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Contractuelle Délictuelle

Elles ont la même finalité qui est la réparation d’un préjudice.


Elles requièrent les mêmes conditions pour être engagées : une faute, un
préjudice et un lien de causalité
Elles ont les mêmes causes d’exonération : force majeure, fait d’un
Points communs
tiers, faute de la victime

La force majeure est un événement imprévisible, irrésistible et extérieur


(ces conditions sont cumulatives)
Suppose la violation (mauvaise La responsabilité délictuelle
exécution, inexécution totale ou découle d’une situation de
partielle) par le débiteur d’une faits née d’un acte contraire à
obligation issue d’un contrat l’ordre juridique en général. Elle
valablement formé. sanctionne tout dommage né en
dehors de l’exécution d’un contrat.

Code civ. dispose : "on est


responsable non seulement du
dommage que l’on cause par son
Fait générateur
propre fait mais encore de celui qui
est causé par le fait des personnes
dont on doit répondre, ou des
choses que l’on a sous sa garde"

Le fait générateur peut donc


résulter d’une faute, du fait d'autrui,
du fait d'une chose mais aussi de
l’inexécution d’une obligation
ayant une source légale.
L’incapable ne peut, en général, pas En matière délictuelle, la capacité
voir sa responsabilité engagée en n’est pas une condition puisqu’il
matière contractuelle, pour être suffit que l’auteur du dommage
responsable des ses engagements, il possède le degré de discernement
faut que la personne soit en pleine nécessaire pour apprécier les
capacité. D’après l’article 210 du conséquences de ses actes
Capacité code de la famille « toute personne conformément aux articles 96 et 97
ayant atteint l’âge de la majorité, du DOC.
jouit de la pleine capacité pour
exercer ses droits et assumer ses
obligations, à moins qu’un motif
quelconque établi ne lui limite ou
ne lui fasse perdre cette capacité ».
La responsabilité contractuelle La responsabilité délictuelle résulte
n’est pas en liaison étroite avec des obligations légales issues de
l’ordre public puisque à l’origine, l’ordre public, elle est donc en
La liaison à l’ordre public
les parties peuvent convenir à la liaison directe avec l’ordre public.
limitation de la responsabilité voir
même l’exclure complètement.
La nature de la faute En matière contractuelle la faute La gravité de la faute ne constitue

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très légère ne serait pas retenue, et pas une condition pour la mise en
la faute lourde serait généralement œuvre de la responsabilité
exigée. délictuelle, la faute même très
légère qui cause un dommage
engage la responsabilité délictuelle
de son auteur.
Le créancier doit prouver En matière délictuelle, la preuve est
l’existence du contrat le liant au plus difficile lorsque la
débiteur et que ce dernier a failli à responsabilité est fondée sur la
ses obligations contractuelle, le faute, la victime devra alors
débiteur devra alors prouver la prouver les trois éléments
La charge de la preuve
cause étrangère pour dégager sa constituant les conditions de la
responsabilité. mise en œuvre de la responsabilité :
la faute, le dommage et le lien de
causalité entre la faute et le
dommage subi.
En matière contractuelle, le La réparation englobe l’ensemble
dommage doit être direct et certain, des dommages causés à la victime
Les différences au niveau le dommage imprévisible n’est pas qu’ils soient d’ordre matériel ou
de la réparation réparable. moral, certains ou imprévisibles.

Les parties peuvent convenir au En matière délictuelle ces clauses


moment de la conclusion du contrat ne sont pas possible puisque le
Clauses de limitation ou des clauses limitatives ou débiteur et le créancier n’ont de lien
exclusion de la exclusives de la responsabilité en entre eux qu’après la survenance du
responsabilité cas de survenance de dommages dommage.
lors de l’exécution du contrat.
Il n’existe pas de présomption de En matière délictuelle, la solidarité
solidarité, mais les parties peuvent n’existe qu’en cas de pluralité des
le prévoir au moment de la responsables ou lorsque le
La solidarité conclusion du contrat dommage est causé par plusieurs
conformément à l’article 164 du personnes.
DOC

La responsabilité du débiteur n’est La demande de réparation ne


engagée qu’après la mise en nécessite pas d’interpellation
demeure effectuée par le créancier préalable de l’auteur du dommage.
suivant l’article 255 du DOC. Il
La nécessité de mise en
existe cependant une exception à
demeure
cette règle lorsque l’obligation
contractuelle consiste à ne pas faire
conformément à l’article 262 du
DOC.

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Elle est de 5 ans si la victime a la En matière contractuelle, la
connaissance du dommage et de prescription des actions nées des
son auteur. Dans le cas contraire, obligations conventionnelles est de
elle est de 20 ans suivant l’article 15 ans suivant l’article 387 du
La prescription
106 du DOC. DOC. Mais il existe certaines
(‫)التقادم‬
exceptions à ces règles
raccourcissant la prescription à 5
ans, 2 ans ou 1 an, conformément
aux articles 388 et 389 du DOC.
La responsabilité délictuelle Le domaine de La responsabilité
englobe l’ensemble des hypothèses contractuelle est déterminé par :
d’événement qui cause un -L’existence d’un contrat
dommage à l’exception de ceux qui valablement formé :pour être
correspondent à la responsabilité valable, le contrat ne doit pas être
contractuelle. entaché d’un vice de consentement
En plus des dommages causés par (dol, violence ou erreur), de même,
un fait juridique, toutes les les parties contractantes doivent
hypothèses de non validité du posséder la pleine capacité
contrat, soit par incapacité de l’une nécessaire pour assumer leurs
La délimitation du des parties ou par un vice de engagements.
domaine de la consentement, sont régis par les -l’inexécution d’une obligation
responsabilité règles de la responsabilité contractuelle cause de
contractuelle et délictuelle délictuelle. dommage :la responsabilité
contractuelle n’est engagée que si
le dommage provient d’une
inexécution ou une mauvaise
exécution des obligations
contractuelles.
-le responsable et la victime sont
reliés par le contrat :la
responsabilité contractuelle doit
être engagée par l’une des parties
au contrat duquel est née
l’obligation inexécutée.

Les conditions de la responsabilité contractuelle

I- Le dommage :la responsabilité contractuelle n’existe que si un dommage est causé au créancier de
l’obligation contractuelle inexécutée.la défaillance de l’un des cocontractants dans l’exécution de ses
obligations contractuelles causant un dommage à l’autre partie au contrat entraine la responsabilité
contractuelle du cocontractant défaillant.

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peut être soit l’inexécution de l’obligation contractuelle soit le
retard dans l’exécution de l’obligation contractuelle, cette
inexécution peut être soit totale, partielle ou une exécution
L’origine du dommage défectueuse.

Le dommage matériel : résulte de toute atteinte aux droits


patrimoniaux du créancier due à la défaillance de son
cocontractant, il englobe la perte subie et le manque à gagner
causées par l’inexécution du contrat.
Le dommage corporel : correspond à une atteinte à l’intégrité
Les différents types du dommage physique d’une personne (des blessures) suite à l’inexécution du
contrat.
Le dommage moral : est constitué par une atteinte aux droits
extrapatrimoniaux d’une personne résultant d’une inexécution du
contrat.

Le dommage doit être personnel : la responsabilité


contractuelle du débiteur ne peut être engagée que par le
créancier de l’obligation contractuelle inexécutée. Le créancier
doit donc être personnellement celui qui a subi le dommage,
c'est-à-dire doit être la victime directe du dommage subi.
Le dommage doit être certain : le dommage doit être réel et
non hypothétique ou éventuel ; il doit correspondre au dommage
subi suite à la survenance du fait générateur de la responsabilité
Les caractères du dommage de la du débiteur.
responsabilité contractuelle Le dommage doit être direct : le dommage doit être la
conséquence directe de la faute reprochée au débiteur de
l’obligation contractuelle.
Le dommage doit être prévisible : le cocontractant débiteur
n’est tenu qu’à la réparation du dommage normalement
prévisible au moment de la conclusion du contrat, c’est à dire
seul le dommage résultant de l’inexécution ou du retard dans
l’exécution des obligations contractuelles prévues lors de la
conclusion du contrat.
L’existence d’une faute : l’inexécution ou la mauvaise exécution
de l’obligation contractuelle.
Obligation de résultat : lorsque le débiteur s’engage à fournir
au créancier un résultat déterminé et précis. Certains contrats
mettent à la charge du débiteur de l’obligation un résultat précis.
L’exemple type est celui du contrat de transport de personnes,
Le fait générateur de
par lequel le transporteur s’engage à emmener le voyageur d’un
responsabilité : faute contractuelle
lieu à un autre. Si le résultat promis n’a pas été atteint, la
responsabilité contractuelle du transporteur est engagée sans que
le voyageur n’ait à prouver de faute du transporteur. Il lui suffira
d’apporter la preuve de l’existence de l’obligation dont il est le
bénéficiaire ainsi que la preuve de son inexécution. Les types :
Les obligations de donner (transfert de la propriété d’une chose :

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contrat de vente) - Les obligations de ne pas faire (obligation de
non-concurrence).
Obligation de moyens : le débiteur promet de mettre en œuvre
tous les moyens possibles pour atteindre un certain résultat. Il
promet de se comporter avec prudence et diligence en vue
d’atteindre un certain but, le résultat n’est donc pas garanti par le
débiteur. le créancier doit prouver que l’inexécution est due à un
manquement du débiteur à ses obligations. Exemple : le médecin
avec son client est l’exemple type de ce genre d’obligation. Il
s’engage à faire tout son possible pour guérir son malade mais il
ne peut pas garantir la guérison. Pour engager la responsabilité
contractuelle de son médecin, le malade devra prouver sa faute :
défaut de diligence dans les soins, erreur de jugement dans le
diagnostic…
La responsabilité du débiteur d’une obligation de moyens n’est
retenue que si le créancier parvient à prouver la faute de celui-ci,
alors que dans l’obligation de résultat, la preuve de l’absence de
Distinction entre la responsabilité
résultat suffit.
dans l’obligation de moyens et de
L’absence de faute du débiteur d’une obligation de moyens suffit
résultat
pour dégager sa responsabilité, tandis que le débiteur d’une
obligation de résultat ne peut se libérer de sa responsabilité que
par la preuve de la cause étrangère.
La faute dolosive ou dol : est tout acte intentionnel et illicite par
lequel le débiteur refuse d’exécuter son obligation est assimilée à
la mauvaise foi du débiteur.
La faute non intentionnelle : la faute contractuelle n’est pas
intentionnelle mais le fruit de quelques imprudence ou
négligence, on distingue entre faute inexcusable : c’est la faute
délibérée qui implique la conscience de la probabilité du
La gravité de la faute dans la
dommage et son acceptation téméraire sans raison valable.
responsabilité contractuelle
faute lourde : c’est une faute d’imprudence grossière, elle est
caractérisée par un comportement d’une extrême gravité,
dénotant l’inaptitude du débiteur de l’obligation à
l’accomplissement de la mission contractuelle qu’il avait
accepté, elle n’implique aucune mauvaise foi par opposition au
dol, et faute simple ou légère : constituent en général des fautes
d’imprudence et de négligence.
Le débiteur répond du fait et de la faute de son représentant et
des personnes dont il se sert pour exécuter son obligation (article
233 du DOC).
La responsabilité contractuelle du fait d’autrui existe lorsqu’un
débiteur introduit volontairement un tiers dans l’exécution du
contrat.
Responsabilité contractuelle du
Le débiteur de l’obligation inexécutée est responsable des fautes
fait d’autrui
commises par ses préposés ainsi que par ses sous-traitants.
Le préposé est celui qui participe à l’exécution d’une obligation
sous les ordres et sous le contrôle du débiteur qu’il soit salarié ou
qu’il intervienne à titre gracieux.
Le sous-traitant est celui qui exécute, tout ou une partie, de
l’obligation à la place du débiteur principal à travers un sous-

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traité ou contrat de sous-traitance.

Pour engendrer la responsabilité contractuelle du débiteur


défaillant, l’existence d’un dommage subi et d’une faute
contractuelle ne suffisent pas, il est nécessaire l’existence d’un
lien de causalité entre le dommage et la faute contractuelle.
Les dommages sont la conséquence directe de l’inexécution de
l’obligation.
Se pose la question suivante : en cas de coexistence de plusieurs
causes, quelles sont celles qui doivent retenues ? il ya deux
Le lien de causalité dans la
théories :
responsabilité contractuelle
la théorie de l’équivalence des conditions : selon cette théorie,
tout événement qui constitue la condition nécessaire du
dommage, peut être considéré comme cause du dommage.
la théorie de la causalité adéquate : il faut distinguer entre les
causes qui sont prépondérantes, sans elles, il est certains que
l’effet ne serait pas produit, et, celles qui ne sont que
secondaires, même sans leur réalisation il est possible que l’effet
se soit produit.
Il n’y a aucuns dommages-intérêts lorsque le débiteur justifie que
l’inexécution ou le retard proviennent d’une cause qui ne peut lui
être imputée, telle que la force majeure, le cas fortuit ou la
demeure du créancier (article 268 du DOC).
La force majeure : est tout fait que l’homme ne peut prévenir,
tel que les phénomènes naturels (inondations, sécheresses,
orages, incendies, sauterelles).

La force majeure doit revêtir plusieurs caractères afin d’être


exonératoire de responsabilité. Traditionnellement, ces caractères
Les conditions d’exonération ou de sont l’imprévisibilité du fait, l’irrésistibilité ou l’insurmontabilité
la limitation de la responsabilité du fait et l’extranéité ou extériorité du fait. Lorsque la force
contractuelle majeure revêt ces caractères, elle est entièrement exonératoire de
responsabilité.

La demeure du créancier : si le créancier fait obstacle ou s’est


opposé à l’exécution du contrat, le débiteur est dégagé de toute
responsabilité, de même, lorsque le créancier rend l’exécution
impossible par son refus.

Le fait du tiers:

il faut entendre une personne autre que les parties au contrat.


Cette personne ne doit pas être le représentant du débiteur ou son
préposé. Le fait du tiers n’est exonératoire que s’il présente les

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caractères d’extériorité, d’irrésistibilité et d’imprévisibilité,
lorsque le fait du tiers est la cause exclusive du dommage et
s’apparente à un cas de force majeur, l’exonération est totale.
Cependant, si le fait du tiers n’est pas la cause unique du
dommage, il ne peut être exonératoire pour le débiteur.

La faute du créancier :

La faute du créancier exonère le débiteur si elle est la cause


exclusive du dommage subi, en effet, la faute de la victime
enlève toute causalité entre l’acte du débiteur et le dommage.

Les modalités conventionnelles d’exonération ou de limitation de la responsabilité contractuelle.

Dans la pratique, on peut avoir deux sortes de clauses dans les contrats. Celles qui concernent
l’étendue de la responsabilité et celles qui prévoient des dommages et intérêts dans un cas de
manquement.

I : Les clauses relatives à l’étendue de la responsabilité.


Dans une première hypothèse, on peut concevoir des clauses qui étendent la responsabilité du
débiteur par rapport au régime légal. C’est le cas des clauses qui prévoient que le débiteur sera
responsable même en cas de force majeure. Ou bien des clauses qui substituent des obligations de
moyens à des obligations de résultats.

Mais le plus souvent, on trouve des clauses qui limitent la responsabilité du débiteur voire qui la
supprime dans certains cas.

Le principe c’est que ces clauses sont licites. Le problème c’est qu’elles peuvent être abusives,
notamment lorsqu’elles figurent dans des contrats d’adhésion.

C’est pourquoi la loi et la jurisprudence ont posé des limites.

• Dans un contrat entre professionnel et consommateur, la jurisprudence a tendance à considérer


que les clauses de non-responsabilité du professionnel sont nulles. Ce n’est pas systématique.
Parfois, le législateur prend le relais de la jurisprudence.

• Les clauses de non-responsabilité ne peuvent pas porter sur l’obligation essentielle du contrat, elles
ne peuvent concerner que des obligations accessoires.

• La gravité de la faute peur faire échec à l’application de l’obligation. La faute dolosive et la faute
lourde ne peuvent pas être couvertes par une clause limitative de responsabilité.

• La nature des dommages est prise en compte. Les dommages corporels ne peuvent être soumis à
de telles clauses.

Les obligations contractuelles de sécurité relèvent de l’ordre public et par conséquent, on ne peut
pas y déroger.

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II : Les clauses relatives au montant des dommages et intérêts : les clauses pénales.

Elles sont régies par le code civil : articles 1152 et 1226 et suivants.

Clauses qui fixent, par avance dans le contrat, le montant des dommages et intérêts qui seront dus
en cas de tel ou tel manquement.

De telles clauses sont interdites dans les contrats de travail et dans les contrats de bail d’habitation.
Et dans certains autres contrats, le législateur a fixé un maximum par exemple dans les contrats de
crédits.

Dans tous les autres contrats, ces clauses sont licites et le montant est libre.

En pratique, elles sont fréquentes car elles ont beaucoup d’avantages. Elles permettent d’éviter des
désaccords et des procès au moment où intervient un manquement. Ca permet aussi d’éviter les
lenteurs de la justice.

Si la clause prévoit un montant modéré, c’est une manière indirecte de limiter la responsabilité du
débiteur.

Si la clause prévoit un montant élevé, le débiteur va être prudent. Même rôle que l’astreinte.
Cependant, ces clauses pénales, par le passé, ont engendré des abus.

Ces clauses fixent une réparation forfaitaire d’un dommage.

Lorsque le montant est totalement disproportionné, il y a abus.

De tels abus ont suscité l’intérêt des législateurs.

Une loi de 1975 a donné aux juges un pouvoir modérateur.

Une autre loi de 1985 a rajouté que le juge peut, d’office, utiliser ce pouvoir, même si le créancier, ni
le débiteur ne lui a demandé.