Vous êtes sur la page 1sur 3

Science économique III - Economie du développement durable

Acquis de première : externalités, droits de propriété, offre et demande,


défaillances du marché. Fiche 312 – Quels instruments économiques
NOTIONS : Réglementation, taxation, marché de quotas d’émission pour la politique climatique ?

Thème 3122 – Quels sont les objectifs de la politique climatique ?

Quel niveau optimal de pollution ?

Document 1 : Regardez le reportage de France 2


Questions :
1. Quel arbitrage doit réaliser la Chine ? Choisir entre la croissance économique et la pollution
2. Quelles sont les 2 solutions extrêmes ? Quels sont les coûts d’opportunité de chaque solution ?
 Arrêter de produire : l’avantage est de réduire la pollution ; le coût d’opportunité est énorme : il est impossible
de satisfaire les besoins de la population
 Continuer à polluer au maximum : l’avantage est de de satisfaire les besoins de la population; le coût
d’opportunité est important : augmentation de la pollution
3. Qu’a donc choisi la Chine ? Situation intermédiaire : elle ferme les usines les plus polluantes dans les régions
les plus polluées en hiver.

Comment déterminer le niveau optimal de production ?

Document 2 :
A : On peut regrouper en trois grandes catégories les méthodes utilisées pour déterminer la valeur statistique de la vie
humaine. La première catégorie de méthodes utilise pour ses calculs, les indemnités versées par les compagnies
d’assurance aux victimes d’accidents en tenant compte du fait que ces indemnités ne couvrent que les préjudices
assurés. La seconde famille dite du capital humain estime la perte que va subir la société du fait de la mort ou des
blessures d’un individu. La troisième catégorie est celle du consentement à payer.aller chercher consentement à payer
Source : Groupe de travail sur les politiques d'environnement nationales, Valeur de la vie humaine : une meta-analyse,
OCDE 2011
B:
Source : OCDE, Le coût social de la pollution, 07/12/2017
Questions :
1. Qu’appelle-t-on valeur statistique d’une vie ? Comment est-elle calculée ?
La valeur statistique d’une vie est la valeur économique d’une vie. 3 modes de calcul :
 Partir des indemnités versées par les compagnies d’assurance en cas de dommage
 Evaluer les pertes économiques dues à la mort d’un individu : perte de capital humain et de productivité
 Consentement à payer : le prix que sont prêts à payer les individus pour vivre en bonne santé

2. Comment pouvez-vous expliquer les valeurs statistiques de vie différentes selon les pays ?
Plus le pays est riche, plus la valeur statistique de la vie est forte : la valeur statistique de la vie est 8 fois supérieure au
Luxembourg qu’en Inde.
3 raisons qui tiennent au mode de comptabilisation de la valeur statistique de la vie :
 Plus le pays est riche, mieux les individus sont assurés, les compagnies d’assurance vont donc verser des
indemnités plus élevées
 Plus le pays est riche, plus les individus sont formés et qualifiés. La perte de capital humain est donc
importante

3. Quelles conséquences ces différences vont avoir sur le niveau toléré de pollution accepté par les pays ?
Dans les pays riches, la population souhaite vivre longtemps en bonne santé, elles vont donc souhaiter un niveau de
pollution faible.

Document 3 :
Quel niveau de concentration est-il souhaitable de stabiliser : 450 ppm ?ou bien peut-on aller jusqu’à 1 000 ppm ?
(c’est la fourchette dans laquelle se situent la plupart des scénarios étudiés). (…)
Quant au lien entre concentration stabilisée et changement climatique, les modèles donnent des réponses dans une
fourchette très large. Par exemple, pour un niveau de concentration stabilisé à 450 ppm, les modèles donnent une
fourchette d’accroissement de température moyenne, en 2100, de 1,3° à 2,5° et de 1,8° à 4° pour la température
stabilisée (car le réchauffement continuera après 2100). Les mêmes fourchettes pour une concentration stabilisée à
1000 ppm sont de 2° à 3,5° en 2100 et de 3° à 8,5° pour la température stabilisée. La répartition géographique de cette
élévation moyenne de température, qui est évidemment essentielle dans l’analyse fine des effets, est encore plus mal
connue. Enfin, on ne sait pas grand-chose des seuils à partir desquels pourraient se déclencher des phénomènes
physiques qui provoqueraient un emballement du changement climatique (c’est-à-dire des phénomènes quasi
irréversibles et non linéaires), tels que la fonte totale des calottes glaciaires polaires, l’arrêt du Gulf Stream, le
relâchement dans l’atmosphère, sous l’effet du réchauffement, du carbone stocké dans les sols et du méthane stocké
dans les sédiments marins. (…)
Un changement climatique, d’une rapidité inconnue dans l’histoire de la terre (sauf peut-être ceux qui ont suivi des
collisions avec des météorites), aura lieu quoi qu’on fasse. Ce changement n’affectera certainement pas de manière
dramatique les hommes aujourd’hui vivants. Mais il exigera des générations futures des efforts d’adaptation (sans
doute géographiquement très inégalement répartis) incluant certainement de vastes migrations. La seule question
devient alors : est-il nécessaire d’agir dès maintenant pour que cet effort ne soit pas « trop lourd » à supporter pour les
générations futures ?(…)
Cette question est au cœur des controverses actuelles. Pour certains, ce serait gaspiller inutilement des ressources
productives que d’agir dès maintenant, car il ne coûtera pas si cher aux générations futures de s’adapter
progressivement. (…)
Supposons que nous puissions évaluer en termes monétaires l’effort que l’humanité devra consentir en 2100 pour
s’adapter aux conséquences du changement climatique si ni nous, ni les générations futures n’entreprennent rien
avant. Supposons que cet effort soit de 100 et supposons, à ce stade, que nous acceptions de traiter la génération de
2100 exactement comme nous-mêmes. Quel est le coût que nous devrions être prêts à supporter pour leur éviter ce
dommage de 100 ?
L’essentiel du raisonnement est le suivant. Tout d’abord, dans cent ans, ils seront plus riches que nous. Admettons
qu’ils le soient cinq fois plus ; il est alors normal que nous n’acceptions un coût que s’il représente la même fraction
de la richesse globale que celle qu’ils supporteront, soit 100 / 5 = 20. Ensuite, étant cinq fois plus riches, leurs besoins
fondamentaux seront plus amplement satisfaits ; il est donc normal qu’ils accordent un « prix » plus élevé à la
protection de leur environnement que nous-mêmes (particulièrement les pays en développement) sommes aujourd’hui
prêts à le faire. Admettons que ce prix relatif soit deux fois plus élevé ; le coût maximal que nous devrions être prêts à
supporter est donc réduit à 20 / 2 = 10.
Il suffit ensuite d’évaluer le coût des mesures qui, prises aujourd’hui, permettraient d’éviter que les générations vivant
en 2100 aient à supporter des dommages de 100. Si ce coût est inférieur à 10, et si, encore une fois, nous les traitons
« comme nous-mêmes », alors il faut agir dès maintenant. Sinon, il vaut mieux leur transférer le fardeau, car il leur
sera « moins coûteux » d’agir pour réparer qu’à nous d’agir pour prévenir.
Source : Pierre-Noël Giraud, La lutte contre le changement climatique, Études 2004/10 (Tome 401)
Questions :
1. Quelles sont les difficultés pour déterminer le niveau de pollution optimal ?
 Une incertitude très forte : les conséquences sur le réchauffement climatique des émissions de CO2 dépendent des
hypothèses des modèles. Par exemple, pour un niveau de concentration stabilisé à 450 ppm, les modèles donnent une
fourchette d’accroissement de température moyenne, en 2100, de 1,3° à 2,5° et de 1,8° à 4° pour la température stabilisée
(car le réchauffement continuera après 2100). Les mêmes fourchettes pour une concentration stabilisée à 1000 ppm sont
de 2° à 3,5° en 2100 et de 3° à 8,5° pour la température stabilisée
 Ce niveau de pollution optimal a aussi une base temporelle : il dépend des innovations futures et la tolérance future à la
pollution de la population.