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GRÉGOIRE DE NYSSE L'âme et la résurrection JJcques.I'Jul \hgn~ (IHOO 01H75), prêtre auvergnat, patronyme de

GRÉGOIRE DE NYSSE

L'âme et la résurrection

JJcques.I'Jul \hgn~(IHOO 01H75), prêtre auvergnat, patronyme de

I.uson, a ,'1" un ue, plus wand, éditeurs du 19" siède

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Le l>IulOf{ue ~lIr lûme el/a ré,\UrreCllOn

de Grq;olfc ùe '1,)'",.,

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1 n guu!e- th<.:OlalulUC Jx)ur une étude personnelle

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25

12 1

131

133

135

Grégoire de Nysse L'âme et la résurrection

Introduction de Bernard Pottier, '1

Traduction de Christian Bouchet. agrégé de l'l 'ni\t'I"'ilé,

docteur ès-Jeure,."

des Antilles-Guyane.

maître de conférences " 1Tnh'erstlé

Annotation

Congourdeau.

ct

guide

thématiyue

de

I\.larie-HélcnL'

~ les Pères d/ms la foi»

MIGNE

17. nie d'Alembert - Parts - 14'

Diffusion Brepols

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n,cti""nair"t' de \ptn/ualrre, P.tr1 ~, 1 9:P- I 9<J'1

éd.

M

\ dler

Du; tloll1lulrt' do' ThéoIogl" Cl,thollqlle, Pa""

1898- 1972.

J/'510tn: J ccll.\·itl\/rque (Eu"C:+)C

',

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rJt

e. S ozo m è n e).

\!O'lUml7lla GenmlPl'de H,

I Of1c:a , Berlm , I H26.

Pl"n-S tla~ III Foi Pan~. 197H-

MIgne, l'arro/og/a Gmt"-". Paris, lfl57-1H66, 166 \'01

~hgne, l'alro/aglu [at11la, Paf",

18~4 - 1 i'~5 , 221 \'01.

PatTn/oBltl

LaIUWi! Supp/emel1lt1n7 . éd

A

HJ.mman,

Par",

19'i~ 19-5,

0; \01

R''IJ/t;'IIr)kl 'P',J/('Jitr Allllke 1lI1<1 Chrlstel/llun , ~tuttgart,

1950 -

5ource:\ rD,étl('ll 1l I:S. Pa n , ]9-12 -

Trodu(. /;uU Oecu mcnique dl! la Bible, Paris, 1967.

La -Jduf

1ion

J

él e rl'\ 1

't: po lf .\1ane -Ht.;.lene CongourdC3U .

l.1 pré>c'ntecollewon. dm!(l'C par Adalhert-G Uamman et Marie-

HeIt

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CongounJc.:3U. est puh hee sous la responsabilité de l'As

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,tic d 'Alt>mhert , Paris 14' · 19911

DiffUSIon 8repols

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, Paris 14' · 19911 DiffUSIon 8repols : f.K)- INTROOL CTION Un dia log u e.
, Paris 14' · 19911 DiffUSIon 8repols : f.K)- INTROOL CTION Un dia log u e.

INTROOL CTION

Un dia log u e. Réa lité his to riqu e 0 71 fic t iOl I bite ra ire ?

 

Les

pre mii.' " "

lig n es

de

n otre

dia log u e

rela te nt

u n

é

vé n e m e nt que l' o n p e ut dater. ~eize.siècles plu s tard , a

\ 'ec

urt e éto nn a nt e pr éc is io n . G ré g OI re de :-i y"e, a ffl igé p a

r la

mo n d e 50'1 frere Basile d e Cé.sa rée, s'e mpresse a u che ve t

d e s a sœ ur Ma c rin e, d o nt il a appn s la maladie. Il n e l'a plu s

r evu e d e pui s huit a n::. Le lend e main d e l e uf s re tro u va ill es.

e ll e m e urt à so n tour ' c' d lit le 19 jutllct 378 ' . Jusqu 'alors,

Grég o ir e

é t

!il

resté

dis c ret,

activit é

litt é rair e

s o n

é t.1ll

ré duite . Il avait pa ssé la quarantaine. La disparitio n de ses

une sorte de co nscience

nouve lle : il d e vaIt sauver l'o rth o doxie et J'honneur de la

famill e au milieu des comhats ecclésiaux du moment , el exercer l'autorité personnelle que cette situation inatten· due lUI co nférait. Il s'acquitta de sa dette envers Ba-t1e d e

brillant.s aîn és

le

fit accéder à

di\'erses mani è re s. n o tamment par ses intervention

conCIle

de

Constantino ple en

381

et

la

rédat'tion

au

d 'un

immt.~n~e Coutre Eu Plome. qUI achevait la réfutauon entre·

-'<-~ ~ l_ Cf P . MJ.rJ.hl.l , dan

1l~

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lïntfOuu c ti o n à Grt'gnlrt" de :'\)"~ ~. [(>lIn : s . Pa r i'- .

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IH - 2b

pn'{ p.lf B.I,iI ~ :\f.IOIlH.' qut' d,In Il ·es timait également notre dialogue il de

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p.lf B.I,iI ~

:\f.IOIlH.'

qut' d,In

Il

·es timait

également

notre dialogue il de

i~ne

redevable

~I

consta.mment

conUlh.: _mJ pt.dagogue.

I"t.'\oque nrièvcmenl. Grégoire con

En dehof.'; de la LeI/l'!' XIX, qui

,acra

à sa steur moniale

deu\. l'cnts d'une cer taine import3nce . une ~~ie de saillIe

\la, nw

qlll nou!'! !J\Te une foule de renseignements

per\onnes el leur milieu de vie et le

ht'lOrHllIt.'\ sur k·

n,alogue .\ur lûme el lu n'sun'eclioll, que le lec teur tient

entrt.' It.-s nuin~_ Le "ot:<:ond écrit, qU.ltre fois plu\ \ 'olumi-

neux que le: prt::nller

rapporter les conversations qui occupè rent l'ultiJne ,·"iI" de Grég01rl! il sa sœur mourante Il e,t dIfficile de

"'icmhle

avoir été rédigé après lui el est

cen

e

dater ~l\'t.'(' rréClslon l'ou\'raRe lui-même, qui doit proven ir

du d"but de la periode fé «' .de de Grégoire, enlre 380 et

5H'i

L 11 Phédon chrétiell

Quo, qu ïl en ,oit de la vraisemblance de celte mise en

"l'ne. nOll'i nous trou\'on\ devant soixan te-dix-huit répar-

que s "chani(cnt deux Interlocuteurs, l'un d'eux étant

Ile

aussi le ndrratt.~ur dont les brèves interventions sporadi-

que, ni,ument habilement révolutio n de l'argument. On >ooni(e Jus"tôt au Phédon de Platon, Socrate, sur le point oc prc-ndrc 13 (igue.', réconforta,t lui aussi ses disciples avec couragc' et forcc' ,r:llne. S·agirait-il d'un Pbédo11 cbrét ien?

l.t' d'Jlo).(uc- de Grégoire est pourtant

Pl'Ut~être'

1 Cf

li

POlla:r,

Iheu

("

/" Christ se/ou

G'ré/<OIre de Nr

'e

moins

, tlUde

l.-UIL 1:7" LA RESl j(j(H TIO:\'

alerte . moÎn

, dialectique , moins équilibré. Macrine prend

toute la place, et de plu, en plus, au cours du dialoi(ue. Grégoire joue l'a vocat du diable. mais on le sait d·accord

avec Macrinc . Il n 'est pas vraiment à la recherche d"une

vérité qui échappe, comme les disciples de Platon. mais désire eJT'membrer de raison la foi chrétie nne qu 'iJ profe!oJse déjà , avec pusillanimité parfois, prétend-il. Parm, les quelque soixante-cinq œuvres de Grégoire, on ne trouve guère qu'un seul dialogue en oehors de celui-ci . il s'agit d 'une brève discussion avec un philosophe concer- nant la question du de>tin (le Contra fatum , PC 'S, 14S- 174). Les traités y sont bien plus nombreux, et entre autres

les traités nettement didactiqu es comme la Grande caté-

cbèse ou La c réation de l'homme' qui se rapprochent de

notre dialogue par les destinataires qu'ils visent. Grégoire semble en effet écrire ,ci pour des intellectuels chrétiens, éventuellement pour des païens bienveillants, afin de leur montrer que la foi n 'est pas absurde, qu'elle résiste vaillam- ment aux objections de la philosophie e t propose même une sorte de philosophie plus puissante, nouvelle ct cohérente. il en appelle aux épicuriens, aux st6,ciens et aux manichéens, il cite Platon et Ari.stote, mais ces référen- ces sont vagues et générales. Il s'en prend surtout à la philosophie commune de l'époque et puise lui-même, de façon éclectique, partout oll il trouvera de quoi construire sa propre synthl'se 11 met d'emblée la vérité de l 'Éc riture et du dogme chrétien au-dessus de toute opinion philo,o- phique , mais il n'en r,'ste pas moins critique, il se sent étriqué dans une foi qui ne chercherait pas à comprendre,

~t.",cJlllf1l(·du ' CoNtre !;lmome aL'ec ,,.aduCIU)Il mé~Iile des ex-

trlJlIs dl Ullflmi'

'"mur, J99 f

Cuhure et Vérllé. ,lIffu

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Cerf.

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\faTl(I)tt' t" , .,'8 t ,lIIé tla fI5 l'tRiI'!(' ancfemw. !r<ld

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Arhén:J.gor(."

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ct )u~hn PC; 6,

1571

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::a rtrr fl-J1trt (CJml)/~'tl~.B,hl,olh("CfU(" J. Migne. 19<)4 • Irénée." Ad"

Pour aVOIr une vut: plus <:()mplèt~ de l'.lnthropologlc de (iré~oirt".

on

e reponl'r<t l'~dl('menl JuDe mortllt.~ el Ju/k ,,,janr,bwi( l-f. D"'II

,.~(,. V ·J1 el T~ull,c.:n, ltlrf urre(tlfJu rie morh. PI 1 791·Rff(,.

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Mtthodto dütyOlJlC'. P(I

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119 (,( d~~ C'OOlIllt<nl;lIres sur 1". bt'tltltud~. pIJ}-' 10 ou le Conflt/Ilf'

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'ou!'. dl~H,lbque \1acrine prend Ùt.' plus en plu~dt' place

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On compte l'n dfc nnqll.lnte-~C'pl répartlc!'. d.IIlS LI pre -

le dlil!og:ue, au tur ct ~) 111t'!'.urt.' dl' ~on dt'roulement.

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nl1~rc mOllit.' (1-6H. IU!'.4u PC -th. 8'5 ln. con tre \mgt ct une

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con!'.utut-c li quatre (h~l.·our!'. de Macrine et un de Gré-

DIeu Cl la purificalion de

himt'. la 1Ill:ICf:lpsYl'll!'.e ~ rqeter. b ré~urrection dans

Il y J peut-être l'I1ldlce d'une

mJlaùrc

dialogue. qu'il e-

toujour!'. (cnté cie tran~former en traité

La ~l·\.·()nde. Ct'Ilt.' dc.:rnu.:rc est pre~quc entièrcment

ne.

.lnt le déSir J

'ntl.".

-gOlr~. co

Jldenltlc! et J'altc

,l' dc Grt-g:olf(~ ~l manier le genre littéraire du

(

dH.bcliqut.', Sans doute. On remarque aus~i, cependant,

qut.' k

-

ujeh

;lhoH.k>

prêtent de moins en moins au débaf

propremel1l dit. pour dériver vers J'exposé

rontt:mplattt el même mr~lIque des réalité.l) les plus pro- tonde~ de 13 foi.

questions sur J'âme, fort fI la mode au quatrième

sièdc. on p;lc: à J'éntgme du peché et de ses conséq uen -

phllo

ophlque

De

e

du salut même dan!'> I,C!'> forme~ dévoyée~, à

de la rédemption en Dieu qui sera tout en tou s

a la fm de~ temps, lorsque toutes choses seront restaurées

par lUI dan

Iht'orie de l'apocat3sLlse, dont une version inspirée d'Ori-

Rènt.~ 'jera condamnée par le conci le de Constantinople de

'i j.~ (Denlmger 411. cf. 801 lIl/if/e). Ces envolées mysti-

leur constttution première: c'est la fameuse

ce

1a

a re

p(Hr

surance

ques n·empêdlent pa~ le dialogue d'en rester au plan d ' une (t'Haine philosophie chrétienne. On ne verse jamais dans

oS Cf Je5 n ~,3-4·3'5. 123 tm-ll4. (,rcp;olre dit st' méfier de la rhé-toflque ,

IZ~ et de 1;1 ulalC:ClIque, :ib. mal en même temps, il e~t fri.md de

leurs prOlc:dts

d

tliSjon,Tlf'!l dloS Si"

IR.

la lungue ~ricxJe du S Il . Je sy t logasmes

.H, 96. 99 el l·ent.:haÎnement de

\.-'Ilo~i~mes

.

du

L Alli I:T LA RESl NNEC/10\'

Il

le traité proprement théologique : le nom du Christ CM qUJ~1 absent de cet (;,crit"' . Survolonl, quelques-unes des thèses majeures de notre dialogue, en particulier celles oll (jrégoirc fait preuve

d 'originalité - car il est certainement le plus spécuiallf des

Pères cappadocien~. Le lecteur moderne ne trouvera p;l'i. tolJjour~ nécessaire la suite du développement de Gré- goift.' , AUSM prcnonb-nous la liberté de prébcnter les points forts de cct ecrit d3n~ un ordre différent.

Immatérialité de l'âme

Tout d 'abord, il faut prouver que l'âme eXiste. Grégoire

déploie ici toute rargumentauon classique contre le maté- rialisme. L'organisation du monde, le sens des choses, la vie elle-même sont impossibles s i l'on s'en tient à la pure matérialité. Il faut postuler quelque chose de supérieur

d 'esse nce spintuelle, au delà du sen~ible, pour rendre

compte de la beauté dynamique de l'univers (11). L'être humain lui-même, comme un microcosmt (12). ne peut se réduire aux seuls éléments qUI le composent matérielle- ment. Ceux-ci n 'e xpliquent ni sa vie sensible, ni ~on activité hautement intellect ive. GrégOire reprend ici une analogIe sto'lcienne classique: Dieu e'i.l l'âme du monde . Sans Sj présence immatérielle, le monde ne pourrait subsister ni se mouvoir. Mais cette reprise est audacieuse en contexte chrétien, car pour la foi, Dieu est ahsolument différent du monde, qui fut créé par la liberté divine s~,n!'> nécessité aucune. Grégoire continue pourtant à affirmer que le Dieu transcendant des chrétiens est aussi, du pO lOt

de vue de l'être, omniprésent à l'univers visible comme son âme secrète . Transcendance el immanence sont compati- bles dans sa spéculation. Oc même, l'âme humaine c!'.t

7 Il n'apparaît qU',lUx §§ 56 et 11 C; Notre textt! comporte cependJnt

quelques pa

res des parabole de ('Ivraie, de Lazare -\R-t9, 63-~1 et de lexte.s

pallhnien~, 'iunout 1 Co 15 et le • Dieu tout en tous',

ages

plus sCripturaire,. en particulier le.;; commentai·

1 Z (iRé'GD/HL Dl:; .'VnSE compli:tement immergée dans!e composé humain, ma!sen n:,te distincte par son

1Z

(iRé'GD/HL Dl:; .'VnSE

compli:tement immergée dans!e composé humain, ma!sen n:,te distincte par son caractere proprement Imn131e n el l'die est la première thè>e de Grégoire, avancée au prix d 'arguments /)",n développés, dont pourra juger le lec

leur : existence et immatérialité de l'âme humaine. Ce lte

première con; leuon est le fondement cle [Out l'éclifice à "enir , comme nous le verrons. La que;,lton philosophIque

nOIre

dialogue, n'en est en faIt qu'un corollaIre, L'es;,e ntie l est d 'être capable cle penser l'imm,ltérialité cle l'â me, ca r to ut

de lïmmortalité cle l"âme, à peme e ffl eu rée clans

L Ii:/I: liT LI Rt:\fNREC/JO.\

noues, la ,mgularité e,t ab,ente, on

efface les frontieres qui séparent l,'s especes entre elle, a utant que les indi vidus d 'une mêml: e,pece, L'étre e,t

indifférencié

les di,tinc tions so nt

D'autre part, puisque cette thè!.e métaphr"·

que douteu~e es' li ée à une ronception morale du monde,

e ll e donne lieu à un paradoxe sca ndal eux, La condItion

s up é ri eure et moralement plus parfaite est ce ll e où naît la

mférieure et

honteusement immorale est ce ll e où devrait se conquérir le

faute

et

qui

la

c hut e,

la

condi tI on

cause

sa lut qui

ferait regag ne r la

perfection

perdue . Il

y

a

le reste en découle La thèse platonICienne cle l ' imm orta lit é

comme une inversion clu bien et du mal, le premier étant

est donc admise sans démonstrat io n au

se ns s tri ct.

Les

cau,e du second , et le second restaurant le premier

arguments

en

sa

fan'I"

faisaient

sa ns

cloute

partie

du

La démonstration de Grégoire s 'effo r ce d'écarter égale-

apparition en l'homme

ou en tout au tre ê tre , Sur ce reFu,>,

patrimoine commun J'une certaine intelligentsia de l"é po- que, Gn' golre se contente cl'établir fermement son imma -

ment toute idée d'une préexistence des âmes avant leur

térialité

!a <correspondance macro cos me-mIcrocosme

L'idé~

e~t reprise ki con ventionnellemenc , mais ne constitue pas

le fond de la pen,ée grégorienne , En effet, cle même que le Dieu chrétien transcende le moncle, cle même l'homme , image de Dieu, est cléjà com me à la frontière et aux confins de l"univers mat é ri e l. L'image du microcosme enfe rme Ihomme clans les limites de ce monde; l'iclée de l'homme comme être-de-frontière l 'o uvre à la transcendance divine a l'image de laquelle tl eM créé,

Pas de réincamatioll

Dans cette même logique, Grégoire s'attaque vIgoureu- sement quelques pages plus loin à l'idée cle la métempsy- cose Sa démonstration est assez étendue (88 à 101") , Outre les moqueries faciles visant à ridiculiser l'errance des âmes passant d'un vivant à l'autre, Grégoire oppose deux ar~uments puissants , l'un ontologique, l'autre moral. La metempsyco,e implique une sone de monisme de l'être :

il bâtit sa pr op re th èse, d'inspiration aristotélicienne, celle) de la s imultané it é total e de l'âme et du co rp s en l' h omme,

clès l'origine en union infrangible, chaq ue partie croissant au rythme de i'a utre et pmais sans l'a utre , Cette longue:

dissertation de Macrine sur une prétenclue migration des âmes - la répartie la plus étendue de tout le dialogue - est susceptible d 'intéresser nos contemporams. On sait en effet que la question de la réincarnation fait retour dans notre culture de diverses mamères depuis quelque tcmp;" et que le problème cle l'humanité de l'e mbryon entraine bien des réflexions épineuses sur l'agir concret et quotI- dien de nos sociétés médicalement technicisées· !iur ce, cleux points , la réflexion cle Grégoire ne nous semble p'" déplacée,

Un liell ill/ral/gible de l'âme au corps

Lorsque l'âme huma me, dont Grégoire a vigoureuse- ment démontré l'immatérialité et admis l'immonalité, scdéplacée, Un liell ill/ral/gible de l'âme au corps H \(10 (JUHIOt· 'ur 1 •. • n·

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ommi! en fournu une autre. plu.,

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ZR, SG IJ 217 - 221. PDF l~, "'.ISI

lle1e, l ZR, SG IJ 217 - 221. PDF l~, "'.ISI 9. Cf:\1 Cané\'I:'I,. L'humanilé de

9.

Cf:\1 Cané\'I:'I,. L'humanilé de l'embl)'on ~Ion Grfo)(Om: ut'

dans .\'oul 'el/e Rel'ue Tbéolostque 1 J4 C; (lWZ) 6'7H-hQC;

" ~.

L . of HI: FI I.A Rn, RRH . "/J( J .\ l' esp rit

L . of HI: FI I.A Rn, RRH . "/J( J .\

l' esp rit

de

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rettre du lompo",t,; hu m ai n . le co rp!'\ mat é rid ~e (h:~a~n.:ge ,

les élém nt, con~tl t ua n t' ' e d l s p e p,cnl et rctournc:nt a l eur

heu ruturcl

IOUle

œuvre créee par lu i. Ce ll e haute c t be ll e spécu lallon s uffIt

à l'e'pnt

dans

l'a rt ISte

entraîne

la

pére n nl lé

de

~1.1I, Ume p ro uv e sa superioflté immal é rle ll e

v e c

lt:

corps . en

o rig inale

de

gardant

Grégoire, a

hard I de

Grégolfe

pour prouver du

mOins

1.1

mé -

mOIre •. pour a InSI dlfe. de c ha l un des éléments qu 'e ll e a

Unt e n tre e u X e t ,,, el' e Ue durant la vie du composé (S7 -

et on union In frd n ~,hle a

posSlbdl te d 'une résurreC ll on corpordle aprcs !J sé para - tion de l'âme dans la mort , Les Imag maltons mformallque de notre époq ue ne se ,enltront peut-être p", rehutées par cellè hypothe,e hn ll a n te , Oatlleurs la maltè re elle-même sem hie à GrégOIre prendre par mome n ts une fIgure- 3~'CZ

idéa li ste,

- 1).

Cett e

thc':)c

extrê mement

p reau rc v u t." bi za rre, mérite 1',lttentÎon . Par cette t'spc:ce de

lien per m " n e nt qu e 1':lme humaine , après la mort UU Vi va nt lcrrc'tre. nl' ce d'entretenir avec tou' ~C~ élc.:mt: n b const illHlf, p o urtant éparpIllés , e ll e se mont re co mm e

prè le " ren o uer imméd,alement .1\ c e u x, dès

phySIque

quantIque . [;t ·c1 le a ul re chose . se dema n de-t , il , qu ' une

converge n ce de qua Hté:-, qUi. en réali té, !-ton[ toute~ purt.-·

m en t inte ll ec tu e ll es' La m a tI ère eSI-e li e autre cho ,se qu 'une com h in aiso n de l' es pri t (105)'

connaît

au"i

SIècle

de

que

notre

'~L"

que l'occa-

d e s

co rp s,

p o" ,blltté

sIo n >e n presenl e ra Celle spe c ul.lIlon n 'a p a s p o u r hut

d

In

rJllonndlc LI dbpL·r.slo n <.lc~ c1émen t~ malenel s ne co ns - tItue pas un ohstacle po u r l'âme q u" par définIti o n , est irnm:nênelle et in~ltuahle, c'es t-à-dire aussi hle n partout que nulle part Cl' lien n 'est pas m a té riel o u fo n c ti o nnel , maIS proprement IIllell igihle e t splfitucl.

'expltqu e r le "

dl'

méc .l'lis me de

c'ntn.\O If

il

la

"" ,"'rec t, o n

s a

bisser

l'intel li ge n ce

Une création fi nalisée n otre cam ml/Ilion a 'i projet d iL'i1l

vers

Ma IS ce tte

' p éc ulati o n

p o ur

a m SI d lf e

p h ys ique , 'lui

pré p a re la fo i e n la rés urrec ti o n , n 'a pa s l' importance d'une autre co n s id é ra tI o n d e typ e m o ral e t m ys tiq ue, Grégolfe a

d é fini l "ilm e pa r s a ~e ul c pui~~Jn ce vivifi c atri ce e t Int c l! ('CU \ e

1 •
1

GréH Irc n ' entre pa~ ici da n s les co n~lderalio nc., que

par exemple s alOt

reunmlrcnt cl autres auteurs, co mme

car e Ue es t à l ' imag e d e

d es

Di eu

n c réa te ur .fJ5ar la . Ii rc:fu't

d é s"

e t

la

colère'

o

·

Au»:u'lm dam Lli (III! dl! Dlell ( ltwe 22) • comment . récu pt.-rer . dc~ ëlt:mc: nts qu i ent re-te mps auront servi a d 'autres

elles-

mê me .s dIgnes de re,s u sc lt e r é ventuellement' Grégoire se c ont en ll" ue ,s()ult~ n er avec f o rce le Iten formel que l'âme

usages, seront e ntré, da n s dautres compOSItIon"

la defin/ti o n cla SSIqu e du plat ()nts m e qui adm e t u an, l'âme

b prése n ce

particulier (l e co n c upl sc ihl e e tlira sc ible ,

t iques), lei en co re , Grég o lfe en app e ll e à un e t hest:

originale qdi )Iâ es t c hère , que )·o n a n o mm ée un peu :Il or t

pas>io n s,

du

l'n

diro nt 1", scobs ·

de

sa thèse de

n'apparaissent p"15 tou s les lenants et abouti~sanh d e (·t.-tte position, mieux explicité e dans le traité sur La c réatI o n cil' l 'bomme, A so n habitude, e n effet, Grégoire mesurl' dans chaque cas, en foncllon de , o n lecteur, l'opportunite: de déployer toute sa pensee. par devers lui très constru,te ct très complète, ou sl'ulemenl tel ou td ."peel. Am" dl'11I1 '

• la d o uhlt'

créallo n " ,

Dan.,

nOIre d,.lIogue

ne pl'UI d': noue r e t il l'illu s tre par la magnofique comparai- son ' 0 d 'un pe intre nctif qUI serail capa hie non seulement de wmbmcr les couleurs de hase pour produire toutes les nuancc' uc 'o n art, mais aussi après coup de les séparer à

nOU\ ' c au ( O UI e n co n~cr\"an( en mémoire la formule précise

d, leur combma"o n : celle survie purement Intellectuelle

1 G

r.!g

I~ e~t Ir 6

im : ll(lnJllf el vraiment pUI

c

Jnl dan~ ~ c:~ ('ompJ ~

"-dt,uX

,

roloo

par aillèur:;. très helleo; On peut en <.k'noOlhrer trenh

11

Cf

B. Po ttu:r , Dlt' II ('t le Chri st ~dfJ" Grégmre dt' \ '} St'

r 2~'"

.:!co dlff reme5 Impo rt .Jn tt:s_ dans le Dt> amma

~dfJ" Grégmre dt' \ '} St' r 2~'" .:!co dlff reme5 Impo rt .Jn tt:s_ dans
~dfJ" Grégmre dt' \ '} St' r 2~'" .:!co dlff reme5 Impo rt .Jn tt:s_ dans

1

GRtGOIRf DE '}

t

(' t-on 1 un dc 1aUlre, cht'z (;re ):o Jrc, un OU\ ra):e heuri'

polemlqu

d,d.l< Il q m ' o u ,p"ltul'I "

polemlqu d,d.l< Il q m ' o u ,p"ltul'I " IIQU \ 0' 1en hre la

IIQU

\ 0' 1en hre

la tcn

ur de 13 lh

se d e LI douh l" u< ,ltlon ",

DI 1 .1\"2 11 forme Il- des

ln

d l'

l. rl'C f

un

homm ~ ( 0 1porl'l

nu rement touro

\ os IlH et p .Hf.lIICment .l

on IlllaRl'.

l\Ul

Dieu. dJnl.; !Ii.1 prt."

1 nl.C,~ tOllt t." pul:-

lntt;

. a vait \ u 4ue

l'h

mme <lU" cr<

I11c'lI'erall

r:1J on t't d' Ircralt ' e r"l'p",<ller de 13nlll1.11 3U4l1cI dép p3 r Ic co rp s '\U"' , d,lIh , a pre\o\ance

It !.hrc ' c d

to urnerait de lUI

, d,lIh , a pre\o\ance It !.hrc ' c d to urnerait de lUI ,1 mfa,lhble

,1

mfa,lhble

el

pu

pure

b ,e ", , 'I II ,IIK e

p o ur

le

lu t

oe

1homme

''' eu le ,T"3-1 il dJr,,<,tcl11,'nt d.ln' um

,.utrl'

nd,t,on <iu~

nd,t,on <iu~

elle Prolt!t ',' Inltlaklll

nI l'Ir lui. dan

une

ondu

Il plus pro he de ( dk- dl' l'anllllai a uqud Iholllme

'\oudl"2lt re ' se mhl er c t du ml'ml " <.:o up , rn.".~tl·nelJ!)ement

nu ux ad3l'ke.

un relour po",hle d

l'homnw "ers DIeu

gr

ce:a l 'In

arnatl o n d u \'erb,--', 4ui donnera une ù

ibilitt;

ùan~ Cl'Ul" • prl'nllère <.:réJ. -

vou!."t cr"er l'homme dam

un or:e d~ co mhll o n ", I0):"!.que lerre,tre" , Concrèle - ment ,1 le u~ 3 O.lO S un a ulre' condlllon 0.1 ".\econde

Dl·U lUI-même

Inltla le m e nt ,

lIeu , DIeu

Il

n - quI n e ut ,a ma l

cr

lIon ,) o u 1

corp

e re produll de mal1lere sexuée el ou

1 me es t so unÙ! ~ .IUX pa 'S!'iol0 n

:1nimale~ l't san", T'lison du

dc ,reld 12 ,, 0 1 ncc Ce tt c l ndltJC)o seconde de l'hol11l11e,

h,en

re lIemc nt 1

101 13 Vot de lUI o('<n<.: par Dil'u pOlir ,'en !Hlérer On

II cnec dl' ,on !.hre péché et tout il la

(pe nd.lnl

pen see du

CO"

po ,nt

Ol' vue

de

DIeu , est

park d unt'

ule" d o ublc c rl <Illon " ,'ar le, deu \ creatIon"

en

'lue lion

n

ure nt

p

preuil rI! c t comme IOtc,:flc

h"u

:ure

,ulTl'"ivem<:nt.

mai,

1

a tt 't'conde. Elle en c!')t à

la fo ,

c
c

le pnn tpc ,d al et le terme r"eI. Lor.'que Gre!(oire

d e la ( o "dlt,o ll pronutJ\'" d" l'homme, il faul son!(er

Illon <1'" n'a de rl'ahlé, jusqu'id, quc

m'cre U

n e

pr

par 1t' l'fil d e DIeu 1I1,Jl5 qu" l'''lIr ('t'llf~ r"ison Illl'mc, l'sI

rt"'''' que Ioule autre , (,'l'st vers lelle (,(lIloition

b,en plu

1,.;

J ~

(/

ct

8

POUier

DIeu

Il,> (h

ÜI '

lIOn d,.f '''"HPIm,

Il,> (h ÜI ' lIOn d,.f '''"HPIm, "cm (,n'RQ(Y'" de

"cm (,n'RQ(Y'" de .\')':\\""e

13 {
13
{

'1>-17

,. 'Il,IM

p

l'r

13 { '1>-17 ,. 'Il,IM p l'r L Â 1/ f:r L' m/ llRU lioN pUlll1l1
13 { '1>-17 ,. 'Il,IM p l'r L Â 1/ f:r L' m/ llRU lioN pUlll1l1

L Â 1/

f:r L' m/ llRU lioN

pUlll1l1 ve q u e ' "h o mm e.: a UJ o unt'hul

' " c hemme librem e nt a

tr.l\ "l' r:o. l a puriti c !tum dl' son MIl{" pl't' here 'o C, .1ftn d ~Idhé

fer rr og

r cSSi \c. ' Ol l' nt l 't

p ('rs() nn c Jl ~ mt'nt .IU pr o Jet Ol ° 1)1

U

To ut ll'U IInphquc unt' ( O nl"t:r1h>n complexe dt'

r.lpport s

< nt rl' le

<lV l'C

llIal , 1"

p <' lhe

e l 1

"hl' rte , qu e "rcR o m

lnt ê

<

l,In

" bo n nomhrc <.Je ~C'" t'cnt~"

d, ' plo, e

Punfwr les pmslIi/l.\

de )':tmc, dé""f ct cokrc. n appartiennent

donc pa, a l,,, <:nee dl' l'àme, ,lin" qlle le prétend PIJton ,

les pa

Ion

Lllc~ lui ~(lnt au (ontraln.- adventlct

"

('

if

dlt:~ .,ont

le

conséquences du pcc. hé

De même. M

"lon

Grcgolff

l'exer·

ciet." de

la

cxualirê'

n ' est pas un élément cso.,cntit l de la

ùcfillltlon de l'homme. Or. tout (c qUI n"t'st ,>a

cra

abandonnt."

es

cnuelle

dans

la

vic

future

.\1:ti"l

la

enttcl

c

,

lh~lIr

L·âml~. grâce au lIt.'n Immateriel que nou", <1\"on

decrit

plus

haut.

retrouvera

dc\'ra depouîllt.'f toui ce qUI e

on

corp:J PourtJnt ce lien

t

pecC".ùnlOt.'ux t'n lui

Aln

i

l'âme dOll se pUrifier de hlute, le

p,l'Slons 4UI OlllJOurdhlll

LHt~llhcnt au corps de fa~'on

Cf\'llc

·

, pour ('onqllérir unt"

rel.ltinn '<:IRn.:uria'" ;. légard de c"tte duir 4"1 ménte d,'

rc

uscilcr. car elle e"'l e"'

cntielk·

;j l'homme Jan

la \ 1"'100

première de Dlcu . Cette purific-.lll0n peUl

effl-ctut.·r

dl.~

cette vie terrc

ùan

la souffrante qlll

po

tn:,

lub elle \"r;~

·3lhevef

aprl.·

la mort ,

Am"" 1

IJ mt,.·

Illt:me où ,,:Ile seL. '-neon.: néu."

·cn:- uivra

111.11

l'ra

ure

ure

n'aura (;t'O d'tm lh~ttlllll'n( lm

é

par Dieu.

1.\ purifil":.ttHm (ulun.:llt· Ù"" 1~lmt.'

en n:cherd "H de son Hen \,.;

'

,

c'c

t

entld

~t\Cl" It

dinn

'

corp"', L'n \1.ll' Dll'U ne pUnit

d'unt: !ihn.: communion au de

pa:-

ein

Ihommt:' qll1 "'l' punfa: pour connaître Dit:u ,

T,.tl1I.~r()"I/I<,r /e de,\I" l'/I tlm/JII"

~t.li~ Ü

laquelle

I (;rl)r.:()irt' rl'nnlntre une nClu\"l'lle ohll"Ui<.lIl , ~l

il

opp"'"

une

hnll.,nlt'

Intllltion

te d",,, lUI-

mt.""·f1lc

',

que ['on J cllnsidt'rl' lusqu'1t

tCOl1unl'

unl' Ixl

lon,

nL-

puu

e-I

JI p.l!'> à cht'rdl~r Dil"U' :""c~t~il pa

ncll"

Jirl'

nL- puu e-I JI p.l!'> à cht'rdl~r Dil"U' :""c~t~il pa ncll" Jirl'

1

1 notrt' il"'t(,Il'I{ln 'lr Itu' <.;n:'~l>irl· .u.:qulC :.'Iu ·. avec t othou

notrt'

il"'t(,Il'I{ln

'lr

Itu' <.;n:'~l>irl· .u.:qulC

:.'Iu ·.

avec

t othou

1.1!lo1l'(.

lllêl11l

D.ln

1.1 UHlthtlOIl

pl'l·

l·nw

ill'x,,,te

hl

S,I~lI 11 'lull?nl<:nt d'un<'

pa lon,qui l'r.llt d,Ill' II l',IS, P,If ddtnltl"n, l',,n'Jmtnn,,l'! r gOlfl' fl'u>nn,lit Id~n du d",,,r H'" 1l1l'U ma" cc d\nanll'"11' IUlme'llIl' dOit ':tre punfÎe ct J!l1nl' Car 1.1 ou

n ln npll

un de'" d" DICU

1homnH. H.'nnmtn.' \ ramlf

'Ilt

[)u.:u, le dC~lr,

t.:n

,etran~lormc

Jmour ,lns J,II11,IIS lhsparaitre poun,lnt CCt amour Vl'nta-

hl 'lui est dl:J:t loul"ance dl' Dieu, n'aur,l plu,~ dès 1o"

1Inst.l hll Il l' ct l ,lnxll't,' du d ;Slf

Il 'l'rJ, l'ommc le des If,

mOU\Cfl)(:nt \oc:r.'! Dit:u, mais dé,

S ln

retour Pl'(:<'

,ans

,()nl1~tis

mouv('mt,"

l.lhle,

é~.tn.·ment d'tgnOfJnCC : il

lonn,lit,a ,,'" hut l't parCl' qu'il Il' ppuISuivra ,ans dévier,

sans pOurt,lnt le

ros'l'dl'r (.If Dlcu est infil1l, Dans C<: proce"us, le désir se punf,,:, sunlfie,' mtensifie même ct s'élar~it"la mesure de

Il 1',lura

lk 1.1 pour ,linS!

dire

atlllllt

';on

oh,

t

diVin,

tout

en

mOUf.1Tlt

à

lui-même

comme

1"1 s. m

,st K' toutl' la théorie subltle et vigoureuse à la fois de ler<:<ta'l', propre à Grégoire, qu'il faudrait évoquer", Dieu

e inlm., rhomme fini le poursuit sans fin , par des • comnll:nccnwnrs qUI n'ont pas de fin, Dan" l'amour le d SI<' "st puri!tl'. Il n a rien perdu de son dynamisme, ";ais 'cst de poutlle de son inquiétude égocentrique, Il est d sl'rmais tout enllt.'r tourné vers Dieu (72-77), À ces rélkxlons, Grc~olf(: J,l'ute une curieuse observation sur la 1tll'11l01fe, qUI le met aux anripode, desConfesslol1s de saint :\·J!(ustm, l'homme tendu vers Dieu oublie ce qu'il laisse dl'rne,,' !u. (Ph ;3, l.3), pour entrer e n Dieu qui, présence

p.lrLlIlc

·

a ~()i. c!-.t comme san'! mémoircl'i.

14 Cl

(,r

gOlfl·

pl"" IIl8

Ilomdlc H -,ur le Caflliquf! des c.atlllq/l(~s PDF -.9-')0

'

'

1"

"'ur lout ,,(."<1. c.:f lartu

-!e

de ~t

LJ nouon de desir dans

les !fofTa,.'he:-. :o.l.r 1t: CJntl4ue de

cantique

de GrégOire de Nysse",

p~HU t'n Il:lltcn dan

1. tJlllmp%RUJ d('i Macsln \p.nluall Stmpo,\io

vrgtlnl:?mo au/l hfUlllod, \p.nlualttà dl'fl' l',,il't'ni,'a Grt'Ronana

Huma 211 "l'nlt-.-' '> maggJo /989. Ch ~A Bernard du ,cd

lotinn, 19')1

Ji 77,94

Pauline.

l 'HI 1 lIt

'"

\1 ,

".,

( lin \

l.ol\tflle {Jlell \('m 10111 1'1/ 1"" ••

,

(1

Co

15, 28)

11

(,"')(O"l' nt' p,lrkr,l d,lns Cl' di;tlo!(ue ni d'en"'r n. dl'

pur!(,ttoi/c, (l'S nollo", '!>nl pluté,t onldentale',

/1 "horde

puurt.u)( Il' 'Ult't

d'une .llItre

I1lJnicrt\

Prl'mu.:rc:rnl'nt

.1

l:xrlut toute .dl'C de lieu de 1.1 not.on d""ique d'HJdl's, qlli

L'Hades n'e,st pas un

l:st ,IUSSI hlen /(rl'cque ~Iue h.blique

monde sO.lItt'rr~tn ou a~nL'n (.,don rimagin"Hlon <.Ic!" épo-

que,s), ma" un etat de 'Il: (·eh" de râme quI. après la mon, se punfl" de son hen pecheur ab mati;:rc, pour res'l'stiter de la(on pure au dernier jour lkllxlememcnr, lint'~ns;leet la durec de celte pUflhcallon sont e lle s JUS,>! des notions analo~iques, CH le (l'mpS lui-même disparaîtra ou du mom, acquerra une nouvelle figure quand il scra au contact de l'éternité, tout comme le désir sera transmué l:n amour Il semhle hien pourtant que l'idée d'un enfer

éternel nc puis.,e ., 'inlcgrer J. la vi,ion de GrégOire

LICt· J.

l'infini, le monde fll1. restera toujours fin. Dieu V,unlf,l tous les ob"acles et toutes les re"stance, humaines li viendra il bout de chacun ,don un mode appropné Le, humains, pour Gré~oirt.', démontrent également leur fini- tude dans le fait qu'ils ,ont en nombre fml (108) ce nombre fLlt deterrlllné d'avance par Dieu pour constituer la première qu ' il poursuit malgré notre peché, De

cr~ation

~lcme la pur~fic~ri()n,Jtteindra ,"on terme. un tc:rme Jtl.lptc

a chacun. GregOIre deplo.e ici la helle image de la f"te lui"e d:s Tentes , qu'il transpose sur 1-", lieux du Temple de Jerusalem le lour du Kippour. TGUS ,eronl tournés ,lU

dernier jour vers Dieu comme vers le Saint des ~aint.s. nuis

ce~t3ins seront

plus

proches et d'Jutres

plus éloi~nés,

meme.sl les diverses enceintes seront [outes tomhées . Tous

seront plus proches et d'Jutres plus éloi~nés, meme.sl les diverses enceintes seront [outes tomhées . Tous

, ••

''''JIU.

lU-

, \

t

,_

.

_-

c pendant prendront part" la f':tl' eternelle, dan." un mOll\ elnent dc' rJpprochemt:nt concentrique qui, parado-

aleml'nt , nt

"

Ct"s

,<.:r.a

Jamais,

ca l

îl

va

du

IÎni ~l 1 infini

loulours plu, ~r,lIId C'cst l'Cla qUl' l'on Pl'Ut appeler la re,taur,ltlon de Li l'n:nllé,,' création, l.lpnl.tt."L"e dll dernier JOllr, lo"que Dieu ,,"" tout LOn tous.

Bcrn<lrd l' o tller , si

PROI.OGCF (6)

Plan du texte'

Son frcn.: Basile cc.,t mort, ~a \<l:ur ~1acrint" e" t mourante.

Gregoire ~e dé ~o 'e. mai~ .\l.h

rine , ' Ifi\'lte a repn

:ndre

co urage , Grègc)J[e réto rque que la peur de 1.1 mon cst

unî\'er~cllc j Macnne rép o nd

lb vont don c di~putcr su' la faISant l'avocat dll dlahk

que ('âme ne sa urait mourir

su rvie de l'âme , Grégoire ~e

,

1 - DE L'AMI:'

A

,A(guments des philo,ophe, contre l'âme

 

- conlre

a

survie P)

~ COnlre

on

eXistence. EplCure et le., stoICien

(HI

B

Contre-argumcnt'

si

le (orps e!'lt

. lIllme , l '~tme exi

te (9)

"'1 ("âJlle ,.;, t_'x,stc pa""

Dieu nt)n plu'" (IO)

~ or Iharnhll'"lie de l ' UnI\Tr

un le <.:r~ateur (11)

J"cxlstt'nce dt

Dieu dt'montfe celle de l'âme (12)

C. Qu'est-ce que làme'

~on la nmnJit :t pJrtlr dt" son action clJn~ le corp'" (13·I~)

_ interpn.:tt.:r Il' \-i"'lhll' pour (onn,titre l'lm iSlhlt

'

- t.'"\l·mplt.·s

astronc Hllü lue

,

(t6 . IH) , eXt.'mplt.' Ùl'S JUIOmJte~ (lY-!.2l

~ou

prt'''t."nLOn-. Ili un r: n pc-mll'

1

Ilanl a

.

u

tel"tt'ur de se relfl'un't"

-

m

dan le maquis ut:S .trgUlm·nl~de lirt~~oÎre."'1 I~,d,\tr"lt~~~~~lOS~

àoon.ks et Il fll,:llon du d1.llogue qUI fau ante~t'nlrdC"

""

des exulr<;us eml',,'l

h

e

d

1

è' Iscer

~ Il ", "nt on

n 'f un pl~n reelkment (0 \t h .

t:

fleut (epemJ;lnt dl. IIngm'f des hgne'\ de torc~

"nt on • n 'f un pl~n reelkment (0 \t h . t: fleut (epemJ;lnt dl.
"nt on • n 'f un pl~n reelkment (0 \t h . t: fleut (epemJ;lnt dl.
"nt on • n 'f un pl~n reelkment (0 \t h . t: fleut (epemJ;lnt dl.

t -

iHF

l'T I.A RI.'SI 'R/lF(770N

_ohjt'clion . peut-on définir une chose par ce qu'elle n'est pas,

pJr exemple l':lme cn partant du corps' (23)

retour :1 lin ~lrKument précédent

ou

les

~cns revient

:1 mer Dieu (21)

nier cc qUI ne LOlllbe pas

a l't'spnt cM sembiahle à la nature tlhme (26-27)

D , La ,urvie de l'âme

- 1jme qlll eM sîmpl

( 2H-29)

n

peut se clénHllposer comme le corps

. après hi dls.fiiolu[ion du corps, Llme reste unie aux éléments

du corps (30)

a n'&I;IO[ pas soullli~e aux lois de l'espace, elle n'l'

t pas gênée

par la d"perslon de ces éléments (31-32)

- Excurslls . les passions de J'âme

- Insuffisance de la philosophie <33-36)

les ras~ions n'entrent pas dans la défimtion de l'homme

cr 58)

- la coli're et le désir; leur utilité (39-40) - ex('ursus anthropologique (42-43) de J'usa/1e de, passions; bon ou mauval, (4q-47)

. I"Eulture ~lU secours de la philosophie, le bon grain et

J'1,we ( 18-50)

• Retour au therne de la mort el de j 'immortalité :

- IOGillsJtlon du séjour des morts, réponses tle la science

151-5j) et de l'Ecriture (55-56) - J'Immortalité de l'âme (57) ; métaphore de la peinture (58-59) ; l'âme garde la memoire des éléments (59-6]) ; thème du l'olier (62) ; nouvelle objection tirée de la parabole de Lazare et du riche (6:1-68)

PL. I,\ f}(. 11 Xli

de Lazare et du riche (6:1-68) PL. I,\ f}(. 11 Xli II - DE LA Rt~SURREC770N

II - DE LA Rt~SURREC770N DES JfORTS

\ Diver"" opinions ,ur la r6urrectlon Œil)

- la

- la preexistence des âl11e~ (9j-lOl)

tr

cles âme~ (H<)·92)

tnsnli~ratlon

B. La création de J'âme

- _SJ place dans 10.1 <.réauon du monde, corporel et spintuel (102·

10,)

_ J"âmc ct le corps Jppar;lIs')ent en même temp') (106) ~ la generation (HP)

- le nombre des âmes e,t déhm 008-109)

C. Témoignages scripturaIrlS sur la résurrection

- Ps 10j, 29-30 (J 12>

- Ps 117, 27 (11.\1 J 5)

- Ez j7,

1-11

(! 16)

- Nouve'lLI Te::.tamcnt (J 1')

D, Objections il propos du ,t,tut des corps re>susClté.,

- corruptihilité des corp:-, ( 119) .si ce sont d'alltre~ corps, ce n·eo,t pas une résurrection ( 110)

- quel étal du (orp,

rc.,susCitera "1 ( 121)

,

qui ~era jljge ? (121)

_ a quoi bon r· :-.slisciter .n·ee. des organes mlltlle~? ( ) 2:3)

E, Réponses

_ la résurrection est le rétabli~semeOl de l'état onginel ( 12:;)

- le, tuniques de peau disparaîtront Cl 26)

- le dessein de Dieu sur l'homme (128)

_ le corps murt "" L1ne scmcm:e enfoUle en terre (129-152) - retour a 1<1 création première (133-13'1)

,

Ne', t"Slte du détachement (70-7]) - le dt'sir n'a qu'une utilité prOVISOIre (72-77>

~ 1 imc doit ~e purifier après sa mort . image~ des corps

mcarceres ('cl" de l 'o r purifié par les fondeurs (80), de 13 corde endultt, dt' lloue (HI) -O I"U ne lhâtit' pas, il punfie J'âme pour la rendre capahle d, hlel" mfmls (1l2.H(,)

lloue (HI) -O I"U ne lhâtit' pas, il punfie J'âme pour la rendre capahle d, hlel"

Ads ml lec/eur

1(,' f)/fllo,LlIlC' SII'-/ {Îme ('/ la n'surr('ction co mporte d.c

'lIx

p.l1l1c"

II pll'lniel l'st un • tr.lIIc dc' l ,1111e ', d,Ill' 1.1 tr,l,ht,ol1 d"

,.

dl' "yll' dllll'Il'nl JI ,aH! t l"~ re ,dllc' de dC'I" tr,l\tl'~

phllosoph.que,

dl'

l'Ant.q,u.tl'

t

,, 11\ t',

Meme

tr,I1""

ITcritl.lfl

y l'~t mht' ~l d>tllnhutlon, J .1I~ lIn) 'nUI Ion .y

l'mprunte

heaucoup

;1

Lt

phil~)sophll" surtout

pl.ltOI1I -

plus

, Pour 1.\Cillter 1"lCcès dl' ce texle ,lUX lecteur, qUI ne

nous

(lL'ntll'

I.e .'-It

'l"ond

l'st

un • tratte

dl'

L,I

l'l'MIrTl'ctlon .,

propre'ml'nt thl'Illogique ,

ser,lie nt

pas 1,lmillers de

la

philosophie grecque,

.I\'on, distingue les ùeux partie, de ce texte par un arllflce

typogr.lphique

l'fiOle en ca ral tères plus pellts que le ' trallé de 13 rl'surrec-

tion -.

Le , traité de 1'5me· s'y trouve a~nsl 1111-

Dialogue sur l 'â me et la résurrection '

1. B.tsile . ô l"ombien sainl, a qUltle: la vic humam<

'

pour

r'-'Joindre Dieu, el les églises onl lrouvé la mallere C(l ill

Inunc a ~'afnigl'r, Ma !)œur, elle . ét:'l1l enCOre vivante , die

donc sam larder me joindre a

elle dans le malheur provoqué par la mnrl de nOIre frcrl' , Mon âme était en proie il une bien vive doult!ur , je snuffralS inlensémenl d'une telle pene el cherchais il partager mes larme, avec quelqu'un que le chagrin 'lccablât aUI"nt que mol. Or lor,que nous fûmes lous deux face à face, le spectacle que m 'o ffrit ma pédagogue accrut ma l'l'me : elle était déjà victime de la mahdie qui devail l'e mporter. Elle agit alors comme les cavaliers adroits: elle me laissa m'emballer quelques in,tant> ,ous le coup d 'une profonde

douleur, puis essaya de me réfréner par ses propos, usant de ,es arguments comme d 'ur. mors pour cornger le désordre de mon âme . Elle d~a ~Iors celle parole d" l'Apôtre : il ne faul pas p leurer ceux qüi se sont endormis :

cette peine n'appartient qu'à ceux qu; n'onl p." d'e,pé- rance (cf , 1 Th 4, 13),

étail ma pétbgoguc ', J'allai

1. Il s'agit effectivement d 'un Dialogut", gcnre phdo~ophl~u~ lilu principalement par Platon et qui fait progresser IJ. pe~.,ee de f.lI,:on

trt~

. dialectique. , par une succession tI 'objt'uions el de repon

es

~ou

empruntons la numéro[~ltion à la traduction de J Terrieux. Pan

199'5, à la fois parce qu 'clle dégage de façon cbiTe les

ubdl\.,s,on

du texte, et pour ne pas introduire de confusion d:lJ1~ les t'tUtie

poslérieure!'i q'.li utiliseraient l'une ou l'autre de ccs tradut.lton

,t

t1;da~kalos_ GrêgOlrc se Slt\1~ par rapport à

a

,

2 Le terme grec e

ct'ur

aînée comme le disl'iple pOir r.lppon 3U maitr~.

se Slt\1~ par rapport à a , 2 Le terme grec e ct'ur aînée comme le

(, N/ t ,r lINI

nI' ,'\)\\/

"(//l l- r/ (// '1> 11' /1<'''1' de /ll II/orl >

! I.e U l 'ur en c ore hrul ,lnt dl' c lugrin , jl' (H

-GO I1Hllt.: nt c c: l'O llllllJndclllcnt pL'ut - il

·apr1i( l l l l'T a u x

h o mm t.: ". qUJnd c hal un dl' notL''! S ' l'Il pr<?nd n~Hufellt'm en t

. ) 1.1 n ~o rt . quand le ~pt" c t3de de P10uranls n 'e~l ~ lI e r e

,uppori3hk

qu.tnd . :t l'approche de 1., lIIort. ks ho mme,

t'o nt toul p o ur 1't ' \ltcr ? \ l ieux l' Ill'

(.: IIe

"

e

'

t

le pm :

Je

( Times . l e

' fe , pOU f le

m~ tgi~ tra lS, r""' des c h â ltm e nl~ au s!'il.

Co mmen' negligt'f

~[rd.ngl'r ou à plu s

d é part ' dl'

rt e ra.ison

la

un

n e,

qu'i l rra pp e

p roc h e,

e n

tra in

un

d e

mourir ?

Le

Dl' Lut , di:"! -je . nou:-- \ 'oyo ns les ho mm e

:-;' in q ui é tcr san s

dl'

Ivoir

COO1tl1c:nt re

te r e n

v ie.

Ain~i nos l1lili so ns

o nt - l'Ile

t'lt: (OnrUèS selo n n o~ h eso in s v itau x. po ur é

viter

IAMF rrlA nE.Sl fRRFCIf( )N

O n

pe llt Ill! ap pli q u e r le fe u o u le fe r , lui d éco up e r le corps avec une é pée , l'o ffrir à d e.' an imau x ca rnivores, o u e n(ore

l'ensevdtr, le dérunt ne ressent aucun e diffé re nce e ntre LOu s ces traIt e m e nt s . Lo rsq ue l'o n o bse rve do nc ce c han ge me nt a l11., i o pé ré c t

sa n s OU le,

ri e n

d e

cc qui

r e tève d c

la

se n sa tI o n '

sa n s

q

ue le pnn ci p e d e vie, a up a ra va nt p rése nt , di sp a raît p o ur

d

eve n ir s ubit e m e nt in v is ibl e.!, - co mm e ,é te tnt un e la mpe

q

u a nd la

n a mm e , qui Ju s qu e- là se co n s umait en c il e.! , 01 n t>

res te s ur la m èc h e ni n e se d é pl ace aill e urs, m a is dISparaît to ta le m e nt -, comme nt pe ut -o n supp o rt e r d e bo n cœ ur ce si grand changement, lo rsque l'on ne pe ut manireMeme nt

s 'a ppu ye r s ur

ri e n ?

En

effe t , qu a nd

p a rl e

d c

o n

no us

mi g rati o n d e l 'â m e, n OLI S o b se rv o n s bi e n ce qui r es t e, mai\

que Lur ambl3nt ne procure à nos corps la soufrrance due

ign o ro n s [ce qu 'es t .cteve nuJ ce

qui

s'es t sé paré,

c t

qUI

ail

froi d 011

J

la chaleur. Et

l'ag ri c

ulture? Es t-e ll e a utre

apparti e nt p o urtant a

n o tre

nature,

e t

v e rs

qu o i ce la

sc

lh",e que c e qui nous pe n ne t d e vi v re ? L' au . t c h e m e nt 11 la vie .Ipparai t flicn ~ tra"c rs Id c rainte tl l' la mo rt . Et la

méuecine?

Pourquoi

est-el le

j j

e stimée

d es homme~ ?

Parcl' qu 'dle semble comha ttre la mort , en quelque sorte,

d é pl ace ; ~a r ni

l a t e rr e,

ni

l ' air ,

ni

l' e au ,

ni

au c un a utr e

élé me nt, ne

sé parée d e n o tre co rps. Après le d é part d e l'â me , cc qui deme ure est m o rt e t va d ès lo rs se co rrompre.

mo ntre

soi-mê me

celte

force

qui

e n

sest

Rrâ(e :i ~on art, non? Les cuirass es , boucliers, jambières , (J~qllt:'s. arme" défensives, enceintes fortifiées, porte~ rt"nfon t:e~ de fcc fos!'ié~ r ass urants etc ., ne doivent d 'cxis-

I~r qu ','1 not re peur de la mo rt . Ain;i, pui"que la mort est nature ll e me n t te rrlhl e, co mment croire racilement celui qui ordonne tic demeu rer é tranger à tout chagrin, quand on rcste sc ul e t qu e l'a utre di s paraît?

:- Eh hll' Il , tlit m a pé dagogue , pourquoi donc l'idée ml' ml' de la mo rt te se mble-t-elle si affligeante' Ne suffit-

~

Croire en IïmmJrlalilé de l'âme est-il raisonnahle ?

Au

milieu

de

ces considérations , ma

pédagogu e

me

secoua par la main et m 'interrompit :

-: Serais-tu, dit -elle , si troublé par la peur, l 'esprit a cca - ble , comme si . l'âm~ n~ demeurait pas pour toujours , comme SI elle disparaissait au moment de la désagrégation clu corps? 4: Pour ma part - encore sous le coup de l'émotion , )C n avais pas repns mes pensées - , je répondis de maOlert> quelque peu inconsidérée . Je ne prêtai aUCune attention au sens de ses mots. N'ai-je pas declaré en erfet que les paroles dlvmes ressemblaient j des ordre.s? Elles nous rorcent a croire que l'âme demeure éternelle, sans que la moindre ralso,n nous conduise à celte opmion . Notre esprit nous par,an accepter l'ordre par peur, comme par une servilite mteneure, et non pas adhérer il ces paroles par un mouve-

d pas q ue les In.,e n sés passent leur temps à l' attaquer?

3. Pour' jUOi n 'aun o n s- nous pas le droit d

'être peinés, lui

1 torqu;ll' je lo rsque nous voyons celui qui, à l'instant en or · \ IV;llt et pariait , tout à coup sans souffle, sans voix,

Jn\

U\I 'l11cnt , tou~ ses .-;ens corporels éteints, sans vue,

d ·

eSlgne un depdrt par un mouve--

.

fil

3

L ~Ol plo l du m OI 0"0 h '

IUC"nt ",,,,tendant

*·"1

(

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Clrt'\H , qUi

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