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Chapitre 1 : Croissance, fluctuations et analyse

conjoncturelle : irrégularité de la croissance

Section 1 : La croissance, un phénomène de long terme irrégulier

1. La croissance, un phénomène de long terme.

Rappels :
Croissance → quantitatif, long terme, mesure la production de richesses.
Comment mesurer la croissance ?
PIB → création de richesse produite au cours d'une année par les résidents d'un pays.
Production nationale → somme des productions de tous les acteurs d'un pays.
Pourquoi mesure l'évolution de la richesse à partir du PIB et non de la production ?

Agriculteur → production de blé = 1 000


C.I. = 0 → V.A.B. = 1 000

Meunier → production de farine = 1 500


C.I. = 1 000 → V.A.B. = 500

Boulanger → production de pain = 2 100


C.I. = 1 500 → V.A.B. = 600

Production nationale = 1 000 + 1 500 + 2 100


= 4 600

PIB = Σ V.A.B.
= 1 000 + 500 + 600
= 2 100

Σ C.I. + Σ V.A.B. = Production nationale

PIB (Production – C.I.) = C.F. + Σ V.A.B. + FBCF + Δ stocks + (X°- M°)

réel → volume → prix constant


nominal → valeur → prix courant
Outils pour calculer la croissance :
- Taux de croissance (exemple : 1950 – 2011→ 330%)
- Taux de croissance annuel TCAM :

50 PIB2010

PIB1960
−1

2. La croissance, un phénomène irrégulier

On s'intéresse au taux de variation du PIB en milliards d'euros.


Trois périodes de récessions entre 1950-2011 :
- 1975, choc pétrolier
- 1993, crise du système monétaire européen
- 2009, crise des subprimes

Mise en évidence des fluctuations. La croissance n'a pas cessé de ralentir. Attention, lorsque l'on
compare les fluctuations, il faut prendre en considération le temps et l'espace. Pour comprendre la
croissance en France, il est indispensable de regarder la croissance à l'international.

3. La croissance un phénomène variable

Jean Forastier

30 glorieuses : taux de croissance annuel moyen de l'ordre de 5 %

30 piteuses : Nicolas Baverez

Il existe un cercle vicieux déflationniste. Lorsqu'on souhaite étudier les fluctuations, il faut
s'intéresser au court terme.

Section 2 : Analyse conjoncturelle


Définition : l'analyse conjoncturelle fait référence à la situation économique à court terme.
Analyse de la situation économique : connaissance du passé proche, mais aussi les prévisions des
années futures.
En macroéconomie, la courte période est définie comme une période courte ou le capital ne varie
pas mais le travail varie.

Alfred Sauvy : 1938, nécessité de modifier l'analyse économique et de développer l'analyse


conjoncturelle.

1936 : Keynes, mise en place d'outils de mesure conjoncturelle.

Quelques indicateurs :
- PIB
- Taux de chômage
- Inflation sous-jacente
- La croissance potentielle
- Climat des affaires
Sauvy donne trois objectifs à l'analyse conjoncturelle :
- Décrire
- Comprendre
- Prévoir
Idée que gouverner c'est prévoir le futur.

L'information se trouve :
- INSEE
- OCDE
- Banque de France
- La cour des comptes
- Presse quotidienne
- OFCE

1. Typologie des outils de l'analyse conjoncturelle

Séparation entre les outils qui décrivent le passé proche ou présent et les outils qui décrivent le futur
proche.
Il y a des indicateurs rapide (30-45 jours), les comptes trimestriels (30-45 jours et une version
définitive à 65 jours) qui sont une composante du PIB, ratios de comportements tel que le taux de
marge des entreprises ou le taux de marge des ménages. Ces indicateurs sont qualitatifs.
Il existe aussi des proxis, ils donnent une image avant la publication des statistiques.
Il y a des indicateurs qui décrivent le futur proche tel que l'indicateur avancé qui donne une
prévision de la croissance du PIB pour les deux prochains trimestres, il existe aussi d'autres modèles
beaucoup plus poussé qui relève du domaine macroéconomique.

2. Les indicateurs de croissance

Le taux de croissance du PIB : trimestriellement ou annuellement qui décrit le passé.


L'acquis de croissance : hypothèse qui est que le PIB à la fin du dernier trimestre sera au même
niveau qu'à la fin du troisième trimestre.
Le potentiel de croissance ou la croissance potentielle : le niveau que le PIB connaîtrait si tous les
facteurs de production étaient utilisés à leur maximum sans faire apparaître de tension sur les prix.
Vitesse maximum à laquelle l'économie peut croître à court terme sans accélérer l'inflation. Cela
dépend des capacités de production disponible et de l'efficacité de leur utilisation. Dans les années
1990, le potentiel de croissance était autour de 2,1 %.
On compare le taux de croissance effectif avec le potentiel de croissance → écart de production
(output gap).

Est-il bon pour le gouvernement de dépasser la croissance potentielle ? Risque de générer de


l'inflation.

La croissance potentielle de la France est toujours depuis les années 1980 inférieur à celle des
U.S.A. Les tendances des deux courbes sont sensiblement identiques.
Si le potentiel de croissance des U.S.A. est toujours supérieur à celui de la France, le PIB effectif
des U.S.A. devrait être supérieur à celui de la France.

Depuis la crise des subprimes, le potentiel de croissance s'est ralenti et l'écart de production
s'accroît.
Contribution à la croissance : la croissance du PIB peut être décomposé en la somme des
contributions de ses différentes composantes : dépenses de consommation (des ménages, ISBLM,
des APU), investissement, variation de stock et solde commercial.

PIB = C.F.+FBCF+Δ stocks+(X°+M°)

Notion de net/brut :
- Les exportations nettes signifient les exportations nettes des importations
- salaire brut/net signifie que l'on déduit les cotisations sociales
- PIBrut/PINet signifie qu'il y a une dépréciation du capital fixe (amortissement)

DIF : Demande Intérieure Finale (sur le territoire)

DIF hors stocks = C.F.+FBCF

La production industrielle comme proxy du PIB :


PIB et production industrielle, variation trimestrielle-taux annualisé.

Le secteur tertiaire occupe une place de plus en plus importante.

3. Indicateurs d'évolution des prix

Il ne faut pas confondre l'inflation et l'évolution du coût de la vie. Pour mesurer l'inflation et
l'évolution du coût de la vie. Pour mesurer l'inflation, on utilise l'indice des prix à la consommation.
Grâce à l'IPC, on peut calculer le taux d'inflation.
L'inconvénient de l'IPC est que certain produit prenne une place importante dans la consommation
des français, avec une évolution des prix très variable ce qui influence fortement l'IPC.

L'inflation sous-jacente :
Indice désaisonnalisé (CVS – Correction des variables saisonnières). Elle exclut les prix soumis à
l'intervention de l’État (électricité, gaz,…) et les prix des produits volatiles (pétroliers, agricoles,…)
car soumis aux facteurs climatiques ou tensions sur les marchés mondiaux.
Il est également corrigé des mesures fiscales (hausse de la TVA…)

IPCH :
Comparaison internationale (indice des prix harmonisé

4. Indicateurs de l'évolution du chômage

- Demandeur d'emploi en fin de mois (DEFM)


- Le nombre de chômeur au BIT (Bureau International du Travail)

Pour percevoir le chômage, il faut :


- avoir plus de 15 ans
- être disponible
- être sans emploi
- rechercher un emploi dans le mois précédent

L'indicateur préconisé est le nombre de chômeur au sens du BIT, le problème est que cet indicateur
n'est publié que tous les 3 mois.

Il y a environ 9/10 % de chômeur en France.


HALO du chômage :
Les contours du chômage sont flous, il existe beaucoup de situation où l'on n'est pas considéré
comme chômeur et pourtant la situation y est très proche.
- 1,7 millions d'inactifs qui souhaitent travailler.
- 1,7 millions qui travaillent mais voudraient travailler plus.

Taux de chômage :
Nombre de chômeur en pourcentage de la population active.

Evolution du taux de chômage dans la zone euro (graphique). La France se situe au niveau de la
zone euro. L’Espagne a l'un des pires taux de chômage (25 % en 2014).

5. Enquêtes de conjoncture

- Enquêtes mensuelles ou trimestrielles par l'INSEE


- Information qualitative et précoce à travers des enquêtes d'opinion
- Système harmonisé des enquêtes de conjoncture de la commission européenne avec questionnaires
et méthodes de traitement harmonisés

« Confiance » des ménages :


On leur demande leur opinion sur la conjoncture économique générale de la France (situation
économique, chômage, inflation), leur perception de leur situation économique passée et future et
leurs intentions en matière d'épargne et de consommation. Environ 2 000 personnes par mois sont
interrogées.

« Climat des affaires » des entreprises :


On sépare les entreprises en différents secteurs → industrie, services, commerce de détail,
commerce de gros, construction.
Exemple de questions posées pour l'industrie : - perspectives générales
- tendances passées de la production
- tendances prévues de la production
- niveau des stocks de produits finis
- carnets de commandes étranges
- carnets de commandes globaux
Modalités de réponses : - hausse, stable ou baisse pour les questions portant sur une évolution
- supérieur à la normalité, normal ou inférieur à la normalité pour les
questions portant sur un niveau
traitement :
1. pour chaque question – solde d'opinion définit comme les différences entre les pourcentages de
réponses positives (« en hausse » ou « supérieur à la normale ») et les pourcentages de réponses
négatives (« en baisse » ou « inférieur à la normale »).
2. calcul d'un indicateur synthétique – moyenne pondérée des soldes d'opinions selon la technique
de l'analyse factorielle qui permet de résumer l'évolution concomitante de plusieurs variables dont
les mouvements sont très corrélés – corrigé des variations saisonnières (CVS) – indicateur
normalisé de manière à avoir une moyenne de 100 et un écart-type de 10.

La crise des dettes souveraines a eu lieu durant la période 2010-2013, elle a touché uniquement
l'Europe, liée à la crise de la dette publique. Mise en place de politique économique de rigueur.
Cette crise à touché l'intégralité de la zone euro car il y a eu un mouvement de spéculation contre
l'euro.
Indicateur de retournement de conjoncture (INSEE) :
Cet indicateur tente de détecter le plus tôt possible le moment où la conjoncture économique se
retourne → c'est une variable non directement observée…
La courbe retrace la différence entre la probabilité que la phase de la conjoncture soit favorable (+1)
et qu'elle soit défavorable (-1). Si elle est proche de 0, c'est une phase de stabilisation.
Cet indicateur est construit à partir de quatorze soldes mensuels qui décrivent l'activité dans les
secteurs de l'industrie, des services et du bâtiment.

Indice PMI composite de Markit :


La société Markit economics est une société indépendante d'envergure internationale qui réalise des
enquêtes de conjoncture à partir des enquêtes auprès d'un panel d'entreprise.
Les indices PMI sont avantageux (par rapport aux statistiques officielles) car ils sont publiés plus
fréquemment, les délais de publications sont plus courts, il n'y a pas de révision et il y a la
possibilité de les comparer à l'international.

6. Indicateurs avancés

Le but est de prévoir le taux de croissance trimestriel pour les deux prochains trimestres.

Indicateur de l'OFCE :
- Données d'enquête sur le climat des affaires et le moral des ménages
- données financières → taux de croissance du taux de change réel euro/dollar
→ taux de croissance du CAC40
→ écart entre le taux long (10 ans) et le taux court (3 mois)
- prix du pétrole