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M4 Mouvement de particules chargées

Exercices

Pour les exercices on pourra utiliser les données suivantes :


Données :
Masse d’un nucléon : m ≈ 1,67 · 10−27 kg Masse d’un électron : me ≈ 9,11 · 10−31 kg
Constante de Planck : h = 6,63 · 10−34 J · s Charge élémentaire : e ≈ 1,60 · 10−19 C

Entraînement

 Étudier le mouvement d’une particule dans un champ électrostatique.

Exercice A Oscilloscope analogique ‡◊◊

Dans un oscilloscope analogique, un faisceau d’électrons est émis au point C avec une vitesse quasi nulle. Il est accéléré par
une tension U0 entre les point C et E situés sur l’axe (Ox).

→ −→ −

Puis, il pénètre en O avec la vitesse v0 = v0 e x , dans le champ électrique E supposé uniforme régnant entre les plaques
métalliques d’un condensateur, symétriques par rapport au plan (Oxz), de longueur L = 10 cm et séparées par une distance
d = 2 cm.
Le champ électrique est créé par une tension U appliquée entre les deux plaques. Le faisceau sort en A de la zone où règne le
champ, puis il atteint finalement l’écran de l’oscilloscope en un point B. L’écran est à la distance D = 10,0 cm du milieu des
plaques.

Figure 1 – Schéma de principe de l’oscilloscope analogique

(1) Indiquez, en le justifiant, le signe de V E − V C .




(2) Déterminer, la norme v0 de v0 en fonction de U0 et de données propres à l’électrons. A.N. pour U0 = 1,0 kV.

(3) Déterminer en justifiant, l’ordonnée y A du point de sortie A en fonction des données du problème.

(4) Justifier alors, en vous intéressant aux caractéristiques du mouvement entre A et B, que l’ordonnée y B du spot sur l’écran
est proportionnelle à la tension U. A.N. du coefficient de proportionnalité. Proposer un moyen de changer la division
verticale, i.e, ce coefficient de proportionnalité.

(5) On applique une tension sinusoïdale U(t) = E0 cos(2π f t) et on souhaiterait que l’altitude des spots lumineux sur l’écran
décrive aussi une fonction sinusoïdale. Justifier que ceci sera impossible si f est grand devant une fréquence que l’on
exprimera en fonction de v0 , L et D. Application numérique.

1
Mécanique : Chapitre 4 Mouvement de particules chargées

 Étudier le mouvement d’une particule dans un champ magnétostatique.

Exercice B Spectromètre de masse ‡‡◊




ey

→ −

E ex
Un spectromètre de masse a pour but de séparer des molécules O
en fonction du rapport de leur masse sur leur charge. Une première
partie se charge d’arracher des électrons à une molécule M pour la
transformer en ion Mn+ . Cet ion est ensuite accéléré puis passe L −
→ R
B
dans une zone dans laquelle règne un champ magnétique qui le
dévie.
On suppose que le dispositif ionisant ne crée que des ions M+ ,
c’est-à-dire de charge e = 1,60 · 10−19 C (c’est une très grosse sim-
plification) et les envoie dans l’accélérateur avec une vitesse nég-
ligeable en x = −L, y = 0 et à l’instant t = 0. On suppose que
l’accélérateur est constitué d’une zone (entre x = −L et x = 0)

→ −

dans laquelle règne un champ électrique constant E = E0 e x .
yD


→ −→
En x = 0, les ions pénètrent dans une zone (x > 0) où règne un champ magnétique constant B = B0 ez (pas de champ
électrique).

(1) Déterminer l’instant t 0 du passage des ions en x = 0 puis leur vitesse v0 en cette même position.
−→
(2) Justifiez qu’une fois passé le point O, les ions restent dans un plan orthogonal à B et qu’ils sont bien déviés dans le sens
décrit par le schéma.

(3) En admettant que la trajectoire dans le champ magnétique est bien un cercle, trouver en quelle position y D il faut placer
le détecteur pour détecter l’ion. On donnera une expression de y D dépendant du champ magnétique B0 .

(4) Si la masse de la molécule augmente, faudra-t-il placer le détecteur plus loin ou plus près du lieu d’injection des ions ?
Donner l’intérêt d’un tel dispositif.

Problèmes

Exercice C Effet photoélectrique et mesure de vitesse ‡‡◊ Utiliser les potentiels électriques
Appliquer des théorèmes énergétiques
On dispose d’une photocathode au césium éclairée par une lumière monochromatique. Au dessus de la longueur d’onde
λ0 = 580 nm, aucun électron n’est émis. On rappelle que l’énergie cinétique maximale des électrons (masse me et charge −e)
émis E c est liée à l’énergie du photon absorbé E ph par la relation

E c = E ph − W A

où W A est appelé le travail d’extraction et représente l’énergie minimale à fournir pour que les électrons soient éjectés.
En face de la photocathode est située une autre plaque, l’anode: la photocathode est reliée à la masse et l’anode est placée au
potentiel −V < 0. Le tout est placé dans une ampoule de verre dans laquelle on fait le vide.

(1) Lorsque la longueur d’onde de la lumière éclairant la plaque de césium est λ0 , quelle est l’énergie cinétique maximale
des électrons émis? En déduire la valeur numérique de W A en J et en eV.

(2) On éclaire maintenant la photocathode par une lumière de longueur d’onde λ < λ0 . Exprimer l’énergie cinétique
maximale des électrons émis puis leur vitesse maximale en fonction, entre autres, de λ et λ0 .

(3) Comment s’exprime, en fonction de λ, la valeur maximale V0 de V pour laquelle les électrons atteignent l’anode?

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Mécanique : Chapitre 4 Mouvement de particules chargées

Exercice D Accélérateur de type cyclotron ‡‡◊ Mettre en équation le mouvement dans un champ E et B
Appliquer les lois de la dynamique
Dans un accélérateur de type cyclotron, on incurve la tra-
jectoire des particules à l’aide de champs magnétiques uni-
formes dans deux zones en forme de “D”, appelées “dés” en
français (“Dees” en anglais). Entre les dés se trouve un petite
zone d’accélération où règne un champ électrostatique uni-
forme qui accélère la particule en ligne droite.
Après une accélération, la particule entre dans un dé
où elle parcourt un demi-cercle avant de revenir dans la
zone d’accélération, dans laquelle on a pris soin entre-temps
−→
d’inverser le sens de E , etc. . . Les rayons des arcs du cercle
croissent jusqu’à ce que la particule quitte le cyclotron.
La valeur du champ magnétique uniforme et constant
dans les dés est B = 1,0 T. L’amplitude de la tension car-
rée générant le champ électrostatique entre les dés est U m =
2,5 · 103 V

(1) Justifier que dans un dé, le mouvement du proton est plan et uniforme.
Pour la suite, on supposera la trajectoire circulaire dans un dé.

(2) Quelle doit être la fréquence f de la tension à appliquer entre les dés pour que le champ accélère au mieux les protons
(on considèrera que le temps de passage entre les deux dés est négligeable devant les autres temps de parcours). Cette
fréquence est appelée fréquence cyclotron.

(3) Exprimer, en joules et en électronvolts, l’augmentation d’énergie cinétique d’un proton à chaque accélération. Combien
de tours devra faire le proton pour passer d’une vitesse d’injection quasi nulle à une vitesse v f = 25 · 103 km.s−1 ?

(4) Quel est le rayon du dernier arc de cercle parcouru par les protons lorsqu’ils ont atteint cette vitesse ? Commenter la
valeur obtenue.

Lorsque les particules ont effectué un grand nombre de tour dans le cyclotron, elles atteignent des vitesses relativistes, v ' c.
Dans le cas de la relativité restreinte, le principe fondamental de la dynamique et les théorèmes énergétiques sont inchangés,
mais il faut tenir compte d’un facteur γ dans l’expression de la quantité de mouvement du système ou de l’énergie
cinétique (comme indiqué dans le document 1).
Document 1


Si une particule est animée d’une vitesse v de norme v par rapport à un référentiel d’étude, sa quantité de mouvement


p et son énergie cinétique E c dans ce référentiel sont données par:

→ −

E c = (γ − 1)mc 2 p = γm v

1 v
où c est la vitesse de la lumière et γ dépend de v selon l’expression γ = v . On note parfois aussi β = .
t  v 2 c
1−
c

(5) En appliquant le théorème de la puissance cinétique, montrer que γ est constant dans le dee. Quelle est l’expression du
rayon du mouvement du proton (toujours supposé circulaire) dans le dee en tenant compte de γ ?

(6) À partir de quelle vitesse v ce rayon est-il modifié de plus de 1% par rapport à sa valeur classique (i.e. γ = 1) ?

(7) La fréquence cyclotron dépend-elle de la vitesse v lorsque l’on s’approche de cette limite relativiste v u c?

(8) Quels problèmes peuvent alors se poser expérimentalement (dans la construction et l’utilisation du cyclotron) lorsque
l’on atteint de grandes vitesses ?

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Mécanique : Chapitre 4 Mouvement de particules chargées

Exercice E Lentille magnétique ‡‡‡




Des électrons sont émis grâce à un canon à électron depuis un point O de l’espace avec une vitesse v0 de norme V0 . L’énergie
cinétique communiquée aux électrons est toujours la même, mais la direction du vecteur vitesse en O des électrons émis peut


faire un angle α avec la direction du canon (que l’on supposera portée par ez ).
Cet angle α pourra cependant être supposé suffisamment petit.


→ −→
(1) Les électrons sont soumis, en première approximation, à un champ magnétique uniforme B = B0 ez . Montrer que, dans
−→
l’approximation d’un petit angle α, les électrons repassent tous par l’axe du canon (O, ez ) pour la première fois en un
même point C. On donnera la côte de C en fonction de B0 , V0 et des paramètres utiles.

(2) On suppose maintenant que les électrons sont soumis à l’action d’un champ magnétique possédant une symétrie de
révolution par rapport à l’axe du canon, de sorte que1 :

→ −→ r df − →
B (r, θ , z) = f (z) ez − er
2 dz


où (r, θ , z) sont les coordonnées cylindriques d’origine O, d’axe ez .
e 2
Justifier que r 2 θ̇ = r f + cst.
2m

→ −

Montrer que la vitesse de rotation autour de ez ne dépend que de la composante selon l’axe ez du champ.



On ne suppose désormais plus que les électrons sont émis en O mais en un point A de l’axe (O, ez ). On note toujours V0 la
norme de leur vitesse. Le champ est toujours celui décrit en question (2).
−→
On suppose désormais que les électrons ont des trajectoires peu inclinées par rapport à l’axe (O, ez ) et on pose r(t) = g(z(t)).

(3) Montrer que dans ces conditions, g vérifie l’équation :

d2 g e2 f 2 (z)
+ g =0
dz 2 4mV02

−→
On peut alors montrer dans ces conditions que si un électron est émis en un point A de l’axe (O, ez ) alors il recoupe cet
−→ −→
axe en un point A’, et que cette propriété ne dépend pas de l’angle α entre v0 et (O, ez ) à condition que α soit assez
petit.
On dira alors que les points A et A’ sont conjugués. La condition α  1 est similaire aux conditions de Gauss pour les
ondes électromagnétiques.

−→
On suppose maintenant que la région où le champ B exerce une action significative est très localisée autour de O. On note
−→
d la largeur de la zone centrée en O, sur l’axe (O, ez ) en dehors de laquelle le champ magnétique est négligeable. On note A


le point d’émission de l’électron, toujours avec un angle α par rapport à (O, ez ), et A’ le point où il recoupe l’axe après O.
d d
On pourra supposer d  OA et d  OA0 , et supposer le champ nul pour z ∈
/ [− ; ]. Au premier ordre, on supposera
2 2
également r = r0 = cst dans cet intervalle.

(4) Justifier que le système est alors équivalent à une lentille mince dont on donnera la distance focale f 0 .
B0 −1
(5) Application numérique : on suppose Bz (z) = f (z) =  z 2 et B0 = 0,010 T, a = 5,0 mm, V0 = 2,5 · 10 m.s (on
7

1+
a
négligera le caractère relativiste). Proposer un ordre de grandeur de d.
+∞
R 1 π
On rappelle : dx = .
−∞ (1 + x 2 )2 2

1 −

Ce champ est celui créé par une bobine de centre O proche de son axe ez

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Mécanique : Chapitre 4 Mouvement de particules chargées

Aides/résultats des exercices


.
 Exo A :

→ −→
(1) : V E > V C pour que le champ E (qui est dirigé vers les potentiels les plus faibles) soit dirigé de E vers C (selon − e x ) et

→ −
→ −

les électrons accélérés par F = −e E une force selon + e x .
1
(2) Faire un bilan d’énergie cinétique : ∆E c = −∆E p = e(V c − V e ) = me v02 . v0 = 1,9 · 107 m.s−1
2
(3) : Faire un P.F.D. dans le condensateur de longueur L. Equations horaires du mouvement en posant t = 0 à l’entrée du
e U t2 U L2
condensateur : x = v0 t, y = D’où : y A =
me d 2 4U0 d
dy
(4) Mouvement à accélération nulle à justifier. Mouvement en ligne droite : trouver (x = L) pour avoir l’équation.
dx
U LD y
En déduire y B = . A.N. B = 0,25 mm.V−1 . Changement via U0 (plus aisément réglable avec des résistances variables).
2U0 d U
L
D+
(5) Le temps de vol d’un électron doit être très inférieur à la période. Ainsi 2  T ⇔ f  v0 = 0,12 GHz.
v0 L
D+
2
 Exo B :
v s
t 2Lm 2eE0 L
(1) : Faire un P.F.D. en présence du champ électrique seul : t 0 = ; v0 = .
eE0 m

→ −
→ −
→ − →
(2) En projection sur ez , on en déduit que mz̈ = (e v ∧ B0 ez ) · ez = 0. Comme à t 0 , ż(t 0 ) = 0, on a ż = 0 à tout instant. Le

→ −

mouvement est donc dans un plan z = cst, orthogonal à B = B0 ez .
−→ −→ −→ −→ −→
Initialement la force est F (t 0 ) = ev0 e x ∧ B0 ez = −ev0 B0 e y . On accélère bien l’ion selon − e y .
v
mv0 u 8mE L
0
(3) Justifier que le mouvement est uniforme puis trouver le rayon. Finalement : y D = −2R = −2 =−
t
eB0 2
eB0

(4) Si la masse augmente, il faudra placer le détecteur plus loin du lieu d’injection. (Attention à bien remplacer v0 par son
expression en fonction notamment de m pour conclure ici, sinon, ce n’est pas totalement justifié.) On peut ainsi avec plusieurs
détecteurs, compter le nombre d’ions ayant une masse donnée : on détecte le nombre d’isotopes.
 Exo C :
(1) : W A = 2,14 eV ;
hc 1 1
 ‹
(3) : V0 = −
e λ λ0
 Exo D :
(2) : f = 1,52 · 107 Hz ;
(3) : ∆E c = 4,0 · 10−16 J et 6,5 · 102 tours ;
(4) R = 0,26 m ;
(6) : v = 4,2 · 107 m.s−1
 Exo E :
2πv0 me
(1) : z c = ;
eB0
1 dr 2 θ̇
(2) : Utiliser les coordonnées cylindriques et remarquer que r θ̈ + 2ṙ θ̇ =
r dt
(3) Trajectoire peu inclinée : ż ≈ V0 .
dg d r0 dg d r0 1 e2 +∞ R
(4) Hors de la zone, les trajectoires sont des droites : (− ) ≈ et ( )≈ ; = 2
f (z)2 dz.
dz 2 0
AO dz 2 AO f0 2
4me V0 −∞
(5) : f 0 = 10 cm

5/5