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L' é rosion et la l utte contre

l ' érosion en forêt


méd iterranéen ne

par Andrea GIORDANO *

préalable le risque d 'érosion dans le prises en compte dans la Fig. 1 pour


1 . I ntroduction cas de coupes ou d ' incendies. les mettre en relation avec les proces­
Dans l ' optique de pouvoir disposer sus d 'érosion.
Un aménagement d u territoire en d ' un cadre de référence assez complet
équilibre avec l 'environnement doit se sur le problème du "risque d ' érosion 2. 1 . Interception de l'eau
fonder sur la qualité des terres et sur la du sol dans les pays méridionaux de
connaissance du risque d 'érosion. de pluie
la Communauté" la Direction Géné­
Dans les dernières décades, parmi rale XI "Environnement et Protection L'interception est déterminée par le
les nombreuses formes de dégradation des Consommateurs" de la Commis­ feu i l lage des arbres ; elle provoque
des terres, l 'érosion est devenue très sion des communautés européennes a d ' une part une soustraction d ' eau de
importante. lancé en 1 985 un projet spécifique qui pluie et d 'autre part la perte d ' une par­
Les raisons de cette augmentation s ' i n t è g re dans le prog ram m e tie de l 'énergie cinétique de la pluie.
sont nombreuses et vont des politiques C O R I N E ( COoRdination I N forma­ Les précipitations inférieures à 2
agrai re s j u s q u ' au x nouve l l e s tech­ tion Environment, voir C.E.E. 1 987). mm sont presque entièrement inter­
niques de labours agricoles. ceptée s , tand is q u ' au delà de cette
L ' obj e t de l a pré s e n t e n ot e e s t q ua n t i té l ' i n terception d i m i nue e n
L ' érosion du sol est surtout grave d ' i llustrer l a fonction protectrice d e la fonction d e l ' intensité d e la pluie, se­
dans les pays méridionaux de la Com­ forêt contre l 'érosion et de présenter la lon une relation logarithmique.
munauté où aux aspects socio-écono­ m é t h o d o l o g i e , l e s ré s u l t a t s e t (cf. Fig. 2)
miques s ' ajoutent ceux d 'ordre phy­ l ' application d u projet "érosion sol" Il faut encore considérer que pour
sique : du programme CORINE. une même essence l ' interception aug­
- irrégularité topographique et ver­ mente avec la densité et la surface ter­
sants en forte pente, rière( l ) (Noirfal ise 1 965).
- i rrég u l a r i t é c l i m a t i q ue q u i s e
manifeste dans les fréquentes suc­
2 . La forêt et 2.2. Evapotranspiration(2)
cessions de périodes de sécheresse Ce phénomène contribue à sous­
et de pluies intenses, son rôle de traire une certaine quantité d 'eau du
- présence de sols faci lement éro­
dables à cause de leur texture, du protection sol. Mais étant donné qu'il s ' agit d'un
proce s s u s assez lent c om paré à la
manque de matière organique et
de leur faible profondeur, contre l 'érosion courte durée des événements pluviaux,
il ne faut pas surestimer ce rôle par
- pratiques agricoles qui ont surex­
ploité les terres, favorisant l 'éro­
hydrique rapport au contrôle de l 'érosion du sol.
Dans les climats humides, l 'évapo­
sion du sol. transpiration d ' une forêt est plus éle-
L a fo rêt e s t l ' e x p re s s i o n d ' u n e
formation végétale e n équi libre avec
Les forêts jouissent normalement
l e cl imat et le type d ' aménagement ( 1 ) N . d . e . : Surface t e r r i è r e :
d ' une protection suffisante qui leur superficie de la section de la tige d'un
pratiqué par 1 'homme. Cet équilibre se
vient des branches, des feuilles et sur­ a r b r e , le p l u s s o u v e n t à h a u t e u r
réfère aussi à la faune qui vit en forêt
tout de la litière et de 1 'humus. Néan­ d'homme et sur écorce.
et aux produits forestiers qui s ' accu­
moins, il est fort utile de connaître au (2) N.d.e. : Evapotranspiration :
m u lent au sol : résidus végétaux et
ensemble des processus combinés qui
a n i m a u x à d i ffé rents degrés d e font passer l 'eau de la su rface ter­
* Professeur décomposition dont le stade final et le restre dans l'atmosphère, sous forme
I stituto di Idra u l ica Agraria - C . s o Raf­ plus stable est l 'humus. de vapeur par évaporation d i recte et
faello 8- 1 0 1 26 Torino - ITALIE La forêt et ses caractéristiques sont par transpiration des plantes.

12
forêt mellitertanéenne t. xv, n° l , janvier 1 994
LES LEÇONS

UUère. rêsldus VégetaUon (QmJUère. Végél3tw,n du Activité animale

vi#:lauxel Son Importance CI"Oit sous-bois OliCl'OC\.l\'ettes

humus avec la atnlcwn:: crées par la chule


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Transport solide
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Fig.1 : Influence de l'écosystème forestier sur les processus érosifs.


Sou rce : Giordano 1 993
vée que c e l l e des pâturages et des
prairies (cf. Tab. 1). Toujours dans le
cl imat humide, les forêts de conifères
à feuilles persistantes présentent une
é v apotran spiration p l u s importante
que celle des bois à feuilles caduques.
Les coupes et les incendies dimi­
nuent l 'évapotranspiration totale (voir
d o n n é e s d e s bas s i n s d e C o w e t a ­
Tab.I).
100 0 %,
%
2.3. Infiltration
Un sol forestier avec ses horizons Melèze
- _ ...
humifères, sa structure riche en sub­ 75 .- - Epicea -- 25
stances humiques, ses racines et sa
pédoflore et pédofaune constitue un - - -- - -
- - - - -- ::.
....
... ... �- 'Chêne
Bouleau


z
milieu tout à fait spécial pour favoriser
l 'infiltration de l 'eau dans le terrain.

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0
H
...
..,
0..
Il y a longtemps que ces aspects 50 t)

/
",
..,
'"
...
"
sont connus, comme le démontrent les
Z

'/
trav a u x d e p l u s i e urs c h e r c h e u r s , H
comme Arend ( 1 94 2 ) q u i a étudié
_. - . -
Pin Cembro
l ' infi l tration dans les bois du Minne­ 25 _.-_. 75
,.,.. �.-
sota (cf. Tab. II).
/
S i un sol forestier avec les caractéris­ /.
tiques qu'on vient d'exposer subit un
tel compactage que le tassement d ' un
o 100
terrain après passage d'engins lourds, il
o 5 10 15 20 mm

diminue sa capacité d'infiltration et le


PRECIPITATIONS TOTALES
risque d'érosion augmente.
Mais aussi les changements d' occu­
Source : Larcher ( e d . ) 1 975
pat i on du s o l p e u v e n t aboutir à l a
réduction du taux d ' infiltration comme Fig.2 : Quantité d'eau au sol (ordonnée à gauche) et interceptée (ordonnée à
on peut le voir au Tab. II. droite) sous différents couverts forestiers.

13
Précipitations Evapotranspiration
Lieu annuelles
en mm en mm % cm/h

Castiu m (NL) 892 62 1 Bois de pin noir 70 Sol forestier intact 59


,

586 Dune à arbousier 57


Exportation mécanique
Yorkshire (UK) 990 71 1 Pessière 72
518 Gazon 52
des horizons humifères 4,8
L et F
Bassins suisses 1 663 86 1 Forêts de conifères 56
1 702 696 A lpages avec 30 % 46 Sous-bois brûlé chaque
de forêts 3,9
année
Bassins tchèques 997 525 Feu illus et conifères 53
889 407 Pâturages et cu ltures 47 Pâturage 2,3

Bassins de Coweta 1 580 1 047 Forêt 66


(Georgia, USA) 655 Coupe forestière 41 Tab. Il : Taux d'infiltration dans le
sol pendant les différentes phases
Tab. 1 : Evapotranspiration de surfaces forestières comparée à des surfaces d'exploitation d'un sol forestier
différemment occupées Source : Noirfalise 1 965 Sou rce : Arend 1 942

2.4. Ruissellement et
transport solide
Depuis longtemps on connaît bien
cet aspect de 1 ' hydrologie forestière:
sous forêt le rui s sellement dim inue
t a n d i s que l e temps n é c e s s a i re à
l 'écoulement d ' une pluie d 'orage esti­
vale augmente. Cette augmentation
peut aller jusqu'à 500 fois plus. Cela
conditionne aussi le transport sol ide
dont la quantité tend à zéro en passant
du sol nu au sol forestier.
Un cas exemplaire vient des envi­
rons de D i g ne dans le bassin de la
Bléone. Au début du siècle, les crues
de ce fleuve avaient causé des destruc­
t i o n s et m ê m e d e s pertes de v i e s
humaines.
A y a n t d é c i dé de c h an g e r c e t te
situation, on a reboisé complètement
le petit bassin du Brusquet (cf. Photo Photo 1 : Bassin complètement reboisé du Brusquet, Digne (France)
1 ). La formation géologique est celle
de l ' Aalénien et du Toarcien. Ce bas­
sin présente aujourd ' h u i un couvert
végétal presque complet et une couche
d ' humus généralisée qui préviennent
toute c irculation d ' eau à la s urface
(Sartore 1 993).
Par contre le petit bassin "Le Mou­
lin" (formation géologique du Batho­
nien) qui se trouve à quelques k i lo­
mètres du Brusquet n'a pas été reboisé
(cf. Photo 2 ) . Maintenant ce dernier
est presque dépourvu de végétation et
donne l i e u à un transport solide par
unité de surface, 50 foi s plus impor­
tant.
Le réseau de drainage du Brusquet
est caractérisé par quelques importants
rav ins et par l ' absence d ' un réseau
d 'ordre mineur, alors qu'au Moulin on
a affaire, là aussi, à quelques ravins
mais surtout à un réseau très anasto­
mosé. Ce comportement différent est Photo 2 : Série de petits bassins fortement érodés à côté de Draix (France).
bien connu dans la littérature scienti- Le bassin du Moulin est celui à droite de la route qui monte

14
LES LEÇONS

fique et en général on peut affi rmer INDEX


que le développement des cours d 'eau
FOURNIER
dans une zone forestière est à peu près
EROSIVITE 1
la moitié de celui d ' une zone agricole PLUIES J
H
( Kupriyanov, 1 957 reporté par Mol ­ INDEX

r--
XEROTHERMIgUE:
chanov, 1 966).
BAGNOULS ET
GAUSSEN

3 . Méthodologie
du projet
TEXTURE

r 1
"érosion du sol
J-H J
ERODABI LITE jRISQUE RIsgUE
...J PROFONDEUR POTENTIEL ACTUEL
o SOL 1 [EROSION SOL EROSION SOL
et qualité des <Il

terres"
(programme
PIERROSITE
t-
CORI N E)
La méthodologie a été conçue au
départ de façon à satisfaire les deux
points suivants:
E] COUVERT
- mise en évidence des liens entre le
r i s q u e d ' é r o s i o n et la q u a l i t é d e s VEGETAL
terre s . La pire des s i tuations étant
c e l l e des terres de bonne q u a l i té Fig.3 : Schéma pour l'évaluation du risque d'érosion du sol.
menacées par l 'érosion du sol, Source : Giordano 1 993 b
- séparation entre les facteurs relati­
vement stables (cl imat, topographie et
s o l s ) et c e u x q u i peuvent changer Pour l 'estimation de l 'érosivité (3) du Bagnouls et Gaussen améliore la fia­
(végétation et occupation des terres). cl imat on a eu recours à deux indices : bilité de l ' indice de Fournier dans le
L ' agrégat ion des facteurs stables Fourn i er, 1 960 (modifié par Arnol­ milieu méditerranéen. Il est connu que
p e rmet l ' éval u a t i o n d u r i s q u e po­ dous 1 977 et F.A.O. et al. 1 98 7 ) et de longues périodes d ' aridité affectent
tentiel d 'érosion du sol. Introduisant l 'indice xérothermique de Bagnouls et d ' une façon négative la conservation
l ' occupation actuelle des terres et les Gaussen, 1 95 3 . du sol .
conditions de la végétation, le risque L' indice modifié de Fournier e s t le L ' i ndice de Bagnouls et Gaussen
p o te n t i e l p e u t ê t re aj u s t é et l ' o n suivant: est calculé comme suit:
obtient donc l e risque actuel d'érosion
du sol.
Le même principe a été appliqué à 12
12
la qual ité des terre s : dans ce c as la L, P
IF i = 1 IBG L, (2tl - P I ) k l
partie s u s c e p t i b l e de c h a n g e m e n t i= 1

concerne l e s amé l i orations foncières


(irrigation, drainage et terrassement).
où P précipitations mensuelles du
= où : t l = température moyenne (oC)
3. 1 . Risque d'érosion du mois "i" du mois "i"
sol E précipitations totales annuelles
= PI = précipitations totales (mm) du
mois "i"
La structure de la méthodologie est
G i ordano et a l . 1 99 1 ont signalé KI = proportion du mois " i " pour
présentée Fig. 3 où il est facile d'opé­
q ue " l a corrélation entre l ' indice de l aq u e l l e e s t v a l a b l e l a re l a t i o n :
rer la séparation entre le risque poten­
Fourn ier et l ' indice R de V . S . L . E . 2t l - P l > 0
tiel et actue l . Ensuite, on prend en
( Vniversal S o i l Losses Equation de
cons idération l e s différents facteurs
Wischmeier et Smith, 1 965) est faible L ' i ndice de B agnou l s et Gaussen
liés à l 'érosion du sol.
(Gabrie l , 1 9 8 9 ) . Néanmo i n s , étant est divisé en 4 classes qui vont de 0
donné qu'il existe, au niveau du bas­ (classe 1 ) à > 1 30 (classe 4).
3. 1. 1. Climat s i n versant une certaine corre spon­
On a sélectionné les stations clima­ dance entre l ' indice de Fournier et les L ' i nd i c e de Fournier est réparti
tiques selon un critère d 'homogénéité pertes en sol, on a retenu cet indice". dans la méthode CORINE en 5 classes
spatiale et on a extrapolé les données qui vont de < 60 (classe 1 ) à > 1 60
L ' i nd ice x é r o t h e rm i q u e de (classe 5 ) .
de la station sur la base de la méthode
de Thiessen (Chow Ven Te, 1 988) cor­
rigé par endroits d ' après la morpho­ (3) N.d.e. Erosivité : action éro­
logie. sive de la pluie

15
Les deux indices climatiques sont
Classes Signification de la classe Valeur
multipliés entre eux et ils expriment
l 'érosivité de la façon suivante : 1 Sols peu érodables 1 -3
- érosivité basse < 4
2 Sols m oyenne ment érodables 4-6
- érosivité moyenne 4-8
- érosivité élevée > 8 3 Sols très érodables 7- 1 8

Tab. I I I : Classes d'érodabilité des sols


3. 1 .2. Sol
Les données concernant le sol sont La carte des sols de la Communauté d'analyser l e couvert végétal est consti­
e x traites de l a carte des s o l s de l a porte l ' i n d i c a t i o n > ou < 1 0 % d e tuée par l 'étude des images satellite .
Communauté (C.E.E., 1 985) qui a été pierres. O n a donné une signification Bien conscient d e cela, le Programme
é d i tée p o u r le G . I . S . ( G e ograp h i c positive à la première information et CORINE a lancé, il y a quelques an­
Information System) dans l e cadre du négative à la seconde. nées, le projet "land cover" qui étant
Programme C O R I N E ( B r i g g s e t Les 1 8 classes finales d' érodabilité encore en cours ne peut pas fournir des
Mounsey, 1 989). qui ressortent de la multiplication (3 données au projet "soil erosion".
Le fac t e u r s o l a été a n a l y s é en classes de texture X 3 classes de pro­ En attendant que ces données soient
termes d'érodabilité (4) sur la base de la fondeur X 2 classes de pierrosité) sont disponibles dans un futur très proche,
texture, de la profondeur et de la pré­ regroupées comme il est indiqué Tab. on a eu recours pour le G . I . S . à des
sence de cai l loux. D ' autres facteurs, III. données provenant de sources diffé­
bien que très importants vis à vis de rentes.
l 'érosion (matière organique, perméa­ 3. 1 .3. Pente A ce jour, les classes de couvert vé­
b i lité et c l asses de structure) , n ' on t On a calculé la pente suivant la mé­ gétal sont seul ement au nombre de
pas été pris en considération à cause thode de K o rm o s s ( 1 97 5 ) en s ' ap ­ deux (couvert végétal permanent et
de leur absence sur la carte des sols de puyant s u r la carte topographique a u non). En effet, il a été décidé de ne
la Communauté. 1 : 1 00.000ème où l a distance entre les pas avoir une "mauvaise édition" de la
Les classes de texture sont celles de courbes de niveau est de 50 m. carte thématique sur le couvert végétal
V.S.D.A., 1 95 1 regroupées de la ma­ L'Espagne et le Portugal ont utilisé qui sera bien meil leure à la fin du pro­
nière suivante : leur propre D . T . M . ( d i g i tal terrai n jet "land cover".
- érodabilité basse : argile sableuse, model) q u i analyse l ' intervalle d e 1 0
argile et argile limoneuse, mètres entre l e s courbes d e niveau. 3.2. Risque potentiel
- é r o d ab i l i té m o y e n n e : l i m o n C e fa i t a eu des c o n s é q u e n c e s d'érosion du sol
argilo-sableux, l imon argileux, sable, c o n s i dé r ab l e s c a r l e s c o l l i n e s d e L' indice de risque potentiel d'éro­
sable limoneux, modeste altitude mais avec des ver­ sion est calculé par multiplication des
- érodabilité élevée : limon sableux, sants raides apparaissent comme des
l i mon sablo-argi l e u x , l i mon, l imon 3 classes d ' érosivité X les 3 classes
z o n e s en forte p e n te s ur l a c arte d ' érodab i l i t é et X l e s 4 c l asses de
fin. D.T.M., tandis qu'elles se présentent pente. Les possibilités théoriques sont
comme d e s z o n e s o n d u l é e s s u r l a au nombre de 36 qui sont regroupées
Il est évident qu 'il s ' agit d ' une esti­ carte établie d ' après Kormoss. Cela en trois classes: < 5, 5- 1 1 et > I l .
mation très grossière qui explique la explique l a raison pour laquelle des
p lupart des cas mais pas tous. En ef­ régions de colline telles que l e Mon­
fet, q u e l q ues zones de "bad lands" ferrato en Piémont (Italie) sont éva­ 3.3. Risque d'érosion
("calanchi" et "biancane" en italien) l uées comme ondulées alors que les
très sensibles à l 'érosion se trouvent actuel
mêmes situations en Alentejo (Portu­
sur marnes et sur argiles du Pliocène gal) sont classifiées comme zones de O n o b t i e n t l e r i s q ue d ' ér o s i o n
(Raglione et al. , 1 980). pente raide. actuel en introduisant les 2 classes du
La profondeur du sol facilite d 'une Les pentes sont regroupées en 4 couvert végétal. Au cas où le sol se
part le r u i s s e llement s up e rfi c i e l et c lasses ayant l e s signi fi cations s u i ­ présente nu ou non suffisamment pro­
d ' autre part rend le risque d ' érosion vantes : tégé, le couvert végétal lai sse iden­
plus grave au fur et à mesure que l a - < 5% risque d 'érosion bas, tique l e ri sque potentie l . Mais s i la
profondeur s e réduit. Les classes rete­ - 5 - 1 5 % modéré, protection offerte par le couvert est
nues de profondeur sont au nombre de - 1 6-30 % élevé et bonne, le risque actuel d ' érosion est
trois (> 75 cm, 25-75 cm et < 25 cm). - > 30 % très élevé. mineur par rapport au risque potentiel .
La pierrosité est un paramètre com­
plexe, s ' il est vrai q u ' el l e prév ient
l ' ér o s i o n de battance, il n ' e s t pas 3. 1 .4. Couvert végétal 3.4. Qualité des terres
moins vrai qu'elle provoque une tur­ Du point de vue pratique, le cou­ D a n s c e contexte l a q u a l i té des
bulence dans le ruissellement en faci­ vert végétal est l ' aspect le plus impor­ terres se réfère à la capacité des terres
litant le détachement de particules du tant en raison de son rôle dynamique, à produire de la biomasse et à mainte­
sol . En tout cas la pierrosité a été éva­ si besoin en est, pour contrôler l ' éro­ nir une occupation des sols durable
luée comme un facteur positif pour le sion. (sustainable land uses).
contrôle de l 'érosion. En même temps, le couvert végétal La qualité des terres est principale­
e s t a u s s i l ' élément le p l u s faib l e à ment une fonction de trois facteurs :
cause de la rapi d i té avec laquelle i l sol, morphologie et climat qui consti­
(4) N.d.e. : Erodabilité : suscep­ peut être changé o u bien dégradé. tuent justement la base pour l ' évalua­
tibil ité d'un sol à l'érosion A uj o urd ' h u i l a m e i ll e ure faç o n tion de la quali té potentielle des terres.

16
LES LEÇONS

Mais souvent ce sont les améliorations INDEX XERO'IllERMI·


foncières (irrigation, drainage, terras­ QUE BAGNOULS ET
GAUSSEN
sement) apportées par l ' homme qui
déterminent la qualité. Pourtant, on a ...
I NDEX LONGUER

la nécessité de transformer la qualité « SAISON VEGE'IWnVE


:.:
potentiel le en actuelle par le moyen
...,
des améliorations foncières.
RIsgUE
I t-
u
INDEX
Le schéma méthodologique pour DU GEL
établir la qualité des terres est décrit
F i g . 4 . P o u r l e s d é t a i l s d ' o rd re
méthodologique on renvoie à Gi or­
dano et al. 1 99 1 , ici la méthode est
décrite dans ses grandes lignes.
TExrURE

3.4. 1 . Climat
Trois éléments forment la qualité ..., PROFONDEUR
o
du climat: rJl
- l ' indice xérothennique de Bagnouls
et Gaussen,
- la longueur de la période végéta­
tive,
- le risque de gel
A la différence de l ' évaluation du
risque d'érosion, on introduit ici la no­
tion de "facteur limitant". La classe de OO EJ'

--
qualité climatique sera de toute façon
la plus mauvaise si un des trois élé­
ments qui la composent a reçu la va­ 'RR'OKOON
leur la plus basse.
L ' indice xérothermique est div i sé
en 4 classes, son ampleur allant de 0 à
Fig.4 : Schéma pour l'évaluation de la qualité des terres.
1 30. La longueur de la période de vé­
Source : G iordano 1 993 b
gétation est affectée à une des trois
classes suivantes : > I I mois, 8- 1 1 et
< 8. Le risque de gel est obtenu en fai­
sant la sommation, mois par mois, du 3.5. Qualité potentielle et Pour la c arte du c l i mat, le terme
nombre de jours de gel multiplié par actuelle des terres "échelle" étant non approprié nous
un facteur "danger" qui augmente au p r é fé r o n s parler d e " p o u v o i r d e
L ' indice de qualité potentielle des résolution" q u i dans le cas d e l 'Italie
fur et à mesure qu 'on progresse vers
terres est obtenu en multipl iant entre e s t fo n d é s u r l e s 4 2 6 s t a t i o n s
la saison végétative.
eux la classe de valeur du sol, du cli­ météorologiques prises e n considéra­
mat et de la pente. L'ensemble des va­ tion (une station chaque 720 Km2).
3.4.2. Sol leurs qui vont de 0 à 36 sont regrou­ L ' e x am e n des cartes du r i s q u e
Les caracté r i s t i q u e s considérées pées en trois classes : < 5, de 5 à I I et p o t e n t i e l e t a c t u e l d ' éro s i o n e s t
sont : texture, profondeur et drainage. > 1 1. particulièrement utile pour l e s techni­
L 'évaluation de la texture est diffé­ La présence d ' amél iorati ons fon­ ciens chargés de la planification et de
rente de c e l l e app l i quée au r i s q u e cières fait augmenter d ' une classe la l 'aménagement du territoire. La preuve
d ' é r o s i o n . I l e s t e n e ffe t é v i de n t qualité actuelle des terres. en e s t q u e p l u s i e urs z o n e s j ug é e s
q u ' un sol d e texture équil ibrée est de s a t i s fa i s a n t e s d u p o i n t d e v u e d u
bonne qualité, alors que le même sol risque de l ' érosion actuel d u sol sont
j ugé en termes de risque d 'érosion est estimées non satisfaisantes en ce qui
mauvais. Le sous -facteur "profo n ­
deur" reçoit la même attri bution d e
4. Résultats c o nc e rne l e r i s q u e poten t i e l . C e l a
signifie que dans ces endroits l e risque
valeur q u e celle précédemment v ue est contenu à condition que la forêt ne
Le G . I . S . de CORINE a été rendu
pour le risque d ' érosion. Le drainage soit pas coupée.
opérationnel grâce à la digitalisation
e s t p r i s en com pte d ' u n e m a n i è re Se référant à des s ituations fores­
des cartes de base concernant le sol , le
généra l e , compatible avec l e type tières italiennes qui peuvent ill ustrer
climat, la pente et les améliorations.
d ' information e x istant s u r l a carte ce que l 'on vient d 'affirmer, on peut
Après calcul de la valeur appropriée
des sols d ' Europe où sont indiqués citer les cas suivants :
on a réd igé 1 9 c artes t h é m a t i q u e s
uniquement les sols qui ont des pro­
(D.G. XII, 1 993). L'échelle des cartes - Les Alpes ont, malgré leur pente
blèmes de drainage.
peut être différente mais il faut remar­ et la présence fréquente de sols éro­
quer que la carte des pentes a été digi­ dables, un taux d 'érosion faible qui
3.4.3. Pente talisée à l 'échelle 1 : 1 00.000ème mais l e u r v i ent du c l imat moyennement
On se réfère a u x mêmes c l asses celles du sol, du couvert végétal et de érosif et surtout du couvert végétal. Le
déjà prises en considération pour le l ' i rr i g a t i o n sont à l ' éc h e l l e risque actuel d 'érosion du sol est donc
risque d'érosion. 1 : 1 .000.000 ème. faible dans la majorité des cas.

17
Surfaces à Surfaces à Surfaces à Surfaces
risque élevé risque moyen risque bas exclues (2) Total

km2 % km2 % km2 % km2 %

France pot. 1 6355 9 37900 20 93443 49 42463 22 1 90 1 6 1


(sud) act. 1 693 1 22362 12 1 23643 65 42463 22 1 90 1 6 1

Italie pot. 82348 27 852 1 1 28 1 224 1 6 41 1 1 303 4 30 1 278


act. 301 69 10 93983 31 1 65823 55 1 1 303 4 301 278

Grèce pot. 574 1 4 43 27436 21 27027 21 20 1 1 3 1 5 (* ) 1 3 1 990


act. 277 1 3 19 47877 36 39287 30 20 1 1 3 1 5 (* ) 1 3 1 990

Espagne ( 1 ) pot. 202 1 0 1 41 205 1 57 41 69662 14 20598 4 4975 1 8


act. 1 45494 29 2 1 9908 44 1 1 15 1 8 23 20598 4 4975 1 8

Portugal ( 1 ) pot. 6 1 1 20 68 2 1 890 25 4948 6 1 000 1 88928


act. 26878 30 48 1 66 54 1 2884 15 1 000 1 88928

C.E.E. pot. 419338 35 37759 31 317466 26 95477 8 1 209875


(sud) act. 228947 19 432295 36 453155 37 95477 8 1209875

Tab. IV : Risque potentiel et actuel d'érosion du sol


Source : D.G.XI 1 993
( 1 ) Sans compter les îles
(2) y compris les surfaces urbaines, les lacs, la roche nue et les surfaces ayant des données manquantes
(*) Plus de 1 0 % de roche affleurante

- S u r l e s montagnes de la chaîne u n r i s q u e p o te n t i e l d ' ér o s i o n t r è s de plusieurs données environnemen­


des Apennins, les forêts et les pâtu­ élevé en raison des fortes pentes et d u tales nécessaires pour orienter la poli­
rages contrôlent l ' éros i o n . Sans l e c limat agressif mais, à l a différence d e tique de l 'environnement de la Com­
couvert végétal, l e s sols manifestent l a Sardai gne, l a pauvreté d e s forêts munauté.
l e u r v u l n érab i l i té i n t r i n s è q u e q u i , maintient élevé le risque actuel d'éro­ Ces dernières années, depuis que l a
selon l e s env i ronnements, peut être sion. société s ' est orientée vers un modèle
mise en relation avec la pente exces­ - Les données concernant l e risque de dév e l oppement durab l e dans l e
s i ve et avec l ' érodab i l i t é des s o l s potentiel et actuel d ' érosion dans les temps, l e problème d e l 'érosion du sol
comme e n Emilie e t e n Campagne, ou pays méditerranéens de la Commu­ est devenu prioritaire comme tous les
b i e n a v e c l ' é ro s i v i té c l i m a t i q ue nauté sont présentées dans le Tab. IV autres aspects liés à la dégradation des
comme en Calabre. terres.
- La S ardaigne, avec s e s pentes Le projet "érosion sol" de la C.E.E.
raides et son climat agressif est carac­ est, bien entendu, seulement une pre­
térisée par un risque potentiel d ' éro­ 5. Conclusion mière approximation qui sera amélio­
sion assez élevé mais son important rée au fur et à mesure des progrès
pourcentage de forêts et de parcours L e projet "érosion d u sol e t quali té scientifiques et de la connaissance et
fait a u s s i q u e le r i s q u e a c t u e l e s t des terres" et l ' i n troduction dans l e de la maîtrise de l 'environnement.
contenu. G . I . S . d e s i n formations c orrespon­
- La Sicile a, comme la Sardaigne, dantes, rendent possible l 'élaboration A.G.

18
LES LEÇONS

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degradation assessment" Roma. Monti e Boschi n . 6 Washington D.C. USA

Résumé Si les recherches détaillées sont impor­ " En vironnement" de la Communauté


tantes, il n ' est pas moins important de européenne.
Dans le milieu méditerranéen la forêt faire des études générales sur le risque La méthode mise au point, par le groupe
joue un rôle protecteur bien connu mais d' érosion du sol du bassin méditerranéen. de travail de la Communauté est fondée
les incendies et patfois la mauvaise ges­ La justification de cette seconde proposi­ principalement sur les deux aspects sui­
tion des terres forestières provoquent sou­ tion réside dans le fait que étant donné vants :
vent un déséquilibre environnemental dont que les terres de bonne qualité sont rares - le danger lié à l' érosion du sol doit être
la conséquence est l ' érosion du sol. Il et que beaucoup d' entre elles ont été dé­ mis en relation avec la qualité des terres,
paraît. alors très important de pouvoir gradées par /' érosion il faut bien chercher - dans l' évaluation du risque d' érosion
chiffre r à /' avance le risque d'érosion du à sauver ce qui peut l' être. aussi bien que dans celle de la qualité des
sol d'une forêt donnée. Face à cette situation assez grave la terres il est nécessaire de se référer à une
Nombreuses sont les méthodes pour C.E.E. a lancé un projet "risque d' éro­ situation potentielle déterminée par les
l' évaluation de l' érosion. Une des plus sion du sol et qualité des terres dans les facteurs stables de /' environnement et à
connues est celle de Wischmeier, mais Pays Méridionaux de la C.E.E . " dans le une situation actuelle obtenue en intro­
pour son fonctionnement correct en forêt, cadre du programme CORINE (Coordi­ duisant les fac te urs modifiables par
il serait nécessaire de disposer du facteur nation information environnement). Le l' homme.
"couverture végétale" améliorée afin de projet contribue à établir une base tech­ n faut considérer que ce projet repré­
le rendre plus apte aux spécificités du do­ nique pour la mise en œu vre de poli­ sente une première approximation qui
maine forestier. Cela laisse entendre qu'il tiques environnementales dont une est pourra être améliorée par des données de
faudrait démarrer avec plusieurs re­ celle de la lutte contre l' érosion. Le pro­ base plus précises et détaillées, par des
cherches de base destinées à l' évaluation gram m e CORINE e s t c o n ç u d ' u n e nouvelles méthodes d' agrégation et enfin
du risque d' érosion en forêt. La même exi­ manière dynamique et par conséquence par l' introduction d'autres facteurs parmi
gence se manifeste aussi dans la méthode les c a rtes de l' érosion du s o l s o n t lesquels il est opportun de mentionner les
" CN c u r v e n u m b e r " destinée à la quelques- uns des "outp uts" d u G . l . S . incendies de forêt qui contribuent à ag­
connaissance de / ' eau de ruissellement (Géographie information system) déve­ graver le risque d'érosion du sol dans le
strictement liée à l'érosion. loppé p a r la D ir e c t i o n g é nérale XI domaine de laforêt méditerranéenne.

19
Summary Lity land is scarce and often threated Riassunto
with degradation as a result of the new
Natural forest ecosystems are cha­ socio-economic de ve lopme n t m o dels Gli ecosistemi forestali naturali sono
racterized by a very high degree of envi­ which in many cases do not take into dotati di un elevato grado di equilibrio
ronmental equilibrium . This equilibrium account the environment. In addition to ambientale il quale, pero, è di tipo dina­
is, nevertheless, dynamic in type and al­ this fact we may add the evidence of the mico e permette, entro limiti fisiologici,
lows, within physiological boundaries, difficult natural conditions typical of the /' evoluzione della vegetazione e dei suolo.
evolution in the vegetation and soil . Medite rran e a n e n viro n m e n t : steep Diversa è la siluazione degli ecosistemi
The situation becomes very different slopes, erosive climate and soil of high forestali antropizzati nei quali l'equilibrio
when the forest ecosystems are influen­ erodibility. risulta profondamente modificato. Pel' un
ced by man. In this case the equilibrium Facing these problems the EC has dato ambiente infalti la tipologia forestale
is profoundly modified. In a given envi­ developed a project, within the CORINE è fortemente influenzata dagli incendi e
ronment the forest typology is largely (COoRdination INformation Environ­ dal modello di gestione selvicolturale che,
influenced by fire and by sylvicultural ment), finalized for the evaluation and oltre al bosco, considera anche i pascoli
models which must inc/ude possible gra­ the cartography of soil erosion risk and eventuali, la fauna selvatica e le altre dif­
zing, wild life and the diffe rent human the quality of the land in the Mediterra­ ferenti utilizzazioni umane. Risulta allora
land uses. It is quite clear that such a nean countries of the EC. evidente che, secondo il modello selvicol­
syl v i c u l t u ral model may c h a n g e t h e The results of this project contribute turale adottato, vi potranno essere delle
humus, the soil structure, the quantity of to the establishement of the technical considerevoli differenze nei riguardi deI
nutrients and the erosion risk. base fo r the s e t t i n g up of the EC tipo di humus, della permeabiUtà del suolo
The difference between the natural environmental policy and more specifi­ e dei rischio di erosione dei suolo stesso.
and the anthropic states makes c/ear the cally the soil conservation policy. The Deriva da questa differenza tra 10 stato
need to evaluate the capacity of forest CORINE programme is structured to be naturale ed antropico /' esigenza di valu­
ecosystems to protect the soil. dynamic : the EC General Direction XI tare la capacità protettiva degli ecosistemi
Analyzing the methods for evaluating "Environment" having put a GIS (Geo­ forestali nei riguardi del!' erosione del
the soil erosion we may consider the graphic Information System) into service suolo.
well known Wischemeier' s USLE and can produce, as routine outputs, maps of Tra i metodi più conosciuti pel' valutare
the " CN Curve Number" finalized to the soil erosion risk as weil as maps of land /' erosione si ricorda /' equazione USLE di
assessment of the runo}f which is strictly quality. Wischemeier ed il "CN Curve Number" ,
correlated to soil erosion. To use these The methodology considers two dijfe­ quest' ultimo finalizzata alla conoscenza
methods for woodland, we need detailed rent indices of soil erosion risk : deI ruscellamento superficiale strelta­
research on the vegetation co ver, which - potential soil erosion risk, based on mente legato ail' erosione dei suolo. Pel'
three stable physical factors : topogra­ essere correllamente utilizzate nel seUore
until now has usually been calculated
phy, climate and sail. The calculated in­ forestale le due m etodologie neces­
taking into consideration only the per­
dex describes a soil' s susceptibility to siterebbero delle ricerche di dettaglio sul
centage of ground covered by the tree
erosion , fattore della copertura vegetale che se­
crowns.
condo 10 schema tradizionale viene oggi
- actual soil erosion risk, has a func­
ln order to adapt the factor " land
tion of a given vegetation type or land
cover" to the soil erosion prediction in calcolato con un indice che traduce la
uses. By this method the actual soil ero­
the woods, the following elements must percentuale di superficie coperta dalla
sion risk is assessed by the potential soil
be taken into account : proiezione della chioma degli alberi.
erosion risk modified by the existing
- height of the branches of the forest Passando ad esaminare gli elementi che
land coyer.
trees, dovrebbero essere considerati pel' rendere
A relevant case which demonstrates
- importa n c e of the o rganic litter il fattore della copertura vegetale meglio
the interest in keeping separate evalua­
accumulated on the ground, adalto alle previsioni di erosione di suolo
tion of the two risks comes from the two
- root quantity at different depths. in ambiente forestale si citano i seguenti :
big Mediterranean islands of Sicily and
A methodology conceived with such a - altezza da terra degli apparati fogUari
Sardinia. In both these islands the po­
modification of the " land cover " , in­ delle piante,
tential soil erosion risk is very high but
volves quantities of detailed data coming analysis of the actual soil erosion risk - entità dei residui vegetaU accumulati a
fro m weil defi n ed a n d sp e c ifi e s i ­ suggests that in Sardinia the risk is mo­ terra,
tuations. derate due to the beneficial effects of the - quantità delle radici a differenti pro­
If it is convenient to start from precise many forests. In Sicily, on the contrary, fondità.
and reliable research on soil erosion in the lack of woodland makes the potential Una metodologia di questo tipo, che si
forests , it is no less important to carry risk equal ta the actual one. avvale di un /wovo modello pel' quanta
out a general assessment, inevitably less It is necessary ta stress that the pro­ riguarda la copertura vegetale, ha biso­
precise, of the soil erosion risk on large ject "Soil erosion risk and land quality gno di moiti dari di dettaglio riferili a si­
surfaces such as a European country or in the EC Mediterranean coun tries " tuazioni puntuali ben conosciute.
even the European Community. ln such represents only a first approach. For the Se appare opportuno muoversi partendo
a way afte r a certain time t h e data future, the project must be improved by da ricerche precise ed attendibW sull' ero­
obtained by the two different methods more precise and detailed basic data sione in fOl'esta, non è pero meno impor­
can be integrated. and new methods of integrating it and, tante disporre di una valutazione generale,
Th e n e e d to rely upon detailed finally by the introduction of other fac­ anche se non estremamente precisa, sul ris­
researches as weil as upon a general tors. Among such factors it is important chio di erosione del suolo di vaste superfici
framework for the soil erosion risk is to underline forest wild fire which has quali un Paese europeo 0 addirittura la
especially urgent in the Mediterranean m ajor n e g a t i ve effects on t h e s o i l Comunità Europea. Procedendo in questo
basin due ta the gravity of the problems conservation i n the Mediterranean envi­ modo i dati otten uti con i due diversi
related to soil conservation. Good qua- ronment. approcci potranno essere integrati.

20
LES LEÇONS

La necessità di avere un quadro generale la messa in opera di poUliche ambienfali Un casa m o lto chiara che dimostra
dei rischio d' erosione nell' ambiente me­ di cui una è quella della conservazione dei l' interesse a tenere separafi i due rischi
diterraneo sta nella constatazione che in tale suolo. 1/ programma CORINE è concepito proviene dalle due grandi isole del Medi­
ambiente i problemi riguardanti l' erosione in modo dinamico e di conseguenza le terraneo : Sicilia e Sardegna. In ambedue
sono particolarmenfe gravi. Le terre di carte del!'erosione dei suolo e della qua­ le isole il rischio potenziale di erosione
buona qualità sono rare e molte volte degra­ lità delle terre sono alcuni degli outputs dei suolo è molto alto ma passando al ris­
date dai nuovi modelli di sviluppo socio-eco­ dei GIS (Geographie Information System) chio atfuale esso diventa moderata in Sar­
nomico applicati sovente con scarsa sensibi­ sviluppafo dalla Direzione Generale XI degna a motivo delle numerose foresfe ivi
lità ambientale. A questa condizione si "Ambiente" della CEE. presenti. In Sicilia, invece, dove le foreste
aggiunge la constatazione che nel bacino dei La metodologia considera due dijferenfi sono molto scarse l'elevato rischio di ero­
Mediterraneo ci si lrova quasi sempre in indici di rischio di erosione dei suolo : sione pOfenziale dei suolo si traduce in un
presenza di difficili situazioni di ambienfe - rischio potenziale di erosione del suolo, altrettanto alto rischio di erosione attuale.
flsico : pendii ripidi, c/ima altamente erosivo che esprimendo la inerente suscettibilità E' opporfuno ricordare che il progetto
e suolifacilmente erodibili. dei suolo ad essere eroso, deriva dafattori CORINE "rischio d' erosione dei suolo e
Confrontandosi con questi problemi la fisici di base quali il suolo, il clima e la qualità delle terre" rappresenta soltanto
Commissione Europea ha sviluppafo un topografia, una prima approssimazione. Quest' ultima
progetto, ail' interno dei progetto CORINE - rischio atfuale di erosione dei suolo potrà essere migliorata con dati di base
(COoRdination INformation Environ ­ che si riferisce al rischio di erosione che si più precisi e puntuaU, con nuovi modelli
ment), finalizzali alla valutazione ed alla verifica con l' attuale vegetazione 0 con il di aggregazione e con l' infroduzione di
cartografia dei rischio di erosione dei presente uso delle ferre. Il rischio d' ero­ ulteriori fattori (ra i quali è necessario
suolo e della qualità delle terre nei paesi sione attuale è quindi determinato dal ris­ menzionare gli incendi dei boschi che
mediterranei della Comunità Europea. chio potenziale d' erosione modijïcato hanno fanta importanza nel determinare
1 risultati di questo progetto con tri­ dalla protezione offerla dall' attuale la degradazione dei paesaggio e l' ero­
buiscono a fOl-mare una base tecnica per copertura delle terre. sione dei suolo in ambiente mediterraneo.

21
forêl métlilerlBnéenne t. � n° 7, ianvier 7 994