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LE PASSAGE DU BILAN COMPTABLE AU BILAN FINANCIER :

 Utilité de ce passage :

Le bilan comptable : constitue l’outil de base de l’analyse financière. Toutefois, il présente


quelques lacunes.
- Il est particulièrement difficile d’estimer la valeur de revente des stocks, la durée de vie utile
des immobilisations et la valeur de recouvrement des créances clients.
- Le bilan comptable ne prend pas en considération plusieurs éléments ayant une valeur
économique à l’instar des ressources humaines.
- Le bilan comptable présente quelques éléments qui n’ont pas une valeur économique
marchande.
• Le bilan financier : doit présenter le patrimoine réel de l’entreprise afin d’orienter
efficacement la prise de décision.
Il est utile alors de faire une réévaluation préalable des postes du bilan, selon des
recommandations issues de l’expérience et de l’évolution du marché, ce qui permettrait
d’apprécier correctement la situation financière de l’entreprise.

 L’établissement du bilan financier

1. Les reclassements de l’actif

 Le stock outils:correspond au stock minimum nécessaire. Étant destinée à


rester en permanence dans l’entreprise, il perd son caractère de liquidité
 Les actifs à plus ou moins un an:
Les actifs à moins d’un an seront éliminés de l’actif immobilisé, et intégré à l’actif
circulant
Ex:les prêts immobilisés pour la partie à échéance à moins d’un an
 Les actifs à plus d’un an viendront en diminution de l’actif circulant et en
augmentation de l’actif immobilisé.
Ex:les charges constatées d’avance dont l’échéance est > 1 an
 Les TVP : Si les titres sont aisément négociables, il convient de les assimiler à
la trésorerie actif. Un potentiel de liquidité qui vient accroître la trésorerie virtuelle
de l’entreprise.

2. Les retraitements des actifs fictifs

 les immobilisations en non valeur: Leur montant sera retranché de l’actif et les
capitaux propres seront diminués à due concurrence.
 Les écarts de conversion actifs : Pertes de change latentes
 Si elle a été constatée par une provision, aucun redressement
 Sinon, elle devra être retranchée de l’actif et déduit des capitaux propres.
 Les plus ou moins value latentes:
Un terrain agricole acquis en 1965 pour une somme de 150 000dh, continuera de figurer
au bilan pour cette valeur d’origine;
Entré dans le périmètre urbain, ce terrain voit son prix passer à 150 000 000dh et donc une
plus value latente de 13 500 000dh.

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3. Les corrections du passif

 La répartition du résultat
 Réserves Légales: affectation de 5%.
 Réserves Statutaires.
La répartition du résultat consiste à augmenter le passif circulant hors trésorerie du
montant des bénéfices à distribuer.

 Le reclassement des dettes

 Les dettes à plus ou moins d’un an.


 Les comptes d’associés créditeurs.
 Les dettes fiscales différées ou latentes.
Il s’agit de l’imposition des éléments suivant:

 Subventions d’investissement.
 Provisions réglementées.
 Provisions pour risques et charges.
 Les écarts de conversion passifs : Obligation de les intégrer dans le bénéfice
imposable.
 Les obligations cautionnée : les crédits de douane accordés par l’administration
des douanes à l’entreprise.

4. Les retraitements des engagements hors bilan (le cas du crédit bail) :

Dans la mesure où ils contribuent à l’activité économique de l’entreprise, il est nécessaire


de prendre en compte des biens acquis en crédit bail.

Retraitements du crédit bail au niveau du bilan:


 La valeur estimée du bien à la date du contrat.
 Le montant des redevances de l’exercice et le cumul des exercices précédents.
 La durée théorique d’amortissement du bien
 Les redevances restant à payer
 Le prix d’achat résiduel en fin de contrat.

Le retraitement comptable du crédit bail s’effectuent selon:

 Inscription à l’actif des biens financés par crédit bail pour leur valeur comptable
nette.
 Constatation en dettes de financement au passif d’un emprunt équivalent.

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RATIOS DE L’ANALYSE FINANCIERE :

Un ratio est un outil de gestion qui définit un rapport ou une relation entre deux grandeurs
ayant une relation de cohérence ou de corrélation.
Exprimé sous forme d’un pourcentage ou en relativité, il sert à mesurer les relations qui
existent entre les éléments du bilan et les comptes de résultat...
Il permet ainsi des comparaisons:

 interentreprises ou secteurs d'activité


 à l'intérieur de l'entreprise: comparaison entre les produits, les périodes, les activités,
les fonctions, les processus des unités de gestion, etc.

Un ratio peut être un outil de sécurité, d'alerte, une incitation à la réflexion et à l’analyse. Il
illustre une information et permet de visualiser à un instant donné son évolution ou sa
situation. Il est nécessaire que son élaboration résulte de données exprimées à une même date
ou pour une même période.

1. Les ratios de structure financière :

La structure financière est étudiée à partir de l’analyse de la part des fonds propres et de
l’endettement par rapport au total des ressources engagées qui figurent au passif du bilan.

 L’autonomie financière :

On utilise l’un ou l’autre des ratios complémentaires suivants :

R1 = Capitaux propres / Passif


R2 = Dettes totales / Passif

Ces deux ratios permettent de mesurer le niveau d'autonomie financière ou d’indépendance


financière de l’entreprise et reflètent les choix de politique financière.

 L’endettement à terme :

R3 = Dettes de financement / Capitaux propres


R4 = Dettes de financement / Capitaux permanents
R5 = Capitaux propres / Capitaux permanents

Ces trois ratios sont équivalents et peuvent être utilisés séparément. Ils traduisent soit une
capacité d’endettement potentielle, signe de flexibilité financière, soit la saturation de cette
capacité est la nécessité de recourir à des fonds propres ;

 La capacité de remboursement des dettes à terme

Les créanciers à moyen et coût terme courent le risque de perdre le capital prêté et aussi de ne
pas toucher les intérêts y afférents. Trois ratios permettent de mesurer la capacité de
l’entreprise à faire face à ses engagements :

R6 = Dettes de financement / Capacité d’autofinancement


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Traduit le nombre d’années nécessaires à l’entreprise pour assurer le remboursement total des
dettes à terme, au moyen de sa capacité d’autofinancement. Les banquiers considèrent comme
risquée la situation financière de toute entreprise dont les dettes à terme excédent cinq années
de CAF.

R7 = Résultat d’exploitation / Charges financières

Indique le degré de couverture des charges financières par le résultat d’exploitation.

R8 = Capacité d’autofinancement / (annuité en principal de la dette+charges financières


(1-t))

Traduit la capacité de l’entreprise à faire face au remboursement des annuités en terme de


principal et d’intérêts. Un facteur (1-t) a été appliqué aux charges d’intérêt afin de tenir
compte de leur déductibilité fiscale du résultat imposable. Représentant le taux de l’impôt sur
les résultats. Plus ce ratio est élevé, plus l’entreprise est autonome et plus elle sera en mesure
de saisir des opportunités d’investissement au moyen des flux de liquidité qu’elle secrète.

2. Les ratios de liquidité :

La liquidité traduit la solvabilité à court terme de l’entreprise, en d’autres termes, sa capacité


à règles ses dettes avec des actifs liquides ou disponibles. L’optique de la liquidité nécessite
donc de rapprocher des postes d’actifs et des postes du passif. Trois ratios sont généralement
utilisés pour exprimer la liquidité générale, réduite et immédiate :

 La liquidité générale :

R = Actif circulant (y compris la trésorerie) / Passif circulant (y compris la trésorerie)

Ce ratio mesure l’aptitude de l’entreprise à faire face à son passif circulant au moyen de la
réalisation de son actif circulant ;

 La liquidité réduite :

R = Actif circulant (exclusion faite des stocks) / Passif circulant

Comme la liquidité des stocks n’est pas toujours évidente (stock outil, durée du processus de
production)

 La liquidité immédiate :

R = Disponibilité / Passif circulant

Ce ratio qui mesure la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements à court terme grâce
à ses moyens disponibles

Si les ratios de liquidité permettent de faire des comparaisons dans le temps ou avec d’autres
entreprises, leur utilisation reste malgré tout très délicate, dans la mesure où elle sont basées
sur des données bilantielles qui varient beaucoup trop en fin d’exercice pour être
significatives .C’est pourquoi on complète généralement l’analyse de la liquidité par les ratios
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de gestion qui intègrent, eux, la rotation effective des postes de l’actif circulants hors
trésorerie.

3. Les ratios de gestion ou de besoin en fonds de roulement :

Les ratios de gestion constituent en fait les ratios explicatifs du besoin de fonds de roulement,
et permettent d’appréhender la réalité économique et industrielle de l’entreprise à partir de la
rotation des stocks, des créances clients et des dettes fournisseurs.

 La rotation de stocks :

Les ratios de rotation permettent de déterminer le délai moyen d’écoulement des stocks, c'est-
à-dire le délai moyen pour que le stock se transforme en créance sur la clientèle (cas d’une
vente à crédit), ou en liquidités (cas d’une vente au comptant).

Le flux d’approvisionnement peut être mesuré, soit par les achats de la période, soit par la
consommation de la même période c à d les achats corrigés de la variation des stocks. Quand
il s’agit de stocks de produis en cours ou finis, on retiendra le coût de production des produits
fabriqués ou vendus.

Pour le stock au dénominateur, le stock moyen qu'on calcule par la formule suivante :

Stock moyen = (stock initial + stock final) / 2

Le délai moyen d’écoulement exprime le nombre de jours d’achats ou de consommations


représenté par le stock :

Le délai moyen est obtenu en multipliant l’inverse de la vitesse de rotation par 360 pour
obtenir une durée en jours.

Cas de l’entreprise commerciale :

R1 = (Stock moyen de marchandises x 360) / Achats revendus de marchandises

Ce ratio mesure le délai moyen d’écoulement des marchandises consommées et revendues de


l’état par l’entreprise

Cas de l’entreprise industrielle :

On distingue différentes catégories de stocks :

 Le délai moyen d’écoulement des matières et fournitures consommables est mesuré


par le ratio suivant :

R2 = (Stock moyen de matières premières et de matières et fournitures consommables x


360) / Achats consommés de matières et fournitures

 Le délai moyen d’écoulement des produits en cours :

R3 = (Stock moyen de produits en cours x 360) / Production


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 Le délai moyen d’écoulement des stocks de produits finis se calcule par rapport aux
prix de revient des produits vendus :

R4 = (Stock moyen de produits finis / Production vendue)

Pour les deux ratios R3 et R4, aussi bien la production que la production vendue intègrent le
chiffre d’affaire. Or, celui-ci inclut la marge bénéficiaire qu’il s’agit de neutraliser en
exprimant le chiffre d’affaire en coût de production.

La rotation des stocks doit être appréciée en fonction de la nature de l’activité de l’entreprise
et des conditions internes de gestion. Les stocks représentent souvent une part importante des
actifs circulants. L’examen de leur rotation et leur évolution dans le temps renseigne
utilement sur la liquidité de l’entreprise et sur l’efficacité de sa politique commerciale

 La rotation des créances commerciales :

Le délai moyen de recouvrement des créances est calculé par le ratio suivant :

R5 = Encours Clients x 360 / Ventes TTC

L’encours client est calculé comme suit :

Client est comptes rattachés- clients créditeurs, avances et acomptes = en cours clients

N.B :

 les créances étant enregistrées TTC, elles seront rapportées à un chiffre d’affaires
TTC.
 Le chiffre d’affaire qui figure dans le compte de produits et charges étant hors taxes,
il conviendra de lui appliquer le taux de TVA correspondant en vigueur.
 Les délais moyens de règlement des clients sont fonction à la fois des pratiques en
cours dans le secteur de l’entreprise, et du pouvoir de négociation avec les clients.
Une durée moyenne inférieure à la durée de la profession traduit une situation
favorable. Le cas inverse peut traduire soit le résultat de difficultés économiques
commerciales subies (concurrence vive, mévente...), soit le reflet d’une politique
délibéré.

 La rotation du crédit fournisseurs

Le délai moyen de règlement accordé par les fournisseurs est égale à

R6 = Encours Fournisseurs x 360 / achats TTC

L’en cours fournisseurs est déterminée comme suit :

Fournisseurs et comptes rattachés – fournisseurs débiteurs avances et acomptes

Les délais moyens de règlement consentis par les fournisseurs dépendent essentiellement des
usages commerciaux du secteur. Un délai supérieur à la moyenne de la profession est le signe
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en principe d’une situation favorable, due à une meilleure capacité de négociation de
l’entreprise. Un tel délai peut à l’inverse traduire une position de dépendance tout à fait
dangereuse et coûteuse (coût explicite : charges financières facturées pour l’allongement des
délais ou le report des échéances, coût implicite : surfacturation du prix d’achat).

Un délai inférieur à la norme de la profession peut être le signe d’une situation défavorable
(problème de solvabilité de l’entreprise, encadrement du crédit) ou au contraire d’une
trésorerie confortable qui permet à l’entreprise de régler ses fournitures par anticipation et
profiter ainsi d’escomptes de règlement.

4. Les ratios de rentabilité

L’analyse de la rentabilité est essentielle dans la mesure où elle est la résultante de la


politique générale.
La mesure de la rentabilité est rendue complexe, du fait d’abord des différents niveaux de
résultants ( marge commerciale , EBE , résultat d’exploitation , résultat net, CAF…..), de la
variété des indicateurs d’activité( CA, P°) , et de la multiplicité des critères de mesure des
moyens engagés, qu’ils soient éco ou ( Actif Total , BFR..) financiers ( ressources stables fds
propres ).

 Ratios de marge brute :

R1 = (Ventes de marchandises HT - achats revendus de marchandises HT) / Ventes de


marchandises HT

Ce ratio permet d’apprécier la stratégie commerciale poursuivie par les entreprises


commerciales

R2 = EBE / CAHT

Ce ratio correspond au taux de marge brute d’exploitation et traduit la performance de


l’entreprise à travers son aptitude à générer les ressources de trésorerie.

R3 = Résultat d’exploitation / Chiffre d’affaire HT

Ce ratio présente l’avantage de faire apparaître le niveau relatif du résultat. Indépendamment


de la politique financière de l’entreprise et de l’impact des éléments non courants et de la
fiscalité au titre de l’impôt sur le résultat.

 Ratios de rentabilité économique :

La rentabilité économique peut être calculée au moyen de ce ratio :

R = EBE / Actif économique

L’actif économique peut être représenté par l’actif total, mais on lui préférera l’actif
immobilisé d’exploitation majoré du besoin en fonds de roulement qui constitue un véritable
investissement. Ce ratio peut être décomposé en un produit de deux facteurs :

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R = (EBE /CAHT) x (CAHT / Actif économique)

Avec : EBE / CAHT = Taux de marge brute d’exploitation


CAHT / Actif économique = Taux de rotation de l’actif économique

Ainsi la rentabilité dépend à la fois du taux de marge brute d’exploitation et du taux de


rotation de l’actif économique peut procéder d’une politique de marges faibles associée à une
forte rotation de l’actif économique, ou de marges fortes accompagnées d’un faible taux de
rotation des capitaux engagés.
Les ratios de rentabilité économique sont extrêmement utiles pour les comparaisons inter-
entreprises.

 Les ratios de rentabilité financière :

Pour l’actionnaire, le meilleur indicateur de la rentabilité des capitaux qu’il a engagés est
mesuré par le ratio suivant :

R = Résultat de l’exercice / Capitaux propres

On peut aussi le décomposer en un produit de trois facteurs :

R1 : Taux de marge = (Résultat de l’exercice / Chiffre d’affaire)


R2 : Taux de rotation de l’actif = (Chiffre d’affaire/ Actif total)
R3 : Ratio d’endettement = (Passif / Capitaux propres)

Alors R = R1 x R2 x R3

5. Ratios de productivité :

Les ratios de productivité permettent d'analyser les performances des facteurs de production
de l'entreprise ainsi que leur évolution, et de procéder à des comparaisons entre les
entreprises.

R1 = Valeur ajoutée / Production

Il mesure le degré d'intégration des activités de l'entreprise et sa contribution à l'économie.

R2 = Valeur ajoutée/ Effectif moyen

Il mesure la valeur ajoutée générée par personne employée et donne une première idée sur la
productivité.

Ainsi, la productivité du personnel dépend du rapport entre capital et travail. Un ratio faible
signifie que l'entreprise utilise beaucoup de main d'œuvre et peu de capital. Un ratio élevé est
signe d'un degré capitalistique. La productivité du travail dépend ensuite de la productivité
des équipements c'est-à-dire de la valeur ajoutée produite par dirham investi.

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LES PREVISIONS FINANCIERES :

L'établissement des prévisions financières consiste à traduire, en termes financiers, tous les
éléments réunis au cours des étapes précédentes et à vérifier la viabilité de son entreprise en
projetant ces éléments sur une période pertinente et suffisamment lisible : 3 ans.

Les prévisions financières devront pour l'essentiel répondre à 5 grandes questions :

1. Quels sont les capitaux nécessaires pour lancer le projet ? Est-il possible de les
réunir ?

L'élaboration du plan de financement initial permettra de répondre à ces questions.

Il consiste à remplir un tableau regroupant :

Du côté gauche tous les besoins financiers durables de l'entreprise, c'est-à-dire :

Les frais d'établissement

Les "équipements" au sens large qu'il faut acheter (les investissements HT selon leur nature
deviendront ultérieurement les immobilisations incorporelles, corporelles et financières dans
le bilan du premier exercice de l'entreprise),

Le Besoin en fonds de roulement (BFR), c'est-à-dire le montant d'argent utilisé en


permanence, tant dans l'achat et la détention du stock dont on a besoin tout le temps pour
fonctionner correctement (montant diminué des facilités de paiement consenties en
permanence par les fournisseurs) que dans les délais de paiement que l'on va être obligé
d'accorder aux clients (argent dû en permanence par les clients).

Du côté droit, les ressources financières durables :

- Qui sont apportées par le porteur du projet (apports personnels)

- Qu'il faudra trouver en complément (prise de participation de tiers, prime ou subvention,


emprunt à moyen ou long terme).

En bonne orthodoxie de gestion, les besoins financiers durables doivent être couverts par des
ressources financières de même nature.

Les totaux des deux colonnes doivent être égaux. Par conséquent si la somme des apports
(éventuellement majorés de primes ou subventions), reste inférieure au total des besoins
durables il faudra combler cette différence par un financement externe.

Ce financement, en principe de nature bancaire, devra être en cohérence avec la pratique des
banques qui appliquent certains principes pour la distribution des crédits d'investissements
(crédits à moyen ou long terme) comme :

Ne pas risquer plus de fonds que le créateur lui-même

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Ecarter de l'assiette de financement les investissements incorporels (hormis le fonds de
commerce) et très souvent le besoin en fonds de roulement

Ne financer qu'à hauteur de 70 % du prix HT ce qui est recevable (besoins finançables par
la banque)

Tolérer chez l'emprunteur un endettement à terme qui ne dépasse pas le total des C.A.F des
3 premières années (C.A.F = capacité d'autofinancement)

N'accepter chez l'emprunteur qu'une charge annuelle de remboursement du capital


emprunté limitée au plus à la moitié de la C.A.F prévisionnelle.

Ces deux derniers critères imposés par les banques ne pourront être vérifiés qu'une fois le
compte de résultat établi, ce qui pourra amener à reconsidérer la solution financière.

2. L'activité prévisionnelle de l'entreprise va-t-elle sécréter un montant de recettes


suffisant pour couvrir les charges entraînées par les moyens humains, matériels
et financiers mis en oeuvre ? En d'autres termes, le projet sera-t-il rentable ?
L'élaboration du compte de résultat prévisionnel permettra de répondre à cette question.

Le compte de résultat peut être établi soit sous forme de liste soit sous la forme classique et
plus simple d'un tableau.

Dans ce dernier cas, il s'agit d'un tableau retraçant l'activité et permettant, pour chacun des
trois premiers exercices, de recenser :

Dans la partie gauche l'ensemble des charges (achats et frais généraux) de l'exercice

Dans la partie droite les produits (chiffre d'affaires) de l'exercice et par différence entre les
deux colonnes du tableau s'assurer que l'activité dégage un bénéfice suffisant (reliquat des
produits par rapport aux charges).

Pour remplir correctement le compte de résultat, il faudra :

Dans la partie gauche du tableau :

Ne rien oublier des charges prévisibles d'exploitation (un plan comptable pourra servir de
liste-type)

Evaluer la dotation aux amortissements pour les investissements achetés (si, bien sûr, ils
sont amortissables)

Calculer également les charges financières induites par le "financement externe" qui a été
déterminé pour équilibrer le plan de financement initial.

Dans la partie droite du tableau :

Sont inscrits le chiffre d'affaires et éventuellement les autres produits (financiers ou


exceptionnels).
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Tous les montants sont à porter pour leur montant hors taxes (sauf en cas de non
assujettissement à la T.V.A.)

Remarque :

A ce stade, le compte de résultat ne peut pas être définitivement arrêté, car il est possible que
la situation de trésorerie au cours des premiers mois nécessite le recours à des crédits
bancaires à court terme. Si c'était le cas, il faudrait bien sûr incorporer aux charges financières
déjà inscrites les agios y afférents. Ce calcul nécessite d'établir le plan de trésorerie.

3. Les recettes encaissées par l'entreprise tout au long de l'année permettront-elles


de faire face en permanence aux dépenses de la même période ?

Le plan de trésorerie permettra de mettre en évidence, mois par mois, l'équilibre ou le


déséquilibre entre encaissements et décaissements.

Il s'agit d'un tableau présentant tous les décaissements et tous les encaissements prévus au
cours de la première année, en les ventilant mois par mois dans 12 colonnes.

Chaque entrée ou sortie de fonds - en TTC pour les opérations assujetties à la T.V.A. - doit
être portée dans la colonne du mois où elle doit normalement se produire. Le créateur
détermine ensuite le solde de trésorerie du mois, puis un solde de trésorerie cumulé d'un mois
sur l'autre. De cette manière, il est en mesure de savoir par rapport à ses prévisions d'activité
si tout ce qu'il y aura à payer pourra l'être sans problème grâce aux disponibilités du moment.

Si ce document prévisionnel devait faire ressortir une impasse de trésorerie à un certain


moment, il sera impératif qu'il trouve une solution avant le démarrage de l'entreprise.
En effet, si statistiquement 17 % des entreprises nouvelles disparaissent au cours de la
première année, c'est, pour beaucoup, en raison de problèmes de paiements courants !

Il faudra donc peut-être prévoir des crédits bancaires de fonctionnement (comme l'escompte
de papier commercial, la mobilisation de créances professionnelles dans le cadre de la loi
DAILLY, le découvert, etc...) et tenir compte de leur coût dans le compte de résultat.

4. Quel montant minimal de ventes ou de prestations de services faudra-t-il


impérativement atteindre au cours de la première année pour pouvoir au moins
faire face à toutes les charges de l'exercice ?

Le calcul du point mort ' ou seuil de rentabilité ' permettra de répondre à cette question.

Calcul du point mort (seuil de rentabilité) :

Le point mort représente le niveau d'activité qui permet, grâce à la marge réalisée (différence
entre ce niveau de ventes et les charges variables découlant implicitement de ce chiffre
d'affaires) d'avoir les moyens de payer toutes les autres charges de l'exercice, c'est-à-dire les
charges fixes.

Pour calculer ce point mort, il faut :

 Répartir l'ensemble des charges de l'exercice en deux catégories :


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- Le montant de toutes les charges fixes : ensemble des dépenses que l'on a obligatoirement,
que l'on vende ou que l'on ne vende pas (ex : loyer du local commercial, salaires, charges
sociales, assurance, comptable, etc),

- Le montant de toutes les charges variables : montant des dépenses découlant


automatiquement du niveau des ventes (par ex : le montant des approvisionnements
correspondant au chiffre d'affaires réalisé, frais de transport sur achats et/ou sur ventes,
commissionnement versé sur les ventes,...) .

 Calculer la marge sur coûts variables qui est égale au montant prévisionnel des ventes
diminué des charges variables entraînées automatiquement par ces ventes.

 Traduire cette marge en pourcentage de chiffre d'affaires (taux de marge sur coût
variable) en divisant la marge sur coûts variables par le montant du chiffre d'affaires
et en multipliant le résultat par 100.

 Diviser le montant des charges fixes par ce taux de marge pour obtenir le seuil de
rentabilité : montant de chiffre d'affaires qui permettra de payer toutes les charges
fixes.

Dès que les ventes dépasseront le point mort, l'entreprise commencera à dégager des
bénéfices.

Le seuil de rentabilité est un bon indicateur pour compléter l'approche de réalisme du projet,
car on peut le traduire concrètement en nombre d'heures à facturer, nombre d'articles à vendre
en moyenne par jour (ou par semaine) etc...

5. Enfin, la solidité financière de l'entreprise prévue grâce au plan de financement


initial se poursuivra-t-elle au fur et à mesure du développement de l'affaire ?

Le plan de financement à 3 ans permettra de vérifier si, effectivement, la structure financière


de la nouvelle entreprise se maintient et même s'améliore, malgré de nouveaux besoins
durables de financement apparaissant dans le temps. Une bonne structure financière est une
des conditions de longue vie pour les nouvelles entreprises.

Une bonne structure financière est un gage de pérennité pour la nouvelle entreprise, qui
pourra ainsi faire face à des aléas (retard dans la montée en puissance du chiffre d'affaires,
impayé, etc...) d'autant mieux qu'elle aura des ressources financières stables en réserve pour
cela.

De manière à prévoir l'évolution de la structure financière de l'entreprise, il est nécessaire


d'élaborer sur le même principe que le plan de financement initial, un tableau projetant, à la
fin de chacune des trois premières années, l'évolution des besoins financiers durables et des
ressources financières stables.

Pour la première année, il suffira de reprendre le contenu du plan de financement initial en y


incorporant les éléments nouveaux survenus au cours de l'exercice, notamment les ressources
propres nouvelles générées par l'activité : la capacité d'autofinancement ou CAF.

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En création d'entreprise, la CAF est égale à :

Bénéfice après impôt + Dotation aux amortissements de l'exercice.

Pour les années 2 et 3 il ne faudra prendre en compte que les seuls éléments nouveaux apparus
dans les besoins ou ressources durables au cours de chaque exercice respectif.

Il est nécessaire que, pour la première année, les ressources excèdent les besoins d'un montant
représentant au moins 15 à 20 % du montant de la C.A.F. Cet excédent doit s'accentuer les
années suivantes.

Cette démarche doit conduire à la construction d'un projet cohérent et viable puisque chacune
des options prises trouve sa traduction financière et sa répercussion sur les équilibres
financiers.

Si le déséquilibre est trop important, le projet doit être remanié et sa structure financière
adaptée en conséquence.

Recommandations :

Le montage des comptes prévisionnels demeure un exercice très sérieux, pour lequel il faut se
garder d'un trop grand optimisme, mais au contraire coller le plus possible à la réalité du
terrain (hypothèses vraisemblables, en particulier pour le chiffre d'affaires prévisionnel et le
besoin en fonds de roulement).

Même s'il n'est pas spécialiste, le créateur doit quand même maîtriser dans les grandes lignes
le mécanisme des comptes prévisionnels, pour pouvoir être crédible en discutant avec le
banquier et parce que c'est le B.A. BA de la gestion, responsabilité à laquelle tout créateur
sera très vite confronté.

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