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Littérature du XXe siècle Exposé du :

23/03/2016

Le vaudeville au XIXe siècle

Réalisé par : GHEORGHIU Mihaela

Etudiante Erasmus, Roumanie


Le patrimoine culturel de la France est bien connu à l’échelle mondiale, non seulement pour
l’héritage de l'urbanisme, des sites archéologiques et géologiques, mais aussi pour les œuvres
artistiques et littéraires. Au fil du temps, les écrivains ont raconté l’histoire de leur pays, les
mythes, les contes ou les histoires d’amour, en créant des poésies, des textes en prose, ou
dramaturgiques. Chaque siècle a apporté une innovation dans le domaine littéraire qui a
influencé la littérature française et européenne.

On se propose dans cet exposé d’étudier le vaudeville au XIXe siècle, en commençant avec
une courte image de la France à cette époque-là. On continuera après avec la signification du mot
« vaudeville », l’histoire de ce genre littéraire et artistique et ses caractéristiques. Une autre
partie sera dédiée aux auteurs de ce genre et aux représentations scéniques de vaudeville, mais
aussi avec l’histoire du Théâtre de Vaudeville. Pour finir l’exposé, on observera l’importance de
vaudeville pour la France et le monde entier.

La France au XIXe siècle

La France entre dans son XIXe siècle en 1814 selon la majorité des historiens. La délimitation
temporelle du XIXe siècle est sujette à controverse au sein des historiens. Certains affirment que
le siècle commence en 1789, lors de la Révolution française alors que d'autres commencent ce
siècle en 1814, après la défaite des armées napoléoniennes. Il y a également une divergence entre
les chercheurs en histoire concernant la date de fin de ce XIXe siècle français, certains soutenant
que le siècle se termine en 1914 au début du premier conflit mondial pendant que d'autres le
terminent en 1945, date de la fin du deuxième conflit mondial. Néanmoins, en dépit de ces
nombreux désaccords, la délimitation traditionnelle du XIXe siècle français reste la période
s'étendant de 1814 à 1914.

Au niveau idéologique et politique, le XIXe siècle français restera principalement le siècle de


l'opposition entre partisans de la révolution et contre-révolutionnaires. La démocratie et
le parlementarisme finit par s'imposer à la fin du XIXe siècle avec le triomphe des républicains et
des libéraux. La France a un rayonnement international fort au XIXe siècle. Elle est présente dans
toutes les affaires mondiales et est un acteur incontournable des relations internationales. À cette
époque, la France possède un vaste empire colonial, s'étendant sur tous les continents du monde.

Ce contexte historique et politique a eu une influence dans le domaine littéraire et théâtral qui
n’est pas du tout négligeable, étant donné que la censure était présente tout au long du siècle.
Cette pratique a déterminé les écrivains s’adapter aux conditions imposés par le pouvoir et
réaliser des œuvres inédites.

La signification du mot « vaudeville »

À l’origine, le vaudeville, ou « vau-de-vire », désigne des chansons satiriques dont la création


est attribuée à Oliver Basselin vers 1450. Par la suite, le terme qualifie des chansons gaies et
grivoises qui, chantées sur le Pont-Neuf, connaissent un immense succès au XVIIe siècle. Enfin,
il désigne les couplets chantés sur des airs connus que les comédiens italiens introduisent dans
leurs pièces à la fin du XVIIe siècle.

Francisque Sarcey donne une définition: « Le vaudeville, au lieu de s'attaquer aux caractères et
aux passions, de les étudier et d'en tirer, avec les effets de rire ou de larmes que le théâtre
comporte, un sujet de réflexions profondes et un enseignement, s'attache plutôt soit aux menus
faits de la vie courante qu’il embrouille en forme de quiproquo, et démêle ensuite comme il peut,
sans trop se soucier de la vraisemblance; soit aux légers travers de la vie contemporaine qu'il
tourne en ridicule d'une main légère, sans enfoncer trop avant le trait de la raillerie. »

L’histoire du vaudeville

Le vaudeville est un genre extrêmement ancien, né peut-être après la guerre de Cent Ans.
D’imprudent et contestataire qu’il fut, le vaudeville s’assagit et, à partir de la Révolution, devient
un spectacle de divertissement. C’est que, si la tragédie et le drame romantique prétendront
« éduquer », le vaudeville, comme le mélodrame entendent distraire et il existe bien un public
qui, las des troubles du temps et peu désireux de les retrouver d’une manière ou d’autre sur les
scènes de théâtre, est propre à se laisser distraire.

Le vaudeville se trouva mis en concurrence avec l’opéra-comique, officiellement né en 1753 et


dont les airs sont originaux – alors que lui plaque seulement des paroles nouvelles sur des airs
déjà connus. Apres la querelle des Bouffons en 1752, l’opéra-comique doit abandonner l’ « air
connu » au profil de l’ariette (air nouveau). Il se distingue alors de la « comédie en vaudeville »
qui, après une certaine éclipse, réapparait sur la Foire dans les années 1780, a l’initiative de
Pierre de Piis et Pierre-Yves Barré. Le succès de leurs pièces encourage les deux auteurs à fonder
le Théâtre du Vaudeville, inauguré le 12 janvier 1792.

Sous l’Empire et durant les premières années de a Restauration, la mélodrame et le vaudeville


comblent les vœux de toutes les couches de la population. Les classes populaires se passionnent
pour le spectacle de la vertu opprimée puis triomphante que leur offre le mélodrame, et
apprécient le caractère sentimental et moralisateur du vaudeville qui, à cette époque, prône des
maximes telles que : « Malheur à ce qui ne sait pas se diriger lui-même dans les sentiers de la
vertu et de l’honneur ! » La bourgeoisie aime elle aussi les deux genres parce qu’ils rétablissent
le sens des valeurs traditionnelles. L’aristocratie, quand à elle, fréquente volontiers le Théâtre du
Vaudeville – certains nobles ont même pu se faire vaudevillistes à l’occasion – et ne dédaigne
pas non plus le mélodrame qui défend le maintien de la hiérarchie sociale. À cette époque, une
censure vigilante préserve l’État de toute critique. Les vaudevillistes cherchent d’ailleurs à
s’attirer la bienveillance de L’Empereur en intégrant dans leurs productions des couplets qui,
totalement étrangers à l’action, chantent sa gloire.

À partir de 1825, le vaudeville se scinde ainsi en deux types de productions : d’un côté, les
« comédies-vaudevilles », qui se rattachent à la comédie de mœurs et abordent les grands
problèmes sociaux du temps ; de l’autre, les « folies-vaudevilles », qui mobilisent les techniques
d’écriture de la farce et laissent libre cours à la fantaisie bouffonne des auteurs.

Au vaudeville, sous des divers avatars, revient de très loin la plus grande part de la production
comique, en nombre de titres, durant la première moitié du siècle ; on peut, en outre considérer
qu’il se prolonge sous le Second Empire sous la forme de l’opérette ; ce genre, qui lui-même
proliféra jusqu’au-delà de la première guerre mondiale, n’est pas éteint de nos jours.

Les caractéristiques

Dans l’imaginaire collectif, le vaudeville évoque des portes qui claquent et des amants dans le
placard. Si ces ingrédients sont constitutif de certains vaudevilles de Feydeau, bien connus
aujourd’hui car souvent rejoués tout au long du XXe siècle, ils ne correspondent en rien au
vaudeville antérieur, dont la production s’élève à plusieurs centaines de pièces au XVIIIe siècle,
et à plus de 10 000 au siècle suivant.

La particularité du vaudeville est de construire une intrigue à partir d’un fait divers emprunté à
l’actualité. Le succès d’une pièce sur un théâtre voisin, l’intervention d’une machine, le
renversement d’un régime, les querelles littéraires, tout est bon pour les vaudevillistes qui
peuvent, en quelques heures, brocher le canevas d’une pièce dont la longévité est fonction des
fluctuations de l’opinion.

Construit le plus souvent en un acte et une quinzaine de scènes, le vaudeville présenté une
intrigue très mince, composée par la chaine des rebondissements que l’anecdote de départ permet
de développer. Scribe perfectionne le système en dotant le vaudeville des méthodes de
composition de la comédie. Il accorde un soin particulier au quiproquo et aux « préparations »,
consolide la charpente, approfondit la psychologie des personnages et oriente le vaudeville vers
la critique sociale.

Genre bien plus complexe qu’on serait tente de le croire de prime abord, le vaudeville s’est fait
le creuset d’une réflexion critique sur les croyances, les espoirs et es contradictions d’une
époque. De vulgaire qu’il était, le vaudeville s’habille de sérieux dans ses intentions mais non
dans la forme qui doit demeurer comique.

Les auteurs de vaudeville. Des mises en scène de leurs œuvres

Il va sans dire que le nom d’Eugène Scribe traverse toutes les zones du vaudeville. C’est dans
ce genre qu’il connut ses premiers véritables succès, notamment avec « Une Nuit de la garde
nationale (avec Deleste-Poirson, Porte-Saint-Martin, novembre 1815), brillant quiproquo bourre
de couplets, au rythmes vif et à la mise en scène précise et soignée – ce fut toujours un souci du
mécanicien qui était en Scribe. Il eut aussi, tant qu’il fut jeun, quelques coups de folie qui furent,
peut-être, ses créations les plus drôles, le plus typiques est « L’Ours et le Pacha (avec Saintine,
février 1820), joué par les quatre grands bouffons que le théâtre de Variétés s’enorgueillissait
alors pourvoir réunir : Odry, Brunet, Vernet et Lepeintre aîné. Durant la Restauration, Scribe
écrit 148 vaudevilles, presque tous pour le théâtre du Gymnase dont son ami Delestre-Poirson
était directeur. Il y a dans le vaudeville tel que le conçoit Scribe un réalise relatif, qui l’aide à
nous intéresser encore. Entre ses collaborateurs, il faut citer quelques nom : Théaulon de
Lambert (« La Folle de la Bérésina, 1835, Bayard, Lauzanne et Dumersan et Varin, comptent à
leur actif un des grands succès du vaudeville-farce : « Les Saltimbanques » dont le héros,
Bilboquet fut immortalise par Odry.

Un autre nom très important est celui d’Eugène Labiche qui est né le 6 mai 1815 à Paris, au
sein d’une famille bourgeoise. Cet auteur dramatique et comique s'illustra surtout dans le genre
du vaudeville, qu'il décrit lui-même comme « l'art d'être bête avec des couplets
Ses personnages sont en majorité des figures archétypales du monde bourgeois. Il passe ainsi
pour l'inventeur d'une figure emblématique de la société du XIXe siècle : le bourgeois crédule et
philistin. Nombreuses sont les figures de beaux-pères irascibles, dans cette production gaie-
satirique.
Ses productions théâtrales évolueront des vaudevilles en un acte aux grandes comédies de
mœurs et de caractères : il laissera finalement plus de 173 pièces.
Parmi celles-ci, on représente souvent « Un Chapeau de paille d'Italie » (créée en 1852),
considérée comme la plus réussite. Cette pièce, composée après le coup d'État de Louis-
Napoléon Bonaparte et le rétablissement de l'Empire, renouvelle le genre du vaudeville, dont la
tradition est marquée par l'œuvre de Scribe, grâce à l'apport d'un thème nouveau : la recherche
d'un objet égaré, sous la forme d'une course-poursuite qui engendre nombre d'événements
imprévus.
Si ses comédies sont le plus souvent fondées sur des rebondissements successifs et des
situations cocasses, l'humour léger vire parfois au cauchemar, en témoigne « L'Affaire de la rue
de Lourcine » (1857). Parmi les mises en scène remarquables de cette pièce, on relève celle de
Patrice Chéreau, en 1966 et celle de Klaus Michael Grüber, en 1989. Avec « Le Voyage de
Monsieur Perrichon » (1860), Labiche propose une satire de la bourgeoisie du second Empire,
nouvellement enrichie et ambitieuse.
Né à Paris en 1862, celui qui deviendra le maître incontesté du vaudeville, Georges Feydeau,
écrit ses premiers textes à l’âge de 7 ans. Il négligera d’ailleurs rapidement ses études pour se
consacrer entièrement au théâtre, d’abord en tant qu’acteur, puis en tant qu’auteur et metteur en
scène. Sa première œuvre, « Par la fenêtre », est jouée pour la première fois en 1882, alors qu'il a
19 ans. Sa première grande pièce, « Tailleur pour dames », qui est fort bien accueillie en 1886 au
Théâtre de la Renaissance, lui vaut les encouragements de Labiche. La consécration vient en
1892 avec les pièces « Monsieur chasse », « Champignol malgré lui » et « Le Système
Ribadier ». Feydeau renouvelle le genre du vaudeville par une étude plus approfondie des
personnages. Il se moque notamment de la médiocrité des existences bourgeoises, qu'il tourne en
ridicule.
Le Théâtre du Vaudeville
Le Vaudeville ouvre une première fois ses portes le 17 janvier 1792 rue de Chartres-Saint-
Honoré (1er arr.), dans l'ancien Waux-hall d'Hiver (ou Petit-Panthéon), une salle de danse édifiée
par l'architecte Lenoir et située sur une partie des terrains de l'ex-hôtel de Rambouillet dans
les années 1770. Ses directeurs, Piis et Barré, y font représenter principalement des « petites
pièces mêlées de couplets sur des airs connus », dont des vaudevilles de leur propre répertoire.
En 1794 Joseph-Denis Doche entre à l'orchestre du Vaudeville. Durant longtemps il sera chargé
de l'arrangement des partitions des ouvrages nouveaux. En 1799, à la suite d'une brouille, Piis
quitte l'association pour fonder le théâtre des Troubadours.
Avec l'Empire, les pièces à caractère politique sont interdites. Barré se tourne alors vers
les « comédies de galeries », mettant en scène des personnages historiques. Lors des Trois
Glorieuses le théâtre est rebaptisé Théâtre-National.
Pour conclure, il faut préciser que le vaudeville est une partie importante du théâtre français
dont les prolongements se retrouvent plus tard dans la cinématographie. Les types populaires
crées par le vaudeville inspirent également quelques films : « Monsieur Vatour » (1914) d’Henri
Desfontaines, « Cadet Rousselle » (1954) d’André Hunebelle ou « Monsieur Prud’homme
s’émancipe ». Le vaudeville a donc trouve sa pérennité au cinéma, en gagnant un autre public.
Bibliographie :

Le théâtre français du XIXe siècle – histoire, textes choisis, mises en scène – Helene Laplace-
Claverie, Sylvain Ledda, Florence Naugrette, Edition L’avant-scène théâtre, 2008
Le théâtre français du XIXe siècle – Louis Arsac, Ellipses, 1996
Le théâtre français du XIXe siècle – Patrick Berthier, Presses universitaires de France, 1986

Webographie :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Théâtre_du_Vaudeville
http://www.academie-francaise.fr/les-immortels/eugene-labiche

L’image : Devant le théâtre du Vaudeville – Jean Béraud (1845-1935)