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N° d’ordre 2007-ISAL-0005 Année 2007

Thèse

Modélisation dynamique du confort thermique


dans les bâtiments naturellement ventilés

Présentée devant

L’Institut des Sciences Appliquées de Lyon

Pour obtenir
Le grade de docteur

Ecole doctorale : MEGA


Spécialité : Génie Civil

Par

Bassam MOUJALLED

Soutenance prévue le 19 janvier 2007 devant la Commission d’examen

Jury MM

MOURTADA Adel Rapporteur (professeur à l’université Libanaise)


SANTAMOURIS Matheos Rapporteur (professeur à l’université d’Athènes)
BRUANT Marc Examinateur (Docteur - Ingénieur)
ROUX Jean-Jacques Président (professeur à l’INSA de Lyon)
GUARRACINO Gérard Directeur (Professeur à l’ENTPE)
CANTIN Richard Directeur (Chercheur enseignant à l’ENTPE)

Cette thèse a été préparée au Laboratoire des Sciences de l’Habitat de l’Ecole Nationale des Tavaux
Publics de l’Etat, Département Génie Civil et Bâtiment (DGCB), URA CNRS 1652
2006
SIGLE ECOLE DOCTORALE NOM ET COORDONNEES DU RESPONSABLE

CHIMIE DE LYON Denis SINOU


Université Claude Bernard Lyon 1
Lab Synthèse Asymétrique UMR UCB/CNRS 5622
Bât 308
Responsable : M. Denis SINOU 2ème étage
43 bd du 11 novembre 1918
69622 VILLEURBANNE Cedex
Insa : R. GOURDON Tél : 04.72.44.81.83 Fax : 04 78 89 89 14
sinou@univ-lyon1.fr
ELECTRONIQUE, M. Daniel BARBIER
ELECTROTECHNIQUE, INSA DE LYON
E.E.A.
AUTOMATIQUE Laboratoire Physique de la Matière
Bâtiment Blaise Pascal
69621 VILLEURBANNE Cedex
Tél : 04.72.43.64.43 Fax 04 72 43 60 82
M. Daniel BARBIER Daniel.Barbier@insa-lyon.fr
EVOLUTION, ECOSYSTEME, M. Jean-Pierre FLANDROIS
MICROBIOLOGIE, MODELISATION UMR 5558 Biométrie et Biologie Evolutive
E2M2
http://biomserv.univ-lyon1.fr/E2M2 Equipe Dynamique des Populations Bactériennes
Faculté de Médecine Lyon-Sud Laboratoire de Bactériologie BP
1269600 OULLINS
M. Jean-Pierre FLANDROIS
Tél : 04.78.86.31.50 Fax 04 72 43 13 88
Insa : S. GRENIER
E2m2∂biomserv.univ-lyon1.fr
INFORMATIQUE ET INFORMATION M. Lionel BRUNIE
POUR LA SOCIETE INSA DE LYON
EDIIS
http://www.insa-lyon.fr/ediis EDIIS
Bâtiment Blaise Pascal
69621 VILLEURBANNE Cedex
M. Lionel BRUNIE
Tél : 04.72.43.60.55 Fax 04 72 43 60 71
ediis@insa-lyon.fr
INTERDISCIPLINAIRE SCIENCES- M. Alain Jean COZZONE
SANTE IBCP (UCBL1)
EDISS
http://www.ibcp.fr/ediss 7 passage du Vercors
69367 LYON Cedex 07
Tél : 04.72.72.26.75 Fax : 04 72 72 26 01
M. Alain Jean COZZONE
cozzone@ibcp.fr
Insa : M. LAGARDE
MATERIAUX DE LYON M. Jacques JOSEPH
http://www.ec-lyon.fr/sites/edml Ecole Centrale de Lyon
Bât F7 Lab. Sciences et Techniques des Matériaux et des Surfaces
36 Avenue Guy de Collongue BP 163
M. Jacques JOSEPH
69131 ECULLY Cedex
Tél : 04.72.18.62.51 Fax 04 72 18 60 90
Insa : J. M. PELLETIER Jacques.Joseph@ec-lyon.fr
MATHEMATIQUES ET M. Franck WAGNER
INFORMATIQUE FONDAMENTALE Université Claude Bernard Lyon1
Math IF
http://www.ens-lyon.fr/MathIS Institut Girard Desargues
UMR 5028 MATHEMATIQUES
Bâtiment Doyen Jean Braconnier
M. Franck WAGNER
Bureau 101 Bis, 1er étage
69622 VILLEURBANNE Cedex
Insa : G. BAYADA Tél : 04.72.43.27.86 Fax : 04 72 43 16 87
Franck.wagner@univ-lyon1.fr
MECANIQUE, ENERGETIQUE, GENIE M. François SIDOROFF
CIVIL, ACOUSTIQUE Ecole Centrale de Lyon
MEGA
http://www.lmfa.ec- Lab. Tribologie et Dynamique des Systêmes Bât G8
lyon.fr/autres/MEGA/index.html 36 avenue Guy de Collongue
BP 163
69131 ECULLY Cedex
M. François SIDOROFF
Tél :04.72.18.62.14 Fax : 04 72 18 65 37
Francois.Sidoroff@ec-lyon.fr
Insa : G. DALMAZ
SCIENCES DES SOCIETES, DE Mme Claude-Isabelle BRELOT
L’ENVIRONNEMENT ET DU DROIT Université Lyon 2
SSED
86 rue Pasteur
69365 LYON Cedex 07
Mme Claude-Isabelle BRELOT
Tél : 04.78.69.72.76 Fax : 04.37.28.04.48
Claude-isabelle.brelot@univ-lyon2.fr
Insa : J.Y. TOUSSAINT
Avant propos

Je tiens à remercier vivement Gérard GUARRACINO, directeur du Département


Génie Civil et Bâtiment, de m’avoir accueilli au sein du Laboratoire des Sciences de l’Habitat
qu’il dirigeait quand j’ai commencé mes travaux de recherche. Je le remercie pour avoir suivi
et dirigé ce travail. Son regard critique et son soutien ont été particulièrement appréciés,
notamment dans la dernière ligne droite, décisive.

Je tiens tout particulièrement à remercier Richard CANTIN, enseignant chercheur à


l’ENTPE, qui a également dirigé ces travaux de recherche. Il m’a apporté une grande aide par
son savoir et son esprit rigoureux en m’orientant vers les bonnes pistes quand il le fallait pour
me faire avancer.

J’exprime toute ma gratitude à M. SANTAMOURIS, Professeur à l’Université


d’Athènes, ainsi qu’à M. MOURTADA, Professeur à l’Université Libanaise, pour avoir
accepté d’être rapporteur de ces travaux et pour l’honneur qu’ils me font en participant au
jury.

Mes remerciements s’adresse également à M. ROUX, professeur à l’Institut


Nationale des Sciences Appliquées de Lyon, ainsi qu’à M. BRUANT, docteur ingénieur au
Centre d’Etudes Techniques de l’Equipement de la méditerranée, pour avoir accepter de
prendre part au jury.

Je pense aussi à tous ceux qui m’ont aidé pendant les campagnes de mesures en
facilitant l’accueil dans les bâtiments enquêtés notamment Anne VOELTZEL, Véronique
RICHALET et Jean GUARRACINO, sans oublier Roland PETIT JEAN mon compagnon de
mesures.

Je ne pourrais finir sans remercier toute l’équipe de LASH avec laquelle j’ai eu la
chance de travailler dans une ambiance réellement motivante et toujours sympathique.
Résumé

Avec les besoins actuels d’économie d’énergie et de maîtrise des impacts


environnementaux du bâtiment, certains doutes se posent sur la définition du confort
thermique et la façon de créer et maintenir les conditions de confort. En effet, les normes
actuelles considèrent le confort thermique sous une approche analytique, réductrice de la
complexité du réel. Les études in situ du confort thermique ont permis de constater une
surestimation du niveau de l’inconfort perçu en réalité par rapport à celui prévu par ces
normes surtout dans les bâtiments naturellement ventilés pendant les périodes chaudes. Ces
études ont servi à mettre les bases de l’approche adaptative, qui caractérise le confort
thermique à travers les interactions adaptatives entre l’occupant et son environnement.
L’utilisation des normes peut conduire à un recours systémique à la climatisation alors que
l’approche adaptative permet d’assurer le confort thermique avec des consommations
d’énergie plus modestes.
Nous nous intéressons dans ce travail à l’aspect adaptatif du confort thermique en
complément à l’aspect analytique dont l’ensemble permet d’avoir une vision globale du
confort thermique dans les bâtiments. En partant d’une étude bibliographique sur les
approches existantes, nous avons conduit une étude expérimentale in situ dans huit bâtiments
pour explorer de plus près le confort adaptatif et caractériser l’interaction entre l’occupant et
le bâtiment. Ensuite en adoptant une démarche systémique, nous avons développé un modèle
dynamique sur le confort thermique qui permet d’intégrer les différents mécanismes
dynamiques identifiés dans la bibliographie et par l’expérimentation. Ce modèle, que nous
avons appelé AdOCC, permet de déterminer l’état thermique de l’occupant à partir du modèle
dynamique à deux noeuds de Gagge et d’en déduire le comportement de l’occupant et ses
actions adaptatives selon les caractéristiques du bâtiment et la saison. Le modèle a été intégré
dans l’outil de simulation dynamique TRNSYS. Cela nous a permis d’évaluer le modèle
AdOCC en confrontant les simulations réalisées avec deux bureaux tirés de l’expérimentation
vis à vis les résultats de mesures.
L’application du modèle au cas des bâtiments de bureaux naturellement ventilés
nous a permis de déterminer les conditions qui permettent d’établir le confort thermique avec
des ressources énergétiques limitées, en utilisant un ventilateur local ou la ventilation
nocturne, selon l’inertie du local, l’orientation, les protections solaires, et le climat
L’utilisation du ventilateur correspond à une consommation de l’ordre de 10 Wh/m²/jour et la
ventilation nocturne 30 Wh/m²/jour. Ces valeurs sont négligeables devant les consommations
de climatisation qui peuvent être 10 fois plus importantes.
Abstract

Actual standards of thermal comfort in buildings are based on static models that
don’t account for the complexity of comfort and the interaction between occupants and their
living places at work or at home. These standards are acceptable for air conditioned (AC)
buildings, but they are unreliable for the case of naturally ventilated (NV) buildings. Field
studies conducted in both type of buildings have shown that occupants of NV buildings accept
and prefer a significantly wider range of temperatures compared to occupants of AC
buildings. The results of these field studies have contributed to develop the adaptive approach
of thermal comfort in buildings. This approach focuses on the ability of people to adapt to
their thermal environments in NV buildings that afford them greater degrees of control over
thermal conditions. Such an approach has the advantage to be more comprehensive and
realistic. It allows more variable indoor temperatures that cycle or drift in response to the
natural swings of the outdoor and indoor climate. Its application would result in energy saving
in buildings.
In this work we focus on the adaptive approach of thermal comfort by combining
features of both the static and adaptive theories in a way that enables a global approach of the
thermal comfort in buildings as in the real world. In the first step we have conducted a
bibliographical study on the existing theories and approaches of thermal comfort and which
has led us to carry a field study on thermal comfort in eight office buildings in order to
characterize interactions between occupant and building in real conditions. Afterwards we
have adopted the systemic approach to develop a dynamic model on thermal comfort by
integrating the dynamic mechanisms identified in the bibliography and the field study. This
model, that we have named AdOCC, determines the thermal state of the occupant using the
two nodes dynamic model of Gagge. From the occupant thermal state the model can
determine the adaptive behaviour of the occupant and the possible actions taken by the
occupants from the list of available actions in the building. AdOCC has been integrated in the
dynamic simulation tool ‘TRNSYS’ and has been evaluated by comparing the results of the
simulation of two offices picked from the field study with the result of measurements.
By applying this model to the case of a naturally ventilated office building we have
found the conditions where thermal comfort can be achieved with limited energy
consumptions using local fan or night ventilation upon the thermal inertia, the orientation, the
solar protection and the climate. The local fan typically consumes 10 Wh/m²/day and the
night ventilation 30 Wh/m²/day. These values are very small when compared to the AC
system consumptions that can be 10 times greater.
Sommaire

Nomenclature _____________________________________________________________ 15

Introduction générale_______________________________________________________ 17

Chapitre I : État de l’art des approches du confort thermique ______________________ 21

1.1 L’interdisciplinarité du confort thermique _____________________________________ 23

1.2 L’aspect physiologique : la thermorégulation ___________________________________ 24


1.2.1 La thermorégulation végétative__________________________________________________ 24
1.2.2 La thermorégulation comportementale ____________________________________________ 27

1.3 L’aspect physique : les échanges de chaleur_____________________________________ 27


1.3.1 Le bilan thermique ___________________________________________________________ 28
1.3.2 L’influence des vêtements______________________________________________________ 35

1.4 L’aspect psychologique : sensation et confort thermique __________________________ 36


1.4.1 La sensation thermique ________________________________________________________ 36
1.4.2 Le confort thermique__________________________________________________________ 38

1.5 Les modèles du confort thermique ____________________________________________ 40


1.5.1 Les indices environnementaux simples ____________________________________________ 40
1.5.2 Les modèles analytiques _______________________________________________________ 41
1.5.3 L’influence des différences interindividuelles ______________________________________ 47

1.6 L’approche adaptative du confort thermique ___________________________________ 48


1.6.1 Le confort thermique in situ ____________________________________________________ 48
1.6.2 Le confort thermique et l’adaptation ______________________________________________ 49
1.6.3 L’adaptation : principe et mécanismes ____________________________________________ 50
1.6.4 L’opportunité adaptative - contraintes et restrictions _________________________________ 53
1.6.5 Les modèles adaptatifs ________________________________________________________ 55

1.7 Le confort thermique dans les normes _________________________________________ 61

1.8 Conclusion ________________________________________________________________ 64

Chapitre II : Investigation sur les ambiances thermiques in situ ____________________ 65

2.1 Etude expérimentale ________________________________________________________ 67


2.1.1 Les enquêtes in situ ___________________________________________________________ 67
2.1.2 Description de la méthodologie utilisée ___________________________________________ 69
2.1.3 Présentation des bâtiments sélectionnés ___________________________________________ 74

2.2 Préparation des données_____________________________________________________ 77


2.2.1 Les données physiques et subjectives _____________________________________________ 77
2.2.2 Les indices de confort _________________________________________________________ 77

2.3 Analyse de l’environnement intérieur__________________________________________ 78


2.3.1 Quantification de l’ambiance par les mesures physiques ______________________________ 78
2.3.2 Évaluation de l’environnement intérieur par les occupants_____________________________ 80
2.3.3 Comparaison par rapport aux exigences des normes__________________________________ 82

2.4 Etude des interactions entre les échelles de vote et l’ambiance thermique ____________ 83
2.4.1 Les relations entre les échelles du confort thermique _________________________________ 84
2.4.2 Relations entre les votes du confort et les paramètres thermiques _______________________ 86

2.5 Étude comparative avec les indices du confort thermique _________________________ 89


2.5.1 Comparaison avec les indices analytiques _________________________________________ 89
2.5.2 Comparaison avec les indices adaptatifs ___________________________________________ 91

2.6 Paramètres non thermiques influençant le confort thermique______________________ 93


2.6.1 Le contrôle individuel _________________________________________________________ 94
2.6.2 Les ajustements personnels _____________________________________________________ 98
2.6.3 Les caractéristiques des bâtiments ______________________________________________ 100

2.7 Comparaison avec la base de données SCATs __________________________________ 101

2.8 Conclusion _______________________________________________________________ 102

Chapitre III : Modélisation dynamique du confort thermique______________________ 103

3.1 Investigation systémique du confort thermique _________________________________ 105


3.1.1 La complexité du confort thermique _____________________________________________ 105
3.1.2 La lecture systémique du confort thermique _______________________________________ 106
3.1.3 Interactions : les mécanismes adaptatifs __________________________________________ 108

3.2 La modélisation dynamique du confort thermique ______________________________ 109


3.2.1 L’analyse causale du confort thermique __________________________________________ 109
3.2.2 Définition des éléments composant ‘AdOCC’ _____________________________________ 114

3.3 Intégration de AdOCC dans un outil simulation ________________________________ 122


3.3.1 Le choix de l’outil de simulation________________________________________________ 122
3.3.2 Description des composants utilisés dans TRNSYS _________________________________ 123
3.3.3 Schéma global des interactions dans TRNSYS_____________________________________ 135

3.4 Conclusion _______________________________________________________________ 136

Chapitre IV : Evaluation de AdOCC par les simulations__________________________ 139

4.1 Confrontation avec l’expérimentation ________________________________________ 141


4.1.1 Données d’entrée____________________________________________________________ 141
4.1.2 Présentation des simulations ___________________________________________________ 143
4.1.3 Résultats des simulations _____________________________________________________ 145

4.2 L’influence des ajustements comportementaux _________________________________ 149

4.3 Application : Caractérisation énergétique du confort d’été dans un bureau naturellement


ventilé 150
4.3.1 Etude paramétrique sur les éléments de conception influant sur le confort d’été ___________ 151
4.3.2 Présentation des simulations ___________________________________________________ 151
4.3.3 Résultats des simulations _____________________________________________________ 152

4.4 Conclusion _______________________________________________________________ 168

Conclusion générale_______________________________________________________ 169

Bibliographie ____________________________________________________________ 175

Liste des illustrations ______________________________________________________ 187

Annexe A________________________________________________________________ 195

Annexe B________________________________________________________________ 203

Annexe C________________________________________________________________ 229

Annexe D _______________________________________________________________ 289

Annexe E________________________________________________________________ 301


Nomenclature

1. Nomenclature
C = Flux de chaleur échangé par convection, W/m² W/m²
C = à la surface de peau
Cres = par convection respiratoire
cp = Chaleur spécifique, kJ/(kg.K) kJ /(kg.K)
cp,b = chaleur spécifique du corps [3.49 kJ/(kg.K)]
cp,cr = chaleur spécifique du noyau corporel [3.49 kJ/(kg.K)]
cp,sk = chaleur spécifique de la peau [3.49 kJ/(kg.K)]
cp,bl = chaleur spécifique du sang [4.19 kJ/(kg.K)]
DISC = Indice d’inconfort thermique, [ ] []
DR = Gêne par courant d’air, % %
E = Flux de chaleur latente échangé par évaporation, W/m² W/m²
Edif = par diffusion à travers la peau
Emax = maximum possible
Eres = par évaporation respiratoire
Esw = due à la sudation régulatrice
Eres,req = requis pour le confort
Esk = totale à la surface de la peau
ET* = Température effective, °C °C
fcl = Facteur d’habillement, [ ] []
feff = Facteur effectif de surface rayonnante
h = Coefficient d’échange de chaleur sensible, W/(m².K) W/(m².K)
h = totale à la surface
hc = par convection à la surface
hr = par rayonnement à la surface
he = Coefficient d’échange de chaleur par évaporation, W/(m².kPa) W/(m².kPa)
HR = Humidité relative, % %
i = Indice de perméabilité à la vapeur d’eau, [ ]
ia = couche d’air
icl = vêtment
im = total
I = Isolement thermique, clo 1
Ia = de la couche d’air à la surface cutanée nue
Ia,cl = de la couche d’air à la surface des vêtements
Icl = des vêtements
Icls = des vêtements standard pour une activité donnée
It = total
iv = Indice de vitrage, [ ] []
K = Flux de chaleur échangé par conduction, W/m² W/m²
k = Conductivité tissulaire, W/(m².K) [5.28 W/(m².K)] W/(m².K)
M = Production de chaleur interne (taux de métabolisme), W/m² ou Met 2
MB = métabolisme basal
Mp = composante posturale
MW = composante d’activité
MM = composante de déplacement du corps en fonction de la
vitesse
Mshiv = production de chaleur interne par frisson
mbl = Débit sanguin périphérique, kg/(s.m²) kg/(s.m²)
msw = Débit de sudation régulatrice générée, kg/(s.m²)
pa = Pression de vapeur d’eau, kPa kPa
pa = dans l’air ambiant
pexp = dans l’air expiré
psk,s = saturée à tsk
PMV = Vote moyen prévisible, [] []
PMV* = Vote moyen prévisible calculé à partir de ET*, [] []
PPD = Pourcentage des personnes insatisfaites, % %
Q = Flux de chaleur échangé par le corps humain, W/m² W/m²

1
1clo = 0.155 W/(m².K). Si l’isolement vestimentaire est exprimé en W/(m².K), il sera noté par R au lieu de I.
2
1Met = 58 W/m²

15
Qres = Flux de chaleur échangé par voie respiratoire
Qsk = Flux de chaleur échangé à la surface cutanée
Qdry = Flux de chaleur sensible échangé à la surface cutanée
Qevap = Flux de chaleur latente échangé à la surface cutanée
R = Flux de chaleur échangé par rayonnement, W/m² W/m²
Re = Résistance à l’évaporation, (m².kPa)/W (m².kPa)/W
Re,cl = vêtement
Re,t = total
S = Taux de chaleur stocké, W/m² W/m²
Scr = Taux de chaleur stocké à l’intérieur du corps
Ssk = Taux de chaleur dans la peau
SET = Température effective standard, °C °C
t = Température, °C °C
ta = air ambiant
tb = moyenne du corps
tcl = à la surface externe du vêtement
tconf = de confort
tcr = interne (corps)
texp = air expiré
text = air ambiant extérieur
text,j = moyenne journalière
tg = globe
tmrt = moyenne de rayonnement
tneut = de neutralité thermique
trm = moyenne mobile exponentielle
to = opérative
tsk = cutanée
tsk,req = requise pour le confort
T = Température absolue, K K
TSENS = Indice de sensation thermique, [] []
Tu = Intensité locale de turbulence, % %
Va = Vitesse de l’air, m/s m/s
W = Energie utilisée par le travail externe, W/m² W/m²
Wcr = Masse du noyau corporel, kg kg
Wsk = Masse de la peau, kg kg

α = Fraction de la masse corporelle concentrée dans la peau, [] []


σ = Constante de Stefan-Boltzmann, W/(m².K4) W/(m².K4)
ε = Emissivité, [] []
ρ = Densité, kg/m3 Kg/m3
θ = Temps, s s
ω = Mouillure cutanée

Abrévations
AT = Vote d’acceptabilité thermique mesuré sur une échelle de 1 à 4 (1 = très
inacceptable, 2 = inacceptable, 3 = légèrement inacceptable, 4 = acceptable)
PT = Vote de préférence thermique (-3 = beaucoup plus froid, -2 = plus froid, -1 = un
peu plus froid, 0 = sans changement, 1 = un peu plus chaud, 2 = plus chaud, 3 =
beaucoup plus chaud)
ST = Vote de sensation thermique (-3 = très froid, -2 = froid, -1 = légèrement froid, 0
= neutre, 1 = légèrement chaud, 2 = chaud, 3 = très chaud)
ACS = Norme américaine sur le confort adaptatif
ACA = Algorithme de contrôle adaptatif
SCATs = Smart Controls and thermal comfort
IGH = Immeuble à grande hauteur
GES = Gaz à effet de serre
NV = Bâtiment naturellement ventilé
CL = Bâtiment climatisé

16
Introduction générale

2. Introduction générale
Ce qui différencie la situation où se trouve l’architecture moderne au niveau du
problème énergétique, de l’architecture de n’importe quelle époque est non seulement la
diminution de la disponibilité des ressources énergétiques mais plutôt l’exigence d’un confort
thermique et ambiant devenu de masse seulement depuis le XIXe siècle [Campajola, 1989].
La période 1946-1975 a été une période marquante pour l’essor du confort thermique dans les
bâtiments, période durant laquelle certains freins et autres obstacles à l’extension du confort
vont être levés, lui permettant de devenir un véritable enjeu, tant économique que social. Le
développement des techniques a joué un rôle très important pour améliorer le confort. Cette
période est caractérisée par l’essor et le développement des machines thermiques [Collard,
2001].
Actuellement, le confort thermique constitue une demande reconnue et justifiée
dans les bâtiments du fait de son impact sur la qualité des ambiances intérieures, la santé et la
productivité de l’occupant passant les trois quarts de son temps à l’intérieur. Cette demande
est soutenue par des normes et des règlementations qui permettent d’assurer la conformité des
ambiances intérieures aux exigences du confort thermique. Or, la recherche des ambiances
thermiques intérieures uniformes et confortables, conformément aux normes, tout au long de
l’année et sans tenir compte des particularités du climat, du site, des bâtiments…est
accompagnée par une multiplication des installations climatiques, entraînant ainsi des fortes
consommations d’énergie, d’origine fossile essentiellement, épuisable et polluante.
Au cours des trente dernières années, la consommation d’énergie finale en France
n’a cessé de progresser dans le secteur résidentiel tertiaire, toujours en tête des autres secteurs
[voir annexe A]. En 2004, ce secteur représentait 43.5% de la consommation nationale
d’énergie finale. De surcroît, il était responsable de plus de 20% des émissions des GES. Le
chauffage constitue le principal usage de cette énergie dans les bâtiments. La climatisation
marque aussi une évolution progressive depuis plusieurs années notamment après la canicule
en été 2003 avec une plus grande occurrence des étés chauds suite au réchauffement
climatique accéléré par l’accroissement des rejets de gaz à effet de serre.
Avec l’intérêt grandissant pour le développement durable et la lutte contre le
changement climatique, il devient pressant de réduire les dépenses énergétiques dans les
bâtiments afin de parvenir à respecter les exigences de réduction des émissions de GES dans
le cadre du protocole de Kyoto. Ainsi, l’Europe a adopté en 2002 la directive 2002/91/CE qui
porte sur la performance énergétique des bâtiments [Europa, 2006]. Cette directive vise à
améliorer la performance énergétique des bâtiments au sein de la communauté en prenant en
considération le climat et le site au même degré que les exigences de confort et de qualité
d’ambiance intérieure et la rentabilité.

17
Introduction générale

Le besoin urgent d’économie d’énergie ne doit pas pour autant compromettre la


qualité des ambiances thermiques intérieures. Cela nécessite une nouvelle vision sur le
confort thermique considéré actuellement sous une approche analytique dans les normes.
L’approche analytique apporte une vision réductrice du confort thermique basée sur les
mécanismes physiques et physiologiques. Les études expérimentales réalisées in situ ont
permis de constater une divergence entre la réalité et les prévisions des normes qui
surestiment le niveau d’inconfort dans les bâtiments naturellement ventilés pendant les
périodes chaudes. En été, les conditions thermiques dans ces bâtiments sont dynamiques et
varient avec les changements dans l’environnement extérieur contrairement à l’hiver où elles
restent stables du fait de l’utilisation du chauffage. Les normes actuelles restreignent les
conditions thermiques dans des intervalles étroits et précisés pour l’hiver et pour l’été
indépendamment du type du bâtiment et du climat. De telles mesures risquent de favoriser le
recours systématique à la climatisation.
Par ailleurs l’ensemble des études réalisées dans les bâtiments naturellement
ventilés affirme l’acceptabilité et la préférence des occupants pour des conditions thermiques
au-delà des recommandations normatives [Brager, 2004]. Ces bâtiments offrent généralement
à ses occupants une marge importante de contrôle individuel et laissent l’opportunité à chacun
d’eux de créer les conditions qui lui conviennent. Comme les bâtiments naturellement ventilés
consomment moins de la moitié de l’énergie utilisée dans ceux climatisés [Nicol, 2004],
l’utilisation des normes actuelles du confort thermique va impliquer des dépenses
énergétiques inutiles en été et compromettre les efforts engagés pour réduire les
consommations d’énergie et les émissions de GES. En outre les bâtiments climatisés
nécessitent un entretien régulier qui n’est pas toujours assuré et résulte par des plaintes plus
fréquentes concernant la qualité des ambiances intérieures [Leyten, 2006].
Les études in situ ont permis de développer une nouvelle approche, l’approche
adaptative, qui caractérise le confort thermique à travers les interactions adaptatives entre
l’occupant et son environnement. Cette approche adaptative a été, de 1997 à 2000, le sujet du
projet de recherche européen ‘SCATs’ qui a laissé entrevoir l’existence d’une réduction
potentielle de la consommation énergétique des bâtiments en gardant le même niveau de
confort.
Ce travail de recherche s’inscrit dans le cadre des efforts menés pour maîtriser les
impacts environnementaux du bâtiment tout en assurant une qualité des ambiances intérieures
satisfaisantes. Il consiste à explorer l’approche adaptative du confort thermique pour
développer un modèle en dynamique des systèmes intégrant la complexité du confort
thermique et contribuant à une meilleure prise en compte des interactions physiques,
physiologiques et comportementales entre l’occupant et le bâtiment. L’utilisation de ce
modèle doit permettre une représentation réelle du confort thermique en conditions
dynamiques notamment dans les bâtiments naturellement ventilés en été. Le modèle doit
permettre aussi de caractériser les consommations d’énergie selon les niveaux de confort.

18
Introduction générale

Pour atteindre notre objectif, nous avons mis en œuvre une démarche
méthodologique adaptée à la nature multidisciplinaire du confort thermique illustrée sur la
figure ci-dessous. Une étude bibliographique va nous permettre en premier temps d’identifier
les différents mécanismes mis en jeu ainsi que les différentes approches concernant le confort
thermique dans les bâtiments. Il est aussi nécessaire de caractériser les multiples interactions
en conditions réelles. Cette caractérisation conduit à mener une étude expérimentale in situ
qui va permettre en même temps d’évaluer les modèles et les normes existants. En s’appuyant
sur les résultats de la bibliographie et l’expérimentation, la modélisation systémique du
confort thermique permettra la caractérisation des éléments constitutifs d’un système
dynamique intégrant l’occupant dans son environnement bâti. De cette phase de modélisation
débouchera un modèle opératoire permettant la prise en compte des différents mécanismes du
confort thermique. Ce modèle peut être intégré dans un outil de simulation dynamique et
permettra grâce aux simulations une caractérisation énergétique du confort thermique à
travers les comportements de l’occupant.

Etude Evaluations des Expérimentation


bibliographique approches actuelles in situ

Modélisation en
dynamique des
systèmes

Développement du
modèle AdOCC

Intégration dans TRNSYS

Caractérisation Evaluation
énergétique du Simulations du modèle
confort thermique AdOCC

L’illustration de la démarche méthodologique de notre étude.

Ainsi ce travail se compose de quatre chapitres organisés de la façon suivante.


Dans le premier chapitre nous analysons les connaissances existantes en matière de
confort thermique. Ceci nous conduit à effectuer un état de l’art qui permet de présenter les
variables et leurs interactions dans les différentes approches actuelles, et de caractériser les
ressources et les besoins de l’être humain en terme de confort thermique. Les différents
mécanismes mis en jeu sont détaillés et précisés afin de cerner le rôle des différents
paramètres et caractéristiques physiques, physiologiques et psychologiques dans la perception
thermique par l’homme de son environnement. Cette analyse permettra la mise en œuvre des
phases suivantes du travail de recherche.

19
Introduction générale

Le deuxième chapitre est consacré à l’exploration du confort adaptatif à travers une


étude expérimentale in situ que nous avons conduit dans huit bâtiments. Nous présentons en
première partie la méthodologie utilisée dans l’étude expérimentale ainsi que les bâtiments
enquêtés. Nous passons ensuite à l’analyse des résultats de l’expérimentation. Les résultats
sont comparés d’abord avec les recommandations et les prévisions des normes et des modèles
existants sur le confort thermique. Nous analysons aussi les interactions entre les différentes
variables mesurées et les indices de confort thermique. Nous étudions enfin l’influence des
paramètres non thermiques notamment le comportement des occupants et le contrôle
individuel.
Dans le troisième chapitre nous développons un modèle dynamique sur le confort
thermique qui permet de prendre en compte les interactions adaptatives entre l’occupant et
son environnement en adoptant une démarche systémique qui fait appel aux méthodes et aux
algorithmes de la dynamique des systèmes complexes afin d’intégrer les différents
mécanismes dynamiques. Nous présentons d’abord les concepts généraux de l’approche
systémique pour montrer sa pertinence pour notre étude. Nous passons ensuite au
développement du modèle en trois étapes. La première étape consiste à identifier la structure
générale du modèle à travers une analyse causale. La deuxième étape consiste à formaliser les
relations identifiées par l’analyse causale. Dans la dernière étape nous procédons à intégrer le
modèle dans l’outil de simulation dynamique TRNSYS.
Dans le quatrième et dernier chapitre nous étudions différentes configurations des
locaux afin de pouvoir en déduire une caractérisation énergétique du confort thermique. Nous
commençons d’abord par évaluer le modèle développé en le comparant aux résultats de deux
locaux choisis de l’expérimentation. Nous passons ensuite à l’étude des conditions thermiques
dans un bureau naturellement ventilé avant de finir par la caractérisation énergétique du
confort d’été dans les locaux à utilisation de bureaux.

20
1 État de l’art des approches du
confort thermique

1. Chapitre I : État de l’art des approches du confort


thermique

Introduction

Dans ce chapitre nous analysons les connaissances existantes en matière de


confort thermique. Ceci nous conduit à effectuer un état de l’art qui permet de
présenter les variables et leurs interactions dans les différentes approches
actuelles, et de caractériser les ressources et les besoins de l’être humain en
terme de confort thermique. Les différents mécanismes mis en jeu sont
détaillés et précisés afin de cerner le rôle des différents paramètres et
caractéristiques physiques, physiologiques et psychologiques dans la
perception thermique par l’homme de son environnement. Cette analyse
permettra la mise en œuvre des phases suivantes du travail de recherche.
Les approches du confort thermique

1.1 L’interdisciplinarité du confort thermique


Dans les milieux bâtis, le confort thermique constitue une exigence essentielle à
laquelle le concepteur doit apporter les réponses nécessaires. La définition du confort
thermique est ainsi d’une grande importance pour le bâtiment afin de lui permettre d’atteindre
ses objectifs de fonctionnalité tout en justifiant, à tord ou à raison, l’installation des
équipements d’ambiance (chauffage, ventilation et climatisation).
Exposé à un environnement thermique, le corps humain réagit par une interaction
dynamique mobilisant un ensemble de réactions rétroactives, volontaires et involontaires, qui
permettent de contrôler les échanges thermiques avec cet environnement afin de satisfaire les
exigences de l’homéothermie. Selon l’intensité des échanges thermiques et des réactions mis
en jeu dans un environnement donné, le corps peut éprouver une sensation de neutralité
thermique, de tiédeur ou de fraîcheur. Il peut avoir chaud ou froid dans des conditions
extrêmes qui peuvent le plonger dans une hyperthermie ou hypothermie lors d’une exposition
prolongée mettant en péril sa vie. La sensation thermique ainsi générée donne ou non
naissance à l’inconfort. Si la zone sensorielle de ni chaud – ni froid permet, pour la majorité
des personnes, de garantir l’absence d’inconfort thermique marqué, elle ne peut prétendre
garantir le confort [Candas, 1998].
L’environnement thermique est caractérisé par quatre grandeurs physiques (la
température de l’air, la température de rayonnement, l’humidité et la vitesse de l’air). Ces
variables réagissent avec l’activité et la vêture du corps humain pour établir son état
thermique et constituent ensemble les six paramètres de base des échanges thermiques entre
l’homme et son environnement. Mais au delà de ces variables, la perception thermique d’un
environnement peut être influencée par des variables physiologiques, psychologiques et
sociologiques ; l’acclimatation peut altérer les sensations thermiques, ainsi que les
comportements, l’accoutumance et les attentes des occupants dans leurs cadres de vie.
L’étude du confort thermique doit être menée en considérant ses différents aspects
physiques, physiologiques et psychologiques pour prendre en compte les interrelations entre
les conditions thermiques de l’environnement, les réponses physiologiques, et les phénomènes
psychologiques (sensation, comportement) [Parsons, 2003]. L’approche physique du confort
thermique représente l’homme comme une machine thermique et considère les interactions
avec l’environnement en termes d’échanges de chaleur. L’approche physiologique s’intéresse
aux mécanismes d’autorégulation mis en jeu dans un environnement thermique. L’approche
psychologique se penche sur les phénomènes psychologiques et peut se servir des études
empiriques afin de déterminer les relations entre les grandeurs physiques et physiologiques
(par exemple température d’air, température cutanée) et leurs résultats sensoriel et hédonique
chez l’individu. La réponse de l’individu dans un environnement résulte de l’interaction entre
ces différents mécanismes.

23
Les approches du confort thermique

1.2 L’aspect physiologique : la thermorégulation


Le maintien de la vie au niveau cellulaire, le fonctionnement des différents organes
et l’activité musculaire nécessitent une dépense énergétique permanente, le métabolisme.
Cette énergie dégagée essentiellement sous forme de chaleur se propage de l’intérieur vers
l’extérieur de l’organisme, véhiculé par la conduction tissulaire et surtout par la convection
sanguine. La répartition énergétique et les coefficients locaux d’échange de chaleur font que,
globalement, le noyau central est à une température de l’ordre de 37 °C, alors que la surface
périphérique (peau) est comprise entre 29-30 °C aux pieds et 34-35 °C au niveau de la tête.
Ces températures sont susceptibles de varier, au quotidien, en réponse à des perturbations
internes et externes [ASHRAE, 1997].
La température interne varie essentiellement en fonction de l’activité de l’individu.
Les déplacements et les activités musculaires dégagent de la chaleur dans les muscles ; cette
chaleur est véhiculée par le sang, elle est donc distribuée centralement et modifie la
température interne.
La température externe n’est pas affectée par l’activité métabolique ; elle dépend
exclusivement des variations des paramètres extérieurs (température d’air, ou de
rayonnement, vitesse d’air, vêtement).
L’homme étant homéotherme, il dispose d’un système dynamique de
thermorégulation qui permet de contrôler et réguler les échanges de chaleur interne et externe
du corps humain, dit système régulé passif, afin de maintenir les températures du corps à leurs
valeurs de consigne [Parsons, 2003]. Deux types de thermorégulation peuvent être
distinguées : une thermorégulation physiologique végétative dont le but est de garder la
température interne du corps à l’alentour de 37°C, et une thermorégulation comportementale,
consciente ou inconsciente, qui permettent d’anticiper les changements rapides dans
l’environnement afin de limiter les réactions physiologiques perçues comme désagréables
[Narçon, 2001]. La Figure 1.1 rend compte, de façon simplifiée, du mode de fonctionnement
du système de régulation dans le milieu bâti.

1.2.1 La thermorégulation végétative


Le système de thermorégulation végétative assure la régulation dynamique de la
température du corps humain, système passif régulé, qui est sujet aux échanges de chaleur et
de masse. Les variables contrôlées sont la température interne et la température cutanée. La
température interne est maintenue à une valeur proche de 37 °C, mais elle peut varier entre 36
°C la nuit et 38-39 °C lors de certains efforts prolongés. La température moyenne de peau est
voisine de 34 °C en condition standard. Mais contrairement à la température interne qui varie
peu (2 à 3 °C), les températures cutanées sont sensibles à l’environnement thermique : les
variations de 10 °C sont possibles en fonction des conditions externes [Candas, 1998].

24
Les approches du confort thermique

Le principe de régulation consiste à comparer des signaux en provenance des


capteurs internes et cutanés à des valeurs de référence, et d’ordonner des actions atténuantes
selon les écarts de réglage détectés. Le siège de contrôle est le centre hypothalamique vers
lequel convergent toutes les informations sensorielles qu’il intègre pour déterminer
l’amplitude des commandes à envoyer vers les organes effecteurs. Le système de
thermorégulation peut être décomposé ainsi en trois parties : les thermorécepteurs (capteurs),
le contrôleur et les actionneurs [Candas, 1998, Thellier, 1989].

Régulateur Régulations
technologique technologiques C
Corps humain
O
N
Sensation Confort Régulations T
thermique thermique comportementales R
O
L
Hypo- Régulations E
thalamus autonomes U
R
C
A
P
Sondes Récepteurs Récepteurs
T
d’ambiance cutanés internes
E
U
R

S C
Peau Y O
S N
Environnement Noyau T T
thermique corporel E R
M O
E L
E
Production Echanges A
de chaleur thermiques C
T
Métabolisme Vasomotricité I
Frisson Sudation O
N
Chauffage Actions Ajustement N
Climatisation volontaires de la vêture E
U
R

Flux de chaleur/masse Flux d’information Rétroaction

Figure 1.1 - Principe de la thermorégulation végétative, comportementale et technologique

1.2.1.1 les thermorécepteurs


Des thermorécepteurs ont été identifiés dans la peau et à l’intérieur du corps. Les
thermorécepteurs internes, dits centraux, informent le système de régulation des variations de
la température interne. Les thermorécepteurs cutanées sont des terminaisons nerveuses libres
et couvrent largement la surface de l’épiderme. Deux types de thermorécepteurs sont
distingués : ceux sensibles au chaud et ceux sensibles au froid. Les détecteurs chauds sont
sensibles à des élévations de température de 0.001 °C/s (3.6 °C/h), les détecteurs froids sont

25
Les approches du confort thermique

sensibles à une baisse de 0.004 °C/s (14 °C/h). Dans la peau, les fibres sensibles au froid sont
plus nombreuses et plus superficielles que celles sensibles au chaud [Thélier, 1989].
Les récepteurs stimulés par la température de peau ou sa variation donnent
naissance à des informations dont la fréquence est proportionnelle à la température. Mais ces
récepteurs sont également sensibles à la vitesse de variation de la température : si donc la
température de la peau varie lentement, seule l’information liée à l’aspect statique (niveau
absolu de la température) sera transmise. Au contraire, si la température varie plus rapidement
(grossièrement > 0.02 °C/s), les récepteurs font preuve d’une activité dynamique rendant
l’individu plus rapidement et plus intensément sensible au changement thermique [Narçon,
2001]. En plus, les thermorécepteurs sont capables d’adaptation ; leur activité s’estompe avec
le temps alors que le stimulus perdure. Cela a pour conséquence que la même exposition à un
stimulus donné engendrera des sensations différentes selon la température d’adaptation
initiale.

1.2.1.2 Le contrôleur
Les messages thermosensoriels à l’origine de l’activité des récepteurs informent à la
fois le centre hypothalamique où toutes les informations fusionnent et les aires sensibles
corticales où les spécificités demeurent. Cette convergence des signaux au niveau
hypothalamique explique pourquoi on ne réagit pas physiologiquement, uniquement là où le
stimulus existe, mais globalement. La projection du signal local dans les aires sensibles
explique pourquoi on peut sentir une zone froide ou chaude localement sans pour autant
induire une réponse à caractère globale [Candas, 1998].
L’hypothalamus est divisé en deux zones : une zone antérieure qui assure la défense
contre la chaleur et une zone postérieure qui assure la défense contre le froid [Bruant, 1997].
Si les températures corporelles s’écartent de leurs valeurs de référence, il établit un signal
d’erreur et envoie dans les différentes parties du corps une commande dont l’intensité est
proportionnelle à ce signa. Si le signal d’écart est positif (le corps se réchauffe), il déclenche
les mécanismes de lutte contre la chaleur, et s’il est négatif, (le corps se refroidit) les
mécanismes de lutte contre le froid sont mis en œuvre.

1.2.1.3 Les actionneurs


Plusieurs types d’actions peuvent être mis en jeu pour assurer la régulation de la
température du corps [ASHRAE, 1997].
Face au froid, la vasoconstriction (diminution du diamètre des vaisseaux sanguins)
est mise en œuvre. Elle permet de réduire le débit sanguin vers la peau réduisant ainsi la
température cutanée et par conséquent les échanges thermiques avec le milieu extérieur. Si le
froid persiste, l'organisme accroît sa production de chaleur interne par des contractions
musculaires (les frissons).
Les mêmes types de réactions sont observés face au chaud. Ainsi, face à une
température externe élevée, la vasodilatation est d’abord déclenchée (augmentation du

26
Les approches du confort thermique

diamètre des vaisseaux sanguins). Elle accroît le débit sanguin vers la peau et augmente la
température cutanée favorisant les échanges thermiques avec l'extérieur. Ensuite, le corps
procède à la sudation via les glandes sudorales qui sécrètent de la sueur qui refroidit le corps
par évaporation.
Alors que la vasomotricité peut être déclenchée en même temps que les contractions
musculaires et l’activité des glandes sudorales, ces deux dernières fonctions sont exclusives.

1.2.2 La thermorégulation comportementale


Le système de thermorégulation dispose non seulement d’une régulation végétative,
il peut aussi développer des adaptations comportementales qui peuvent affecter
considérablement les échanges thermiques avec l’environnement ainsi que l’état thermique du
corps humain. Cette thermorégulation comportementale permet de limiter les réactions
physiologiques perçues comme désagréable. Ainsi le corps humain peut anticiper les
changements dans son environnement thermique par des ajustements comportementaux. Les
informations en provenance des différents récepteurs intégrées au niveau cortical, lui
permettent de réagir consciemment et de diriger ses comportements pour lutter efficacement
contre le froid ou la chaleur : il peut réduire ou augmenter les surfaces exposées au milieu
extérieur en changeant sa posture ou sa vêture, il peut contrôler la production de la chaleur en
modifiant son activité physique. Certaines de ses réponses adaptatives peuvent devenir
involontaires à long terme (acclimatation adaptative) [Narçon, 2001].
Complémentaire à l’adaptation comportementale, la régulation technologique est
considéré aussi comme un moyen efficace de thermorégulation à travers la conception des
constructions offrant des environnements internes adaptés à l’occupation humaine.
L’architecture climatique en est un exemple qui a su adapter les constructions aux conditions
climatiques du site pour créer des environnements thermiques favorables à l’occupation.
Nous revenons plus tard sur l’adaptation comportementale dans le paragraphe §1.6
sur le confort adaptatif .

1.3 L’aspect physique : les échanges de chaleur


Le maintien de la température interne du corps humain autour de 37°C nécessite un
équilibre thermique avec son environnement. Pour cela, la chaleur produite à l’intérieur du
corps humain et véhiculée à sa surface cutanée doit être compensée par des déperditions de
chaleur dans l’environnement. Les fluctuations dans les conditions externes et internes
impliquent un état d’équilibre dynamique, l’homéostasie. Si la chaleur produite dans le corps
dépasse celle perdue à l’environnement, le corps se réchauffe et sa température interne s’élève
et dans le cas inverse il se refroidit avec un abaissement de sa température interne.

27
Les approches du confort thermique

Rayonnement
direct Respiration
Rayonnement
infra-rouge

Convection

Evaporation
Vêtements

Métabolisme

Conduction

Figure 1.2 – L’interaction thermique entre le corps humain et son environnement.

1.3.1 Le bilan thermique


La chaleur métabolique produite dans le corps peut être stockée dans celui-ci,
induisant une élévation de la température interne, ou dissipée dans l’environnement à travers
la surface cutanée et par voie respiratoire (figure 1.2). Le bilan thermique du corps s’écrit de
la façon suivante. [ASHRAE, 1997]
M – W = Qsk + Qres + S
= (C + R + K + Esk) + (Cres + Eres) + Ssk + Sc Eq. 1.1
avec
M= taux du métabolisme, W/m²
W= travail externe, W/m²
Qres = flux de chaleur échangé par voie respiratoire, W/m²
Qsk = flux de chaleur échangé à la surface cutanée, W/m²
Cres = flux de chaleur échangé par convection respiratoire, W/m²
Eres = flux de chaleur échangé par évaporation respiratoire, W/m²
C= flux de chaleur sensible échangé par convection à la surface du peau, W/m²
R= flux de chaleur sensible échangé par rayonnement à la surface du peau, W/m²
K= flux de chaleur sensible échangé par conduction à la surface du peau, W/m²
Esk = flux de chaleur latente échangé par évaporation à la surface du peau, W/m²
Scr = taux de chaleur stockée à l’intérieur du corps, W/m²
Ssk = taux de chaleur stockée dans la peau, W/m²

28
Les approches du confort thermique

La chaleur produite par le corps est dissipée dans l’environnement à travers la


surface cutanée et par voie respiratoire sous forme de chaleur sensible et latente. La
convection, le rayonnement et la conduction sont les trois modes d’échange de chaleur
sensible à la surface cutanée, la chaleur latente est reprise par évaporation de la sueur à la
surface de la peau. La ventilation respiratoire dissipe la chaleur du corps par convection
(chaleur sensible) et par évaporation (chaleur latente).
Les flux de chaleur à la surface de la peau sont exprimés en fonction des variables
de l’environnement thermique, de la température cutanée et de la mouillure cutanée. Ils sont
souvent calculés par unité de surface corporelle (elle est prise égale à 1,8 m² pour une
personne standard [Parsons, 2003]). Les variables de l’environnement thermique sont la
température d’air, la température de rayonnement, la vitesse d’air et l’humidité relative.
L’individu est caractérisé par deux variables personnelles : l’activité et la vêture. La vêture est
représentée par l’isolation thermique et la perméabilité à la vapeur des vêtements.
La chaleur stockée dans le corps peut être déterminé à partir du taux
d’augmentation de l’énergie interne. Elle est exprimée en fonction de la capacité thermique et
le taux de changement de la température dans le temps [ASHRAE, 1997].

(1 − α ) mc p ,b dtcr
S cr = Eq. 1.2
AD dθ
α mc p ,b dtsk
S sk = Eq. 1.3
AD dθ
avec
α= fraction de la masse corporelle concentrée dans la peau
m= masse corporelle, kg
cp,b = chaleur spécifique du corps, kJ/kg.K
θ= temps, s

1.3.1.1 La production de chaleur : le métabolisme


La production de l’énergie métabolique, noté M, est le reflet de la vie cellulaire qui
résulte de la consommation d’oxygène et du dégagement du gaz carbonique [Candas, 1998].
Cette énergie est dégagée essentiellement sous forme de chaleur. Une partie du métabolisme
est utilisée par les muscles pour le travail externe, noté W, qui est défini en fonction du
métabolisme par un facteur η, appelé rendement mécanique (W = η.M ; η n’excède pas 20%
et pour les activités classiques de bureau il est pratiquement nul [Parsons, 2003]). La chaleur
métabolique est alors obtenue en déduisant le travail externe W du taux de métabolisme M.
Le métabolisme total M peut être mesuré expérimentalement à partir du volume
d’oxygène consommé. Dans la pratique, il est estimé à partir des tableaux qui donnent le
métabolisme en fonction de la description de l’activité ou la tâche. La puissance métabolique
est donnée par rapport à la surface corporelle. Elle est exprimée souvent en Met, l’unité de
Met est égale à 58.15 W/m² et correspond au métabolisme d’un individu assis au repos.

29
Les approches du confort thermique

La norme ISO 8996 [AFNOR, 1990] propose plusieurs méthodes pour déterminer le
métabolisme. Ces méthodes sont classées en trois niveaux selon le degré de précision. Le
premier niveau correspond à une estimation du métabolisme à partir d’une classification par
types d’activité et par profession. Le deuxième niveau correspond à une estimation par les
composantes d’activité. Au 3ème niveau le métabolisme est déterminé par mesure directe.
Le métabolisme peut être donc estimé en additionnant les différentes composantes
de celui-ci. Il est déterminé analytiquement en additionnant les valeurs suivantes :

M = BM + MP + MW + MM Eq. 1.4
avec
BM = métabolisme basal, W/m²
MP = composante posturale, W/m²
MW = composante d’activité, W/m²
MM = composante de déplacement du corps en fonction de la vitesse, W/m²

Le métabolisme basal est le métabolisme d’une personne couchée au repos dans des
conditions définies. C’est la production de chaleur minimale nécessaire aux fonctions vitales
de l’organisme. Il dépend du poids, de la taille, de l’âge et du sexe [AFNOR, 1990]. Ces
facteurs ont une influence faible. Des valeurs de 44 W/m² (hommes) et 41 W/m² (femmes)
peuvent être utilisées avec une bonne approximation. Ces valeurs sont définies pour une
personne standard (1.7m, 70 kg et 35 ans pour les hommes, et 1.6m, 60 kg et 35 ans pour les
femmes). Les autres composantes du métabolisme sont données dans des tableaux pour les
différentes dispositions.
Enfin, le métabolisme peut être influencé énormément par la thermorégulation. Les
frissons peuvent multiplier sa valeur jusqu’à 4 à 5 fois par rapport à une personne qui ne
frissonne pas [Parsons, 2003]. En plus, la thermorégulation comportementale peut avoir des
effets non négligeables dans les conditions chaudes et froides. Dans les situations chaudes, les
individus peuvent s’adapter en réduisant la vitesse de leurs mouvements, ceci se traduit par
une réduction du métabolisme de près 10 % [Bruant, 1997].

1.3.1.1.1 Les échanges de chaleur cutanées

L’écriture mathématique des transferts de chaleur entre le corps humain et son


environnement est basée sur une approche mixte analytique/empirique. Les bases de la théorie
du transfert de chaleur permettent de décrire les différents mécanismes des échanges de
chaleur sensible et latente, alors que les expressions empiriques sont utilisées pour déterminer
les valeurs des coefficients d’échange de chaleur. Des expressions empiriques sont aussi
utilisées pour décrire les mécanismes de régulation thermophysiologique en fonction de la
température interne et la température cutanée.

30
Les approches du confort thermique

1.3.1.1.2 Les échanges de chaleur sensible

L’échange de chaleur sensible à la surface cutanée passe à travers les vêtements.


Cette échange de chaleur peut être considérée en série : (1) l’échange de chaleur de la surface
cutanée à la surface externe des vêtements à travers l’épaisseur des vêtements, et (2)
l’échange de chaleur de la surface externe des vêtements à l’environnement. L’influence du
vêtement est discutée plus tard (voir §1.3.2).
Les trois modes d’échange de chaleur sensible sont la conduction, la convection et
le rayonnement. Les échanges par conduction sont souvent négligés comme les zones
corporelles concernées sont petites, et quand des parties plus grandes de la surface corporelle
sont en contact avec des éléments de mobilier (chaise, fauteuil, canapé, lit) les tissus en
contact se mettent rapidement en équilibre et se comportent comme un isolant thermique par
rapport à l’ambiance [Candas, 1998]. Les éléments de mobilier sont souvent représentés par
une valeur additionnelle sur l’isolation vestimentaire. McCollough a mesuré les valeurs
d’isolement thermique dû à la chaise. Il a trouvé des valeurs entre 0.1 et 0.3 clo selon le type
de la chaise. L’isolement est d’autant plus important que la surface de contact entre le corps et
la chaise est plus grande [McCollough, 1994].

La convection
La convection correspond aux échanges de chaleur entre le corps et l’air entourant.
Elle dépend de la différence entre la température de l’air et celle de la surface exposée, peau
ou vêtement, en cas de convection naturelle. Si l’air est plus froid, le corps se refroidit par le
mouvement de l’air qui se réchauffe au contact du corps et s’élève pour former un contour de
panache au dessus de la tête avant d’être dissipé dans l’environnement [Nicol, 1993]. Le
mouvement de l’air peut aussi être imposé en cas de convection forcée ou mixte. En plus, il
faut prendre en compte le mouvement relatif de l’air par rapport au corps en cas de certaines
activités (marche, course,…) qui s’ajoute au mouvement effectif de l’air. Quand l’air est plus
chaud que la surface en contact, la convection résulte par un réchauffement du corps.
L’échange convectif dépend de la différence entre la température d’air et celle du
corps, peau ou vêtement, et du mouvement de l’air autour du corps. Il est calculé par
l’expression suivante [ASHRAE, 1997].

C = fcl.hc.(tcl – ta) Eq. 1.5


avec
C= flux de chaleur convectif, W/m²
fcl = facteur d’habillement
hc = coefficient d’échange convectif, W/m².K
tcl = température de la surface externe du vêtement, °C
ta = température d’air, °C

31
Les approches du confort thermique

Le facteur fcl est le rapport de la surface vêtue du corps à la surface corporelle, il est
égal à 1 pour un sujet nu. Le coefficient d’échange convectif hc dépend du mouvement de l’air
effectif autour du corps. Il dépend aussi de la posture et de l’activité. ASHRAE [ASHRAE,
1997] propose plusieurs expressions empiriques pour calculer hc selon différentes
configurations (personne assise, debout, en marche dans un air calme ou en mouvement), avec
les limites d’application exprimées en terme de vitesse d’air.

Le rayonnement
L’échange radiatif est le mode d’échange de chaleur à distance entre deux corps par
ondes électromagnétiques. On distingue deux catégories selon la bande d’émission : les
échanges courtes longueurs d’onde (rayonnement solaire) non pris en compte dans les
bâtiments, et les échanges grandes longueurs d’onde (rayonnement infrarouge) avec les parois
qui entourent le sujet. A la température ambiante (300 K), toutes les surfaces émettent des
radiations principalement dans l’infrarouge dont la puissance est proportionnelle à la
quatrième puissance de la température absolue de la surface. Ainsi, le corps humain émet en
permanence une chaleur radiative liée à sa température cutanée et son émissivité, de même
que les parois qui l’entourent. Le flux radiatif échangé par le corps correspond à la différence
entre le rayonnement émis par celui-ci et le rayonnement reçu de son environnement
[Thellier, 1989]. Si le rayonnement reçu par le corps est supérieur à sa propre émission, le
corps se réchauffe, et se refroidit dans le cas inverse.
Pour simplifier le calcul du flux radiatif, la température moyenne de rayonnement
est utilisée à condition que l’environnement thermique soit homogène. Elle est une moyenne
pondérée des températures de surface des parois du local en fonction de leur émissivité et de
leurs positions relatives par rapport au sujet. En plus, une approximation linéaire est utilisée
pour écrire l’équation du flux radiatif en raison des faibles écarts de température.
L’expression est la suivante [ASHRAE, 1997].

R = f cl .hr .(tcl − tr )
Eq. 1.6
3
⎡ t +t ⎤
hr = 4.ε .σ . f eff . ⎢ 273.2 + cl r ⎥ Eq. 1.7
⎣ 2 ⎦
avec
R= flux de chaleur radiatif, W/m²
fcl = facteur d’habillement
hr = coefficient d’échange radiatif linéarisé, W/m².K
tcl = température de la surface externe du vêtement, °C
tr = température radiante moyenne, °C
ε= émissivité moyenne du corps
σ= constante de Stefan-Bolzmann, 5.67×10-8 W/m²K4
feff = coefficient effectif de surface rayonnante

32
Les approches du confort thermique

Le coefficient feff est le rapport entre la surface du corps qui rayonne et la surface
corporelle totale. Il joue le rôle d’un facteur de forme et dépend de la posture : 0.70 pour une
personne assise et 0.73 pour une personne débout. Quant à l’émissivité, elle est typiquement
proche de l’unité [ASHRAE, 1997].
Dans la plupart des cas, les environnements thermiques dans les bâtiments peuvent
être considérés homogènes dans les zones occupées. Mais si l’environnement radiatif est
fortement hétérogène (large baie vitrée, panneaux rayonnants), la température moyenne de
rayonnement est insuffisante, il faut prendre en compte l’asymétrie de rayonnement.
Les équations du flux convectif (Eq. 1.5) et du flux radiatif (Eq. 1.6) sont souvent
combinées en vue d’exprimer l’échange total de chaleur sensible, par convection et
rayonnement, en termes de la température opérative to et le coefficient d’échange de chaleur
sensible h.

(C + R) = fcl.h.(tcl – to) Eq. 1.8


h t +ht
to = r r c a Eq. 1.9
hr + hc
h = hr+ hc Eq. 1.10
avec
(C+R) = échange de chaleur sensible cutané, W/m²
to = Température opérative, °C
h= coefficient d’échange de chaleur sensible, W/m²K
En considérant le vêtement comme une seule couche à travers laquelle les transferts
de chaleur se font uniquement par conduction entre la peau à température tsk et la surface du
tissu à température tcl, les transferts de chaleur sensible peuvent être écrits de la façon
suivante.

tsk − tcl
(C + R) = Eq. 1.11
Rcl
tsk − to
(C + R) = Eq. 1.12
Rcl + 1/( f cl h)
avec
Rcl = résistance thermique vestimentaire, m².K/W

1.3.1.2 Les échanges de chaleur latente : l’évaporation


L’évaporation est le mode d’échange de chaleur dû au changement d’état de l’eau.
Elle est le moyen essentiel pour évacuer la chaleur dans les ambiances chaudes par
évaporation de la sueur à la surface cutanée. Le système de thermorégulation détermine le
débit de sueur nécessaire pour conserver l’équilibre thermique du corps. Le phénomène
moteur de l’évaporation sur une surface humide est le gradient de pression de vapeur entre la
surface cutanée, l’air environnant et la mouillure cutanée.

33
Les approches du confort thermique

ω ( psk , s − pa )
Esk = Eq. 1.13
Re ,cl + 1/( f cl he )
Avec
Esk = échange de chaleur évaporative cutanée, W/m²
Pa = pression de vapeur d’air, kPa
Psk,s = pression de vapeur à la surface de la peau, kPa (considérée saturée)
Re,cl = résistance vestimentaire à l’évaporation, m².kPa/W (similaire à Rcl)
he = coefficient d’échange de chaleur par évaporation W/m².kPa (similaire à h)
ω= mouillure cutanée

Le coefficient d’évaporation he peut être calculé à partir du coefficient d’échange


convectif hc moyennant la relation de Lewis (he/hc = LR, où LR est le « Lewis ratio », il est
approximativement 16,5 °C/kPa pour des conditions intérieures typiques). [ASHRAE, 1997]
La mouillure cutanée est le rapport entre l’évaporation actuelle Esk et l’évaporation
maximale possible Emax (obtenu en remplaçant ω par 1 dans l’équation 1.13). Elle représente
la fraction équivalente de peau mouillée pour obtenir l’évaporation observée (pour ω=1 la
peau est complètement mouillée) [Thellier, 1989]. La mouillure cutanée dépend de la
production de sueur qui est déterminée par le système de thermorégulation. D’ailleurs elle
n’est jamais nulle, il y a toujours une diffusion de l’eau à travers les cellules cutanées. Il s’agit
de perspiration insensible, elle vaut 6% de l’évaporation maximale.

1.3.1.3 Les échanges de chaleur par respiration


Pendant la respiration, le corps échange de la chaleur sensible et latente, par
convection et évaporation, avec l’air inhalé. A la sortie des poumons, l’air expiré est à une
température proche de la température interne du corps, et il est presque saturé. La respiration
s’accompagne ainsi d’un transfert de chaleur et de masse. Ces échanges dépendent des
différences de température et d’humidité entre l’air expiré et l’air ambiant, et du débit
ventilatoire. L’ASHRAE donne l’équation suivante pour calculer les échanges respiratoires
[ASHRAE, 1997].

Cres + Eres = 0,0014.M.(texp – ta) + 0,0173.M.(Pexp – Pa) Eq. 1.14


avec
Cres = flux de chaleur par convection respiratoire, W/m²
Eres = flux de chaleur par évaporation respiratoire, W/m²
M= production de chaleur métabolique, W/m²
texp = température de l'air expiré, °C (~34 °C)
ta = température de l'air ambiant, °C
Pexp = pression de vapeur d'eau dans l'air expiré, kPa (5,87 kPa à 34°C)
Pa = pression de vapeur d'eau dans l'air, kPa
34
Les approches du confort thermique

1.3.2 L’influence des vêtements


Les vêtements permettent de créer un microclimat sous-vestimental, à travers leurs
résistances thermiques, en modifiant les échanges de chaleur et de masse entre la peau et
l’environnement. Leur rôle essentiel est de maintenir le corps dans des conditions thermiques
acceptables surtout en hiver. Le comportement thermique des vêtements d’une personne en
activité est complexe et dynamique. Les transferts de chaleur à travers les tissus se font par
conduction, et les transferts de masse par diffusion pour la phase vapeur et migration pour la
phase liquide. A la surface extérieure, les échanges se font avec l’environnement par
convection, rayonnement et évaporation. De nombreux facteurs peuvent influencer les
échanges de chaleur et de masse à travers les vêtements. A part leurs résistances thermiques et
leurs résistances à l’évaporation, il peut y avoir un effet tampon par adsorption de l’eau, un
effet de pompage de l’air dû au mouvement du corps ou la pénétration de l’air à travers les
tissus ou les orifices. La nature du tissu, la coupe des vêtements, l’activité et la posture du
sujet influencent aussi les différents modes de transferts [Thellier, 1999].
Pour évaluer leurs propriétés thermiques, un modèle simple du comportement
thermique des vêtements est utilisé afin de quantifier les valeurs des éléments nécessaires
pour le calcul des échanges thermiques entre l’homme et l’environnement, notamment
l’isolement thermique et la résistance à l’évaporation. Le modèle simple considère les
vêtements comme une seule couche à travers laquelle les transferts de chaleur se font
uniquement par conduction entre la peau et la surface du tissu. La tenue vestimentaire est
ainsi représentée par l’isolement thermique intrinsèque du vêtement Icl, en m².°C/W, qui est
l’isolement entre la peau et la surface de vêtement. La définition de l’isolement thermique
d’une tenue vestimentaire inclut également les parties non recouvertes du corps comme la tête
et les mains. Pour cela, il est approprié d’utiliser l’unité clo pour l’expression de l’isolement
thermique (1 clo = 0,155 m².°C/W). L’unité de clo correspond à l’isolement nécessaire au
maintien de la balance thermique de l’homme sédentaire à 21 °C en air calme. Pour tenir
compte de l’accroissement de surface dû aux vêtements, le facteur fcl a été introduit. Il peut
être calculé à partir des valeurs de Icl. L’isolement thermique des vêtements peut être mesuré
expérimentalement sur un mannequin. En pratique, il est estimé à partir de tableaux de valeurs
mesurées sur un mannequin thermique. La norme ISO 9920 permet le calcul de Icl à partir des
valeurs clo des pièces unitaires ou à partir des exemples de tenues citées [AFNOR, 1995]. Le
modèle simple à un seul paramètre, qui est l’isolement thermique, représente une
approximation du comportement thermique des vêtements dans les ambiances modérées où
les conditions sont homogènes et confortables, et les sujets exercent une activité légère
[Parsons, 2003]. Il est souvent utilisé dans la pratique pour la plupart des applications, surtout
dans les bâtiments. Par contre, il présente des limitations comme il ne prend pas en compte le
transfert de masse à travers les vêtements qui joue un rôle important dans le cas de
transpiration pour les sujets en activité intense et/ou dans les ambiances chaudes.

35
Les approches du confort thermique

Rcl Ra Re,cl Re,a

Corps tissu Corps tissu

tc tsk tcl Environnement tc tsk tcl Environnement


Ta, tr, va Pa, Ta, tr, va
Psk Pcl

Figure 1.3 – Les modèles simples du comportement thermique des vêtements. (à gauche le modèle à un seul
paramètre : l’isolement thermique et à droite le modèle à deux paramètres : l’isolement thermique et la
résistance à l’évaporation) [Parsons, 2003]

Un autre modèle simple consiste à prendre en compte séparément les transferts de


chaleur et de masse à travers les vêtements, considérés alors comme deux mécanismes
indépendants (figure 1.3). C’est un modèle à deux paramètres : l’isolement thermique et la
résistance à l’évaporation.
La résistance à l’évaporation d’une tenue vestimentaire peut être mesurée
expérimentalement sur des individus ou des mannequins capables de transpirer. Elle peut
également être calculée en fonction de l’isolement thermique de la pièce vestimentaire et de
ses propriétés de perméabilité à la vapeur d’eau définies par un indice de perméabilité noté im.
Des valeurs typiques pour cet indice sont données dans la norme ISO 9920. Pour la plupart
des vêtements à une ou deux couches de perméabilité usuelle, cet indice peut être fixé à 0,38.
D’autres modèles plus détaillés ont été développés. Ils prennent en compte les
différents phénomènes décrits ci-avant, notamment les effets tampon, de pompage, de la
ventilation [Parsons, 2003].

1.4 L’aspect psychologique : sensation et confort


thermique
L’aspect psychologique concerne la sensation et le comportement de l’individu dans
un environnement thermique. Hensel suggère que l’activité thermosensorielle qui amène à
donner des jugements sensoriels est qualitative, elle dépend de l’expérience sensorielle et ne
peut pas être basée uniquement sur la physique et la physiologie. [Parsons, 2003]

1.4.1 La sensation thermique


La sensation thermique correspond à l'aspect qualitatif (chaud ou froid, localisation)
et quantitatif (intensité) de la perception de l'état thermique personnel. Elle est liée aux
messages sensoriels des différents thermorécepteurs informant l’hypothalamus qui les intègre
en une information globale capable de donner information de l’état thermique de l’individu
[Narçon, 2001]. Néanmoins, il est possible de différencier l’état interne de l’état externe. De

36
Les approches du confort thermique

telle différence existe parce que la perception globale naît de l’aspect sensoriel intégré, alors
que la perception sur l’ambiance se fait par des moyens moins globaux que sont, dans ce cas,
les zones découvertes (mains, tête, pieds, ect.) [Candas, 1998].
Il est important de distinguer la sensation thermique du jugement affectif qui
dépend de l’agrément et la préférence. Par exemple, le retour dans un intérieur chauffé de
quelqu’un qui vient d’être exposé de façon prolongée au froid lui donnera une perception
tiède ou chaude, mais sa sensation thermique sera toujours froide ou fraîche du fait de son
exposition préalable. Ainsi, l’ambiance sera jugée agréable mais pas l’état thermique
personnel. Il apparaît donc important de faire la part entre l’état thermique du sujet qui
l’amène à donner une expression de sa sensation personnelle, l’état thermique de l’ambiance
qui est jugée à travers la perception sensorielle du climat, et le sentiment de confort qui prend
aussi en compte la relation entre le sujet et son environnement [Candas, 1998].
Si la sensation thermique dépend uniquement de l’état thermique personnel
(l’activité des thermorécepteurs) et non pas de l’environnement thermique, la psychophysique
a montré la possibilité d’évaluer la sensation thermique en fonction du stimulus physique telle
que la température. Les différents travaux de recherche ont montré que la sensation du froid
dépend de la température cutanée, et la sensation de la chaleur dépend de la température
cutanée au départ puis de la température interne. Alors que le désagrément dû à la chaleur est
lié à la mouillure cutanée [Parsons, 2003].
Pour évaluer la sensation thermique, différentes échelles ont été développées. Les
plus largement utilisées sont l’échelle de Bedford et l’échelle de l’ASHRAE (Tableau 1.1).
L’échelle de l’ASHRAE est souvent utilisée en affectant à la sensation neutre la valeur zéro
(sensation chaude = +3, sensation froide = -3 et ainsi de suite) [AFNOR, 1995]. L’échelle de
l’ASHRAE est préférée à celle de Bedford qui confond la sensation et l’agrément. Enfin, il est
important de ne pas confondre entre l’équilibre et la neutralité thermique. L’équilibre
thermique du corps humain peut être assuré dans une large zone de conditions d’ambiance
grâce aux mécanismes de thermorégulation, la neutralité thermique correspond en revanche à
une bande plus étroite pour laquelle les phénomènes de thermorégulation décrits
précédemment ne sont pas (ou peu ) mis en jeu.

L’échelle de Bedford L’échelle de l’ASHRAE


7 Très chaud 7 (+3) Très chaud
6 Chaud 6 (+2) Chaud
5 Confortablement chaud 5 (+1) Légèrement chaud
4 Confortable 4 (0) Neutre
3 Confortablement froid 3 (-1) Légèrement froid
2 Froid 2 (-2) Froid
1 Très froid 1 (-3) Très froid

Tableau 1.1– Les échelles de la sensation thermique.

37
Les approches du confort thermique

1.4.2 Le confort thermique


Différentes définitions sont données pour le confort thermique selon que l’être
humain est considéré comme un objet physique, une machine thermique autorégulée, ou une
personne active affectée par ses sensations. Citons par exemple :
- Conditions pour lesquelles les mécanismes d’autorégulation sont à un niveau
d’activité minimale [Givoni, 1978]
- Etat d’esprit qui exprime la satisfaction quant à l’ambiance thermique [ASHRAE,
1997, AFNOR, 1995]

La majorité des définitions renvoie à l’aspect physiologique du confort thermique,


la neutralité thermique, l’absence des tensions ou même l’agrément. L’agrément est souvent
associé à la stimulation qui tend à ramener la température interne du sujet vers la température
de consigne et donc à réduire les mécanismes de thermorégulation. Au contraire, une
stimulation qui tend à éloigner la température interne de la température de consigne et donc à
augmenter les mécanismes de thermorégulation, est jugée désagréable [Narçon, 2001]. Mais
au-delà de l’aspect physiologique du confort thermique, la relation entre le sujet et son
entourage (la façon dont il le perçoit), son humeur, ses expériences thermiques sont des
facteurs psychologiques qui affectent la perception thermique et amène le sujet à agir sur son
environnement pour garantir son confort.
La fFigure 1.4 montre une schématisation de la relation entre une personne et son
environnement, la relation avec l’ambiance thermique y faisant partie [Berger, 1995]. Cette
schématisation montre que le confort thermique n’est pas seulement lié aux conditions
thermiques et aux variables physiologiques. Selon les caractéristiques personnelles
(psychologiques), les expériences thermiques et la culture, des attentes se forment chez les
personnes quant à la qualité de leurs ambiances thermiques, et les amène à anticiper les
conditions ou le changement dans les conditions thermiques. Si les conditions actuelles ne
correspondent pas à ce qu’ils ont anticipé, la réponse va être différente selon la personne,
l’importance et la nature des écarts (plus ou moins favorables), les conséquences prévues, et
l’opportunité à changer les conditions.
L’interaction sensorielle (visuel, ou acoustique) peut aussi avoir une influence sur le
confort thermique. Si par exemple le confort thermique est assuré dans un local par ouverture
des fenêtres (en été ou mi-saison), la présence d’un bruit extérieur peut encombrer le confort
thermique. La présence d’une contrainte pour l’une des composantes du confort sensoriel,
constitue une entrave pour les autres [Berger, 1995].

38
Les approches du confort thermique

Paramètres Caractéristiques Relations Relations


non thermiques personnelles Homme – contexte homme – bâtiment
(sexe, âge) (saison, activité,…) (éclairage, décoration, bruit,...)

Références Motivation
psychologiques

Appréciation du
Déviation Décision
confort thermique

Consignes
Perception
Action Aucune
Thermorégulation action
Ordres
physiologique
Sensation
thermique

Réactions
Intégrateur Tolérances ?
central

Thermorécepteurs

Corps humain

Vêture
Paramètres Activité
thermiques Environnement
thermique

Figure 1.4 – La relation globale entre une personne et son environnement [Berger 1995].

Le confort thermique n’est donc pas défini dans l’absolu. Il dépend du contexte et
des caractéristiques individuelles. Il peut être conçu comme un processus adaptatif dynamique
qui intègre les différents mécanismes physiques, physiologiques et psychologiques.
Enfin, compte tenu de l’aspect subjectif du confort thermique apparaissant comme
un jugement affectif, son évaluation nécessite l’utilisation de trois échelles essentielles : l’une
relative à la sensation, l’autre à l’agrément, et la troisième à la préférence. La norme
internationale ISO 10551 précise les méthodes d’évaluation de l’influence des ambiances
thermiques à l’aide d’échelles de jugements subjectifs (Tableau 1.2).

39
Les approches du confort thermique

Echelle de jugements Echelle de jugements Echelle de préférence


perceptifs (sensation) évaluatifs thermique
+3 Très chaud 4 Acceptable +3 Beaucoup plus chaud
+2 Chaud 3 Légèrement inacceptable +2 Plus chaud
+1 Légèrement chaud 2 Inacceptable +1 Un peu plus chaud
0 Neutre 1 Très inacceptable 0 Ni plus chaud ni plus froid
-1 L2gèrement froid -1 Un peu plus froid
-2 Froid -2 Plus froid
-3 Très froid -3 Beaucoup plus froid

Tableau 1.2 - Echelles de jugements subjectifs sur les conditions thermiques [AFNOR, 2001].

1.5 Les modèles du confort thermique


En se rendant compte de l’importance de l’effet du confort thermique sur la santé et
la productivité des hommes, de nombreux travaux de recherche ont été menés dans ce
domaine dès le début du siècle dernier. Ces travaux sont effectués dans des chambres
climatiques ou in situ, sur des mannequins ou avec des êtres humains. Ils visent à identifier les
conditions de confort et d’acceptabilité des ambiances thermiques sans chercher à comprendre
les mécanismes mis en jeu. A la suite de ces travaux, plusieurs indices de confort thermique
ont été développés en se basant sur des modèles du confort thermique. Les modèles
développés sont de différentes natures. Il y a les modèles physiques qui sont souvent des
instruments de mesure dont les réponses physiques à l’ambiance thermique sont semblables à
celles du corps humain. Il y a aussi les mannequins thermiques souvent utilisés pour la
détermination des caractéristiques thermiques des vêtements [Parsons, 2003]. Enfin, il y a les
modèles empiriques et les modèles rationnels. Les modèles empiriques établissent à travers
les expérimentations, dans les chambres climatiques ou in situ, une régression statistique en
combinant les effets de deux ou plusieurs variables physiques et/ou physiologiques en une
seule variable. Les modèles rationnels sont fondés sur des estimations des différentes formes
d’échanges de chaleur entre le corps humain et les ambiances thermiques, ainsi que du bilan
thermique et de la contrainte physiologique résultante.

1.5.1 Les indices environnementaux simples

1.5.1.1 La température résultante ou température opérative


La température opérative est un indice de confort intégrant l’effet de la convection
et du rayonnement (ta et tr). Elle est en fait définie comme la température d’une enceinte
isotherme dans laquelle un occupant échange la même quantité de chaleur par rayonnement et
convection que dans l’enceinte dans laquelle il se trouve réellement [Bruant, 1997]. Elle peut
être écrite de la façon suivante.

40
Les approches du confort thermique

Top = α.ta + (1- α)tmrt Eq. 1.15


Avec :
ta = température d’air, °C
tmrt = température moyenne radiante, °C
α = paramètre dépendant exclusivement de la vitesse d’air (souvent voisine de 0,5)

Cet indice est pris égal à la température mesurée à l’intérieur d’un globe noir dont le
diamètre est déterminé de façon que les échanges de chaleur par convection et rayonnement
soient dans les mêmes proportions que pour le corps humain. Pour une convection naturelle
avec une vitesse d’air faible (entre 0.1 et 0.15 m/s), un globe de 40 mm de diamètre est
suffisant. Il a en plus un temps de réponse plus rapide par rapport au globe de 150 mm
traditionnellement utilisé [Parsons, 2003]. Une balle de tennis est parfois utilisée (38 mm de
diamètre), elle représente ainsi un modèle physique simple du corps humain [Nicol, 2001].

1.5.1.2 La température équivalente teq


La température équivalente est définie comme étant la température d’une enceinte
isotherme ayant une vitesse d’air nulle, dans laquelle un sujet échangerait la même quantité de
chaleur sensible, par convection et rayonnement, que dans l’enceinte réelle dans laquelle il se
trouve. Elle permet de prendre en compte les effets des températures d’air, de rayonnement et
de la vitesse d’air (ta, tr et va). Elle peut être calculée à partir de la température à l’intérieur
d’un globe chauffé.

1.5.1.3 La température effective ET*


La température effective est définie comme étant la température sèche équivalente
d’une enceinte isotherme à 50 % d’humidité relative, dans laquelle un sujet échangerait la
même quantité de chaleur et aurait même mouillure cutanée que dans l’enceinte réelle dans
laquelle il se trouve. L’indice ET* prend en compte les effets de la température et de
l’humidité (ta , tr, et pa), et pour le calculer, il faut connaître la mouillure cutanée et l’indice de
perméabilité à la vapeur d’eau des vêtements (im). L’ASHRAE a établi des échelles de confort
basées sur cet indice pour des sujets exerçant une activité faible (1 Met), ayant une vêture de
0,6 Clo et dans une ambiance calme (va < 0,2 m/s).

1.5.2 Les modèles analytiques


De nombreux modèles analytiques ont été développés pour prévoir les réponses
thermiques et physiologiques du corps humain en fonction des conditions environnementales,
dans les conditions stationnaires ou transitoires. Dans les modèles les plus simples, le corps
est traité comme un bloc unique. Les modèles plus complexes divisent le corps en plusieurs
segments et permettent de simuler la dynamique des réponses physiologiques. Nous décrivons
ci-après les principaux modèles.

41
Les approches du confort thermique

1.5.2.1 Le modèle de Fanger : PMV & PPD


Dans les années soixante-dix, Fanger a établi une méthode qui permet d’analyser et
d’évaluer l’ambiance thermique en vue de déterminer les conditions de confort thermique.
Cette méthode est la plus largement utilisée pour l’évaluation du confort thermique. Elle a
servi pour développer la norme française et internationale NF EN ISO 7730.
Avec le maintien de l’équilibre du bilan thermique du corps humain (condition
nécessaire mais non suffisante pour le confort thermique), Fanger considère, pour le confort
thermique, deux conditions supplémentaires concernant la limitation du débit sudoral et de la
température cutanée dans les limites du confort [ASHRAE, 1997]. L’ASHRAE présente les
deux équations déterminées par Rohles et Nevins pour calculer les valeurs de la température
cutanée (tsk,req) et du débit sudoral (Ersw,req) nécessaires pour le confort thermique à partir du
métabolisme (M-W).

tsk,req = 35,7 – 0,0275.(M – W) Eq. 1.16


Ersw, req = 0,42.(M – W – 58,15) Eq. 1.17

La méthode de Fanger consiste à déterminer de façon analytique les échanges de


chaleur entre le sujet et l’environnement. Puis en fonction de l’écart entre la chaleur produite
et la chaleur dissipée (bilan thermique) par le corps humain vêtu, supposé être aux valeurs de
confort du débit sudoral et de température cutanée, il a établit un indice, le « PMV », qui
prévoit le vote moyen de sensation thermique (globale) d’un groupe de personnes sur
l’échelle de sensation thermique de l’ASHRAE. La relation a été déterminée statistiquement à
partir des études expérimentales sur près de 1300 sujets dans des chambres climatiques. Pour
déterminer l’acceptabilité de l’ambiance thermique, il a lié le PMV à un autre indice, le
« PPD », qui prévoit le pourcentage des personnes qui seront insatisfaites dans l’ambiance
considérée. Les personnes insatisfaites sont considérées celles dont le vote de sensation est
extérieur à l’intervalle [-1,1]. La relation prévoit un minimum de pourcentage des insatisfaits
de 5% pour un vote égal à zéro (sensation neutre), puis ce pourcentage augmente de façon
symétrique de part et d’autre du vote zéro vers les sensations chaude et froide.

PMV = [0,303.exp(-0,036.M) + 0,028].L Eq. 1.18


4 2
PPD = 100 – 95.exp[-(0,03353.PMV + 0,2179.PMV )] Eq. 1.19
L = M – W – Edif – Ersw,req – Eres – Cres – R – C Eq. 1.20
Avec :
L= l’écart dans le bilan thermique entre chaleur produite et perdue, W/m²
PMV = vote moyen prévisible sur l’échelle de sensation thermique de l’ASHRAE
PPD = pourcentage prévu des insatisfaits, %

42
Les approches du confort thermique

Le PMV peut être calculé à partir des six paramètres de base du confort thermique
(les quatre grandeurs physiques de l’ambiance thermique, avec l’activité et la vêture des
sujets). Comme le PMV a été déterminé dans des conditions stationnaires (chambres
climatiques), son application reste limitée aux ambiances stationnaires et homogènes où les
conditions ne varient pas, ou peu, dans le temps. Si une ou plusieurs variables fluctuent
faiblement, le PMV peut être utilisé à condition de considérer leurs moyennes pondérées en
fonction du temps pendant la période de 1 h précédente. [AFNOR, 1995]

1.5.2.2 Le modèle à deux noeuds de Gagge : ET*, SET & PMV*


Gagge a développé un modèle dynamique simplifié de la thermorégulation
[ASHRAE, 1997]. Ce modèle représente le corps humain en deux nœuds concentriques
représentant le centre du corps et la peau. Les échanges entre les deux compartiments
considérés isothermes sont modélisés sous forme de conduction tissulaire et convection
sanguine. Contrairement au modèle de Fanger, ce modèle permet de calculer les variables
physiologiques (températures cutanées et internes, mouillure cutanée) dans des conditions
transitoires. Le modèle de Gagge est présenté en détail dans le chapitre 3 (voir §3.3.2.3).
La température cutanée, la mouillure cutanée et le flux de chaleur cutané sont
utilisés pour le calcul de l’indice ET* (new effective temperature). L’indice ET* dépend de la
vêture et de l’activité du sujet. Pour standardiser le calcul, un nouvel indice, le « SET »
(température effective standard) a été défini [ASHRAE, 1997]. Le SET représente la
température sèche équivalente d’une enceinte isotherme à 50 % d’humidité relative, dans
laquelle un sujet, portant une vêture standardisée par rapport à son activité, échangerait la
même quantité de chaleur et aurait la même mouillure cutanée que dans l’enceinte réelle dans
laquelle il se trouve. La vêture standardisée est calculée selon l’équation 1.23 [Gagge, 1986].

1,33
I cls [clo] = − 0, 095 Eq. 1.21
( M [ Met ] − W[ Met ] + 0, 74)

Le SET est un indice de confort thermique intégrant l’effet des six paramètres de
base, et applicable dans des conditions transitoires chaudes, modérées ou froides. Les
sensations thermiques peuvent être déduites des différentes valeurs de SET à partir du
Tableau 1.3 [Parsons, 2003].
De plus, Gagge propose de remplacer la température opérative par la température
effective dans le calcul du PMV. Le PMV ainsi calculé est noté PMV*, ceci permet de mieux
prendre en compte les effets de l’humidité en zone chaude [Gagge, 1986].

43
Les approches du confort thermique

L’état physiologique d’une


SET (°C) Sensation
personne sédentaire
>37.5 Extrêmement chaud, très inconfortable Echec de la régulation
34.5-37.5 Très chaud, très inacceptable Sudation profuse
30.0-34.5 Chaud, inconfortable, inacceptable Sudation
25.6-30.0 Légèrement chaud, légèrement inacceptable Sudation légère, vasodilatation
22.2-25.6 Confortable et acceptable Neutralité
17.5-22.2 Légèrement froid, légèrement inacceptable Vasoconstriction
14.5-17.5 Froid et inacceptable Refroidissement ralenti du corps
10.0-14.5 Très froid, très inacceptable Frissons
Tableau 1.3 – La relation entre la température standard effective SET et la sensation thermique [Parsons,
2003].

Enfin, l’ASHRAE propose deux autres indices empiriques TSENS (thermal


sensation) et DISC (thermal discomfort). Ces deux indices sont calculés à partir de la
température moyenne corporelle qui est une moyenne pondérée de la température interne et
cutanée. Le TSENS détermine la sensation thermique sur l’échelle de l’ASHRAE en y
ajoutant deux degrés extrêmes (±4 pour extrêmement chaud/froid et ±5 pour intolérablement
chaud/froid). DISC détermine le niveau d’inconfort thermique sur une échelle à 6 points allant
de confortable (DISC=0) à intolérable (DISC=5) [ASHRAE, 1997].

1.5.2.3 Les modèles approfondis


Le développement rapide de l’informatique pendant les dernières décennies a
permis d’approfondir la recherche dans le domaine du confort thermique en créant et en
affinant les modèles thermiques du corps humain. Il s’agit d’une simulation dynamique du
comportement thermique et physiologique du corps humain dans une ambiance thermique
donnée (bâtiment, voiture, scaphandre, etc.), transitoire et hétérogène, à travers un système
d’équations différentielles. Les modèles thermiques comportent une description du système
passif (le corps humain) qui est sujet aux différents échanges thermiques ayant lieu à
l’intérieur du corps et avec l’ambiance, et du système actif de thermorégulation.
Le modèle le plus connu est celui de Stolwijk. Conçu initialement pour la NASA, il
a été diffusé et utilisé par plusieurs laboratoires, pour l'appliquer ou l'améliorer. Il représente
le corps humain et sa thermorégulation. Le corps est divisé en 6 segments : tête (sphérique),
tronc, bras, mains, jambes et pieds (cylindriques). Chacun de ces segments est composé de 4
couches : peau, graisse, muscles et noyau. Le 25ième segment du modèle représente le sang et
assure un lien thermique entre tous les compartiments (figure 1.5). Le vêtement est modélisé
par une couche d'air sous une couche de tissu. Chaque couche (physiologique et vêtement) est
considérée homogène et isotherme. Il n'y a aucun échange au sein d'une même couche, aucun
transfert dans le sens longitudinal. Les transferts par conduction entre les segments sont
négligés ; ils ne sont reliés entre eux que par le débit sanguin. Le métabolisme est réparti dans
toutes les couches, le métabolisme d'activité ou de frisson n'a lieu que dans les muscles. Le

44
Les approches du confort thermique

débit sanguin est constant au centre et dans la graisse. Les pertes respiratoires sont prises en
compte dans la couche centrale de la tête et du tronc. Le bilan thermique détaillé (débit de
chaleur et températures) est calculé pour chaque compartiment du modèle. Il prend en compte
l'environnement thermique (qui peut être transitoire et spatialement hétérogène) et les
réactions thermophysiologiques de l'individu. Le système de régulation est composé de trois
éléments : les récepteurs, l’intégrateur et le répartiteur, et permet une représentation simple de
du système de thermorégulation humain sous forme des températures de consigne. Selon le
signal d’écart détecté par l’intégrateur, une commande est envoyée et répartie entre les
différents organes effecteurs en fonction des coefficients de contrôle.

Environnement : Ta, Trm, Pa, Va


1
Respiration Convection/Rayonnement/Evaporation

2 3 Convection S
Peau j=4 sanguine y
Conduction s
t
Convection
Graisse j=3 è
4 sanguine
m
Conduction e
5
Convection
Muscle j=2 sanguine r
Sang é
Conduction nœud 25 g
Convection u
6 Centre j=1 sanguine l
é
Segment (i)
6 Segments 4 Couches
Tête Centre S r
y é
Tronc Muscles Récepteurs g
s
t u
Bras Graisse è l
Mains Peau Intégrateurs m a
e t
Jambes i
d o
Pieds le sang Répartiteur
e n

Flux de chaleur / masse Flux d’information / action

Figure 1.5 – Schématisation du modèle thermique de Stolwijk.

Plusieurs modèles ont été développés sur la base de celui-ci en affinant le


découpage ou en améliorant le calcul des transferts de chaleur, la représentation des
vêtements ou même du système de régulation. [Thellier, 1989, Fiala, 1999, Tanabe, 2002]
En France, Thellier a repris ce modèle en améliorant les modèles de transfert de
chaleur, les transferts à travers les vêtements en vue d’intégrer une version améliorée du
modèle dans le logiciel TRNSYS. Ce modèle a été adapté pour les différents usages dans le
bâtiment, la voiture ou le scaphandre. Dans le domaine de l’habitat, un modèle appelé
MARCL (Modèle d’Analyse et de Recherche sur le Confort Local) a été développé [Thellier,
45
Les approches du confort thermique

1999]. MARCL détermine les variables physiologiques à partir des données sur
l’environnement et l’individu. Il a été couplé à un autre logiciel appelé TRIM qui a pour but
de passer des variables physiologiques à la détermination des sensations thermiques
exprimées sur une échelle centrée en 7 points. Il fournit la sensation globale. Les sensations
locales sur les 6 segments corporels sont calculées en fonction des températures ou des
mouillures cutanées locales. TRIM donne également des informations sur les hétérogénéités
d’ambiance, telles qu’elles sont définies dans les normes, et un jugement global sur
l’ambiance [Thellier, 1989].
Duan a fait une autre étude en utilisant un modèle développé par UC Berkley
[Huizenga, 2003]. Il a intégré au système de thermorégulation un contrôleur flou qui permet
de représenter le système de régulation thermique humain. Cette étude a laissé entrevoir un
potentiel important de l’utilisation de la logique floue pour modéliser des systèmes dont la
dynamique n’est pas identifiée, mais elle demande plus de travaux sur l’utilisation de la
logique floue dans ce domaine [Duan, 1999].

1.5.2.4 Les inconforts locaux


Les modèles analytiques simples, tels que le PMV ou celui de Gagge (SET), sont
les plus couramment utilisés dans les bâtiments. Ces modèles prévoient l’état thermique
global du corps humain. Or l’insatisfaction thermique peut être aussi causée par un
refroidissement ou un réchauffement non désiré d’une partie du corps (tête, pieds, ou mains),
comme, par exemple, par un courant d’air. Un inconfort local peut également être dû à des
différences de températures anormalement élevées entre la tête et la cheville, à un sol trop
chaud ou trop froid, ou à une asymétrie de rayonnement thermique.
La norme ISO 7730 propose une formule pour évaluer la gêne dûe au courant d’air
à travers un indice DR (de l’anglais « draught rating ») qui prédit le pourcentage de la
population qui serait dérangé par ce courant d’air. La formule est la suivante.

DR = (34 – ta)(v – 0,05)0,62(0,37.v.Tu + 3,14) Eq. 1.22


Avec
DR = Le gêne par courant d’air, %
ta = Température locale de l’air, °C
v= La vitesse d’air moyenne locale, m/s
Tu = L’intensité locale de turbulence définie comme le rapport entre l’écart-type de la
vitesse d’air locale et la valeur moyenne de celle-ci

Ce modèle s’applique aux sujets réalisant une activité légère, essentiellement


sédentaire, et éprouvant une sensation proche de la neutralité pour le corps entier. Par contre,
il est important de faire une distinction selon l’état thermique du corps du sujet. Pour une
situation chaude, le mouvement d’air peut être perçu comme agréable tandis qu’il peut être
gênant pour une situation froide.

46
Les approches du confort thermique

En ce qui concerne l’asymétrie de rayonnement, Olesen a proposé plusieurs courbes


qui permettent de déterminer le degré d’inconfort exprimé par le pourcentage de la population
insatisfait [Olesen, 2002]. Il conclut que l’asymétrie de température radiante doit être
inférieure à 10°C pour une paroi verticale froide (baie vitrée en hiver), et 5°C pour un plafond
chaud (plafond chauffant). Olesen propose aussi une autre courbe pour déterminer le
pourcentage prédit de la population qui serait insatisfait par une différence verticale de la
température d’air. Si la différence est suffisamment importante, il peut résulter un inconfort
dû à une sensation chaude à la tête et/ou une sensation froide au pied, même en état de
neutralité thermique global. La norme ISO 7730 recommande de limiter à 3°C la différence
verticale entre la température d’air à 0.1 m et 1.1 m du sol.

1.5.3 L’influence des différences interindividuelles


Le calcul du confort thermique est fondé essentiellement sur les six paramètres de
base (température d’air, température de rayonnement, humidité d’air, vitesse d’air, et activité
et vêture des sujets). Mais compte tenu de son aspect subjectif, il est normal que le confort
thermique soit influencé par des facteurs relatifs aux sujets et à leurs conditions de vie : âge,
sexe, origine ethnique, région géographique (climat), acclimatation physiologique, rythme
circadien ou saisonnier, alimentation, etc. Des nombreuses études ont été effectuées pour
déterminer l’influence de ces facteurs sur les conditions de confort thermique. Ces études
visent souvent à évaluer ou valider le PMV, celui-ci étant l’indice proposé par la norme
internationale ISO 7730. Cet indice a été développé à partir des études réalisées dans des
chambres climatiques avec des sujets nord-américains et européens, laissant s’installer des
doutes quant à son applicabilité sur d’autres populations ayant différentes conditions de vie
dans d’autres régions géographiques.
La plupart des études réalisées ont montré que l’influence de ces facteurs est d’une
faible magnitude, et que les six paramètres de base suffisent pour calculer les conditions du
confort thermique [Parsons, 2003]. Si les différences interindividuelles subsistent, elles sont
souvent exprimées par l’activité et la vêture des sujets, qui figurent parmi les six paramètres
de base. La préférence des ambiances légèrement plus chaudes par les personnes âgées est due
à leurs activités sédentaires [Cena, 1986]. La sensibilité des femmes au froid est due à leurs
tenues vestimentaires généralement plus légères que les hommes (ASHRAE). Les personnes
ont parfois une tendance à préférer une ambiance légèrement chaude avant le déjeuner, mais
sans avoir un effet significatif sur le confort thermique [ASHRAE, 1997]. Quant à
l’acclimatation physiologique, les études menées avec des personnes acclimatées au chaud ou
au froid montrent qu’elle n’affecte pas l’acceptabilité et l’inconfort thermique pour les
conditions typiques rencontrées dans les logements ou les bureaux [Brager, 1998]. Ainsi le
PMV (ou le SET) prend en compte ces facteurs indirectement à travers la vêture et l’activité.
Par contre, les enquêtes et les études in situ sur le confort thermique ont révélé un
écart entre les réponses subjectives évaluées et celles prévues par les modèles analytiques

47
Les approches du confort thermique

(PMV) surtout dans les bâtiments non climatisés (avec la ventilation naturelle) en période
estivale, avec une tendance de surestimation de la sensation de chaleur [Humphreys, 1998, De
Dear, 2002]. Ceci a incité les chercheurs à multiplier les expérimentations in situ sur le
confort thermique en ouvrant la voie à une nouvelle approche qui consiste à déterminer les
conditions de confort thermique à partir des résultats des enquêtes et des études in situ. Cette
approche, connue sous le nom de l’approche adaptative, est détaillée dans le paragraphe
suivant.
Pour pallier cette déficience dans son modèle, Fanger a proposé une extension de
celui-ci en multipliant le PMV par un facteur de minoration relatif aux attentes des occupants
(aspect psychologique) [Fanger, 2002].

1.6 L’approche adaptative du confort thermique

1.6.1 Le confort thermique in situ


Les expériences en chambres climatiques et les enquêtes in situ constituent les
principaux moyens d’investigation sur le confort thermique. Les chambres climatiques
permettent une instrumentation et un contrôle parfait des conditions de l’ambiance. Les
valeurs des différentes variables physiques de l’ambiance (températures, vitesse et humidité
d’air, éclairage ou niveau sonore) ainsi que celles des sujets expérimentés (activité, vêture,
températures cutanées ou internes, réponses perceptives et affectives) sont toutes identifiables,
la plupart sont souvent maintenues à des niveaux constants ou varient dans des intervalles
prédéterminés. Les conditions de confort sont ainsi identifiées en analysant les données
obtenues. Malgré la maîtrise des aspects physiques et physiologiques du confort thermique,
les chambres climatiques présentent certaines limitations en excluant les composantes
psychologiques des mécanismes de régulation qui régissent le confort thermique. Les sujets
doivent exécuter certaines tâches précises en subissant les conditions d’ambiance, leurs
comportements restent limités aux consignes du protocole expérimental. Or le contexte peut
biaiser les réponses des sujets dans ces conditions. La norme internationale NF ISO 7730 qui
précise les conditions de confort thermique dans les ambiances modérées, s’appuie sur des
indices (PMV et PPD) déterminés à partir des études en chambres climatiques.
Les enquêtes in situ visent à explorer le confort thermique auprès des sujets sur
leurs lieux de vie ou de travail habituels à travers les mesures physiques de l’ambiance et les
réponses perceptives et affectives des sujets. Les réponses recueillies in situ tiennent compte
de la complexité du confort thermique en intégrant les différentes interactions qui régissent la
relation entre l’homme et son environnement. L’analyse des données recueillies permet
d’identifier les conditions qui ont été jugées confortables, ou même de développer des indices
de confort thermique empiriques tel que la température équivalente développée par Bedford
ou l’indice d’été tropical de Sharma et Ali [Humphreys, 1998]. Mais la validité des résultats
obtenus reste limitée au contexte, et aux conditions sous lesquelles les enquêtes ont été

48
Les approches du confort thermique

menées. Pour cela il est nécessaire de multiplier les enquêtes sous différentes circonstances
(climat, saison, type de bâtiment). Si certaines enquêtes sur le confort thermique ont été
menées dès le début du siècle dernier, leur vrai intérêt n’est apparu que dans les années
soixante-dix avec le travail de Humphreys et Auliciems qui ont permis de mettre en évidence
la dépendance contextuelle du confort thermique [Parsons, 2003]. Depuis, des nombreuses
études ont été menées dans les différentes régions et climats, et ont permis d’adopter une
nouvelle approche sur le confort thermique, l’approche adaptative [De Dear, 2003].

1.6.2 Le confort thermique et l’adaptation


Les études in situ du confort thermique ont servi à évaluer et tester la capacité des
indices rationnels, surtout le PMV développé en chambre climatique et préconisé par les
normes, à prédire les conditions de confort thermique. Dans les situations réelles des études in
situ, les conditions de confort rencontrées varient avec le contexte des études, surtout le climat
et le mode de traitement des ambiances thermiques des bâtiments. Dans les bâtiments non
climatisés où les conditions thermiques varient avec les fluctuations de l’environnement
extérieur, l’intervalle de confort est plus large que celui prévu par le PMV ou le SET qui ont
une tendance à surestimer les sensations de chaleur en période estivale dans ce type de
bâtiment surtout dans les climats chauds. Dans une étude réalisée sur différents types de
bâtiments (climatisés et non climatisés) situés dans trois villes australiennes à climat différent,
de Dear [De Dear, 1985] a constaté l’incapacité du PMV à prédire les conditions de neutralité
thermique dans les deux types de bâtiment, alors que les équations de régression linéaire
déterminées par des enquêtes antérieures permettent de mieux prédire la neutralité thermique.
Le constat est le même pour Busch [Bush, 1990] qui a réalisé une étude dans des bâtiments de
bureau en Thaïlande (en zone humide). Il a trouvé une acceptabilité thermique dans un
intervalle de 22°C à 30.5°C en période estivale (4°C au delà de la norme). A travers une étude
sur dix bâtiments de bureau à San Francisco, Schiller propose la dépendance du confort
thermique sur des facteurs autres que les seuls six paramètres de l’équation du confort
[Schiller, 1990].
Les écarts constatés entre les conditions de confort rencontrées in situ et celles
prévues (par le PMV ou le SET) ne sont pas dus uniquement aux erreurs de mesure et aux
incertitudes sur les estimations du métabolisme et de l’isolement vestimentaire, mais ils
reflètent de l’interaction dynamique entre les sujets et leurs environnements. Humphreys
[Humphreys, 1998, Nicol, 2002] postule l’influence de certains facteurs psychologiques et
sociologiques. La diversité et la variabilité des conditions thermiques acceptables dans les
études in situ laissent supposer que les sujets se sont adaptés aux ambiances thermiques dans
leurs lieux de vie habituels. C’est ainsi que l’approche adaptative du confort thermique a
commencé tout en considérant l’homme comme un élément actif qui réagit avec les variations
de son environnement afin de garantir son confort. Elle met l’accent sur l’incapacité des
indices rationnels, développés dans les chambres climatiques sous des conditions stationnaires

49
Les approches du confort thermique

et homogènes, à prédire le confort thermique dans les situations réelles, influencées par la
dynamique des interactions multidisciplinaires entre le sujet et son environnement.

1.6.3 L’adaptation : principe et mécanismes


Humphreys considère le principe suivant : « si un changement arrive dans un
environnement en provoquant un inconfort, les personnes répondront par des réactions qui
tendent à rétablir le confort » [Humphreys, 1998]. L’ensemble de ces réactions constituent la
base de l’adaptation, elles peuvent être de différentes natures : physiologiques,
psychologiques, comportementales, sociologiques ou même culturelles. Cette définition
permet de distinguer l’adaptation de l’acclimatation physiologique ou psychologique
puisqu’elle englobe les différents aspects et mécanismes mis en jeu. Humphreys définit ainsi
le confort thermique comme étant un processus dynamique dans lequel l’occupant est un
élément actif en interaction avec son environnement afin de maintenir son confort. La
différence par rapport à l’approche analytique est que l’occupant n’est plus un élément passif
qui subit les conditions de l’ambiance thermique. L’approche analytique, qualifiée comme
statique, est basée sur une chaîne déterministe de causalité linéaire : les conditions physiques
déclenchent des réponses physiologiques qui modifient l’état de confort ou d’inconfort du
sujet. Les mécanismes adaptatifs se traduisent par des boucles rétroactives qui représentent les
interactions dynamiques et multidisciplinaires entre l’homme et son environnement. De Dear
identifie trois catégories d’adaptation selon leurs natures : comportemental, physiologique et
psychologique [De Dear, 1998]. Il définit trois boucles rétroactives relatives à chaque
catégorie pour représenter l’adaptation sur la chaîne linéaire de l’approche statique ( voir
figure 1.6).

1.6.3.1 La boucle comportementale – ajustements


Les ajustements comportementaux jouent un rôle important dans l’acceptabilité des
ambiances et le maintien du confort thermique. Ils sont plus ou moins conscients et peuvent
devenir inconscients dans un climat ou une culture particulière. Ils peuvent être classés en
quatre catégories selon leurs effets :
1 - Modifier la production de chaleur interne (réduire ou augmenter le niveau
d’activité, faire une sieste, prendre une boisson chaude ou froide),
2 - Modifier les échanges de chaleur du corps avec l’environnement (ajouter/enlever
une pièce de vêtement, augmenter/réduire la surface d’échange en modifiant la posture),
3 - Modifier les conditions de l’ambiance thermique (ouvrir ou fermer une fenêtre
ou un store, ajuster le thermostat, déclencher un ventilateur, un climatiseur ou un chauffage
d’appoint, etc.),
4 - Changer l’environnement thermique (se déplacer vers une autre pièce, renforcer
l’isolement thermique des locaux, installer un store, un ventilateur de plafond, ou un
climatiseur, etc.).

50
Les approches du confort thermique

Climat
extérieur

Expérience Climat
mémoire intérieur

Vêture
Activité

Bilan
thermique
Expectative
accoutumance
Régulation Acclimatation
physiologique

Sensation
thermique

Confort Ajustements
Inconfort comportementaux

Approche statique

Approche adaptative

Figure 1.6 – Représentation des mécanismes adaptatifs [De Dear, 2003].

Plusieurs études ont cherché à déterminer les effets des ajustements


comportementaux sur le confort thermique. Dans une étude sur l’effet de l’utilisation d’un
ventilateur de plafond sur le confort d’été, Rohles a trouvé que la vitesse d’air généré par le
ventilateur est l’équivalent d’un abaissement de la température ambiante de l’ordre de 4.5 °C
par 1m/s de vitesse d’air, il conclut que l’utilisation du ventilateur de plafond pourrait élargir
la zone de confort d’été de 26°C à 29 °C [Rholes, 1983]. Dans une autre étude, Arens a
conclu que la zone de confort peut être élargie jusqu’à 31°C avec une vitesse d’air de 1m/s ou
plus [Arens, 1998]. Une autre étude suggère que la consommation des boissons fraîches
pendant une journée permet un rafraîchissement du corps équivalent à une réduction de 10 %
du métabolisme [Yannas, 1995].
Si l’effet d’une action singulière reste limité, il s’accumule et devient significatif en
cas de plusieurs actions entreprises dans un même laps de temps. Humphreys considère que le
confort est assuré grâce à cette série d’actions adaptatives singulières [Humphreys, 1998].

51
Les approches du confort thermique

Mais cette interaction comportementale dépend d’un certain nombre de facteurs contextuels
(architecture, climat, culture, société) qui peuvent la contraindre selon les circonstances. Des
fenêtres inopérables ou des codes vestimentaires présentent des restrictions pour le
mécanisme comportemental d’adaptation en été, alors qu’ils posent moins de problème en
hiver. Au lieu de déterminer les contraintes et les restrictions sur les différentes actions
adaptatives, Baker propose d’utiliser la notion d’opportunité adaptative offerte à une personne
dans un local ou un contexte donné [Yannas, 1995].

1.6.3.2 La boucle physiologique - acclimatation


L’acclimatation physiologique correspond à une réduction de la réponse humaine
aux mouvements, aux vibrations ou aux chocs résultant d'une exposition cumulée ou répétée.
Elle est plus évidente face à la chaleur que face au froid. Une exposition prolongée à la
chaleur peut entraîner une augmentation de la sécrétion sudorale et une diminution dans les
valeurs de consigne qui déclenchent la sudation. Une personne acclimatée à la chaleur
présente une répartition optimisée de la sudation sur sa peau par rapport à une personne non
acclimatée.
La plupart des études expérimentales réalisées suggèrent que l’acclimatation
physiologique n’affecte pas l’acceptabilité et l’inconfort thermique d’une personne exerçant
une activité légère sous les conditions typiques dans les bâtiments d’habitations et de bureau.
[De Dear, 2003]

1.6.3.3 La boucle psychologique – accoutumance et expectative


La boucle psychologique englobe l’aspect cognitif et culturel de l’adaptation à
travers les notions de l’accoutumance et de l’expectative qui peuvent influencer la perception
thermique [De Dear, 98]. C’est surtout cet aspect de l’adaptation qui est exclu par les
expérimentations dans les chambres climatiques. Il permet d’expliquer en partie des écarts
obtenus dans les études in situ entre le confort prévu par les indices rationnels et le confort
réel qui est plus proche des conditions réelles rencontrées, surtout dans les bâtiments à
ventilation naturelle. Selon Humphreys, les personnes s’accoutument aux conditions
rencontrées dans leurs lieux de vie habituels [Humphreys, 1998]. Elles ont une sensation
chaude si l’ambiance est plus chaude que d’habitude, et froide si elle est plus froide que
d’habitude. Cette adaptation par accoutumance dépend du passé thermique (expérience et
mémoire) de chaque individu qui lui sert de références pour évaluer son environnement. Sa
réponse, et ses réactions, dépendront de ses expectatives et de sa personnalité [De Dear,
2003].
Rohles a réalisé une étude sur l’aspect psychologique du confort thermique [Rohles,
1980]. Dans une première expérience, un petit radiateur a été installé derrière le panneau
frontal des bureaux de plusieurs secrétaires. Une partie des secrétaires a été informée que le
radiateur était en marche, et l’autre partie a été informée qu’il n’est pas en marche, sachant
que dans les deux cas le radiateur n’était pas effectivement en marche. La température a été

52
Les approches du confort thermique

maintenue à 18.3 °C dans les différents locaux. Les résultats ont montré que les secrétaires
qui ont été informées sur le fonctionnement du radiateur avaient une sensation plus chaude
que celles qui n’étaient pas informées. Dans une autre expérience réalisée avec des sujets qui
étaient informés qu’il faisait dans le local une température de 23.3 °C alors que la température
réelle était de 22.2 °C, 21.1 °C ou 20 °C, il a trouvé que dans les différents cas le local était
perçu aussi confortable que s’il faisait vraiment une température de 23.3 °C. Ces expériences
confirment l’importance du rôle psychologique (expectative et attente) dans la perception
thermique d’un local
Si les études in situ ont permis de mettre en évidence l’adaptation psychologique,
peu de travaux ont cherché à déterminer ses effets sur le confort thermique. De Dear propose
de comparer les réponses des votes de confort dans les différents contextes (type de bâtiment,
climat ou saison). Il cite une étude réalisée par Rowe [De Dear, 2003] dans trois types de
bâtiment : bâtiments climatisés, bâtiments à ventilation naturelle, et bâtiments à ventilation
naturelle munis d’équipements supplémentaires pour contrôler l’ambiance thermique. Ces
derniers ont été ceux qui ont enregistrés le plus haut niveau de satisfaction. Cette étude
suggère que les personnes peuvent avoir une grande tolérance quant à la variabilité des
ambiances thermiques s’ils peuvent contrôler les conditions d’ambiances, comme c’est le cas
des bâtiments à ventilation naturelle. Par contre, dans les bâtiments climatisés, les personnes
ont une expectative élevée quant à la qualité de l’ambiance thermique, le moindre changement
sera mal perçu par eux et peut même être considéré comme un risque s’ils n’ont aucun moyen
de contrôle. Les résultats de l’étude de Busch confirment aussi cette hypothèse [Busch, 1990].

1.6.4 L’opportunité adaptative - contraintes et restrictions


L’acceptabilité thermique d’une ambiance est extrêmement dépendante de la
possibilité de mise en œuvre des mécanismes adaptatifs. L’interaction comportementale
nécessite que le sujet ait les moyens d’exercer librement les différentes actions plausibles
concernant son état personnel ou l’environnement. Mais certaines circonstances peuvent
contrarier le mécanisme comportemental en imposant des restrictions sur une ou plusieurs des
actions envisageables. Ces restrictions correspondent souvent à un empêchement total ou
partiel sur certaines actions en les maintenant à un niveau fixe ou variable dans un intervalle
borné. Elles sont dues aux caractéristiques du bâtiment en général et du local en particulier
(fenêtres inopérables ou bloquées, organisation spatiale et aménagement : bureau paysagé ou
cloisonné, positions par rapport à la fenêtre et autres facilités), ainsi que du mode de
fonctionnement des équipements de contrôle de l’ambiance (contrôles centralisés ou
individuels au niveau du poste). Ces restrictions dépendent aussi de l’organisation sociale
dans le bâtiment (code vestimentaire).
Humphreys a identifié plusieurs types de contraintes qui imposent des restrictions
sur l’adaptation [Humphreys, 1998]. Il y a le climat qui influence le mode de vie des hommes,
leurs façons de se vêtir, la conception des bâtiments et le style de vie dans les bâtiments. La

53
Les approches du confort thermique

culture joue aussi un rôle important en affectant le style vestimentaire ou architectural. Elle
est souvent liée au climat. Le climat et la culture peuvent présenter ainsi, d’une façon directe
ou indirecte, des contraintes sur le mécanisme adaptatif. L’aspect économique présente aussi
une contrainte à travers les coûts importants relatifs à l’installation et au fonctionnement des
équipements de contrôle d’ambiance. Des contraintes relatives à la conception architecturale
et technique peuvent apparaître (positionnement et taille des fenêtres, la présence des stores
fixes ou amovibles, contrôle de la climatisation central ou local, bureaux paysagés qui
limitent le degré de contrôle des personnes, etc. ). Les conditions sociales et professionnelles
imposent aussi des contraintes selon le type de travail (code vestimentaire, travailler dans un
endroit fixe). Enfin l’interaction sensorielle joue aussi un rôle considérable à travers le conflit
entre les différents aspects sensoriels (une fenêtre donnant sur une rue bruyante pénalise son
ouverture).
Afin d’identifier et de quantifier les effets des mécanismes adaptatifs mis en œuvre
par les individus dans leurs lieux de vie, le projet européen PASCOOL a utilisé la notion
d’opportunité adaptative pour représenter le degré de liberté de l’occupant à mettre en œuvre
l’adaptation qui lui permet d’améliorer son confort [Yannas, 1995]. L’opportunité adaptative
est due en partie à certaines caractéristiques du bâtiment (présence de store amovible,
possibilité de manoeuvrer les fenêtres). Elle dépend aussi des contraintes sociales (possibilité
de s’habiller à son gré). L’opportunité adaptative permet aux occupants de s’adapter à leurs
environnements en ajustant les conditions de l’ambiance selon leurs convenances et en
s’adaptant eux-mêmes aux conditions dans leurs environnements [Humphreys, 1998]. Ainsi
une opportunité adaptative élevée permet à l’occupant de tolérer le changement et la variation
de l’ambiance en proposant, dans le local, les moyens d’agir et d’exercer les actions
nécessaires, même si ces actions ne sont pas mises en oeuvre par l’occupant. Pour cela, il est
important de distinguer les opportunités disponibles dans le local et celles perçues par
l’occupant.
Pour quantifier les effets des mécanismes adaptatifs, le projet PASCOOL a défini
ainsi des incréments sur les limites du confort précisées par les normes, en fonction de
l’opportunité adaptative, en utilisant les résultats des études in situ réalisées à Athènes et à
Lyon [Yannas, 1995]. Dans les 864 observations réalisées, 273 ajustements comportementaux
ont été effectués, permettant d’exprimer une satisfaction même à une température de 30.5 °C
(Athènes) contre 27°C prévu par le modèle de Fanger. Le tableau 1.4 montre les différentes
valeurs de l’incrément sur la température de confort évaluées par le projet PASCOOL en
fonction des opportunités relatives au bâtiment et à l’occupant.

54
Les approches du confort thermique

Opportunités adaptatives Incrément


Bâtiment °C
1 Utilisation des moyens de contrôle 2
2 Variation spatiale 1.5
3 Variation temporelle 0.25
Occupant °C
4 Vêture et posture 1.8
5 Métabolisme 0.9
6 Psychologique 0.5

Tableau 1.4 – Les incréments de température du confort. [Yannas, 1995]

1.6.5 Les modèles adaptatifs


En analysant les résultats d’un grand nombre d’études in situ réalisées à travers le
monde (pour différents climats, saisons et cultures), Humphreys a trouvé que la température
de confort est fortement corrélée à la moyenne de la température intérieure mesurée, comme
le montre la Figure 1.7 [Nicol, 2002]. De plus, le confort thermique est obtenu dans un large
intervalle de température intérieure allant de 17.5 °C jusqu’à 32 °C. La diversité et la
variabilité des températures de confort rencontrées dans les différentes études montrent la
dépendance contextuelle du confort thermique qui est obtenu dans des conditions largement
différentes grâce aux mécanismes adaptatifs.
Puisque la température intérieure dépend de la température extérieure, Humphreys a
essayé d’exprimer la température de confort en fonction du climat extérieur. Il a utilisé la
moyenne mensuelle de la température extérieure comme variable indépendante pour tracer les
variations de la température de confort considérée comme variable dépendante.

35
Température de confort [°C]

30

25

20

15
10 15 20 25 30 35 40
Température intérieure moyenne [°C]

Figure 1.7 – La corrélation entre la température de confort et la température intérieure moyenne. [Nicol,
2002]

55
Les approches du confort thermique

Les formules développées permettent ainsi de calculer la température de confort en


fonction du climat extérieur selon le type du traitement thermique des bâtiments. Mais le
confort thermique dépend de nombreux autres facteurs. Or la plupart des études réalisées
suggèrent la dépendance entre ces facteurs (isolement vestimentaire, l’utilisation des moyens
de contrôle, la posture, le métabolisme) et la température extérieure [De Dear, 1997]
La figure 1.8 montre la corrélation entre ces deux variables, et suggère une
distinction selon le type de bâtiment. Dans les bâtiments non climatisés (à ventilation
naturelle), l’influence du climat extérieur est plus marquant. Les deux variables sont
fortement liées par une corrélation linéaire. Humphreys a proposé une régression linéaire
pour calculer la température de confort Tc en fonction de la moyenne mensuelle de la
température extérieure To. Pour les bâtiments climatisés, la corrélation entre la température de
confort et la température extérieure n’est pas linéaire, néanmoins elle reste significative.
Humphreys propose une régression exponentielle pour les bâtiments non climatisés.

tc = 11.9 + 0.534×to Eq. 1.23


tc = 23.9 + 0.295 × (to − 22) × exp − ⎡⎣(to − 22) /(24 2) ⎤⎦ ( ) Eq. 1.24

Auliciems a proposé une autre régression multiple pour calculer la température de


confort en fonction de la température intérieure et de la température extérieure. Il a utilisé la
même base de données que Humphreys en incluant les études postérieures. La formule est la
suivante. [De Dear, 2003]

Tc = 0.48×Ti + 0.14×To +9.22 Eq. 1.25

Bâtiments climatisés (B) Bâtiments non climatisés (A)

30
Température de neutralité [°C]

28
A
26
24

22

B 20

18
16

14

12
-24 -22 -20 -18 -16 -14 -12 -10 -8 -6 -4 -2 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34
Moyenne mensuelle de la température extérieure [°C]

Figure 1.8 – La corrélation entre la température de confort et la température moyenne extérieure selon deux
types de bâtiments : climatisés et non climatisés.

56
Les approches du confort thermique

Les formules développées permettent ainsi de calculer la température de confort en


fonction du climat extérieur selon le type du traitement thermique des bâtiments. Mais le
confort thermique dépend de nombreux autres facteurs. Or la plupart des études réalisées
suggèrent la dépendance entre ces facteurs (isolement vestimentaire, l’utilisation des moyens
de contrôle, la posture, le métabolisme) et la température extérieure [De Dear, 1997].
Ainsi le climat, exprimé par la moyenne mensuelle de la température extérieure,
permet de prendre en compte les effets des autres facteurs d’une façon indirecte, et le modèle
empirique proposé prend la forme d’une boîte noire. Les conditions de confort thermique
peuvent être déterminées en fonction du climat selon le type du bâtiment.
Les mécanismes adaptatifs étant dynamiques, le temps joue ainsi un rôle important
dans l’expression du confort. La plupart des actions mises en œuvre par les occupants
nécessitent un certain délai pour avoir un effet. Ce délai peut être quelques heures, quelques
jours, voire quelques semaines selon la nature de l’action considérée (ouvrir une fenêtre
nécessite peu de temps alors que l’adaptation de la vêture aux changements saisonniers pourra
prendre plus de temps). Ainsi la moyenne mensuelle de la température extérieure ne suffit pas
pour calculer la température de confort, et doit être remplacée par un autre indice qui prend en
compte les variations séquentielles du climat extérieur. Il sera préférable de procéder à une
analyse de séries chronologiques pour déterminer l’influence du passé thermique, mais la
plupart des études réalisées ne permettent pas ce type d’analyse surtout que les données sont
souvent chronologiquement continues (coupées souvent pendant le soir ou le week-end)
[Nicol, 2002]. Humphreys propose d’utiliser la moyenne mobile exponentielle comme indice
pour représenter le climat extérieur dans le calcul de la température de confort. Celle-ci est
une série chronologique, elle détecte les tendances et permet ainsi de prendre en compte
l’aspect dynamique du confort thermique. La moyenne mobile exponentielle de la
température donne davantage de poids aux expériences récentes au détriment des expériences
les plus anciennes. Elle peut être calculée de la façon suivante [Nicol, 1994].

n
Trm = (1 – α)×{(n-1)Tod + α ×(n-2)Tod + α² ×(n-3)Tod + …}
n
Trm = (1 – α)×(n-1)Tod + α ×(n-1)Trm Eq. 1.26
Avec
n
Trm = la moyenne mobile exponentielle de la température au jour (n), °C
(n-1)
Tod = la moyenne de la température extérieure au jour (n-1), °C
α= une constante de temps, 0 ≤ α ≤ 1

La moyenne pondérée est calculée sur une période de n jours à partir des valeurs de
la température moyenne extérieure sur les n intervalles antérieurs. La constante de temps α
permet de pondérer l’effet des températures passées. Plus α est grand, plus l’effet est
important. Plusieurs études ont été réalisées pour déterminer la valeur de α. La meilleure
corrélation entre la moyenne mobile exponentielle et la température de confort est obtenue
pour une valeur de α = 0.80 [Nicol, 1994].

57
Les approches du confort thermique

Plusieurs projets de recherche ont été développés sur le confort adaptatif, vu


l’intérêt pour son potentiel d’économie en énergie. Au niveau de l’Europe, le projet SCATs a
permis le développement d’un algorithme de contrôle adaptatif pour les bâtiments climatisés.
Le projet de recherche RP-884 de l’ASHRAE a proposé un algorithme pour le confort
adaptatif dans les bâtiments à ventilation naturelle. Nous présentons ci-après ces deux projets.

1.6.5.1 L’algorithme du contrôle adaptatif – ACA


Le projet européen SCATs, lancé en décembre 1997 pour une durée de trois ans, a
porté sur l’approche adaptative du confort thermique en vue de faciliter son application dans
les bâtiments. Cinq pays avaient participé au projet : le Royaume-Uni, la France, la Suède, la
Grèce et le Portugal. La France était représentée par le Laboratoire des Sciences de l’Habitat
(LASH – ENTPE). Le projet visait à mettre en œuvre un moyen de réduire les consommations
d’énergie dans les bâtiments climatisés et d’encourager l’utilisation des bâtiments à
ventilation naturelle (dont les consommations d’énergie sont nettement plus faibles) en
développant un système de régulation basé sur l’approche adaptative du confort thermique
[Nicol, 2001]. Au lieu de maintenir une température de consigne stricte dont les variations
sont limitées dans un intervalle étroit (22 ± 2 °C par ex.), l’algorithme pourrait permettre une
température de consigne variable comme suggéré par l’approche adaptative. Les principaux
objectifs du projet étaient de mener d’abord une campagne expérimentale sur le confort
thermique dans les bâtiments à travers l’Europe (les cinq pays participants), puis en analysant
les résultats des différentes études in situ, de développer l’algorithme du système de
régulation pour les bâtiments climatisés et à ventilation naturelle, et dans une dernière étape
tester les performances énergétique et thermique avec des études de cas.
Le Tableau 1.5 présente les algorithmes développés pour les différents pays
participants. Ces algorithmes permettent de calculer les températures de confort Tc à partir de
la moyenne mobile exponentielle de la température extérieure calculée avec une constante de
temps α = 0.80. L’application de l’algorithme dans deux bâtiments climatisés, l’un en Suède
et l’autre au Royaume-Uni, a permis de ne constater aucune détérioration dans le niveau de
confort. Il y avait même eu une légère amélioration. Quant à l’aspect énergétique, une
économie de 30 % de la charge de climatisation a été constatée pour le deuxième bâtiment.

Pays Algorithme du contrôle adaptatif pour le calcul


de la température de confort
TMR80 ≤ 10 °C TMR80 > 10 °C
France 0.049×TMR80 + 22.58 0.206×TMR80 + 21.42
Grèce n.a. 0.205×TMR80 + 21.69
Portugal 0.381×TMR80 + 18.12 0.381×TMR80 + 18.12
Suède 0.051×TMR80 + 22.83 0.051×TMR80 + 22.83
Royaume-Uni 0.104×TMR80 + 22.58 0.168×TMR80 + 21.63
Tout 22.88 °C 0.302×TMR80 + 19.39
Tableau 1.5 – L’algorithme du confort adaptatif développé dans le cadre du projet SCATs [McCartney, 2002].
58
Les approches du confort thermique

1.6.5.2 La norme du confort adaptatif - ACS


Le projet de recherche RP-884, mis en place par l’ASHRAE en 1995, avait pour
objectif de développer un modèle adaptatif du confort thermique pour compléter la norme
américaine ASHRAE - standard 55 qui précise les conditions du confort thermique à travers
un modèle rationnel basé sur le bilan thermique du corps humain. Pour avoir une base de
données aussi large que possible, le projet a assemblé les différentes études in situ sur le
confort thermique menées par les différentes équipes de recherche à travers le monde. Un
premier tri a été effectué selon la qualité des mesures dans les différentes études et leur
conformité avec les normes concernant la mesure physique et l’évaluation subjective des
ambiances thermiques. Les données retenues ont été soumises à un protocole de
standardisation pour avoir une base de données consistante et cohérente, surtout en ce qui
concerne l’isolement vestimentaire. La base de données finale comporte près de 21000
observations obtenues dans 160 bâtiments situés dans les différentes régions climatiques et
géographiques [De Dear, 1997, 2002].
La base de données a été scindée en deux selon le type des bâtiments : bâtiments
climatisés et bâtiments à ventilation naturelle. Ces dernières correspondent aux bâtiments qui
ne disposent pas d’une installation mécanique de refroidissement. La ventilation naturelle est
assurée par ouverture des fenêtres contrôlées directement par les occupants. Dans les
bâtiments climatisés, ce contrôle est limité ou absent. Le système de chauffage n’était pas
pris en compte car les études étaient réalisées en été. La base de données est disponible aux
téléchargements à partir du lien suivant :
http://atmos.es.mq.edu.au/~rdedear/ashrae_rp884.html [De Dear, 2003]

Bâtiments à climatisation centrale


27
Température de confort [°C]

26

25

24

23

22
Modèle adaptatif (RP-884)
21
Modèle statique (PMV)
20
-5 0 5 10 15 20 25 30 35
Moyenne mensuelle de la température extérieure [°C]

Figure 1.9 – Modèle adaptatif proposé par le projet RP-884 pour les bâtiments climatisés. [de Dear, 2003]

59
Les approches du confort thermique

Bâtiments à ventilation naturelle


27

Température de confort [°C] 26

25

24

23

22
Modèle adaptatif (RP-884)
21
Modèle statique (PMV)
20
-5 0 5 10 15 20 25 30 35
Moyenne mensuelle de la température extérieure [°C]

Figure 1.10 – Modèle adaptatif proposé par le projet RP-884 pour les bâtiments à ventilation naturelle. [de
Dear, 2003]

L’analyse statistique de la base de données a permis de déterminer des régressions


linéaires pour la température de confort en fonction de la température extérieure. La Figure
1.9 et la Figure 1.10 montrent les régressions obtenues pour les bâtiments climatisés et les
bâtiments à ventilation naturelle respectivement. Chaque figure comporte deux régressions,
une correspond aux votes de confort observés in situ (le modèle adaptatif), et l’autre aux votes
prévus par le modèle statique de Fanger (PMV). Alors que le modèle statique a permis une
bonne approximation des votes de confort observés dans les bâtiments climatisés, la Figure
1.10 montre sa déficience à exprimer le vote de confort dans les bâtiments à ventilation
naturelle. Le modèle statique du PMV permet de prendre en compte les ajustements
comportementaux concernant la vitesse de l’air et la vêture (ceux-ci étant parmi les six
paramètres de base considérés dans l’équation du confort thermique), ce qui explique sa
réussite à exprimer le vote de confort dans les bâtiments climatisés. Le PMV peut être ainsi
considéré partiellement adaptatif, mais les résultats obtenus dans les bâtiments à ventilation
naturelle suggèrent un autre type d’adaptation. De Dear [De Dear, 1997] propose le rôle de
l’adaptation psychologique (expectative et accoutumance) comme explication. Il utilise la
régression linéaire des votes de confort pour développer une norme sur le confort adaptatif
comme alternative à la méthode statique de l’ASHRAE standard 55. La méthode développée
permet de calculer la température de confort Tconf dans les bâtiments à ventilation naturelle en
fonction de la moyenne mensuelle de la température extérieure Ta,out.

Tconf = 0.31×Ta,out + 17.8 Eq. 1.27

De Dear définit une bande de 5 °C de largeur autour la température de confort pour


90 % d’acceptabilité, et de 7 °C de largeur pour 80 % d’acceptabilité. L’ASHRAE standard
55 recommande d’utiliser cette méthode uniquement pour les bâtiments à ventilation naturelle

60
Les approches du confort thermique

dont les fenêtres peuvent être opérées directement par les occupants engagés par une activité
légère et n’ayant aucune restriction pour ajuster leurs vêtements. Cette méthode doit
également être utilisée pour une température extérieure comprise entre 10 °C et 33 °C.

1.7 Le confort thermique dans les normes


L’organisation internationale de normalisation, l’ISO, propose des normes
concernant l’ergonomie des ambiances thermiques. Elle spécifie les méthodes de mesurage et
d’évaluation des ambiances thermiques. L’utilisation des normes vaut tant pour l’appréciation
et l’amélioration de conditions thermiques existantes que pour la conception de nouvelles
conditions. Parmi les normes thermiques, il y a celles relatives aux ambiances chaudes,
modérées ou froides, celles qui traitent le contact humain avec les surfaces solides, et celles
qui sont normes de support (tableau 1.7).
Pour les ambiances thermiques chaudes, la norme ISO 7243 propose une méthode
simple basée sur le calcul d’un indice, le WBGT (wet bulb globe temperature). Si cet indice
dépasse les valeurs de référence, une analyse du bilan thermique et de la sudation requise sera
nécessaire comme l’indique la norme ISO 7933. La norme ISO 9886 précise la modalité de
mesures physiologiques de l’astreinte thermique.
La norme ISO 7730 fournit une méthode analytique pour l’évaluation des
ambiances thermiques modérées en se référant aux indices PMV et PPD. Elle intègre aussi les
inconforts locaux. Cette norme a été révisée en 2005. La nouvelle révision proposée prend en
compte l’effet de l’augmentation de la vitesse d’air (pour compenser une élévation de la
température d’air), l’humidité relative, l’inconfort thermique local et le confort thermique
général à long terme (en fonction d’un facteur de pondération utilisé pour calculer le nombre
ou le pourcentage d’heures où le PMV et la température opérative sont au-delà d’une plage
spécifiée) [Olesen, 2002]. Elle aborde l’adaptation et son influence dans les bâtiments non
climatisés (utilisant la ventilation naturelle) sans proposer un modèle ou une alternative. Enfin
elle propose trois catégories de confort thermique : catégorie A (PPD < 6 % et |PMV| < 0.2),
catégorie B (PPD < 10 % et |PMV| < 0.5) et catégorie C (PPD < 15 % et |PMV| < 0.7). Le
Tableau 1.6 présente un exemple d’exigences de confort thermique. Enfin, dans les ambiances
modérées, la norme ISO 10551 permet d’évaluer les réponses subjectives des personnes dans
les ambiances modérées en fournissant plusieurs échelles de jugements subjectifs.

61
Les approches du confort thermique

Température opérative (°C) Vitesse moyenne max de l’air (m/s)


Type de bâtiment Activité Eté (saison de Hiver (saison de Eté (saison de Hiver (saison de
Catégorie
/ Lieu (met) refroidissement réchauffement refroidissement réchauffement
de l’ambiance) de l’ambiance) de l’ambiance) de l’ambiance)
Bureau individuel
1.2 A 24.5 ± 1.0 22.0 ± 1.0 0.12 0.10
« Open-space »
Salle de
conférence B 24.5 ± 1.5 22.0 ± 2.0 0.19 0.16
Auditorium
Restaurant
C 24.5 ± 2.5 22.0 ± 3.0 0.24 0.21
Salle de classe

Différence verticale Plage de Asymétrie de rayonnement de température (°C)


Catégorie de température température
(°C) du sol (°C) Plafond chaud Mur froid Plafond froid Mur chaud

A <2 19 – 29 <5 < 10 < 14 < 23


B <3 19 – 29 <5 < 10 < 14 < 23
C <4 17 – 31 <5 < 13 < 18 < 35

Tableau 1.6 –Les exigences de confort thermique pour les types de lieux indiqués. [AFN(03]

Pour les ambiances thermiques froides, la norme ISO 11079 présente une méthode
analytique pour déterminer l’isolement requis vestimentaire. Le contact avec les surfaces
solides est traité dans les parties 1, 2 et 3 de la norme ISO 13732 (surfaces à température
chaude, modérée et froide respectivement). Les normes de support permettent de déterminer
le métabolisme (ISO 8996) ou l’isolement vestimentaire (ISO 9920). D’autres précisent les
caractéristiques des instruments et les méthodes de mesures des grandeurs physiques de
l’ambiance thermique (ISO 7726), ou les principes et l’application des normes internationales
pertinentes (ISO 11399) ainsi que les symboles et le vocabulaire (ISO 13731). Certaines
normes ont été homologuées en normes françaises et/ou européennes.
En France, la réglementation thermique RT2000 a consacré pour la première fois
une partie sur le confort thermique d’été, le confort thermique d’hiver étant assuré par le
chauffage (les températures de consigne sont définies pour les différents types d’usage des
bâtiments). La RT2000 vise à limiter les surchauffes en été dans les bâtiments non climatisés
et à réduire les consommations de climatisation dans ceux climatisés. L'objectif réglementaire
se décline en deux exigences : d’une part, respecter des exigences minimales qui concernent
l'ouverture libre des baies (30 % pour les locaux courants et 10 % pour les locaux de grande
hauteur) et la protection solaire des locaux de sommeil (devant respecter les valeurs de
référence), et d’autre part obtenir pour le bâtiment (ou chacune de ses zones) une température
intérieure conventionnelle Tic inférieure ou égale à celle obtenue dans le bâtiment sur lequel
sont déterminées les valeurs de référence Ticref. Cette exigence peut être vérifiée par le calcul
ou par le respect direct des références. Le calcul de Tic et Ticref se fait suivant les règles th-E

62
Les approches du confort thermique

de la réglementation RT2000. La RT2000 est remplacée par la RT2005 qui incite à limiter le
recours à la climatisation, en lien avec le renforcement des exigences sur le confort d’été ainsi
que le calcul des éventuelles consommations de génération de froid.

Norme Titre
NF EN ISO 7730 Ergonomie des ambiances thermiques -- Détermination analytique et interprétation du confort
thermique par le calcul des indices PMV et PPD et par des critères de confort thermique local
Ambiance modérée

(2005)
NF EN ISO 10551 Ergonomie des ambiances thermiques – Evaluation de l’influence des ambiances thermiques à
l’aide d’échelles de jugements subjectifs (Juin 2001)
ISO 13732-2 Ergonomie des ambiances thermiques - Méthodes d'évaluation de la réponse humaine au
contact avec des surfaces -- Partie 2: Contact humain avec des surfaces à température modérée
(2001)
ISO 7243 (NF Ambiances chaudes – Estimation de la contrainte thermique de l’homme au travail, basée sur
Ambiance chaude

EN 27243) l’indice WBGT (température humide et de globe noir), (Février 1994)


ISO 7933 Ambiances thermiques chaudes – Détermination analytique et interprétation de la contrainte
(NF EN 12515) thermique fondées sur le calcul de la sudation requise (Septembre 1997)
ISO 13732-1 Ergonomie des ambiances thermiques - Méthodes d'évaluation de la réponse humaine au
contact avec des surfaces -- Partie 1: Surfaces chaudes
ISO 11079 Évaluation des ambiances froides -- Détermination de l'isolement requis des vêtements (1993)
Ambiance froide

ISO 13732-3 Ergonomie des ambiances thermiques - Méthodes d'évaluation de la réponse humaine au
contact avec des surfaces -- Partie 3: Surfaces froides (2005)

NF EN ISO 11399 Ergonomie des ambiances thermiques – Principes et application des Normes internationales
pertinentes (Mars 2001)
NF EN ISO 7726 Ergonomie des ambiances thermiques – Appareils de mesure des grandeurs physiques (Janvier
2002)
Normes de support

NF EN ISO 9886 Evaluation de l’astreinte thermique par mesures physiologiques (Juin 2001)
ISO 8996 (NF Ergonomie – Détermination de la production de la chaleur métabolique (Février 1994)
EN 28996)
NF ISO 9920 Ergonomie des ambiances thermiques – Détermination de l’isolement thermique et de la
résistance à l’évaporation d’une tenue vestimentaire (Juin 1995)
NF EN ISO 12894 Ergonomie des ambiances thermiques – Surveillance médicale des personnes exposées à la
chaleur ou au froid extrêmes (Septembre 2001)
NF EN ISO 13731 Ergonomie des ambiances thermiques – Vocabulaire et symboles (Mais 2002)

Tableau 1.7 – Liste des normes ISO qui traitent les ambiances thermiques.

63
Les approches du confort thermique

1.8 Conclusion
Cet état de l’art sur le confort thermique montre le conflit actuel entre deux
approches : l’approche analytique et l’approche adaptative.
L’approche analytique traite le confort thermique à travers le calcul du bilan
thermique du corps humain. Le calcul du bilan permet de prédire le niveau de confort à
travers des indices déterminés par les expérimentations en chambres climatiques. Ces indices,
pourtant supposés universels, montrent une incapacité de prédire les conditions de confort
rencontrées dans les études in situ. Ils sont adéquats pour le cas des bâtiments climatisés, mais
manque de fiabilité dans les bâtiments à ventilation naturelle avec une tendance à surestimer
le niveau d’inconfort. La généralisation de l’utilisation de ces indices implique un recours
systématique à la climatisation des ambiances et induit des dépenses énergétiques
exorbitantes.
La deuxième approche considère le confort thermique à travers les réactions
comportementales qui caractérisent la capacité adaptative de l’occupant dans son
environnement. Cette approche, dite adaptative, utilise les résultats des études expérimentales
in situ pour définir les conditions de confort en fonction des données météorologiques
extérieures. Elle traite chaque type de bâtiment séparément, et définit la zone de confort en
fonction du contexte climatique. Cette approche suscite actuellement beaucoup d’intérêts, une
réflexion est menée afin de l’inclure dans les normes actuelles qui ne sont, pour l’instant, que
basées sur les méthodes de l’approche analytique. Cependant quelques réserves sont émises
quant à la possibilité de l’extrapoler à toutes sortes de conditions, puisque les méthodes
utilisées reposent sur des analyses statistiques des mesures réalisées dans un nombre fini de
bâtiments.
Malgré le conflit apparent entre les deux approches, elles ne sont pas contradictoires
dans le principe. Elles sont complémentaires. L’approche analytique se focalise sur l’aspect
physique et physiologique du confort thermique. L’approche adaptative traite le confort
thermique à travers les réactions comportementales et adaptatives de l’occupant dans son lieu
de vie habituel. Mais le confort thermique ressenti par l’occupant est lié aux deux aspects. La
différence se situe dans la démarche suivie par chaque approche pour définir les conditions de
confort. Notre ambition à travers ce travail est de caractériser le confort thermique en
associant les deux approches, permettant d’avoir une vision globale et non réductrice du
confort thermique dans les bâtiments.

64
2 Investigation sur les ambiances
thermiques dans les bâtiments in situ

2. Chapitre II : Investigation sur les


ambiances thermiques in situ

Introduction

Comme nous venons de voir dans le chapitre précédent, le confort thermique


dans les bâtiments est sujet à un nombre important d’indices issus de deux
approches qui se rejoignent dans certains aspects, et s’opposent dans d’autres.
Pour cela, nous avons décidé de mener une étude in situ sur le confort
thermique afin d’illustrer concrètement l’approche bibliographique. Cette étude
permet de tester en conditions réelles, la pertinence des deux approches du
confort thermique, ainsi que d’évaluer la capacité des indices issus des deux
approches à retranscrire le confort ressenti par les occupants. Elle permet
également de déterminer le rôle des aspects non thermiques dans la perception
des ambiances, notamment les réactions comportementales des occupants.
Nous présentons dans ce chapitre l’étude expérimentale que nous avons menée
dans huit bâtiments de bureaux. Nous commençons par décrire la méthodologie
utilisée ainsi que les bâtiments enquêtés. Nous passons ensuite à l’analyse des
résultats de l’expérimentation qui sont comparés d’abord avec les
recommandations et les prévisions des normes et des modèles issus des deux
approches. Nous analysons aussi les interactions entre les différentes variables
mesurées et les indices du confort thermique. Enfin, Nous étudions l’influence
des paramètres non thermiques notamment le comportement des occupants et
le contrôle individuel.
Expérimentation

2.1 Etude expérimentale

2.1.1 Les enquêtes in situ


A travers la littérature sur les enquêtes in situ réalisées sur le confort thermique,
nous n’avons pu distinguer que peu d’enquêtes réalisées en France. Il y avait une enquête
réalisée par le Laboratoire des Sciences de l’Habitat [Nicol, 2001] dans le cadre du
programme européen SCATs pour développer un algorithme de confort adaptatif. Cette étude
a été réalisée dans cinq bâtiments sur la ville de Lyon. Une autre étude a été réalisée par le
CSTB [Collard, 2001] dans neuf bâtiments de bureaux dont sept en région parisienne, un en
région lyonnaise et un en région languedocienne.
Les études in situ sur le confort thermique ont constitué une étape importante pour
ouvrir la voie devant l’approche adaptative du confort thermique dans les bâtiments. Depuis le
travail pionnier de Bedford en 1936 [Humphreys, 1998], les enquêtes se sont multipliées sous
les différents climats (sec, humide, tropical, méditerranéen, etc.) avec comme cibles
principales les bâtiments résidentiels et de bureaux. Les méthodes d’enquête utilisées ont été
aussi variées que leurs objectifs. Certaines enquêtes sont exploratoires, elles cherchent à
déterminer les conditions du confort thermique dans différents types de bâtiment sous
différents climats [Oseland, 1995]. D’autres enquêtes visent en plus à évaluer les différents
indices et normes sur le confort thermique [Busch, 1990, De Dear, 1985, De Dear, 1994,
Schiller, 1990]. Il y a aussi des enquêtes qui étudient l’influence d’un élément particulier sur
le confort thermique (l’utilisation de la climatisation, du contrôle individualisé,…). Enfin,
nous retrouvons les enquêtes réalisées dans le but de développer un nouvel indice ou une
nouvelle loi pour le confort thermique, ce qui est le cas de l’approche adaptative qui a
mobilisé plusieurs enquêtes réalisées ces dernières années [Bouden, 2005, De Dear, 1998,
Nicol, 2001]. Ainsi retrouvons nous des études in situ comportant des simples mesures
physiques de la température et de l’humidité, et d’autres qui englobent des mesures physiques
détaillées de l’ambiance thermique ainsi que l’évaluation perceptive de l’ambiance thermique
par les différents sujets, accompagnée par les observations sur leurs vêtures et leurs activités.
Nicol propose de classer les enquêtes in situ en trois niveaux selon l’étendue et la
précision des mesures réalisées. Il s’agit des mesures physiques et subjectives [Nicol, 1993].
De plus, il distingue deux types d’enquête selon le mode d’échantillonnage : enquête
transversale et enquête longitudinale. De Dear a utilisé la même classification pour créer la
base de données globale qu’il a utilisée afin de développer le modèle du ACS sur le confort
adaptatif [De Dear, 2003]. Nous présentons ci-après les deux classifications des enquêtes.

67
Expérimentation

2.1.1.1 Classification des enquêtes in situ


Les trois niveaux des enquêtes in situ sont les suivants :
Niveau I : des mesures physiques de la température de l’air, avec ou sans l’humidité
de l’air, sont effectuées à un seul endroit dans le local. Les mesures peuvent être ponctuelles
ou continues. Elles peuvent être accompagnées d’une description succincte des sujets et de
certaines caractéristiques du bâtiment ainsi que d’une évaluation asynchrone de l’ambiance
thermique par les sujets. Ce type d’enquête permet d’avoir des informations sur l’ambiance
thermique sans beaucoup impliquer les occupants. Les enquêtes utilisées par Humphreys et
Auliciems pour développer le modèle primitif du confort adaptatif sont considérées de ce
type.
Niveau II : ce niveau correspond à l’enquête classique sur le confort thermique
pendant laquelle les différentes grandeurs physiques de l’ambiance thermique (température de
l’air, température radiante, vitesse de l’air et humidité de l’air) sont mesurées conformément
aux normes ISO 7730 et ISO 7726, et parallèlement à l’évaluation subjective de l’ambiance
thermique à l’aide d’échelles de jugements subjectifs (vote de perception, vote d’évaluation et
vote de préférence).
Niveau III : par rapport au niveau précédent, les enquêtes doivent inclure en plus les
informations sur les vêtures et les activités des sujets pour permettre de calculer les différents
indices de confort, notamment le PMV/PPD et le SET. Le confort, déduit des indices calculés,
peut ainsi être comparé à celui perçu par les sujets in situ. Les différentes mesures doivent être
conforme aux normes ISO 7730 et ISO 7726. Les enquêtes peuvent être complétées par des
observations sur le comportement des sujets (l’utilisation des moyens de contrôle de
l’ambiance thermique) selon l’étendue et l’objectif de l’enquête. Les enquêtes réalisées par
Schiller, Busch ou de Dear sont de niveau III. [Schiller, 1988, Busch, 1990, De Dear, 1985]

2.1.1.2 Le mode d’échantillonnage


Les trois niveaux cités dans le paragraphe précédent correspondent à la majorité des
enquêtes rencontrées sur terrain, mais les enquêtes in situ sont aussi divisées en deux
catégories selon la méthode d’échantillonnage : les enquêtes transversales et les enquêtes
longitudinales. Les enquêtes transversales sont réalisées avec une large population où chaque
individu contribue à un seul ou un nombre limité de votes. Dans les enquêtes longitudinales,
la population est limitée, mais le nombre de contribution de chaque individu est beaucoup
plus important permettant ainsi de suivre l’évolution du confort thermique sur une séquence
de temps.

Les enquêtes transversales

En utilisant une large population, ce type d’enquête permet d’éviter un


échantillonnage biaisé et d’avoir une précision acceptable pour les résultats. De plus, elle
limite la perturbation du quotidien des sujets participants en minimisant le nombre
d’interventions. Même si ce type d’enquête ne permet pas un suivi de près du confort

68
Expérimentation

thermique sur une séquence de temps, il permet d’explorer les conditions thermiques typiques
dans les différents types de bâtiment et les comparer aux perceptions et aux attentes des
occupants afin d’en dégager les conditions de confort thermique pour les différents cas. Pour
cela, il faut construire une base de données tout en tenant compte du contexte climatique,
architectural et social.

Les enquêtes longitudinales

Les enquêtes transversales sont préférables pour explorer la qualité des ambiances
thermiques dans les bâtiments, mais elles contribuent peu à la compréhension des processus
d’adaptation qui nécessitent de suivre l’évolution de l’état thermique de l’ambiance et des
sujets sur une période de quelques jours, ou quelques mois selon le processus observé. Les
enquêtes longitudinales s’intéressent à un nombre limité d’individus suivis sur une période
prolongée. Une large base de données s’offre ainsi pour une étude sur l’aspect dynamique du
confort thermique (à travers une analyse de séries chronologiques) ainsi que sur les
différences interindividuelles. Mais la limite pour ce genre d’enquête consiste à trouver des
personnes disponibles pour y participer vue l’importance du temps qu’ils doivent y consacrer
(le sujet doit remplir un questionnaire plusieurs fois par jour), surtout si l’enquête est
prolongée hors l’horaire du travail. De plus, le nombre faible des participants peut biaiser les
résultats ; les participants doivent constituer un échantillon représentatif de la population.

2.1.2 Description de la méthodologie utilisée


Afin de couvrir une grande variété des conditions d’ambiance thermique, nous
avons choisi de procéder à une enquête transversale de niveau III dans différents types de
bâtiment de bureaux. Le choix des bâtiments de bureaux tient à plusieurs raisons. D’abord ce
sont des bâtiments essentiellement occupés le jour pendant les heures de travail, ce qui facilite
l’accès pendant l’enquête. De plus, le confort thermique constitue un enjeu important dans ces
bâtiments vu son impact sur la productivité. Enfin, les bâtiments de bureaux présentent une
grande diversité en terme de structure et d’équipements, et nous offre la possibilité d’étudier
la relation entre la structure des bâtiments et le confort thermique.
Le choix d’une enquête transversale correspond le mieux à nos objectifs qui visent à
étudier différentes configurations de bâtiments et nous permet aussi de minimiser les erreurs
liées à l’échantillonnage. Le niveau III nous permet aussi de calculer les différents indices
indiqués dans le chapitre 1 afin de rendre possible leur évaluation. A la suite de ces enquêtes,
nous pourrons construire une base de données comportant les informations quantitatives et
qualitatives sur les ambiances thermiques dans les bâtiments enquêtés pour les conditions
estivales et hivernales.

69
Expérimentation

2.1.2.1 Les mesures physiques


Ces mesures visent à quantifier l’environnement intérieur global et en particulier
l’ambiance thermique. Comme nous l’avons vu au chapitre précédent, l’ambiance thermique
est caractérisée par quatre grandeurs physiques : la température de l’air, la température de
rayonnement, l’humidité de l’air et la vitesse de l’air. Dans l’enquête, ces quatre grandeurs
doivent être mesurées à chaque visite auprès de chaque participant. Ainsi, les matériels de
mesure doivent être portatifs et conformes en même temps aux exigences des normes.
Pour atteindre ces objectifs, le laboratoire a acquis les matériels Vivo (voir annexe
B1) spécialement pour les enquêtes. Le Vivo est un matériel portatif et robuste, il est composé
de 3 unités qui mesurent la température opérative, la température de l’air, la vitesse de l’air et
l’humidité de l’air. Une quatrième unité, la batterie, assure l’alimentation des trois autres
unités (Figure 2.1 ). Chacune des unités peut stocker jusqu’à vingt mille mesures, et elles sont
reliées entre elles par des câbles et peuvent communiquer, via un port infrarouge, avec un
ordinateur de poche qui permet de les programmer et de contrôler les mesures. Les mesures
effectuées sont toutes conformes aux spécifications des normes ISO 7730 et ISO 7726.
Afin de mesurer l’asymétrie de rayonnement, nous avons décidé d’utiliser un
thermomètre infrarouge « Raynger MX2 ». Celui-ci permet de mesurer les températures de
surface sans contact, et permet de vérifier si l’écart des températures entre les surfaces
verticales opposées respectent les spécifications de la norme ISO 7730 ainsi que la
température du sol et la température du plafond.

V1 T
V2 R
V3

V4

S
Photos tinytag
C Photo Raytek
L

Figure 2.1 – Les instruments de mesures utilisés pendant les enquêtes.

V1 : unité vivo de mesure de la vitesse de l’air (valeur moyenne et écart-type), V2 : unité vivo de mesure de la
température opérative, V3 : unité vivo de mesure de l’humidité relative, V4 : unité vivo batterie, L :
chromamètre Minolta CL-200, C : analyseur de CO2 Anagas CD98, S : Sonomètre Solo, R : thermomètre
infrarouge Raynger MX2 et T : enregistreur miniature Tinytag.

70
Expérimentation

En parallèle aux mesures thermiques, nous avons décidé aussi de mesurer la


concentration en CO2 pour qualifier la qualité de l’air intérieur, ainsi que le niveau de
l’éclairement et le niveau sonore. La concentration en CO2 est mesurée via l’analyseur de CO2
portable « Testo 535 », le niveau d’éclairement via le chromamètre « MINOLTA CL-200 »,
et le niveau sonore via le sonomètre « SOLO ». Ceci nous permet de vérifier la possibilité
d’interaction entre les différentes composantes de l’environnement intérieur.
Enfin, nous avons utilisé des enregistreurs miniatures de température et d’humidité
de l’air « TINYTAG ». Ces enregistreurs ont été laissés dans les différents locaux visités d’un
bâtiment pendant la période de l’enquête. Ils permettent un enregistrement continu, avec un
pas de temps de cinq minutes, de la température et de l’humidité de l’air. Ceci permet de
comprendre le comportement thermique de chacun des bâtiments visités.
Les caractéristiques des instruments de mesures sont présentées en annexe B1.

Appareils de Ambiance thermique


Concentration Eclairement
mesures Température Température Vitesse de Humidité Température
du CO2 [ppm] [Lux]
de l’air [°C] opérative [°C] l’air [m/s] relative [%] de surface [°C]
VIVO 9 9 9 9
TINYTAG 9 9
Raynger MX2 9
Testo 535 9
Minolta CL-200 9

Tableau 2.1 - Récapitulatif des instruments de mesures utilisés pendant les enquêtes.

2.1.2.2 Enquêtes : les questionnaires


Les questionnaires constituent un élément important des différentes études in situ
réalisées. Ils sont distribués aux participants au moment des mesures et leur permettent
d’évaluer l’état thermique personnel ainsi que la qualité de l’environnement intérieur du
bâtiment sur des échelles prédéfinies. Les questionnaires permettent aussi de récolter les
informations sur la vêture et l’activité des participants afin de calculer des différents indices
de confort. Les réponses recueillies par les questionnaires servent à qualifier l’environnement
intérieur des bâtiments du point de vue des occupants, ainsi que d’évaluer les indices
théoriques du confort thermique en les comparant aux résultats de votes sensoriels et
perceptifs des participants. Dans l’approche adaptative, les questionnaires jouent un rôle
primordial puisqu’ils sont utilisés avec les mesures physiques pour développer le modèle
adaptatif du confort thermique à travers une analyse statistique.
Afin de répondre à nos objectifs, nous avons décidé d’utiliser deux types de
questionnaire. Un premier questionnaire, le questionnaire thermique, est destiné à recueillir
les votes sensoriels et perceptifs des participants ainsi que les informations sur leurs vêtures et
leurs activités. Ce questionnaire doit être rempli par les participants à chaque visite et
parallèlement aux mesures ponctuelles. Le deuxième est un questionnaire général, il est

71
Expérimentation

rempli une seule fois par les participants. Ce questionnaire vise à obtenir des données plus
générales concernant l’emploi des participants et l’atmosphère relationnel au travail, la qualité
globale de l’environnement intérieur, et l’utilisation des moyens de contrôle de l’ambiance
thermique.
Pour développer ces deux questionnaires, nous nous sommes inspirés de différents
questionnaires présents dans la littérature et destinés également à une étude de
l’environnement thermique d’un bâtiment tout en prenant en compte les spécifications de la
norme ISO 10551 relative à l’évaluation de l’influence des ambiances thermiques à l’aide
d’échelles de jugements subjectifs [AFNOR, 2001, Barbat, 2000, Bruant, 1997, Nicol, 2001,
Schiller, 1988]. Nous décrivons ci-après les deux questionnaires.

Le questionnaire thermique

Ce questionnaire est rempli par les participants à chaque visite et parallèlement aux
mesures physiques. Il requiert entre cinq et huit minutes pour le remplir. Un exemplaire est
présenté en annexe B2. Ce questionnaire comporte cinq parties.
1 - Evaluation de l’ambiance thermique. Cette partie est composée de six questions
et vise à évaluer l’ambiance thermique à l’aide des échelles de jugement perceptif, évaluatif et
préférentiel préconisés par la norme ISO 10551 [AFNOR, 2001].
2 - Estimation de l’activité. Cette partie vise à déterminer l’activité du sujet pendant
l’heure précédente aux mesures à partir d’une liste de huit activités types rencontrées dans les
bureaux. Les activités types ont été déterminées à partir de la norme ISO 8996 [AFNOR,
1994] qui propose la valeur du métabolisme pour chacune des activités
3 - Estimation de la vêture. Dans cette partie, le sujet doit choisir à partir d’une liste
exhaustive les pièces vestimentaires qu’il porte au moment des mesures. La liste des pièces
vestimentaires a été déterminée en se basant sur la norme ISO 9920 [AFNOR, 1995] qui
propose pour chacune des pièces la valeur de l’isolement vestimentaire.
4 - Evaluation de l’ambiance globale. Cette partie permet d’évaluer la qualité de
l’air ainsi que le confort visuel et acoustique perçus par le sujet à l’aide d’une échelle
sémantique différentielle.
5 - Utilisation des contrôles individuels. Dans cette partie le sujet doit indiquer s’il a
utilisé ou non, pendant l’heure précédente aux mesures, un des moyens de contrôle
disponibles dans le local.

Le questionnaire général

Ce questionnaire est rempli une seule fois par les participants indépendamment des
mesures physiques. Il requiert entre quinze et vingt minutes pour le remplir, un exemplaire est
présenté en annexe B3. Ce questionnaire est identique au questionnaire long utilisé pour le
projet européen SCATs. Un exemplaire est présenté en annexe B3. Ce questionnaire comporte
six parties.

72
Expérimentation

1 - Informations personnelles. Cette partie vise à identifier le sexe, l’âge, la taille et


le poids du sujet
2 - Emploi. Cette partie permet d’avoir une description succincte de l’emploi du
sujet ainsi qu’une évaluation perceptive du stress et de l’atmosphère relationnel au travail.
3 - Qualité de l’ambiance climatique. Dans cette partie, le sujet doit évaluer
globalement l’ambiance thermique, la qualité de l’air, l’environnement lumineux et le niveau
de bruit dans le local à l’aide d’une échelle sémantique différentielle.
4 - Caractéristiques organisationnelles et ergonomiques du bureau. Cette partie
s’intéresse à la qualité ergonomique et à l’aménagement du local. De plus, le sujet doit
évaluer le degré d’importance d’un ensemble de facteurs susceptibles d’affecter l’ambiance de
travail.
5 - Contrôle individualisé. Cette partie permet de déterminer les moyens de contrôle
disponibles dans le local ainsi que leurs importances et la fréquence d’utilisation.
6 - Santé. La dernière partie permet de déterminer la fréquence d’apparition d’un
certain nombre des maux, ainsi que la sensibilité aux conditions d’ambiance.

2.1.2.3 Protocole expérimental


La plupart des bâtiments ont été enquêtés pendant une semaine en cinq visites sur
les cinq jours de travail de la semaine. Chaque visite est effectuée en une demi journée. Les 5
visites ont été alternées entre matin et après midi. A chaque visite, les différents participants
du bâtiment ont été enquêtés pour une durée moyenne de 10 minutes par participant et selon
les étapes suivantes :
1 - Demander au sujet s’il est disponible pour commencer les mesures et remplir le
questionnaire
2 - Adresser le questionnaire journalier au sujet (3 à 5 minutes)
3 - Parallèlement, Déclencher le vivo pour une période de dix minutes en le plaçant
sur le bureau du sujet (10 minutes)
4 - En laissant le vivo en fonction, les autres mesures ponctuelles sont effectuées en
notant les observations sur le local.
5 - A la fin des dix minutes, le questionnaire est récupéré et nous nous déplaçons
pour procéder aux mesures avec les autres sujets du bâtiment.
Le questionnaire longitudinal est distribué à chaque participant au premier jour de
visite. Il est récupéré au dernier jour de visite. Les enregistreurs miniatures ont été
programmés à l’avance. Ils sont mis en place dans les locaux au premier jour de visite et
récupérés au dernier jour de visite.

73
Expérimentation

2.1.3 Présentation des bâtiments sélectionnés


Le choix des bâtiments répond à plusieurs critères concernant la structure et le
fonctionnement des bâtiments ainsi que leurs environnements, mais le critère essentiel était la
disponibilité et la volonté des personnes à participer à l’enquête. Les critères considérés pour
le choix des bâtiments sont l’inertie du bâtiment et le mode de traitement de l’ambiance
thermique en été. Les locaux sélectionnés dans les bâtiments ont été choisis de façon à avoir
les différentes orientations en façade ainsi que les différentes configurations de bureau
(individuel, collectif, cloisonné ou paysagé). Néanmoins, nous avons pu étudier huit
bâtiments avec un total de 120 participants qui ont contribué à 410 observations. Les
participants ont été choisis de façon à avoir un échantillon représentatif des occupants des
bureaux. La figure 2.2 montre la distribution des participants par tranche d’âge et par sexe.
Tranche d'âge 19

>50
6

Homme
Femme
16

40-50
8

14

30-40
7

21

<30
9

0 10 20 30 40
Pourcentage

Figure 2.2 – Distribution des participants par tranche d’âge et par sexe.

Les plupart des bâtiments étudiés sont situés à Lyon et à Vaulx-en-Velin au sud est
de la France, sauf un situé à l’Isle d’Abeau à 40 km de Lyon. La ville de Lyon est classée
selon la RT2000 en catégorie H2 pour les zones climatiques d’hiver, et Ec pour les zones
climatiques d’été. Les données climatiques ont été récupérées à partir de la station
météorologique dont dispose le laboratoire situé à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue lyonnaise.
Les bâtiments ont été enquêtés pendant l’été 2004 et l’hiver et le printemps 2005.

2.1.3.1 Description des bâtiments


Nous présentons ci-dessous les principales caractéristiques des huit bâtiments
étudiés. Néanmoins, nous pouvons distinguer deux catégories essentielles selon leurs
structures et leurs fonctionnements.
Les bâtiments naturellement ventilés (NV). Ces bâtiments présentent une structure
en béton de faible hauteur (3 à 4 niveaux) avec un vitrage tout au long des façades (figure
2.4). Les vitrages sont munis d’une protection solaire, le plus souvent un store ou un voilage.
La ventilation est naturelle ou mécanique simple. Le chauffage dans les locaux est assuré par
un radiateur équipé par un robinet thermostatique. En été, le confort thermique est assuré par

74
Expérimentation

ouverture des fenêtres, l’utilisation des stores et des ventilateurs locaux. Des huit bâtiments
étudiés, cinq sont à ventilation naturelle.
Les bâtiments climatisés (CL). Ces bâtiments présentent une structure en béton mais
avec une hauteur beaucoup plus importante et une façade en rideau ou semi-rideau (figure
2.3). Certains de ces bâtiments ne disposent pas de fenêtres ouvrables. Ils sont équipés par un
store ou un voilage. Le traitement de l’ambiance thermique est assuré par un système de
climatisation ou de rafraîchissement, été comme hiver. Trois bâtiments sont de ce type, dont
deux sont des IGH. Un des trois bâtiments présente une particularité au niveau du contrôle
individualisé. Les bureaux sont équipés d’une commande qui permet de régler les niveaux de
température ainsi que l’éclairage et la position des protections solaires.
Le tableau 2.2 présente les huit bâtiments enquêtés.

Bâtiment : Britannia Code : B


Localité : Vaulx-en-Velin
Bureau :; cloisonné … Paysager
Inertie : … lourde ; Moyenne … Légère
Traitement de l’ambiance thermique en été
… Ouverture des fenêtres
… Rafraîchissement ; Climatisation
Contrôles individualisés
… Fenêtre … Thermostat
; Rideau/Store … Climatisation
… Ventilateur ; Eclairage

Périodes d’enquête : avril 05 Participants : 7 Observations : 19

Figure 2.3 - Les principales caractéristiques du bâtiment du Britannia.

Bâtiment : CETE Code : C


Localité : L’Isle d’Abeau
Bureau :; cloisonné … Paysager
Inertie : ; lourde … Moyenne … Légère
Traitement de l’ambiance thermique en été
; Ouverture des fenêtres
… Rafraîchissement … Climatisation
Contrôles individualisés
; Fenêtre ; Thermostat
; Rideau/Store … Climatisation
; Ventilateur ; Eclairage
Périodes d’enquête : août 04 & mars 05 Participants : 26 Observations : 110

Figure 2.4 - Les principales caractéristiques du bâtiment de l’agence de l’eau.

75
Expérimentation

Code Bâtiment Ville Type Période d’enquête Observations


E1 ENTPE ancien Vaulx-en-Velin NV Août 2004 – mars 2005 95
E2 ENTPE extension Vaulx-en-Velin NV Août 2004 – mars 2005 51
C CETE L’Isle d’Abeau NV Sept. 2004 – mars 2005 110
L LASH Vaulx-en-Velin NV Août 2004 – mars 2005 37
P Palais de justice Lyon NV Juin 2005 37
B Britannia Lyon CL Mai 2005 19
T Tour Crédit Lyonnais Lyon CL Mai 2005 21
A Agence de l’eau Lyon CL Juin 2005 20

Tableau 2.2 – Liste des bâtiments enquêtés.

2.1.3.2 Comportement thermique général des bâtiments


Les courbes de température et d’humidité enregistrées dans les bâtiments avec les
sondes sont présentées en annexe C1. Nous décrivons ci-après le comportement thermique
des bâtiments pendant les périodes de l’enquête.
Pour les bâtiments à ventilation naturelle, les enregistrements de température
réalisés pendant l’été 2004 ont été élevés et ont atteint 32 °C dans certains locaux pendant le
mois d’août. De plus, les variations de la température ont montré une faible amplitude qui n’a
pas dépassée 4 °C pour la plupart des locaux reflétant la forte inertie de ces bâtiments. Les
locaux les plus défavorisés sont ceux orientés au sud et à l’ouest disposant d’une surface
vitrée importante et une protection solaire inefficace (voilage). Les bureaux collectifs sont
aussi pénalisés par la montée de la température. L’ouverture des fenêtres n’a pas empêchée la
montée de la température même quand il fait plus frais à l’extérieur. Quant à l’humidité
relative, elle a varié entre 40 et 60 % dans la plupart des locaux.
Les mesures réalisées en hiver ont montré un comportement thermique plus stable
avec des températures d’air variant dans un intervalle de 20 à 25°C selon l’occupation et
l’orientation des bureaux. Par contre l’humidité relative a enregistré des valeurs basses qui
n’ont pas dépassées 30 % et descendant en dessous de 20 % dans certains cas. Ces mesures
reflètent la nature sèche des ambiances chauffées en hiver dans ce type de bâtiments.
Les bâtiments climatisés présentent un comportement thermique stable. Les
enregistrements effectués en avril et mai 2005 ont montré des températures variant dans un
intervalle de 20 à 25 °C pour la plupart des locaux. Les seuls locaux où la température
dépasse 25 °C sont ceux disposant d’une double exposition. Quant à l’humidité, elle a varié
entre 20 et 50 %. Le bâtiment A, le seul bâtiment rafraîchi, a montré un comportement moins
stable et plus dépendant des conditions externes à cause de l’importance des surfaces vitrées.
Les enregistrements réalisés en juin/juillet 2005 ont révélés des températures entre 22 et 28 °C
dans la plupart des locaux, et dépassant le 30 °C dans les locaux doublement exposés.
L’humidité relative était aussi plus variable, elle a variée entre 30 et 60 % pour la plupart des
locaux.

76
Expérimentation

2.2 Préparation des données

2.2.1 Les données physiques et subjectives


Avant de commencer l’analyse des résultats des enquêtes, nous avons procédé à un
codage numérique des données des questionnaires afin de les transmettre sur un seul fichier
excel avec les résultats des mesures physiques. Les valeurs de l’isolement vestimentaire ont
été déterminées pour chaque sujet à partir de la liste des pièces vestimentaires selon les
valeurs indiquées dans la norme ISO 9920 [AFNOR, 1995], idem pour les valeurs du
métabolisme calculées à partir de la norme ISO 8996 [AFNOR, 1994].
Les résultats des mesures physiques et les résultats des questionnaires ont été ainsi
entrés sur une seule feuille excel. Ceci nous a permis de calculer les différents indices de
confort.

2.2.2 Les indices de confort

2.2.2.1 Les indices rationnels


Afin de calculer les indices PMV et PPD, nous avons développé un programme
sous Matlab en utilisant l’algorithme proposé dans la norme ISO 7730 [AFNOR, 1995].
Le calcul des indices ET*, SET, TSENS et DISC nécessite la connaissance de la
mouillure cutanée. Pour cela, nous avons utilisé le modèle dynamique à deux noeuds de
Gagge afin de développer un programme sous Matlab. Ce programme permet de calculer en
conditions dynamiques les grandeurs physiologiques du centre et de la peau du corps humain
selon le modèle proposé par Gagge [Gagge, 1986], et permet par la suite de calculer les
différents indices. Il sera détaillé dans le prochain chapitre.

2.2.2.2 Les indices adaptatifs


Pour calculer les températures de confort dans les bâtiments à ventilation naturelle,
nous avons utilisé l’algorithme de contrôle adaptatif proposé par McCartney et Nicol
[McCartney, 2002] pour la France (cf. tableau 1.5).
L’indice trm80 a été calculé pour chaque jour à partir des fichiers climatiques de la
station météo de l’ENTPE. L’indice tC indique la température de confort. Pour définir un
intervalle de confort autour de tC, nous avons utilisé l’expression développée par El Mankibi
[El Mankibi, 2003].

dtconf = -0.19tC + 6.34 Eq. 2.1


Avec
dTconf = limite supérieure de l’intervalle de confort qui correspond à 90 % d’acceptabilité.

77
Expérimentation

Nous avons aussi calculé la température de confort en utilisant l’expression


développée par de Dear [De Dear, 2002] pour la norme américaine sur le confort adaptatif
dans les bâtiments à ventilation naturelle (cf. §1.6.5.2).
La moyenne quotidienne de la température extérieure a été également calculée à
partir des données météorologiques pour chaque jour pendant les périodes des enquêtes. De
Dear [De Dear, 2002] précise un intervalle de 5°C autour de tconf pour 90% d’acceptabilité, et
de 7°C pour 80% d’acceptabilité.

2.3 Analyse de l’environnement intérieur

2.3.1 Quantification de l’ambiance par les mesures physiques


Les résultats des mesures réalisées dans les différents bâtiments sont présentés dans
l’annexe C selon la saison et le traitement thermique des locaux. Les figures 2.5 et 2.6
présentent les principales statistiques descriptives, sous forme de box plot (diagramme boîte à
moustache 3) de la température opérative intérieure.
Pour les bâtiments naturellement ventilés (NV), les mesures d’été ont montré un
comportement thermique variable selon le bâtiment et les conditions extérieures. La
température opérative a varié dans un intervalle de l’ordre de 7°C pour la plupart des
bâtiments (sauf pour le bâtiment P). Cette variation représente uniquement les différences
entre les différents locaux enquêtés dans le même bâtiment et ne reflète pas son inertie
thermique (les variations quotidiennes dans les différents locaux sont limitées entre 2°C et
4°C à cause de la forte inertie thermique de ces bâtiments). La moyenne de la température
opérative dans ces bâtiments a varié entre 25 °C (dans le bâtiment C) et 31°C (dans le
bâtiment L). Les températures les plus élevées ont été relevées dans les bâtiments E2 et L. En
effet, la plupart des locaux dans le bâtiment E2 dispose d’une orientation défavorable (sud
ouest et sud est), un indice de vitrage élevé (de l’ordre de 30%) et une protection solaire
inadaptée (store extérieur en toile transparent) alors que dans le bâtiment L la majorité des
locaux est située dans un bureau paysager à forte charge interne (une vingtaine de personnes
et une trentaine de machines informatiques) et ne disposant pas d’une ventilation efficace.
En ce qui concerne les autres mesures physiques, elles ont toutes variées dans des
intervalles aussi larges, notamment la vitesse de l’air qui a varié de 0.05 m/s à 0.5 m/s avec
une moyenne de l’ordre de 0.25 m/s. Les vitesses d’air mesurées étaient particulièrement
élevées dans les bâtiments E1, E2 et L où les températures ont été plus importantes par
rapport aux autres. En effet, une grande majorité des participants utilisaient des ventilateurs

3
Sur la boîte à moustache, la moyennes est sous forme d’un + rouge et le minimum et le maximum en ♦ bleu.
Les limites inférieure et supérieure de la boîte sont le premier et le troisième quartile (valeurs telle que 25% et
75% des données lui sont inférieurs respectivement). La boîte est coupée par une ligne noire qui représente la
valeur médiane (50% des données lui sont inférieurs). Les extrémités ou les « moustaches » sont les valeurs au-
delà desquelles on peut considérer que les valeurs sont anormales.

78
Expérimentation

locaux au moment de la mesure. Quant à l’isolement vestimentaire, il était limité entre dans
un intervalle peu large (de 0.25 clo et 0.5 clo) avec une moyenne de l’ordre 0.35 clo.
Pour les mesures d’hiver, les bâtiments NV ont présenté un comportement
thermique plus stable avec des températures opératives homogènes entre les différents locaux.
La moyenne globale est de l’ordre de 24°C sauf dans le bâtiment L où elle est de 1°C en plus
à cause de l’importance des charges internes. Par contre, l’humidité relative était inférieure à
30% dans les différents bâtiments avec une moyenne de l’ordre de 25%. Les variations de
l’isolement vestimentaire sont plus importantes par rapport à l’été avec une moyenne de
l’ordre de 0.7 clo. La vitesse de l’air reste stable autour de 0.05 m/s.
Pour les bâtiments climatisés, les mesures physiques réalisées en été sont
homogènes et plus stables par rapport aux bâtiments NV. Les températures mesurées sont plus
concentrées autour de leurs moyennes sauf pour le bâtiment A où les occupants disposent
d’un contrôle sur leur environnement thermique grâce à une télécommande. En effet, les
températures dans ce bâtiment ont atteints parfois 28°C pendant la période de l’occupation.
Cela veut dire que les occupants laissent et acceptent l’élévation de la température quand ils
ont le contrôle sur elle, conformément au principe de l’adaptation psychologique qui stipule
que la réaction de l’être humain à un stimulus change s’il peut le contrôler [Brager, 2004].
L’isolement vestimentaire est plus variable avec une moyenne de 0.5 clo, et la qualité de l’air
est nettement meilleures que celles des bâtiments NV.

Température opérative Température opérative (°C)

35 B C E2 P 35 E1 L

30 30

25 25

20 20

15 15

10 10

5 5

0 A T E1 L 0 C E2 P

Figure 2.5 – Description par bâtiment de la Figure 2.6 – Description par bâtiment de la
température opérative pour les mesures d’été. température opérative pour les mesures d’hiver.

79
Expérimentation

2.3.2 Évaluation de l’environnement intérieur par les occupants


Les mesures physiques nous ont permis de décrire les ambiances intérieures dans
les bâtiments. Nous allons maintenant les évaluer du point de vue des occupants moyennant
leurs réponses sur les questionnaires thermiques. Les figures 2.7 à 2.11 présentent les résultats
des votes de confort thermique en terme de sensation, acceptabilité et préférence thermiques
et de mouvement d’air. Les résultats de l’ensemble des questionnaires sont présentés dans
l’annexe C3.
Dans les bâtiments NV, la sensation thermique est différente selon la saison (figure
2.7). En été, elle est globalement légèrement chaude (avec une moyenne de +1.1 et un écart-
type de 1.1), alors qu’en hiver elle est proche de la neutralité (la moyenne +0.4 et l’écart-type
0.8). La sensation thermique perçue est acceptée par seulement 40% des participants en été
avec une préférence pour une ambiance un peu plus froide. De plus, près de 50% des
participants trouvent que le mouvement de l’air est insatisfaisant et préfère avoir plus de
mouvement d’air dans le local. En hiver, la majorité (près de 90%) trouve l’ambiance
acceptable et ne préfère aucun changement globalement (avec une légère préférence pour une
ambiance un peu plus froide). En ce qui concerne la qualité globale de l’ambiance, les
principaux problèmes concernent le bruit interne (dans les bureaux collectifs ou paysagés) et
la qualité de l’air (air sec).
Dans les figures présentées sur la page suivante, nous analysons la distribution des
votes d’acceptabilité et de préférence en fonction des votes de sensation thermique dans les
bâtiments NV en été et en hiver. Nous constatons d’abord que la distribution des votes
d’acceptabilité n’est pas symétrique par rapport aux sensations chaudes et froides, surtout en
été. La sensation neutre est complètement acceptable en été comme en hiver. Par contre, en
hiver les sensations chaudes sont mieux acceptées, alors qu’en été les sensations froides sont
les mieux acceptées. Nous constatons aussi que les sensations froides en hiver sont moins
dépréciées que les sensations chaudes en été.

Bâtiments NV & CL Bâtiments NV & CL


VN été VN hiver CL été VN été VN hiver CL été

0,8 0,8

0,7 0,7

0,6 0,6

0,5 0,5
Fréquence

Fréquence

0,4 0,4

0,3 0,3

0,2 0,2

0,1 0,1

0,0 0,0
-3 -2 -1 0 1 2 3 -3 -2 -1 0 1 2 3
Vote de sensation thermique Vote de préférence thermique

Votes de sensation thermique Votes de préférence thermique

Figure 2.7 - La distribution des votes de sensation (à gauche) et de préférence thermique (à droite).

80
Expérimentation

Bâtiments NV - été Bâtiments NV - hiver

Très chaud (3) 56% 44%

Chaud (2) 55% 35% 8% 8% 46% 46%

Lég. Chaud (1) 67% 30% 19% 81%

Neutre (0) 100% 100%

Lég. Froid (-1) 53% 47% 26% 74%

Froid (-2) 100% 50% 50%

Très froid (-3)

0% 20% 40% 60% 80% 100% 0% 20% 40% 60% 80% 100%

Très inacceptable Inacceptable Légèrement inacceptable Acceptable .


Figure 2.8 – Distribution du vote d’acceptabilité par rapport au vote de sensation dans les bâtiments NV.

Très chaud (3) 6% 50% 44%

Chaud (2) 49% 47% 4% 8% 62% 31%

Lég. Chaud (1) 9% 74% 17% 44% 52% 4%

Neutre (0) 8% 90% 3% 90% 7%

Lég. Froid (-1) 13% 27% 60% 16% 84%

Froid (-2) 100% 100%

Très froid (-3)

0% 20% 40% 60% 80% 100% 0% 20% 40% 60% 80% 100%

Beaucoup plus froid Plus froid Un peu plus froid Sans changement Un peu plus chaud .
Figure 2.9 – Distribution du vote de préférence par rapport au vote de sensation dans les bâtiments NV.

Très chaud (3) 13% 88%

Chaud (2) 12% 25% 63% 38% 62%

Lég. Chaud (1) 9% 29% 62% 56% 44%

Neutre (0) 74% 23% 85% 14%

Lég. Froid (-1) 7% 93% 11% 84% 5%

Froid (-2) 100% 50% 50%

Très froid (-3)

0% 20% 40% 60% 80% 100% 0% 20% 40% 60% 80% 100%

Moins de mouvement d’air Sans changement Plus de mouvement d’air .


Figure 2.10 –Préférence du mouvement d’air par rapport au vote de sensation dans les bâtiments NV.

Beaucoup
plus chaud 3,0 3,0

Plus chaud 2,0 2,0


Un peu plus
chaud 1,0 1,0

Sans 0,0 0,0


changement

Un peu plus -1,0 -1,0


froid
Plus froid -2,0 -2,0
Beaucoup
plus froid -3,0 -3,0
Très froid
Très froid

Froid (-2)

chaud (3)
Froid (-2)

chaud (3)

Neutre (0)

Chaud (1)

Chaud (2)
Neutre (0)

Chaud (1)

Chaud (2)

Lég. Froid
Lég. Froid

Très
Très

Lég.
Lég.

(-3)
(-3)

(-1)
(-1)

Figure 2.11 – Les moyennes du vote de Préférence par rapport au vote de sensation dans les bâtiments NV.

81
Expérimentation

En ce qui concerne les votes de préférence, les mêmes constats restent valables. A
la neutralité thermique, la majorité ne préfère aucun changement. Nous constatons aussi une
préférence plus importante pour les sensations chaudes en hiver que pour les sensations
froides en été. Pour les sensations chaudes, les sujets préfèrent avoir plus de froid en été qu’en
hiver. Il préfère également avoir plus de mouvement d’air. Les votes de préférence sont
d’ailleurs limités entre -2 et +1 en été (-1 et +1 en hiver) même pour les sensations thermiques
extrêmes (±2 et ±3). Les sujets n’utilisent pas les deux échelles de sensation et de préférence
d’une façon symétrique pendant les deux saisons (figure 2.11). Nous revenons dans le
paragraphe §2.4.1 sur ce point lors de l’analyse de l’utilisation des échelles de vote du confort
thermique.
Pour les bâtiments climatisés, la sensation thermique est globalement neutre et
acceptable par près de 90% des participants qui ne souhaitent aucun changement dans le
climat intérieur.

2.3.3 Comparaison par rapport aux exigences des normes


Après avoir évalué les conditions thermiques du point de vue des occupants, nous
les comparons avec les recommandations des normes, issues de l’approche analytique (ISO
7730) et l’approche adaptative (ACA et ACS). La norme ISO 7730 définit les conditions de
confort qui correspondent à 90% d’acceptabilité 4 par l’ensemble des occupants, soit un PMV
(sensation prévue) entre -0.5 et 0.5 et un PPD inférieur à 10%. Les algorithmes adaptatifs
précisent une température de confort avec deux intervalles qui correspondent à 80 % et 90%
d’acceptabilité.
Le tableau 3.2 présente les résultats des comparaisons des différentes normes ainsi
que le niveau de confort perçu par les occupants dans l’ensemble des bâtiments NV et CL.
Nous utilisons le PPD pour vérifier la conformité des mesures avec la norme ISO 7730. Pour
les algorithmes ACS et ACA, nous vérifions si la température de globe mesurée est située
dans l’intervalle de confort.
Selon la norme ISO 7730, les mesures réalisées dans les bâtiments NV respectent la
zone de confort dans 31% des observations en été et 67% en hiver. Cependant, l’enquête a
montré que les participants ont voté confortables dans 48 % des observations en été et 83% en
hiver. Les résultats obtenus par l’enquête sont proches de ceux obtenus avec l’ACA. En effet,
selon ce dernier, 52% des observations en été (79% en hiver) sont situés dans la zone de
confort.
La norme ISO 7730 sous-estime ainsi le niveau de confort dans les bâtiments NV en
été et en hiver, alors que l’algorithme adaptatif ACA permet une représentation plus proche
des résultats des votes (même constation pour la norme américaine ACS qui n’est applicable
qu’en été).

4
Dans la nouvelle révision de la norme, elle prévoit trois catégories de confort A, B et C qui correspondent à
6%, 10% et 15% d’acceptabilité respectivement

82
Expérimentation

NV (hiver) NV (été) CL (été)


To : moyenne (Ecart-type) 23.7°C (1.6) 27.7°C (2.7) 24.2°C (2)
% ≤ Tmin 5 0% 2% 39%
Tmin < % < Tmax 6 66% 26% 43%
% ≥ Tmax 34% 72% 18%
HR : moyenne (Ecart-type) 26% (4) 45% (7) 37% (10)
% < 30% 82% 0% 32%
30% ≤ % ≤ 70% 18% 100% 68%
Va : moyenne (Ecart-type) 0.06m/s (0.02) 0.16m/s (0.14) 0.1m/s (0.05)
% ≤ Vmax 7 100% 74% 100%
ST vote : moyenne (Ecart-type) 0.4 (0.8) 1.1 (1.1) 0.1 (0.9)
% ≤ -0.5 14% 8% 25%
-0.5 < % <0.5 44% 24% 48%
% ≥ 0.5 42% 68% 27%
PMV : moyenne (Ecart-type) 0.1 (0.5) 0.8 (0.7) 0.2 (0.5)
% ≤ -0.5 12% 3% 9%
-0.5 < % <0.5 69% 31% 68%
% ≥ 0.5 19% 66% 23%
ISO 7730
% des votes respectant la zone de
67% 31% 66%
90% d’acceptabilité (PPD< 10)
ACA
% des votes respectant la zone de
79% 52% 93%
90% d’acceptabilité
ACS
% des votes respectant la zone de
- 41% 82%
90% d’acceptabilité
% des votes respectant la zone de
- 60% 93%
80% d’acceptabilité
% des votes « confortable »
83% 48% 77%
(Confort perçu)

Tableau 2.3 – Tableau comparatif des résultats des mesures avec les recommandations la norme ISO 7730
et des algorithmes adaptatifs ACA et ACS.

Pour les bâtiments climatisés, la norme ISO 7730 sous-estime aussi le niveau de
confort (66% en été contre 77% par les votes) mais reste plus exact que dans le cas des
bâtiments naturellement ventilés. Par contre, l’algorithme adaptatif ACA surestime le niveau
de confort dans les bâtiments climatisés (93% avec le ACA contre 77% par les votes). Cela
peut être expliqué par une tolérance restreinte des occupants dans ces bâtiments envers leurs
conditions climatiques, alors que les occupants des bâtiments NV sont plus tolérants comme
ils disposent du contrôle sur les conditions d’ambiance.

2.4 Etude des interactions entre les échelles de vote et


l’ambiance thermique
Pour évaluer le confort thermique des occupants, nous avons utilisé dans le
questionnaire thermique trois échelles de vote comme suggéré par la norme ISO 10551:
perceptif « sensation thermique », évaluatif « acceptabilité thermique » et préférentiel
« préférence thermique » [AFNOR, 2001]. L’évaluation des ambiances thermiques par les

5
La norme ISO 7730 précise une valeur de 20°C pour Tmin en hiver et 23°C en été.
6
La norme ISO 7730 précise une valeur de 24°C pour Tmax en hiver et 26°C en été.
7
La norme ISO 7730 précise une valeur de 0.16 m/s pour Vmax en hiver et 0.25 m/s en été.

83
Expérimentation

résultats de vote nous a permis de constater certaines particularités sur l’utilisation de ces trois
échelles. En outre, la comparaison par rapport aux recommandations de la norme ISO 7730 a
montré que la zone de confort perçu s’étend au-delà des instructions de la norme (une
sensation thermique entre -0.5 et 0.5). Pour cela, nous analysons les résultats de ces trois
échelles ainsi que les corrélations avec l’ambiance thermique et entre elles.

2.4.1 Les relations entre les échelles du confort thermique


Pour vérifier d’abord si les votes de sensation entre -0.5 et 0.5 correspondent à 90 %
d’acceptabilité, nous avons déterminé en fonction de la température opérative les fraction du
vote de sensation comprises dans les intervalles [-0.5 ;+0.5] et [-1 ;+1]. Nous avons déterminé
également les fractions du vote d’acceptabilité thermique sur les quatre valeurs de l’échelle de
vote. La figure 2.12 présente les courbes qui correspondent aux différentes fractions de votes
(ces courbes ont été déterminées par régression logistique présenté au §2.2.5). La courbe en
jaune représente la fraction des sujets qui ont voté entre -0.5 et +0.5 sur l’échelle de sensation
thermique et la courbe en rouge entre -1 et +1. La courbe en bleu clair représente la fraction
des sujets qui ont voté ‘acceptable’ (AT=4) et la courbe en bleu clair ceux dont les votes
étaient ‘acceptable’ ou ‘légèrement inacceptable’ (AT≥3), la zone comprise entre les deux
courbes étant la fraction votant ‘légèrement inacceptable’ (AT=3). A partir de cette figure
nous remarquons que pour la plage de température inférieure à 30°C, la courbe de sensation [-
0.5 ; +0.5] est en dessous de celle d’acceptabilité (AT=4) de près de 20% et que cette dernière
est plus proche de la courbe de sensation [-1;+1]. Ainsi l’acceptabilité d’une température
donnée dépasse le plage de sensation [-0.5;+0.5] et est plus proche de la plage [-1 ;+1]. Par
contre au-delà de 30°C, l’acceptabilité correspond mieux à la plage de sensation [-0.5;0.5]
sans être très éloignée de la plage de sensation de [-1;+1]. Les personnes acceptent mieux les
sensations s’écartant de la neutralité avec des températures inférieures à 30°C.

1,00
Très inacceptable

0,80
Inacceptable
Fraction des votes

0,60

0,40
Légèrement
inacceptable
0,20
Acceptable

0,00
21 23 25 27 29 31
Température opérative
AT = 4 AT <= 3 AT <= 2
AT = 1 |ST| <= 0,5 |ST| <= 1

Figure 2.12 – L’analyse des probits du vote d’acceptabilité thermique en fonction de la température opérative.

84
Expérimentation

Bâtiment NV - été Bâtiment NV - hiver


4 4

3,5 3,5
Acceptabilité Thermique

Acceptabilité Thermique
3 3

2,5 2,5

2 2

1,5 1,5

1 1
-3 -2 -1 0 1 2 3 -3 -2 -1 0 1 2 3
Sensation Thermique Sensation Thermique

3 3

2 2
Préférence Thermique

Préférence Thermique
1 1

0 0

-1 -1

-2 -2

-3 -3
-3 -2 -1 0 1 2 3 -3 -2 -1 0 1 2 3
Sensation Thermique Sensation Thermique

Acceptabilité thermique
AT = 3.779-0.194×ST-0.208×ST² (r² = 0.92) AT = 3.971+0.064×ST-0.206×ST² (r² = 0.92)
Préférence thermique
PT = -0.190-0.553×ST (r² = 0.93) PT = 0.113-0.505×ST (r² = 0.97)

Figure 2.13 – Relations entre les échelles du confort thermique dans les bâtiments NV en été (à gauche) et
en hiver (à droite).

Dans une deuxième étape nous avons étudié les relations entre les échelles de vote.
Pour cela, nous avons cherché les corrélations entre les échelles de vote d’acceptabilité et de
préférence avec celle de sensation dans les bâtiments NV selon la saison (été et hiver). La
figure 2.13 présente les résultats des régressions entre les échelles. Les régressions ont été
déterminées à partir des tableaux de contingence et ont été pondérées par le nombre des
observations à chaque classe de sensation thermique (voir annexe C4). Nous constatons
d’abord une forte corrélation entre les deux échelles d’acceptabilité et de préférence avec celle
de sensation sur les deux saisons (r² supérieur à 0.9 dans tous les cas). La régression des votes
d’acceptabilité sur ceux de sensation est une courbe polynomiale de second ordre qui présente
un pic correspondant au maximum d’acceptabilité. La position du pic ne correspond à la
neutralité thermique (ST=0) et elle est différente selon la saison (à gauche de l’axe de
neutralité en été et à droite en hiver). En été, elle est décalée vers les sensations légèrement
froides, et en hiver vers les sensations légèrement chaudes. En conséquence, la courbe
d’acceptabilité n’est pas symétrique par rapport à la sensation de neutralité. En été, les
sensations froides sont mieux acceptées, et en hiver c’est l’inverse. Nous constatons la même
chose avec la préférence mais avec une régression linéaire. La droite est décalée vers la
préférence des sensations froides en été, et chaudes en hiver. De plus, la droite présente une
pente inférieure à l’unité (de l’ordre de 0.5). Cela veut dire que les participants ne votent pas

85
Expérimentation

de la même façon sur les échelles de préférence et de sensation (si une personne vote +2
‘chaud’ sur l’échelle de sensation thermique, le vote ne sera pas forcément -2 ‘préfère avoir
plus froid’ sur l’échelle de préférence). Le vote de sensation représente l’état thermique du
sujet, mais le vote de préférence représente en pratique ses aspirations dans son
environnement qui ne correspondent pas forcément à un retour à la neutralité si la sensation
est chaude ou froide. En effet, ces décalages dans les votes d’acceptabilité et de préférence
peuvent être expliqués par les attentes et les aspirations du sujet (adaptation psychologique)
dans son local à travers les questionnaires réalisés dans le cadre d’une étude in situ. Cela
explique la différence par rapport aux études en chambre climatique qui réduit la complexité
du confort thermique en ignorant les interactions entre le sujet et son environnement.

2.4.2 Relations entre les votes du confort et les paramètres


thermiques
Après avoir étudié les relations entre les votes du confort thermique, nous nous
intéressons maintenant aux relations entre le vote et l’ambiance thermique, en particulier celle
de la sensation thermique avec la température opérative. En effet, la température opérative est
souvent utilisée pour représenter l’ambiance thermique car elle permet de prendre en compte
les effets convectifs et radiatifs du local. Pour cela nous avons établi les moyennes des votes
sur les différentes échelles pour les valeurs de la température opérative allant de 20 à 33°C
avec un pas de 0.5°C. Ensuite, nous avons déterminé les régressions pondérées par le nombre
des observations pour chaque valeur de la température opérative. Nous n’avons pas pu obtenir
pour les bâtiments climatisés (CL) une relation statistiquement significative (p<0.05). Cela
peut être expliqué par l’étroitesse de l’intervalle de température opérative mesurée dans ces
bâtiments.
La figure 2.14 présente les résultats des régressions du vote de sensation thermique
pour le cas des bâtiments naturellement ventilés (pour l’ensemble des régressions voir annexe
C5). Pour les deux saisons, la sensation thermique est fortement corrélée avec la température
opérative qui permet seule d’expliquer plus de 80% de la variabilité du vote de sensation
thermique (r²=0.82 en été et 0.85 en hiver). Par contre, les pentes des courbes de régression
sont légèrement différentes : 0.21/°C en été et 0.29/°C en hiver. Cela veut dire que les
personnes sont moins sensibles aux variations de la température opérative en été qu’en hiver
(il faut un changement de 3.5°C de la température pour passer d’une sensation à une autre en
hiver contre 5°C en été). Ces valeurs sont proches de celles trouvées par De Dear [De Dear,
1997] dans le cadre du projet ASHRAE RP-884 pour le développement de la norme
américaine ACS sur le confort adaptatif dans les bâtiments NV. En effet, De Dear a trouvé
pour le cas des bâtiments à ventilation naturelle une pente moyenne de 0.27/°C.

86
Expérimentation

Mesures d’été Mesure d’hiver


3,0 3,0

2,0 2,0

1,0 1,0
ST moyenne

ST moyenne
0,0 0,0

-1,0 -1,0

-2,0 -2,0

-3,0 -3,0
15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35

to (°C) to (°C)

Modèle (Régression linéaire)


ST = 0.21×to -4.93 (r² = 0.82) ST = 0.29×to -6.46 (r² = 0.85)
Neutralité thermique
Tneut = 23°C Tneut = 22.5°C
Intervalle de 90% d’acceptabilité
4.5°C 3.5°C
Intervalle de 80% d’acceptabilité
7.6°C 5.9°C

Figure 2.14 – Principaux résultats des régressions linéaires du vote de sensation thermique sur la
température opérative mesurée.

A partir des courbes de régression, nous déduisons la température de neutralité en


résolvant l’équation pour ST égale à zéro (sensation neutre). Cette température est considérée
comme étant la température optimale de confort [Brager, 2004]. En été, nous trouvons dans
les bâtiments NV une température de neutralité de 23°C, celle en hiver vaut 22.5°C. En
analysant les bâtiments NV, nous constatons toujours un écart en faveur de la température de
neutralité en été par rapport à celle en hiver (cet écart a varié de 1 à 2°C selon les bâtiments).
Cela peut être expliqué par une adaptation saisonnière des sujets du fait qu’ils s’habillent plus
légèrement en été. Si nous considérons, comme pour le PMV, des intervalles de 90% et 80%
d’acceptabilité (correspondant aux sensations comprises entre ±0.5 et ±0.85 respectivement),
nous pouvons de la même façon déterminer les largeurs de ces intervalles. Elles valent 4.5°C
pour 90% d’acceptabilité pour l’ensemble des bâtiments NV en été et 3.5°C en hiver.
L’analyse des bâtiments nous permet de constater que la largeur de cet intervalle est variable
et qu’il est d’autant plus large que les conditions intérieures sont plus variables.
Enfin, nous avons étudié les variations de la température de neutralité en fonction
des températures moyennes intérieures et extérieures dans chaque bâtiment sur les deux
saisons. La figure 2.15 représente les températures de neutralité dans les bâtiments NV en
fonction de la température intérieure et de la température extérieure. Nous présentons
également le pourcentage d’acceptabilité déduit des votes en fonction des températures
intérieures et extérieures.

87
Expérimentation

Bâtiments NV – été & hiver Bâtiments NV – été & hiver

27 27
T neut = 0,28×To + 16,13 (R²=0,629) Tneut = 0,08×Text + 22,25 (R²=0,50)
26 26

L été L été
25 25
T neutralité (°C)

T neutralité (°C)
E1 été
E1 été
24 C été
24 C été
E2 été E2 été
E1 hiver CL été E2 hiver
23 23 E1 hiver CL été
E2 hiver L hiver L hiver
22 C hiver 22 C hiver

21 21

20 20
22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 0 5 10 15 20 25
To (°C) Text (°C)

Température de neutralité (régression sur to) Température de neutralité (régression sur text)

E2 hiver C hiver E2 hiver


100% 100% C hiver CL été
L hiver
E1 hiver CL été E1 hiver
C été L hiver C été

80% E1 été 80% E1 été

E2 été E2 été

% acceptabilité
% acceptabilité

60% 60%
L été L été

40% 40%

20% 20%
% AT = 1 / (1 + exp(-(17,30-0,56*To))) (r² = 0,25) % AT = 1 / (1 + exp(-(6,35-0,24*Text))) (r² = 0,21)

0% 0%
22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 0 5 10 15 20 25
To (°C) Text (°C)

Pourcentage d’acceptabilité (régression sur to) Pourcentage d’acceptabilité (régression sur text)

Figure 2.15 – Relations des températures de neutralité (en haut) et des pourcentages d’acceptabilité (en bas)
avec les températures opératives intérieures (à gauche) et les températures extérieures (à droite).

La température de neutralité montre une bonne corrélation avec la température


intérieure et peut être exprimée par une régression linéaire qui représente 63% de la variabilité
de la température de neutralité. La droite présente une pente de 0.28 qui correspond à une
variation de 1°C dans la température de neutralité pour tout changement de 3.5°C de la
température intérieure. Cette relation permet de vérifier la dépendance de la température de
neutralité avec les conditions thermiques rencontrées dans un bâtiment comme le stipule
l’approche adaptative. Si les niveaux de température sont plus élevés dans un bâtiment, la
température de confort le sera aussi du fait de l’adaptation des occupants (attente et
accoutumance). La dépendance est aussi confirmée avec la température extérieure avec un
coefficient de corrélation de 0.50. Par contre la pente est moins élevée et est de l’ordre de 0.1.
Nous avons déterminé aussi les relations entre le pourcentage d’acceptabilité et la température
intérieure et extérieure sur la figure 2.15 en bas. Nous remarquons que même avec des
températures intérieures proches de 30°C, le niveau d’acceptabilité reste autour de 80% dans
les bâtiments naturellement ventilés.
Ces résultats montrent que le confort thermique dans les bâtiments naturellement
ventilés ne dépend pas uniquement des conditions thermiques. La relation entre la
température de neutralité et la température intérieure confirme le rôle de l’adaptation qui
permet d’ajuster la température de neutralité avec les conditions thermiques rencontrées.

88
Expérimentation

2.5 Étude comparative avec les indices du confort


thermique

2.5.1 Comparaison avec les indices analytiques


Au premier lieu, nous nous intéressons à l’indice PMV préconisé par la norme
internationale ISO 7730 [AFNOR, 1995]. Pour cela nous avons établi la régression entre le
PMV et la température opérative. La figure 2.16 présente les droites de régression du PMV et
du vote de sensation thermique avec la température opérative. Le PMV établit une forte
corrélation avec la température opérative. Par contre, les pentes sont légèrement différentes
par rapport à celles obtenues avec le vote de sensation perçue. En été, les personnes sont
moins sensibles aux variations de la température qu’avec le PMV. En effet, la pente de la
droite de régression du vote de sensation (0.21/°C) est inférieure à celle du PMV (0.26/°C).
En hiver, c’est l’inverse. Les personnes sont plus sensibles aux variations de la température
qu’avec le PMV (les pentes sont 0.29/°C et 0.21/°C respectivement). Cela veut dire que le
PMV sous-estime la sensation de chaleur en hiver et la surestime en été.
Nous passons maintenant à étudier les différents indices analytiques (PMV, PMV*,
ET, SET, TSENS) afin de déterminer leur capacité à prévoir le confort thermique in situ. Pour
cela, nous avons étudié les relations entre le vote de sensation thermique (ST) et ces différents
indices analytiques. De la même manière qu’avec la température opérative, nous avons
déterminé les relations entre le vote de sensation (ST) et ces indices en utilisant des
régressions linéaires. Toutes les relations étaient statistiquement significatives (p<0.05) sauf
pour le cas des bâtiments climatisés. Elles sont présentées en annexe C5.

Bâtiments NV - été Bâtiments NV - hiver


3,0 3,0
ST perçue (mesure) ST perçue (mesure)
Rég. linéaire ST Rég. linéaire ST
Echelle de sensation thermique
Echelle de sensation thermique

2,0 ST prévue (PMV) 2,0 ST prévue (PMV)


Rég. linéaire PMV Rég. linéaire PMV

1,0 1,0

0,0 0,0

-1,0 -1,0

-2,0 -2,0

-3,0 -3,0
15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35 15 17 19 21 23 25 27 29 31 33 35

to (°C) to (°C)

Sensation thermique (régression linéaire sur to)


ST = 0.21×to -4.93 (r² = 0.82) ST = 0.29×to -6.46 (r² = 0.85)
PMV (régression linéaire sur to)
PMV = 0.26×to -6.41 (r² = 0.98) PMV = 0.21×to -5.03 (r² = 0.90)

Figure 2.16 - Sensation thermique et PMV en fonction de la température opérative.

89
Expérimentation

Bâtiments NV – été & hiver Bâtiments NV – été & hiver


3
ST = 0,64×PMV + 0,34 (R²=0,92) 100%

2
80%
Votes de sensation

% d'acceptabilité
60%
0

40%
-1

% mesuré (AT≥3)
-2 20%
% prévu (PPD≤20)

-3 0%
-3 -2 -1 0 1 2 3 23 24 25 26 27 28 29 30 31
PMV To (°C)

Sensation perçue (régression sur PMV) Pourcentage d’acceptabilité (régression sur to)

Figure 2.17 – Les régressions entre le confort perçu en fonction du PMV (à gauche) et de la température
opérative (à droite) dans les bâtiments NV en été et en hiver.

Sur le graphique à gauche de la figure 2.17, nous présentons la droite de régression


du vote de sensation avec le PMV. En abscisse est présenté le PMV qui est la sensation
prévue par l’indice, et en ordonnée le vote ST (sensation perçue in situ). Nous constatons que
la droite de régression est décalée vers les sensations chaudes avec une pente inférieure à
l’unité. Pour un PMV inférieur à +1, le vote ST est supérieur au PMV alors qu’il lui est
inférieur dans le cas contraire. Cela veut dire que le PMV sous-estime la sensation de chaleur
dans le cas des sensations froides et neutres. Par contre, il la surestime dans le cas des
sensations chaudes. Ainsi, le PMV prévoit des sensations plus chaudes que celles rencontrées
in situ en été, et plus froides en hiver. Cela est confirmé par le graphique à droite sur la même
figure sur lequel sous pouvons constater que le PPD (inconfort prévu) surestime
considérablement le pourcentage d’inconfort perçu à partir d’une température opérative
supérieure à 26°C.
Nous présentons dans le tableau 2.4 les résultats des régressions linéaires du vote de
sensation avec les indices analytiques. Pour chaque indice, le tableau présente le coefficient
de corrélation ainsi que les paramètres de la droite de régression pour le cas des bâtiments NV
en été et en hiver. Nous rappelons que le PMV* est calculé de la même façon que le PMV
mais avec les sorties du modèle physiologiques de Gagge : température de peau tsk et
mouillure cutanée w utilisée pour le calcul de ET qui remplace la température opérative to.

Indices de Coeff. de corrélation Pente de la régression Abscisse à l’origine


confort NV (hiver) NV (été) NV (hiver) NV (été) NV (hiver) VN (été)
To 0,85 0,82 0,29 0,21 -6,46 -4,78
ET 0,85 0,74 0,30 0,22 -6,59 -4,96
SET 0,55 0,71 0,09 0,21 -1,75 -4,67
PMV 0,71 0,92 0,41 0,69 0,32 0,40
PMV* 0,97 0,97 0,94 0,87 0,54 0,26
TSENS 0,41 0,83 0,52 0,87 0,21 0,25
Tableau 2.4 - Les résultats des régressions de la sensation thermique avec les indices analytiques du confort
thermique dans les bâtiments naturellement ventilés en été et en hiver.

90
Expérimentation

Parmi les cinq indices étudiés, c’est le PMV* qui réalise les meilleures corrélations
avec le vote de sensation perçue à travers les équations 2.2 et 2.3. Il permet d’expliquer
presque toute la variabilité (r²=0.97 en été et en hiver) du vote de sensation dans les bâtiments
NV en été et en hiver. De plus, les pentes obtenues sont légèrement proches de l’unité et
présentent la meilleure sensibilité par rapport à la sensation perçue. Notons que les droites
présentent un léger décalage à l’origine (0.54 en été et 0.26 en hiver).

ST = 0.94×PMV* + 0.54 (pour les bâtiments NV en hiver) Eq. 2.2


ST = 0.87×PMV* + 0.26 (pour les bâtiments NV en été) Eq. 2.3

Par rapport au PMV, cet indice présente l’avantage de mieux prendre en compte
l’effet de l’humidité à travers la température effective et cela résulte par une meilleure
comparabilité avec les votes de sensation perçue in situ dans les bâtiments NV en été et en
hiver.

2.5.2 Comparaison avec les indices adaptatifs


Nous passons maintenant à étudier les indices adaptatifs du confort thermique. Les
modèles adaptatifs définissent une température optimale de confort en fonction de la
température extérieure avec un intervalle qui correspond à 90% ou 80% d’acceptabilité. Nous
avons calculé la température de confort pour chaque observation à partir des votes de
sensation thermique selon l’équation proposée par McCartney et Nicol [McCartney, 2002].

Tconf = Tg – 2 (ST-4) Eq. 2.4


Avec
Tconf = température de confort, °C
Tg = température de globe, °C
ST = vote de sensation thermique sur l’échelle de l’ASHRAE (de 1 à 7 au lieu de -3 à
+3)

Nous présentons sur les deux graphiques en haut sur la figure 2.18 les températures
de confort moyennes en fonction de la température extérieure. Le graphique de gauche
présente la relation avec la moyenne mobile exponentielle trm80, et le graphique de droite
celle avec la moyenne quotidienne text,j. Sur les mêmes graphiques sont présentées aussi les
zones de confort thermique définies par l’algorithme adaptatif ACA (considéré avec 90%
d’acceptabilité), et celle de la norme américaine ACS (avec 90% et 80% d’acceptabilité).
Globalement, les deux graphiques montrent que la totalité des températures de confort s’insert
bien dans l’intervalle de confort (90% d’acceptabilité) avec le ACA et le ACS. Pour conforter
ce résultat, nous avons comparé en plus les températures de neutralité avec les zones de
confort adaptatives sur la même figure avec les deux graphiques en bas.

91
Expérimentation

Bâtiments NV – été & hiver Bâtiments NV – été


32 32

30 30

28 28
Température de confort (°C)

Température de confort (°C)


26 26
24 24
22
22
20
20
18
18
16
16
TC mesuré
14 Tc mesure
TC SCATS fr 14
Tc ACS
12 90 % accept. 90 % accept.
12 80% acceptabilité
10
8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 10
Température extérieure moyenne TRM80 °C 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32
Température extérieure moyenne °C

35 35

T confort (ACA) T confort (ACS)


T neutralité (mesures)

Température de neutralité (°C)


T neutralité (mesure)
Température de neutralité (°C)

30 30

25 25

20
20

15
15
E1 E2 L C
E1 E2 L C E1 E2 L C
Été Hiver Été

Comparaison avec ACA Comparaison avec ACS

Figure 2.18 – Comparaison des températures de confort mesurées avec l’intervalle de confort des modèles
adaptatifs (ACA à gauche et ACS à droite).

En haut : températures de confort déduites des votes dans les bâtiments NV en été.
En bas : température de neutralité calculée à partir des régressions linéaires dans les quatre bâtiments NV en
été et en hiver pour le ACA et seulement en été pour le ACS.

Ces deux graphiques présentent les températures de neutralité dans chacun des
bâtiments NV en été et en hiver (calculées à partir des régressions linéaires du vote de
sensation thermique sur la température opérative comme décrit dans le §2.4.2). Nous trouvons
que les températures de neutralité tombent à l’intérieur de la zone de confort adaptatif à
l’exception du bâtiment E2. Pour ce bâtiment où les températures d’air ont été plus élevées
que les autres, on peut considérer que l’opportunité d’adaptation n’était pas optimale du fait
de l’inadaptabilité des protections solaires (cf. §2.1.3.2).
Enfin nous avons déterminé les régressions linéaires des températures de confort en
fonction de la température extérieure pour les comparer avec les équations de ACA et ACS.
Le graphique à gauche sur la figure 2.18 présente la régression en terme de la moyenne
quotidienne text,j, et celui de droite en terme de la moyenne mobile exponentielle trm80. Dans
les deux cas, nous obtenons un coefficient de corrélation de l’ordre de 0.60. En ce qui
concerne les paramètres des équations, ils sont proches de ceux de l’ACS dans le cas de la
moyenne quotidienne où la température extérieure est supérieure à 10°C. Dans le cas de la

92
Expérimentation

moyenne mobile exponentielle trm80, les paramètres sont plus proches dans le cas où nous
considérons toutes les valeurs de trm80.
A travers cette étude, l’utilisation des deux modèles adaptatifs ACS et ACA nous a
permis de conclure une bonne concordance avec les résultats des mesures dans les bâtiments
naturellement ventilés en été et en hiver.

Bâtiments NV – été & hiver Bâtiments NV – été & hiver


32 32

30 30

28 28

Teméprature de confort (°C)


Teméprature de confort (°C)

26 26

24 24

22 22

20 20

18 18

16 16

14 T confort (mesures) 14 T confort (mesures)


Rég. linéaire Rég. linéaire
12 12
Rég. linéaire / Text >10°C Rég. linéaire / Text >10°C
10 10
-5 0 5 10 15 20 25 30 35 -5,0 0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0

Température extérieure moyenne (°C) Température extérieure moyenne (°C)

Température de confort (Régression linéaire sur text)


Tconf = 0.16×Text,j + 22.2 (r²=0.64) Tconf = 0.13×Trm80 + 22.6 (r²=0.62)
Température de confort (Régression linéaire sur text / text > 10°C)
Tconf = 0.28×Text,j + 19.7 (r²=0.58) Tconf = 0.42×Trm80 + 15.9 (r²=0.48)

Figure 2.19 – Les coefficients des régressions linéaires des températures de confort sur la température
extérieure.

2.6 Paramètres non thermiques influençant le confort


thermique
A part le rôle des paramètres physiques et physiologiques dans le confort
thermique, l’approche adaptative reconnaît le rôle d’autres paramètres d’ordre psychologique
et comportemental. Ces derniers participent activement dans la régulation des conditions
thermiques et contribuent à l’acceptabilité de certaines ambiances qui sont qualifiées comme
insatisfaisantes du point de vue physique et physiologique. La comparaison des prévisions des
indices analytiques avec les votes de confort in situ a permis de constater un écart entre les
deux, surtout dans les bâtiments NV avec une tendance à surestimer l’inconfort pendant les
périodes chaudes. Ces indices tiennent compte seulement des paramètres physiques et
physiologiques, et laisse supposer le rôle des autres paramètres psychologique et
comportemental dans le confort thermique perçu dans ces bâtiments. A travers le
questionnaire long, nous avons demandé aux sujets d’indiquer l’importance sur une échelle de
1 à 7 d’un ensemble de facteurs susceptibles d’affecter la perception de leur ambiance. Le
traitement des résultats par une classification ascendante hiérarchique nous a permis de
classer ces facteurs en quatre catégories selon l’importance affectée par les sujets.

93
Expérimentation

Dendrogramme

450
400
350
300
Dissimilarité

250
200
150
100
50
0

Absence éblouissement

Absence courant d'air


Atmosphere convivial

Température

Humidité

Intimité
Travail apprécié

Eclairage

Propreté bureau

Contrôle individualisé
Lumière naturelle

Décoration bureau
Aération
Vue extérieure

Absence de buit

Figure 2.20 – Classification des facteurs influençant la qualité de l’ambiance selon leur degré d’importance.

La figure 2.20 présente le résultat du classement ainsi que les quatre classes
obtenues (chacune présentée par couleur différente). Ces quatre classes correspondent au
confort thermique, qualité de l’environnement lumineux et sonore, qualité relationnelle au
travail, et l’aménagement et l’organisation du bureau. De plus, nous pouvons constater le rôle
de certains facteurs comme le contrôle individualisé des conditions d’ambiance qui est jugé
aussi important que la température de l’air. En effet, le contrôle individuel constitue une
condition nécessaire pour le confort thermique selon l’approche adaptative. Plus le local offre
les possibilités à l’occupant de régler et d’ajuster les conditions de son environnement à ses
besoins, plus il accepte, même préfère, les variations de la température dans des intervalles
larges dépassant ceux établis par les normes [Brager, 2004].
Nous allons maintenant nous focaliser sur le rôle des contrôles individuels à travers
les actions des sujets pour ajuster l’ambiance thermique dans le local.

2.6.1 Le contrôle individuel


Les différentes études expérimentales réalisées dans les bâtiments naturellement
ventilés [Raja, 2001, Brager, 2004] insistent sur le rôle du contrôle individuel dans
l’acceptabilité de la variabilité des conditions thermiques au-delà des recommandations des
normes. En fait, les normes sont basées sur des études conduites dans des chambres
climatiques qui minimisent le contrôle des conditions environnantes par les sujets. Or, le
contrôle individuel participe activement dans la régulation des conditions thermiques et
contribue à l’adaptation psychologique par la détente des expectatives des occupants. Les

94
Expérimentation

résultats que nous avons obtenus dans les bâtiments NV confirme cette hypothèse et nous
incite à regarder de plus près le rôle du contrôle individuel.
Le contrôle individuel représente les actions adaptives qui caractérisent le
comportement de l’occupant dans son environnement. Ces actions sont de deux natures. Il y a
les actions qui visent à ajuster les conditions d’ambiance pour convenir avec les besoins ou
les attentes de l’occupant (en agissant sur la fenêtre, le store, le thermostat ou le ventilateur).
D’autres actions permettent à l’occupant de s’accommoder aux conditions environnantes (en
ajustant la vêture, la posture ou l’activité). Pour distinguer entre les deux, nous allons désigner
par contrôle individuel le premier type des actions, et par ajustement personnel le dernier.
Pour le cas des bâtiments naturellement ventilés dans notre étude, le contrôle
individuel concerne l’utilisation de la fenêtre, du store, de l’éclairage ou du ventilateur. Dans
le questionnaire thermique nous avons demandé aux sujets d’indiquer s’ils ont modifié l’état
d’un des éléments indiqués ci-avant pour ajuster l’ambiance thermique du local. Nous allons
exploiter les résultats pour analyser l’utilisation des contrôles individuels et leurs interactions
avec l’ambiance thermique. Comme les variables sont de nature binaire (ouvert/fermé ou
allumé/éteint), nous avons utilisé la régression logistique qui permet de modéliser des
variables binaires ou des sommes de variables binaires. La régression logistique est utilisée
pour étudier les interactions avec les paramètres thermiques de l’ambiance [Nicol, 2004]. Le
principe du modèle de la régression logistique est de relier la survenance ou la non
survenance d’un événement au niveau de variables explicatives. Par exemple, on cherche à
évaluer à partir de quel niveau de température intérieure ou extérieure la fenêtre sera ouverte
ou le ventilateur mis en marche. La régression logistique considère que la variable
dépendante, aussi appelée variable réponse, suit une loi de Bernoulli de paramètre p (p la
probabilité moyenne pour que l’événement se produise), lorsque l’expérience est répétée une
fois, ou une loi Binomiale(n, p) si l’expérience est répétée n fois. Le paramètre de probabilité
p est une fonction d’une combinaison linéaire des variables explicatives. Nous avons utilisé le
modèle logit dont l’expression analytique est la suivante.

e( a +bx ) Eq. 2.5


p=
1 + e( a +bx )
Avec
p = la probabilité moyenne pour que l’événement se produise,
a, b = les paramètres de la régression,
x = la variable explicative (température d’air par ex.).

Le tableau 2.5 présente les résultats des régressions logistiques des contrôles
individuels (fenêtre, store, éclairage et ventilateur) en fonction de la température opérative
intérieure et de la température extérieure dans les bâtiments naturellement ventilés. Les
résultats ont été obtenus avec l’outil Matlab.

95
Expérimentation

Relations avec To (°c) Relations avec Text (°C)


Fenêtre Fenêtre

100% 100%

80% 80%

60% 60%

% ouvert
% ouvert

40% 40%

20% 20%

0% 0%
20 22 24 26 28 30 32 34 -5 0 5 10 15 20 25 30 35
To (°C) Text (°C)

Store Store

100% 100%

80% 80%

60% 60%
% baissé

% baissé
40% 40%

20% 20%

0% 0%
20 22 24 26 28 30 32 34 -5 0 5 10 15 20 25 30 35
To (°C) Text (°C)

Eclairage Eclairage

100% 100%

80% 80%

60% 60%
% allumé

% allumé

40% 40%

20% 20%

0% 0%
20 22 24 26 28 30 32 34 -5 0 5 10 15 20 25 30 35
To (°C) Text (°C)

Ventilateur Ventilateur

100% 100%

80% 80%
% en marche
% en marche

60% 60%

40% 40%

20% 20%

0% 0%
20 22 24 26 28 30 32 34 -5 0 5 10 15 20 25 30 35

To (°C) Text (°C)

Température opérative intérieure Température extérieure


Corrélation r Constante a Pente b Corrélation r Constante a Pente b
Fenêtre 0,31 -7,47 0,26 0,42 -2,87 0,14
Store 0,17 -4,47 0,14 0,29 -2,32 0,09
Eclairage -0,01 -1,10 -0,01 0,06 -1,55 0,02
Ventilateur 0,62 -19,64 0,65 0,51 -6,71 0,26

Tableau 2.5 – Résultats des régressions logistiques dans les bâtiments NV.

96
Expérimentation

2.6.1.1 Utilisation de la fenêtre


Les occupants des bâtiments NV ouvrent la fenêtre pour apporter de l’air frais qui
permet d’améliorer la qualité de l’air intérieur et le confort thermique en évacuant la chaleur
interne et favorisant le mouvement de l’air dans le local. Le graphique en première ligne à
droite sur le tableau 3.5 montre la proportion des sujets qui ont ouvert la fenêtre en fonction
de la température opérative intérieure. Nous obtenons une corrélation modérée mais qui est
statistiquement significative. Nous remarquons que la proportion des fenêtres ouvertes
augmente significativement à partir de 24°C jusqu’à 31°C, puis elle diminue. Cette réduction
dans la proportion des fenêtres ouvertures reflètent la tendance des sujets à fermer la fenêtre
pendant l’après midi quand l’air extérieur devient chaud. Le graphique à côté montre la
régression en fonction de la température extérieure. Nous obtenons une corrélation plus
importante mais qui présente le même comportement qu’avec la température intérieure.

2.6.1.2 Utilisation du store et de l’éclairage


La protection solaire joue un rôle important dans le comportement thermique des
locaux en limitant les apports solaires à travers les vitres et permet d’améliorer ainsi le confort
thermique. Elle joue aussi un rôle important dans le confort visuel en limitant l’éblouissement
ou les réflexions sur les écrans. L’utilisation du store n’a pas montré une forte corrélation
avec la température intérieure. La corrélation est plus importante avec la température
extérieure mais reste faible. Même si le store permet de se protéger de la surchauffe pendant
les périodes chaudes, son utilisation ne semble pas très liée à la température. En effet les
sujets semblent l’utiliser pour améliorer le confort visuel et réduire l’éblouissement [Foster,
2001]. Une étude réalisée par Sutter [Sutter, 2003] montre que l’utilisation du store est
fortement corrélée avec l’éclairement lumineux extérieur. En ce qui concerne l’utilisation de
l’éclairage, nous ne pouvons constater aucune relation avec la température par contre nous
remarquons la proportion est presque toujours inférieure à 50%. Son utilisation dépend
fortement de l’éclairement lumineux extérieur [Reinhart, 2003].

2.6.1.3 Utilisation du ventilateur - Ajustement de la vitesse de l’air


En ce qui concerne l’utilisation du ventilateur, les graphiques en dernière ligne
montrent une forte corrélation avec les températures, surtout celle d’intérieur. A partir d’une
température intérieure de 27°C, la proportion d’utilisation de ventilateurs augmente d’une
façon importante et dépasse 80% à partir de 30°C. Nous avons étudié aussi la variation de la
vitesse de l’air en fonction de la température d’air. La figure 2.21 présente les régressions de
la vitesse de l’air en fonction de la température opérative intérieure (à gauche) et la
température extérieure (à droite). Nous trouvons aussi des corrélations très fortes surtout avec
la température intérieure. La vitesse de l’air augmente d’une façon exponentielle avec
l’augmentation de la température. Ces résultats confirment l’importance du mouvement d’air,
contrôlé individuellement par un ventilateur, comme technique de rafraîchissement dans les
bâtiments naturellement ventilés pendant les périodes chaudes.

97
Expérimentation

Bâtiments NV – été & hiver Bâtiments NV – été & hiver


0,35 0,35

0,3 0,3

Vitesse de l'air (m/s)


0,25 0,25
Vitesse d'air (m/s)

0,2 0,2

0,15 0,15

0,1 0,1

0,05 0,05

0 0
20 22 24 26 28 30 32 34 -5 0 5 10 15 20 25 30
To (°C) Text (°C)

Vitesse de l’air (régression sur to) Vitesse de l’air (régression sur text)
Va = 0.001×exp(0.181×to) (r² = 0.82) Va = 0.033×exp(0.072×to) (r² = 0.63)

Figure 2.21 - Corrélation entre la vitesse de l’air et la température intérieure.

2.6.2 Les ajustements personnels

2.6.2.1 Ajustement de la vêture


La vêture constitue un moyen important d’adaptation aux conditions thermiques.
Les personnes modifient et ajustent leurs vêtures tout au long de l’année en fonction des
conditions extérieures et des variations saisonnières. Dans le questionnaire thermique, nous
avons demandé aux sujets s’ils ont pris en compte les conditions météo pour s’habiller le
matin. Près de 80% avaient répondu positif à la question, avec la température comme
principal élément de météo considéré. Les personnes adaptent ainsi leurs vêtures en fonction
des conditions climatiques qu’ils prévoient à l’extérieur et aux lieux de travail selon leurs
expériences thermiques. La figure 2.22 présente la distribution des isolements vestimentaires
des sujets dans les bâtiments NV selon la saison. Nous remarquons qu’en été l’isolement
vestimentaire varie dans un intervalle étroit de 0.25 à 0.6 clo avec une moyenne de l’ordre de
0.38 clo. En hiver les variations sont plus importantes (de 0.3 à 1.3 clo) avec une moyenne de
l’ordre de 1.75 clo.

Bâtiments NV - hiver Bâtiments NV - été


Fréquence - NV hiver Fréquence - NV été

0,60 0,50 0,40 0,30 0,20 0,10 0,00 0,00 0,10 0,20 0,30 0,40 0,50 0,60
0,2 0,2
0,3 0,3
0,4 0,4
0,5 0,5
CLO

0,6 0,6
0,7 0,7
0,8 0,8
0,9 0,9
1 1
1,1 1,1 Homme
Femme
1,2 1,2
1,3 1,3

Figure 2.22 – Distribution de fréquences des valeurs de l’isolement vestimentaire dans les bâtiments NV.

98
Expérimentation

Sur la figure 2.23 nous avons tracés les variations des valeurs du clo en fonction de
la température intérieure et extérieure. Dans les deux cas le clo présente une forte corrélation
(r² = 0.94 dans les deux cas). L’isolement vestimentaire diminue avec l’augmentation de la
température. Ces résultats affirment l’importance de l’ajustement de la vêture comme action
adaptative face aux variations climatiques dans les bâtiments naturellement ventilés.

Bâtiments NV – été & hiver Bâtiments NV – été & hiver


1,2 1,2

1 1
Isolement vestimentaire (clo)

Isolement vestimentaire (clo)


0,8 0,8

0,6 0,6

0,4 0,4

0,2 0,2

0 0
20 22 24 26 28 30 32 34 -5 0 5 10 15 20 25 30
To (°C) Text (°C)

Isolement vestimentaire (régression sur to) Isolement vestimentaire (régression sur text)
clo = 7.444×exp(-0.104×to) (r² = 0.94) clo = 0.844×exp(-0.104×to) (r² = 0.94)

Figure 2.23 – Corrélation entre l’isolement vestimentaire et la température intérieure.

2.6.2.2 Le niveau d’activité – Métabolisme


Le niveau d’activité influence le confort thermique individuel à travers la
production de chaleur métabolique interne. L’approche adaptative considère que les personnes
ont tendance à réduire leurs niveaux d’activité pendant les périodes chaudes pour limiter la
production de chaleur interne. Pour cela nous avons tracé les variations de la chaleur
métabolique en fonction de la température intérieure et extérieure. Les résultats obtenus
(figure 2.24) ne nous permet pas de confirmer cette hypothèse à travers notre étude dans les
bâtiments de bureaux naturellement ventilés. Par contre, nous avons remarqué que plus de la
moitié consomment des boissons fraîches pendant les périodes chaudes. La boisson fraîche
peut contribuer à une réduction de près de 10% du métabolisme [Yannas, 1995].

Bâtiments NV – été & hiver Bâtiments NV – été & hiver


1,60 1,60

1,50 1,50

1,40 1,40
Activité (Met)

Activité (Met)

1,30 1,30

1,20 1,20

1,10 1,10

1,00 1,00
20 22 24 26 28 30 32 34 -5 0 5 10 15 20 25 30 35
To (°C) Text (°C)

Chaleur métabolique (Variation avec to) Chaleur métabolique (Variation avec text)

Figure 2.24 – Corrélation entre le niveau d’activité et la température intérieure.

99
Expérimentation

2.6.3 Les caractéristiques des bâtiments


Les paragraphes précédents ont permis de constater l’importance du contrôle
individuel pour le confort thermique dans les bâtiments naturellement ventilés. Le contrôle
individuel ou l’opportunité adaptative dépend des caractéristiques du bâtiment selon son
organisation, le mode d’occupation, le traitement thermique des locaux ou le mode de
contrôle des ambiances (centralisé ou individualisé). La comparaison des distributions de
fréquences du vote de sensation entre les bureaux cloisonnés et paysagés (figure 2.25)
montrent que les sujets dans les locaux paysagés estiment des sensations plus élevées que
leurs homologues dans les locaux cloisonnés en été et en hiver. En effet les bureaux paysagés
sont caractérisés par une densité d’occupation importante qui résulte par une forte charge
interne. En plus l’opportunité adaptative pour chaque sujet est différente selon sa position
dans le local par rapport à la fenêtre par exemple.

Bâtiments NV - été Bâtiments NV - hiver


0,5 0,5

Cloisonnés Cloisonnés
Paysagés Paysagés
0,4 0,4
Fréquence

Fréquence

0,3 0,3

0,2 0,2

0,1 0,1

0 0
-3 -2 -1 0 1 2 3 -3 -2 -1 0 1 2 3
Vote de sensation thermique Vote de sensation thermique

Figure 2.25 - La distribution des votes de sensation thermique dans les bâtiments à ventilation naturelle
selon le type des bureaux pour les mesures estivales (à gauche) et les mesures hivernales (à droite).

Une autre caractéristique importante est le type de traitement climatique des


bâtiments (climatisé ou naturellement ventilé). Les bâtiments climatisés sont généralement
centralisés et offrent peu ou aucun contrôle individuel aux occupants, à part l’éclairage ou le
store. Les occupants de ces bâtiments sont généralement exigeants par rapport aux conditions
thermiques et ne tolère pas les variations de la température au-delà des intervalles préconisés
par les normes. Les mesures réalisées dans les bâtiments CL n’ont pas pu établir des relations
statistiquement significatives. Il était par exemple intéressant de comparer la sensibilité des
occupants aux conditions thermiques (la pente de la droite de régression du vote de sensation
thermique sur la température opérative) dans les bâtiments CL par rapport à celle des
bâtiments NV. Nous avons trouvé en moyenne une valeur de l’ordre 0.25/°C dans ces
derniers, une valeur comparable avec celle trouvée par de Dear dans le même type de
bâtiment (0.27/°C) [De Dear, 1998]. Par contre, De Dear a trouvé dans les bâtiments CL une
valeur deux fois plus importante (0.51/°C). Cela veut dire que les occupants des bâtiments CL
sont deux fois plus sensibles aux variations de la température que leurs homologues dans les
bâtiments NV.

100
Expérimentation

2.7 Comparaison avec la base de données SCATs


Afin de tester la validité du modèle de la sensation thermique en fonction de
l’indice PMV* (Equations 2.2 et 2.3), nous avons comparé les résultats de nos mesures avec
une partie des mesures effectuées dans le cadre du projet européen SCATs. Nous avons choisi
d’utiliser les mesures réalisées en France. Les 2 graphes ci-dessous montrent que les valeurs
du modèle sont en concordance avec celles tirées de SCATs, ces dernières étant toutes dans
l’intervalle de confiance à 95% des nouvelles observations.

Régression des votes de sensation par PMV* (R²=0,974)

2,5

2
Sensation thermique

1,5

0,5

0
-1 -0,5 0 0,5 1 1,5 2 2,5
-0,5

-1
PMV*

Régression linéaire Int. de conf. (Moyenne 95%)


Int. de conf. (Obs. 95%) données SCATs

Régression des votes de sensation par PMV* (R²=0,866)

2,5

2
Sensation thermique

1,5

0,5

0
-1 -0,8 -0,6 -0,4 -0,2 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
-0,5

-1

PMV*

Modèle Int. de conf. (Moyenne 95%) Int. de conf. (Obs. 95%) Données SCATs

Figure 2.26– Comparaison de la relation de la sensation thermique en fonction du PMV* avec la base de
données SCATs (relation d’été en haut, relation d’hiver en bas)

101
Expérimentation

2.8 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons étudié le confort thermique à travers une
expérimentation in situ réalisée dans huit bâtiments de bureaux. Cette expérimentation a
permis d’approfondir les connaissances sur les deux approches du confort thermique.
En ce qui concerne l’approche analytique, cette étude confirme l’incapacité de
l’indice PMV de représenter le confort thermique dans les bâtiments à ventilation naturelle.
Le PMV a surestimé la sensation de chaleur en été, et l’a sous-estimé en hiver. Ainsi, la
norme ISO 7730 basée sur le PMV, n’est pas parvenue à prédire le niveau de confort ressenti
par les participants dans les bâtiments NV, de plus, elle l’a sous-estimé en été et en hiver.
D’autre part, en comparant les indices de confort analytiques entre eux, c’est le PMV* qui a
établi la meilleure corrélation avec le vote de sensation thermique en été et en hiver. La
qualité de la corrélation a été vérifiée par comparaison avec des données issues du projet
SCATs. Cette corrélation peut être utilisée pour prédire la sensation thermique des occupants
dans les bâtiments NV.
Pour l’approche adaptative, les deux algorithmes ACA et ACS ont permis de
prédire d’une façon exacte le niveau de confort ressenti par les participants dans les bâtiments
NV. Cette étude confirme aussi la dépendance entre la température de neutralité et les
conditions rencontrées dans un bâtiment. D’autre part, nous avons trouvé que les participants
acceptent les conditions thermiques dépassant la zone de sensation comprise entre [-0.5;0.5].
En analysant les relations entre le vote d’acceptabilité et de préférence et celui de sensation,
nous avons établi les corrélations qui déterminent l’acceptabilité et la préférence thermique
d’un occupant dans un bâtiment NV à partir de sa sensation thermique. Ces corrélations
tiennent compte d’une façon implicite de l’adaptation psychologique, notamment les attentes
et les aspirations de l’occupant. Enfin, cette étude expérimentale a permis de confirmer
l’importance du comportement adaptatif pour le confort thermique dans les bâtiments NV.
L’utilisation de la fenêtre, du ventilateur local et l’ajustement vestimentaire ont participé
activement dans la perception thermique du local.
Cette étude expérimentale complète la bibliographie, et fournissent ensemble les
éléments essentiels pour la modélisation dynamique du confort thermique.

102
3 Modélisation dynamique
du confort thermique

3. Chapitre III : Modélisation dynamique du


confort thermique

Introduction

Les deux premiers chapitres ont permis de mettre en évidence les vertus des
deux approches analytique et adaptative du confort thermique. Pour permettre
une modélisation dynamique du confort ressenti in situ, il est ainsi nécessaire
d’intégrer les principes des deux approches, notamment le comportement
adaptatif de l’occupant qui n’est pas encore pris en compte dans la plupart des
modèles. Cela nous a emmené à adopter une démarche systémique capable
d’intégrer dans la modélisation, la pluralité disciplinaire des deux approches.
Dans ce chapitre, nous procédons à l’élaboration d’un modèle dynamique du
confort thermique intégrant le comportement adaptatif de l’occupant et destiné
aux bâtiments à ventilation naturelle. Nous commençons d’abord par présenter
les concepts généraux de l’approche systémique pour montrer sa pertinence à
travers la complexité du confort thermique. Après nous passons au
développement du modèle en trois étapes. La première étape consiste à
identifier la structure générale du modèle grâce à une analyse causale. Cette
étape permet notamment de montrer la possibilité de la prise en compte du
comportement de l’occupant via un modèle dynamique. La deuxième étape
consiste à formaliser les relations identifiées par l’analyse causale, et de les
expliciter par des expressions mathématiques qui permettent de mettre en
œuvre un code de calcul. Dans la dernière étape, nous procédons à l’intégration
du code développé dans un outil de simulation dynamique qui permet de
mesurer les conséquences du comportement simulé sur le confort thermique et
la consommation énergétique.

103
Modélisation dynamique du confort thermique

3.1 Investigation systémique du confort thermique

3.1.1 La complexité du confort thermique


Une caractéristique importante du confort thermique est sa pluralité disciplinaire
faisant intervenir un nombre important d’éléments de nature différente en échange permanent
de flux de diverse nature (énergie, matière et information). Les différentes approches actuelles
du confort thermique ne permettent pas de représenter les différents états du confort
thermique de l'individu dans les bâtiments. Nous avons vu dans le deuxième chapitre que
l’approche analytique réduit le confort thermique à son aspect physique et physiologique alors
que l’approche adaptative le représente en une boîte noire où les mécanismes complexes du
confort ne sont pas explicitement définis. Or Le confort thermique est trop complexe pour
comprendre facilement et anticiper les comportements. De la reconnaissance d'un grand
nombre d'éléments différents et constitutifs du confort thermique naît un sentiment de
complexité [Cantin, 2000].
Pour éviter d’adopter des conduites inappropriées et réductrices à l’égard des
situations complexes et riches de potentialités, il est essentiel de se doter d’un système de
représentation capable de développer une intelligibilité constructive de cette complexité.
L’élaboration d’un tel système de représentation est depuis cinquante ans au cœur des travaux
de la systémique [Donnadieu, 2002].
La systémique présentée comme une démarche théorique, pratique et
méthodologique repose sur l’appréhension d’un certain nombre de concepts tels que :
système, interaction, rétroaction, régulation, organisation, finalité, vision globale, évolution,
etc. A la différence de l’approche analytique, l’approche systémique englobe la totalité des
éléments du système étudié ainsi que leurs interactions et leurs interdépendances [Cantin,
2000]. Elle prend forme dans le processus de modélisation et va de l’élaboration de modèles
qualitatifs à la construction de modèles dynamiques et quantifiés, opérables sur ordinateur et
débouchant sur la simulation.
L’importance de cette démarche réside dans sa capacité à aborder la complexité de
la réalité (l’incertitude, l’ouverture, la fluctuation, le flou, la créativité…) tout en évitant de la
représenter de façon réductionniste. Mais son grand atout est sa transdisciplinarité, elle a déjà
donné lieu à de nombreuses applications dans des domaines très variés (biologie, écologie,
économie, management des entreprises, urbanismes, etc.). Dans le domaine du bâtiment,
l’application de la systémique reste limitée malgré tout son intérêt dans le contexte actuel du
développement durable. Elle permet d’apporter une vision globale sur le bâtiment considéré
dès lors comme un système doté d’une structure, assurant des fonctions et se transformant
dans le temps, identifiée par ses finalités et perçue dans un environnement actif [Le Moigne,
1999], et facilite ainsi la prise en compte des interactions entre ses différents aspects
architectural, environnemental, économique… sur une échelle locale et globale. Le travail de

105
Modélisation dynamique du confort thermique

Michel et celui de Cantin [Michel, 1994, Cantin, 2000] constituent un premier pas pour
l’application de la systémique dans le domaine du bâtiment et ouvre une voie originale et
prometteuse à la recherche et à l’action.

3.1.2 La lecture systémique du confort thermique


La démarche systémique se voulant modélisatrice demeure essentiellement
descriptif. Cependant elle offre à priori une boîte à outils (triangulation systémique,
découpage systémique et analogie) qui permettent de concevoir la multiplicité des points de
vue puis de passer d’un point à l’autre [Donnadieu, 2002]. Elle commence par une exploration
systémique avant d’aboutir à la modélisation et la simulation. Cette exploration systémique
consiste à définir les limites du système à étudier et à bien le situer dans son environnement,
pour ensuite identifier les sous-systèmes qui jouent un rôle dans le fonctionnement du
système. Cela suppose de définir clairement les frontières de ces sous-systèmes pour faire
ensuite apparaître les relations qu’ils entretiennent entre eux ainsi que leur finalité par rapport
à son environnement. La définition de la frontière (et donc du système) sera dès lors liée aux
objectifs de la modélisation et donc aux projets attribués à ce système [Le Moigne, 1999]. Ce
point est crucial parce qu’il montre que le même objet peut être représenté de différentes
manières selon les intentions du modélisateur. D’où l’importance de préciser au départ les
objectifs et les finalités du système à construire à partir de la réalité observée.
La définition du système bâtiment consiste ainsi à identifier sa frontière, à travers
laquelle il échange matière, énergie et/ou information avec son environnement, par rapport à
la finalité de procurer un environnement intérieur favorable aux activités des occupants. La
frontière sera l’enveloppe du système bâtiment qui réalise la clôture du système, celui-ci étant
en interrelation avec un environnement extérieur et un environnement intérieur « l’occupant ».
Le choix de l’occupant comme environnement intérieur du système bâtiment justifie la
définition de la finalité du système bâtiment, d’un point de vue microscopique, relativement
au système occupant. De plus, le fait d’intégrer l’occupant dans le système bâtiment (perçu
comme étant un système doté d’une technicité lui assurant une stabilité dans un
environnement prévisible) procure à ce dernier la possibilité d’une auto-finalisation et/ou la
capacité de prendre en compte des évènements extérieurs pour revenir à la stabilité. En effet,
l’occupant peut définir ses propres finalités et son intelligence lui confère l’autonomie à
même de répondre à un changement de son environnement. Le système peut ainsi être
considéré au niveau supérieur de l’auto-finalisation [Michel, 1994].
Cette approche systémique conduit donc à caractériser le confort thermique à l'aide
d’un système microscopique composé de deux sous-systèmes complexes en interaction: le
bâtiment et l'occupant, ce dernier étant maintenu dans la boucle de régulation. Cet ensemble
suggère une interface forte par un complexe d'échanges multidisciplinaires, dans leur nature et
leur contenu, entre les sous-systèmes d'un macro-système plus large. Le caractère ouvert de
cet ensemble est assuré en considérant le bâtiment occupé inscrit dans un environnement

106
Modélisation dynamique du confort thermique

englobant, qui est plus ou moins urbanisé, appartenant lui-même à l'écosystème planétaire
traversé par les flux énergétiques solaires. [Cantin, 2000]

Bâtiment Occupant
Ambiance
Système régulé
intérieure
Interface
Système de
Enveloppe Equipements
régulation

Environnement - macro-système

Figure 3.1 - Représentation du système occupant-bâtiment

L'occupant, système thermorégulé, évolue ainsi dans cette ambiance intérieure.


Pour le système "occupant", la frontière sera la peau et la vêture, alors qu'elle sera l'enveloppe
(murs verticaux et horizontaux) pour le système "bâtiment". L'ambiance intérieure du
bâtiment constitue un environnement immédiat (ou le réseau de communication) dans lequel
s'effectue les échanges de flux d'énergie, de matières (air, eau) et d'informations, entre
l'occupant et le bâtiment. Les composants des deux systèmes ont de nombreuses finalités:
stockage d'énergie, de matières, et d'informations, production, distribution et émission
d'énergie, transformation des produits et matières (air, CO2, H20, etc.), contrôle et régulation
des échanges.
Le confort thermique désigne ainsi une interaction forte entre l'occupant et le
bâtiment, plus riche que celle d'un simple voisinage décrit par un nombre limité d'équations
physiques décrivant les transferts thermiques. Plusieurs configurations sont possibles:
- le bâtiment influence l'occupant;
- l'occupant agit sur le bâtiment;
- le bâtiment et l'occupant s'influencent mutuellement.
L'investigation des conditions de confort conduit alors à étudier des phénomènes où
interagissent de multiples facteurs, et où se combinent des principes de régulation et de
déséquilibre.

107
Modélisation dynamique du confort thermique

3.1.3 Interactions : les mécanismes adaptatifs


Les deux sous systèmes bâtiment et occupant ont été le sujet de nombreuses études
analytiques proposant des modèles dynamiques qui permettent de déterminer le
comportement thermique de chacun d’eux en ne considérant que les transferts de chaleur et/ou
de masse comme seul échange entre eux.
Or les interactions entre l’occupant et le bâtiment ne se limitent pas seulement à ces
échanges physiques. L’occupant analyse sa situation actuelle et dès qu’il perçoit un
changement dans son environnement ou un écart par rapport à ses attentes ou ses aspirations,
il réagit en s’adaptant à la nouvelle situation ou en adaptant l’environnement à sa convenance.
C’est exactement ce type d’interactions qui a été souligné par les disciples de l’approche
adaptative en décelant l’écart entre les résultats des modèles analytiques et la réalité perçue
dans les études in situ [Humphreys, 1998, Brager, 1998]. Ces modèles analytiques permettent
de déterminer l’état thermique de chacun des deux sous-systèmes pris séparément, mais
échouent à représenter la complexité de la réalité tissée par les interactions fortes et variées
entres ces deux sous-systèmes, surtout dans des environnements changeants et dynamiques.
Le confort thermique concerne ainsi les interactions entre ces deux systèmes et les
mécanismes d'adaptation qui peuvent être représentés par des boucles rétroactives comme on
vient de le voir dans le prmier chapitre.
Parmi celles-ci, l'ajustement comportemental représente une liaison de rétroaction
agissant, par exemple, sur le climat intérieur du bâtiment et sur la frontière vestimentaire entre
les deux systèmes. Les ajustements comportementaux englobent toutes les actions effectuées,
consciemment ou non, par un individu pour modifier des flux d'énergie échangés avec
l'environnement bâti. Ils peuvent être représentés en trois groupes d'ajustement: personnel
(modification de la vêture), technologique (ouverture ou fermeture d'une fenêtre, mise en
marche d'un ventilateur), ou socioculturel (sieste aux heures chaudes).
Une autre boucle rétroactive, finalisant le confort thermique pour l'occupant, est
l'acclimatation. Dans l'organisme, elle représente une liaison rétroactive inconsciente obtenue
par médiation du système nerveux qui affecte le système physiologique de thermorégulation.
Elle caractérise les changements dans les réponses physiologiques suite, par exemple, à une
exposition prolongée dans un environnement thermique. L'acclimatation se distingue de
l'adaptation génétique qui n'est pas observée sur la durée de vie de l'individu.
L'expérience thermique et la mémoire de l'individu affectent la sensation thermique
par les attentes et l’accoutumance. Il s'agit d'une liaison agissant inversement à l'ajustement
comportemental. Dans ce cas, les facteurs psychologiques sont introduits dans l'étude des
mécanismes d'adaptation pour prendre en compte l'altération de l'information sensorielle par
le passé de l'individu et ses attentes. Elle peut être comparée à la notion d'habituation en
psychophysiologie (l'exposition répétée à un stimuli diminue l'intensité de la réponse). La
satisfaction d'un individu dépend des conditions thermiques qui existent dans cet
environnement et de ce qu'il attend.

108
Modélisation dynamique du confort thermique

Expérience
mémoire

Bâtiment
Occupant
Ambiance
intérieure Echanges Système régulé
physiques
Enveloppe Equipements Système de
régulation

Ajustement
comportemental

Environnement - macro-système

Figure 3.2 - Caractéristiques structurelles d'un modèle du confort thermique.

De cette représentation du confort thermique, il apparaît qu’il peut être représenté


par un système auto-organisateur où l'occupant du bâtiment possède la capacité de modifier
son comportement en fonction du niveau de confort, de son expérience et des transformations
de son environnement.
L'étude du comportement de l'occupant qui recherche le confort thermique dans le
bâtiment met ainsi en évidence une organisation dynamique avec existence de relations
causales circulaires (boucles de rétroaction) et ouvre la voie devant une modélisation en
dynamique des systèmes complexes du confort thermique qui permet d’associer ces boucles et
de les dynamiser, d’en formaliser les relations au sein d’un modèle de simulation où
interviendrait explicitement le temps.
Nous présentons en annexe D1 la démarche « dynamique des systèmes complexes »
appelé systémique de l’ingénieur signifiant par ce terme les dimensions scientifique,
technique et professionnelle liées à la mise en œuvre des concepts de la systémique qui vient
d’être présentés auparavant [Donnadieu, 2002].
Maintenant nous procédons à la modélisation dynamique du confort thermique.

3.2 La modélisation dynamique du confort thermique

3.2.1 L’analyse causale du confort thermique


A cette étape de travail, il s’agit d’identifier les variables et les influences mutuelles
qui permettent de représenter la dynamique du confort thermique d’un occupant dans un
bâtiment, plus précisément dans un local habituel pour l’occupant tel que le lieu de travail. Le
but est de construire un modèle microscopique qui permet de déterminer le comportement de
l’occupant (prestation de confort, réactions) et l’effet qu’aura ce comportement sur son

109
Modélisation dynamique du confort thermique

environnement (conditions thermiques, consommation d’énergie) dans une situation réelle où


l’occupant est soumis à une opportunité ou une suggestion d’action.
Les éléments clés pour cette analyse seront les interactions entre l’occupant et le
local. A part les échanges physiques, nous venons de voir que ces interactions peuvent être
représentées en trois boucles de régulation qui explicitent les mécanismes adaptatifs et les
processus décisionnels liés à l’occupant dans le local. De ces trois boucles, deux nous
intéressent particulièrement, la troisième (la régulation physiologique) étant d’une faible
influence (cf. §1.6.3). Les deux autres sont relatives au comportement et à l’adaptation
psychologique. Cette dernière exprime l’altération de l’information sensorielle par les attentes
et l’accoutumance de l’occupant dans un local donné impliquant des processus cognitifs tels
que la mémoire, l’apprentissage et l’anticipation. Cette boucle est en partie imbriquée dans la
boucle du comportement puisque celui-ci est le résultat de la perception réelle de
l’environnement par l’occupant, cette perception étant elle même dépendante des processus
cognitifs mis en jeu. L’étude du confort thermique se trouve rapporter à l’étude du
comportement de l’occupant dans un local lui offrant une certaine opportunité d’actions,
faisant intervenir ainsi une structure comportant un grand nombre de variables de natures
diverses et s’influençant mutuellement à travers des relations bouclées. Mais la question qui
se pose est de savoir si on peut simuler des comportements humains.

3.2.1.1 Modélisation du comportement humain


Dans une étude sur les dynamiques de la motivation, Karsky [Donnadieu, 2002] a
développé un modèle de simulation des comportements dynamiques des processus de
motivation. Ce modèle permet d’expliquer pourquoi et comment un acteur humain soumis à
une opportunité, une suggestion ou une demande impérative d’action, de la part de son
environnement (action proposée) va être motivée et décider d’agir. Cette action aura un
certain effet sur l’environnement et donnera lieu à une gratification pour l’intéressé (meilleur
confort thermique dans notre cas). Ce modèle se base essentiellement sur la notion de la
différence entre but et réalisation en comparant la satisfaction obtenue avec les aspirations
correspondantes. Pour développer ce modèle sept théories très différentes, empruntant à
divers domaines des sciences humaines (psychologie, anthropologie, psychosociologie, et
neurobiologie), ont été utilisées. Ces théories ont donnés lieu à cinq boucles de régulation
spécifique : boucle de réalisation, boucle du désir, boucle d’anticipation, boucle
d’apprentissage, et boucle d’inhibition. Le jeu combiné des différentes boucles met en
évidence le système complexe MODERE dans son ensemble et fait ressortir les données et
paramètres exogènes : nature et modalités de l’action proposée, politique de gratification, type
de personnalité et l’environnement sociétal.
Le modèle MODERE paraît à nos yeux très intéressants parce qu’il décrit d’une
façon adéquate les comportements d’un acteur humain soumis à une opportunité d’actions
donnée. Il pourra bien être utilisé pour expliquer le comportement de l’occupant dans un local
dont la motivation sera un meilleur confort thermique. Pourtant ce modèle ne peut pas être
110
Modélisation dynamique du confort thermique

utilisé tel qu’il est, mais il fournit les éléments de base pour développer notre propre modèle.
En effet, certaines boucles du modèle font intervenir le type de personnalité ou le désir
sociétal. Pour cela, nous avons décidé de ne pas retenir ces boucles afin que le modèle soit
applicable à un occupant quelconque indépendamment de sa personnalité. Deux boucles ont
ainsi été retenues : la boucle de réalisation et la boucle d’anticipation. Elles sont décrites ci
après.

3.2.1.2 La boucle de réalisation : écart désir-réalité.


Cette boucle permet de décrire le processus motivationnel en fonction de la
satisfaction des aspirations ou des besoins. L’être humain est perçu comme un être de besoin
qui n’agit que lorsqu’il est en état de manque, c’est-à-dire lorsqu’il a « satisfaction cumulée »
se trouve inférieur à ce qu’il considère comme son état normal de satisfaction (aspiration).
L’écart qui en résulte déclenche une disposition naturelle à agir (propension à l’action),
disposition qui deviendra un facteur favorable à la motivation [Donnadieu, 2002].
L’occupant, étant un être humain thermorégulé, a des besoins physiologiques
thermiques à satisfaire. Cette boucle permet de prendre en compte la régulation
comportementale de l’occupant qui sera motivé à prendre une action dans un environnement
lui proposant un certain nombre d’actions pour avoir en résultat des conditions thermiques
plus satisfaisantes (gratification). Cette boucle stabilisatrice est déclenchée lorsqu’un écart est
détecté entre la situation réelle et les aspirations (ou les besoins). Pour caractériser la
satisfaction actuelle dans notre étude sur le confort thermique, nous avons utilisé la variable
sensation thermique perçue. Puisque la préférence thermique de l’occupant exprime ses
aspirations comme nous venons de voir dans le chapitre précédent, nous avons décidé de
l’utiliser comme variable pour représenter l’écart entre l’aspiration et le réel. Cette préférence
thermique sera donc le mobile de toute action et partant le moteur du processus motivationnel
(figure 3.3).
+ Motivation

Préférence +
thermique
- - Décision
d’action

+
Sensation +
perçue Action

Action
proposée

Figure 3.3 - La boucle de réalisation du processus motivationnel relatif au confort thermique.

111
Modélisation dynamique du confort thermique

3.2.1.3 La boucle d’anticipation : écart espéré-réel.


Cette boucle permet de modéliser les attentes de l’être humain qui est perçu comme
un acteur conscient, maître de son comportement, des conséquences futures possibles,
espérées ou promises, de ses actions, en anticipant par la pensée les résultats probables au
regard des buts poursuivis [Donnadieu, 2002]. Ainsi, à l’action qui sera effectivement réalisée
correspond une action anticipée qui devrait engendrer un résultat espéré qui se cumulera en
une satisfaction espérée. Celle-ci est à chaque instant comparée à la satisfaction effective
(situation réelle), le résultat de comparaison génère plus ou moins d’intérêt à l’action
proposée. Cet intérêt à agir va influer sur la décision d’action, laquelle déterminera l’action
effectivement réalisée en réponse à l’action proposée. On retrouve la notion essentielle de
comparaison, d’écart entre deux variables, ici l’espéré et le réel.
Cette boucle est particulièrement intéressante à nos yeux parce qu’elle permet de
prendre en compte l’aspect psychologique de l’adaptation à travers les attentes. Pour cela, elle
sera également intégrer dans notre modèle. Nous utilisons comme avant la sensation
thermique perçue pour représenter la satisfaction effective, l’écart avec la satisfaction espérée
sera représenté par l’acceptabilité thermique. Cette dernière exprime en effet de l’écart entre
l’espéré et le réel. Par contre l’intérêt à l’action ici, par différence à la motivation, dépend
fortement de l’environnement objectif dans lequel se trouve l’occupant (la liste des actions
proposées dans notre cas). Pour cela, nous avons décidé d’introduire la notion d’opportunité
adaptative, déterminée à partir de la liste des actions proposées, pour déterminer l’intérêt à
l’action en combinaison avec l’acceptabilité thermique. Cet intérêt va influer sur la décision
d’action, laquelle déterminera à partir de la liste des actions proposées, l’action effectivement
réalisée.

Motivation

Opportunité Intérêt à +
adaptative + l’action
-
+
Acceptabilité Décision
thermique - d’action
+

Sensation +
+ Action
perçue

Action
proposée

Figure 3.4 - La boucle d’anticipation du processus motivationnel relatif au confort thermique.

112
Modélisation dynamique du confort thermique

3.2.1.4 La dynamique du comportement de l’occupant - AdOCC


Il nous paraît d’abord important de rappeler qu’à travers ce travail, nous nous
intéressons à représenter la complexité des comportements dynamiques du confort thermique
d’un occupant dans son environnement habituel (lieu de travail par exemple) à travers les
interrelations mutuelles qu’entretiennent l’occupant avec son cadre bâti, plus particulièrement
celles qui explicitent les processus décisionnels relatifs aux mécanismes d’adaptation. Ces
dernières sont souvent négligées, et même si elles sont reconnues elles seront rejetées comme
non quantifiables donc inutiles. Pourtant tout comportement dynamique provient justement de
l’existence – quantifiable mais non mesurée – de ces relations insoupçonnées.
Avec les deux boucles présentées ci avant, nous pouvons représenter sur un
diagramme la structure des interactions entre l’occupant et son cadre bâti relativement au
confort thermique. Nous distinguons sur le diagramme trois éléments principaux : l’occupant,
le bâtiment et l’environnement extérieur. L’environnement extérieur, considéré sous son
aspect climatique, représente l’environnement macroscopique avec lequel le système bâtiment
échange matière, énergie et/ou information. Il permet de prendre en compte le contexte
climatique qui pourra influencer la relation entre l’occupant et le bâtiment (perception du
confort thermique). Quant aux autres éléments (l’occupant et le bâtiment), chacun d’eux peut
être considéré comme un sous-système reconnu par une frontière dans son environnement
actif et contenant un certain nombre d’éléments en interaction.
Le schéma global du diagramme causal est complété en introduisant les deux
boucles que nous venons d’élaborer (figure 3.5). Ensemble, ces deux boucles déclenchent les
processus décisionnels qui permettent à l’occupant d’entreprendre une action dans son
environnement en fonction de son état de confort thermique. Elles permettent notamment la
modélisation du comportement de l’occupant face à une situation d’inconfort. Les deux
boucles peuvent être considérées comme un sous-sytème qui représente les interactions
adaptatives entre l’occupant et le bâtiment. Ce sous-système constitue notre contribution pour
la modélisation dynamique du confort thermique. Nous avons décidé d’appeler ce sous-
système par « AdOCC » (Adaptation de l’Occupant – Confort – Comportement).
Nous remarquons sur ce diagramme les relations d’influence de l’environnement
extérieur et du bâtiment sur la perception du confort thermique (sensation perçue, préférence
et acceptabilité). Celles ci ont été introduites pour prendre en compte la dépendance du
confort thermique sur le contexte climatique (différence saisonnière entre été et hiver) et le
contexte du bâtiment (climatisé ou naturellement ventilation).
Ce diagramme permet de mettre en relief les principaux éléments et variables qu’il
faut prendre en compte pour modéliser la dynamique du confort thermique. Nous passons
maintenant à définir et à quantifier les variables ainsi que les relations qui les unissent.

113
Modélisation dynamique du confort thermique

AdOCC
Environnement
extérieur

Préférence
Motivation
Ecart Aspiration-Réel

Sensation Décision
Occupant perçue d’action

Acceptabilité Intérêt à
Ecart Espéré-Réel l’action

Bâtiment

Actions Opportunité
proposées adaptative

Actions
Flux physique
Flux Information/représentation
Flux Information/décision

Figure 3.5 - Le diagramme causal de la dynamique du confort thermique

3.2.2 Définition des éléments composant ‘AdOCC’


Avant de commencer la définition des différentes variables, nous devons signaler
que la détermination du comportement de l’occupant repose sur la connaissance de l’état
thermique de l’occupant. Pour cela, nous avons inclus dans AdOCC, avec cette partie
comportementale, une autre partie qui permet de déterminer l’état thermique de l’occupant en
utilisant l’indice PMV*. Le choix de cet indice repose sur les résultats du chapitre précédent
qui a permis de constater la capacité du PMV* à déterminer l’état thermique des sujets.
Nous nous intéressons ici à la partie comportementale. AdOCC sera présenté dans
sa globalité plus loin dans la partie concernant son intégration dans un outil de simulation
dynamique qui permet de modéliser le comportement thermique des bâtiments en même
temps (cf. §3.3.2.3).

3.2.2.1 Définition des variables de AdOCC


Dans cette partie nous nous intéressons à définir uniquement les variables relatives
aux interactions. Pour les deux éléments occupant et bâtiment, ils seront développés plus tard
dans la phase de simulation.

114
Modélisation dynamique du confort thermique

- Sensation perçue. C’est une variable quantitative continue qui exprime la


sensation thermique réelle de l’occupant dans le local à un instant donné. Elle est estimée sur
l’échelle de sensation thermique de l’ASHRAE (cf. tableau 1.1) et prend valeur dans
l’intervalle [-3;3]. Elle est déterminée à partir de l’état thermique de l’occupant (déterminé par
l’indice PMV*) mais dépend également du contexte climatique et du type du bâtiment.

- Préférence thermique. C’est une variable quantitative continue qui désigne la


préférence thermique de l’occupant dans le local à un instant donné et permet d’exprimer
l’écart entre les aspirations de l’occupant et sa sensation thermique actuelle. Elle est estimée
sur l’échelle de préférence thermique (annexe B2) et prend valeur dans l’intervalle [-3;3]. Elle
est déterminée à partir de la sensation thermique réelle perçue mais dépend également du
contexte climatique et du type du bâtiment.

- Acceptabilité thermique. C’est une variable quantitative continue qui désigne


l’acceptabilité thermique de l’occupant dans le local à un instant donné et permet d’exprimer
l’écart entre les attentes de l’occupant et sa sensation thermique actuelle. Elle est estimée sur
l’échelle d’acceptabilité thermique (annexe B2) et prend valeur dans l’intervalle [1;4]. Elle est
déterminée à partir de la sensation thermique réelle perçue mais dépend également du
contexte climatique et du type du bâtiment.

- Actions proposées. Il s’agit ici d’une liste des diverses actions possibles dans un
local du bâtiment et qui permettent d’améliorer les conditions thermiques de l’occupant. Cette
variable dépend directement des caractéristiques du bâtiment étudié.

- Opportunité adaptative. C’est une variable qualitative à 3 niveaux {faible, moyen,


fort}. Elle exprime le degré selon lequel l’occupant peut agir dans un local afin de satisfaire
ses besoins en terme de confort thermique. Elle dépend essentiellement de la liste des actions
proposées dans le local et peut être déterminée directement de cette dernière.

- Motivation. C’est une variable qualitative à 3 niveaux {faible, moyen, fort}. Cette
variable exprime la propension à agir de l’occupant suite à un écart entre sa situation
thermique actuelle et ses aspirations. Cette variable est subjective et dépend uniquement de la
préférence thermique de l’occupant.

- Intérêt à l’action. C’est une variable qualitative à 3 niveaux {faible, moyen, fort}.
Cette variable exprime aussi le degré d’importance pour agir dans un local selon l’écart
détecté entre la situation thermique actuelle et celle espérée. Par différence à la motivation,
elle dépend fortement de l’environnement objectif dans lequel se trouve l’occupant. Elle sera
déterminée à partir de l’acceptabilité thermique et de l’opportunité adaptative.

115
Modélisation dynamique du confort thermique

- Décision d’action. C’est une variable quantitative à 3 niveaux {0, 1, 2}. En


combinant l’intérêt d’action et la motivation cette variable permet de représenter la décision
de l’occupant à agir sur son environnement en entreprenant une ou plusieurs actions. La
valeur zéro correspond à ne pas agir, la valeur 1 pour exercer une action dont l’effet est limité,
et 2 pour une action dont l’effet est plus important.

- Action. Cette dernière variable qui est plutôt une commande permet de traduire la
décision de l’occupant à agir et permet déterminer la nature de ou des actions à entreprendre
en fonction de la liste des actions proposées dans le local.

3.2.2.2 Quantification des relations causales


Après avoir défini la nature et les modalités de chaque variable, il s’agit maintenant
d’expliciter les flèches qui relient les variables entre elles. Ces flèches expriment des relations
de cause à effet qu’il faudra formaliser et quantifier.
A cette étape de travail, nous nous sommes basés sur les résultats de l’étude expérimentale et
bibliographique réalisée dans le chapitre précédent pour déterminer puis formaliser les
relations entre les différentes variables.

Occupant/Sensation perçue.

Il s’agit ici d’exprimer la sensation réelle perçue par l’occupant dans le local selon
le contexte convenable. Pour caractériser l’état thermique de l’occupant, nous allons utiliser
l’indice PMV* qui permet la meilleure corrélation avec la sensation réelle perçue (cf. tableau
2.4). La relation utilisée sera différente selon la saison (été ou hiver) et le type du bâtiment (à
ventilation naturelle ou climatisé). La figure 3.6 montre la relation entre les deux variables
pour l’été dans les bâtiments à ventilation naturelle.

Très chaud
Figure 3.6 - Relation entre la
Chaud
satisfaction obtenue et la
Sensation thermique perçue

Légèrement
chaud sensation perçue dans les

Neutre bâtiments à ventilation


-3,00 -2,00 -1,00 0,00 1,00 2,00 3,00
Légèrement naturelle pour les conditions
froid
d’été
Froid

Très froid

PMV *

Sensation perçue/Préférence thermique.

En fonction de la sensation actuelle perçue par l’occupant, il va avoir une


préférence thermique selon ses aspirations dans son contexte actuel. Pour exprimer la relation
entre ces deux variables, nous avons utilisé les relations déterminées dans le chapitre

116
Modélisation dynamique du confort thermique

précédent (cf. §2.4.1). La relation utilisée sera différente selon la saison (été ou hiver) et le
type du bâtiment (à ventilation naturelle ou climatisé). La figure 3.7 montre la relation entre
ces deux variables pour l’été dans les bâtiments à ventilation naturelle.

Beaucoup
plus chaud
Figure 3.7 - Relation entre la
Plus chaud
préférence thermique et la
Un peu
plus chaud
sensation perçue dans les
bâtiments à ventilation
Préférence

Sans
changement
-3,00 -2,00 -1,00 0,00 1,00 2,00 3,00 naturelle pour les conditions
Un peu
plus froid
d’été.
Plus froid

Beaucoup
plus froid

Très Froid Légèrement Neutre Légèrement Chaud Très


froid froid chaud chaud
S e nsa tion pe rçue

Sensation perçue/Acceptabilité thermique.

En fonction de la sensation actuelle perçue par l’occupant, il va plus ou moins


accepter sa situation thermique actuelle selon ses attentes dans son contexte actuel. Pour
exprimer la relation entre ces deux variables, nous avons utilisé les relations déterminées dans
le chapitre précédent. La relation utilisée sera différente selon la saison (été ou hiver) et le
type du bâtiment (à ventilation naturelle ou climatisé). La figure 3.8 montre la relation entre
ces deux variables pour l’été dans les bâtiments à ventilation naturelle.

Acceptable Figure 3.8 - Relation entre


l’acceptabilité thermique et la
Légèrement sensation perçue dans les
Satisfaction

inacceptable
bâtiments à ventilation

Inacceptable
naturelle pour les conditions
d’été

Très
inacceptable

Très Froid Légèrement Neutre Légèrement Chaud Très


-3,00
froid -2,00 -1,00
froid 0,00 1,00
chaud 2,00 3,00
chaud
Sensation perçue

Bâtiment/Actions proposées.

La liste des actions proposées découle directement de la caractérisation du bâtiment


étudié. Les actions seront seulement celles qui pourront influencer les conditions thermiques
dans le local ainsi que l’état thermique de l’occupant. Ces actions ont été déjà identifiées dans
le chapitre précédent à travers le questionnaire longitudinal. Ce dernier nous a permis de

117
Modélisation dynamique du confort thermique

déterminer le poids accordés par les occupants pour les différentes actions possibles selon le
degré d’importance. Nous présentons dans le tableau ci-après la liste des actions possibles
pour contrôler les conditions thermiques dans un bâtiment à ventilation naturelle en été.

Liste des actions possibles dans les bâtiments à ventilation Poids


naturelle en été
Ouverture / Fermeture des fenêtres 0.9
Utilisation d’une protection solaire 0.9
Ajustement des vêtements 0.9
Allumer / éteindre une lampe de bureau 0.8
Allumer / éteindre l’éclairage général 0.8
Allumer / éteindre un ventilateur 0.7
Score Total 5.0

Tableau 3.1 – Listes des actions proposées dans un bâtiment NV en été.

Actions proposées/Opportunité adaptative.

L’opportunité adaptative découle directement de la liste des actions proposées. Pour


la déterminer nous avons calculé un score qui correspond à la somme des poids des actions
disponibles dans le local et en fonction de la valeur de ce score, l’opportunité adaptative sera
déduite selon les règles indiquées dans le tableau ci-dessous.

Actions proposées Opportunité adaptative

si score ≤ 3.5 Faible

si score > 3.5 & fenêtre ouvrable Moyen

si score = 5 Fort

Tableau 3.2 – La relation entre l’opportunité adaptative et la liste des actions proposées dans un local.

Pour prendre en compte les contraintes d’ouverture de la fenêtre relatives au bruit


ou à la pollution extérieurs, nous avons considéré un facteur de minoration de 0.5 sur le poids
de la fenêtre dans le cas où l’environnement extérieur n’est favorable à l’ouverture de la
fenêtre. L’opportunité adaptative dépend aussi de la position relative de l’occupant dans le
local par rapport aux disponibilités d’action essentiellement la fenêtre. Pour cela si l’occupant
n’est pas proche de la fenêtre, nous avons décidé de pénaliser l’opportunité adaptative en la
diminuant au niveau immédiatement inférieur.

118
Modélisation dynamique du confort thermique

Préférence thermique/Motivation.

Comme nous l’avons décrit dans le paragraphe précédent, la motivation dépend de


la préférence thermique uniquement. Elle est déterminée selon la règle suivante : Plus l’écart
par rapport aux aspirations est important, plus la préférence sera élevée et plus la motivation
sera importante. Le tableau ci-contre exprime la relation entre ces deux variables.

Préférence thermique Motivation

si |Préférence| < 0.5 Faible

si 0.5 ≤ |Préférence| < 1.5 Moyen

si |Préférence| ≥ 1.5 Fort

Tableau 3.3 – La relation entre la motivation et la préférence thermique.

Acceptabilité & Opportunité adaptative / Intérêt à l’action.

L’intérêt à l’action est déterminé en combinant l’acceptabilité thermique avec


l’opportunité adaptative. Cette variable est déterminée selon la règle suivante : plus l’écart
entre la situation thermique actuelle et celle attendue est important, plus l’inacceptabilité sera
importante et plus l’opportunité adaptative est forte plus l’intérêt à l’action sera important. Le
tableau ci après résume la relation entre les variables.

Opportunité adaptative

Faible Moyen Fort

Très inacceptable Fort Fort Fort


Acceptabilité

Inacceptable Moyen Moyen Fort

Légèrement inacceptable Faible Moyen Moyen

Acceptable Faible Faible Faible

Tableau 3.4 –L’intérêt à l’action en fonction de l’acceptabilité et l’opportunité adaptative.

Motivation & Intérêt à l’action / Décision d’action.

La décision d’action est aussi déterminée en fonction des deux variables, la


motivation et intérêt à l’action. La règle est la suivante : plus la motivation et l’intérêt à
l’action sont importants plus la décision à l’action sera importante. Le tableau ci-dessous
résume la relation avec ces deux variables.

119
Modélisation dynamique du confort thermique

Intérêt à l’action

Faible Moyen Fort

Motivation Faible 0 0 0

Moyen 0 1 2

Fort 1 2 2

Tableau 3.5 – La décision d’action en fonction de la motivation et de l’intérêt à l’action.

Décision d’action & Actions proposées / Actions.

Une fois la décision prise, cette relation permet de la transposer en une action parmi
la liste des actions proposées. L’action qui sera entreprise dépendra de l’importance de la
décision ainsi que du signe de la préférence (action contre le chaud pour un signe négatif,
action contre le froid pour un signe positif). Ainsi nous distinguons deux types d’action : des
actions contre le chaud et des actions contre le froid. Nous présentons dans le tableau suivant
la liste des actions possibles dans un local d’un bâtiment à ventilation naturelle pendant la
période estivale.

Décision 0 1 2

Préférence . négatif positif négatif positif

Fenêtre Aucune action Ouvrir Fermer Ouvrir Fermer

Store Aucune action baisser Lever baisser Lever

Vêture Aucune action -0.05 clo +0.05 clo - 0.1 clo +0.2 clo

Ventilateur Aucune action Allumer / Eteindre / Allumer / Eteindre /


augmenter Réduire Augmenter Réduire
puissance puissance puissance puissance

Tableau 3.6 – Exemple des actions en fonction de la décision d’action et les actions proposées dans un
bâtiment NV en été.

L’ordre des actions a été établi à partir de la fréquence d’utilisation de ces actions
déterminée à partir du questionnaire long. Ainsi si la décision d’action est non nulle, il s’agit
d’exécuter, selon la valeur de la décision, la première action dans cette liste. Si cette action est
déjà prise, elle sera maintenue à son état actuel et l’action suivante dans la liste sera exécutée.
Ainsi l’action qui va être entreprise dépendra en plus de l’état actuel des éléments proposés
dans la liste d’action.

120
Modélisation dynamique du confort thermique

Chacune des actions entreprises aura un ou plusieurs résultats sur le local et


l’occupant ainsi que sur les échanges entre les deux. La fenêtre influence l’échange aéraulique
(débit d’air neuf) et la vitesse de l’air dans le local. Le store agit sur le gain solaire, notons
que pour le store nous avons pris en considération aussi le rayonnement solaire reçu sur la
façade. Par exemple, pour une façade nord ou une façade est dans l’après midi, la fermeture
du store est inutile et l’action sera déclinée.
Pour les ajustements vestimentaires, les valeurs indiquées dans le tableau ont été
déterminées à partir d’une analyse des tenues vestimentaires des sujets questionnées dans les
enquêtes. Le même ajustement vestimentaire ne peut pas être effectué deux fois à la suite. Par
exemple si à un moment donné la décision de l’occupant correspond à enlever un pull (-0.2
clo), il ne peut pas dans un moment ultérieur refaire cette action sauf s’il a remis le pull entre
ces deux moments suite à une sensation de froid. Enfin le ventilateur va modifier la vitesse de
l’air à proximité de l’occupant. Nous avons considérés trois niveaux de puissance pour le
ventilateur comme c’est le cas de la plupart des ventilateurs utilisés.
L’ensemble des algorithmes utilisés pour traduire les décisions d’action en actions
sera présenté un peu plus loin.
La nature et la modalité des variables et des influences mutuelles étant déclinées,
nous pouvons maintenant passer à l’étape suivante qui consiste à l’intégration de AdOCC
dans un outil de simulation dynamique.

121
Modélisation dynamique du confort thermique

3.3 Intégration de AdOCC dans un outil simulation


Il nous semble d’abord judicieux de présenter en quelques mots les outils de
simulation pour en faire le choix de celui qui sera utilisé pour faire l’assemblage des
différentes unités de notre système.

3.3.1 Le choix de l’outil de simulation


La dynamique des systèmes complexes est une démarche qui, comme la
systémique, utilise beaucoup le langage graphique notamment à travers le diagramme causal
et le diagramme des flux (stateflow diagram). Comme ces deux diagrammes utilisent des
symboles communs pour représenter les variables et les interrelations selon leurs natures,
plusieurs outils de simulations en dynamique des systèmes (STELLA, VENSIM, ITHINK,
SIMULINK de MATLAB) ont été développé pour faciliter la translation de ces diagrammes
en langage informatique qui permet la simulation à travers la résolution d’un système
d’équation intégrales.
Par contre, notre travail de recherche ne vise pas uniquement à modéliser le
comportement dynamique du confort thermique mais aussi à discerner le lien entre confort
thermique et consommation d’énergie dans le bâtiment en vue d’une optimisation du second
en fonction du premier. Pour cela, il nous sera plus pratique d’utiliser un outil de simulation
dynamique permettant de modéliser et de simuler les systèmes thermiques, notamment le
bâtiment faute de quoi nous serons amenés à développer un modèle dynamique pour simuler
le comportement du sous-système bâtiment avec tout le travail de calibrage et de simulation
qui s’en suit.
Notre choix a porté sur le logiciel TRNSYS16 pour les raisons suivantes. D’abord
TRNSYS16 n’est pas un logiciel dédié uniquement à l’étude du comportement thermique du
bâtiment, il est plutôt un solveur de systèmes d’équations capable de réaliser des simulations
dynamiques. Il est basé sur une approche modulaire et permet de créer de nouveaux modèles
et d’y intégrer en plus ceux de la bibliothèque. La bibliothèque contient quelques 50 familles
de composants permettant de simuler, en régime transitoire, les bâtiments (mono- ou
multizonal), les systèmes de chauffage et de climatisation. En plus la nouvelle version
TRNSYS16 permet d’appeler des programmes écrits dans MATLAB et de les coupler avec
les autres types via un nouveau composant ‘type 155’. Puisque nous avons utilisé MATLAB
pour l’écriture des différents programmes, cela facilite leur intégration et leur couplage avec
les différents types de TRNSYS16. Ainsi Le diagramme causal du confort thermique peut
ainsi être traduit par un programme dans MATLAB et facilement intégré et couplé avec les
autres types dans TRNSYS16, notamment le type 56 qui permet la modélisation d’un
bâtiment multizonal.

122
Modélisation dynamique du confort thermique

3.3.2 Description des composants utilisés dans TRNSYS


Le schéma suivant explicite le principe de l’assemblage de AdOCC avec les autres
composants dans TRNSYS16 dans TRNSYS studio. Le schéma global comporte les deux
sous-systèmes principaux bâtiment et AdOCC. Avec ces deux éléments, nous avons décidé
d’inclure un composant appelé ‘AIRNODE’ pour calculer l’échange aéraulique entre les
différentes zones et avec l’extérieur. En effet, les échanges aérauliques jouent un rôle
important dans la détermination des conditions thermiques, surtout dans les bâtiments à
ventilation naturelle (par ouverture des fenêtres). Les différents composants sont définis dans
TRNSYS simulation studio qui permet de créer les composants et de définir les différentes
connexions entre eux via une interface graphique. Nous allons détailler maintenant chacun des
éléments composant le modèle global.

Environnement extérieur (Fichier climatique)

Type 56 de TRNSYS – modèle


mutlizonal d’un bâtiment

AdOCC Bâtiment
Partie physiologique
Bâtiment – Modèle multizonal
Modèle physiologique bi Enveloppe + Equipements
nodale de Gagge
Comportement thermique
Bilan thermique corps Comportement énergétique
Indices confort : ET, PMV*

Partie comportementale AIRNODE (échange aéraulique)

Interactions Bâtiment - modèle multizonal


occupant - local Ventilation + Qualité d’air

Sensation satisfaction Comportement aéraulique


Actions adaptatives débits d’air inter-zonales
Infiltrations

Partie originale de ce travail Partie adaptée du code de CONTAM


développée sous MATLAB développée sous MATLAB

Flux physique Flux d’information Flux d’information


(Matière/Energie) (Représentation) (Décision)

Figure 3.9 - Schéma global de l’intégration de AdOCC dans TRNSYS16.

123
Modélisation dynamique du confort thermique

3.3.2.1 Le composant ‘bâtiment’


TRNSYS permet de modéliser le comportement thermique d’un bâtiment
multizonal à travers le type 56 inclus dans la bibliothèque. Le type 56 requiert en entrée la
description physique du bâtiment ainsi que les gains internes et les débits d’échange d’air et
détermine en sortie un grand nombre de variables dont la température d’air et opérative,
l’humidité relative, les quantités de chaleur sensibles et latentes. TRNSYS propose un outil
spécial ‘TRNBLD’ qui permet de faciliter la saisie d’un bâtiment afin de créer les fichiers
d’entrée nécessaires pour le type 56. Le type 56 est généralement utilisé avec un pas de temps
d’une heure, mais peut être utilisé avec des pas de temps plus petits (une demi heure ou un
quart d’heure). Les descriptions du modèle physique du type 56 ainsi que de ses
caractéristiques sont disponibles dans le manuel de TRNSYS16.

3.3.2.2 Le composant ‘AIRNODE’


Le module type 56 ne permet pas de calculer les échanges aérauliques entre les
différentes zones d’un bâtiment ainsi que les infiltrations de l’extérieur, il les considère
comme des entrées. Or l’échange aéraulique joue un rôle important dans la détermination des
conditions thermiques, surtout dans les bâtiments naturellement ventilés en été où les
infiltrations par ouverture des fenêtres constituent le seul moyen de rafraîchissement. Les
différents débits d’échange d’air doivent être connus avec précision pour pouvoir les fournir
au type 56 en entrée à chaque pas de temps.

3.3.2.2.1 Couplage TRNSYS-CONTAM

La bibliothèque de TRNSYS offre deux types qui permettent de faire le calcul


aéraulique en utilisant les modèles aérauliques du logiciel CONTAM (type 97) et COMIS
(type157). Ces deux types utilisent en entrée les données climatiques et les températures d’air
des différentes zones fournies par le type56 et déterminent les différents débits nécessaires
pour le type 56 à chaque pas de temps. Nous avons choisis d’utiliser le modèle aéraulique de
CONTAM. Le logiciel CONTAM utilise les algorithmes AIRNET développé par Walton
pour l’institut américain des normes et de la technologie (National Institute of Standards and
Technology) [Walton, 1984, 1989]. Cet outil permet de modéliser l’échange aéraulique
multizonale dans un bâtiment. Le bâtiment est représenté sous forme d’un réseau de nœuds
dont chacun représente une zone du bâtiment. L’ambiance extérieure est aussi représentée par
une zone. Chaque noeud du réseau est caractérisé par sa pression et sa température. Les
cheminements possibles de l’air entre les différents nœuds sont représentés par des
connexions entre ces nœuds, correspondant aux fuites se produisant au travers des
composants aérauliques : porte et fenêtres ouvertes ou fermées, fissures dans les murs, entrées
d’air, etc. [Barhoun, 2006]. Les différents débits sont calculés en exprimant l’équation de
conservation massique en chacun des nœuds du réseau. La conservation de la masse est
vérifiée pour chacune des zones du bâtiment. La température, et par conséquent la densité de

124
Modélisation dynamique du confort thermique

l’air, sont connues grâce au couplage avec le type56 qui reçoit en entrée les débits calculé par
CONTAM (type97). Le type 97 utilise un fichier qui comporte la description des zones et des
connexions aérauliques composant le bâtiment. Ce fichier est généré par CONTAM.

3.3.2.2.2 Développement de AIRNODE

En couplant CONTAM avec TRNSYS, nous nous sommes vite aperçus de


l’impossibilité de modifier l’état d’un élément aéraulique (ouverture ou fermeture d’une
fenêtre) au cours d’une simulations. Cela constitue une véritable entrave pour la modélisation
du comportement de l’occupant. Pour contourner ce problème, il a fallu apporter les
adaptations nécessaires au type 97 qui lui permettent de prendre en compte les modifications
de l’état d’un élément aéraulique (fenêtre ou porte) au cours d’une simulation. Nous avons
repris le code de calcul du type97 (l’algorithme AIRNET) et nous l’avons écrit dans
MATLAB en lui apportant des modifications au niveau du contrôle des éléments aérauliques.
Le programme développé dans MATLAB, appelé AIRNODE, sera appelé dans TRNSYS
avec le type 155 qui peut être couplé de la même façon avec le type 56.
Pour s’assurer du bon fonctionnement du programme AIRNODE développé sous
MATLAB, nous avons simulé une maison de deux étages, avec 3 zones par étage, avec le
type 97 (CONTAM) puis avec le programme AIRONODE que nous avons développé sous
MATLAB. Les résultats des simulations montrent une comptabilité parfaite entre les résultats
obtenus avec les deux modules (Figure 3.10).

Pièce 1_CONTAM Pièce 2_CONTAM Pièce 3_CONTAM


Pièce 1_MATLAB Pièce 2_MATLAB Pièce 3_MATLAB
1,80
1,60
1,40
1,20
ach (vol/h)

1,00
0,80
0,60
0,40
0,20
0,00
3370 3380 3390 3400 3410 3420 3430
temps

Figure 3.10 - Comparaison des taux de renouvellements d’air obtenus avec type97 (CONTAM) et le
programme développé sur MATLAB.

125
Modélisation dynamique du confort thermique

3.3.2.3 Le composant ‘AdOCC’


Les deux composants précédents permettent le calcul en dynamique des systèmes
des échanges physiques (thermiques et aérauliques) entre les différentes zones composant un
bâtiment. Le type 56 propose de calculer le niveau de confort selon les indices PMV/PPD en
imposant des valeurs constantes pour la vêture, le métabolisme et la vitesse de l’air (ces
valeurs peuvent aussi être variables selon des plans d’occupation). L’occupant est ainsi pris en
compte d’une façon statique dans le type 56 et ne permet pas de représenter le dynamique du
confort thermique pour avoir une vision fidèle et proche de la réalité. Pour permettre des
simulations dynamiques du confort thermique, l’occupant doit être représenté par une
modélisation en dynamique des systèmes qui prend en compte les interactions de différentes
natures (physique, physiologique et comportementale) avec les autres éléments.
Le sous-système AdOCC que nous avons développé dans le paragraphe 3.2 permet
en effet une représentation dynamique du confort thermique à travers les actions
comportementales de l’occupant. Il repose sur la connaissance de l’état thermique de
l’occupant qui doit être lui aussi déterminé d’une façon dynamique. Pour cette tâche nous
avons choisi l’indice PMV*. Le choix de cet indice revient pour les raisons suivantes.
D’abord, le calcul du PMV* repose sur le modèle physiologique dynamique de Gagge et
permet de calculer à chaque pas de temps les différentes grandeurs physiologiques de la peau
et du centre du corps. De plus, l’étude expérimentale dans le chapitre précédent nous a permis
de constater une corrélation parfaite entre le PMV* et les sensation thermiques perçues. Le
composant AdOCC est composé donc d’une partie qui permet la modélisation physiologique
de l’occupant et d’une deuxième pour la modélisation des actions adaptatives. Ce composant
complète les deux éléments précédents (bâtiment et AIRNODE) pour permettre une
modélisation en dynamique des systèmes du confort thermique. Nous allons maintenant
présenter les deux sous-composants de AdOCC.

3.3.2.3.1 Modélisation physiologique de l’occupant

Pour déterminer l’état thermique du corps humain, nous avons utilisé le modèle à
deux nœuds de Gagge. Ce modèle représente le corps humain en deux nœuds concentriques
représentant le centre du corps et la peau. Les échanges entre les deux compartiments
considérés isothermes sont modélisés sous forme de conduction tissulaire et convection
sanguine (figure 3.11). Ce modèle considère la thermorégulation physiologique
(vasomotricité, frissons et sudation) et permet de calculer les variables physiologiques
(températures cutanées et internes, mouillure cutanée) dans des conditions transitoires. Les
sorties du modèle sont utilisées pour le calcul de l’indice PMV*.

126
Modélisation dynamique du confort thermique

Environnement : Ta, Trm, Pa, Va


PEAU
Respiration Convection/Rayonnement
/Evaporation

NOYAU
(métabolisme) Peau : tsk, csk

Conduction Convection
tissulaire sanguine

Noyau (M-W) : tcr, ccr

Récepteurs
Flux de chaleur/masse

Flux d’information/action
Intégrateurs

Figure 3.11 – Représentation du modèle physiologique à deux nœuds de Gagge.

La description du modèle est disponible dans la littérature [Gagge, 1986, Doherty,


1988, ASHRAE, 1997]. Nous rappelons ici des principales équations que avons utilisées pour
écrire le modèle dans MATLAB. Le bilan thermique dans chaque compartiment est calculé
selon les équations 3.1 et 3.2.

Noyau : Scr = M + M shiv − (k + mbl .c p ,bl )(tcr − tsk ) − W − Qres Eq. 3.1
Peau : S sk = ( K + mbl .c p ,bl )(tcr − tsk ) − Qdry − Qevap Eq. 3.2
Avec
Scr, Ssk = Bilan thermique du noyau et de la peau respectivement, W/m²
M + Mshiv = Production de chaleur interne (métabolisme et frisson), W/m²
W= travail externe, W/m²
Qdry, Qevap, Qres = Echange de chaleur sensible, latente et respiratoire respectivement, W/m²
K= Conductivité tissulaire, 5.28 W/m².K
mbl = Débit sanguin périphérique, L/m².h
cp,bl = Chaleur spécifique du sang, 4.19 kJ/kg.K (soit 1.163 Wh/LK)
tcr, tsk = Température interne et cutanée respectivement, °C

Les variables physiologiques relatives à la thermorégulation (débit sanguin


périphérique, flux de chaleur généré par frisson et débit de sudation régulatrice) sont calculées
en fonction d’un signal d’erreur sur les températures interne, de peau et moyenne du corps. Le
signal d’erreur correspond à l’écart par rapport aux consignes (33.6°C pour la peau et 36.8°C
pour le noyau).

127
Modélisation dynamique du confort thermique

Le débit sanguin périphérique mbl (en L/m²h) est calculé selon l’équation 3.3. Le
terme 6.3 en numérateur correspond au débit sanguin en conditions normales. SIGcr+ Le terme
200× est relatif à l’augmentation du débit sanguin en cas de vasodilatation lorsque la
température interne est SIGcr+ supérieure à la consigne ( est le signal d’erreur
correspondant à l’écart entre la température interne et la consigne dans le cas où celle-ci est
SIGcr+ supérieure à la consigne 36.8°C, est zéro dans le cas contraire). Le terme en
dénominateur est relatif à la réduction du débit sanguin en cas de vasoconstriction lorsque la
température SIGsk− de peau est inférieure à la consigne ( est le signal d’erreur

correspondant à l’écart entre la température de peau et la consigne dans le SIGsk cas où celle-
ci est inférieure à la consigne 33.6°C, est zéro dans le cas contraire).

(6.3 + 200 × SIGcr+ )


mbl = Eq. 3.3
(1 + 0.5 × SIGsk− )

Le flux de chaleur générée par frisson Mshiv (en W/m²) est calculé selon l’équation
3.4, avec SIGcr− et SIGsk− les signaux d’erreur quand les températures internes et de peau
sont inférieures à leurs consignes respectivement. Ils sont zéro dans le cas contraire.

M shiv = 19.4 × SIGsk− × SIGcr− Eq. 3.4

La température moyenne du corps tb est la moyenne des températures cutanée et


interne pondérées par le coefficient α et 1-α respectivement (fraction de la masse corporelle
concentrée dans la peau). La valeur consigne de tb est la moyenne des consignes de tsk et tcr
pondérées par 0.1 et 0.9 respectivement. L’équation 3.5 permet de calculer la valeur de α.

α = 0.0417737 + 0.7451832 /(mbl + 0.585417) Eq. 3.5

Le débit de sudation régulatrice msw (en g/m²h) est exprimé par l’équation 3.6 où les
signaux d’erreur SIG b+ et SIG sk+ représentent l’écart des températures du corps et de peau par
rapport à leurs consignes quand elles leur sont supérieures.

msw = 170 × SIGb+ × exp( SIGsk+ /10.7) Eq. 3.6

En ce qui concerne les échanges de chaleur avec l’environnement, le flux de chaleur


respiratoire est calculé à partir de la convection et l’évaporation respiratoire selon l’équation
1.14 présenté au chapitre 1. Le flux de chaleur sensible considère les échanges convectif et
radiatif. Il est calculé selon les équations 1.5 à 1.7 au chapitre 1. La température de vêtement
tcl est calculée par itération en combinant les deux équations 1.11 et 1.12. Le calcul de
l’échange de chaleur par évaporation à la surface de la peau Esk prend en compte

128
Modélisation dynamique du confort thermique

l’évaporation de la sudation régulatrice Esw et la perspiration insensible Edif (par diffusion). Le


calcul se fait selon les équations 3.7 à 3.10. Le nombre 0.68 dans l’équation 3.7 représente la
chaleur latente de l’évaporation de l’eau (en Wh/g). la valeur maximale de l’évaporation
cutanée Emax est calculé à partir de l’équation 1.13 pour une mouillure cutanée ω égale à un.

Esw = 0.68 × msw Eq. 3.7


Edif = (1 − Esw / Emax ) × 0.06 × Emax Eq. 3.8
Esk = Esw + Edif Eq. 3.9
ω = Esk / Emax Eq. 3.10

Finalement les températures de peau et interne sont calculées à partir du bilan


thermique de chaque compartiment (Ssk et Scr) selon les équations 2.2 et 2.3 sur un pas de
temps de une minute en considérant une masse corporelle moyenne de 70 kg et une surface
corporelle de 1.8m².
La température de peau et la mouillure cutanée sont utilisées dans de l’équation
3.11 pour le calcul de la température effective ET par itération en remplaçant la température
opérative to par ET et la pression de vapeur d’eau pa par celle qui correspond à ET (soit la
moitié de la pression saturée à ET étant calculée à 50% d’humidité relative).

Qsk = h × Fcle × (tsk − to ) + ω × LR × hc × Fpcl × ( ps , sk − pa ) Eq. 3.11


Fcle = f cl /(1 + f cl × h × Rcl ) Eq. 3.12
Fpcl = 1/(1 + (1/ icl ) × f cl × hc × Rcl ) Eq. 3.13

L’indice PMV* peut alors être déterminé en remplaçant la température opérative


par ET dans l’expression du PMV (équations 1.18 à 1.20) et en utilisant la température de
peau calculée ci avant. Parallèlement les autres indices de confort (PMV, SET, TSENS et
DISC) sont calculés à titre de comparaison.
Nous passons maintenant à présenter le deuxième sous composant de AdOCC.

3.3.2.3.2 Modélisation du comportement de l’occupant

Après avoir déterminé l’état thermique de l’occupant, cette partie va permettre de


modéliser son comportement afin de le traduire en actions adaptatives selon la dynamique mis
en œuvre dans le paragraphe 3.2. A partir de l’indice PMV*, la sensation thermique perçue est
calculée dans les bâtiments naturellement ventilés selon la saison (été ou hiver). Cette
sensation perçue va déclencher deux boucles rétroactives. La première boucle tient compte de
la déviation de la sensation perçue par rapport aux aspirations de l’occupant via sa préférence
thermique selon laquelle l’occupant sera plus ou moins motivé à prendre une action. La
deuxième fait référence à la déviation de la sensation perçue par rapport aux attentes de
l’occupant et va déterminer l’intérêt à agir selon l’importance des actions possibles dans le

129
Modélisation dynamique du confort thermique

local. Selon la motivation et l’intérêt à agir, l’occupant sera amené à prendre une décision
d’action. Cette décision d’action est traduite en actions selon des algorithmes qui tiennent
compte la nature de l’action (actions contre la chaleur ou contre le froid) et la liste des actions
proposées dans le local. Dans la suite nous présentons les algorithmes développés, les deux
boucles ayant été définies au paragraphe 3.2.
Les algorithmes mis en œuvre s’appliquent aux cas des bâtiments naturellement
ventilés. Les bâtiments climatisés sont généralement contrôlée d’une façon centralisée et ne
laisse pas une opportunité d’action pour l’occupant. Nous utilisons l’indice PMV* pour
caractériser le niveau de confort dans ces bâtiments.
Dans les bâtiments naturellement ventilés, les actions possibles concernent
l’utilisation de la fenêtre, du store, de l’éclairage, d’un ventilateur local, du thermostat de
chauffage en hiver avec l’ajustement de la vêture en tenant compte de la disponibilité de
chaque action dans le local. En été les actions sont limitées à la fenêtre, au store, à l’éclairage,
au ventilateur et à la vêture. En hiver elles sont limitées au store, à l’éclairage, à la vêture et
au thermostat. La fenêtre reste fermée pendant l’hiver. A part la liste des actions disponibles,
nous avons considéré aussi des contraintes sur leur utilisation. Pour l’utilisation de la fenêtre
nous prenons en compte la présence d’une nuisance extérieure qui limite son utilisation (bruit
extérieur, vent violent ou air extérieur pollué). La distance par rapport à la fenêtre est aussi
prise en compte pour le cas des bureaux collectifs.
Pour le store et l’éclairage nous avons constaté une particularité concernant leur
utilisation au chapitre précédent. En effet, les occupants ne semblent pas les utiliser en
réponse à un inconfort ou un changement dans les conditions thermiques. Pourtant tous les
deux influencent d’une façon significative les conditions thermiques dans un local à travers
les charges solaires et internes qu’ils entraînent respectivement. Pour cela nous avons cherché
dans la littérature des études qui ont porté sur le contrôle manuel du store et de l’éclairage.
Les différentes études que nous avons trouvées [Foster 2001, Reinhart, 2003, 04, Sutter,
2003] montrent que leur utilisation est liée au niveau de l’éclairement énergétique et lumineux
et proposent des modèles pour le contrôle manuel des stores et de l’éclairage par l’occupant.
Foster indique qu’à partir d’un éclairement énergétique incident sur le vitrage supérieur à 300
W/m² (~35 klux) les occupants baissent le store et le garde en position baissée jusqu’à la fin
ou le début de la journée suivante [Foster, 2001]. Nous avons retenu ce modèle pour le
contrôle du store. Dès que l’éclairement énergétique reçu sur le vitrage dépasse 300 W/m²
l’occupant baisse le store et le garde en cette position jusqu’à la fin de la journée. Pour
l’éclairage, Reinhart indique que les occupants allument automatiquement l’éclairage en
arrivant au début de la journée si le niveau de l’éclairement lumineux sur le poste de travail
est faible (inférieur à 400 lux) et le laisse allumé jusqu’à la fin de la journée, l’éclairage est
généralement allumé ou éteint en arrivant ou en partant du local [Reinhart, 2003]. Nous avons
retenu aussi ce modèle pour le contrôle manuel de l’éclairage. Par contre pour caractériser le
niveau de l’éclairement lumineux sur le poste de travail, nous avons utilisé trois paramètres :

130
Modélisation dynamique du confort thermique

le niveau d’éclairement énergétique incident sur le vitrage, le multiple de l’indice de vitrage


par le facteur solaire et la distance par rapport au vitrage. Si les deux premiers paramètres sont
supérieurs à 50 W/m² et 0.1 respectivement, le niveau de l’éclairage sur le poste de travail est
suffisant s’il est proche de la fenêtre [Ademe, 1993]. Sinon l’occupant allume l’éclairage
automatiquement et le laisse allumé jusqu’à la fin de la journée. Ainsi les actions exercées par
l’occupant suite à un changement dans les conditions thermiques se trouvent limitées à
l’utilisation de la fenêtre, de la vêture et du ventilateur en été et juste la vêture et le thermostat
de chauffage en hiver.
En ce qui concerne l’ordre de l’exécution de ces actions, nous considérons que
l’occupant intervient d’abord sur la fenêtre, puis la vêture et enfin le ventilateur quand il
décide de prendre une action contre la chaleur en été et en ordre inverse pour une action
contre le froid (si l’occupant a chaud en été et décide de prendre une action il commence par
ouvrir la fenêtre. Si la fenêtre est déjà ouverte il ajuste sa vêture dans la mesure du possible.
S’il a toujours chaud il peut allumer le ventilateur, en cas de disponibilité, ou augmenter sa
puissance dans un dernier recours. Si la situation s’inverse et l’occupant veut avoir moins
froid il commence par éteindre le ventilateur s’il est allumé sinon il ajuste sa vêture dans la
mesure du possible avant de fermer la fenêtre). En hiver l’occupant intervient d’abord sur la
vêture puis sur le thermostat s’il a froid et inversement s’il a chaud. L’ordre choisi de contrôle
reflète le comportement commun de la majorité des occupants [Karjalainen, 2006,
Endravadan, 2006].
La nature de l’action à exercer sera différente selon l’élément sur lequel l’occupant
va intervenir. Pour la fenêtre, il s’agit de l’ouvrir ou de la fermer. L’état de la fenêtre est
caractérisé par une variable de contrôle binaire (0 si fermé et 1 si ouvert) dont la valeur est
envoyée au composant AIRNODE pour prendre en compte l’état de la fenêtre dans le calcul
des infiltrations par l’extérieur. Idem pour le store et l’éclairage, les valeurs des variables de
contrôle de chacun est envoyé au composant type 56 qui en détermine les charges solaires et
internes.
Pour le ventilateur, la variable de contrôle peut prendre quatre valeurs (0 si éteint et
1,2 ou 3 si allumé selon le niveau de puissance comme la plupart des ventilateurs sont à trois
niveaux de puissance). Une action sur le ventilateur consiste à passer d’un niveau à un niveau
directement supérieur ou inférieur. Le ventilateur modifie la vitesse de l’air à côté de
l’occupant. Pour déterminer les valeurs correspondant à chaque niveau de puissance, nous
avons réalisés des mesures avec un ventilateur typique utilisé dans les bureaux. Nous avons
trouvé une valeur de l’ordre de 0.5 m/s pour le niveau 1, 0.75 m/s pour le niveau 2 et 1 m/s
pour le niveau 3. La valeur de la vitesse de l’air est envoyée au sous-composant physiologique
de AdOCC qui l’utilise dans le calcul des échanges convectif et évaporatif. Pour le thermostat
de chauffage nous considérons également 3 niveaux pour la variable de contrôle. Une action
sur le thermostat consiste à passer d’un niveau à un autre immédiatement supérieur ou

131
Modélisation dynamique du confort thermique

inférieur et correspond à un incrément (ou décrément) de 1°C dans la consigne de chauffage


définie dans le module type 56.
Pour la vêture, nous considérons deux niveaux d’ajustement : un ajustement mineur
(ajuster les manches ou les boutons d’une chemise, mettre ou enlever une écharpe), et un
ajustement majeur (enlever ou mettre un pull ou une veste). Chaque ajustement ne peut être
effectué qu’une seule fois dans le même sens (réduire ou augmenter la vêture) c.à.d si
l’occupant décide d’enlever le pull (ajustement majeur pour réduire la vêture) il ne peut pas
l’enlever une deuxième fois (impossibilité d’un ajustement majeur consécutif pour réduire la
vêture) mais il peut la remettre (possibilité d’un ajustement majeur pour augmenter la vêture).
Pour déterminer la valeur de clo qui correspond à chaque ajustement, nous avons analysé
l’habillement des sujets qui ont participé à l’enquête dans les bâtiments naturellement
ventilés. En été, la vêture moyenne d’un sujet est de 0.4 clo (sous vêtements, pantalon, t-shirt
ou chemise à courtes manches, chaussette et chaussure). Pour l’ajustement mineur nous
considérons une valeur de 0.05 clo qui correspond à déboutonner la chemise par exemple.
Pour l’ajustement majeur nous considérons une valeur de 0.20 clo dans le sens de
l’augmentation de la vêture (mettre une veste légère) et 0.10 clo dans le sens de la réduction
de la vêture (si l’occupant porte un short). En hiver la vêture moyenne est de 0.75 clo (sous
vêtement, pantalon, chemise à longues manches, pull, chaussette et chaussure). L’ajustement
mineur consiste à augmenter ou réduire la vêture de 0.05 clo, pour l’ajustement majeur 0.35
clo pour augmenter la vêture (mettre une veste) et 0.35 clo pour la réduire aussi (enlever le
pull). Enfin nous rappelons que la décision d’action peut prendre trois valeurs : 0 pour aucune
action et 1 ou 2 pour une ou deux actions respectivement.
Les figures sur les deux pages suivantes illustrent l’algorithme pour le cas d’une
décision d’action égale à un dans les bâtiments naturellement ventilés en été. Les autres
algorithmes sont présentés en annexe D2.

Pour clore cette partie sur AdOCC, nous signalons qu’il a été développé dans
MATLAB. Il est intégré dans TRNSYS16 via le type 155 qui assure le couplage avec les
autres composants (type 56, AINODE). AdOCC demande en entrées les caractéristiques du
local (actions proposées et contraintes d’utilisation) ainsi que les conditions thermiques issues
du type 56 (température d’air, température radiante et humidité relative) et détermine à
chaque pas de temps les actions qui vont modifier l’état personnel de l’occupant (vêture et
ventilateur) ou les conditions thermiques dans le local (état de fenêtre dans AIRNODE, et état
du store, de l’éclairage, ou des consignes dans type 56). D’ailleurs nous avons inclus dans
AdOCC le calcul de la température de confort selon l’algorithme adaptatif ACA. Cette
température peut être utilisée comme consigne dans le cas des bâtiments climatisés.

132
Modélisation dynamique du confort thermique

PT <0 Bâtiment NV – été


Algorithme des actions dans le cas
FEN ≠ 0 où la décision d’action est égale à 1.
& fen0 = 0 (Voir légende sur la page suivante)

Nuisance
=0
fen1 = 0 fen1 = fen0 fen1 = 1

CLO ≠ 0 CLO ≠ 0

clo1 = clo0 Ajuster clo FIN

clo1 = clo0 Ajuster clo


Instructions
Ventilateur 1 FIN clo1 =
Instructions clo0
Ventilateur 2 Instructions Ventilateur 1

FIN clo1 = VEN ≠ 0


clo0
ven1 = 0 ven1 = min(3,ven0+1)
Instructions Ventilateur 2

VEN ≠ 0 AT ≤ 1.5 ven1=


ven0

AT ≤ 1.5
ven1 = 0 ven1 = min(3,ven0+1) fen1 = fen0 fen1 = 1

fen1 = fen0 fen1 = 1

Page FIN FIN FIN FIN FIN FIN FIN


suivante

133
Modélisation dynamique du confort thermique

Légende

Page Action Décision d’action (0,1ou2)


précédente PT Préférence thermique
AT Acceptabilité thermique
VEN ≠ 0 FEN Disponibilité d’une fenêtre
opérable par l’occupant (1
si oui et 0 si non)
ven1 = 0 ven1 = max(0,ven0-1) fen0 Etat de la fenêtre au pas
de temps précédent (0
fermé, 1 ouvert)
fen1 Etat de la fenêtre au pas
de temps actuel (0 fermé,
1 ouvert)
CLO Possibilité d’ajuster la
vêture (1 si oui et 0 si
ven1=
ven0 non)
clo0 Vêture au pas de temps
précédent (en clo)
clo1 Vêture au pas de temps
CLO ≠ 0 actuel (en clo)
VEN Disponibilité d’un
ventilateur dans le local (1
si oui, 0 si non)
clo1 = clo0
fen1 = fen0 clo1 = clo0 Ajuster clo ven0 Etat du ventilateur au pas
de temps précédent (0 si
éteint et 1,2 ou3 si allumé
selon la puissance)
clo1 = ven1 Etat du ventilateur au pas
clo0 de temps actuel (0 si
éteint et 1,2 ou3 si allumé
selon la puissance)
Nuisance Présence d’une nuisance
FEN ≠ 0 FEN ≠ 0 extérieure pour l’ouverture
& fen0 = 1 & fen0 = 1 de la fenêtre (1 si oui et 0
si non)

fen1 = fen0 fen1 = 0 fen1 = fen0 fen1 = fen0 fen1 = 0 Figure 3.12 – Algorithme des actions pour le
cas d’une décision d’action égale 1 dans les
bâtiments NV en été.
FIN FIN FIN FIN FIN FIN

134
Modélisation dynamique du confort thermique

3.3.3 Schéma global des interactions dans TRNSYS


En intégrant AdOCC dans TRNSYS16 (grâce au type 155) et en le couplant avec
les composants type 56 (bâtiment multizonal) et AIRNODE, nous pouvons maintenant
simuler en dynamique des systèmes le comportement thermique de l’occupant et du bâtiment.
Le module AdOCC permet de caractériser le confort thermique de l’occupant en
tenant compte des liens rétroactifs relatifs aux mécanismes adaptatifs dans les bâtiments à
ventilation naturelle. Il détermine à chaque pas de temps l’état thermique de l’occupant à
travers l’indice PMV*, et en déduit les actions adaptatives selon ses préférences ainsi que la
liste des actions disponibles dans le local. De surcroît, le type 56 de TRNSYS16 permet de
déterminer les besoins de chaleur et les consommations d’énergie des différentes installations
climatiques. Il permet ainsi de caractériser le lien entre le niveau du confort thermique et les
consommations d’énergie.
La figure 3.13 montre l’interface graphique qui permet de visualiser les interactions
entre les différents composants dans TRNSYS studio. Sur la figure 3.14, nous présentons les
variables d’entrée et de sortie des trois principaux composants : AdOCC, bâtiment (type 56)
et AIRNODE. sur cette figure, le terme (t) indique les variables qui dépendent du temps, et le
terme (t-1) indique la valeur des ces variables au pas de temps précédent. La description des
variables est présentée en annexe D3.

Day-WeekDay

Day-WeekEnd Horaire Infiltrations [AIRNODE]

Tciel ENTPE - D246 [Type56]

Type65c

T rosée Vaulx -Août04 [climat] Masque Occupant [AdOCC]

Actions proposées

Figure 3.13 – Représentation sous TRNSYS studio des interactions entre les différents composants.

135
Modélisation dynamique du confort thermique

Entrées Sorties
Text(t) ET(t)
Ev(t) SET(t) Fichiers climatiques
Ta (t) PMV(t)
Tr (t) PPD(t)
HR(t) PMV*(t)
Va(t) PPD*(t)
Met(t) TSENS(t)
Clo(t) DISC(t) Entrées Sorties
Horaire(t) ST(t) Fichier d’entrée Ta(t) zones
Fenêtre AT(t) généré par TRNBLD Tr(t) zones
Store PT(t) Débits interzonaux(t) To(t) zones
Vêtement FEN(t) Données météo(t) Type 56 HR(t) zones
Eclairage STO(t) STO(t) Q(t) chauff
Ventilateur CLO(t) ECL(t) Q(t) clim
Thermostat AdOCC ECL(t) Tset (t)
Nuisance VEN(t)
Distance TST(t)
ivc Text,j(t)
FEN(t-1) Trm(t)
STO(t-1) Tsk(t)
CLO(t-1) Tcr(t) Entrées Sorties
ECL(t-1) Tset(t) Fichier d’entrée Débits inter-
VEN(t-1) généré par CONTAM zonaux(t)
TST(t-1) Données météo(t) AIRNODE
Text,j(t-1) Ta(t) par zone
Trm(t-1) FEN(t)
Tsk(t-1)
Tcr(t-1)

Figure 3.14 – Les variables d’entrée et de sortie des principaux composants dans TRNSYS. Les cases ayant les
mêmes couleurs montrent les connexions entre les composants.

3.4 Conclusion
En adopatant une démarche systémique, nous avons identifié dans ce chapitre deux
boucles de rétroaction qui permettent de modéliser d’une façon dynamique le comportement
adaptatif de l’occupant. Ces deux boucles servent à déterminer les actions adaptatives de
l’occupant en fonction de son état thermique et de la liste des actions disponibles dans le
local. Les résultats de la partie expérimentale ont été utilisés pour formaliser les relations
reliant les différentes variables qui constituent les deux boucles rétroactives. Cela nous a
permis de les traduire par un code de calcul, AdOCC, qui peut être intégré dans un outil de
simulation dynamique faisant intervenir la notion de temps. AdOCC comporte deux parties :
la première partie permet de caractériser l’état thermique de l’occupant en utilisant le modèle
dynamique à deux nœuds de Gagge, et la deuxième permet de simuler le comportement
adaptatif de l’occupant.
En écrivant AdOCC dans MATLAB6, nous avons réussi à l’implanter dans l’outil
de simulation dynamique TRNSYS. Le choix de TRNSYS revient pour son approche

136
Modélisation dynamique du confort thermique

modulaire et l’étendue de sa bibliothèque thermique qui comporte le module ‘type56’ pour la


simulation dynamique du comportement thermique et énergétique des bâtiments. AdOCC a
été ainsi couplé avec le type56. De plus, nous avons développé dans MATLAB le programme
‘AIRNODE’ pour calculer les échanges aérauliques entre les différentes zones d’un bâtiment.
AIRNODE permet notamment de prendre en compte la modification de l’état d’un élément
aéraulique (fenêtre ou porte) au cours d’une simulation. AIRNODE a été intégré dans
TRNSYS16, et il a été couplé avec AdOCC et le type 56. Ce couplage permet de mettre en
œuvre les boucles rétroactives traduisant le comportement adaptatif de l’occupant. Il est ainsi
possible de simuler les actions adaptatives de l’occupant (dans un bâtiment NV) en fonction
des conditions dans le local, et de déterminer en conséquence l’influence de ces actions sur la
perception thermique du local ainsi que sur les dépenses énergétiques.
Nous résumons sur la figure suivante les différentes étapes qui ont permis de
développer AdOCC et de l’intégrer dans TRNSYS pour arriver au stade des simulations.

Etude Expérimentation
bibliographique in situ

Indices de
Approche Approche confort Mesures Questionnaire
analytique adaptative

Modèle Mécanismes
physiologique adaptatifs
de Gagge
Données
Evaluations Bases de
écartées de
des approches données
l’analyse

Modélisation en
dynamique des Relations entre votes Données
systèmes et indices (PMV*) SCATs

Evaluation
des relations
Développement Intégration Développement
de ‘AIRNODE’ dans TRNSYS de ‘AdOCC’

Caractérisation
énergétique du Evaluation
Simulations de AdOCC
confort thermique

Figure 3.15 – Schématisation des étapes de la démarche suivie.

137
4 Evaluation de AdOCC par les
simulations

4. Chapitre IV : Evaluation de AdOCC par les


simulations

Introduction

AdOCC est un outil qui permet de modéliser le comportement adaptatif de


l’occupant. Il permet de simuler en mode dynamique le confort thermique d’un
occupant dans un local naturellement ventilé à travers les interactions
physiques, physiologiques et comportementales. En l’implantant dans
TRNSYS, tel que proposé dans le chapitre précédent, nous pouvons ainsi
simuler la dynamique des comportements thermiques du local et de l’occupant
tout en déterminant le niveau de confort et les consommations énergétiques qui
en résultent.
Nous proposons dans ce chapitre d’évaluer AdOCC par les simulations. Nous
commençons d’abord par confronter les simulations aux mesures réalisées dans
trois bureaux tirés de l’expérimentation. Cette confrontation permet de tester sa
capacité à modéliser le confort thermique ressenti par les sujets in situ. Ensuite,
nous étudions l’influence des différentes actions adaptatives sur le niveau de
confort thermique. Enfin, nous utilisons AdOCC pour calculer le niveau de
confort thermique et les dépenses énergétiques dans un local naturellement
ventilé en conditions estivales selon plusieurs configurations. La comparaison
des résultats par rapport à ceux obtenus en mode statique, moyennant le PMV,
permet de mettre en évidence son utilité.
Nous signalons que dans la suite, nous désignons les simulations réalisées avec
AdOCC par simulations en mode dynamique, et celles sans AdOCC par
simulations en mode statique. Même si les deux sont réalisées dans TRNSYS
qui est un outil dynamique, la distinction entre mode dynamique et statique se
fait au niveau des relations rétroactives entre occupant et local. Celles-ci sont
prises en compte AdOCC, alors qu’elles sont négligées par le PMV qui est
utilisé pour représenter le confort thermique en mode statique.
Simulations

4.1 Confrontation avec l’expérimentation


Lors de l’analyse de l’expérimentation, nous avons écartés les résultats de mesures
de trois bureaux pour les confronter avec les simulations issues de la modélisation. L’objectif
de la confrontation consiste à évaluer la capacité de AdOCC à simuler la dynamique du
comportement thermique de l’occupant. Nous avons sélectionné des bureaux de l’ENTPE à
Vaulx-en-Velin car nous disposons des données climatiques avec la station météo de
l’ENTPE, et ainsi nous nous rapprochons au plus possible des conditions des mesures.
Afin d’évaluer AdOCC sous les conditions estivales et hivernales, nous avons
sélectionné deux bureaux de la campagne de mesures d’été et un bureau de la campagne
d’hiver. Le choix de deux bureaux en été revient pour la diversité des conditions rencontrées
pendant cette période. Ces deux bureaux ont été choisis de façon à avoir deux comportements
différents et représentatifs de l’ensemble des mesures réalisées dans l’ENTPE en été. Pour les
mesures d’hiver, les conditions sont homogènes à travers l’ensemble des bureaux enquêtés.
Pour cela, nous avons retenu un seul bureau représentatif de l’ensemble des mesures d’hiver.

4.1.1 Données d’entrée

4.1.1.1 Conditions climatiques


A partir des données de la station climatique de l’ENTPE disponibles en ligne, nous
avons constitué les fichiers climatiques pour les mois d’août 2004 et mars 2005. Ces deux
fichiers peuvent être lus dans TRNSYS à travers le type 109c.

35 1400

30 1200

25 1000
Irraidation solaire (W/m²)
Température d'air (°C)

20 800

15 600

10 400

5 200

0 0
9/8/04 0:00 10/8/04 0:00 11/8/04 0:00 12/8/04 0:00 13/8/04 0:00 14/8/04 0:00 15/8/04 0:00 16/8/04 0:00

Ta Ta lissé Iglob_H Iglob_H lissé

Figure 4.1 – Températures d’air extérieur et irradiation globale horizontale pendant la semaine de mesures du
mois d’août 2004 à Vaulx-en-Velin.

141
Simulations

Etant donné que les mesures climatiques sont réalisées avec un pas de temps de cinq
minute, nous avons procédé à un lissage des données climatiques en utilisant la moyenne
glissante sur une plage d’une demi heure. L’intervalle de demi-heure correspond au pas de
temps utilisé avec le type 56 de TRNSYS. La figure 4.1 montre les conditions climatiques
extérieures (température et rayonnement global) pour la période de mesures en été, celle
d’hiver est présentée en annexe E1.

4.1.1.2 Caractéristiques des locaux étudiés


Les trois locaux choisis pour cette étude sont des bureaux administratifs situés dans
deux bâtiments différents du campus de l’ENTPE à Vaux-en-Velin. Ils ont été enquêtés
pendant les campagnes de mesure en août 2004 et mars 2005 selon le protocole expérimental
précisé dans le chapitre II. Ainsi des mesures ponctuelles des grandeurs physiques de
l’ambiance thermique ont été réalisées sur les cinq jours consécutifs d’une semaine de travail
parallèlement aux questionnaires de confort. En même temps deux sondes de température et
d’humidité relative ont enregistrées en continu l’évolution de la température d’air et de
l’humidité relative pendant la semaine de l’enquête. Les bureaux choisis D203, D246 et
D242) ont été sélectionnés de façon à représenter les ambiances thermiques typiques
rencontrées dans les bâtiments de bureaux en général et ceux de l’ENTPE en particulier.
Le bureau D203 est situé dans la partie ancienne de l’ENTPE construite dans les
années 70. C’est un bureau cloisonné individuel ayant un volume parallélépipédique (2.6 m
de largeur, 3.9 m de profondeur et 2.8m de hauteur), il est situé à un niveau intermédiaire et
communique avec l’environnement extérieur à travers une façade largement vitrée orientée
vers le sud est et disposant d’une fenêtre battante à ouverture manuelle. La protection solaire
est assurée par des brise-soleil horizontal et vertical, des stores intérieurs vénitiens sont aussi
à disposition de l’occupant. Le chauffage est assuré par un radiateur placé en dessous du
vitrage. La ventilation et le rafraîchissement sont assurés par ouverture de la fenêtre. Un
ventilateur local est disponible dans le local pour les journées chaudes de l’été.
Le bureau D246 est situé dans la partie neuve de l’ENTPE construite dans les
années 90. C’est un bureau cloisonné occupé par deux personnes, mais pendant la période de
mesure une seule personne était présente. D’un volume parallélépipédique (6.2m de largeur,
4.9m de profondeur et 2.6m de hauteur), une façade largement vitrée orientée au sud ouest, et
doté de trois fenêtres battantes, assure la communication avec l’environnement extérieur. Un
système de store extérieur en toile contrôlé manuellement assure la protection solaire. Chaque
occupant possède un accès direct à une fenêtre à sa proximité. Un ventilateur local disponible
pour chaque occupant.
Le bureau D242 présente les mêmes caractéristiques physiques et géométriques que
le bureau D246 mais avec une superficie de 16.6 m², étant bureau individuel, et une
orientation du vitrage au sud est. Le tableau 4.1 présente les principales caractéristiques des
locaux D246 et D203 avec la caractérisation des parois utilisées pour les simulations.

142
Simulations

Bureau D246 Bureau D203

Surface = 30.3 m2 Surface = 10 m2


Volume = 79.8 m3 Volume = 28 m3
Indice de vitrage = 0.22 - orienté Sud Ouest Indice de vitrage = 0.24 - orienté Sud Est
Facteur solaire = 0.4 (store extérieur toile) Facteur solaire = 0.5 (store intérieur vénitien)
Parois Ep. U Inertie Parois Ep. U Inertie
[cm] [W/m²K] [cm] [W/m²K]
Mur ext. 0.29 0.448 Lourd Mur ext. 0.2 3.518 Lourd
Mur int. 0.20 3.518 Lourd Cloison 0.08 0.6 Léger
Cloison 0.08 0.6 Léger Plancher 0.3 3.448 Lourd
Plancher 0.25 2.683 Lourd Plafond 0.3 3.448 Lourd
Plafond 0.3 0.425 Lourd Vitrage - 2.95 -
Vitrage - 2.95 -

Tableau 4.1 – Principales caractéristiques des bureaux retenus pour les simulations.

Enfin, en ce qui concerne les actions adaptatives, les occupants possèdent un accès
libre à la fenêtre, au store, à l’éclairage dans les trois bureaux. Ils peuvent ajuster leurs
vêtures, et possède un ventilateur local à disposition. Ces différents éléments sont à proximité
de l’occupant et se contrôlent manuellement.

4.1.2 Présentation des simulations


Le but de cette série de simulations est d’évaluer AdOCC en comparant les résultats
des simulations des trois bureaux tirés de l’expérimentation avec les résultats de l’enquête
(mesures physiques et questionnaires). Les simulations sont réalisées dans TRNSYS16 en
utilisant les trois composants présentés dans le chapitre précédent : AdOCC, type 56 et
AIRNODE. Le type 56 et AIRNODE permettent de calculer le comportement thermique et
aérauliques des bureaux, et AdOCC, qui agit comme un régulateur comportemental, calcule
l’état thermique de l’occupant et simule son comportement adaptatif dans le local.
De plus, pour comparer AdOCC par rapport à un modèle analytique, nous avons
réalisé pour chaque bureau deux simulations: une avec AdOCC et une sans AdOCC. La
première simulation qui inclut AdOCC détermine le niveau de confort en tenant compte du

143
Simulations

comportement adaptatif de l’occupant (actions sur fenêtre, store, vêture, ventilateur,


éclairage). La deuxième qui est réalisée sans AdOCC, considère l’occupant comme figé dans
le temps. Nous déterminons le niveau de confort dans ce cas en calculant le PMV.
Pour analyser les résultats, nous procédons de la même façon pour les trois bureaux.
Nous comparons d’abord la courbe de température mesurée avec celles simulées avec et sans
AdOCC, puis nous comparons le vote de sensation thermique ressentie par le sujet (enquête)
avec celui prévu par AdOCC (pour la 1ère simulation) et le PMV (pour la 2ème simulation).
Nous présentons dans le tableau ci-dessous le plan des simulations pour le bureau D246. Ceux
du bureau D203 et D242 sont présentés en annexe E2.

Fiche des simulations pour le bureau D246


Objectifs : Evaluation du comportement thermique et adaptatif de AdOCC par comparaison
des simulations avec des mesures réalisées dans un bureau issu de l’enquête.
Local étudié : Bureau D246 de l’ENTPE à Vaulx-en-Velin.
Ce bureau a été enquêté pendant la 2ème semaine du mois d’août 2004. La description des
résultats des mesures est disponible en annexe E1.
Outil de simulation : TRNSYS16 avec les trois modules AdOCC, type 56 et AIRNODE.
Nombre de simulations : deux (une avec AdOCC et une sans AdOCC)
Période de simulation : août 2004
Pas de temps : 30 min
ENTREES
Fichier climatique : août 2004 à Vaulx-en-Velin
Caractéristiques physiques : voir tableau 4.1
Nous avons considérés trois zones pour le type 56 et AIRNODE. Ces 3 zones correspondent
à un couloir central et deux bureaux symétriques de part et d’autre du couloir (voir figure
E1.3 en annexe E1). Cela permet de prendre en compte les échanges thermiques et
aérauliques avec l’extérieur et le couloir.
Horaire de travail: de 8h00 à 18h00 de lundi à vendredi
Actions proposées :
; Fenêtre ; Store ; Ajuster Vêture ; Eclairage
; Ventilateur ; Thermostat … Nuisance ext. … Distance
Particularités de la simulation avec Particularités de la simulation sans
AdOCC AdOCC
AdOCC calcule à chaque pas de temps pendant La simulation est réalisée avec le type 56 et
les heures d’occupation l’état thermique de AIRNODE seulement sans prendre en compte le
l’occupant (sensation, acceptabilité et préférence comportement de l’occupant. Les éléments sur la
thermique), et en déduit quelles actions à exercer, liste des actions sont figés pendant la simulation.
si nécessaire, parmi la liste des actions L’état thermique de l’occupant est déterminé par
disponibles. Le métabolisme est considéré le PMV calculé avec une vêture constante (0.5
constant et égal à 1.2 Met. clo en été et 1 clo en hiver) et une vitesse d’air
constante (0.15 m/s en été et 0.05 m/s en hiver)
SORTIES (Variables à comparer avec les mesures)
Simulation avec AdOCC Simulation sans AdOCC
Ta : température d’air simulée dans le local Ta : température d’air simulée dans le local
(variable de sortie du type 56) (variable de sortie du type 56)
ST : sensation thermique prévue par AdOCC PMV : sensation thermique prévue
(variable de sortie de AdOCC) (variable de sortie du type 56)
Tableau 4.2 – Fiche des simulations pour le bureau D246.

144
Simulations

4.1.3 Résultats des simulations

4.1.3.1 Conditions d’été - Bureau D246 & D203


La figure 4.2 présente les deux courbes de température d’air obtenues par
simulations (avec et sans AdOCC) ainsi que celle issue des mesures. Les deux courbes
obtenues par simulations suivent bien la dynamique de la température mesurée, mais l’écart
par rapport aux mesures est plus important dans le cas de la simulation sans AdOCC. En effet,
la température d’air simulée sans AdOCC dépasse celle des mesures sur toute la période de
simulation. La moyenne des écarts absolus entre la mesure et la simulation sans AdOCC est
de 1.2°C, et l’écart entre les maxima dépasse 2°C. En revanche, la moyenne des écarts entre la
mesure et la simulation avec AdOCC est égale à 0.6°C. De plus, la courbe de température
simulée avec AdOCC s’insère globalement dans le fuseau d’erreur du capteur de température
d’air utilisé pour les mesures (0.5°C). L’utilisation de AdOCC a ainsi permis de rapprocher la
courbe de la température simulée par rapport à celle obtenue par mesures.
Les graphes montrant l’évolution de l’ensemble des sorties des simulations sont
présentés en annexe E2, notamment les différents indices de confort ainsi que les actions de
l’occupant dans le local. La simulation réalisée avec AdOCC montre que la fenêtre est
maintenue ouverte pendant toute la journée. L’isolement vestimentaire est ajusté à sa valeur
minimale au début de la journée (0.3 clo), une valeur très proche de ce qu’on a trouvé dans la
mesure. Le store est utilisé surtout dans l’après midi, l’éclairage est allumé quand le store est
fermé. Le ventilateur est utilisé pendant la majorité du temps d’occupation à sa vitesse
maximale (0.3 m/s). Nous rappelons que pour la simulation sans AdOCC la valeur de ces
différents éléments est figée pendant la simulation (la fenêtre maintenue ouverte, le store
baissé et l’éclairage allumé pendant les heures de travail. La vêture est prise égale à 0.5 clo et
la vitesse de l’air à 0.15 m/s).
36

34

32

30
Température d'air (°C)

28

26

24

22

20

18

16
09/8/2004 10/8/2004 11/8/2004 12/8/2004 13/8/2004 14/8/2004 15/8/2004 16/8/2004

Text Ta D246 mesures Ta D246 simulation avec AdOCC Ta D246 simulation sans AdOCC

Figure 4.2 – Comparaison entre les courbes de température d’air issues des simulations et de la mesure (D246).

145
Simulations

Nous passons maintenant à examiner le vote de sensation thermique prévu par les
simulations. La figure 4.3 présente une comparaison entre la sensation thermique prévue par
les simulations (avec et sans AdOCC) et celle perçue par le sujet (enquête). Le vote issu de
l’enquête est représenté par des points sur le graphe, étant obtenu d’une façon ponctuelle au
cours d’une journée. Ceux de la simulation sont représentés par des courbes continues qui
montrent la dynamique du confort thermique au cours de la journée en fonction des conditions
thermiques et des actions engagées par l’occupant (pour le cas de AdOCC).
Les valeurs du vote de sensation prévue par la simulation avec AdOCC
correspondent parfaitement à celles de l’enquête pendant les deux premiers jours de la
semaine ainsi qu’au dernier jour. Pour les deux autres jours, l’écart est de l’ordre de un point
sur l’échelle de vote. Pendant ces deux jours, AdOCC prévoit une sensation légèrement
chaude au moment de la mesure, alors que le sujet éprouve une sensation de neutralité.
Pourtant la température d’air n’est que légèrement inférieure par rapport aux jours précédents,
elle reste proche de 30°C. En revanche, la simulation sans AdOCC prévoit des sensations
thermiques qui dépassent celles qui sont perçues sur les cinq jours de la semaine. Cet écart est
deux fois plus important par rapport à celui obtenu avec AdOCC pour les deux jours au milieu
de la semaine. L’utilisation de AdOCC a ainsi permis de mieux rapprocher la sensation
thermique prévue par la simulation à celle perçue par le sujet pendant l’enquête, alors que la
simulation en mode statique (sans AdOCC) la surestime.

1
Echelles de vote

-1

-2

-3
9/8/04 0:00 10/8/04 0:00 11/8/04 0:00 12/8/04 0:00 13/8/04 0:00 14/8/04 0:00 15/8/04 0:00 16/8/04 0:00

Sensation perçue (vote par l'enquête) Sensation prévue (simulation avec AdOCC) Sensation prévue (simulation sans AdOCC)

Figure 4.3 – Comparaison entre la sensation thermique prévue par les simulations et celle perçue par le sujet
(enquête) dans le bureau D246 pendant la 2ème semaine du mois d’août 2004.

146
Simulations

Pour le bureau D203, les résultats sont semblables à ceux obtenus avec le bureau
D246. L’utilisation de AdOCC a permis de rapprocher les valeurs de la température d’air et la
sensation thermique simulées de celles qui sont mesurées. La moyenne de l’écart absolu entre
les valeurs de température mesurées et simulées est de l’ordre de 0.5°C dans le cas de la
simulation avec AdOCC, alors qu’elle s’élève à 2°C pour la simulation sans AdOCC. De plus,
la moyenne de la sensation thermique prévue par AdOCC est de 1.3, et correspond
exactement à celle trouvée par l’enquête, tandis que la simulation sans AdOCC prévoit une
sensation thermique moyenne égale à 2. Les courbes obtenues par les deux simulations sont
présentées dans l’annexe E3.

4.1.3.2 Conditions d’hiver - Bureau D242


Nous présentons sur la figure 4.4 les deux courbes de température d’air obtenues
par simulations (avec et sans AdOCC) ainsi que celle issue des mesures. La température d’air
simulée avec et sans AdOCC suit bien la dynamique de la température mesurée, de plus elle
est sensiblement la même avec et sans AdOCC. Les deux courbes s’insère globalement dans
le fuseau d’erreur du capteur utilisée avec un écart absolu moyen de 0.23°C et un écart-type
moyen de 0.21°C. La ressemblance quasi parfaite entre les deux courbes de température
simulée avec et sans AdOCC, ainsi qu’avec la mesure peut être expliquée par la nature des
ambiances thermiques chauffées en hiver. En effet, le chauffage assure la stabilisation de la
température d’air dans un intervalle de confort, et l’occupant intervient peu ou jamais dans la
régulation des conditions dans son environnement thermique. Les interactions entre
l’occupant et son environnement sont minimes et se limitent aux échanges physiques avec
l’environnement thermique.
Nous passons maintenant à l’étude des votes de sensation thermique. La figure 4.5
montre les votes de sensation thermique obtenus par les simulations et par l’enquête. La
sensation thermique prévue par AdOCC correspond exactement aux votes obtenus par
l’enquête sur les trois derniers jours de la semaine. Pour les deux premiers jours, l’écart reste
faible (0.5 unité sur l’échelle de vote de sensation thermique). Cet écart peut être expliqué par
la vêture qui était différente sur les deux premiers jours. Dans la simulation, elle avait une
moyenne de 0.8 clo, alors que dans l’enquête, elle était de 1.1 clo au premier et 0.65 clo au
2ème jour, et elle valait 0.9 clo pour le reste.
Malgré la ressemblance entre les courbes de la température d’air obtenues avec et
sans AdOCC, la sensation thermique prévue sans AdOCC est différente de celle prévue avec
AdOCC, ainsi que de celle obtenue par l’enquête. La simulation sans AdOCC prévoit une
sensation de neutralité sur la majorité du temps, alors que le sujet a éprouvé globalement une
sensation de légèrement chaud pendant l’enquête. Ces résultats montrent que la simulation en
mode statique sous-estime la sensation thermique, mesurée moyennant le PMV, dans les
locaux chauffés en hiver.

147
Simulations

25,00

20,00

15,00
Température d'air (°C)

10,00

5,00

0,00

-5,00
7/3/05 0:00 8/3/05 0:00 9/3/05 0:00 10/3/05 0:00 11/3/05 0:00 12/3/05 0:00 13/3/05 0:00 14/3/05 0:00

Text Ta D242 mesures Ta D242 simulation avec AdOCC Ta D242 simulation sans AdOCC

Figure 4.4 - Comparaison entre les courbes de température d’air issues des simulations et de la mesure dans
le bureau D242.

3,00

2,00

1,00
Echelles de vote

0,00

-1,00

-2,00

-3,00
07/3/05 08/3/05 09/3/05 10/3/05 11/3/05 12/3/05 13/3/05 14/3/05

sensation perçue (votes par enquête) Sensation prévue (simulation avec AdOCC) Sensation prévue (simulation sans AdOCC)

Figure 4.5 – Comparaison entre la sensation thermique prévue par les simulations et celle perçue par le sujet
(enquête) dans le bureau D242 pendant la 2ème semaine du mois de mars 2005.

148
Simulations

4.2 L’influence des ajustements comportementaux


Les simulations précédentes montrent la capacité de AdOCC à modéliser le confort
thermique en conditions dynamiques en intégrant le comportement adaptatif de l’occupant.
Dans ces simulations, l’occupant disposait d’une opportunité d’action maximale dans son
environnement (fenêtre, store, ventilateur, vêture, thermostat pour le chauffage en hiver). Pour
déterminer l’importance des différents moyens constituant l’opportunité adaptative, nous
avons réalisé une nouvelle série de simulations en imposant dans chaque simulation une
contrainte sur l’utilisation de l’un des moyens d’action. Pour ces nouvelles simulations, nous
avons utilisé le bureau D246 qui est présenté précédemment. Le plan de simulations est
présenté dans le tableau 4.3.

Fiche des simulations


Objectifs : déterminer l’influence des différentes actions adaptatives.
Local étudié : Bureau D246 de l’ENTPE à Vaulx-en-Velin.
Outil de simulation : TRNSYS16 avec les trois modules AdOCC, type 56 et AIRNODE.
Toutes les simulations seront réalisées avec AdOCC.
Nombre de simulations : une série de sept simulations (voir la case Actions proposées)
Période de simulation : juillet
Pas de temps : 30 min
ENTREES
Fichier climatique : Fichier climatique annuel de Lyon Bron disponible dans la bibliothèque
de TRNSYS
Caractéristiques physiques : voir tableau 4.1
Le bureau est chauffé en hiver avec un système de VMC assurant un renouvellement d’air de
0.8 vol/h par extraction simple. En été et en mi saison, le rafraîchissement est assuré par
ouverture des fenêtres. La charge interne est de l’ordre de 48 W/m² due aux occupants,
équipements informatiques et éclairage.
Horaire de travail : de 8h00 à 18h00 de lundi à Vendredi
Actions proposées : (Fenêtre, Store, Ajuster la vêture, éclairage, ventilateur, thermostat)
Les sept cas étudiés sont les suivants :
Cas 1 : aucune contrainte imposée.
Cas 2 : l’occupant ne dispose pas de ventilateur local dans le bureau.
Cas 3 : la vêture est considérée constante et égale à 0.4 clo.
Cas 4 : l’occupant est loin de la fenêtre
Cas 5 : l’ouverture de la fenêtre est gênée par une nuisance extérieure (bruit, pollution, …)
Cas 6 : le store est bloqué ou inexistant
Cas 7 : l’occupant ne peut pas ouvrir la fenêtre et baisser le store en même temps (l’ouverture
de la fenêtre est bloquée par la fermeture du store)
SORTIES
To : température opérative dans le local (variable de sortie du type 56)
HR : Humidité relative de l’air dans le local (variable de sortie du type 56)
Va : Vitesse de l’air simulée par AdOCC (variable de sortie de AdOCC)
Icl : tenue vestimentaire simulée par AdOCC (variable de sortie de AdOCC)
ST : sensation thermique prévue par AdOCC (variable de sortie de AdOCC)

Tableau 4.3 – Plan de simulations pour l’étude de l’influence des ajustements comportementaux.

149
Simulations

Les courbes issues de cette série de simulations sont présentées en annexe E4. Le
tableau 4.4 résume les principaux résultats des simulations. Pour caractériser le niveau de
confort, nous avons calculé pour chaque cas le pourcentage de temps d’occupation où la
sensation thermique prévue est comprise dans l’intervalle [-1;+1].

Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4 Cas 5 Cas 6 Cas 7


to 30,7°C 30,7°C 30,7°C 32,2°C 32,7°C 32,3°C 31,8°C
(±2,0) (±2,0) (±2,0) (±2,2) (±1,5) (±2,1) (±1,9)
HR 37% (±6) 37% (±6) 37% (±6) 30% (±5) 36% (±6) 34% (±5) 36% (±6)
Va 0,62 m/s 0,67 m/s 0,64 m/s 0,65 m/s 0,62 m/s 0,54 m/s
0,15 m/s
(±0,23) (±0,18) (±0,22) (±0,23) (±0,23) (±0,22)
Icl 0,30 clo 0,30 clo 0,29 clo 0,29 clo 0,30 clo 0,30 clo
0,4 clo
(±0,06) (±0,06) (±0,05) (±0,05) (±0,05) (±0,05)
ST 1,3 (±0,5) 1,5 (±0,4) 1,4 (±0,5) 1,9 (±0,5) 1,9 (±0,4) 1,6 (±0,5) 1,7 (±0,5)
% de temps
26% 16% 22% 5% 1% 12% 7%
où |ST| < 1

Tableau 4.4 – Influence des différents moyens d’action sur les conditions thermiques en été.

Le cas le plus favorable pour le confort thermique est évidemment le premier cas
avec aucune contrainte sur les moyens d’action. Pour ce premier cas 26% des votes de
sensation sont dans l’intervalle [-1;1]. Les cas les plus défavorables sont ceux où la possibilité
d’ouverture de la fenêtre est limitée notamment le cas5 (à cause d’une nuisance extérieure).
En effet, la fenêtre n’a été ouverte que pendant 29% du temps d’occupation ce dans ce cas.
Cela a provoqué une élévation de la température dans le local, et l’utilisation du ventilateur et
l’ajustement de la vêture n’étaient pas suffisants pour pallier l’élévation de la température
dans ce cas. Le pourcentage de votes de sensation situés dans l’intervalle de confort chute en
conséquence de 26% à 1%. L’utilisation du store joue aussi un rôle important sur les
conditions thermiques dans le local (cas 6 et 7). Enfin l’ajustement vestimentaire et
l’utilisation du ventilateur contribuent aussi à l’amélioration du confort thermique mais d’une
façon moins importante que la fenêtre et le store pour les conditions des simulations. Il faut
noter que les températures ont été élevées pendant les simulations et la vêture a été proche de
sa valeur minimale (déterminée au début de chaque journée en fonction de la température
extérieure du jour précédent). C’est pour cela qu’elle n’a pas été beaucoup ajustée.

4.3 Application : Caractérisation énergétique du confort


d’été dans un bureau naturellement ventilé
Pour évaluer l’utilité de AdOCC, nous allons l’utiliser pour étudier les conditions de
confort thermique dans un bureau naturellement ventilé en période estivale. Ces locaux posent
des problèmes pendant les périodes chaudes. En effet, les conditions thermiques dans ces
locaux sont dynamiques et suivent les variations de la température extérieure, elles dépendent
des caractéristiques physiques et géométriques du local mais aussi du comportement de
l’occupant et des opportunités d’action offertes par le local. Ainsi il ne suffit pas de prendre
en compte les caractéristiques physiques et géométriques d’un local pour déterminer les

150
Simulations

conditions de confort en été, il faut tenir compte aussi des capacités adaptatives de l’occupant.
L’enjeu est non seulement le confort thermique, mais aussi la consommation énergétique
puisque les bâtiments naturellement ventilés nécessitent moins de la moitié de l’énergie
utilisée dans les bâtiments climatisés [Nicol, 2004].
Grâce à sa capacité à simuler le comportement adaptatif, AdOCC constitue un outil
adapté pour les bâtiments naturellement ventilés. Son utilisation dans TRNSYS avec le type
56 et AIRNODE permet de déterminer les conditions de confort en régime dynamique ainsi
que de calculer les besoins énergétiques. Nous proposons dans ce paragraphe de l’utiliser pour
réaliser une étude paramétrique sur un bureau naturellement ventilé en été afin de caractériser
le niveau de confort thermique et les consommations énergétiques selon différentes
configurations.

4.3.1 Etude paramétrique sur les éléments de conception influant


sur le confort d’été
Les éléments déterminant les conditions thermiques à l’intérieur d’un local sont les
conditions climatiques extérieures, les apports de chaleur internes (qui sont importantes dans
le cas d’un bureau), les apports de chaleur dus au soleil et la ventilation qui permet de
refroidir le bâtiment quand la température extérieure est fraîche. L'inertie thermique du local
joue aussi un rôle important en amortissant les variations de température entre le jour et la
nuit et d'un jour sur l'autre [Moujalled, 2002]. Par conséquence, nous avons considéré dans
cette étude paramétrique les éléments suivants :
- L'inertie thermique du local et la zone climatique.
- La protection solaire des baies vitrées et leurs orientations.
- Le rafraîchissement du local par ventilation naturelle et surventilation nocturne.
Nous étudions aussi le cas d’un local climatisé pour comparer les performances
obtenues en terme de confort et de besoins énergétiques avec un local non climatisé.

4.3.2 Présentation des simulations


Le but de cette série de simulations est de déterminer l’impact des éléments de
conception indiqués ci-avant sur le niveau de confort et la consommation énergétique dans un
bureau naturellement ventilé en été. Les simulations sont réalisées dans TRNSYS16 en
utilisant les trois composants suivants : AdOCC, type 56 et AIRNODE. Le type 56 et
AIRNODE permettent de calculer le comportement thermique et aérauliques des bureaux, et
AdOCC, qui agit comme un régulateur comportemental, calcule l’état thermique de
l’occupant et simule son comportement adaptatif dans le local.
Nous allons nous servir dans ces simulations du même bureau utilisé au paragraphe
précédent. Les simulations sont réalisées entre le mois de juin et d’août. Dans cette étude, les
simulations sont réalisées en mode dynamique avec AdOCC. Pour le cas de la ventilation

151
Simulations

nocturne et de la climatisation, nous réalisons aussi les simulations en mode statique (sans
AdOCC) en utilisant le PMV pour caractériser le confort thermique. Cela permet de mettre en
évidence le gain (en terme de confort et de consommation) qui peut être réalisé en utilisant
AdOCC par rapport au PMV.
Pour caractériser le niveau de confort thermique, nous déterminons dans chaque cas
le pourcentage de temps d’occupation où la sensation thermique prévue est comprise dans
l’intervalle [-1;+1]. Pour les simulations en mode statique (sans AdOCC), nous utilisons le
PMV pour calculer la sensation prévue. Dans la suite, nous utilisons le terme ST pour
désigner la sensation thermique prévue par les simulations avec AdOCC, et le terme PMV
pour la sensation prévue par les simulations en mode statique.
Pour caractériser la consommation énergétique, nous calculons les dépenses
énergétiques relatives à l’utilisation du chauffage, du VMC, de l’éclairage, et du ventilateur
local. Pour le VMC, nous considérons la puissance de référence indiquée par la RT2000 (0.25
W/m3/h). La puissance de l’éclairage utilisée est de 390 W, et le ventilateur local utilisé a une
puissance de 50 W.
Enfin, nous rappelons que dans la configuration initiale, le bureau D246 possède
une inertie forte (770 kg/m² de plancher) et 8.6 m² de vitrage double orienté au sud avec un
store extérieure en toile légèrement transparent. Il dispose d’un système de VMC simple qui
extrait 0.8 vol/h pendant l’occupation.

4.3.3 Résultats des simulations

4.3.3.1 L’inertie thermique


L’inertie thermique joue un rôle important de régulateur en stockant la chaleur dans
la matière au contact de l’air, notamment celles du flux solaire entrant par les parties vitrées
des façades. Elle ralentit ainsi l’élévation de la température intérieure du bâtiment en
atténuant le pic de température atteint avec un décalage temporel.
Nous avons considéré deux niveaux pour étudier l’inertie : lourde et légère. Le
tableau 4.5 résume les données considérées dans ces simulations.
La figure 4.6 présente les résultats des simulations avec les deux locaux à faible et
forte inertie pour la dernière semaine du mois de juillet. Les courbes de température reflètent
les comportements thermiques des locaux légers et lourds. En effet, l’inertie thermique permet
de réduire le pic de température atteint dans l’après midi où l’écart de température entre les
deux locaux peut atteindre 2°C. Cela résulte par des sensations thermiques moins chaudes
dans l’après midi et permet de réduire ainsi la période d’inconfort.
L’inertie thermique est particulièrement importante lorsqu’on utilise certaines
techniques de rafraîchissement comme la ventilation nocturne. Elle permet de stocker la
fraîcheur la nuit puis la restituer pendant les moments chauds de la journée.
Nous considérons les deux types d’inertie dans la suite des simulations.

152
Simulations

Fiche des simulations – Influence de l’inertie thermique


Objectifs : Etudier l’influence de l’inertie thermique sur le confort thermique.
Local étudié : Bureau D246 de l’ENTPE à Vaulx-en-Velin.
Outil de simulation : TRNSYS16 avec les trois modules AdOCC, type 56 et AIRNODE.
Toutes les simulations seront réalisées avec AdOCC.
Nombre de simulations : deux simulations (une à inertie lourde et une à inertie légère)
Période de simulation : juin à août
Pas de temps : 30 min
ENTREES
Fichier climatique : Fichier climatique annuel de Lyon Bron disponible dans la bibliothèque
de TRNSYS
Caractéristiques physiques : voir tableau 4.3
Nous avons considéré deux niveaux pour l’inertie thermique : (1) une inertie forte et (2) une
inertie faible. Le local considéré pour l’étude étant d’une inertie forte, nous avons effectué
quelques modifications sur les parois pour diminuer son inertie : l’isolant de la façade est
placé à l’intérieur, un faux plafond isolant a été ajouté au plafond et les cloisons ont été
remplacées par des placoplâtres. Le local dispose ainsi d’une masse de 270 kg/m² de plancher
(inertie légère) contre 770 kg/m² dans la configuration initiale.
Horaire de travail : de 8h00 à 18h00 de lundi à Vendredi
Actions proposées :
; Fenêtre ; Store ; Ajuster Vêture ; Eclairage
; Ventilateur ; Thermostat … Nuisance ext. … Distance
SORTIES
To : température opérative dans le local (variable de sortie du type 56)
ST : sensation thermique prévue par AdOCC (variable de sortie de AdOCC)
Tableau 4.5 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique.

40,0 9,0

35,0 8,0
Température d'air (°C)

30,0 7,0

25,0 6,0

20,0 5,0

15,0 4,0

10,0 3,0
Sensation thermique

5,0 2,0

0,0 1,0

-5,0 0,0
19-juil. 20-juil. 21-juil. 22-juil. 23-juil. 24-juil. 25-juil. 26-juil.

text to LD to LG ST LD ST LG

Figure 4.6 – Comparaison des températures d’air et des sensations thermiques entre le local à forte inertie
thermique (LD) et le local à faible inertie thermique (LG).

153
Simulations

4.3.3.2 Le climat
Pour étudier l’influence du climat extérieur, nous avons réalisés les simulations
dans trois villes situées dans trois régions climatiques différentes. Les trois villes considérées
sont Nice, Lyon et Paris. Ces trois villes sont classées par la RT2000 dans les trois zones
climatiques d’été Ed, Ec et Eb respectivement. Nous avons considérés aussi deux niveaux
pour l’inertie thermique : lourde et légère. Le tableau 4.6 présente les données considérées
pour cette série de simulations. Le tableau 4.6 présente les données considérées dans ces
simulations
La figure 4.7 montre les résultats des simulations dans les trois villes pour les cas
des locaux à faible et à forte inertie thermique pendant la dernière semaine du mois de juillet.
Cette figure confirme la distinction en trois zones climatiques d’été différentes pour les trois
villes, Nice étant située dans la zone la plus chaude et Paris dans la zone moins chaude. Pour
le cas de Nice, nous constatons un surplus de l’ordre de l’ordre de 1°C dans la température
opérative par rapport à Lyon, et de 3°C par rapport à Paris.
En ce qui concerne l’inertie thermique, le comportement est similaire dans les trois
villes. L’inertie thermique permet d’atténuer les pics de températures, et de réduire les écarts
entre les minima et les maxima. Elle joue un rôle important dans la régulation des conditions
thermiques en été et permet d’éviter les élévations excessives de température.
Nous utilisons le fichier climatique de la ville de Lyon dans la suite.

Fiche des simulations – Influence du climat


Objectifs : Etudier l’influence du climat sur le confort thermique.
Local étudié : Bureau D246 de l’ENTPE à Vaulx-en-Velin.
Outil de simulation : TRNSYS16 avec les trois modules AdOCC, type 56 et AIRNODE.
Toutes les simulations seront réalisées avec AdOCC.
Nombre de simulations : six simulations (à Nice, Lyon et Paris avec une inertie lourde et
légère chacune)
Période de simulation : juin à août
Pas de temps : 30 min
ENTREES
Fichier climatique : trois Fichiers climatiques annuels disponible dans la bibliothèque de
TRNSYS.
Cas (1) : fichier climatique de la ville de Nice
Cas (2) : fichier climatique de la ville de Lyon
Cas (3) : fichier climatique de la vielle de Paris
Caractéristiques physiques : voir tableau 4.3
Pour chaque fichier climatique, nous considérons dans la simulation deux niveaux pour
l’inertie thermique : (1) Inertie lourde et (2) Inertie légère
Horaire de travail : de 8h00 à 18h00 de lundi à Vendredi
Actions proposées :
; Fenêtre ; Store ; Ajuster Vêture ; Eclairage
; Ventilateur ; Thermostat … Nuisance ext. … Distance
SORTIES
To : température opérative dans le local (variable de sortie du type 56)
Tableau 4.6 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique.

154
Simulations

40,0

35,0

30,0
Température d'air (°C)

25,0

20,0

15,0

10,0
19/7/05 0:00 20/7/05 0:00 21/7/05 0:00 22/7/05 0:00 23/7/05 0:00 24/7/05 0:00 25/7/05 0:00 26/7/05 0:00

text Lyon text Nice text Paris to Lyon LD to LyonLG to Nice LD to Nice LG
to Paris LD to Paris LG

Figure 4.7 – Températures d’air intérieurs pour trois villes en France selon une inertie forte (LD) et une inertie
faible (LG).

4.3.3.3 Type de protection solaire


Nous présentons dans le tableau 4.7 le plan de simulations pour l’étude de la
protection solaire. La figure 4.8 montre les résultats des simulations pour trois types de
protection solaire. Le plus défavorable des trois est le store vénitien intérieur. Il le même
coefficient de protection solaire que le store extérieur en toile, cependant il implique un
surplus de l’ordre de 2°C par rapport aux deux autres stores extérieurs. Ces deux derniers
présentent le même comportement thermique, pourtant le store extérieur à lames orientables
présentent un coefficient de protection solaire plus important (0.9 contre 0.6). Cela peut être
expliqué par les apports d’éclairage additionnels. En effet avec le store à lame orientable,
l’éclairage est utilisé pendant 72% du temps d’occupation contre 8% avec le store en toile.
Nous avons refait la simulation en réduisant les apports d’éclairage de 13 W/m² à 5 W/m²,
mais le résultat ne semble pas beaucoup changé (une baisse de quelque dixième de degrés).
Ainsi pour l’orientation sud, les deux stores extérieurs ont la même performance.
Nous avons réalisé une autre série de simulations avec différentes orientations du
vitrage en considérant le store extérieur en toile comme protection solaire. Sur la figure 4.9,
nous présentons les résultats de ces simulations. Les orientations est et ouest sont les plus
défavorables le matin et l’après midi respectivement avec un surplus de 1 à 2°C par rapport au
sud et au nord. L’utilisation d’un store extérieur à lames orientables à l’ouest a permis de
gagner 1°C à peu près. Le choix de la protection solaire pour les orientations est et ouest est
plus préjudiciable. Les résultats obtenus avec le local léger sont semblables et présentés en
annexe E5. Nous allons retenir pour la suite l’orientation sud avec le store extérieur en toile.

155
Simulations

Fiche des simulations – Influence de la protection solaire


Objectifs : Etudier l’influence de la protection solaire sur le confort thermique.
Local étudié : Bureau D246 de l’ENTPE à Vaulx-en-Velin.
Outil de simulation : TRNSYS16 avec les trois modules AdOCC, type 56 et AIRNODE.
Toutes les simulations seront réalisées avec AdOCC.
Nombre de simulations : trois simulations
Période de simulation : juin à août
Pas de temps : 30 min
ENTREES
Fichier climatique : Fichier climatiques annuel de Lyon.
Caractéristiques physiques : voir tableau 4.3
Nous considérons trois types de protection solaire.
(1) SETT : store extérieur en toile légèrement transparent avec un coefficient de protection
solaire de 0.6 (store utilisé dans la configuration initiale du local)
(2) SV : store vénitien intérieur ayant le même coefficient de protection solaire (0.6)
(3) SELO : store extérieur à lame orientable (coefficient de protection solaire égal 0.9)
Pour les autres paramètres, nous gardons la même configuration initiale (inertie lourde)
Horaire de travail : de 8h00 à 18h00 de lundi à Vendredi
Actions proposées :
; Fenêtre ; Store ; Ajuster Vêture ; Eclairage
; Ventilateur ; Thermostat … Nuisance ext. … Distance
SORTIES
To : température opérative dans le local (variable de sortie du type 56)
ST : sensation thermique prévue par AdOCC (variable de sortie de AdOCC)

Tableau 4.7 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique.

40,0 9,0

35,0 8,0
Température d'air (°C)

30,0 7,0

25,0 6,0

20,0 5,0

15,0 4,0

10,0 3,0
Sensation thermique

5,0 2,0

0,0 1,0

-5,0 0,0
19-juil. 20-juil. 21-juil. 22-juil. 23-juil. 24-juil. 25-juil. 26-juil.

text to SETT to SV to SELO ST SETT ST SV ST SELO

Figure 4.8 – Résultats des simulations dans le local à inertie lourde pour les trois types de protections solaire dans
le local à inertie forte ( SV : Store Vénitien intérieur, SELO : store extérieur à lames orientables, SETT : Store
Extérieur à toile légèrement transparent)

156
Simulations

Fiche des simulations – Influence de l’orientation


Objectifs : Etudier l’influence de l’orientation sur le confort thermique.
Local étudié : Bureau D246 de l’ENTPE à Vaulx-en-Velin.
Outil de simulation : TRNSYS16 avec les trois modules AdOCC, type 56 et AIRNODE.
Toutes les simulations seront réalisées avec AdOCC.
Nombre de simulations : Cinq simulations
Période de simulation : juin à août
Pas de temps : 30 min
ENTREES
Fichier climatique : Fichier climatique annuel de Lyon.
Caractéristiques physiques : voir tableau 4.3
Nous considérons trois types de protection solaire.
(1) orientation sud avec le SETT comme protection solaire
(2) orientation ouest avec le SETT comme protection solaire
(3) orientation est avec le SETT comme protection solaire
(4) orientation nord avec le SETT comme protection solaire
(5) orientation ouest avec SELO comme protection solaire
Pour les autres paramètres, nous gardons la même configuration initiale (inertie lourde)
Horaire de travail : de 8h00 à 18h00 de lundi à Vendredi
Actions proposées :
; Fenêtre ; Store ; Ajuster Vêture ; Eclairage
; Ventilateur ; Thermostat … Nuisance ext. … Distance
SORTIES
To : température opérative dans le local (variable de sortie du type 56)
ST : sensation thermique prévue par AdOCC (variable de sortie de AdOCC)

Tableau 4.8 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique.

40,0 9,0

35,0 8,0
Température d'air (°C)

30,0 7,0

25,0 6,0

20,0 5,0

15,0 4,0

10,0 3,0
Sensation thermique

5,0 2,0

0,0 1,0

-5,0 0,0
19-juil. 20-juil. 21-juil. 22-juil. 23-juil. 24-juil. 25-juil. 26-juil.
text to Sud to Ouest to Est to Nord to Ouest (SELO)
ST Sud ST Ouest ST Est ST Nord ST Ouest (SELO)

Figure 4.9 – Résultats des simulations pour les quatre orientations du vitrage dans le local à inertie forte.

157
Simulations

4.3.3.4 Le rafraîchissement par ventilation nocturne


Les températures d’air obtenues dans le local étudié pour la période de simulation
(juin à août) sont généralement élevées. Elles dépassent le seuil de 30°C pendant près de la
moitié du temps d’occupation, que se soit dans le local à faible ou à forte inertie. La
ventilation naturelle par ouverture des fenêtres n’empêche pas la montée de la température,
notamment à cause des fortes charges internes (de l’ordre de 50 W/m²). Le local nécessite un
traitement thermique pendant les journées chaudes pour réduire la température de quelques
degrés. La ventilation nocturne constitue une technique de rafraîchissement intéressante qui
utilise la masse thermique du bâtiment pendant la nuit. Pour être efficace, elle requiert une
masse thermique importante et un écart entre les températures de jour et de nuit de l’ordre de
10°C. Elle peut être réalisée en laissant les fenêtres ouvertes pendant la nuit, par contre cette
solution pose des problèmes pour la sécurité. L’autre solution consiste à utiliser le réseau
aéraulique installé à condition qu’il assure des débits d’extraction importants.
Nous étudions dans cette série de simulations la ventilation nocturne pour le
traitement thermique du local. Pour cela, nous considérons un débit de 3 vol/h pendant la nuit
de 20h à 7h assuré par le système de VMC. La ventilation nocturne est déclenchée dès que la
température extérieure devient inférieure à celle d’intérieure. Pour éviter l’inconfort matinal
dû aux sensations froides le matin, nous avons décidé de la couper quand la température
intérieure tombe au dessous de 19°C [Moujalled, 2005]. Le tableau 4.9 présente les données
considérées pour cette série de simulations.
De plus, nous considérons dans ces simulations les deux types d’inertie thermique :
lourde et légère. Pour les autres paramètres (orientation, protection solaire, fichier climatique,
et actions proposées), nous considérons la configuration initiale. Par contre, nous imposons
une contrainte sur l’ouverture de la fenêtre pour le cas de la ventilation nocturne puisque cette
technique exige la fermeture des fenêtres pendant la journée pour garder la fraîcheur à
l’intérieur.
Enfin, nous réalisons cette série de simulations en mode dynamique (avec AdOCC)
et statique (sans AdOCC). Le tableau 4.9 présente les données considérées pour cette série de
simulations.

158
Simulations

Fiche des simulations – Influence de la ventilation nocturne


Objectifs : Etudier l’influence de la ventilation nocturne sur le confort thermique et la
consommation d’énergie. Comparaison par rapport au cas de ventilation naturelle.
Local étudié : Bureau D246 de l’ENTPE à Vaulx-en-Velin.
Outil de simulation : TRNSYS16 avec les trois modules AdOCC, type 56 et AIRNODE.
La moitié de ces simulations sont réalisées en mode dynamique (avec AdOCC), et l’autre
moitié en mode statique (sans AdOCC).
Nombre de simulations : huit simulations (avec ventilation naturelle et avec ventilation
nocturne pour les deux types d’inertie)
Période de simulation : juin à août
Pas de temps : 30 min
ENTREES
Fichier climatique : Fichier climatique annuel de Lyon.
Caractéristiques physiques : voir tableau 4.3
Nous considérons deux types de rafraîchissement en été.
(1) NV : ventilation naturelle par ouverture des fenêtres (sans rafraîchissement nocturne)
(2) RF : rafraîchissement par ventilation nocturne (3 vol/h de 20h à 7h)
Nous considérons aussi les deux cas d’inerte : lourde et légère.
Horaire de travail : de 8h00 à 18h00 de lundi à Vendredi
Actions proposées :
; Fenêtre* ; Store ; Ajuster Vêture ; Eclairage
; Ventilateur ; Thermostat … Nuisance ext. … Distance
* pour la ventilation nocturne, nous considérons une contrainte sur l’ouverture de la fenêtre.
Particularités de la simulation avec Particularités de la simulation sans
AdOCC (en mode dynamique) AdOCC (en mode statique)
AdOCC permet de modéliser les interactions La simulation est réalisée avec le type 56 et
adaptatives entre l’occupant et le local. Il calcule AIRNODE seulement sans prendre en compte le
à chaque pas de temps pendant les heures comportement de l’occupant. Les éléments sur la
d’occupation l’état thermique de l’occupant liste des actions sont figés pendant la simulation.
(sensation, acceptabilité et préférence thermique), L’état thermique de l’occupant est déterminé par
et en déduit quelles actions à exercer, si le PMV calculé avec une vêture constante (0.5
nécessaire, parmi la liste des actions disponibles. clo en été et 1 clo en hiver) et une vitesse d’air
Le métabolisme est considéré constant et égal à constante (0.15 m/s en été et 0.05 m/s en hiver)
1.2 Met.
SORTIES
Simulations avec AdOCC Simulations sans AdOCC
To : température opérative dans le local To : température opérative dans le local
(variable de sortie du type 56) (variable de sortie du type 56)
ST : sensation thermique prévue par AdOCC PMV : sensation thermique prévue par
(variable de sortie de AdOCC) (variable de sortie du type 56)

Tableau 4.9 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique.

159
Simulations

Les figures 4.10 et 4.11 présentent les résultats des simulations en mode dynamique
et statique. Chaque figure compare la température opérative (en haut) et la sensation
thermique prévue (en bas) entre le local avec et sans ventilation nocturne selon l’inertie
thermique. Deux constatations peuvent être tirées de ces deux figures. D’abord, l’utilisation
de la ventilation nocturne a permis de diminuer la température en régime dynamique et
statique. de 2°C à 4°C selon l’inertie du local. La diminution est plus importante dans le cas
du local à forte inertie. Cette diminution de température s’est traduite par une amélioration
nette du vote de sensation thermique. Le tableau 4.10 présente le pourcentage de temps
d’occupation où la sensation thermique respecte l’intervalle de confort [-1;+1]. Dans tous les
cas, ce pourcentage se trouve amélioré. En passant de 42% à 74%, il a été doublé dans le cas
du local à forte inertie en mode dynamique (idem en mode statique). Pour le local à faible
inertie, cette amélioration est deux fois moins importante que ce soit en mode dynamique ou
statique. La deuxième constatation concerne l’utilisation de AdOCC. Ces simulations
montrent que le mode statique (sans AdOCC) surestime la température dans le local, et
minore par conséquence le niveau de confort dans les différents cas. le pourcentage du temps
de confort n’est que 50% pour le local à forte inertie en régime statique, alors que la
simulation en mode dynamique (avec AdOCC) montre que ce pourcentage peut atteindre 74%
du temps d’occupation.
En ce qui concerne la consommation énergétique, la ventilation nocturne implique
une augmentation de la consommation du VMC (figure 4.11 et 4.12). Cette dernière est
passée de 11 kWh à 67 kWh pendant les mois de simulation, que ce soit en mode dynamique
ou statique. Cette augmentation n’est que 20% de l’ensemble des consommations électriques
(y compris les postes informatiques) contre un gain de 50%sur le temps de confort en mode
dynamique. Nous signalons qu’en mode statique, l’éclairage est considéré allumé pendant
tout le temps d’occupation, de plus l’occupant ne dispose pas d’un ventilateur. Ce qui
explique les différences dans la consommation de l’éclairage et du ventilateur en mode
statique et dynamique.

160
Simulations

Simulations en mode dynamique (avec AdOCC)

40,0 9,0

35,0 8,0
Température d'air (°C)

30,0 7,0

25,0 6,0

20,0 5,0

15,0 4,0

10,0 3,0

Vote de sensation
5,0 2,0

0,0 1,0

-5,0 0,0
19-juil. 20-juil. 21-juil. 22-juil. 23-juil. 24-juil. 25-juil. 26-juil.
text to RF (LD) to RF (LG) to NV (LD) to NV (LG)
ST RF (LD) ST RF (LG) ST NV (LD) ST NV (LG)

Figure 4.10 – Les résultats des simulations en mode dynamique (avec AdOCC) pour la ventilation nocturne
(RF) et la ventilation naturelle (VN) dans le local à faible inertie (LG) et forte inertie (LD).

Simulations en mode statique (sans AdOCC)

40 9

35 8
Température d'air (°C)

30 7

25 6

20 5

15 4

10 3
Sensation thermique

5 2

0 1

-5 0
19-juil. 20-juil. 21-juil. 22-juil. 23-juil. 24-juil. 25-juil. 26-juil.
text to NV (LD) to NV (LG) to RF (LD) to RF (LG)
PMV NV (LD) PMV NV (LG) PMV RF (LD) PMV RF (LG)

Figure 4.11 – Les résultats des simulations en mode statique (sans AdOCC) pour la ventilation nocturne (RF)
et la ventilation naturelle (VN) dans le local à faible inertie (LG) et forte inertie (LD).

161
Simulations

Inertie Forte Inertie Faible


Ventilation Ventilation Ventilation Ventilation
naturelle nocturne naturelle nocturne
Mode dynamique (avec AdOCC)
To 29,3°C (±3,2) 25,8°C (±2,6) 28,8°C (±3,2) 26,3°C (±3,4)
ST 1,2 (±0,5) 0,8 (±0,4) 1,2 (±0,5) 1,0 (±0,5)
% |ST| < 1 42% 74% 47% 58%
Mode statique (sans AdOCC)
to 30,2°C (±3,5) 26,2°C (±2,8) 29,7°C (±3,4) 26,7°C (±3,6)
PMV 1,7 (±1,0) 0,9 (±0,8) 1,7 (±1,0) 1,2 (±0,9)
% |PMV| < 1 21% 50% 24% 41%

Tableau 4.10 – Comparaison entre les conditions thermiques dans le local à forte inertie et à faible inertie
en mode dynamique et statique.

Simulations en mode dynamique (avec AdOCC)

100
NV LD NV LG
80 RF LD RF LG
Consommation
Wh/m²/jour

60

40

20

0
Cons. Éclairage Cons. VMC Cons. Ventilateur

Figure 4.12 – Comparaison entre les consommations énergétiques en mode dynamique.

Simulations en mode statique (sans AdOCC)

100 NV LD NV LG
RF LD RF LG
80
Consommation
Wh/m²/jour

60

40

20

0
Cons. Éclairage Cons. VMC Cons. Ventilateur

Figure 4.13 – Comparaison entre les consommations énergétiques en mode statique.

162
Simulations

4.3.3.5 La climatisation
L’utilisation du rafraîchissement par ventilation nocturne a permis de limiter
l’inconfort dans le local à forte inertie. Par contre dans le local à faible inertie, l’amélioration
apportée reste insuffisante pendant les journées chaudes (la température d’air intérieur
dépasse le seuil de 30°C sur 30% du temps d’occupation) et nécessite une climatisation
pendant cette période. Cette solution, même si elle est pénalisante pour les consommations
énergétiques, permet d’apporter les corrections nécessaires sur le confort thermique dans
certains locaux ayant des charges internes importantes (postes bureautiques et éclairage), une
inertie faible et selon l’orientation et les caractéristiques du vitrage. Il faut tenir en compte
aussi les conditions climatiques, celles du site (si elles ne permettent pas l’ouverture de la
fenêtre par exemple).
La climatisation est utilisée pour maintenir une température de confort dans les
locaux indépendamment de la température extérieure. Les locaux en été sont généralement
climatisés entre 24°C et 25°C. Pour notre étude, nous allons considérer une température de
24°C pendant l’occupation.
Nous allons tester aussi une deuxième solution qui consiste à climatiser les locaux
selon une consigne variable déterminée par l’algorithme de confort adaptatif (ACA). Ce
dernier calcule la température de consigne en fonction du climat extérieur. L’application de
cet algorithme est supposée permettre une économie sur l’utilisation de la climatisation en
gardant le même niveau de confort thermique.
Les simulations seront réalisées pendant la période de juin à août avec la
configuration initiale du local en considérant les deux types d’inertie (forte et faible). La
puissance de climatisation est limitée à 1kW. Comme les fenêtres devront être maintenues
fermées pendant la période de climatisation, nous allons utiliser le mode statique (PMV) pour
l’appréciation du confort thermique dans les locaux climatisés.
Enfin, nous comparons les résultats de ces simulations avec ceux obtenus en
ventilation naturelle et en ventilation nocturne. Le tableau 4.11 présente les données
considérées pour cette série de simulations.

163
Simulations

Fiche des simulations – Influence de la climatisation


Objectifs : Etudier l’influence de la climatisation sur le confort thermique et la
consommation d’énergie. Comparaison par rapport au cas de la ventilation naturelle et de la
ventilation nocturne.
Local étudié : Bureau D246 de l’ENTPE à Vaulx-en-Velin.
Outil de simulation : TRNSYS16 avec les trois modules AdOCC, type 56 et AIRNODE.
Pour les locaux climatisés, les simulations seront réalisées sans AdOCC.
Nombre de simulations : Quatre simulations (avec climatisation à consigne fixe et variable
selon les deux types d’inertie thermique)
Période de simulation : juin à août
Pas de temps : 30 min
ENTREES
Fichier climatique : Fichier climatique annuel de Lyon disponible dans la bibliothèque de
TRNSYS.
Caractéristiques physiques : voir tableau 4.3
Nous considérons deux types de rclimatisation en été.
(1) CL : climatisation selon une température de consigne constante (24°C)
(2) ACA : climatisation selon une température de consigne variable déterminée par
l’algorithme adaptatif ACA.
Nous considérons aussi les deux cas d’inertie : lourde et légère.
Horaire de travail : de 8h00 à 18h00 de lundi à Vendredi
Actions proposées :
… Fenêtre ; Store ; Ajuster Vêture ; Eclairage
; Ventilateur ; Thermostat … Nuisance ext. … Distance
SORTIES
To : température opérative dans le local (variable de sortie du type 56)
PMV : sensation thermique prévue en mode statique (variable de sortie du type 56)

Tableau 4.11 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique.

Les figures 4.14 et 4.15 présentent les résultats des simulations pour le local à faible
inertie et à forte inertie. Nous présentons sur les mêmes figures les résultats obtenus avec la
ventilation naturelle et la ventilation nocturne dans les deux types du local. Pour la
climatisation à consigne fixe de 24°C, la température d’air dans le local climatisé reste proche
de la consigne dans le cas de l’inertie forte, par contre elle dépasse la consigne de près de 2°C
dans le local à faible inertie selon le climat extérieur. Par rapport à la ventilation nocturne, la
climatisation à consigne fixe permet une diminution dans la température intérieure de 2 à 4°C
selon l’inertie du local. Cette diminution est plus importante dans le local à faible inertie. Cela
se traduit par une amélioration de la sensation thermique qui se rapproche beaucoup de la
neutralité thermique. Pour la climatisation à consigne variable (ACA), la température d’air
dépasse de 1°C celle obtenue par consigne fixe (à 24°C). Cet écart correspond à celui obtenu
entre les températures de consigne (la consigne calculée par le ACA est égale à 25.2°C en
moyenne contre 24°C pour la consigne fixe). La climatisation à consigne variable permet
également de réduire la température intérieure par rapport à la ventilation nocturne, surtout

164
Simulations

dans le local à faible inertie. Dans le local à forte inertie, les performances sont très proches
en terme de sensation thermique.
Le tableau 4.12 présente le pourcentage de temps d’occupation où la sensation
thermique respecte l’intervalle de confort pour chaque cas. L’amélioration du niveau de
confort thermique est plus importante dans le local à faible inertie où le pourcentage de temps
d’occupation passe de 58% (avec ventilation nocturne) à 91% ou 85% selon le mode de
climatisation. Par contre, cette amélioration est deux fois moins importante dans le local à
forte inertie où les conditions sont déjà bonnes. Pour la climatisation à consigne variable, le
niveau de confort est presque le même par rapport à une consigne fixe de 24°C, avec une
légère différence dans le local à faible inertie.
Pour les consommations énergétiques, nous pouvons constater immédiatement
l’impact préjudiciable de la climatisation (figure 4.16 et 4.17). Par rapport à la ventilation
nocturne qui utilise seulement 67 kWh pendant les trois mois de simulation, les besoins en
climatisation varient autour de 900 kWh selon l’inertie et le mode de climatisation. Pour le
local à forte inertie, ces besoins s’élèvent à 927 kWh avec une climatisation à consigne fixe de
24°C, et à 819 kWh pour une consigne variable. Pour le local à faible inertie, ces valeurs sont
de 957 kWh et 834 kWh respectivement. En comparant les consommations obtenues dans les
locaux climatisés entre elles, nous constatons un surplus de l’ordre de 3% pour une inertie
faible par rapport à une inertie forte. Avec une climatisation à consigne variable (ACA), la
consommation par rapport à une consigne fixe de 24°C s’est réduite de 13% dans le local à
forte inertie et 15% dans celui à faible inertie. Si la consigne était fixée à 25°C au lien de
24°C, ce surplus serait réduit à 6%.
Les consommations en éclairage sont les mêmes dans tous les cas (éclairage allumé
pendant 6% du temps d’occupation) puisque l’éclairage dépend de l’état du store, et ce dernier
est régulé en fonction de l’éblouissement (le store a été baissé pendant 81% du temps
d’occupation). Si les occupants utilisaient moins le store, les charges de la climatisation
pourraient s’élever à des valeurs plus importantes par l’augmentation des apports solaires.
Si la climatisation permet d’améliorer le niveau de confort thermique, les
consommations énergétiques qu’elle implique sont fortement préjudiciables. Pour local à forte
inertie, l’augmentation des consommations par rapport à la ventilation nocturne ne sont pas
justifiables par le gain en confort thermique. Par contre, pour le local à faible inertie qui pose
un problème au niveau de confort même avec une ventilation nocturne, la climatisation
permet de contourner ce problème, mais il est conseillé dans ce cas d’utiliser l’algorithme de
confort adaptatif qui permet le même niveau de confort avec une consommation réduite.
Enfin, nous rappelons que ces simulations ont été réalisées pour la ville de Lyon. Les
simulations réalisées avec le climat de Paris montrent que la ventilation nocturne seule permet
d’établir les conditions de confort. Le pourcentage des votes de sensation dans l’intervalle de
confort s’élève à 88% et 72% dans le local à forte et faible inertie respectivement, des valeurs
comparables à celles obtenues pour la climatisation à Lyon (voir annexe E6).

165
Simulations

Local à inertie thermique forte

40,0 9,0

35,0 8,0
Température d'air (°C)

30,0 7,0

25,0 6,0

20,0 5,0

15,0 4,0

10,0 3,0

Vote de sensation
5,0 2,0

0,0 1,0

-5,0 0,0
19-juil. 20-juil. 21-juil. 22-juil. 23-juil. 24-juil.

text to RF (LD) to NV (LD) to CL (LD) to ACA (LD) ST RF (LD) ST NV (LD) PMV CL (LD) PMV ACA (LD)

Figure 4.14 - Les résultats des simulations avec ventilation nocturne (RF), ventilation naturelle (VN),
climatisation constante (CL) et climatisé variable (ACA) dans le local à forte inertie (LD).

Local à inertie thermique faible

40,0 9,0

35,0 8,0

30,0 7,0
Température d'air (°C)

25,0 6,0

20,0 5,0

15,0 4,0

10,0 3,0
Vote de sensation

5,0 2,0

0,0 1,0

-5,0 0,0
19-juil. 20-juil. 21-juil. 22-juil. 23-juil. 24-juil.

text to RF (LG) to NV (LG) to CL (LG) to ACA (LG) ST RF (LG) ST NV (LG) PMV CL (LG) PMV CL (LG)

Figure 4.15 - Les résultats des simulations avec ventilation nocturne (RF), ventilation naturelle (VN),
climatisation constante (CL) et climatisé variable (ACA) dans le local à faible inertie (LD).

166
Simulations

Inertie thermique forte Inertie thermique faible


Ventil. Ventil. Clim. Clim. Ventil. Ventil. Clim. Clim.
naturelle nocturne constante variable naturelle nocturne constante variable
(NV) (RF) (CL) ACA (NV) (RF) (CL) ACA
t consigne 25,2°C 25,2°C
- - 24°C - - 24°C
(±0,7) (±0,7)
to 29,3°C 25,8°C 24,3°C 25,4°C 28,8°C 26,3°C 24,5°C 25,5°C
(±3,2) (±2,6) (±0,6) (±1,1) (±3,2) (±3,4) (±1,1) (±1,5)
ST 1,2 0,8 0,2 0,5 1,2 1,0 0,4 0,6
(±0,5) (±0,4) (±0,2) (±0,3) (±0,5) (±0,5) (±0,4) (±0,4)
% |ST|<1 42% 74% 100% 94% 47% 58% 91% 82%

Tableau 4.12 – Comparaison entre les conditions thermiques dans le local à forte inertie et à faible inertie en
selon le type de rafraîchissement.

Local à inertie thermique forte

500 473
NV RF CL ACA 433

400
Consommation
Wh/m²/jour

300

200

100
34 12 10 0 0
8 8 5 6 5 0 0 0 0
0
Cons. Cons. VMC Cons. Conso. Clim
Éclairage Ventilateur
Figure 4.16 – Comparaison entre les consommations énergétiques dans le local à forte inertie thermique.

Local à inertie thermique faible


485
500
NV RF CL ACA 422
400
Consommation
Wh/m²/jour

300

200

100
8 8 6 6 5 33 0 0 12 11 0 0 0 0
0
Cons. Cons. VMC Cons. Conso. Clim
Éclairage Ventilateur
Figure 4.17 – Comparaison entre les consommations énergétiques dans le local à faible inertie thermique.

167
Simulations

4.4 Conclusion
À travers ce chapitre nous avons évalué le modèle AdOCC en le confrontant avec
l’expérimentation, puis à travers une étude paramétrique dans un bureau naturellement ventilé
en période estivale.
A travers les simulations réalisées dans les trois bureaux tirés de l’expérimentation,
nous constatons que l’utilisation de AdOCC permet de rapprocher les valeurs simulées de la
température d’air et de la sensation thermique de celles issues de l’enquête. L’avantage de
AdOCC consiste dans sa capacité à représenter le comportement adaptatif d’un occupant dans
un local donné en tenant compte des opportunités et des contraintes présentes dans le local.
Cela est mis en évidence à travers les simulations réalisées sans AdOCC qui ne prennent pas
en compte le comportement adaptatif et représentent le confort thermique moyennant le PMV.
Les résultats de ces simulations montrent que la sensation prévue par le PMV surestime
considérablement les valeurs trouvées dans l’enquête dans les bureaux naturellement ventilés
en été, et les sous-estiment en hiver. Le PMV est ainsi insuffisant pour représenter le confort
thermique dans ce type de local.
Si les températures et les sensations simulées par AdOCC suivent bien la
dynamique des valeurs issues de l’enquête, nous constatons sur quelques points un écart léger
par rapport aux mesures. Cet écart est souvent dû à une différence entre la tenue vestimentaire
simulée et celle portée par le sujet au moment de l’enquête ou une différence dans l’état du
ventilateur. En effet, AdOCC calcule à chaque pas de temps l’état thermique de l’occupant et
en déduit les actions adaptatives à exercer en fonction de la liste des actions envisageables
dans le local. Il est évident que les actions exercées peuvent être différentes d’un occupant à
un autre à cause des différences interindividuelles (métabolisme, âge, sexe, sensibilité ou
préférence subjective), mais le comportement global de AdOCC montre une cohérence avec
les mesures. AdOCC permet ainsi, en intégrant le comportement adaptatif de l’occupant, de
simuler la dynamique du confort thermique dans un local naturellement ventilé avec une
précision satisfaisante.
L’intérêt de AdOCC est mis en évidence à travers l’étude des conditions de confort
dans un bureau naturellement ventilé en conditions estivales tout en tenant compte des
dépenses énergétiques. Les simulations en mode dynamique avec AdOCC ont montré que
pour le pourcentage de temps de confort peut être doublé par rapport aux simulations en mode
statique (où le confort est mesuré par le PMV). Selon l’inertie thermique, l’orientation, la
protection solaire et le climat, le confort peut être obtenu en été pendant plus de 80% du
temps d’occupation en utilisant un ventilateur local ou la ventilation nocturne, sans avoir
recours à la climatisation. L’utilisation du ventilateur correspond à une consommation de
l’ordre de 10 W/m²/jour et la ventilation nocturne 30 W/m²/jour. Ces valeurs sont
négligeables devant les consommations de climatisation qui peuvent être 10 fois plus
importantes.

168
Conclusion générale

5. Conclusion générale
Conclusion générale

Le confort thermique constitue actuellement un enjeu majeur dans le secteur du


bâtiment tant pour la qualité des ambiances intérieures que pour les impacts énergétiques et
environnementaux dont il est responsable. A travers cette étude, nous avons traité cette
problématique en suivant une démarche méthodologique adaptée à la nature multidisciplinaire
et complexe du confort thermique. L’objectif est de mettre en place un outil qui permet de
représenter la dynamique du confort thermique à travers les multiples interactions entre
l’occupant et son cadre bâti.
Pour situer le problème du confort thermique, nous avons analysé les connaissances
existantes en matière de confort thermique dans le bâtiment à travers une étude
bibliographique. Cette étude a permis de constater la complexité du confort thermique dans
les bâtiments à travers sa pluridisciplinarité et les multiples interactions entre l’occupant et le
bâtiment. Il est régi par un ensemble de variables de différentes natures et dimensions
(physiques, physiologiques et psychologiques) en interactions mutuelles et dynamiques. Cette
complexité explique la controverse entre les deux approches actuelles qui traitent ce sujet. La
première approche considère le confort thermique d’une façon analytique en le réduisant à ses
aspects physiques et physiologiques. Les études réalisées in situ ont montré que les méthodes
basées sur cette approche (notamment le PMV qui fait le sujet de la norme ISO 7730)
surestiment le niveau d’inconfort dans les bâtiments naturellement ventilés. La deuxième
approche, basée sur l’exploitation des résultats des enquêtes in situ, conçoit le confort
thermique comme un processus adaptatif autorégulateur faisant intervenir trois boucles
rétroactives qui correspondent à l’adaptation comportementale, physiologique et
psychologique. L’intérêt de cette deuxième approche, dite adaptative, consiste dans sa
capacité à assurer le confort thermique sans impliquer de fortes consommations énergétiques
[McCartney, 2002]. Pourtant nous trouvons que ces deux approches sont complémentaires.
L’approche analytique détermine l’état thermique du corps humain à travers les mécanismes
physiques et physiologiques selon une causalité linéaire. L’approche adaptative complète le
schéma en insérant trois boucles rétroactives entre les éléments qui composent la chaîne de
causalité linéaire pour permettre une vision plus réelle du confort thermique. Nous avons
retenu cette représentation de la dynamique du confort thermique.
Avant la phase de modélisation, nous avons examiné les deux approches du confort
thermique à travers une étude expérimentale in situ. Nous avons conduit cette étude dans huit
bâtiments naturellement ventilés et climatisés combinant des mesures physiques et des
questionnaires. Cette étude confirme l’incapacité des indices issus de l’approche analytique à
représenter le confort thermique. En effet, le PMV surestime le niveau d’inconfort mesuré
dans les bâtiments naturellement ventilés en été et en hiver (69% prévu par le PMV en été
contre 52% mesuré, et 33% prévu en hiver contre 17% mesuré). Il sous-estime la sensation de
chaleur dans l’intervalle des sensations neutres et froides, et la surestime dans celui des
sensations chaudes. Par contre, les modèles adaptatifs permettent des résultats très poches des
mesures (48% en été et 21% en hiver). De plus, la zone de confort s’étend au-delà de

171
Conclusion générale

l’intervalle de sensation de -0.5 à+0.5 comme précisé par la norme ISO7730, elle est décalée
vers les sensations légèrement froides en été et vers les sensations légèrement chaudes en
hiver. Par ailleurs, le vote de sensation thermique a été parfaitement corrélé avec l’indice
PMV* calculé de la même façon du PMV mais en utilisant le modèle dynamique de Gagge.
Cet indice peut être utilisé pour représenter l’état thermique des individus en régime
dynamique. Cela a été vérifié par comparaison avec la base des données du projet SCATs.
Cette étude confirme aussi l’importance de l’utilisation des fenêtres, des stores, des vêtements
et des ajustements vestimentaires comme actions régulatrices pour atteindre le confort
thermique dans las bâtiments naturellement ventilés.
La phase la plus importante de ce travail constitue l’exploitation des résultats de
l’étude bibliographique et expérimentale afin de développer un modèle sur le confort
thermique dans le bâtiment intégrant les différents mécanismes dynamiques et
multidisciplinaires identifiés. En adoptant une démarche systémique, nous avons développé
un outil intégrant les différents mécanismes physiques, physiologiques, et comportementaux
permettant de décrire la dynamique du confort thermique. Cet outil, que nous avons appelé
AdOCC, agit comme un régulateur comportemental qui tient compte de l’état thermique de
l’occupant ainsi que des opportunités et contraintes présentes dans le local. AdOCC est
composé de deux parties. La première partie détermine l’état thermique du corps humain à
travers le PMV* calculé à partir du modèle à deux nœuds de Gagge [Gagge, 1986], et permet
ainsi le calcul des échanges physiques et physiologiques en régime dynamique. La deuxième
partie modélise le comportement adaptatif de l’individu à travers deux boucles rétroactives
permettant la mise en œuvre des actions adaptatives de l’occupant. AdOCC a été intégré dans
l’outil de simulation dynamique TRNSYS16. Cela permet de le coupler avec le module
‘type56’ de TRNSYS16, ainsi qu’avec le module AIRNODE que nous avons développé pour
le calcul des échanges aérauliques avec la possibilité de modifier de l’état d’un élément
aéraulique (fenêtre ou porte) au cours d’une simulation.
Le principal apport de AdOCC, par rapport à un modèle analytique comme le PMV,
réside dans sa capacité à représenter le confort thermique non seulement comme conséquence
d’une exposition passive de l’occupant aux conditions physiques de son environnement, mais
aussi en tenant compte des actions rétroactives de l’occupant. En effet, celui-ci peut modifier
ces conditions physiques via son comportement adaptatif qui est pourtant souvent négligé.
A travers les simulations réalisées dans trois bureaux tirés de l’expérimentation,
AdOCC a permis de rapprocher les valeurs simulées de la température d’air et de la sensation
thermique de celles issues de l’enquête. Cela est mis en évidence à travers les simulations
réalisées en mode statique sans AdOCC. Les résultats de ces simulations montrent que la
sensation prévue en mode statique, par le PMV, surestime considérablement les valeurs
trouvées dans l’enquête dans les bureaux naturellement ventilés en été (deux fois en plus par
rapport à AdOCC), et les sous-estiment en hiver. AdOCC offre ainsi un outil qui, grâce au
couplage avec le type 56 et AIRNODE dans TRNSYS16, permet de simuler la dynamique du

172
Conclusion générale

comportement thermique de l’occupant et des bâtiments naturellement ventilés avec une


précision satisfaisante. Ainsi, en étudiant un bureau naturellement ventilé en conditions
estivales, les simulations réalisées en mode dynamique avec AdOCC montrent que le
pourcentage de temps de confort peut être doublé par rapport aux simulations en mode
statique. Selon l’inertie thermique, l’orientation, la protection solaire et le climat, le confort
peut être obtenu en été pendant plus de 80% du temps d’occupation en utilisant un ventilateur
local ou la ventilation nocturne, sans avoir recours à la climatisation. L’utilisation du
ventilateur correspond à une consommation de l’ordre de 10 W/m²/jour et la ventilation
nocturne 30 W/m²/jour. Ces valeurs sont négligeables devant les consommations de
climatisation qui peuvent être 10 fois plus importantes. En conditions hivernales, nous
trouvons que l’ajustement vestimentaire permet de garder le même niveau de confort tout en
réduisant la consigne de 20°C à 18°C. Cela correspond à une économie de 35% sur les
besoins de chauffage.
AdOCC ouvrent la voix devant deux perspectives concernant les améliorations et
les applications possibles. En ce qui concerne le comportement adaptatif, il est évident qu’il
n’y a pas un comportement unique et que chaque occupant peut réagir d’une façon différente
face aux mêmes conditions, mais AdOCC offre la possibilité de déterminer le comportement
potentiel d’un occupant en fonction de son état de confort et des actions envisageables dans le
local. L’utilisation de la logique floue pourrait améliorer le comportement de l’occupant en
facilitant l’utilisation de données imprécises et incertaines, quantitatives et qualitatives. Elle
facilite notamment la prise en compte des interactions sensorielles. La version actuelle
considère seulement la gêne sur l’ouverture de la fenêtre due à une nuisance extérieure (bruit
ou pollution) par une variable binaire. En outre, AdOCC a été testé et vérifié dans des locaux
à ventilation naturelle. Son utilisation reste limitée aux bâtiments naturellement ventilés. Il
sera intéressant de le tester dans les locaux climatisés pour voir si le comportement de
l’occupant change ou reste le même. Cela est particulièrement intéressant car il permet de
déterminer si le comportement de l’occupant est bénéfique ou néfaste pour la consommation
énergétique dans ce type de bâtiments.
Malgré les deux points abordés précédemment, le comportement de la version
actuelle de AdOCC montre une cohérence satisfaisante avec les mesures réalisées in situ dans
les bâtiments à ventilation naturelle. L’étude réalisée à la fin du 4ème chapitre avec le bureau
naturellement ventilé peut être élargie pour couvrir les différentes valeurs des paramètres
rencontrées en pratique : les différentes zones climatiques, inerties thermiques, volumétries,
protections solaires, orientations, et charges internes. Les résultats peuvent être synthétisés
sous forme d’un abaque qui fournit le niveau de confort associé avec la consommation
énergétique. Cet abaque peut être utilisé pour indiquer si le confort thermique peut être établi
pour une configuration donnée par ouverture des fenêtres avec le store et le ventilateur, ou s’il
faut rafraîchir le local par ventilation nocturne ou utiliser une climatisation.

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6. Bibliographie

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186
7. Liste des illustrations

Listes des illustrations


Liste des tableaux

Liste des figures

Figure 1.1 - Principe de la thermorégulation végétative, comportementale et technologique 25


Figure 1.2 – L’interaction thermique entre le corps humain et son environnement. _______ 28
Figure 1.3 – Les modèles simples du comportement thermique des vêtements. (à gauche le
modèle à un seul paramètre : l’isolement thermique et à droite le modèle à deux paramètres :
l’isolement thermique et la résistance à l’évaporation) [Parsons, 2003] _______________ 36
Figure 1.4 – La relation globale entre une personne et son environnement [Berger 1995]. _ 39
Figure 1.5 – Schématisation du modèle thermique de Stolwijk. _______________________ 45
Figure 1.6 – Représentation des mécanismes adaptatifs [De Dear, 2003]. ______________ 51
Figure 1.7 – La corrélation entre la température de confort et la température intérieure
moyenne. [Nicol, 2002] ______________________________________________________ 55
Figure 1.8 – La corrélation entre la température de confort et la température moyenne
extérieure selon deux types de bâtiments : climatisés et non climatisés. ________________ 56
Figure 1.9 – Modèle adaptatif proposé par le projet RP-884 pour les bâtiments climatisés.
[de Dear, 2003]____________________________________________________________ 59
Figure 1.10 – Modèle adaptatif proposé par le projet RP-884 pour les bâtiments à ventilation
naturelle. [de Dear, 2003] ___________________________________________________ 60
Figure 2.1 – Les instruments de mesures utilisés pendant les enquêtes. ________________ 70
Figure 2.2 – Distribution des participants par tranche d’âge et par sexe._______________ 74
Figure 2.3 - Les principales caractéristiques du bâtiment du Britannia. ________________ 75
Figure 2.4 - Les principales caractéristiques du bâtiment de l’agence de l’eau.__________ 75
Figure 2.5 – Description par bâtiment de la température opérative pour les mesures d’été. 79
Figure 2.6 – Description par bâtiment de la température opérative pour les mesures d’hiver.
_________________________________________________________________________ 79
Figure 2.7 - La distribution des votes de sensation (à gauche) et de préférence thermique (à
droite). ___________________________________________________________________ 80
Figure 2.8 – Distribution du vote d’acceptabilité par rapport au vote de sensation dans les
bâtiments NV. _____________________________________________________________ 81
Figure 2.9 – Distribution du vote de préférence par rapport au vote de sensation dans les
bâtiments NV. _____________________________________________________________ 81
Figure 2.10 –Préférence du mouvement d’air par rapport au vote de sensation dans les
bâtiments NV. _____________________________________________________________ 81
Figure 2.11 – Les moyennes du vote de Préférence par rapport au vote de sensation dans les
bâtiments NV. _____________________________________________________________ 81
Figure 2.12 – L’analyse des probits du vote d’acceptabilité thermique en fonction de la
température opérative. ______________________________________________________ 84
Figure 2.13 – Relations entre les échelles du confort thermique dans les bâtiments NV en été
(à gauche) et en hiver (à droite)._______________________________________________ 85

189
Liste des tableaux

Figure 2.14 – Principaux résultats des régressions linéaires du vote de sensation thermique
sur la température opérative mesurée. __________________________________________ 87
Figure 2.15 – Relations des températures de neutralité (en haut) et des pourcentages
d’acceptabilité (en bas) avec les températures opératives intérieures (à gauche) et les
températures extérieures (à droite). ____________________________________________ 88
Figure 2.16 - Sensation thermique et PMV en fonction de la température opérative. ______ 89
Figure 2.17 – Les régressions entre le confort perçu en fonction du PMV (à gauche) et de la
température opérative (à droite) dans les bâtiments NV en été et en hiver. ______________ 90
Figure 2.18 – Comparaison des températures de confort mesurées avec l’intervalle de confort
des modèles adaptatifs (ACA à gauche et ACS à droite). ____________________________ 92
Figure 2.19 – Les coefficients des régressions linéaires des températures de confort sur la
température extérieure. ______________________________________________________ 93
Figure 2.20 – Classification des facteurs influençant la qualité de l’ambiance selon leur
degré d’importance. ________________________________________________________ 94
Figure 2.21 - Corrélation entre la vitesse de l’air et la température intérieure. __________ 98
Figure 2.22 – Distribution de fréquences des valeurs de l’isolement vestimentaire dans les
bâtiments NV. _____________________________________________________________ 98
Figure 2.23 – Corrélation entre l’isolement vestimentaire et la température intérieure. ___ 99
Figure 2.24 – Corrélation entre le niveau d’activité et la température intérieure. ________ 99
Figure 2.25 - La distribution des votes de sensation thermique dans les bâtiments à
ventilation naturelle selon le type des bureaux pour les mesures estivales (à gauche) et les
mesures hivernales (à droite).________________________________________________ 100
Figure 2.26– Comparaison de la relation de la sensation thermique en fonction du PMV*
avec la base de données SCATs (relation d’été en haut, relation d’hiver en bas) ________ 101
Figure 3.1 - Représentation du système occupant-bâtiment _________________________ 107
Figure 3.2 - Caractéristiques structurelles d'un modèle du confort thermique.__________ 109
Figure 3.3 - La boucle de réalisation du processus motivationnel relatif au confort thermique.
________________________________________________________________________ 111
Figure 3.4 - La boucle d’anticipation du processus motivationnel relatif au confort thermique.
________________________________________________________________________ 112
Figure 3.5 - Le diagramme causal de la dynamique du confort thermique _____________ 114
Figure 3.6 - Relation entre la satisfaction obtenue et la sensation perçue dans les bâtiments à
ventilation naturelle pour les conditions d’été ___________________________________ 116
Figure 3.7 - Relation entre la préférence thermique et la sensation perçue dans les bâtiments
à ventilation naturelle pour les conditions d’été. _________________________________ 117
Figure 3.8 - Relation entre l’acceptabilité thermique et la sensation perçue dans les bâtiments
à ventilation naturelle pour les conditions d’été__________________________________ 117
Figure 3.9 - Schéma global de l’intégration de AdOCC dans TRNSYS16. _____________ 123

190
Liste des tableaux

Figure 3.10 - Comparaison des taux de renouvellements d’air obtenus avec type97
(CONTAM) et le programme développé sur MATLAB. ____________________________ 125
Figure 3.11 – Représentation du modèle physiologique à deux nœuds de Gagge.________ 127
Figure 3.12 – Algorithme des actions pour le cas d’une décision d’action égale 1 dans les
bâtiments NV en été. _______________________________________________________ 134
Figure 3.13 – Représentation sous TRNSYS studio des interactions entre les différents
composants. ______________________________________________________________ 135
Figure 3.14 – Les variables d’entrée et de sortie des principaux composants dans TRNSYS.
Les cases ayant les mêmes couleurs montrent les connexions entre les composants. _____ 136
Figure 3.15 – Schématisation des étapes de la démarche suivie. _____________________ 137
Figure 4.1 – Températures d’air extérieur et irradiation globale horizontale pendant la
semaine de mesures du mois d’août 2004 à Vaulx-en-Velin. ________________________ 141
Figure 4.2 – Comparaison entre les courbes de température d’air issues des simulations et de
la mesure (D246). _________________________________________________________ 145
Figure 4.3 – Comparaison entre la sensation thermique prévue par les simulations et celle
perçue par le sujet (enquête) dans le bureau D246 pendant la 2ème semaine du mois d’août
2004. ___________________________________________________________________ 146
Figure 4.4 - Comparaison entre les courbes de température d’air issues des simulations et de
la mesure dans le bureau D242. ______________________________________________ 148
Figure 4.5 – Comparaison entre la sensation thermique prévue par les simulations et celle
perçue par le sujet (enquête) dans le bureau D242 pendant la 2ème semaine du mois de mars
2005. ___________________________________________________________________ 148
Figure 4.6 – Comparaison des températures d’air et des sensations thermiques entre le local
à forte inertie thermique (LD) et le local à faible inertie thermique (LG).______________ 153
Figure 4.7 – Températures d’air intérieurs pour trois villes en France selon une inertie forte
(LD) et une inertie faible (LG). _______________________________________________ 155
Figure 4.8 – Résultats des simulations dans le local à inertie lourde pour les trois types de
protections solaire dans le local à inertie forte ( SV : Store Vénitien intérieur, SELO : store
extérieur à lames orientables, SETT : Store Extérieur à toile légèrement transparent) ___ 156
Figure 4.9 – Résultats des simulations pour les quatre orientations du vitrage dans le local à
inertie forte.______________________________________________________________ 157
Figure 4.10 – Les résultats des simulations en mode dynamique (avec AdOCC) pour la
ventilation nocturne (RF) et la ventilation naturelle (VN) dans le local à faible inertie (LG) et
forte inertie (LD). _________________________________________________________ 161
Figure 4.11 – Les résultats des simulations en mode statique (sans AdOCC) pour la
ventilation nocturne (RF) et la ventilation naturelle (VN) dans le local à faible inertie (LG) et
forte inertie (LD). _________________________________________________________ 161
Figure 4.12 – Comparaison entre les consommations énergétiques en mode dynamique. _ 162

191
Liste des tableaux

Figure 4.13 – Comparaison entre les consommations énergétiques en mode statique. ____ 162
Figure 4.14 - Les résultats des simulations avec ventilation nocturne (RF), ventilation
naturelle (VN), climatisation constante (CL) et climatisé variable (ACA) dans le local à forte
inertie (LD).______________________________________________________________ 166
Figure 4.15 - Les résultats des simulations avec ventilation nocturne (RF), ventilation
naturelle (VN), climatisation constante (CL) et climatisé variable (ACA) dans le local à faible
inertie (LD).______________________________________________________________ 166
Figure 4.16 – Comparaison entre les consommations énergétiques dans le local à forte inertie
thermique. _______________________________________________________________ 167
Figure 4.17 – Comparaison entre les consommations énergétiques dans le local à faible
inertie thermique. _________________________________________________________ 167

Liste des tables

Tableau 1.1– Les échelles de la sensation thermique. ______________________________ 37


Tableau 1.2 - Echelles de jugements subjectifs sur les conditions thermiques [AFNOR, 2001].
_________________________________________________________________________ 40
Tableau 1.3 – La relation entre la température standard effective SET et la sensation
thermique [Parsons, 2003]. __________________________________________________ 44
Tableau 1.4 – Les incréments de température du confort. [Yannas, 1995] _____________ 55
Tableau 1.5 – L’algorithme du confort adaptatif développé dans le cadre du projet SCATs
[McCartney, 2002]._________________________________________________________ 58
Tableau 1.6 –Les exigences de confort thermique pour les types de lieux indiqués. [AFN(03]
_________________________________________________________________________ 62
Tableau 1.7 – Liste des normes ISO qui traitent les ambiances thermiques. _____________ 63
Tableau 2.1 - Récapitulatif des instruments de mesures utilisés pendant les enquêtes. ____ 71
Tableau 2.2 – Liste des bâtiments enquêtés. ______________________________________ 76
Tableau 2.3 – Tableau comparatif des résultats des mesures avec les recommandations la
norme ISO 7730 et des algorithmes adaptatifs ACA et ACS. _________________________ 83
Tableau 2.4 - Les résultats des régressions de la sensation thermique avec les indices
analytiques du confort thermique dans les bâtiments naturellement ventilés en été et en hiver.
_________________________________________________________________________ 90
Tableau 2.5 – Résultats des régressions logistiques dans les bâtiments NV. _____________ 96
Tableau 3.1 – Listes des actions proposées dans un bâtiment NV en été. ______________ 118
Tableau 3.2 – La relation entre l’opportunité adaptative et la liste des actions proposées dans
un local._________________________________________________________________ 118
Tableau 3.3 – La relation entre la motivation et la préférence thermique. _____________ 119
Tableau 3.4 –L’intérêt à l’action en fonction de l’acceptabilité et l’opportunité adaptative.119

192
Liste des tableaux

Tableau 3.5 – La décision d’action en fonction de la motivation et de l’intérêt à l’action. _ 120


Tableau 3.6 – Exemple des actions en fonction de la décision d’action et les actions
proposées dans un bâtiment NV en été._________________________________________ 120
Tableau 4.1 – Principales caractéristiques des bureaux retenus pour les simulations.____ 143
Tableau 4.2 – Fiche des simulations pour le bureau D246. _________________________ 144
Tableau 4.3 – Plan de simulations pour l’étude de l’influence des ajustements
comportementaux. _________________________________________________________ 149
Tableau 4.4 – Influence des différents moyens d’action sur les conditions thermiques en été.
________________________________________________________________________ 150
Tableau 4.5 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique._______________ 153
Tableau 4.6 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique._______________ 154
Tableau 4.7 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique._______________ 156
Tableau 4.8 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique._______________ 157
Tableau 4.9 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique._______________ 159
Tableau 4.10 – Comparaison entre les conditions thermiques dans le local à forte inertie et à
faible inertie en mode dynamique et statique.____________________________________ 162
Tableau 4.11 – Plan des simulations pour l’étude de l’inertie thermique.______________ 164
Tableau 4.12 – Comparaison entre les conditions thermiques dans le local à forte inertie et à
faible inertie en selon le type de rafraîchissement.________________________________ 167

193
Liste des tableaux

194
8. Annexe A

Annexe A

Contexte énergétique et environnemental


Annexe A

L’analyse du contexte énergétique et environnemental

Demande sociale du bien-être


Ce qui différencie la situation où se trouve l’architecture moderne par rapport au
problème énergétique, de l’architecture de n’importe quelle époque est non seulement la
diminution de la disponibilité des ressources énergétiques mais plutôt l’exigence d’un confort
thermique et ambiant devenu de masse seulement depuis le XIXe siècle [Campajola, 1989].
En un siècle et demi, le confort a subi d’importantes modifications tout en restant
finalement une préoccupation relativement constante. Du « confort-luxe » qui définit la
seconde moitié du XIXe siècle à l’ère actuelle où « tout est confort », il y a d’énorme
différences, du point de vue des technologies, des modes de vie ou encore de niveau de vie.
L’invention du confort doit être comprise comme une suite de « micro-inventions » – la
mécanisation du confort, la réalisation d’un minimum confortable technique, l’extension de la
problématique du confort à la sphère publique – qui a peu à peu façonné le sens de cette
notion [Collard, 2001].
C’est l’architecture moderne, surtout européenne, des années vingt et trente, qui a
posé pour la première fois le problème du bien-être ambiant pour toute la population dans des
termes semblables à l’époque actuelle (satisfaire en température, humidité et qualité d’air)
[CAMPAJOLA, 1989]. La période 1946-1975 a été également une période marquante pour
l’essor du confort thermique dans les bâtiments, période durant laquelle certains freins et
autres obstacles à l’extension du confort vont être levés, lui permettant de devenir un véritable
enjeu, tant économique que social. Le développement de la technique va jouer aussi un rôle
très important pour améliorer le confort. Cette période est caractérisée par l’essor et le
développement des machines thermiques [Collard, 2001].

Le prix énergétique et environnemental du confort thermique


La recherche à satisfaire les exigences émergentes du confort thermique dans les
bâtiments a résulté par une généralisation de l’utilisation des machines thermiques afin de
créer et de maintenir des conditions d’ambiance intérieure confortables et stables tout au long
de l’année. Ce modèle d’architecture qui confie à la seule technique le soin de créer dans les
bâtiments un microclimat artificiel par les installations de chauffage et de climatisation, tend à
s’internationaliser sans tenir compte des particularités du climat, du site, des bâtiments…et
entraîne ainsi des fortes consommations d’énergie, d’origine fossile essentiellement, épuisable
et polluante [Lavigne, 1994].
Un des exemples le plus marquant est le cas des gratte-ciel de verre, inventé dans
les années cinquante, encore largement adopté comme le type même de la construction de
bureaux. Les diaphragmes de verre transparents remplacent les murs extérieurs. Ainsi la
perméabilité à la chaleur et au froid et la variation rapide des températures au cours de la
journée sont considérablement augmentées. Ces défauts sont palliés par la multiplication des

197
Annexe A

installations de chauffage et de climatisation, lesquelles entraînent des énormes


consommations d’énergie [Portoghesi, 1981]
Devenant un véritable enjeu social et économique, le confort thermique a mobilisé
plusieurs équipes de recherche dans le monde pour son étude afin de définir les conditions
intérieures du confort thermique. La majorité de ces études a été établie à partir des
expérimentations dans les chambres climatiques. Elles sont adaptées pour les ambiances
contrôlées artificiellement.
Le choc pétrolier de l’année 1973 était l’occasion pour revoir les pratiques utilisées
dans la conception des bâtiments et des ambiances intérieures. Des nombreux pays avaient
adopté des nouvelles réglementations thermiques afin de réduire les consommations
énergétiques en limitant les déperditions thermiques à travers les bâtiments. Ces mesures ont
favorisé la création des ambiances intérieures maintenues artificiellement au même niveau de
confort thermique par les installations thermodynamiques. Ce confinement des ambiances
intérieures a compromis la qualité de l’air intérieur, laissant apparaître des nouveaux
problèmes sanitaires. Des nouvelles modifications ont été apportées aux réglementations afin
de remédier à ces symptômes.
Les années quatre-vingt dix marque le début d’une mobilisation mondiale autour du
secteur des bâtiments. Les risques environnementaux et les conflits énergétiques ont exhibé ce
secteur, principal consommateur d’énergie et polluant dans la plupart des économies
mondiales.

Facture énergétique du secteur du bâtiment


En 2004, La consommation d’énergie finale en France dans le secteur résidentiel
tertiaire s’est élevée à 69,8 Mtep. Avec 43,5% du total de la consommation d’énergie finale,
ce secteur est à la tête des autres secteurs dépassant les transports et l’industrie [DGEMP,
2004]. La figue 1.1 montre l’évolution de la consommation d’énergie finale par secteur en
France de 1973 à 2004. Sur les différentes années, le secteur des bâtiments devance toujours
les autres secteurs. En plus, par rapport à 1973 la consommation d’énergie finale a augmenté
de près de 25 % pour ce secteur. Cela revient au fait de l’accroissement du parc des bâtiments,
de la surface moyenne des logements, mais aussi de l’augmentation du confort et de
l’apparition de nouveaux besoins contribuant à une forte augmentation de la consommation
électrique : éclairage, bureautique, renouvellement et traitement d’air et la climatisation.
Le chauffage, l’eau chaude sanitaire, le cuisson et l’électricité spécifique sont les
principales formes d’usage de l’énergie dans les bâtiments. Dans le résidentiel, c’est le
chauffage qui consomment le plus d’énergie avec plus de 75 %, suivi par l’eau chaude
sanitaire et le cuisson, et l’électricité spécifique (éclairage, électroménager,…).

198
Annexe A

Consommation d'énergie finale par secteur

161(+20%)
( +0 ,6 %) en Mtep,
159 160 après
3 3 3
143 6 6 correction
134 6
3 32 32 du climat
Agriculture 3 7 33 (+1,0%)
(-9%)
13 32
Sidérurgie 35
67 70 70
Industrie 59 (+25%)
(+0,3%)

56
Résidentiel-Tertiaire

42 49 50 51
Transports 26 (+0,7%)
(+96%)

1973 1990 2000 2003 2004

Consommation d'énergie par usage Evolution de


Evolution de Clim
Clim par
par type
type d’appareil
d'appareil

Millions de tep 3
50 x10 appareils
300
40
250
30
200
20
150
10 100
0 50
1990 2003 1990 2003
0
Résidentiel Tertiaire 1999 2000 2001 2002
C hauffage EC S/C uisson C lim multisplit C lim monosplit
Eléctricité spécifique C lim fenêtres et consoles Appareils mobiles

Figure A1 - Consommation énergétique et évolution du parc climatique en France. [DGEMP, 2004]

En haut : Evolution de la Consommation énergétique finale par secteur en France de 1973 à 2004.
En bas à gauche : La consommation d’énergie par usage en France en 1990 et 2003.
En bas à droite : Climatiseurs individuels de moins de 17,5 kW en France [CENERG, 2006].

Pour le tertiaire, la situation est différente. La consommation est presque la moitié


de celle du résidentiel, mais elle est répartie quasi-également entre les différents usages
(Figure 1.1). Par contre, de trois formes d’usage, c’est l’électricité spécifique qui marque
l’évolution la plus importante dans le résidentiel et le tertiaire, 56 % dans le résidentiel et 38
% dans le tertiaire pour l’année 2003 par rapport à 1990.
Même si une faible part de cette consommation est due à la climatisation, ce poste
reste l'un des seuls qui augmente fortement depuis plusieurs années. La figure 1.1 (en bas à
droite) montre l’évolution des installions de climatiseur en France qui ne cessent de croître,
reflétant le souci grandissant du confort thermique en période estivale et la volonté de se
prémunir contre les effets d’une éventuelle canicule. Le confort thermique en période estivale
est devenu un enjeu prépondérant, tant énergétique que sanitaire.

199
Annexe A

Impact environnemental du secteur du bâtiment


Outre son impact énergétique, le secteur résidentiel tertiaire contribue d’une façon
très active à la pollution atmosphérique par la production de gaz à effet de serre,
principalement de gaz carbonique, produits par les installations de chauffage et climatisation.
En 2004, les émissions françaises de gaz à effet de serre dans ce secteur se sont
élevées à 647 Mt équivalent CO2, soit 21 % de l’ensemble des émissions françaises. Par
rapport à l’année 1990, ces émissions ont augmenté de 22.3 % rien que pour le secteur des
bâtiments, contrecarrant les réductions réalisées dans d’autres secteurs comme l’industrie ou
l’agriculture (figure 1.2). Cette augmentation est due en une certaine partie à la multiplication
des installations de chauffage et de climatisation non consciencieux, en réponse à un besoin
accentué du confort thermique faisant de lui un enjeu important pour la protection de
l’environnement. La croissance du marché de la climatisation pose un problème de
consommation énergétique et d’émission de gaz frigorigènes, dont la contribution à l’effet de
serre est considérable.

Reprise de conscience environnementale

Au niveau international
Prenant conscience de l’ampleur des risques suite aux changements climatiques, le
sommet de terre à Rio en 1992 était l’occasion pour la communauté internationale de prendre
des mesures contre ce phénomène planétaire en adoptant une convention cadre des Nations
Unies sur les changements climatiques.
Figure A2– L’évolution sectorielle des émissions de gaz à effet de serre en France de 1990 à 2004 [DGEMP,

Emissions de GES en France

Mtonnes éq C O2
700

600

500

400

300

200

100

0
90

91

92

93

94

95

96

97

98

99

00

01

02

03

04
19

19

19

19

19

19

19

19

19

19

20

20

20

20

20

Transports Résidentiel Tertiaire


Industrie manufacturière Industrie de l'énergie
Agriculture/ sylviculture Traitement des déchets
2005]

200
Annexe A

Cette convention reconnaît le changement climatique comme un enjeu


environnemental majeur et fixe un objectif qui consiste à stabiliser les concentrations de gaz à
effet de serre à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système
climatique. Elle prévoyait pour une quarantaine de pays de ramener en 2000 les émissions de
gaz à effet de serre au niveau de 1990. De surcroît, le sommet de Rio consacrait la notion de
« développement durable » en adoptant un programme d’actions « l’Agenda 21 ».
Pour préciser les règles et critères de mise en œuvre de la convention, les pays
concernés ont signé le protocole de Kyoto en 1997. Ce protocole fixe des engagements
chiffrés de limitation ou de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour la période
2008-2012. Il exige une réduction d’au moins 5 % des émissions des pays industrialisés par
rapport à 1990, qui se traduit par une baisse de 8 % pour l’Europe, et une stabilisation pour la
France.
En reconnaissant le rôle majeur du secteur résidentiel tertiaire dans la
consommation énergétique et les émissions de gaz carbonique, la communauté européenne
adopte en 2002 une directive sur la performance énergétique des bâtiments (directive
2002/91/CE du 16 décembre 2002) afin de parvenir à respecter ses exigences de réduction des
émissions de gaz à effet de serre. Cette directive vise à améliorer la performance énergétique
des bâtiments au sein de la communauté en prenant en considération le climat et le site au
même degré que les exigences de confort et de qualité d’ambiance intérieure et la rentabilité
[EUROPA, 2006].
Reconnaissant la part importante des émissions de GES induites par le chauffage et
la climatisation des bâtiments, le japon par la personne de son premier ministre M. KOIZUMI
a lancé une campagne appelée « team -6% » en avril 2005 pour parvenir à respecter ses
engagements dans le cadre du protocole de Kyoto (ramener les émissions de gaz à effet de
serre en 2010 à moins de 6% de celles de l’année de référence) [Koike, 2005]. Dans le cadre
de cette campagne, M. KOIZUMI a incité ses compatriotes à ôter la cravate et la veste et à
s’habiller légèrement et confortablement en été tout en restant décent pour permettre de
climatiser les locaux à une température de 28°C pendant les jours chauds. Cette campagne a
été baptisée « Cool Biz » par la media japonaise. Voici un recueil d’un entretien avec M.
KOIZUMI à propos de Cool Biz.
« Avec COOL BIZ, les personnes sont libres de s’habiller à leur propre gré. Ils ne
sont pas obligés de mettre une cravate ni une veste, ils peuvent porter ce qu’ils
trouvent confortable. La manière de se vêtir est laissée au bon sens et au propre goût
de chaque individu tant qu’elle ne provoque pas de gênes dans
l’entourage. » [Koizumi, 2005]
Cool Biz a bien porté ses fruits, elle a contribué à une réduction des émissions de
CO2 de 460000 t-CO2 soit l’équivalent de l’émission mensuelle d’un million de foyers
(tableau 1.1).

201
Annexe A

Pourcentage des personnes qui ont entendu de « Cool Biz » 95.8 %


Réduction de la consommation électrique de juin à août 2005 ~210 GWh
Réduction estimée de l’émission de CO2 0.46 Mt-CO2

Tableau A1– Effets de l’action « Cool Biz » sur la consommation électrique et l’émission de CO2 pendant l’été
2005 au japon. [Koike, 2005]

Le succès de Cool Biz en été a poussé M. KOIZUMI à répéter l’expérience pour la


saison d’hiver Pour cette campagne, appelée Warm Biz, il a demandé aux citoyens de
s’habiller chaudement afin de limiter la température dans les bâtiments à 20°C pendant la
saison de chauffage. Il les incite à porter plus de vêtements pour éviter le froid et de ne pas
dépendre sur le chauffage.

Au niveau de la France
Pour maintenir les émissions françaises de gaz à effet de serre sous l’objectif de
Kyoto à l’horizon 2010, le gouvernement français avait adopté en 2000 un plan national de
lutte contre le changement climatique. Après deux ans d’application, ce plan avait été
insuffisant pour parvenir à son objectif : maintenir les émissions en 2010 à leur niveau de
1990, soit à 565 MteCO2. Les évaluations réalisées en 2003 suggèrent que les émissions
françaises devront être réduites, en 2010, d’environ 54 MteCO2 par rapport à la tendance
[Lepeltier, 2006]. En 2004, un autre plan d’action, plan climat 2004, a été mis en place par le
gouvernement avec, au delà de 2010, un objectif de diviser par quatre les émissions de CO2
avant 2050. Ce plan vise en particulier à enrayer l’augmentation des émissions dans les
secteurs de transport et de bâtiment. Il propose un ensemble d’actions structurantes dans les
différents domaines, notamment dans les bâtiments et la climatisation. Ainsi, la directive
européenne relative à la performance énergétique des bâtiments est prise comme cadre
réglementaire pour les bâtiments. Les principales dispositions de cette directive ont été
transposées en droit français en 2005 dans la loi d’orientation sur l’énergie. L’objectif est
d’améliorer de 40 % la performance énergétique pour les bâtiments neufs d’ici à 2020, mais la
priorité porte sur l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments anciens compte tenu
du faible taux de renouvellement des bâtiments [LEGIFRANCE, 2006].
Concernant les bâtiments neufs, une nouvelle réglementation thermique a été mise
en place en 2000. Soucieuse des enjeux énergétique, environnemental et de confort, la
RT2000 a rehaussé les exigences énergétiques dans le résidentiel et le tertiaire avec une
nouveauté par la prise en compte du confort thermique d’été dans une optique de limitation de
surchauffe dans les bâtiments non climatisés et limitation des consommations dans ceux
climatisés. La RT2000 a été remplacée par la RT2005 qui inclut une limite sur les
consommations en et un indicateur pour les émissions de CO2. Elle incite le recours aux
énergies et renouvelables et limite le recours à la climatisation.

202
9. Annexe B

Annexe B

Description de l’expérimentation
Annexe B1 / Les instruments de mesure

Système Vivo pour mesures en confort thermique

Le système Vivo est composé de 3 unités qui mesurent les


grandeurs physiques de l’ambiance thermiques nécessaires pour
le calcul du PMV. Chacune des unités dispose d’une mémoire
permettant de stocker jusqu’à 20,000 mesures. L’unité peut
stocker des acquisitions réalisées pendant 14 jours, si le
stockage a été fait une fois par minute. Chacune des unités
équipées avec deux interfaces Vivo-Net, une interface RS232 et
une interface infrarouge. L’interface Vivo-Net est utilisée pour
lier entre elles les unités d’un ensemble pour constituer un
réseau. Chaque unité peut utilisée de manière indépendante et
est équipée d’une horloge de marquage temporelle des
acquisitions.

Vivo – Temperature

L’unité mesure la température opérative dans un point ; la


sonde a une forme ellipsoïde d’une taille (56 mm de diamètre et
160 mm de longueur) assurant que les températures d’air et de
radiation soient prises en compte d’une manière équivalent à
une personne. La température opérative est généralement
appelée température ambiante. La sonde doit être positionnée
verticalement pour simuler une personne débout, sous un angle
de 30° - personne assise, ou horizontalement pour une
personne couchée. Le bras facilement orienté dans la bonne
position angulaire précise. Le temps d’adaptation à la
température est inférieur à 5 min.
La gamme de mesure varie de -20 à +45°C, la précision est de
0.2 K dans un intervalle de 10 à 40°C et 0.5 K en dehors. Les
mesures sont conformes aux spécifications souhaitées de la norme ISO 7726.

Vivo – Humidity

Cette unité mesure l’humidité relative de l’air, un capteur


capacitif mesure directement l’humidité relative en % (RH). Elle
est également équipée d’un capteur de température et d’un bras
orientable pour le positionnement de la sonde sous des angles
prédéfinis. Le principe de mesure est basé sur les propriétés
hygroscopiques d’un film mince polymère enfermé entre deux
électrodes. La température d’air étant mesurée aussi par un
capteur intégré dans l’unité, l’humidité absolue peut être
déterminée à partir de l’humidité relative et la température
d’air.
La gamme de mesure est de 0 à 100 % pour l’humidité relative
et -20 à +45°C pour la température d’air. La précision des
mesures est de 1.5 % RH et 0.3 K à 23°C. Les mesures sont
conformes aux spécifications souhaitées de la norme ISO 7726
(gamme de mesure, précision, et réduction de l’influence du rayonnement

205
Annexe B1 / Les instruments de mesure

Vivo – Draught

L’unité Vivo – Draught enregistre les deux paramètres vitesse


d’air et la température d’air, paramètres nécessaires pour le
calcul de l’indice Draught Rate (DR). La mesure de la vitesse
d’air est réalisée par une sonde à film chaud omnidirectionnelle
sensible aux vitesses d’air faibles avec un temps de réponse très
court permettant de mesurer des fluctuations rapides. La
gamme de mesure est de 0.05 – 5 m/s enregistrant des
fluctuations jusqu’à 2 Hz. Le bras de support est rapidement
orienté pour positionner la sonde à une hauteur souhaitée.
La gamme de mesure est de 0.05 à 5.0 m/s, la précision est de
±0.01 m/s ±0.025×va en dessous de 1 m/s et ±0.2×va au-
delà. La constante de temps est inférieure à 0.1 s. les mesures
sont conformes aux spécifications souhaitées de la norme ISO
7726.

Vivo – Battery

Les unités thermiques peuvent être alimentées par secteur ou


par Vivo – Battery. Cette unité rechargeable assure
l’alimentation de Vivo – Temperature et de Vivo – Humidity
pendant 15 heures et de Vivo – Draught pendant 7 heures.
Vivo – Battery peut alimenter plusieurs unités thermiques
simultanément.

Vivo – Field Control

L’ordinateur de poche (PDA) est utilisé pour la gestion des unités et pour
la présentation des acquisitions. Tous les indices et paramètres clés
peuvent être calculés par le logiciel PDA. Ces mêmes valeurs peuvent
également être imprimées ou transférées à un PC.

Vivo – Controller

Le logiciel PC permet de programmer des procédés de mesure, de faire


des acquisitions et de rédiger des rapports, avec ce logiciel peuvent être
effectuées davantage d’opérations qu’avec le PDA. Il permet en particulier
de stocker des valeurs brutes et de générer ses propres nouveaux
programmes de mesure.

206
Annexe B1 / Les instruments de mesure

Tinytag Plus Temperature TGP-0017 (Enregistreur de température)

Etendue -40°C Æ +85°C


Type de capteur 10k NTC thermistance
Temps de réponse 1.5 min pour 90% (dans l’eau),
25 min (dans l’air)
Précision ± 0.2°C de 0°C Æ 70°C
Résolution 0.4°C à 25°C
Stockage 16000 mesures
Démarrage instantané / retardé (jusqu’à 45 jours)
Intervalle 1 sec à 10 jours
d’enregistrement

Tinytag Plus Relative Humidity TGP-0304(Enregistreur d’humidité relative)

Etendue 0 Æ 100% RH
Type de capteur Capacitif
Temps de réponse 10 sec pour 90%
Précision ± 3% à 25°C
Résolution 0.3% RH
Stockage 16000 mesures
Démarrage instantané / retardé (jusqu’à 45 jours)
Intervalle 1 sec à 10 jours
d’enregistrement

Tinytag Ultra Temperature TGU-0017 (Enregistreur de température)

Etendue -40°C Æ +85°C


Type de capteur 10k NTC thermistance
Temps de réponse 3 min pour 90%
Précision ± 0.5°C de 0°C Æ 70°C
Résolution 0.4°C à 25°C
Stockage 7900 mesures
Démarrage instantané / retardé (jusqu’à 45 jours)
Intervalle 1 sec à 10 jours
d’enregistrement

Tinytag Ultra Relative Humidity TGU-0304 (Enregistreur d’humidité relative)

Etendue 0 Æ 100% RH
Type de capteur Capacitif
Temps de réponse 10 sec pour 90%
Précision ± 0.3% à 25°C
Résolution 0.5% RH
Stockage 7900 mesures
Démarrage instantané / retardé (jusqu’à 45 jours)
Intervalle 1 sec à 10 jours
d’enregistrement

207
Annexe B1 / Les instruments de mesure

Indicateur de CO2 TESTO 535

Etendue 0 Æ +9999 ppm CO2


Type de capteur 2 canaux infrarouges
Précision ±(50 ppm CO2 ±2% v.m.)(0 Æ +5000 ppm CO2)
±(100 ppm CO2 ±3% v.m.)(+5001 Æ +9999 ppm
CO2)
Résolution 1 ppm CO2 (0 Æ +9999 ppm CO2)
Temp. d’utilisation 0 Æ +50°C
Temp. de stockage -2 Æ +70°C
Autonomie 6 heures

Chroma Meter MINOLTA CL-200

Récepteur Silicon photocell


Etendue 0.1 Æ +99,990 lx, 0,01 Æ 9.999 fcd
Type de capteur 2 canaux infrarouges
Précision Ev: ±0.2%
Reproductibilité EV: 0.5%
Temps de réponse 0.5 sec
Résolution -10 °C Æ 40°C, 85% RH
Temp. d’utilisation -20 °C Æ 55°C, 85% RH
Temp. de stockage 72 heures
Autonomie

Chroma Meter MINOLTA CL-200

Etendue -30 Æ 900°C


Type de capteur
Précision ±1°C de 0°C Æ 99°C
±1% de la mesure à plus de 100°C
±2°C de -30°C Æ 0°C
Gamme spectrale 8 Æ 14 µm
Temps de réponse 250 msec (à 95% de la mesure)
Résolution 0.1°C
Temp. d’ulisation 0°C Æ 50°C
Temp. de stockage -20°C Æ50°C
Autonomie

208
Annexe B2 / Le questionnaire thermique

Laboratoire des Sciences de l’Habitat


Ecole Nationale des Travaux Publics de l’Etat

Questionnaire sur le confort thermique

N.B. : Les informations seront traitées confidentiellement.


Les renseignements que l’on pourra en tirer ne seront publiés que sous de statistiques.

Bâtiment : __________
Bureau : __________

Date : _________
Heure : __________

209
Annexe B2 / Le questionnaire thermique

Ambiance thermique

1. Comment vous sentez-vous maintenant…? (placez une croix sur l’axe)

-3 -2 -1 0 1 2 3

très froid froid légèrement Neutre légèrement chaud très chaud


froid chaud

2. Trouvez-vous cela…? (cochez la case appropriée)

légèrement
acceptable inacceptable très inacceptable
inacceptable
□ □ □ □

3. En ce moment, préfériez-vous avoir…?

-3 -2 -1 0 1 2 3

beaucoup un peu plus sans un peu plus beaucoup


plus froid plus chaud
plus froid froid changement chaud plus chaud

4. Comment trouvez-vous le mouvement de l’air dans le local… ?

très légèrement légèrement très


acceptable inacceptable
acceptable acceptable inacceptable inacceptable
□ □ □ □ □ □

5. Préfériez-vous avoir :

plus de mouvement d’air Pas de changement moins de mouvement d’air


□ □ □

6. En prenant en compte vos préférences personnelles uniquement, vous trouvez cet


environnement thermique

très légèrement légèrement très


confortable inconfortable
confortable confortable inconfortable inconfortable
□ □ □ □ □ □

210
Annexe B2 / Le questionnaire thermique

Activité

1. Quelle était votre activité pendant l’heure précédente suivant les périodes suivantes ?

Une heure L’heure


avant 60 minutes actuelle
30 minutes 10 minutes 10 minutes 10 minutes
Période D Période C Période B Période A

assis assis assis travail sur débout débout conduire


marcher
repos lecture écriture ordinateur repos activité voiture
Période A…… □ □ □ □ □ □ □ □
Période B…… □ □ □ □ □ □ □ □
Période C…… □ □ □ □ □ □ □ □
Période D…… □ □ □ □ □ □ □ □

2. Avez-vous consommé au cours de la dernière heure…

une boisson fraîche □ une cigarette □


une boisson chaude □ une collation □

211
Annexe B2 / Le questionnaire thermique

Vêtements

1. Indiquez si vous portez actuellement les vêtements suivants en cochant les cases
convenables

FEMMES HOMMES
léger moyen épais léger moyen épais
Sous-vêtements, bas □ □ □ Sous-vêtements, bas □ □ □
Sous-vêtements, haut □ □ □ Sous-vêtements, haut □ □ □
T-shirt □ □ □ T-shirt □ □ □
Bustier □ □ □ Polo □ □ □
Chemisier courte Chemisier courte
manche □ □ □ manche □ □ □
Chemisier longue Chemisier longue
manche □ □ □ manche □ □ □
Pantalon □ □ □ Pantalon □ □ □
Short □ □ □ Short □ □ □
Robe □ □ □ Gilet □ □ □
Jupe □ □ □ Pull □ □ □
Pull □ □ □ Veste □ □ □
Veste □ □ □ Cravate □ □ □
Chaussettes □ □ □ Chaussettes □ □ □
Chaussures □ □ □ Chaussures □ □ □
Autre, Autre,
à préciser :___________ □ □ □ à préciser :__________ □ □ □

2. Avez-vous tenu compte des conditions météo pour vous habiller ce matin…?

Oui □ Non □
Si OUI, qu’est-ce qui vous a le plus influencé dans votre choix :

□ La température □ Le risque de pluie


□ Le vent □ Autre (précisez) :

212
Annexe B2 / Le questionnaire thermique

Ambiance globale

1. Comment qualifiez-vous globalement le climat intérieur et les conditions de travail


régnant actuellement dans le local ? (Veuillez cocher une case par ligne).
Les cases encadrées représentent sur chaque échelle, la valeur « idéale ».

• La sécheresse, l’humidité de l’air

Très sec 1 2 3 4 5 6 7 Très humide

• La qualité de l’air

Très frais 1 2 3 4 5 6 7 Très étouffant

• L’odeur de l’air

Sans odeur 1 2 3 4 5 6 7 Très odorant

• La qualité globale de l’air

Satisfaisant 1 2 3 4 5 6 7 Insatisfaisant

• Eclairage

Très sombre 1 2 3 4 5 6 7 Très clair

• Bruits extérieurs

Très calme 1 2 3 4 5 6 7 Très bruyant

• Bruits intérieurs

Très calme 1 2 3 4 5 6 7 Très bruyant

2. En tenant compte de tous les paramètres (thermique, qualité de l’air, éclairage,


acoustique), l’ambiance globale dans la salle vous paraît

Satisfaisante 1 2 3 4 5 6 7 Insatisfaisante

213
Annexe B2 / Le questionnaire thermique

Contrôle personnel

1. Indiquez si vous avez effectué l’une des actions suivantes pendant la dernière heure afin
d’ajuster l’ambiance thermique du local ?

Oui Non
Ouvrir, fermer une fenêtre……………………..……... □ □
Position des rideaux ou stores………………………... □ □
Ouvrir, fermer une porte intérieure……….…………... □ □
Ouvrir, fermer une porte extérieure…….………….…. □ □
Allumer, éteindre les lampes de bureau………....……. □ □
Allumer, éteindre l’éclairage général de la pièce…….. □ □
Contrôler le fonctionnement d’un ventilateur………... □ □
Contrôler le fonctionnement du chauffage…………… □ □
Contrôler le fonctionnement de la climatisation……… □ □

---FI N---

214
Annexe B3 / Le questionnaire général

ENTPE
Laboratoire des Sciences de l’Habitat
DGCB URA 1652
Rue Maurice Audin
69518 Vaulx en Velin Cedex
Tel : 04 72 04 72 61
Fax : 04 72 04 70 41
mel : moujalled@entpe.fr

***CONFIDENTIEL***

ETUDE DU CONFORT THERMIQUE


QUESTIONNAIRE GENERAL

Toutes les réponses inscrites dans ce questionnaire resteront strictement confidentielles.

Veuillez lire attentivement chaque question avant d’y répondre et ne pas en discuter avec l’un
de vos collègues participant également à cette étude.

Une fois le questionnaire rempli, veuillez le retourner directement à votre correspondant ou


attendre le prochain passage pour lui remettre.

Ne pas remplir ce cadre, merci. Bâtiment :

Code :

Date de réponse :

215
Annexe B3 / Le questionnaire général

Veuillez lire chaque question attentivement

Informations personnelles

Nom :ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ ַַַַ


Sexe (cochez la case correspondante) : Homme [ ] Femme [ ]
Age :ַַַַַַַ ans
Taille :ַַַַַַַ cm
Poids :ַַַַַַַַ kg

Emploi

Poste :ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
Description succincte de votre activité :
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
Travaillez vous à : Plein temps [ ] Temps partiel [ ]
Si vous travaillez à temps partiel, quels sont vos horaires et/ou jours de travail habituels ?
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
Avez-vous des horaires flexibles ou stricts (préciser) ?ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
Habituellement, à quelle heure arrivez-vous le matin ? ַַַַַַַַַַַַַַַ
à quelle heure partez-vous le soir ? ַַַַַַַַַַַַַַַ

Quel est votre moyen de transport domicile - travail habituel ?


Voiture [ ] Vélo [ ] Marche [ ] Transport publics [ ] Moto [ ]

En temps normal, combien d’heures par jour passez-vous à votre bureau ? ַַַַַַheures
combien d’heures par jour passez-vous devant un écran ? ַַַַַַheures

Depuis combien de temps travaillez-vous dans ce bâtiment ? ַַַַַַַ années ַַַַַַַ mois

Depuis combien de temps travaillez-vous dans ce bureau ? ַַַַַַַ années ַַַַַַַ mois

Avez-vous des contraintes d’habillement importantes pour votre travail (exemple : port du
costume et de la cravate,…) ? OUI [ ] NON [ ]
Si OUI, préciser :ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ

216
Annexe B3 / Le questionnaire général

Qualifieriez-vous votre travail de (entourez le numéro correspondant) :


Pas du tout stressant 1 2 3 4 5 6 7 Très stressant
Aimez-vous votre travail ? (entourez le numéro correspondant) :
Pas du tout 1 2 3 4 5 6 7 Enormément
Appréciez-vous l’atmosphère relationnelle dans laquelle cous exercez votre travail (entourez
le numéro correspondant) :
Pas du tout 1 2 3 4 5 6 7 Enormément
Commentaires supplémentaires concernant votre emploi :
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ

Qualité de l’ambiance climatique

Pour les questions suivantes, entourez le numéro qui correspond le mieux à votre opinion.
Température dans le bureau en été :
Toujours trop chaud 1 2 3 4 5 6 7 Jamais trop chaud
Toujours trop froid 1 2 3 4 5 6 7 Jamais trop froid
Excellente 1 2 3 4 5 6 7 Médiocre

En été par rapport à votre lieu de travail, votre domicile est (cochez la case convenable) :
Généralement plus chaud [ ] Généralement plus froid [ ] A la même température [ ]

Qualité d’air dans le bureau en été :


Sec 1 2 3 4 5 6 7 Humide
Neuf (frais) 1 2 3 4 5 6 7 Vicié
Inodore 1 2 3 4 5 6 7 Malodorant
Globalement excellente 1 2 3 4 5 6 7 Globalement médiocre

Température dans le bureau en hiver :


Toujours trop chaud 1 2 3 4 5 6 7 Jamais trop chaud
Toujours trop froid 1 2 3 4 5 6 7 Jamais froid
Excellente 1 2 3 4 5 6 7 Médiocre
En hiver par rapport à votre lieu de travail, votre domicile est (cochez la case convenable) :
Généralement plus chaud [ ] Généralement plus froid [ ] A la même température [ ]

217
Annexe B3 / Le questionnaire général

Qualité d’air dans le bureau en hiver :


Sec 1 2 3 4 5 6 7 Humide
Neuf (frais) 1 2 3 4 5 6 7 Vicié
Inodore 1 2 3 4 5 6 7 Malodorant
Globalement excellente 1 2 3 4 5 6 7 Globalement médiocre

Mouvements d’air :
Trop de courants d’air 1 2 3 4 5 6 7 Trop calme
Très variable 1 2 3 4 5 6 7 constants

Environnement lumineux :
Trop lumineux 1 2 3 4 5 6 7 Trop sombre
Stable 1 2 3 4 5 6 7 Scintillant
Uniforme 1 2 3 4 5 6 7 Inégal
Pas du tout éblouissant 1 2 3 4 5 6 7 Très éblouissant
Pas assez de lumière naturelle 1 2 3 4 5 6 7 Trop de lumière de naturelle
Globalement excellent 1 2 3 4 5 6 7 Globalement médiocre

Avez-vous une vue sur l’extérieur à travers une ou (plusieurs) baie(s) vitrée(s) depuis votre
poste de travail ? OUI [ ] NON [ ]

Si NON, percevez-vous la lumière du jour depuis votre poste de travail ?


OUI [ ] NON [ ]
Bruit ambiant :
Non perceptible 1 2 3 4 5 6 7 Dérangeant

Etes vous parfois gêné(e) par :


Toujours Souvent Parfois Rarement Jamais
Bruit d’équipement (ventilation, imprimante,…) [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Conversation du voisinage [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Bruit extérieur (trafic, vent,…) [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Vibrations dues au trafic ou machines diverses [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Commentaires supplémentaires concernant la qualité de l’ambiance climatique :

218
Annexe B3 / Le questionnaire général

ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
Autres caractéristiques de votre bureau

Pour les questions suivantes, entourez le numéro qui correspond le mieux à votre opinion.

Qualifieriez-vous votre bureau de :


propre 1 2 3 4 5 6 7 Sale
Aimez-vous la disposition générale de votre bureau (espace, accessibilité,…) ?
Pas du tout 1 2 3 4 5 6 7 Enormément
Aimez-vous l’ameublement de votre bureau (couleur, plantes, …) ?
Pas du tout 1 2 3 4 5 6 7 Enormément
Aimez-vous la décoration de votre bureau (couleur, plantes,…) ?
Pas du tout 1 2 3 4 5 6 7 Enormément
Comment qualifieriez-vous les conditions générales de travail dans votre bureau ?
Excellentes 1 2 3 4 5 6 7 Médiocres
Comment qualifieriez-vous l’ergonomie générale de votre bureau (chaise, bureau, ordinateur,…) ?
Excellente 1 2 3 4 5 6 7 Médiocre

219
Annexe B3 / Le questionnaire général

Nous avons listé ci-dessous un ensemble de facteurs susceptibles d’affecter votre ambiance de
travail. Indiquez sur l’échelle suivante graduée de 1 (pas du tout important) à 7 (très
important) l’importance que vous attachez à chacun de ces paramètres pour l’obtention de
bonnes conditions de travail.

pas du tout Très


important important
Atmosphère conviviale 1 2 3 4 5 6 7
Un travail que j’apprécie 1 2 3 4 5 6 7
Une température d’air confortable 1 2 3 4 5 6 7
Un renouvellement d’air adéquat 1 2 3 4 5 6 7
Absence de courants d’air 1 2 3 4 5 6 7
Une humidité de l’air acceptable 1 2 3 4 5 6 7
Eclairage artificiel de qualité 1 2 3 4 5 6 7
Vue à travers la fenêtre 1 2 3 4 5 6 7
Lumière naturelle appropriée 1 2 3 4 5 6 7
Absence d’éblouissement 1 2 3 4 5 6 7
Environnement sonore acceptable 1 2 3 4 5 6 7
Décor et disposition du bureau 1 2 3 4 5 6 7
agréables
Bureau propre 1 2 3 4 5 6 7
Intimité 1 2 3 4 5 6 7
Contrôle individualisé des conditions 1 2 3 4 5 6 7
d’ambiance

Commentaires supplémentaires sur les autres caractéristiques de votre bureau :


ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ

Contrôle individualisé

Indiquez, pour les équipements suivants le degré d’importance pour vous de la possibilité
de les contrôler individuellement (c'est-à-dire d’en modifier personnellement la position).
Essayer de répondre à ces questions sans tenir compte des possibilités actuelles que vous avez
de le faire.
Très Important Indifférent Pas
important important
Ouverture/fermeture de fenêtre [ ] [ ] [ ] [ ]
Position des rideaux ou stores [ ] [ ] [ ] [ ]
Ouverture/fermeture des portes intérieures [ ] [ ] [ ] [ ]
Ouverture/fermeture des portes extérieures [ ] [ ] [ ] [ ]
Ajustement de consigne du thermostat [ ] [ ] [ ] [ ]
Fonctionnement d’un radiateur d’appoint [ ] [ ] [ ] [ ]
Allumer/éteindre les lampes de bureau [ ] [ ] [ ] [ ]
Allumer/éteindre l’éclairage général de la pièce [ ] [ ] [ ] [ ]
Ajuster le niveau d’éclairement de la pièce [ ] [ ] [ ] [ ]
(gradation)
Contrôler le fonctionnement de la climatisation [ ] [ ] [ ] [ ]
Contrôler le fonctionnement d’un ventilateur [ ] [ ] [ ] [ ]

220
Annexe B3 / Le questionnaire général

Indiquez si dans votre bureau vous avez la possibilité d’agir personnellement sur les
éléments suivants :
Si OUI, les utilisez vous réellement
NON OUI souvent parfois rarement jamais
Ouverture/fermeture de fenêtre [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Position des rideaux ou stores [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ouverture/fermeture des portes intérieures [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ouverture/fermeture des portes extérieures [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ajustement de consigne du thermostat [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Fonctionnement d’un radiateur d’appoint [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Allumer/éteindre les lampes de bureau [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Allumer/éteindre l’éclairage général de la pièce [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ajuster le niveau d’éclairement de la pièce (gradation) [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Contrôler le fonctionnement de la climatisation [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Contrôler le fonctionnement d’un ventilateur [ ] [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]

Pour les équipements que vous pouvez effectivement contrôler, leur modification vous permet
de réduire votre inconfort ?

toujours souvent parfois rarement jamais


Ouverture/fermeture de fenêtre [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Position des rideaux ou stores [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ouverture/fermeture des portes intérieures [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ouverture/fermeture des portes extérieures [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ajustement de consigne du thermostat [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Fonctionnement d’un radiateur d’appoint [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Allumer/éteindre les lampes de bureau [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Allumer/éteindre l’éclairage général de la pièce [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ajuster le niveau d’éclairement de la pièce (gradation) [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Contrôler le fonctionnement de la climatisation [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Contrôler le fonctionnement d’un ventilateur [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]

Pour les équipements que vous pouvez effectivement contrôler, au bout combien de temps
une modification de leur état vous conduit-elle à une situation de confort ?

Au bout
Au bout Au bout
Tout de d’une
d’une d’une Jamais
suite demi-
heure journée
journée
Ouverture/fermeture de fenêtre [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Position des rideaux ou stores [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ouverture/fermeture des portes intérieures [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ouverture/fermeture des portes extérieures [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ajustement de consigne du thermostat [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Fonctionnement d’un radiateur d’appoint [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Allumer/éteindre les lampes de bureau [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Allumer/éteindre l’éclairage général de la pièce [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Ajuster le niveau d’éclairement de la pièce (gradation) [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Contrôler le fonctionnement de la climatisation [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Contrôler le fonctionnement d’un ventilateur [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]

221
Annexe B3 / Le questionnaire général

Si vous ne pouvez pas modifier individuellement les conditions d’ambiance de votre bureau,
savez-vous à qui vous adresser pour le faire ? OUI [ ] NON [ ]

Vous êtes vous déjà plaint(e) des conditions d’ambiance de votre bureau ?
OUI [ ] NON [ ]

Si OUI, sur quel(s) point(s) ? (précisez)


ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ

Au bout combien de temps un changement est il intervenu ?

Dans l’heure [ ]
Dans la journée [ ]
Dans la semaine [ ]
Dans le mois [ ]
Aucun changement [ ]

Avez-vous été satisfait de la réponse à votre demande ? OUI [ ] NON [ ]


Si NON pourquoi ? Réponse trop lente [ ]
Demande ignorée [ ]
Pas de changement perçu [ ]

Commentaires supplémentaires concernant le contrôle individualisé :


ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
Santé

Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir remplir cette partie. Ces informations
nous permettront d’effectuer une estimation plus précise de vos exigences en terme de
confort d’ambiance et resteront strictement confidentielles et anonymes lors de leur
analyse. Nous comprendrions toutefois que vous ne souhaitiez pas y répondre.

Souffrez-vous d’un des maux suivants ?

toujours souvent parfois rarement jamais


Mal de tête [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Lourdeur dans la tête [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Fatigue [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Enrouement, gorge sèche [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Toux [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Irritation, encombrement du nez [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Irritation, brûlure des yeux [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Difficulté à se concentrer [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]
Sécheresse, démangeaison de la peau [ ] [ ] [ ] [ ] [ ]

222
Annexe B3 / Le questionnaire général

Etes-vous fumeur ? OUI [ ] NON [ ]

Si NON, est-ce que des personnes fument dans votre bureau ?


OUI [ ] NON [ ]

Etes-vous sous traitement médical ? OUI [ ] NON [ ]

Si OUI, merci de bien vouloir préciser :


ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ

Indiquez sur l’échelle suivante à quel point vous vous sentez sensible aux conditions d’ambiance
Très sensible 1 2 3 4 5 6 7 Pas du tout sensible

D’autres aspects de votre santé sont-ils susceptibles d’affecter votre sensibilité aux conditions
d’ambiance ?
NON [ ] OUI [ ] (précisez)

Commentaires supplémentaires concernant votre santé :


ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ

Commentaires de conclusion

Merci d’ajouter ici tous les commentaires que vous souhaitez faire sur les points abordés dans
ce questionnaire ou sur tout autre point que vous estimez avoir une influence sur votre
perception de l’ambiance.
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ
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ַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַַ

***Merci pour votre coopération et le temps que vous avez consacré à ce questionnaire***

223
Annexe B4 / Liste des pièces vestimentaires

Nous avons considérés les valeurs suivantes d’isolement thermique pour les différents articles
vestimentaires. Ces valeurs ont été déterminées à partir de la norme ISO 9920.

L’isolement thermique des différents articles vestimentaires (clo)


FEMMES léger moyen épais HOMMES léger moyen épais
Sous-vêtements, bas 0,04 0,04 0,06 Sous-vêtements, bas 0,03 0,04 0,04
Sous-vêtements, haut 0,01 0,05 0,14 Sous-vêtements, haut 0,06 0,08 0,08
T-shirt 0,08 0,1 0,12 T-shirt 0,1 0,12 0,12
Bustier 0,06 0,06 0,13 Polo 0,17 0,17 0,17
Chemisier courte Chemisier courte
manche 0,12 0,19 0,25 manche 0,19 0,25 0,25
Chemisier longue Chemisier longue
manche 0,21 0,25 0,34 manche 0,21 0,29 0,33
Pantalon 0,17 0,22 0,28 Pantalon 0,18 0,24 0,28
Short 0,08 0,11 0,11 Short 0,08 0,11 0,11
Robe 0,23 0,29 0,4 Gilet 0,13 0,23 0,29
Jupe 0,14 0,18 0,23 Pull 0,25 0,36 0,54
Pull 0,25 0,36 0,54 Veste 0,36 0,4 0,44
Veste 0,24 0,39 0,48 Cravate
Chaussettes 0,02 0,03 0,06 Chaussettes 0,02 0,03 0,06
Chaussures 0,02 0,03 0,05 Chaussures 0,02 0,03 0,05

225
Annexe B5 / Description des bâtiments

Bâtiment : ENTPE Code : E1


Localité : Vaulx-en-Velin
Bureau :; cloisonné … Paysager
Inertie : ; lourde … Moyenne … Légère
Traitement de l’ambiance thermique en été
; Ouverture des fenêtres
… Rafraîchissement … Climatisation
Contrôles individualisés
; Fenêtre ; Thermostat
; Rideau/Store … Climatisation
; Ventilateur ; Eclairage
Périodes d’enquête : août 04 & mars 05 Participants : 22 Observations : 95

Les principales caractéristiques du bâtiment de l’ENTPE.

Bât. : ENTPE extension Code : E2


Localité : Vaulx-en-Velin
Bureau :; cloisonné … Paysager
Inertie : ; lourde … Moyenne … Légère
Traitement de l’ambiance thermique en été
; Ouverture des fenêtres
… Rafraîchissement … Climatisation
Contrôles individualisés
; Fenêtre ; Thermostat
; Rideau/Store … Climatisation
; Ventilateur ; Eclairage
Périodes d’enquête : août 04 & mars 05 Participants : 13 Observations : 51

Les principales caractéristiques du bâtiment extension de l’ENTPE.

Bâtiment : CETE Code : C


Localité : L’Isle d’Abeau
Bureau :; cloisonné … Paysager
Inertie : ; lourde … Moyenne … Légère
Traitement de l’ambiance thermique en été
; Ouverture des fenêtres
… Rafraîchissement … Climatisation
Contrôles individualisés
; Fenêtre ; Thermostat
; Rideau/Store … Climatisation
; Ventilateur ; Eclairage
Périodes d’enquête : août 04 & mars 05 Participants : 26 Observations : 110

Les principales caractéristiques du bâtiment du CETE.

226
Annexe B5 / Description des bâtiments

Bâtiment : LASH Code : L


Localité : Vaulx-en-Velin
Bureau :; cloisonné ; Paysager
Inertie : ; lourde … Moyenne … Légère
Traitement de l’ambiance thermique en été
; Ouverture des fenêtres
… Rafraîchissement … Climatisation
Contrôles individualisés
; Fenêtre ; Thermostat
; Rideau/Store … Climatisation
; Ventilateur ; Eclairage
Périodes d’enquête : août 04 & mars 05 Participants : 19 Observations : 37

Les principales caractéristiques du bâtiment du LASH.

Bât. : Tribunal Code : P


Localité : Lyon
Bureau :; cloisonné ; Paysager
Inertie : ; lourde … Moyenne … Légère
Traitement de l’ambiance thermique en été
; Ouverture des fenêtres
… Rafraîchissement … Climatisation
Contrôles individualisés
; Fenêtre ; Thermostat
; Rideau/Store … Climatisation
; Ventilateur ; Eclairage
Périodes d’enquête : avril 05 & juin 05 Participants : 14 Observations : 37

Les principales caractéristiques du bâtiment du nouveau palais de justice.

Bâtiment : Crayon Code : T


Localité : Lyon
Bureau :; cloisonné ; Paysager
Inertie : … lourde ; Moyenne … Légère
Traitement de l’ambiance thermique en été
… Ouverture des fenêtres
… Rafraîchissement ; Climatisation
Contrôles individualisés
… Fenêtre … Thermostat
; Rideau/Store … Climatisation
… Ventilateur ; Eclairage
Périodes d’enquête : août 04 & mars 05 Participants : 9 Observations : 21

Les principales caractéristiques du bâtiment de la tour du Crédit Lyonnais.

227
Annexe B5 / Description des bâtiments

Bâtiment : Britannia Code : B


Localité : Vaulx-en-Velin
Bureau :; cloisonné … Paysager
Inertie : … lourde ; Moyenne … Légère
Traitement de l’ambiance thermique en été
… Ouverture des fenêtres
… Rafraîchissement ; Climatisation
Contrôles individualisés
… Fenêtre … Thermostat
; Rideau/Store … Climatisation
… Ventilateur ; Eclairage

Périodes d’enquête : avril 05 Participants : 7 Observations : 19

Les principales caractéristiques du bâtiment du Britannia.

Bât. : Agence de l’eau Code : A


Localité : Lyon
Bureau :; cloisonné ; Paysager
Inertie : … lourde … Moyenne ; Légère
Traitement de l’ambiance thermique en été
; Ouverture des fenêtres
; Rafraîchissement … Climatisation
Contrôles individualisés
; Fenêtre ; Thermostat
; Rideau/Store ; Climatisation
… Ventilateur ; Eclairage
Périodes d’enquête : juin 05 Participants : 10 Observations : 20

Les principales caractéristiques du bâtiment de l’agence de l’eau.

228
10. Annexe C

Annexe C

Résultats de l’expérimentation
Annexe C1 / Courbes des températures

Température d’air dans le bâtiment E1 (en haut) et E2 (en bas) en août 2004.
Evolution de la température d'air dans le bâtiment E1 pendant août 2004

40

35

30
Température d'air (°C)

25

20

15

10
9/8/04 0:00 10/8/04 0:00 11/8/04 0:00 12/8/04 0:00 13/8/04 0:00 14/8/04 0:00 15/8/04 0:00 16/8/04 0:00 17/8/04 0:00 18/8/04 0:00

Ta_ext Ta_T018 Ta_T020 Ta_T106 Ta_T105 Ta_D022 Ta_D202 Ta_D203 Ta_D302

Evolution de la température d'air dans le bâtiment E2 pendant août 2004

40

35

30
Température d'air (°C)

25

20

15

10
9/8/04 0:00 10/8/04 0:00 11/8/04 0:00 12/8/04 0:00 13/8/04 0:00 14/8/04 0:00 15/8/04 0:00 16/8/04 0:00 17/8/04 0:00 18/8/04 0:00

Ta_ext Ta_D101 Ta_D110 Ta_D225 Ta_D242 Ta_D246

231
Annexe C1 / Courbes des températures

Humidité relative dans le bâtiment E1 (en haut) et E2 (en bas) en août 2004.
Evolution de la température d'air dans le bâtiment E1 pendant août 2004

100

90

80

70

60
HR (%)

50

40

30

20

10

0
9/8/04 0:00 10/8/04 0:00 11/8/04 0:00 12/8/04 0:00 13/8/04 0:00 14/8/04 0:00 15/8/04 0:00 16/8/04 0:00 17/8/04 0:00 18/8/04 0:00

HR_ext HR_T018 HR_T105 HR_D022 HR_D203 HR_D302

Evolution de la température d'air dans le bâtiment B pendant août 2004

100

90

80

70

60
HR (%)

50

40

30

20

10

0
9/8/04 0:00 10/8/04 0:00 11/8/04 0:00 12/8/04 0:00 13/8/04 0:00 14/8/04 0:00 15/8/04 0:00 16/8/04 0:00 17/8/04 0:00 18/8/04 0:00

HR_ext HR_D101 HR_D242 HR_D246

232
Annexe C1 / Courbes des températures

Température d’air dans le bâtiment E1 (en haut) et E2 (en bas) en mars 2005.
Evolution de la température d'air dans le bâtiment E1 pendant mars 2005

30

25

20
Température d'air (°C)

15

10

-5
7/3/05 0:00 8/3/05 0:00 9/3/05 0:00 10/3/05 0:00 11/3/05 0:00 12/3/05 0:00 13/3/05 0:00 14/3/05 0:00 15/3/05 0:00

Ta_ext Ta_T105 Ta_T029 Ta_T018 Ta_E11 Ta_D302 Ta_D212

Evolution de la température d'air dans le bâtiment E2 pendant mars 2005

30

25

20
Température d'air (°C)

15

10

-5
7/3/05 0:00 8/3/05 0:00 9/3/05 0:00 10/3/05 0:00 11/3/05 0:00 12/3/05 0:00 13/3/05 0:00 14/3/05 0:00 15/3/05 0:00

Ta_ext Ta_D105 Ta_D242 Ta_D244

233
Annexe C1 / Courbes des températures

Humidité relative dans le bâtiment E1 et E2 en mars 2005.


Evolution de l'humidité relative dans le bâtiment E1 & E2 pendant mars 2005

100

90

80

70
Humidité relative (%)

60

50

40

30

20

10

0
7/3/05 0:00 8/3/05 0:00 9/3/05 0:00 10/3/05 0:00 11/3/05 0:00 12/3/05 0:00 13/3/05 0:00 14/3/05 0:00 15/3/05 0:00

HR_ext HR_T105 HR_E11 HR_D212 HR_D302 HR_D244

234
Annexe C1 / Courbes des températures

Température d’air (en haut) et humidité relative (en bas) dans le bâtiment L en
août 2004.
Evolution de la température d'air dans le bâtiment L en août 2004

35

30
Températures d'air °C

25

20

15
3/8/04 0:00 3/8/04 12:00 4/8/04 0:00 4/8/04 12:00 5/8/04 0:00 5/8/04 12:00 6/8/04 0:00 6/8/04 12:00 7/8/04 0:00

Ta_B24_1 Ta_B22 Ta_B25 Ta_B29 Ta_B13 Ta_B9 Ta_B3_cel Ta_ext

Evolution de l'humidité relative dans le bâtiment L en août 2004

100

90

80

70
HR %

60

50

40

30
3/8/04 0:00 3/8/04 12:00 4/8/04 0:00 4/8/04 12:00 5/8/04 0:00 5/8/04 12:00 6/8/04 0:00 6/8/04 12:00 7/8/04 0:00

HR_B29 HR_B25 HR_B22 HR_B13 HR_B9 HR_B3_Cel HR_ext

235
Annexe C1 / Courbes des températures

Température d’air (en haut) et humidité relative (en bas) dans le bâtiment C en
septembre 2004.
Evolution de la température d'air dans le bâtiment C pendant septembre 2004

35

30

25
Température d'air (°C)

20

15

10

0
10/9/04 0:00 11/9/04 0:00 12/9/04 0:00 13/9/04 0:00 14/9/04 0:00 15/9/04 0:00 16/9/04 0:00 17/9/04 0:00 18/9/04 0:00 19/9/04 0:00

Ta_ext Ta_1158 Ta_1162 Ta_2217 Ta_2223 T_1135 Ta_2235 T_1139 Ta_1155 Ta_2253
T_108 Ta_118 Ta_12

Evolution de l'humidité relative dans le bâtiment C pendant septembre 2004

100

90

80

70

60
HR (%)

50

40

30

20

10

0
10/9/04 0:00 11/9/04 0:00 12/9/04 0:00 13/9/04 0:00 14/9/04 0:00 15/9/04 0:00 16/9/04 0:00 17/9/04 0:00 18/9/04 0:00 19/9/04 0:00

Rh_ext RH_1162 RH_1158 RH_1155 RH_2253 RH_118

236
Annexe C1 / Courbes des températures

Température d’air (en haut) et humidité relative (en bas) dans le bâtiment C en
mars 2005.
Evolution de la température d'air dans le bâtiment C pendant mars 2005

30

25

20
Température d'air (°C)

15

10

0
14/3/05 0:00 15/3/05 0:00 16/3/05 0:00 17/3/05 0:00 18/3/05 0:00 19/3/05 0:00

Ta_ext Ta_2235 Ta_1162 Ta_1159 Ta_1135 Ta_109 Ta_2217 Ta_12

Evolution de l'humidité relative dans le bâtiment C pendant mars 2005

100

90

80

70

60
HR (%)

50

40

30

20

10
14/3/05 0:00 15/3/05 0:00 16/3/05 0:00 17/3/05 0:00 18/3/05 0:00 19/3/05 0:00

HR_ext HR_2235 HR_2217 HR_1159 HR_1162 HR_12

237
Annexe C1 / Courbes des températures

Température d’air (en haut) et humidité relative (en bas) dans le bâtiment P en
avril 2005.
Evolution de la température d'air dans le bâtiment P pendant avril 2005

35

30

25
Température d'air (°C)

20

15

10

0
8/4/05 9/4/05 10/4/05 11/4/05 12/4/05 13/4/05 14/4/05 15/4/05 16/4/05 17/4/05 18/4/05 19/4/05 20/4/05 21/4/05 22/4/05 23/4/05 24/4/05 25/4/05 26/4/05
0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00 0:00

Ta_ext Ta_718 Ta_515 Ta_579_1 Ta_579_2 Ta_578 Ta_419

Evolution de l'humidité relative dans le bâtiment P pendant avril 2005

120

100

80
HR (%)

60

40

20

0
8/4/05 9/4/05 10/4/0 11/4/0 12/4/0 13/4/0 14/4/0 15/4/0 16/4/0 17/4/0 18/4/0 19/4/0 20/4/0 21/4/0 22/4/0 23/4/0 24/4/0 25/4/0 26/4/0
0:00 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00 5 0:00

HR_ext HR_718 HR_515 HR_579 HR_419

238
Annexe C1 / Courbes des températures

Température d’air (en haut) et humidité relative (en bas) dans le bâtiment P en
juin 2005.
Evolution de la température d'air dans le bâtiment P pendant juin 2005

40

35

30
Température d'air [°C]

25

20

15

10

0
24/6/05 0:00 25/6/05 0:00 26/6/05 0:00 27/6/05 0:00 28/6/05 0:00 29/6/05 0:00 30/6/05 0:00 1/7/05 0:00 2/7/05 0:00

T vaulx T 709 T 703 T 718 T 515 T 579 T 578 T 419

Evolution de l'humididté relative dans le bâtiment P pendant juin 2005

100,0

90,0

80,0

70,0

60,0
HR (%)

50,0

40,0

30,0

20,0

10,0
24/6/05 0:00 25/6/05 0:00 26/6/05 0:00 27/6/05 0:00 28/6/05 0:00 29/6/05 0:00 30/6/05 0:00 1/7/05 0:00 2/7/05 0:00

HR 709 HR 703 HR 718 HR 515 HR 579 HR 419

239
Annexe C1 / Courbes des températures

Température d’air (en haut) et humidité relative (e