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CEA-N-2019

- Note CEA-N-2019

Centre d'Etudes Nucléaires de Saclay


Division de b Physique
Service de Physique Théorique

COURS DE
PHYSIQUE NUCLEAIRE THEORIQUE

. vwGES RIPKA et JEAM-PAUL BLAIZOT

THEORIES DES PERTURBATIONS


DIAGRAMMES DE FEYNMAN ET DE GOLDSTONE
FONCTIONS DE GREEN
APPROXIMATIONS SELF - CONSISTANTES

• Février 1978 -
Note CEA-N-2019

DESCRIPTION-MATIERE (mots clefs extraits du thesaurus SIDON/INIS)

en français en anglais

STATISTIQUE DE FERMI FERMI STATISTICS


OPERATEURS DE CREATION CREATION OPERATORS
OPERATEURS D'ANNIHILATION ANNIHIIATION OPERATORS
SECONDE QUANTIFICATION SECOND QUANTIZATION
THEOREME DE WICK WICK THEOREM
INFLUENCE DU TEMPS TIME ÎKiPENDENCE
THEORIE DES PERTURBATIONS PERTURBATION THEORY
DIAGRAMME DE FEYNMAN FEYNMAN DIAGRAM
DIAGRAMMES DE GOLDSTONE GOLDSTONE DIAGRAM
METHODE DE HARTREE-FOCK HARTREE-FOCK METHOD
MATRICE DENSITE DENSITY MATRIX
BRISURE DE LA SYMETRIE SYMMETRY BREAKING
MATIERE NUCLEAIRE NUCLEAR MATTER
THEORIE DE LA PORTEE EFFICACE EFFECTIVE RANGE THEORY
MODELES D'OSCILLATEUR HARMONIQUE HARMONIC OSCILLATOR MODELS
FONCTION DE GREEN GREEN FUNCTION
MODELES OPTIQUES OPTICAL MODELS
POTENTIEL NUCLEAIRE NUCLEAR POTENTIAL
CHAMP AUTOCONSISTANT SELF-CONSISTENT FIELD
ETATS EXCITES EXCITED STATES
CEA-N-2019 - RIPKA Georges, B L A U O T Jean-Paul
COURS DE PHYSIQUE NUCLEAIRE THEORIQUE - Tone 1
So—aire.- Ce cours est un exposé détaillé de plusieurs méthodes du
problème .1 N-corps nucléaire. On y trouve une explication des
régies des d i a g r a m » de Feynman et de Goldstone, tant pour les dia-
grammes vide-vide (énergie de liaison, valeurs moyennes d'opérateurs,
réponse linéaire 1 un champ extérieur) que pour les fonctions de
Green qui permettent de calculer les excitations élémentaires et
qui servent d'insertion . En outre nous présentons tovjours les diver-
ses approximations possibles sous forme de schémas self-consistents,
chacun conduisant t une formulation possible du modèle unifié, et
qui vont au-delà de l'approximation de Hartree-Fock. Ce cours diffère
de la plupart des exposes qu'on trouve dans la littérature par le
fait que le formalisme est adapté au calcul des systèmes finis, peur
lesquels il faut déterminer non seulement les énergies et les proba-
bilité, d'occupation, mais aussi, de manière s:lf-consistente, les
fonctions d'onde des orbites. Pour chaque schéma possible, les symé-
tries et les brisures de symétrie sont discutées. Plusieurs modèles
solubles sont présentés dans un but pédagogique insi que de no*br~ ix
exercices et problèmes i la fin de chaque chap ..s. Le dernier chapi-
4

tre donne des problèmes de révision.

CEA-N-2019 - RIPKA Georges, BLAIZOT Jean-Paul


LECTURES ON THEORETICAL NUCLEAR PHYSICS - Volume 1
Summary.- These lectures contain a detailed explanation of various
methods used in the nuclear many-body problem. We discuss Feynaan
and Goldstone graphs, both vacuum-vacuum graphs (used for binding
energies, mean values of operators, linear response to external
fields) and for Green functions which may be used for the study of
elementary excitations and which may be insert*J into diagrams. The
various approximations, which go beyond Hartree-Fock theory, are
always presented in self-consistent schemes, each one being a possi-
ble formulation of the unified model. This course differs from most
papers on the many-body problem in that it is formulated for finite
systems which, in addition to the calculation of energies and occu-
pation probabilities,require a self-consistent calculation of the
orbital wavefunctions. For each scheme the symmetries and the brea-
king of symmetries is discussed. Various soluble models are given
for pedagogical reasons, and problems arc given at the end of etch
chapter. The last chapter contains recapitulation problems.

1978 - Commissariat i l'Energie Atomique - France S96 p.


- Note CEA-N-2019 -

Centre d'Etudes Nucléaires de Saclay


Division de la Physique
Service de Physique Théorique

COURS DE
PHYSIQUE NUCLEAIRE THEORIQUE

pjr

GEORGES RIPKA et JEAN-PAUL BLAIZOT

Tome 1

THEORIES DES PJ 1TURBATIONS


DIAGRAMMES DE FEYNMAN ET DE GOLDSTONE
FONCTIONS DE GREEN
APPROXIMATIONS SELF-CONSISTANTES
1

TABLE DES MATIERES

CHAPITRE 0 : L'ANTI-SEMINAIRE vil

CHAPITRE 1 : ETATS ANTISYMETRIQUES ET OPERATEURS SYMETRIQUES DES


SYSTEMES DE FERMIONS IDENTIQUES. OPERATEURS DE
CREATION ET D'ANNIHILATION 1

1.1 Système composé d'une seule particule 1


1.2 Etats antisymétriques de N fermions identiques 4
1.3 Opérateurs symétriques à un et à plusieurs
corps ,.,...., 9
1.4 Représentation des états antisymétriques à
l'aide des opérateurs de création et
d'annihilation , 10
1.5 Représentation des opérateurs à l'aide des
opérateurs de création et d'annihilation 12
1.6 Transformation; linéaires des états à une
particule 17
1.7 Particules et trous , 21
1.8 Conjugal son particule-trou par la méthode de
quasi-spin 22
1.9 Systèmes composés de deux espèces de fermions. 26
1.10 L'isospin (spin isotopique) , 22
*** Exercices et problèmes Pl.l - PI, 19 31

CHAPITRE 2 : T-PRODUIT, PRODUIT NORMAL, CONTRACTION ET THEOREME


DE WICK 38

2.1 La mer de Ferai 38


2.2 Produit normal 39
2.3 Opérateurs de création et d'annihilation
dépendant d'un argument ou d'un "temps" 41
2.4 T-produit .t 42
2.5 Contractions d'opérateurs de création et
d'annihilation •••••» .• 42
2.6 Théorème de Wick .,..,..., , ,.. 44
2.7 Calcul de valeurs moyennes dans |<f>> n 46
2.8 Cas des opérateurs sans arguments ••• 47
2.9 Extension du tnéorème de Wick ••• • 48
*** Exercices et problèmes P2.1 - P2.8 ... • 50

CHAPITRE 3 : LES DIAGRAMMES DE FEYNMAN VIDErVIDE < < •. 54

3.1 Séparation du Hamiltonien en deux termes-•••»• 55


3.2 Développement de Dyson .,,.,,., 56
3.3 Représentation diagrammatique fidèle du
développement nerturbatif de <<p |u<6; |<|>Q> •••• 58
Q

3.4 Règles pour le calcul des diagrammes vide-


vide de Feynman dont les v.rtex sont
étiquetés (représentation fidèle) > 65
3.5 Diagrammes muers et le facteur de symétrie ... 66
n

3.6 Symétrie yar rapport à l'échange des


extrémités des vertex .,.,,.., 70
3.7 Règles pour le calcul des diagrammes de
Feynman vide-vide muets et possédant la
Symétrie d'écha ge des extrémités des vertex, 73
3.8 Calcul de <$ |u(B) |<J>> avec des diagrammes ..
Q 0

cor. exes 74
3.9 Calcul de l'é. argie de l'état fondamental,,.. 77
3.1J Dépendance du volume de la contribution d'un
diagramme ,,,,,....,,,,,.........., 79
3,1! Calcul de la valeur moyenne d'un opérateur
dans l'état fondamental avec les diagrammes
de Feynman , 81
3.12 Rapports avec la mécanique statistique 85
3.13 Densité de niveaux d'un système de fermions.. 89
A 1 Diagrammes de Feynman en représentation
énergie A-93-1
A 2 Règles pour le calcul des diagrammes de
Feynman vide-vide muets dans la représentation
énergie .,.,., A-93-4
*** Exercices et Problèmes P3.1 - P3.9 94

CHAPITRE 4 : DIAGRAMMES VIDE-VIDE DE GOLDSTONE 102

4.1 Développement de la résolvante 103


4.2 Représentation diagrammatique fidèle de F(z)
à l'aide des diagrammes de Goldstone 105
4.3 Correspondance entre les diagrammes de
Feynman it les diagrammes de Goldstone 109
4.4 >ymétrie par rapport à l'échange des extrémi-
tés des vertex. Facteur de symétrie 112
4.5 Règles pour le calcul des diagrammes vide-
vide de Goldstone possédant la symétrie
d'échange des extrémités des vertex 113
4.6 Calcul de la valeur moyenne d'un opératear
dans l'état fondamental ,. , ,. 114
4.7 Calcul de li fonction d'onde de l'état
fondamental ,.,,,,.,.,.,, ,... 117
4.8 Exemple illustratif : "Transition de phase"
du premier ordre "dans le '^C soumis â un
champ magnétique ,,,,,,...,.,..,,,,,.,..,. 120
4.9 La représentation de Hugenholtz ,,..., 136
*** Exercices et Problèmes P4.t - P4.4 .,,,,,,,,...,,....,,, 141

CHAPITRE 5 : LA THEORIE DE HARTRtE-FOCK .,,,.,,, 144

5.1 La matrice uunsiié ,.,,.,,,,,,......,, 145


5.2 Les équatiors de Hartree-Fock,,,,,.,.,,.,,, 147
5.3 Invariances de la fonctionnelle E[p] associés
aux symétries d;i Hamiltonien 151
5.4 Symétries et brisures de symétrie de 1'Hamil-
tonien de Hartree-Fock ,,.,.,,.,..,,.,,.,,, 154
5.5 Les orbit«n de Hartree-Fock .,...,,.. 160
ill

5.6 Energies des orbites de Hartree-Fock,...,,. 162


5.7 Dêteraination expérinentale des énergies des
orbites .,,....,. , 165
5.8 Conditions de stabilité des états de Hartree-
Fock par rapport aux variations de la matrice
densité ,,...., ,,.,-.,,., 178
5.9 Réponse linéaire d'un système à un champ
statique externe ....,,..,.-. 183
5.10 Exemple illustratif : force dépendante de la
densité et de portée nulle ...,,.,,,,.... 186
5.11 Transformation galiléenne et état spurieux
dû aux translations ,.....,...,.,,-.,,..... 189
*** Exercices et problèmes P5.1 - P5.13 ,., , 194

CHAPITRE 6 : THEORIE DU CHAMP STATIQUE LE PLUS GENERAL 201

6.1 Développement perturbatif -le la matrice


densité ,.,.,.,.,,,... . ...
t 201
6.2 Définition du champ statique à partir de la
matrice densité ,...,....,..,.,.... 202
6.3 Analyse topologique d'un diagramme de
Feypman vide-vide en points d'articulation,
cycles et parties irréductibles.., 203
6.4 Construction d'une fonctionnelle stationnaire
représentant 1'énergie du système ........ 209
6.5 Sommation incomplète des diagrammes. Struc-
ture en arbre ,..,.,,.,.. 212
6.6 Symétries du champ moyen .,.., 216
6.7 L'approximation de Hartree-Fock . .,,.,.,,. 217
6.8 Réponse linéaire du système à un champ
extérieur .,,..,,. , 218
8.9 Stabilité du système par rapport à une petite
perturbation causée par un opérateur â un
corps ..,.,,,,,..,,....,...., , 222
6.10 Les corrélations entre les particules. Cal-
cul de la fonction de corrélation à deux
corps ,, 228
6.11 Réponse linéaire à une perturbation à un et
à deux corps ,,.,,..,...,.,..,,,,,. ,.. 232
6.12 Utilisation des diagrammes de Ooldstone •. • 233
*** Exercices et problèmes P6.1 - P6.8 .,.,,,,,,.,, 237

CHAPITRE 7 : LA MATIERE NUCLEAIRE AU PRFMER ORDRE DES


PERTURBATIONS ,.,,.,,., 239

7.1 Propriétés cinématiques de la matière


nucléaire ,,,,,,,..,,,.,..,,.....,., ,. 239
7.2 Données expérimentales ,.,,...,..,,,,,..,.. 241
7.3 Relation entre le nivdau de Ferai i et
l'énergie de liaison par nucléon .,.,,,..., 243
7.4 Force effective centrale avec un terme
d'échange d'espace ,,,,,.,.,,., 245
7.5 Force effective dépendant des vitesses,,.,, 253
7.6 Force effective dépendant de la densité ,,, 258
IV

7,7 Masse effective, compression i té et vitesse


de son ,, ..,.,..,, 259
*** Exercices et problèmes P7.1 - P7.6 262

CHAPITRE 8 : LE MODELE DE L'OSCILLATEUR 264

8.1 Oscillateur à une dimension, état cohérent


et représentation de Bargnann 264
8.2 Propriétés de l'oscillateur à trois dimei><-
sions ..,..,.... ., , 267
8.3 Détermination de la fréquence de l'oscilla-
teur sphérique 270
8.4 Détermination des fréquences de l'oscilla-
teur pour un noyau déformé 272
8.5 Particules interagissant avec des forces
harmoniques. Etats spurieux du mouvement du
centre de masse 276
8.6 La résonance géante dipolaire ............. 280
8.7 Calcul RPA de la résonance géante 285
8.8 Oscillateur tournant autour d'un axe à une
vitesse angulaire constante 290
8.9 Problème aux valeurs propres d'un système
d'oscillateurs couplés , 300
8.10 Etat cohérent et fonctions d'onde d'oscil-
lateurs couplés 306
*** Exercices et problèmes P8.1 - P8.9 312

CHAPITRE 9 : LA FONCTION DE GREEN A UNE PARTICULE ., 320

9.1 Définition de la fonction de Green à une


particule 320
9.2 Décomposition spectrale de la fonction de
Green , , 322
9.3 Développement perturbatif de la fonction de
Green à l'aide desdiagranmes de Feynman.., 328
9.4 Opérateur de masse ...,....., 330
9.5 Règles pour calculer l'opérateur de masse
<i|M(8.-3 )|j> avec des diagrammes de
2

Feynman dont les vertex dépendent d'un


argument ...,.,,,..,,,,., 336
9.6 Règles pour calculer l'opérateur de masse en
représentation énergie , 338
9.7 Recherche des pôles et des résidus de la
fonction de Green ,,., 339
9.8 Conditions de stabilité du calcul perturbatif
de l'opérateur de masse 343
9.9 Exemple illustratif , 346
*** Exercices et problèmes P9.I - P9.6 .....,., 353

CHAPITRE 10 : LES REACTIONS NUCLEAIRES ET LE POTENTIEL OPTIQUE 356

10,1 Formule de Réduction de Lehmann. Symanzik et


Zimmerman ...,..,.,.., ..,.,,,.,,,., 356
V

10.2 La diffusion élastique des nucléons et le


potentiel optique ,.,,,.,,,,..,,•,.,.. 367
10.3 La non-localité du potentiel optique â l'ap-
proximation de Hartree-Fock ,,.,.,. 369
10.4 Exemple illustratif pour la partie imaginaire
du potentiel optique ,,.,.,,., 374
*** Exercices et problèmes P10.1 - P10.3 ,, 378

CHAPITRE 11 : CALCUL PERTURBATIF DE L'ENERGIE A PARTIR DES


FONCTIONS DE GREEN A UNE PARTICULE 380

11.1 Décomposition d'un diagramme connexe vide-


vide en parties irréductibles 381
11.2 Trois manières de résonner tous les dia-
grammes 384
1,3 Construction d'une fonctionnelle stationnai-
re qui représente l'énergie 393
: 1.4 Sommation incomplète des diagrammes ....... 396-1
11.5 Symétries de l'opérateur de masse .,. 396-4
11.6 Calcul de E -E. 399
c L
11.7 Réponse linéaire du système à un champ
extérieur à un corps qui conserve l'énergie 402
*** Exercices et problèmes PI 1.1 - Pli.7 , 406
CHAPITRE 12 : EXCITATIONS ELEMENTAIRES DES NOYAUX 409

12.1 Réponse linéaire à un champ extérieur dépen-


dans du temps , 410
12.2 La théorie de Hartree-Fock dépendant du
temps 414
12.3 Lois de conservation dans l'approximation de
Hartree-Fock dépendant du temps .. 418
12.4 Approximation RFA : Linéarisation des équa-
tions de Hartree-Fock dépendant du temps .. 426
12.5 La méthode de la cocrdonnée génératrice et
les fonctions d'onde du système 433
12.6 Elements de matrice d'opérateurs entre les
états exci es du système ...,,,...,....,... 441
12.7 Approximation d'un chenin, formule de
Thouless-Valatin pour le paramètre de masse 444
12.8 Règles de somme 452
12.9 Modèles solubles ,,,.., 457
*** Exercices et Problèmes P12.1 - P12.4 .,.,.,..., 462

CHAPITRE 13 : LES FONCTIONS A QUATRE POINTS .,,.,,,., 464

13.1 La fonction â quatre points K ,..,.., ,,,,. 464


13.2 Fonction de Green particule-particule; états
des systèmes ayant A±2 particules 469
13.3 Fonction de Creen particule-trou L : états
excités du système ayant A particules ..,,. 473
13.4 Moments statiques et transitions entre états
des systèmes ayant A et A±l particules .... 477
13.5 L'énergie potentielle de l'état fondamental 479
13.6 Développement perturbatif de la fonction à
quatre points à l'aide des diagrammes de
Feynman , , 481
13.7 Opérateur d'interaction V de la fonction à
quatre points , 484
13.8 Règles pour le calcul de l'opérateur
d'interaction Y et des fonctions à quatre
points K et L, avec des diagrammes de
Feynman dont les vertex dependent d'un
argument 488
IJ.9 Règles pour le calcul de l'opérateur
d'interaction T et des fonctions à quatre
points K et L avec des diagrammes de
Feynman en représentation énergie 491
13.10 Réduction de l'opérateur d'interaction Y
dans la voie particule-trou : interaction
particule trou irréductible F 493
13.11 L'interaction Darticule-trou irréductible
comme dérivée fonctionnelle de l'énergie... 498
13.12 Réduction de l'opérateur d'interaction F
dans la voie particule-particule : interac-
tion particule-particule irréductible W ... 501
13.13 Sommation des parquets : réduction de
l'opérateur d'interaction simultjnément dans
les trois voies 504
13.14 Théorie self-consistante de 1' •Taction
irréductible particule-trou : K. KPA
retrouvée 510
13.15 Théorie self-consistante de l'interaction
particule-p.trticule. Vibrations de pairing. 516
13.16 Sommation des diagrammes en anneau 527
13.17 Sommation des échelles de Brueckner 533
13.18 Renormalisation d'un opérateur a un corps
par le couplage aux vibrations RPA 538
*** Exercices et problèmes PI3.I - PI3.4 541

CHAPITRE 14 : DIX- NIUT PROBLEMES DE REVISION 542


Vil

CHAPITRE 0

L'ANTISEMINAIRE

Les idées physiques, telles les idées en général, sont bien moins
nombreuses que les gens qui s'en servent et elles sont déjà exposées dans
de nombreux ouvrages. Par contre le physicien, qui est amené à faire un
calcul, trouve plus difficilement un exposé qui lui permette de retrouver
un facteur de symétrie l/2n ou un signe -. Ce cours a pour but de développer
le formalisme de manière à permettre au lecteur de maîtriser lui-même tous
ces détails dont il aura besoin dans la pratique. Ce cours n'est donc pas
une introduction à la physique nucléaire. Il est plutôt un exposé de quel-
ques méthodes du problème à N-corps nucléaire.

Le cours s'adresse à un public saturé de séminaires où on parle


beaucoup des idées physiques, où on présente de nombreux résultats, mais où
le temps manque toujours d'expliquer comment se font les calculs. Voici
l'anti-eéminaire où est révélé ce que les physiciens savent sans trop oser
le dire car trop souvent ils le disent sans vraiment le savoir. Le choix
des sujets est quelque peu aléatoire, ce qui nous a fait ajouter au titre
la mention "Tome I" qui laisse (éventuellement au lecteur) la possibilité de
continuer.

Il y a trois ans ce cours était un polycopié destine aux étudiants de


première année de troisième cycle. Depuis, nous l'avons complètement
récrit et son contenu déborde largement le cadre de cet enseignement.
Néanmoins nous supposons que le lecteur ne connait que la mécanique
quantique élémentaire et rien du problème à N-corps.

C'est ainsi qu'il trouvera un exposé détaillé des méthodes diagramma-


tiques de la théorie non-relativiste des perturbations, tant pour les
diagrammes vide-vide (énergie de liaison, valeurs moyennes d'opérateurs,
VI11

réponse linéaire à un champ statique, etc.), que pour les fonctions de


Green qui persettent de calculer les excitations élémentaires, les facteurs
spectroscopiques, la réponse à un chaap extérieur dépendant du temps etc.

Nous avons toujours essayé de présenter les diverses approximations


possibles sous forae de schéaas self-consistants, chacun conduisant à une
formulation possible du modèle unifié. Les Théories self-consistantes ont
une importance particulière dans l'étude des systèmes finis, coaae les
noyaux. En effet, à l'inverse de ce qui se passe pour les systèmes infinis
où l'on se contente bien souvent de calculer des énergies et des probabi-
lités d'occupation, l'étude des systèmes finis nécessite un calcul précis
des fonctions d'onde.

Ce cours ne s'est pas fait tout seul. Monsieur Blaixot remercie


Monsieur Ripka et Monsieur Ripka reaercie aut u t Monsieur Blaizot de ne
pas avoir rejeté indéfiniment les textes qu' ls se renvoyaient l'un à
l'autre.

Ils remercient leurs étudiants d'avoir relevé tant d'erreurs qui les
empêchaient de comprendre.

De nombreux collègues nous ont aidés. Tout d'abord Monsieur Gaudin qui,
piégé dans le même bureau que l'un de nous, a fait preuve à la fois d'une
grande patience et d'une grande générosité en nous fournissant de très
utiles explications les trop nombreuses fois où nous l'avons dérangé.
Monsieur Balian nous a également beaucoup aidé à comprendre la théorie
des diagrammes, Monsieur Itzykson nous a aidé pour le Chapitre 8, notamment
pour ce qui concerne la représentation de Bargmann; Monsieur Mahaux nous
a fait des remarques utiles pour le chapitre 10 et Monsieur Baym nous a
fait une suggestion très utile pour la section 13.15. La collaboration avec
Monsieur Gogny nous a permis d'approfondir les chapitres 5 et 12. Nous
sommes probablement redevables à bien d'autres gens à qui nous avons pillé
les idées. Qu'ils nous excusent d'avoir cédé â cette pratique courante !

Nous remercions tout particulièrement Madame Lechaton pour avoir


assuré la frappe de ce cours avec beaucoup d'efficacité.
CHAPITRE

ETATS ANTISYMETRIQUES ET OPERATEURS


SYMETRIQUES DES SYSTEMES DE FERMIONS IDENTIQUES.
OPERATEURS DE CREATION ET D'ANNIHILATION.

Référence : F.A. Berezin, The Method of Second Q u a n t i s a t i o n , Acadamie P r e s s .

Dans ce premier c h a p i t r e nous a l l o n s apprendre I é c r i r e l e s é t a t s e t l e s


opérateurs des systèmes à N p a r t i c u l e s dans une r e p r é s e n t a t i o n qui se r e v e l l e r a
commode pour développer des approximations à l e u r dynamique. Pour c e l a nous
développerons ce qui appelé le formalisme de seconde quantification. Un exposé
plus rigoureux et p l u s approfondi peut ê t r e trouve uaus l a r e f e r e n c e c i - a e s s u s .
I . I SYSTEME COMPOSE D'UNE SEULE PARTICULE.

Commençons par r a p p e l e r le langage des états e t de l e u r s veprêsentationc en


mécanique <v-->ntioue Dour un système composé d'une seule n a r t i c u l e .

A.- P a r t i c u l e sans spin

Une p a r t i c u l e peut ê t r e r e p r é s e n t é e par un ensemble complet d ' é t a t s | a > , |3>,..,


| w > , . . . nar exemple v e c t e u r s propres d'une observable t e l l e que le Hamiltonien
h que nous ne p r é c i s o n s pas pour 1 ' i n s t a n t :

Les vecteurs propres |a> forment un ensemble complet :

£. H X ^ I a 4- ( Base comnlètes r e l a t i o n de fermeture) (1.2)

Les vecteurs -forment in ensemble orthonormal s i :

^«<lô> » 6 et* (Base orthorormale) , (1.3)


- 2 -

Lorsque la particule est repérée dans l'espace des configurations on a souvent


intérêt à considérer sa fonction d'onde de la mécanique ondulatoire :

v? ) a
<r|o|> . (i.4)

La fonction d'onde 7 (r) est la représentation de l'état |a> dans l'espace des
configurations. La représentation (1.4) n'est autre que la produit scalaire entre
l'état |a> et un autre état |r> qui est vecteur propre de l'observable "position r".
• - * •

Les états |r> forment aussi une base complète :

I<dr \r><ri a d (ncfk-Kou Je lermg+kre) a.5)

et orthonormale

<?'!?> - £<?-?). (1.6)

La seule différence entre les états |r> et les états |«> vient de ce que les états
|a> repères par un indice discret a tandis que les états |r> sont repères
par un indice continu r d'où l'apparition d'une intégrale dans l'équation (1.5)
et de la fonction delta dans l'équation (1.6).

Rappelons que la mécanique ondulatoire n'est autre que la représentation dans


l'espace des configurations des équations de mouvement des états. Cette représentation
<
s'obtient en multipliant les kets à gauche par le bra r | . Multiplions 1 equation
(1.1) par <r|:

<rlkU> = *<<?!«> . (i.7)


L'Hamiltonien d'une particule se propageant dans un potentiel (J(r) a la représentation
suivante dans l'espace des configurations :

<?IM?'>- S (?'-?> f - r - £ * + Uc?)l (I . 8)

En utilisant la relation de fermeture (1.5) on a :

(1.9)
<?lW\<*>= f < < r ' < r l V \ \ r > <r"»o<> •
- 3 -

En remplaçant, cette équation dans (1.7) et en utilisant (1.4) on obtient :

forme habituelle de l'équation de Schrodinger.

B.- Particule ayant un spin et isospin.

Les nucléons ont, en plus de leur coordonnée r, un spin a un isospin T. La


projection du spin peut prendre deux valeurs : t -z le long d'un axe donné et
] ^
l'isospin prend les valeurs ± y selon qu'il s'agit d'un neutron ou d'un proton.

Pour tenir compte des coordonnées de spin et d'isospin des nucléons, nous
devons remplacer l'état |r> par l'état [raT>. L'équation (1.4) devient :

^«(r.o^T ) - <rtrT la > • d.ii)

La base |rot>. est complète et orthonormale dans l'espace des configurations, de spin
et d'isospin de sorte que les équations (1.5) et (1.6) deviennent :

«r ir«rT><r<rt|a ±

(1.12)
<?VT'l?<rr > » S (r_r') % . r<r &>xx

On voit que les spins et isospins ne font que changer l'écriture de |r> en |rar>
et les intégrales / dr en 2, / dr. Dans la suite nous désignerons par x l'ensemble
des coordonnées d'espace r de spin a et d'isospin T . Dans cette notation les
équations (1.12) s'écrivent :

I e*x | * > < * I * 1 ,


(1.12 bis)

<x'tx>» S(x-x') .
- 4 -

1.2 ETATS ANTISYMETRIQUES DE N FERMIONS IDENTIQUES.

Lorsqu'un système se compose de N particules identiques, l'Hamiltonien, comme


tous les opérateurs qui représentent des observables, doit être symétrique par
rapport aux permutations des coordonnées des particules. Lorsque ces particules
sont des fermions identiques il faut en outre que leur fonction d'onde soit
antisymétrique par rapport à une quelconque de ces permutations.

Soit \p(.x x«x ) une fonction d'onde antisymétrique de N particules :

;;_L:S pouvons développer ip(x,...x^) sur une base complète, mais nas n^ces*^:-"

mertt orthonormale d'états à une particule:


/

(1.13)

Puisque la fonction d'onde*f (x x . . . x ) e s t a n t i s y m é t r i q u e par r a p p o r t aux


permutations des coordonnées x . l e coefficient<*&•-• w 1 H* > peut ê t r e c h o i s i anti-
symétrique par r a p p o r t aux p e r m u t a t i o n s des é t a t s a , S . . . :

<«^...tfl\V> * - <f«. • W l 4 ' > s •• (I.U)

Soit P une permutation des états a, {?,... . La propriété (1.14) permet d'écrire
le développement (1.13) ainsi :
I P
VU,,*,,.»,*,,)" 2. ^ I t - X ^ X ^ - ^ H o X ^ - u ) ! ^
(1.15)
(I.i

N ! M|».-*>

e s t un determinant de S Lite

:\
- 5 -

défini ainsi

ctit {<x,U><*.lp>-- « „ U > } * Z > > «,»*><**»p>-<*•>««>>

(1.16)

<* tw><X»l^>
A -•• « i i w )

l<*«\«><x |p> --•


M <*,ilt*> J

Par exemple, un déterminant de Slater de deux particules s'écrit ainsi à


l'aide des fonctions d'onde H ^ ( x ) s < < W > :

L'équation (1.15) montre que les déterminants de Slater forment une base
pour développer les états antisymétriques des états à N particules identiques.
Ils jouent un très grand rôle dans le problème à N-corps et nous allons en
analyser les propriétés. Le développement (I.15) comprend, en général, un nombre
infini de termes. Mais par un choix judicieux de la base ct,6,...u} (voir par
exemple la théorie de Hartree-Fock dans le chapitre 5) on peut espérer approcher
la fonction d'onde d'un système avec un nombre suffisamment p-itit de termes.

Calculons le produit scalaire de deux déterminants de Slater :

(1.17)
jar,-**, * $<*'l*,V- <«*'nC4>^A.t ^ « , W> -- < <*!»> \
A

Considérons le premier terme <a'|x.>,..<&'|x„> du développement de det


'I N
{<a' |x,>. ..<(!)' |x„>}. Sa contribution à l'intégrale (1.17) est obtenue en
1
1 ' N
- 6 -

développant le second déterminant det {<x |ct>...<x [<u>} :

[rfrf,- <*.<* <*'lx,X>'lX,> •<«*'\X.i> f«|i4><jr»lf > ••• <X„l«o>

- <<it^><x» 1«0 • • <*,•»«*>•••• 1

» A * {<*'•*><p'ip> — <w'm>>7

Un calcul identique montrera que le second terme <f3'[x> <a'|x->.. .<(*)'|x > donne la
même contribution à l'intégrale (I.I7). Il en va de même pour les N! termes du
déterminant det {<ot' |x >. ..<u>' |x >}. On obtient ainsi :

( I , 8 )
r ? '
s N ! cte+ { < « ' n ><f'\f>~ <*»'i*»>J •

Nous obtenons le résultat important : le produit scalaire de deux déterminants


de Slater est égal au déterminant des produits scalaires des états à une particule
dont ils se composent.

Cette propriété permet de considérer le déterminant


de Slater (I.IA) comme une représentation dans l'espace des configurations
{x ,x .. .x } de l'état |afî...a)> et d'utiliser par conséquent l'écriture :

<*,Xx-- X„ \«f •• W> « <&+ {<*.M><Xftip> •• <X \uyl n # (1.19)

Le résultat (1.18) s'écrit donc ainsi :

•JJ J^,..«lx <«y... w'|x,x -• x ><x,x . • x,il«f-•«>


M x H t

(1.20)
7 -

L'intégrale (1.20) peut ê t r e considérée comme l e produit s c a l a i r e entre le


bra <a'3'..u)'j et l e ket la$...(u>:

Noter l'analogie formelle entre les équations (1.19) et (1.2!) . Le détermi-


nant de Slater définit les produits scalaires entre les états ja0...w> «t
|xj...x >. En outre on peut considérer que le déterminant de Slater (I.I9) n'est
autre que la représentation de l'état |ag u)> dans l'espace défini par les
états jx ...x >. Nous définissons ainsi des kets |ag...w> ou |x ...x > qui sont
des états amisymétriques de particules indépendantes. Le produit scalaire (1.19)
peut être ainsi considéra comme la fonction d'onde de l'état |a8...w>. De même,
a fonction d'onde normalisée ij/(x ...x ) de l'équation (1.13) peut être écrite
sous la forme :

>/»t»

Le facteur I//NT vient de ce que la fonction d'onde <x ...x \ty> n'est pas
normalisée (voir la relation de fermeture 1.23 ) .

Les états \aQ...a>> et |x.x ... x„> sont antisymétriques par rapport à toute
2

permutation d'une paire d'indices :

Up- w > - - \^<t... u > * •••


(1.22)

En outre l'équation (1.20) nous donne la relation de fermeture :

J 4< ... /JC„ U,-•• K» X x,- x„ \ s N


t
(1.23)

De même l'équation (1.15) donne l a r e l i t i o r .Je fermeture:

1 ç,-• co > < * ^ • o l s NI (1.24)


- 8 -

La f a c t o r i e l l e N! qui a p p a r a î t dans ces r e l a t i o n s de fermeture v i e n t de


ce que l'ensemble des ê t . . t s ja8...u)> e t |x x _ . . . x > e s t surabondant ou
redondant. En e f f e t on o b t i e n t , à un signe p r è s , N! é t a t s i d e n t i q u e s à p a r t i r
de chaque é t a t |ûtf.. .u>> ou |x x . . . x > en permutant l e s i n d i c e s . C ' e s t pour
c e l a q u ' i l e s t souvent commode de convenir d'un o r d r e lexicographique des é t a t s
à une p a r t i c u l e { a } . Pour bien marquer cet ordre lexicographique nous é c r i r o n s
à la s u i t e ordonnée e t complète des é t a t s à une p a r t i c u l e a i n s i :

e< < 6 < . . . <u> < . . .


(1.25)

Cela permet d'écrire la relation de fermeture (1.24) ainsi :

2. i«<^--•«oXrtf.. u>i « ± J (1.26)


*<P< •<•»
et dans le cas d'états ainsi ordonnés on a, cour ixie base orthonormale:

<<y... W ' | c t ^ - W > - &*„' fy ... S t f M ) ' (1.27)

Par contre il n'est pas commode de convenir d'un ordre lexicographique pour des
X X
coordonnées d'espace | > > > C'est pour cela qu'on utilise souvent l'espace
N

e t
surabondant I*!''*™* la relation de fermeture (1.23).
- 9-

1.3 OPERATEURS SYMETRIQUES A UN ET A PLUSIEURS CORPS.


Les opérateurs qui représentent des observables des systèmes de N particules
identiques doivent être symétriques par rapport aux permutations des coordonnées
des particules.

Par exemple l'énergie cinétique des particules est représentée par


l'opératevr symétrique à un corps:

T»Z I =- i L V . (128)
L'énergie potentielle des particules est représentée par l'opérateur symétrique à
deux oorps :
(1.29)

avec v(x. ,x.) = v(x.,x.). rappelons que la coordonnée x. représente à la lois la


position r-, le spin a. et l'isospin t. de la particule i. On rencontre aussi des
opérateurs à plusieurs corps. Par exemple des opérateurs à trois corps
v(x-, x. ,x, ) peuvent simuler des potentiels effectifs entre les nucléons. Un
potentiel à trois corps doit être symétrique par rapport aux permutations des
coordonnées x. »x. et x, . Un opérateur symétrique à trois corps peut s'écrire :

V V ( X X X
* * ^ £\n, <> i> K> • (1-30)

Les opérateurs (1.28), (1.29) et (1.30) sont écrits dans la représentation


x où ils sont diagonaux. Ainsi pour l'opérateur à un corps (1.29) on a :
M _ ? >i

< V x * »T I *.'•• <•.'> Z.«."-x»»Xr"*i > (~£^ %) ) .


3

Son action sur tout é t a t 14/ s'écrit :

H £ _,
(1.31)

De même pour l'opérateur à deux corps (1.29) on a ;

<*,-<,, t v w; ••• xaS «I2L «••• * ix;.. x '> V(x,,x ) N N t

On en déduit son action sur tout état ( H* > :

2 J
'* i (1.32)
- 10

1.4 REPRESENTATION DES ETATS ANTISYMETRIQUES A L'AIDE DES OPERATEURS DE CREATION


ET D'ANNIHILATION.
Les états antisymétriques |a-..(i)> peuvent être construits à partir d'un
état |o> 4u'on appelle le vide et des opérateurs de création a . On fabrique
des états à une, deux, ...N particules, en appliquant au vide un, deux, ... N
opérateurs de création :

lo> "vide"

t
Q^ \0^ "état à ane particule"

û^ <l. \ 0 y "état à deux particules"

d * C U ••• d i* i°^ "état à N particules". (1-33)

L'espace qui contient le vide et l'ensemble (133)^*5 e4-*4"S à uns


deux,,., particules s'appelle l'espace de Fock. Nous allons montrer que, dans
cet espace, l'état a a ...a |o> peut représenter l'état antisymélrique
ft

|af3...w> :

|*p...fc>> » «« «f — « * » ° > • (1.34)

Pour cela il faut que les opérateurs de création anticommutent :

+ T
(1.35)

On peut construire l'espace dual de l'espace de Fock (1.34). L'adjoint du vide sera
noté <o|. Nous montrerons que les bras<a3..w| peuvent, dans l'espace de Fock ,
être représentés par <o|a ..a a : Q

'Ill p O

<«<f" « j a <0| û - «pq, u / (1.36)

où les a sont des opérateurs dits d'annihilation


4 . Pour cela il faut que les
opérateurs d'annihilation anticommutent :

(1.37)
»<a, t <K *< « r « " / * f l * * ° '
f
- 11 -

Pour justifier les représentations (1.34) et (1.36) des états antisymétriques il


nous faut montrer que les produits scalaires sont bien donnés par l'équation (1.21).
Pour cela nous exigeons que le vide satisfasse à l'équation :

a*io> * o t < © i <*,, (1.38)

et que les opérateurs a^ et a Q obéissent aux relations d'anticommutation


a p

a< Q • ct*a, =: [**,*


f f 1¥ * <*ip (1.39)

En effet vérifions que dans le cas d'une particule on a bien :

<*\ç > = <o\ ct„ eu io>

(1.40)

On vérifie que, par applications successives de relations d'anticommutation, on a


pour deux particules :
t t

s «1er { <*|V> <plS> j •


Dans le cas général de N particules, l'équation (1.21) n'est qu'une conséquence
simple du théorème de Wick (équation 2.21) que nous démontrerons dans la section
2.7.

On dira que l'opérateur a (ou a ) crée(annihile)une particule dans


l'état a.

On peut former les états antisymétriques IxjX,..*,^ à l'aide d'opérateurs de


champ définis à partir des opérateurs de création et d'annihilation ainsi :

(1.41)
- 12 -

Pour des particules de spin a , d isospin T et situées au point r on


peut définir les opérateurs de champ ainsi :

(1.42)

On voit que :

(1.43)

L'équation (1.41) permet de calculer l'anticotnnutateur :

(1.44)
* Z ?«too<£(**> - £(*.-**> •
Donc :
t
r^tM, ^ (x*)] - s r*,-«*>.
f .
(I 45)
On voit que l'état |XJX_...X> peut se représenter, dans l'espace de Fock,
ainsi :

t
U,*,.... x „ > » * ( j f , ) ^ « * ) - ^ ( x ) i o > „
-

(I 46)
<*.x —x,,\ * <oi4>(x,)... H ' f x j t u . ) .
fc '

Pour l e vide on a évidemment ;

t(X) | 0 > » 0 , <=>« <F 0 0 » ô .


(1.47)

1.5 REPRESENTATION DES OPERATEURS A L'AIDE DES OPERATEURS DE CREATION ET


D'ANNIHILATION.

Comment représente-t-onles opérateurs symétriques (1.28), (1.29) et (1.30)


à l'aide des opérateurs de champ (1.4!)?

Considérons l'opérateur à un corps T et écrivons l'équation (1.31) à l'aide


- 13 -

des opérateurs de champs (1.41) :

<otv|'( ).. * ( 0 * C X , ) J" | ... >


>t- Kf t0

(1.48)
l«l

Montrons que cette équation est vérifiée par l'expression

T = W **««> ["£ '* +u»] (1.49)

En utilisant l'équation (1.45) on voit que

(1.50)
+ îot-x,> [ . £ v/if (,.,"]
de sorte qu'en faisant commuter ainsi ty (x) (- ~- 4i(x)) vers la gauche avec les
opérateurs ip(x.) on obtient :

V* - * l (1.51)

»»i 2m

En reportant les équations (1.49) et (1.51) dans le membre gauche de (1.48) on


trouve le membre droit. Puisque l'équation (1.48) est démontrée pour tout état
|oc...ui>, l'équation (1.49) représente bien l'opérateur T. En développant les
opérateurs de champ dans (1.49) à l'aide de (1.41) on obtient une expression
équivalente pour l'opérateur T :

(1.52)

ou

< « l t \ f > » Jrf* f/co [ - ^ V* <t U)"] . f (1.53)

L'équation (1.52) e s t l'expression la plus générale d'un opérateur à un


c o r p s . UP opérateur W non diagonal dans l ' e s p a c e * ( c ' e s t à d i r e n o n - l o c a l )
- !4

s'écrit ainsi à l'aide des opérateurs de champ :

(1.5-.)

Pour exprimer un opérateur symétrique à deux corpson écrit l'équation (1.32)


l'aide des opérateurs de champ :

M
(1.56)
s 1 Z. V(X; / X j ) <X, X N l«f ---M > .

Montrons que cette équation est vérifiée par l'expression :

f
V » j j<A* «U' t (x) + V ) *<x,x'> *(x'> t(x) . (1.57)

Nous supposerons que v ( x , x * ) e s t une fonction de x e t :-' qui ne contient pas


de dérivées e t qui commute avec l e s opérateurs de champ.

En appliquant l e s règles d'anticommitation du champ on obtient tout d'abord


l'équation :

<x, x„| **«) Yu) m £ ^x-x-Xx, ». x | M (1.58)


t*l

Nous notons également la relation ;

t\<> * V > «Wx'l *(x) - YVo t(«> * V ) t(x') (1.59)

Multiplions (1.59) à gauche par <x..* | et appliquons l'équation (1.58). On


obtient :
< t
<X,••X |+ "u,* Cx'>vl'(x') t « )
N
(1.60)

3 <X,-X, ifZ. Z. *<*-*• )^C<-X; )- Z ÎU-X^Cx-Xi)!

.J
- 15 -

En utilisant les équations (1.60) et (1.57) on voit que

<X,... W X- s <* -* \ t H ( i L f*i\,*i>) ,


V
(1.61)

de sorte que les équations (1.57) et(1.32) sont vérifiées. En développant les
opérateurs de champ à l'aide de (I.40 on obtient:

V ~- ± 2 - U f . t r n r S ) ^ ~% Q
$
- a
- f

f 4 t , (1.62)

ou

(<f I1MÏÏ > s J44, A*,. %*«,, <?*Gfc) TTfX,,*,) Y, «,) <f, (*.) (1.63)

L'élément de matrice (1.63) est appelé élément de matrice non-anti-symétrisé.


On a très souvent recours à des éléments de matrice anti-symêtvùsês définis
ainsi :
<«f»viïi> * (rfpiviïS)-(*p W I S ? )

s - <c<6 1V » S * > * - < f * «V I Ï X > (I.64)

s <^< \ V I » * > •

En fonction des éléments de matrice anti-symétrisés V s'écrit :

V* 2f Z. ^ - f IVIVJV Q*QJ" fl,q t


(1.65)

Remarquons d'ailleurs la relation :

(1.66)

Les équations (I 67) et (1.65) expriment un opérateur symétrique à deux corps


à l'aide des (••••<••>•.>*• :urs de création et d'annihilation.

Nous sommes partis d'un opérateur à deux corps local. Un tel opérateur est
di*gonal dans l'espace des configurations :

(«.KjllTU^^t £<VX,>£<Xi-X„) V(X,,*,*; f (i.67)


- 16 -

ou encore :

<x,x* \\r\ <**,,> - [SCx.-xoScx^-xO- S Cx.-x,, )$(x -K î]vx.x,x \ . 68)


t y t I

où on suppose que v(x,,x-,) est une fonction de x. et de x ne contenant pas des


dérivées.

Il existe également des opérateurs à deux corps qui ne sont pas diagonaux
dans l'espace des configurations; on les appelle non-locaux. Ils sont représentés
par l'expression <x x |v|x,x.> et leurs éléments de matrice dans une base donnée
{a} s'obtiennent à partir de la relation de fermeture (1.23) et de l'équation
(1.19):

^^»v\ri>» )«(*,<*x ^jc 4xi, «tx,><pix»>


t s

( I 6 9 )
<x x \ir»Xjx ><x,nj><x iS>
l t 4l M # -
L'expression (1.65) exprime, un opérateur symétrique à deux corps dans une base
où il n'est pas nécessairement diagonal; donc l'expression (1.65) s'applique à
tous les opérateurs symétriques à deux corps, qu'ils soient ou non diagonaux
dans l'espace des configurations, c'est à dire locaux ou non-locaux.

Un opérateur symétrique à deux corps non local s'exprime à l'aide des


opérateurs de champs (1.43) ainsi :

1 7
r 1 [A^AHA*^*,, ^ V ) HfV.) <•(,<« n r i ^ x ^ trxotfir./.*^

On montre par une méthode semblable qu'un opérateur symétrique à trois


corps (1.30) s'écrit ainsi :

v 1
«' ,7 .« " ( " " ' ' ^ ' ^ i S V ' ' - «•'»

UftlUblJ^). ( 1 > 7 2 )
- 17 -

Ajoutons enfin l'expression d'un Hamiltonien qui se compose de l'énergie


cinétique des particules et d'une interaction à deux corps entre les particules:

2 77". '' J ' " (1.73)

En seconde qualification cet Hamiltonien s'écrit :

H * Z<*»t\p> c t ^ • £ L < « f w \ * j > *„% %s«,


f (1.74)

En théorie du champs il est usuel d'utiliser le Lagrangien L= T-V plutôt


que l'Hamiltonien H= T+V. Le Lagrangien L s'écrit ainsi : L= /dxX(x)
oùX(x) est une densité de Lagrangien qui s'écrit en seconde quantification ainsi

Le Lagrangien c'adapte mieux à l'écriture d'équations de mouvement invariantes


relativistes.

1.6 TRANSFORMATIONS LINEAIRES DES ETATS A UNE PARTICULE.

Considérons une transformation unitaire de la base complète |A> des


états à une particule . Cette transformation peut s'exprimer à l'aide d'un
+
opérateur unitaire e , avec s » s

*i l'S
a
e ix> Z. </*»e » x > »/*> • (1.75)
+
Soient a et a^A les opérateurs qui créent et annihilent un fermion dans l'état A.
Soient b^ et b^ les opérateurs qui créent et annihilent un fermion dans l'état
lS
transformé e |A>. D'après (1.75) on a :
,t ^ i* t
r . (i-76)

La transformation (1.76) est dite canonique car e l l e conserve les relations


- 18 -

d'anticoramutation :

U > V [a,, l « O
r V f j

(1.77)

Une transformation canonique des opérateurs de création et d'annihilation peut


être obtenue à partir d'un opérateur unitaire agissant sur l'espace de Fock.
Cherchons donc un opérateur unitaire [) tel que :

Le problème est de déterminer U à partir de la transformation linéaire donnée


1
(1.76). Montrons queU» e où S est l'opérateur hermétique suivant :

(1.79)

où s est l'opérateur défini par l'équation (1.75),

Pour cela nous pouvons d'abord vérifier l ' i d e n t i t é :

e Be • Bt [ M ] + 7, \ A , ! * , * ] ]
(1.80)
. . + J- r* r* TA R ! "H*...
Calculons le commutateur de S avec a* :
A

[S, a" ] » I «n»f>*I (1.81)

En appliquant l'identité (1.80) avec A * iS et B » a* on obtient les relations


" I Jt ' — •'•'• ' — — JL

iS t -IS - A4 r

e * A t
(1.82)

-»-
qui montrent que e est l'opérateur unitaire qui transforme les opérateurs de
création et d'absorption selon l'équation (1.76) .

Considérons maintenant un déterminant de Slater :

t t
1 A > a C*„ ou .. C* \0> w , (1.83)
- 19 -

formé par N é t a t s a , 8 , . . . I D qui composent ce que nous appellerons la mep de Femi


Considérons l e déterminant de Slater :

IB> - t * bp • t w I0> ; (1.84)

formé par les N états transformés de la mer de Fermi. Puisque S|o> *= 0 on voit
qu'on peut écrire :
.S
16> = € IA>
(1.85)
P {À Z . « m p > <k a } IA> . 4 f

Nous allons maintenant dériver une autre expression plus utile qui donne
un déterminant |B> en fonction d'un autre déterminant |A> qui lui est non-
orthogonal. Considérons donc le déterminant (1.84) et développons les orbites
b sur la base des états a qui sert à former le déterminant |A>:

ID., « Z Z f *f , H (*6F) . d.86)


La matrice f „ * < o | a b |o> n ' e s t pas nécessairement
0
v
aft ' 6 a'
unitaire et les orbites b |o> n'ont pas besoin d'être orthonormales
or
(Elles doivent néanmoins être linéairement indépendantes sinon < B | B > = 0).Le
développement (1.86) s'étend aussi bien sur les orbites de la mer de Fermi
que sur les orbites en dehors:
L Ut?
-* ' £r *t« ' *ft * fa
T *•?
. «tt > ^ (1.37)

Soit F _ la matrice inverse de la matrice f R (a,8 e F ) :

(1.88)
r r T r
fêf ptr
On supposera la matrice f „ (ct,0 e F) non singulière ce qui revient à
supposer |B> non orthogonal à |A> car :

<*et { # } = <Al"B> 4o (1.89)


- 20 -

Considérons les N orbites suivantes formées à partir de la combinaison


linéaire des N orbites transformées de la mer de Fermi.

T f L M f J
MP ^ M' *' * Ï*F (1.90)

¥*F
où les coefficients C sont définis par l'équation

21 F V (1.91)

Le déterminant de Slater |B'>, fermé avec les N orbites (1.90) qui sont
des combinaisons linéaires des N orbites de la mer de Fermi, est égal à
|B> à une phase près (voir problème PI. );

J
<*r ftf r r / ' ( I > 9 2 )

« —— \B> .
où nous avons utilisé les équations (1.88) et (1.89). On notera également
qu'on peut écrire

IB'> = fr ( L F t ! ) >c>
l o
2 TT ( c i l *- L *<,***) >
*6F ^F

= TT (d * I c ï ) ( <*ÎO<C io>
«*F VfT
(1.93)

"" Ï*F

f
= e< { Z. I P
1
c r - * a 1 \A> .
ïff ««F » < J
- 21 -

En réunissant les résultats (1.92) et^I.93) on obtient finalement :

IB> = <A18> <xpl Z- L C ^ ^ l 1A> , (1.94)

où <A|B> est donné par (1.89).

L'équation (1.94) porte le nom de théorème de Thouless. (D.J. Thouless,


The Quantum Mechanics of Many-Body Systems, Academic Press, 196i}.

Références : Pour plus de détails concernant les transformations linéaires des


opérateurs de création et d'annihilation, que ce soit de Fermions ou de Bosons
voir : R. Balian and E. Brézin, Nuovo Cimento 64B (1969)37. On pourra aussi
consulter C. Bloch et A. Messiah, Nucl. Phys. 39 (1962)95.

1.7 PARTICULES ET TROUS.

Lorsque les coefficients C sont petits on peut développer l'exponentielle


(1.94) et obtenir un développement du déterminant de Slater |B> en fonction du
déterminant de Slater |A>. Pour simplifier supposons que nous ayons normalisé
au préalable le déterminant |B> ainsi :

<AIB> (1.95)

Le développement de | B ^ devient

IB>= |A> + Z. L C^ <k*a |A>


(1.96)

Les développements de cette espèce s'expriment avantageusement dans le


formalisme de "particules" et de trous".

«recule*

M « T 4«. FervnV

IA> a a
t f / a
t' Ct*l^>
- 22 -

O n dira qu'un état a a |A> avec yi? et aeF est une excitation ou encore une
configuration où il y a une particule dans l'état y et un trou dans l'état a.
Souvent on dénote par p, p',... les états de particule, donc les états en dehors
de la mer de Fermi et par t, t',... les états de trou, donc les états
appartenant à la mer de Fermi. Dans cette notation le théorème de Thouless (1.94)
prend une forme plus suggestive :

|B> = <AiB> exp j £_ c p t a q


p t X 1A> (1.97)

Le développement de l'exponentielle permet de développer le déterminant de


Slater |B> en une série d'excitations particule-trou :

( I 9 8 )
16>=IA>+ Z. ^pkApQt IA>* j ^ - W ^ f ' " ^ ^ ^

où nous avons supposé que |B> a été normalisé à <A|B> • 1. Le développement


(1.98) est très utile pour étudier par exemple les vibrations et la stabilité
d'une fome d'équilibre décrite par un déterminant de Slater |A>.(voir problème
P5.3).

Ajoutons enfin que l'état |A> et l'ensemble des configurations à une-


particule un-trou, deux-particules deux-trous forme une base complète
pour décrire les systèmes de N particules au même titre que l'ensemble des
déterminants de Slater •

1.8 CONJUGAISON PARTICULE-TROU PAR LA METHODE DU QUASI-SPIN.

Considérons un déterminant de Slater |<f> > composé d'un nombre pair d'orbites.
Dans ce cas on peut grouper les orbites par paires {a,a} et écrire U > ainsi :
1
o

«F
+
ou oOo indique qu'on n'inclut pas deux fois la paire a* a- et a- a . Cnn«iHàr . m

les trois opérateur: suivants :

; / tv (i.ioo)

c . 2i l (a*, a, - a^i)

- 23 -

On vérifie aisément que ces trois opérateurs ont les mêmes relations de
commutation que les trois composants J , J^_ et J d'un moment cinétique ,
à savoir :

t s » S j . 2 S.
( , [ s . , S l « * 5,
â (1.101)

C'est pour cela qu'on appelle les trois opérateurs S , S , S , où


S + = S i i S , les composantes du quasi-spin et on peut les considérer comme
les générateurs des rotations infinitésimales dans l'espace du quasi-spin.

Voyons comment se transforment les opérateurs a et a dans ces rotations.


On vérifie aisément les relations suivantes pour ct>o :

(1.102)

+
Ces équations montrent que les deux opérateurs a et a_ peuvent être considérés
comme les deux composantes d'un tenseur de rang 1/2, c'est a dire d'un spineur
1/2, dans l'espace de quasi-spin. Si nous dénotons les deux composantes de ce
spineur par a . et a , on a :

a a s Û
I " -t . ** < * C«>o,««r>. (I ) 0 3 )

Oc même, en calculant les commutateurs de S , S- et S avec les opérateurs


+ z '
a- et -a (rt>o), on trouve que ce sont aussi les composantes d'un spineur 1/2
que nous pouvons écrire :

(I.104)

Nous avons donc regroupé les quatre opérateurs & , m aj, a et a- en deux
spineurs (1.103) et (I.104) ayant chacun deux composantes .
- 24 -

Or on sait qu'une rotation de ïï autour de l'axe y transforme le spineur


j . •> en le spineur |4> de sorte qu'on a :
-tïïs H ^S,,

-t'irs, CTTS 5 ( I I 0 5 )

Soit donc l'opérateur unitaire ;

*F
La transformation (1.105) est, explicitement :

a
= * C *I c"' , - * I « C « C~', 5

+ + ( I , 0 7 )
r * /•** /» /- r"' '

Les relations inverses résultent de ce qu'une rotation de 2ÏÏ autour d'un axe
multiplie un spineur 1/2 par -1.

L'opérateur C commute avec les opérateurs a et a lorsque a$.¥. Ainsi si


nous considérons la transformation :
4; Si et t?
b m C Q C
* « '- t «: S.-*<F ,
(1.108)
f
i ^ ,--' Ç *« K « « F

on voit que :

lo,, 14> > = O


p -pour 4tmt «* . (1.109)

On dira que |<J> > est le vide des opérateurs b . L'opérateur C, qui transforme
les opérateurs de création d'états dans la mer de Fermi en opérateurs d'annihilation
et vice versa, est appelé opérateur de conjugaison particule-trou. Cet opérateur
n'est pas défini de manière unique par l'équation (1.106) puisqu'on peut grouper
les opérateurs par paires de (N/2)! manières où N est le nombre d'états dans
la mer de Fermi. (Voir aussi le problème pl.13 et PI.16)
25

En physique nucléaire on rencontre frêquement le cas où |$ > est un


déterminant de Slater composé de aouahes complètes. Cela veut dire que la mer
de Fermi est composée d'orbites |ajm> qui ont un moment cinétique j et une
projection m sur l'axe z et qu'en outre |<{) > est construit de manière à ce que
les 2j+l orbites |ajm> de a et j donnés appartiennent à la mer de Fermi. Dans
ce cas il est commode de grouper les états de la mer de Fermi par paires
|ajm> et (-) |aj-m> et d'écrire \$ > ainsi :

(I.1I0)

w»>e>
Les trois composantes de l'opérateur quasi-spin deviennent dans ce cas :
w
i- t t
S* - î £_ 2> )

j-m (1.111)
i z. £<->'

où N est l'opérateur nombre de particules et où ft = j-H/2. L'intérêt de cette


manière particulière de grouper les paires d'opérateurs vient de ce que les trois
composantes S , S_ et S deviennent des scalaires, c'est à dire qu'ils commutent avec
le moment cinétique total J . On peut écrire | <$> > de la manière suivante :

s ( s
w-ft
14».> r-, *ï »o> (1.112)

Puisque le vide |o> a moment cinétique nul : J j o> =o, et puisque S commute
avec J, on voit que \è > a aussi moment cinétique nul : J I <t> > = o. Les couches
complètes ont donc un moment cinétique nul. L'équation (1.107) devient :

_l
C-)' 58 c
A.«J» C
(1.113)

Puisque l'état |ajm>= a . jo> a un moment cinétique j et composante m sur


l'axe z , l'opérateur a . r est un tenseur de rang j et de composante m. Puisque
l'opérateur de conjugaison particule-trou C » e y commute avec le moment
1
cinétique, 1'equation (1.113) montre que l'opérateur (-)-
M a . se transforme
^ rvj-m +

dans les rotations comme l'opérateur a . etqu'il est donc un tenseur de rang i
et de composante m.
!' •';*'"• ' "• •?, : Pour plus de détails et d'autres dérivations de la conjugaison
particule-trou voir :
- Bohr et Mottelson, Nuclear Structure, W.A. Benjamin (1969), New York et Amsterdam
pages 367-377.
- .J.S. Bell, Nuclear Physics j_2 (1959) 117.
- Voir aussi les problèmes : P.1.13 et P.1.16.
- 26

1.9 SYSTEMES COMPOSES DE DEUX ESPECES DE FERMIONS.

Les noyaux sont composés de neutrons et de protons qui sont des particules
discernables auxquelles le principe de Pauli ne s'applique pas. On peut cepen-
dant considérer que le neutron et le proton sont deux états orthogonaux d'une
même particule appelée le nucléon.

Inversement, les n.utrons, dont la projection du spin le long d'un axe est
égal à +1/2, sont des -«articules discernables des neutrons dont la projection
du spin le long de cet axe est égal à -1/2 et le principe de Pauli ii'exige pas
d'antisymétriser la fonction d'onde par rapport aux neutrons de spins opposés.

De manière générale une particule est définie par un ensemble de nombres


quantiques (position r et spin 0 par exemple) qui définissent l'état dans lequel
elle se trouve. Ou a toujours le choix de soit considérer comme discernables
deux particules identiques dans des états orthogonaux, soit inversement de
considérer deux particules discernables comme deux états orthogonaux d'une
même particule. Dans le premier cas le principe de Pauli ne s'applique pas
et dans le second cas il s'applique. Cette contradiction n'est qu'apparente et
les deux descriptions sont équivalentes (voir Messiah, mécanique Quantique,
Dunod, Paris, I960, pages 512 et 528).
+ ,+ , , .
Soient a et b les operateurs qui créent respectivement un proton et un
r
a a ^
neutron dans un état a> ra> et soit o> le vide à la fois des a et des b :
1 1
a a

A*»0> * k „ l 0 > (I.II4)

Le principe de Pauli s'applique séparément aux neutrons et aux protons de


sorte que les opérateurs a et b obéissent aux réglée de commutation suivantes:

(1.115)

Mais le principe de Pauli ne définit pas les règles de commutation entre les
opérateurs a et b . O n peut choisir indifféremment de faire commuter ou
m a
anticommuter ces o p é r a t e u r s :

[••>*], »o, [»>*]»••• (1.116)


- 27 -

Considérons l ' é t a t :

t * ,t .+ . .
U---io S —é > * Q„ - q „ t j ...fc> l o >
; # (1.117)

formé par des protons qui occupent les états a...u> et des neutrons qui occu-
pent les états 0...Ç - En appliquant les règles de commutation (1.115) et (1.116)
ainsi que l'équation (1.114) on vérifie que les produits scalaires entre les
états (1.117) sont les mêmes que l'on choisisse le signe + ou le signe - dans
l'équation (1.116). Dans les deux cas on a :

<**...«; *:..«• U~*>,ï-é> » «U+^<*'i*>- •<U'IH»J*U+ [<S'\S>'-<i'\t >} •


(1.118)

I l e s t commode de c h o i s i r l e signe + dans l ' é q u a t i o n (1.116) de manière


à ce que l e s o p é r a t e u r s a e t b a i e n t l e s même r è g l e s J e commutation que l e s
o p é r a t e u r s a, a e t b , b . Dans ce cas on d é f i n i t un s e u l o p é r a t e u r a qui
représente soit a ou b selon la v a l e u r de l ' i n d i c e T . On conviendra (voir
a a
section I.10) de donner à T les valeurs +1/2 et -J/2. Ainsi :

*tt « K * T +,/
* * <««u + l»n> (I . 119)

On dira que a est l'opérateur qui crée un nucléon dans l'état a.


oa
l'indice Î précise s'il s'agit d'un neutron ou d'un proton. En choisissant
de faire anticommuter les opérateurs a et b (le signe + dans l'équation 1.116)
+
les régies de commutation des opérateurs a sont :
r
ai

X 5 =
[*-t, C l ; ° . Wx, *îr 1 - »*' <«', ta, ***\ ° '
(I. 120)

I.'état (1.117) peut être écrit ainsi :

(I.T2I)
28

sous la forme d'un état antisymétrique par rapport aux permutations sirrru.t-inée
des indices at et t. L'état (.1.121) peut donc être considéré comme un état
antisymétrique composé de nucléons identiques, chaque nucléon étant décrit pa
les coordonnées a = (ra) et T .

I.iO L'ISOSPIN (SPIN ISOTOPIQUE)


Les deux états neutron : |n> » |T =l/2> et proton : jp> « jx= - l/2>
peuvent être considérés comme des vecteurs orthogonaux dans un espace vectoriel
à deux dimensions appelé espace d'isospin (izcspùi est l'abrégé de spin
isctopiqua). En prenant pour base les deux états •- * l/2> et JT» -1/2 > le
neutron et le proton sont représentés par des vecteurs à deux dimensions dits

•pmeurs .'/••

*veu.*"\»*»
O'O-CK)- 122)

Dans cet espace, les opérateurs peuvent être représentés par les trois
matrices de Pauli :

i 4
*.-(::) - C " i ) *.-< .:j ... 123)

Ces m a t r i c e s r e p r é s e n t e n t l e s t r o i s composantes d ' u n opérateur vectoriel


dans l ' e s p a c e d ' i s o s p i n , à savoir '.'.yp'.vztewr ;':'.• .•:'>: :

(1.124)
k*
On v é r i f i e aisément que les r è g l e s de commutation des t r o i s composantes
:
, t et t, de l ' o p é r a t e u r d ' i s o s p i n sor.t c e l l e s d'::r; r . œ c n t c: : net iqiie

(1.124)
i- t . - kï- *i€;- t. k
- 29 -

Cv. v é r i f i e d ' a p r è s (1.122) e t (1.123) que l ' é t a t neutron et l ' é t a t proton


1
sont des é t a t s d i s o s p i n 1/2 avec p r o j e c t i o n ± 1/2 :

i l , (1.125)
t ln>
3 « ~in> t j | p > - -l|p> .

Pour un système composé de plusieurs nucléons on défint l'opérateur d'isospin


total :

-» * -»
T - Z tu[«•) ;; « i
. (1.126)

L ' é t a t (1.121) e s t é t a t propre de T.,


3'

N- Z . . .. r ^ ^ <i.i27)

où N e s t l e nombre de neutrons et Z l e nombre de p r o t o n s . I l n ' e s t pas en general


-+2 .
é t a t propre de T (voir cependant la d i s c u s s i o n dans la s e c t i o n 5 . 7 ) . Les t r o i s
composantes de l ' o p é r a t e u r d ' i s o s p i n s ' é c r i v e n t , en seconde q u a n t i f i c a t i o n a i n s i ;

,28>
T. = Z. C v \ * i L (S. b„- *1,.), X = Z«.V;
où {a} est in ensemble complet de nombre quantiques autres que 1'isospin.

Considérons le système composé de deux nucléons. L'état b b„ U)> composé


3 a
de deux neutrons a isospin t o t a l T * 1 et p r o j e c t i o n ï • + I. L ' é t a t
a a I0> composé de deux protons a isospin t o t a l T = 1 e t p r o j e c t i o n T. = - 1 .
R

L ' é t a t b^ a. 10> composé d'un neut^OP e t d'un proton e s t un mélange d ' é t a t s


d ' i s o sspin
p i n t o t a l T « O et T » 1, toup ueu., ayant p r o j e c t i o n T = 0
.* ,t

a T
*< 4* ' ° > i«'(i,T-- 4 , j -" i > (1.129)

b A l 0 > , < i T 0 r : : 0 > U T i > L T S O >


* P " VÏ ' ( ' " ' » ^ ?' ^ *
Il est facile de vérifier que les états |T"0, T =0> et |T=1, T~»0>
- 30 -

sont respectivement :
I f\ + +
t i* \
U» , T-o,T =o> * jz 3 vb.a^ - a b^) lo> M

(1.130)

T s ( b +
l«f, »4,V*> jz W * t bp>»*>
Exception f a i t e de la force de Coulomb qui n ' a g i t qu'entre les protons,
les forces nucléaires obéissent,à quelque 2% près, au principe d'indépendance
de charge. D'après ce principe les forces nucléaires entre deux protons, deux
neutrons et un proton et un neutron dans l ' é t a t (1.130) d'isospin T=l sont les
.nêmes. Par contre la force nucléaire entre un neutron et un proton dans
l ' é t a t d'isospin T= 0 est différente. On en déHuit que la force nucléaire est
un scalaire dans l'espace d'isospin, c ' e s t à dire q u ' e l l e commute avec l e s
t r o i s composantes de l'opérateur (1.126) d'isospin t o t a l . Elle peut s ' é c r i r e
ainsi :

V • TAJ T ^ T , , (1.131)

où v et w sont des fonctions des coordonnées (positions et spins) des deux


2
nueléons isospin exclu. La masse du neutron (M C = 939,55MeV) est sensible-
/

ment égale à la masse du proton (M C = 938,26MeV) de sorte que l'opérateur


énergie cinétique est aussi (à 0.1% près) un scalaire dans l'espace d'isospin
(voir problème PI.15). Ainsi, lorsqu'on néglige la force de Coulomb,
l'Hamiltonien du noyau commute avec les trois composantes de 1'isospin et
-
donc les états nucléaires sont états propres de T et d-! T- (tout comme ils
-*2 •* - •
sont états propres de J et J où J est l'opérateur moment cinétique).
On peut donner à 1'isospin une interpretation physique. On montre en
effet que l'isospin total T d'un état détermine le caractère de symétrie de
cet état par rapport aux permutations des coordonnées des nucléons (voir
Bohr et Mottelson, Nuclear Structure, Benjamin, 1969, page 104). Dans
l'exemple trivial de deux nucléons, l'état d'isospin T=l est impair et
l'état T=0 est pair par rapport aux permutations des coordonnées des deux
nucléons. D'après les équations (1.129) et (1.130) on a en effet :

Uj*,T- >I T,> ; S - If* ,T - A,\-y


(1.1 32)
Up,T=0,T»> » l f « T . 0 , T ; a > .
- 31 -

EXERCICES ET PROBLEMES

Pl-1 On considère deux nucléons pouvant occuper chacun les 2j+l états |jm> de
moment cinétique j et de projection m sur l'axe z. On construit les états anti-
symmétriques à deux nucléons, de moment cinétique total J, de projection M,
d'isospin total T et de projection M :

Calculer la norme de l'état |JM, TM_>. En déduire que :


- si les nucléons sont de même espèce, J doit être pair.
- si les nucléons sont d'espèce différente, J + T doit être impair.

On rappelle que les coefficients de Clebsch-Gordan ont la propriété suivante

L w, », H J L«"»K»,M J •

PI.2 Montrer que N=£ , a, est l'opérateur nombre de particules. Montrer que N
a

commute avec l'Hamiltonien (1.74). En déduire que le nombre de particules est une
constante Hu mouvement. Montrer que at a\ est l'opérateur "nombre de particules
dans l'état X' et en déduire une interprétation simple de l'expression (1.52) dans
le cas où t est un opérateur diagonal dans le représentation |a>. Montrer que
l'opérateur N. . = ! J a* at a a est l'opérateur "nombre de paires". En
fl
a
(p) 2 ,g 6 6 a
a

déduire une interprétation simple de l'expression (1.62) dans le cas où v est un


opérateur diagonal dans la représentation |aS> •

PI.3 Montre r que l ' o p é r a t e u r


,
i
« i(N-r.)«f
air
est, dans l'espace de Fock, un projecteur sur le sous-espace des états à n particules.
Dans cette expression N est l'opérateur : nombre de particules.

PI.A Onappelle matrice densité à un corps associée à un état \$> la matrice

Cette équation définit un opérateur 0 sur l'espace des états à une particule.
a) Montrer que cet opérateur est hermitique, défini positif et que sa trace est
égale au nombre moyen de particules dans l'état |$>. Montrer que la valeur moyenne
d'un opérateur à un corps A dans l'état |<{>> est :

(
<4lA \*>» T V [ s " A ] .
- 32 -

b) On considère le cas particulier où|<p> est un déterminant de Slater. Montrer


que dans ce cas on a :

tri - r*.
et que p s'écrit :
ri)
= Z. I«.><«; I ,
1*1

où |ot.>, i»l,Nsont les états dont le déterminant de Slater | <}>> est constitué.

c) Montrer que si |<j>> est un déterminant de Slater, la matrice densité à deux


corps : .

s'écrit à l'aide de la matrice densité à un corps ainsi :


f M) / M,
<X,'X» H * \ * , X , > r <*,'lÇ |x ><Jf,. |5 |X»>
1

Expriaier la valeur moyenne d'un opérateur à deux corps en fonction de la matrice


densité à un corps.
d) Les matrices densité p et p définissent des opérateurs à un et à deux
corps agissant dans l'espace de Fock. Ecrire ces opérateurs en seconde quantification.

PI.5 On considère p(x), l'opérateur densité de particules au point x =»(r,a,T), et j(x)


l'opérateur courant de pirticules :

J(X)r ^*{X) fU)

Montrer que l e s commutateurs entre l ' é n e r g i e cinétique T et les opérateurs de


champ sont :

[ T * \ o ] . - £ (*Vc«>)
Montrer que si l'interaction â deux corps v(x.,x ) est locale et indépendante
2

des vitesses on a[v,p(x)J « 0 et en déduire l'équation de continuité :

4 ? * v.j . o .
33 -

(On pourra se strvir de l'équation de Schrodinger im -sr— p»[H,pj .).Montrer que


cette équation reste valable si l'interaction à deux corps dépend des vitesses
mais a une portée nulle . Montrer que le
commutateur de l'opérateur moment cinétiaue L• «»t
rinétique ! est :
:[Vf* _ "]
£ j "î _ IL
*K ? « < V j ) a

On décompose l'opérateur densitéî p(r,o,T) en deux tenseur;


tenseurs d'ordre S»0 et S=I
dans l'espace de spin

En déduire les relations :

y,-«r f4,*Hj ^
S t , Ç ( r , » ) J .C->
/t f (r,x> .

Dans un réfêrentiel tournant à une vitesse angulaire u 1'Hamiltonien devient


H-w. (L+S). Montrer que dans ce cas 1 équation de continuité devient :

g * * . ; - ï « « i**?,f]
PI.6 Montrer qu'une interaction locale à deux corps peut s'écrire ainsi :

j Zv(x l / X j ) S £ ^ « J x ' v U , * ' ) fç(x)çOc')- S f x - x ' ^ f o ]

où p(x) est la densité de particules au point x. Exprimer la densité à l'aide des


opérateurs de champ (cf. problème P 1.5) et retrouver l'expression (1.57).

PI. 7 On considère l'interaction de Coulomb entre un électron situé au point r et de


7. protons situés aux points r.

On considère la base \ka> d'ondes planes (non-relativistes) de l'électron


ayant une projection 0 de son spin sur un axe; les ondes planes sont normalisées
dans un volumo 9, : . T* *

<*<rik<r> s — r e

Montrer que l ' i n t e r a c t i o n de i ilomb V peut s ' é c r i r e :

V s .1. 7 4 c : ***** F^iT-ÎO


- 34 -

où C ' est l'opérateur qui crée un électron dans l'état |k0> et où F(q*) est
l'operateur facteur de forme :

où p (r) est l'opérateur densité de protons

? C?) »
f £ Sir.?.) .
En déduire qu'à l'approximation de Born la section efficace de diffusion
élastique sur une cible de spin zéro est donnée par l'expression :

où ( . ) n est la section efficace de Rutheford pour la diffusion sur une charge


ponctuelle et où f(q) = <i|' | F(q)|i(( > est le facteur de forme élastique, c'est
à dire la valeur moyenne, dans l'état fondamental |iy> de l'opérateur facteur
de forme, (voir la suite dans le problème P2.4).

P I.R "Icrttrer que tout otrêrateur F qui commute avec le tous les opérateurs de
création et tous les opéraueVs trarrnlhilatlcr et tel que F|o>= lowest multiple de d.

PI.9 Montrer que les formes (1.52) et (1.62) des opérateurs à un et à deux corps
restent invariantes par rapport à un changement de base des états à une particule

l«t>= 21 l £ > < i » * >


i

cù <i|m> est une matrice unitaire.

PI.10 On considère 'ine transformation des états à une particule :

qui laisse invariante la mer de Fermi, c'est à dire telle que la transformée d'une
orbite |A> appartenant à la mer de Fermi est une combinaison linéaire des seules
orbites appartenant à la mer de Fermi. Montrer que dans cette transformation le
déterminant de Slater \$ > = TT (a*) |o> est multiplié par det (U) .
XEF
Pi.Il On donne une transformation linéaire quelconque des opérateurs de création :

Vérifier: l'identité:
l'identité:

P ( Z * « « I « ) *1 «< (- Z. *.
f f P f <C* )
f

N et de
PI.12 Montrer que le déterminant de Slater (1.99) est un état de quasi-spin -r
projection j où N est le nombrp d'états dans la mer de Fermi. Montrer que le vide
|o> est un état de quasi-spin x et de projection - N ,
- 35 -

R e t RR =
PI.13 Soit R R une matrice antisymmétrique de module unité : R „- ~ g a ( ) g
R
(R ) q= '• Montrer qtie les trois opérateurs :
ri

•if f
obéissent aux même règles de commutation qu'un moment cinétique. Ces opérateurs
généralisent la forme £1.100) des opérateurs de quasi-spin. Montrer que les
opérateurs a, et V R~. a forment un spineur de quasi-spin 1/2. (On peut
A Q OtA Cl
toujours se ramener à la forme (1.100) par une transformation unitaire des états:
voir la forme canonique d'un tenseur antisymmétrique dans C. Bloch et A. Messiah,
Nucl. Phys. 39 (1962) 95.)
On limite les sommations sur a et 3 aux N états de la mer de Fermi de l'état
iè > = a* at ..a |o>. Montrer que I * > est un état de quasi-spin N/4 et de
+

projection N/4 sur l'axe z.

PI-14 utiliser l'identité (1.80) pour vérifier directement les équations (1.107) et
(I..13).
PI -15 Montrer que les trois composantes de l'opérateur isospin T sont :
T
- • ï h < 4 i* - *V, «,, )

où b et a sont les opérateurs qui créent respectivement un neutron et un proton


dans une onde plane d'impulsion H le. Montrer que si on tient compte de la différence
entre les masses m et m„ du neutron et du proton, l'opérateur énergie cinétique K
s i écrit
-.
sous ila forme
n
d,,Pune somme :
r

K* C * C ,
de deux opérateurs tensoriels dans l'espace d'isospin :

a) un scalaire : K * « !!^=' £ ^ ( ^ V. & * fttfc A * r )

b) m vecteur : (* ^ ^ « ( ^ ^ . ft* fl ^

Comparer les ordres de grandeur de ces deux opérateurs.


36 -

PI. 16 Montrer que les opérateurs a et a qui satisfont aux relations

l
(a )** o , (ft) = o , a « *- A * s 4.,

peuvent être représentées par les matrices de Pauli ainsi :

* - i-
A' » 2j <* > * * I *-
- '
où <r t s (r *. C o-,, •
A

En déduire les identités :


1 T
-Cf/sU + ft ") + i* & (on-**" )
e a. e = «t
f
-•*/» («-ft ) t */i (*-** >
s a
€ a e '

On définit l'opérateur conjugaison particule-trou ainsi

Ca,c" s a, ( Ca„ c" = ft* (**F).

- -T-TT Y (a +a )
Montrer que l'opérateur C peut s'écrire C = e

Vérifier ces résultats à partir des iaentités que l'on démontrera

€ » coih A + (ft + a 1
) SùtW X

PI.17 On note |cx) les états à une particule; ces états sont normes et forment une
base complète :

(*\f) ~ S« , Z lOfcci s 4.
Une base de l'espace des états à N particules est constituée des produits
tensoriels :

K ) • n»> • >«<3'> • ••• $ »«*> s K «»«»••• < 0 •

1) Ecrire la relation de fermeture qui indi ;ue que l'ensemble des vecteurs
|a. ou...CL.) forme une base complète de l'espace des états à N particules.
2) On définit des états antisymétriques à N particules par la relation :

j
- 37 -

P
où (-)* ±lsuivant que la permutation P est paire ou impaire. Montrer qu'un
déterminant de Slater normalisé (définition 1.13) s'écrit :

(X,X --- X
X M lof,oc--- <X
x M >

ou,
C*,*i -X H » * C<«» • Cx l» a «Cx.,1

3) Montrer que si F est un opérateur symétrique et si 4> et <J> sont deux


R

déterminants de Slater normalisés, alors :

j4 <x,
f *„) F ^.(Xr-Xn) «(«,.-«lien

» >/MÎ (4j(*.- X«) F (x.lx.V (X»W ) «A*,-^x*


rt

= JN! {<f.ix,>- <f**x„) F +„(*,-• x^^Mx,--^H

OÙ $„<*i x») * At+ { Cx.w,) — UnU*)) •

En déduire la norme de <Ç (<,-- *ti ) -

Montrer que : < W f t l V t $ £ > ' (*£» V \ * £ ) - (ot^W \l"6)

Montrer que ; <*,.-- * M U—>*> » • k * { <X, t«0 '*' (X»lfaOj


4) Etablir la relation (1.24). Comparer à la relation écrite à la
question I). Discuter.

PI.18 Soit N la dimension d'une base orthonormale d'états {i} à une particule. On
considère l'ensemble des 2N opérateurs :
*i*a* et a ^ - a f
On désigne par y. (i=l,2N) ces opérateurs. Montrer que les opérateurs obéissent
à l'algèbre de Clifford :
V; y • y. *. * zli-
* 4 4 * <•* • 2N
Montrer qu'il existe un opérateur supplémentaire y * IT y. qui anticommute
avec les 2N opérateurs y.: i-1 i

Montrer que si N •st 1l'opérateur nombre de particules on a :


est

*, - t

PI. 19 On considère un état composé de N neutrons et Z protons. Monter qu'en général


cet état est un mélange d'états d'isospin |N-Z|/2 4 T £(N+Z)/2 et qu'on ne peut
former à partir de cet état qu'un seul état d'isospin donné T.
CHAPITRE 2

T-PRODUIT, PRODUIT NORMAL, CONTRACTION ET


THEOREME DE WICK.

Ayant a p p r i s à é c r i r e l e s é t a t s e t l e s o p é r a t e u r s en seconde q u a n t i f i c a t i o n ,
nous allons accroître n o t r e o u t i l mathématique en démontrant l e théorème
de Wick qui s e r t e s s e n t i e l l e m e n t à c a l c u l e r l a v a l e u r moyenne, dans un déterminant
de S l a t e r , ou dans le v i d e , d'un produit d ' o p é r a t e u r s .

2 .1 LA MER DE FERMI.

Soit h(x) un Hamiltonien agissant sur les variables x =(r,a»T) d'une seule
particule et soient |a> ses états propres associés aux valeurs propres e,

Vu*> - e* i*> (2.1)

L'Hamiltonien h définit un opérateur symétrique à un corps H dans l'espace de


Fock, qui, dans la représentation |a> s'écrit :

H. - Z e , a« a„ (2.2)

Les états propres de H sont les déterminants de Slater

. JL ^ t * t
(2.3)

où |o> e s t l e vide ( 1 . 3 8 ) . Nous supposerons d a i s la s u i t e que l e s * t a t s N>


forment i r e base orthcrormale : ^ « < l a > a J ^ f

On c a l c u l e aisément l e s commutateurs :

(2.4)

de s o r t e que :

Ho i * . > « É i b e , €« 0 le H
(2.5)
«t?

J
- 39 -

Dans l'expression (2 . 5 ) , la somme / est limitée aux N états a,8,... w qui


aeF
composent le déterminant de Slater (2.3). Nous appellerons ruer de Fermz 1 ensemble
de ces N états. Très fréquemment les énergies e des orbites occupées appartenant
à la mer de Fermi sont plus basses que celles des orbites vides. Dans ce cas une
lacune en énergie sépare les orbites vides des orbites occupées. On appelle souvent
nzveau de Fermi l'énergie de l'orbite occupée la plus élevée.

mve«.u.
o* H r m i '
/.* > Mer Je Fermi

Puisque |$ > ne se compose que des orbites appartenant à la mer de Fermi on a

(2.6)

équations qui peuvent se vérifier directement sur l'expression (2.3)

2 .2 PRODUIT NORMAL

Dans la suite de ce chapitre nous serons souvent amenés à considérer indiffé-


remment les opérateurs de création et d'annihilation. On désignera par U,V,...X,Y Z f

une suite d'opérateurs qui sont soit des opérateurs de création soit des opérateurs
d'annihilation.

Dt-'fi.Ki.tj.nn : On appelle ferme nnrrr.alc d'un produit UV...XYZ d'opérateurs de


création et d'annihilation, le produit obtenu en réarrangeant les operateurs de
manière à mettre à gauche les opérateurs a, (ÀtfF) et a,(AeF), c'est à dire les
opérateurs U tels que <<|> |lî * 0, et à droite les opérateurs a, (\t?) et a^ (>eF),
0 A A
c ' e s t à dire les opérateurs U t e l s que U<
| J> > * 0; le produit d'opérateurs ainsi
- 40 -

obtnnu est multiplié par un signe + ou - selon que le réarrangement des opérateurs
correspond à une permutation paire ou impaire. On appellera plus simplement
produit normal la forme normale du produit.

Exemples : Soit a,3 deux orbites appartenant à la mer de Ferai et A,y deux orbites
en dehors de la mer de Fermi. On a :

a
N [<y <*x ] = - > <y
r t t a ft
-i= ft a
t f a
N l s v * p J * r ** f

(«,|J*F ; *//^?) .

On vérifiera que tous les opérateurs U tels que U|<J> > • 0 anticommutent ainsi
<
que tous les opérateurs V tels que 0 | V • 0. C'est pour cela qu'on a pas besoin
O

de préciser l'ordre des opérateurs U ou l'ordre des opérateurs V dans la


définition du produit normal.

Remarquons qu'un produit normal n'est défini que par rapport â un état |<t>.>
donné.

Propriété fondamentale : ta valeur moyenne dans |(J> > d'un produit normal est nulle.
Cela découle des équations (2.6).

1
- 41 -

Notons enfin qu'on rencontre souvent l a n o t a t i o n s u i v a n t e poux l e produit


normal :

: UV • YZ : s N[uv- YZ] . (2.7)

2 .3 OPERATEURS DE CREATION ET D'ANNIHILATION DEPENDANT D'UN ARGUMENT OU D'UN


"TEMPS".

Le développement de Dyson qui est à la base de la théorie de perturbations


et que nous démontrerons dans la section 2.2, fait intervenir des opérateurs
dépendant d'un argument $. Nous définissons des opérateurs de création et
d'annihilation dépendant d'un argument B ainsi :

e
*tv* pHo -pH, (2.8)

'r> = e
c
•A

>
Dans le cas où les états U sont ceux qui diagonalisent h (équation 2.1)
on a :

(2.obis)

L equation (2 .8) s obtient en appliquant l'identité (1.80) avec A » 6H et


+ o
B = a^ ou a^ et en tenant compte des commutateurs (2 .4). On rencontre souvent en
mécanique quantique les opérateurs dépendant du temps t dans quel cas 6 •» it est
imaginaire. En mécanique statistique on utilise souvent la fonction de partition
non perturbée e o où T est la température dans quel cas 6 • 1/kT est réel.
On est aussi amené à considérer 8 complexe pour étudier l'évolution dans le
temps du système hors d'équilibre à température non-nulle. Notons enfin qu'aver
- 42

réel, l'opérateur a (g) n'est pas l'hermétique conjugué de a(B). Plutôt on a

r t t
[ a ( ) l , *Vp>
f , [a ( )] =
f ft(-p (2.9)

2.4 T-PRODUIT

Soit U,V,...X,Y,Z une suite d'opérateurs de création a (S) ou d'annihilation


a(5) dépendant chacun d'un argument.

j-'finition : On appelle T-*produit d'opérateurs U V — Y Z le produit d'opérateurs


obtenu en écrivant de gauche à droite les opérateurs par ordre décroissant de
leurs agruments; le produit est multiplié par un signe + ou - selon que ce
réarrangement correspond à une permutation paire ou impaire.

Si deux ou plusieurs opérateurs ont le même argument on les écrit dans


l'ordre où ils apparaissent.

t
T [*(f,)* <p )']* *rç,)<Wp,) .
1

2.5 CONTRACTIONS D'OPERATEURS DE CREATION ET D'ANNIHILATION

Définition : La contraction de deux opérateurs U et V est égale à la différence


entre leur T-produit et leur produit normal :

UV » T [ U V ] - N [ U V ] (2.10)

Cette différence est soit nulle soit un anticommutateur. Elle est donc toujours
égale à un nombre et non plus à un opérateur.
- 43 -

On voit que la contraction de deux opérateurs qui anticommutent est nulle.


On voit également que la contraction de deux opérateurs U et V est égale à la
valeur noye>me dans \$ > de T-produit
o de ces deux opérateurs:

UV = < i | T [uV]l<k> . (2.il)

Comme le produit normal, la contraction n'est définie que par rapport à


un état | ^ > donné. Une fois l4> > donné, on peut calculer les contractions à
é

partir de (2.10) en utilisant les êqrations (2.8bis) et(2.6). On trouve ainsi


r

<*-*.>
1 = s e s; e F €+
^VVf ' v V Mf-.
r (2 12
= "A e r V X , / ^ F e+ p , < ^ ' >
I If = C «Ufhewevi+•

Ces résultats peuvent être écrits de manière plus succinte ainsi :


r 1 e (
f r « T> -i c * ''-f»>

' /f.-p«> (2.l2bis)

à i';i.;J.- j e 1P f o n c t i o n

0(f) a <i K p
fc- S< O
P (2 .13)
- 44 -

et des coefficients P. et t, définis ainsi :

? -- d
x , t x = o K Xi F,
(2.14)

Contraction à l'intérieur d'un produit normal:

Lorsqu'une contraction apparaît à l'intérieur d'un produit normal on peut


la sortir à condition de multiplier le résultat par un signe + ou - selon que
la permutation des opérateurs est paire ou impaire.

Exemple : i l
p—t r- -i

N[UVXY] = uï NL *J

N [ U V X Y ] = -OX tf£y^3

2.6 THEOREME DE WICK.


Y
T t0VW- YZ 1 * N L U V W
" ^ 1
(2 .15)
+ NtovW Y Z l * N [UVVI-•ÏZ>
+ M [OVW •-• Y Z ] + •"
Le T-produit est égal au produit normal plus la somme des produits normaux avec une
paire contractée, cette paire étant choisie de toutes les manières possibles, plus
la somme des produits normaux avec deux paires contractées et ainsi de suite
jusqu'aux termes complètement contractés.

Démonstration : On démontre le théorème de Wick par récurrence. Pour deux


opérateurs il est vérifié par la définition (2.10).

Supposons que le théorème soit vrai pour n opérateurs. Considérons le

T-produit des n+1 opérateurs UV..A..YZ où A est l'opérateur dont l'argument g est
le plus faible de sorte que

T [ u v - Y Z * ] * T [UV • Y Z 1 A (2 .16)

Si A est un opérateur d'annihilation A » a. (ÀtfF) ou un opérateur de création


- 45 -

sa contraction avec tous les autres opérateurs UV.. .YZ est nulle; en
effet :

UA - T [UAI - N [UA]

UA - UA = O.

Multiplions l'expression (2 .15) à droite par A. On peut faire rentrer A à l'inté-


rieur de tous les produits normaux ainsi qu'à l'intérieur du T-produit à cause de
(2.16). On peut ajouter toutes les contractions de A avec les autres opererateurs
UV...YZ puisqu'elles sont nulles. Le théorème est vérifié.

Supposons maintenant que A soit un opérateur de création A = a, (À^F) ou


un opérateur d'annihilation A « a, ( A E F ) . On peut expliciter le produit normal des
opérateurs UV...YZ :

U [ u v - . Y Z 1 = 4, U V - Y ' Z ' (2..7)

où U'V'...Y'Z' n'est autre que le produit des opérateurs UV...YZ écrit dans la
forme normale et où S. • ± 1 selon que la permutation qui fait passer de l'ordre
UV...YZ à l'ordre U'V'...Y'Z' est -3ire ou impaire. On a :

( 2 , 8 )
N [uv..->rz > • S, u V - Y ' z ' A .

Faisons commuter A successivement avec tous les autres opérateurs :

U ' V ' - Y ' Z ' A «-U'V- Y'AZ'+U'V^- Y ' [ Z ' , A ] +

= O'V'...AY'Z'+ U V ' LYVUZ'


• u'v'-Y'tz^^
(2.19)

. M * A U V » Y ' Z % uV Y'Z'A

* u V • Y'Z'À • ••• + O'V'. • Y'z'A


- 46 -

où n est le nombre d'opérateurs UV...YZ.


Dans la dernière des équations ( 2.19) on a utilisé le fait que 1'anticommutateur
de A avec les autres opérateurs est égal à une contraction; en effet :

U A - T ^ U A l - N [ U A ! * UAtAU= [ U A l / + .

En insérant le résultat ( 2.19) dans l'équation ( 2.18) on obtient

N[UV Y Z ] A - W <*, A U V - Y ' Z ' + S, UV- Z'A


I 1
* s, U'V'. Y'Z'A •
(2 .20)

Le premier terme du membre droit de ( 2.20) est égal à N(UV...YZA). La somme


des autres termes est égale à la somme

N[ov- Y Z A ] + N [ U V - Y Z A ] + •••• N[OV YZA],

de s o r t e que
r—i -.
N[UV YZIA -N[UV-YZA!+ N [UV - YZAJ
I • _
• ••• + N [UV-YZAJ .
Le même raisonnement s'applique pour calculer les termes N[uv-YZ]A,
de sorte que le théorème de Wick est vérifié pour le produit des n + 1 opérateurs
UV...YZA.

Si donc le théorème est vrai pour n opérateurs, il l'est aussi pour n + 1


opérateurs, et puisqu'il est vérifié, pour deux opérateurs, il l'est dans tous
les cas.

2 .7 CALCUL DES VALEURS MOYENNES DANS I (J> >


L_0 —
La valeur moyenne dans 1* > de tout produit normal d'opérateurs étant nulle,
1
o
la valeur moyenne d'un T-produit d'opérateurs est égale à la somme de tous les
- 47 -

systèmes complets de contractions. Ainsi par exemple :

^ < ^ \ T [ 0 V X T l l ^ > = UV X Y - UX V Y +
o UYVÎf,

(2.21)
<* \T [UVXI l * . > * o
P

Le calcul d'une valeur moyenne se fait en deux étapes. D'abord on calcule les
contractions non nulles, comme dans la section 2.5, et ensuite on somme tous
les systèmes complets de contraction. Supposons par exemple qu'on veuille calculer

sachant que f i > (J, > B* > B ^ •

Les valeurs des contractions non nulles sont données par l'équation (2.12) . On
a donc d'après le théorème de Wick :
i -?A r »i

i - + HJ; >

(2.22)

<• S . , ^ T. t p « .

2.8 CAS DES OPERATEURS SANS ARGUMENT g.

On a souvent affaire à des opérateurs en représentation de Schrodinger c'est


à dire à des opérateurs a et a sans argument. Cela est équivalent au cas où tous
les arguments 8, sont pris égaux. Dans ce cas le T-produit se réduit au produit
simple. La contraction ( 2.10) devient :

I — • r -i
UV « UV- NLUVi <©f«W H, *«** «W^umfH-O (2.23
€W
48

et le théorème de Wick (2 .15) s'écrit :

( 2 2 4
+ N [u"v -• X Y Z ! + • >

La valeur moyenne dans [$ > d'un produit d'opérateurs sans argument se calcule
en sommant tous les systèmes complets de contraction. La contraction de deux
opérateurs sans argument S est égale à la valeur moyenne, dans |$ >,
du produit des deux opérateurs.

Une application immédiate de ce résultat nou permet de vérifier que les


produits scalaires des états antisymétriques, construits à partir des opérateurs
de création comme dans l'équation (1.34), sont bien égaux au déterminant (1.21).
En effet chaque système de contractions des opérateurs de création et d'absorption
est égal à un terme du développement du déterminant :

»o>

s <o\ Clya^ \©> < o l « y ^ t lo>— <€>!<»„'<?i* l°>

(2.25)
+• • ••

2 .9 EXTENSIONS DU THEOREME DE WICK.

Le T-produit et le produit normal sont distributifs par rapport à l'addition:

T [ ( U ^ - V ) O - T [ U X I +T [VX] ;

(2 26)
N [ CU+ V Ï X l * N [ U X I + N [ v x l . '

Cela permet d'étendre théorème de Wick à tout produit d'opérateurs qui sont des
combinaisons linéaires d'opérateurs de création et d'absorption.(Voir problème
P.2'6 ) . Nous rencontrerons une telle extension danb le chapitre II concernant la
supraconductivité.
- 49 -

On peut aussi généraliser le théorème de Wick au calcul d'éléments de


matrice de produits d'opérateurs, entre deux déterminants de Slater différents
(Voir problème P.2.5 ) . Les généralisations possibles du théorème de Wick,
tant pour les bosons que pour les fermions sont discutés par R. Balian et
E. Brézin, Nuovo Cimento 64B (1969) 37.
- 50 -

EXERCICES ET PROBLEMES

P2.1 Faire le calcul complet de toutes les contraction^( 2.12) et ( 2.12bis)

P2.2 Vérifier directement le théorème de Wick ( 2.24) pour le produit


a ag ay at avec (a,3,y,à)t F en utilisant uniquement les règles d'anticommutation
a

des opérateurs de création et d'annihilation. Même question dans le cas où


(a,P)E F et (y,6)é F.

P2.3 En utilisant le théorème de Wick, montrer que la valeur moyenne du Hamiltonien

dans l ' é t a t <


| J> > = l .y". <*« M<>> M+ .

<^»H\^>= L <XUIA> + ± L <Xu\U»Xyu> •

P2.4 on considère un système de 8 neutrons et de 8 protons remplissant les orbites


1s (n=l, 1=0) et lp (n=l,£=l) d'un oscillateur harmonique sphérique :
2
V
Le déterminant de Slater |cf) > ainsi obtenu est une approximation à l'état
fondamental de gOo.
a) calculer le rayon quadratique moyen de charge :

1/2
Déterminer la constante a=(mw/M) de l'oscillateur sachant que le rayon
quadratique moyen de '"0 est 2.87 fm. On pourra utiliser les propriétés suivantes
des fonctions de l'oscillateur : .

2m 2.

2 2
Vérifier la relation K /m » 41.5 MeV fm .
Calculer l'énergie cinétique des nucléons dans l'état fondamental. Les
nucléons sont-ils relativistes ?
b; calculer la densité de charge p(r) de 0 et en faire un graphique en fonction
de la distance
:e au centre du noyau. Calculer et
et dessiner le facteur de forme :
51 -

Exprimer, pour q petit, le facteur de forme en fonction du rayon quadratique


moyen. On se propose de mesurerle facteur de forme à l'aide de la diffusion
d'électrons (voir problème P.i.7). Déterminer une relation entre l'énergie du
faisceau incident d'électrons, l'angle de diffusion et le moment transféré q.
Montrer que l'accélérateur doit fournir un faisceau d'électrons d'énergie au
moins égale à 300 MeV si on veut pouvoir mesurer le facteur de forme pour
-
q £ 3fm '. Quel détail de la distribution de charge peut-on alors résoudre en
mesurant le facteur de forme ?

P2.5 On considère le déterminant de Slater j$> = 8 ^ 3 - ...a |o> composé de


#

N états T- non crtkoncrmés.On considère un autre déterminant dé Slater


\ûi> = a* a"!" a+
|o> composé de N états il), non orthonormés. Soit B la

matrice B.. = (^MV-)- Montrer que <$|ti)>=de t (B). Soit T un opérateur à un


corps. Montrer que :

Soit V un opérateur à deux corps. Montrer que :


-» -»

J
En exploitant la relation B. B où B •* est le cofacteur de
ij det(B)
l'élémentU, j) montrer la généralisation suivante du théorème de Wick :
1
<$IV)VW.~YZ1*> n r-i i—» ' i" . » r-i
= UVW-YZ + U V W - Y Z + -

où U, V,... sont des opérateurs de création ou d'annihilation et où la contraction


UV est définie ainsi :

(Voir R. Balian et E. Brézin, Nuovo Cimento 6AB (1969) 37).

P2.6 On considère la transformation linéaire suivante, (dite transformation de


Bolioubov générale) :

v i ( vu •» • Vu «î ) ,
On l'écrira sous forme matricielle :

(]*)* (v- UV l i )
Montrer que cette transformation est canonique, c'est à dire que les opérateurs
- 52 -

ri et n ont l e s l o i s d'anticonmutation de fermions si on a

/ U V \ / U* V \ = / \ O \
t
U*uv w 0I loi/
Soit \fy> l e vide normalisé des opérateurs ri : n |i|>> • 0. Calculer l e s
1
T" * • • rr~i i—»+ , ,
contractions a, a , a, a , a,* a e t a, a par rapport à 1 é t a t \<l>>. Montrer que
(^ > n'est pas un é t a t propre de l'opérateur nombre de particules N et qu'on a :
r
< * i N \ t > * TT ( v v )

P2.7 Soit S et H deux opérateurs hermétiques à un corps

1
Montrer, en utilisant l'identité (1.80) que e H e est aussi un opérateur
à un corps :

e H. e = L le V* e V *;<*.» '
On diagonalise la matrice h en résolvant le problème aux valeurs propres :

Z k x". = e x*
J

Montrer les relations :

X e
S » J "' S </ * . ^ > >>* * J X; X;%. ;
i J
••» „ .* M*
uVZ x" x e . .H e" ^ » rI . - „+
<< € a a
'
*
« «4 '

A
ou Cl^
•m
* C. j ftj
j

P2.8 Soit I! un Hamiltonien de particules indépendantes : H « Y e, a, a. où les


r
o + o £ k k k
urs a,+ et a sont des opérateurs de k
operateurs a, et a sont des opérateurs de
ique d'un produit de 2n opérateurs d fermions. On appelle moyenne
statistique d'un produit de 2n opérateurs de fermions la quantité :
- 53 -

où D est l'opérateur densité statistique : JJ s ______


' TV •.->"•
Démontrer les relations suivantes :

r
a,[e « e «* c ,

Un définit les contractions de la façon suivante :

Montrer que : ^ ^ _ L ' -»•


A _.*f*
En déduire l'expression du théorème de Wick pour la quantité I» :
T " "i * * ' " • • • » _

+• autres systèmes complets de c o n t r a c t !


CHAPITRE 3

LES DIAGRAMMES DE FEYNMAN

VIDE-VIDE

Dans c e c h a p i t r e nous abordons l a t h é o r i e des p e r t u r b a t i o n s des s y s t è m e s à


grand nombre de p a r t i c u l e s . Nous e x p o s o n s la r e p r é s e n t a t i o n diagrammatique de
l a s é r i e de p e r t u r b a t i o n s . C ' e s t une méthode t r è s p u i s s a n t e à cause d e s
resommations p a r t i e l l e s a u x q u e l l e s e l l e c o n d u i t .
C ' e s t a u s s i une méthode d ' u n e grande g é n é r a l i t é qu'on r e t r o u v e
dans t o u t e s l e s t h é o r i e s des systèmes à grand nombre de p a r t i c u l e s :
- en mécanique s t a t i s t i q u e c l a s s i q u e : l e développement de la f o n c t i o n de
p a r t i t i o n e n amas c o n n e x e s ( v o i r par exemple : G.E. Uhlenbeck e t G.N. Ford dans
S t u d i e s in S t a t i s t i c a l Mechanics, Vol I , Part B, E d i t o r s de Boer and
Uhlenbeck, North Holland 1 9 6 2 ) .
- en mécanique s t a t i s t i q u e quantique : l e développement de la f o n c t i o n de
p a r t i t i o n en diagrammes connexes ( v o i r par exemple : C. B l o c h , référence
ci-dessous).

- en é l e c t r o d y n a m i q u e quantique e t en t h é o r i e d e s champs ( S . D . D r e l l and


J.D B j o r k e n , R e l a t i v i s t i c Quantum F i e l d s , Me Graw H i l l , 1964)
- dans l a t h é o r i e de J a s t r o w qui ne dépend pas de l a s é p a r a t i o n du H a m i l t o n i e n
e t une p a r t i e non p e r t u r b é e e t une p e r t u r b a t i o n (M. Gaudin, M.J. Gillespie et
G. Ripka, N u c l . P h y s . A J 7 6 (1971) 237).
- en physique du s o l i d e e t pour l e problème à N-corps e n g é n é r a l ( v o i r par
exemple : P. N o z i è r e s , l e problème à N - c o r p s , Dunod, P a r i s 1963).
- dans l a t h é o r i e d e s cumulants e t c .

I l e x i s t e p l u s i e u r s p r é s e n t a t i o n $ d e c e t t e méthode. Nous en e x p o s o n s deux :


l e s diagrammes de Feynman c ' e s t à d i r e l a t h é o r i e d e s p e r t u r b a t i o n s dite
"dépendante du temps" e t dans l e c h a p i t r e suivant l e s diagrammes de G o l d s t o n e
ou l a t h é o r i e d e s p e r t u r b a t i o n s d i t e "indépendante du temps".

Référence : Nous avons beaucoup emprunté à l ' a r t i c l e t r è s complet de


C. B l o c h , "Diagram Expansions" dans " S t u d i e s i n S t a t i s t i c a l M e c h a n i c s , v o l III,
part A, E d i t o r s de Boer and Uhlenbeck, North Holland 1965.

J
- 55 -

3.1 SEPARATION DU HAMILTONIEN EN DEUX TERMES

La méthode des perturbations consiste à séparer l'Hamiltonien en deux


termes :

H = U + V. 0 p..)

Le premier terme H est l'Hamitonien non-perturbé et le deuxième terme V est la


r
o
perturbation souvent appelée l'interaction. On suppose connues les valeurs
propres et les vecteurs propres de H . Pratiquement on choisit toujours un
Hamiltonien H de particules indépendantes :

3 2
H. = l «- ** « « . <->

L'Hamiltonien H du système se compose en général des énergies c i n é t i q u e s


des p a r t i c u l e s et de leurs i n t e r a c t i o n s v :
H ?%
(3.3)

Une manière évidente de séparer l'Hamiltonien H en deux termes est de


choisir pour H l'énergie cinétique des particules :

H. - 7- ¥• >
et pour V leuis interactions : V c j £ " '/*! ' '

Cependant on obtient souvent de meilleurs résultats en incluant dans H un


M o
champ moyen convenablement choisi. Dans ce cas
• Si
on prend :

(3.4)

et il faut évidemment soustraireKi à l'interaction entre les particules

1A v.—. ' »i — • (3.5)

Tout l'intérêt de la forme (3.2) du Hamiltonien non perturbé vient de ce qu'il


admet les déterminants de Slater (2,3) comme fonctions propres, et que^pour
ccr, 'l'terminants, on peut appliquer le théorème de Wick.
- 56 -

Lorsque des champs externes agissent sur le système on aura, selon les
cas, avantage à les inclure soit dans l'Hamiltonien non-perturbé H , soit
dans l'interaction V.

Le choix du champ moyen U affecte la convergence de la méthode des


perturbations et en ce sens il est très critique. Il peut être choisi, par
exemple, par une méthode variationelle. C'est l'objet de la théorie de Hartree-
Fock (Chapitre 5 ) . Lorsque, par exemple, les interactions v(x.,x.) ont des
répulsions très fortes ou infinies à courte portée, la méthode variationelle
basée sur un déterminant de Slater perd son sens, et on est obligé de faire
un autre choix.

En développant la théorie de la supraconductivité,


on peut étendre la forme (3.2) de H à une forme quadratique hermitique
générale d'opérateurs de création et d'annihilation :

(w R
H. * Z [ « • * • * l f > a J « • 7 <f*«* î f (3.6)
<>\

Dans ce cas H peut être écrit sous forme d'un Hamiltonien de "quasi-
o
particules" indépendantes et cette nouvelle manière de séparer l'Hamiltonien
en deux termes permet de reformuler la théorie de perturbation avec très peu
de modifications.

Dans la suite nous supposerons que H a la forme (3.2) d'un Hamiltonien


de particules indépendantes et que la perturbation V contient aussi bien des
interactions à deux corps que des champs moyens représentés par des opérateurs
à un corps.

3.2 DEVELOPPEMENT DE DYSON

Définissons l'opérateur :

<j(&) * e. e 0.7)

Calculons sa dérivée :

r r
i u<p>* H,e e - t H c
r r r
* e (w.-H)e e e
r r
=- € vc e e
- 57 -

Définissons l'interaction V(6) en représentation interaction :

sHc -RH.
r f
V(f-) = e v e . (3.8)
Cette définition est compatible avec î équation (2.8). La dérivée de
1'opérateur U(3) devient :

i 0(J)« - V ( f ) U t f ) . (3.9)

Pour g= 0 on a (J(6) = I. En intégrant (3.9) de 0 à g on obtient donc

uip = i - j s a,) uip.)a . fl .


(3 10)

Les interactions successives de l'équation intégrale (3.10) donnent le


développement de Dyson : a

© o o
3. II)

Lorsque '> J nous pouvons remplacer le produit V(3 ) . . V($ )


par le T- produit T^V(g ) , . . V(g )J car les arguments 0 ...3 sent dans
un ordre décroissant. On peut ensuite exploiter le fait, qu'à l'intérieur du
T-produit on peut permuter l'ordre des interactions :

(3.12)

pour intégrer tous les arguments R... .8 de 0 à 3 !

(3.13)
58 -

3.3 REPRESENTATION DIAGRAMMATIQUE FIDELE DU DEVELOPPEMENT PERTURBATIF


DE <*JU(B)1<P > 0

Dans la s e c t i o n 3.9nous verrons que l ' é n e r g i e de l ' é t a t fondamental peut


>
être c a l c u l é e à p a r t i r de lïm <$ |U(B)|<f> * Nous a l l o n s donc commencer par
3 •* °° ° °
Calculer la valeur moyenne de l'opérateur U(8) dans l'état non-perturbé |<J)^>.
o

D'après le développement de Dyson (3.13) on a :

* " P

Dans la section (2.7) nous avons montré comment utiliser le théorème de Wick
pour calculer la valeur moyenne d'un T-produit dans un déterminant de Sl.iter.
L'expression (1.6Z) permet d'écrire V(g) en seconde quantification:

^ (3.15)

En utilisant ce développement pour chacune des interactions V(p ), V(g„)... de


l'équation (3.14) on obtient :

D'après le théorème de Wick la valeur moyenne du T-produit s'obtient en sommant


tous les systèmes complets de contractions des opérateurs de création et
d'annihilation de sorte que
c->" rf
J r
r >/« 5
r * 't » + t • ' 1
J

(3. If.)
- 59

Chaque système de contractions peut être représenté graphiquement par un


diagrams de la manière suivante :

- chaque interaction j (aB|v|>6) est représentée par le diagramme :

i«.iv.vn> "}--<(;
(3.17)

où la ligne d'interaction hachurée est étiquetée par l'argument 8 . On notera


?

que le diagramme détermine entièrement l'ordre des indices dans l'expression


(3.17). On appelle vertex le diagramme (3.17) qui représente une interaction
à deux corps. On note que les lignes sortant du vertex correspondent aux
états du bra ÇaB[ et les lignes entrant dans le vertex correspondent
aux états du ket |Y<5).

D'après l'équation (2.12) la contraction entre un opérateur de création


a et un opérateur d'annihilation a ft est nulle à moins que l'état a soit le
même que l'état 8. On peut donc représenter les contractions
a (B.)a„(f3.) et a (g.) a (8.) de l'expression (3.16) par un segment de ligne
0

orientée, étiquetée par l'indice ce , sortant d'une interaction d'argument 8-


et entrant dans une interaction d'argument 8.:

P j
fc---i n—i . . t "7
a
4* = «(^a«(fo)et. <Vfj)Q, (f )= : f< (3.i8)
(Nous reviendrons à la page 61 sur le fait que ces deux contraction- diffèrent
de signe.)
Dans l'expression (3.16) tous les opérateurs de création et d'annihilation
sont contractés. Donc chaque terme d'ordre n de l'équation (3.16) peut être
représenté par un diagramme se composant de n vertex dont on rejoint toutes
les lignes entrantes et sortantes. Un tel diagramme porte le nom de
diagramme vide-vide.

Par exemple, supposons qu'on calcule <$ |U(8)|tf> > à l'ordre n « 2.


60

Le terme suivant du membre droit de l'équation (3.16>:

=J 1

sera représenté par le diagramme:

o+- /x
(3.20)

Il y a autant de systèmes de contractions que de manières de rejoindre

les lignes entrantes et sortantes des vertex. Donc chaque terme de 1'

équation (3.16) peut être représenté par un diagramme. Inversement,

cherchons à calculer la contribution à l'expression (3.16) d'un


P o u r
diagramme donné. reconnaître si deux diagrammes
sont identiques ou distincts, c'est à dire s'ils correspondent, ou non, au
même système de contractions, il convient de dessiner les diagrammes »n
étiquetant seulement les vertex de leurs arguments 3- et de ne pas étiqueter
des segments des lignes orientées. On peut disposer les vertex d'une manière
quelconque sur le diagramme.

Par exemple, les trois diagrammes .SAiivants :

sont identiques car ils peuvent être superposés par d-;s translations des vertex
e,,6 et 6 .
2 3

Nous disons donc que deux diagrammes sont identiques (ou distincts) s'ils
peuvent (ou ne peuvent pas) être superposés par des translations des vertex.
C'est cette invariance par rapport aux translations des vertex qui caractérise
les diagrammes de Feynman. Cette propriété résulte essentiellement de ce que
nous ayons exprimé le développement de Dyson (3.13) â l'aide d'un T-produit
d'opérateurs V(0.).. V(B ) . Les diagrammes de Goldstone, que nous développerons
au chapitre 4, s'obtiennent à partir d'une autre forme du développement de Dyson
- 61 -

et ils n'ort pas cette propriété d'invariance par rapport aux translations des
vertex.

Pour calculer <$ l(J(8)|$ > on dessine donc tous les diagrammes distincts
obtenus en rejoignant toutes les lignes entrantes et sortantes des vertex
étiquetés de leurs arguments 3 ,$„,... La contribution de chacun de ces
diagrammes s'obtient ensuite en étiquetant les segments de lignes orientées
par des indices d'état ex,8,Y Chaque vertex (3.I7) contribue un facteur
— ( et S i V ! Y f? ) - Mais la contribution des segments de lignes orientées demande à
être précisée car les deux contractions (3.18) qui sont représentées par le
même segment de ligne orientée ont des valeurs de signe opposé pour 0 i- 8_.
Cn peut le vérifier sur l'équation (2.12). Convenons d'associer au segment
d» ligne orientée (3.18) le facteur :

b
•« = 3„Cf:-jl.) 5- <+.lT[^.)*,( .>ll4>.> f

fc (3.22)

On appelle <>(g.-0.) le propagateur à une particule. Ainsi, avec la


OU i J |— ,^
convention (3.22), les contractions • o. sont comptées avec un signe +
r—
et l e s c o n t r a c t i o n s a a, avec un s i g n e - ,
(Le cas où 8- "(3. ne peut se p r é s e n t e r que pour des o p é r a t e u r s
de c r é a t i o n e t d ' a n n i h i l a t i o n a p p a r t e n a n t à une même i n t e r a c t i o n V(g.) dans
quel cas i l s a p p a r a i s s e n t t o u j o u r s dans l ' o r d r e a a . ) D'après l'équation
(2.12) l a v a l e u r du propagateur e s t :

3- r "M-
(
\ e V h^ *

: - t „ -««<M>>
e
W h «t*
(3.22bis)

Ok

V * ,*«*<> ««f^F t t t - o , ^ « 4 %.' «€F.


- 62 -

11 reste à déterminer le nombre des contractions a a ainsi que le signe


de la permutation nécessaire pour ramener ensemble les opérateurs contractés.
Pour cela il est nécessaire d'affiner l'analyse du diagramme comme suit :

A chaque extrémité d'une ligne d'interaction d'un vertex il y a une ligne


orientée sortante et une ligne orientée entrante. A ces deux lignes orientées
correspond une paire d'opérateurs (a a) formée par un opérateur de création
suivi d'un opérateur d'annihilation :

^.-— =*> Ul(K ) % ou — - ^ =»«f\) . (3 23)

On peut vérifier qu'un nombre pair d'opérateurs sépare


toujours l'opérateur de création et l'opérateur d'annihilation formant une
paire (3.23). Lorsqu'on a rejoint toutes les lignes sortantes aux lignes
entrantes des vertex, les lignes orientées forment des boucles fermées
qu'on appelle des cycles. Considérons le cycle général :

(3.24)

Un cycle est toujours formé par un système de contractions entre tous les
opérateurs d'un ensemble de paires (3.23). Puisque les opérateurs formant
ces paires sont séparés par un nombre pair d'opérateurs, on peut ramener
ensemble les opérateurs contractés correspondant à chaque cycle sans changer
la contribution du système de contractions.

Considérons le système suivant de contractions correspondant au cycle


(3.24):

(3.25)
- 63 -

Une permutation paire permet de ramener ensemble les opérateurs cmit;a.tes


de sorte qu'avec la convennion (3.22) le système de contractions ('. ;
contribue le facteur :

(3.26)

le signe - venant de ce que le système de contractions (3.25) contienne


1 contraction a a. Nous ne savons évidemment pas si l'ordre dans lequel les
opérateurs se suivent dans l'expression (3.25) est celui dans lequel ils se
suivent lorsqu'on les aura ramenés ensemble à partir du système de contrac-
tions de l'équation (3.16). Mais on peut toujours réarranger les opérateurs
contractés dans l'ordre (3.25) soit en échangeant les pi citions des paires
(a a) soit en réarrangeant l'ordre des opérateurs (a a ia.1 d'une même
interaction. Montrons que dar.s ces deux cas, le system- de contractions ainsi
obtenu est encor- donné par le produit (3.26). Considérons d'abord l'échange
des positions des paires (a a ) et (a„a ) par exemple. Le système (3.25)
ft

devient : r

I L Ll 1

1 1
't T" ' * t HZ . • •
(3.27)

On voit que l'échange des positions des paires (a+a„) et (a


. +a ) change
ft

la parité nécessaire pour ramener ensemble les opérateurs contractés (d'où


le signe - dans (3.27))et ajoute une contraction a a (il y en a 2 dans (3.27))
Le système (3.27) est donc encore donné par le produit (3.26). Considérons
ensuite le cas où les paires (a a ) et (a„a ) résultent d'un réarrangement
ft

et p p y
des opérateurs (a a aa) d'une même interaction. Dans ce cas ils apparaissent
- 64

+ +
dans 1 ordre a a a a~ dans 1 équation (3.16). En les rearrangeant dans cet
ft

ordre le système (3.25) devient :

= - ***! < V \ <*«<*< g Qg • • ÇQ>QA) . (3.28)

La permutation nécessaire pour ramener ensemble les opérateurs contractés est


impaire et le système (3.28) contient 2 contractions a a. Il est donc encore
donné par le produit (3.26).

Ainsi, dans tous les cas, la contribution d'un cycle est donnée par (3.26)
et si nous convenons d'associer aux segments des lignes orientées le propagateur
(3.22) il faut associer un signe - à chaque cycle du diagramme.

Toute l'analyse que nous avons faite dans cette section reste inchangée
si l'interaction V(g) est un opérateur à un corps :

v a
2. <*» v*> t^ VM- (3.29)

On représente cette interaction par le diagramme

, f Oiir|^>
r • (3.30)

de sorte que chaque vertex correspondant à une interaction à un corps contribue


>
le facteur <À|V|II -

Résumons maintenant les résultats obtenus dans cette section sous forme de
règles :
- 65 -

J.4 REGLES POl'R LE CALCUL DES DIACRAMMES VIDE-VIDE DE FEYXMAN DONT LES VERTEX
SONT ETIQUETES (REPRESENTATION FIDELE).

1. Les diagrammes de Feynman vide-vide se composent de vertex (3-17) ou


(3.30) qui sont étiquetés d'un argument fi. et dont on a rejoint toutes les
lignes sortantes aux lignes entrantes. Deux diagrammes sont distincts s'ils
ne peuvent pas être superposés par des translations des vertex.

2. La contribution de chaque diagramme s'obtient de la manière suivante :

2a. Etiqueter les segments de lignes orientées par des indices d'états
à une particule.
2b. Chaque vertex d'interaction a deux corps contribue le facteur

s
/ — \ ii*ç*v\*$) .

défini par l'équation (1.63).

Chaque vertex d'interaction à un corps contribue le facteur

9
t
<*ITTt*> .

défini par l'équation (1.53).


2c. Chaque segment de ligne orientée, portant l'étiquette 1, sortant d'un
vertex d'argument i-~ et entrant dans un vertex d'argument 3. contribue le
facteur

n+n '
I c
3. Multiplier le produit de ces facteurs par —, (-) où n est le nombre
de vortex et n le nombre de cycles du diagramme.

4. Sommer les indices dos états à une particule .

Pour calculer une quantité donnée à partir d'un diagramme il faut préciser
la nature du diagramme et le domaine d'intégration des arguments des vertex.
(Pour 1'instant nous n'avons considéré que les diagrammes vide-vide).
- 66 -

Ainsi, pour calculer <$ l(/(î3)|# > il faut sommer les contributions de tous
les diagrammes distincts dont les argments des vertex sont intégrés de 0 à ?.

Les diagrammes de Feynman que nous avons construits s'appellent les


diagrammes -;id£--jide pour les distinguer des diagrammes qui contribuent aux
fonctions de Green et qui ont des lignes externes (voir chapitres $ | * ) . On peut
#

visualiser un vertex d'une interaction à deux corps :

comme un processus au cours duquel deux particules occupant initialement les


orbites y et 5 effectuent une transition vers un état où elles occupent les
orbites i et ? . De même on peut visualiser 'e propagateur :

>•"/.

comme un processus au cours diquel une particule se propage dans un état i entre
deux interactions qui ont lieu au "temps" à, et au "temps" é, . Bien que pour
l H c
. + o
des raisons de commodité nous n'ayons pas utilisé un opérateur U(t) =e
- i H
t - ,.
e avec un temps réel il peut être suggestif d interpreter les diagrammes
comme si I était un temps réel. Bien sûr les processus ainsi décrits par les
diagrammes ne sont que v'r'ueis et ils ne sont pas observés. Les diagrammes
que nous avons construirs et dont les vertex sont étiquetés d'un argument
constituent ce qu'on appelle une rcprJ^entj.zzGK f'-Jâ'.c du développement
de < '!U(l ) ' î ^> en ce sen.> qu'il y a une correspondance bi-univoque entre
J

chaque diagramme et un terme du développement (3.16). Nous verrons plus loin


cependant que cette représentation donne lieu à un trop grand nombre de
diagrammes et nous réduirons ce nombre dans la section suivante, (voir
aussi le problème P3.2).

3.5 LKS DIAGRAMMES MUETS ET LE FACTEUR DE SYMETRIE

Jusqu'ici nous avons considéré des diagrammes dont chaque vertex est étiqueté
d'un argument 3-. Ces diagrammes constituent une représentation fidèle du
développement (3.16) de <$ |U(8)|<t> >. Mais ils présentent un désavantage
- 67 -

du fait que deux diagrammes, qui ne diffèrent que par une permutation des
>
étiquettes des vertex, donnent la même contribution à <$^;U(D)!;, .

Par exemple, les deux diagrammes suivants :

-r-
r>0 4><y (3.31)
1
-f - L£ J
sont distincts, mais leur contribution à <£ ;U;'8;|4> > est évidemment la même
puisque les arguments S ? et 3- sont intégrés dans le même intervalle, de 0 à 3

Cela nous conduit à représenter tous les diagrammes, qui ne diffèrent les
uns des autres que par des permutations des étiquettes des vertex, par un
seul diagramme. Ce diagramme dont les vertex ne sont pas étiquetés s'appelle
un diagramme muet.

Par exemple, les deux diagrammes (3.31) ainsi que les quatre autres
obtenus en permutant les étiquettes 3,,S 9 et 3» des vertex Font représentés
par un seul diagramme muet :

o (3.32)

La question se pose alors de déterminer le nombre de diagrammes étiquetés


distincts qui correspondent à un diagramme muet donné. Cela dépend de la
symétrie du diagramme que nous allons maintenant définir.

Il y a n! manières d'étiqueter les n vertex d'un diagramme muet. Mais


toutes ces permutations ne donnent pas nécessairement des diagranones distincts.

Par exemple considérons le diagramme muet suivant :

(3.33)
- 68 -

Il y a 3!, soit six manières d'étiqueter les vertex de ce diagramme. Mais


les trois manières suivantes (permutation circulaire des étiquettes)

T-T-A A-f-A A-N

,ry c (3.34)

donnent trois diagrammes identiques. On vérifie en effet que les trois


diagrammes (3.34) peuvent se déduire le uns des autres par des translations
des vertex. En outre, on peut vérifier que les trois autres manières
d'étiqueter les vertex du diagramme (3.33) :

-f'-A A-f-A A-+-

(3.35)

donnent encore t r o i s diagrammes i d e n t i q u e s . Le diagramme muet (3.33) possède


donc la p r o p r i é t é de symétrie suivante : toute permutation c i r c u l a i r e des
é t i q u e t t e s des vertex donne un diagramme i d e n t i q u e . A i n s i , au l i e u de r e p r é s e n t e r
3! = 6 diagrammes é t i q u e t é s d i s t i n c t s , le diagramme muet (3.33) n ' e n r e p r é s e n t e
que deux.

11 est u t i l e - e t c e l a a p p a r a î t r a mieux dans la s e c t i o n s u i v a n t e - de


considérer l e s permutations des é t i q u e t t e s des vertex comme un ensemble
.i'jp'i'atùns qui laissent invariante la contribution du diagramme. Ces opérations
c o n s t i t u e n t l e s éléments d'un groupe L, en l'occurence le groupe des n!
permutations des é t i q u e t t e s des v e r t e x , n é t a n t le nombre de v e r t e x du diagramme.
Il peut a r r i v e r qu'un c e r t a i n nombre de ces o p é r a t i o n s transforment le
diagramme en un diagramme i d e n t i q u e . Ces o p e r a t i o n s c o n s t i t u e n t l e s élément!»
d'un groupe G qui est un sous-groupe de L. L'ordre S du sous-groupe G,
c ' e s t à d i r e le nombre des éléments de G, s ' a p p e l l e r a le facteur de .lyy'-j''-.-
du diagramme.

L ' e x i s t e n c e du sous-groupe G r é s u l t e des symmetries p a r t i c u l i è r e s du


diagramme. Il faut les é t u d i e r séparément pour chaque diagramme afin de
- 69 -

determiner le facteur de symétrie. (Il peut bien sûr arriver que le sous-
groupe G se réduise à l'nnération identité dans quel cas on aura S = 1 .)

Soit S le facteur de symétrie d'un diagramme muet ayant n vertex. On


voit que ce diagramme muet représente n!/S diagrammes étiquetés distincts.
n' 1
Ainsi la contribution d'un diagramme muet doit être multipliée par -r- et la
règle 3 de la section 3.4 doit être modifiée ainsi :
n+n
3. Multiplier le produit de ces facteurs par (-) -s- où n est le nombre
de vertex, n le nombre de cycles et S le facteur de symétrie du diagramme.

La règle 1 devient :

I. Dessiner tous les diagrammes distincts et muets qui se composent de vertex


(3.17) ou (3.30) et dont on a rejoint les lignes sortantes aux lignes entrantes.

Il faut ajouter à la règle 2a la phrase : Etiqueter chaque vertex d'un


argument S..
- 70 -

3 .6 SYMETRIE PAR RAPPORT A L'ECHANGE DES EXTREMITES DES VERTEX.

L'interaction v(x.. x ) entre deux particules identiques est symétrique


?

par rapport à l'échange de leurs coordonnées x. et x. : v(x ,x.) = v(x„,x.).


par conséquent l'élément de matrice (I.63) vérifie la relation :

(^ivi^n * (f* 1 -o-\5 v> . (3.36)

Cette relation conduit à une symétrie supplémentaire des diagrammes. En effet


considérons un diagramme quelconque où apparaît l'interaction (a$|v|y<5):

A 41
£ (<fi»i»P
(3.37;

Considérons le diagramme obtenu en échangeant les extrémités du vertex


(a3|v|YÔ):

i (poOtrlStf)
(3.38)

La contribution du diagramme (3.38) s'obtient à partir de la contribution du


diagramme (3.37) en remplaçant -=-(aS| VJy<5) par -r(3a| V|y&) . Donc les diagrammes
(3.37) et (3.38) donnent la même contribution à cause de la relation (3.36).
Ainsi l'échange des extrémités d'un vertex est une opération qui laisse
invariante la contribution du diagramme.

Cela nous conduit à élargir la relation d'identité entre deux diagrammes.


Nous dirons que deux diagrammes sont identiques (ou distincts) s'ils peuvent
(ou ne peuvent pas) être superposés par les operations iuivantes :

-Translations des vertex


-Echange des extrémités des vertex.

Dès lors chaque diagramme ayant n vertex étiquetés représente l'ensemble des
- 71 -

2 diagrammes de la représentation fidèle obtenus par les échanges successif


des extrémités des n vertex. La contribution du diagramme doit donc être
multipliée par 2 . Il revient au même d'enlever le facteur 1/2 apparaissant
dans la règle 2b de la section 3.4. Cette règle devient :

2b Chaque vertex d'interaction à deux corps contribue le facteur :

>—/ = Upivi *S ^

L'élargissement de la relation d'identité modifie également le facteur


de symétrie des diagrammes muets.

Par exemple, considérons à nouveau le diagramme muet (3.33). Ce diagramme


3 • • •

représente désormais 2 x3! = 48 diagrammes obtenus en étiquetant les trois


vertex de 3! manières possibles -ce sont les diagrammes (3.341 et (3.35)-
et en échangeant successivement les extrémités des vertex de chaque diagramme
étiqueté :

La symétrie droite-gauche de tous ces diagrammes montre que l'échange


sirr.iltané des extrémités des trois vertex est une opération qui transforme
chacun des diagrammes (3.39) en un diagramme identique. Donc les opérations
qui transforment les diagrammes (3.39) en diagrammes identiques sont :

- les permutations cycliques des étiquettes des vertex.


- l'échange simultané des extrémités des trois vertex.

L'ensemble de ces opérations forme un groupe G, d'ordre S = 6, qui est ie


facteur de symétrie du diagramme. Rappelons que dans la section 3.5 on avait
trouvé que le facteur de symétrie du diagramme (3.33) 5tait égal à 3. En
élargissent la relation d'identité le facteur de symétrie est modifié et il
devient égal à 6. Le diagramme (3.40) offre un autre exemple.
Désormais, le groupe L, constitué par l'ensemble des
opérations qui laissent invariante la contribution d'un diagramme, est le
produit cartésien P xE du groupe P des n! permutations des étiquettes des
vertex et du groupe E des 2 échanges des extrémités des vertex. Il peut
arriver qu'un certain nombre des opérations du groupe L transforment le
diagramme en un diagramme identique. Ces opérations constituent les éléments
d'un groupe G qui est un sous-groupe de L = P xE . L'ordre S du sous-groupe G
c'est à dire le nombre de ses éléments, s'appelle le facteur de symétrie du
diagramme.

Par exemple, pour le diagramme muet (3.33), P est le groupe des 3!


n
3 ,
permutations des étiquettes des vertex et E est le groupe des 2 échanges
des extrémités des vertex. Le groupe G est lui-même le produit cartésien
G.xG- d'un sous-groupe G, de L. et d'un sous-groupe G„ de L„. En effet G,
est le groupe des permutations circulaires des étiquettes et G~ est le
groupe formé par l'échange simultané des extrémités des trois vertex.
Un autre exemple est présenté par le diagramme muet suivant :

(3.40)

Montrons qu'une permutation circulaire des étiquettes des vertex est une
opération qui transforme le diagramme en un diagramme identique. Une permutation
circulaire des étiquettes :

\
- J)
o'.J.y «
(3.41)

fan J**
G.
transforme le diagramme en un diagramme identique comme le montre le schéma
suivant:

4 ^ A Jj ^ ffi\°" 2)

L
Le facteur de symétrie du diagramme muet (3.40) est donc égal à l'ordre
S = 3 du groupe de permutations circulaires des 3 étiquettes. On remarquera
sur (3.42) que si on n'avait pas inclus les échanges des extrémités des
vertex dans la relation d'identité, les diagrammes (3.41) ne seraient pas
identiques et le facteur de symétrie du diagramme (3.40) aurait été égal à 1

3.7 REGLES POUR LE CALCUL DES DIAGRAMMES DE FEYNMAN VIDE-VIDE MUETS ET


POSSEDANT LA SYMETRIE D'ECHANGE DES EXTREMITES DES VERTEX.

Résumons les résultats obtenus avec les diagrammes muets en énonçant en


énonçant les règles suivantes.

1. Les diagrammes de Feynman vide-vide muets se composent de vertex


(3.17) ou (3.30) dont on a rejoint les lignes entrantes aux lignes sortantes.
Deux diagrammes sont distincts s'ils ne peuvent pas être superposés par les
opérations suivantes :

- translations des vertex


- échanges des extrémités des vertex.

2. La contribution de chaque diagramme s'obtient de la manière suivante :

2a) Etiqueter les segments des lignes orientées par des indices d'états
à une particule. Etiqueter chaque vertex d'un argument.

2b) Chaque vertex d'interaction à deux corps contribue le facteur

'f
u v , i r n
t/""\f " f' <
défini par l'équation (1.63) .

Chaque vertex d'interaction à un corps contribue le facteur

l •* c <«\V\p> »

défini par 1'Cquation (1.53).

2c) Chaque segment de ligne orientée, portant l'étiquette a, sortant d'un


vertex d'argument B ? et entrant dans un vertex d'argument S., contribue le
facteur :

?
f' — 7 < e w f,>i L

f. -*-« Mi*?» •
- 74 -

, n+n
3. Multiplier le produit de ces facteurs par — (-) où n est le nombre de
vertex, n le nombre de cycles et S le facteur de symétrie du diagramme. Le
facteur de symétrie se calcule en considérant le diagramme dont les vertex sont
étiquetés comme un diagramme de la représentation fidèle. Il est égal à l'ordre
(c'est à dire au nombre d'éléments) du groupe G d'opérations (permutations des
étiquettes des vertex et échanges des extrémités des vertex) qui transforment
le diagramme en un diagramme identicme dans le reorésentation fidèle.

4. Sommer les indices d'états à une particule.

>
On calcule <$ jU(8)|<£ en intégrant tous les arguments de 0 à 6 et en
somment les contributions de tous les diagrammes muets et distincts.

3.8 CALCUL DE «t> |U(8)U > AVEC DES DIAGRAMMES CONNEXES.

On dit qu'un diagramme est connexe s'il est impossible de séparer les
cycles des lignes orientées en deux ou plusieurs groupes tels qu'aucun vertex
d'interaction ne joigne un cycle d'un groupe à un cycle d'un aufre groupe.
N'importe quel diagramme vide-vide peut être séparé en diagrammes vide-vide
connexes qu'on appelle ses parties connexes.

Par exemple, le diagramme suivant :

o~-o
est composé des trois parties connexes :

0
O , 0.1/ - --°
Considérons l'ensemble complet :

!*• , * i , " • > *H i ••" (3.44)

de tous les diagrammes connexes distincts .


- 75 -

Un diagramme général F se compose de n, parties connexes T., n, parties


connexes F ,... ; nous écrivons .
9

f = n,P * r. F
fc 4 *••-•• * H * K • •'• (3.45)

où les n sont des nombres entiers positifs ou nuls.

Cherchons à calculer la contribution W(F) du diagramme T à partir des contribu-


tions W( F ) , W(F ) , ... de ses parties connexes. Considérons d'abord le
facteur de symétrie. Les opérations qui transforment Y en un diagramme identique
peuvent être séparées en deux groupes :

1 . Le groupe des opérations qui transforment chaque partie connexe en une


n
ni (g ) 2 OÙ
partie connexe identique. Le nombre de ces opérations est (S.) 2
S., S- sont les facteurs de symérrie des parties connexes F ,F-,...

2. Le groupe des permutations des étiquettes desvertex qui correspondent


aux échanges des parties connexes identiques. Le nombre de ces permutations
est n ! n„!...

Donc le facteur de symétrie du diagramme général F est :

1
S= «.'. * i \ - (S,)" (S»)"*- »•«>

La contribution W(F) du diagramme F est égale au produit des contributions


de ses parties connexes corrigé pour le facteur de symétrie :

*,! »*! ••• (s,) K ) . . .

Tous les diagrammes vide-vide distincts sont obtenus une et une seule fois
en prenant pour n., n~... toutes les combinaisons des nombres entiers positifs
- 76 -

où nuls. Ainsi la somme de tous les diagrammes distincts T est donnée par
l'équation :

2_ *icr) = L. 2. • •( — - ...

r (3.48)
* «xp t * ( . ) + v n ( r , . ) +- "J

Pour calculer <$ |U(S)|$ » on doit sommer toutes les contributions des
diagrammes vide-vide. Dénotons par <$ |l/(B)|$ > la contribution des
diagrammes vide-vide connexes. L'équation (3.48) montre que :

^•.»0(f)lt^
<Ou<t> »fc>* e.
(3.49)

Ainsi pour c a l c u l e r <<f> |U(B)|$ > i l suffit de c a l c u l e r la contributic


des diagranmes connexes.
77 -

3.9 CAT.CUL DE L'ENERGIE DE L'ETAT FONDAMENTAL AVEC LES DIAGRAMMES DE FEYNMAN.

Le déterminant de Slater $ > est état propre de H associé à la valeur


o o
propre e
c

«.»•.>» 0 + . > » » = Z.

X«F
* (3.50)

Considérons l'ensemble complet des états propres \\\i > du Hamiltonien


H = Ho +V; soient E n les valeurs propres
fi- :

Hi¥«> - E mr,>
0 (3.51)

On a

P
<*. 10(f) l ^ > - <k \t 0 *e" l4> > 0

(€ - e„ )
e (3.52)

Soit jii > l ' é t a t fondamental du système. Nous supposerons que l'état fondamental
au système est non-dégénéré. Soit E l ' é n e r g i e de l ' é t a t fondamental :

H l t > * E.»*. > y E. < £„ U* ) e (3.53)

On v o i t que si on prend la l i m i t e 6 -*• •» de l ' é q u a t i o n ( 3 . 3 2 ) r seul fe


terme n • 0 c o n t r i b u e r a à cause de l ' e x p o n e n t i e l l e e .

A i n s i , en tenant compte de l ' é q u a t i o n ( J . 4 9 ) on a :

<<t>. io( )i«t> > .


f # e • ? ?. t

(3.54)

En prenant le logarithme de cette expression on obtient pour l'énergie


E de l'état fondamental l'expression :

(3.55)
- 78 -

On calcule donc l'énergie en sommant les contributions de tous les dia-


grammes vide-vide connexes dont on intègre les arguments des vertex de 0 à 6
et en prenant ensuite la limite (3.55).

Par exemple, calculons la contribution à l'énergie du diagramme suivant

A"°
4 • (3.56)

Ce diagramme a n » 2 v e r t e x et n = 3 c y c l e s . L'échange des é t i q u e t t e s des


v e r t e x transforme l e diagramme en un diagramme i d e n t i q u e :

fi — (T Wc*K*4w
vu*.
\ I* ^
^ O
(3 5 7 )

Donc le facteur de symétrie du diagramme (3.56) est S = 2 . On calcule la


contribution en étiquetant les vertex et les segments de lignes orientées

4
La contribution est :
(3.58)

ft
(3.59)

( (
« 9<«» V ° > 9 * M*>9* ?*-f'>
- 79 -

En explicitant û (8.-3-,) et tt r-(B„—0. ) on obtient la valeur suivante


pour l ' i n t é g r a l e :

•f
$Vf> V'f'-Mî'^-M
-p(e,-«J>

f ( * , - ** )
• ?l1. «
(««-«fV

La contribution (3.59) du diagramme (3.56) est donc :

y
(S<\v\*<)(tfl»\Zf >
(3.60)

-f(e,.*,)
[«- ]
Pour que la limite (3.55) converge, il faut que les energies des orbites
un dehors de la mer de Fermi soient supérieures aux énergies e, des orbites
dans la mer de Fermi. Dar.s ce cas la contribution du diagramme (3.56) à
l'énergie est :

(3.61)

3.10 DEPENDANCE DU VOLUME DE LA CONTRIBUTION D'UN DIAGRAMME.

Nous allons estimer la dépendance de la contribution d'un diagramme sur le


volume, dans le cas d'un très grand système. Supposons que H et V soient
invariants par translation. Dans ce cas on pourra choisir des ondes planes pour
- 80 -

décrire les états de particules indépendantes. Normalisons les ondes planes


dans le volume ù du système :

CV.r
(3.62)

Soit v(jr -r_|) l'interaction entre les particules. Les éléments de matrice de
sont, d'après (1.63) :

k* *«• (3.63)

Les éléments de matrice d'une interaction à un corpsU, invariante par


translation sont simplement :

(3.64)

Les fonctions delta, dans les équations (3.63) et (3.64) sont dues à la
conservation d'impulsion d'une interaction invariante par translation.

Dans un très grand système, on peut remplacer les sommations sur les
impulsions par une intégrale :

(3.65)

Considérons un diagramme composé de v parties connexes, v. vertex d'inté-


raction à un corps, \> vertex d'interaction à deux corps et de v
2 segments de
li;-,tu'.s orientées.
- 81 -

"Chaque sommation sur une impulsion k. donne un facteur Cl , d'aprèr-


(3.65). Mais les fonctions delta des expressions (3.63) et (3.64) limitent
le nombre de sommations. Chacune des v + v ? interactions donne une relation de
conservation d'impulsion mais il n'y a que v. + v_ - v relations indépendantes.
En effet, pour chaque partie connexe une de ces relations peut être déduite
de toutes les autres.

D'un autre côté, on peut vérifier que pour un diagramme vide-vide le nombre
de segments des lignes orientées est donné en fonction du nombre de vertex
par la relation :

V e = V^ + 2 V t (3.66)

Ainsi la contribution du diagramme est proportionelle â :

La contribution d'un diagramme composé de v parties connexes est donc


c

proportionnelle à û . On voit donc l'avantage qu'i? y a, pour un grand système,


de calculer l'énergie en sommant les diagrammes connexes seulement: chaque terme
est proportionel au volume.

T.Il CALCUL DE LA VALEUR MOYENNE D'UN OPERATEUR DANS L'ETAT FONDAMENTAL AVEC LES
DIAGRAMMES DE FEYNMAN.

En utilisant l'ensemble complet des vecteurs propres de H, calculons la


limite ., »«
fc
*- u\-»)i*.>- - I'*-><*.!«' *"' ' »4>.>
- 82 -

L ' é t a t fondamental \ty > e s t donc donné par l ' e x p r e s s i o n :

t*~ <kM.> ^ (3.69)

Par l e même raisonnement on trouve :

Y
' P*- «.»*.> (3-70)

La valeur moyenne d'un opérateur F dans l'état fondamental \ty > est donc:

En suivant un raisonnement semblable à celui des pages 56-57 on est

conduit aux développements de Dyson suivants:


•» n sf

Remplaçons ces expressions pour les opérateurs U dans (3.71 ) et

réordonnons la série en puissances de V (voir problème P.3.9). On

peut alors écrire:


- 83 -

C 3 3 )
= <<U r[FU(H'»]'i> *

On peut calculer l'expression (3.73) à l'aide des diagrammes de Feynman


en suivant les méthodes exposées dans les sections (3.4) à (3.8). Les diagrammes
qui contribuent à <<p | T Fl)(3~6') \<P > ont un vertex représentant l'opérateur F
et qui est étiqueté pour le distinguer des vertex des interactions v d'un
diagramme muet. Si F est un opérateur à un corps :

(3.74)

il est représenté par le vertex étiqueté

1 f
(3.75)

et si F est un opérateur à deux corps :

(3.76)

il est représenté par le vertex étiqueté :

(3.77)
- 84 -

On calcule donc <$ (T fFU(6-8')j \$ > en sommant les contributions de tous


les diagrammes vide-vide distincts et muets obtenus en rejoignant les lignes
entrantes et sortantes des vertex représentant les interactions et du vertex
étiqueté représentant l'opérateur F. On assigne à ce vertex un argument égal
à zéro et on intègre les arguments des vertex d'interaction de 6' à $.
Lorsqu'on évalue le facteur de symétrie du diagramme, il faut distinguer le
vertex étiqueté représentant l'opérateur F, des vertex d'interaction.

Un diagramme général I< > peut toujours être décomposé en une partie
F
T
liée au vertex représentant l'opérateur F et en parties vide-vide non-liées
qui elles-mêmes peuvent se décomposer en parties connexes comme nous l'avons
fait dans la section (3.8).

(f
T ' = r "\ „, r, • m r,. • - • •
u
fc
(3.78)

(F)
La contribution du diagramme T est égale au produit de la contribution
(F)
de la partie liée T et de la contribution des parties connexes non-liées. La

somne des contributions des parties connexes non-liées, obtenue en prenant toutes
-
les combinaisons possibles des n, , donne un facteur étal à <<J> !(J(B 8') |4> >•
On a donc :

'(3.79)

où <<J> |T FU(S-8') \<t> >. est égal à la somme des contributions des diagrammes
0 0 M
liés à F seulement.
Calculons : , »
* -(#->'> (E.-0

r T
. Jti~ i<4 «« >i
t 9 e ( 3.8o)

P*—
- 85 -

En réunissant les résultats (3.71), (3.79) et (3.80) on obtient

T
<*.*F\*.>« <*.* [F U<-O,-->3»4.\
(3.81)

On calcule donc la valeur moyenne <ij/ |FJip > d'un opérateur F dans l'état
fondamental 1ty > en soimnant tous les diagrammes vide-vide muets qui sont lié*
à un vertex étiqueté d'argument nul et représentant l'opérateur F. On intègre
les arguments des autres vertex, représentant les interactions, de - oo À * œ.
(Ne pas compter le vertex qui représente l'opérateur F pour déterminer le signe
du diagratx.ic ! )
3.12 RAPPORTS AVEC LES METHODES DE LA MECANIQUE STATISTIQUE.

Il existe une analogie formelle entre la théorie de perturbations


développée dans ce chapitre et celle qui permet de calculer la fonction de
partition en mécanique statistique. Bien que les noyaux soient des systèmes
à température nulle,pouvant être représentés par un état pur, les méthodes
de la mécanique statistique peuvent être employées pour évaluer certaines
propriétés moyennes, tel que, par exemple, la densité de niveaux (voir la
section suivante ) .

En mécanique statistique on définit la grande fonction de partition ainsi

r
Z (<,•)* I €• * TV- e (3.82)

où 3 » 1/kT est l'inverse de la température et où a/Best le potentiel


chimique. Les E sont les énergies des états i des systèmes ayant n particules.

On peut écrire la fonction de partition à l'aide de l'opérateur d'évolution


6 8
0 (6) -e "" e" » :

M f
Zf*, ï- Tr[e* " ' V)(f)> Tr [Z,(*, > \i(fi\fi. 83)
f f

ou

Z.(«,p « TV e
- 86 -

est la fonction de partition non-perturbée, que nous calculerons dans la


section (3.13). On définit une matrice densité statistique :

? ' £• ,^ . (3.85,

à l'aide de laquelle on calcule la valeur moyenne statistique d'un opérateur


F ainsi :

<F>« Tr (JF) .
(3.86)

La fonction de partition s'écrit donc :

Z(*,p» Z,(*,f> <o(p> (3.87)

On remarquera qu'à la limite de température nulle, c'est à dire pour


g -*• CD et pour a/0 » E*7n,(E*< E ) ,1a matrice densité statistique tend vers
le projecteur sur l'état fondamental |$ > du système à n particules :
o

j »>»4>.x+.l

En même temps la valeur moyenne statistique tend vers la valeur moyenne


dans l'état |$ >. En particulier

<U(f» ^ <+.tO(p \k > 0


- 8? -

La contraction entre deux opérateurs peut être définie comme la


moyenne statistique :

a?* ~ <«x<u> * — Trie «,*« I


(3.88)

Pour calculer ces contractions on utilise la base des états antisymé-


triques |aS --- m ••• > dans laquelle H est diagonal. On a :
o

e
e = cx [l P O<-MA>«>«AJ *7 oïl»

Dans cette base on a :

(3.90)

Le résultat s'obtient en considérant successivement c'iaque orbite A.


L'ensemble des états |ct(3 .> peut être divisé en deux sous-ensembles.
Celui des états |a...A...> où l'état X apparaît et celui des états ja...X...>
où l'état A n'apparaît pas. Pour les états la....A..> on a
(a-fle^a^ a^ (a-6e.)
<a.,.\. ,.\e |ct...A-> * e . Pour les
(a-Pe^) a^a^
états |a...A...> on a <a...A..|e |a...A.. > • I.

Remarquons qu'on a toujours <a0...u...| a a |aB...w...> - 0


si A + p . Cela permet de calculer les contractions (3.88) :
- 88 -

(3.50

On reconnaît les facteurs statistiques f, de Fermi. Ils représentent


À

les probabilités d'occupation des états pour un système de fermions indépendants


à la température T = 4/Kâ . On peut les représenter par la figure suivante :

<*>*>>* *!

O.ç •
< « * « * > • * x (3.92)

>e,
On voit qu'à la limite de température nulle, c'est à dire g -> °°, les
contractions (3.91) tendent bien vers les limites <4 la. a [d> > et
1 I T
O A U 0
<i la, i \<p > à condition de choisir a/B à l'intérieur de la lacune en énergie
o' À p ' o » °
séparant s orbites occupées des orbites vides.
Il existe un théorème de Wick pour les valeurs moyennes statistiques.
(Pour la démonstration voir le problème P.2.8).Le théorème s'énonce ainsi :

1
< 0 V W . . Y Z > * UVW - Y Z +• U V W - Y 2
(3,93)
• W J t t *a*fe%*ei t#^flt*f «G tow-hAc4i'»Ht.

Ce théorème permet de développer une théorie de perturbations de la fonction


de partition (3.83) â l'aide de dia -ammesde Feynman comme nous l'avons fait
e

dans ce chapitre. On trouve que <U(6)> est donné par la somme des contributions
- 89

des diagrammes vide-vide, et que si <U(l3)> est la somme des contributions des
>
diagrammes vide-vide connexes, on H <U(t^) = exp <U(b)> . On se souviendra
que le potentiel de Gibbs A(a,g) est défini par l'équation -.

-p Aw,p
Z u,o« e (3.94)

Ainsi le potentiel de Gibbs se calcule à partir de la contribution


<U(..)-' des diagrammes connexes :

où nous avons utilisé l'équation (3.87). Ainsi le calcul perturbatif du potentiel


de Gibbs est formellement analogue '* celui de l'énergie.

3.13 DENSITE DE NIVEAUX D'US SYSTEME DE FERMIONS

I:,'f':vçno'- : Bohr et Mottelson, Nuclear Structure, Vol.l pages 281-293.

Les noy ix sont des systèmes à température nulle. Malgré cela, les
méthodes de la mécanique statistique peuvent être employés pour en calculer
certaines propriétés moyennes. Nous allons en donner un exemple en calculant
la densité de niveaux d'un système de fermions dans un puits de potentiel.

Soitp(n,E) la densité de niveaux d'énergie E d'un système composé de


n particules.

La fonction de partition (3.82) s'exprime ainsi en fonction de la densité


de niveaux ainsi :

À e ( E e
*n - pE
Z (**>« [ « \ * $ " ' ) (3.96)

La densité de niveaux est donc donnée par la transformée de Laplace


de la fonction de partition :

§(«,E ) = (*TC (3.97)


-«* -iA
- 90 -

Cherchons à calculer la densité de niveaux en appliquant la méthode du col.


Soient a et 8 les solutions du système d'équations

Z, Z F
£<Î H.,;" >4'3 "'fV- <3- 98)

Au point a » a ,8 = 8 l'intégrant (3.97) est stationnaire. Un développement


autour de cette valeur permet d'effectuer l'intégrale (3.97). On obtient :

S 1
»* ' • = = / (3.99)
3.TT V l T
où D est le déterminant :

D - l
i * z (3.100)

'•I*.

Pour un système de fermions dans un puits de p o t e n t i e l , la fonction de


p a r t i t i o n est donnée par l'équation (3.90). Soit g(c) la densité de niveaux
c'une particule d'énergie edans le puits :

(3.101)
*

Nous nous proposons de calculer la densité p(n,E) de niveaux du système à


n partiaulca, à partir de la densité de niveaux g(e) d'une particule. Les
équations (3.90) et (3.101) donnent :

Le logarithme s'annulle pour e >> a/R et il tend vers (a-6e) pour . << a/3.
- 91 -

On peut donc écrire l'intégrale (3.102) ainsi

- '"* " " "" (3.103)

tion : j X X
On a la relation : &g(I+e ) - X * &g(l+e ) . Après un changement de variables
on obtient •

* f^&M^-'^hr^o^f?-*)]
0

Le facteur £g(I+e ) s'annulle partout sauf dans l ' i n t e r v a l l e o< x < -r-. Si c e t
^ (s
intervalle est supérieur à l'espacemsnt moyen des niveaux e. d'une particule
dans le puits, on peut assimiler g(e) â une fonction lentement variable égale
à la valeur moyenne de l'expression (3.101) et développer dans l'équation (3.104),
les fonctions g(-g> ± X) en puissances de x. On obtient alors, jusqu'au deuxième
ordre :

«jZb.f>- j«u <o «-?«>* J i (|) • j g ? }>/,) •"'.(3.105)


?

On a fait usage des intégrales •'


- 92 -

L'équation (3.105) nous permet de calculer les dérivées deZ.(o,8) et donc


le système (3.98). On a :

,«./ « r

"•'f* . 17* ' (3.107)

Pour obtenir l'expression (3.107) nous avons néglige les dérivées de g(e). Soit
e„ le niveau de Fermi, c'e-t à dire l'énergie de l'orbite occupée la plus haute.
L'énergie E de l'état fondamental, et le nombre de particules sont donnés
par les équations :

é (3.108)

En comparant les équations (3.107) et (3.108) on voie que l'on a :

* * 4»lf

% , 3
<- > l09

et qae l'énergie d'excitation E du système est

É** " E » JL
Ê
0 a C6 ) . F ( 3 I I 0 )

On notera que lorsque les niveaux e. sunt discrets e r peut être choisi
A F
n'importe où dans la lacune en énergie qui sépare les orbites vides des orbites
occupées.
- 93 -

On peut ensuite évaluer le déterminant (3.100) à partir de l'expression


(3.105), et en reportant le résultat obtenu dans l'équation (3.99) on obtient
l'expression suivante de la densité de niveaux:

^.e.,. ' «r(a-/îp) , O.lll)

où nous avons encore négligé les dérivées de g ( e ) . La densité d e niveaux croît


exponentiellement avec la racine carrée de l'énergie d'excitation. O n notera
que 0 , qui joue le rôle d e l'inverse de la température n'est que la valeur qui
rend l'intégrand (3.97) stationnaire. Elle ne s'introduit donc que par
l'approximation de la méthode d u c o l . L'énergie d'excitation (3.107) croît avec
le carré de la température et la densité de niveaux croît exponentiellement
avec la température.

L'expression (3.!11) repose sur trois approximations :

1. On a supposé que la fonction g(e) est lentement variable, c'est à dire que
— >> — r — r - , ou encore que E
E x
» —.—:-
£
: l'énergie d'excitation doit être
pn S<. p/ 8l p)
supérieure à l'espacement moyen des niveaux à la surface de Fermi.

2 . On a négligé les dérivées de la fonction g ( e ) . O n peut vérifier que le


dernier terme d e l'équation (3.105) peut être négligé si l'énergie d'excitation
est limitée à :

V
-3/2 1/2
Dans la matière nucléaire on a g ( e ) - (3A/2) e., e o ù A est le
nombre de nucléons (voir problème P . 3 . 8 ) de sorte que les dérivées de g ( e )
1 /3
peuvent être négligées tant que E << e„ A
X i
3. On a utilisé la méthode du c o l , qui n'est valable que si -r-»—,—r.
e
n g(e )F

Expérimentalement on vérifie bien le facteur e dans la formule (3.111)


de la densité de niveaux. Le coefficient n'est cependant pas toujours bien
donné par cette formule (voir problème P3.7) . O n peut aussi calculer la
densité de niveaux de spin et d'isospin d o n n é . On e n trouvera les expressions
dans la référence ci-dessus.
A-93-1

ANNEXE

A . I . DIAGRAMMES DE FEYNMAN EN REPRESENTATION ENERGIE.

Les règles énoncées dans la section 3.7 pour calculer un diagramme de


Feynman comportent une sommation sur les indices des propagateurs et une
intégrale des arguments des vertex. Nous allons montrer qu'on peut remplacer
le* intégrales des arguments des vertex par des intégrales sur les énergies
des transformées de Fourier des propagateurs. Cette méthode est beaucoup
utilisée en théorie des champs où la somme sur les impulsions multipliée
par une somme sur les énergies exhibe plus aisément l'invariance relativiste,
ainsi qu'en mécanique statistique.

En appliquant les règles de la section 3.7, on voit que la contribution


d'un diagramme de Feynman fait toujours intervenir une intégrale sur les
arguments des n vertex du diagramme :
ft

o
L'integrand est invariant par translation des arguments de sorte qu'on
peut intégrer dans le domaine -B/2 <f$. <B/2 au lieu du domaine o<$. <g:

I( J d
V * ) h ^n Wfi-fi: ^mff -fc) -fc ai*;
Considérons la limite 3 -*• <*>. Définissons la transformée de Fourrier
g (s) du propagateur g(fS) :

On 1% calcult aisément à partir de l'équation (3.22bis)

Ct.ns)
L'inverse de la transformée de Fourrier (3.114) est

(3.H0
A-93-2

Lorsque 0 -* <», on peut remplacer les propagateurs g.(3--B-) de l'expression


(3.114) par leur expression (3.116). (Si 0 reste fini, il faut remplacer
l'expression (3.116) par une série de Fourier). On a donc :
• ••
X( f ) ^ f et **... i±t %f«.>J,(f.)..-9i.t.i.>
^** - • ** ** *•
••A . . (3.117)

où L est le nombre de lignes orientées du diagramme.

Chaque interaction d'argument 0 d'où sortent les lignes i et j et


où entrent les lignes k et l contribue à l'intéjrand (3.117) le facteur :

H e
-il, (••••%- S - S,)

et donc l'intégrale sur 0 donnera, pour 0 •* « un facteur 2i?5(*.*s.-s.-f ) .


1 J
(3.M8)

K J
Ce facteur peut être considéré comme une conservation de l'énergie u vertex.
Cependant, pour un diagramme connexe, il existe toujours un argument 0
pour lequel le facteur (3.118) disparaît après intégration sur les autres
arguments, et l'intégration sur 6 contribuera donc â 1(0) le facteur 0.
Par exemple pour le diagramme :

(3.119)

l'intégration sur 8. et g donne le facteur >

& < * , • « * - « . - * « ) S ($r • S i , - « , - $ « )


A-93-3

qui assure que S , * c = s + c de sorte que pour le v e r t e x d'argument $ on


aura :

e - i
Ainsi

I,f p
' ~ 1 S S & ».'«J^-,... J^>
(3.120)

où IT' désigne un produit sur tous l e s v e r t e x sauf un . Le f a c t e u r 8 dans


l ' e x p r e s s i o n (3.120) e s t justement c e l u i qui compense l e f a c t e u r 1/3 dans
l ' e x p r e s s i o n (3.55) de l ' é n e r g i e .

Pour c a l c u l e r la c o n t r i b u t i o n d'un diagramme connexe on a s s i g n e donc


à chaque ligne une é t i q u e t t e i qui r e p r é s e n t e un é t a t à une p a r t i c u l e
a i n s i qu'une énergie S,.. On somme à la f o i s sur l ' i n d i c e i et l'énergie
S. de chaque propagateur. En o u t r e i l a p p a r a î t un f a c t e u r ô ( .+ . - . - »)

qui exprime l a conservation de l ' é n e r g i f pour chaque v e r t e x sauf un (pour


lequel d ' a i l l e u r s la conservation de l ' é n e r g i e est a s s u r é e par l e s fonctions
5 des a u t r e s v e r t e x ) .

Le facteur de symmétrie du diagramme sera égal à l ' o r d r e (c'est à dire


l e nombre d'éléments) du groupe G d ' o p é r a t i o n s (permutation des é r ' jttes
i et s^ de chaque ligne et échange des e x t r é m i t é s des v e r t e x ) q u i transforme
l e diagramme en un diagramme i d e n t i q u e .

Nous sommes donc conduits à énoncer l e s r è g l e s s u i v a n t e s pour le c a l c u l


d'un diagramme de Feynman en représentation énergie c ' e s t à d i r e où on
assigne aux l i g n e s o r i e n t é e s des énergies e t non p l u s des arguments aux
vertex.
A-93-4

A . 2 . REGLES POUR LE CALCUL DES DIAGRAMMES DE FEYNMAN VIDE-VIDE MUETS DANS LA


REPRESENTATION ENERGIE.

1. Les diagrammes de Feynman v i d e - v i d e se composent de vertex (3.17) ou


(3.30) dont on a r e j o i n t l e s l i g n e s e n t r a n t e s aux l i g n e s s o r t a n t e s . Deux
diagrammes sont d i s t i n c t s s ' i l ne peuvent pas ê t r e superposés par l e s
t r a n s l a t i o n s des v e r t e x e t l e s échanges des e x t r é m i t é s des v e r t e x .

2. La c o n t r i b u t i o n de chaque diagramme s ' o b t i e n t de la manière suivante :

a) on assigne à chaque segment de l i g n e o r i e n t é e un i n d i c e k d'état


à une p a r t i c u l e e t une énergie; s, .

b) chaque vertex d ' i n t e r a c t i o n à deux corps c o n t r i b u e un facteur

d é f i n i par l ' é q u a t i o n (1.63).

Chaque v e r t e x à un corps c o n t r i b u e un f a c t e u r

v-> *

défini par l'équation


• <iltflj>

(1.53).

c) chaque sigment de l i g n e o r i e n t é e , p o r t a n t un i n d i c e d ' é t a t k et une


énergie s. contribue l e f a c t e u r

d) chaque v e r t e x , sauf un, qui peut ê t r e c h o i s i a r b i t r a i r e m e n t ,


contribue un facteur &(s. + s . - s , - s ) ou 5 ( s . - s . ) , selon q u ' i l s ' a g i t d'une
ft

i n t e r a c t i o n à un ou deux c o r p s , q u i exprime la conservation de l ' é n e r g i e


( l e sens des flèches d é f i n i t l ' é n e r g i e qui e n t r e et l ' é n e r g i e qui s o r t ) .
A-93-5

3. Multiplier le produit par le facteur

1,
fW) S
où L est le nombre de segments de lignes orientées (nombre de propagateurs),
n le nombre de vertex, n le nombre de cycles, et S le facteur de symétrie
du diagramme. Le facteur de symé'.rie se calcule en considérant le diagramme
où les propagateurs sont étiquetés.Il est égal à l'ordre (c'est à dire au
nombre d'éléments) du groupe d'opérations :

- permutation des étiquettes (d'indice d'état et -'énergie) des lignes


orientées
- échanges des extrémités des vertex à deux corps, qui transforment le
diagramme en un diagramme étiqueté identique.

4. Sommer les indices à une particule sur un ensemble complet d'états et les
énergies s, de - °° à • °° •
Soit«9(r ) la contribution d'un diagramme vide-vide connexe T ainsi
C C
obtenue. L'énergie de l'état fondamental du système est égale à :

(3.121)

Remarques : En pratique, les intégrales sur les énergies sont toujours


converties en intégrales sur un contour (voir chapitres 9 et 1I par exemple).

Une manière systématique d'effectuer les intégrales sur les t'nnrflios a étr' dévelop-
pée par M.Gaudin, Nuovo Cimento 38 (1965) 844,
En représentation de Hugenholtz (section 4.9) il faut ouvrir les vertex pour
déterminer le nombre de cycles et le signe du diagramme. Dans la représentation énergie
chaque paire de lignes équivalentes (qui sortent toutes deux d'un mime vertex
et aboutissent toutes deux à un même vertex) contribuent un facteur 2 au facteur
de symétrie. Ce facteur deux est inclus dans la définition du facteur de symétrie
donnée ci-dessus.
- 94 -

EXERCICES ET PROBLEMES

P3.1 Montrer que le facteur de symétrie du diagramme non-connexe (3.43)


est S = 64 .

P3.2 on considère l'Hamiltonien H » H +V où V est une interaction à deux corps.

1. Montrer qu'au deuxième ordre il y a 24 diagrammes de Feynman distincts étiquetés


(en représentation fidèle). Dessiner ces diagrammes. Montrer qu'au deuxième
ordre i-1 y a 4diagrammes distincts muets qu'on dessinera compte tenu de la
symétrie d'échange des extrémités des vertex. Déterminer le facteur de symétrie
de chacun de ces diagrammes.
2. Calculer l'énergie du système en sommant la contribution des 2 diagrammes du
premier ordre et des 4 diagrammes muets et connexes distincts du deuxième ordre.
3. Soient |é >les états propres & H associés à la valeur propre e . Montrer que
jusqu'au deuxième ordre des perturbations l'énergie est donnée par l'expression :

Etudier les états |n> possibles sachant que V est une interaction à deux corps.
Evaluer chaque terme de cette expression en utilisant le théorème de Wick (2.24)
et identifier les termes aux contributions des 6 diagrammes de la précédente
question.

P3.3 1 .On considère un système décrit par l'Hamiltonien H • H +V où


+
H =• Te a a et où V est une interaction à deux corps. Soient té > les états
r T
o '• a a a •n
propres de H associés aux valeurs propres c . Soit enfin F =£ <a|f|B>a a fi

un opérateur à un corps. Montrer qu'au premier ordre des perturbations la valeur


moyenne de F dans l'état fondamental du système est donné par :

seJ* ^.e.ln* J <* lFln><wlVlk>***.IVlw><HlFlk>


0
<r> » < * 0 " 'r»'"* ^* — — — —
n
>° en- é,

Uontref que les seuls états |n> qui contribuent à la somme sont les excitations
à une particule et un trou. Evaluer les éléments de matrice <njVj d> > et
<n|F|<p > et montrer que <F> O est donné par l'expression : °

M)
<F> r I <*l*K>

^ t f l f X f t ' l V » t t ' > * <?•{ l t > < t V l V I ? t ' >


. L
«•-c.
- 95 -

Montrer eue cette expression est égale à la contribution des diagrammes de


Feynman suivants : ,

*>-~° • C? ** V . . f
2. On considère le système soumis à un champ externe représenté par l'opérateur AF
où A est un nombre mesurant l'intensité du champ externe. Montrer qu'au premier
ordre en A, et à l'ordre zéro en V, le système acquiert une valeui moyenne de F
égale à _

Interprêter le signe du deuxième terme.

En présence du champ AF, le système est décrit par 1'Hamiltonien


H = H +V+ÀF. On définit l'énergie du système par la valeur moyenne E = <H +V>
dans l'état perturbé de H . Montrer qu'au deuxième ordre en y et à l'ordre
zéro en V l'énergie du système est égale à

(4> si , r T l<P»fl*>l*

»"' *p-C*
Interprêter le signe du deuxième terme.

Démontrer la relation exacte valable à tous les ordres :

Montrer que E ( 0 et <F>^ ' se calculent respectivement à partir de la contribution


et s diagrammes :

F* -,X.
par les méthodes exposées dans les sections (3.9) et (3.11).

3. On se propose de calculer la valeur moyenne de F dans l'état fondamental


en présence du champ externe AF en sommant la contribution de la suite de
diagrammes de Feynman :

**--0 . j-" ,...oi...


t " -ë
"" *'* mw
- 96 -

Montrer que la valeur moyenne < F > e s t donnée par l'expression :

t«r pflf
e.-e.

où Jr est un opérateur "effectif" défini par l'équatioi. :

U\¥\à>*«**i»>- 2- Lî 1 .
r
F* -
(on montrera que les itérations successives de l'équation p o u r r r e p o r t é e s
dans l'équation pour < F > donnent les contributions des diagrammes successifs.)

4. On considère le cas où l'interaction v a la forme particulière suivante


d'une force separable :

U f i v - i Y f ) « V U i < I V ) cp if i5>
#

Montrer que dans ce cas l'opérateur e f f e c t i f y e s t proportionel à l'opérateur f


et qu'on a :

K
<«tiFip>*- * « i * ip> ( 1 * >

où K est la "polarisabilité" du système donnéepar l'expression :


v
T Un-ft«t>i

Montrer que la valeur moyenne de F acquise par le système en présence du champ


externe AF est égale à

K A
<F> = 2- < * » * ! * > - l*(A+K) L • *<4>IF|A> +
Uf Pt e - ef t • v #

En comparant cette expression avec le résultat que la question N ° 2 , montrer


qu'une interaction v attractive (V <o> diminue la valeur moyenne de <F> induite
par le champ excerne. Interpréter ce résultat.

P3.4 Qn considère l'Hamiltonien H « H • gV où g est une constante de couplage


variable. Démontrer la relation :
- 97 -

où le membre droit est égal à la somme des contributions des diagrammes vide-
vide liés à une interaction étiquetée d'argument nul. Montrer ensuite que :
1

où le membre droit est égal à la somme des contributions des diagrammes vide-
vide (calculés avec g » 1) liés à une interaction étiquetée d'argument nul,
chaque diagramme d'ordre n étant multiplié par 1/n .

P3.5 1. On considère l'Hamiltonien H » H +V où H et la perturbation V sont tous


les deux des opérateurs à un corps. On représentera ainsi :

<XIV-I^«>
> •
7

un vertex *.. ..
d'interaction. Les seuls diagrammes vide-vide connexes sont :

*. c-, <} . O
p r r, Vu
où r est le diagramme d'ordre n. Montrer que le facteur de symétrie du
diagramme T est égal à n. Montrer que la contribution W(I ) du diagramme T
peut s écrire :

•W (r.) • <'_1
->"'
Tr IjT)

cù par Tr (gv) on désigne la quantité :

*a Vf *•-

2. On définit une fonction G, (3-g') (appelée fonction de Green) définie par


l'équation intégrale :

On représentera graphiquement la fonction G. (g - g.) par une ligne orientée,


contenant une bulle et rejoignant deux vertex :
- 98 -

On considère maintenant la suite des diagrammes

fe) > » »
<*.<>. V -
I< , I* ,
où I est le diagramme construit à partir du diagramme r en n

remplaçant chaque segment de ligne orientée qui contribue un facteur g


par un segment de ligne orientée contenant une bulle et contribuant un facteur G.
On considère que les lignes orientées contenant des bulles forment des -ycles
de sorte que le diagramme I se compose de un cycle et de n vertex, son
facteur de symétrie étant n. Montrer que la contribution du diagramme I est :

WCI,)- ll 7V (Qr)
(

Montrer la relation

n+i rttï
Tr (G^V r TV (3*)"- » T C$*) r * "IXI* TV ($*> •
1
.P (n-f-i). — * +9
+ C-)' TV ( A i r ) «•-••

En déduire les relations suivantes qui relient la contribution W(I ) du


diagramme I aux contributions W(T ) des diagrammes F :

ainsi que la relation générale :

r
p*» «'. f i
En déduire la relation
*H
Z. W(r„> » Z. <•> w(rj
haï
»»•

3. On considère la base i,j,... qui diagonalise l'Hamiltonien à un corps


h +v
o
- 99

et on considère le déterminant de Slater | informé par N orbites :

.*
J
Montrer que j t£>> f t é t a t propre de H » H +V. Calculer G..(B)=T x\ G, (g)^
u
O 11 , A AU .i
J
Au
en calculant d'abord la tran*;orraée de Fourier de l'équation intégrale qui
définit G, et montrer que les contributions des diagrammes I calculées dans
n

la base i,j,... c'est à dire avec les fonctions G--, sont toutes nulles
sauf celle du diagramme I qui donne correctement l'énergie de l'état |ty> .

P3.6 On se propose de refaire la théorie de perturbations à partir d'une


interaction locale V écrite sous la forme :

Ecrire l'équivalent de l'équation (3.16). Dériver rigoureusement Its règles


suivantes des diagrammes de Feynman :

1. Les diagrammes de Feynman vide-vide muets se composent de vertex \ — -(

ou >• —-X dont on a rejoint les lignes entrantes aux lignes sortantes.

Deux diagrammes sont distincts s'ils ne peuvent être superposés par les
opérations suivantes : translation des vertex et échanges des extrémités des
vertex.

2. La contribution de chaque diagramme s'obtient de la manière suivante :

2a. Etiqueter chaque extre.nité des vertex par une coordonnée x(=rat)
d'une particule. Etiqueter chaque vertex d'un argument.
2b. Chaque vertex d'interaction à deux corps contribue le facteur ;

vu
V—V* * " * * '
100

Chaque vertex d'interaction à un corps contribue le facteur

nr(x)
•>•

2c. Chaque segment de ligne orientée sortant de l'extrémité X d'un


7

vertex d'argument 6 et entrant à l'extrémité X. d'un vertex d'argument 3


2

contribue le facteur

* Z <*# if > e ^f »*«> *»*/*, > ^ j

- e* pi -fi >
t

n+n
3. Multiplier le produit de ces facteurs par 1/S(-) où n est le nombre de
vertex, n le nombre de cycles et S le facteur de symétrie. Le facteur de
symétrie os t. égal à l'ordre (le nombre d'éléments) du groupe G d'opérations
(permutation des arguments du vertex, échanges des extrémités des vertex)
qui transforment le diagramme en un diagramme identique.

4. Sommer les coordonnées X. des particules.

Etudier le cas d'une interaction v(X.,X~) = Ô(X.-X-)

Etudier le .:as d'une interaction non-locale.

P3.7 On considère un système de neutrons dans un oscillateur harmonique


sphérique à trois dimensions et de fréquence i>>. Soit N la couche composée des
orbites d'énergie E » Hw (N+3/2).

Il y a deux neutrons de spins opposés dans chaque orbite. Montrer que


la dégénérescente de la couche N est égale à (N+l) (N+2) et que le nombre
de niveaux jusqu'à la couche N, comprise, est égal à ( 1/3) (N+l ) (N+2) (N+3).

On considère le système de 20 neutrons occupant les couches N » 0,1 et 2.


101 -

Montrer que ce système a 800 niveaux d'énergie Nu, 149920 niveaux d'énergie
2Ku> et 11922880 niveaux d'énergie 3|lu. Tracer, pour ce système, la courbe de
lg{,Ep[E)| en fonction de E. Vérifier qu'on obtient approximativement une
droite dont la pente est environ trois fois plus grande que celle que prévoit
l'expression (3.111). Discuter .

P3.8 On considère une mer de Ferai composée d'un nombre égal de neutrons et
de protons occupant des orbites d'impulsion k < k_. Montrer que le nombre on
de niveaux d'impulsion comprise entre k et k •» 6k est :

A ou fi est le volume du système.

Montrer que la densité de niveaux a une particule d'énergie


2 2
E - « k /2m est donnée par l'expression

i««-£(S)'.(¥)«V*
où A est le nombre total de particules.

P3.9 0 P définit l'opérateur d'évolution suivant:

Montrer qu'il obéit au développement de Dyson suivant:

Vérifier que U(|k,,^,)* U(^*>»)(Hfc,fJTabord ft partir de la définition


de U(f/^') et ensuite ft partir du développement de Dyson ci-dessus.
Soit U(f> l'opérateur d'évolution (3.7). Démontrer la relation suivante:

U(foi)Vf')» U(p,o)U(o p')s # 0(f,y)


et en déduire l'expression (3.73).

J
CHAPITRE 4

DIAGRAMMES VIDE-VIDE DE GOLDSTONE


_ _ ^ - ^ ^ — — — .

Nous allons développer dans ce chapitre une autre série de perturbations


pour <<t> IU(B)|$ >. Les différents termes de cette série seront à nouveau
Q o

représentés graphiquement par des diagrammes appelés diagrammes de Goldstone.


La différence essentielle entre cette formulation et celle du chapitre 3 qui
conduit aux diagrammes de Feynman, vient de ce que les propagateurs ne dépen-
dront plus des arguments 0. (formulation dite indépendante du temps). N'ayant
plus à effectuer d'intégrales sur les arguments nous verrons qu'il est plus
facile de calculer la contribution d'un diagramme de Goldstone. Par contre
nous verrons qu'un seul diagramme de Feynman représente un ensemble de diagrammes
de Goldstone.

Référence
C. Bloch, Nuclear Physics £ (1958) 451
D.J. Thouless, The Quantum Mechanics of many body systems, Academic Press 1961.
- 103 -

4.1 DEVELOPPEMENT DE LA RESOLVANTE C(z).

Considérons la résolvante G(z) du Hamiltonien H

6(D* —
* - "

Soient !^ > les états propres de H associés aux valeurs propres E . On a


n

(A.2)

Séparons l'Hamiltonien en deux termes : H = H + V. L'opérateur 0(B) »


8 H
o -SH
e e , que nous avons introduit dans la section 3.2, peut être calculé
à partir de la résolvante ainsi :

, f(H.-z)
U ( f ) ï e G t z M z ( 4 3 )
SÛJ e

où le controur C dans le plan complexe de z est composé de deux droites


parallèles à l'axe réel :

are httt
(4.4)

Le résultat (4.3) peut être vérifié en remplaçant dans l'intégrant la


résolvante G(z) par son développement (4.2).
- 104 -

En écrivant H * H +V on o b t i e n t l e dév loppement perturbatif suivant de l a


résolvante :

(4.5)

Insérons c e développement dans l'expression ( 4 . 3 ) . On obtient un


développement perturbatif d e ( | ( d ) :

flH.-z)
"val/' ^r.i""^fi^)-«-
Les diagramnes de Feynman du chapitre 3 ont é t é obtenus à partir du
développement de Dyson ( 3 . 1 3 ) . Les diagrammes de Coldstone que nous
développerons dans l e s s e c t i o n s suivantes s'obtiennent à partir de ( 4 . 6 )
c ' e s t à dire à partir du développement ( 4 . 5 ) de l a résolvante .

Dans l a s e c t i o n 3 . 9 nous avons vu que l ' é n e r g i e de l ' é t a t fondamental


pouvait Sfre calculée à p a r t i r de <$ |U(0)|$ > à l ' a i d e de l'équation (3.55).
0 0
Calculons donc cette quantité à partir du développement (4.6) :

<••»>*»•.>" S ï { ' _ l w"<4.,(v-i-y\+.>.>*

1
** K U - o '

Fc«) * < t J V - v ——V • V — V——V- ••• » t >


M.-Z K-X W.-2
(4.8)
r f
<*.iv Z w (-1—v) i*.> .
- 105 -

C'est le développement de la fonction F(z) que nous allons représenter par


les diagrammes de Goldstone.

4.2 REPRESENTATION DIAGRAMMATIQUE FIDELE DE F(z) A L'AIDE DES DIAGRAMMES DE


GOLDSTONE,
Dans le développement (4.8) remplaçons V par son expression ( 1.62) :
+ +
V =— \ Yl M--' » -
(ag|v|Y6) a a a. a . On obtient, en utilisant le théorème de
aBy<5
Wick (2. 24 ) :

8 1
i T'T ' î • F" ' » ,i (4.9)
<+.U/<lU qj -——- Q>«* *,«.-
¥ I«fc> v

H > Z
I ' M l

+ autres systèmes complets de contraction.

Chaque système de contractions peut être représenté graphiquement par


un diagramme.

Chaque interaction j (a6|v|Y<5) est représentée par le vertex :

(«Mo)

On convient de iassiner les vertex de haut en bas dans l'ordre où ile


apparaissent de gauche à droite dans l'expression (4.9).

Chaque contraction :

est représentée par une ligne descendante étiquetée par l'indice a d'un état
de trou :

* a q« w C+vou) (4.12)
- 106 -

Chaque contraction

(4.13)

es+ représentée par une ligne montante étiquetée par l'indice a d'un état de
particule :

.7 « = « « «t (pcuifieule ) (4.14)

Chaque système de contractions de l'expression (4.9) est donc représenté


par un diagramme vide-vide obtenu en rejoignant toutes les lignes sortantes
aux lignes entrantes. Un tel diagramme porte le nom de diagramme de Goldstone.

Un raisonnement semblable à celui qui est présenté dans la section 3.3


permet de déterminer le signe du système de contractions. On peut ramener
ensemble les paires (a a) d'opérateurs contractés correspondant à un ayale
donné. Considérons le cycle suivant et le système correspondant de contractions:

r +
i
Ca a) (*•(*)(**« )<«*«)

Il est clair qu'une permutation paire ramène ensemble les opérateurs contractés
de sorte que le signe de ce système de contractions est +1. Considérons le
cycle obtenu à partir du précédent en échangeant les positions de deux
interactions. Le système correspondant de contractions est :

i
4 r f f
U a ) (*+A) Ca O U « )
« 1 '«

On voit qu'une permutation impaire ramène ensemble les opérateurs contractés


de sorte que la signe de ce système de contractions est -1. On voit donc que
l'échange des positions de deux vertex change le signe du système de
- 107 -

contractions. En outre il fait apparaître une ligne de trou en plus.


Donc pour chaque cycle le signe du système de contractions est égal à
n
t .
-(-] ou n est le nombre de trous du cycle. Pour un diagramme contenant
n cvcles et n trous le signe du système de contractions est donc
c n *n c t
t

(-) •

Reste à déterminer les contributions des facteurs — — — . Les opérateurs


H —Z
de création et d'annihilation provenant des interactions v et agissant sur
J4> > dans l'équation (4.9), produisent des excitations à p-particules et
t-trous. La nature de ces excitations peut être lue sur le diagramme.

Par exemple, dans le diagramme suivant :

(4.15)

on a marqué d'un trait horizontal les deux positions où apparaissent les


facteurs — . Dans la première position on a une excitation à deux-
, 0 . + + | , , , . _ ..
particules et deux-trous : a a a,a * > et dans la deuxième position on a
r | T r
a u 6 v o
une e x c i t a t i o n à une p a r t i c u l e e t un trou : a a let >.
r
y v o

Les e x c i t a t i o n s à p - p a r t i c u l e s e t t - t r o u s sont des é t a t s propres de H .

Par exemple pour le diagramme (4.15) on a :

n • i . (4.16)

Par conséquent l e s f a c t e u r s T; c o n t r i b u e n t des dénominateurs égaux à


M -z
la somme des énergies des particules moins la somme des énergies des trous
plus (e - z ) .
r
o
On appelle états intermédiaires les excitations à plusieurs particules
et trous d'un diagramme de Goldstone. Dans les diagrammes vide-vide les états
intermédiaires sont composés d'un nombre égal de particules et de trous.
108 -

Notons enfin que si l'interaction V est un opérateur à un corps, elle est


représentée par le vertex :

<AIV-|^>
(4.17)
* - ~

Résumons ces résultats en énonçant les règles pour le calcul d'un


diagramme vide-vide de Goldstone en représentation fidèle :

1. Les diagrammes de Goldstone vide-vide se composent de vertex (4.I0) ou


(4.17) dont on a rejoint toutes les lignes sortantes aux lignes entrantes.

2. La contribution de chaque diagramme s'obtient de la manière suivante :

2a. Etiqueter les segments de lignes orientées montantes par des indices
d'état de particule . Etiqueter les segments de lignes orientées descendantes
par des indices d'état de trou.

2b. Chaque vertex d'interaction à deux corps contribue le facteur :

s
, / - - " C i <«>•"'">
défini par l'équation (1.64) •

Chaque vertex d'interaction â un corps contribue le facteur :

défini par l'équation (1.54)

2c. Chaque état intermédiaire contribue un dénominateur égal à la somme


des énergies de*particuleimoins la somme des énergies des trous plus (e -Z)
n +n+n +1
. c t
3. Multiplier le produit de ces facteurs par (-) où n est le nombre
de cycles du diagramme et, n le nombre de vertex et n le nombre de trous.

4. Sommer les indices d'états de trous sur l'ensemble des états dans la mer
de Fermi et les indices des états de particule sur l'ensemble des états en
dehors de la mer de Fermi.

La fonction F(z) définie par l'équation (4.8) est égale à la somme


des contributions de tous les diagrammes de Goldstone vide-vide.
- 109 -

Ecrivons par exemple la contribution du diagramme (4.15) pour lequel


n • 3. n » 3 et n » 3 :
c t

y | l r v
y j j_ (pyivu/o Ç*/*' iHO ( * s ' s)

4.3 CORRESPONDANCE ENTRE LES DIAGRAMMES DE FEYNMAN ET LES DIAGRAMMES DE


GOLDSTONE.

La correspondance entre les diagrammes de Feynman et les diagrammes de


Goldstone apparaît si on compare les équations (3.16) et (4.9). A chaque
système de contractions da l'équation (3.16) correspond un système de
contractions de l'équation (4.9). Mais dans l'équation (3.16) on intègre
tous les arguments du vertex dans le domaine (0,0) et c'est pour cela
que deux diagrammes de Feynman qui ne se distinguent que par une translation
des vertex sont considérés comme identiques. Par contre deux diagrammes
de Goldstone qui se distinguent par l'ordre dans lequel sont oessinees les
interactions sont considérés comme distincts.

Considérons par exemple les deux diagrammes suivants :

- O" o
(4.19)

Ce sont deux diagrammes de Feynman identiques mais deux diagrammes de


Goldstone distincts.

On voit donc qu'à chaque diagramme de Feynman correspond une famille


de diagrammes de Goldstone, qui s'engendre à patir du diagramme de Feynman
en dessinant les vertex dans tous les ordres possibles.
- 110 -

Par exemple, au diagramme de Feynman suivant

G
h (4.20)

correspond la famille suivante de six diagrammes de Goldstone :

« :

(4.21)

On peut vérifier que la contribution à <*jU(B)|* > o d'un diagramme de


Feynman est égale a celle qu'on obtient en reportant dansl'équation (4.7)
la contribution â F ( ) de la famille correspondante des diagrammes de
z

Goldstone. Il est clair que chaque diagramme de Feynman connexe engendre une
famille de diagrammes de Goldstone qui sont également connexes. Ainsi,
si F (z) représente la contribution des diagrammes de Goldstone
c connexes,
et <* iU(B)|* >
0 0 c la contribution des diagrammes de Feynman connexes, on a
la relation :

<+.IU( >l+ > f # fe


2TT
u.-o* (4.22)

La fonction :

J (4-23)
I1 !

a des singularités pour toutes les valeurs propres de H sauf c car un


o o
diagramme connexe ne peut pas avoir l'état U > comme état intermédiaire;
o
en effet si |$ > est un état propre non dégénéré de H associé à la val
propre E , |<^>
Q est le seul état intermédiaire pour lequel a une
singularité enz = e . On a donc intérêt à décomposer le contour (4.4) de
l'intégrale (4.22) en C +C, ainsi :
o I

(4.24)

La contribution du controur Cj à l'intégrale (4.22) est la somme des


résidus des pôles e > e . Ces résidus sont proportionnels à e o net
n o
lorsque 6 -> °° ils donneront donc une contribution négligeable par rapport
à celle du contour C .

La contribution du contour C est égale à : F'(e )-SF (e ) de sorte


o c o c o
que

(4.25)

Er. reportant ce résultat dans l'équation (3.54) on obtient les deux


résultats suivants :

Fc Cé.ï
I <*•!*•> I* » e
(4.26)

et

(4.27)

v>
- 112 -

On remarque que les facteurs — — — apparaissant dans l'équation (4.27)


donnent pour chaque état intermédiaire un dénominateur égal à la somme des
énergies des particules moins la somme des énergies des trous.(Le terme
€r ~2 a disparu) Nous ne considérons désormais que les diagrammes de
=
Goldstone qui contribuent à F (z e )
c o

4.4 SYMETRIE PAR RAPPORT A L'ECHANGE DES EXTREMITES DES VERTEX. FACTEUR DE
SYMETRIE.

Comme nous l'avons vu dans la section 3.6 pour le cas des diagrammes
de Feynman, à chaque diagramme de Goldstone ouapparaît le vertex
(aBlvkô) :

î <<*'•"•»**> (4.28)

correspond ur. diagramme où apparaît le vertex Ooi [ V| ôy)

V
i (P» «**> (4.29)

sTtrt//rrr^
et qui donne exactement la même contribution. Un diagramme composé de n vertex
engendre ainsi 2 diagrammes qui donnent la même contribution. Cela nous
conduit à enlever le facteur 1/2 apparaissant dans la contribution d'un
vertex et à considérer comme identiques deux diagrammes de Goldstone
qui peuvent se déduire l'un de l'autre par des échanges des extrémités des
vertex.
- 113 -

Par exemple les diagrammes

(4.30)

sont considérés comme identiques.

Il peut cependant arriver que certains échanges des extrémités du vertex


transforment un diagramme de Goldstone en lui-même. C'est le cas, par
exemple, de chacun des diagrammes (4.30) qui se transforment en eux-tfêmes
lorsqu'on échange simultanément les extrémités de leurs deux vertex. On doit
donc diviser la contribution d'un diagramme par un facteur de Symétrie S
que l'on définit comme suit. Les échanges des extrémités des vertex sont des
opérations qui forment un groupe G. Les échanges qui transforment le diagramme
en lui-même forment un sous groupe L de G; le facteur de symétrie est égal
à l'ordre, c'est à dire au nombre d'éléments de ce sous-groupe L. Par
exemple, le diagrammes (4.30) ont chacun un facteur de symétrie S » 2.

Dans la section suivante nous résumons les résultats obtenus dans les
section) 4.2, 4.3 et 4.4 sous forme de règles.

4.5 REGLES POUR LE CALCUL DES DIAGRAMMES VIDE-VIDE DE GOLDSTONE POSSEDANT LA


SYMETRIE D'ECHANGE DES EXTREMITES DU VERTEX.

1. Les diagrammes de Goldstone vide-vide se composent de vertex (4.10) ou


(4.17) dont on a rejoint toutes les lignes sortantes aux lignes entrantes.
Deux diagrammes de Goldstone sont distincts s'ils ne peuvent pas être déduits
l'un de l'autre par des échanges des extrémités des vertex.

2. La contribution de chaque diagramme s'obtient de la manière suivante :

2a. Etiqueter les lignes montantes par un indice d'état de particule


(en dehors de la mer de Fermi) et les lignes descendantes par un indice
d'état de trou (appartenant à la mer de Fermi).

2b. Chaque vertex d'interaction à deux corps contribue le facteur :

y<
- 114 -

défini par l'équation (1.63)-

~naque vertex d'interaction à un corps contribue le facteur :

>

défini par l'équation (1.53).

2c. Chaque état intermédiaire contribue un dénominateur égal à la somme


des énergies des particules moins la somme des énergies des trous.

n+n +n +1
1 c t
3. Multiplier le produit de ces facteurs par — (-) où n est le nombre
de vertex, n le nombre de cycles, n, le nombre de trous et S le facteur
c t
de symétrie du diagramme. Le facteur de symétrie est égal au nombre des
opérations d'échanges des extrémités des vertex qui transforment le
diagramme en lui-même.
4. Sommerles indi^s d'état de particule sur l'ensemble des états en dehors
de la mer de Fermi et les indices d'état de trou sur l'ensemble des états
appartenant à la mer de Fermi.

L'énergie de l'état fondamental est égale à l'énergie non-perturbée


t = <<p | H I* > plus la somme des contributions de tous les diagrammes
r
o o' o '0 "
connexes distincts.
4.6 CALCUL DE LA VALEUR MOYENNE D'UN OPERATEUR DAWS L'ETAT FONDAMENTAL.

Imaginons qu'on ajoute â l'Hamiltonien H » H +V un terme supplémentaire


AF où F est un opérateur donné et où A est un paramètre que nous rendront
infiniment petit. L'Hamiltonien du système devient :

H(X) * H.+ V * X F

(A.31)

Soit )ty (A)> l'état fondamental de H(A) associé à la valeur propre E (A):
H (M Vk.M> » Ep(M \%(\)> (A.32)
- 115 -

Si X est choisi suffisamment petit, on peut calculer E(\) au premier


ordre des perturbations et on obtient :

= F.* X <*.IFI* > # (4.33,

l ' é t a t fondamental e t l ' é n e r g i e du système d é c r i t par l'Hamiltonien


H = H +V.
o
Considérons maintenant la théorie de perturbations obtenue en prenant
H pour l'Hamiltonien non perturbé et V+XF pour la perturbation. L'énergie
E (X) sera donnée par les diagrammes vide-vide connexes dont les vertex
représenteront tantôt une interaction V tantôt l'opérateur XF. Si X est assez
petit, on pourra se limiter à tous les diagrammes vide-vide connexes qui
soit ne contiennent aucun vertex XF soit n'en contiennent qu'un seul.
Les diagrammes ne contenant aucun vertex XF donnent une contribution égale
à E , et donc en vertu de l'équation (4.33) la contribution des diagrammes
ne contenant qu'un seul vertex XF est égale à X«(i |F|I|> > .

On voit donc que la valeur moyenne dans l'état fondamental d'un opérateur F
est égale à la somme des contributions des diagrammes de Goldstone vide-vide
connexes dont un vertex représente l'opérateur F. Mais attention : le vertex
associé à l'opérateur F doit être inclus dans le nombre n qui sert à
déterminer le signe du diagramme (règle 3 de la section 4.5)

Notons aussi la relation suivante qui résulte de l'équation (4.33) :

0,tFl*o> - - x
E (X> I
c (4.34)
<* x..
Appliquons c e t t e méthode au calcul de l a matrice densité (voir aussi la

section 6 , 1 ) :

,v > ( 4 3 5 )
S^= <*. U * « „ W f
- 116 -

L'opérateur a a peut être représenté par un point ^j^* d'où sort


S et ,
une ligne étiquetée 8 et où rentre une ligne étiquetée a . A 1 ordre zero
la matrice densité est représentée par le diagramme:

s v
i% - O - «f " ««*
t (4.36)

Au premier ordre on forme les deux diagrammes vide-vide connexes


suivants :

<r - o 8
-O
(4.37)

Ils contribuent à la matrice densité (4.35) les quantités suivantes


(A) T («X1V|»A> .
3
Y A«F *f-e*
• o autrement,

(4.38)

o autrement.

Aux deux diagrammes (4.37) on peut ajouter les deux diagrammes suivants

(4.39)
- 117 -

qui contribuent les quantités suivantes :

W
J .- Z. ' " " ' ^ V <«Ff*|k*F
*f x«r » . e .

o autrement;

(P) y («xllM * f ) ^«rp. A A P

€ .r f = Z. fc«*F«fpéF ( 4 4 0 )

o autrement.

4.7 CALCUL DE LA FONCTION D'ONDE DE L'ETAT FONDAMENTAL.

Développons la fonction d'onde |t|i > de l'état fondamental sur une


base d'excitationsparticule-trou sur |$ > (voir section 1.7 )•

a
i*.> • <*.»t/> {»*•> • p£f i V r \ '••> F

Xfr 4t f l , : > f
£y F ' ' ^V ^* ' '"}
t>t'«p

Les coefficients X ,, X , , ^ ( , .... sont donnés par les expressions :


r r
pt' pp''tt '

. . + t , v (4.42)

On a vu dans la s e c t i o n ( 3 . 1 1 ) , équation (3.70) que l ' é t a t fondamental


- 118 -

s écrit ainsi :

(4.43)

de sorte que les coefficients (4.42) deviennent :

-fW
l <+.»«%\ l)Vf>!*.>
l<4Ufc>l

- pf E.- t.)
(4.44)
x...
rr'.tt
» s.
-
• +
<*.»Q «v «^4 i4.>
t f

k*.»4„>l

Les quantités t e l l e s que <$ [a a ,a ,a [) (~B)|$ > sont égales aux contributions
de tous l e s diagrammes de Feynman ayant à l'argument g = o deux l i g n e s
sortantes étiquetées t et c' et deux l i g n e s entrantes étiquetées p et p' :

(4.45)

f*vfct Cl

On dira que les lignes étiquetées t, t',p et p' sont des lignes externes.
Un diagramme général de ce type comportera une partie liée aux lignes
externes et des parties connexes non-liées. On a.vu (équation 3.80) que les
parties connexes contribuent un facteur e |<$ \<i> >\ qui annule les
o' o
facteurs correspondants des équations (4.44) de sorte que :

x l
r f W < 0 « % * Ï <y*p ^ - ^ b\ (4.46)

efc,
119 -

où < >. représente la contribution des diagrammes liés seulement.

On peut aussi calculer les coefficients X ^, X , ^,,. . à l'aide du


Pt PP ,tt"
diagramme de Goldstone. En utilisant l'expression (4.3) de |)(A) ainsi que le
développement (4.6) on obtient :

9
™\S—<k\*\[*-&*-]*%
*-€.
47)

Les termes tels que :

^î'-ïr/*^^-^^ (4.48)

peuvent être calculés en sommant tous les diagrammes de Goldstone qui


aboutissent en haut à une ligne descendante de trou égiquetée t
et une ligne de particule étiquetée p:

(4.49)

On peut reprendre pour ces diagrammes l'analyse de la section (4.3) et


montrer qu'à •• haque diagramme i 1 '< ynman lié correspond une famille de
j!

diagrammes de Cold.• ".one liés . - dore


L que :

«•J«**fi>Vf>»+A
~p(€,-z; (4.50)

J
- 120 -

On peut f a i r e l ' i n t é g r a l e conme dans l a s e c t i o n (A.A) en divisant l e


contour C en deux contours C e t C, et en prenant la limite B -»• - ». On
o l
obtient les expressions suivantes pour les coefficients X , X , ....

(A.51)
x v
fr'.tt*» <V<«î'V'r T-1- £ ^ + " l"t>u

Ce résultat peut être exprimé de la manière plus succinte suivante

(A.52)

où <$ |ifi > peut être calculé, à une phase près, par l'équation (A.26).

4.8 EXEMPLE ILLUSTRATIF : "TRANSITION DE PHASE DU PREMIER ORDRE" DANS LE


> 2
C SOUMIS A UN CHAMP MAGNETIQUE HOMOGENE.

Afin de familiariser le lecteur débutant avec les orbites des noyaux,


l'interaction spin-orbite et avec la théorie de perturbations, nous allons
J2
étudier dans un modèle soluble le C soumis à un champ magnétique homogène.
Cette section n'a que ce but pédagogique et peut être omise par le
lecteur déjà averti.

Rappelons que le moment magnétique d'un nucléon est représenté par


l'opérateur

?• &t*?-*n (A.53)

où eH/2M c est le magneton nucléaire (M - masse du proton), t est l'opérateur


moment cinétique orbital et S* est l'opérateur se spin. Les valeurs des
- 121 -

facteurs gyromagnétiques g et g sont :


Je s

%' ° <K '"l^Zil


% pPu* ^t vien-*Uu (4.54)

Un champ magnétique d'intensité B et dirigé le long de l'axe Z ajoute


à 1'Hamiltonien d'un nucléon le terme

12
Dans le ,C, les 6 neutrons et les 6 protons occupent les couches
o o
lsl/2 et lp3/2. Le champ magnétique ne peut exciter un nucléon de la couche
complète lsl/2 de sorte qu'il suffit de ne considérer que les 4 protons
et les 4 neutrons de la couche Ip3/2. Le champ magnétique ne peut causer que
des transitions entre la couche complète lp3/2 et la couche vide lpl/2 de
sorte que l'espace des configurations peut être limité à ces deux couches
seulement (voir cependant la remarque faite plus bas concernant l'effet
des autres couches). Nous supposerons, que la couche lpl/2 est à une énergie
G au-dessus de la couche lp3/2 :

lpvz oi^ilt* vfdes

* (A.56)
«,«.»« tompciic IPV* o\hik» 6CCUpf'*»

La figure ci-dessus montre le spectre des orbites lpl/2 et Ip3/2 du 12C en


absence du champ. La lacune e sui sépare les orbites lpl/2 et lp3/2 peut
être représentée par un terme :

\ - "V t* •
Ainsi 1'Hamiltonien h qui décrit le mouvement des nucléons dans les couches
- 122 -

p3/2 e t I p l / 2 peut s'écrire

!» - •
€ S 1 $
* l* ^ 3 * •*M
"èC £ * « ' * * « 1
p
(4.58)

Nous calculerons le spectre exact de h mais il sera également instructif de


considérer les deux régimes suivants :

eftB
a) champ faible << E (effet Zeeman nucléaire)
2M c
P

Dans ce régime 1'Hamiltonien non perturbé est donné par l'expression


(4.57) et le terme (4.55) peut être considéré comme une perturbation. Le
spectre non perturbé est celui de la figure (4.56).

b) champ fort » £ (effet Paschen Back nucléaire)


2M c
P

Dans ce régime on peut considérer le terme (4.55) comme Hamiltonien


non-perturbé et le terme (4.57) comme une perturbation.

Neutrons
L'Hamiltonien (4.58) pour les neutrons s'écrit :

(4.59)

ou on a pose :

* = > o poua fc > û (4.60)


3M c
p

Pour trouver l e s v e c t e u r s p r o p r e s de h , on peut chercher à le diagonaliser


parmi l e s v e c t e u r s de base lm„a> où

i •">««"> * m, \m <r> , i*\tn r>s


x t t <rim <r> , < r - ± ' 4 ,
f (4.6i)
123

Puisque le moment cinétique orbital l » 1 on a m » -1,0 et +1. On écrira


les six vecteurs de base lm o> ainsi :
4
10* > , 104> , lit> , I 1 4 > . »-^t > , \-14>

où + et + signifie a • 1/2 et -1/2. Puisque j = i. + $ commute avec


l'Hamiltonien (4.59), m * m • o est un bon nombre quantique. Donc les
états |i t> et |-l+> ayant respectivement m • +3/2 et - 3/2 ne peuvent pas
se mélanger aux autres et sontvecteurs propres de h. Ils sont associés
aux valeurs propres :

3 3
= X
z
(A.63)

ounvc Kut> » & i f t >

Les vecteurs |0t> et |l+> pour lesquels m » 1/2 peuvent être mélangés
par le terme l.s. On doit donc diagonaliser h dans le sous-espace forme par
ces deux états de base. Dans le sous-espace m » 1/2 l'Hamiltonien h est
représenté par la matrice :

/ < <ottVvtOt>
ottVvtOt> <OtUl4.4> \ /i**|->/îr\
w( Ir WiU^i)
v 2
<niMot> 41llkM*> ' -ïik i - i (A. 64)

Les valeurs propres de h sont les solutions de l'équation du second


degré en \:

«Ut I K - X l * 0 (4.65)

Il y a deux solutions :

* * « | ± ^ >/«*• x*- A£x (m*y ) 2


» (4.66)
- 124 -

Les vecteurs |(H> et |-lt> forment la base du sous-espace m » -1/2. La


matrice h du sous-espace m » -1/2 se déduit de la matrice (4.64) du sous-
espace m - +1/2 en changeant simplement le signe de x. Il suffit pour
s'en convaincre d'effectuer une rotation d'un angleTC autour de l'axe y.
Cette rotation change x en -x mais laisse invariant 4.s.

Pour le sous-espace m » -1/2 on a donc les deux valeurs propres

(4.67)

Le spectre des valeurs propres est dessiné en fonction de x, c'est à


dire en fonction de l'intensité du champ magnétique sur la figure (4.1)

Essayons d'interpréter se spectre des neutrons. L'Hamiltonien (4.59)


peut, à la constante près e/3, s'écrire :

Y,, s. T - ** 1+ 19.16 1 » s . F
L 3 V J (4.68)

où B est exprimé en unités de eH/2M c.

Les orbites les plus élevées(basses)en énergie sont celles où S est


parallèle (antiparallèle) au vecteur F - - •=- I +|gs |B. En champ fort
(B >> e) ce vecteur s'identifie avec le champ B : h =|g_, |s.B « |g_|BS .
S 5 Z
Les vecteurs de base (4.62) deviennennt vecteurs propres de h. Les orbites
ayant a »t c'est à dire un spin S parallèle au champ ont plus d'énergie que
les vecteurs ayant 0 • +. Le terme spin-orbite l.s abaisse l'énergie des
orbites ayant I parrallèle à s. En effet parmi les orbites ayant a » t la
plus basse en énergie, \\î> t a ï parallèle â S, et parmi les orbites ayant
a » + la plus basse, |-l+>, a encore t parallèle à S. L'espacement entre les
niveaux de a donné est de m différents ne varie plus en champ fort.
Considérons le cas de champ nul : x » 0. Les équations (4.63), (4.66)
et (4.67) montrent que 4 valeurs propres sont nulles et 2 sont égales
à e. On retrouve évidemment les 4 états |j m >, m • -3/2, -1/2,1/2 et 3/2
de la couche lp3/2 et les 2 états m - -1/2 et 1/2 de la couche lpl/2.
- 125 -

La diagonalisation de la matrice (4.64) avec x = 0 donne le développement


des états |jm> sur la base| m ,o> :

N î
' (4.69)

Les coefficients de ce développement sont égaux aux coefficients de Clebsch-


G»rdan pour le couplage d'un moment cinétique l si à un spin S = 1/2 (voir
problème P.4.1)

Le développement des valeurs propres (4.66) et (4.67) pour x << F. donne


le comportement à champ faible. Au premier ordre des perturbations on a :

• (4.70)

La figure 4.1 montre que l'énergie des orbites m = 1/2 s'écarte très
rapidement de leur estimation du premier ordre. Si on se limitait au premier
ordre des perturbations on prédirait un croisement de l'orbite |3/2 3/2>
a
avec l'orbite |l/2 1/2 > pour x 3e/2 alors qu'en réalité ce croisement
n'a pas lieu.
12
Dans l'état fondamental du C les neutrons occupent les 4 orbites les
plus basses en énergie. La contribution E des neutrons à l'énergie s'obtient
donc en additionnant les énergies des quatre premières orbites :

(4.71)
* 3

Elle est marquée sur la figure 4.2.


- 126

-1t>

C
1PV2

1P3/2

Figure 4.1 Orbites des neutrons

V» ,i
127 -

. _ de -n/e'hcfc

S
0>
A
-1 $&S Voleur osymptotique

et>Bgs

2e 2MpC

-e

E (exact)
n

Figure 42 : neutrons
- 128 -

En champ faible (x << e) on a

(4.72)

Vérifions que c'est le résultat obtenu au deuxième ordre des perturbations


Deux diagrammes contribuent :

*«.--•
«. —-O
0...... (A.73)

La contribution du premier ordre est nulle car elle est égale à x<$ |s|$ >
où |<J> > est le déterminant de Slater formé par la couche complète lp3/2.
Cet état a un moment cinétique total nul (voir section 1.8) . La
contribution du deuxième ordre est égale à :

Kf»*S»|fc>l
- Ift ç f - € t
(4.74)

Les seules excitations particules-trou que peut produire la perturbation


XS sont
z

et
(4.75)

Les fonctions d'onde (4.69) permettent d'évaluer les éléments de matrice

<Vty i*s \V/,>» - *J? * - <*-VtUS«.m,-*>


t r

(4.76)
- 129 -

En remplaçant ces valeurs dans l'expression (4.74) et en se souvenant


que e - e t = e on obtient bien l'équation (4.72).
p t
On a porté l'énergie calculée au second ordre des perturbations sur la
figure 4.2. On voit qu'à cet ordre l'énergie décroit en raison du carré de
l ' i n t e n s i t é du champ, alors que pour x >>el'énergie exacte décroît
linéairement avec le champ;

6-X
(4.77)

Ce désaccord ne saurait surprendre puisque la théorie des perturbations


en champ faible n'est certainement plus valable pour x >> e. (Le lecteur
pourra vérifier que l'expression (4.77) résulte du premier ordre des pertur-
bations en champ fort).

Calculons le moment magnétique acquis par les neutrons :

.78)

où \<p> est le déterminant de Slater formé par les quatre orbites les plus
basses. Puisque l'interaction v = - y B il est facile de montrer que :

i» «-"*!-- - £ * * >i: . „.„>

Le moment magnétique se calcule donc en insérant dans l'équation (4.79)


l'expression (4.71) de E . On a représenté le résultat sur la figure 4.2
ainsi que l'estimation du premier ordre des perturbations.

La saturation du moment magnétique (évidemment pas prévu par le premier


ordre de la théorie des perturbations) s'explique aisément lorsqu'on se
souvient qu'en champ fort les 4 orbites occupées deviennent :

|-U> , \o\> , M4> , Mt>


- 130 -

Le déterminant de Slater formé avec ces 4 orbites est un état de


spin S = -1 de sorte que le moment magnétique maximum des neutrons est égal
à - yn gs. C'est le principe de Pauli qui interdit d'aligner 4 spins
dans la couche lp pour former un état de spin S » 2

En réalité d'autres orbites que celles des couches p3/2 et lpl/2


peuvent apparaître en champ fort. Par exemple certaines orbites des couches
ld5/2 ou 2S1/2 pourraient fort bien s'abaisser et croiser l'orbite |l+>
lorsque le champ est assez fort. Nous avons négligé cette possibilité, ainsi
que celle où une orbite de la couche 1S1/2 croiserait l'orbite |-l+>.

" Transition de phase" des protons

L'Hamiltonien des protons est donné par l'équation (4.59). Posons :

- efc tk
(4.80)

On a x > 0 e t y > 0 pour B > 0 e t x « 5, 58y.


L'Hamiltonien devient :

(4.81)
U «-•tt«*.r-xs.-a«,

Les valeurs propres des orbites 13/2 3/2 > * |lt> et j3/2—3/2> •!-!+>
sont

, 1 ,
K M t > . - (i )Ut>
n , V, M l > » ( | * j ) >
(4.82)

Dans le sous-espace m * 1/2, h est représenté par la matrice

, < o t ! K l 0 t > <of!HH4<> -"£*


t*. ( —
IHUf> <nihMi> j(4.83)
- 131 -

Les valeurs propres sont

X* - | - £ M M u - ^ ^ ( * - * ! > o*->4) (4.84)

Les valeurs propres pour m = -1/2 s'obtiennent en inversant les signes âe


x et de y :

x ± 1 m
* I * $ *£>/**• («-V - V c«-f ^ *- '/»-)(4.85)

Les orbites des protons sont dessinées sur la figure 4.3.

En champ fort les spins t parallèles au champ s'abaissent en énergie car


g > 0 pour les protons. De même g > 0 (mais g < g ) de sorte que les
moments cinétiques orbitaux s'alignent également avec le champ.

Contrairement au cas des neutrons, on voit qu'il y a un croisement de


l'orbite pleine m = -3/2 et de l'orbite vide m = 1/2 lorsque le champ atteint
la valeur critique de x » 2,14 c (solution graphique). Pour x < 2.14 e
l'état fondamental est obtenu en remplissant non plus l'orbite m = -3/2
mais la seconde orbite m = 1/2, Appelons I et II les solutions obtenues par
ces deux remplissages d'orbites. Les énergies des deux solutions sont :

E
i * ** ï >/«\u-«i/«-*Jta-ij> - i JcSta.ip-^M-g)
(4.86)
1 ]
V- V- r ' r " T^^Fy^
La variation de ces énergies en fonction de l'intensité du champ est
montrée sur la figure 4.4. On a dessiné en trait plein l'énergie de l'état
fondamental.

.)
1J2 -

Figure 4.3 orbites des protons


133 -

2M C
P

Figure I* A Energie des ^eux solutions


des protons.

wmmm
- 134 -

Notons que la solution II est une excitation particule-trou de la


solution I et vice-versa. L'énergie de cette excitation s'abaisse à
mesure que l'intensité du champ augmente et elle s'annule au champ critique
x = 2.14t.

Le moment magnétique des protons est égal à :

En insérant dans cette équation les expressions (4.86) on peut calculer


les moments magnétiques des solutions I et II. Le résultat est porté sur
la figure 4,5, Le trait plein représente le moment .nagnétique de l'état
fondamental.
m -

dx *' 2M C
P

Solution I I

_ etïBg,

Figure 4.5 : Moment magnétique des protons


- 136 -

Imaginons donc qu'un expérimentateur mesure l'énergie et le moment


12
magnétique de l'état fondamental du C en fonction du champ. Au
champ critique x = 2.14e (B = 2.14e / -~^ ) il observera une

discontinuité de la dérivée de l'énergie et du moment magnétique. Il


en concluera qu'il s'est produit une transition de phase du premier ordre.
En réalité il ne s'est produit qu'un croisement de niveaux et on peut
appeler cela une transition de phase si on veutjitre à la mode en 1975!

Au voisinage du champ critique, l'énergie n'est pas une fonction


analytique de l'intensité du champ. Elle est en effet représentée par la
fonction M i n ( E , E ) . Mais l'étude des propriétés analytiques de l'énergie
T TT

ne sert à rien dans ce cas. Ajoutons que pour c ~ MeV on a un champ


1 8
critique de ~ I 0 Gauss!!.
On rencontre d'autres exemples de transitions de phase dans les noyaux.
Par exemple la phase supraconductrice est détruite par le terme de
coriolis à haut moment cinétique. Un autre exemple est offert pas un
changement de forme que peut acquérir un noyau lorsqu'on ajoute des
nucléons. Ces changements de phase peuvent toujours être expliqués par un
croisement de niveaux ou de configurations. Ajoutons que pour e ~ MeV on
a un champ critique de ~ lû'° Gauss!!
4.9 LA REPRESENTATION DE HUGENHOLTZ.

On peut réduire le nombre de diagrammes, qu'ils soient de Feynman ou de


Goldstone, en représentant graphiquement les éléments de matrice antisy-
métrisés (1.64) plutôt que les éléments de matrice (1.63). On obtient
alors la représentation de Hugenholtz des diagrammes de Feynman ou de
Goldstone. On petit en effet développer la théorie des perturbations à partir
Je l'expression (1.65) de V au lieu de l'expression (1.62) comme nous
l'avons fait. On représente alors l'interaction par le vertex suivant :

X (4.88)

Le diagramme vide-vide obtenu en rejoignant les lignes sortantes aux lignes


entrantes des interactions (4.88) n'est pas une représentation fidèle du
- 137 -

système des contractions de l'équation (3.16) pour les diagrammes de


Feynman ou de l'équation (4.9) pour les diagrammes de Goldstone.

En effet, pour chaque interaction (4.88) il a en général 4 systèmes


de contractions qui sont représentés par le même diagramme, à savoir
ceux où on a échangé les opérateurs a et a d'une part, et les opérateurs
Cl D
a et a t d'autre part.
r
Y ô
Ainsi, par exemple, le diagramme :

(4.89)

représente les 16 diagrammes

e $ o - $.••& tu
(4.90)

Aussi,en ne dessinant que les diagrammes distincts on élimine le facteur


1/4 apparaissant dans l'expression (4.88).

Il y a cependant une exception : celle où une paire (a a ) d'opérateurs


de création provenant d'une même interaction est contractée avec une paire
(aa) d'opérateurs d'annihilation provenant aussi d'une même interaction.

Dans ces cas on a affaire à deux systèmes de contractions au lieu de 4

v ct*a ci a +
(4.91)

On reconnaît ce cas, dans la représentation de Hugenholtz, à l'apparition


dans le diagramme d'une paire de lignes équivalentes à savoir de deux
- 138 -

lignes qui sortent d'un même vertex et qui rentrent dans un même vertex.
Si donc on convient d'enlever le facteur 1/4 pour la contribution du vertex
(4.88) il faudra diviser la contribution du diagramme par (1/2) *" où n
est le nombre de paires de lignes équivalentes.

Cela change le facteur de symétrie du diagramne. Pour la représentation


de Hugenholtz d'un diagramme de Feynman, le facteur de symétrie est égal
au nombre de permutations des étiquettes des vertex qui transforment le
p
diagramme en un diagramne identique multiplié par 2 .
Da:.s la représentation de Hugenholtz des diagrannes de Golstone le facteur de
n
de symétrie est égal à 2 » que multiplie 1' ordre du groupe de permutations de
des vertex qui transforme le diagramme en un diagramme de Goléstone identique.

La difficulté de la représentation de Hugenholtz vient de ce qu'on


n'arrive plus à reconnaître, sur le diagramme, le signe du système de
contractions auquel il correspond. En effet, l'interaction

X- <*flVI*T> eu <*pi\MS«>
(4 92)

représente aussi bien l'élément de matrice antisymétrisé <a3|V|y5> que


l'élément de matrice <a@ j V16y> = - <O.É$|V|Y5>. Pour déterminer le signe on
est obligé d'ouvrir les vertex:

(4.93)

* S

et d'associer à chaque vertex ainsi ouvert l'élément de matrice antisymétrisé


<<ÏBJVJYÔ> en écrivant les indices a,6,y et 6 comme s'il s'agissait d'un
élément de matrice (aS|Vjy*)• En comptant ensuite le nombre de cycles on
obtient le signe de la contribution, le résultat ne dépend pas de la
manière dont on ouvre le diagramme. Si au lieu de l'ouvrir comme dans
l'expression (4.93) on l'avait ouvert ainsi :

* S ¥ *
- 139 -

| >
le vertex aurait donné la contribution <3a|v|>6> =• - <a61V|Y 5 mais le
nombre de cycles aurait changé d'une unité. Par exemple ouvrons de deux
façons possibles les vertex du diagramme suivant :

(4.94)

On obtient soit

A - •&
n^ = 2 ; contribution du vertex • <Y6|v|ag> <a3|V|yô>.
Soit :

n
# - -CX)
= 1 ; contribution des vertex = <Yâ|V|a6> <ag|V|âY>
=-<Y6|v|aB> <a6|v|YÔ>
n
On vérifie bien que la contribution desvertex multipliée par (-) est
la même dans les deux cas.

Modification des règles de la section 3.7 et 4.5 pour le calcul des diagrammes
en représentation de Hugenholtz.

Règle 1 : Les diagrammes de .,. vide-vide se composent de vertex (4.92) ou


(3.30)...
... Deux diagrammes de Feynman sont distincts s'ils ne peuvent pas être
superposés par des translations des vertex.

Règle 2b : Ouvrir chaque vertex d'interaction à 2 corps et lui associer un


facteur égal à l'élément de matrice antisymétrisé :

* I

défini par l'équation (1.64).


- 140 -

Règle S : pour les diagrammes de Feynman


, n+n
Multiplier le produit de ces facteurs par 'ô'(~) où n est le nombre
de vertex, n le nombre de cycles compté sur le diagramme dont on a ouvert
les interactions, et S le facteur de symétrie. Le facteur de symétrie
est égal au nombre de permutations des étiquettes qui transforment le
diagramme en un diagramme identique multiplié par (2) où n est le nombre
de paires de lignes équivalentes. Deux lignes sont équivalentes si elles
sortent d'un même vertex et rentrent dans un même vertex.

Règles 3 pour les diagrammes de Goldstone : Multiplier le produit de ces


I n+n +n +i
t
facteurs par ^(") e t 0 u n est le nombre de vertex, n le nombre
de trous et n le nombre de cycles comptés sur le diagramme dont on a ouvert
les vertex; S est le facteur de symétrie égal à 2 (où n. est le nombre de
paires de lignes équivalentes qui sortent d'un même vertex et rentrent dans
un même vertex) multiplié par l'ordre du groupe des permutations des vertex
qui trasforme le diagramme en un diagramme de Goldstone identique.
- 141 -

EXERCICES ET PROBLEMES

P4. 1

On considère le doublet d'états | î.jm> avec j = l ± 1/2 qui résulte du


couplage d'un moment cinétique orbital il et d'un spin S = 1/2. Calculer
la matrice de l'interaction T.s dans la base |lm a> des états propres
Q
2
2
de l ; » a t et S . En diagonalisant cette matrice, montrer que les
coefficients (de Clebsch-Gordan) du développement des états |ljm> sur la
base |im a>

r\r *\r

sont donnés par le tableau suivant

(Ts'/i <r*-'/*
i***h / *e»>

* • • * - % J i»W»Vy

P4.2 On considère le diagramme de Feynman muet suivant i

Déterminer son facteur de symétrie S. Dessiner la famille de diagrammes de


Goldstone engendrée par ce diagramme de Feynman. Vérifier explicitement que
la somme des contributions de la famille des diagrammes de Goldstone est
égale à la contribution du diagramme de Feynman.

P4.3 Soit |$ > un déterminant de Slater représentant une fonction d'ordre


o

non-pertutbée. Soit k > 0 la fonction propre de H +V et normalisée ainsi :


< >
* k
0 0 " '• Au premier ordre des perturbations on a :
- 142 -

où [} > est un état propre de H appartenant à la valeur propre e . Montrer


que si V est un opérateur à 2 corps, les états |$ > sont des excitations à une
particule-ur crou et des excitations à deux particules-deux trous. Calculer
la norme :

en utilisant le théorème de Wick pour calculer les éléments de matrice


<4> |vj$ >. Montrer que les termes obtenus peuvent être représentés par les
diagrammes de Coldstone suivants

€ •• e
plus 4 autres diagrammes que l'on dessinera. Calculer la contribution de ces
diagrammes à la fonction f(Z) définie par l'équation (4.8) et vérifier par la
suite l'équation (4.26).

Voir ai'.ssi le problème 8.2

Le muon et une particule ayant les mêmes propriétés que l'électron exceptée
sa masse qui est 207 fois plus grande. On admettra qu'il interagit avec les
noyaux de façon purement coulombienne et qu'il peut former avec ces derniers
des systèmes liés appelés atomes muoniques. Considérons des atomes possédant
un seul muon. On négligera les effets relativistes.
1. Rappeler la formule donnant le rayon de Bohr a de l'orbite du muon en
fonction du nombre de photons Z du noyau, lorsque l'on assimile le noyau
à une charge ponctuelle Ze. Comparer a au rayon du noyau donné par la
formule : R»r A ou r -l.3fm. Application numérique : 0' Ca, Pb.
Dire pourquoi on peut négliger l'influence des électrons de l'atome sur
le mouvement du muon.
Toujours en supposant la charge du noyau ponctuelle, donner l'énergie des
orbites Is et 2p du muon, ainsi que l'énergie Jtw de la transition 2p-*ls.
. . . . - . 1 6 40„ 208„.
Application numérique : 0, Ca,
n
Pb,

2. On se propose d'étudier le déplacement des niveaux is et 2p dû à la taille


finie de la distribution de charge du noyau.
On suppose que la densité de charge est uniforme :
- 143 -

Montrer que l'énergie potentielle électrostatique du muon est :

1 3
^ • j f l C ï J - ] « "« . Vtr.-.&'w r>«
On traitera en perturbation la différence entre cette énergie potentielle et
celle due à une charge ponctuelle. Montrer qu'au premier ordre de la théorie
des perturbations, le niveau atomique (n,fc) est déplacé de la quantité :

r* * t
AE w f « \ |U,«(r)| W(r>rVr «à WCr) = V(r)f?- f

Calculer AEj , AE. et AHw pour 0 et Ca. On pourra,si on le désire,déve-


lopper E en puissance! de R/a; on obtient ainsi à l'ordre le plus bas :

S 4* W
3. Reprendre la question précédente en supposant que la densité des protons
p(r )est une fonction inconnue de r . Montrer que l'énergie potentielle du
muon est donnée par la formule :

En supposant que le rayon du noyau est beaucoup plus petit que le rayon de
Bohr de l'orbite du muon, montrer que la théorie des perturbations au premier
ordre conduit aux résultats suivants :

M *"
- °- <•> > = .1

Quels renseignements sur la structure du noyau peut-on donc tirer de l'obser-


vation du rayonnement X de l'atome muonique? Avec quelle précision faut il
mesurer la raie K (2p-#2s) pour pouvoir observer l'effet de la taille finie
de la distribution des photons dans le cas de 0 et ^"Ca ?
2
4. On se propose d'étudier la variation du rayon quadratique moyen <r > du
noyau sous l'effet du champ électrostatique créé par le muon dans l'orbite
atomique Is.
Montrer que sous l'effet de ce champ, les protons acquièrent l'énergie
potentielle

Montrer qu'au premier ordre de la théorie des perturbations, on a :

où les états Ip> et lt> sont les états d un nucléon respectivement au dessus et
au dessous du niveau de Ferai, et d'énergies e et e . Application au cas de
'^0 décrit dans le modèle de l'oscillateur (voir problème P2.4). On montrera
- H 3 bis -

-
que dans ce modèle £ £ = constante = 2Mw (où u est la fréquence de l'oscil-
M
P t o o ^
lateur, calculée dans l'exercice cité) et que

%
£ Kpir'l-fc > l* » 4r*>/o( où rf^r m «o /r c K , m * m«s*« du piéton •
r

On donne :

<r>ty*\rhr,l» i > * fan**-V )/«<*


2 , rtH f,ni
(
1
ir i n ^ w>> = ->/r» (»»•/• 7,> / * '
/ )

J3 T.ec états |n2.m> sont Zes états propres de l'oscillateur qui décrit 0.
Montrer que l'on a dans ce cas particulier : J/j*> A »* | / ' \

et donner les valeurs numériques de


l
S < 0 «V *<* > /<'*>•

,.>
CHAPITRE

LA THEORIE DE HARTREE-FOCK

La t h é o r i e de Hartree-Fock c o n s i s t e à approcher la dynamique d'un système


par le mouvement de p a r t i c u l e s indépendantes. Ses a p p l i c a t i o n s sont très
nombreuses en physique n u c l é a i r e : c a l c u l de la forme d ' é q u i l i b r e des noyaux
sphériques et déformés, des d i s t r i b u t i o n s de charge e t de m a t i è r e , des
p o l a r i s a t i o n s et des déformations des noyaux soumis à des champs e x t e r n e s ,
des b a r r i è r e s de f i s s i o n , des énergies de séparation des nucléons e t c . La
t h é o r i e de Hartree-Fock dépendante du temps permet de c a l c u l e r l e s v i b r a t i o n s et
l e s mouvement c o l l e c t i f s (voir chapitre 12) et e l l e commence à être appliquée
aux réactions entre ions lourds (référence page 418) .

En physique atomique, le champ Coulombien c e n t r a l e t s t a t i q u e e s t l a


composante p r i n c i p a l e du champ de Hartree-Fock des é l e c t r o n s . En physique
n u c l é a i r e l'approximation de mouvement de p a r t i c u l e s indépendantes ne semblait
pas s'imposer i priori. C ' e s t e s s e n t i e l l e m e n t le p r i n c i p e de Pauli qui en
assure la v a l i d i t é , un nucléon en i n t e r a c t i o n ne pouvant pas e f f e c t u e r des
t r a n s i t i o n s e n t r e son o r b i t e et les o r b i t e s v o i s i n e s déjà occupées par l e s
a u t r e s nucléons.
La théorie de Hartree-Fock e s t une formulation possible du modèle u n i f i é , qui
consiste à expliquer simultanément,et de manière s e l f - c o n s i s t e n t e , l e s propriétés
macroscopiques c o l l e c t i v e s du noyau ( t a i l l e , p o t e n t i e l moyen, vibrations de surface)
et ses propriétés microscopiques dues au mouvement des nucléons i n d i v i d u e l s .
Nous en verrons d'autres formulations possibles dans l e s chapitres 6 et 1 1 .
Les .rjnÂtme.iz du Hamiltonien de Hartree-Fock c o n s t i t u e n t un problème
important sur lequel nous i n s i s t o n s dans ce c h a p i t r e et sur lequel nous
reviendrons à p l u s i e u r s r e p r i s e s dans les c h a p i t r e s s u i v a n t s . Les symétries
qui sont fortement b r i s é e s par l'Hamiltonien de Hartree-Fock (invariance
par r o t a t i o n de l ' e s p a c e pour l e s noyaux déformés) donnent l i e u à des
mouvements c o l l e c t i f s (bandes de r o t a t i o n des noyaux déformés) qui sont
observées expérimentalement. Les symétries qui sont faiblement b r i s é e s par
1'Hamiltonien de Hartree-Fock (invariance par r o t a t i o n dans l ' e s p a c e d'isospin,
même en absence de force de Coulomb dans l e s noyaux ayant un excès de neutrons)
sont une source de d i f f i c u l t é s e t requièrent une a t t e n t i o n p a r t i c u l i è r e .

Le terme tenseur et la r é p u l s i o n à c o u r t e p o r t é e empêchent l'utilisation


d i r e c t e de l ' i n t e r a c t i o n nucléon-nucléon dans l e s c a l c u l s de Hartree-Fock.
Aussi e s t on obligé d ' u t i l i s e r des interaction;: effnntiva;;. C e l l e s qui sont
- 145 -

le plus utilisées actuellement dépendent de la densité de nucléons au


voisinage du lieu d'interaction. Nous avons formulé la théorie de Hartree-
Fock dans le cas, plus général, où la force dépend de la matrice densité.
Un exemple illustratif des effets de la dépendance de la densité est donné
dans la section (5.10).

Dans ce chapitre nous limiterons la discussion à la théorie du champ


étatique de Hartree-Fock.

5. 1 LA MATRICE DENSITE.

La théorie de Hartree Fock est facilitée par l'emploi du formalisme de


la matrice densité (voir problème PI.4). Soit i,j ,.. une base complète
et orthonormale à une particule et soit \ty> un état quelconque. La matrice
densité à un corps de l'état \i>> est définie par l'expression :

(5.0
<"***>• ?<j » <+!«/*; l*>

La matrice densité est hermétique et sa trace est égale au nombre moyen


N de particules dans l'état \i>> :

ï> o = N . (5.2)
s- s
L'intérêt que présente la matrice densité pour la théorie de Hartree-
Fock vient essentiellement du théorème suivant qui permet de représenter
un déterminant de Slater par la seule matrice densité.

Thcn-pème :
La condition nécessaire et suffisante pour qu'un état \ty> soit un déter
minant de Slater est que la matrice densité (5.1) de cet état satisfasse à
l'équation :

(5.3)
- 146 -

Démonstration :
la condition est nécessaire : si l'état \ty> est un déterminant de Slater
il peut s'écrire :

r A«F ( 5.4)

Dans la base a, S,., la matrice densité est égale à :

+
$<f * <:^l o a . t^> -. $^ p - a u é f

(5.5)
•a 0 «U+l«»H<l»*-

2
et la r e l a t i o n p = p e s t é v i d e n t e . Cette r e l a t i o n m a t r i c i e l l e e s t a u s s i
v é r i f i é e dans toute a u t r e base orthonormale car l e s bases orthonormales se
déduisent l e s unes des a u t r e s par une transformation u n i t a i r e .

La condition e s t s u f f i s a n t e ; la m a t r i c e d e n s i t é e s t hermétique e t
e l l e peut donc ê t r e d i a g o n a l i s é e :

c
01 c M >
I Çv - * *- *-
4
». *
r ; Ci so> \m*
* > -\ m*"n . )
\~t •+ i
(5 . 6 )
2 . 2 r
Si on a p = p on a aussi n =n et donc n =0 ou 1. Puisque .ro - > n =N
an a ^ a
et
il y a N valeurs propres égales a 1 et les autres valeurs propres sont toutes
égales à zéro. Construisons le déterminant de Slater |$> à partir des
,+ r Cl +
orbites b = ) C. a. :
a h î î

l + >« TT (bj" ) lo>

La mer de Fermi F est composée des N états a appartenant à la valeur propre


n =1. Nous pouvons alors développer l'état |iji> sur la base des excitations
particule-trou de |$> (voir equation 1.98) :

f l
>*<4i*>[>n-IX «K £, V,"'^^»« *"\l +> ' pt t

où p et t sont des orbites respectivement en dehors et dans la mer de Fermi,


Si on calcule p "<t|/|aa U>
0 à partir du développement ci-dessus on trouve
et r p ^
- 147 -

que tous les coefficients X , X , ,,... sont nuls de sorte que | \p>= '4> | i>> |$>
pt pp »tt
et l'état \i>> est donc bien un déterminant de Slater.
La matrice densité p peut être considérée comme un (-pirateur p (agissant
dans l'espace des états à une particule.'

< C V l
*<i * S à> • (5-7)

Puisqu'on a! — , p] = 1 , l'opérateur — peut être représenté par la matrice,

<i\ l M > = - L • (5.8)

Notons enfin que lorsque l'état \\\>> est un déterminant de Slater- la


matrice densité représente l'opérateur

%= I IXXX| (pour un déterminant de Slater)(5.9)

où la somme est limitée aux états de la mer de Fermi qui composent le déterminant
de Slater \^> . L'opérateur p est donc un projecteur sur la mer dp, Fermi.

5.2 LES EQUATIONS DE HARTREE-FOCK

L'approximation de Hartree-Fock consiste â approcher l'état du système

par un déterminant de Slater ;

l 4 > = "iï (a* ) io> • (5.io)

Pour déterminer le déterminant de Slater (5.10) on fait appel au principe


variationel de Ritz d'après lequel l'énergie <I|I|H|I|I> est stationnaire par
rapport aux variations infinitésimales de \<\>> lorsque |ifi> est un état propre
du Hamiltonien H du système. En présence d'interactions à deux corps un état
propre lié de H ne peut pas être décrit par un déterminant de Slater. On
cherche cependant à approcher l'état fondamental en minimisant l'énergie du
déterminant de Slater. L'Hamiltonien s'écrit :

( 5 M )
H- Z « i * » j > * N j • jrL <c; » v«> ike> a V V au .
- 148 -

Nous discutons plus bas la raison pour laquelle l'interaction v ( ) p

peut dépendre de la matrice densité . En appliquant le théorème de Wick,


p

l'énergie <<JJ|H|<}>> se calcule aisément. On obtient :

(5-12)
o J *

a a
compte tenu de ce que P-- =
<$ | x : I ( < >> =
a. a.

L'expression (5.12) de l'énergie est une fonctionelle de la matrice


densité qui est égale à la valeur moyenne, dans l'état j <j>> du Hamiltonien
(5.11). On peut aussi l'écrire comme une fonction de l'opérateur p en définis-
sant :

K*i.k« Cj)« <rtiir(j>ijli> ( 5 I 3 )

(attention à l'ordre des indices J)


ainsi que le produit tensoriel :

<**** \-j,kt * i \ î kt • (5-.A)

A l'aide des expressions (5.13) et (5.14), l'énergie (5.12) s'écrit :

E(j). Tr (tj) • { Tr (K^)§ « ) . +


5 (5 . ) 15

Les forces nucléaires ont un terme tenseur et une répulsion à courte


portée. Ces termes causent des corrélations à deux corps qui ne peuvent pas
être correctement décrits lorsqu'on approche la fonction d'onde par un
déterminant de Slater. On peut cependant définir des forcer, effectives qui
tiennent compte des excitations virtuelles des nucléons en dehors de la mer de
;
Fermi et telles que, si v et H sont la fonction d'onde et 1'Hamiltonien
exacts du système, on ait '*|H f f | <J» % <IJI|H|IJI>. Les forces effectives qui
sont utilisées dans les calculs de Hartree-Fock dépendent souvent de la
densité de nucléons dans la région où ils interagissent. Par exemple, une
force dépendante de la densité s'écrira :
•* -»

VC$> » V, ( f , - r t ) • v tf-r >


t % n ( J —- ' ) A
(5.16)
- 149 -

où n(r), la densité de nucléons au point r, est donné par la matrice densité

s
r<TT> ZL Z. <rVr»C>Ç , . <j \r<r r >.(5.17)
<rr \»
Des interactions telles que (5.16) sont des fonctionnelles de la matrice
densité et nous les avons noté ainsi dans les équations (5.11), (5.12) et
(5.15)

Un Hamiltonien, tel que (5.11), qui dépend de la matrice densité p,


dépend aussi de l'état |<f>> qui définit l.i matrice densité. On ne peut donc
pas lui appliquer le principe variationnel de Ritz. Dans ce cas il convient
plutôt de considérer E T P J , défini par l'expression (5.12), comme une fonctionnelle
Je la matrice densitép. Nous supposerons que cette fonctionnelle obéit au
2
principe variationnel pour des variations de p soumises à la condition p =p .

Cherchons donc à déterminer p. Le problème variationnel s'écrit :

Et ] A
4 i < -£ -<s'-n } = k
(5.18)

où nous avons introduit les paramètres de Lagrange A, s pour assurer la


condition p =p.

Nous définissons l'Hamiltonien de Hartree-Fock par l'équation :

(5.19)

1
'J

L'Hamiltonien de Hartree-Fock h, défini par ses éléments de matrice (5.19)


est un opérateur à un corps, qui, compte tenu de l'équation (5.8) peut

(5.l9bis)

Le problème variationnel (5.18) conduit à l'équation suivante

Vw ^A + A » - A s o.
On peut éliminer A en multipliant successivement à gauche et à droite par o
- 150 -

et en soustrayant les deux équations ainsi obtenues, on obtient :

(5.20)
U Ç _ Ç Vl = Q

Les équations (5.19) et (5.20) constituent les équations de Hartree-Fock


qui déterminent p.

Nous pouvons expliciter 1'Hamiltonien de Hartree-Fock en calculant la


dérivée (5.19) à partir de la fonctionnelle (5.12) on obtient :

k<
(S.lt)

On peut tout aussi bien calculer la dérivée (5.19bis) à partir de l'expression


(5.15); 8n obtient :

(5.?lbis)
, t
\>CO - * • [K(,>f] • i - T r [ ( ' ^ ' ) 5 « j ]

équation équivalente à l'équation (5.21).

L'Hamiltonien de Hartree-Fock décrit le mouvement d'une particule dans


un potentiel moyen statique qui résulte de l'interaction moyenne de cette
particule avec les autres particules du système.

L'équation (5.19) à laquelle il faut ajouter la condition (5.3) forme


un système d'équations non linéaires pour p car h dépend de p. On peut
résoudre ce système non linéaire par la méthode itérative de Newton (voir
problème P5.2 ) . Il est plus usuel d'utiliser une autre méthode qui consiste
à diagonaliser h et que nous décrirons dans la section 5.5. Nous allons
d'abord étudier les transformations de E [p] et de h lorsqu'on fait subir à
l'état !<t> une transformation unitaire, afin de déterminer les invariances
de la fonctionnelle E ' pi et les symétries du Hamiltonien de Hartree-Fock.
- 151 -

On voit apparaître dans l'expression (5.21) de h des termes proportionnels


à 'v/)c Ces termes s'appellent termes de rearrangement du champ de
Hartree-Fock. Leur origine vient de la dépendance des forces effectives sur
la densité. En effet lorsqu'on fait une variation de la matrice densité,
il lui correspond une variation de la force effective v(p) qui contribue à
la variation de l'énergie (voir l'exemple illustratif de la section 5.10).

5.3 INVARIANCES DE LA FONCTIONNELLE E[(j ASSOCIES AUX SYMETRIES DU HAMILTONIEN.

Considérons une transformation représentée par un opérateur unitaire


(ou anti-unitaire) U :

f
\)\) ^ U* 0 = 1

Dans cette transformation le déterminant de Slater |<f> > devient :

\i> * u 14»> (5.22)

D'après l'équation (1.82) tes opérateurs de création et d'absorbtion deviennent

i i

La matrice d e n s i t é de l ' é t a t |<j>> devient :

(5.23)

de sorte que

f « O5 U"' (5.23bis)

Nous dirons que la transformation représentée par l'opérateur U est une


symétrie du Hamiltonien " o n a H u
l » ] " °' * I c H
représente l'Hamiltonien
vrai et non pas l'Hamiltonien (5.11) construit à partir d'une force affective.
- 152 -

Pour que la fonctionnelle E [ pi , définie par l'équation ( 5 . 1 2 ) , puisât repré-


senter l'énergie du système, nous devons lui imposer la condition

ECfl - ELsl (pour une symétrie du Hamiltonûr. ' (5.24)

La condition (5.24) impose des conditions sur l'interaction effective


y(o) qui depend de la matinée densité. Calculons E[p J en fonction de E[P] ,
D'après (5.12) on a :

(5.25)

Le terme d'énergie cinétique s'écrit :

I <i"»*»j><j «f u" > r £ < t i t U e U ' ' i t >


s
-, £ <i iutu"'$ic> L <tiuto"'.j>f. :

(5.26)

-- Z < m i j > $ j 4

l
i
car pour une symétrie du système on a Ut U = t. Le terme d'énergie potentielle
?'êc L i t :
$2. <fjim$>ifcf>f . f,. ki

<VJ v v l u > u ? o;
* î £. ' ' ' " » '< °«» J - < •
» j l «ilU-'trcfiUlkO^. J .
On voit donc que la condition (5.24) sera réalisée si on a :

U"V(f ) U* v(ç) (pour une symétrie d u Hamiltonien)(5.28)

Vérifions par exemple que cette équation est satisfaite pour l'interaction
(5.16) dans le cas d'une translation. Une translation peut être représentée
par l'opérateur unitaire :

U- e ,; P • Z r« . (5.29)
- 153 -

On vérifie que l'on a :

(5.30)

Pour l'interaction locale (5.16) on a :

m 4 r )+v
V iW' ^ »vî>[^- ? i<v^><5rr* i^ i^>]<*T£i<5.:31)

Sachant que p = Up U et en utilisant l'équation (5.30) on a :

- I^rf? 0"'i«>[r CrU)«.ir.^-r:><&>|0j0" |


l
,
*£>]*?&{)

(S.3I)

Pour obtenir la troisième ligne de (5.31) nous avons simplement fait le change-
ment de variable d'intégration : r, -k r, «• * r
t"* T%+£.

On notera que la condition (5.28) qui assure que l'énergie est invariante
dans une translation par exemple, n'est pas la même que la condition
U v(p) U = v(p) qui exprime que l'interaction v(p) est invariante par
translation.

Les symétries de l'Hamiltonien nucléaire sont les suivantes :

1. La parité, si on néglige les effets dûs à l'interaction faible nucléon-


nucléon, de l'ordre de 10 fois plus faibles que ceux dûs aux interactions
fortes.

2. Le renversement du temps.

3. Tes rotations

4. Les translations dans l'espace.


- 154 -

5. Les translations dans le temps


6. Les rotations autour de l'axe Z d'isospin (conservation de la charge).
7. Les rotations dans l'espace d'isospin (seulement si on néglige la force de
Coulomb > la différence des masses du neutron et du proton et la violation
de l'indépendance de charge des forces nucléaires).
8. Conservation du nombre de nucléons.

9. I.a transformation galiléenne représentée par l'opérateur

(5.32)

transforme l'opérateur d'impulsion de chaque nucléon ainsi

(JftU = p. - mv . (5.35)

Cette transformation n'est pas une symétrie du système mais elle est particulière-
ment simple car elle ne change que l'énergie cinétique.lorsque bien sur l'inter-
action est invariante dans cette transformation:
U_if
0 « Z t ^-'"^f* T - £ P* A*»? 1
(534)

de sorte que pour une transformation galiléenne p = U.pU la fonctionnelle


EIO] doit satisfaire la condition :

"*' (5.35)
EIO - f [J] - V. I « . f lj> ? j c * Ajn?'
(voir également la discussion dans la section 13.3)

5.4 SYMETRIES ET BRISURES DE SYMETRIE DE L'HAMILTONIEN DE HARTREE-FOCK.

Considérons une transformation (5.22) de |<j,> qui correspond à une symétrie


du Hamiltonien dans le sens de l'équation (5.24). Montrons que 1'Hamiltonien
de Hartree-Fock subit la transformation :

U hlfjV* K LÇ J (p 0 u r u n e symétrie du Hamiltonien) (5.36)

On peut démontrer cette relation à partir de l'équation (5.2lbis)

on a :

Vl Ef 1 » t * È. <4lV(<> • + > I 3 (5-37)


- 155 -

Pour toute fonction f(p) on a -— _ = ——


1
3p p=p 3D

Posons :

En suivant le calcul qui mène à l'équation (5.27) on trouve :

de sorte que •-

+
*»rn = * 4. <*iu*'v(f>ui+> (5.39)
Lorsque la transformation correspond à une symétrie du Hamiltonien on
peut appliquer l'équation (5.28) de sorte que :

K($) •» t 4- i «HW«)»4>> (5.40-

On a aussi U t U = t de sorte que :

(5.41)
*?
On peut vérifier que

^ / 0" (5 .«)
- =
par exemple, en multipliant la relation ly » P j I à gauche par U et à droite
par U
Ainsi l'équation (5.41) devient :

l)"' h [f] 0 * t + 1 **lV(*)l+>» ^C$l, 5.43)


(

ce qui démontre l'équation (5.36).


- 156 -

L'équation (5.36) ne montre pas que la transformation représentée par


l'opérateur U est une symétrie du Hamiltonien de Hartree Fock. Pour qu'elle
le soit il faudrait que U commute avec 1'Hamiltonien de Hartree-Fock c'est à
dire que l'on ait :

\)~ h £f 1 U — n [fj -pour une symétrie de l'Hamiltonien


(
de Hartree-Fock)
(5.48)

Les équations (5.36) et (5.48) montrent que pour qu'une symétrie du


Hamiltonien soit aussi une symétrie du Hamiltonien de Hartree-Fock, on doit
avoir :

Lfrl — [^ f" a "1 (pour une symétrie du Hamiltonien


* ^ et du Hamiltonien de Hartree-Fock)

(5.49)

En général, la condition (5.49) n'est remplie que si p = p, c'est à dire


si

f - Us IT' . j (5.50)

L'équation (5.9) exprime que 9 est le projecteur sur la mer de Fermi. La condi-
tion (5.50) peut donc s'exprimer ainsi: p commute avec U si l'opérateur U
';'.•.;• ''>;• ,'?•'7>;t 'a ™>~r de Fenrn,
-
c'est à dire s'il transforme chaque orbite
de la mer de Fermi en une superposition linéaire d'orbites appartenant toutes
à la mer de Fermi :

UIX> * Z </*lUU> l/*> (5.51)

Nous pouvons donc énoncer le théorème suivant :


,:
7 h' *''*;•• : .'oit un opérateur unitaire (ou anti unitair< ) qui représente une
s; ";r'*>(• £•' l 'Uin.iltr,nien
4 ianr, le rr*r de l'équation (h.24). 3i '' laisr.a
''*•;:';/*•';•:'• ' / ne-r d>~ Fermi, il commute aoeij l'}lamilt'mi''n d.e Hartree-FoeP ,
1
>'•.'• ; d'r- r.i'i r>ovr-'?.e>itê -lUfsr.i une r,>m''tri" du Hamil te-n'.rn d'> tlartree-For-k.,
- 1S7

Les résultats obtenus dans cette section et la précédente, notament


les équations (5.24), (5.36) et le théorème sur les symétries du Hamiltonien de
Hartree-Fock ne font pas appel aux équations de Hartree-Fock (5.20). Ils sont
donc valables pour tout déterminant de Slater |$> ou pour toute matrice
densité o, qu'elle soit, ou non, solution des équations de Hartree-Fock. Nous
verrons dans la section 5.5 (voir aussi Problème P5.2) que les équations de
Hartree-Fock sont résolues par itération en devinant au départ une première
approximation pour |<f> ou pour p . C'est donc le choix initial de |$> ou de p
qui détermine si la mer de Fermi est, ou non, invariante dans la transformation
U et c'est donc ce choix initial qui détermine les symétries du Hamiltonien
de Hartree-Fock. Ces symétries seront ensuite conservées à toutes les itérations
suivantes .

Considérons les symétries de l'Hamiltonien énoncées à la fin de la section


5.3. Cherchons dans quelles conditions elles peuvent être aussi des symétries
du Hamiltonien de Hartree-Fock.

Pour qu'une de ces transformations, représentée par l'opérateur U, soit


une symétrie de l'Hamiltonien de Hartree-Fock, il suffit de construire une
mer de Fermi que l'opérateur U laisse invariante. Pour cela développons les
orbites A de la mer de Fermi sur une base d'états jn£jmT> :

lx> » Induit > (5.52)


«<j»t neJ"l»

1. Par'tt':. Si on limite le développement (5.52) de chaque orbite à des états de


1. pair (ou impair) chaque orbite a une parité donnée et l'opérateur parité
transforme chaque orbite en elle-même et laisse donc invariante la mer de Fermi.

.?. Ren.'cr.ujmcnt du temps. L'opérateur renversement du temps K transforme ainsi


l'orbite (5.52) ainsi :

_ , * A €»J - "»
Ki>> - Z. <- c-) I ntj-nr > (5.53)

Puisque
2
K = - I , K| >•> j* |V- e t l ' o p é r a t e u r K ne pourra l a i s s e r i n v a r i a n t e la mer de
Fermi que si l e s o r b i t e s et À > :

(5.54)
/**> • JZ ( I X >±KIX > )
- 158 -

ippartiennent toutes les deux à la mer de Fermi. Il faut donc un nombre pair
de nucléons pour que 1'Hamiltonien de Hartree-Fock commute avec le renversement
du temps. Dans la plupart des calculs 1'Hamiltonien de Hartree-Fock commute avec
la troisième composante T d'isospin (voir plus bas). Dans ce cas la symétrie
de h par rapport au renversement du temps n'est réalisée que pour les noyaux
p.:fr—pair . On peut s'assurer que les orbites
j .'•."> sont orthogonales en limitant le développement (5.52) à des états ayant
(-)' J = +I et en prenant des coefficients c „. réels.
nïjmx
.'. •'•::: taf'.^n.j : On dit que l'Hamiltonien de Hartree-Fock a symétrie axiale s'il
commute avec loie composante J du moment cinétique :

m
L **, Jx J O (symétrie axiale) (5.55)

on peut toujours réaliser cette symétrie, car il suffit pour cela de limiter le
développement (5.52) à des états de m donné :
A

C
* , • " *>> •- 2_
Z. n
C« : „
n £ i t r ln*J"lA?>
ln<j'"tAt > (5.56)

En effet ces orbites sont état propre de J associés à la valeur propre m


Z A
et J laisse donc invariante la mer de Fermi.
z
Soulignons cependant que si la symétrie axiale de l'Hamiltonien de
Hartree-Fock est toujours possible à réaliser, cela n'implique nullement
qu'une telle solution représente un état d'équilibre du noyau. En effet
l'énergie sera stationaire pour cette solution mais pas nécessairement un
minimum. Les conditions pour un minimum seront énoncées dans la section 5.8.
Notons enfin que même si la solution est un minimum, on ne peut jamais exclure
la possibilité d'une autre solution, présentant peut-être d'autres symétries,
qui soit aussi un minimum avec peut-être une énergie plus basse. Ces rema/ques
s'appliquent évidemment à toutes les symétries que nous discutons.

On dit que l'Hamiltonien de Hartree-Fock a la symétrie uphévique s'il


commute avec les trois; composantes du moment cinétiques .1 :

L* /J J * 0
1
(symétrie sphérique) (5.57).
- 159 -

Essayons de réaliser cette symétrie limitant le développement des orbites


ainsi :

L
i*.j>,»jk>* 2. , i t '«^«xt (5.58)
«it-

Les opérateurs J,= J + iJ appliqués à cette orbite donnent :


± x y
y, y

Ainsi pour que les opérateur J + laissent invariante la mer de Fermi, il


faut que pour chaque j les 2j +1 orbites ayant des m, différentes soient toutes
dans la mer de Fermi ou toutes en dehors. Pour cela il fait que le noyau ait
juste le nombre de nucléons nécessaire pour former des couches complètes. Nous
avons vu dans la section (1.8) que dans ce cas l'état |$ > à un moment cinétique
nul.

4. Translation : pour les noyaux finis et liés, la mer de Fermi n'est jamais
invariante par la translation effectuée par l'opérateur (5.29). Pour s'en
convaincre ils suffit de réaliser que si p était invariant par translation
la densité de matière serait uniformément distribuée dans tout l'espace.

b. Translations dans le temps : Une translation dans le temps est effectuée


par 1'opérateur :

e
" * (5.60)

Il est évident que U commute avec 1'Hamiltonien du système de sorte que


si on définit :

CHt/* -ÎHt/*
( t ) e e
S * ? (5.6,,
la fonctionnelle E [p(t)j doit être indépendante de t :

r E [*<*)] - 0 (5.62)
L'équation (5.62) devient
- 160 -

où, compte tenu de (5.19) :

I K: §U * ° (5.63)
Cette équation est satisfaite dans la théorie de Hartree-Fock dépendante
du temps, dans laquelle l'énergie est donc conservée.

t\ notations autour de l'axe Z d'isospin. Il suffit de limiter le développement


(5.52) ainsi :

IX,tr >
A S Z. C Intjmt^ (5.64)

pour que chaque orbite soit état propre de T , qui laisse ainsi invariante
la mer de Fermi. Entre autres termes on peut toujours avoir des orbites de
neutron ou de proton sans les mélanger.

:
T. \'tat :' :ns dans l'espace d'isospin : Supposons d'abord qu'on annuité la force
de Coulomb. Dans ce cas les rotations dans l'espace d'isospin sont une symétrie
de 1'Hamiltonien. Cependant 1'Hamiltonien de Kirtree-Fock ne pourra commuter avec
les trois composantes d'isospin : ! h, T J = 0 que pour les noyaux ayant N=Z,
c'est à dire ayant le même nombre de protons et de neutrons. F.n effet, dès qu'il
y a un excès de neutrons l'opérateur T = T -i T transformera les neutrons
- x y
en excès en protons dans des orbites non-occupés (voir section 5 . ^ ) . Ainsi
1'Hamiltonien de Hartree-Fock brise toujours l'invariance par rotation dans
l'espace d'isospin dès qu'il y a un excès de neutrons et cela même en absence
d'interaction de Coulomb.
Les conséquences de cette brisure de symétrie n'ont pas encore été analysées
en détail.

Voir la section 5.11 pour la transformation Galiléenne, et la discussion dans


la section 13.3.

5,5 IFS ORRITES DF HARTREE-FOCK.


La méthode la plus usuelle de résoudre les équations de Hartree-Fock
(5.19) et (5.20) consiste a diagonaliser 1'Hamiltonien de Hartree-Fock :

( k u > * e i >»> )
y
(5.65)
161 -

Les états propres | X> = l c'. |i> ainsi obtenus s'appellent les orbites de
Hirtree-Fcuk et les valeurs propres e sont les énergies des orbites de
A
Hartree-Fock.

Les o r b i t e s de Hartree-Fock forment une base complète orthonormale


d ' é t a t s à une p a r t i c u l e c a r h e s t h e r m i t i q u e . Si on c o n s t r u i t une mer de
Fermi à p a r t i r de N o r b i t e s de Hartree-Fock a i n s i que le déterminant de S l a t e r

i4>> * TT (a* ) »o>


AéF (5.66)

on v o i t que dans l a base des o r b i t e s de Hartree-Fock on a :

(5.67)
S O «U+UUUK +

Dans cette base h et p sont diagonaux et donc ils commutent de sorte que les
équations de Hartree-Fock (5.20) sont satisfaites et on a trouvé i insi un état
j<f> > et une matrice densité p pour laquelle l'énergie E jp est stationnaire.

Mais pratiquement on ne peut résoudre le problème aux valeurs propres (5.65)


sans connaître au préalable la matrice densité p ( et donc la solution du
problème) car h dépend de p comme le montre l'équation (5.21).

Il faut donc procéder par itération comme suit :

!. On devine une première approximation aux orbites |À> . On prendra par


exemple les orbites d'un oscillateur harmonique ou celles d'un potentiel de
Wood-Saxon. Cela revient à deviner en premier ensemble de coefficients C .
i

2. On choisit N de ces orbites pour construire une mer de Fermi (généralement

les plus basses) et on calcule la matrice densité ainsi :

(5.68)
J
A*f AéF

. . . i.
ce qui a s s u r e l a c o n d i t i o n p «p.
3. A p a r t i r de c e t t e m a t r i c e d e n s i t é on c a l c u l e 1'Hamiltonien de Hartree-Fock
à l ' a i d e de l ' é q u a t i o n (5.21).

4. On d î a g o n a l i s e 1'"'imiltonien de Hartree-Fock en r é s o l v a n t les équations


(5.65) ce qui donne un nouv-1 ensemble de c o e f f i c i e n t s C*
162

On revient alors à l'étape N° 2 et on continue jusqu'à ce que deux


calculs successifs donnent le même ensemble de coefficients C'. à la précision
r
1
voulue.

On voit que si on veut préserver les symétries de h à chaque itération il


faut toujours reconstruire la mer de Fermi à l'étape N°2 de manière à la rendre
invariante par rapport aux opérateurs U associés aux symétries de h (voir
section 5.4). Si on n'arrive pas à remplir les orbites les plus bosses il faut
étudier si le système ne souffre pas d'une instabilité, caractéristique des
noyaux pair-impair et impair-impair, discutée dans la section 9.5 ou si on a bien
choisi la symétrie de départ du champ.

5.6 ENERGIES DES ORBITES DE HARTREE-FOCK

Nous allons montrer que les énergies e de Hartree-Fock peuvent être


À

comparées aux énergies de séparation des nucléons. Soit | $ > la solution


Hartree-Fock d'un n^yau ayant N particules (un noyau pair-pair en général).
Considérons l'état a \<t> > obtenu en ajoutant un nucléon dans l'orbite a en
J
a o
dehors de l a mer de Fermi.

(5.69)
Mtr et P<trm>

C«c-

Calculons l'énergie E de cet état :

E (N»4)
1
" ' • (5.70)

L'état a |$ > est un déterminant de Slater. Il peut donc être représenté


• '" i '' • - (N+D (N) (a) _ (N) .. . • . . . , ,
par la matrice densité p =P +P ou p est la matrice densité de
l'état |$ -••:

% * S * S (5.711

in)
$ « 2-UXM W
^ «U>«I
- 163 -

(\+1 )
l
On peut d'ailleurs calculer p ' directement à partir du théorème de
Wick :
(M*0
S <• « < * . n * * ; a . * ; < * , > t
(5.72)

et on obtient le résultat (5.71).

L'énergie (5.70) de l'état a U > sera donnée par la fonctionnelle


Ot 0
N a )
E [p^j de l ' é q u a t i o n (5.12) avec p = p< )+ p ^ . Au premier ordre en p ^ on
trouve :
_ r W («On _ r {lin "V #E W)
E (5.73)
! • * " *

N
Or E[P 1 est l'énergie E de l'état U > et — est l'élément
V
O 0 ôp, (N)
AU P:p
de matrice du Hamiltonien de Hartree-Fock dans la base des o r b i t e s de H a r t r e e -
Fock où i l est d i a g o n a l . On a donc, d ' a p r è s ( 5 . 6 7 ) :

(5.74)
y*

D'un autre c ô t é p ^ = S 6 de s o r t e que l ' é q u a t i o n (3.73) s'écrit

(*<F) (5.75)

ce qui montre que l ' é n e r g i e de l ' o r b i t e « e s t égale à l ' é n e r g i e q u ' a c q u i e r t une


p a r t i c u l e l o r s q u ' e l l e e s t captée dans l ' o r b i t e ^ à p a r t i r du bord du p u i t s .
Elle e s t donc égale et do signe opposé à l ' é n e r g i e de r é p a r a t i o n d'une
p a r t i c u l e dans c e t t e o r b i t e .

Considérons l ' é t a t a |$> obtenu en ô t a n t une p a r t i c u l e de l ' o r b i t e B


dans la mer de Fermi :

(5.76)

( , ,
e««i ;« 3 - "
- !64 -

Calculons l ' é n e r g i e E de l ' é t a t de a <


| j> >. Cet é t a t peut ê t r e
,5 P O
représenté par la matrice denf'té :

(W-D _
JftWftl
(5.77)
Aff
_ (MÎ fa)
* ? - r
L'énergie de l ' é t a t a | ij) > e s t donc obtenue à' p a r t i r de la fonctionnelle
d
,= .,> avec p=p (N) -p (8):
(5.12) °

tT'tir-n-ein-z^biZ (5.78)

où e est l'énergie Hartree-Fock de l'orbite 3. On a donc :

(5.79)

Cette équation montre que l'énergie Hartree-Fock de l'orbite 6 est égale


à moins l'énergie de séparation d'un nucléon dans l'orbite 8 .

Puisque les énergies des orbites de !'aitree-Fock sont égales aux énergies
de séparation des nucléons on peut les déterminer expérimentalement, ainsi que
nous le montrons dans la section suivante.

Rappelons cependant les approximations dont ce résultat dépend :

1. On a supposé P et p petits devant p ce qui nous a penis de limiter


le développement, de la fonctionnelle au premier ordre. Il est aisé de vérifier
que pour des forces qui ne dépendent pas de la densité, le développement
s'arrête effectivement au premier ordre.

2. i.ui'squVn ajoute ou lorsqu'on Gte un nucleoli un cliaiigt- la matrice densité


et donc aussi le champ de Hartree-Fock qui dépend de la matrice densité. Cela
change les énergies et les fonctions d'onde de tous lt.s nucléons. Cet effet,
qui porte le nom de p<.1 :r?-'atin>i A'un '" ,v «' par un nucléon (eu un trou)
supplémentaire, a été négligé car nous avon.« construit la fonction d'onde du
noyau ayant N* I particules à partir de.i orbites du noyau ayant N partict e.i
! ;i polarisation du noyau par un nucléon supplémentaire sera discutée dans le>
chapitre* il et 13.
- 165 -

5.7 DETERMINATION EXPERIMENTALE DES ENERGIES DES ORBITES

L'étude des réactions de transfert d'un nucléon sur des noyaux à couches
complètes permet de déterminer les énergies des orbites de neutron et de
48
proton. C'est ce que nous allons illustrer dans le cas du C a _ „ , où les
?n

protons et les neutrons occupent les orbites des couches majeures Is, Ip
et 2s-ld, et où les 8 neutrons en excès occupent l'orbite ! f / 7 2

*PVi

EHt »«*>.>
du t%CtL * P

l*y 4 (s. so)


•Pto+onS ttCu-henfr

Nous supposerons que le déterminant de Slater \$ >, obtenu par un calcul


0
48
Hartree-Fock par exemple, représente l'état fondamental Ca„ . Cet état
?

a spin-parité 0 . Nous allons aussi supposer que l'état \$ "• a un isospin


T = (N-Z)/2 = 4 et projection T = (N-Z)/2 = 4. Montrons que c'est vrai
si les neutrons et les protons sont plongés dans le même potentiel. On est
toujours assez près de réaliser celle condition malgré la présence de ia forct-
de Coulomb (voir le dernier paragraphe de la section 8.6). Soient À les otbites
dans le puits de potentiel moyen. Les trois composantes de l'opérateur isospin
- 166

I (b* b a
z 2 X A A V
T
+ = KA A a
i A A
a b
(5.81)
A A

où b et a sont les opérateurs qui créent respectivement un neutron et un


proton. Le déterminant de Slater \<$> > qui correspond au remplissage (5.80)
48 °
dans le cas du ,„Ca.„ est évidemment vecteur propre de T :
20 28 z

N-Z <j> > = T


1
o o

Si on applique T a 14> > on transforme chaque orbite proton de la mer de


Fermi en une orbite neutron qui est déjà occupée. On obtient donc zéro :

T \<t> > = 0 (5.82)

de s o r t e que

T2 IV =[ - r T + T (
z V>] > = T (T +1) \<t> >
+ ) o o ' o

On voit donc de manière générale, que tout déterminant de Slater, tel que
chaque orbite proton de la mer de Fermi est aussi occupée par une orbite
identique neutron, est un état d'isospin T = N-Z/2.

Ajoutons à \<p > un neutron dans l'orbif.e j en dehors de la mer de


° + , 49 .
Fermi. On obtient une oonfxguvatton b. | <p > du „ Ca„Q dont la projection
d'isospin est T = T +1/2 et qui est telle que T, bt \$ >•- 0. La configuration
v
z o ^ ^ + j 'o
particule-neufron bt j$.> a donc isospin T +1/2. On peut développer la confi-
guration bt \$ > sur l'ensemble complet d'états |A,j,T +l/2^du Ca de
spin j et d'isospin T +1/2 :
* j

configuration particule-neu d'isospin T +1/2 du


49
Ca
20 2? '

Ca)
b! U 1
Aj T +l/2> <-Aj T +1/2 b.
J
o o ' i J (5.83)

L ' é n e r g i e de l ' o r b i t e p a r t i c u l e - n e u t r o n e s t d é f i n i e par l ' é q u a t i o n (5.75)

e. * <y r b. H b . U > H N> >


.} J J ' o 1
o
. » (jT.+Vl)
V ( <"°) 'Aj T - M / 2 j b | V | E, - ^ Q J H | V
(5.84)
- 167

r
où E * ' ekt
J
l'énergie de l'état | AjT + l/2> ; r
du n ' 29' ' I " '
2
00
P e u t
dëterniner
expérimentalement. On appelle jAjT +1/2 \b. \$ > | le facteur 2
apeotrosoo-
pique de l'état j AjT +l/2>. En effet, dans un noyau pair-impair, une confi-
guration à une particule, telle que b. \$ > est partngêe par > plusieurs
états selon l'équation (5.83). Le facteur spectroscopique d'un état mesure
'a probabilité de trouver le configuration dans cet état. Lorsque [ <f> > est
un déterminait de Slater, lfes facteurs spectroscopiques obéissent à la règle
de somme suivante :

A9 r
( C a - é 2
! = «p i b. bî !<>
| > * V |<AiT +1/2 i bî!<p > | (5.84 b i s )

(i<F)
Ccons à I <p > un proton de l ' o r b i t e j dans IH mer de f e r m i . On o b t i e n t
o .-
ur.e c o n f i g u r a t i o n a. \<p > du X . dont la p r o j e c t i o n J ' i s o s p i n e s t
T =T +1/2 et t e l l e que T a. \<b > = 0 . C e t t e c o n f i g u r a t i o n a donc i s o s p i n
r
z o + j ' o
T +1/2 eL on p.n>t l a développer sur l'ensemble complet d ' é t a t s | t-ijT +l/2>
O O
du 47 ^ :

configuration t r o u - p r o t o n J ' i s o s p i n T + ) / 2 du .„K


i 28
- o- V)
fS.Sff)

L'énergie de l'orbite trou-proton est définie per l'équation (5.79):

<?>

(jT +1/21
où E Odt Vi:necy,ie rit l ' é t a t de |ujT +l/2> du K e t où
|<[jjT +1/2 | a . [ $ > | ~ e s t son f a c t e u r s p e c t r o s c o p i q u y . Lorsque \$> > e s t un
dot. — •.. 'nant dt S i a t e r , ce f a c t e u r specd'oscopique o b é i t à l a r è g l e de somme

(5.86bis)

49, S c o b t e n
Considérons la configuration a. |$ > du i 2 8 2 u e en ajoutant un
- 168 -

proton dans une orbite j qui n'est pas occupée par un neutron. Cette configu-
ration a la projection d'isospin T =T -1/2 et T a. I* > = b. 1$ >t 0. La
K J r
z o + j 'o j o
configuration a. j cf> > sera donc un mélange d'états d'isospin T -1/2 et
T +1/2. On peut la développer sur l'ensemble complet d'états I >>jT ±l/2>
° 49 °
du , S c
2 2 8 ^
49
configuration particule-proton du .Sc„ 5 fl qui est
un mélange d'isospins T -1/2 et T +1/2 .

(*•««)
^iV>- Z (ujvik><*iVMc^*ii>*ix -vwx*jV%i^it>) 4 .
(! lZh)

L'énergie (5.75) de l'orbite particule-proton est :

Ci.T *f/2>
0 A 9 - <*>"•.> (5.88)
où E. sont les états du Se de spin j et d'isospin T ±1/2. Lorsque
|$ > est un déterminant de Slater, les facteurs spectroscopiques obéissent-»
o
à l a r è g l e de somme :

+ 1 (5.88bis)
4 K»j'T,f l q y l 4 > |
4 # j

i 49 i
C a d o i t c o r r e s o n d r e u n é t a t T +
A chaque état | Xj T +l/2> du n 2 9 P 2 I *J I/2>
49 • .» .
du S c „ „ qui a les mêmes nombres quantiques sauf pour la projection T de
9]

. . , 49 z

1'isospin. On dit que ce sont des états analogues aux états du Ca. Les états
analogues ont une structure très semblable car les forces nucléaires obéissent
à la symétrie de charge et la force de Coulomb ne modifie que peu les fonctions
d'onde liées. Les états analogues peuvent être déduits les uns des autres
par les opérateurs T c'est à dire par des rotations dans l'espace d'isospin.
+

Si nous faisons cette hypothèse pour les états analogues |AjT +l/2> du
49 49 °
Se et du Ca, on peut relier les facteurs spectroscopiques
- 169 -

par le théorème de Wigner-Eckhart :

* * L
T.-V T.-'/»
t
J
* *
(5.89)

La valeur du coefficient de Clebsch-Cordan est citée dans le problème


P4.1. On peut alors combiner les règles de somme (5.84bis) et (5.88bis) avec
l'équation (5.89) et écrire des règles de somme séparées pour les
49
facteurs spectroscopiques des états T ± 1/2 du Se :
(*S<)
?TV
Z lo.jV*l«/i^>i* * • -
* ar. * i (5.90)

(pour les orbites (5.87))

Lorsqu'on ajoute un proton dans une orbite j déjà occupée par des
• i 49
neutrons, on obtient une configuration a. \$ > du Se qui a un isospin
J o 49„
T -1/2 qui n'est pas u.i état analogue d'un état du Ca. Cette configuration
i 49
se développe donc sur les états |XjT -l/2> du Se:
"1 . 49
configuration particule-proton d isospin T -1/2 du - , S c OQ

o ZI Zo
(-•St)
(5.91)
«/•4fc>* I i*jT,-n><x 'T.-y,i«ij*i4.> .
4

L'énergie de l'orbite est :

5 9 2
(«*«) . ,. .
T V ) < ' >
» I K^VfcU/i^l E * ' * - <+.IHl4.>
x
Lorsque |$ > est un déterminant de Slater, on a la règle de somme suivante
("Se)
4 . <*,i «;*/.*•.>« I K*iVti«/ï4 >j' t
(5.91bis
- 170 -

Lorsqu'on ôte un neutron d'une o r b i t e j qui e s t occupée par des protons


on o b t i e n t une c o n f i g u r a t i o n b . <
| f> > du _ C a _ dont la p r o j e c t i o n
n 7 d'isoruin
e s t T =T - 1 / 2 et t e l l e que T b . \$ > f 0 . Cette c o n f i g u r a t i o n e s t donc
un mélange d ' é t a t s d ' i s o s p i n T - 1 / 2 e t T +1/2 e t on la développe a i n s i sur
° 47
l'ensemble complet des é t a t s |ÀjT ±l/2> du _ C a : ft ?7

47,
c o n f i g u r a t i o n trou-neutron du - Ca_ qui e s t un mélange
J 7

. ' d ' i s o s p i n T -1/2 et T +1/2.


J o o
(
1 ^
(5.92)

L ' é n e r g i e (5.79) de l ' o r b i t e trou-neutron e s t :

' r (5.93)

4 K/»iT.*^ Ib.»*.>l *y*

Les facteurs spectroscopiques obéissent à la règle de somme :


4 (*&>>.
l <*' »
2 _ (jV'4)
^* (5.93bis)

A chaque é t a t jpjT + l/2> du q^2ft correspond un é t a t analogue jyjT +l/2>


2

47
du ~ C a qui a l e s mêmes nombres quantiques sauf pour la p r o j e c t i o n d ' i s o s p i n
7 7

T . Si nous supposons que ces états analogues ont la même structure, c'est à
dire qu'ils peuvent se déduire les uns des autres par les opérateurs T , le +

théorème de Wigner-Eckhart permet de relier les facteurs spectroscopiques


47 47
des états T +1/2 du K et du Ca ainsi :
o
I
, a »</%jT tV»»a-l*.>f
i</*iT.» '*»V+.>l* AT.ti.
#

Lorsqu'on combine cette expression avec les équations (5.93bis) et


(5.86bis) on obtient des règles de somme séparées pour les facteurs spectros-
- 171 -

47
copiques des é t a t s T - 1 / 2 e t T +1/2 du Ca :
..» ° °
x
U/^V'MW. . i > |
(5.94)
(*c*) I
I I^V^lU,-l<>|* = -^~l

(pour les configurations 5.92).

Lorsqu'on ôte, enfin, un neutron d'une orbite qui n'est pas occupée par un
proton, on obtient une configuration b. |<p > du _ C a ? 7 qui a isospin T -1/2 et
qui n'a pas d'analogue dnas le spectre du K _ . Cette configuration se
o a Q

47
développe sur les états d'isospin T -1/2 du Ca :

:P . 47
c o n f i g u r a t i o n t r o u - n e u t r o n d ' i s o s p i n T - 1 / 2 du „ Ca„ 7

*>j ' * • > z(**eJ '/^ T,-'/ > </» j r - v, | V,- 14». >
t # d (5.95)
r

L ' é n e r g i e (5.79) de c e t t e o r b i t e e s t donnée par l ' e x p r e s s i o n

t
«j'* <+.IHl*.>- <M*>j Mb,- Ifc>
(5.96)

et on a la règle de somme suivante :

(3.96bis)

Les spectres des noyaux A=47, 48, 49 sont donnés dnas les Nuclear Data
Sheets, Section B, Volume 4, N°3-4, July 1970. La réaction
48,
Ca(He ,d)A9„
Se
49
permet de determiner les facteurs spectroscopiques (F.S.) des états du Se.
(Armstrong and Blair, Phys. Rev. 140 (1965) B1226; Crandy, Mac Donald and
Dawson, Nucl. Phys. Ail) (1968)353; Erskine, Marinov and Schiffer, Phys. Rev.
142 (1966) 633). La figure I donne les valeurs des facteurs spectroscopiques
(entre parenthèses) normalisés selon les règles de somme (5.90) et (5.91 bis),
172 -

5/2+ U.93

4 9
Se
21 28
(0.11) 1/2- 13.59
To = 4 2T /2T +1-= 0 * 9
0 0

1 / 2 T 1 = 0.11
0+

(0.11) 3/2" • 11.56

Ts9/2
(=T + 1/2)
0

5.392^ ,5/2- (0.12)


5.100- ,5/2- (0.32)
5.035" 1/2-
4.756" 5/2" (0.13)
4.507" 3/2- (026)
4.080 v . 5/2" (0.18)

3323 '5/2- (0.13)


/
3.919
3.092-. -3/2- (0.63)

2.382. ,(1/2+)
2.233 '(3/2+)

0.000 .7/2" (100)


T=7/2 F.$.
(sT -1/2)
0

FIGURE 1
- 173 -

La figure montre également les facteurs spectroscopiques des états T»9/2,


49
qui sont des états analogues aux états du Ca et qui apparaissent comme
48
des résonances étroites dans la diffusion élastique Ca(p,p) (jones,
Schiffer, Lee Jr., Marinov et Lerner, Phys. Rev.145 (1966) 894). On voit, par
exemple, que la configuration particule-proton a. |<j> > se répartit entre
'P3/2 °
les deux états 3/2 d'isospin T -1/2=7/2 à 3.092 MeV et à 4.507 MeV et
o
l'état 3/2" d'isospin T +1/2=9/2 à 11.56 MeV.

La configuration particule-proton a f |<{> > se tépartit parmi 5 états


1
d'isospin 7/2, mais on n'a nas déterminé les états i 'isospin 9/2 auxquels elle
49 c
devrait se mélanger. On a supposé que l'état fondamental 7/2 du 2i^ ?« était
la configuration pure aj jcj> >. Pour déduire les positions des orbites de
particules-proton, selon les équations (5.88) et (5.92), nous devons connaître
les énergies des états fondamentaux des noyaux A= 47, 48, et 49. Elles sont
tabulées par Mattauch, Thiele et Wapstra, Nucl. Phys. S7_ (1965) 1.

E ( " • a ) * <OHl<>.> = - 4IS.1H MeV

W / 2 , , l f 0 M e V
E ( * ' S e ) * -44S.6»9MeV E( G) * - * «

r (*\) m - A o o . ^ l o W.V E(*Va) * - « • « . °SéMeV

A l'aide de ces données et de celles de la figure 1, les équations (5.88)


et (5.92) donnent les valeurs suivantes des énergies des orbites proton :

48 47
La réaction Ca (t,a) K permet de déterminer les orbites proton-trou
(Chapmann and Hinds, Phys. Lett. 24B (1967) 568). Les données suggèrent que
l'état fondamental (Figure 2) est la configuration 2 et que le premier
S
l/2
- 174 -

n e
état excité 3/2 à 0.36 MeV correspond au trou ld / 3 2 • On possède aucune
information sur les facteurs spectroscopiques que nous supposons égaux à I

Figure 2; l\
IS *t

,J
0.HH.V V ( il )
.i
0 V (2*0

L'équation (5.86) et les valeurs (5.97) donnent les énergies suivante:


des orbites proton :

Les Nuclear Data Sheets, cités plus haut, donnent le spectre suivant
49
du Ca :

. 49- 3340 r/ +

2.02* IV/) (»oe) 2fv t

O.ooo (»/r) (t.oo) 2 * , ,


F.fc.
48 49
La réaction Ca(d,p) Ca permet de déterminer les orbites neutron en
dehors de la mer de Fermi (Belote, Dorenbusch et Rapaport, Nucl. Phsy. A120
(1968) 401; Bogaards et Roy, Contr. Intern. Conf. Properties Nucl. States,
Montréal (1969) 258). Les expériences suggèrent que les deux premiers états
3/2 et 1/2 ont des facteurs spectroscopiques égaux à I (Figure 3 ) . Ce sont
- 49
les états analogues des états 3/2 et 1/2 à 11.56 et 13.59 MeV du Se
- 175 -

TFig'ire I). L'équation (5.84) et les données (5.97) donnent les énergies des
orbites neutron suivantes :

%«* r
-S-l%MtV t Z f % *-3.12 MeV
48 47
La réaction Ca (p,d) Ca permet de déterminer les orbites trou-neutron
(figure 4 ) . , \ (t.»)

4. Pit LHiT)

Figure 4 : L.<K

1
0.000 - (>/,") (o.t5?J H , '

Les données sur les facteurs spectr ..copiques citées dans les Nuclear
Data Sheets (loc. cit) sont très imprécises et nous avons arbitrairement
assignés à l'état fondamental, au 3/2 à 2.580 MeV et 1/2 à 2.602 MeV des
configurations trou-neutron (5.02) pures et nous avons normalisé les facteurs
spectroscopiques de ces états à 2T /2T +1 = 0.89 selon l'équation (5.94).

On n'a pas déterminé dans le Ca la position des états analogues aux


4 7
états T +1/2 du K (figure 2 ) .
47
On peut estimer la position de ces états d'isospin 9/2 du Ca en consi-
dérant l'énergie coulombienne qui lève la dégénérescence des états analogues.
Dans la mesure où les forces coulombiennes ne modifient pas beaucoup les
fonctions d'onde des états liés(donc au premier ordre des perturbations) la
différence entre les énergies

17 A7
des états analogues |X,j,T +1/2> du K et du Ca est égale à AU , différence
entre leurs énergies coulombiennes :
- 176 -

Or les énergies Coulombiennes vairent assez régulièrement avec N et Z


selon la loi empirique :

(voir cependant la remarque qui précède l'équation (8.36bis)). On peut donc


utiliser cette loi pour extrapoler au système A = 47 , la différence AU
C
- 49 49 .
qui sépare les états analogues 3/2 et 1/2 du Se et du Ca (figures
1 et 3) :

On trouve pour le système A * 47 :

J
AU, » E
V
M ^ ) - E 1
* rO.MtMiv

On en déduit les énergies d'excitation suivantes des états T -H/2 du Ca


o
v
E *(*a>-e.(**u>-
v H.«OM«V

valeurs qui sont portées sur la figure 4. . L'équation (5.93) permet alors de
déduire les énergies des orbites neutron ld~ /2 et 2s. , : ?

, Î S 1 M < V e , , S r M V
* M*t * " **V. *" * «

Enfin, puisque l'état fondamental du Ca a un facteur spectroscopique


égal à 1, l'énergie de l'orbite trou-neutron f 7 / 2 est égale à :

« V - E. ( " ' M - E. (**C0 » - 9.9* M»V •


- 177 -

Les énergies des orbites neutron et proton, ainsi calculées, sont portées
sur la figure 5.

S
V * 5.23 ~ * **fc

1
'»* -9.9 » -1|
*U

-IÎS5
-IÎ.S?
IS.2i
15. 12.

protons neutrons

48
On voit qui; dans le ? Ca Q les énergies des orbites des neutrons sont
n 2

très voisines de celles des protons. Cela vient de deux effets qui se compen-
sent : l'énergie de Coulomb qui temonte les énergies des orbites proton et
l'interaction neutron-proton qui, plus attractive que l'interaction entre
nucléons de même espèce , rabaisse les énergies des orbites proton par
rapport à celles des orbit as neutron. Cet effet sera illustré dans la

section 8.6 dans le modèle soluble de l'oscillateur. Voir en particulier

l'équation 8.83 .
- 178 -
DISCUSSION
On voit que malgré tout l'effort et l'art ùcployé pour obtenir les
valeurs expérimentales des énergies des orbites, les données restent encore
fragmentaires. La détermination des énergies des orbites relève encore
e t ,s
beaucoup de l'évaluation. Les orbites plus profondes OP3/2» ^1/2 l/2^
peuvent être sondées par des réactions (p,2p) ou (e,e'p).

On peut soulever à l'analyse que nous avons faite l'objection suivante :


pourquoi supposer que le déterminant de Slater |<{> > représente l'état fonda-
mental du C alors qu'on a supposé que les configurations a^ |4>> ouo

a. |$ > étaient réparties parmi plusieurs états des noyaux impairs? Bien que
les noyaux à couches complètes soient plus stables que les noyaux pair-iir.pair
voisins ce qui justifie ces hypothèses dans une certaine mesure, on peut
tenir compte des effets dûs à ce que le noyau pair-pair présente également
un mélange de configurations de sorte que le déterminant de Slater \<j> > est Q

une configuration qui se répartit parmi plusieurs de ses états. En principe,


le formalisme de la fonction de Green à une particule (chapitre 10) permet
de tenir compte de ces effets. En particulier, les règles de somme des facteurs
spectroscopiques sont alors modifiées (voir Equations 10.25).

5.8. CONDITIONS DE STABILITE DES ETATS DE HARTREE-FOCK PAR RAPPORT AUX


VARIATIONS DE LA MATRICE DENSITE..
Les équations de Hartree-Fock ont été dérivées à partir du problème
variationnel (5.1.8) qui assure que l'énergie E[p]est stationnaive par rapport
aux variatioi s infinitésimales de la matrice densité p. Cherchons dans quelles
conditions Efpl est un minimum, (autre démonstration dans les sections 6.8 et 6.9)

Soit p la matrice densité du déterminant de Slater \$ >. Tout autre


( o )

2
matrice densité p, qui est hermitique et qui satisfait aux equations p =p et
Trp=Trp =N, peut être écrite à l'aide d'une matrice hermitique S
(S..=S.. ) ainsi :

(5.100)

où nous avons utilisé le développement (1.80) et où :

(5.101)

sont les variations du premier, second, ... ordre de la matrice densité


produites par la transformation (5.100). Les matrices p et p prennent
des formes particulièrement simples dans la représentation où p est
- 179 -

diagonal, c'estàdire dans la représentation des orbites à partir desquelles


le déterminant de Slater |<J> > est construit. Appelons p,p'... les orbites
(de particule ) en dehors de la mer de Fermi et t,t' les orbites (de trou)
dans la mer de Fermi:

(5.102)

Dans cette représentation on a :

... 19) (•)


a
(5.103)
J t t " ht' . Sp '
f ? t "U
r P - °
En calculant les éléments de matrice de p et p à partir de
l'équation (5.101) on trouve :

(O
l s
S p* * pt

a) A

s # s
S* " * L f W « " ^ pfc i ' t l
S
V * t f W r - f H'Sv l f
(S.lo^?
- 180 -

(o)
Développons l'énergie E[pJ jusqu'au second ordre en S autour de p
On obtient :

w-urvz^ii,».^:-!,, i • / 9 ny i

(5.105)
4
<> C4I }*£
X 3 k
0;k€ M * c»>
*f ?*kf ?
V

(o)
Considérons le cas où p est une solution des équations de Hartree-Fock.
Dans ce cas h.. *3E/3p..[ loi est diagonal dans la représentation (5.102) :

(5.106)

et compte tenu des équations (5.104), le développement (5.105) peut s'écrire


jusqu'au deuxième ordre en S :

<*) (Aï

(5.107)
(1>
* £ <L Ç .. (7;. , f, ke k

Dans l'équation (5.107) les paires d'indices (ij) et (k£) sont chacune
soit (pt) soit (tp), et V . . , est défini par l'équation :

u,*A«
le. te

+ <4,i 9'V
(5.108)
!•.>
ke
!81 -

L'équation (5.107) peut ê t r e é c r i t e sous forme m a t r i c i e l l e . Nous


d é f i n i s s o n s l e vecteur :

iC\ = . /v
\

Chaque composanteIpt)ou (tp)d«lvecteur correspond à une configuration (ou exci-


tation) particule-trou.

Nous définisssons également la matrice hermitique M :

^ - I .J -. 3 i-i- (5.110)

\ & %. r F p 'V.pV /
où s
rtp
( e
A *. v = Spr'^ V * > *• ^ r ' * ' •
P r iff,.
& t, v »
P P U t , y = ——
P t ( 5 . m )

s s
Sf* Uy

La matrice A est herro tique et la matrice B est symétrique : A=A , B=B.

L'équation (5.107) s'écrit :

(5.112)

L'équation (5.112) montre comment varie l'énergie au voisinage d'une


solution de Hartree-Fock p . La variation ist évidemment du deuxième ordre
puisque la solution p la rend stationnaire. On voit que la condition de
stabilité :

EtO > ec$'"l (5.113)


- 182 -

ne sera réalisé que si la matrice M est définie positive c'est à dire si


toutes ses valeurs propres sont positives. Nous verrons dans le chapitre 1£
que cette condition est équivalente à celle que toutes les fréquences de
vibration soient réelles dans l'approximation RPA.

Considérons le cas où la transformation (5.100) correspond à une symétrie


continue du Hamiltonien qui est brisée par l'Hamiltonien de Hartree-Fock.

Une transformation continue peut être représentée par l'opérateur


ictS
U=e où a est une variable réelle continue. Par exemple, une rotation d'un
angle* autour d'un axe Z est représentée par l'opérateur e . Pour cette
transformation continue on a donc :
*"t S tm,. - tM S
. (•> _ (0) (At
j = e ç c s e + j + ••• (5.ii4)
ou

u
Calculons A L^ ~3 * premier ordre en c( :

1
V» t s l » V» Es* * S 3 - *• E s O + £ % " " S* « <*•»*> k

0
D'autre part montrons que si £ M S } , $" J *Oi)na aussi T^, £»*] € ]] * 0 .

En effet d'après (5.36) on a:

Wt i »s e K[j»i e
et puisque P s 6 Ç € on a:

En reppiaçant les développements (5.114) et (5.115) dans l'équation


o n
rWX.^3 ? J * O obtient, au premier ordre en e(

^ f ] , r ] , • l^iM C » 0. (5.H7,
4 kt "
Dans la représentation (5.102) où p est diagonal, h [p°Jest donné
(1)
par (5.106) et p peut être représenté par le verteur (5.109). Dans cette
- 183 -

représentation, on peut écrire l'équation (5,117) à l'aide de la matrice (5.110):

a
H V 0 (5.118)
Nous obtenons donc le théorème suivant :

Pour chaque symétrie continue brisée par l'Hamiltonien de Hartree-Fock, la


matrice M a une -Dateur propre nulle.

Pour les systèmes infinis, cette valeur propre nulle correspond au boson
de Goldstone. Pour les systèmes finis (noyaux) les valeurs propres nulles
correspondent aux états spurieux (voir section 5.11). Lorsque la transformation
(5.100) correspond à une symétrie du Hamiltonien, on a E[p] * E[p°] à tous
les ordres en p, à cause de (5.24), L'équation (5.112) exprime cette propriété
au deuxième ordre en a. Lorsqu'on plus, la transformation (5.100) corres-
pond à une symétrie du Hamiltonien de Hartree-Fock, l'opérateur S commute
avec p , et p est nul à cause de (5.114bis). Dans ce cas le vecteur V»0
et la matrice M n'a pas de valeur propre nulle correspondante. Lorsqu'au
contraire p i p , la symétrie continue du Hamiltonien décrite par la
transformation (5,114), engendre une dégénérescence continue des solutions
des équations de Hartree-Fock. C'est cette dégénérescence qui est à l'origine
â la fois de l'état spurieux et des mouvements collectifs tels que la
rotation par exemple.

5.9. REPONSE LINEAIRE A UN CHAMP STATIQUE EXTERNE.

(Voir aussi les sections 6.8, 6.9, 11,7 et 12,1)

Soumettons le système à un champ statique externe -AF, où F est un opérateur


à un corps hermitique :

F 5 ,20
F* " Z »j «•"**; <' >
'i
Dans ce cas la fonctionnelle (5.12) devient ;

ê(tf- I^'tipfji - A l *,- J • I ^ « W i v c ^ ! . « > $ . . S, '


it k
(5 12,)

Soit p la matrice densité, solution des équations de Hartree-Fock, pour


A-0 et soit p la matrice densité pour W 0 , Si l'intensité A est faible on
peut développer p au voisinage de p :

S * 1*'* S ( 4 >
(5.122)
- 184 -

Cherchons à calculer p en fonction de l'intensité A de la perturbation


-XF. Au premier ordre en p et en X la fonctionnelle (S.121) est :

EEv* * E l O - A IF ,"% T*J I r « til

et le champ de Hartree-Fock est

.• • £: - - I -xF + ri!i- I
>»•

W^-xF... Z ^ , . k C
(5.123)
1*1
. IV i

n .. f h ..
1
w
l«ll

où h..'est l'Hamiltonien de Hartree-Fock lorsque A«0, oùV..,ht est défiLPi par


l'équation (5.108) et où h., est le changement du champ Hartree-Fock
au premier ordre. La matrice densitép satisfait aux équations de Hartree-Fock
[_ h, pj* C. Au premier ordre on a donc :

4
[U". V>'\ ?'"• s' '] « °
Soit encore

<4 }
r y * . s '^ f v / v " - * ^ ^ (5.124)

En remplaçant, dans cette équation t/ ' par sa valeur définie par (5.123)
et en prenant les éléments de matrice de cette équation entre états /pt>etftp),
on trouve dans la représentation ou p et h sont diagonaux :

(5.125)

Où les matrices A et B sont définies par l'équation (5.111). Le changement


- 185 -

de la matrice densité est donc proportionnel à l'intensité A de la pertur-


bation et il est donné parPinverse de la matrice hermitique (5.IIO):

A 8 y ' / F, r

.»• K») l F, ' r

Le système perturbé acquiert une valeur moyenne de l'opérateur F égale à

D'après l'équation (5.112), l'énergie du système devient:

On voit q u o < F > e t E saiisi".:..: à l'équation exacte:(voir problème P3.3):

<*> * *./' (5.129)


de sorte que:

*l*

F
--.•»>- il',:, V > ( J.*.)"' ( " ) C».r a. » 8 .• .1.1.0
F

*?
Lorsque l'Hamiltonien de Hartree-Fock brise des symétries continues la
matrice M» I ^ est singulière (voir section 5.8) et nous devons préciser
l'équation 1(5.126). La matrice hermitique M peut être développée sur la base
de ses vecteurs propres :

Dans l'équation
(5.130)les indices a et g dénotent des configurations (pt) et (tp). Soient
W^ les vecteurs propres associés aux valeurs propres nulles e »0.
s
- 186 -

L'équation (5.125) s'écrit :

(5.131)

de sorte que l'équation (5.126) devient :

(5.132)

Cette équation montre que p doit être calculé avec la matrice dont
on a ôté les vecteurs propres spurieux.

Cela veut dire que les expressions (5.126), (5.127) et (5.128) doivent
être calculées en inversant non pas la matrice M mais la matrice

M * * (5.133)
«, • l w ; .w e p

5.10 EXEMPLE ILLUSTRATIF : FORCE DEPENDANTE DE LA DENSITE ET DE PORTEE NULLE.


Considérons la force très simplifiée :

\Ms> » li^~t ) t [*r W * 7>] (r (1


534)

où n(r) est la densité de nucléons (5.17) qu'on peut écrire ainsi :

*(*) - Z L <*<rv I > > < > lr«r > T (5.135)

Soit n (r) la densité mixte, dans l'espace de spin et


T
Vl'°2 2
d'isospin, définie ainsi :

*«-.*,,<7.t t <*> = I <?** »*><X l r r V ' > . ( 5 , 1 3 6 )

Avec la force (5.134) l'énergie potentielle est égale à :

*4l Vf*) !<(>>= £ Z [(yclVCj>lA/0- CX^lVfj)!^*)] ( 5 ., 3 7 )


- 187 -

Le calcul explicite de cette expression avec la force (5.134) donne :

<*»V( )l<|>>r
S i J*?«*(?) [ a * WrUr*,]

t + i* r -.(5.138)

Supposons que le renversement du temps et la troisième composante


d'isospin T laissent invariante la mer de Fermi. Dans ce cas la densité mixte
(5.136) est diagonale dans l'espace de spin et d'isospin et on a :

"r,*.,* t^ <*> * h l U îr.t, " r <?> ( 5 , 3 9 )

et

"Un * n (f ) + n (r; .
f n

Dans l'expression (5.139) l'indice T" n ou p distingue les densités de


neutron ou de proton.

L'énergie potentielle (5.138) s'écrit donc:

Lorsque l'interaction effective a une portée nulle comme l'interaction


(5.134), l'énergie potentielle (5.140) n'est fonction que des densités
n (r) (T= n et p) et le potentiel de Hartree-Fock U= -r- <$|Vfp)\$> est un
potentiel local. En effet, calculons :

5<rV't'i$i roT>

(5.141)
* V f") S<JVr'i$/r<rr>

= S<?-7'> f , r TT .
r r

5r> (?)
T
- 188 -

car il est facile de vérifier que

S r (?
° " '' = s .ï .
rr vt S - r ,t?-,Stf'-t; . <3..«,
xx (

KrV'T'lglrrO

Soient U (r) l e s p o t e n t i e l s locaux de Hartree-Fock :

U (?>
r s 2. <4>l \/( y
S »<{> > . (5.143)

L'expression (5.140) permet de calculer explicitement la dérivée (5.143),


Le résultat peut s'écrire sous la forme :
.1
V (r> * l r»C?) [ « • i>ru?>"|- fe [ n
r f ^-«^(A]
H x -J 8
(5.144)

Dans l'expression (5.144), T = +1 pour le potentiel des neutrons et


T = -1 pour le potentiel des protons. Lorsque le noyau a un excès de neutrons
on a n (r) f n (r) de sorte que le potentiel Hartree Fock des protons diffère
du potentiel des neutrons, et cela même en absence de la force de Coulomb.

Nous avons là un exemple de symétrie brisée : il s'agit de la symétrie de


—iïïT v
charge représentée par l'opérateur e . La symétrie de charge échange un
->• ->

neutron en un proton et donc transcorme n (r) en n (r). L'expression (5.140)


montre que l'énergie est invariante dans cette transformation, mais non pas
le potentiel de Hartree-Fock (5.144).

Le terme de réarrangement du potentiel de Hartree-Fock est :

145)

Le potential de réarrangement est le même pour les neutrons et les protons


parce que l'interaction effective (5.134) ne dépend que de la somme
n (r) + n (r).
p n

Le potentiel de réarrangement agit surtout dans les régions de haute


densité au centre du noyau. Cherchons à en évaluer l'ordre de grandeur.
-189 -

Nous verrons dans le chapitre^que si on choisit les paramètres a et b de la


force (5.134) de manière à lier la matière nucléaire à E/A =-16 MeV et à une
densité correspondant à k = 1.36 fin , on doit prendre

a : -38A-MeV b * 2181 M e V (5.146)

Au centre du noyau, la densité de nucléons est de l'ordre de n(r) ^ 0.17


nucléons/fm et n (r)-n (r)<<n (r). L'expression (5.145) montre donc qu'au
n
P
centre du noyau le terme de réarrangement est répulsif et remonte le fond
du puits de 24 MeV. D'après l'équation (5.144) la profondeur du puits au centre
du noyau est -54.36 MeV.

f U(ft

»r

(5.147)
•S«iMiV

5.I1 TRANSFORMATION GALILEENNE ET L'ETAT SPURIEUX DU AUX TRANSLATIONS.

Considérons la transformation galiléenne (5.32) qui est représentée par


l'opérateur unitaire:

U - *p (-^ ) avec r
R • —- 2- i (5.149)

Dans cette transformation, l'opérateur impulsion p. de la particule i devient;

U fil): f;- WV (5.150)

Nous avons vu à la page | S | que si p et E[p] sont la matrice densité


et l'énergie du système, la transformation galiléenne change p en p • U ÇU
- 190 -

et l'énergie E [pi en

2.

L'équation (5.151) montre qu'un determinant de Slater | <j>> tel que


<4>|pj<{>> f O ne peut pas être une solution des équations de Hartree-Fock. Car
dans ce cas on peut toujours trouvei une vitesse v telle que le déterminant
de Slater U|<f>> ait une énergie inférieure. En ettet, si «J>|P|<{>> f 0, le centre
de masse du système a une vitesse moyenne non-nulle et il existe aloi
toujours une transformation Galiléenne (5.149) qui diminue la vitesse moyenne
du centre de masse et qui abaisse ainsi l'énergie. Supposons donc que \<p> soit
une solution des équations de Hartree-Fock et que :

<4> l P t + > •» O . (5.151)

Dans ce cas la transformation Galiléenne (5.149) change l'énergie E[p] en

0 4
* 2 (5.152)

Supposons que la vitesse v soit faible et dirigée le long de 1 axe x.


Développons p » UçU en puissances de v selon l'équation (5.100). Pour la
transformation (5.149) on aura :

i$
u . i " - «f ( - £ * £ « ;
et donc

9
~ TT L *; (5.153)

Définissons le vecteur ;

)( S
(Z )
f 1 (5.154)

avec K t * <fU»t> «-•" * * j • <t\*lf > . C e vecteur joue le même


r ô l e que le vecteur d é f i n i par l ' é q u a t i o n ( 5 . 1 0 9 ) . D'après l e s équations
- 191 -

(5.112) et (5.J 10) on obtient le développement suivant de l'énergie :

E t n - E i a * ^ ^ < , f t j ) CC) r (5.155)

En comparant cette expression à l'expression (5.152) on obtient la


propriété remarquable suivante de la matrice I # % j

VA'
= <*£,-< > ( ) (-X ) (5.156)

Considérons maintenant la translation (5.29) qui est représentée par


l'opérateur :

iZ ?
U- «,(*-£-') avec ? * X Pi
(5.157)

Une telle translation qui change le vecteur position r- d'une particule


-]-*• -*•-*• . .
en U r- U • r.-a est une symétrie du Hamilton.en de sorte que pour
p * UoU on a

E[ -l-
5 E[$] (5.158)

Prenons a petit et parallèle à l'axe x. Développons p = U»U en puissance!


de a comme dans l'équation (5.100)

On aura :

U» exp (i*S) = <*P ( £ Ity)


et donc
A
S • r Z. ?»co (5.159)

Définissons l e vecteur :

(5.160)
- 192 -

Ainsi que nous l ' a v o n s montré aux pages 182 e t 183 le vecteui P e s t
v e c t e u r propre de la m a t r i c e I „, # j avec v a l e u r propre n u l l e :

(:.:•)(£)•••
équation à rapprocher avec l'équation (5.156).

Les vecteurs X et P définis par les équations (5.154) et (5.160) sont


apparentés en ce sens qu'ils sont construits à partir de deux opérateurs
conjugués!

I!,' f Z *. A
<* "P. -- L P.") «••">
ï-l ••!

qui obéissent à la règle de commutation :

(5 ,63)
[ R . , ?."] * •"* -
Prenons la valeur moyenne de ce commutateur dans l'état |<{>>. On obtient la
relation :

(5,,64)
I {<*i*»r><rir«it>-<pi«itxtifwir>3 * i A *

Dans l a n o t a t i o n (8.170) de l a s e c t i o n ( 8 . 9 ) , l ' é q u a t i o n (5.164) s'écrit


sous forme de produic s c a l a i r e :

( X n F ) m t' A fc (5.165)

et les vecteurs X et P ont une norme nulle :

(X,IJ X ) = 0 / ( ? t) ?)*/ 0 (5.165W.)

Les équations (5.165) et (5.165bis) montre que les vecteurs X et P sont


linéairement indépendants.

On notera également que la norme nulle du vecteur X ainsi que l'équation


(5.156) impliquent que ce vecteur ne peut pas être une des solutions du
problème aux valeurs propres (8.163) de la RPA.
- 193 -

Il arrive souvint qu'on travaille non plus avec l'Hamiltonien H défini


par l'équation (5.11) mais avec l'Hamiltonien

5 ,66
H = H- — <- >
Zf\m
I l est f a c i l e de v é f i f i e r que H e s t encore une somme d'un opérateur à
un corps et deux c o r p s :

+
H = (4- f ) Z <m ij > « <tj ;

(5.167)
4 v p a
z* .*;kt
£ - < g i < $* > -
d
£-
Am
* i*e> ;«j«€<k

Lorsqu'on travaille avec l'Hamiltonien H, la transformation galiléenne


(5.149) ainsi que la translation (5.157), sont des symétries du Hamiltonien.
Dans ce cas on a

s
EtO • E Csl *«c S U$ iT (5 I68)

pour les deux transformations (5.149) et (5.157). (Nous ajoutons un suffixe A,


à toutes les quantités calculées avec le hamitonien H ) .

La matrice I ^ # ) possède alors deux vecteurs propres linéairement


indépendants, avec valeur propre nulle, notamment ;
A A
A B \ / Fpt \ m 0.
(5.169)

(voir également la discussion dans la section 11.3)

Références : D.J. Thoulees, Nucl. Phys. SI (1960) 225


et Nucl. Phys. 22 (1961) 78.

Les applications de la théorie de Hartree-Fock aux noyaux sont très


nombreuses. On pourra consulter utilement les articles suivants:
D.Vautherin et D.M.Brink, Phys.Rev. Ç5 (1972) 626
D.Vautherin, Phys .Rev. Ç7_ (1973) 296
H.Flocard, P .Quentin, A .K.Kennan et D.Vautherin, Nucl.Phys. A203 (1973)433.
Une revue des applications récentes peut être trouvée dans le livre:
"Nuclear Self-Consistent Fields",(Ed.Ripka et Porneuf)North-Holland 1975.
La première application est due à Kelson et Levinson, Phys .Rev.134 (1964).
Pour*un exposé simple voir'.G.Ripka, Advances in Nuclear Physics, Vol.1
(1968),Plenum Press.
- i94 -

EXERCICES ET PROBLEMES

P3.1
On considère la transformation unitaire suivante de la matrice densité
iV S -l'otS
g * € % e
où S est un opérateur herm»tique. Montrer qu'au premier ordre en ^ on a :

EIsl = E I s l • i* TV { S [s,V/]}
où h r^E/a» . En déduire les équations de Hartree Fock (5.20).

P5.2 Méthode de Newton pour résoudre les équations de Hartree-Fock.


Soit [$ > un déterminant de Slater d'essai. Celui-ci définit une matrice
densité p.?'•<$ la. a. U > et un Hamiltonien de Hartree-Fock h.. » T — 1
, y
ij o' j 1 o ij 3p [p=p o

Soit p la matrice densité solution des équations de Hartroe-Fock:[h,p"^ = 0 et

définissons p = p-p . On peut calculer p en linéarisant les équations de


Hartree-Fock. Jusqu'au premier en p(') on a :

où h.. • J ¥•• . , P bo avec IT défini par l'équation (5.108) et calculé avec

la matrice densité p . L'équation ci-dessus est un système linéaire qui permet


de calculer p et on peut ensuite recommencer le calcul à partir de p=p +p
et procéder ainsi de suite par itération.
A partir de certaines approximations que l'on précisera, le système ci-
dessus pcit s'écrire : « f#

"(S)-uE)
cù M est la matrice (5.110)

P5.3
On exprime un déterminant de Slater normalisé |<J>> en fonction d'un autre
déterminant de Slater normalisé |<|> > par l'expression (voir équation 1.97) :

I*>*^«P (ic„«;«•)'•.>•
Soit p la matrice densité de |$> et p ' celle de |$ >. On développe p
en puissance des coefficients C : °
- 195 -

Montrer que les ordres successifs p et p de p sont donnés par


les équations :

s O
t
Comparer aux équations (5.10-4).

P5.4

Soit F le générateur i n f i n i t é s i m a l de l a transformation i t p v é s e n t é e p£


l ' o p é r a t e u r U=e ; Démontrer qu'au premier ordre en a on a :

J
ou * »j

Démontrer que si la transformation est une symétrie du Hamiltonien on


a la propriété suivante :

P5.5
En supposant que l'énergie coulombienne qui sépare les états analogues
le, T +!/2, T +I/2> et |0, T +1/2, T -!/2> est égale à 7 MeV, déterminer les
' O O ' O O A«
énergies (5.96) des orbites neutron 2 s . . „ et 'd,,~ du n 2
C a
28 e t c o m
Pléter ^ a

figure page 177 .

P5.6
On considère une force de la forme

où n(r) est la densité de nucléons au point r. Calculer, en fonction des densités


de neutron et de protons,les potentiels Hartree-Fock de neutron et de proton.
Montrer que les termes de réarrangement ne contribuent pas à la différence
entre les potentiels de neutron et de proton. On supposera que le renversement
du temps et l'opérateur T laissent invariante la mer de Fermi.

P5.7
On dénote par v_ . v et v l'interaction neutron-neutron, neutron-
nn np pp '
proton et proton-proton. Montrer que les spectres des noyaux miroirs (N,Z) et
i 41 41
C a e t S c 8 o n t d e n t u e s
IZ,N) tels que n 2 1 2 2l 20 i iq si v - v (symétrie de charge)
- 196 -

tandis que la dégénérescence d'états analogues (T,tL) exige l'indépendance de


+
charge v =v =v est l'interaction dand l'état symétrique — (lnp)+lpn) ) .
nn pp np /ï

P5.8
On considère une interaction nucléon-nucléon qui n'a pas de dépendance
radiale

sont les opérateurs qui échangent le spin, 1'isospin et les position" de deux
nucléons. On suppose qu'il n'y a pas d'énergie cinétique de sorte que l'Hamil-
tonien s'écrit H= -j1 }v v(i,j).

Montrer que les fonctions d'onde des orbites peuvent se factoriser en


produit de fonction d'onde de spin, isospin et espace de configurations.

<rrz !>„ <r T>> » <f


x x (?) X ( T ) Xv (x) , X T (*) » î«r » •
V V
*» *> u
Jk ' / W
A /A
Montrer que 1'Hamiltonien de Hartree-Fock est diagonal dans n'importe
quelle représentation orthonormale des fonctions dans 1'espc.ee des configurations.
Montrer que l'énergie e d'une orbite a est donnée par l'expression :

4- M l [(-.!>.)'- S„ <r, ÏT.T,]


À

Mont rer que si chaque orbite T. (r) est soit occupée par 4 nucléons soit
inoccupée le spectre des orbites est le suivant : »!
I

orbites vides .---- £ x £ A /^

orbites occupées — * t * S A / H "• fcr


- 197 -

où A est le nombre de nucléons et où

G ' W *?.*- 2H -AH


Montrer que l'énergie de l'état Hartree-Fock est

E ._ SA 1
6-A
« T
P5.9
On considère un système décrit par l'Hamiltonien suivant :

+ v c
»• I ïL î I. ^ 5 > [wtIP^-HP + MP ]T X

où P , P et P sont les opérateurs d'échange de spin, d'isospin et d'espace


définis dans le problème P5.8. Montrer que lorsque chaque orbite dans l'espace
des configurations est soit inoccupée, soit occupée par 4 nucléons, l'Hamiltonien
de Hartree-Fock a la représentation suivante dans l'espace des configurations:

où S- 4W + n - 2 H - M , & W 4 2 8 - 2 H - A M
t

n (»?,r?)= X Z <rîrTi>XAIf <rr> t

et n(r) * n(r,r) . Interprêter ce résultat.


- 198 -

P5.I0
I- Montrer que dans une base quelconque, l'équation (5. *2ff ) peut s'écrire sous
la forme :

*
ou M.. • - M.. ^ , .. .
ij,rs ji»sr est la matrice :

Montrer que dans la représentation qui diagonalise p et h la matrice M peut


être représentée ainsi :

1 /A B ®f*.ff* "Of*,*'*'
r
-&' -A' "V,rV -^tr.*"*'

<*rWWW
tt *

Représenter le vecteur I F,p I .. dans cette base et retrouver les équations


1 J
(5.U-S)

2- Montrer que si h(p) et p(A) sont les solutions Hartree-Fock qui rendent
stationnaire la fonctionnelle (5. 121 ) en présence d'un champ extérieur,
on a :

d
ÎSi.- Z(M-).,, [F,0„ ri

3- On pose p * e p e . Montrer qu au premier ordre en A on a :

I A, y/tt S it - «A [ > , $ ]

où p est la solution Hartree-Fock pour X=0 .

P5.ll
I- On considère un système où l'interaction à deux corps ne dépend pas de la
densité.
On considère la motrice densité P.. comme un vecteur 5 dont chaque composante
est un roupie d'indices (ij). Montrer que l'énergie peut être représentée
- 199 -

par la fonctionnelle suivante de 9 (lorsque g » g ) t

E i n » f-t • i ($*, K j )
où K e s t la matrice K. . = <iî,|v|jk>.
1J ,KX.
2- Soit W un potentiel hermétique à un corps. On considère la fonctionnelle
suivante de W :

où les >e sont les valeurs propres du Hamiltonien à un corps h=t+W.

Montrer que la fonctionnelle E [ W J est stationnaire par rapport à des


variations infinitésimales de W lorsque W = Kf, c'est à dire lorsque W est
égal au potentiel de Hartree-Fock. Interprêter ce résultat, (voir section 6.4)

P5.12
Soient e, les valeurs propres du Hamiltonien de Hartree-Fock. Montrer
que l'énergie de i'état Hartree-Fock peut s'écrire sous les formes :

H" * i Z !"<*«* ix>> + e x - < * l *- 14> l •

P5.13
Soit jcp> le déterminant de Slater construit à partir des orbites de
Hartree-Fock. On supposera que les interactions à deux corps ne dependent pas
de la densité.
a) soit û. 9 (^>une excitation particule-trou de cet état et soit H
f fc

1'Hamiltonien du système. Montrer que :

b) en appliquant le théorème de Wick (2.24) montrer que l'Hamiltonien

H- Z. <i I* l i > * \ 1- | I < <ii ». U > «ty«, ,


( e h

ient s'écrire dans la représentai des orbites de Hartree-Fock, ainsi :

où E - <4>|M|<J>> , où e^ sont les énergies des orbites de Hartree-Fock et où


0 0 0

le produit normal est pris par rapport à l'état |<J>>.

c) la forme ci-dessus correspond à une séparation du Hamiltonien en


une partie non perturbée et une interaction résiduelle :V:.
- 200 -

Montrer qu'avec cette séparation du Hamiltonien, les diagrammes de


Feynmann et de Goldstone ne contiennent jamais de boucle attachée à une
ligne, c'est à dire que

Jo . >..o • \*>
Interpreter ce résultat.
CHAPITRE 6

THEORIE DU CHAMP STATIQUE LE PLUS GENERAL

Dans le chapitre précédant nous avons supposé que le système était décrit
par un déterminant de Slater. Or les interactions à deux corps peuvent causer
des correlations à deux ou plusieurs corps et on peut chercher à inclure
l'effet de ces correlations sur le champ moyen.

Dans ce chapitre nous allons nous limiter au cas ou le champ moyen est
statique c'est à dire indépendant de l'énergie.(Nous verrons dans le chapitre 11
comment définir un champ non-statique à l'aide de la fonction de Green à une
particule). Le chapitre 11 constitue donc une généralisation de ce chapitre.

La théorie exposée dans ce chapitre est une extension de la théorie de


Hartree-Fock et elle peut être considérée comme une formulation du modèle unifié.
Elle n'a pas connu, jusqu'à présent, beaucoup d'applications (voir R. Psdjen
et G. Ripka, Nucl. Phys. AI42(I970) 273) sans doute parce qu'elle conduit à
une expression de l'énergie qui n'est pas utilisable en présence d'un coeur
dur.

Dans la section (6.10) nous définissons les concept de correlations à


deux et plusieurs particules, afin de le distinguer du concept d'excitations
à plusieurs particules et plusieurs trous. Cette distinction est particulièrement
importante pour les systèmes finis.

6.1. DEVELOPPEMENT PERTURBATIF DE LA MATRICE DENSITE.

Soit \\\>> l ' é t a t du système. La m a t r i c e d e n s i t é :

f
<c\% \' > = è < * l aj a; |Y> (6.D

qui est une valeur moyenne dans l'état ji[i> de l'opérateur a. a,, peut être
calculée à l'aide des diagrammes de Feynmann ou de Goldstone suivant les
méthodes exposées dans les L«.etions 3.11 et 4.6. Elle est égale à la somme
de tous les diagrammes vide-vide connexes liés à un point d'où sort une
ligne étiquetée j et où entre une ligne étiquetée i :

• _
4 .. J^*5>\ (6.2)
%. • < + l « . q , - | * > -
t < ^
202

La partie hachurée représente tous les diagrammes distincts liés au point


noir. On remarquera que,contrairement à ce qui se passe pour les éléments de
matrice des opérateurs^la ligne entrante correspond au bra <i|o« <ijplj> et
la ligne sortante au ket |j>.

Nous supposerons que l'Hamiltonien du système s'écrit :

H - H. •- V
(6.3)
J ke
4

et nous allons développer la théorie de perturbations à partir de 1'Hamiltonien


non perturbé :

H. = Z c Va . t t

La p e r t u r b a t i o n V e s t une i n t e r a c t i o n à deux corps que nous supposons


indépendante de la densité ou de la matrice densité.

Par exemple l e s diagrammes de Feynman qui c o n t r i b u e n t à la m a t r i c e d e n s i t é


(6.2) s o n t , j u s q u ' a u deuxième ordre en V :

î , -6 • 4 ' 'ê ' f' (6.5)

Nous avons dessiné les diagrammes dans la représentation de Hugenhoitz


(voir section 4.9).

La matrice densité obtenue en sommant les contributions des diagrammes


2
(6.5) n'obéit pas, en général, à la relation p = p car l'état | ip> du système
n'est pas, en général un déterminant de Slater. Nous verrons dans la section
6.^ quelle est la classe de diagrammes qu'il faut sommer pour obtenir une
2
matrice densité obéissant à la relation p = p.

6.2. DEFINITION DU CHAMP STATIQUE A PARTIR DE LA MATRICE DENSITE.

A partir de la matrice densité (6.2) on peut définir le champ statique


le plus général W :

(6.6)
<clW li > * W;-
ht
203

Bien que formellement semblable au champ de Hartree-Fock (5.21) (dans le


cas d'une force ne dépendant pas de la densité) le champ W ne lui est pas
identique car il est défini à partir d'une matrice densité qui n'obéit pas
2
à la relation p = p,

Soit h = € + W l'Hamiltonien d'une particule dans l e champ W:

< C l M î > * € S ; j + 21 < »


:
a v ,
i k >
?k« ( 6 7 )

0
* We
Soit |A> les états propres de h; nous les appellerons orbites :

(6.8)

6.3 ANALYSE TOPOLOGIQUE D'UN DIAGRAMME DE FEYNMAN VIDE-VIDE EN POINTS


D'ARTICULATION, CYCLES ET PARTIES IRREDUCTIBLES.

Jusqu'ici nous n'avons fait que généraliser l'Hamiltonien de Hartree-Fock


de manière à le faire dépendre de la matrice densité de l'état
\\l> > et non pas d'une matrice densité correspondant à un déterminant de Slater.
A présent nous nousproposons de calculer l'énergie du système. Celui-ci
n'étant plus décrit par un déterminant de Slater, l'énergie ne peut pas être
calculée à partir, par exemple, de la fonctionnelle (5.12), car on ne peut
plus appliquer le théorème de Wick à l'évaluation de la valeur moyenne de H
dans l'état |tj;> . Dans le but de calculer, par la théorie des perturbations,
l'énergie du système à partir des orbites JA> qui diagonalisent
l'Hamiltonien (6.7) nous allons d'abord développer une analyse topologique
des, diagrammes vide-vide de Feynman. (Nous verrons dans la section 6.9
comment faire cette analyse avec les diagrammes de Goldstone).

Références : l'analyse qui suit s'inspire des méthodes élaborées par Bloch,
204
Balian et De Doninicis. Voir :

C. Bloch, Congress on many-particle problems, Physica 26 (1960) 562


C. Bloch, Studies in Statistical Mechanics, vol.Ill, edited by de Boer and
Uhlenbeck, North Holland, 1965.
R. Balian, C. Bloch, C. De Dominicis, Nucl. Phys. 25_ (1961)529; 2]_ (1961)294.

Tous ces articles sont réunis dans : Claude Bloch, collected Works, North
Holland, 1975.

Considérons un diagramme de Feynmann général F, par exemple le diagramme


suivant :

(6.11)

Nous omettrons les flèches orientant les lignes là où cela n'est


pas nécessaire . La structure topologique d'un diagramme peut être analysée
comme suit :
a) on identifie d'abord les points d'articulation du diagramme. Ce sont les
interactions à deux corps dont la coupure peut séparer le diagramme en deux
parties. Par exemple le diagramme (6.11) a 5 points d'articulation marqués par
un gros point noir.
On identifie ensuite les cycles qui sont des lignes orientées que ne
rejoignent que des points d'articulation. Le diagramme (6.11) a les 4 cycles:

o
°
A~ o
b) Après avoir séparé le diagramme en différentes parties en coupant les
points d'articulation et après avoir enlevé les cycles, il reste ce qu'on
appelle les parties irréductibles du diagramme. Le diagramme (6.11) a les
deux parties irréductibles

•• ((D
(on ne marque pas les points d'articulation sur les parties irréductibles).
205

Soit n (T) le nombre de points d'articulation d'un diagramme T.Soient


v

n (0c et n ( D
i respectivement le nombre de cycles et de parties irréductibles
du diagramme T. On a, quelque soit V:

n;(P) • vt (V) c - n (T) * 1


v (6.13)

Cette relation exprime le fait que chaque fois qu'on ajoute à un


diagramme soit une partie irréductible, soit un cycle, on est obligé de
le faire en ajoutant un point d'articulation.

Nous allons montrer qu'il y a trois manières de sommer les diagrammes


vide-vide dans lesquelles chaque diagramme V est compté n . ( 0 , n ( D et n (T) &,'},
y

La relation (6.i3) nous permettra alors de prendre une somme algébrique de ces
trois contributions de manière à ce que chaque diagramme soit compté une
fois et une seule.

I) Nous pouvons sommer tous les cycles, c'est à dire évaluer la contribution
des diagrammes suivants :

w
<
•° \..f" "• 3~
W- + ••
(6.14)
W

Chaque interaction représente le champ moyen W défini par l'équation (6.6).


Ainsi la suite (6.14) de diagrammes peut être représentée ainsi :

irx> • tf®. (6.15)

Chaque diagramme vide-vide T qui contient n ^ D cycles est compté n ( D fois


dans la suite (6.15). Par exemple le diagramme (6.11) pour lequel n =4 est
c
compte trois fois dans le terme

@xy
et une fois dans le terme
206

S o i t f t C D la c o n t r i b u t i o n d'un diagramme v i d e - v i d e V. Puisque l a s u i t e


(6.15) compte chaque diagramme n ( D f o i s , sa c o n t r i b u t i o n e s t égale à
c

E nc ( D $ ( r ) .
r
Reste à évaluer cette contribution. Pour cela on ^marque que la suite
(6.14) de diagrammes est celle d'un système de fermions soumis à un champ
externe W. Les états de ce système sont des déterminants de Slater composés
des orbites jX> qui diagonalisent l'Hamiltonien h = e+W défini^par l'équation
(6.7). En choisissant N orbites de cet Hamiltonien on forme une mer de Fermi F
et l'énergie de ce système est alors égale à ^Z e^ où e x est une valeur
propre (équations 6.8 ou 6.10) du Hamiltonien ^ h « e W. Ainsi, la contribution +

de la suite des diagrammes (6.14) ou (6.15) est égale à E e .


AtF *'
On a donc :

"•• ° * J" - --C* • i*


r J
On notera que les diagrammes , qui ne contiennent aucun cycle, ont n =0.
Ils peuvent dont être inclus dans la somme (6.16) bien qu'ils n'apparaissent
pas dans la suite '6.15) de diagrammes.

2) Considérons l'expression :

^=xW • Ï £ <'<'-'^>**s . •r;k« • "h' (6.17)

Chaque diagramme vide-vide Y qui contient ^v(r) p o i n t s d'articulation sera


compté n ( D fois dans l'expression (6.17). Par exemple, chacun des 4 points
y

d'articulation du diagramme (6.11) peut être considéré comme l'interaction


figurant dans l'expression (6.17), le reste du diagramme pouvant être
considéré comme une contribution a n . , et à n
Ji ^kJt '
207

On a donc :
I
(6.18)

3) Chaque partie irréductible d'un diagramme peut être transformée en


remplaçant chaque ligne orientée par un propagateur Q*. (6) construit à partir
des états |a> qui diagonalisent l'Lamiltonien h = e+W défini par l'équation
(6.7)-.

-e aA (6.i9)
=-t x e fou* p*o ,
OÙ ? «>l > i A * o $j * <F e t ? *o t « 4 W^ÉF,
A A

la mer de Fermi étant celle que nous avons définie à la page 206 à partir de
N/orbites | X > . O n dénotera par une ligne de double épaisseur le propagateur
4^(6) afin de le distinguer des propagateurs û/(&) construits à partir des
états propres de e.

Par exemple, les deux parties irréductibles du diagramme (6.20) deviennent:

€b
(0) (6.20)

Soit A la somme des contriubtions de tous les diagrammes distincts


ainsi obtenus:

0 (6.21)

Chaque diagramme v i d e - v i d e i qui c o n t i e n t n . ( P ) p a r t i e s irréductibles


sera compté n,,(P) fois dans l ' e x p r e s s i o n ( 6 . 2 1 ) . Par exemple l e diagramme
( 6 . 1 ! ) e s t i n c l u s dans l ' u n e t l ' a u t r e des deux diagrammes ( 6 . 2 0 ) . On a p p e l l e r a
diagrammes irréductibles l e s diagrammes de la s u i t e ( 6 . 2 1 ) . La c o n t r i b u t i o n
208

des diagrammes irréductibles peut donc s ' é c r i r e ainsi

(6.22)

En rassemblant les équations (6.16), (6.18) et (6.22) on obtient,


compte tenu de la relation (6.13), l'expression suivante de l'énergie du
système :

XéF (6.23)

Il est facile de vérifier que le calcul des diagrammes (6.22) diverge


quand on prend la limite $->°° dans l'expression (3.55) à moins que les énergies
e, des états |A> en dehors de la mer de Ferai soient toutes supérieures aux
énergies e, des états |À> appartenant à la mer de Fermi; c'est à dire qu'il
faut que les énergies des particules soient supérieures aux énergies des trous.
Dans le cas contraire le système souffre d'une instabilité, caractéristique
des noyaux pair-impair et impair-impair, que nous discutons dans la section
9.5. C'est pour cela que la théorie exposée dans ce chapitre n'est, en
général, applicable qu'aux noyaux pair-pair.

L'expression (6.23) conduit au calcul suivant de l'énergie : On calcule


la matrice densité en sommant les diagrammes (6.5). Avec cette matrice densité
on calcule 1'Hamiltonien h= e+W défini par l'équation (6.7) ainsi que ses
vecteurs propres |À> et ses valeurs propres e^. On construit une mer de
Fermi F à partir des N valeurs propres les plus basses. Avec ces vecteurs
propres on calcule la suite (6.22) des diagrammes irréductibles. L'énergie
du système est ensuite donnée par l'équation (6.23).

En pratique on ne sait ni sommer tous les diagrammes (6.5) ni la


suite (6.22) des diagrammes irréductibles. Nous verrons, dans la section 6.5,
comment conduire le calcul lorsqu'on veut tronquer la sommation des
diagrammes.
209

6.4. CONSTRUCTION D'UNE FONCTIONNELLE STATIONNAIRE REPRESENTANT L'ENERGIE


DU SYSTEME.
L'expression (6.23) de l'énergie correspond à une certaine manière de
résommer les diagrammes vide-vide. Nous allons montrer qu'elle définit
également une fonctionnelle de W qui est stationnaire par rapport aux
variations du champ W. Nous verrons dans la section suivante que cette
propriété de stationnarité permet de définir un calcul self-consistent de
l'énergie, du champ W et de la matrice densité dans le cas où on n'effectue
qu'une sommation incomplète des diagrammes irréductibles (6.22).

Il est commode d'utiliser une notation matricielle pour les éléments de


matrice <iî,|vjij>. Définissons la matrice hermitique » par l'équaticn :

%M ?
<i"««vijk> (lNV ) (6.24)

Nous considérons p.. et W.. comme -les composantes des vecteurs p et U.


Chaque composante est définie par une paire d'indices (ij). Nous utiliserons
aussi la notation suivante pour la multiplication à gauche et à droite par
les vecteurs :

PD-W = Z. Ç.vV,.,k<w M « wVf (6.25)

5 w = I^w,. * w ?

Avec ces notations, le champ U devient


s

w * U? (6.26)

equation qui peut être inversée :

î = iTw
-\ (6.26bis)

Les équations (6.26) e t (6.26bis) permettent d ' é l i m i n e r p de l ' e x p r e s s i o n


(6.23) de l ' é n e r g i e . On o b t i e n t a i n s i :

(6.27)

MF

Nous pouvons considérer que cette expression définit une fonctionnelle


:io
du champ W, pour e, une interaction V et un nombre de particules données. En
effet, à partir de W on peut résoudre le problème aux valeurs propres (e+W)|A>=
c A > , choisir N vecteurs propres pour former une mer de Fermi F, calculer
;l

ensuite les diagrammes irréductibles A avec ^ les vecteurs propres jX> et


les valeurs propres e ^ calculer enfin E à partir de l'expression (6.27).

Considérons maintenant la variation ÔE de la fonctionnelle (6.27) corres-


pondant à une variation ÔW de W. Lorsque W+W + ÔW, les énergies e , qui sont
À

valeurs propres des e+W deviennent <A|ôw[X> de sorte que la variation du


premier terme de (6.27) devient :

(6.28)

où nous avons défini :

(6.29)

C° est la matrice densité du déterminant de Slater formé à partir des orbites


appartenant à la mer de Fermi F, mais p° n'est pas la matrice densité de
l'état \\l>> du système. L'équation (6.28) montre que p° est la dérivée des
cycles (6.16) par rapport à W:

Puisque p° est donné par l'expression (6.29) en fonction des vecteurs


propres de h, les équations (6.28) et (6.29) sont équivalentes aux équations:

r 1 Tr 9 N
! [ M ' 1 - o . fi'* -S* , t- (6.31)

Considérons la variation du deuxième terme de la fonctionnelle (6.27)


La variation de la contribution d'un diagramme irréductible, correspondant
à une variation ÔW de W, s'obtient en traitant ÔW au premier ordre des
perturbations (voir section 3.11) Cette variation est donnée par tous les
diagrammes distincts obtenus en ajoutant une interaction à un corps ôW à
chaque ligne orientée du diagramme irréductible. Par exemple, la variation
de la contribution du diagramme irréductible :
211

est égale à la contribution du diagramme

*w — (6.32)

Soit p, la contribution de tous les diagranmes distincts obtenus à


partir des diagranmes irréductibles (6.22) en ajoutant un point d'où sort une
ligne étiquetée \) et où rentre une ligne étiquetée À :

(6.33)

On voit que la variation de A s'exprime ainsi en fonction de p

(6.34)

equation qui d é f i n i t p comme la dérivée des diagrammes i r r é d u c t i b l e s par


rapport à W

4 S(A>
sw^
£
SW^x
/
0--) (6.35)

1
Attention ; ne pas confondre p et p avec les expressions (5.103) (5.104)
du chapitre 5! Dans le chapitre 5, p représentait le changement d'un déter-
minant de Slater, tandis qu'ici p' représente la contribution à la matrice
densité des corrélations à deux et plusieurs corps (voir section 6.8).

La dérivée du troisième terme de la fonctionnelle (6.27) par rapport


à W est égale à :

i L (Wl)"w) • - (Vw)^ (6.36)


212

En réunissant les résultats ( 6 2 8 ) , (6.35) et (6.36) on cbtient la


dérivée de la fonctionnelle (6.27) par rapport à U :

w (637)
- - s i • si - (»~' L
V
On voit donc que le champ W qui rend stationnaire la fonctionnelle (6.27),
c'est à dire pour lequel ùE/ôW = 0, est égal à :

(6.38)

c'est à dire :

w . » Z <ieivi *w> <$fc«Mk )


v a t (6.38bis)
4
lu

Or p° est ia contribution des diagrammes (6.2) qui ne contiennent


aucune partie irréductible, et p est la contribution de ces
diagrammes qui contiennent une, deux,... parties iréductibles.
Donc la matrice densité Q est égale à 9°+9 et l'expression (6.38)
n'est autre que l'équation (6.26) ou (6.6). Le champ W »(7p est donc celui
rend stationnaire la fonctionnelle (6.27).

6.5. SOMMATION INCOMPLETE DE DIAGRAMMES. STRUCTURE EN ARBRE DES DIAGRAMMES.

Jusqu'ici nous avons supposé que la matrice densité (6.5) et la


contribution A d e s diagrammes irréductibles (6.22) étaient calculés en
sommant tous les diagrammes. Cette théorie n'est utile que si on ;»eut
se limiter à un nombre fini où à une certaine classe de diagrammes
que l'on sait sommer. Il est clair qu'on ne peut choisir indépendamment
un ensemble incomplet de diagrammes (6.5) de la matrice densité et un
ensemble incomplet de diagraimnes (6.22) de A si on veut respecter la relation
(6.35) et rendre stationnaire l'expression (6.27) de l'énergie. Par contre ^
on peut .îiiliser la relation (6.35) pour définir l'ensemble de diagrammes
(6.33) qu'on doit sommer pour calculer p à partir d'un ensemble de diagrammes
choisis pour calculer A .
213

Mais l'équation (6.35) n'est qu'une relation -implicite car on doit


connaître W =1/9 donc p, pour pouvoir calculer les diagrammes irréductibles
(b.22). On est donc amené à définir un processus d'itération pour calculer
à la fois p et A et donc l'énergie du système :

1. On commence par deviner une première approximation à h.

2. On diagonalise h ce qui donne les états |X> et les


énergies e,. On choisit les N états d'énergie la plus basse pour former une
mer de Fermi F. A partir de cette mer de Fermi on calcule p°défini par
l'équation (6.29).

3. Avec des états |À> et e, on calcule A en sommant un ensemble donné de


diagrammes irréductibles (6.22). C'est le choix de cet ensemble qui détermine
l'approximation utilisée.
4. A partir de ces diagrammes on calcule p en calculant la contribution
des diagrammes distincts (6.33) obtenus en ajoutant un point aux lignes
orientées des diagrammes,appartenant à l'ensemble choisi pour calculer A à
l'étape N°3.

5. A partir de p° et p on calcule le champs W ) qui définit un


nouvel opérateur h = e+v .

On retourne ensuite à l'étape N°2 et on continue ainsi jusqu'à ce que


les itérations successives donnent la même matrice densité p= p°+p à la
précision voulue. L'énergie peut ensuite être calculée à l'aide de l'équation
(6.23).

Imaginons par exemple qu'on calcule A en se limitant au seul diagramme


du deuxième ordre :

<0> « -± L L (6.39)

Ou p p ' désignent dt ; états propres de h » e+W en dehors de la mer de


;

Fermi (états particule) •.••' où t et t* désignent les états propres appartenant


à la mer de Fe-tni (étai.5 tvJ). A la première itération ces états résultent
de la diagnotia* isati«.n du Hamiltonien de départ h.

D'après l'équation (6.29), p° est donné, dans une base quelconque |i>,
par 1*expression :

$*. T. Z <i\*><t\j> • (6.40)


l
* ktf
214

Lorsqu'on limite le calcul de A au seul diagramme (6.39), le seul


diagramme qui contribue à p est :

r
S
ê
La contribution de ce diagramme n'est pas la même selon que (Xp) sont
(6.41)

des états (pp'), (tt') ou (pt). En appliquant les règles énoncées dans la
section (3.11) (ou bien, ce qui est plus simple, en calculant la contribution
de la famille des diagrammes de Goldstone qui correspond au
diagramme de Feynmann (6.41), en suivant les règles énoncées dans la section
4.6) on trouve les expressions suivantes pour les éléments de matrice de p :

4 , •- ^fivitt'Xtt'ivtfV^

/ /
A , v r <tViviff ><FP »vi t t >
=
ÎH' " 2 *-* *- " ~

• ; # •

, , , ,
4 _ _. <t-t iv»f> Xf*p »vipt >
e s i. 21 7_ — "•
fe
r * ?Y4* t'éf (e e )(e +e '-e -e >)
r t r T t t

^T'ivit't'XtVivipp^

t A .* (C-HZ
(§ J ' P
215

Dans l'expression (6.42) nous avons indiqué le diagramme de Goldstone


correspondant à chaque contribution. A l'aide des résultats (6.40) et (6.42)
on peut calculer la matrice densité dans une base quelconque |i>:

(6.43)

«h

C'est avec c e t t e matrice d e n s i t é et l ' é q u a t i o n (6.6) qu'on c a l c u l e


l e champ W.

Une f o i s convergé le processus i t é r a t i f d é c r i t â la page 213 ,


l ' e x p r e s s i o n (6.23) somme l e s diagrammes vide vide suivants :
216

00 . §> dî>*<4'<# + *••

+ —+

«CTO

mais elle ne somme pas les diagrammes dont la partie irréductible ne


correspond pas au diagramme (6.39) .

Par exemple les diagrammes suivants ne sont pas inclus :

(6.45)
e+c.

Les diagrammes (6.44) ont une structure particulière, dite structure en arbre.
En effet on les obtient les uns des autres en ajoutant aux lignes des insertions
composées à leur tour de lignes auxquelles on ajoute encore des insertions
et ainsi de suite, un peu comme les branches d'un arbre se ramifient en
branches qui se ramifient à leur tour en autre branches. Nous verrons dans le
chapitre 11 une autre manière d'obtenir une structure en arbre des
diagrammes. Les propriétés de stationarité de l'énergie peuvent être reliées
à cette structure en arbre.

6.6 SYMETRIES DU CHAMP MOYEN.

Considérons un opérateur unitaire U qui commute avec l'Hamiltonien (6.3);

-I
UéU - 6 U v U"'» V ; Uii lt> « U U > .
217
D'après l ' é q u a t i o n ( 6 . 7 ) on a :

<i.Y»\j>- <c\é\î>+ L - a t . v y l » <><»?>« >

La sommation sur les états k et £ peut être remplacée par une sommation
sur les états IN. et 8,. Ainsi :

<eiv.u->* < t \ f e \ ï > * I < r e i » » r k > < K " i s > t > . <6 46)
'* - k*

On voit que si l k l ? l l . ^ ~ ^ I* l € l 0 ^ c'est à dire si :

on aura <L \ \\ \\ ^ « K L \ \\ \^ S , c'est à dire U h U s Y\


la symétrie du Hamiltonien H, représentée par l'opérateur U sera alors aussi
une symétrie du champ moyen :

La condition (6.47) dépend des diagrammes qui sont sommés pour calculer
p . Si tous les diagrammes étaient sommés, les symmetries de h ne dépendraient
que des nombres quantiques de l'état |ijj>. Par exemple, si |<J/> est un état de
moment cinétique nul, h aura la symétrie sphérique. Mais si on fait une
sommation incomplète des diagrammes contribuant à p , les symétries de h
dépendront de la condition (6.47).

6.7. L'APPROXIMATION DE HARTREE-FOCK

Le lecteur aura sans doute déjà noté que la sommation de tous les
diagrammes qui ne contiennent aucune partie irréductible est une approximation
équivalente à la théorie de Hartree-Fock exposé dans la chapitre 5 (dans le
cas où les forces ne dépendent pas de la densité). Les diagrammes qui ne
contiennent aucune partie irréductibles sont composés uniquement de cycles :

00 •
N-~ •' • - ~ " ' • (6.48)
218

Tant qu'on se limite à ces diagrammes on a A = 0 et p =0 de sorte que


p=p et, d'après l'équation (6.31) on a p =p . Ainsi la théorie de Hartree-
Fock somme tous les diagrammes qui ne contiennent que des cycles qui sont reliés
les uns aux autres par des points d'articulation.

6.8 REPONSE LINEAIRE DU SYSTEME A UN CHAMP EXTERIEUR.

Supposons qu'on ajoute à 1*Hamiltonien un champ externe -AF d'intensité À


où F est un opérateur à un corps :
, (6.49)

F * I fv «;V ;

Dans la section 6.11 nous étudierons la réponse du système à un champ


extérieur à un et deux corps.(Comparer cette section à la section 5.$)

L'Hamiltonien du système devient :

H * H - XF (6.50)

2
Le champ externe -AF change la matrice densité. Soient Aâ.p et À ô.p les
changements de la matrice densité au premier et au second ordre en A. En
présence du champ externe^la matrice densité est donc :

Ç s j + X ^ J t A îjj t- (6.51)

Le champ moyen W devient

W , V5 - A F * Uy + A D^ç + VlTftj-- A F (6.52)

et 1'Hamiltonien d'une particule dans ce champ moyen devient :

i * 6- AF 4 1>g (6.53)

Nous nous proposons de calculer ô.p en fonction de F au premier ordre


dans l'intensité A. La matrice densité p » p°+p est une somme de deux termes
définis par les équations (6.29) et (6.35).
219

Calculons d'abord la variation de p° (la méthode est semblable à celle


utilisée dans la section 5.9). Ecrivons :

*- v
Q* - $ ° * A £ $*"•*£*£ +
4
(6.54)

2
En remplaçant le développement dans l'équation (p°) = p° on obtient,
au premier et second ordres en À:

Prenons les éléments de matrice pp', pt, tp, et tt' des équations (6.55)
dans la base des états \X> qui diagonalisent h; on trouve :

( <s 56>
tes*V * I *'S'V '*J'\,

Remplaçons les développements (6.53) et (6.54) dans l'équation [h,p°] = 0.


On obtient, au premier ordre en X :

[-F«-'W j,j'] 4 t [M«r3 -° (6.57)

Prenons les éléments de matrice pt et tp de cette équation. On obtient :

(6 5B>
f«r-«%> «,$•>,* * I V " '4$> - \ , ' M

La variation de p s'écrit :

ç* * Ç* v A $,§" + **£,.§ V (6.59)


T
/équation (6.58) peut être écrite de manière plus succinte en définissant les
220

veoteuvs 5.p°et5.p dans la base des états | X> qui diagonaiisent h

4
/«•s V \
S, ' =
§ , *<s' = (6.60)

Définissons également la matrice e ainsi

W'*' - s»*ht* (*?-**) « *V*>' (6.61)

L'équation (6.58) devient

(e+vyzfi. vs,s*~ F (6.62)

La matrice e + ^ e s t i d e n t i q u e à la m a t r i c e (5.110) dans le cas où l e s


forces ne dépendent pas de l a d e n s i t é e t l e vecteur ô.p° est identique au
vecteur ( 5 . 1 0 9 ) . Dans la t h é o r i e de Hartree-Fock i l n ' y a évidemment r i e n qui
corresponde au vecteur 6 p puisque p e s t la c o n t r i b u t i o n , à l a m a t r i c e
d e n s i t é , des c o r r e l a t i o n s à deux e t p l u s i e u r s corps, e t c e l l e s - c i sont absentes
dans la t h é o r i e de Hartree-Fock.

Calculons la v a r i a t i o n ô.p de p , d é f i n i par l ' é q u a t i o n ( 6 . 3 5 ) . Pour cela


nous devons c a l c u l e r la v a r i a t i o n de A causée par le champ e x t e r n e -ÀF. Puisque
A est une fonctionnelle du champ W nous pouvons l e développer en puissances de
À, compte tenu du développement (6.52) de W :
7
A(W) * A ( W + > ! ) " £ , $ - X F + X SiÇ ¥•)
SA
' AM -» Z (Vltf,j- A F + A* îJ3 y ) t
(6.63)

2
J *
* ï L ( V f c f - F l (tMif-F). r
v«s * *w sw A/H

Nous avons vu à la pagp 211 que 6A/ÔW. est é^al à la somme des diagrammes
AU
distincts obtenus en ajoutant, aux diagrammes (6.22) de A, un point d'où sort
une ligne étiquetée A et on rentre une ligne étiquetée u. De même, la dérivée
2
seconde 6 A/6W, <5W est égale à la somme des diagrammes distincts obtenus en
ajoutant, aux diagrammes (6.22) dt> A , deux points : de l'un des points sort
221

une ligne étiquetée A et entre une ligne étiquetée y; de l'autre point sort
une ligne étiquetée a et entre une ligne étiquetée y. Cette dérivée seconde
définit une matrice K

z
lA
X x Tf
(6.64)
" J*K,
L
(Attention à l'ordre des indices!)
A l'aide de cette matrice, le développement (6.63) de A peut s'écrire :

(6.65)

En remplaçant ce développement dans l'équation (6.35) on obtient un


i
développement de p*. Au premier ordre en A:
4
S, I fA(w)a[(%>F) ^-+-]
(6.66)

- S * * x i #V/°7
_ '*»««*- lO.,v

A i n s i , l e changement 6 p de p e s t , au premier ordre en À:

S,j' . X(Vî -f) 4Î


(6.67)

Les équations (6.62) et (6.67) constituent un ensemble linéaire d'équations


couplées qui donnent ô.p° etd.pl en fonction de F. Ces deux équations peuvent
s'écrire sous forme matricielle ainsi :

e*v V S.J'\.
(6.68)

V -K"'V
222

Dans cette forme les vecteurs sont, explicitement :

(6.69)
ii rr
t-t'

L'équation (6.68) permet de calculer, au premier ordre en A, le changement


de la valeur moyenne de tout opérateur à un corps M (qui peut être l'opérateur
F lui-même):

M
<? !*!•$>= I >/.$^
(6.70)
= <*IMtf > + A I [H (5,^ >r • Mjy.tf.j'jj.

6.9. STABILITE DU SYSTEME PAR RAPPORT A UNE PETITE PERTURBATION CAUSEE PAR UN
OPERATEUR A UN CORPS.

Calculons, jusqu'au deuxième ordre en À, la variation de l'énergie du


système en présence du champ externe -AF. En présence du champ externe, la
valeur moyenne du Hamiltonien H-ÀF est : E = <i|/|H - XF|t|)>. Elle est donnée
par l'expression (6.23) :

(6.71)
A4F

Puisqu'on a calculé { p on a intérêt à exprimer E comme une fonctionnelle


de la matrice densité. L'hamiltonien à un corps h est donné par (6.53) de
sorte que :

2,^ * Z <>««• V$-XFIX>


>«F Xé f (6.72)
223

En reportant (6.72) dans (6.71) et en notant que p = p°+p on obtient :

A t A
T r ' " *-
i ^ . i § . V f ' * AtftJ-i?'** A-*^
=
4
(6.73)

L'énergie du système e s t égale à E * < T I H I T > • c t ANTTI f r


On a donc E = E + XpF ce qui donne :

o i r % â â
E(x) *$U * H ^ A(«>-i$ t*çVx$ F (6.74)

Nous nous proposons de développer E(X) jusqu'au deuxième ordre en X. Pour


cela nous développons p°et p selon les équations (6.54) et (6.59) et nous
utilisons le développement (6.63) de A. En regroupant les termes par ordre
croissant de À on obtient :

(6.75)

avec

(6.76)

La v a r i a t i o n de l ' é n e r g i e e s t , au premier ordre en X :

(6.77)

8
On a vu (équation 6.56) que ô.p n'avait que des éléments de matrice non
diagonaux (ôp°) et (ôp°) f dans la représentation qui diagonalise h,de
sorte que (fijf )h * 2L ^ i f ' ) * * K-*
p
°- s A i n s i l a v a r i a t i o n

du premier ordre de l'énergie est nulle, ce qui ne saurait surprendre puisque


nou avons montré dans la section 6.4 que l'énergie était une fonctionnelle
u

stationnaire du champ moyen.


224

La v a r i a t i o n du deuxième ordre de l ' é n e r g i e e s t é g a l e à :

(6.78)

Le terme h 6_p° peut être calculé, en fonction de ô.p° et e > à l'aide


des équations (6.56) et (6.61)

(6.79)
J
» ^.(«e-« > tf-J'V ( -S'>t • *«*•>£ 'M">
t r

D'un autre côté l'équation (6.67) permet d'écrire :

£ ( U ^ - F ) K (v*$- F) - Atf.j'jx-* a '^ lS (^.go)

Enf in, l'équation (6.67) donne F » lX£,C- K." j, ? de sorte que

(6.81)
F f . j ' - ' S ' S ' W . f K'-S'W'G.?')

En reportant les résultats (6.79), (6.80) et (6.81) dans l'équation (6.78)


on obtient :

,-r
ft»2)
Donc en présence du champ externe -XF, le développement de l ' é n e r g i e peut
s'écrire :

EM • E * i \ j . j » i J,g«> • •» •»

«.»3)
225

On peut vérifier que <F> et E satisfont à l'équation exacte très


générale :

A l'aide de l'équation (6.63) on peut également écrire ce développenent


ainsi : "*'
v

/ £tt ft rv ;: irv (6 ,, , i,
E(x), E •• *•
+ i ? ((F
F « FF ); ^ : J - - ;! - : : ; ,
: V """ ' • " •'

On voit donc que l'énergie du système est stationnaire et minimum (minimum


r
local) si la matrice / C *• 1Y* ' '0 \ e s t
définie positive.

- - - [ - - •

Ce résultat généralise, en présence des correlations à deux ou plusieurs corps,


celui qu'on a trouvé à la page 181 dans le cadre de la théorie de Hartree-Fock.
226

Montrons qu'à chaque symétrie continue qui est brisée par le champ
moyen, il correspond un vecteur propre de la matrice :

appartenant à une valeur propre nulle .

Soat : • .c ;- S

, « «« = «, e ~V* * tt

une transformation continue unitaire qui laisse invariant 1'Hamiltonien (6.3)


du système. Par exemple, S sera une des trois composantes du moment cinétique,
ou encore l'opérateur impulsion. Lorsqu'on agit sur le systc-ne avec l'opérateur
U, 1'Hamiltonien h d'une particule dans le champ moyen devient :

h* e Ke
he =
» eet
t i ruj
f .« U
n *- ic ^--15
.e .
(6 f6)

ou
(US -•«(S ç
(6 .SI)

avec

u s
s,s » E 'Sl (6.M)
227

Soient 6 p° e t { p l e s v a r i a t i o n s de p° e t p au premier ordre en a:

Cat S -iV S «- -i

A
* ç ¥ oi $ ç *
t (6.89)

Les équations (6.31) et (6.33) permettent de calculer 6 p° et ô p . Au


premier ordre en ot, l'équation (6.31) donne :

d'où

Dans la représentation qui diagonalise h, les éléments de matrice pt et tp de


cette équation donnent :

Le champ W devient au premier ordre W = W+a ô.p de sorte que le


développement de A devient :

>
A(â)> A(w)+ Z < ( W « j \ » — "•"

L'équation ( 6 . 3 3 ) , au premier ordre en a donne :

t:o. qui .^ut s ' é c r i r e ;


4
(-K'\V)S<% + 1X^5° • c> (é.32)
Les équations (6.90) et (6.92) mon. -^nt que le vecteur

•• •*
228

obéit a 1 equation : I j
l*ri
4
V i-x-Vir/ I [s,* ]

La matrice [' yf " Z t f ï v / a donc une valeur propre nulle.

Si S commute avec h, c'est à dire si U est une symétrie du champ moyen,


U laisse invariant la matrice densité (voir section 6.6) et on aura
c
[S,6.p ]=[S,Ô p ]=0 et dans ce cas la matrice n'a pas de valeur propre nulle.
La valeur propre nulle correspond donc bien à une symétrie continue du
Hamiltonien H qui est brisés par le champ moyen.

6.10. LES CORRELATIONS ENTRE LES PARTICULES. CALCUL DE LA FONCTION DE CORRELATION


A DEUX CORPS.

Lorsqu'un système est décrit par un déterminant de Slater, c'est à dire


par un état de particules indépendantes, on dit qu'il ne présente pas de
corrélations autres que celles qui sont imposées par le principe de Pauli.
Les interactions à deux corps peuvent induire des correlations à deux, trois
ou plusieurs corps. Les correlations sont mesurées par des fonctions de
crrvelition que nous définirons et qui sont des propriétés de l'état \ty> du
système.

On convient d'appeler fonction de corrélation à un corps la matrice densité


du système :

0». •= 4 T Ifl' ^ ' I T ^


v (fonction de correlation à un corps).
(6.94)

La connaissance de la matrice densité, donc de la fonction de corrélation


à un corps, permet le calcul de la valeur moyenne dans l'état |i|/> du système de
tout opérateur à un corps :

Ce n'est que dans le cas particulier où |'|'> est un determinant de Slater


que la valeur moyenne des opérateurs à deux, trois... corps peut être évaluée
avec la matrice densité. Nous avons montré dans la section 5.1 que ce cas
7 • 2
particulier était vérifié lorsque p -p. Mais en général p rp et on dit que
lu système présente des corrnLati-onc à deux, trois... corps.
229

On d é f i n i t la fonction de Qorrêlation à deux corps G d'un système d é c r i t


e

par é t a t \\\>> a i n s i :

(6.95)

C'est par convention qu'on soustrait p. p. - p . p de manière à assurer


que G =0 lorsque 11^> est un déterminant de Slater.
c

Lorsqu'on connaît la matrice densité p et la fonction de correlation à deux


corps G on peut évaluer la valeur moyenne de tout opérateur à deux corps :
fc

** .jkC

On a :

Définissons la matrice '•

L'énergie < tp [ H | tp > du système dans l'état | ^> décrit par l'Hamiltonien (6.3)
est égale à :

On peut considérer l'énergie comme une fonctionnelle de z et de


= < v k > P o u r
ij k£ ^l |J - calculer la dérivée fonctionnelle de E(e,V) par
rapport à v pour £ fixé, il faut se souvenir des relations d'antisymétrie
(1.64) qui font que tous les éléments V.. .„ ne sont pas indépendants.
2 30

Compte tenu des relations (1.64) et des relations correspondantes pour3


on obtient :

(i- 99)

On voit que la fonction de correlation à deux corps est donnée par la


dérivée fonctionnelle de l'énergie par rapport à V.

Calculons cette dérivée fonctionnelle à partir de l'expression (6.23)


prise nomme fonctionnelle de e et ty. Soit ô V une variation del/, il lui
correspond une variation ( 6 $ de h = £*tf . Le premier terme de (6.23) est
égal à :

» £ « W * Z, J* tfg- ,f /fc N€ fc.„.)


Compte tenu des relations d'antisymétrie (1.64) on a donc :

5(2.^)

Pour calculer la dérivée du deuxième terme de (6.23) par rapport àt5^


il faut se souvenir que A déper.d de ^ à la fois par l'intermédiaire de
W«V$ à cause des propagateurs des diagrammes (6.22), et directement à cause
des vertex de ces diagrammes. Pour calculer la dérivée il faut se placer dans
la représentation des états |A> qui diagonalisent h.

On a

où <Àp|G |lJ0>
A e s t égal à la somme des diagrammes obtenus à p a r t i r des
diagrammes (ou de l'ensemble c h o i s i de diagrammes) v 6 . 2 2 ) de A en s i n g u l a r i -
sant chacune des i n t e r a c t i o n s e t en é t i q u e t a n t l e s deux l i g n e s s o r t a n t e s par
u et a e t l e s deux l i g n e s e n t r a n t e s par A et p . Pour d é f i n i r l ' o r d r e des
i n d i c e s A et p ou y e t a i l faut o u v r i r l e s i n t e r a c t i o n s a n t i s y m é t i i s é e s comme
nous l ' a v o n s expliqué aux pages 138 et 139 du c h a p i t r e 4 .
231

Ainsi
1
<*S\G \fAT>*
A /»
(6.103)

À 4««IK terps )

Nous avons montré (équation 6.33) que ç ' = SA/.


) oW
D'autre part la relation W «fl* Pdonne directement ÔW/filT. Ainsi 1'équat ion
(6.102) devient :
4
SA I I 4

(6.104)

La dérivée du dernier terme de (6.23) est, compte tenu des relations (1.64):

(6.105)

En réunissant les résultats (6.101), (6.104) et (6.105) et compte tenu de


ce que p = p°+p on obtient :

Se
(6.106)

En comparant avec l'expression (6.99) on voit que <Ap|G | a>, donné par A M

l'équation (6.103), est égal à la fonction de corrélation à deux c o r p . < x l ^ y 5 € < r >.

Ce sont donc les diagrammes irréductibles qui donnent les corrélations à


deux corps. Il ne faut pas confondre les excitations particule-trou, deux-
particules deux trous etc.. avec les corrélations à deux ou plusieurs corps.
Toute excitation particule-trou ne donne pas lieu nécessairement à des
2
corrélations. Celles qui préservent la relation P = p, notamment celles q u i

apparaissent dans l'équation (1.98), plus précisément celles qui correspondent


à des diagrammes composés de cycles et sans parties irréductibles, ne causent
pas de corrélations à deux ou plusieurs corps.

La valeur moyenne d'un opérateur à un corps M peut s'écrire :

<+.M>*>. Z-^M,.*^ M,.) (6.107)


Seul le deuxième terme, proportionel à p , est dû aux corrélations à deux
ou plusieurs corps. Rappelons que p , défini à partir des diagrammes irré-
ductibles par l'équation (6.33) n'a pas le même sens que le p défini au
chapitre 5 par l'équation (5.122). Dans l'expression (5.122), le changement
de la matrice densité, bien que dû à des excitations pt, 2p2t,.. ne correspond
pas à des correlations à deux ou plusieurs corps. En effet, dans le Chapitre 5
nous nous sommes limités au cas où l'état |>|J> du système était un
determinant de Slater et il n'y avait donc pas de corrélations ^ d"';x ccrpc.
Dans ce chapitre nous n'avons pas supposé que \\\>> est un déterminant de
Slater et ce sont les diagrammes irréductibles qui correspondent aux corré-
lations.

6.11. REPONSE DU SYSTEME A DES PERTURBATIONS A UN ET DEUX CORPS.

L'étude que nous avons faite dans les trois sections précédentes nous
permet d'étudier, de manière plus simple et générale, la variation de l'énergi
par rapport à des perturbations à un ou à deux corps. Reprenons ?'expression
(6.23) de l'énergie et écrivons là dans la forme (6.76) :

EU,l>) = $°é • i Î*V$°+ A ( W ) - -£ $*&$*. (6.108)

Nous pouvons considérer cette expression comme une fonctionnelle de e et


En effet, à partir de e et V , p° et p sont déterminés par les
équations (6.31) et (6.33).

Cherchons à calculer les dérivées fonctionnelles de E par rapport aux


variations de e et de v. One variation e -*• e+ôe équivaut à l'addition d'un
terme ôe» - AF à 1'Hamiltonien ce que nous avons étudié dans les sections
6.8 et 6.9. Si on développe l'expression (6.73) en puissances de A, on
obtient, au premier ordre en À : £ s £ - ^ » f

de s o r t e que :

E [e*u v"\ f * e u , m + j&é (6.109)

On a donc

*r xr
*l MX (6.105)
233

De même, dans la s e c t i o n (6.10) nous avons démontré la r e l a t i o n (6.106)

(6.106)

où G., qui est la fonction de corrélation à deux corps, est défini par
l'équation (6.103). Les relations (6.105) et (6.106) sont exactes lorsque
p et G. sont calculées en sommant tous les diagrammes. En ce sens elles sont
triviales. Ce qui a été démontré ici, c'est qu'elles sont encore valables
lorsqu'on se limite à un sous-ensemble de diagrammes (6.22) pour calculer A
et à condition de calculer p à partir des équations (6.29 et (6.33).

La stationarité de l'énergie par rapport à une perturbation extérieure


découle directement des équations (6.105) et (6.106). En effet, considérons
l'Hamiltonien :

H ^ H-XF-yuR (6.107)

du système perturbé par un opérateur à un corps -XF et à deux corps -pR

La valeur moyenne de K sera égale à :

(6.107)

où nous avons utilisé les équations (6.105) et (6.106).

L'énergie du système est donc égale à :

4 < , R , V >
<4MH\V>*<4MHlt>+ X<tlFlvk>V ^ ^ (6.108)
l
•= E U,tt) + 0-(\ y X^ t .
On voit qu'il n'y a pas de variation au premier ordre de l'énergie par
rapport à des perturbations à un ou à deux corps.

6.12. UTILISATION DES DIAGRAMMES DE GOLDSTONE.

Nous avons, jusqu'à présent, utilisé les diagrammes de Feynman. Mais on


peut tout aussi bien définir A à partir d'un sous-ensemble de diagrammes (6.22)
de Goldstone et calculer le champ W, la matrice densité p= p°+p et l'énergie
en suivant 1P processus itératif décrit dans la section 6.5. Cependant, dans
234

le cas où on utilise des diagrammes de Goldstone pour calculer A, il reste


c
encore un cHoix pour le calcul de p et donc du champ W = v(p +p ) .
Considérons par exemple le diagramme irréductible de Goldstone suivant :

<0> (6.109)

On peut définir,à partir de ce diagramme,les éléments de matrice p , et


, ' PP
p , en ajoutant un point respectivement aux lignes de particules et de trou

(6.110)
%
'-• • ',§ «• • ; #

On peut également définir p à partir du diagramme ;


tp

(6.111)
'., • $
Si on i n c l u t le diagramme (6.111) i l faut considérer l'élément de matrice
p comme :
4 SA
(6.112)

Si on n'inclut pas ce diagramme il faut écrire ;

(6.113)
H» ' — -0

Dans le cas (6.112) on somme les diagrammes du type

JMK^At, (6.114)

Dans le cas (6.113) on somme, en plus, les diagrammes du type :


2 35

En général, l'addition d'un point d'articulation à un seul, diagramme de


Goldstone n'est pas équivalent à une insertion du champ W = V Ç Pour qu'elle
le soit, il faut sommer la famille de diagrammes de Goldstone obtenus en
déplaçant les vertex du diagramme de toutes les manières possibles qui ne
transforment pas les lignes de particule en ligne de trou et vice versa.
Considérons par exemple la famille suivante de diagrammes de Goldstone :

(6.116)

Ces quatre diagrammes ont les mêmes vertex, le même nombre de trous et de
cycles. Leur contribution ne différera donc que par les dénominateurs en
énergie. On vérifie aisément que la somme de ces facteurs d'énergie se
factorise ainsi :

<f,-*,> (p. + p»- v,- taXp.+ p i . - V t „ M ? , - è * }

(P.-UÏ (p.+p,.- *,-*>) <?.*P* - t v - M (P.- ta.)

1
<p,-*.Hp,*?*- t,-* ) (?••?•- -tt-K) (fi- in)
3

(6.117)
(p*-t>)(P,+ Pt-t,-H) (?.*pt- *i'kn)(f*-k )
H

(p.-fc.Xfi-ktXTt-tiH'p»-^)
236

La contribution de la famille (6.I!6) de diagrammes peut donc s'écrire


sous la forme de 1/2 S t / ^ les facteurs p étant respectivement égaux à
la contribution des diagrammes de Coldstone suivants :

<M*«Vlt t4><t,tjlVlfttj>
*M> ' *- I ?.*tt«
4

(p.-t,)(p,-U)
(6.118)

et

<*, ty I V\ fc** XftU I V| t„t»>


?MH
r -- 1 _
n***t (p*-t,Hfl-t„)
237

EXERCICES ET PROBLEMES

P6.1
Montrer que si A f O on a [h,p] f 0 où A représente un ensemble de
diagrammes (6.22), h l'hamiltonien (6.7) d'une particule dans le champ moyen
et p la matrice densité du système

P6.2
Montrer que la contribution d'un diagramme de Feynmann à o (équation (6.33))
satisfait toujours à l'équation Trp'= 0. Que signifie ce résultat ? Donner des
exemples de diagrammes de Goldstone de p' qui ne satisfont pas à la relation
u
T r o 0.

P6 3
- w
Montrer qu'il n'y a pas de diagramme irréductible du premier ordre en 17,

9
qu'au deuxième ordre le seul diagramme irréductible est
et qu'au troisième ord
les seuls deux diagramme
irréductibles sont : "©••©
P6.4
Montrer que la résommation des diagrammes irréductibles en échelle
(théorie de Bmeckner) :

OO
.©•<&*$
donne une expression divergente tant pour l'énergie que pour le champ moyen W
dans le cas où 1'interaction v a un coeur dur.

P6.5
Développer l'inverse de la matrice apparaissant dans l'équation (6.68)
en puissance*de 1/ et identifier le»diagrammes de Feynmann obtenus par
chacun des termes. On prendra pourflttin seul des diagrammes (6.64). Comparer
aux diagrammes du problème P3.3, question N°3.

P6.6
Montrer que la fonction de corrélation à deux corps depend de la matrice
densité p par la relation :
238

P6.7
On considère l'énergie comme la fonctionnelle (6.76) de p° et de p
Montrer les relations :

-I =k If = o

P 6.8

On considère l'Hamiltonien H=T+V o*i T est un opérateur à un corps et V


une interaction à deux corps. On pose:

H. « T > U « L <-'t^> àî «u
v'= v-u
o*t '.' est un potentiel à un corps donné. Montrer qu'en suivant les étapes
du processus itératif décrit dans la section 6.5, l'énergie (6.27) aussi
bien que le champ moyen W sont indépendants de U (voir plus loin la
discussion de la section 11.4).
CHAPITRE 7

LA MATIERE NUCLEAIRE AU PREMIER ORDRE DES PERTURBATIONS

La matière nucléaire est un système infiniment grand, composé de neutrons


et de protons dont les fonctions d'onde sont des ondes planes. L'étude de la
matière nucléaire permet d'analyser la Hynaminnp HP«S nurlpnns Han« la région
centrale du noyau où la densité de nucléons est à peu près constante et où les
effets de surface sont négligeables. Elle permet aussi l'étude des étoiles à
neutrons.

Les propriétés dues essentiellement à la taille finie du noyau (déforma-


tions, vibrations..) seront étudiées dans le chapitre suivant à l'aide du modèle
de l'oscillateur qui complète ainsi le modèle de la matière nucléaire.

Dans ce chapitre nous allons étudier la matière nucléaire au premier


ordre des perturbations afin de nous familiariser avec les diverses formes
des forces effectives utilisées dans les calculs Hartree-Fock.

7.I PROPRIETES CINEMATIQUES DE LA MATIERE NUCLEAIRE

Nous supposerons que dans la matière nucléaire les neutrons et les protons
occupent des orbites |koi> qui sont des ondes planes :

p \ î o - t > * ife lÊ<rT> > $ \t<rl>=


M <rtWtrr> ( 7 . 0

Ces ondes planes sont normalisées ans un très grand volume Q


i W.r
<r i b c > n-t>
sfZ (7.2)

La matière nucléaire est représentée par un déterminant de Slater composé


d'orbites |kai> avec k < k„ où k„ est le moment de Fermi. Dans l'espace des
2M

impulsions, la mer de Fermi est donc une sphère de rayon k :


F

(7.3)

Mer de Fermi

On supposera en outre que deux neutrons (de spin a = ± 1/2) et deux


protons occupent chaque orbite d'impulsion k < k .

Dans un système infini la sommation sur les états appartenant à la mer


de Fermi peuvent être remplacées par l'intégrale :

(7.4)

En particulier le nombre de nucléons est égal à

3
(a») J. g-rr»
ce qui permet de relier le moement de Fermi k^ à la densité de nucléons n
F

(7.5)

Lorsqu'on veut décrire une matière nucléaire ayant des densités dt


proton et de neutron différentes, on assigne aux neutrons et aux protons des
moments de Fermi différents.

Il est facile de calculer la m<itric>e densité de la matière nucléaire.


On a d'après l'équation (5.$ ) :

9 t

Jl
La sommation peut être remplacée par l'intégrale (7.4) et on obtient :

(7.6)
Z+
WF r
où n est la densité de nuflëcv (7.5) et où r = |r -r„|. La matrice densité
est donc diagonale dans l'espace des spins et isospins. Dans l'espace des
configurations elle est représentée par un opérateur non-local, la non-localité
ayant une portée de lbrdre de l/k :

(7.7)

La matrice densité e"t évidemment diagonale dans l'espace des impulsions :

(7.8)
< K V , » S » £ » « F » > - *g,t *<r,«V $v,xx *' ^ 4 k ,
*u+uweh '
L'opérateur impulsion P laisse invariante la mer de Fermi de sorte que
1'Hamilton! on de Hartree-Fock de la matière nucléaire peut être diagonalisé en
même temps que p. Les ondes planes (7.1) sont donc des solutions des équations
de Hartree-Fock. De ce point de vue, le calcul du premier ordre des perturbations
à l'aide des ondes planes est équivalent à un calcul Hartree-Fock de la matière
nucléaire. A trt-^ basse densité on doit s'attendre à ce que les ondes planes ne
représentent plus la solution d'énergie la plus basse puisqu'il peut se
produire des fluctuations de la densité qui correspondent à la formation de
noyaux finis.

1,7 DONNEES EXPERIMENTALES

L'analyse de la diffusion d'électrons montre que dans la région centrale


des noyaux la censitJ de charge est constante et de l'ordre de 0.085 protons
par fm • Les calculs Hartree-Fock montrent qu'au centre des noyaux lourds la
densité de neutrons est voisine de la densité de protons. Dans la matière
242

- • 3
nucléaire la densité de nucléons est donc n ~ 0.17 nucléons par fm , ce qui,
d'après la relation (7.5) implique un moment de Fermi de l'ordre de 1.36 fm -1

n = 0 . t > £m* k = t . 2 é {m
F
(7.9)

L'énergie cinétique par nucléon peut être calculée à partir de ces


valeurs :

<T> = Z V^ - "—. [à &


En effectuant cette intégrale on trouve :

(7.10)

Les énergies de liaison -E des noyaux sont bien paramétrisées par la


formule de weiszacker :

Va ( N Z ) z
z *
- PC -» b
Oy^ A
A -- to â M |. A
^ - J-
r b*
D
8 « — '- — - * e- 7.11)
5"Rc

avec

Vl
b^^léMeV, b^-RMeV, b < r v SO MeV R -I.Z*A*
e (7 12)

Le premier terme représente l'énergie de volume car en première approxima-


1IX
tion les noyaux sont des sphères de rayon R'*•' 1.24 A *. Le second terme est
une énergie de surface. Le troisième terme est l'énergie de symétrie qui
favorise toujours la formation de noyaux ayant le même nombre de protons et
de neutrons . Le dernier terme est une énergie coulombienne.

La matière nucléaire est un système ayant un nombre infini et égal de


neutrons et de protons. Pour ce système l'énergie de volume est beaucoup plus
grande que les énergies de surface et de symétrie. Mais l'énergie coulombienne
243

serait infiniment grande pour ce système. C'est pour cela qu'on annule la
force de coulomb dans les calculs de la matière nucléaire. La formule de
Weiszacker montre donc qu'en absence de la force de coulomb l'énergie E de
la matière nucléaire est égale à -16 MeV par nucléon.

La formule de Weiszacker représente l'énergie des noyaux dans leur état


fondamental. En absence de l'énergie de coulomb, un noyau infiniment grand avec
N=Z aurait une énergie par nucléon E/A=-16 MeV et une densité correspondante à
k • 1.36 fm . On interprète ce résultat en disant que l'énergie E/A présente
. . . . -1
un minimum en fonction de la densité,ou de k , à k = 1.36 fm et E/A=- 16 MeV.
r r

£ = - 16 MeV
A V»l.3fcN?
die, W (7.13)

L'équation (7.13) exprime la propriété de saturation de la matière nucléaire


La courbe représentant E/A en fonction de k_ a la forme suivante au voisinage
F
-1
de k = 1.36 fm (voir
A E M figure 1)

1.34 U*'

(7.14)

Les deux équations (7.13) servent à déterminer les paramètres des forces
effectives.

7.3 RELATION ENTRE LE NIVEAU DE FERMI ET L'ENERGIE DE LIAISON PAR NUCLEON

Nous verrons que l'énergie par nucléon E/A ne dépend que du moment de
Fermi k

Calculons sa dérivée par rapport à k.

(7.15)

L'énergie E est une fonctionnelle de la matrice densité


(7.8) qui est diagonale dans l'espace des impulsions. On a donc :

(7.16)
•"* feVc * f c _ _ «rfkr
244

D'après l'équation (7.8) on voit que :

(7.17)

<4kr
En remplaçant la somme (7.16) par l'intégrale (7.4) et en utilisant
(7.17) on trouve :

15 ZSL
£ 5fer*, (7.18)
1
ir -
où e est l'énergie de l'orbite d'impulsion Y. , c'est à dire, du nzveau de
Fermi. Le niveau de Fermi est égal, d'après (5.19) :

SE
(7.19)
•<f " . —
> j k<rr k-lt.

D'après l'équation (7.5) on trouve :

<*A
(7.20)
ir*

2 k
dn F
En remarquant enfin que r~- = — = - , les résultats (7.18) et (7.20) permet
F ^ d k
c
tent d'écrire l'équation (7.15) sous la forme :

(7.21)
*' A oit) \ A J

Au minimum de la courbe (7.14) on a T — (E/A)= 0 et donc

(7.22)
e
s- * I A
'ii,»i.it<;

(voir figure 4 ) .
245

7.4. FORCE EFFECTIVE CENTRALE AVEC UN TERME D'ECHANGE D'ESPACE.

Nous allons étudier les propriétés de la matière nucléaire calculées


avec diverses forces effectives. Considérons d'abord une force centrale ayant
un terme de Wigner d'intensité W et un terme de Majorana d'intensité M :

V * -O-(r) [ w + M P.] (7.23)

où P e s t 1''opérateur d'échange des coordonnées de deux nucléons:

P« K i * . , * v n r , > * |rt<r,T, , r\ <r^^ >


r
x (7.24)

Nous choisirons pour v(r) une forme de Yukawa :

VCr) = £_ ( 7.25)

où p est l'inverse de la longueur de compton du méson TT :


1
fc 0 -'
— a
M » O."? -fwi (7.26)
/
/* %t
Calculons l'énergie potentielle par nucléon :

C
-L/- J- Z. < k V T , k V V l i r i k « r r , »i'<rV>
A AA ft*
(7.27)
rr'

D'après les équations (1.64) et (1.63) on a

<k<rr , *«"* i\r) k<rt,*r x'>

* (kk'ltfco Ikk') [w-M^Scr']


(7.?8)
-(îfi?ivir>lk'k) [ w S ^ ' T ^ ' - M*]
246

OK

r
/*

(7.29)
i l A ' ,.•

En effectuant les sommations sur les spins et isospins l'énergie poten-


tielle par nucléon devient :

A Wk frF
A A OV '
. . (7.30)

où <v> et <V> représentent la contribution directe et d'échange dans l'espace


D E
des configurations.

L'équation (7.29) permet de calculer ces contributions. On trouve :

<
Ï2* - CiW-M) J_ £
A air /.»
(7.33)

/
A 1TI /i

où n est la densité de nucléons (7.5) et où I(k„,p) est l'intégrale :

iu,,tO. ~ f i^dk, __! (7.34)

Cette intégrale peut être évaluée en utilisant les variables d'intégration


247

k et I qui sont l'impulsion relative et l'impulsion du cencrt de masse des deux


particules :

Les impulsions k et k„ sont limitées à la sphrr-2 de Ferrai. La figure


(7.35) montre que la Jerai-impulsion K/2 est limitée au volume u c m m e à deux
sphères de rayon k et dont les centres sont distants de 2k (o<k<k„) :
r r

(7.35)

Ce volume est égal à :

V- ?tâ+k'-5kt) (7.36)

L'intégrale (7.34) devient :

(7.37)
i
*; ~ J (*** + *•*"*) ôtt
• r
On est ramené au calcul d'intégrales élémentaires, on trouve :

F
-.< *,>-*(?)]
(7.38)
248

D'après ( 7 . 1 0 ) , (7.30) et (7.33) l ' é n e r g i e par nucléon est égale à :

3TTM* A"ff/* '

La propriété de saturation (7.13) donne deux équations qui permettent de


calculer W et M. Pour cela on a besoin de calculer :

r l ; 1
»kr 3k,* L ^ 3/. / * ^j ^ (7.«S J

Les valeurs de (4W-M) et de (W-4M) qui satisfont à la condition de


saturation sont :

La figure 1 montre comment varie l'énergie par nucléon (7.39) en fonction


de k .
F
La force effective (7.42) est dominée par le terme d'échange d'espace.
Dans les ondes paires (I,= 0, 2, 4, . .. ) on a P = 1 et la force est attractive :

C~' (7.43)
VTs - 8? !L (KtV) (L- 0, 2,1 .•• )

et dans l e s ondes impaires (L= 1, 3, 5. . . ) on a P = -1 et la force e s t


répulsive :

0- s + 6 0 . K Ç_ ( L s / | j y ..,) (7.44)

Le mécanisme de saturation de la force (7.42) est le suivant. A mesure que


k (ou la densité)croît, la contribution â l'énergie des ondes P(L=1) par rapport
2-'» 9

MeV E/A (7.23) Portée finie, échange d'espace


à (7.53) Portée nulle, dépendance vitesses
(7.63) Portée nulle dépendance densité

.-1

Figure 1
250

à celle des ondes S(L=0) croît aussi, de sorte que l'énergie potentielle décroît.

Pour préciser ce mécanisme, décomposons l'énergie potentielle en contri-


butions venant des diverses ondes partielles (voir problème P7.4). On trouve
que l'énergie potentielle par particule est égale à :

A 32 L S T

45)
«mr j <«fe w(k,kr )J^(lir)tr (r)rVrL

o= v (r) est l'interaction effective dans la voie de moment orbital L, de


spin S et d'isospin T, et où W(k,k„) est la probabilité de trouver deux nucléons
avec une impulsion relative comprise entre k et k+dk (problème P7.3):

,W(k,k,) (7.46)

•*k
u>

La figure 2 montre les contributions respectives

(7.47)
Ao • L *U*T ikw,r) /Z furfur)

des interactions dans l'onde relative L, l'énergie potentielle (7.45) étant écrite
sous la forme :

<v>
7 " Z S *ur l^r>V fr)r^u

w*T •
On voit comment la contribution des ondes P(L«I) augmente par rapport
251

90
80
70
60
50 r=1.5fm
40
30
20
10
_l_L_L
90 .2 .4 .6 .8 101.2 U 1.618
80
70
60
50
40 S(L=0)
30
20
r=0.5
10
• • • • • • • • •
40 2 .6 .8 1.0 1.2 U 1.61.8 2.0
30
20
P(L=1)
10
I I 1
.2.4 .6 .8 1.01.21.41.61.82.0

FIGURE 2
252

à celle des ondes S(L=0) lorsque k croît.

Calculons le spectre des énergies des orbites. L'énergie de l'orbite


d'impulsion k est égale à :

p 2E (7-48)

où p e s t donné p a r ( 7 . 1 7 ) e t où E e s t donné p a r ( 7 . 1 0 ) e t ( 7 . 2 7 ) . On t r o u v e
kaT

.-j i l -* ••. •* ••.


,
€ - _ + Z <k«-t kr'r ivikfft,krV>
;

(7.49)

= *£ + U , ( k ) *• U (k) f

2m

ù IL et U_ sont les contributions à l'énergie potentielle d'un nucléon des


D E o r
termes direct et d'échange d'espace (voir 7.30 et 7.33) :

U,(k>» *-!!>• (AW-M)Z (fk'nrcr) ( £ £ )

( 7 5 0 )
» (MW-M)i^

> E
U,(k) - ^ — r - ( W - ^ M ) L (kk'hXr)lî'iT)
IWT

( W - * , * ) ^ (k,
T k )

DU on a pose :
253

Cette intégrale ne présente pas de difficulté particulière. On trouve

TCk.lc./O-l- f ^ ^ . ^ k ^
/* kr * /*
(7.51)
l
kj; kr -.
3
V^F (k,-k)%yu*

En particulier on a pour k=0 :

F
T(k-.>./.> - 2(1" A**4j i )

Les figures 3 et 4 montrent le potentiel U, et l'énergie


e, des orbites d'impulsion k. On voit qu'une particule d'impulsion k=0 est
plongée dans un potentiel profond de 118 MeV. Les expériences de diffusion
élastique et de knock-out suggèrent cependant que la profondeur du potentiel
au centre du noyau ne doit pas excéder quelque 50 MeV de sorte que la force
de portée finie (7.23) avec un terme d'échange d'espace daine un potentiel trop
profond, lorsque ses paramètres sont ajustés de manière à saturer la matière
nucléaire.

7.5 FORCE EFFECTIVE DEPENDANT DES VITESSES

On peut aussi saturer la matière nucléaire avec une foce effective qui
dépend de la vitesse relative de deux nucléons. Il suffit pour cela que la force
devienne de moins en moins attractive à mesure que la vitesse relative augmente.
Comme le montre la fonction (7.46), lorsque k„ augmente, les vitesses relatives
r
de deux nucléons augmentent aussi et donc l'attraction diminue.

On définit ainsi les vecteurs position et impulsion relatives et du centre


de masse de deux nucléons :
-• _« _•.
I

(7.52)
V -. Ut,-K ) K . k,*kt
254

(7.23) Portée finie, échange d'espace


(753) Portée nulle dépendance vitesses
/

(7.63) Portée nulle,dépendance densité

FIGURE .3
255

(7.23) Portée finie échange d'espace


/

(7.53) Portée nulle, dépendance vitesses


» (7.63) Portée nulle, dépendance densité

FIGURE A
256

Une force effective qui ne dépend que des coordonnées relative*peut être
définie par ses éléments de matrice <k|v]k'> entre états d'impulsion relative.
Considérons la force effective suivante :

<k\V\„ k'>, =
- ^— (>*-. • «,
M -W .-k ',) ( 7 # 5 3 )

Dans l'espace des configurations, c'est une force locale de portée nulle,
dépendante des vitesses :

/
4rW\r > - Str-r')VCr)
' (7.54)
où ^"~ —*

VI?) - *. Sc?> - «, (Z)St?7.(Z)


En reportant cette force dans l'expression (7.45) on voit que le terme
proportionnel à a n'agit que dans l'onde relative S(L=0) et le terme propor-
tionnel à a n'agit que dans l'onde p(L=l).

Les éléments de matrice (7.29) de la force effective (7.53) sont :

(7.55)

s
h.z,û+K2£ [«. * ^«1 <£-£)- (£-£>]

L'énergie potentielle (7.27) de la matière nucléaire est très facile à


évaluer à partir de l'expression (7.55). On trouve

(7.56)

.'énergie de la m a t i è r e n u c l é a i r e e s t donc
i
i M f
" M e k v
+ Q, i! 1
(7.57)
A lom Alï ç^
257

Les conditions de saturation (7.13) donnent des valeurs suivantes des


paramètres a et a, :
o 1

3
0* = -UÉ>3 MeV Jf w a, = 6 o 2 MeV { • / (7 .58)

La figure 1 montre la courbe de E/A en fonction de k .

Calculons le spectre des orbites. D'après l'équation (7.49) on trouve :

3
f .
k ^ • J!i_* * SOîJ? /|« 3 kf>) (7.59)

Ce résultat peut s'écrire ainsi

k U (760)
* "" * 7 * °

^ |4 (7.61)

:
et où m est la mau$> . effective d'un nucléon dans la matière nucléaire

m* 1
yr» /I* Sa.nm » 0.59 (7.62)
1
S*

Les figures 3 et 4 montrent l'énergie potentielle U, et le spectre e, des


orbites. On voit <jne 1a force dépendante des vitesses donne un puits de potentiel
profond de 113 MeV ce qui est plus que l'estimation expérimentale de l'ordre
de 50 MeV.
258

7.6. FORCE EFFECTIVE DEPENDANTE DE LA DENSITE

Les forces effectives agissant entre les nucléons de la matière nucléaire


sont très différentes de celles qui agissent entre deux nucléons dans le vide.
En effet, d'après le principe d'exclusion de Pauli, les nucléons de la matière
nucléaire excluent la mer de Fermi de l'espace des phases de deux nucléons.
Ces effets peuvent être parametrises par une force qui dépend de la densité n
de la matière nucléaire. Considérons à titre d'exemple, la force suivante de
portée nulle (voir aussi section 5.10):

(7.63)
U^ 5(?) [CL + b n]

L'énergie de la matière nucléaire se calcule aisément à partir de l'équation


(7.27). On trouve :

— « T — \ a. + \OY\ (7.64)

Les conditions de saturation (7.13) donnent les valeurs suivantes des


paramètres a et b :

3 7 65
e.-* - < m M«V-f* b*-?»*? MeV-f*' < - >

La courbe de E/A en fonction de k„ est donnée dans la figure I.


r

Puisque la force (7.63) dépend de \t. densité, il apparaît un terme de


réarrangement i n> l'expression de l'énergie de l'orbite (voir discussion
r

au bas de la page 150 ainsi que la section 5.10).


Pour calculer le spectre des orbites, le plus simple est d'utiliser
l'expression (5.145). On trouve :
259

expression qui inclut le terme de réarrangement égal à

l
3tn

Le spectre des orbites est illustré sur les figures 3 et 4. On voit que,
grâce à un terme de réarrar -ement qui en remonte le fond de 24 MeV environ,
le puits de potentiel des nucléons dans la matière nucléaire est profond de
54 MeV ce qui est près de l'estimation expérimentale.

7.7. MASSE EFFECTIVE, COMPRESSIBILITE ET VITESSE DU SON


L'énergie d'une orbite d'impulsion k se décompose en un terme d'énergie
cinétique et un terme d'énergie potentielle U :

(7.67)

Le terme d'énergie potentiel dépend, en général, de l'impulsion k de la


particule dans quel cas le potentiel est non-local. Il peut être commode de
paramétriser cet effet à l'aide d'une masse effective m définie par la relation

d où 1 expression explicite

(7.68)

Evaluons la masse effective à la surface de Fermi (k=k ) à l'aide des


forces effectives (7.23), (7.53) et (7.63).

Pour la force effective centrale (7.23) on trouve, à l'aide des équations


(7.50) et (7.51) :

1 li? z|- tiJ-JyjU (A + b±i> ) \


V-kr "ÏU*JU
T
l
Mf 6
U x

A '-1(7.69 )
260

d'où la va'eur m =0.43 m. Pour la force effective (7.53) qui dépend des vitesses,
on à déjà calculé dans l'équation (7.62) m =0.39m. Pour la force de portée nulle
(7.63) on a m = m. L'ensemble de ces résultats est porté sur le tableau (7.76).

On voit qu'il faut soit une portée finie, soit une dépendance des vitesses
pour que m p m. Les espacement des énergies des orbites au voisinage de la
mer de Fermi suggèrent une valeur de la masse effective de l'ordre de
— - 1 . Mais les valeurs (7.70) ne sont données qu'à titre indicatif
m
, . . *
car 1 estimation de m dans la matière nucléaire néglige tous les effets de
surface.

On définit le coefficient de aompressibilité K ainsi :

tfit/A)
K= k; » 4n* **(E/A) (7.71)
1ht m 1* e>fl* «ni»»

C'est la courbure au minimum de la courbe de E/A en fonction de k_ multi-


2
pliée par I I . D'après l'équation (7.39) on a :

F
K= l£i • (MW-M) iJif
S m TTu J

(7.72)

= liS MeV Uo-iu peaké fcm'c)

Pour la force (7.53) qui dépend des vitesses, l'équation (7.56) donne

K r 3fr. fer + & q Kr ^ l o g , k


c F (1 7 ^

5" m ^TT». ^ 3o8 M*V

(Inu J<f'p»nfl(«k^ JU* *r;u.uu )


261

Pour la force (7.63) qui dépend des densités on a , d'après l'équation


(7.64) :

x
S"m zT\ 1
-R- »
C4»>ud«'p*n«t*H*< «te l* d e m i " V ) .
Les premières mesures de la résonance géante monopolaire semblent suggérer
que K _ 210 MeV de sorte que les forces effectives dépendantes de la densité
donnent un coefficient de compressibilité trop grand.
La vitesse du son ordinaire lans la matière nucléaire est égale à :

»k «
V9
ET (7.75)
W

Le tableau suivant résume l'ensemble des résultats obtenus dans cette


section.

! •

!
Fore • * /
K(MeV) U
m /m v/v p
o
(v =fikF/m)
F

(7.23)
Portée finie
Echange 0.43 115 MeV 0.41 -118 MeV
(7.76)
d'espace

(7.53)
Portée nulle
Dépendance
des vitesses 0.39 308 MeV 0.67 -113 MeV

(7.63)
Portée nulle
Dépendance de
la densité 1 380 MeV 0.74 -54 MeV

Estimation
expérimentale ~l -210 MeV ~-50 MeV
262

EXERCICES ET PROBLEMES

P7.1
On considère la force effective

Montrer que l'Anergie potentielle par particule peut s'écrire ainsi :

y >
En déduire qu'à haute densité : IL,/U \ l'énergie potentielle est égale

J
« ' Z
et que la condition de saturation n'est possible que si 4W-M>0.

P7.2
Démontrer les relations :

1 j.fhr) j.fh'DrVr • " f ^ - f c ' '

Montrer que la matrice densité p définie par l'équation (7.6) satisfait


à la relation p =p .

P7.3
Soit f(k) une fonction qui ne dépend que de la valeur absolue du moment
relatif k=(k.-k„)/2 de deux nucléons dans la mer de Fermi. Calculer la fonction
W(k,k ) qui est définie par l'équation :

^<*f h,<kr °
•£ qui représente la distribution de probabilité que deux nucléons dans la mer
de Fermi aient une impulsion relative k..(0n doit trouver /.46).

P7.4
En couplant les spins et isospins de deux nucléons à (S,M ) et (T,M_)
263

montrer que l'énergie potentielle par nucléon s'écrit pour une force centrale

A a A ^ .* -

o ù
iK.«

•& L«

avec r> r -r t t «4- R = ^ f * X J , t

e t en d é d i i r e l'expression (7,45),

En é c r i v a n t :
for . T • « - . . . . * YN/ * #T
k
€ - *»* Z * 3 L < ^ un' > X» (r)
, , ,-* îk.r -ik.r ->• «îk.r „ „, . , , .
calculer dr e e et dr e . En déduire les relations :

ST
utiliser ces relations pour vérifier qu'en posant v (r)=I dans l'équation
(7.45) on obtient :

2.
P7.5
Montrer que le coefficient de compressibilité (7.71) est égal à :

où e. est l'énergie du niveau de Fermi,

Montrer et vérifier que les trois courbes donnant U. en fonction de k


r
(figure 3) se croisent au poin . k . p
264

CHAPITRE 8

LE MODELE DE L'OSCILLATEUR

Dans le chapitre 7 concernant la matière nucléaire nous avons illustré un


premier aspect du modèle de particules indépendantes : nature des forces effec-
tives, profondeur du potentiel moyen, masse effective des nucléons etc.. Dans
ce chapitre nous en illustrons un deuxième aspect, à savoir les effets dus
à la taille finie des noyaux. Les noyaux sont des systèmes liés suffisamment
petits pour que la plupart de leurs propriétés soient dominées par la
structure en couches des orbites. Le modèle de l'oscillateur nous permet
d'étudier le modèle des couches par le biais d'un modèle soluble. Les fonctions
propres d'un oscillateur harmonique servent de première approximation aux
orbites liées des nucléons dans le potentiel moyen du modèle des couches. Elles
servent de base pour le développement des orbites liées du potentipl de Hartree-
Fock. par exemple.

Nous allons utiliser le modèle de l'oscillateur pour illustrer certains


problèmes et certaines propriétés du modèle des couches : mouvement du centre
de masse, résonance géante dipolaire, forme d'équilibre des noyaux déformés,
distortions causées par la rotatio:, règles de somme des transitions electro-:
nagnétiques etc.

Il est important de comprendre, dès le départ, que les Hamiltoniens utili-


sés pour le modèle de l'oscillateur ne servent qu'à engendrer des ;* >»;<_'' -'om;
i' >i i-• qui approchent celles des états liés du noyau. Ils ne doivent i-n
aucun cas servir à mesurer les énergies; tout au plus peut-on espérer estimer
grossièrement par ce modèle l'ordre de grandeur des énergies de certaines
vi brat ions.

N'eus incluons dans ce chapitre une discussion détaillée du système d'oscil-


lateurs couplés et de ses fonctions d'onde (sections 8.9 et 8.10).

8. I OSCILLATEUR A UNE DIMENSION. ETAT COHERENT ET REPRESENTATION_})K BARGMANN.

L'Iiami i tonien d'une particule dans un oscillateur à une dimension


t - . : .
.1 Ik I I L .

i
1
V\ r -£- + i mu>* X (8.1)
2m l
:o5

ou = t 2 * ?3.
k
i 3TC
mu>
Solt q la variable a s I -rr TL. (8.2)

Les opérateurs de création et d'absorption d 'un quantum de l'oscillateur


sont définis ainsi :

(8.3)

Ces opérateurs obéissent aux règles de commutation de ho iJ V.'io

cc'-c'c - d (8.4)

L'hamiltonien (8.1) s'écrit :

+
k » ito C Cc + ± ) . (8.5)

On d é f i n i t l e s é t a t s |n> avec n=0, 1, 2 , . . a i n s i

C 10> a O

(8.6)

c m > » v/rT i n- d >


de sorte que les états propres normalisés de h sont :

,n
k m > = *Ku (n+ ^) > (8.7)
v n'.
On utilise souvent les propriétés suivantes

, Ku> (8.8)
266

Dans la représentation q les fonctions d'onde sont données par des poly-
nômes d'Hermite :

H
^l»>' -'1»« (J?2"«!)* (8.9)

On définit un état cohérent \t> qui est la fonction génératrice suivante


des états propres |n> de l'oscillateur :
te* - t -
(8.II)
*»»• vn!

L'état cohérent satisfait les équations :

fc-t ) i t > = o (c*-^ ) it>« o (8.12)

D'après l'équation (8.3) ces équations s'écrivent ainsi dans la


représentation q :

( < l * ^ - v r t ) « | * t > = o , f*)-^ ->/r^)<<jit>=o. (8.i3)


La solution (normalisée) de cette équation est

1
(8.14)
V
T * B-"»

ce qui détermine une fonction g é n é r a t r i c e des fonctions d'onde <q|t> de


l'oscillateur .

D'après l ' é q u a t i o n (8. 11) on .a :

t* t'
<fn l t > <* <tlt'> 3 e (8.15)

Les fonctions <t|n> constituent la représentation de Bargmann des états


propres |n> de l'oscillateur. Cette représentation est plus simple que celle
dans l'espace q qui fait appel aux polynômes d'Hermite. Les états |t> ne
forment un ensemble complet que dans le plan complexe de t, dans le sens
suivant :
-fct*
(8 t6)
J^itmxti- 1 PS •(/.(«• e gt(fot)ot(4 i) - N
267

On montre l'identité suivante (voir Itzykson, référence ci-dessous)


valable si l-(m+n)m +n )/4 > 0 :

(8.17)

A l'aide des équations (8.15), (8.16) et (8.17) on vérifie aisément que,


par exemple :

^ w m > =• j 4/« lt) < m l t > < t t n > - S m r t


(8.18)
Les propriétés de l'état cohérent sont résumées dans le problème P8.9,
et celles de l'état cohérent à plusieurs dimensions dans la section 8.9.

RERERENCES

C. Itzykson, Communications in Mathematical Physics k_ (1967) 92

V. Bargmann, Communications in Pure and Applied Mathematics JN+ (1961) 187.

8.2 PROPRIETES DE L'OSCILLATEUR A TROIS DIMENSIONS.

Une particule dans un oscillateur à trois dimensions est décrite par


1'Hamiltonien :

(8.20)

Les fonctions propres, an représentation oartétienne sont |n n n >:

n
n I** «j rj > » 'Kw (n«*»i + H, • * / a ) ' * *j 1* >
t } (8.21)

On distingue deux cas. Le cas où h est un oscillateur isotrope nu


gphérique
1 c'est à dire où to -co = w . Le cas où h est un oscillateur
x y z
anisotrope (ou déformé) c'est â dire où deux des fréquences au moins sont
distinctes.
En coordonnées spheriques l'hamiltonien d'un oscillateur isotrope s'écrit

l (8 22
•» • Ê" • *L_ • x »*' r - >
268

Les fonctions propres sont |n£m> avec :

Wu«»> •• Ua f a * * l - ^ ) twt«*> n» 4,2,3,

A l
°, t >'- (8 .23)

Ht ln*m> = m l *»{»•»> -ffrntl

Les fonctions d'onde sont :

< r W m > * U (r> Y «„ (»,«P)


n€ (8.24)

où Y. (0,f) est une harmonique sphérique.

Les fonctions radiales sont définies ainsi :

*•% f -<<•'"".» «•
<8
( 8 :2 5 )
U^(r). * r' e L
'>'>-* E t i l ''
«V«J-^ / * < - . > !

" ''* (8.26)

et L, (x) est un polynôme de Laguerre

, *• y (a+fe) ! (-*)m

References : Messiah, A. Mécanique Quani.ique, Dunod (Paris) I960,Lebedev,


N.N. Special functions and their applications, Prentice Hall, Inc. (1965),

Il peut être utile de connaître les formes explicites des premières


fonctions radiales :
269

„ 3/2 - .2 .„
,* _ 2a ' -(oar) / 2
u ( r )
ls " ^74 *
%
2
t s HI. f* ,^s -(«r) /2
U ( r ) =
lp X?4 /j«*>«
2 2
i s -HI. / * t~J -C«) /2
u ( r ) ( a r ) e
id = 174 /3T
11

'3.27)
V>

U
^
( r )
- « 3 / 2
/ 2 4
r ».*
( B r ) e
-(w) /2 2 P

I - (-r)
2p -17î" 'ST
1t

u ( r ) ( a r )
ig "774 /SXTT *

.3 I
J
u ( r ) ( a r ) ( a r
2d -~ /SX7 * 2- '
H i—

3 / 2 5 2 4
, »_ a / 2 -(ar) /2 f 15 S , .2 (or) ")
u ( r ) = e +
3. 174 /ST [ T - 2 ( W )
2 J '

On a désigné par s, p , d , f , g . . . les valeurs t 9- 0,1,2,3,4 . On notera


quelques relations utiles :

(8.28)

Les orbiter. ayant la même valeur de N« Zn+£-2 ont la même parité (-) ,
2 H
même rayon quadratique moyen <r > • —(N+3/2) et même énergie Hw(N+3/2). Ces
paquets d'orbites dégénérées forment des aouahes majeures.Chaque orbite
|n£m> pouvant contenir deux neutrons (de spins opposés) et deux protons
270

chaque couche majeure peut contenir

3>H * (N+l)(M*2 ; (8.29)

neutrons ou proton-.

4 3*, 2J, l 8 *o To

3 x?M XO <<o

2 2s, IJ il 2o

I 6 0

0 2 2
H 1>H

40
A partir du ^ C a _ , l'interaction spin-orbite est assez intense pour modi-
fier les nombres magiques.

Pour l'oscillateur isotrope on peut utiliser soit la représentation


jn2.m> soit la représentation cartésienne jn n^ n >. Chaque orbite |nim>
appartenant à une couche majeure N est une superposition des (N+i)(N+2)/2
orbites In n n > ayant N» n + n + n :
1
x y z ' x y z

»*i£w>- 2L <w«njn |n£wi> In» * ) » ! , >


s (8.30)

Les coefficients <n n n lnJlm> sont donnés par J.N. Smirnov (Nucl.
r
x y z •
Fhys. 39 (1962) 346).

8.3 DETERMINATION DE LA FREQUENCE DE L'OSCILLATEUR SPHERIQUE.

La description d'un noyau par un oscillateur sphérique ne dépend que


d'un seul paramètre : la fréquance to. Celle-ci peut être déterminée pour chaque
noyau de manière à lui donner le rayon quadratique moyen observé expérimenta-
lement. Dans le modèle de l'oscillateur le noyau est décrit par 1'Hamilton!en :

(8.32)
271

>
Les fonctions propres de H sont des déterminants de Slater |<f formés
par les orbites (8.24) d'un oscillateur sphérique. Bohr et Mottelson propo-
sent l'argument suivant pour déterminer la fréquence u> de l'oscillateur en
fonction du rayon quadratique moyen. Supposons que chaque orbite |n&m> de
la mer de Fermi soit occupée par deux neutrons et deux protons. Supposons
aussi que chaque couche N soit ainsi remplie depuis N » 0 à N » N inclus.

Le nombre total de nucléon*est, d'après (t.29) •*

Il»* 3
"*• (8.33)

D'après (1-28) le rayon quadratique est donné par l'expression :

<**>* L •*(»•*•)(W*2)-Ë_(M*3iO* — (N^.+2) 4


(8-34)

La valeur expérimentale du rayon quadratique moyen est :

<2. *£ ...c R.r.A** 1.2 A * U 1


(8.35)

Nous adopterons la valeur .-

(8.35bis)

En réunissant les résultats (8.33), (8.34) et (8.35) on trouve l'expression


suivante pour la fréquence :

*-Sfêf&*"* »••*-* «.v (8.36)

Pour un noyau léger comme 0 on a Km • 16 MeV et pour un noyau lourd comme


2f)8
le Pb on a Hu> « 7 MeV.

L'analyse des données expérimentales montre que les rayons quadratiques


moyens de charge obéissent plutôt â la loi :

f
-J. S | . Z «WC r x 1.62 t
# m (8.36bis)

( ® if &}&. ft **£ $ * H fîltJf. 3 jj)


(Acta Physic» Sinica, Vol. 2U, N"2, Mars, 1979)
272

Cette loi empirique semble plus précise que la loi (8.35). Elle permet
de déterminer la fréquence u> "'u potentiel harmonique des protons ••

(8.36ter)
V i
*«, = £*! v T x z ' . 2t.sf* M.V
4r»r,
8.4 DETERMINATION DES FREQUENCES DE L'OSCILLATEUR POUR UN NOYAU DEFORME.
Dans le modèle de l'osci-llateur, un noyau déformé est décrit par l'Hamil-
tonien de particules dans un oscillateur anisotrope :

(8.37)

Cet Hamiltonien dépend de trois fréquences u , <u et u . Les


À X À x y z
orbites |À> = In n n > dp cet oscillateur sont dénotées par le nombre de r
' ' x y z
quanta dans les directions x, y et z. Un déterminant <le Slater formé à partir
de ces orbitÎS permet de définir trois nombres :

N. - I (n \i) , N, * 2- ("Ni), M,- Z<"î*i).


4 (8.38)

qui mesurent le nombre total de quanta des orbites occupées dans les directions
x, y et z. Pour des frequenr.ps ai ÙJ it ai données, ces trois nombres détermi-
1
x y z '
i jnt l'extension du noyau dans les trois directions. En effet d'après (8.8)
on a :

( 8 3 9 )
•Kl k N '

Ils déterminent également la distribution des vitesses des particules dans


les directions x, y et z. D'pprès (8.8) on a :

2. ' ' z 2.

Bohr et Mottelson proprsent de déterminer les» rapports des fréquences


de l'oscillateur par l'argument suivant : les équipotentielles de l'oscillateur
(8.37) sont des ellispsoïdes dont les axes principaux sont proportionnelles
h l/,i , I/i.i et I/w . Pn petit assimiler le noyau à un ellipsoïde dont les
X
.^ z
2 1/2 2 1/2 21/2
ay.es principaux sont x -• 'y et '7. > . Dans le modèle unifié
273

les axes principaux de la distribution de matière doivent être, à l'équilibre,


dans le même rapport que ceux des équipotentielles, c'est à dire que
2 |/2 ^ 2 1/2
<x > doit être proportionnel à 1,'ii , <y > à I/UK ...Ô'après (8.39) cette
X ?
condition donne les relations :

M , w„ = Nj w 8 r N , <o x (8.41)

Une troisième équation pour les fréquences de l'oscillateur peut être


obtenue en exigeant que le rayjn quadratique :

N
<r»> » *ja» • * * (8.42)
mu, •nto,. tnco,

ait la valeur expérimentale. On peut également interprêter les conditions (8.41)


de la manière suivante : à l'équilibre il s'établit une isotropie de la
distribution des vitesses. En effet d'après (8.40) une distribution isotropique
2 2 2
des vitesses <V > = <V > = <V > implique également la condition (8.41). On
x z

peut enfin trouver une troisième interprétation à l'équation (8.41). Elle


corr^ .pond au minimum de l'énergie à volume constant d'un»; configuration
(N , N , N ) donnée; L.~ volume du noyau peut être mesuré par le produit :

U) e = tO„ <0„ W , (8.43)

des fréquences de l'oscillateur car :

(8.44)
0
- 3 , u>'
m' .»»

L'énergie, dans le modèle de l'oscillateur, est égale à

E - fc ( N.to, * N to. t N, to,) (8.45)

Il est facile de vérifier que cette énergie est minimum, pour


U) U) W c o n s t a n t
x y z / lorsque l'équation (8.41) est satisfaite. Lorsque l'in-
teraction entre les nucléons est de portée nulle, le potentiel de Kartree-
Fock est proportionnel à la densité de matière. Cela se voit, par exemple,
274

sur l'équation (5.144) en prenant b * 0. Or les éléments de matrice d'une


foice à portée nulle, calculés avec des orbites de l'oscillateur sont propor-
3
tionnels à w « w u w . La minimisation de l'énergie à "volume constant"
^ o x y z °
(O revient donc à la minimisation de l'énergie cinétique et donc de l'énergie
(S.45) de l'oscillateur. On peut donc aussi dire que la condition (8.41) de
Bohr-Mottelson résulte de la minimisation de l'énergie à volume constant, avec
des orbites de l'oscillateur,lorsque l'interaction entre les nucléons est de
portée nulle.

Au minimum, l'énergie est égale à

3*fc>„ y N j i ^ N E
(8.46)

On peur visualiser le noyau déformé en l'assimilant à une ellipsoïde


dont les axes principaux sont R , R , R donnés par

s (8.47)

3
v o W » ^ R . ^ R ^ *!ÏR %

(8.48)
< 3 (R + + R
lL> i - *i
5
î)
A

Les déformations de l'ellipsoïde -. volume constant peuvent être décrites


par deux paramètres B et y d.'finis .ânsi :

(8.49>

R, * R« ^ ï K,
275

Pour S « 1 c e t t e paranétrisation devient identique à c e l l e de Bohr et


Mottâlson. La forme du noyau e s t souvent représentée par un point dans le
plan polaire 8, y

CLLlVSoiDAL

(8.50)
* , > *« » R,
PROLATE {so

Les déformations prévues par la condition (8.41) de Bohr et Mottelson ne


peuvent tenir compte des effets de l'interaction spin-orbite ni des effets
d'appariement. Elles sont très voisines de celles obtenues par un calcul
Hartree-Fock dans les cas où l'interaction spin-orbite est négligeable, à
savoir dans la première moitié de la couche 2s-^d.

Pour illustrer les ordres de grandeur des déformations des noyaux légers,
le tableau suivant donne les divers paramètres pour O, Ne, Ng et Si.
Pour chaque noyau, les trois fréquences de l'oscillateur ont été déterminées
à partir des conditions (8.41) et en prenant, dans l'équation (8.43),
-1/3
tfw = 40 A . Pour chaque noyau on a rempli les orbites de l'oscillateur les
plus basses et on a choisi la configuration d'énergie (8.46) minimum. Pour le
28
Si on a choisi deux configurations, l'une oblate et l'autre probate. Les
orbites occupées sont données par ia figure suivante :

(8.51)

l o | OZ o
O \ 1 O l l Zo o
OOZ O O Z 0 O 2. Il o
>o o 1 O O
t o o 1 O t> \ O 0
0 VO O 1 O
o i e O | O 6 l O
0 O \ 0 O 1 O O 1 O O 1 O o t
o o o 0 O O O0 O 0 0 O 0 O 0

"0 ZP
Ht M
3 nu
276

M Ofc4 H
,fc
o **Nt " H "c. "s-
^U« is.«? m.>3 lit? 15.17 UR-

M, u i<* z-> 2.2 3c

«* U »4 lé Z2 Ifc

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-

Les énergies (lu sont en MeV, les rayons R en fm et \ en degrés.

8.5 PARTICULES INTERAGISSANT AVEC DES FORCES HARMONIQUES. ETATS SPURIEUX DU


MOUVEMENT DU CENTRE DE MASSE.

Le cas où les particules interagissent avec des forces harmoniques est un


exemple où nous savons tésoudre exactement les équations du mouvement d'un
Hamiltonien qui est invariant par translation et qui contient des forces à
deux corps. Nous allons appliquer ce modèle à l'étude du mouvement du centre
de masse du noyau et à l'étude de la résonance géante.
277

Le modèle des couches décrit le mouvement de particules in-


dépendantes dans un potentiel moyen qui n'est jamais invariant par translation
1.'Hamiltonien du modèle des couches brise donc la symétrie d'invariance par
translation que possède 1'Hamiltonien nucléaire. En général, l'Hamitonien du
modèle des couches ne se sépare pas, comme 1'Hamiltonien nucléaire, en un terme
qui ne fait intervenir que les variables du centre de masse et un autre terme
qui commute avec celui-ci. C'est dire qu'en général le mouvement du centre de
masse n'est pas décrit par un état bien défini dans le modèle des couches. Cette
brisure de symétrie peut être une source de difficultés. Il y a une exception
cependant : celle où le potentiel du modèle des couches est un oscillateur
harmonique. Nous verrons que dans ce cas le mouvement du centre de masse est
décrit par une orbite d'un oscillateur harmonique. Nous montrerons que les
fonctions propres de 1'Hamiltonien de particules interagissant avec des forces
harmoniques peuvent être calculées à partir des fonctions d'onde d'un Hamiltonien
de particules indépendantes plongées dans un potentiel moyen également
harmonique.

Considérons donc un système de A particules intrragissant avec la force


r r
harmonique v ( r ) = -=-r- ( |~ ) •
)2 2

L'Hamiltonien du système s'écrit :


A +% v
* .-* •+ . 1
(8.53)

Soient R et P la p o s i t i o n e t l ' i m p u l s i o n uu c e n t r e de masse du système :

* »rZ* F- Z - S (8.54)
AT* ' i

e t d é f i n i s s o n s la p o s i t i o n x. e t l ' i m p u l s i o n ->
TT. = m ->
X. par rapport au c e n t r e
de masse :

X; » ^ - R , "ffi " P* - — (8.55)

-r -*
Les v a r i a b l e s x. e t TT . ccmmutent avec R et P. E l l ^ s v é r i f i e n t les équations
i l ^
suivantes :

i **n 2f\m i 2m
(8.56)

13
2
a A R * Z. *i
278

Ainsi, l'Hamiltonien (8.53) peut s'écrire à l'aide de deux termes qui


commutent :

mU)Z
H = i + «C.t o; H,-., « I (-£ * Z ^) (8.57)

Les fonctions propres de H sont donc un produit

ÎK. R

d'une onde plane, état propre de P /2Am, et d'un état propreif (x ,x«...)
de H. .
int
Il est en général difficile de trouver les fonctions propres de H.
car les variables x., TT. ne sont pas indépendantes : £ x. • 0, £ Tî. » O
Mais dans le cas particulier où H. a la forme (8.57) on sait construire
mt
les états propres de H. à partit de déterminants de Slater formés d'orbites
de l'oscillateur. En effet H. a la propriété remarquable de pouvoir être
écrit sous la forme suivante :

(8.58)
a H. - H cr|

H n'est autre que 1'Hamiltonien (8.32) de particules indépendantes plongées


dans un oscillateur harmonique sphérique de fréquence ui. Le deuxième terme
H ,, décrit le mouvement du centre de masse dans le même oscillateur. Les
cM
deux termes H et H „ commutent, donc ils peuvent être diagonalisés simul-
tanément. Or les états propres de H sont connus. Ce sont les déterminants de
Slater formés à partir des orbites de l'oscillateur. Nous allons montrer com-
ment construire, à partir de ces états propres de H , des états propres à la
fois de H et de H ... et donc de H.
o cM' int.
Considérons les opérateurs suivants :
-•
Cen
(8.59)
279

Ces opérateurs diminuent et augmentent respectivement d'une unité le


le nombre de quanta du mouvement du centre de masse (voir 8.3). La conr-
posante de 1 opérateur symétrique à un corps C , le long de 1 axe x, peut
être écrite en seconde quantification ainsi :

C* - — 7 r * (8.60)

•v»
à l ' a i d e de la base
ase ccartérienne In n n > de l ' o s c i l l a t e u r . On d é c r i t
1
x y z
aisément l'expression de»deux autres composantes y et z du vecteur C
cm
Considérons l ' é t a t fondamental lit > de H , Ce sera un déterminant de
1
o o
Slater composé des A orbites les plus basses de l'oscillateur. L'expression
(8.51) en donne cinq exemples. Lorsqu'on applique l'opérateur (8.60) à
\tp > on transforme successivement chaque orbite occupée en une orbite
plus basse qui est donc aussi occupée. On obtient par conséquent zéro :

(8 6,)
Cen • + > « o . -

Cette équation montre que |<î> , état fondamental de H , est aussi l ' é t a t
m>
Q + °
fondamentalT,Is (R) de Hcm .

C'est donc aussi un é t a t propre de H. :


r r
int

Au determinant de Slater |<{> >, état fondamental de H , on peut donc


associer l'état intrinsèquef (x.,x~..,), état fondamental de H. _,
n
o )' 2 ' int'
défini par l'équation (8.62). On voit sur cette équation qu'en décrivant
le noyau par un déterminant de Slater, on donne à son centre de masse
2
un mouvement Is d<-nt la fonction d'onde exp (-Am R /H) a une extension
dans l'espace de l'ordre de / tf/Amw , qui diminue donc en raison de \/vK.
Ainsi pour un noyau très lourd, le centre de masse est quasiment fixé â
l'origine des coordonnées tandis que pour un noyau léger le centre de masse
peut avoir des oscillations appréciables autour de l'origine (voir problème
P8.7). Lorsque les orbites de |é > ne sont pas des fonctions d'onde d'un
280

oscillateur, et c'est notamment le cas pour les noyaux lourds, la factori-


sation (8.62) n'a pas lieu, et on ne sait pas très bien identifier le
mouvement du centre de masse. On espère cependant, que le mouvement
du centre de masse est centré autour de l'origine avec une extension
semblable à celle que prévoit le modèle de l'oscillateur.

Lorsqu'on cherche à calculer les états excités de H. à partir de la


^ int
base des états excités de H il faut exclure de cette base les excitations
o
du mouvement du centre de masse. On peut calculer explicitement les états
qui correspondent aux excitations du "entre de masse en appliquant au
déterminant de Slater (8.62) l'opérateur C défini par l'équation (8.59).
Ainsi l'état C ] <p > est le produit d'un état Ip du mouvement du centre
r

de masse et de l'état fondamental Y de H. ^. Puisque C ,. est un opérateur


M r
*o int cM
à un c o r p s , l ' é t a t C j<J> > sera composé d ' e x c i t a t i o n s à 1 p a r t i c u l e - l t r o u ,
mais i l ne correspondra pas a une e x c i t a t i o n du noyau, c ' e s t à d i r e à un
é t a t e x c i t é de H. . I l faut donc exclure c e t é t a t de la base d'excitations
int
p a r t i c u l e - t r o u l o r s q u ' o n c a l c u l e l e s é t a t s e x c i t é s du noyau. De manière
générale, l'ensemble des é t a t s :

,+ c c <8 63>
C .> . - <W+.>> i v r ' t ' « ' t v - t '
correspondant à des états excités de H. . On les appelle états 'parasites ou
spurieux car ils doivent être éliminés de la base d'excitations particule-
trou lorsqu'on cherche à calculer les états excités du noyau (voir aussi
la discussion dans la section 5.11).
8.6 LA RESONANCE GEANTE DIPOLAIRE *

La résonance géante dipolaire est un état excité qui abosrbe presque


la totalité du rayonnement électrique dipolaire. On observe c.tte résonance
à une énergie d'excitation donnée par la loir empirique -.

-'/3 (8.65)
"k«*> « 1-8 A MeV

-1/3
et pour les noyaux légers ton énergie s'abaisse à % 60 A dans la région
de 0. On interprête généralement cette résonance come une vibration de

>
Voir i,..:.,3rink, Nucl.Phys.A (1957) 215.

u
281

l'ensemble des protons en opposition de phase à l'ensemble de neutrons.


Définissons les centres de masse des neutrons et des protons ainsi :

p*' ?*l

t - i NZ ^î - M1 -;
*»»>
(8.66)

Soit X et ÏÏ la coordonnée et l'impulsion du mouvement relatif des centres


n n _ „
de masse des neutrons et des protons. Soit R et P la coordonnée et l'im-
pulsion du centre de masse du système. On a :

(8.67)

X » R,- R. Ai? , N ? - Z Ê r

Cette transformation à les propriétés suivantes (voir Messiah, Mécanique


Quantique, Dunod 1959, p.307) :
"+L -•i •*» "*a

*»itn XZ* *Am 2M (8


' 68)

A
NZ
où p = -r- m est la masse réduite du mouvement relatif. Les seuls commutateurs
A
non nuls sont :

[*;,* 1 » i*S ti [X,,T,"].l*fy (..69)


Définissons enfin les variables des neutrons et des protons par rapport
à leurs centres de masse respectifs : _)

* „ * < • * - R„ -n;-- ?» - -^
(8.70)

>?, »^>- *, ir„ -- 1v- £


282

Un calcul simple montre que 1'Hamiltonien (8.53) peut s'écrire à l'aide


de ces nouvelles variables ainsi :

(8.71)

H.: * Z(£* i-A'), H;„ . 2(g»i««>.. m

Les 4 termes qui composent 1'Hamiltonien (8.71) commutent. Par conséquent


les fonctions propres 0 de H peuvent être factorisées ainsi :

En effet le mouvement relatif des centres de masse des neutrons et des


protons est celui d'une particule de masse u » NZm/A dans un oscillateur
sphérique de fréquence u>. Ce mouvement est décrit par la fonction d'onde
<XJn£m>.
Si on soumet le noyau à un champ électrique dipolaire e, celui-ci ajoute
à 1'Hamiltonien H la perturbation :

V * - e ? . Z £ * - e f . Z R - e?. X 85 <••">
r A
Le premier terme ne peut qu'accélérer le centre de masse du noyau. Mais le
deuxième terme peut exciter le mouvement relatif des centres de masse des
neutrons et des protons. Dans son état fondamental le noyau e-.t décrit par
l'état intrinsèque :

""• W)*? &>*."*> (8.75)

Au premier ordre des perturbations le champ électrique (8.74) ne pourra donc


exciter que l'état Ip du mouvement relatif des centres de masse des neutrons
et des protons :
283

Cet état absorbe donc toute la radiacion dipolaire électrique : c'est la


résonance géante. Dans ce modèle la résonance géante apparaît à l'énergie
-1/3
nu; ^ 40A si on veut donner au noyau la dimension observée expé-
rimentalement (voir section 8.3). Ce modèle ne prévoit donc pas correctement
-1/3
l'énergie 7 8 A de la résonance géante.

On notera que l'Hamiltonien (8.53) prévoit un mouvement harmonique de


fréquence u> pour le mouvement relatif des centres de masse de n'importe quel
groupe de nucléons et des autres.

Une des raisons pour lesquelles la résonance géante apparaît à trop basse
1
énergie vient de ce que les nuc éons interagissent avec la même force quelque
soit leur nature. Or l'attraction est plus grande entre un neutron et • .1
proton, qu'entre deux nucléons de même espèce. Cherchons à modifier l'Hamiltonien
(8.53) de manière à tenir compte de cet effet, ainsi que de l'interaction cou-
lombienne entre les nucléons.

Considérons l'Hamiltonien modèle suivant :

H- $£• g$<<•*.%)<*-&. (ffil»^) «,n


Le dernier terme remplace le potentiel coulombien à deux corps par un potentiel
à un corps approché. Le potentiel que subit un proton de charge e par une
sphère uniformément chargée de rayon R et de charge totale Zc est :

_, t _ (8.78)

r
Dans l'Hamiltonien (8.77) nous avons pris la forme, valable pour r < R,
quelque soit r. Les fonctions d'onde de l'oscillateur décroissent rapidement
pour r >R de sorte que l'erreur faite par cette approximation doit être faible.
Enfin nous avons remplacé r par x , et cela enfin d'assurer que l'énergie
Coulombienne ne change pas lorsque l'ensemble des protons se déplace par
rapport à l'ensemble des neutrons. Pour faciliter les calculs nous remplacerons
-* ~* z z
T..T. par t . T . . L'Hamiltonien (8.77) devient alors :
i J i J

1 l ( 8 , 7 9 )
u- 7 BÊ • Ci»* 7 ii ^ s s , » * > tZt\! /• * \
284

On voit que pour 1'Hamiltonien (8.79) la force nn ou pp (Coulomb


excepté) est proportionelle à (l-a) alors que la force np est proportion-
nelle à (l+a). Cet Hamiltonien respecte la symétrie de charge mais il viole
l'indépendance de charge.

En utilisant les relations suivantes :

M _ _ + • u A
Pf*
(8.80)

I (?..»;>'.Ni?;*zzc* «x*
on peut écrire l'Hamiltonien (8.79) sous la forme :

(8.81)
V A 1
*A*n / *• '

(8.82)

Les fréquences fcj etc«î sont respectivement égales à :

«S (^-- N-Z
*=*)«
J w

(8.83)
N
r A ' w<rl
1/3
Dans l'expression (8.83) nous avons supposé que R=»r Z avec r =1.62 f
en accord avec l'équation (8.36bis). La forme (8.81) de l'Hamiltonien montre
que la résonance géante apparaît à l'énergie Htt_ où :

( 8 8 4 )
^ « N / T 7 7 <LÙ

On connaît expérimentalement l'énergie d'excitation Iflw de la résonance


géante ainsi que le rayon quadratique moyen de la distribution de charge.

Dans 0 on a :

,4 ( 8 8 5 )
Kw, *:U.SM«V -ta f3 I^.ZSMtV ( o)

I.'éq-.::it ion (8.83) permet d'en déduire les valeurs de <i et de h;,i.
285

On trouve

,4
0(r l.fcl i w * IH.^3 * Kco. ( o) (8.87)

On peut calculer, avec cette valeur de a , l'énergie de la résonance


208 =
géante dans le Pb, pour lequel |lu> 6.56 MeV. On trouve :

i w -s 10.S M«V
A tou> * i.Si
f HtV/, fc«J *fc.lifted
B <8. 88)

, 208
L'énergie (g «Okie la résonance géante pour le Pb est infé-
1/3
rieure à la valeur expérimentale qui est 78 A = 13.16 MeV. Le modèle uti-
lisé ne permet pas de rendre compte à la fois du rayon de charge et de
l'énergie de la résonance géante de 0 et du Pb.

On remarquera sur l'équation (8.83) que deux effets opposés agissent


sur les fonctions d'onde des protons. La force de Coulomb diminue w et
P
augmente par conséquent le rayon de la distribution de charge et ;

1'excès de neutrons qui lie plus les protons que les neutrons (a-o)
a tendance à comprimer la distribution de charge. C'est ce double tffet
qui rend les fréquences u> et w semblables tant pour les noyaux légers aie
pour les noyaux lourds comme le montrent les valeurs (8.87), (8.88) (voir
également la discussion page 177).

8.7. CALCUL RPA DE LA RESONANCE GEANTE.

Illustrons avec le modèle de l'oscillateur, la théorie des vibrations


dans l'approximation des phases aléatoires (RPA = random phase approximation).
Reprenons 1'Hami1tonien (8.79) et pour simplifier l'algèbre négligeons le
terme de Coulomb. Il peut alors être écrit sous la forme :

H- Z- (£*i~î*)*Z(s*i""tt>
(8.88)

0
Les deux premiers termes représentent des neutrons et des protons indé-
pendants plongés dans des potentiels d'oscillat<;urs de fréquences w et M
n
2
données par 1 équation (8.83) avec e *0. Le dernier terme est une interaction
dipole-dipole separable :

. mta (8.89)

286

* Les éléments de macrice particule-trou de cette interaction sont :

V
/At-
où les indices x et T' distinguent les configurations particule-trou neutron et
proton. Nous négligeons dans ce calcul les termes d'échange de l'interaction
separable (8.89). Les matrices A et B, définies par l'équation (5.444) sont :

A l
ptt, Vr' * t ' & ' ST*-k*i - 2!? <pi?i4>. <t'trV'> (\-4VT"i
P rr tt r
A
(8.91)

/
Bp*T, '*V » -
p ™ < p i r | t > . < p ' | ? / t > 0--TT')

Soit Hw la fréquence d'une vibration. Les équations de R0A correspondent


à 1,7 recherche du vecteur propre (X,Y) associé à la valeur propre Km du
système suivant (voir section l-^.Jfr) :

(8.92)

Les matrices A et B, qui sont données par l'expression (8.91), sont


réelles, de sorte que les équations (8.92) peuvent s'écrire :

( A + & ) ( X + Y ) » *fcw, ( / - Y )
8 93
( A - b ) ( X - Y )**«">* ( X + Y ) <- >

En multipliant la première équation par A-B on obtient :

(A-B)(A+B)V « (*«>)* V (8.94)


où on a posé :

3 95
V tt
P « X f t t * Y p i t <- >

En reportant les expressions (8.91) de A et B dans l'équation (8.94)


287
on obtient :

[(ITU*- (*^)*] V ^^V't^P^^^t (8-96)

l T
N » t 2 / <t.r%> V > ftT M-*TT') (8 . 97)

•* . .
N est un vecteur parallèle au vecteur r. Choisissons le repère (xyz) de
- * • - > •

manière à ce que N soit porté par l'axe Ox : N = (N ,0,0). Dans ce cas


l'équation (8.97) devient :

< T
N - Z. Z V t l 1 t » P > V f t r * fl-^TT') (8.98)
x
' r*
et l'équation (8.96) donne :

V * -- * * * ' - I I - ! !
pt < l »i>N
? X r (8.W)

En reportant l'expression (8.99) dans l'expression (8.98) on obtient


un système linéaire homogène pour les nombres N :

g f f t
N, * * - T ^ Z Z^urititrf " • Ci-<Tt')N ,(B.'«»
T

Puisque les orbites sor.t des functions d'onde d'un oscillateur, l'opé-
rateur x ne peut exciter que les configurations particule-trou d'énergie
e -e = tfu) ou tfu> selon qu'il s'agit d'une configuration particule-trou
proton ou neutron. D'un autre côté, on montre (voir problème P8.2) les
relations suivantes :

(8.101)
fi 2 m 40* pt £wi*)p

On obtient donc le système linéaire homogène suivant :

(8. 102)
288

Posons :

N* (8.103)
3 " * u^-o*

L'équation (8.102) donne :

(8.'04)

Reportons ces valeurs dans l'équation (8.103). On obtient le système


linéaire homogène suivant pour x et y :

A
_ __;_ _ 1/ j«0(8. 105)

2
qui est une équation aux valeurs propres pour w . En y reportant les valeurs
2
(8.83) de a) et w (avec e =0), on trouve que les valeurs propres sont données
par l'équation :

l
U>j [ « p - O (4f<)] » 0 (8.106)

On trouve deux valeurs propres :

coj> ^ o u>£ a u> Vi + * (8.io7)

La valeur propre nulle vient de ce que l'Hamiltonien (8.88) soit inva-


riant rar translation. Or nous avons montré dans la section 5.8 que dans ce
cas la matrice M, définie par l'équation (5.110) a une valeur propre nulle.
Elle correspond à une valeur propre nulle des équations (8.92). Il est facile
de vérifier que même en négligeant, comme nous l'avons fait, le terme
d'échange de l'interaction (8.89), le théorème énoncé d.ns la section 5.8
289

reste valable. Pour la valeur propre 1^*0, le système (8.105) donne N**ZIJ, ce
qui, reporté dans l'équation (8.103) donne :

D'après l'équation (8.93) o n a X » Y pour Jkjj-0, car la matrice A - B est


V
diagonale et donc X = Y * — . L'équation (8.99) donne :

Pour des fonctions d'onde d'un oscillateur harmonique les éléments d e


matrice <p|x|t> de x sont reliés a u x éléments de matrice <p| p |t>

r
t«tta) r

de sorte que l'équation (8. III) devient :

X
V s -î ° N
C • «, « IJ. ^ ,. x (8.113)

2
D'après (8.110) N /w ne dépend pas de x. Le vecteur propre associé à
la valeur propre Hw ~9 n est donc proportionnel à

(8.114)
V I J ^- <-t i 1 F -

ce qui correspond bien au vecteur (5.109) dans le cas J'une translation infini-
tésimale produite par l'opérateur unitaire exp(-g- P ) .

La seconde valeur propre hco » /l+aflucorrespond exactement â l'énergie


n

(8.84) de la résonance géante. On la retrouve donc dans la calcul RPA. On


vérifie qu'elle correspond au vecteur (5.109) dans le cas d'une transfor-
mation infinitésimale produite par l'opérateur unitaire exp(-w- II ) , de sorte
B x
que cet état absorbe toute la radiation dipolaire électrique.
290

8.8 OSCILLATEUR TOURNANT AUTOUR D'UN AXE A UNE VITESSE ANGULAIRE CONSTANTE.

Considérons des particules plongées dans un oscillateur déformé tournant


à une vitesse angulaire ui autour de l'axe I. Dans la suite les axes x,y et z
sont numérotés 1, 2 et 3 respectivement. L'Hamiltonien de ce système s'écrit
(voir problème P8.8) :
A „
H• 2. h H) (8.117)

t (8 8
K. B - * f m ( o V ^ V ^ x » ) . ( A ? ;
3 l J W 1 ">

Nous allons résoudre analytiquement les valeurs propres de h afin


d'illustrer la méthode générale de résolution des équations de mouvement
d'oscillateurs couplés. Nous pouvons aussi étudier avec ce modèle des
distortions spatiales que subit un noyau en rotation. Définissons les opérateurs
+
c. et c. :

^•jr't-v-ér^-ir*] mu);
(8.119)

avec lesquels 1'Hamiltonien (8.118) s'écrit :

f
U * fcw, (c, e,t '/, ) t i « (c*c t \ ) + tua» (c^Cy • % )
t t

(8.120)
+
- i< S (c*c , % c*c ) - ifcJ> fc*c, - c, c )
t s

où nous avons posé :

w w
co "*»*» , 3>- co »- «-
(8.121)
A \/u>»u>» Z >/^a.U %

L*hamiltonien (8.120) a la forme d ' o s c i l l a t e u r s couplés, discutée dans


291

la section 8.9. On définit des operateurs a. el CL d'après l'équation :

(8.122)

et on cherche des c o e f f i c i e n t s À et p t e l s que l e conmutateur de h avec a


s o i t égal à :

L'équation (8.123) conduit au problème aux valeurs propres suivant

"£)•**"£)
où M et n sont les matrices 4x4 suivantes :

I- (»« y i • (•-") (8.126)

et où A et B sont les matrices 2x2 suivantes :

(8.127)

Nous montrerons dans la section (8.10) que lorsque les valeurs propres
sont réelles, les opérateurs ot, associés aux valeurs propres 0 positives
peuvent être normalisées ainsi :

[<*.<!'] * Kk' (8.128)


2ïi

ce qui permet alors d ' é c r i r e l'Hamiltonien (8.120) sous sa forme diagonale :

4 +
k = fc«, (c, c, • '/,) + <H {*}+ • V ) 4 tLfc fc < f V )
t t 3 $ s t (8.129)

Cette forme fait donc apparaître trois modes de mouvement découplés:It.


mode I de fréquence ÙJ. qui est celui de l'oscillateur non perturbé par le
terme de coriolis - (r x p). et les modes de fréquence propre 0_ et Ï2, qui
>

couplent les positions ainsi que les impulsions de l'oscillateur dans les
directions 2 et 3.

Un calcul simple permet de calculer les carrés des fréquences Q.- et ft_
à partir de l'équation :

/t+[w-^] =° (8.130)

On trouve :

"in?» • CS'-P') * ~
(8.131)
u 1 1

4- i»?'% ( s - * ) - £

& ~ [ (Ot - «J >% <l ( S - î* J fiJ* • wf ) + 6 Ù> «» ( SW ?J (8.1 32)


t

On peut remplacer S et D par leurs valeurs (8.121) et écrire les fré-


quences propres H_ et ft_ ainsi :

(8.133)
u
» 2. *•

J
293

La valeur propre E du Hamiltonien (8.117) des A nucléons est

(8.134)

où l e s N. sont l e nombre que quanta des o r b i t e s occupées dans l e s t r o i s


d i r e c t i o n s . I l s sont donnés par l'équation ( 8 . 3 8 ) .

•'-l'cuZ de la forme du moment cinétique et de la distribution des vitesses.

Considérons l'Hamiltonien H (Drame dépendant des fréquences u>., ;»>_, ai-


de l ' o s c i l l a t e u r a i n s i que de l a fréqence de rotation u.

Exprimons ensuite l e s fréquences propres à p a r t i r de ces paramètres comme


dans l'équation ( 8 . 1 3 3 ) . Puisque la fonction propre de H rend stationnaire
la valeur propre E on a :

(i*4,t.*)
(8.135)

où < > dénote la valeur moyenne dans l ' é t a t propre de H, c ' e s t à dire dans
le déterminant de S l a t e r formé par les orbites de l ' o s c i l l a t e u r tournant h.
En u t i l i s a n t l'équation (8.134) et en calculant l e s dérivées (8.135) à
partir de l'équation (8.133) on obtient :

(8.136)
•vu;
et

*N,
« , * > »
«i to

<*ï > * (8.137)


294

Les équations (8.136) et (8.137) permettent de calculer la forme et le


moment cinétique du noyau en fonction des fréquences OJ ,a)_,0J,, et w.

On peut aussi bien considérer 1'Hamiltonien H comme dépendant des paramètres


w.,u).,u)^, S et D, comme dans l'équation (8.120).

Les équations (8.131) et (8.132) expriment les valeurs propres Œ„ et £2~


en fonction de ces paramètres. On a donc :

En calculant les dérivées (8.138) il est évident qu'il faut utiliser les
expressions (8.131)et (8.132) et non pas l'expression (8.133).

La vitesse dans le référentiel tournant est ;

r/. x .TU
(ZKT) (8.139)

où u) est le vecteur vitesse angulaire parallèle à l'axe 1. La distribution des


vitesses dans le référentiel tournant peut être caractérisée par les trois
nombres :

2 + l
<vi*> * < & >*• - <*»*»> <* <*i>
(8.140)
295

L'équation (8.119) permet d'exprimer les p., x. à l'aide des opérateurs


c. et et. En utilisant ensuite l'équation (8.138) on obtient :

^>.i,tt v-t)(^y ta

(8.141)

Conditions de self-aonsistenae.
Comment généraliser les conditions (8.41) de Bohr-Mottelson dans le cas
d'un oscillateur tournant ? On a vu dans la section 8.4 que, dans le modèle
de l'oscillateur, un noyau déformé qui ne tourne pas, acquiert, à l'équilibre
une isotropic des vitesses et une forme qui épouse celle du potentiel de
l'oscillateur. Dans le cas de l'oscillateur tournant, nous pouvons imposer
-*, P -* ->
1 isotropic des vitesses V =
r
coxr dans le système tournant :
J
m

En reportant les expressions (8.141) dans l'équation (8.142) on trouve

En reportant ce résultat dans l'équation (8.141) on trouve que :


296

de sorte que la condition (8.142) d'isotropic des vitesses donne les relations

(8.143)
H, (0, = N r SI,, r Nj lij

qui généralisent, au système tournant, la condition (8.41) de Bohr-Mottelson.


2 2
La forme du noyau peut être décrite par les trois nombres <X.>, <X_> et
2
<X-> donnés par l'équation (8.137). En reportant, dans cette équation, la
condition (8.143) on obtient :

Ces équations permettent une autre interpretation de l'équation (8.143),


En effet l'Hamiltonien (8.118) de l'oscillateur tournant peut être écrit
ainsi :

l
V»« ± m v ' % ^ [ « î < ( \ <«£-»*) *,?«• («*-«)X, J (8 145)

où V' est la vitesse (8.139) dans le référentiel tournant. On voit que le


premier terme a une forme isotrope dans les vitesses V . Le deuxième terme
représente l'énergie potentielle, le potentiel centrifuge inclus. L'équation
(8.144) montre donc que le noyau acquiert la même forme que les équipoten-
tielles, le potentiel centrifuge inclus. C'est donc le potentiel centrifuge
qui déforme le noyau.

Lorsqu'on veut étudier les transformations que subit le noyau à mesure


que la fréquence de rotation u) augmente on peut imposer la condition que le
volutne défini
; par l'expression :

l N N N
<<*><*| ><***> , * » * I (8.146)

** «, -a*-a*
reste constant lorsque u) varie.

Lorsque la condition (8.143) est satisfaite, le moment cinétique (8.136)


297

acquis par le système est égal à :

(8 ,47)
*<L,> = « W <X«Nx*> -
de sorte que le système possède un moment d'inertie rigide

à toute fréquence. Le moment cinétique (8.147) peut être exprimé en fonction


de la fréquence de rotation ai ainsi :

<L,> * W [*- be*>*] (8.149)

ou

150)

Le deuxième terme, proportionnel a b est toujours très inférieur au


premier terme au). En effet, nous allons montrer que la fréquence de rotation eu
ne dépasse jamais la valeur l-îl-Xtj/2.

On peut relier la variation de l'énergie du système en fonction de la


fréquence de rotation w à la variation correspondante du moment cinétique
acquis <L >.

En effet, soit H l'Hamiltonien du système. Dans le référentiel tournant


autour de l'axe 1 l'Hamiltonien devient :

H » H - i«oL,

Soit |$(w)> l'état qui rend stationnaire la valeur moyenne <<f>(w) |H|$(CO)> •

L'énergie du système est égale â E« <<|>(oo) JH|<î>(u>)>. On a :

45. 4. <4o»> I(H--UL, i-toL,)»<t>(t*>>


d u > d
* (8.I51)
298

On a également j~s -'K<L,\ de sorte que

Cette equation n'est autre que l'équation (5.I29) ou (6.84).


Elle est valable pour tout état |<j>(u>)> qui rend stacionnaire
<H-uL.> , quelque soit H. On a donc -.

a >
ecu) » ey„> «• J " * • « - ) iil <••'">
° 9(0
En reportant dans cette intégrale l'expression (8.149) on trouve que
l'énergie du système varie avec la fréquence de rotation de la manière
suivante :

k ( 8 , 5 A )
E (u) = E(o)* IL? co* - iL co*

Coupure de La bande de rotation

La condition de self-consistance (8.143) et de volume constant (8.146)


montre que les fréquences propres co., £2», ft, de h restent constantes, pour une
configuration (N , N», N..) donnée, lorsque la fréquence de rotation co varie.

On peut donc les calculer pour co = 0 à partir des conditions de Bohr-Mot-


telson (8.41) et du rayon quadratique moyen, comme nous l'avons fait dans la
section 8.4 . Une fois les fréquences co., Q.-, Q. données, on peut utiliser
l'équation (8.133) pour calculer les fréquences *>, W de l'oscillateur en
fonction de la fréquence de rotation. L'équation (8.133) donne la relation :

(«*-*>* ) % M**- Srt (nZ+Sli ) * (&?-&%'' )>0


l
(8.155)

Le membre droit est un carré parfait. Il est donc positif ou nul. La


2
forme (8.155) est quadratique en U et elle s'annule aux valeurs | ÇU-_fl?i t /^

«V (Ai.-A»)/* .
299

l«H-«»>*

->«"

Lorsqu'on fait croître w à partir de u «0, on ne peut donc satisfaire


les conditions de self-consistance à volume constant que pour des fréquences
de rotation :

(8.156)
z
Analysons l'état du système à la fréquence limite us |n -n |/2. Le
2 3

moment cinétique acquis devient :

(8.157)

2 2
Pour u)=w on a co-= w. et <x„> =<;:>.
c 2 3 2 J
Lorsque u *u., 1'Hamiltonien h possède la symétrie axiale autour de l'axe
de rotation I. Dans ce cas le système n'acquiert plus d'énergie cinétique
due à la rotation. La fréquence u correspond donc à une coupure de bande. Pour
Pour acquérir un plus grand moment cinétique, le noyau doit faire une transi-
tion vers une autre configuration (N ,N~,N.).

Pour illustrer les déformations que subit un noyau qui tourne de plus en
plus vite, nous donnons dans le tableau suivant la fréquence de rotation,
le moment cinétique acquis <L.>, le moment d'inertie (3.148), les fréquences
2 2 2 2 2 20
e t a < X X > u N e
<>)_ et w, et les moments multipolaires Q -<2X.-X.-X2> ^ " l~ 2 ^
dans la configuration (8.51). Le calcul a été fait avec les valeurs suivantes:


t\w>, » fcto.JU-a,') • IS.***'* « lî.oSMeV,

*u>, s IS*. IS MeV « t . d » t+ i i î . « 9. U MeV


300

Ko < L
>>
J^LjVuH % rtto Hw
^2 2 3

0 0 3.20 112.4 0 15.18 9.66


0.4 1.28 3.19 111.4 -0.2 15.14 9.69
0.8 2.54 3.16 108.1 -0.7 15.05 9.78
1.2 3.77 3.14 102.5 -1.7 14.89 9.95
1.6 4.96 3.10 94.1 -3.3 14.65 10.19
2.0 6.09 3.04 82.2 -5.7 14.30 10.54
2.4 7.13 2.97 64.2 -9.8 13.75 11.08
î-H f .00 *.*o 21.9 -Zi.Ç Il.<t2 u.<a
On voit que le noyau ne se déforme que peu aux bas moments cinétiques et
que ce n'est que vers la fin de la bande q'uil se déforme brusquement pour
passer d'une forme prolate avec symétrie axiale autour de l'axe -3 à une forme
oblate avec symétrie axiale autour de l'axe 1 de rotation. 0\ peu vérifier
que le rayon quadratique moyen diminue légèrement avec la fréquence de
rotation w.

8.9 PROBLEME AUX VALEURS PROPRES D'UN SYSTEME D'OSCILLATEURS COUPLES

R>'f've>i:;e : C. Bloch, Lectures on the Nuclear Many Body Problem, Scientific


works, page 86, North Holland, 1975.

Considérons l'Hamiltonien h formé à partir de la forme quadratique


hermétique générale de N opérateurs d'absorbtion et de création de bosons;

avec fc-.c. 1= 6.. et où A est une matrice hermitique NxN et B une matrice
*• i' j J IJ ^
symmétrique NxN :

(8.160)
A'i « V %l
4
&
Jt

On obtient un Hamiltonien de la forme (8.159) lorsqu'on ajoute à un


système de N oscillateurs indépendants une perturbation hermitique qui est
quadratique dans les positions et les vitesses. L'Hamiltonien (8.118) ou
301

(8.120) d'un oscillateur tournant en est un exemple. Le problème aux valeurs


propres auquel conduit la diagonalisation de cet Hamiltonien est identique à
celui qu'on rencontre dans la théorie des vibrations à l'approximation des
phases aléatoires (RPA), que nous verrons dans le chapitre 12 £s.-.tv •, l'~.4

Définissons un opérateur a par la combinaison linéaire suivante :

C C
*» * Z ( *;c - \ ;) (8.161)
ls.1
e t exigeons q u ' i l commute avec 1'Hamiltonien selon l ' e x p r e s s i o n :

+ + (8.162)
I > , * * ] » E„ tf rt

En reportant dans cette équation le développement (6.161) et identifiant


les coefficients de c et de c on obtient le problème aux valeurs propres
suivant

c-:-) (*;•)• H O (8.163)

Nous allons énoncer des propriétés d* problème aux valeurs propres.

Le complexe conjugué du système (8.163) peut être écrit sous la forme :

L* AV ( x-V " * Ux-V (8.164)

On v o i t donc que ni \Jl)est un Vecteur propre aesoni e à la valeur propre


/Y N
\ ., *
.,, \ N * / >!St le vecteur propre
V associé à la valeur propre -E .

2. On peut écrire le problème aux valeurs propres (8.163) ainsi :

-
M V = £ « V"y (8.165)

où M est la uatrice hermétique 2Nx2N


302

où 4 est la matrice 2Nx2N :

r (8 ,67)
1 ( o -4 ) '
et où V est le vecteur à 2N dimensions

V " =
(?)
I y» I (8.I68)

Les valeurs propres E„ sont les solutions de l'équation

;Uf ( tt-7 E ) * o (8.169)

Puisque M est hermitique, le complexe conjugué de l'équation (8.169)


peut s'écrire :

4tf (M-ffi*)s 0
Ainsi, si E est une valeur propre, E„ est aussi une valeur propre.

3. Nous verrons que t) joue le rôle de métrique dans l'espace vectoriel à 2N


dimensions des vecteurs V . On définit le produit scalaire (V , n V ) ainsi

(8I70)
( V , , v") - 2 (x"*x7 - Y,**Y-" )
Montrons que la norme d'un vecteur propre
associé à une valeur propre
N*
complexe est égale à zéro. Multiplions (8.165) par V :

M N M 8 l7l
(v , M V )« E ( < i v ; W < >
1 1
Puisque M est hermitique, (V , M V ) est réel, (V ,n V ) l'est aussi de
sorte que si E,, est complexe on a :

M M
(V"MV )»0 , ( V , W ) « 0 (pour E N complexe) (8.172)
303

N U *
4. Soient V et v les vecteurs propres associés aux valeurs propres E et E^
On peut écrire

- M 1
M V , E 9 V- M V M : E* V**.,

Multiplions la première équation par V ^ e t la seconde V . On trouve :

On voit donc que deux vecteurs propres associés aux valeurs propres E , et
r

F,1S telles que E„ / E' , sont orthogonaux.

5. Montrons que la norme (v ,n V ) associée à une valeur propre réelle non-


dêgênrée est non-nulle.
Posons :

P* H - , R J> -. rf.» P ,,.,„,

et soit D..=3D/3P.. le mineur du déterminant D.

On a :

9D
« - - l *« ,, (8.175)

car la matrice n est diagonale. Le problème aux valeurs propres (8.165) qui
s'écrit yp.. V.»0, admet la solution
• iJ J

(8.176)

pour n'importe que j donné. En particulier

L'élimination des A des équations (8.176) et (8.177) donne :

*4 — ""M (8.178)
y
i
304

Puisque la matrice P est hermétique on a D..-D.., ce qui, reporté dans


l'équation (8.178) donne :

- * *

ou encore

|V„ \* * X 3 ^ (X*©) (8.179)

En combinant les équations (8.175) et (8.179) on obtient :

(v,,v) - z Kiy.
9
• 1 T T> n - \ * <8
- ,80)

Or si V est le vecteur propre associé à une valeur propre E réelle non


3D
dégénérée on a D = 0 et — j* 0 de sorte que la norme (8.180) est différente
de zéro.

N N N
6. Montrons que les vecteurs propres V , de norme, non nulle : (V ,n V )t 0
N M
et artnogonaux (V",^v")=0 (N*M), sont linéairement indédêpendants.

Supposons le contraire :

.M
. C*
"M V * O (8.181)
11
M*
Multiplions par V n

w
C„ ( V , < | V " ) » 0

donc C„ = 0.
N
Considérons maintenant le cas où toutes les 2N valeurs propres E sont
réelles et non-nulles. Dans ce cas on peut grouper les valeurs propres par
paires (E,,,-E„) en vertu de la propriété N°I. En outre la norme non-nulle
du vecteur propre^^N^ associé à la valeur propre E,, est de signe opposé à la
norme du vecteur propre\*N#/ associé à la valeur propre -E .
305

armi les 2N vecteurs propres on peut donc trouver N vecteurs propres


de norme positive et N vecteurs propres de norme négative.

Soit (yN/ un vecteur propre de norme positive. Posons :

(8.182)

VA. C;- Y. C;)

Normalisons le vecteur propre à +1 :

(8.183)

Les opérateurs CL. et ou, construits selon l'expression (8.182) à partir


des N vecteuit propres normalisés à +1 obéissent aux règles de commutation de
bosons :

[*M,*H ] = * M M (8.184)

Puisque les vecteurs propres 1 3 ) et («N*) associés aux valeurs


propres cL. et -E sont orthogonaux, on peut inverser la relation (8.182) :

«•- Z ( X ? V t Y %.) ;
N>» (8-185)

c. » 2 (xr^ Y "V) + ;
où J est une somme limitée aux vecteurs propres normalisés de norme posi-
fV>o
tive. En reportant le développement (8.185) dans l'expression (8.159) du
Hamiltorien on obtient :

N>* ••>• "'e '


où <«•»««

On voit que h prend la forme d'oscillateurs non-couplés dont les modes


de vibration sont créés par les opérateurs <X,. (voir aussi sections 12.5 et 13.16)
306

8.10 ETAT COHERENT ET FONCTIONS D'ONDE D'OSCILLATEURS COUPLES.

11 peut ê t r e u t i l e d e c o n n a î t r e l e s f o n c t i o n s p r o p r e s d ' u n système


d ' o s c i l l a t e u r s c o u p l é s a i n s i que l e u r p r o d u i t s c a l a i r e avec l e s fonctions
p r o p r e s d ' u n o s c i l l a t e u r n o n - c o u p l é . S o i t donc h 1 ' H a m i l t o n i e n d ' u n système
de S o s c i l l a t e u r s n o n - c o u p l é s :

+
Kc 1 *«; c c C ; (8.187)

et soit h 1'Hamiltonien d'un système de N oscillateurs couplés

A
(8.188)

Nous avons étudié dans la section précédente les modes de vibration


de h. Nous avons montré que, lorsque toutes les valeurs propres du système
(8.163) étaient réelles et non-nulles, on pouvait définir une transformation
des opérateurs c , c:

cx;$Kf) (8.189)

à partir de laquelle 1'Hamiltonien h prenait la forme diagonale (8.186)

TV A

N N
Les matrices À et u sont reliées aux vecteurs propres X et Y du système
(8.163) par les équations C f w r t,4 > o ) :

La transformation (8.189) étant canonique :

t-.-i* 1 ' ^ (8.192)


307

les matrices X et M satisfont aux équations :

\f-Mp* * i ÀS«i*> » (sy«*trique) (8.193)

Les transformations linéaires canoniques (8.189) forment un groupe qui


est isomorphe au groupe réel symplectique à 2N dimensions. L'inverse de la
transformation :

(j*)(i-f
-y x )•(::)
peut s'écrire lorsque les valeurs propres sont réelles et non-nulles :

ce qui entraîne les relations :

)f X -yuu*s 1 */« " A * , i


* r 'M' ), 4
(8.194)

Soit c l e vecteur (c , C _ , . . . , c„) e t s o i t t le vecteur ( t . t_,...,t ).


On d é f i n i t l ' é t a t cohérent |4> par l'équation :

IJ.v « . v y ' * '" * i. « A s (8.195)

où |n n ...n„ > est l'état propre de l'oscillateur à N dimensions (8.187)


7

et où |0> est son état fondamental :

£.-»«>> s O (K* f,2,..,N) 8


< - > l 9 6

Dans l'équation (8.195) le produit scalaire i.a est défini ainsi :

H
(8.197)

''équation (8.195) généralise à N dimensions l'équation ( 8 . 1 1 ) .

L'état cohérent | k> obéit aux équations :

C ç - t ) ' t >«o (ç*- \ )lt >« o (8.198)


308

On a: (8.198bls)

S o i t S l'opérateur u n i t a i r e qui transforme l e s opérateurs c , c en

a, a

+
f { . S e ; * S "' «.'* SC,-S (8.199)

En multipliant (8.198) par S, on obtient les équations suivantes pour


l'état coherent S|^> associé à 1'Hamiltonien h:

(8.200)
(-5-£)Slt>*o (**-?%)Slt>»o

En exprimant les équations (8.200) en diverses représentations on peut


obtenir des fonctions génératrices des fonctions propres de h.

La représentation de Bargmann <t....t„|n...•n > N d'un état propre |l»>


de h est donnée par (8.195) :

t, t t -• t H
<ï\r\ >= <t,~ t„ !*,-%»>
(8.201)
x/n,».»!,'. - nnl

Les opérateurs c. et c. sont représentés par 3 et t. car on a :


i

< t I C j l n >ff ^ * * < * i n > , < t l C »n>»t*<è»n >


f (8.202)

Les états cohérents forment un ensemble complet dans le sens suivant ;

(«WOlfcXtUl oi *u /fc), L— i*(Rtk;U(*^ )


J
' ' -|jM '" (8.203)

Itzyfcson (référence es <-HOLS') a montré le théorème utile suivant : Soient


M et ti deux r atrices ei jai. d et V* deux /ecteurs; on a :

J
' (8.204)

3 [oU+(rf-tttf*>]
309

L'intégrale est absolument convergente si

7
\ - x„ '' ^V. T""
a. / "*• (8.205)

Soient |*> et |t> deux états cohérents définis par (8.195). Calculons
<%js|t>. Pour cela, reportons dans (8.200) le développement (8.189) des
a, a et remplaçons, en accord avec l'équation (8.202), les c et c par
d» "t Z . On obtient le système d'équations :

(yu?« ¥ X z * 4 ) <I\Slt >


m

(8.206)

La solution de ce système est

l I -*V-' « . * . I i-.. sV-»*!. . - V i l


<**>*> " gÈy "* [-!«**>*• i V "* ' " U.207)
Le membre droit de (8.207) est une fonction génératrice pour les produits
scalaires <m....nL,|S|n...-n> des fonctions propres de h avec des fonctions
propres de h. Car d'après (8.195) on a :

<*lSlt>* *- ^ . . . « . 1 <L irt....n..S (8.208)


\fw \--m \
t lt n,l...«rt!

On peut aussi obtenir une fonction génératrice des fonctions d'onde


< >
ff|tl? de h. Pour cela, reportons dans (8.200) le développement (8.189) des
+
a , 'X

( 8 2 0 9 )
(A*ç ^/u-c*- t)Slt>.0

Les opérateurs c et c+ sont représentés d'après (8.3) par les opérateurs

— (q+3
(< ) . En multipliant donc (8.209) par <Q\ on obtient le système
/2
310

d'équations

(8.210)

ou on a pose

»» ^ U - / * > v
- vf "T*» (8.211)

On notera que la transformation canonique

(8.212)

n'appartient pas au groupe des transformations (8.189) car les opérateurs


q et 3 ne sont pas conjugués l un de lautre . Les conditions (8.193) et
(8.194) s'écrivent en fonction de u et v ainsi :

4 #
U V • ûV « 1
+
v v » î v** «tf,i)«««<ty{ 8.213)

La solution du système (8.210) est

w
<%I S 11 > *
vW'* lAftrl
'{-ï1^1-i*«-tM^ j t

Le membre droit de (8.214) est une fonction génératrice des fonctions


propres normalisées de h car d'après (8.195) on a :

RM
fc*\.. i
(8.215)

Vérifions la norme de l ' é t a t fondamental S|o> de h. Sa f o n c t i o n


<*Wc fttt
ie| «*'*u*a
<^. I S lo>
N/2
\A«) J«Wtr1 /CAi4)
311

Calculons _, _, M

A
(lsf \ê**V\ "U (8.217)

Cette intégrale peut être calculée à l'aide de la formule suivante


(cf. Itzykson, plus bas) :

( 8 2 , 8 )
N * • • - -

Posons: î f r ^ H i U " u .

A l'aide des relations (8.213) on montre que •% W 1*4.


de sorte que :

M ( 8 2 I 9 >
a IAtal* '

Les expressions (8.218) et (8.219), reportées dans l'intégrale (8.217)


montrent que l'état fondamental (8.216) de h est bien normalisé. Il est
souvent utile d'utiliser la relation ;

Référence : C. Itzykson, Communications in Mathematical Physics ji (1967) 9 2 ,


K.F.Liu et G.Ripka, "Cranked oscillator wavefunctions", à paraître.

Pour une application de la réprésentation de Bargmann à la


méthode de la coordonnée génératrice, voir les sections 12.5,
12.6 et 12.7.
312

PROBLEMES

P8. I
Montrer que s i on suppose que l e rayon quadratique moyen de charge est
donné par l'expression

z s
L'expression (8.36) doit être remplacée par l'expression :

208
Montrer qu'avec cette estimation on a,pour le Pb,Jkj» 6.42 MeV au
lieu de 6.75 MeV donné par l'équation (8.36).

Montrer que dans le modèle de l'oscillateur le rapport des rayons quadra-


tiques moyens des neutrons et des protons est égal à

208
ce qui correspond à une différence de 17% dans le Pb

P8.2
On considère l'Hamiltonien de particules indépendantes plongées dans
un oscillateur harmonique de fréquence u> :

H.- £(£> i - ' O


isi
Xm

1. On ajoute à cet Hamiltonien la perturbation

r
v » - x. Z i
«
Montrer que ,

Calculer l'énergie du système décrit par l'Hamiltonien H»H +V jusqu'au second


ordre des perturbations et en déduire l'expression :

2, Kfi?it>l' '» 1
-^-^ r* (a,^,»Hx)
pt 2 mu)
2
2. On ajoute à l'Hamiltonien H la perturbation V»X £ r.
i
313

Calculer l'énergie du système au second ordre des perturbations et en déduire


l'expression :

J
«?-** 2mW

P8.3

Montrer que parmi les cinq configurations (<*„,„, s


P3/5) > ( y p
1 i/2^'
(S P (d P ) f (d P } c o u l é e s à J e t
Vi. ' 3 / 2 *' 3 / 2 * I / 2 3/2' 3/2 P *' T-0 il y a
une combinaison linéaire qui correspond à un état spurieux du mouvement du
centre de masse de 16Q. Calculer la fonction d'onde de cet état spurieux.

P8.4
Démontrer les relations (8.135) et (8.138).

P8.5
On donne les valeurs exprérimentales suivantes des rayons quadratiques

moyens de charge r « A r >/Z (en f m) :


c p

2 1/2
Sachant que le proton a un rayon quadratique moyen de charge <r > -
0.8 fm, calculer les rayons quadratiques moyens de la distribution de charge
ponctuelle pour ces noyaux. Laquelle des deux lois :
<r«> v,
Z S *
rend mieux compte des rayons observés expérimentalement ?.

P8.6
On considère l'Hamiltonien (8.79) :
2l
H- * £ • $f 2tf-5)*(.-*x?Tp
314

1) Soit lŒ , fi > un déterminant de Slater formé d'orbites d'un oscillateur


' n' p
sphérique de fréquence fi pour les neutrons et fi pour les protons. Montrer
que la valeur moyenne de H est donnée par l'expression :

F et F désignant l e s mers de Fermi des neutrons e t des p r o t o n s . Montrer que


si N » 1 et N » I l e minimum de l ' é n e r g i e <fi fi |ti Ift fi > e s t obtenu
p n ° n p ' ' n p
pou- ;

2) On écrit l'Hamiltonien H sous la forme (8.79). On considère la transforma-


tion suivante des coordonnées :

NJ
A
Montrer que, (:ette transformation est induite par l'opérateur unitaire
U = exp (id.1t/K ) où Tt est l'impulsion relative des centres de masse des
neutrons et les protons définie par l'équation (8.67) :

n- u£u- i
Montrer que dans cette transformation l'énergie devient :

EU) s 4Sl»Sl r IUHU \SL„ïl >


r

et que <A Sl n f \ 0 X 0 " ' \Sl„Sl f >« ^


o ù
r-——
(0, a >/i+* U . A» « N? w

A
315

3) On considère la transformation :

v
P* -> P- * ? P» "> F» *" V
Montrer que cette transformation est induite par l'opérateur unitaire
U = exp (- ±2p- . X) où X est la coordonnée relative des centres de masse
des neutrons et des protons. Montrer que dans cette transformation l'énergie
devient :
1
E(v). <-a^-n ï OH U" r \A«SL > r

4) Montrer que la surface d ' é n e r g i e E(<X> , <TT>) obtenue par l e s transforma-


t i o n s du N°2 e t du N°3 a l a forme :
< > 1
E(<x >,<*>)» B ( o ) + ll ^ /0 i/m^Xîf )
Comparer à la forme (8.71) du Hamiltonien. Commenter.

P8.7
Correction du facteur de forme due au mouvement du centre de masse
On considère la diffusion d'électrons à l'approximation de Born non
relativiste. /+ J? f* *
+ C , i K; . R c* *i ,r »•»*

i K« • R v k* . r . ,

Dans l'état initial y.


le noyau cible est dans son état intrinsèque *f °
1
_; 'mt
fondamental et son centre de masse décrit ine onde plane d'impulsion K..
L'é^lectr_on^est incident dans une onde plane k. Après l'échange du photon
K > K k k e t o n m 8 u r
i f * i^ f 5 | la^diffusion élastique. On^uti^isç pour^le^ nucléons
soit les coordonnées r ^ r.-.r. soit les coordonnées X. =r -R, X -r,-R,... 2

r e t A R M o n t r e r
A-l" A-l ' que le jacobien dp rrtte transformation est égal
316

à 1. Montrer que l'amplitude de diffusion, au premier ordre des perturbations


est (voir problèmes PI.7 et P2.4). ^ .

"*ï psi
Montrer la r e l a t i o n :

où Kn s f » - R : - (K, + X "
t + *A-» ) •

Montrer qu'on a :

ou . , *9 M ,

On décrit l'état fondamental du noyau par le déterminant de Slater |<f> >


composé d'orbites d'un oscillateur sphérique de fréquence co.

On définit le facteur de Forme F (q) du déterminant de Slater ainsi

™ rw» *
Hontrer que les facteurs de forme F(q) et F (q) sont reliés par 1'equation :
Ktt*/4Amto

Evaluer la correction de F (q) à q = 2 fm et 4 fm pour 0 et pour


2 0 8
le Pb.

P8.8
On considère 1'Hamiltonien suivant :

1 * £* «. 0 try - S. <r«$ )
dans un référentiel tournant à une vitesse angulaire w . Les équations de
Hamilton sont :

V » — » — —* » - —— »
4t 13 «U ^
317

Montrer les relations suivantes

v s X - u xr
( v i t e s s e dans le r é f é r e n t i e l tournant)

de s o r t e que l e seul terme - u . ( r x p ) c o n t i e n t à l a f o i s la force de c o r i o l i s


- 2m(ojxv)et l a force c e n t r i f u g e -u> X(UJX r.) .

PROPRIETES DE L'ETAT COHERENT


P8.9
On" considère l ' é t a t cohérent d'une o s c i l l a t e u r à une dimension :
| t > = exp (te )10> où I0> est l ' é t a t fondamental normalisé de l ' o s c i l l a t e u r .
A. Soient q = /moo/H x et il = /l/muyi f l e s o p é r a t e u r s p o s i t i o n et impulsion.
Montrer que l e d e n s i t é de m a t i è r e de l ' é t a t cohérent e s t é g a l e à :

-J a C ' ©H <\ « LLi


<t\t> v'ïr vr
m

C'est une gaussienne c e n t r é e autour de la p a r t i e réelle de t . Montrer que


la d e n s i t é d ' i m p u l s i o n e s t égale à :

|<«.t>f _ ^ -«-*>* . r t _ »,
t

C'est une gaussienne c e n t r é e autour de la partie imaginaire de t . On


montrera également l a r e l a t i o n suivante qui complète l ' é q u a t i o n (8.14) :

Montrer que |t> peut ê t r e représenté comme un paquet d'ondes minimum dans
le sens suivant :

B. Soit H = | M c c+l/2) l'Hamiltonien de l ' o s c i l l a t e u r . Montrer que l ' é t a t

e s t une s o l u t i o n de l ' é q u a t i o n de Schrodinger :

H U U : ) > * l i 2 1ZU)> •
318

Montrer que les valeurs moyennes des opérateurs position et impulsion


dans l'état |z(t)> sont :

<|.(t) = J - \/î z , c o S «ot

_ , % <Z(t)>TTlZf*» i— ,. J. - ^'M^
TT(*) » _- - ^ / ^ « 8 ^ > ^ l o i - - L
<*ft>»zffr>> * *
L'état |z(t)> représente donc un paquet d'ondes qui suit un mouvement
vibratoire classique.
C. On veut écrire, dans la représentation de Bargmann |t>,l'équation de
Schrodinger d'une particule décrite par l'Hamiltonien :

2m
Montrer que l'énergie cinézique est représentée par la matrice :

r
—; X l**(*.-t,)J
J
<*,it, > + *•
et que le potentiel v est représenté par la matrice :

£M£«i)«p-{,-*£*•{
Compte tenu de la relation de fermeture (8.16), montrer que l'équation
de Schrodinger (H-E)|i|»> • 0 peut être ramenée à l'équation différentielle
suivante :

G(z)- $tylt)t*r(zt )<*! + > - <Z*\V>

Résoudre cette équation dans le cas où :

D. Montrer que si le commutateur [A B] est égal à une constante, on a :


f

A+* & « „ î KB"]


e « e c c

j
319

En déduire les équations suivantes

valables quelque soit |$>.

J
320

CHAPITRE 9

L< FONCTION DE GREEN A UNE PARTICULE

La fonction de Green à une p a r t i c u l e permet d ' é t u d i e r l ' é t a t obtenu en


ajoutant (ou en ô t a n t ) une p a r t i c u l e à un système dans son é t a t fondamental.
Cet é t a t n ' e s t p a s , en g é n é r a l , é t a t propre du Hamiltonien; la fonction de
Green d é c r i t l ' é v o l u t i o n dans le temps de cet é t a t a i n s i que ses composantes
sur l e s é t a t s propres du Hamiltonien. Cette étude s ' é t e n d r a sur t r o i s c h a p i t r e s .
De ce premier c h a p i t r e nous é t u d i o n s l e développement p e r t u r b a t i f de la fonction
de Green à l ' a i d e de diagramnes de Feynman. Dans l e c h a p i t r e 10 nous étudions
la r e l a t i o n e n t r e l e s f o n c t i o n s de Green et l e s s e c t i o n s e f f i c a c e s des
r é a c t i o n s n u c l é a i r e s et en p a r t i c u l i e r de la d i f f u s i o n é l a s t i q u e . Dans l e
c h a p i t r e 12 nous é t u d i o n s le c a l c u l de l ' é n e r g i e du système à p a r t i r de
diagrammes dont l e s propagateurs sont remplacés par des f o n c t i o n s de Green.

Le développement p e r t u r b a t i f de la fonction de Green peut ê t r e a u s s i


formulé à l ' a i d e des diagrammes de Goldstone. Cette formulation f a i t partie
de ce qu'on a p p e l l e le théorème de Bloch-Horowitz. Nous nous l i m i t e r o n s aux
diagrammes de Feynman et nous référons l e l e c t e u r à l ' a r t i c l e o r i g i n a l de
C. Bloch et J . Horowitz, Nucl. Phys. 8 (1958) 91 (en f r a n ç a i s ) .

9.1 DEFINITION DE LA FONCTION DE GREEN A UNE PARTICULE.

Pour développer la t h é o r i e de la fonction de Green, i l e s t commode


d ' u t i l i s e r , non pas 1'Hamiltonien H du système, mais 1'Hamiltonien

H - H -yuN (9.,)

où N « Z a. a. est l'opérateur nombre de particules et où u est un nombre


r
• î î

réel. L Hamiltonien (9.1) est habituellement utilisé pour les systèmes qui
n'ont pas un nombre défini de particules (ensemble grand-canonique en
mécanique statistique, état B.C.S. en supraconductivité etc.) et p y joue
le potentiel chimique. Dans ce chapitre nous étudions des systèmes ayant un
nombre défini de particules et u servira à définir certaines conditions de
convergence do la série de perturbations (voir en particulier la section 9.5).
321

Définissons les opérateurs de création et d'absorption en représentation


de Heisenberg : A A
pt< -fi*

( 9 2 )
r f" + ~P«

La fonction de Green est un opérateur qui agit dans l'espace des états
à une particule et qui est définie par l'équation :

(3.3)
i A
Dans cette définition |iji > est l'état fondamental du système ayant A
particules :

Nous séparons 1'Hamiltonien H en une partie non perturbée à un corps H ,


qui inclut le terne -pN, et une perturbation V qui peut contenir des
interactions à un et à deux corps :

H » M,*V, H,* Z C£i-yu)a*Q (9.5)


£

On vérifie que lorsque V * 0, la fonction de Creen (9.3) se réduit au


propagateur libre :

v-»o *o *
322

Of

(9 7)
-t(t -t*>
t -

Le propagateur (9.7) est identique à celui défini par les équations (3.22)
er. (3.22bis) au terme y près qui ne fait que décaler toutes les énergies e.
d'une même quantité \x.

On remarquera également que d'après la définition (9.3), la matrice


densité du système représenté par l'état \ty > est donnée par la limite :

( 9 8 )
.A4 » '

9.2. DECOMPOSITION SPECTRALE DE LA FONCTION DE GREEN.


Un grand nombre de quantités physiques s'expriment à l'aide de la trans-
formée de Fourier de la fonction de Green:

(9.9)

Précisons les conditions dans lesquelles l'intégrale (9.9) a un sens. Pour


,All
cela considérons l'ensemble
uie complet
tumpiei des états prcpres ||i^*
ues eiats l > de H des systèmes
À
ayant A - 1 particules :

.**' -**' . M'


M*" >-C iC> ' Ni*v>-(A.i>i*r>
(9.10)

En insérant un ensemble complet i.î ces étals dans l'exprebsion (9.3)


323

on obtient :

(9.11)

.(»-»)
V--' 4 . P^^E.V/H;

(A±l)
où les sommes I sont limitées aux états des noyaux ayant A±I particules
A±l
Soient E les energies des états fondamentaux des systèmes ayant
+ +
AI A 1
A*l particules. Puisque E ~ > E on voit sur l'expression (9.11) que
À o
< i | G ( 3 ) | j > ne r e s t e f i n i , lorsque g •+ ± <», q u e s ' i l e x i s t e une valeur de u
t e l l e que :

A-» A*< (9.12)


< / * < £ . - Eo

Pratiquement cette condition limite les états |U; > aux fondamentaux
o
des noyaux pair-pair de sorte que les états |<J^ > sont les états des
A
noyaux pair-impair. En effet, considérons par exemple les énergies des
S m HcV
isotopes du 2 a g (voir tables de masse dans Nucl. Phys. _67_, 1965):
6
dm
ÉÎ fhcv

t
i 1 >v (9.13)
> 1 VȂ2
1
S*
1 i
i
l
l (
i

\h* ISo i*' iSo \«» Kl


On v o i t que la s é p a r a t i o n d'un nucléon d'un noyau p a i r - p a i r t e l que l e
Sm exige une énergie E ( Sm)- E ( Sm) supérieure à l ' é n e r g i e de s é p a r a -
tion E ( Sm)-E ( Sm) d'un nucléon d'un noyau pair-impair t e l que le
151 .
Sm. Cela v i e n t de ce que l e s nucléons de même espèce forment des p a i r e s
qui ont une énergie de l i a i s o n p a r t i c u l i è r e m e n t f o r t e et la s é p a r a t i o n d'un
nucléon d'un noyau p a i r - p a i r exige la b r i s u r e d'une t e l l e p a i r e t a n d i s que l e s
noyaux p a i r - i m p a i r ont un nucléon non-apparié qu'on peut séparer L'U noyau en
dépensant moins d ' é n e r g i e . Nous avons négligé cet effet dans la forme (7.11)
de la formule de Weiszacker. Cette d i s y m é t r i e e n t r e l e s noyaux p a i r - p a i r et
p a i r - i m p a i r se retrouve â t r a v e r s t o u t e l a t a b l e périodique. Dans la s u i t e nous
324

nous limiterons donc au cas où [i|« > e s t l ' é t a t fondamental d'un noyau