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DEFINITIONS ET CLASSIFICATION DES INFRACTIONS

I - DEFINITION
Toute action ou omission contraire à l’ordre social, prévue et réprimée par la loi, et qui expose son auteur à
une peine ou une mesure de sûreté.

A – L’infraction pénale et le délit civil


DELIT CIVIL DELIT PENAL
Fait ayant causé dommage à autrui Acte précis défini par un texte
Existe si préjudice Existe même sans préjudice
Sanction : réparation préjudice Sanction : Peine
Peuvent exister séparément ou coexister

B – L’infraction pénale et le délit disciplinaire


DELIT CIVIL DELIT DISCIPLINAIRE
S’applique à tous Spécifique à une profession
Tribunal répressif Juridiction disciplinaire
Peuvent exister séparément ou coexister

II - CLASSIFICATION
A – Classification du code pénal
 Contravention
 Délit
 Crime
B – Classification fondée sur la nature de l’infraction
NATURE DEFINITIONS SPECIFICITES
DROIT COMMUN
Infractions portant atteinte à l’organisation et au Détention criminelle, pas de contrainte par
POLITIQUE fonctionnement des pouvoirs publics, à l’intérêt de corps, certains crimes jugés par juges pro…
l’Etat ou même à son existence.
Infraction intentionnellement en relation avec une Peines aggravées, perquisition en prelim sans
entreprise individuelle ou collective ayant pour but assentiment, perquisition de nuit, GAV,
TERRORISTE de troubler gravement l’ordre public par centralisation procédure à Paris, cours d’assise
l’intimidation ou la terreur. pro
Tout acte qui constitue un manquement à la Juridiction spécialisée en matière militaire
discipline et aux obligations militaires.
MILITAIRE Infractions droit commun commise dans l’exercice
des ses fonctions
FISCALE Prévue par code général des impôts Sanctions pénales, fiscales et adm.
Prévues et réprimées par code des douanes Déroge aux règles de la procédure pénale par
DOUANIERE l’usage de la transact°
Infractions en matière de sociétés, la banqueroute, de Spécialisation de certains tribunaux
ECONOMIQUE concurrence et de consommation
C – Classification fondée sur le mode de réalisation de l’infraction
1. Infractions Instantanées et continues
2. Infractions simples et infractions complexes
3. Infractions matérielles et infractions formelles

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CRIMES DELIT CONTRAVENTION
Juridictions compétentes Cours d’assise Tribunal correctionnel Tribunal de Police
Possible si délit puni d’une peine
L’enquête en flagrant délit Possible pour crime Non applicable
d’emprisonnement
L’instruction Obligatoire Facultative Exceptionnelle, sur requête du proc.
Délais de prescription :
 Action Publique 10 ans 3 ans 1 ans
 Peine 20 ans 5 ans 2 ans
La tentative Toujours punissable Punissable si texte le prévoir Non punissable
Exceptionnellement si un texte le
La complicité Punissable Punissable
prévoit expressément
L’extradition Possible Possible Non applicable

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LES ELEMENTS CONSTITUTIFS DE
L’INFRACTION
I – L’ELEMENT LEGAL

1. Les lois proprement dites et textes assimilés


 Les lois (émanent du pouvoir législatif)
 Les traités internationaux (prime sur la loi interne)
2. Les règlements administratifs (Emanent du pouvoir exécutif)
 Les décrets en Conseil d’Etat
 Les autres règlements (décret arrêté minist., arrêté prefect. ou municipaux)
3. Jurisprudence et doctrine

II – L’ELEMENT MATERIEL
Manifestation par un acte extérieur
Infraction consommée (par commission ou omission)

II – L’ELEMENT MORAL
 La faute intentionnelle
 Se définit par la conscience et la volonté d’accomplir un acte illicite
 La faute non-intentionnelle
 La faute d’imprudence
 La faute contraventionnelle

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ELEMENT MATERIEL :
Conditions

ELEMENT MATERIEL

ACTE POSITIF : ATTITUDE PASSIVE ACTE NEGATIF


Une action physique de l’auteur dont il est résulté un dommage
Un résultat
Un lien de causalité action/résultat

INFRACTION DE INFRACTION DE INFRACTION D’OMISSION


COMMISSION COMMISSION PAR OMISSION = l’individu omet de réaliser un
acte prévu par la loi
= l’individu commet un acte
interdit par la loi

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ELEMENT MORAL

FAUTE

INTENTION COUPABLE PAS D’INTENTION COUPABLE

FAUTE NON
FAUTE INTENTIONELLE INTENTIONNELLE

DOL GENERAL : volonté


d’accomplir un acte en sachant
qu’il est défendu par la loi

DOL SPECIAL : volonté


d’accomplir les faits tels qu’ils FAUTE D’IMPRUDENCE FAUTE
sont décrits par la loi Consiste en : CONTRAVENTIONNELLE
Une maladresse Elle est présumée et consiste dans
Une imprudence la violation de la prescription
Une inattention légale ou réglementaire
Une négligence
Un manquement à une obligation de prudence
ou sécurité

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PRINCIPE GENERAUX DE LA
RESPONSABILITE PENALE

Pour qu’il y ait responsabilité pénale au sens strict, il faut que le délinquant ait commis une
faute (culpabilité), et que cette faute puisse lui être imputée (imputabilité)

CULPABILITE

Suppose la commission d'une faute au sens large, soit intentionnelle, soit d'imprudence
ou de négligence.

IMPUTABILITE

Elle consiste en la possibilité de mettre la faute au compte de celui qui l'a commise. Elle
suppose la conscience et une volonté libre.

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LA TENTATIVE
I - DEFINITION
Article 121-5 du Code Pénal
« La tentative est constitué dés lors que, manifestée par un commencement d’exécution, elle n’a pas été
suspendue ou n’a manqué son effet qu’en raisons de circonstances indépendantes de la volonté de son
auteur. »

II – ELEMENTS CONSTITUTIFS

1. Une intention coupable


2. Un commencement d’exécution
3. Une absence de désistement volontaire

 Un fait principal punissable

 Une intention coupable

 Un commencement d’exécution
 Il y a commencement d’exécution quand l’auteur a accompli des actes tels que
ceux-ci attestent de sa volonté irrévocable de consommer une infraction nettement
déterminée
 Absence de désistement volontaire
 Le désistement
 Le repentir actif

III – REPRESSION
CRIME Punissable
DELIT Punissable si prévue par la loi
CONTRAVENTION Non punissable

IV – LA TENTATIVE INFRUCTUEUSE
L’agent effectue tous les actes d’exécution sans parvenir au succès final, au résultat recherché.
INFRACTION MANQUEE INFRACTION IMPOSSIBLE
Auteur n’a pas obtenu de résultat car ce résultat
Définition Exécution complète qui ne réussit pas ne pouvait exister du fait d’une impossibilité
ignorée par l’auteur au moment des faits
OUI sauf :
 Infraction putative (élément légal
Répression OUI imaginaire)
 Infraction surnaturelle (sortilège,
envoûtement)

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LA COMPLICITE
I - DEFINITION
Article 121-7 du Code Pénal
Consiste en l’entente momentanée entre deux ou plusieurs personnes dans le but d’accomplir une
infraction déterminée.

II – CONDITIONS DE LA COMPLICITE

1. Existence d’une infraction


2. Participation matérielle au fait principal (acte positif)
3. L’intention de participer à l’infraction (connaissance du caractère délictueux et
volonté de s’associer à l’acte)

 Cas où la complicité ne peut-être retenue


 Fait principal justifié par :
 La légitime défense
 L’ordre de la loi
 Le commandement de l’autorité légitime
 Fait principal n’est plus punissable suite à :
 Prescription de l’action publique
 L’amnistie

 Complice peut-être poursuivi même si l’auteur n’est pas puni

 Acte de complicité prévue par l’article 121-7


 La provocation
 Par don, promesse, ordre, menace, abus d’autorité ou de pouvoir.
 Individuelle
 Suivi d’effet
 La fourniture d’instructions
 L’aide ou l’assistance

III – REPRESSION
Le complice sera puni comme auteur

CRIME Punissable
DELIT Punissable
Punissable si provocation, instructions ou
CONTRAVENTION
prévue par un texte

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LES CAUSES D’IRRESPONSABILITE OU
D’ATTENUATION DE LA RESPONSABILITE
1. Le trouble psychique ou neuropsychique
2. La contrainte
3. L’erreur de droit
4. La minorité
5. L’ordre de la loi et le commandement de l’autorité légitime
6. La légitime défense
7. L’état de nécessité

I – LES TROUBLES PSYCHIQUES OU NEURO-PSYCHIQUES


 Ayant ABOLI le discernement ou le contrôle de ses actes
o Non punissable
o Complicité punissable

 Ayant ALTERE le discernement ou le contrôle de ses actes


o Punissable

 Etats voisins du trouble psychique :


 Maladies de la volonté : Punissable
 Somnambulisme : Non punissable
 L'ivresse : Fortuite : Non punissable
Volontaire : Punissable
A – Action du policier

 Garantir la sûreté individuelle des malades mentaux


 Protéger la société
B – Les modes d’hospitalisation

Hospitalisation sur demande d’un tiers


o Ses troubles rendent impossible son consentement
o Son état impose des soins immédiats assortis d’une surveillance constante en milieu
hospitalier
o Modalités :
 Demande par membre de la famille ou personne susceptible d’agir dans
l’intérêt du malade (sauf personnels soignants).
 Demande manuscrite et signée.
 2 certificats médicaux circonstanciés de moins de 15 jours.
 Préfet averti dans les 24h avec 3éme certificat médical → notifie le placement
au procureur.

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 Dans les 15 jours puis tous les mois Préfet, Procureur et commission
départementale reçoivent nouveau certificat médical.
Hospitalisation d’office
o Par arrêté du Préfet motivé et précis, au d’un certificat médical.
o Examen périodique 24h, 15 jours, 1 mois puis 3 ou 6 mois avec certificat médical
transmis au Préfet et la commission départementale.
o En cas de danger imminent :
 Mesure prise par le Maire ou le Commissaire de Police (à Paris)
 Préfet avisé dans les 24 H
 Constatation peut résulter de la notoriété publique ou d’un médecin
o Action du policier :
 Prendre mesures immédiates pour assurer la sécurité du malade et de son
entourage.
 Maîtriser et fouiller le malade (coercition si nécessaire)
 Aviser la famille
 Rédiger un rapport
 Aviser l’OPJ

II – LA CONTRAINTE
Personne qui sous l’emprise d’une force ou d’une contrainte à laquelle elle n’a pu résister.
A – La contrainte physique

 D’origine externe (ex : sécheresse) ou interne (fatigue)


 Caractère de la contrainte :
o Irrésistible
o Imprévisible
o Si faute antérieure de l’agent, il n’y a pas contrainte

B – La contrainte morale

 D’origine externe (menaces) ou interne (émotions, passion, conviction)(ne


supprime pas la responsabilité)
 Caractère de la contrainte doit être irrésistible et extérieur.

III – L’ERREUR DE DROIT ET L’ERREUR DE FAIT


A – L’erreur de droit
Ignorance de la loi ou fausse interprétation
B – L’erreur de fait
 L’infraction intentionnelle
o Peut exclure la responsabilité : erreur sur l’age de la personne détourné
o Peut transformer la culpabilité : Pharmacien qui donne un poison par erreur, pas de
crime d’empoisonnement mais délit d’homicide par négligence.
o L’erreur sur la personne ne supprime pas la responsabilité.

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 L’infraction non intentionnelle
o Imprudence, négligences…
o Ex : Chasseur qui tue un autre chasseur par erreur
o Punissable
IV – LA MINORITE

A – Responsabilité pénale

- 13 ans Irresponsable Mesures éducatives


 ½ des peines prévues
 Si perpétuité max 20 ans
13 à 16 ans Responsable  Amende 50 000 F max
 Juge doit motiver les
peines d’emprisonnement
Juge peut par avis motivé écarter la
16 à 18 ans Responsable
minorité

B – Les mesures éducatives

1. Remise aux parents ou personne digne de confiance


2. Placement dans un établissement public ou privée d’éducation ou de formation
professionnelle
3. Remise à l’assistance à l’enfance
4. Placement dans un internat ou dans un foyer à l’enfance
5. Placement dans une institution publique d’éducation surveillée
6. TIG de 40 à 240 heures maximums.

C – La liberté surveillée

V – L’ORDRE A LA LOI ET LE COMMANDEMENT DE L’AUTORITE


LEGITIME
Article 122-4 du CP

A – L’ordre et l’autorisation de la loi ou du règlement.

Celui qui accompli un acte prescrit par la loi, ou seulement autorisés par des dispositions législatives ou
réglementaires, n’est pas pénalement responsable.

Exclusion
o L’autorisation administrative ne peut être assimilée à l’ordre de la loi.
o La tolérance de l’administration est inopérante.

B – Le commandement de l’autorité légitime.

Est pénalement irresponsable celui qui accomplit un acte « commandé par l’autorité légitime, sauf si cet
acte est manifestement illégal ».

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VI – LA LEGITIME DEFENSE
Article 122-5 du CP assure l’impunité à toute personne qui, pour repousser une agression actuelle et
injuste, la menaçant ou menaçant autrui, commet une infraction à l’encontre de l’auteur de l’infraction.
Elle est également admise dans certaines limites pour la défense d’un tiers.

A – Conditions nécessaires

Pour les personnes :

1. Une attaque actuelle ou imminente


2. Une attaque injuste
3. Une riposte nécessaire et mesurée
4. Une riposte concomitante à l’attaque

Pour les biens :

1. Agression doit être un crime ou un délit.


2. Défense ne doit pas dépasser les besoins d’une stricte nécessité. (pas d’homicide,
blessures graves…)

B – La Preuve

* La preuve que les conditions nécessaires étaient réunies doit être apporté par la personne poursuivie.

Est présumé avoir agi en état de légitime défense (Art. 122-6 du CP) :
 Pour repousser de nuit, l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité.
 Pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence.

VIII – L’ETAT DE NECESSITE


Art. 122-7 du CP Personne qui ne peut sauvegarder un bien ou un droit qu’en accomplissant un acte
délictueux qui porte atteinte aux biens ou aux droits d’une autre personne.

A – Conditions

1. Face à un danger actuel ou imminent


2. Danger doit menacer une personne ou un bien
3. Nécessité de l’acte
4. Acte proportionnel moindre que le bien sauvegardé.

B – Effets

Irresponsabilité pénale
Responsabilité civile non défini

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