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Procédure pénale

Intro

La procédure pénale = ensemble des règles relatives à la recherche des délinquants et ensuite au
jugement de ces délinquant.
Elle est particulièrement révélatrice des fondements d'une société et il n'est pas étonnant qu'elle
fasse l'objet de débats passionnés.
Depuis qq années, se succèdent en procédure pénale des réformes très importantes et 2016 sera
encore l'année d'une réforme déjà annoncée, réforme permanente parce que alternance politique et
parce que tournant sécuritaire et réforme permanente parce que évolution de la société, aussi du côté
négatif quand il y'a trop de réformes la matière perd de sa considération non pas parce que c'est
difficile mais parce que ça devient un droit fragile, on dit qu'un droit sans cesse corrigé est un droit
fragilisé.
→ la procédure pénale fait partie de ces droits qui sont fragilisés alors même qu'elle est
extremement importante pour la protection de la société et pour la sauvegarde des libertés
individuelles.
La procédure pénale va permettre de confondre les coupables malgré leurs mensonges, elle doit
permettre aux innocents de ne pas être victime d'une erreur judiciaire et dans un Etat de droit elle
doit permettre au coupable de faire valoir ses moyens de défense.
L'objectif c'est que tout au bout du procès pénal au moment où le juge va devoir prononcer une
peine il faut que la peine soit la plus équitable possible.
La société voudrait que la procédure soit rapide, que l'on aille vite et que l'on soit efficace mais dans
le domaine du droit pénal et parce que les libertés fondamentales des uns et des autres sont en jeu il
faut quand même savoir prendre le temps, être prudent et toujours permettre à la personne
poursuivie de pouvoir organiser sa défense. Ce sont deux intérêts contradictoires et les règles de la
procédure pénale essayent de concilier ces deux intérêts contradictoires.
La procédure pénale relève de la loi au terme de l'article 34 de la Constitution, la pierre angulaire de
la procédure pénale est le code de procédure pénale.

La procédure pénale est directement liée aux droits fondamentaux et à grâce à ce lien les sources de
la procédure pénale vont également être supra-législatives = ça veut dire que les sources
internationales sont très importantes ( de très nb arrêts de la CEDH qui joue un grd rôle, le droit de
l'Union est indissociable de la procédure pénale française tant et si bien que certains disent le
législateur pénale ne maitrise plus grand chose en matière de procédure pénale )
les grandes dernières réformes en matière de procédure pénale sont du soit au fait qu'on ait été
condamné par la CEDH sur certains points soit sur le fait qu'on a été obligé de légiférer pour
transposer des directives européennes.
L'impulsion au niveau des modifications se fait à niveau supra-national et c'est ensuite seulement le
législateur français qui essaye de faire en sorte de s'accorder avec les exigences de la CEDH les
exigences de la cour de justice de l'UE et nos engagements internationaux notamment européenns
au travers de la transposition des directives et des décisions.

Le but ultime du procès pénal est qu'il soit équitable parce que c'est une exigence de la CEDH et
pour parvenir à un procès équitable, nous allons voir que différents types de systèmes sont
envisageables. La France a choisi le sien : un système original qu'on trouve nulle part ailleurs en
Europe et au delà du système français : le système mixte ; il faut savoir que notre procédure pénale
fonctionne avec un certain nb de grands principes qui vont être la matrice de l'organisation
judiciaire pénale et qui sont là encore le fruit d'une longue évolution.
Section 1 : les différents types de procédure pénale

Il existe en théorie 2 grandes typologies ce qu'on appelle la procédure de type accusatoire et à


l'opposé la procédure de type inquisitoire
→ le système français n'a pas choisi entre ces 2 systèmes

a) La procédure de type accusatoire


La procédure accusatoire est la procédure la plus ancienne, c'est celle qui existait au temps de la
Grèce classique
Dans cette procédure, l'initiative de la poursuite pénale est laissée à l'accusateur et celui ci a pris
différentes formes au cours du temps
Au début l'accusateur pouvait être la victime ou bien les proches de la victime mais au fil du temps
l'accusateur privé a peu à peu laissé sa place à un accusateur public qui devient un juge accusateur.
Le juge accusateur aujourd'hui c'est ce qu'on appelle le ministère public et il est doté de prérogatives
extrêmement importantes.
La procédure de type accusatoire est une procédure qui garantit efficacement les intérêts de la
personne poursuivie parce que dans une procédure accusatoire l'accusé peut riposter avec les mêmes
droits que son accusateur
Le juge est au milieu de tout cela un témoin passif qui donne raison à l'un ou à l'autre ça veut dire
que le juge n'intervient pas dans la recherche des preuves aussi qu'il y'a pas d'instruction tout se fait
à l'audience.
Ça ressemble à la procédure civile.
La procédure accusatoire se caractérise par un grand formalisme des preuves et par l'organisation
d'un système de preuve légale
Dans un système accusatoire, la procédure est orale, contradictoire et publique et malgré tous ces
avantages elle présente un point faible : le procès pénal est une sorte de duel judiciaire entre le
délinquant d'un côté et sa victime.
Le grand perdant : c'est les intérêts de la société et le juge dans le système accusatoire a un rôle
plutôt passif notamment dans la recherche de la preuve.
Duel judiciaire entre la victime et la personne poursuivie càd que l'argent peut permettre à l'un ou à
l'autre de remporter plus efficacement le procès.
→ systèmes anglo saxon qui mettent en place une procédure accusatoire.

b) La procédure de type inquisitoire


On la trouvait dans le droit romain de l'Empire.
La principale caractéristique c'est la fameuse phrase d'enquête : elle place les intérêts de la société
avant les intérêts des individus pour cette raison la procédure inquisitoire est menée par des
professionnels, des techniciens du droit
L'instruction a une très grande importance, le juge va jouer un rôle actif et il aura de très nombreux
pouvoirs pour tout ce qui concerne la recherche des preuves.
Dans un système inquisitoire la procédure est secrète, écrite et non contradictoire mais la procédure
inquisitoire présente elle aussi un point faible : la personne poursuivie paraît avoir deux adversaires.
D'un côté le ministère public : l'accusateur qui représente la société et qui sera contre la personne
poursuivie et la victime qui elle aussi sera contre la personne poursuivie.
En contrepoint, le juge d'instruction essayera de chercher des preuves et on lui reproche parfois de
plus rechercher de preuves contre la personne poursuivie que en faveur de la personne poursuivie.
c) le système mixte français
Ce système on l'a adopté dès le code d'instruction criminelle en 1810 et malgré les nombreuses
volontés de réforme on n'a jamais remis en cause ce système mixte français
Il est sensé permettre trouver un équilibre entre la protection de la société et la protection des
intérêts légitimes de la personne poursuivie.
On réussit cela en alternant selon la phase du procès pénal le système accusatoire avec le système
inquisitoire
Notre procédure est de type inquisitoire au niveau de la mise en mouvement de l'action publique
Dans le système français c'est le ministère public qui met en mouvement l'action publique.
Mais la victime peut elle aussi déclencher le procès pénal et ça c'est une caractéristique du système
accusatoire.

L'instruction existe. Nous avons une phase d'instruction caractéristique d'un système inquisitoire,
elle est secrète mais elle est aussi contradictoire et permet le respect des droits de la défense et ça ce
sont deux caractéristiques du système accusatoire.
Enfin au niveau de la phase de jugement elle est globalement de type accusatoire , la phase de
jugement est publique, orale et contradictoire.

Avant jugement on est plus inquisitoire et pdt jugement plus accusatoire

Au fil des réformes et au cours des 20 dernières années, bcp auraient voulu que l'on passe vers un
modèle totalement accusatoire et c'est notamment le cas sous l'époque du quinquennat de Sarkozy
qui voulait supprimer le juge d'instruction.
Parce que le juge d'instruction c'est le symbole de la procédure inquisitoire et historiquement le juge
d'instruction passait pour être un modèle un peu autoritaire, peu soucieux des libertés individuelles
mais aujourd'hui cette affirmation n'est plus du tout vraie et la CEDH lui a redonné ses lettres de
noblesse.

Section 2 : Les principes qui gouvernent l'organisation judiciaire

Paragraphe 1 : les principes qui concernent l'organisation des juridictions répressives

5 grands principes

A) l'unité de la justice civile et de la justice pénale

Les magistrats répressifs sont des magistrats de l'ordre judiciaire et non pas des magistrats de l'ordre
administratif
Autrement dit ils officient au sein des tribunaux de l'ordre judiciaire et le plus souvent ce seront les
mêmes juges qui seront chargés de la justice civile et de la justice pénale.
Le tribunal d'instance connait des contraventions sous le nom de tribunal de police autrement dit au
tribunal d'instance on trouve le tribunal de police
Le tribunal de grande instance connait des délits sous le nom de tribunal correctionnel.
La cour d'appel comprend toujours une chambre des appels correctionnels et la cour de la Cassation
comporte une chambre criminelle.
Pq y'a t il unité entre la justice civile et la justice pénale ?
C'est parce que la victime aura toujours la possibilité de demander la réparation de son préjudice
issu d'une infraction pénale soit devant le juge civil soit devant le juge pénal.
Si la victime choisit cette deuxième option l'action civile sera conjointe à l'action publique menée
par le ministère public , c'est pour cela que la personne poursuivie aura l'impression d'avoir deux
personnes contre elle.
Le contentieux pénal et procédure pénal sont des contentieux très techniques et depuis les 10
dernières années on a assisté à une spécialisation du juge pénal
→ on créé des poles spécifiques chargés de l'instruction et du jugement d'infractions spécifiques. Et
les magistrats qui travaillent dans ces poles sont spécialisés
ex : terrorisme toutes les affaires en matière de terrorisme sont traitées à Paris par des juridictions
et des magistrats spécialisés.
Le pole financier est renvoyé à des juridictions spéciales en matière financière.

Cette unité n'empêche pas que l'une et l'autre suivent des procédures sensiblement différentes
La procédure pénale, répressive est plus rapide que la procédure civile.

B) Le principe de la séparation des fonctions


Suppose de présenter d'abord la théorie (1) puis de voir le principe (2)

1) La théorie
Si on prend le procès pénal au sens large, on voit apparaître 3 catégories de fonctions bien
distinctes : la fonction de poursuite, la fonction d'instruction, la fonction de jugement.
La fonction de poursuite consiste à faire rechercher l'auteur d'une infraction, à faire constater la
commission d'une infraction, à déclencher l'action publique et une fois que l'action publique aura
été déclenchée, à soutenir les intérêts de la société càd exercer l'action publique.
Tout à la fin elle revient à faire exécuter la décision de condamnation quand il y'a eu condamnation.
La fonction de poursuite c'est donc pour le ministère public.

La fonction d'instruction consiste à réunir tous les éléments du dossier. Ça veut dire que l'on va
rechercher tout ce qui concerne l'infraction, sa matérialité, les circonstances de sa commission ( les
preuves), tout ce qui concerne la personne poursuivie càd le pq du comment et les circonstances
dans lesquelles elle aurait pu commettre l'infraction.
La fonction d'instruction sert à faire la lumière et a essayé de savoir qui a fait quoi et pq. Il s'agit
d'enquêter et d'obtenir à l'issue de l'instruction qq chose de plus précis possible et qui s'approche le
plus de la vérité.
Toutes les affaires compliquées et/ou graves doivent être examinées attentivement avant d'être
renvoyées devant une juridiction de jugement.
La recherche de la vérité ne peut pas se faire à l'audience.
L'instruction qui revient à enquêter doit être faite de façon objective, elle est faite par un magistrat
indépendant et impartial : le juge d'instruction et il faut savoir que le principe pour qu'il y'ait cette
objectivité c'est que le juge d'instruction instruit à charge et à décharge.
Ça veut dire qu'il doit rechercher tous les éléments laissant à penser que la personne poursuivie est
l'auteur de l'infraction mais il doit aussi rechercher tous les éléments laissant à penser que la
personne poursuivie n'est pas l'auteur de l'infraction.
Il doit essayer d'aboutir à la vérité. Il ne prend pas partie sur la culpabilité.
Lorsque son instruction est terminée, dans certains cas il renvoie l'affaire vers la juridiction de
jugement et dans d'autres cas non

La fonction de jugement consiste à se prononcer sur la participation ou non de la personne


poursuivie aux faits qui lui sont reprochés, et si on estime que la personne est coupable se prononcer
sur la peine que mérite la personne déclarée coupable.
Cette fonction de jugement est confiée aux magistrats du siège, eux-aussi indépendants et impartials
Ils doivent être le plus objectifs possible, ils doivent peser le pour et le contre.
Ils ne doivent sacrifier ni les intérêts de l'accusé, ni les intérêts de la société qui l'accusent.
Notre droit pose le principe de la séparation de ces 3 fonctions. Pour mettre en œuvre ce principe,
on a confié ces 3 fonctions à des techniciens différents, à des magistrats différents choisis en
fonction d'un certain nb de critères.
Concrètement ça veut dire que dans une affaire donnée, un magistrat qui fait un acte de poursuite ne
pourra pas procéder à un acte d'instruction ni participer au jugement.
De la même façon le juge d'instruction qui instruit un dossier ne pourra pas ensuite juger dans la
juridiction de jugement qui juge le dossier.
Le jugement doit être rendu par des magistrats indépendants et impartiaux.

2) La pratique
Le principe de la séparation des fonctions connaît un certain nombre de tempéraments qui
s'expliquent et se justifient.
➢ en matière d'infraction flagrante, on admet que le procureur de la République : l'autorité de
poursuite puisse faire certains actes de police judiciaire que l'on assimile à des actes
d'instruction.
➢ En ce qui concerne la justice des mineurs, les auteurs des faits sont par hypothèse des
personnes qui ne sont pas abouties. Le juge des enfants exerce à la fois des fonctions
d'instruction et des fonctions de jugement. ON estime que pour les mineurs il faut assurer
un suivi pour suivre leur évolution et il est préférable que le juge connaisse bien son mineur.
➢ La procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité = le plaider
coupable. Procédure inspirée du droit anglo saxon qui vise à négocier sa peine en échange
de la reconnaissance de la culpabilité et donc quand on met en œuvre une CRPC il ne peut
pas y avoir une séparation entre les fonctions de poursuite et les fonctions de jugement.
➢ Le ministère public est le chef d'orchestre de la très grande majorité de toutes les affaires
pénales puisque les chiffres sont édifiants, seules 3% des affaires pénales sont instruites par
un juge d'instruction. ( les plus compliquées, les plus graves)
il faut savoir que 97% des affaires pénales relèvent de la compétence du ministère public qui
avec l'aide de la police va faire une rapide enquête et transférer le dossier devant une
juridiction de jugement. Ce ministère public met en mouvement l'action publique, c'est le
chef d'orchestre et il est sévèrement remis en cause par la CEDH parce qu'on lui reproche de
pas être indépendant puisqu'il dépend du pouvoir exécutif, il y'a un lien de subordination
entre le ministère public et le ministre de la justice.

C) Le principe de la collégialité des juridictions

Au niveau répressif, la juridiction répressive est composée par un collège de magistrats et non pas
par un juge unique. Il existe en droit civil mais il est bcp plus appliqué en droit pénal car les affaires
sont plus graves.ça permet d'aboutir à une décision plus équitable, évite les erreurs judiciaires,
protège les magistrats en assurant l'anonymat de la sentence.
Malheureusement ce principe de la collégialité comporte de plus en plus d'exceptions pour des
raisons budgétaires.
Exception en matière d’instruction : juge d'instruction est seul même si on a créé des pôles de
l'instruction il reste la plupart du temps seul et il reste d'autant plus seul qu'une loi du 5 mars 2007 a
voté le principe de la collégialité du juge d'instruction et ça fait presque 10 années de suite que
chaque année on reporte la mise en place de la collégialité de l'instruction.
La loi du 29 décembre 2014 a reporté pour la 10è fois la mise en place de la collégialité au 1er
janvier 2017.

L'autre exception : le juge des enfants juge seul, le tribunal de police est un juge à juge unique, le
juge des libertés et de la détention est lui aussi un juge à juge unique.
D) Le double degré de juridiction

Chaque affaire pénale doit pvr être examinée successivement par 2 degrés de juridiction
Le second étant saisi en appel du premier.
Les juges du second degré sont plus expérimentés que les juges du premier degré et ils sont parfois
plus nombreux que les juges du premier degré. Il existait une exception notable au principe du
double degré de juridiction c'est la cour d'assise, et cette exception notable a été supprimée par la loi
du 15 juin 2000 qui a créé des cours d'assise d'appel composées de 3 magistrats et de 9 jurés
populaires alors que devant la cour d'assise de premier degré il y'a 3 magistrats et 6 jurés populaires
si la loi du 15 juin 2000 a créé la cour d'assise d'appel c'est pour répondre aux critiques tirés de la
convention européenne des droits de l'Homme.

E) Fixité et permanence des juridictions

Toutes les juridictions répressives ont un siège fixe et fonctionnent de manière continue
exception : une juridiction de jugement n'obéit pas totalement à ces règles, de la même façon pour
ce qui concerne les cours d'Assises, on dit que la Cour d'assises tient ses assises à une période
déterminée, en général c'est une fois par trimestre pour juger les affaires inscrites à son rôle.
De la même façon les juridictions spécialisées, la cour d'assises spécialisées en matière de
terrorisme ne tient ses affaires qu'en phase d'être jugées
Idem pour les cabinets d'instruction.

Paragraphe 2 : le statut des magistrats répressifs

Ce sont des magistrats professionnels, des fonctionnaires mais qui ont un statut sui-generis, il y'a
des exceptions à cette règle :
– la Cour d'assises, elle comprend outre 3 magistrats professionnels, des jurés càd des
profanes des citoyens ordinaires qui seront soit 6 en première instance et 9 en appel
– le juge de proximité qui lui non plus n'est pas un magistrat ou un fonctionnaire mais qui n'est
pas non plus un profane il est sensé avoir des connaissances juridiques , il est compétent
pour les contraventions de police et il complète parfois la composition du tribunal
correctionnel
– la justice des mineurs, le tribunal pour enfants est composé d'un juge des enfants qui préside
le tribunal pour enfants et le juge des enfants est accompagné de 2 assesseurs qui eux-non
plus ne sont pas des professionnels et qui sont recrutés parmi les spécialistes de la question
de l'enfant et de l'adolescence et en pratique ça sera d'anciens d'éducateurs spécialisés qui
sont à la retraite.

Certains magistrats répressifs ont des garantie d'indépendance c'est ce qu'on appelle les magistrats
du siège parce qu'ils restent assis à l'audience, ils sont indépendants à l'égard du gouvernement et
concrètement cette indépendance à l'égard du gouvernement est garantie par leur inamovibilité. S'ils
prennent une décision que le gouvernement n'appréciera pas, ils ne seront pas mutés d'office.

A L'inverse les magistrats du parquet sont soumis à une autorité hiérarchique, ils ne sont ni
indépendants ni inamovibles et au sommet de cette autorité hiérarchique on trouve le ministre de la
justice. Ils sont debout quand ils prennent la parole à l'audience. C'est l'absence d'indépendance des
magistrats du parquet qui pose un certain nb de difficultés à la fois en pratique et en théorie et qui
explique les condamnations de la France par la CEDH

Il y'a pourtant en France une unité de corps entre les magistrats du siège et les magistrats du
parquet. Ça veut dire que tous les magistrats qu'ils soient du siège ou du parquet sont d'abord et
avant tout des magistrats, ils ont passé le même concours : le concours de l'ENM et ils sont issus de
la même école et ils ont été formés de la même façon.
L'unité de corps fait que l'on peut passer aisément du parquet au siège ou du siège au parquet.
En pratique on passe très souvent du parquet au siège, plus rarement du siège au parquet
cette justice en France qui prone toujours l'unité de corps fait que nous sommes dans un pays qu'on
appelle unioniste, nous sommes l'un des rares pays en Europe à l'être, la plupart des pays européens
sont des pays séparatistes où il n'y a pas d'unité de corps où le plus souvent l'unité de corps est
interdite par la Constitution et ce qui fait que le passage du parquet au siège ou du siège au parquet
est totalement interdit.

Ils sont indépendants à l'égard des justiciables, l'indépendance à l'égard des justiciables est assurée
par leur irresponsabilité et en plus on a un certain nb de dispositions pénales qui répriment les
outrages et les violences.

Section 3 : Les évolutions et les réformes actuelles de la procédure pénale

1) L'histoire de la procédure pénale

La procédure pénale est née en France à partir du moment où il y'a eu une vraie volonté de l'Etat de
canaliser et de limiter la vengeance privée
la procédure inquisitoire succède à la procédure accusatoire à partir du 13è siècle, ce sont d'abord
les juridictions ecclésiastiques qui l'ont adoptée et ensuite ce sera le tour des juridictions laiques.
La procédure inquisitoire a été souvent une procédure très excessive et les critiques contre les excès
de la procédure inquisitoire se sont multipliées à partir de la seconde moitié du 18è siècle.
En 1795 un code des délits et des peines est préparé par Merlin DE DOUAI et dans ce code on
trouve de nb règles de procédure pénale qui seront sanctionnées par la nullité en cas d'inobservation
de ces règles. La particularité de ce code c'est que dans le code de merlin de DOUAI on confie
l'initiative des poursuites pénales aux particuliers
A partir de cette époque la criminalité connait en France une forte expansion et face à l'expansion de
cette criminalité on réagit en confiant l'initiative des procédures pénales au ministère public à partir
de 1801, des cette époque l'instruction sera confiée à un juge d'instruction
Sous l'impulsion de Napoléon, le code d'instruction criminelle sera achevé en 1808 et rentre en
vigueur en France en 1811.
a l'époque déjà on trouve dans le code d'instruction criminelle un compromis entre la procédure
accusatoire et la procédure inquisitoire autrement dit le fameux système mixte français

A partir de 1930, on commence à réflechir aux manières de combler les vides du code napoléonien,
les commissions de réflexion se succèdent et le résultat sera notre actuel code de procédure pénale
de 1958 entré en vigueur le 2 mars 1959
depuis le contenu de notre code a bcp évolué avec la plupart du temps un accroissement des
garanties concernant les libertés individuelles
qq étapes, des réformes importantes ont marqué les années 1970/1980
– la création du contrôle judiciaire en 1975
– en 1984, le débat contradictoire avant un placement en détention provisoire.

Les principaux boulversements du code pénal de la fin du 20e siècle et du début du 21è siècle, notre
époque est marquée par un empilement de réformes incessantes qui font dire que la procédure
pénale française est un droit à l'état gazeux ou encore un chantier interrompu mais sans architecte.
La procédure pénale s'est fortement politisée, pdt longtemps la procédure pénale était devenue un
instrument d'affirmation politique, de campagne éléctorale, les réformes étaient soit marquées à
gauche soit marquées à droite
Depuis une dizaine d'années, on est passé dans une spirale législative sécuritaire mais aussi dans
une procédure pénale qui réagit et sur-réagit aux faits divers sans véritable débat de fond ni prise de
hauteur.
Aujourd'hui, ce n'est plus l'alternance politique qui explique et justifie les nb réformes, un
consensus est créé autour de la nécessité de lutter à la fois contre le terrorisme et d'augmenter la
spirale sécuritaire et donc si on prend un peu de hauteur par rapport à toutes ces réformes, on peut
dire qu'à l'exception notable de la loi du 15 juin 2000 nous sommes rentrés dans l'air du tout
répressif

2) Loi du 15 juin 2000

EllE A été adoptée avec un rare consensus politique, à l'heure même qu'il ne s'agissait pas pour la
peine d'un virage sécuritaire
Elle est importante, elle a bouleversé le code de procédure pénale, elle a renforcé la présomption
d'innocence à tous les stades du procès pénal après le jugement en créant par exemple cette Cour
d'assises d'appel, en créant une possibilité de réexamen des décisions pénales suite à une
condamnation de la France par la CEDH mais aussi au début du procès pénal au moment de la
construction pénale à savoir quant tout se joue, il s'agit de récolter les preuves de l'infraction
Elle a aussi érigé les droits de la défense en un principe directeur de l'avant procès pénal puisque
cette loi a introduit dans notre code de procédure pénale un article préliminaire qui est désormais en
tête du code de procédure pénale.
« Toute personne suspectée ou poursuivie est présumée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été
établie »
Ce principe guide toute la procédure pénale française

Aussi en matière de détention provisoire ( détention avant jugement), cette loi a créé le JLD ( juge
des libertés et de la détention) parce qu'on s'est enfin rendu compte qu'une même personne ne peut
pas enquêter et juger en mm temps sans perdre de son impartialité.
Avant on avait le juge d'instruction qui enquêtait à charge ou à décharge et qui décidait du
placement provisoire.
Depuis cette loi, le juge d'instruction enquête en tte indépendance et en tte impartialité et le JLD
décide de la détention provisoire.

La loi a renforcé les droits des victimes, cela apparaît dès cet article préliminaire placé en tête du
code de procédure pénale
l'article préliminaire dispose que l'autorité judiciaire veille à l'information et à la garantie des droits
des victimes tout au long de la procédure pénale.

3) la salve législative du début du 21è siècle

épisode marquant pour le code de procédure pénale, entre 1999 et 2011, 39 lois qui concernent la
procédure pénale ont été adoptées : 3 ou 4 lois par année.
Entre 1999 et 2011 39 lois ont été adoptées la plupart du temps dans un climat de crispation
sécuritaire suite au 11 sept 2001
→ renforcer les pouvoirs coercitifs de l'autorité publique.

Loi du 4 mars 2002 : complète la loi du 15 juin 2000


Loi du 9 sept 2002 : la loi PERBEN avec de nb modifications en CPP avec notamment la refonte de
l'ordonnance de 45 sur la justice des mineurs et la création des juridictions de proximité.
Loi sarkozy du 18 mars 2003 : loi pour la sécurité intérieure
loi du 9 mars 2004 : loi PERBEN 2 comporte 224 articles et fait 71 pages au JO
→ créé une quasi procédure pénale bis pour la criminalité et la délinquance organisée. Cette loi créé
également la CRPC:comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité
Cette loi réforme toute l'entraide judiciaire internationale et constitue un bouleversement majeur de
notre procédure pénale

Loi du 5 mars 2007 qui essaie de tirer les conséquences l'affaire Outreau,
loi 14 avril 2011 modifie la GAV
loi du 21 décembre 2012 relative à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme
loi du 6 décembre 2013 sur la grande délinquance économique et financière qui a créé le procureur
national financer
loi du 28 mars 2014 sur la la géolocalisation,
loi du 20 juin 2014 sur la procédure de révision
loi du 15 aout 2014 : loi Taubira
loi du 13 nov 2014 : loi visant à renforcer la lutte contre le terrorisme
loi du 24 juillet 2015 sur le renseignement
loi du 17 aout 2015 qui porte adaptation de la procédure pénale au droit de l'UE et qui a transposé
un certain nb de directives et de décisions cadre
2016 : une nouvelle réforme de la procédure pénale
→ réaction aux attentats du 13 novembre et à la question de l'Etat d'urgence en France

le gouvernement veut renforcer de façon pérenne les outils mis à la disposition des autorités en
dehors du cadre juridique temporaire de l'Etat d'urgence
Cette réforme de la procédure pénale vise à lutter davantage contre le terrorisme notamment au
niveau de l'enquête pénale et on trouve dans cette réforme un article qui permettrait de nuit des
perquisitions dans les locaux d'habitation simplement dans le cadre de l'enquête préliminaire
le texte prévoit aussi dès le stade de l'enquête de flagrance ou l'enquête préliminaire des possibilités
accrues par rapport à ce qui existe actuellement de sonorisation et de fixation d'images.
On trouvera également des dipositions fourre tour qui concernentn des réformes en matiere de GAV
sur l'accès au dossier par l'avocat

EN conclusion le législateur a boulversé et boulverse encore en profondeur toute la phase de


préparation du procès pénal
depuis le 21è siècle se dessine petit à petit un nouveau avant procès inquisitoire quasiment
entièrement dominé par le procureur de la République et contrôlé par le JLD
La touche finale de ce tableau ça aurait du être la disparition du juge d'instruction, annoncée et
programmée sous quinquennat de Nicolas Sarkozy mais c'était sans compter la CEDH et
l'alternance politique. La CEDH qui a sauvé des eaux le juge d'instruction et qui surtout met sur la
sellette le statut de notre procureur
Autrement dit si l'édifice global venait à être modifié ce serait surtout et à cause de ce fameux statut
du procureur autrement dit le juge d'instruction est à priori tranquille pour les qq années qui arrive
SOUS le quinquennat de Ncolas Sarkozy
renforcement des pouvoirs du ministère public

Section 4 : les principes fondamentaux applicables à la procédure pénale

jusqu'à la loi du 15 juin 2000 le code de procédure pénale ne contenait pas d'articles ou pas de
chapitre consacré à des principes procéduraux
le code de procédure civile contenait lui des sa creation un chapitre consacré au principe direceur du
procès civil
en ce qui concerne la matiere pénale notion mm de principes généraux n'est apparu que de façon
très progressive et a été façonné d'abord par la jurisprudence.
Le pt de départ de l'évolution c'ets une commission de réflexion de 1990 présidé par le professeur
DELMAS MARTY qui a remis au garde des sceaux un rapport dans lequel était défini 10 principes
fondamentaux destinés à garantir la prééminence du droit, la protection des personnes poursuivies et
la qualité du procès pénal
Dans ces principes on trouvait la présomption d'innocence, les droits de la défense ou encore le
respect de la dignité humaine
Ces principes ce n'est pas la commission DELMAS MARTY qui les a créés, il existait déjà parce
que c'était soit des solutions jurisprudentielles par ex les droits de la défense ou bien encore parce
que c'était des principes qui émanaient de la CEDH notamment dans l'article 6 de la convention : il
contient un ensemble de principes procéduraux que l'on ressemble sous un terme générique : le droit
au procès équitable.
A la lecture des travaux de DELMAS MARTY la doctrine a été favorable à ces travaux et favorable
à l'identification de principes directeurs du procès pénal.
Pour autant ce travail doctrinal et jurisprudentiel mettra encore 10 ans à être consacré et ce sera
l'oeuvre de la loi du 15 juin 2000 qui a donc introduit dans le code de procédure pénale en tête un
article préliminaire qui contient une liste de plusieurs grands principes directeurs
→ avancée législative majeure puisque le code reconnaît officiellement l'existence de règles de
droit qui forment la structure du procès pénal et cela dès la simple lecture du premier texte du CPP
l'article préliminaire est composé de 3 parties et la cohérence de cette division est loin d'être
évidente et pour analyser le contenu de cet article préliminaire on distingue les principes relatifs à
l'autorité judiciaire, les principes relatifs aux droits procéduraux des parties, les principes relatifs
aux droits fondamentaux de la personne poursuivie

Paragraphe 1 : les principes relatifs à l'autorité judiciaire

A la lecture de l'article préliminaire,on constate que ce texte est en très grande partie consacré au
droit des parties et en fait on ne trouve dans l'article préliminaire que 2 principes relatifs à l'aurotié
judiciaire. On trouve dans l'article préliminaire le principe de la séparation des fonctions et on
trouve dans l'article préliminaire le principe selon lequel l'autorité judiciaire est gardienne des
libertés individuelles

la séparation des fonctions est un principe fondamental du procès pénal mais la conception proposée
par l'article préliminaire est une conception étroite parce que le 2è alinéa du texte nous dit que la
procédure pénale doit garantir la séparation des autorités chargée de l'action publique et des
autorités de jugement, plus communément on parle du principe de la séparation des fonctions de
poursuite et de jugement, or en réalité le principe de séparation possède un champ d'application bcp
plus vaste que ce que laisse entendre l'article préliminaire et il s'étend à toutes les fonctions exercées
par un magistrat au cours du procès pénal autrement dit les fonctions de poursuite, d'instruction, de
jugement et même d'exécution de la peine.
Évidemment le principe de séparation des fonctions est lié à l'exigence d'impartialité des magistrats
du siège à savoir les juges d'instruction, la juridiction de jugement et celle de l'application des
peines, d'ailleurs il faut savoir que notre principe d'impartialité se trouve dans la CEDH à l'article 6
paragraphe 1 de la convention tout simplement parce que cet article consacre le droit à un tribunal
indépendant et impartial

Le principe d'impartialité se décline de 2 façons


➢ l'impartialité subjective encore appelée l'impartialité personnelle et cette impartialité c'est
celle qui concerne les données propres à chaque magistrat, ça concerne donc par exemple
son expérience personnelle, ses opinions politiques, sa position dans le procès autrement dit
ce qu'il est en tant qu'être humain et non en tant que magistrat et évidemment tout cela ne
peut pas entrer en ligne de compte au moment de rendre la décision de justice
➢ l'impartialité objective qu'on appelle encore l'impartialité fonctionnelle et qui cette fois ci
concerne la fonction qu'occupe le juge dans la procédure, or c'est ici que réapparait le
principe de la séparation des fonctions : elle relève de l'exigence d'impartialité fonctionnelle
du magistrat. Ce principe vise à empêcher qu'un magistrat qui a déjà connu l'affaire d'une
façon ou d'une autre soit amené à connaître de l'affaire dans une autre fonction et donc à
statuer deux fois.
Ex : le juge d'instruction lorsqu'il instruit un dossier devra examiner toutes les charges qui existent
ou qui n'existent pas contre la personne mise en examen, il va devoir apprécier la valeur de ces
charges et s'il prend la décision de renvoyer le mis en examen devant une juridiction de jugement ça
veut dire qu'il estime que les charges sont suffisantes pour l'envoyer devant une juridiction de
jugement → ça veut dire que la balance penche plutôt vers la culpabilité
il aura un préjugé en faveur de la culpabilité et si le juge d'instruction devait siéger devant la
juridiction de jugement il ne serait pas impartial
Autrement dit à ce stade il est essentiel pour préserver les droits de la personne poursuivie toujours
présumée innocente que les 3 magistrats qui composent le tribunal correctionnel ne connaissent
strictement rien de l'affaire qui leur est présentée et qu'ils se fassent leur propre opinion
iL EST essentiel que le juge d'instruction ne siège pas devant une juridiction de jugement .

En conclusion, on peut dire que le principe d'impartialité est beaucoup plus vaste que la simple
question de la séparation des fonctions et on peut par exemple s'étonner de ne pas trouver le
principe d'impartialité dans l'article préliminaire.

Paragraphe 2 : les principes relatifs au droits procéduraux des parties

Ce sont les plus nombreux dans cet article préliminaire, l'article préliminaire les énumère
Ils se recoupent parfois mais ils ont tous une signification distincte font partie des droits
procéduraux des parties énoncés à l'article préliminaire le principe du contradictoire, le principe de
l'équilibre des droits des parties, le principe d'égalité devant la loi pénale, le principe des droits de la
défense, le droit à être jugé dans un délai raisonnable, le droit à un recours, le droit à l'assistance
d'un interprète et à la traduction des pièces issues d'une loi du 5 août 2013.

1) le contradictoire

C'est un principe qui déborde largement le cadre de la procédure pénale, il s'impose dans toutes les
procédures contentieuses parce que ce principe incarne le débat entre les parties sur les différents
aspects d'un litige. La CEDH donne une définition synthétique de ce principe car elle considère que
le principe du contradictoire implique la faculté pour les parties à un procès pénal ou civil de
prendre connaissance de toutes les pièces ou observations présentées au juge en vue d'influencer sa
décision et de la discuter.
Or en procédure pénale, le principe du contradictoire ne domine qu'une partie du procès pénal, sa
présence n'est pas très marquée au cours de l'avant procès pénal càd au stade de l'enquête.
Ex : lorsqu'un suspect est placé en GAV il n'est informé quasiment que de la nature de l'infraction
qui fait l'objet de l'enquête ni lui ni son avocat ne peut accéder au dossier de la procédure, autrement
dit le GAV le gav ou l'avocat ne savent pas ce que la police a entre ses mains pour justifier cette
GAV. Ce ne sera qu'au stade de l'instruction et ensuite à l'audience de jugement que le principe du
contradictoire produira son plein effet.

2) l'équilibre des droits des parties

l'article préliminaire énonce que la procédure pénale doit préserver l'équilibre des droits des parties,
cette formule ce n'est que la retranscription d'un principe dégagé par la CEDH à partir de l'article 6
paragraphe 1 de la retranscription
En effet pour la CEDH le principe de l'égalité des armes impose que la procédure offre la possibilité
raisonnable pour chacune des parties de présenter sa cause dans des conditions qui ne la placent pas
en net désavantage par rapport à son adversaire.
A partir de là, on peut constater qu'au fil des réformes, le principe de l'équilibre des droits des
parties a progressé dans le CPP
Aujourd'hui on peut dire que le principe de l'équilibre des droits des parties et son corollaire le
principe de l'égalité des armes jouent un rôle croissant dans la PP française
et ces deux principes ont permis aux parties privées d'acquérir de nouveaux droits procéduraux ce
qui veut dire que le déséquilibre historique entre d'un côté le ministère public et de l'autre les parties
privées tend de plus en plus à se réduire significativement.

3) L'égalité devant la loi

Il trouve sa place dans l'article préliminaire qui dispose que les personnes se trouvant dans des
conditions semblables et poursuivies pour les mêmes infractions doivent être jugées selon les
mêmes règles.
Ce principe n'est que la retranscription d'un principe énoncé par le conseil constitutionnel dans une
décision du 23 juillet 1975
Le conseil constitutionnel affirme que le conseil d’égalité devant la loi est l'égalité
pour tous devant la justice .L’égalité concerne les justiciable dans la même
situation .Ce qui fait qu'on admet une différence de traitement lorsque les situations
sont différentes par exemple pour les traitement des mineurs et cette différence ne
porte pas atteinte aux droits de de la défense.

D) les droit de la défense


Notre article préliminaire ne comporte pas l'expression droit de la défense mais cet
article renvoi à des droits qu caractérisent les droit à la défense comme le droit à
l'infirmation su les charge retenue contre les personnes.cet article dispose que « la
personne suspecter ou poursuivie à le droit d'être informée des charges retenues
contre elle » ce droit correspond à une application particulière du principe du
contradictoire d'ailleurs la CEDH consacre le droit à l'information général sur
l’article 6 paragraphe 3 particulièrement le droit à l'information quand une personne
est arr^té .ce droit s’exprime à plusieurs moment au cours du pro ès pénal ainsi tout
au début au moment e l’enquête ,la personne doit être informée de la nature de
l'infraction sur laquelle va porter sa garde à vue la jurisprudence assure ,le respect de
cette obligation avec sévérité car la chambre criminelle estime qie tout retard dans la
mise en œuvre de ce droit porte nécessairement atteinte au intérêts der la partie
qu'elle concerne .C'est là un exemple de nullité de procédure sans que la personne
n'ai a démontré le grief que lui a causé le non respect de de droit .
au stade de l'instruction l'article 116 du CPP organise lui aussi des formalités pour
l’information d'une mise en examen au moment de son interrogatoire de 1ere
comparution et là encore le non respect du formalisme entraînera la nullité de la
procédure . Le plus souvent l'avocat occupera une place primordiale lorsqu'il faudra
exercer les droits de la défense et c'est pour cette raison que l'article 6 paragraphe 3
de la convention permet que l'accusé puisse défendre lui m^me ou de bénéficier de
l'assistance d'un défendeur de son choix . Le droit d'être assister par un défendeur à
une amplitude variable ,ce droit est plutôt restreint au début de l'enquête .Le
défenseur n'est pas obligatoire au cours d'une perquisition .
E) Le droit des victimes

Certains estime que la consécration dans l'article préliminaire d'un principe relatif aux
droits des victimes constituerai la seule véritable innovation de cet article
préliminaire dans le rapport Delmas Marty de 1990 (cette commission qui avait
proposé la création d'un principe des victimes du procès pénal et la traduction de cette
préconisation c'est la loi de 2008 l'article préliminaire qui pose le principe selon
lequel l'autorité judiciaire veille à l'information et à la garantie des droits des victimes
tout au long de la procédure pénal?le pb de ce principe c'est que son contenue n' a pas
été défini ni per le CPP ni par ma jurisprudence et si on se réfère au rapport Delmas
Marty le principe impliquait au droit pour la victime d'accéder à la justice pénal et
droit 'obtenir l'indemnisation de son dommage .au fur et à mesure cette conception
stricte a été étendu et aujourd'hui la doctrine donne une définition bcp plus large des
droits des victimes il faut comprendre droit à indemnisation de la victime mais aussi
droit à la participation au procès pénal ,droit à l'information et droit au respect de la
victime;Par ailleurs cet article a été parachevé 25 ans plus tard vu qu'un nouveau droit
pour les victimes a été consacré par la loi taubira du 15 août 2014 non pas dans
l'article préliminaire mais dans un nouvel article du CPPP article 10 c'(est r qu'on
appelle le droit à la justice restauratrice (c'est toute mesure qui permet à le victime
d'une infraction pénal de rencontrer l'auteur de l'infraction s'il elle le souhaite pour
participer activement avec lui la résolution des difficultés qui résultent de l'infraction
et notamment la réparation des préjudice de toute nature qui résulte de la commission
de l'infraction.

F) le droit à un délai raisonnable

Les criminologues enseignent que la sévérité de la sanction face à un comportement


répréhensible est un facteur d’efficacité quant à la peine prononcer et donc la sévérité
de la sanction ) une fonction dissuasif au regard de la réitération de l'infraction .la
rapidité du procès pénal est un élément de la répression pénal et sous l'influence de la
Conv EDH la sévérité de la procédure est devenue un véritable droit fondamentale
transposé sous notre article préliminaire qui dispose qu'il doit être statuer
définitivement sur l’accusation dans un délai raisonnable .cette disposition est est la
transposition de l'article 6 paragraphe 1 de la convention qui dit que toute personne à
droit à e que soit entendu dans un délai raisonnable .

G) le droit au double degrés de juridiction


L'article préliminaire dispose que « toute personne condamnée a le droit de faire
examiner sa condamnation par une autre juridiction » cet article a été difficile à
interpréter car cette affirmation en tant que telle ne correspondait à aucun autre
principe préexistant de la procédure pénale .La rédaction de cet article est fait
aléatoire d'une évolution de la convention (protocole numéro 7 additionnel à la
convention qui dans son article 2 défini le double degrés de juridiction .
Ce protocole 7 a été adopté en 1984 et à cet époque le protocole laçait la France dans
une situation délicate car à l’époque les décisions rendues par les cour d'assise ne
pouvaient faire l'objet d'un appel.La France à et époque avait adopté une déclaration
interprétative du protocole numéro 7 .cette déclaration disait que « l'examen par une
juridiction supérieur peut se limiter à un contrôle de l'application de la loi tel que le
recours en cassation. Autrement dit au moment de la rédaction de notre article
préliminaire on peut dire que le résultat tel qu'il apparaît aujourd'hui est un petit peu
la combinaison de l'article 2 du protocole numéro 7 et de la déclaration interprétative
faite à l'époque par la France .

H) le droit à l'assistance d'un interprète et à la traduction des pièces

Il s'agit d'une nouveauté issue d'une loi du 5 août 2013 et si on a introduit cette
nouveauté c'était due à une directive européenne .pour autant on a pas découvert ce
droit à la traduction car le CPP contenait déjà de nombreux articles qui faisaient
référence au droit d'être assister par un interprète en revanche il n' y avait rien
concernant une obligation générale des traductions des pièces du dossier et le grand
intérêt d'avoir transposé la directive sous la forme d'un principe général que l'on
ignorait c'est désormais un droit général applicable à tous les stades de la procédure
pénale.

Paragraphe 3 : les principes relatifs aux droits fondamentaux de la personne


poursuivie

La personne poursuivie en procédure pénale va se trouver dans une situation


particulière car elle bénéficie de la présomption innocence mais pour les besoins de
l'enquête elle peut faire l’objet de mesure plus ou moins coercitive et donc il faut
pouvoir la protéger .C'est tout d'abord l'honneur de la personne poursuivie qui doit
être préserver grâce à la présomption d'innocence c'est aussi sa dignité qui doit faire
l'objet d'une protection particulièrement notamment quand il y a des mesures de
contrainte ,les mesures de contrainte doivent respecter ce principe de proportionnalité
.

PARTIE1/ LES ACTIONS QUI NAISSENT DE LA COMMISSION DE


L'INFRACTION

CHAPITRE 1 : L'ACTION PUBLIQUE ET L'ACTION CIVILE

L'infraction pénale entraîne deux choses : un trouble à l'ordre public car la règle
sociale n' a pas été suivie et à partir de là donne naissance à l'action publique .Mais
l'infraction pénale la plupart du temps va causer un préjudice à une partie privée ,à
une personne qui sera la victime de l'infraction et à ce titre la l'action pénale donne
aussi naissance à l'action civile .l'action publique c'est l'action répressive qui est mise
en mouvement et qui est exercée par le ministère public que l'on appelle encore le
parquet c'est une action faite au nom de la société entière ,elle et dirigée contre
l'auteur de l'infraction et l'action publique vise à faire constater son comportement ,à
le faire condamner à une peine s'il y a lieu .l'action civile qui est l'action en dommage
et intérêt introduite cette fois par tous ceux qui ont personnellement souffert d'un
dommage directement causé par l'infraction ,le but de l'action civile c'est d'obtenir de
l'auteur de l'infraction la réparation du préjudice qui a été causé par l'infraction. Par
exemple le vol est une infraction pénale .

L'objet du procès pénal c'est d'abord et surtout l'action publique mais il faut savoir
que l'article 3 du code de procédure pénale dispose que « l'action civile peut être
exercer en même tant que l'action publique devant une juridiction » cela veut dire que
l'action civile peut constituer secondaire du procès pénale mais la procédure pénale
permet la partie lésé par l'infraction peut mettre en mouvement l'action publique en
exerçant l'action civile .
Il arrive que le ministère public que ne veuille mettre en mouvement l'action publique
alors la victime oblige le ministère à le faire .Pour se faire ,la victime doit se
constituer partie civile.

Paragraphe 1 : la comparaison entre l'action civile et l'action publique


A) les différences

L'action publique tant à la réparation du trouble sociale ,l' action civile tant à la
réparation du préjudice individuel et il n y a pas de forcément de lien entre l'intensité
du trouble social et préjudice individuel

la différence de fondement :L'action civile repose toujours sur un texte précis de la


loi pénal ,le texte incriminateur qui a posé la règle qui a été enfreinte conformément
au principes de la légalité criminelle alors qu'à l'inverse l'action reposera sur les
article 1382 et 1383
la différence de nature : L'action publique est une action d'ordre public c'est à dire
qu'on ne peut y renoncer .le ministère public exerce l'action publique mais il n' a pas
la disposition de l'action publique et il ne peut pas transiger au sujet de l'action
publique appartient à la société et la société ne pourrait y renoncer que par la voie du
pouvoir législatif c'est e qu'on appellerai une loi d’amnistie .A l'inverse l'action civile
se trouve dans le patrimoine privé de la victime c'est à dire que la victime peut y
renoncer si elle e souhaite et c'est à dire qu'elle peut transiger .

La différence d'objet : l'action publique à pour l'objet d'infliger une peine à un


individu qui sera proportionner à la gravité de l'infraction qu'il a commise à l'inverse
l'action civile à pour objet de réparer le dommage subit par la victime donc
proportionnellement au dommage subi ce qui veut dire que le dommage civile ne
prend pas en compte la gravité de l'infraction qui a été commis.

La différence sur les parties à l'action:le demandeur à l'action publique c'est la


ministère public ,le demandeur à l'action civile c'est la victime .le défendeur à l'action
publique c'est le ou les coupables auteurs complices et le défendeur à l'action civile
c'est le pu les coupables + leurs héritiers voir le cas échéant les personnes civilement t
responsable notamment les parents et également les assureurs .

En conclusion on constate un certains nombre de différence entre les deux actions


mais ces différences ne doivent pas masquer la solidarité qui existe entre l'action
publique et civile et qui fait la particularité de notre justice pénale .

B) les rapprochements

L'action publique et l'action civile naissent toutes les eux à partir d'un même
comportement ,un même fait ,un même élément matériel cet élément matériel
constituera à la fois une infraction pénale et dans certains cas causera un trouble à un
particulier et c'est pour cette raison que cette unique fait générateur sera susceptible
de faire naître en même tant l'action publique et l'action civile . C'est pourquoi les
deux action vont pouvoirs être porter en même tant devant un juge ce sera un juge
répressif qui sera compétent à la fois pour connaître l'action publique et l'action civile
.Pour autant ce n'est pas une obligation cette possibilité pour le juge répressif de
connaître à la fois l'action civile et publique n'interviendra que si tel est le choix de la
victime c'est une simple possibilité pour la victime .Si l'action publique à toujours
lieu devant le juge répressif pour l'action civile c'est la victime qui choisi ,une victime
à une faculté d'option quant à on juge lorsqu'elle souhaite obtenir l'indemnisation .
La victime a un droit fondamental outre cette faculté d'option ,lorsque la victime
porte son action devant le juge répressif ce choix aura pour effet de déclencher
automatiquement l'action publique si l'action publique n'avait pas été mise en
mouvement par le ministère public c'est donc tout l'intérêt de se constituer partie
civile car une plainte avec constitution de partie civile a pour immense avantage de
contrebalancer l'inertie du ministère public .

Ce qui a été jugé sur l'action publique a autorité sur l'action civile c'est ce qu'on
appelle le principe de l'autorité de la chose jugée du criminel sur le civil .Quand le
juge pénal dit qu'il y a une infraction pénale le juge civil ne peut dire qu'il n y a pas
de faute civile autrement dit qui dit infraction pénale dit faute civile mais l'inverse
n'est ps vraie qui doit aujourd'hui absence de faute pénale ne dit plus aujourd'hui
absence de faute civile . La loi du 10 juillet 2000a mis fin au principe de l'unité de
fauté civile et pénale ,l'absence de faute pénale non intentionnelle ne fait plus
obstacle à la reconnaissance d'une faute civile .

Paragraphe 2 : les causes d'extinction commune à l'action publique et à l'action


civile

A) le principe

Au niveau de la prescription l'action civile peut ^^être porter devant le juge civil aussi
longtemps que cours le délai de prescription de l'action civile mais si la victime opte
pour le juge pénal et la voie répressive elle devra agir avant que le délai de l'action
publique ne soit écouler car lorsque le juge répressif connaît de l'action civile ce n'est
que parce que l'action civile est accessoire de 'action publique et donc le juge
répressif ne peut connaître l'action publique que dans un délai de prescription de cette
action publique .
L('expiration du délai de l'action publique n'étaient pas l'action civile mais oblige la
victime à porter so action en réparation devant le juge civil à l'intérieur des délai
prévue par le code civil .

B) l'autorité de la chose jugée

Il y a chose jugée au pénal lorsque les faits qui sont reprochés à la personne
poursuivie ont donné lieur à un poursuite pénale qui s'est terminée par une décision
définitive sur le fond(une décision contre laquelle on ne peut plus exercer des voies
de recours ) .les décisions rendues par juridictions de jugement ont autorité de la
chose jugée quelque soit le sens dans lequel ces décisions ont été rendues donc une
décisions de condamnation à autorité de la chose jugée ,un acquittement((prononcer
par la cour d'assise) ,une décision de relaxe(tribunal correctionnel) ,.
Les décisions des juridictions d'instructions n'ont pas autorité de la chose jugée donc
une décision de renvoi rendu par un juge d'instruction et qui renvoi l'affaire devant
une juridiction de jugement cette décision ne lie pas la juridiction de jugement .le
juge d'instruction lorsqu'il prononce un non lei la décision de non lieu n' a pas autorité
de la chose jugée .cette décision de non lieu ne permet pas de reprendre les poursuites
pénales par la suite si l'on découvre des éléments nouveaux à la seule condition qu'il
n y ait pas eu prescription de l'action publique entre temps . Si par la suite des
élément nouveaux apparaissent le dossier pourra être ré-ouvert pour que l'action
publique ne soit éteinte .

La décision qui a autorité de la chose jugé au pénal éteint l'action publique cela veut
dire que plus aucune poursuite pénale ne pourra plus jamais être intenté à raison des
même faits même sous une qualification différente et c'est vraie même si
ultérieurement des charges nouvelles apparaîtrai comme par exemple un aveu de
culpabilité de la personne qui aurait bénéficier d'un acquittement ou d'une décision de
relaxe . L’acquittement est définitif et la relaxe non.

La décision pénale quand elle a autorité de la chose jugée aura une influence capitale
sur l'action civile c'est ce qu'on appelle l'autorité de la chose jugée du pénal sur la
civil si le jugement rendu sur l’action publique est une condamnation ,l'action civile
sera toujours possible sauf si elle se heurte à une cause pénale d'irresponsabilité .Une
décision de condamnation pénale au a autorité de la chose jugée établie
irréfragablement la faute civile commise par l'auteur des faits?l'inverse n'est pas vraie
une décision d’acquit ment ou de relaxe peut entraîner le rejet de l'action civile
notamment pour tout ce qui concerne les fautes pénales volontaires;mais depuis la loi
du 10 juillet 2000 qu a mis fin au principe de l'unité civil et pénal ,une décision
d'acquitement ou de relaxe en cas de faute pénale non intentionnelle n’empêche plus
le succès de l'action civile de la victime .c'est le cas ainsi quand le tribunal
correctionnel ,saisi dune poursuite pénale exercé pour poursuite involontaire qui
prononce une relaxe depuis la loi du 10 juillet 2000 la .le tribunal correctionnel reste
comptent sur la demande de la partie ou de son assureur pour accorder la préparation
des dommage qui résultent e faits qui ont constitué le fondement de la poursuite
pénale et qui son vraisemblable qualifié de fautive .
L'absence de faute pénale d'imprudence n'exclue pas l'existence d'une faute civile
d'imprudence ,génératrice de responsabilité civile par son auteur .
Paragraphe 3 : Les causes d'action propre à l'action publique et à l'action civile

A) les causes d'extinction à l'action publique

au nb de 6

1) la prescription de l'action publique


– On justifie traditionnellement cette vieille institution par le fait que le trouble à l'ordre public
qui a donc été causé par la commission d'infraction, ce trouble est sensé s'apaiser avec le
temps plus ou moins vite en fonction de la gravité de l'infraction. C'est la grande loi de
l'oubli

– une fois que le temps est passé, le trouble à l'ordre public se rend plus ravivé par des
poursuites pénales tardives ça aurait pr inconvénient de mettre en lumière la défaillance
prolongée de l'action publique.

– Les personnes pénales intentées très longtemps après la commission des faits sont difficiles
à mener à terme pour la simple raison qu'il est difficile de recueillir des preuves longtemps
après la commission des faits

– l'insécurité dans laquelle a du vivre le coupable pendant toute la durée de la prescription


constituerait une forme de chatiment

aujourd'hui existe toujours le mécanisme de la prescription de l'action publique article 6 7 8 9 du


cpp qui prévoit les délais de droit commun 10 ans pour les crimes 3 ans pour les délits et 1an pour
les contraventions
ces délais sont assortis de nombreuses exceptions, on a des délais qui varient de 3 mois c'est le cas
pour les délits en matière de presse et ça va jusqu'à 30 ans en matière de terrorisme, les crimes
contre l'humanité sont imprescriptibles.

Ce mécanisme qui existe en France est combattu par le législateur et par la jurisprudence
notamment parce que les arguments qui expliquent le mécanisme ne sont pas les plus valables.
La preuve par l'adn aujourd'hui est quasiment infaillible et donc peu importe l'écoulement du temps
entre la commission des faits et le moment où on recueille la preuve
Le mécanisme de la prescription de l'action publique n'existe pas dans les pays anglo saxons
→ on observe aujourd'hui une hostilité du législateur et une hostilité du juge au mécanisme de la
prescription de l'action publique.
L'hostilité du législateur se manifeste par de multiples exceptions au délai de droit commun et par
des allégements du délai de droit commun.
Mais le plus intéressant c'est l'hostilité du juge qui se traduit par une hostilité jurisprudentielle visant
à retarder le plus longtemps possible du délai de prescription de l'action publique
et c'est ainsi qu'on arrive à la jurisprudence plétorique concernant l'interruption de l'action publique
et puis la nouvelle jurisprudence récente qui concerne la suspension du délai de l'action publique

Les délais dérogatoires commencent à courir le lendemain du jour où l'infraction a été commise
Cette règle est valable pour les infractions instantanées ex : le vol
le délai de prescription est donc de 3 ans. Le point de départ commence à courir demain et pour une
durée de 3 ans
pour les infractions continues, la règle est différente, par ex : le recel, le point de départ commence à
courir le lendemain du jour où l'état délictueux à cessé.

En cas de crime commis contre les mineurs, le délai de prescription de l'action publique ne
commence à courir qu'à compter de la majorité du mineur.

La jurisprudence a aussi créé de toute pièces des constructions particulières pour ce qu'on appelle
les infractions dissimulées ou infractions clandestines.
On a notamment une évolution jurisprudentielle pour les abus de biens sociaux ou l'abus de
confiance. Ce sont des délais occultes, cachés dont on ne prend pas forcément connaissance au
moment où ils sont commis et pour faciliter la mise en mouvement de l'action publique, la chambre
criminelle estime que lorsqu'il y'a fraude le pt de départ du délai de prescription est repoussé au jour
où on a pu découvrir l'existence du délit.
Ex : les infractions faites par certains hommes politiques dans la gestion de leur commune ou
département

Cette jurisprudence sur le pt de départ du délai de prescription a trouvé son point d'orgue très
récemment dans une affaire grave qui a été médiatisée, l'année dernière c'était l'histoire de la
découverte fortuite du cadavre de 8 nouveaux nés dans une maison et l'enquête a démontré que les
nouveaux nés en question décédés au moment de leur naissance étaient nés presque 10 ans avant la
commission des faits
→ s'est posé la question de la prescription de l'action publique dans ce qu'on appelle un néonaticide

• la chambre criminelle dans un arrêt du 16 octobre 2013 et elle a eu une analyse


juridiquement
parfaite mais provocante elle nous a dit que le meurtre d'un nouveau né est une infraction
instantanée ce qui est vrai, c'est un crime qui se prescrit par 10 ans et que la dissimulation de
la grossesse et la dissimulation des corps des nouveaux nés n'y changeait strictement rien
autrement dit dans cet arrêt il y'a prescription de l'action publique et donc pas de poursuite
pénale possible, elle a renvoyé l'affaire devant la cour d'appel

• la cour d'appel de renvoi a rendu une décision différente. L'assemblée plénière de la cdc a du
se prononcer arrêt 7 nov 2014 et elle a rejeté l'analyse de la chambre criminelle en
consacrant un nouveau principe de droit totalement inédit autour du concept de la
suspension de l'action publique.
Elle nous dit qu'en matière criminelle, le délit de prescription est suspendu dès lors qu'un
obstacle insurmontable rend les poursuites impossibles.

On a un nouveau principe de suspension du point de départ de prescription.

Interruption de la prescription de l'action publique


= c'est les mêmes effets qu'en droit civil càd l'anéantissement du délai déjà écoulé et la remise à 0
du compteur mais les causes d'interruption de la prescription de l'action publique sont elles propres
au droit pénal
le délai de prescription de l'action publique est interrompu par tout acte de poursuite ou par tout acte
d'instruction.

Qu'est ce qu'un acte de poursuite ? C'est par exemple une citation en justice ou un réquisitoire afin
d'informer

Qu'est ce qu'un acte d'instruction ? C'est par exemple l'interrogatoire du mis en examen ou encore
l'audition d'un témoin
Le pb ou l'avantage, dans un souci d'efficacité répressive, la jurisprudence a considérablement élargi
la notion d'acte de poursuite ou la notion d'acte d'instruction démontrant ainsi là encore son hostilité
à l'institution qu'est la prescription de l'action publique.
2 ex : 2 grandes affaires
• affaire Emile Louis, affaire des disparus de L'Yonne. Lettre de procureur adressé à la dass :
acte constitutif de l'interruption de l'action publique
• affaire Grégory de 1981 tous les 9 ans et 6 mois le juge d'instruction fait un acte et relance
la procédure pour 10ans
et c'est vrai pour toutes les grandes affaires non élucidées

2) cause d’extinction de l'action publique : décès du délinquant


Le décès du délinquant éteint l'action publique quel que soit le moment où intervient le décès avant
le déclenchement des poursuites pénales ou après la mise en mouvement de l'action publique.
Il faut que le décès intervienne avant une décision définitive mais l'action civile n'est pas éteinte par
l'action du délinquant.

3) l'amnistie
Selon l'article 133-9 du CP, l'amnistie efface les condamnations prononcées et c'est donc une
institution par laquelle le pouvoir législatif fait disparaître rétroactivement le caractère délictueux
d'une infraction
Quand il y'a une amnistie, il ne faut pas croire que les faits qui ont été commis sont sensés n'avoir
jamais eu lieu.
Les faits ont bel et bien eu lieu mais c'est le caractère d'infraction pénale des faits qui disparaît par
l'amnistie.
Donc le fait dommageable reste une faute même s'il est sensé n'avoir jamais été une infraction
pénale donc l'ouverture d'une action civile reste possible mais seulement devant le juge civil.
Seul le législateur peut décider d'une amnistie
L'amnistie éteint immédiatement l'action publique pour tous les faits visés dans la loi d'amnistie et
antérieurs à la date fixée par la loi d'amnistie.
Les faits extinctifs d'amnistie est d'ordre public càd que le tribunal est obligé d'appliquer la loi
d'amnistie d'office et la personne poursuivie si elle n'a pas encore été jugée ne peut pas refuser le
bénéfice de la loi d'amnistie

4) la transaction
le principe c'est que la transaction n'est pas possible en droit pénal puisque l'action publique est
d'ordre public mais dans certaines matières notamment tout ce qui concerne les infractions fiscales
ou les infractions douanières la loi dispose qu'une transaction peut mettre fin aux poursuites pénales
parce que dans ces domaines la répression pénale est fortement liée à la réparation du préjudice qui
avaient subi les finances de l'Etat.

la composition pénale
Elle constitue aussi une forme de transaction. Elle aussi éteint l'action publique.

5) le retrait de la plainte
le retrait de la plainte de la victime n'est pas une cause d'extinction de l'action publique sauf si la
plainte de la victime est une condition nécessaire à la poursuite, c'est le cas pour tous les délits qui
concernent des atteintes à la vie privée
6) l'abrogation de la loi pénale
La décision QPC du 4 mai 2012 a abrogé l'article 222-33 du CP qui réprimait le harcèlement sexuel.
Pour les affaires en cours, extinction de l'action publique.
Par faveur pour les victimes, le ministre de la justice a fait une circulaire en précisant que les faits
constituaient néanmoins une faute au sens du droit civil 1382 du cc et par faveur pour les victimes
les tribunaux qui étaient saisis de l'action pénale devaient rester compétents pour accorder les DI
aux victimes càd sur l'action civile.

B) Les causes d'extinction propre à l'action civile

1) la prescription de l'action civile

Le droit de la prescription en droit civil a été modifié en 2008 et donc l'article 10 du CPP a du être
réecrit pour tenir compte des modifications de droit civil. Aujourd'hui cet article 10 dispose que
lorsque l'action civile est exercée devant une juridiction répressive, elle se prescrit selon les règles
de l'action publique et lorsqu'elle est exercée devant une juridiction civile, elle se prescrit selon les
règles du code civil.
En matière civile, le délai de prescription est de 10 ans.
Ce délai sera rapporté à 20 ans en cas de préjudice causé par des tortures ou des actes de barbarie,
en cas de violence ou d'agressions sexuelles commises sur un mineur.

2) les autres causes d'extinction de l'action civile

Toutes les autres causes d'extinction en droit civil peut s'appliquer en droit civil sans qu'il y'ait
d'incident sur l'action publique.
C'est le cas par ex du paiement effectué par le débiteur qui est aussi l'auteur de l'infraction, c'est le
cas par exemple pour la transaction qui intervient entre le créancier et le débiteur, le créancier était
la victime de l'infraction et c'est le cas aussi lorsqu'il y'a renonciation totale ou partielle du créancier
à sa créance.

Chapitre 2 : Les parties au procès pénal

Dans un procès pénal, il y'a toujours au minimum 2 parties, le ministère public qui est le demandeur
à l'action publique et qui exerce l'action publique au nom de la société et en face on a la personne
poursuivie qui sera le défendeur à l'action.
Quelle est la différence entre le défendeur et le défenseur ? Le défenseur c'est l'avocat du défendeur.
Dans le procès pénal il est possible que d'autres parties se joignent à la cause notamment lorsque
l'action civile sera jointe à l'action publique
Dans ce cas nous aurons en plus la victime qui est la partie civile au procès pénal et puis parfois on
a aussi les personnes civilement responsables de la personne poursuivie notamment les parents
lorsque l'auteur de l'infraction est mineur.

Section 1 : La personne pénalement poursuivie

Paragraphe 1 : Définitions
Les personnes poursuivies portent des noms différents en fonction du stade de la procédure où elles
se trouvent

Devant le tribunal de police, devant le tribunal correctionnel, devant le juge des enfants ou devant le
tribunal pour enfants la personne poursuivie se nomme le prévenu qu'il soit auteur ou complice de
l'infraction.
Il n'y a jamais de prévenu devant la cour d'assises, on parle de l'accusé.
Lorsqu'il y'a une instruction menée par un juge d'instruction, à partir du moment où la personne
poursuivie a été mise en examen par le juge d'instruction
l'inculpé n'existe plus en France.
A contrario lorsqu'on entend parler d'un mise en examen, il y'a une instruction en cours.

Parfois l'auteur de l'infraction n'a pas été arrêté, et parfois il n'a même pas été identifié on ne sait
même pas de qui il s'agit dans ce cas les personnes pénales peuvent ne pas être engagées et elles
sont engagées par des poursuites contre x.
et l'engagement de poursuite pénale contre x interrompt le cours de l'action publique.
Il y'a un moment où il faudra identifier x car un tribunal ne peut pas condamner ni même convoquer
une personne indéterminée.
Parfois c'est très rare mais l'auteur des faits est arrêté mais on ne peut pas l'identifier. Dans ce cas, il
pourra être condamné même si on ne sait pas qui il est, il faut simplement savoir que le jugement de
condamnation précise que x s'appelle ou se présente comme un tel.
Parfois également on identifie l'auteur des faits mais l'auteur des faits ne se présente pas devant la
juridiction de jugement ça n'empêche pas qu'il soit néanmoins jugé par défaut.

Paragraphe 2 : le passé judiciaire de la personne poursuivie

Parfois on dit que le droit pénal est un droit rancunier, cette formule s'illustre par le fait qu'il est
nécessaire qu'il existe des traces très précises des condamnations déjà prononcées ou même tout
simplement du passé judiciaire de la personne qui est poursuivie tout simplement parce que quand
le juge pénal prononce une sanction la gravité de la sanction doit tenir compte de 2 éléments.
– les faits et leur gravité et leur mode opératoire
– la personnalité de l'auteur des faits
Le casier judiciaire sert à tout ça, c'est une vieille institution qui fait l'objet de réformes.
On créé 2 nouveaux fichiers visant à avoir une maitrise, la plus parfaite possible de certains aspects
de la vie d'un certain nb de personnes.

Tout a commencé par une loi du 4 janvier 1980 qui a informatisé le casier judiciaire et qui dans le
même temps prévoit des garanties pour protéger les droits et les garanties des individus qui sont
fichés.
La loi du 16 décembre 1992 tire les conséquences de la mise en place par le nouveau code pénal de
la responsabilité pénale des personnes morales et elle créé donc un casier judiciaire pour les
personnes morales aussi.
La loi Perben II a créé un bureau national automatisé des procédures judiciaires ( bcp plus large que
condamnation pénale ) et la loi du 12 décembre 2005 pose le principe que les condamnations
prononcées par les juridictions d'un état membre de l'Union doivent être prises en compte dans les
autres pays de l'Union et aussi doivent être prises en compte en ce qui concerne la récidive.

Le casier judiciaire comporte un certain nombre de fiches et de bulletins que l'on appelle le B1, le
B2 et le B3.
La règle est la suivante, les bulletins sont la reproduction plus ou moins expurgée des fiches qui se
trouvent dans le casier.

1) les fiches
une fiche est dressée chaque fois qu'un individu fait l'objet d'une condamnation qui donne lieu à une
inscription par le greffe du tribunal qui a prononcé la condamnation et qui est envoyée au greffe du
tribunal du lieu de naissance de la personne
On trouve sur la fiche toutes les condamnations pénales prononcées pour crime, délit ou
contravention de 5è classe quelle que soit la juridiction qui a prononcé la condamnation avec ou
sans sursis.
On trouve également sur les fiches les mesures de sûreté prononcées par les juridictions pour
mineurs
On trouve sur les fiches disciplinaires prononcées par l'autorité judiciaire ou par une autorité
administrative lorsqu'elles entraînent ou lorsqu'elles édictent des incapacités.
On trouve sur les fiches les jugements déclaratifs de faillite ou de règlement judiciaire.
On trouve encore sur les fiches la déchéance de l'autorité parentale ou bien le retrait des droits et on
trouve encore sur les fiches les arrêtés d'expulsion pris contre les étrangers.

Certains événements entraînent de plein droit la suppression de la fiche c'est le cas en cas de décès,
en cas d'amnistie, ou en cas de révision du procès pénal.
A l'inverse certains événements autorisent le juge dans sa décision de condamnation pour favoriser
le reclassement du délinquant à demander le retrait de la fiche.

2) les bulletins
Ils vont comptabiliser les condamnations portées sur les fiches.
C'est donc une véritable radiographie du passé de l'intéressé qui est porté à la connaissance de la
justice mais aussi de certaines autorités et même de l'intéressé sous une forme plus ou moins
expurgée selon les personnes.

Le bulletin n°1 c'est le relevé intégral des fiches du casier judiciaire. Pour cette raison il n'est délivré
qu'aux autorités judiciaires càd les magistrats du parquet, et le juge d'instruction.
S'il n'y a pas de fiche dans le casier, le bulletin n°1 comporte la mention néant.

Le bulletin n°2 est un relevé moins complet des fiches qui n'est délivré qu'à certaines autorités
judiciaires, qu'à certaines autorités administratives et à certains administratifs publics ou semi
publics. On ne trouve pas sur le B2 les condamnations pour contravention de 5è classe, les
condamnations prononcées avec sursis après l'expiration du délai des preuves, les condamnations
prononcées contre les mineurs et éventuellement les condamnations prononcées contre les jeunes
adultes du 18 à 25 ans si la juridiction de jugement l'a précisée par une décision spécialement
motivée.

Le bulletin n°3 est exclusivement délivré au titulaire du casier judiciaire qui peut ensuite le
communiquer à des tiers. C'est un relevé très expurgé des fiches afin de ne pas entraver la
réadaptation du condamné.
On ne trouve sur le B3 que les condamnations à des peines privatives de liberté prononcées pour
des crimes ou délits par des juridictions françaises dont la durée est sup à 2 ans ou dont la
juridiction aura mentionné la mention au B3

3) les fichiers spéciaux

– créé par la Loi verveine 2 et concerne les auteurs d'infractions sexuelles, elle a créé un
fichier national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles, ce fichier est une application
particulière des informations nominatives qui apparaissent dans le casier judiciaire.
Par ailleurs pour faciliter l'identification de ce type de délinquance, ce fichier spécial est plus
rigoureux que le fichier national général parce qu'on trouve dans ce fichier les personnes qui
ont bénéficié d'un non-lieu, d'une relaxe ou d'un acquittement. On trouve également les
décisions non définitives et pareillement on trouve dans ce fichier les personnes qui ont
bénéficié d'une amnistie ou d'une réhabilitation.
La loi verveine 2 a créé un bureau d'ordre national automatisé, des procédures judiciaires et
ce fichier n'est pas destiné à être la mémoire des peines qui ont été prononcées mais la
mémoire des plaintes et des dénonciations officielles qui ont été reçues soit par les plaintes
des procureurs de la République soit par les juges d'instruction. Toutes les informations
contenues dans ce fichier sont conservées pendant 10 années. Les personnes qui figurent
dans ce fichier sont présumées innocentes
– La loi Lopsi du 14 mars 2011 a profondément remanié les dispositions du code de procédure
pénale pour ce qui concerne les fichiers de polices judiciaires. 2 nouveaux chapitres sont
apparus dans le Cpp notamment pour ce qui concerne les fichiers des antécédents judiciaires
càd un fichier qui va rassembler toutes les données relatives aux antécédents judiciaires
d'une personne. Aujourd'hui on a un fichier unique le fichier de traitement d'antécedent
judiciaire c'est le TAJ et ce TAJ remplace le STIC ( système de traitement des infractions
constatées) et le système judiciaire de documentation et d'exploitation ( JUDEX)
Les forces de polices abandonnent petit à petit le STIC et JUDEX pour le TAJ

Section 2 : Le ministère public

Le ministère public c'est le demandeur à l'action publique, c'est lui qui a le rôle le plus important
tout au long de la procédure pénale et c'est lui qui bénéficie d'un statut particulier au sein de la
magistrature qui n'est pas sans causer de difficultés Pour ce qui concerne le contrôle de la GAV et
qui fait que la France est régulièrement par la CEDH.

A) le rôle du ministère public

En matière civile, le ministère public n'intervient que de façon rarissime en tant que partie
principale alors que c'est toujours systématiquement à ce titre c'est à dire en tant que partie
principale qu'il sera présent dans toutes les affaires répressives. Chronologiquement et donc au
début de n'importe quel processus qui entraînera un aspect pénal le ministère public fait rechercher
et constater les infractions par les services que l'on met à sa disposition pour cela à savoir la police
judiciaire.
Une fois que le ministère public a déclenché l'action publique ou si cette action publique a été
déclenchée par la victime dans ce cas le ministère public exercera l'action publique ça veut dire qu'il
va requérir l'application de la loi, il va demander au juge à ce qu'on applique la loi. On dit que le
ministère public soutient les intérêts de la société offensée aussi bien pendant la phase de
l'instruction quand il y'en a une que dans la phase de jugement.
Et c'est pour cela que le ministère public est représenté auprès de toutes les juridictions.
Le ministère public prend des réquisitions et si nécessaire il exerce les voies de recours contre les
décisions rendues par les juridictions.
Chronologiquement il appartient au ministère public de faire exécuter la décision rendue par le juge
donc si c'est une décision de condamnation lorsqu'elle est définitive c'est à lui qu'il appartient de la
faire exécuter.
Le ministère public intervient dans tous les secteurs de l'activité répressive, il est omniprésent.

B) La composition du ministère public

C'est un corps de magistrats professionnels qui sont recrutés de la même façon que les magistrats du
siège. Les magistrats qui font partie du ministère public sont parfois appelés magistrats debout
parce qu'ils se lèvent lorsqu'ils prennent la parole devant le tribunal
Les magistrats du ministère public sont aussi appelés les magistrats du parquet.
Souvent on emploie le mot parquet pour désigner l'ensemble des magistrats du ministère public près
d'un tribunal ou d'une cour. On dit par exemple le parquet de Nancy ou le parquet de Metz.
Il faut savoir qu'après de chaque tribunal de grande instance, le ministère public est composé d'un
ou plusieurs membres en fonction de la taille du tribunal chargé de représenter la société auprès de
cette juridiction
Dans chaque TGI on a un procureur de la République qui sera assisté ou pas d'un ou plusieurs
substituts du procureur de la République.
Dans les tribunaux très importants, on peut trouver aussi un ou plusieurs procureurs de la
République adjoints et on peut aussi trouver des premiers substituts.
Tous ces magistrats forment le parquet du tribunal correctionnel.

Auprès de chaque cour d'appel, la société est représentée par un procureur général assisté d'un ou
plusieurs avocats généraux et un ou plusieurs substituts du procureur général que l'on appelle
parfois les substituts généraux.
Tout cela forme le parquet général.

Ministre = garde des sceaux

Procureur général
avocats généraux (=/ Avocats de la défense) → parquet général cour d'appel ou cour de
cassation
substituts procureur

Procureur de la République (1)


1er substituts du procureur → parquet tribunal correctionnel
substituts procureur de la République

En qui concerne la cour d'assises, le ministère public devant la cour d'assises sera un membre du
parquet général ou un membre du parquet du TGI : du parquet correctionnel mais c'est très souvent
un membre du parquet général qui est devant la cour d'assises. → magistrats expérimentés

On a un procureur général près la cour de cassation, c'est donc le plus haut grade en France dans la
magistrature du ministère public qui est assisté par un premier avocat général c'est donc le numéro 2
dans la hiérarchie puis on a un certain nombre d'avocats généraux.

Devant le tribunal de police, le principe c'est que les fonctions du ministère public peuvent être
remplies par un membre du parquet du tribunal correctionnel.
Pour ce qui concerne les contraventions des 4 premières classes donc les moins graves c'est le
commissaire de police de la ville où siège le tribunal qui représente le ministère public.
La présence du procureur de la République n'est obligatoire que pour les contraventions de 5è
classe.

Devant les juridictions pour mineurs, les fonctions du ministère public sont exercées par un membre
du parquet correctionnel

devant la cour d'assises des mineurs, juridiction non permanente aussi, le parquet général désigne
l'un de ses membres pour exercer les fonctions du ministère public.
C) Les caractéres du ministère public

a) L'unité du ministère public

Ou encore l'indivisibilité du ministère public


Chaque membre du parquet représente valablement et intégralement le ministère public de son
échelon ça veut dire que les différents membres d'un même parquet peuvent se remplacer les uns,
les autres pour remplir la tâche du ministère public au cours d'une même affaire.
A l'inverse les magistrats du siège et plus précisément ceux de la juridiction de jugement ne
bénéficient pas de ce principe et doivent par exemple assister à toutes les audiences des affaires
qu'ils jugent.

b) La hiérarchie du ministère public

Les membres du ministère public sont hiérarchisés d'abord à l'intérieur d'un même parquet où ils
doivent se conformer aux ordres de leurs chefs et donc le chef du parquet correctionnel c'est le
procureur de la République, il n'y en a qu'un par parquet et le chef du parquet général c'est le
procureur général, il n'y en a qu'un par parquet.
L'ensemble du parquet du tribunal correctionnel par l'intermédiaire de son chef est subordonné au
procureur général ou à ceux qui agissent au nom du procureur général.
Le procureur général peut donner des ordres à tous les parquets correctionnels qui fonctionnent dans
le ressort de sa cour d'appel.

Les parquets généraux sont soumis à l'autorité hiérarchique du ministre de la justice càd le garde
des sceaux.
DEPUIS la loi du 26 juillet 2013, qui a modifié l'article 30 du CPP, le garde des sceaux ne peut
donner aucune instruction dans les affaires individuelles c'est à dire aucune instruction écrite.
Avant cette loi, le garde des sceaux pouvait donner l'ordre de poursuivre une personne individuelle
et donc aujourd'hui ce n'est plus le cas.
Le procureur général peut enjoindre les procureurs de la République de son ressort d'engager des
poursuites et ces instructions doivent être écrites.

L'injonction de poursuivre ne veut pas dire pouvoir de substitution donc si le procureur de la


République reçoit l'ordre du procureur général de poursuivre telle ou telle personne et qu'il ne le fait
pas le procureur général ne peut pas se substituer au procureur de la République récalcitrant et
engager des poursuites à la place du procureur de la République récalcitrant.
La seule possibilité pour le procureur général face au procureur de la République qui n'obéit pas
c'est qu'un substitut du procureur en dessous du procureur de la République récalcitrant engage les
poursuites et désobéisse à son supérieur hiérarchique direct.

LE PRINCIPE de l'indivisibilité du ministère public implique que les poursuites engagées par
n'importe quel membre du parquet engage le parquet dans son entier.
Le ministère public dispose de sa liberté à l'audience au moment où il prend ses réquisitions
autrement dit les réquisitions orales du ministère public peuvent être contraires à ces réquisitions
écrites. La plume est serve mais la parole est libre.

Les membres du parquet appartiennent à un corps hiérarchisé, ils doivent exécuter les ordres de leur
supérieur, ils ne bénéficient pas de l'inamovibilité comme les magistrats du siège donc
théoriquement les magistrats du parquet qui n'exécutent pas les ordres qui ont été reçus s'exposent à
des sanctions disciplinaires qui peuvent aller jusqu'à la révocation.
Il faut donc retenir que les membres du ministère public sont amovibles et révocables.
c) irresponsabilité du ministère public

le ministère public n'est pas une partie ordinaire au procès pénal, s'il succombe dans sa demande il
ne sera pas comme les autres demandeurs par ex dans le procès civil il ne sera pas condamné à des
DI ou au payement des frais de justice
Les magistrats qui composent le ministère public sont comme tous les magistrats de l'ordre
judiciaire responsables uniquement de leurs fautes perso.

D) Le ministère public : une autorité judiciaire ?

Le ministère public intervient au quotidien dans la GAV. La GAV c'est une privation de liberté pour
une personne présumée innocente. Or notre CPP prévoit que c'est le ministère public qui contrôle la
GAV autrement dit c'est lui qui décide qui on met en GAV et quand la GAV cesse.
C'est lui qui décide du placement, du prolongement et de la fin de la GAV. Il fait rechercher les
auteurs des infractions.
Autrement dit son intérêt à lui lorsqu'il a trouvé qqn qui pourrait être l'auteur de l'infraction, son
intérêt est de placer la personne en GAV et de la garder plus longtemps possible.

Le ministère public dépend du gouvernement.


La réponse à cette question varie en fonction des juridictions.

Le Conseil constitutionnel estime que oui, décision du 11 août 1993 et il a réaffirmé avec force dans
la décision de juillet 2010
Le ministère public a passé avec succès le test de la constitutionnalité
Il a échoué 3 fois au test de la conventionnalité, autrement dit la CEDH ne partage pas l'avis du
conseil constitutionnel.

Article 5 paragraphe 3 de la convention de la CEDH PAR COEUR


« Toute personne arrêtée ou détenue doit être aussitôt traduite devant un juge ou un autre magistrat
habilité par la loi à exercer les fonctions judiciaires »
Une fois que la GAV est terminée, soit il y'a une suite, soit pas de poursuite, soit on défère devant
un juge.
Est ce que ce aussitôt comprend le délai de la gav ?

Dans l'arrêt BROGAN du 29 nov 1988, la CEDH nous dit que aussitôt c'est 4 jours et 6h
Au delà de 4jours et 6h et s'il n'y a pas une autorité judiciaire, il y'a violation de l'article 5
paragraphe 3

1) les arrêts CEDH Medvedvey Contre France

Il s'agissait d'un cargo qui s'appelle le winner qui battait pavillon cambodgien qui se trouvait au
large du Cap vert et à cet endroit on avait un navire militaire français qui a eu qq informations
concernant ce cargo à savoir qu'il pouvait y avoir un certain stock de cocaine, LE NAVIRE français
arrête le cargo constate le trafic de stup et à partir de là ce sont les autorités françaises qui sont
compétentes.
A partir du moment où les membres de l'équipage ont été arrêtés par le navire français, le cargo a
mis 13 jours pour arriver à Brest, une fois que les militaires sont arrivés à Brest ils ont été placés en
GAV pdt 8h et ils ont été immédiatement présentés à un juge d'instruction.
Ils ont fait recours à la CEDH qu'ils ont été arrêts 13j

arrêt 10 juillet 2008 : dans cet arrêt on lit dans la motivation des magistrats qui « force est de
constater que le MP n'est pas une autorité judiciaire » parce qu'il n'est pas indépendant à l'égard de
l'exécutif et parce qu'il n'est pas indépendant à l' égard des parties car le MP est la partie
poursuivante
La CEDH semble dire que notre procédure d'enquête en France serait donc contraire aux exigences
européennes.
La CEDH dans cet arrêt s'est contenté de condamner la France non pas pour violation de l'article 5
paragraphe 3 mais pour violation de l'article 5 paragraphe 1 tout simplement parce que nous
n'avions pas de loi pour garder les marins sur le cargo pendant 13 jours.
Les services du ministère de la justice au lendemain de cet arrêt disent qu'ils vont régler le pb et ils
vont créer une loi

La grande chambre de la CEDH s'est prononcée une seconde fois arrêt du 29 mars 2010 : il
confirme la condamnation de la France pour violation de l'article 5 paragraphe 1 mais qui nous dit
qd même dans sa motivation : le MP en France n'est pas une autorité judiciaire car il n'est ni
indépendant à l' égard du gouvernement ni indépendant à l'égard des parties. Et plus fort encore
dans cet arrêt, on nous dit que si la procédure qui s'est déroulée en France est valable c'est parce
qu'un juge d'instruction est intervenue 8h après le délai de la GAV.
Et à cette époque on en est toujours à vouloir supprimer le juge d'instruction.

Le gouvernement a réagi en ce qui concerne la piraterie et a fait la loi du 5 janvier 2011 qui fixe les
règles pour qu'on puisse arraisonner les bateaux du trafic de stup, sur le plan du MP l'affaire
rebondit lorsque le CC le 30 juillet 2010 dans sa décision QPC de la GAV nous dit que l'autorité
judiciaire comprend à la fois les magistrats du siège et les magistrats du parquet. Ça veut dire que le
CC ne s'incline pas alors que la CEDH dit clairement qu'il y'a un pb avec les autorités judiciaires.
Cette décision du CC est importante car le CC explique qu'on a un grd pb de GAV en France et qu'il
va falloir réformer le tout.
On ouvre le chantier de la GAV mais en même temps le CC dit qu'on a pas de pb d'autorité
judiciaire.

2) CEDH Moulins c/ France

C'est un arrêt du 23 novembre 2010, on est en plein sur le débat sur la réforme de la GAV et la
France est condamnée pour violation de l'article 5 paragraphe 3.
Moulins est une avocate et elle est à Toulouse, elle est arrêtée en plein tribunal pour trafic de stup et
elle est placée en GAV à Toulouse sur commission dérogatoires d'un juge d'instruction orléanais, le
procureur de Toulouse contrôle sa GAV pendant 48h puis on l'emmène à Orléans et ça prend un peu
de temps, elle arrive à Orléans 5j après son arrestation.
Pendant les 5j elle n'a vu que le procureur de Toulouse, elle n'a donc pas vu d'autorité judiciaire, le
premier magistrat qu'elle a vu c'est le juge orléanais 5j après son arrestation → violation de l'article
5 paragraphe 3
La CEDH nous dit que le procureur ne remplissait pas les garanties d'indépendance exigées par la
jurisprudence pour être qualifié de juge ou d'autre magistrat habilité par la loi à exercer des
fonctions judiciaires.
La cour nous dit aussi que les garanties d'indépendance à l'égard de l'exécutif et à l'égard des parties
exclut que le procureur puisse agir par la suite contre le requérant dans la procédure pénale.

La chambre criminelle de la Cdc opère un revirement de jurisprudence dans un arrêt du 15


décembre 2010, elle se rallie à la position de la CEDH qui n'est pas celle du CC en recopiant mot
pour mot la motivation de la CEDH , elle nous dit alors qu'elle avait la jurisprudence inverse jusqu'à
lors, « le ministère public n'est pas une autorité judiciaire car il ne présente pas les garanties
d'indépendance et d'impartialité requises par l'article 5 paragraphe 3 et qu'il est partie poursuivante »
Côté législateur et côté réforme de la GAV on ne fait rien pour 2 raisons
– on a pas envie de toucher au statut du procureur en France
– on a pas de pb de contrôle de GAV par le procureur en France pour la simple et bonne raison
que le procureur ne contrôle la GAV que pendant les 48 premières heures et que le aussitôt
c'est 4j et 6h donc on ne risque pas d'être condamné donc on ne fait rien.

c) CEDH Vassis c/ France


27 JUIN 2013
Cargo le Junéor trafic de stup à l'autre bout du monde, il a fallu le ramener en France ça a duré 18j.
Quand l'équipage est arrivé en France, 48h de GAV contrôlé par le procureur de la République
puis 48h contrôlé par le JLD qui lui est une autorité judiciaire.
La France a été condamné pour violation de l'article 5 § 3 c'est doublement intéressant puisqu'on
aurait pu être condamné pour violation de l'article 5 § 1
→ violation de l'article 5 §3 à l'unanimité des juges de la Cour et aussi violation alors même que
nous sommes sur une GAV de 48h surveillée par la procureur.

LA cour nous dit que sa jurisprudence autour du délai de l'article 5 § 3 n'a pas vocation à permettre
des actes d'enquête supp puisque les circonstances de fait de l'espèce à savoir 18jours bloqués sur le
bateau auraient permis aux autorités françaises d'organiser immédiatement une GAV sous le
contrôle d'un magistrat indépendant et impartial.
Ça veut dire que les autorités judiciaires françaises savaient très bien à l'avance quand les marins
allaient arriver et donc organiser une GAV à l'arrivée des marins sans magistrat indépendant et
impartial c'est abusé. La CEDH est en train d'évoluer sur ce délai, il n'est pas absolu, ce n'est pas un
droit pour le législateur français
il va falloir modifier les règles qui concernent notre GAV au min pour prévoir une présentation
immédiaite à un JLD quand la GAV succède à une privation de liberté.