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INTRODUCTION A L’HISTOIRE DE FRANCE

I°) Une naissance controversée

II°) Les enjeux politiques et idéologiques en question

III°) En conclusion

La France métropolitaine aujourd’hui La France dans le Monde en 2015

Introduction

La France métropolitaine compte aujourd’hui 67 000 000 d’habitants et représente une


superficie de 675 417 km². Aujourd’hui puissance économique (6 eme dans le monde) et
politique (elle possède un siège permanent au conseil de sécurité de l’O.N.U), le pays est
membre de l’OTAN et participe aux opérations militaires de l’organisation sur le plan
international. Parfois elle intervient seule lorsque elle considère que son action est
légitime (Mali). Depuis la Révolution française de 1789, la France considère qu’elle porte
en elle une « vision du monde » et elle se veut la protectrice des « Droits de l’Homme ».
Son influence culturelle est réelle comme l’atteste le dynamisme de la francophonie (Près
de 160 millions de locuteur dans le monde).

La Francophonie dans le Monde aujourd’hui.


I°) Une naissance controversée

Au XIXème siècle, certains hommes politiques, désireux de construire une image positive de
la France et soucieux de faire remonter ses origines à des temps anciens proclamaient que
les ancètres des français étaient les gaulois, un peuple qui vécut dans l’Antiquité sur le
territoire de la France actuelle. D’autres considéraient, avec une vision plus politique, ou
religieuse, que la France etait née avec le baptême de Clovis en 498 ou même avec la
Révolution française de 1789. L’émergence et la construction d’une nation (communauté
de personnes qui se reconnaissent une même appartenance) obeit en effet à un processus
complexe dans lequel les intellectuels et les politiques ne sont pas étrangers.

II°) Les enjeux politiques et idéologiques en question

Aujourd’hui encore, dans les livres du cours moyen, après “les temps préhistoriques”, la
Gaule et Vercingétorix continuent de marquer le début de l’histoire et semblent donc
confirmer que les “vrais Français” remontent aux “Gaulois”, les autres n’étant que des
pièces rapportées. Le culte de Jeanne d’Arc semble lier la France à ses racines « judéo-
chrétiennes » et l’extrème droite nationaliste fait de ce symbole un puissant marqueur
identitaire. Ceux qui se revendiquent de la Révolution française et des idéaux de 1789,
considèrent que la France est plus une idée qu’un territoire et que ceux qui défendent ses
valeurs humanistes et souhaitent sincèrement appartenir à la communauté nationale,
même s’ils sont étrangers, ont le droit de devenir français.

Jeanne d’Arc Marianne « guidant le peuple »

Jeanne d’Arc Marianne


III°) Conclusion

Il n'y a pas de date précise à cette naissance, mais plutôt un esprit qui insuffla la vie au
pays. On peut parler d'une histoire de France à partir du moment où les peuples qui
vécurent sur cette terre eurent conscience de former un ensemble cohérent de civilisation
et de peuplement, et où les nations étrangères perçurent ce groupe comme tel, sans que
depuis il y ait eu de rupture fondamentale dans la reconnaissance de cette aire de
civilisation et de peuplement. La France, comme bien d’autre pays dans le monde, s’est
construite dans le temps en se transformant au fil des siècles et en accueillant des
populations d’origines diverses. Plus que d’autres états, elle accueille sur son sol des
populations d’origine diverses ce qui relance dans l’actualité les problématiques liées à la
question de l’assimilation ou à celle de l’intégration. La question de l’identité nationale,
soulevée régulièrement en période de crise politique ou économique, à travers l’Histoire,
reste aujourd’hui encore d’actualité.
Première partie- Les origines

Chapitre premier : Les sociétés primitives


A°) L’Âge de la pierre taillée : Le Paléolithique

L’époque quaternaire (entre environ -2,6 et -1,5 millions d'années), la dernière des
grandes périodes géologiques, que l’homme (Homo habilis) apparaît sur la terre. La forme
et le relief étaient déjà constitués mais le climat était très différent à l’époque. L’époque
quaternaire se divise en deux périodes :

- Période diluvienne : Cette première période voit l’apparition de pluies abondantes,


la formation de glaciers. Le climat se réchauffe progressivement. A cette époque,
de nombreuses espèces animales, que l’on retrouve aujourd’hui dans d’autres
zones géographiques (zone désertique, ou grand nord) vivaient sous les latitudes de
l’espace français.
Auroch de l’ère quaternaire, peinture et reconstitution

Durant la période diluvienne, des objets recueillis dans les alluvions (dépôts de débris des
grands fleuves) permettent aux scientifiques de retrouver des couteaux, des racloirs et
aussi des outils, comme la hache de Saint-Acheul. La plupart de ces outils sont taillés dans
le silex (roche très dure). Ces objets serviront à caractériser l’Homme de type acheuléen.

Silex

Hache de St-Acheul (Picardie)


-Période glaciaire ou l’Âge du Renne : Les pluies diminuent au fil du temps et le climat
devient plus froid et plus sec. La faune se transforme avec le climat et certaines espèces
disparaissent comme l’Auroch ou le Mammouth. La disparition de la végétation liée au
manque d’eau a causé la disparition de ces espèces. Le Renne, qui mange peu s’est
multiplié.

Mammouth

La durée des époques géologiques est floue. Il est donc difficile de dater avec précision les
premières réalisations de l’industrie humaine que l’on retrouve enfouie avec les
ossements préhistoriques. L’Homme commença à tailler la pierre, le bois des animaux. En
étudiant la perfection de ces réalisations, les scientifiques ont essayé de réaliser une
chronologie et d’établir des séries. L’usure des objets retrouvés ne permet pas d’apporter
de grandes précisions et l’on s’intéresse aujourd’hui à des considérations comme le niveau
géologique et la nature de la faune et de la flore qui accompagne cet outillage.

Le type moustérien (grotte de moustier en Dordogne) appartient à l’Âge du renne. Il est


plus habile que le type acheuléen. La taille est réalisée avec plus de précision et de finesse

Silex de type mousterien

Le type solutréen réalise de nombreux progrès sur les précedents (pointes et flèches). Les
Hommes préhistoriques de la série magdalénienne (grotte de la Madeleine près de celle de
Moustier) fabriquent des objets et des armes avec des os d’animaux, de l’ivoire et des bois
de cerfs. La pierre devient un instrument vulgaire utilisé pour la fabrication des
instruments les plus grossiers. Des aiguilles, des harpons barbelés, des sagaies, font leur
apparition. Les mêmes matières sont utilisées pour un autre usage, la sculpture en relief et
en ronde bosse.

Peintures réalisées par les hommes préhistoriques de type magnaléniens

L’âge du renne est celui des cavernes. A mesure que le climat devint plus rigoureux les
hommes cherchèrent à se protéger du froid. Les demeures rupestres sont parfois
naturelles, parfois elles sont entaillées dans la roche. Elles se rencontrent souvent dans les
régions montagneuses comme le Jura, les Vosges et les Ardennes, les Alpes et les
pyrénées. Dans le sud de la France, l’on retrouve de nombreuses grottes autour de la
Dordogne et netament des sites de Moustier et de la Madeleine.

Carte des grottes préhistoriques

La vie de ces Troglodytes était misérable et ils vivaient dans une malpropreté repoussante.
Mais ils portaient des coquillages et des bijoux. Des sépultures collectives, proches des
foyers humains ont été retrouvées à cette période, elles expriment déjà une certaine
sensibilité chez les premiers hommes.

B°) L’Age de la pierre polie : Le Néolithique (autour de -12000 / -8000 avant n.e)

L’Age de la pierre est marqué par l’invention de la technique du polissage qui coïncide avec
la fin de l’ère quaternaire. Cette technique s’accompagne de nouvelles pratiques, telles
que le travail de la terre. L’Homme ne tire plus sa substance uniquement de la chasse et de
la pêche comme par le passé. Il récolte le blé, l’orge, le grain. Il tisse ses vêtements, mout
son grain, convertit la farine en pain. Il fabrique les premiers produits en céramique, et
commence à fabriquer. A quoi est due cette évolution des populations ? Certains
considèrent qu’elle est le fait d’envahisseurs venus d’Asie, apportant avec eux leurs
techniques. D’autres, les plus nombreux, considèrent qu’elle est le fruit d’une évolution
progressive, indépendante de tout agent extérieur.

Transformations de l’Habitat :

Ces générations ont laissé la trace de leurs constructions à travers les Stations Lacustres,
construites sur pilotis, et dont les restes sont conservés au fond des eaux. On rencontre ce
type de structures, adaptées à la dureté des temps, sur tout le continent mais les plus
anciennes sont aujourd’hui localisées en Suisse, près du lac de Zurich.

La demeure des morts offre deux types :

-La grotte artificielle, creusée à même la paroi rocheuse (surtout présente en Champagne)

-Les monuments mégalithiques : Ce sont des monuments de pierre brute que l’on
distingue en employant des termes aux langues néo-celtiques. Les mégalithes qui ont une
forme allongée sont appelés des menhirs. Ils sont plus de 1500 dispersés sur le territoire
français mais l’on trouve la plupart d’entre eux, et les plus massifs, dans les territoires du
Nord-Ouest de la France. Parfois ils sont alignés de manière circulaire. (Les cromlechs)

Parmi ces monuments mégalithiques, certains, dont on est sûr qu’ils sont des tombes, sont
appelés les dolmens. Pour les autres, les scientifiques se posent des questions.

Mégalithe en forme de dolmen


Menhir taille véritable Cromlechs

Tous les dolmens qui ont été retrouvés contenaient des ossements. Ils étaient à l’origine
complètement fermés et l’entrée en était close. Par-dessus s’élevait un tumulus de terre
et de pierraille. Les dolmens du Morbihan, en Bretagne, sont les plus impressionnants. On
a retrouvé des tas de charbon et des restes d’animaux qui semblent évoquer des sacrifices
rituels. Les dolmens ne sont pas propres aux Celtes puisque on les retrouve jusque dans le
sud-ouest de la France et même en Corse. A la différence des menhirs et des cromlechs,
leur élaboration complexe et leur dissémination sur tout le territoire soulève la question
d’une occupation à grande échelle, d’un peuple dominant.

La carte des dolmens en France


C°) L’Age des métaux (3500 av. n.e)

C’est autour de cette date que la métallurgie fait son apparition et que l’homme
commence à fabriquer des armes et outils en métal. Cette période ne marque pas la
disparition du type d’habitat précédent, les stations lacustres, ni des dolmens. On voit
toutefois apparaître de nouvelles pratiques funéraires, comme l’incinération, puis des
pratiques d’inhumation. La pierre polie continue d’être utilisée mais elle est, au fil du
temps, remplacée complètement par les métaux.

Le cuivre, très répandu, sert tout d’abord à la fabrication des armes (pointes de lances,
flèches, poignards) avant d’être remplacé par le bronze (alliance de cuivre et d’étain) puis
par le fer, assez tardivement. L’apparition du bronze fut sans doute assez tardive car
l’étain fort rare, ne pouvait venir que de la pointe des Cornouailles et il est avéré que les
habitants de cette zone géographique n’ont commencé à produire et à exporter leur étain
avec les régions méditerranéennes qu’autour de -3000 av.n.e.

L’Âge du bronze a vu des transformations dans l’art. Les représentations animales ont
laissé la place à des formes géométriques. Des représentations humaines (femmes
sculptées) sont encore réalisées, comme à l’époque de la Madelaine, mais elles sont
moindres. Le style géométrique, composé de lignes droites, courbes ou brisées, en
méandres, en cercle, en carrés s’impose dans les compositions et il se communiquera
même à la Grèce ancienne et à l’Italie.

Sculptures de la Madelaine (Art ancien)

Sculptures géométrique (Art nouveau)


Les caractéristiques artistiques, le développement et l’innovation qui définit cette période
est commune à une vaste zone géographique. La civilisation du bronze, puis, par la suite,
du fer est en effet présente au cœur du continent européen. C’est pour cela que l’on parle
de la civilisation de Hallstatt (nécropole salzbourgeoise) lorsque l’on évoque cette époque
qui voit l’épanouissement de la forme géométrique et la prolifération des épées en bronze
chez le peule dominant alors en Europe, le peule celte.

Durant la période hallstattienne (-1200 /-475 av.n.e), l’usage du fer a fait son apparition
mais il est encore de mauvaise qualité et les combattants lui préfèrent le bronze. Connu
depuis longtemps, les hommes ne savaient pas le produire à leur avantage mais, au fil du
temps, il se substitue au bronze dans beaucoup d’ustensiles et d’ornements et devient
d’un emploi exclusif dans la fabrication des armes et notamment de l’épée. Cette période
est nommée par les archéologues la civilisation de La Tène (-450/-25 av.n.e), du nom d’une
station Suisse où l’on a retrouvé un important nombre d’objets de fer.

A la fin du IVème siècle avant notre ère, l’épée de fer s’impose sur tout le territoire de la
France actuelle, véhiculé par le déplacement et l’implantation des populations d’origines
celtiques en Europe.

Civilisation de Hallstatt

Zone d’influence de la culture de La Tène


Torque en fer

Divers objets en fer et en bronze de l’époque de Hallstatt

Pratique de l’inhumation des défunts à la fin de la période de la Tène


Chapitre II : Les peuples historiques

Les travaux des grammairiens ont mis en évidence les diverses similitudes qui
caractérisent les langues parlées par les différents peuples européens durant les temps
anciens et aujourd’hui encore. De ces rapprochements, ils ont exprimé l’hypothèse,
aujourd’hui encore incertaine car non fondée sur des traces archéologiques, de l’existence
d’un peuple Indo-Européen (regroupant les Albanais, les Arméniens, les Baltes, les Celtes,
les Germains, les Grecs, les Indiens, les Iraniens, les Italiques et les Slaves. Cet ensemble de
peuples, venus d’Eurasie, se serait déplacé vers l’occident autour de -3000 avant n.e.

La famille Indo-européenne

Le mouvement des populations qui aboutit à la formation du peuple indo-européen


commence dès la fin du paléolithique lorsque le réchauffement du climat permet aux
chasseurs de rennes de suivre le gibier dans la partie nord de l'Europe, débarrassée des
glaces. La migration de ces peuples serait uniquement liée à la question des subsistances.

Migrations Indo-européennes
Exemple linguistique : l’origine du mot « père ».

Pour le groupe des langues romanes : Pour les langues proto-germaniques :

Latin : « pater » Allemand : « Vater »

Espagnol : « padre » Anglais : « father »

Français : « père » Islandais « fadir »

Occitan : « paire » Danois « fader »

Portugais : « pai » néerlandais « vader »

Certaines langues ne peuvent être rapprochées entre elles, ce sont les langues
agglutinatives (Le hongrois, le basque, le Finnois et le Letton). Ce ne sont pas des langues
indo-européennes. La toponymie des noms de lieu, des rivières, servent d’indicateurs aux
historiens et aux linguistes.

A°) Les Ibères et les Ligures

Le peuple des Ibères était présent dans le pays compris entre les golfes de Gascogne et du
Lyon au I millénaire avant notre ère. Les Ibères aquitains, autour de la région de Toulouse,
se distingue en deux groupes : ceux qui parlent un dialecte roman, les Gascons, et les
Basques, dont nous ne connaissons pas l’origine. Ces derniers étaient-ils une composante
de peuples installés en Aquitaine depuis plus longtemps ? On a retrouvé la trace
linguistique commune de noms de lieu sur le territoire des basques mais aussi plus loin,
vers la méditerranée (radical Ili, Iri, Uri, Hiri retrouvé dans l’étymologie d’un certain
nombre de lieux-ville d’Auch (Elimberum) et Elne (Illiberis). La langue Ibère remonte à un
temps antérieur à l’Âge des métaux (tous les instruments tranchants, la hache
commencent par un radical qui signifie « rocher »).

Peuples du sud.
L'origine des Ligures reste énigmatique. Les maigres informations linguistiques dont on
dispose font penser à deux composantes, l'une aurait une origine antérieure à l'arrivée des
populations de langues indo-européennes, l'autre correspondrait à des populations qui
auraient formé un rameau des Celtes. A une époque antérieure aux temps historiques, il
se serait séparé d'une souche plus ancienne, peut-être de la même, que celle dont
descendaient les Celtes et qu'avant ceux-ci ils ont paru dans l'Europe occidentale. Toujours
est-il que de nombreuses spéculations à ce sujet ont été faites. Il est intéressant de les
examiner, tout en sachant que leurs conclusions doivent être considérées avec prudence.

Peuples d’Europe au I millénaire avant J.C

Les Ligures auraient, à une certaine époque, dominés sur le bassin de la Loire. Certains
grammairiens pensent que le fleuve qui porte le nom de Loire, en France, voit son origine
dans de terme « Liger » qui serait d’origine ligure. Les noms de deux localités du Limousin,
Saint-Jean-de Ligoure et Saint-Priest-de-Ligoure (Ligora), pourraient bien être considérés
comme les vestiges que les Ligures ont laissés dans cette région. En France, on a 26
départements, la Corse comprise, où la présence des Ligures est attestée par 90 noms de
lieu que terminent les suffixes -asca, -asca, -usca, -osca, -osco, -usco. De cette constatation,
mais aussi des témoignages des anciens grecs (Strabon), on peut penser que les ligures
formaient à une époque, un peuple relativement puissant et structuré. C’est au tour du
golfe de Gênes que se situe le dernier refuge de l’indépendance des Ligures. Le grec
Posidonius au I siècle avant J.C a laissé de son voyage dans la contrée la description d’un
peuple relativement « barbare » qui vivait principalement de brigandage en
méditérannée.
B°) Les Celtes :

Les ancêtres des Celtes seraient à rechercher parmi les premiers Indo-européens à avoir
remonté le Danube et peuplé la région alpine.

Les Celtes sont directement issus de la civilisation de Hallstatt. L’on retrouve leur trace
originale en Europe centrale (tombes qui renfermaient de nombreuses armes et bijoux en
fer, des chars) mais aussi dans la civilisation des champs d’urnes (présence de nécropoles
ou l’on a retrouvé des urnes contenant les restes des corps incinérés-vers 1300 av. J. C). Au
I millénaire avant notre ère, les celtes vont migrer vers le sud et vers l’ouest de l’Europe.
Ce déplacement de population va s’effectuer de manière continue. Les celtes vont se
répandre dans la péninsule ibérique et, se mélangeant aux ibères, ils vont former la
population des celtibères. Les chercheurs découvrent la présence de mots d’origine
celtique dans l’étymologie de certains noms de lieu en Espagne. Par exemple la ville
d’Adobrica - Localité mentionnée par Pomponius Mela (Description de la Terre, III, 1) sur le
territoire des Artabres. Son nom est celtique, on y retrouve le suffixe *-briga qui signifie
"élévation, mont, colline, forteresse". Il s'agît de l'actuelle Ribadavia (Espagne). De même,
les dialectes néo-celtiques parlés aujourd’hui encore dans le pays de Galles et dans la
Haute-Ecosse gardent des traces de l’ancienne langue celtique. Les traces de la présence
celte sont nombreuses en France (noms de lieux, rivières-exemple le nom de Rhein
« Renos ») On connait peu de chose des celtes anciens puisque la culture orale était
privilégiée à l’écriture par les druides, peut-être pour des raisons spirituelles. Les
témoignages archéologiques, ainsi que les écrits des peuples grecs, puis romains, nous
renseignent sur leurs coutumes. Les Celtes étendirent leur influence culturelle sur toute
l’Europe et menèrent même des incursions militaires jusqu’en Grèce et en Italie (-450
pillage de Delphes ; -490 pillage de Rome) avant de s’installer, pour certains, en Asie
mineure. Au IVème siècle, la puissance des celtes est à son apogée.

Les celtes en Europe au I millénaire avant J.C


D°) Les grecs à Massalia: (Marseille)

La fondation de la cité proprement dite remonte à 600 av. J.-C, selon les traces écrites. Les
découvertes archéologiques ne s'opposent pas à cette datation. La Cité de Marseille fut
fondée, avec d’autres colonies autour du bassin méditerranéen, par des colons grecs venus
de la ville de Phocée en Asie mineure. Divers noms de lieux rappellent les noms des dieux
grecs (le promontoire d’Aphrodite, Port-Vendres de « Portus Veneris » (port de Vénus
anciennement Aphrodite et Astarté). Les deux ports de Hercule, dans la rade de
Villefranche et au pied du rocher de Monaco, ont été consacrés au dieu voyageur Melqart-
Héraclès. En 542 avant J.C, toute la population de Phocée s’embarque pour Massalia car
les perses envahissent les colonies grecques de l’Asie. Très tôt, les massaliotes vont
chercher des alliances avec la puissance romaine et bientôt, les deux puissances vont
lutter ensemble contre leur ennemis communs (Les Carthaginois et les Etrusques).
Massalia va remporter un certain nombre de victoire et étendre son territoire autour de
ses premières fondations (Statue d’Athéna offerte par les massaliotes à Delphes). Le
domaine colonial s’étend durant tout le VIème siècle le long de la côte méditerranéenne
(Ville de Nicè-Nice « La victoire »).

Carte des colonies massaliotes autour des rivages de la France actuelle


Carte des colonies grecques au VIème siècle avant J.C

La ville et ses monuments

Modèles asiatiques des temples d’Apollon (Dieu du chant, musique et poésie) et d’Artémis
(Déesse de la chasse) à Massalia. Architecture extérieure et intérieure.
Vie quotidienne des Massaliotes :

Le gouvernement était de type oligarchique (le pouvoir était exercé par un petit nombre
de personnes ou de familles puissantes). Le peuple n'y a aucun droit. 600 personnes (les
Timouques) choisies parmi les familles riches et les commerçants et élues à vie, dirigeaient
la ville. Parmi elles, 15 personnes constituaient le conseil permanent chargé d'appliquer les
décisions. Trois de ses membres en assuraient la direction. Le peuple n'avait aucune part
aux décisions. A cette époque Massalia comptait 10 000 habitants. Les Massaliotes étaient
connus pour leur austérité et leurs bonnes mœurs. Le théâtre, le luxe, les armes... y était
interdits : tout était sévèrement réglementé par des lois grecques (ioniennes), affichées en
public.

La culture, l'art oratoire et la philosophie tenaient une place importante dans la vie des
Massaliotes. De nombreux médecins y ont été formés et les jeunes nobles romains y sont
venus pour terminer leurs études. Trois langues y était parlées : grec, latin et gaulois mais
seul l'alphabet grec était utilisé pour écrire. Les Massaliotes ont conservé les traditions de
leur pays d'origine. On disait que Massalia était un morceau d'Ionie.

Sa vocation est affirmée dès le départ par les sources littéraires : Les Massaliotes
possèdent un territoire planté d’oliviers et de vignes, mais pauvre en céréales à cause de la
mauvaise qualité du sol, si bien que, se fiant à la mer plus qu’à la terre, ils ont choisi de
développer leurs dispositions naturelles pour la navigation. Depuis le vie siècle, l’économie
massaliote est fondée sur le commerce. La cité, après la chute de Phocée dans la seconde
moitié du VIe siècle, a acquis un statut de quasi-monopole qui se prolonge avec la
fondation de ses colonies : Agathè (fin du ve siècle ou début du ive siècle), Olbia (vers 325),
Tauroeis (début du iiie siècle), Antipolis et Nikaia (vraisemblablement autour du milieu du
iiie siècle). L’élimination de Carthage sur la côte ibérique après la deuxième guerre
punique lui laisse apparemment la maîtrise des routes maritimes du golfe du Lion, de
Gênes aux Pyrénées. Cette vocation commerciale est confirmée par la documentation que
fournit l’archéologie sous-marine : on a découvert une cinquantaine d’épaves à l’entrée de
la baie, entre l’Estaque, le Planier et Marseilleveyre car la baie est très profonde. Les
Massaliotes entretenaient des relations complexes avec leurs voisins Celtes et Ligures,
faites d’animosité, de méfiance mais aussi de fructueux échanges commerciaux.

Echanges commerciaux de Massalia