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Bouches-du-Rhône,

Le 20 mars 2018,

Cher-e-s camarades,

Lors du Congrès fédéral de Septèmes-les-Vallons, samedi 17 mars dernier, j’ai déposé


ma candidature au poste de Premier secrétaire fédéral du PS des Bouches-du-Rhône.

Cette candidature n’est pas le fruit du hasard. Elle est l’aboutissement de 14 années
de militantisme au service d’un collectif : celui de notre famille politique. Autant
d’années à militer avec toute la fidélité due à notre parti au service des autres et de
l’idéal socialiste. Conseiller fédéral puis secrétaire fédéral à la politique de la ville, à
l’égalité, à l’organisation de notre fête de la rose, je suis depuis le dernier congrès,
secrétaire de la section du 12ème arrondissement de Marseille. A ce titre, j’ai toujours
souhaité impliquer la section dans la vie locale de notre arrondissement. Voilà ma
conception de la politique : sortir de l’entre soi et créer les synergies nécessaires
entre le PS et les acteurs de la vie citoyenne.

Parallèlement, rentré en 2002 à la SNCF, très vite je suis devenu délégué syndical à
l’UNSA Ferroviaire. Cela correspond à l’idée que je me fais du syndicalisme : dialogue,
autonomie, réformisme mais sans exclure une dose de radicalité lorsque cela est
nécessaire. C’est ainsi que j’ai passé une partie de ma vie professionnelle pour
défendre les intérêts des salariés de l’entreprise. Aujourd’hui, au titre de mon
organisation syndicale, je siège au Conseil économique, social et environnemental
(CESER) de notre région.

C’est donc au cœur de la société civile organisée que j’essaie, avec beaucoup
d’humilité, de défendre une vision plus sociale et plus humaine de la société. Ce
mandat de conseiller CESER est indemnisé à hauteur de 17 000 € annuels que je
reverse intégralement à mon syndicat. Pour moi, s’engager n’a jamais été synonyme
d’intérêt et de profit personnel mais plutôt celui de servir : un collectif, une cause,
des droits.

J’ai construit mon parcours professionnel en toute indépendance du pouvoir politique


ce qui me confère, depuis le jour ou j’ai poussé la porte de notre parti, une grande
liberté de ton, d’esprit et d’action. Détenteur d’aucun mandat électoral, c’est avec
cette même liberté que je souhaite, aujourd’hui, m’impliquer à plein temps dans la
renaissance du Parti.
Je ne suis ni le candidat d’un camp, ni celui d’un clan ; je suis le candidat d’une
conviction : il faut tourner la page du vieux système qui nous a conduit droit dans le
mur.

Après une année 2017 soldée par de cuisants échecs électoraux, élection présidentielle
et législatives, le Congrès d’Aubervilliers doit nous permettre de retrouver une
cohérence idéologique et militante afin d’exister à nouveau. Parce que c’est bien de
cela dont il s’agit : ne pas disparaître !

Dire que notre fédération est abîmée est, à ce jour, un constat partagé par tous. Elle
qui a marqué l’Histoire de notre territoire par de grandes réalisations. Elle qui a vu les
siens, sous la Vème République, diriger la Région PACA pendant près de 30 ans, le
Département des Bouches-du-Rhône pendant plus de 60 ans ou encore administrer de
nombreuses communes, est aujourd’hui malade.

Ø Malade de son incapacité à stimuler la réflexion politique de ses adhérents par la


communication et le débat d’idées autour des grands sujets locaux, nationaux et
internationaux sur lesquels l’appareil fédéral reste depuis trop longtemps muet.

Ø Malade de l’inertie des tenants de l’appareil fédéral face à l’attitude insupportable
de deux élus qui ont partagé, il y a quelque temps, un message public à caractère
antisémite, ou encore en posant de manière ostentatoire avec des élus du FN.

Ø Malade enfin, des incohérences politiques de certains dirigeants qui n’ont pas hésité
à abandonner les militants socialistes à leur sort, lors de la dernière campagne
présidentielle. Les mêmes qui sont prêts aujourd’hui, dans ce Congrès, à faire le grand
écart idéologique en semant la confusion auprès des militants de la fédération.

Comme bon nombre d’entre vous, je ne crois pas au mariage de la carpe et du lapin
tel que nous le proposent la mandataire de Stéphane Le Foll et la candidate Nora
Mebarek, représentante d’Emmanuel Maurel dans cette fédération. Pour moi, il n’y a
pas d’accord technique, il n’existe que des accords politiques !

Lors du scrutin du 15 mars dernier, mes cher-es camarades, vingt-sept sections sur 84
n’ont pas voté. Si l’on ajoute à cela les nombreuses villes où il n’y a plus de sections
socialistes, c’est donc, dans plus de la moitié des communes de ce département que la
parole socialiste n’est plus portée. Voilà la triste réalité de la gestion fédérale de ces
dernières années. Je suis, pourtant, persuadé qu’il reste des femmes et des hommes
profondément socialistes sur ces territoires. Dès le 30 mars, je m’attèlerai à renouer
le dialogue avec celles et ceux qui ont un temps fait le choix de se mettre en marge
du parti, de les convaincre de revenir dans la maison commune pour aborder les
prochaines élections municipales dans les meilleures conditions.


Mes cher-e-s camarades, je ne suis pas socialiste par héritage, je le suis par choix.
Comme vous, j’ai participé à des réunions houleuses entre camarades ; comme vous,
j’ai pleuré le soir de défaites électorales ; comme vous, j’ai eu la fierté de participer à
de belles victoires collectives. Ce parti m’a tout appris au fil de mon engagement
militant : il m’a appris à débattre, argumenter, construire des mobilisations
citoyennes. Je veux à mon tour me mettre à son service.

C’est pourquoi aujourd’hui, militant du Parti socialiste dans les Bouches-du-Rhône,


attaché à mon histoire, à mes valeurs et désireux de construire un avenir commun
pour tous les camarades de ce département, Je me donne comme objectif et
impérieuse nécessité de refaire de cette fédération notre maison commune.

Pour cela, je m’engage à :

• exercer la fonction à plein temps, pour la fédération, au service de ses militants, des
cadres et des élus

• dans les 3 premiers mois de mon mandat, aller à la rencontre de tous les socialistes du
département pour présenter un projet de plan d’action fédéral que je soumettrai au
vote des militants

• Organiser la réunification des groupes existants au nom des socialistes au sein de


plusieurs instances dans notre département

• mettre en place des comités-villes, comme prévus par nos statuts, dans les villes à
conquérir en 2020, comme Aix-en-Provence et Marseille

• entreprendre toutes les démarches nécessaires et sincères pour créer à nouveau les
conditions d’un rassemblement de la gauche, avec l’ensemble de nos partenaires
désireux de discuter avec nous

• organiser, dès le début de la mandature, une grande conférence militante au sein de


notre fédération portant sur l’évolution de la métropole Aix-Marseille Provence, qui
fait toujours débat au sein de la famille socialiste

• organiser une journée trimestrielle de formation à l’histoire de la Fédération, du Parti


socialiste, et plus largement de la Gauche.

• réformer le mode de cotisation en abaissant le montant de la première tranche : de


trop nombreux camarades peuvent difficilement payer les 42€ minimum demandés
aujourd’hui. Généraliser le prélèvement automatique mensuel.

• rembourser intégralement les candidats aux élections législatives de 2017 dont le score
n’a pas permis le remboursement par la CNCCFP quelle que soit leur sensibilité

• engager un travail autour de l’acquisition d’un nouveau siège, dans un esprit collectif
et collaboratif avec la création d’une commission ad-hoc composée à la
proportionnelle des motions

• répartir ainsi les 1,2 millions d’euros de la vente du 58 Rue Montgrand : 400.000 euros
destinés à l’acquisition d’un nouveau siège, 200.000 euros alloués aux sections pour
qu’elles mènent des campagnes propres à leurs territoires et 600.000 euros réservés
pour aider tous les socialistes de notre fédération à préparer les échéances
municipales et départementales

• confier la présidence des 3 commissions (Bureau fédéral des Adhésions, Commission


fédérale de contrôle financier, Commission des conflits) à des camarades issus de
motions différentes

Cher-e-s camarades,

Les temps qui viennent seront des temps d’épreuve pour les habitants de notre
département. De l’épreuve peut naître le désespoir ou l’espérance. Mais pour que
naisse l’espérance et que celle-ci s’incarne dans notre projet politique, il faudra
commencer par être aux côtés de nos concitoyens.

Ce que je sollicite par ma candidature, ce n’est pas un marchepied, une estrade, un


tremplin, encore moins un statut. Ce que je sollicite devant vous, militants socialistes
des Bouches-du-Rhône, au commencement de ce combat, de cette épreuve que nous
traverserons ensemble, c’est l’honneur, en votre nom, d’être en première ligne.

Je vous prie de croire en l’assurance de mon amitié socialiste.

Yannick OHANESSIAN
Candidat au poste de Premier secrétaire fédéral des Bouches-du-Rhône










A votre disposition, pour échanger davantage sur mon projet de plan d’action fédéral
yann.ohanessian@gmail.com