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La fraude Fiscal :

Par :
El youssoufi Al arabi

Ghamaz Wassil
I. Introduction :
Aujourd’hui, la confusion est totale. Les grands groupes multinationaux
usent d’astuces juridiques et réglementaires pour amoindrir, voire
annihiler l’effet de l’impôt sur leur rentabilité. Ils vont jusqu’à utiliser les
mêmes techniques et circuits que les organisations criminelles
transnationales qui veulent maximiser leurs procédures et opérations de
blanchiment d’argent sale. Les plus riches s’exilent pour échapper à la
taxation, imités peu à peu par les classes moyennes supérieures qui
souhaitent augmenter leur pouvoir d’achat et/ ou supprimer le coût des
successions et des transmissions. Des ministres chargés de lutter contre
la délinquance financière ouvrent illégalement des comptes bancaires en
Suisse ou à Singapour. Les banques officient sur des marchés parallèles,
shadow banking et dark pools.

Présentant un intérêt indéniable aussi bien sur le plan politique que
sur le plan social et économique, la fraude et l’évasion fiscales sont un
phénomène très complexe posant de sérieuses problématiques non
seulement sur le plan national mais également sur le plan international.
La question qui se pose et s’impose est la suivante : Quelles sont les
formes que la fraude et l’évasion fiscales peuvent revêtir ? Et quelles sont
les moyens de lutte contre ces contestations du pouvoir fiscal ?
II. Devlopement réfléchit :

Les manifestations de la fraude et de l’évasion fiscales :

Selon les économistes les plus avertis, un bon impôt est celui qui est juste,
équitable, non confiscatoire et non pénalisant. L’impôt doit trouver sa
justification dans ses fonctions redistributives, autrement dit, l’impôt doit servir
l’intérêt de la communauté. Un bon impôt servirait non seulement au
financement des services publics, mais réduirait le fossé de l’inégalité entre les
différentes classes sociales au sein d’un Etat.
Si l’impôt déroge à ces principes, il provoque alors la résistance, le
mécontentement et le refus du contribuable : c’est ainsi que se manifestent la
fraude et l’évasion fiscales.

Définitions, fondements et conséquences de la fraude et l’évasion


fiscales :

Section 1 : Définitions :

La fraude et l’évasion fiscale font partie des actes ou des comportements


qui ont pour finalité la contestation du pouvoir fiscal : Ce sont des formes de
résistance, conscientes ou non, à l’ordre fiscal aussi bien national
qu’international.
Il y a des ambigüités qui ont la vie dure. Il est évident que la fraude fiscale est
un délit. Mais l’évasion fiscale l’est-elle tout autant alors même que dans
certains pays elle n’est pas poursuivie ? Et quelle est la différence entre évasion
et optimisation ? Est-ce que Google ou Apple optimise, évade ou fraude ? En
outre, pour couronner le tout, beaucoup confondent en permanence évasion
fiscale et exil fiscal. Il est donc nécessaire de revenir sur l’ensemble de ces
concepts.
La fraude, au sens international, se définit comme « un acte intentionnel
commis par un ou plusieurs dirigeants, par des personnes constituant le
gouvernement d’entreprise, par des employés ou par des tiers, impliquant des
manœuvres dolosives dans le but d’obtenir un avantage indu ou illégal. »
Section 2 : Fondements théoriques :

La fraude et l’évasion fiscale ne datent par d’aujourd’hui. En effet, depuis


l’antiquité, l’homme a toujours refusé de payer l’impôt ; un refus souvent motivé
par la lourdeur et l’injustice d’une imposition, autrefois l’œuvre d’un pouvoir
central despote et interventionniste.

1. Refus partiel :

Les libéraux ont été les premiers à évoquer la notion de refus partiel de
l’impôt ; c’est ainsi qu’Arthur Betz Laffer, célèbre économiste américain et chef
de file de l’école de l’offre, tente de montrer, par le biais de la courbe portant
son nom, que « trop d’impôt tue l’impôt ». En effet, selon la courbe de Laffer le
rendement d’un impôt est relativement bas au dessous d’un certain seuil mais
baisse au-delà d’un autre.
Le taux d’imposition optimum n’est donc pas nécessairement le taux le plus
élevé possible, mais celui qui ne provoque pas le refus du contribuable, son
évasion, sa fraude et son découragement.

D’après cette théorie, le contribuable ne refuse pas l’impôt en tant que tel,
mais s’oppose à un taux d’imposition qu’il estime trop élevé, alors sa marge de
manœuvre se traduit par deux cas de figure en vue d’alléger la matière
imposable ; il s’agit de procéder soit par minoration des recettes, soit par
majoration des charges.

2. Le refus total :

Si les théories économiques ont longtemps débattu de l’ampleur de


l’imposition, aucune d’entre elles n’exclut la présence de l’impôt comme
principal moyen d’avoir financier de l’Etat. Cette affirmation ne semble pas plaire
à tout le monde, ainsi certaines personnes morales ou physiques essaient de
faire échapper la totalité de la matière imposable à l’impôt.
Deux possibilités se présentent :
-L’absence de distribution de bénéfices par les filiales : et ce dans le but que la
société mère échappe à l’impôt sur les dividendes.
-Le transfert de revenus et de la fortune : dans ce cas de figure, les revenus qui
auraient du normalement être perçus par un contribuable résident, sont versés
à une société qu’il contrôle et qui est établie sur le territoire d’un Etat où elle
jouit d’un régime fiscal privilégié. Le cas échéant, ces revenus échappent à
l’impôt dans l’Etat de résidence.

Section 3 : Conséquences et impact :

Les conséquences de la fraude fiscale sont colossales sur l’équilibre des


nations et sur le développement économique et humain. La crise de 2008,
financière puis économique et souveraine, a soulevé plusieurs interrogations en
lien avec ce phénomène. Notamment, il s’est agi de mieux comprendre les
rouages de la finance et d’essayer d’en limiter les excès. Wall Street à New York
et la City à Londres ont démontré une complexité qui engendrait la confusion,
pour ne pas dire la manipulation, profitant de la déréglementation, du dumping
fiscal de certaines zones, du shadow banking, de sa puissance grandissante
sur les états et de sa possible prédominance sur le politique.

De manière générale, la fraude fiscale aidée des paradis fiscaux casse les
mécanismes de régulation de redistribution des richesses. Evidemment, le débat sur
la pression fiscale excessive existe et l’argument peut être entendu, mais il ne doit pas
occulter le véritable problème de la fraude, et même de l’optimisation fiscale. A qui
profite l’optimisation ? Aux seuls grands groupes internationaux, aux multinationales
se jouant des règles domestiques pour finalement concurrencer toutes les entreprises
qui ne peuvent bénéficier de ces montages, notamment les plus petites et les plus
fragiles. La distorsion de concurrence liée au dumping fiscal est considérable et
explique en partie l’hégémonie de certains grands groupes tels que Google, H&M,
Starbucks, Amazon, etc. De même, lorsque nous parlons de l’impact de la fraude
fiscale des particuliers, il ne s’agit pas de stigmatiser le petit artisan qui met quelques
milliers d’euros de coté ou le jardinier qui travaille au noir, mais le dirigeant politique
ou l’homme d’affaires qui va éluder l’impôt et ainsi contribuer aux difficultés financières
de son pays
III. CONCLUSION :
Pour conclure, nous dirons que trois leviers d’action permettent de
renforcer le consentement à l’impôt : le premier est l’adaptation de la loi
fiscale dans le sens de la simplification et de la recherche d’un niveau de
prélèvement et de modalités de répartition maintenant un large
consensus. Le deuxième est la réorganisation des administrations fiscales
afin de développer le service aux contribuables volontaires et de bonne foi
à cibler les moyens coercitifs sur les autres. Le troisième est celui de
l’éducation, de l’information, de la communication sur la bonne utilisation
de l’argent public.

Notons que l’efficacité de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales


est tributaire fondamentalement de la volonté et l’engagement des acteurs
politiques et économiques à soutenir, coordonner, animer et contrôler les
actions de toutes les administrations concernées directement ou
indirectement par la fraude.

Pour, donc, renforcer la lutte contre la fraude fiscale, un débat


multidisciplinaire et transnational sur les questions sensibles suivantes et
primordial :
-La détection et la diffusion des fraudes transfrontalière qui usent de
procédés et de structures sophistiqués et artificiels pour échapper
illégalement à l’impôt.
-L’harmonisation des systèmes fiscaux.
-La délimitation du secret bancaire et professionnel eu égard à l’évolution
des structures d’exercice des activités économiques et des techniques
juridiques et technologiques de transfert des capitaux.
IV. Bibliographie :

 http://transparencymaroc.ma/TM/sites/default/files/Master_Lutte%20co
ntre%20la%20corruption%20et%20moralisation%20de%20la%20vie%2
0publique.pdf
 http://www.menara.ma/fr/actualit%C3%A9s/economie/2017/09/18/2257
902-fraude-fiscale-la-dgi-et-loffice-des-changes-sallient.html
 https://www.finances.gov.ma/Docs/2017/DGI/ra_dgi2016.pdf
 https://fr.scribd.com/document/329428807/Dissertation-LE-Systeme-
Fiscal-Marocain-1