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口譯課在法語教學中之功能

Introduction

Aujourd’hui, avec la multiplication des échanges internationaux et les besoins du marché,


le cours de traduction a été renforcé ou réintroduit dans les programmes d’enseignement des
langues et on constate une forte demande pour des cours d’interprétation de la part des
étudiants.
L’enseignement d’une langue étrangère a pour objectif l’acquisition des quatre
compétences : écouter, parler, lire et écrire. Cet enseignement se fait selon un découpage
artificiel en plusieurs domaines : prononciation, grammaire, expression orale ou encore
expression écrite. Ainsi, dans un cours de phonétique ou de grammaire, on est censé parler de
ce qui relève uniquement de la matière étudiée et la langue se retrouve de ce fait cloisonnée.
Expliquer le découpage syllabique d’un mot (phonétique) peut se faire sans donner sa
signification (sémantique) ou sa fonction dans la phrase (syntaxe) ; la composition enseigne la
manière dont on peut exploiter des connaissances déjà acquises pour former des phrases
correctes véhiculant un sens, il en va de même pour le cours de traduction (centré sur l’écrit)
ou de conversation (centré sur l’oral).
L’interprétation, quant à elle, met en jeu toutes les potentialitiés de la langue et lui rend
son unité, ce qui fait qu'apprendre l’interprétation, c’est regrouper tous ces domaines séparés.
De plus, à la mise en jeu intégrée de connaissances linguistiques s’ajoute celle de
connaissances extra-linguistiques d’ordres culturel, politique, économique, etc. Car interpréter,
c’est d’abord comprendre. En conséquence, si la meilleure façon d’imprégner les étudiants
d’une langue, c’est de les aider à l'embrasser dans sa totalité, l’interprétation est le seul cours
qui permette vraiment d'atteindre ce but.
Que signifie « interpréter » ? Interpréter c’est d’abord comprendre. On ne peut pas
traduire sans interpréter. « Interpréter pour traduire, c’est comprendre au-delà des mots puis
exprimer un sens déverbalisé. » (1)
Pour comprendre, il faut connaître la langue et mobiliser des connaissances extérieures à
la langue. De plus, au moment de l’audition du discours, il faut en faire l’analyse logique au
fur et à mesure, car l’absence de raisonnement est préjudiciable à la compréhension, comme
l’explique Danica Seleskovitch : « Moins on possède de connaissance et plus il faut analyser
le message pour en découvrir le sens. » ( 2 ) Cette analyse immédiate qui réduit la forme
linguistique au sens du message est une des nécessités les plus importantes de l’interprétation.

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淡江人文社會學刊【第二十期】

L’interprétation, comme toute activité linguistique soumise à la subjectivité de


l’énonciateur, porte les traces de l’interprète, lequel apporte au discours interprété son
expérience, sa manière de voir le monde. Il en découle qu’un même discours ne sera pas
interprété de la même façon par deux interprètes différents.
La théorie interprétative de la traduction est avant tout une théorie du sens, qui lui-même
est le résultat de la compréhension. Et le processus triangulaire de l’interprétation, c’est aller
de la parole au sens et du sens à la parole par l'intermédiaire de l'interprète. L’opération de
traduction comporte deux étapes : l’appréhension du sens et la réexpression. Dans la
deuxième phase, le traducteur (ou l’interprète) s’exprime, ce qui ne veut pas toujours dire qu'il
se fait comprendre. Or traduire honnêtement, traduire fidèlement, c’est chercher à se faire
comprendre, et se faire comprendre suppose trouver l’expression juste.
L’enseignement de l’interprétation consécutive permet aux étudiants de saisir les
mécanismes de la compréhension et de combler ainsi leurs lacunes dans les domaines de la
compréhension et de l’expression orales. Cet enseignement du sens et de la compréhension à
travers l’entraînement à l'interprétation les amène d’un apprentissage essentiellement basé sur
l’écrit à un véritable apprentissage de l’oral, entraînant une mutation de leurs habitudes
d’apprentissage. En effet, les habitudes d’apprentissage antérieures de nos étudiants étaient
basées sur l’écrit, si bien qu’ils ont tendance, aussi bien quand ils lisent que quand ils écoutent,
à s’accrocher aux mots individuels et à leur donner automatiquement le sens sous lequel ils les
ont rencontrés jusque-là dans les textes, ou à les traduire selon les indications du dictionnaire,
sans égard au contexte.

L’Objectif du cours d’interprétation

Le cours d’interprétation a pour objectif d’apprendre aux étudiants à décoder un discours,


à faire des analyses logiques et à enchaîner des idées. Il leur permet également d'avancer dans
leurs études, d’enrichir leurs connaissances générales, et en écoutant, d'apprendre à découper
les phrases selon leur structure. De plus, lors de la transcription, ils peuvent apprendre à
ponctuer un discours.
Dans l’ensemble, les objectifs visés sont au nombre de quatre :
- améliorer les compétences linguistiques
- apprendre à interpréter et à analyser

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- développer les capacités de synthèse et de raisonnement logique


- enrichir les connaissances générales
Améliorer les compétences linguistiques
Parmi les quatre principales compétences à acquérir lors de l’apprentissage du français
langue étrangère, la compréhension et l’expression orales sont les deux points les plus faibles
chez les étudiants taïwanais, alors même qu'elles constituent les deux principaux actes en
interprétation.
Comme interpréter, c’est d’abord comprendre, et que l’interprétation exige d’être rapide
et de réagir immédiatement au discours que l’on entend, l’interprète ne peut pas prendre le
temps de réfléchir sur le contenu. L’entraînement à l’écoute joue donc un rôle primordial dans
le cours d’interprétation. Les exercices d’interprétation consistant à saisir le message et à le
réexprimer dans une autre langue ont un grand succès auprès des étudiants et ils leur sont
profitables pour améliorer leurs capacités d’écoute et d’expression orale.
Par ailleurs, la transcription des journaux télévisés pendant la phase de compréhension
préalable permet aux étudiants d’enrichir leur vocabulaire, de mieux maîtriser les structures
du français et de réviser les points grammaticaux qu’ils ont déjà appris.
Apprendre à interpréter et à analyser
Un des problèmes auxquels sont souvent confrontés l’interprète et le traducteur, c’est
qu'ils peuvent connaître tous les mots d’un énoncé mais pourtant ne pas tout à fait saisir le
sens du message. Pour y remédier, le meilleur moyen, le seul en fait, est d’analyser le
contexte et de procéder à une déverbalisation.
Nous allons recourir aux deux passages suivants, que nous avons utilisés en cours pour
illustrer cette démarche interprétative :
Que faut-il faire pour que les Français soient plus raisonnables sur les routes ?
En l’an 2001, le nombre de tués et de blessés a augmenté de 1% par rapport à
l’an 2000. Une fois de plus, les causes principales sont l’alcool, la vitesse et le
non-respect du code de la route.
Au début, les étudiants n’avaient pas établi le lien entre le mot « raisonnable » et « les
causes principales sont l’alcool, la vitesse et le non respect du code de la route ». Ils avaient
rendu « raisonnable » par「理智的,冷靜的」, selon la définition habituelle du mot, la
seule qu'ils connaissent. Mais après que le professeur leur eut demandé de descendre dans le
texte et de traduire « les causes principales sont l’alcool, la vitesse et le non respect du code

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de la route », ils ont finalement compris que « raisonnable » avait ici le sens de « respectueux
des lois » et l’ont traduit par「守法」. La traduction finale de l’ensemble de l’énoncé, « Que
faut-il faire pour que les Français soient plus raisonnables sur les routes » est devenue「要如

何做才能使法國人在開車時更加守法?」, ce qui rend bien le sens réel du message.


Par ailleurs, le choix de la bonne traduction des mots « alcool »(酒 後 開 車) et
« vitesse »(超速) illustre bien la nécessité de déverbaliser. En effet, alcool est un substantif

qui, traduit en chinois, peut donner「酒精」ou「酒」, mais en fait dans ce contexte, selon
les habitudes linguistiques du chinois, le mieux est de traduire par le syntagme verbal「酒後
開車」, formule que l’on entend souvent dans les médias lorsqu’on parle des causes des

accidents de la route.
De même, pour « vitesse », un substantif également, si l’on n’interprète pas, on traduira
littéralement par「速度」, ce qui ne veut rien dire, alors que d’après le contexte, « vitesse »
signifie « excès de vitesse », concept qu'on a l’habitude en chinois d'exprimer sous forme
verbale :「超速」.

A travers les exemples des substantifs « alcool » et « vitesse », nous pouvons nous
apercevoir que le français reste implicite lorsque le contexte est clair, alors que le chinois
reste une langue concrète.
Développer les capacités de synthèse et de raisonnement logique
L’interprétation consécutive se prête bien aux exercices de synthèse et de raisonnement
logique car l’interprète a l’avantage de connaître le déroulement de l’argumentation avant
d’interpréter, il dispose du recul nécessaire pour analyser le discours.
A titre d’exemple, citons l’enregistrements du discours spontané sur la pneumonie
atypique que nous avons utilisé en classe: Selon les échos reçus des étudiants, il leur a
beaucoup profité sur le plan de la synthèse et du raisonnement logique.
Pneumonie atypique
Ces derniers temps, il y a une nouvelle sorte d’épidémie qui menace la
santé des gens, c’est ce que les Anglais appellent SARS ; en France, en général,
on l’appelle la pneumonie atypique et on parle de syndrome respiratoire aigu.
Cette nouvelle sorte de pneumonie … ... dans mon entourage, à Taïwan, je
connais des gens qui s’inquiètent beaucoup, qui ont déjà acheté des masques,
plusieurs masques, parce qu’ils ont peur … ... si la pneumonie s’étend et

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devient de plus en plus grave, les masques deviendront difficiles à acheter. On


dit, paraît -il, déjà qu’il manque de masques à Hong-kong. Donc je connais,
moi, des gens qui s’inquiètent beaucoup ici, et qui ont déjà acheté plusieurs
masques, et qui sortent, peut-être pas avec un masque sur la figure, mais au
moins avec un masque dans leur poche ou dans leur sac, comme ça ils se
disent que s’ils passent à côté d’un endroit un peu sensible, par exemple dans
les environs de … ... d’un grand hôpital, l’hôpital Taïda, par exemple, où peut-
être des personnes atteintes de pneumonie atypique sont soignées, eh bien ils
vont mettre leur masque. Mais je connais aussi des gens qui ne s’inquiètent
pas beaucoup et qui n’ont pas du tout ache té de masque, et qui se disent que
pour l’instant la plupart des personnes atteintes sont bien surveillées, elles
restent en quarantaine à l’intérieur de leur appartement, et les malades sont
bien soignés à l’hôpital, et ils pensent que s’ils ne vont pas dans des endroits
sensibles, ils ne seront pas contaminés. C’est-à-dire ...… ils essaient d’éviter
les hôpitaux. Je connais des gens autour de moi, récemment, qui ont renoncé
à aller en consultation à l’hôpital pour des maladies qui ne sont pas urgentes.
Ils préfèrent attendre parce qu’ils ont un peu peur d’être contaminés dans les
hôpitaux.
En ce qui concerne la situation en France, j’ai reçu des coups de
téléphone de ma famille, la situation n’était pas grave, ils m’ont demandé si
ici les gens sortaient régulièrement avec des masques ou avec des gants. Je
leur ai dit que non, ce n’est pas grave à ce point là. Dans la famille nous
suivons les consignes données à la télévision ou dans les journaux par les
médecins, c’est-à-dire on se lave bien régulièrement les mains, et puis aussi on
essaie de garder un rythme de vie régulier pour maintenir un bon niveau
d’anticorps, c’est-à-dire, on ne se fatigue pas trop, on dort bien, on mange
raisonnablement etc ....... Je sais qu’en France il y a seulement 3 cas, paraît -il,
il y a 3 cas qui sont confirmés. Il y a une quinzaine de personnes, on m’a dit,
une quinzaine de personnes qui étaient peut-être soupçonnées d’avoir attrapé
la pneumonie atypique, mais seulement 3 cas ont été confirmés, et je crois,
seulement 1 cas est assez grave, c’est une personne qui est à l’hôpital depuis
déjà plus d’une semaine et dont la situation est assez sérieuse. Mais tous les

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cas français viennent du Viêt-nam. Tous les cas français sont des gens qui ont
été contaminés pour avoir été soit à l’hôpital français de Hanoï où on a
soigné le premier cas connu de pneumonie atypique, soit des gens qui
étaient dans le même avion que lui. Mais je ...... donc les Français en France
ne s’inquiètent pas trop, ils n’ont pas trop peur d’être contaminés.
Néanmoins, je connais un certain nombre de gens qui ont déjà décidé
d’annuler leurs vacances à l’étranger à cause de cette maladie. Je pense
qu’un certain nombre d’Européens vont probablement renoncer à des
projets de vacances vers l’Extrême-Orient pendant les mois d’été. En tout
cas je connais des Français qui habitent en France qui ont déjà renoncé à
des projets de vacances à cause de cette maladie. Je ne sais pas si … ... si la
maladie est contrôlée, peut-être qu’ils prendront quand même le chemin de
la Chine ou de l’Extrême-Orient cet été, mais pour l’instant beaucoup y ont
renoncé.
Ce discours se prête à deux types d’exercices : la synthèse et le raisonnement logique.
Pour ce qui est du raisonnement logique, voici deux exemples :
- « un endroit un peu sensib le » : les étudiants comprennent systématiquement
« sensible » dans le sens de「敏感的」, mais si l’on traduit « un endroit un peu sensible »
par「有點敏感的地方」, cela ne se comprend pas tout de suite, les auditeurs se demandent
quel est le rapport avec le contexte. Pour guider les étudiants vers la bonne compréhension
du mot « sensible », le professeur leur demande de raisonner en tenant compte du contexte
sur le sens de l’énoncé qui suit : « par exemple dans les environs de ...... d’un grand hôpital,
l’hôpital Taïda, par exemple, où peut-être des personnes atteintes de pneumonie atypique
sont soignées ». Après avoir compris en contexte, les étudiants ont finalement traduit le
passage par 「比較危險的地方」.
- « ...... pour maintenir un bon niveau d’anticorps » : si l’étudiant reste collé aux mots
de l’énoncé sans passer par la déverbalisation, il risque d’avoir du mal à réexprimer en
chinois et traduira par「維持抗體的一個好的水平」. Grâce à l’intervention du professeur
qui lui propose de raisonner en s’appuyant sur la réalité taïwanaise et son expérience de la
vie quotidienne, l'étudiant pense à l'expression qui apparaît souvent dans les publicités de
médicaments : 「提高免疫力」, et en raisonnant, trouve une meilleure traduction :「讓自

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己擁有良好的免疫力」.
Voilà donc deux exemples qui montrent l’importance du raisonnement logique dans la
compréhension. Du point de vue de la synthèse, le discours est composé de deux parties : la
première porte sur la situation à Taïwan, la deuxième sur celle en France. Dans la première
partie, on présente deux types d’attitude face à l’épidémie : des gens s’inquiètent beaucoup,
d'autres ne s’inquiètent pas beaucoup, et chaque catégorie a un comportement différent. Ce
passage convient très bien à un exercice de synthèse.
A travers les exemples cités ci-dessus, on se rend compte que le rôle de l’enseignant est
très important au stade de la compréhension, dans la mesure où les étudiants ont besoin d’être
guidés dans la recherche de la bonne piste.
Enrichir les connaissances générales
Nous avons déjà mentionné dans l’introduction que pour comprendre il faut non
seulement des connaissances linguistiques mais aussi des connaissances extra-linguistiques.
Connaître le sujet traité dans un discours est donc utile à la compréhension du message.
D’après Danica Seleskovitch(3), « l’interprète doit avoir assez de connaissances du sujet

traité pour pouvoir l’analyser avec intelligence, mais il n’est pas nécessaire qu’il ait les
connaissances du spécialiste; ce qui lui est indispensable, c’est de comprendre l’information
qui lu i est fournie. »
Ainsi, pour acquérir les connaissances nécessaires à la compréhension, il est important
pour nos étudiants de faire une recherche documentaire en chinois ou en français sur le sujet
traité, comme tout bon interprète doit le faire.

Contenu du cours d’interprétation

Dans cette section, nous allons aborder le matériel pédagogique, les méthodes
d’enseignement et la prise de notes dans les deux cours d’interprétation : celui de l’institut de
recherche, qui a déjà huit ans d’existence, et celui donné en quatrième année de licence, cours
ouvert depuis deux ans seulement. Ce sont des cours optionnels de deux heures hebdomadaires.
Le cours d’interprétation en quatrième année du département est relativement plus récent
que celui de l’institut de recherche. Il s’inscrit dans le cadre d’une recherche subventionnée et
a donc été ouvert à la demande du Ministère de l’Education. Cette recherche avait pour
objectif de concevoir, après deux années d’expérience de cours, un manuel d’interprétation

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destiné aux étudiants du département.


Le matériel pédagogique
Comme ce type de cours n’avait jamais été ouvert par ailleurs, il n’y avait pas de manuel
à notre disposition. Nous avons donc essayé de concevoir notre propre matériel pédagogique
en pensant à son utilité pour les étudiants :
A l’institut de recherche
Nous nous servons de deux types de matériel :
- discours enregistrés spontanément, qui portent sur la vie et la société françaises
- actualités télévisées
Ces deux types de matériel se prêtent à des exercices différents. Mai 68, la sécurité sociale et
les allocations, la guerre en Irak, la grève des étudiants contre la réforme universitaire, la
carte bancaire et l’euthanasie sont des thèmes qui ont été sélectionnés ces trois dernières
années. Bien entendu, la liste n’est pas exhaustive.
Il est à signaler que les actualités et discours choisis ont tous été transcrits par les
étudiants à titre d'exercice préparatoire avant l’utilisation en classe.
Au département
Nous utilisons trois types de matériel :
- articles courts tirés du Journal des Enfants, oralisés au moment de l’enregistrement
- discours enregistrés spontanément, qui portent sur la vie et la société françaises
- actualités télévisées
Ces trois sortes de matériel interviennent à des stades différents du cours :
- Au premier semestre, nous utilisons essentiellement les articles du Journal des
Enfants et une petite partie des discours enregistrés spontanément.
- Au deuxième semestre, nous continuons avec les discours spontanés pendant un
mois environ, puis nous passons aux actualités télévisées.
Les objectifs visés lors de l’utilisation de ces trois matériels sont différents :
- Avec les articles du Journal des Enfants, nous souhaitons habituer les étudiants
à écouter, susciter leur intérêt pour l’écoute (par des thèmes d’actualité) et donc
les aider à vaincre leur peur d’écouter du français.
- Les discours spontanés permettent d’apprendre à faire la synthèse des idées et à
prendre des notes.
- Les actualités télévisées sont relativement difficiles en quatrième année de

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licence, mais on peut en profiter pour faire prendre conscience aux étudiants
qu'il est important, au stade de la compréhension, de déverbaliser avant de
rendre le message en chinois.
Les méthodes d’enseignement
Nous allons maintenant aborder successivement les méthodes d’enseignement appliquées
avec les trois types de matériel pédagogique décrits plus haut :
Articles du Journal des Enfants
Le travail se déroule en cinq étapes :
(1) Faire écouter deux ou trois fois l’ensemble du discours.
(2) Écrire au tableau le vocabulaire censé être inconnu des étudiants.
(3) Faire restituer en français phrase par phrase et demander aux étudiants de noter seulement
les mots mono-référentiels tels que date, chiffre, nom propre de lieu ou de personne.
(4) Faire écouter deux fois le discours passage par passage et s’arrêter à la fin de chaque passage
pour laisser les étudiants prendre des notes.
(5) Interpréter en chinois l’ensemble du discours.
Discours enregistrés spontanément
Le travail se déroule en six étapes :
(1) Faire écouter deux fois l’ensemble du discours.
(2) Demander à un ou deux étudiants d'exprimer le sens global de ce qu’ils ont compris.
(3) Écrire au tableau le vocabulaire.
(4) Faire écouter une ou deux fois (selon le contenu) le discours passage par passage et
s’arrêter à la fin de chaque passage pour laisser prendre des notes.
(5) Interpréter passage par passage en chinois et faire la correction immédiate du passage
traduit.
(6) Correction de la prise de notes : à l’aide de l’exemple de deux ou trois étudiants, on
enseigne la méthode appropriée de prise de notes.
Il est à souligner que si l'on utilise l'un de ces deux types de matériels pédagogiques,
les étudiants ne se préparent pas en écoutant d'avance l'enregistrement chez eux ; l’écoute se
fait directement en cours.
Actualités télévisées
Le travail se dér oule en quatre étapes :
(1) Une semaine à l’avance, l’enseignant fait visionner deux fois la cassette vidéo et

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enregistrer l’information. Puis il demande aux étudiants de lire des documents en chinois
ou en français qui se rapportent au thème abordé et de transcrire l’information.
(2) En cours, les étudiants restituent oralement passage par passage, l’enseignant corrige et
complète les mots qu’ils n’ont pas réussi à percevoir.
(3) Une fois la correction du contenu terminée, l’enseignant relit l’information à la vitesse
normale et s’arrête à la fin de chaque passage pour laisser prendre des notes.
(4) Interprétation en chinois passage par passage.
La prise de notes
Nous allons maintenant traiter de la prise de notes en interprétation consécutive, de ses
principes et de ses méthodes.
La prise de notes a pour fonction de soulager la mémoire. D’après Seleskovitch, « Les
notes ont une double utilité : elles facilitent la concentration sur tous les détails du discours au
moment de l’analyse et elles réactivent le souvenir au moment de l’expression. [… ]
Que la note n’aide qu’à retenir le sens en favorisant la concentration, ou qu’elle soit en
même temps un rappel, elle ne se prête en tout cas pas à une relecture pure et simple. » (4)

La question qui se pose maintenant est: en quelle langue faut-il noter ? Théoriquement,
en langue d’arrivée, c’est-à-dire que si l’on interprète du français vers le chinois, on devrait
noter en chinois, et vice versa. Néanmoins, notre expérience montre qu'il est difficile de
respecter ce principe et en pratique on note dans la langue qui vient en premier à l’esprit.
Nous allons maintenant exposer les six principes adoptés et les vingt symboles
couramment utilisés pour apprendre à noter plus efficacement. Un exercice pratique suivra à
titre d'exemple.
- Les six principes( 5)
Il s’agit de :
- la transposition de l’idée plutôt que du mot
- les règles d’abréviation
- les enchaînements
- la négation
- l’accentuation
- le verticalisme
La transposition de l’idée plutôt que du mot
Ce qui compte c’est de traduire l’idée et non le mot. A chaque instant de la prise de notes,

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il faut se concentrer sur l’idée maîtresse et la transposer de façon simple et directe.


C’est en analysant la pensée et en la transposant que l’interprète évitera en même temps
les contresens et les lourdeurs de style :
Exemple: Supposons la formule suivante: « Il y a de fortes chances pour que … ». Si la
formule est notée en fonction du mot, le mot clé sera chance. Si elle est notée en
fonction de l’idée, le mot clé sera probable.
Les règles d’abréviation
En règle générale, l’interprète devra noter le mot en abrégé, sauf quand il s’agit d’un mot
court.
Bien entendu, si l’on a le temps, on peut écrire le mot le plus complètement possible,
mais si l’on doit abréger, il vaut mieux écrire les premières et les dernières lettres du mot
plutôt que le plus grand nombre possible de premières lettres :
Exemple: spsé pour « spécialisé » au lieu de spec.
Les enchaînements
L’un des éléments du discours qu’il est à la fois le plus important et le plus difficile de
noter est l’enchaînement des idées et les rapports qui les relient.
Les mots-charnières et signes suivants, à titre d’exemple, peuvent être utiles pour noter
les enchaînements:
- car : parce que, du fait que, puisque, étant donné que
- if : si, en supposant que
- ms : mais, par contre, en revanche, néanmoins
- ∴ ; donc, ainsi, alors
- de + : de plus, en outre
- = : de même
La négation
La négation peut se noter par un trait oblique qui barre le mot ou le signe.
Exemple: Si OK veut dire « approuver », « désapprouver » sera OK
ou si D veut dire « devoir », « ne pas devoir » sera D
L’accentuation
On accentue un mot en le soulignant une fois (ou deux fois si l’accent a un caractère absolu).
Exemple : intéressant : int
très intéressant : int

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extrêmement intéressant : int


Le verticalisme
Le verticalisme consiste à prendre des notes en hauteur et non en largeur, il se pratique
selon les deux manières suivantes, couramment utilisées :
- la superposition : elle consiste à grouper verticalement les divers éléments du texte les uns
par rapport aux autres.
Exemple: le rapport qui a trait aux Etats-Unis …
rort a
sera noté :
USA
- la parenthèse : dans tout discours, certains éléments sont indiqués pour préciser une idée,
pour préciser un point particulier, mais ne sont pas essentiels à l’enchaînement de la pensée.
Ces éléments du discours doivent être notés entre parenthèses, au-dessous de l’élément
principal auquel ils se rapportent.
Exemple : 14 ans : 23% ? fumer parfois
(10%) ? 每天
Cette note signifie : à 14 ans, 23% des jeunes disent fumer de temps en
temps et parmi eux 10% le font tous les jours.
- Les vingt symboles
Il est utile d’avoir des symboles pour exprimer les mots-concepts qui reviennent le plus
souvent dans les discours, voici les vingt que nous proposons :
- : : la pensée - // : relation, par rapport à
- “ ” : la parole - ? : orientation
- ↗ : augmentation - ☉ : discussion
- ↘ : diminution - ? : pays
- ? : différence - OK : approbation
- = : égalité - Pb : problème
- > : supérieur à - bp : beaucoup
- < : inférieur à - ? : pourquoi, question

- ∵ : cause - Mo : million
- ∴ : conséquence, donc, ainsi - Md : milliard

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Exercices pratiques
Nous allons nous servir d’un discours à titre d’exemple (Les congés payés) pour illustrer la
méthode de la prise de notes.
Les congés payés (texte)
En France, dans les années 30, des gouvernements de gauche ont imposé
l'arrivée d'une nouvelle loi, une loi qui allait transformer la vie des Français.
Cette loi était celle des congés payés. Les congés payés, cela veut dire que les
employeurs devaient laisser tous leurs employés prendre des vacances, plusieurs
jours de vacances dans l'année, et en plus leur verser leur salaire comme s'ils
travaillaient normalement. Au début, ces congés payés n'étaient pas très longs,
mais bientôt ils ont pris la valeur d'un mois, un mois entier pendant lequel tous
les Français, quelle que soit la catégorie de travail qu'ils font, peuvent prendre
pour partir en vacances, et ils reçoivent quand même leur salaire. Cette habitude
des congés payés a réellement transformé la société, car avant les gens n'avaient
absolument pas le temps de partir visiter les différents lieux de tourisme. Mais à
partir de ce moment, le tourisme est devenu en France une activité très
importante et les vacances sont devenues une part essentielle de la vie des
Français, qui y sont très attachés. D'après certains sondages, beaucoup de
Français préfèrent gagner moins d'argent et obtenir plus de vacances que le
contraire. Autrefois - quand je dis autrefois, je veux dire jusqu'aux années 70,
jusqu'à la fin des années 70 à peu près, presque tout le monde prenait son mois
de vacances en même temps : au mois de juillet ou au mois d'août, et surtout au
mois d'août, parce qu'à ce moment-là les enfants sont en vacances, les parents
peuvent donc partir avec leurs enfants, et il ne fait pas chaud partout en France,
alors on préfère choisir le mois d'août qui est le mois le plus chaud de l'année.
Cette habitude de partir au mois d'août était si répandue qu'à cette époque-là
beaucoup d'usines et beaucoup de lieux de travail fermaient carrément au mois
d'août. Dans les grandes villes, comme la ville de Paris, on ne trouvait plus
personne, tout le monde était parti prendre ses vacances, et même les magasins
fermaient. Si vous vouliez acheter du pain au mois d'août à Paris, c'était très
difficile, il fallait parfois aller très très loin avant de trouver une boulangerie
ouverte.

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De nos jours, les Français ont accepté de répartir la date de leurs vacances
afin que tout le monde ne parte pas ensemble et qu'on ne soit plus obligé de
fermer les usines et les entreprises au mois d'août. Certains Français partent
au mois de juin, d'autres au mois de septembre, mais les vacances restent
néanmoins très très importantes.
(notes)
Fr? 30 年代?

govt ? 左?
congé payé
___________________________________________________________________________
vacances + salaire
CP: 雇主 員工

pas long? 開始? 1 mois

改變 Fr 人生活? ∵ 以前無 temps


ms 現在 vacances ? Fr 人生活
重視

sondages : bp Fr 人希 少$多 vacances

七○年代: 大家 七或八月 vacances


特 八月 ∵ - 小孩 vacances

- 最熱
usine

公司, 店家

ex : Paris? 無 pain, 要走很遠)

今:分散 vacances 六月

九月
∴ usine
公司 不關? 八月?
總之 Fr 人 重視 vacances

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(commentaires)
:marque la séparation entre deux parties qui ont un lien de sens entre elles à
l’intérieur d’un même passage
: • marque la séparation entre deux parties qui n’ont pas de lien entre elles
• fin du discours
Les dates sont toujours disposées à gauche de la page.
七○年代: « ? » signifie « remonter à »

Le contenu du cours d’interprétation, qu’il s’agisse du matériel pédagogique, des


méthodes d’enseignement ou de prise de notes, est le fruit d’expériences pédagogiques
menées pendant huit ans à l’institut de recherche et pendant deux ans au département.

Réaction des étudiants

A la fin de chacune des huit années d’enseignement de l’interprétation à l’institut de


recherche et au département, nous avons mené une enquête auprès des étudiants concernant
la motivation, le choix du matériel pédagogique, l’amélioration des compétences
linguistiques, l’exercice du raisonnement logique, l’exercice de la transcription, ainsi que
les difficultés rencontrées et les bénéfices du cours.
En général, les étudiants sont motivés par ce cours, ils souhaitent améliorer l’écoute et
l’expression orale, travailler leur raisonnement logique, exercer leurs réflexes et développer
des compétences d’interprétation. Par ailleurs, ils sont satisfaits de l’organisation de ce
cours. Quant aux difficultés rencontrées, elles résident plutôt dans l’écoute des actualités
télévisées.
Voici les bénéfices que les étudiants pensent avoir retiré du cours d’interprétation
consécutive :
- pour ceux de l’institut de recherche, les plus grands bénéfices sont les suivants :
- amélioration de l’écoute et de l’expression orale
- amélioration des capacités de raisonnement logique
- enrichissement du vocabulaire et meilleure connaissance de son emploi
- meilleure connaissance de la syntaxe et de la grammaire
- amélioration de l’expression chinoise

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淡江人文社會學刊【第二十期】

- meilleure confiance en soi quand ils parlent en français


A part quelques réserves sur la transcription, le bilan est très positif, les étudiants
réalisent que ce cours leur est bénéfique sur le plan linguistique et développe leur capacité
de raisonnement logique.
Bien que l'institut soit avant tout un lieu de formation à la recherche, les étudiants ont
un grand désir de continuer à y perfectionner leur niveau linguistique. Or, les cours
habituels de l' institut privilégient fortement l'écrit. A cet égard, le cours d'interprétation, qui
fait travailler l'oral ainsi que les réflexes, comble un manque important et répond aux
attentes des apprenants. De plus, en choisissant bien la méthode et le matériel pédagogique,
on peut les aider à non seulement avancer sur le plan linguistique, mais encore développer
leurs capacités d'analyse, de synthèse et de raisonnement logique, et même améliorer leur
expression en langue maternelle. Ce constat nous encourage fortement à maintenir le cours
d'interprétation au sein du cursus de l'institut.
Les actualités télévisées sont un matériel pédagogique unanimement apprécié des
étudiants. Malgré la difficulté, la variété des sujets, leur aspect vivant et l'abondance de
connaissances qu'elles procurent permettent aux apprenants d'enrichir leur vocabulaire et
d'améliorer leurs compétences d'analyse logique, d'élargir leur vision et leurs connaissances.
La transcription permet aux étudiants de comprendre l’information à fond et
d'apprendre beaucoup sur les évènements et le monde. Elle leur permet également de se
familiariser avec les structures et nombres d'expressions françaises. L'enseignant peut en
profiter pour attirer leur attention sur certains détails de grammaire. Le seul inconvénient
est l'influence négative qu'elle peut parfois avoir lorsque les élèves se reposent trop sur leur
transcription au moment de l'interprétation et traduisent mot à mot. Il convient donc
d'exiger au moment d'interpréter qu'ils laissent de côté leur transcription pour se concentrer
sur le français qui leur est lu, tout en prenant des notes.
- pour ceux du département, les plus grands bénéfices sont les suivants :
- victoire sur la peur d’écouter du français et surtout, des informations d’une
certaine longueur
- amélioration de l’écoute et de l’expression orale
- enrichissement du vocabulaire et des connaissances sur la France
- amélioration des capacités d’analyse et de raisonnement logique
- meilleure maîtrise de la manière de structurer son discours

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口譯課在法語教學中之功能

- meilleure maîtrise des structures grammaticales


- meilleure capacité à rédiger des compositions et meilleure capacité
communicative
- amélioration de l’expression chinoise
- apprentissage des techniques de prise des notes
- meilleure connaissance de la vision que les Français ont du monde

Conclusion

Le présent article se veut une réflexion sur de nombreuses années d’expérience de


l'enseignement de l’interprétation à l’université Fu-Jen, huit années en maîtrise et deux
années en licence. Il est important de rappeler que les deux années de formation d’interprète
à l’Ecole Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs (ESIT) de l’auteur sont à l’origine de la
création du cours. C’est pour cette raison que la méthode d’enseignement est basée sur la
théorie interprétative de la traduction préconisée par cette école.
Comme nous l'espérions, l'expérience du cours révèle que cette théorie du sens permet
effectivement d’apprendre aux étudiants à se détacher des mots pris individuellement pour
saisir le sens intégral du discours. De plus, le processus interprétatif les oblige à interpréter et
à analyser les idées en fonction du contexte avant d’en faire la synthèse. C’est une démarche
d'apprentissage pénible pour nos élèves du fait qu’ils n’ont jamais reçu de telle formation lors
de leurs études antérieures. Mais le dicton le dit bien, « la souffrance n'est pas vaine », et
l'exercice ardu de cette démarche analytique peut les habituer petit à petit à réfléchir. A ce
niveau-là, l’enseignant joue un rôle indispensable car les étudiants ont besoin d’être guidés
par ses questions judicieusement posées pour trouver la bonne piste de réflexion.
Dans l’ensemble, que ce soit à l’institut de recherche ou au département, le cours
d’interprétation attire beaucoup les étudiants et répond à leurs besoins d’apprentissage
linguistique. Si l’on fait le bilan des huit années d’expériences, on peut dire qu’il est très
positif, c’est vraiment encourageant pour l’enseignante qui, partant de zéro, a dû tout
concevoir elle-même, passant en particulier beaucoup de temps à sélectionner des actualités
télévisées reflétant la société ou la vie française tout en n'étant pas trop difficiles à
comprendre.
A l’avenir, nous espérons pouvoir faire davantage d’exercices du chinois vers le français.

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淡江人文社會學刊【第二十期】

Cette pratique permettra aux étudiants de développer leur capacité d'expression en français et
d’améliorer leur grammaire.

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口譯課在法語教學中之功能

Notes:

(1) Danica Seleskovitch, et Marianne Lederer (1993). Interpréter pour traduire, Paris :
Didier Erudition
(2) Danica Seleskovitch, (1975). Langage, langues et mémoire, Paris : Lettres modernes
minard, p.105
(3) Danica Seleskovitch, (1968). L’interprète dans les conférences internationales, Paris :
Lettres Modernes, pp. 109-110
(4) Danica Seleskovitch, (1975) Langage, langues et mémoire, op. cit., p.87
(5) Ils sont extraits de La prise de notes en interprétation consécutive, Jean-Français Rozan,
Librairie de l’Université Georg Genève, 1984, pp. 14-21

Bibliographie

Delisle, J. (1980). L’Analyse du discours comme méthode de traduction. Ottawa :


Editions de l’Université d’Ottawa.
Lavault, E. (1998). Fonctions de la traduction en didactique des langues. Paris: Didier
Erudition.
Lederer, M. (1994). La traduction aujourd’hui. Paris : Hachette.
Seleskovitch, D. (1968). L’interprète dans les conférences internationales. Paris :
Lettres Modernes .
Seleskovitch, D. (1975). Langage, langues et mémoire. Paris: Lettres Modernes.
Seleskovitch, D. et Lederer, M. (1993). Interpréter pour traduire. Paris: Didier Erudition.

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