spéciale (la « Chambre des crimes de guerre »), puis le renvoi devant celle-ci par
travaux du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et du Tribunal pénal international
le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie des accusés de rang intermédiaire ou
pour le Rwanda a pour condition sine qua non la pleine coopération de tous les États, notamment
subalterne, est une condition sine qua non de la réalisation des objectifs de la Stratégie
pour arrêter les personnes non appréhendées accusées par le Tribunal pénal international pour
d’achèvement des travaux du Tribunal,
l’ex-Yougoslavie et le Tribunal pénal international pour le Rwanda,
Convaincu que les deux Tribunaux pourront s’acquitter plus efficacement et plus

124
Accueillant avec satisfaction les mesures prises par les pays des Balkans et de la région rapidement de leur mission si chacun dispose de son propre procureur,
des Grands Lacs en Afrique en vue de renforcer cette coopération et d’arrêter les personnes non
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
appréhendées accusées de violations graves du droit international humanitaire par le Tribunal
pénal international pour l’ex-Yougoslavie et le Tribunal pénal international pour le Rwanda, 1. Demande à la communauté internationale d’aider les juridictions nationales à renforcer
mais notant avec préoccupation que certains États ne coopèrent toujours pas pleinement, leurs capacités afin qu’elles puissent connaître des affaires que leur auront renvoyées le Tribunal
pénal international pour l’ex-Yougoslavie et le Tribunal pénal international pour le Rwanda et
Priant instamment les États Membres d’envisager de prendre des mesures à l’encontre invite les Présidents, les Procureurs et les Greffiers des deux Tribunaux à développer et à
des personnes, groupes et organisations qui aident les accusés non appréhendés à continuer de améliorer leurs programmes de communication;
se soustraire à la justice, notamment pour les empêcher de voyager et geler leurs avoirs, 2. Exhorte tous les États, en particulier la Serbie-et-Monténégro, la Croatie et la
Bosnie-Herzégovine et, au sein de cette dernière, la Republika Srpska, à intensifier la
Rappelant que, par la déclaration de son président en date du 23 juillet 2002 coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et à lui fournir toute
(S/PRST/2002/21), le Conseil de sécurité a approuvé la stratégie du Tribunal pénal international l’assistance dont il a besoin, en particulier dans les efforts qu’il mène pour traduire Radovan
pour l’ex-Yougoslavie qui prévoit que celui-ci achève ses enquêtes au plus tard en 2004, ses Karadzic et Ratko Mladic, ainsi que Ante Gotovina et tous les autres accusés devant le Tribunal,
jugements d’instance à l’horizon 2008 et l’ensemble de ses travaux en 2010 et demande à ces derniers ainsi qu’à tous les autres accusés non appréhendés de se livrer au
(Stratégie d’achèvement des travaux) (S/2002/678) en concentrant son action sur la poursuite et Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie;
le jugement des principaux dirigeants portant la plus lourde responsabilité des crimes commis sur
le territoire de l’ex-Yougoslavie, en déférant devant les juridictions nationales compétentes, 3. Exhorte tous les États, en particulier le Rwanda, le Kenya, la République
selon qu’il convient, les accusés qui n’encourent pas une responsabilité aussi lourde et en démocratique du Congo et la République du Congo, à intensifier la coopération avec le Tribunal
renforçant les systèmes judiciaires nationaux, et réaffirmant de la manière la plus énergique pénal international pour le Rwanda et à lui fournir toute l’assistance nécessaire, notamment à
cette déclaration, l’occasion des enquêtes concernant l’Armée patriotique rwandaise et dans les efforts qu’il mène
pour traduire en justice Félicien Kabuga et tous les autres accusés, et demande à ces derniers
ainsi qu’à tous les autres accusés non appréhendés de se livrer au Tribunal pénal international
pour le Rwanda;

Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 18 Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 20
4. Demande à tous les États de coopérer avec l’Organisation internationale de police RÉSOLUTION 1512 (2003) S/RES/1512 (2003)
criminelle (OIPC - Interpol) pour faire arrêter et transférer les personnes mises en accusation par 27 octobre 2003
les Tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et le Rwanda;
5. Demande à la communauté des donateurs d’appuyer les efforts faits par le Haut Adoptée par le Conseil de sécurité
Représentant en Bosnie-Herzégovine en vue de créer à la Cour d’État de Bosnie-Herzégovine à la 4849e séance, le 27 octobre 2003
une chambre spéciale chargée de connaître des violations graves du droit international
humanitaire; Le Conseil de sécurité,

6. Prie les Présidents et les Procureurs des Tribunaux pénaux internationaux pour Réaffirmant ses résolutions 955 (1994) du 8 novembre 1994, 1165 (1998)
l’ex-Yougoslavie et le Rwanda d’expliquer, dans leurs rapports annuels au Conseil, comment ils du 30 avril 1998, 1329 (2000) du 30 novembre 2000, 1411 (2002) du 17 mai 2002, 1431 (2002)
envisagent d’appliquer les Stratégies d’achèvement des travaux de leur Tribunal; du 14 août 2002 et 1503 (2003) du 28 août 2003,
7. Demande au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et au Tribunal pénal
international pour le Rwanda de prendre toutes mesures en leur pouvoir pour mener à bien les Ayant examiné la lettre du Secrétaire général au Président du Conseil de sécurité en date
enquêtes d’ici à la fin de 2004, achever tous les procès de première instance d’ici à la fin de 2008 du 12 septembre 2003 (S/2003/879), et la lettre datée du 8 septembre 2003, adressée au
et terminer leurs travaux en 2010 (Stratégies d’achèvement des travaux); Secrétaire général par la Présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda, qui y est
jointe,
8. Décide de modifier l’article 15 du Statut du Tribunal pénal international pour
le Rwanda et de le remplacer par le texte qui figure à l’annexe I de la présente résolution, et prie Ayant examiné également la lettre du Secrétaire général au Président du Conseil de
le Secrétaire général de lui proposer un candidat pour le poste de procureur du Tribunal pénal sécurité en date du 3 octobre 2003 (S/2003/946), et la lettre datée du 29 septembre 2003,
international pour le Rwanda; adressée au Secrétaire général par la Présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda,
9. Accueille avec satisfaction l’intention manifestée par le Secrétaire général dans qui y est jointe,
sa lettre du 28 juillet 2003 de lui proposer de nommer Mme Carla Del Ponte au poste de
procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie; Convaincu qu’il est souhaitable d’élargir les attributions des juges ad litem du Tribunal
pénal international pour le Rwanda de façon que, pendant qu’ils sont affectés à un procès, ils
10. Décide de demeurer activement saisi de la question. puissent également se prononcer pendant la phase préalable d’autres affaires, si le besoin s’en fait
sentir et s’ils sont en mesure de le faire,
_____________________

125
Convaincu également qu’il est souhaitable d’accroître le nombre des juges ad litem
Annexe I susceptibles d’être affectés, à un moment donné, à l’une des chambres de première instance du
Article 15 Tribunal pénal international pour le Rwanda de façon que le Tribunal soit mieux à même
Le Procureur d’achever tous les procès en première instance avant la fin de 2008, comme l’envisage le plan
d’achèvement des travaux,
1. Le Procureur est responsable de l’instruction des dossiers et de l’exercice de la poursuite
contre les personnes présumées responsables de violations graves du droit international Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
humanitaire commises sur le territoire du Rwanda et les citoyens rwandais présumés
responsables de telles violations commises sur le territoire d’États voisins entre le 1er janvier et 1. Décide d’amender les articles 11 et 12 quater du Statut du Tribunal pénal international
le 31 décembre 1994. pour le Rwanda et d’y substituer les dispositions portées à l’annexe de la présente résolution;
2. Le Procureur, qui est un organe distinct au sein du Tribunal pénal international pour le
Rwanda, agit en toute indépendance. Il ne sollicite ni ne reçoit d’instructions d’aucun 2. Décide de rester activement saisi de la question.
gouvernement ni d’aucune autre source.
_____________________
3. Le Bureau du Procureur se compose du Procureur et du personnel qualifié qui peut être
nécessaire.
4. Le Procureur est nommé par le Conseil de sécurité sur proposition du Secrétaire général. Il
ou elle doit être de haute moralité, d’une compétence notoire et avoir une solide expérience de
l’instruction des affaires criminelles et des poursuites. Son mandat est de quatre ans et peut être
reconduit. Ses conditions d’emploi sont celles d’un secrétaire général adjoint de l’Organisation
des Nations Unies.
5. Le personnel du Bureau du Procureur est nommé par le Secrétaire général sur
recommandation du Procureur.

Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 22 Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda 24
Annexe
b) Ne sont pas habilités :
i) À participer à l’adoption du règlement conformément à l’article 14 du
Article 11 présent Statut. Ils sont toutefois consultés avant l’adoption dudit règlement;
Composition des Chambres