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Cours Réseaux électriques

Sommaire:
 Chap. 1 : Production, transport et distribution de l’énergie électrique.
1. Introduction
2. Types de centrales électriques,
3. L’alternateur (Principe de la production de l’énergie électrique)
4. Le système triphasé,
5. Le transport de l’énergie électrique
6. Les Transformateurs
7. Architecture du réseau de transport et de distribution
8. Les postes de livraison

 Chap. 2 : Installation électrique basse tension


1. Structure générale
2. Les 4 schémas de base d’une installation électrique
3. Le tableau de répartition

 Chap. 3 : Protection des réseaux et des personnes, et Les régimes de neutre

A) LA PROTECTION DES MATÉRIELS


1. Nature des perturbations
2. Protection contre les surcharges
3. Protection contre les courts circuits
4. Protection contre les surcharges et les courts circuits
5. La sélectivité de la protection.

B) LA PROTECTION DES PERSONNES

- …
 Chap. 4 : Dimensionnement d’installations électriques
- …
 Chap. 5 : L’éclairagisme
- …

1 Support de cours – Les réseaux Électriques


Chap. 1 Production, transport et distribution de l’énergie électrique.

1- Introduction :

L’énergie électrique s’est imposée comme l’énergie la plus utilisée vu sa transportabilité et sa


réversibilité, elle est utilisée dans les installations industrielles, la consommation domestique et les
différents services. Sa consommation dans le monde est très importante, et elle est encore appelée à
augmenter.
L’électricité est produite par la transformation, en énergie électrique, des différentes énergies
primaires (mécanique, thermique, chimique « batteries et accumulateurs »). Une fois produite, un
réseau de transport et de distribution est nécessaire pour l’acheminer vers des consommateurs plus au
moins éloignés les uns que les autres.
L’énergie électrique est produite dans des centrales qui disposent d’éléments indispensables à la
génération de courant électrique qui sont :
▪ Une turbine en mouvement + Un alternateur (génératrice synchrone) ;
▪ Des panneaux solaires,

2- Types de centrales électriques :

Il existe cinq principaux types de centrales électriques :


▪ Les centrales à combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) dites centrales
thermiques classiques ;
▪ Les centrales nucléaires qui sont également des centrales thermiques,
▪ Les centrales hydroélectriques ;
▪ Les centrales solaires ou photovoltaïques,
▪ Les centrales éoliennes (parc ou ferme éolienne).

Dans le cas des centrales thermiques, la turbine est entraînée par la vapeur produite dans les
chaudières où l’on brûle les combustibles, alors que dans le cas des usines hydroélectriques, la
turbine est animée par la force de l’eau.
La plus grande partie de l’électricité mondiale est produite dans des centrales thermiques
alimentées au charbon, au fioul, à l’énergie nucléaire ou au gaz et, en de plus petites proportions, au
diesel.
Les différentes sources d’énergie peuvent être classées selon leur capacité calorifique qui est
exprimée en tep (tonnes équivalent pétrole).

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On estime : 1 tep  4 500 kWh.
Exemple : 1 kg de pétrole produit 10 000 kcal, alors 1kg de charbon donne 7 000 kcal et que
1 kg de gaz naturel fournit environ 8 000 kcal.
La tonne équivalente pétrole (tep) est l’unité permettant de comparer les sources d’énergie au
pétrole brut. Par convention, 1 t de pétrole correspond à 1,5 t de charbon ou à 1 000 m3 de gaz
naturel.

a- Les centrales thermiques :

Les centrales électriques les plus répondues et qui produisent la plus grosse part de l’énergie
électrique sont les centrales thermiques.
Le principe de fonctionnement d’une centrale thermique : La chaleur produite dans la
chaudière par la combustion du charbon, gaz ou autre, vaporise de l'eau. Cette vapeur d'eau est
alors transportée sous haute pression et sous haute température vers une turbine. Sous la pression, les
pales de la turbine se mettent à tourner. L'énergie thermique est donc transformée en énergie
mécanique. Celle-ci sera, par la suite, transformée à son tour en énergie électrique via un alternateur.
A la sortie de la turbine, la vapeur est retransformée en eau (condensation) au contact de parois
froides pour être renvoyée dans la chaudière où le cycle recommence.
Le principe d’une centrale nucléaire et le même qu’une centrale thermique conventionnelle,
mais la chaleur est produite par une réaction nucléaire (fusion d’atome d’uranium)

Fig xx: Principe d’une centrale thermique

Fig xx: Principe d’une centrale Nucléaire

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b- Les centrales hydroélectriques :

Les centrales hydroélectriques utilisent l’énergie mécanique de l’eau pour faire tourner la turbine
et l’alternateur.

La puissance disponible sur la turbine est liée à l’énergie potentielle que procure une chute d’eau :

Wp = meau . g . h = ρ . g . Veau . h
Avec : h : Hauteur d’eau en m ; Veau : Volume d’eau en m3 ; ρ : masse volumique ; g : 9.81 m/s2

 P = W/t = ρ . g . h . Q ; Avec : Q c’est le débit en m3/s

Selon la hauteur de la chute, on distingue les centrales hydrauliques suivantes :

Type de centrale Type de turbine Exemple de site de production & Puissance disponible
-une conduite forcée,
Haute chute Pelton -une hauteur de chute 880m ………………..
-un débit de 50 m3/s
-4 conduites forcées
Moyenne Chute Francis -une hauteur de 125m …………………
-un débit de 50 m3/s chacune
-4 conduites forcées
Basse Chute Kaplan -une hauteur de 12m …………………
-un débit de 350 m3/s chacune
-hauteur de marée maximale de 10m
Marémotrice Kaplan …………………
-un débit de 250 m3/s par groupe

Turbine Pelton Turbine Francis Turbine Kaplan à axe Vertical

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3- L’Alternateur : (Principe de production de l’énergie électrique)

*) Structure :

Le stator d’une génératrice synchrone (alternateur) Il est feuilleté est porte des encoches qui
reçoivent un bobinage, généralement triphasé, c.-à-d. trois bobines identiques décalées dans
l’espace de 120° l’une de l’autre. Il est caractérisé par le nombre m d’encoches par pôle et par
phase.

Le rotor est soit un aimant permanent (excitation fixe) soit un électroaimant alimenté par un courant
continu. Il peut être à pôles lisses ou à pôles saillants.

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**) Principe de fonctionnement :

Un champ tournant est crée par aimant permanent ou électroaimant (bobine alimentée en courant
continu) en rotation autour d’un axe à la vitesse Ns (tr /min):

Une bobine située à proximité sera le siège d’une F.E.M induite. Si le flux est : 𝜑(𝑡) = 𝜑𝑚 𝑐𝑜𝑠𝑠 𝑡
D’après la loi de Lenz-Faraday, la f.e.m à travers n spires :
𝑑𝜑(𝑡)
𝑒(𝑡) = −𝑛 𝑑𝑡 = 𝑛𝑠 𝜑𝑚 𝑠𝑖𝑛𝑠 𝑡 avec 𝑠 vitesse de rotation
Et si le rotor porte 2p pôles :
𝜑(𝑡) = 𝜑𝑚 𝑐𝑜𝑠 𝑝𝑠 𝑡  𝑒(𝑡) = 𝑛𝑝𝑠 𝜑𝑚 𝑠𝑖𝑛𝑠 𝑡
Le champ d’induction portant 2p pôles alternés à répartition spatiale sinusoïdale glissant avec une
vitesse de rotation𝑠 , induit dans un enroulement fixe une f.e.m alternative sinusoïdale :
• de pulsation : ω = p s
𝑒 𝑁𝐵̂𝐿𝑅𝑠 𝜋 2𝐿𝑅
• de valeur efficace : 𝐸 = 𝑚𝑎𝑥
2
= 2
= 𝑁𝐵̂ 𝑓 = 2.22𝑓𝐵̂𝑁𝑆 = 2.22𝑓𝑁𝜑̂
√ √ √2 𝑝
avec 𝜑̂ : flux sous un pôle.

Pour l’alternateur 3~ :

Pour un enroulement triphasé :

On génère alors un système triphasé équilibré de tension. Et pour avoir une fréquence de f  50 Hz , la
vitesse d’entrainement de l’alternateur par la turbine doit être :
60 f
Ns  en (tr/min) ; p : nombre de paires de pôles,
p

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Rappels :
Grandeurs sinusoïdales : v(t) = V2 cos(ω.t + ϕ)
v(t) : valeur instantanée
V : valeur efficace
V2 : valeur maximale (Amplitude)
ω : pulsation (rad s-1)
T = 2 π/ω : période (s)
f=1/T =ω/2 π : fréquence (Hz )
ϕ : déphasage à l'origine (rad)
ωt + ϕ : phase à l'instant t (rad)

4- Le système triphasé :

Définition 1 : On appelle système triphasé un ensemble de grandeurs de même nature (courant,


tension) alternatives de même fréquence, rencontrés dans une même machine ou en un même
point d’un circuit.

Ainsi les trois courants 𝑖1 (𝑡), 𝑖2 (𝑡) , 𝑖3 (𝑡) passant dans les 3 conducteurs d’une ligne triphasée
constitue un système triphasé.

Définition 2 : Un système triphasé de grandeurs sinusoïdales est équilibré si ces 3 grandeurs ont
2𝜋
la même amplitude et sont régulièrement déphasées de 3 rad (120°).

v1 (t) = Vm sin(ωt)
2𝜋
𝑣2 (𝑡) = 𝑉𝑚 sin(𝜔𝑡 − )
3
4𝜋
𝑣3 (𝑡) = 𝑉𝑚 sin(𝜔𝑡 − 3
)

∀𝑡, 𝑣1 (𝑡)+𝑣2 (𝑡)+𝑣3 (𝑡) = 0

Oscillogrammes des tensions 3~ Diagramme de Fresnel des tensions 3~

 Les tensions entre phase et neutre sont dites « tensions simples »


 Les tensions entre deux phases sont dites « tensions composées »
𝑢12 (𝑡) = 𝑣1 (𝑡) − 𝑣2 (𝑡)
𝑢23 (𝑡) = 𝑣2 (𝑡) − 𝑣3 (𝑡) 𝑑𝑒 𝑚ê𝑚𝑒 ∶ ∀𝑡, 𝑢12 (𝑡)+𝑢23 (𝑡)+𝑢31 (𝑡) = 0
𝑢31 (𝑡) = 𝑣3 (𝑡) − 𝑣1 (𝑡)

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COUPLAGE D’UNE SOURCE
Diagramme OU D’UNE
de Fresnel CHARGE
des tensions SimplesSUR UNELIGNE
et des TRIPHASEE
tensions composées

Couplage étoile Couplage triangle

La Puissance en Triphasé :
Couplage étoile Couplage triangle

Tension entre phase (V) UV 3 U

Courant en ligne (A) IJ IJ 3

Déphasage  (I , V )  (J , U )

P  3.P1  3VI cos P  3.P1  3UJcos


Puissance active (W)
P  3UI cos P  3UI cos

Puissance réactive (VAR) Q  3UI sin  Q  3UI sin 

Puissance apparente (VA) S  3UI S  3UI

5-Le transport de l’énergie électrique :

8 Support de cours – Les réseaux Électriques


Pour Assurer une transmission économique de l’énergie électrique, il est nécessaire d’élever la
tension aux de production (prés des centrales) et de l’abaisser ensuite aux lieux de distribution et
de consommation.

Centrale de
Production

Transfo Transfo
5 Kv Ligne de Utilisation
Élévateur Abaisseur
Transport (225Kv) 220/380v

En effet : Par exemple, pour une même puissance apparente S :


𝑆
▪ Sous U=5Kv  le courant en ligne sera : 𝐼 = 3𝑈

𝑆 𝐼
▪ Sous U’=225Kv  le courant en ligne devient : 𝐼 ′ = =
√ ′
3𝑈 45
∆𝑈
▪ Les chutes de tension divisées par 45 : ∆𝑈′ = 45
3𝑟𝐼²
▪ Les pertes par effet joule en ligne seront divisées par 45² : 𝑝𝑗′ = 45²
▪ La section des fils de transport peut être réduite.

Les réseaux électriques sont utilisés pour transporter l'énergie électrique de la centrale jusqu'à
l’utilisateur. Ils sont composés de lignes, de postes de transformateurs et de postes de couplages.

9 Support de cours – Les réseaux Électriques


La chute de tension dans une ligne de distribution :
i R L
Installation

Ph1 1
Ph2
Ph3 VD VA
N

On peut modéliser la ligne par le schéma équivalent ci-dessus. Avec :


- R= l résistance totale d’une ligne de phase () et  : résistance linéique (/m).
- L=l inductance totale de la ligne (H) et  : inductance linéique (H/m).
- VD : tension de départ de la ligne (V)
- VA : tension d’arrivée de la ligne (V)

En notation complexe :
V D  R I  jL  I V A

Le digramme vectoriel correspondant :


VD
jL  I

VA
RI

10 Support de cours – Les réseaux Électriques


La chute de tension peut être déterminé par :

V  V D  V A avec : V D  (V A  RI cos   LI sin  ) 2  ( LI cos   RI sin  ) 2

Exercice d’application :

Une ligne triphasée moyenne tension alimente un récepteur triphasé équilibré qui consomme une
puissance active de 4,20 MW et qui impose un facteur de puissance de 0,938.

i R L
1
i
2 Charge
i
3

Chaque fil de ligne a pour résistance R = 2  et pour inductance L = 10 mH. La tension efficace
entre phases à l’arrivée de la ligne est UA= 20,0 kV. La fréquence de la tension est de 50 Hz.
Le but du problème est de calculer la chute de tension due à la ligne.
1. Calculer l’intensité efficace I du courant dans un fil de ligne.
Pour l’ensemble ligne + récepteur, calculer :
2. la puissance active consommée par la ligne et la charge
3. la puissance réactive consommée par la ligne et la charge
4. la puissance apparente de l’ensemble de la ligne et de la charge
5. Calculer la facteur de puissance au départ de la ligne
6. Calculer la tension efficace entre phases UD au départ de la ligne.

6- Les transformateurs :

Définition : Un transformateur est un appareil statique à induction électromagnétique, destiné à


modifier l’amplitude des signaux (courant, tension) en conservant la fréquence. Il est soit élévateur,
soit abaisseur de tension ou de courant. Il peut également être utilisé pour l’isolation galvanique.
Il est se constitue d'un circuit primaire et d'un autre secondaire reliés par un autre circuit
ferromagnétique.

11 Support de cours – Les réseaux Électriques


Selon la loi de Faraday, une variation de flux à travers une spire créer une f.é.m. "e". Inversement
une f.é.m. "e" dans une spire crée une variation de flux à travers celle-ci. Cette loi est à la base de
fonctionnement des transformateurs. La relation entre les grandeurs d'entrées et de sorties est "m"
qu'on appelle le rapport de transformation.
n U I
m  2  2  1 (Sous l’hypothèse de Kapp)
n1 U 1 I 2
 Si m > 1, le transformateur et élévateur de tension ;
 Si m < 1, le transformateur est abaisseur de tension ;
 Si m=1, Transformateur d’isolement galvanique ;
Les transformateurs sont les liens indispensables entres les différentes parties du réseau de
distribution de l'énergie électrique. On les retrouve au niveau de tous les postes de répartitions et de
distribution. Dans le réseau électrique, on utilise des transformateurs triphasés, dont les enroulements
peuvent être montés en triangle, en étoile ou en zigzag : : Yy, Yz, Yd, Dy, Dz

VA VB VC

Va Vb Vc

Les transformateurs se définissent essentiellement par les valeurs suivantes :


- tension primaire (en V ou en kV)
- tension secondaire (en V ou en kV)
- puissance apparente (en VA ou en kVA)
- fréquence de fonctionnement (en général f = 50 Hz)
- en triphasé : couplage primaire et secondaire (Υ pour couplage étoile, D pour couplage
triangle, …)

12 Support de cours – Les réseaux Électriques


7-L’architecture du réseau de transport et de distribution :

Le réseau électrique est structuré en plusieurs niveaux de tension :


Les réseaux de transport à très haute tension (THT) transportant l’énergie électrique produite
dans les centrales de production couvrant ainsi de grands territoires et se rapprochant des gros
consommateurs. Ces réseaux sont interconnectés, donc maillés, réalisant la mise en commun de
l’ensemble des moyens de production à disposition de tous les consommateurs.
Les réseaux de répartition à haute tension (HT) assurant l’alimentation des points de livraison à
la distribution.
Les réseaux de distribution sont les réseaux d’alimentation des consommateurs, mise à part les
importantes installations industriels qui sont très souvent alimentés directement par les réseaux THT
et HT.

13 Support de cours – Les réseaux Électriques


Selon la norme CEI 38, les tensions dans le réseau électrique sont classées en trois catégories,
Haute Tension (HT) Moyenne Tension (MT) et Basse Tension (BT) Avec :
▪ HT (THT et HT) : pour une tension composée comprise entre 40 kV et 1000 kV
Les valeurs normalisées sont : 45 kV - 66 kV - 110 kV - 132 kV - 150 kV - 220 kV
▪ MT : pour une tension composée comprise entre 1000 V et 35 kV
Les valeurs normalisées sont : 3,3 kV - 6,6 kV - 11 kV - 22 kV - 33 kV
▪ BT : pour une tension composée comprise entre 100 V et 1000 V
Les valeurs normalisées sont : 400 V - 690 V - 1000 V (à 50 Hz)

De nouveaux domaines de tension sont définis actuellement, et selon UTE C 18-510, ils sont :
➢ Domaine Haute Tension (HT) :
▪ HTB : ou Un > 50 000
▪ HTA : ou 1 000 < Un ≤50 000
➢ Domaine Basse Tension (BT)
▪ BTB : 500 < Un ≤ 1000
▪ BTA : 50 < Un ≤ 500
➢ Domaine Très Basse Tension (TBT) avec Un ≤50
avec Un tension nominale (valeur efficace en volts).

Le réseau de transport et de distribution de l’énergie électrique est doté de plusieurs sectionneurs


et disjoncteurs télécommandés utilisés pour le contrôle, la protection et l’isolement des lignes ou des
transformateurs, ils sont montés au niveau des jeux de bar qui constituent les point de liaison entres
deux ou plusieurs lignes électriques.

14 Support de cours – Les réseaux Électriques


Réseaux BT, MT et HT

Figure représentant le réseau de transport, de répartition et de distribution


(source Techniques de l’Ingénieur, traité Génie électrique, d4210)

15 Support de cours – Les réseaux Électriques


8-Schémas d’alimentation en énergie électrique des installations industrielles :

L'architecture d'un réseau de distribution électrique industriel est plus ou moins complexe suivant le
niveau de tension, la puissance demandée et la sûreté d'alimentation requise :Dès que la puissance
demandée atteint 50 kVA, les entreprises industrielles ou tertiaires sont alimentées en haute tension
20 kV (HTA). L’abonné livré en énergie électrique HTA (de 5 à 30 kV) peut choisir son schéma de
liaison du neutre. Dans le cas général avec une alimentation en HT, un réseau de distribution
comporte :

▪ Un poste de livraison HT alimenté par une ou plusieurs sources, il est composé d'un ou
plusieurs jeux de barres et de disjoncteurs de protection
▪ Une source de production interne
▪ Un ou plusieurs transformateurs HT / MT
▪ Un tableau principal HT composé d'un ou plusieurs jeux de barres
▪ Un réseau de distribution interne en MT alimentant des tableaux secondaires ou des postes
MT / BT
▪ Des récepteurs MT
▪ Des tableaux et des réseaux basse tension
▪ Des récepteurs basse tension.

Poste de livraison
haute tension HT Production interne

HT

MT

Tableau principal de distribution MT


Réseau de distribution
interne MT
Récepteurs Récepteurs
moyenne moyenne
tension tension

Tableaux secondaires de
distribution MT
MT MT MT

BT BT BT

Tableaux secondaires de
distribution BT
Récepteurs Récepteurs Récepteurs
basse basse basse
tension tension tension

16 Support de cours – Les réseaux Électriques


Structure générale d’un réseau de distribution dans une installation industrielle

8- Classement et alimentation des récepteurs :

A. Classement des récepteurs :

Pour la conception d'un réseau électrique, une étude précise des effets des défaillances et des
perturbations redoutées doit être effectuée. Des dispositions doivent généralement être prises pour
limiter leurs conséquences.
L'immunité aux coupures de l'alimentation fait également appel à des équipements spécifiques
tels que les alimentations sans interruption et les groupes de production d'énergie électriques. Ces
équipements ne suffisent généralement pas à résoudre tous les problèmes.
L'analyse complète du problème nécessite des études de sûreté de fonctionnement prenant en compte
l'ensemble de ces données ainsi que la fréquence et la durée des coupures admises par le processus
industriel. Ces études permettent de déterminer l'architecture et les équipements les mieux adaptés
aux besoins de l'installation industrielle. Elles nécessitent généralement le classement des récepteurs
en fonction de leur niveau de sensibilité en distinguant :
▪ les récepteurs admettant des arrêts prolongés : 1 heure ou plus
▪ les récepteurs devant être réalimentés après quelques secondes
▪ les récepteurs n'acceptant aucune coupure.

Alimentation
du distributeur

M
T G
B
T
N
F Normal/secours

Délestable Non Non Délestable


délestable délestable quelques
minutes

ASI

- Récepteurs non - Récepteurs essentielles - Récepteurs vitaux - Récepteurs prioritaires


prioritaires - Coupure de quelques - aucune coupure - délestables quelques
- Coupure de quelques secondes minutes
heures

Réseau avec classement des récepteurs en fonction de leur sensibilité aux


coupures

17 Support de cours – Les réseaux Électriques


Le choix d'une architecture appropriés permet d'optimiser le dimensionnement des sources de
remplacement en respectant les contraintes de l'utilisation. Les études de sûreté de fonctionnement
permettent de déterminer l'architecture "minimale" satisfaisant aux contraintes d'alimentation des
récepteurs critiques.

B. Les postes de livraison:

On peut classer les postes HTA/BT en deux catégories :


 Les postes d’extérieur :
Poste sur poteau : puissances 25 – 50 – 100 kVA.
Postes préfabriqués :
- en bas de poteau : de 100 à 250 kVA ;
- poste compact : de 160 à 1 250 kVA.
Poste maçonné traditionnel : de 160 à 1 250 kVA.
 Les postes d’intérieur :
Postes ouverts maçonnés ou préfabriqués.
Postes en cellules préfabriquées métalliques.
Les puissances sont comprises entre 100 et 1 250 kVA. Le comptage BT doit être remplacé par un
comptage HT dès que l’installation dépasse 2 000 A, ou s’il existe plusieurs transformateurs.

Poste d’intérieur : 

18 Support de cours – Les réseaux Électriques


Structure Générale d’un poste de livraison :

Exemple d’association de cellules

Les schémas électriques des postes de livraison les plus adoptés sont les suivants :
NF
a. Le poste de livraison simple antenne :
NF NF
L’avantage de ce schéma c’est qu’il présente
un coût minimal, mais avec un inconvénient MT MT
majeur, sa disponibilité est faible
BT BT

NF NF

Vers tableau principal


b. Les postes de livraison double antenne :
Source1 Source2
En fonctionnement normal, les deux disjoncteurs d'arrivée
des sources sont fermés, ainsi que le sectionneur de couplage.
Les transformateurs sont donc alimentés par les 2 sources NF NF NF
simultanément. Alors que lors d’une éventuelle perturbation, en
cas de perte d'une source par exemple, l'autre source assure la
totalité de l'alimentation. NF NF
Ce schéma présente d’abord deux avantages :
▪ Bonne disponibilité, dans la mesure où chaque source MT MT
peut alimenter la totalité du réseau
▪ Maintenance possible du jeu de barres, avec un
BT BT
fonctionnement partiel de celui-ci.
il présente aussi deux inconvénients :
▪ Solution plus coûteuse que l'alimentation simple NF NF
antenne
▪ Ne permet qu'un fonctionnement partiel du jeu de
barres en cas de maintenance de celui-ci
Vers tableau principal

19 Support de cours – Les réseaux Électriques


c. Double antenne - double jeu de barres :

Source1 Source2

NF NF

NF NO NF NO
JDB1
Couplage NO
ou NF
JDB2

NF NO NF NO NF NO NF NO

NF NF NF NF

MT
MT
BT
BT
NF
NF
Vers tableau principal

Alimentation double antenne - double jeu de barres d'un poste de livraison MT

En fonctionnement normal, la source 1 alimente, par exemple, le jeu de barres JDB1 et quelques
départs. Alors que la source 2 alimente le jeu de barres JDB2 et les départs qui restent. Alors que le
disjoncteur de couplage peut être en position de fermeture ou ouverture. En fonctionnement perturbé,
en cas de perte d'une source, l'autre source assure la totalité de l'alimentation. En cas de défaut sur un
jeu de barres (ou maintenance de celui-ci), le disjoncteur de couplage est ouvert et l'autre jeu de
barres alimente la totalité des départs.

Les avantages de ce schéma sont :


▪ Bonne disponibilité d'alimentation ;
▪ Très grande souplesse d'utilisation pour l'affectation des sources et des charges, et pour la
maintenance des jeux de barres ;
▪ Possibilité de transfert de jeu de barres sans coupure (lorsque les jeux de barres sont
couplés, il est possible de manœuvrer un sectionneur si son sectionneur adjacent est fermé).
Alors que sont seul inconvénient est le surcoût important par rapport à la solution simple jeu de
barres.

C. Les alimentations de secours:

Les sources de secours qu’on retrouve très souvent dans les installations industrielles sont : Les
alternateurs et les ASI, les alimentations sans interruption.

20 Support de cours – Les réseaux Électriques


MT

G Générateur électrique
BT

NO
NF

NF

Contacteur
Circuit non prioritaire statique

Filtre

Redresseur Onduleur
chargeur
Batteries Circuit prioritaire

ASI
Les alimentations secourus avec ASI
Générateur électrique : elle génère une tension électrique localement.
L’ASI : est un système qui assure une alimentation continu, il est constitué de :
▪ Redresseur-Chargeur : Transforme la tension alternative du réseau d'alimentation en tension continue
destinée à alimenter l'onduleur assurer la charge des batteries d'accumulateurs
▪ Batterie d'accumulateurs : Assure une réserve d'énergie destinée à alimenter l'onduleur en cas de
l’indisponibilité de la tension du réseau.
▪ Onduleur : Transforme la tension continue issue du redresseur-chargeur ou de la batterie
d'accumulateurs en tension alternative.
▪ Contacteur statique : Réalise le basculement de l'alimentation de l'utilisation, de l'onduleur vers le
réseau secours et réciproquement, sans interruption (pas de coupure due à un temps de permutation
d'organes mécaniques - le basculement est réalisé à partir de composants électroniques en un temps <
1 ms).
Le rôle du filtre est de réduire les courants harmoniques générés par le redresseur remontant dans le réseau
d'alimentation.

21 Support de cours – Les réseaux Électriques


Chap2. Installation électrique Basse Tension

1. Structure générale :

Les installations à Basse Tension (BT) sont alimentées sous une tension nominale au plus égale à
1000V en Alternatif ou 1500 V en continu. On distingue alors deux domaines de tension :
• BTA : 50< U ≤ 500 V en alternatif
• BTB : 500<U≤ 1000V en alternatif
Ces installations peuvent alors être alimentées soit :
 Par un réseau de distribution publique de 1er catégorie, par l’intermédiaire d’une installation
de branchement lorsque la puissance demandée est compatible avec celle autorisée par ce
type de distribution.

 Par un réseau de distribution publique de 2 ème catégorie, par l’intermédiaire d’un poste de
transformation dit de livraison.

22 Support de cours – Les réseaux Électriques


2. Les 4 schémas de base :
Pour arriver à réaliser des extensions électriques, on a besoin de plusieurs représentations graphiques.
Ces représentations graphiques sont aux nombres de 4.

✓ Le schéma architectural :
C’est une représentation graphique qui permet d’implanter tout le matériel électrique sur un
plan d’architecte. Ce schéma nous indiquera la situation géographique des appareils électriques
et leurs interdépendances.

23 Support de cours – Les réseaux Électriques


✓ Le schéma unifilaire :
C’est une représentation graphique qui permet d’ indiquer par où doivent passer les
canalisations électriques. Il nous indiquera aussi le nombre de conducteur présent à l’intérieur
et leur type (phase, neutre, terre, etc...)

✓ Le schéma développé (de principe) :


C’est une représentation graphique qui permet de mettre en évidence le principe de
fonctionnement de l’installation électrique en là développant à plat.

✓ Le schéma multifilaire :
C’est une représentation graphique nous permet de voir comment sont branchés tous les
conducteurs (phases, neutres, terres, etc …) sur les appareillages électriques. C’est le schéma de
branchement ou de câblage de l’installation.

3. Tableau de répartition :

C’est un tableau qui regroupe les appareils de protection des personnes et des biens :
- Disjoncteurs et interrupteurs différentiels (30mA, 500mA)
- Disjoncteurs divisionnaires (2, 10, 16, 20, 32A)

24 Support de cours – Les réseaux Électriques


Exemple de Tableau

25 Support de cours – Les réseaux Électriques


Chap. 3 Protection des biens et des personnes.

A) LA PROTECTION DES MATÉRIELS

1. Nature des perturbations


Tout phénomène qui engendre une modification, plus ou moins grande, des valeurs nominales des grandeurs :
tension, courant, est une perturbation. Ces perturbations sont de trois types :
 les surintensités : les surcharges, les courts circuits,
 les surtensions,
 les baisses et manques de tension.

Nature des Causes Effets Moyens de protections


perturbations

Les surintensités - Démarrage ou freinage d’un


moteur.I
☺ Les surcharges IT - Peu de risques. - Pas de coupure envisagée.

 Temporaires In

t
- Rupture d’une phase
d’alimentation d’un moteur.

- Moteur en dépassement de charge. - Échauffement lent et - Coupure retardée mais


progressif : devenant rapide si l’amplitude
- Fonctionnement abusif et de la surcharge est importante.
simultané de plusieurs appareils  vieillissement des
électriques. isolants, - Appareils de protection :

 Prolongées IP  destruction des isolants,  disjoncteur avec


I déclencheur thermique,
In
 incendies.
 relais thermique.
t
- Coupure instantanée.
- Coupure et mise en contact de - Destruction des câbles, voire
câbles d’alimentation. du matériel. - Appareils de protection :
☺ Les courts
circuits - Incendies.  disjoncteur avec
I Icc
déclencheur magnétique,
In - Risque d’accident corporel
par brûlure.  relais magnétique,
t
 fusible.

- Augmentation brutale de la - Coupure instantanée.


tension due : - Destruction des isolants. - Appareils de protection :
 à des contacts accidentels  relais de surtension,
Les surtensions avec la H.T,  parafoudre.
 à des conditions
atmosphériques : Coup de foudre.
- Coupure instantanée.
Les baisses et - Chute de tension trop importante - Mauvais fonctionnement des - Appareils de protection :
manques de tension due à un déséquilibre du réseau. récepteurs (moteurs, matériels  relais à minimum de
informatiques, …). tension.

26 Support de cours – Les réseaux Électriques


2. La protection contre les surcharges : le relais thermique
1 3 5
• Symbole 95 97
F
96 98

2 4 6

Circuit de Commande

Circuit de puissance

• Constitution

Rep Désignation

 Arrivé du courant

 Système de déclenchement

 Réglage du calibre de déclenchement

 Départ courant

 Élément bimétallique 7 6

 Contact auxiliaire

 Bouton de réarmement

• Principe de fonctionnement :

Il est constitué d’un bilame métallique composé


de deux lames à coefficient de température différent.
Le passage du courant, s’il est supérieur à la valeur
de réglage du relais, provoque l’échauffement et
la déformation du bilame. Un contact électrique
(contact NF) associé à ce bilame, déclenche
le circuit de commande.

• Classes de déclenchement :

Ir : courant de réglage du relais thermique.

On règle toujours le relais


à la valeur nominale du courant absorbé
par le récepteur qu’il protège Ir = In.

27 Support de cours – Les réseaux Électriques


• Exemple de Courbes de déclenchement d’un relais thermique Classe 10 A

Exercice :

Un moteur absorbe un courant nominal de 20 A. Une surcharge apparaît. On mesure un courant de


surcharge de 40 A.

- Le relais thermique déclenchera t-il, pour une durée de surcharge de 20 s ?

- Pour quelle durée maximale va-t-il déclencher ?

3. La protection contre les courts circuits : le fusible

• Symbole :

28 Support de cours – Les réseaux Électriques


• Constitution :

 Tube

 Capsule de contact

 Disque de centrage de la lame fusible

 Plaquette de soudure (elle lie la capsule  et la lame fusible )

 Lame fusible

 Sable (silice)

• Principe de fonctionnement

Il est constitué d’une lame fusible dans une enveloppe fermée. Cette lame fusible fond si le courant
qui la traverse dépasse la valeur assignée. L’enveloppe quant à elle, contient du sable (silice) afin de
permettre une coupure franche en évitant ainsi le maintient du passage de courant à travers l’arc
électrique.

• Classification des cartouches fusibles

Type Courbe de fusion Utilisation

Utilisé pour les protections des semi-


conducteurs.
Très rapide

Utilisation générale.

Standard Type gG

Utilisé pour les forts courants


transitoires :
Lent Type aM
- démarrage des moteurs,

- primaire des transformateurs.

29 Support de cours – Les réseaux Électriques


Remarque :

- un fusible gG de calibre 10 A commence à fondre à partir de 18 A au bout de 10 000 s.

- un fusible de calibre 10 A commence à fondre à partir de 480 A au bout de 60 s.

• Document constructeur « TELEMECANIQUE » : association Fusible relais thermique :

4. La protection contre les surcharges et les courts circuits : Disjoncteur magnétothermique.

• Symbole :

  
Q

30 Support de cours – Les réseaux Électriques


• Constitution :

Il a deux fonctions principales :

 Couper et sectionner : rôle des pôles principaux,

 Protéger contre les surcharges et les courts circuits : rôle du dispositif thermique et du
dispositif magnétique.

Courbe de déclenchement typique

Zone de déclenchement Zone de déclenchement PdC (Pouvoir de Coupure) : valeur


du dispositif thermique du dispositif magnétique maximale du courant de court circuit.

• Les différentes courbes de déclenchement

31 Support de cours – Les réseaux Électriques


5. La sélectivité des protections :

Une bonne coordination des protections d’une alimentation électrique doit entraîner le
déclenchement de l’appareil de protection situé immédiatement en amont du défaut et de lui seul.
Ce qui rend la surface perturbée du réseau la plus petite possible, donc à assurer une bonne
continuité de service, c’est ce que l’on appelle : la sélectivité. Elle peut être totale ou partielle.

• Sélectivité entre deux disjoncteurs


A  Si seul B s’ouvre, quelle que soit
la valeur du courant Icc, c’est la
sélectivité totale.


B  Si B s’ouvre jusqu’à un courant
présumé de court circuit Icc’ < Icc et
ensuite si A s’ouvre, donc A et B
Icc Récepteur Récepteur sont ouverts. C’est la sélectivité
partielle.

Récepteur Récepteur

• Sélectivité entre deux disjoncteurs différentiels dans une installation domestique

 Les disjoncteurs conçus pour assurer la


A protection des personnes contre les
contacts indirects sont équipés de
500 mA déclencheur instantané avec des temps de
déclenchement constant (30 ms) dès que
le courant de défaut est situé dans leur
plage de déclenchement.

B  Si Id est compris entre 30 et 100 mA,
 
seul B s’ouvre.
30 mA
 Si Id > 500 mA, A et B s’ouvrent en
même temps. Il n’y a donc pas une bonne
sélectivité.
Récepteur Récepteur
La solution consiste donc à utiliser un
différentiel retardé (sélectif) pour A.
Récepteur Récepteur
Id

32 Support de cours – Les réseaux Électriques


B) LA PROTECTION DES PERSONNES

1. Les dangers du courant électrique

Si un courant traverse le corps humain, il y a risque de lésions voir de mort. Il est donc nécessaire
de protéger les personnes contre de tels dangers. L'intensité est la cause essentielle du danger électrique.

Valeurs pouvant être mortelles:


 50 mA en courant continu
 25 mA en courant alternatif

La résistance du corps humain est d'environ 1000 ohms


lorsqu'il a la peau humide et dans un local mouillé.

Il y aura danger pour une tension U=0.025 * 1000 = 25V.

On fixe donc la tension limite :


- à UL= 24V dans un local humide,
- à UL = 50V dans un local sec et peau sèche,

33 Support de cours – Les réseaux Électriques


 Électrocution par contact direct :

Le danger d'électrocution est ici très grand,


la tension de contact Uc est proche de 230V
pour un réseau 230/400 V

 Ic=230/1000=230 mA >>25mA !!

 Électrocution par contact indirect

Rn : résistance terre du neutre.


Ru : Résistance terre de
l'utilisation.

PE : conducteur de protection
reliant la prise de terre aux masses
métalliques de l'installation.

Ic : courant corporel.

Exemple : On donne Rc = 2k (résistance du corps), Ru = 20 , Rn négligé. L'appareil défectueux


possède une résistance de fuite de 30 (entre phase et carcasse) .
1- Calculer :
- Le courant de défaut Id. Id 230/(30 + 20 ) = 4.6A
- La tension de contact Uc, Uc = 20 * 4.6 = 92V
- Le courant corporel Ic, Ic = Uc/Rc = 92/2000 = 0.046A = 46mA !!
2 - La personne est-elle en danger ?
L'intensité de 46mA est dangereuse pour la personne : on atteint le seuil de paralysie respiratoire.

 Il faut impérativement rajouter un disjoncteur différentiel pour détecter le courant de fuite Id et isoler
l'appareil du réseau.

La sécurité des personnes est assurée différemment en fonction du régime de neutre utilisé dans une
installation électrique.

34 Support de cours – Les réseaux Électriques


2. Les régimes de neutre.

La différence entre les régimes de neutre se situe dans les possibilités de liaisons :
- Au niveau du transformateur : neutre relié (T) ou isolé de la terre (I)
- Au niveau des masses métalliques de l'utilisation : masses reliées au fil de terre (T) ou au fil de neutre (N)

• La première lettre indique la situation du neutre (au niveau du transformateur) par rapport à la terre.
• La deuxième lettre indique la situation des masses métallique de l'installation par rapport à la terre.

a) Le régime TT

Le neutre du transformateur est relié


à la terre et les masses métalliques
de l'installation sont reliées à la
terre.

Un dispositif de coupure DDR


(disjoncteur différentiel) doit couper
l'alimentation dès que la tension de
défaut est supérieure à UL

On a : Ru * In <= UL
Ru : résistance de la prise de terre qui doit être la plus faible possible,
In : courant de déclenchement du DDR,
UL : tension limite de sécurité.

Le régime TT est imposé dans les installations alimentées par le réseau publique basse tension. Seuls
les usagers propriétaires du transformateur (industriels, lycées techniques, hôpitaux …) peuvent
utiliser d'autres régimes de neutre.

Avantages du régime TT :

- C'est le régime de neutre le plus simple à mettre en œuvre, à contrôler et à exploiter. Facilité de
maintenance.
- Élimination des risques d'incendie : les courants de défaut restent très faibles et sont rapidement
interrompus par la protection différentielle.
- Coupure dès le premier défaut : ceci peut être un inconvénient dans le milieu industriel.

b) Le régime TN

On distingue deux variantes : le régime TN-C et TN-S

35 Support de cours – Les réseaux Électriques


Régime TN-C : Régime TN-S :
Le neutre du transformateur est relié à la terre. Le neutre du transformateur est relié à la terre.
La masse métallique de l'utilisation est reliée au neutre La masse métallique de l'utilisation est reliée au
(câble PEN). neutre au niveau du transformateur par un câble PE.

Ici, la coupure de l'alimentation est effectuée par l'appareil qui protège la ligne contre les courts-
circuits : fusible ou disjoncteur magnétique. La coupure est effective au premier défaut d'isolement.

On a : Zd * If <= Uc .
Zd : impédance de la ligne (dépend de la longueur de la ligne de neutre ou de PE). PE ou PEN ne
doivent JAMAIS être coupé.
If : courant de fonctionnement provoquant la coupure du dispositif de protection.
Uc : tension de contact. Si une personne touche au moment du défaut, il faut que l'appareil de
protection coupe rapidement afin qu'il n'y ait aucun danger.

c) Le régime IT :

Régime IT :

Le neutre du transformateur est isolé


de la terre (ou reliée à la terre par
une forte impédance Z)

L'installation est reliée à la terre (T).


Ru : Résistance de terre, doit la plus
faible possible.

36 Support de cours – Les réseaux Électriques


Avantages :

Le régime IT offre la possibilité de maintenir l'exploitation, malgré l'apparition d'un défaut (tout en
assurant la sécurité des personnes !). En effet, la forte impédance de boucle, due à Z, limite le
courant de premier défaut et évite l'apparition d'une tension de contact dangereuse.

Lorsque l'utilisateur touche la carcasse métallique de la machine, il est soumis à une tension : Ru*Id.
Avec : Id = Ud/(Ru + Rn + Z) . (Ud étant la tension d'une phase par rapport au neutre)
En choisissant Z suffisamment grand, Id sera faible et Ru*Id ne sera pas dangereux pour
l'utilisateur.

(le courant qui traverse la personne vaut : Ic = Ru*Id/Rc , Rc : résistance du corps humain)
Les masses de toutes les machines doivent être reliées au conducteur PE.
En cas de deuxième défaut (une deuxième phase touche la carcasse d'une autre machine, entrainant
un court-circuit entre les deux phases, car toutes les carcasses sont reliées entre elle via le conducteur
PE), la protection est assurée par le dispositif de protection contre les courts circuits.

Note : Un contrôleur permanent d'isolement permet de signaler le premier défaut. L'installation d'un
limiteur de surtension est obligatoire.

37 Support de cours – Les réseaux Électriques


Chap. 4 Dimensionnement d’installation basse tension

1. Introduction

Le but est de déterminer précisément les canalisations et leurs protections électriques en partant
de l'origine de l'installation jusqu'aux circuits terminaux. La section des conducteurs et le type de
protection à mettre en place sont définis par la méthode générale exposée dans la suite de ce
chapitre. Les résultats doivent être conformes aux impératifs décrits dans la norme NFC 15-100.

Les constructeurs d’appareillages électriques tendent de plus en plus à proposer des démarches de
détermination par tableaux, abaques et logiciel, visant à faciliter la conception des installations.

L'objectif à atteindre pour chaque ensemble constitué de la canalisation et de sa protection doit


répondre simultanément à plusieurs critères qui assurent la sûreté de l'installation :

La canalisation doit :
 Véhiculer le courant d'emploi permanent et ses pointes transitoires normales.
 Ne pas générer une chute de tension susceptible de nuire au fonctionnement de certains
récepteurs, et réduire des pertes en ligne.

La protection (disjoncteur ou fusible) doit :


 Protéger la canalisation pour toutes les surintensités jusqu'au courant de court-circuit.
 Assurer la protection des personnes contre les contacts indirects dans le cas ou le schéma de
liaison à la terre utilisé est de type TN ou IT.

Exemple : Selon le constructeur Merlin Gerin on doit suivre les étapes suivantes pour dimensionner
une installation :

a) Détermination des calibres In des déclencheurs des disjoncteurs


b) Détermination des sections de câbles
c) Détermination de la chute de tension
d) Détermination des courants de court-circuit
e) Choix des dispositifs de protection
f) Sélectivité des protections
g) Mise en œuvre de la technique de filiation
h) Sélectivité renforcée par filiation
i) Vérification de la protection des personnes

38 Support de cours – Les réseaux Électriques


Définitions :

 Courant d'emploi IB :

Au niveau des circuits terminaux, c'est le courant qui correspond à la puissance apparente des
récepteurs. Et au niveau des circuits de distribution, c'est le courant correspondant à la puissance
d'utilisation, laquelle tient compte des coefficients de simultanéité et d'utilisation. Se sont des
coefficients minorants :

✓ Facteur de simultanéité : rapport de la somme des puissances nominales des appareils


susceptibles de fonctionner simultanément à la somme des puissances nominales de tous les
appareils alimentés par le même circuit ou par la même installation. La détermination
correcte de ce paramètre impose une bonne connaissance de l'installation, et des méthodes
de travail.
✓ Facteur d’utilisation : rapport de la puissance effectivement absorbée par l'appareil à sa
puissance nominale. Ce facteur est calculé pour chacun des récepteurs, généralement choisi
entre 0,7 et 0,8. Ce facteur est estimé pour chaque circuit et pour l'ensemble d'une
installation.

39 Support de cours – Les réseaux Électriques


Dans l’exemple ci-dessous calculer les puissances d’utilisation à chaque niveau de l’installation en
tenant compte des coefficients d’utilisation et de simultanéité. La tension étant de 420 V, déduire les
courants d’emploi circulant dans les 4 câbles C1, C2, C3, C4 de l’armoire générale (SLT : TN)

 IC1 = 27,3 A ; IC2 = 22,5 A ; IC3 = 54,6 A ; IC4 = 83,7 A

Calcul des puissances :

 Puissance absorbée : La puissance absorbée (apparente en VA) par un récepteur est


déterminée à partir de sa puissance utile nominale Pu, de son rendement  et de son facteur
Pu
de puissance cos. S
 cos 
On peut alors déterminer le courant absorbée par le récepteur :
S
Monophasé : I  (A) Triphasé : I  S (A)
V 3U
 Puissance installée : La puissance installée est la somme arithmétique des puissances
n
nominales de l’ensemble des récepteurs de l’installation : Pt   Pi (Th de Boucherot).
i 1

40 Support de cours – Les réseaux Électriques


 Puissance d’utilisation : Tous les récepteurs ne sont pas utilisés forcement à pleine
puissance. C’est le cas des moteurs par exemple. D’autre part tous les récepteurs ne sont pas
utilisés simultanément.

Quelques valeurs Numériques:

- facteur de simultanéité pour usage d’habitation :

Nombre
2à4 5à9 10 à 14 15 à 19 20 à 24 25 à 29 30 à 34 35 à 39 40 à 49 50 et plus
d’abonnés

Facteur de
1 0.78 0.63 0.53 0.49 0.46 0.44 0.42 0.41 0.4
simultanéité

- facteur de simultanéité pour Armoires de distribution industrielle :

Nombre de circuits 2 et 3 4 et 5 6 et 9 10 et plus

Facteur de simultanéité 0.9 0.8 0.7 0.6

- facteur de simultanéité pour installation Basse Tension :

Éclairage, conditionnement Chauffage électrique, chauffe- Prises de courant


Utilisation
d’air eau (N charges)

Facteur de 0.1 + 0.9/N


1 1
simultanéité

- facteur d’utilisation maximal (Ku) :

Utilisation Éclairage et Chauffage Force Motrice ( les moteurs) Prises de courant

Facteur Dépend du récepteur


1 0.75
d’utilisation

L’intensité assignée In du dispositif de protection, coupe-circuit à fusible ou disjoncteur doit être prise
juste supérieure à l’intensité d’emploi IB calculée. In ≥ IB
On réglera le disjoncteur de calibre In pour obtenir une intensité de réglage Ir ≈ IB
Le choix du pouvoir de coupure de l’appareil PdC de protection se fera après calcul du courant de
court-circuit présumé à l’endroit où l’appareil de protection est installé.

Dans le tableau ci-dessous choisir les calibres des disjoncteurs nécessaires pour protéger les câbles
dont le courant d’emploi a été calculé précédemment.

41 Support de cours – Les réseaux Électriques


 InC1 = 40 A ; InC2 = 25 A ; InC3 = 63 A ; InC4 = 100 A
Détermination de la section de la canalisation :
La section de la canalisation qui va véhiculer le courant d’emploi IB doit être choisie de sorte que le
courant admissible IZ de celle-ci soit supérieur au calibre de l’appareil In qui le protège.
Il convient donc de respecter : IB ≤ In ≤ IZ
Pour les disjoncteurs réglables, il est conseillé de choisir IZ égal ou juste supérieur au calibre In
nominal de l’appareil de protection. Les conséquences d’un réglage thermique Ir inadapté ou d’une
évolution du courant d’emploi IB seront sans risque.
En cas de protection de la canalisation par coupe-circuit à fusibles il convient d’appliquer un
coefficient majorant l’intensité IZ.

 Courant admissible IZ :
C'est le courant maximal que la canalisation peut véhiculer en permanence sans préjudice pour sa
durée de vie. Ce courant dépend, pour une section donnée, de plusieurs paramètres :
- Constitution du câble et de la canalisation;
- Température ambiante;
- Mode de pose;
- Influence des circuits voisins.

42 Support de cours – Les réseaux Électriques


 le facteur d’utilisation ku : rapport de la puissance effectivement absorbée par l'appareil à sa
puissance nominale. Ce facteur est calculé pour chacun des récepteurs. Dans une installation
industrielle, ce facteur peut être estimé en moyenne à 0,75 pour un moteur. Pour l’éclairage et le

43 Support de cours – Les réseaux Électriques


chauffage, il est toujours de 1. Pour les prises de courant ce facteur est à déterminer fonction de leur
utilisation future.

 le facteur de simultanéité ks : rapport de la somme des puissances nominales des appareils


susceptibles de fonctionner simultanément à la somme des puissances nominales de tous les
appareils alimentés par le même circuit ou par la même installation. La valeur de ce facteur dépend,
d'une part, de la nature des appareils, et d'autre part, des conditions d'exploitation de l'installation et
des conditions d'utilisation des différents appareils. Ce facteur est estimé pour chaque circuit et pour
l'ensemble d'une installation. La détermination correcte de paramètre impose une bonne
connaissance de l'installation, et des méthodes de travail.

La puissance d’utilisation une fois connue, on prendra en compte trois autres paramètres.
- Le premier prend en compte les possibilités d’amélioration du facteur de puissance
de l’installation. Ce facteur permettra de diminuer à nouveau la puissance
apparente.
- Le deuxième paramètre est un coefficient d’extension de l’installation. Ce facteur
majorera la puissance apparente.
- Le dernier paramètre est lié aux contraintes d’installation (température, altitude,
...). Il aura tendance là aussi à majorer la puissance apparente.

NB :
C’est à ce niveau aussi que l’on choisit le type de distribution :
 On doit aussi envisager le type de schéma de liaison à la terre que l'on retient.
 On détermine si l’utilisation d’alimentation de secours est envisagée.
On choisit aussi le type de contrat électrique que l'on souhaite.

Le critère principal de choix est la puissance d’utilisation.


 Si elle est supérieure à 250 kVA ou susceptible de le devenir, on passe en haute tension.
 Pour des puissances comprises entre 36 kVA et 250 kVA, on choisira une alimentation BT
ou HT en 20 kV.
 Cependant, on peut opter aussi pour une alimentation HT, si la qualité de service est
incompatible avec une alimentation BT.

L’alimentation HT offre les avantages suivants :


✓ L’utilisateur n’est pas perturbé par les autres utilisateurs.
✓ L’utilisateur peut choisir son schéma de liaison à la terre (régime TT obligatoire en BT).
✓ L’utilisateur bénéficie d’une tarification plus économique.
✓ L’utilisateur peut augmenter fortement sa puissance .

Mais l’alimentation HT a les inconvénients suivants :


✓ L’utilisateur est propriétaire du transformateur (coût d’investissement).
✓ L’utilisateur n’a accès qu’à la cellule BT mais peut accéder à l’interrupteur HT.
✓ L’utilisateur choisit le type de poste et son emplacement en accord avec le distributeur.

Dimensionnement des protections.


La Règle générale :
Des dispositifs de protection doivent être prévus pour interrompre tout courant de surcharge dans
les conducteurs du circuit avant qu'il ne puisse provoquer un échauffement nuisible à l'isolation, aux
connexions, aux extrémités ou à l'environnement des canalisations.

44 Support de cours – Les réseaux Électriques


Caractéristique des dispositifs de protection contre les courts-circuits.
Le temps de coupure de tout courant résultant d'un court-circuit se produisant en un point
quelconque du circuit ne doit pas être supérieur au temps portant la température des conducteurs à
la limite admissible. Pour les courts-circuits d'une durée au plus égale à 5 s, la durée nécessaire
pour qu'un courant de court-circuit élève la température des conducteurs de la température
maximale admissible en service normal à la valeur limite, peut être calculée, en première
S
approximation, à l'aide de la formule suivante : t k
I

t : durée du court-circuit en seconde;


S : section du conducteur isolé en mm2;
I : courant efficace de court-circuit effectif en A;
k : constante caractéristique du conducteur isolé.

45 Support de cours – Les réseaux Électriques