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LA PESTE A MADAGASCAR : C’EST

QUOI EXACTEMENT ?
La peste urbaine crée actuellement une psychose sans précédent à
Antananarivo. Cette peur d’une maladie qui fait fonte a fait naître
différentes suppositions et fausses rumeurs sur l’origine de la peste
et comment elle se transmet. Ce qui amène à croire qu’il y a une
méconnaissance, voire même ignorance de cette maladie.
Madagascar fait partie des pays où la peste est maintenue par un
réservoir animal et se transmet donc de rongeurs à autres animaux
par l’intermédiaire des puces des rongeurs sauvages. Selon l’Institut
Pasteur de Madagascar (IPM), « les rongeurs sont les réservoirs
animaux les plus importants mais d’autres mammifères comme les
chats, les chiens et les lapins peuvent aussi être affectés ».

Les origines de la peste

La bactérie porteuse de cette maladie est omniprésente dans la


Grande Ile. Son éradication doit se faire par l’extermination des
rongeurs porteurs de la maladie. Etant donné que les rats sont
également porteurs de la maladie, ils sont le plus souvent les
sources des infections humaines (épizootie). Pour la plupart des
cas, l’infection par épizootie ne se produit que très rarement :
lorsque les puces infectées recherchent un repas sanguin après la
mort des rongeurs infectés. De ce fait, la transmission de cette
maladie chez l’homme, à part la piqûre d’une puce infectée se fait
par contact direct lors de la manipulation d’animaux infectés ou par
transmission aérienne de l’agent infectieux. C’est cette dernière qui
crée le plus de polémique actuellement à Antananarivo, car
contrairement aux idées reçues elle ne se transmet pas par l’air
mais lorsque des gouttelettes contenant des bactéries émises
notamment lors de la toux sont inhalées par d’autres personnes.

Les différentes formes de la peste

La peste peut se présenter sous trois formes principales formes


cliniques : la peste bubonique qui résulte de l’infection des ganglions
lymphatiques qui drainent la partie du corps où le bacille est entré
dans l’organisme. La période d’incubation est de 1 à 7 jours. Sans
traitement 50 à 60% des malades atteints de peste bubonique
décèdent. Elle n’est pas transmise directement d’une personne à
une autre à moins qu’il n’y ait un contact direct avec le pus de
bubons suppuratifs. Les symptômes sont : l’apparition soudaine de
fièvre, mal de tête, frissons, faiblesse et apparition de bubons
(ganglions inflammatoires).

La peste pulmonaire par contre résulte de l’infection directe du


système respiratoire par une transmission aérienne directe (peste
pulmonaire primaire) ou de l’ensemencement dans les poumons, à la
suite d’une infection sanguine (peste pulmonaire secondaire). La
période d’incubation est 1 à 4 jours ou même moins de 24 heures.
Les symptômes sont une fièvre, un mal de tête, un malaise général,
une pneumonie avec des essoufflements, des douleurs thoraciques,
toux avec ou sans production de crachats striés de sang. La
pneumonie peut provoquer une insuffisance respiratoire et un
choc.La peste pulmonaire non traitée est invariablement mortelle et
est hautement transmissible entre les humains.

Il y a aussi la peste septicémique qui est due à la dissémination de


l’infection dans la circulation sanguine. La peau et d’autres tissus
peuvent devenir noirs, surtout au niveau des doigts, des orteils et du
nez. Les symptômes sont une fièvre, des frissons, un malaise
général, des douleurs abdominales, un choc et éventuellement des
saignements de la peau et des autres organes.

Les mesures et préventions

Si traitée à temps, la peste peut être guérie. Des antibiotiques sont


déjà disponibles auprès des centres de santé et hôpitaux dans la
capitale et l’automédication est très fortement déconseillée.

Notons que l’absence de mortalité due à cette maladie dépend de la


rapidité avec laquelle le traitement est mis en place. Les mesures
de contrôle au cours des épidémies comprennent les procédures
d’isolement des cas suspects, la chimioprophylaxie des personnes
contacts, l’assainissement visant à diminuer la population de rats, et
la lutte antivectorielle.

Cette bactérie de la peste nommée Yersinia pestis résiste peu dans


le milieu naturel à savoir la lumière du soleil et la température
élevée. Les désinfectants ordinaires et les préparations contenant
du chlore peuvent également tuer le bacille en 1 à 10

minutes.