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Grands dossiers d’actualité

3 thèmes :

- L’environnement et le DD
- La montée des nationalismes en Europe et dans le monde
- Les relations internationales, entre économie et humanitaire
Développement durable et
environnement
Il y a des questions très vastes mais des nouveautés et des innovations quotidiennes (ex : au
niveau des entreprises).

Est-ce que les modes de développement qu’on a choisi sont les bons ? Les sociétés sont
éphémères.

Est-ce un thème universel ? Est-ce appréhendé de la même manière à travers le monde ?

Les sociétés peuvent anticiper leur fin : par exemple ne rien faire au niveau du DD jouera sur
l’Homme

On va essayer de décliner la question du choix, pour voir comment on peut en arriver à


l’extrémité : la disparition.

Il faut voir en premier lieu si les dommages faits à l’environnement se font en connaissance
de cause.

Jared DIAMOND : Collapse : il a travaillé sur plusieurs études de cas, étudié plusieurs
civilisations anciennes : pour avoir un regard sur l’actualité il faut la mettre en perspective. Il
en tire des facteurs explicatifs sur l’effondrement de ces sociétés, les mécanismes, les
phénomènes. Il schématise des chaines de conséquences qui aboutissent à des situations
dramatiques. Les décisions publiques peuvent être catastrophiques.

Il identifie 7 processus dont l’importance varie par lesquels les sociétés anciennes ont causé
leur propre perte en endommageant notamment l’environnement :

- La déforestation et la restructuration de l’habitat


- Les problèmes liés au sol : érosion, perte de fertilité
- La gestion de l’eau
- La chasse, pêche, exploitation de ressources excessive de ressources naturelles
- Conséquences de l’introduction d’espèces allogènes parmi espèces indigènes
- Les problématiques de croissance démographique
- L’augmentation de l’impact humain par habitant (environnemental)

Il y a de nouveaux processus : les changements climatiques causés par les humains sont
quelques choses d’assez nouveau également, tout l’émission de produits chimiques dans
l’environnement, les pénuries d’énergie, utilisation maximales des capacités de la planète.

Diamond propose plusieurs facteurs :

- Les changements climatiques


- Dommages environnementaux
- Modification de rapports avec d’autres sociétés
- Les réponses apportées à une société : renvoie au problème de gouvernance et à
l’importance de la prise de décision

Comment expliquer les prises de décision catastrophique ?

 Echec dans l’anticipation d’un problème : avant : on peut lier ça à des


problèmes liés à une absence d’expérience. Parfois l’expérience permet de
contrebalancer le manque de capacité de l’organisation à rentrer dans des démarches
rationnelles. On a tendance à répéter des solutions qui avaient marché dans le passé.
Ex : les lapins en Australie amené par les colons britanniques. Or, ils se sont
reproduits trop rapidement. Aujourd’hui ça coute encore des milliards de dollars au
pays. Il y a un phénomène d’apprentissage qui doit rentrer en ligne de compte.
Même en bénéficiant d’un exemple inférieur il peut y avoir un phénomène d’oubli.
Ex : les civilisations anciennes sans traces écrites. Cette tendance à l’oubli est présente
dans les sociétés contemporaines même à des échelles de temps de notre génération
(ex : zones inondables). Ex : le choc pétrolier de 73. Une autre raison d’échec est
quand le phénomène n’est pas anticipé : c’est la réflexion par analogie. Il peut
conduire à l’erreur car les situations ne sont jamais réellement les mêmes. Ex : les
vikings qui colonisent l’Islande. Ils viennent de Norvège et Grande Bretagne, les
paysages se ressemblent mais n’ont pas les mêmes caractéristiques. Or en Islande, les
sols sont issus des dépôts de poussières volcaniques, ils sont donc radicalement
différents. Le défrichage a mis à nu le sol, les sols se sont donc érosés. Autre
exemple : la ligne Maginot.

 Echec dans la perception du problème : pendant. Les origines de certains


problèmes ne peuvent parfois pas être perçus, par exemple par manque de matériels,
ou de techniques. Une autre manière de ne pas percevoir un problème est la question
de la distance. Ex : la plus grande firme de déforestation du Montana à son siège à
Seattle => sans relais d’information efficace les problèmes peuvent mettre un certain
temps à être relayés. Autre phénomène, quand on est confronté à une tendance lourde
mais fluctuelle, si un temps long. Ex : le réchauffement climatique. La prise de
conscience individuelle est difficilement mesurable ce qui implique une prise de
conscience au niveau de la société longue.

 Echec dû au refus ou à l’impossibilité de prendre des décisions


correctrices : après. Le problème a été perçu mais on ne lance rien pour le contrer.
Même si le problème est perçu ce n’est pas pour autant qu’il va être résolu. Ça peut
relever à la fois de comportements rationnels ou irrationnels. Des comportements
rationnels vont parfois à l’encontre des bonnes solutions. Il y a souvent des conflits
entre intérêts individuels et collectifs. Certains individus pensent qu’ils peuvent
favoriser leur intérêt propre même s’il est dommageable à d’autres individus, surtout si
la loi ne le sanctionne pas. Généralement ils sont peu nombreux, concentrés alors que
les retombés sont plus diffuses, sur un grand nombre et dans le temps. Les perdants
ont parfois peu de motivation pour se défendre car ils perdent peu. A titre individuel,
le perdant ne peut tirer du profit que réduit, incertain et lointain. Ex : certaines
subventions qui privilégies certains secteurs plutôt que d’autres, par exemple PAC.
Parfois on a aussi des mécanismes de comportement rationnel qui s’apparente à de
l’égoïsme. Ex : les compagnies minières du Montana laisse l’arsénique, l’acide…
s’écouler dans les rivières, faute de législation de l’état. En 71 une loi est promulguée,
sauf que ces entreprises découvrent qu’elles peuvent extraire le minerai, se déclarent
en faillite et charge donc le Montana des frais de nettoyage. Il y a un comportement
rationnel qui est le dilemme du prisonnier : séparer des prisonnier qui aurait pour
intérêt collectif de ne rien dire, mais on joue sur les intérêts individuels. On le retrouve
sur les ressources des pêcheurs, qui ont une ressource commune et donc un intérêt
commun à son abondance, son exploitation desservirait tout le monde. Seulement s’il
n’y a pas de régulation efficace, chaque pêcheur se dit que s’il n’attrape pas un
poisson se sera un autre pêcheur qui l’attrapera. Quelles solutions ? des quotas, des
contrôles… une autre possibilité est de privatiser la ressource : chaque propriétaire est
responsable d’un lot individuel qu’il aura intérêt de l’entretenir. Parfois on a
également des comportements irrationnels qui sont dommageables à l’ensemble de la
société. Ils peuvent le fruit de conflits de valeurs. Les valeurs religieuses peuvent par
exemple amener des comportements non rationnels. Ex : la déforestation de l’île de
Paque. Autre exemple les valeurs des Vikings qui les empêchent d’opérer des
changements dans leur mode de vie. Egalement des valeurs sociales peuvent
engendrer des types de comportements désastreux. Quand on évoque le problème de
mines du Montana, les exploitations forestières… ça pose des problèmes mais sont liés
à des activités pionnières de cette zone, ce qui fait qu’il a fallu du temps pour accepter
qu’il fallait une réglementation publique. Il y a des comportements irrationnels qui
peuvent venir des dirigeants politiques, qui gardent les mêmes valeurs alors que les
choses changent. Certains comportements irrationnels peuvent être à court ou long
termes chez les individus.

Ca ne doit pas masquer la difficulté de la prise de décision. Tous les cas de figures évoqués
ont des logiques similaires avec celles de sociétés actuelles. On peut difficilement se prévaloir
du comportement que l’on aurait dans de telles situations.

Ex : le cas de pays de l’Europe de l’Est confrontés à l’avancée soviétique qui ont renoncé à
leur indépendance ou tenté de la sauver… peut-on dire à l’avance quelle est la bonne stratégie
à adopter ? ce sont des paris sur l’avenir.

 Echec de la solution choisie : après : elle n’est pas satisfaisante. Même si le


problème est perçu et qu’on a mis quelque chose en place, ça ne fonctionne pas
nécessairement comme prévu : parfois il y a un manque de subventions, parfois les
efforts sont minimes, tardifs. Certaines solutions compliquent encore plus le problème.
Il y a des formes d’adaptation de type somatique : on réagit à une crise et on essaie
d’en traiter les conséquences directement, on ne repense pas le système dans son
ensemble. Ca peut créer des problèmes ailleurs. C’est complété par une autre forme
d’apprentissage : une adaptation génétique qui consiste à repenser le système plus en
profondeur. Il y a donc crise => désapprentissage => réapprentissage. Dans la
réflexion somatique il n’y a pas de désapprentissage.

Au 18ème siècle il y a un basculement, notamment dans la relation entre nature et culture. Si la


culture est tout ce qui relève de l’homme et la nature est tout ce qui nous environne. Quel que
soit les sociétés, tout un tas d’explications sont données par les hommes. Par exemple : « les
voix du seigneur sont impénétrables ».

Au 18ème, à travers une démarche scientifique, l’homme se positionne à travers les outils de la
physique, chimie, industrie et s’émancipe de la nature. Il se dit qu’il peut comprendre la
nature, qu’il y a des lois physiques que l’on peut maitriser : l’Homme est maitre de son destin.
Il peut jouer de la nature et en jouir. On passe dans un positionnement de domination et de
contrôle. En 2001 on parle d’incertitude produite. On peut simplifier ça en disant que la
solution d’aujourd’hui est le problème de demain.

I. Comment les sociétés peuvent-elles prendre consciences des dangers les


menaçant ? la notion de développement durable en question

On peut évoquer une crise de conscience progressive, c’est un cheminement pas


nécessairement une prise de conscience globale.

Ca resulte du côté néfaste de nos société d’un point de vue néfaste et environnemental.

Il y a des facteurs naturels, humains et industriels.

1. Une prise de conscience progressive malgré une absence de consensus


global (à l’origine du développement durable)

A. Les menaces sur l’environnement


a. Le changement climatique, vers un consensus scientifique

Les scientifiques s’accordent pour la prépondérance de l’activité humaine dans le climat


climatique, voyant l’effet de serre comme le principal mécanisme.

La température terrestre est issue du rayonnement du soleil : flux de rayonnement infrarouge :


sont renvoyés dans l’espace. La répartition des températures dans le sol dépend du gaz à effet
de serre. Sans ce gaz la température terrestre serait beaucoup plus basse (-18°C). Le CO2 et le
méthane (CH4) sont pointés du doigt. C’est du fait de l’activité humaine que la concentration
de ces gaz c’est modifié. C’est le CO2 qui est le principal gaz à effet de serre. La
concentration du gaz carbonique a augmenté de 30% depuis l’ère préindustrielle. Les
principal sources de ce gaz à effet de serre : quand on utilise des ressources fossiles. Cela
représente 20 milliards de tonnes par an. Des mécanismes (océans, plantes …) permettent
d’éliminer la moitié de l’excédent de gaz carbonique. Le méthane a aussi augmenté dans sa
concentration, a doublé depuis l’ère pré industrielle.

Le gaz carbonique contribue à 60% à cet effet de serre, mais également le méthane qui a
doublé depuis l’âge industriel. D’autres GES viennent des engrais, de l’industrie. Cependant
le méthane n’a qu’une faible espérance de vie dans l’atmosphère, contrairement au gaz
carbonique qui peut agir pendant plus d’un siècle.

Il y a d’autres types de problèmes :

La désertification et le changement climatique : une auto alimentation : elle contribue au


réchauffement de la planète ; une élévation de la température mondiale de 1,2°C entre 2030
et 2050 : baisse humidité des sols, dégradation des terres (zones du Moyen Orient),
notamment au moyen orient, des sécheresses répétées en Afrique. Les changements
climatiques sont appelés à accélérer les processus de désertification. Les conséquences de la
désertification peuvent à leur tour accentuer les changements climatiques de la planète.
Principalement au niveau de l’effet sur la végétation. On rentre dans une spirale perverse, un
cercle vicieux.

Un autre phénomène est celui du trou de la couche d’ozone.

Il faut distinguer la question du changement climatique du trou dans la couche d’ozone. Les
causes en sont bien dissociées.

L’ozone est une molécule présente dans l’atmosphère et de manière plus concentrée dans la
stratosphère. Elle forme cette couche qui va jouer un rôle de filtrage des rayons ultraviolets
qui peuvent être dangereux (UV). Elle a des particularités de protection quand elle est dans la
stratosphère. Une forme d’ozone est présente à basse altitude, qui est toxique. Cela peut créer
le « smog ». Il est toxique pour les hommes et les animaux.

2e problème : amenuisement de la couche d’ozone au niveau de la stratosphère qui nous


protège des UV. Cette baisse se traduit par un trou dans la couche d’ozone, notamment en
antarctique. En termes de substances responsables, des produits chimiques comme le chlore,
le fluor, le carbone, le bromure, l’hydrogène sont rejetés par l’homme. Au niveau des grandes
villes le problème est aussi qu’il n’y a pas de vent pour « pousser » la pollution.

Des éléments naturels sont aussi producteurs de gaz à effet de serre : ex : les éruptions
volcaniques. Ces phénomènes-là ont été étudiés sur la base des travaux parfois controversé du
GIEC (groupe intergouvernementale d’experts sur l’évolution du climat). Cet organisme est
chargé du suivi sur les négociations internationales sur le changement climatique. Ils sont là
pour porter un éclairage scientifique. Il a été fondé en 1988 par l’organisation météorologique
mondiale et le programme des nations unies de l’environnement. Il joue un rôle central dans
les négociations c’est sur la base de leur constatation et données que les décisions prennent
corps. Sa mission est de rassembler l’ensemble des données techniques, socioéconomiques,
scientifiques qui lui semblent pertinentes pour déterminer l’implication des activités humaines
dans ces changements. Ils doivent formuler, évaluer les stratégies possibles d’évolution, de
prévention et d’adaptation.

Un 1er rapport a été publié en 1990, remis à jour en 1992, qui a servi de base aux
négociations, notamment à la conférence de Rio de 1992. En 2001, un 2e rapport fait lui
état des évolutions et à d’autres modifications du changement climatique, ainsi que des
dérèglements et des modifications du système climatique. La température moyenne de surface
a augmenté de 0,6°C au cours du XXe s.

Ce réchauffement c’est produit pendant 2 périodes : 1910-15 et depuis 1976 : si on prend les
chiffres depuis 1960 à nos jours : la décennie 1990 a été marquée par ce réchauffement, c’est
la période la plus chaude notamment avec 1998. Leurs analyses font ressortir que le
réchauffement dans l’hémisphère nord au cours du XXe s a été le plus important au cours de
1 000 ans.

La diminution de la couverture neigeuse et de l’extension des glaciers. Avec les données


satellites, il y a une diminution de 10% de la couche neigeuse depuis les années 60.

Le niveau moyen de la mer a progressé entre 10 et 20 cm au cours du XXe s.

Des catastrophes climatiques plus intenses depuis les années 70. Dans certaines régions, il y a
une augmentation, une intensité plus importante des sécheresses, notamment en Asie, en
Afrique avec une augmentation de l’intensité de ces périodes de sécheresse

Un autre rapport a été publié en 2007 qui comporte 3 volumes et qui a fait l’objet de beaucoup
de décrets d’utilisation, de mise à jour. Il a été publié en 3 volumes. Le 1er : février 2007 :
pose les bases physiques du changement climatique. Il est établi la responsabilité humaine. Ils
font le bilan de 6 ans de travaux menés par 2 600 scientifiques. Les experts confirment le rôle
des émissions de gaz à effet de serre et l’importance de la gravité des changements en cours,
avec la hausse du niveau des océans de 60cm d’ici la fin du siècle, des fortes vagues de
chaleur, précipitations… ca anticipe une hausse entre 1,8 degré et 4 degré, plus une vague de
chaleur et de forte précipitations.

2e volet : avril 2007 : la vulnérabilité des territoires : diagnostic alarmant des impacts du
réchauffement climatique malgré la position de la Chine, USA qui ont montré leurs réticences
sur les conclusions du rapport. Les USA avaient demandé à retirer toutes les données chiffrées
du rapport.

3e : Mai 2007 : les mesures d’atténuation : actions orientées contre le réchauffement : si prises
assez tôt elle peut avoir un cout modéré : effet déterminant pour les 20-30 prochaines années.
Plus on attend plus les mesures à mettre en place seront chères. Ils font s’en emparer très
rapidement. Les principales actions :

- diminuer les subventions aux énergies fossiles


- encourager les énergies renouvelables
- encourager l’énergie nucléaire
- capter et stocker le CO2 donc développer des techniques
- des innovations
- réduire la pollution des transports
- construire de manière écologique
- réduire les émissions de l’industrie
- modifier les pratiques agricoles
- lutter contre la déforestation.

La logique de ces 3 volumes est en 3 points :

- description : poser les bases, scientifiques, physiques


- compréhension : donner un sens aux données, expliquer les causes des phénomènes à
l’œuvre. C’est sur cette base qu’on peut établir les mécanismes.
- Prescription : recommandations

Les conclusions de ce rapport dit que les émissions de GES continuent d’altérer l’atmosphère
d’une manière qui affecte le climat. On a une concentration de gaz carbonique, le taux actuel
est sans précédent et ¾ des émissions de gaz carbonique est lié à la combustion des énergies
fossiles.

On est d’avantage confiants sur l’usage des modèles cependant. On dispose de preuves plus
grandes que le réchauffement est attribuable aux activités humaines. Les émissions de gaz
carbonique seront encore prédominantes aux 21ème s, selon ce rapport. Ils ont utilisé différents
modèles et tous prévoient une augmentation de la température entre 1,4 et 5,8 degré entre
1990 et 2100 et l’élévation du niveau des océans entre 9 et 88 cm.

Le 12 avril 2007 : obtention par le GIEC et Al Gore le prix Nobel de la paix pour la collecte
des informations de l’implication humaine dans le réchauffement climatique.

Les impacts sont différents d’un point à l’autre sur la planète. Il y a des endroits où les pluies
ont augmenté (Europe), mais plus de sécheresse dans le Sud.

b. Les ressources naturelles, entre épuisement et pollution

La nature est vue comme un lieu à exploiter (pas forcément dans le sens négatif). C’est un
réservoir de matières 1ere et aussi un lieu de stockage des déchets. Pendant longtemps cela
n’a pas posé de problème.

Les ressources alimentaires : la population mondiale augmente. Il est nécessaire que la


production alimentaire suive le même chemin. Après 45 l’objectif était d’augmenter la
production, pour l’Europe, atteindre l’autosuffisance : agriculture : utilisation des engrais, la
mécanisation, la PAC… après la 2e GM un agriculteur français nourrissait 2 personnes,
aujourd’hui, 65. Un américain peut en nourrir une centaine. La production agricole a été
segmentée, elle s’est spécialisée. Si on pointe du doigt certains problèmes engendrés par ce
type de développement, cela a aussi des pendant positifs : c’est la 1ere fois dans l’histoire de
l’humanité qu’une partie de la population est à l’abri des famines depuis si longtemps. Les
consommateurs des pays riches bénéficient de modes de production et de distribution de
nourriture à profusion tout le long de l’année. Cela a un prix : chaque année il y a des
problèmes de surproduction avec la destruction de milliers de tonnes de nourriture

Autre phénomène, un endettement des paysans qui a doublé tous les 10 ans depuis 40ans à
cause des centrales d’achat, de l’agrandissement des exploitations… pour atténuer ces effets
de la surproduction, il y a des gouvernements qui ont recours à des subventions ; cela peut
créer des situations aberrantes : les paysans peuvent laisser leurs champs en jachère ou
détruire une partie de leur production. Les stocks essaient aussi d’être écoulés à l’étranger.
Des produits occidentaux vont arriver sur des marchés africains, ils vont être subventionnés,
donc moins chers que les produits locaux. Cela peut aussi perturber l’activité locale. Cela
créer du chômage, créer l’exode rural, augmente la population urbaine, des bidonvilles… Il y
a pourtant des aides au niveau local.

Pour l’Afrique : les importations de volailles, depuis 1999 ont augmenté de 20% chaque
année. Le marché Africain est porteur et convoité. Ces pays africains ont peu de moyens pour
protéger leurs producteurs locaux. Les paysans africains perdent leur production à des prix
pas avantageux pour eux. Beaucoup abandonne leur activité pour migrer vers les villes.

D’autres problèmes de sécurité alimentaire se posent : plus de 80% de ces produits sont
impropres car la chaîne du froid n’a pas été respectée (manque d’équipement collectifs,
individuels…).

L’agriculture et l’élevage intensif ont des conséquences néfastes sur l’environnement et la


santé. Les polluants migrent dans l’environnement. En 2003 ; 74 000 tonnes de pesticides sont
utilisés en France. Pomme de terre : plus de 20 pesticides différents pour accompagner son
développement. 83% des eaux françaises ont des pesticides. En Bretagne l’eau est devenue
impropre à la consommation. 40% de la population française est en surpoids dont 11%
d’obèse. USA : 65% en surpoids et 33% d’obèses

Problèmes de maladies : diabète, cardio-vasculaire.

Ces problèmes là en termes de ressources alimentaires se retrouvent dans la pêche intensive


(surpêche). Il y a d’après les estimations de 2005 16% des stocks sous-marins qui sont
surexploités, 7% qui sont épuisés. 3% des stocks sous-marins sont sous-exploités, 23%
modérément exploités, 51% sont pleinement exploités, 16% surexploités, 7% épuisés. En 15
ans les océans ont perdu 15% des poissons grands prédateurs. Il y environ 100 millions de
tonnes de prise annuelle. Aux USA la demande annuelle est de 24 000 tonnes de poisson.

Les matières premières, minérales, végétales : certains pays comme la Chine, de par son
développement industriel, ont déséquilibré les marchés des énergies et des matières 1eres :
difficulté des approvisionnements, la hausse des prix qui est souvent amplifié par la
spéculation. Certains produits comme les métaux, le blé ou l’orge ont connu des hausses très
importantes. Ces ressources sont limitées. Elles sont gérées par des industries en situation
d’oligopole avec peu de pays qui sont producteurs dans de bonnes conditions de rentabilité.
Cela demande des investissements considérables pour l’exploitation de ces ressources. Les
conséquences sont multiples :

 Le prix des métaux s’envole : prix minerai de fer : a augmenté de 65%. Le cuivre et le
nickel ont augmenté. Cette hausse des prix contaminent l’ensemble de la filière.
L’aluminium a augmenté de 20% suite à la hausse des prix de l’électricité. C’est un
facteur de déstabilisation géopolitique.

 Au-delà des conséquences en matière d’environnement c’est aussi un facteur de


déstabilisation géopolitique. Des pays sont convoités pour leurs richesses en termes de
matières 1eres. Afrique : métaux précieux : république démocratique du Congo :
ressources abondantes, minérales, du diamant, du cuivre, de l’or, du manganèse, des
ressources forestières, des sols fertiles. Un pays qui sur le papier a tout pour réussir et
se développer de manière forte. Il est vanté pour la richesse naturelle. Il s’est retrouvé
au début des années 90 parmi les plus pauvres au monde. Notamment à cause de
l’exploitation de ses ressources. Cela peut décourager certains pays et les amener à ne
pas diversifier leur économie au risque de voir sombrer le pays en cas de chute de ces
matières-là. Il y a plusieurs pays africains qui ont profité d’un boom sur les matières
1eres car il y a eu une forte demande asiatique et américaine et une spéculation
boursière très importante. Mais le fait de ne pas se diversifier rend l’avenir incertain :
les cours ne vont pas rester à ce niveau-là. Il y a un risque de fonder l’économie
seulement sur l’exploitation de ces ressources.
Ex du Coltan : cette matière là pour l’Afrique centrale est une variable d’ajustement :
quand la demande extérieure diminue, la demande interne augmente.

 Les ressources énergétiques et en eau potable : l’augmentation de la production a pour


corolaire l’augmentation des matières premières et des sources d’énergie. Cependant
elles sont souvent non renouvelables : charbon, pétrole… les énergies fossiles
représentent 60% de l’approvisionnement mondiale, 95% de l’énergie des transports.
Parmi les principales sources il y a les secteurs agricoles et industriels, le transport et
le logement.
Bâtiment : 42% de l’énergie consommé et 19% des émissions nationales de gaz à effet
de serre. En 2000 la surface moyenne d’une maison américaine est de 210m carré,
c’est le double de l’Europe et 26 fois plus qu’en Afrique. Si les chinois consommaient
autant de pétrole que les américains ils absorberaient 125% de la consommation
mondiale. Au niveau des logements, malgré les progrès, on a tellement augmenté en
nombre et surface les logements qu’ils consomment 60% d’énergie en plus qu’en
1973.

 Autre problème : les conflits qui peuvent en découler. Les tensions entre pays
pourraient déboucher sur des guerres. Bon nombre sont liées à des questions
d’appropriation des ressources naturelles comme le pétrole, le gaz ou l’eau. Ex : mer
caspienne, moyen orient… mais aussi ceux liés à la question de l’eau potable. Livre
Les guerres de l’eau. Parmi les points chauds du globe on peut citer les bassins du
Gange, Nil, Jourdain, Tigre et l’Euphrate… développement de l’Ouest US : la Sun
Belt : diminution dramatique de l’eau du Colorado, qui suit son cours au Mexique.
Israël : 2/3 de l’eau consommée vient de ses frontières extérieures d’avant 67.
Turquie : 22 projets de barrages sur le Tigre et l’Euphrate, 19 stations hydrauliques par
la Turquie. C’est un projet important avec des retombées économiques importantes.
Elle peut stocker plus d’un an du débit du tigre et de l’Euphrate : problème pour les
voisins en Aval, comme la Syrie et l’Irak. Au Moyen-Orient c’est l’inégalité des
rapports de force qui détermine comment se répartissent les ressources : les cas du Nil.
Egypte : reçoit 95% des eaux du Nil mais la croissance de sa population est tellement
importante que ses ressources sont très sollicitées et la pression est de plus en plus
importante. 2025 : le niveau du Nil va atteindre un seuil critique, selon les experts.
La guerre des 6 jours : Israël : houleh : assécher ce lac pour capter les eaux du
Jourdain en septembre 1953. Ca crée une levée de boucliers dans le monde arabe. Les
USA ont dépêché des experts pour essayer d’apaiser les tensions : Eric Johnson : plan
de partage des eaux du Jourdain : octroi de quota : 1/3 du débit pour Israël et le reste
pour les pays voisins (Liban, Syrie, Jordanie). Ce plan n’a jamais été appliqué de par
le climat tendu et instable de l’époque. Israël a continué son programme de
construction hydraulique. Les pays arabes décidèrent d’une riposte en adoptant un
contreprojet lors du premier sommet du Caire : détourner les eaux du Jourdain vers la
Syrie, le Liban et priver Israël des affluents du Jourdain. Israël réagit, le 15 janvier 65
déclare que toute tentative des arabes d’utiliser le Jourdain serai considéré comme une
attaque contre le territoire. Aujourd’hui un tiers de la consommation israélienne
provient du plateau syrien.

Au sortir de la SGM le DD commence à se manifester : le développement pour tous. Une


phase de reconstruction s’ouvre en Europe. Le développement c’est une question de temps
mais nous sommes tous sur la voie du développement.

2. Les promesses vaines du développement pour tous

Au cours des 30 ans suivant la 2e gm, selon les experts, le développement n’est qu’une
question de temps. Processus linéaire de développement en 5 étapes de Rostov :

- Société traditionnelle

- Conditions au démarrage

- Démarrage

- Progrès vers la maturité

- L’ère de la consommation de masse


Milieu des 60s : on entend certaines voix qui contestent cette vision, le contenu idéologique
des modèles de croissance, mettent en avance les dérives dans les pays riches et en
développement de ce type de modèle.

70s : écarts dans la répartition des richesses, dégâts dans l’environnement… remettent en
cause l’idée que bientôt il y aura des lendemains qui chantent. Les modèles de développement
capitalistes qui régissent la planète montrent leurs limites. Le monde conserve quelques
espoirs : époque de guerre froide, le mur de Berlin est toujours debout. Fin 80s : les espoirs
que contenait ce bloc tombent aussi. Décembre 1991 : effondrement de l’URSS/ montrent des
désillusions vis-à-vis des autres modèles de développement. Maintenant : crise du
développement avec des reculs socioéconomiques dans plusieurs pays, pas seulement les
pauvres. Rapport du programme des nations unis : 21 pays ont accusé un recul de l’IDH au
cours des années 1990. Seulement 4 de ces pays ont connu une baisse de l’IDH avant 1990.

En 2003, presque tous les pays à faible développement humain sont en Afrique. Il y a un recul
général du développement humain en Europe de l’Est et en Asie centrale. Dans le même
temps il y a sur la planète des écarts entre les riches et les pauvres qui se creusent, y compris
dans les pays dits « prospères ».

3. Le développement durable, l’évolution conceptuelle des années 1950 à


aujourd’hui
Problématique du développement et de l’environnement ont été abordées comme des
problématiques séparées.

3.1. La croissance zéro : le rapport Meadows (1972)


3.2.

Cela remet en cause la croissance elle-même. Ce rapport a été commandé par le club de
Rome, produit par le MIT : The limits to the growth : il posait le problème du type de
croissance et des liens entre développement et environnement. Il propose un point de vue
global, systémique. Les problèmes qui sont considérés s’étendent à l’ensemble de la planète.
Il conclue qu’environnement et développement doivent être traités comme un seul
problème. Il parle d’une problématique mondiale, parle de la notion de biosphère et
d’écologie globale. Cette étude s’articule sur une des 1eres simulations par ordi sur un modèle
d’écosystème mondial, avec 5 paramètres :

- La population

- La production alimentaire

- L’industrialisation

- La pollution

- L’utilisation des ressources naturelles non renouvelables


Les phénomènes qu’ils observent font ressortir le fait que la croissance exponentielle conduit
à termes à l’effondrement du système. Ce rapport a ouvert le débat et va être à l’initiative des
grandes conférences mondiales sur ce thème : 1972 : conférence de Stockholm.

2. L’écodéveloppement ! la conférence de Stockholm (1972)

A l’époque elle a été marquée par l’opposition Nord/Sud et Est Ouest : l’union soviétique a
refusé d’y participer car l’ONU ne reconnaissait pas l’Allemagne de l’Est. Elle fait émerger la
notion d’écodéveloppement qui impose l’idée qu’un développement ne repose pas
uniquement sur des considérations économiques mais aussi sur des exigences sociales. Cette
conférence conclu que les pays en développement vont orienter leurs efforts sur le
développement et la nécessité de préserver et d’améliorer.

Mill, Sach et Sirong : ils posent la question de la poursuite du développement alors qu’une
grande partie des pays de la population mondiale sont sous-développés et qui expliquent que
leur solution est la misère et qu’ils veulent de la croissance. Il faut prendre en premierlieu
tenir compte des caractère économique et sociaux. Les pays en développement doivent tout de
même tenir compte de la nécessité de préserver l’environnement.

3. L’entrée en scène du développement durable : le rapport Brundtland (1987)

Ce rapport est suivi par le Convention mondiale pour l’environnement et le développement,


placé sous l’égide de la première ministre de Norvège. Il est appelé « Notre avenir à tous ».
les questions de développement et d’environnement sont développés conjointement. Un
environnement dégradé peu nuire et constituer un obstacle au développement. Ce rapport
s’inscrit en contre poing de ce qui est dit par le rapport Meadows car il réaffirme la nécessité
d’assurer une croissance économique.

Certains modes de développement dégradent l’environnement, et certains environnements


dégradés peuvent être un obstacle au développement. Il affirme la nécessité d’avoir une
croissance économique. Elle doit être compatible avec la gestion prudente des ressources
naturelles et doit aussi s’assurer de l’équité intra et inter générationnelle. Le principe d’équité
est mis en avant : vise à allier efficacité écologique, économique, et progrès social.

Le buts qu’on peut se fixer sous ces piliers relèvent de logiques différentes : économie =>
productivité, écologie => préservation, sociaux => accessibilité et équité.

1992 : sommet de la terre à Rio : le développement durable, soutenable : est rentré dans
le vocabulaire universel. Gaussier . Selon cet auteur : dvpt durable : pléonasme : le
développement, par un processus, s’inscrit dans le temps. « Soutenable » se justifie (anglais)
au contraire. La prise en compte de critères environnementaux, sociaux, à long terme, peut
justifier le vocable de développement soutenable. Il y a des limites conceptuelles.

Pour certains il est impensable que la poursuite de la croissance aille dans le même sens que le
développement durable.
4. Les limites conceptuelles intrinsèques

Le développement durable désigne plutôt une problématique qui va identifier, rappeler aux
décideurs les principaux types d’enjeux qu’ils doivent prendre en compte dans leurs décisions.
Plutôt qu’un modèle de développement, cela doit se présenter comme une nouvelle façon de
faire des choix plutôt qu’une rhétorique incantatoire. C’est la société qui s’investi dans les
décisions environnementales, techniques, sociales. Certains voient une notion floue, non
stabilisée.

D’autres regrettent que cette notion soit devenue une notion fourre-tout et que les autorités
administratives l’utilisent dans de multiples circonstances pour désigner des choses de nature
différente. Ex : progrès social, commerce équitable, lutte contre la faim… la notion de DD a
donc de moins en moins de formes.

Cette notion met l’accent sur des aspects négatifs mais elle est également utilisée comme une
légitimation des aspects actuels ce qui peut amener à décrédibiliser l’intention initiale.

On peut dire qu’il n’existe pas de modèle unique du DD, il ne constitue pas un énoncé de
condamnent qui seraient sur le même plan pour tous. Le DD désigne plutôt une problématique
qui identifie et rappelle au décideur les principaux types d’enjeux qui doivent être pris en
considération dans les choix qu’il a à faire.

La société civile investie à un moment donné dans des décisions cutlurelles, sociales,
environnementales, techniques en prennent en compte les principes sous-entendu dans cette
notion.

Mais elle est suffisamment précise, malgré le nombre de définitions différentes. Ce floue qui
persiste lui donne sa force et sa valeur car cela laisse la place à l’interprétation. Ces contours
laissent une grande marge sur ce qu’il y a dedans, ce que l’on peut mobiliser… Plus la
définition est large, plus un nombre important de personnes peuvent s’y reconnaitre, et peut
encourager la mobilisation et les volontariats. Ce concept peut être porteur de dynamisme et
avoir des effets d’entrainement sur la société. En terme d’acceptation collective d’une
définition du DD, ca permet de rassembler des acteurs aux intérêts diverses et variés.

Il y a des notions qui sont connexes à cette notion, notamment le principe de précaution.
Il est apparu en France à travers la loi Barnier en 95.

Loi Barnier 1995 : prévention des risques, principe de précaution, met en place le fond
Barnier pour les catastrophes naturelles. Elle mentionne l’état de catastrophe naturelle
reconnu par l’état qui peut faire appel à ce fond Autre dispositif dans cette loi : mécanismes
de retrait : l’Etat peut être amené pour des raisons de gestion des risques, pour les besoins
d’aménagement du territoire, peut avoir recours à un mécanisme de rachat des propriétés. En
cas de risque pour la santé et pour l’environnement les pouvoirs publics peuvent prendre des
mesures sans que les risques soient établis de manière définitive par les experts scientifiques.
Elle parle également d’expropriation : en cas de danger grave et imminent, le fond Barnier
peut être utilisé pour déloger les gens et donc les dédommager. Depuis 2005 le principe de
précaution est inscrit dans la constitution.

En l’absence de certitudes scientifiques ou techniques, on ne doit pas pour autant retarder


l’adoption de mesure visant à prévenir un risque de dommage grave et irréversible.

Le principe de précaution intervient sur des risques incertains. Il peut y avoir différentes
sortes de modulations autour de ce principe. Cette logique pose des questions. Certains parlent
de flou et évoque le rôle du juge administratif en ce qu’il est amené à confirmer ou infirmer
les modalités de ce principe. En lui-même le principe de précaution n’est donc pas un guide
fiable pour l’action.

Principe de précaution : Olivier Godard : met en garde, il s’était attaché à développer tous les
pièges qui peuvent exister dans l’application de ce principe. Il pointe du doigt certaines
lectures fourvoyées de ce principe, notamment il parle de la règle d’abstention. Il dénonce
certaines incohérences dans les discours : Si on ne sait pas quoi faire il vaut mieux rien faire.
Mais ça veut dire plus de prise de risques ou d’innovation. Il ne faut pas se focaliser sur le
scénario du pire. Il faut bannir le risque zéro. Même dans cette logique d’abstention on n’est
pas à l’abri du risque zéro. Il parle également de la charge de la preuve. Dans ce cadre-là on
n’est plus innocent jusqu’à preuve du contraire, on doit apporter la preuve de son innocence.
Par exemple l’innocuité des entreprises. C’est scientifiquement impossible.

Pour lui il faut avoir une lecture proportionnée. La notion de prévention doit devenir proche
du principe de précaution. Malgré tout, dans les textes internationaux on retrouve des
incohérences. Il la qualifie de mécanisme d’inversement de la preuve. Que l’innocuité des
produits soit prouvée avant leur mise sur le marché, qu’aucun produit dont l’innocuité aurait
été prouvée pourrai être utilisé et mis dans la nature. Selon Green Peace, c’est le rôle des
entreprises à prouver l’innocuité de leurs produits.

Il évoque l’illusion du risque 0. Autre mécanisme lié à l’abstention: la focalisation sur le pire
scénario.

Les autorités peuvent mobiliser ce principe pour interdire, réglementer des activités,
développements scientifiques qui présentent des risques.

Ce guide ne donne pas la solution toute faite. On peut très largement interpréter. Le juge
administratif, à postériori, peut dessiner les contours de ce principe de précaution.

Des déchets, émissions. Ces éléments vont être considérés comme des ressources. Le Canada,
USA sont précurseurs en la matière.

Il y a d’autres notions : ESS, commerce équitable, responsabilité sociétale des entreprises et


organisations, biologique,…

Un autre point se développe auprès des entreprises est celui de l’écologie industrielle :
application du DD aux entreprises, notamment industrielles. Il consiste à renverser la
tendance non pas comme une charge. La durabilité est vue comme un investissement. Par
exemple les déchets, les rejets, sont considérés comme des ressources, ne pas les utiliser serait
une perte économique en plus d’être une menace écologique. L’idée de minimiser les rejets
nocifs dans l’environnement. Ex : en Amérique du Nord : Philips eco entreprise center : 15
entreprises échangent en boucle leurs déchets, l’idée étant d’aller le plus au bout possible de
cette logique-là. Ce projet se substitue à un projet de stockage des déchets.

IV. Comment les sociétés peuvent-elles assurer leur pérennité ? le


développement durable en action ?

C’est une question de choix que de s’inscrire dans une pérennité, conscients ou non, évalués
ou non.

L’écologie industrielle : les industries se regroupent pour créer un système ou chacune essaie
d’optimiser la réutilisation des déchets des autres. On intègre dans son processus de
production des éléments considérés comme des charges, des externalités négatives pour les
transformer en externalités positives. L’idée est de former une boucle dans laquelle circulent.

Acteurs : Etats (développés ou en développement), organisations internationales (ONU,


OMC), entreprises, lors du sommet de Johannesburg il y avait 9 groupes : les femmes, les
jeunes, les populations autochtones, les scientifiques, les industriels, les agriculteurs, les
ONG, les CT et les travailleurs.

Une tendance généralisée : l’amalgame entre DD et protection de l’environnement => choc


frontal avec la dimension économique.

Conséquence : le pilier social, le grand absent des débats

Pour beaucoup le DD c’est seulement une dimension écologique à prendre en compte dans
une dimension économique. Il ne faut pas oublier la dimension sociale, c’est souvent un des
grands absents des grands accords internationaux.

A. Accords internationaux

Fonds qui sont créés : 1990 : fonds de l’environnement mondial

Conférence de 1992 : il est question du principe de précaution. La commission du


développement durable est créée : elle est chargée de la mise en œuvre de l’agenda XXI.

1997 : protocole de Kyoto

Il y a des questions de gouvernance, et de démocratie participative. Dans l’agenda XXI il faut


faire intervenir la société civile.

Emission de gaz à effet de serre : droit à polluer ? Instruments de régulation mais dans
lesquels on met une flexibilité pour permettre aux acteurs de s’adapter à moindre coût aux
objectifs fixés par la puissance publique. Permis d’émission lié à un marché de droit à polluer.
Ce mécanisme n’est pas à proprement parler d’un marché. C’est une procédure de
planification. L’autorité publique détermine une réduction de la quantité de polluant. Et on
met en place un système d’échange de quotas qui correspondent à la quantité totale de
polluants autorisés. Ce système est critique. Il faut que les pouvoirs publics soient capables de
vérifier que les rejets de polluants ne dépassent pas la limite autorisée. Il y a des critiques
morales et politiques. La principale critique est que les riches peuvent s’offrir ces permis-là et
c’est aux plus pauvres que l’on rejette l’effort de diminution des émissions.

Les alternatives : mise en place de taxes. Elle ne nécessite pas d’allouer des quotas. Elle garde
le symbole d’un lien public.

Autre inconvénient : le mot taxe est mal vue dans l’entreprise, cela fait interventionniste. Le
mot permis ouvre plus de porte, il y a l’idée de liberté ». Cela passe mieux d’un point de vue
sémantique.

Autre alternative : la question de la modification des normes techniques : les faire évoluer
pour diminuer la pollution. Il n’y a pas de paiement (mais cela nécessitera des investissements
de la part des entreprises). Ce sont des droits à polluer gratuits au sens où les pouvoirs publics
ne bénéficient pas de ressources supplémentaires quand elles mettent en place ce type de
solution. On va être confronté aux lobbies, groupes de pression. Les plus riches sont
généralement mieux organisés.

Le pollueur-payeur : permis négociables : autorisation administrative ou droit à polluer ?

On voit plutôt une adaptation de type somatique. On n’est pas dans une remise en cause du
système mais plutôt dans des objectifs visant à améliorer, réduire les GES par exemple. Est-ce
que ça va résoudre l’ensemble des problèmes soulevés par notre mode de développement ?

Ce système de permis négociable émet de ces rdv. C’est un instrument administratif de


régulation dans lequel on introduit de la flexibilité pour permettre aux acteurs de s’adapter
aux grandes lignes mises en place par l’Etat. On parle souvent de marché à polluer, même s’il
s’agit plutôt d’une stratégie de planification la puissance publique définit de manière centrale
une réduction et donc mettre en place un système d’échange de quota dans le respect de la
limite fixée. Ca donne de la souplesse dans le dispositif, car les permis ne donnent pas de droit
de propriété. C’est une autorisation provisoire d’émettre, accordée par la puissance publique.
Les pouvoirs publics doivent être capables de vérifier, contrôler, déterminer le quota
maximum atteignable, le quota global.

Principale critique : les riches peuvent s’acheter les permis, les pauvres n’ont pas les moyens

Quelles autres pratiques auraient pu être mises en place ?

 Taxes : permet de garder l’idée d’un pouvoir public indivisible, bien commun.
Inconvénients : ce sera plus facile pour les riches de s’acquitter de la taxe. De plus,
l’idée de taxe a une connotation très interventionniste.
 Normes techniques : il n’y a pas de paiement. Ça peut faire croire que l’imposition de
normes techniques, mais en fait ce ne sont que des droits à polluer gratuits. Les
pouvoirs publics ne vont pas bénéficier de ressources supplémentaires grâce à elles.

La question centrale est la même : comme les riches sont avantagés, comment répartir les
effets négatifs de manière positive ?

Ces permis à polluer posent d’autres questions : la quantité totale d’émission de CO2 que l’on
peut admettre ? Est-ce que ces quotas sont transférables d’un pays à l’autre ? Comment
contrôler le respect des quotas ? que faire en cas de non-respect ?

B. Des politiques européennes en faveur du développement durable

On peut relever un certain nombre de politiques qui émanent de l’UE.

La 1ere stratégie européenne de DD a été adoptée à Göteborg en 2001 et elle a été


retravaillée en 2006 jusqu’en 2010. Porte sur :

- Apparition de souches résistantes aux antibiotiques


- la pauvreté qui touche 1 européen sur 6
- le vieillissement de la population qui touche 6 européens sur 10
- la perte de la biodiversité, l’érosion des sols
- les encombrements routiers.

2004/2005 : évaluation de cette stratégie : les administrations publiques, syndicats,


universités… ont pu faire part de leur constatation : caractère imprécis, absence d’enjeux
susceptibles de freiner des tendances incompatibles avec le DD, la persistance des inégalités
et de la pauvreté, l’augmentation des pressions des ressources naturelles sur la biodiversité, le
climat mais également l’apparition de nouvelles menaces comme le terrorisme.

2006 : nouvelle version de la stratégie est présentée. La directive REACH (Juin 2007) :
enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques : c’est une directive qui a
pour but d’instaurer une nouvelle politique européenne. Toute substance non enregistrée par
l’agence européenne des produits chimiques (Helsinki) et dont l’innocuité n’a pas été prouvée
ne pourra plus être fabriqué ou mis sur le marché européen. Ce sont les entreprises qui
devront fournir à leur charge les informations sur les risques. Ce règlement est une révolution
pour l’ensemble de l’industrie qui utilise de près ou de loin les substances chimiques :
pharmacie, aéronautique… à travers ce processus qui est censé être progressif, les industriels
vont passer au crible 30 000 substances sur une durée de 11 ans (au départ on parlait de
100 000 substances).

Le réseau européen Natura 2000 : constitué par des sites identifiés par l’UE. Terrains
protégés, sites soumis à la commission européenne : les activités économiques sont possibles
mais doivent être compatibles avec les espèces, l’environnement sur le territoire. Les
résistances que l’on peut observer sont proportionnelles avec la pression foncière sur les
terrains. La France a été longtemps la mauvaise élève de ce dispositif. En Europe ça
concernait 20% du territoire, en France il y en avait bien moins. Elle a été sanctionnée et a dû
rattraper le retard. En 2006 le réseau français comportait 1614 sites.

C. La mise en œuvre du développement durable en France

2003 : 1ere résolution : répond à un engagement international de la France. Elle vise aussi
à intégrer la stratégie européenne de DD. Les rythmes pris au niveau international cadence
avec le formatage qui se déclinent au niveau national. Cette stratégie de DD en France traduit
une volonté gouvernementale d’adopter une approche tournée vers l’action avec des objectifs
concrets. Cette stratégie nationale adoptée le 3 juin 2003 par le gouvernement Raffarin réunis
en comité interministériel s’articule en 6 axes stratégiques qui regroupent 10 programmes
d’action avec pour chacun des objectifs, formations, indicateurs de suivi.

Ex d’axes :

Axe I : le citoyen, acteur du développement durable

On développe dans le milieu scolaire, extrascolaire, l’éducation pour le développement


durable ;

Axe III : activité économique, entreprise et consommateur

Développement de l’innovation, la création d’entreprises liées au DD. Cette stratégie


nationale du DD.

Le comité interministériel pour le développement durable : il définit les orientations de la


politique conduite par le gouvernement en faveur du DD notamment en matière d’effet de
serre et de prévention des risques naturels majeurs. C’est ce comité qui adopte la stratégie
nationale de DD. Ce comité va également adopter le plan d’action qui vise à intégrer les
objectifs de DD dans les politiques publiques et adopte un rapport annuel d’évaluation dans la
mise ne œuvre de cette stratégie.

Conseil national du DD créé en 2003

Comité permanent des fonctionnaires du DD/ assurer la sensibilisation et la formation au DD :


la formulation des propositions du comité interministériel pour le DD

Le délégué interministériel au DD : il va animer, coordonner au nom du 1er ministre l’action


des administrations d’Etat en faveur du DD. Il est aussi associé au programme des travaux du
conseil national du DD.

Cette stratégie nationale du DD manque d’opérationnalisation malgré ce qu’elle annonce. Elle


renvoie à de grandes intentions mais il y a un manque de précisions.

2005 : la charte de l’environnement


Elle a été adossée à la constitution. Elle est composée de 10 articles. Elle va conférer une
valeur constitutionnelle au principe de précaution ce qui peut permettre de plus facilement
légiférer sur l’interdiction des OGM par ex. C’est une révision de la constitution pour
consacrer les nouveaux droits et devoirs en matière d’environnement.

Les concepts fondamentaux abordés : DD, environnement comme un patrimoine commun. Ce


qui induit la reconnaissance d’une responsabilité écologique partagée.

L’accent est mis sur le devoir d’orienter, modifier les comportements individuels et collectifs,
les modes de consommation et de production et la façon d’occuper le territoire.

Cette charte a été rédigée par une commission et elle s’est appuyée sur une démarche de
démocratie directe, où les citoyens peuvent exprimer leurs attentes, faire des propositions.

Grâce à cette charte, la France est souvent citée comme un pays avancé en matière de
protection de l’environnement et de durabilité.

Le grenelle de l’environnement (2007)

Cela a pris une démarche de consultation pour définir de nouvelles actions en vue du DD en
France.

 Programmes d’action opérationnels. Des groupes de travail ont été proposés, avec des
thèmes variés : changement climatique, énergie, biodiversité et ressources naturelles,
la santé et l’environnement, les modes de production et de consommation durable,
démocratie écologique, les OGM, les déchets…

Conséquences : Reconnaissance du potentiel de croissance dans certains domaines d’activité,


l’admission que la protection de l’environnement ne doit pas être le prétexte à une hausse
globale des taxes et de la fiscalité, la nécessité de développer des produits de qualité
équivalente mais à moindre coût écologique, développer l’action environnementale au plus
près du territoire. Ce qui a fait débat dans le cadre de ces groupes de travail, c’est le désaccord
sur le nucléaire, entre agriculteur et association sur la dangerosité des OGM, absence de
consensus sur le retraitement des déchets.

La commission nationale du débat public : elle organise les débats autour des projets
d’aménagement (aéroport).

Mise en place d’une fiscalité environnementale sur le transport avec la taxe écologique sur les
véhicules neufs polluants. Le passage de 1,6% à 1,8% des surfaces agricoles biologiques,
renforcer la recherche publique sur les effets de la manipulation génétique avec la création
d’une haute autorité indépendante dans ce domaine ; en matière de transport : construction
nouvelle de 2 000 km de ligne de TGV pour dégager les anciennes voies ferroviaires ;
favoriser les voies fluviales, faire respecter en matière d’habitat les normes de basse
consommation pour les bâtiments neufs, et rénover les anciens, le code des marchés publics
intègre également les modifications et les revus pour rendre obligatoire les closes
environnementales. Le conseil économique et social sera réformé pour intégrer des normes
environnementales aux côtés des partenaires sociaux.

Dans cette logique de déclinaison, cela va être poussé jusqu’au niveau local, avec l’agenda
XXI. Les entreprises préfèrent s’orienter sur de la certification, des normes 26 000-1.

Pour aider les CT à évaluer leur politique en termes de DD des groupes de travail ont créés
des référentiels adaptés à chaque contexte
La montée des nationalismes en Europe et
dans le monde
Pendant des siècles on a opposé les régimes démocratiques aux régimes totalitaires.

Hors ce n’est pas forcément la cas. Ex : la prise de pouvoir d’Hitler

Depuis les 70’s, certaines parties du monde ont cru se croire à l’abris, l’Europe occidentale
notamment.

Mais la démocratie a de nombreux pays à conquérir et est encore à défendre là ou elle est
installée.

Il ne faut donc pas penser la démocratie en opposition à des concepts sombres : populisme,
xénophobie, racisme…

1. Le nationalisme, le populisme, l’ethnicisme : de quoi parlons-nous ?


Des définitions

A. Le nationalisme

Dans nos sociétés contemporaines, on en a une connotation négative : FN, extrémisme. Alors
qu’au XIXe s, au XXe, c’était un mouvement qui mettait en avant le progressisme et
l’émancipation des peuples. Certains groupes de populations ont pu résister aux grandes
puissances européennes : les Finlandais, les Slovènes, les Irlandais, les Polonais…

Marine Le Pen, Jorg Haider… n’ont pas le même type de discours.

1. La nation et le nationalisme

Ca répond à des logiques d’émancipation, il faut arriver à faire le tri entre certaines formes de
nationalismes, revenir sur l’idée de nation et de nationalisme. L’idée de nationalisme et indissociable
de l’idée de nation mais il existe plusieurs conception de nation :

- Plutôt française : « un plébiscite de tous les jours qui fait référence au sol et à la citoyenneté
=> c’est avant tout politique. L’idée de nation est soutenue par celle d’Etat avec tous ses
attributs : armée, monnaie, diplomatie…

- Plutôt allemande : l’idée de nation insiste sur l’unité historique et culturelle et l’appartenance
de tous au même peuple : volkisch
Il y a plusieurs facettes à l’idée de nationalisme.

Nationalisme « ouvert » et nationalisme « fermé »

Nationalisme ouvert : la nation est un support à partir duquel on va construire un Etat de


droit (Europe pendant le XIXe s). Il a fallu unifier culturellement ces grands espaces
économiques. Cela s’est traduit par la mise en place de système d’éducation national, établir
des pratiques communes (langue…)… cette homogénéisation s’est traduit par un
affaiblissement des cultures locales traditionnelle. Le nationalisme est vu comme une force
centrale de modernisation qui formule un projet d’intégration de la culture, de l’économie qui
ne doit pas être entravé par le maintien de particularismes régionaux.

La mise en place des hussards noirs de la IIIe république (c’est ainsi qu’on surnommait les
instituteurs => diffusion culturelle), la conscription (service militaire obligatoire)… visait
aussi à assurer en France la mise en œuvre de l’homogénéisation. Dans cette perspective, le
déclin de culture locale trouve aussi son explication dans le succès spontané dont bénéficie
des cultures plus large.

La montée des cultures locales tend à monter également.

Nationalisme fermé : il se déploie en période de crise qui prend appui sur l’heuristique de
la peur, la crainte de ce qui vient de l’extérieur : peur de l’autre, peur du changement… il met
en avant des dimensions de résistance, de refus, d’hostilité face à la concurrence, la
modernité, l’immigration… à partir des années 1870, le nationalisme fait de plus en plus
référence à ce type de vision. C’est cette vision qui prédomine aujourd’hui. A la fin du XXe s
ce nationalisme qui se développe est porté par des couches moyennes de la société qui
s’inquiète de l’essor du mouvement ouvrier, des idées socialistes, qui vont se tourner vers la
droite, l’extrême. Ils en appellent à l’unité ethnique, linguistique et religieuse de la nation.

2. Le nationalisme et le racisme

Ces 2 termes ne sont pas systématiquement liés. Mais si on s’intéresse au nationalisme fermé,
on voit que cette 2e vision est, la plupart du temps, combinée à des références raciales.
Génétiquement, la distance génétique entre 2 individus de « races » humaines censées être
différentes, n’est pas plus différente qu’entre 2 individus supposés être de même race. L’idée
de race est malheureusement plus culturelle que purement scientifique.

Différentes formes de racisme peuvent exister : racisme politique : il va être structuré


idéologiquement par des forces politiques, des partis, incarné par un Etat.
Une autre forme de racisme est le racisme voilé : il s’affiche moins comme parti politique, se
fait plus discret depuis qu’il est combattu par la puissance publique. Le racisme s’exprime
plus discrètement car il n’est pas socialement accepté.

Quel que soit la catégorie de personne concernée, le racisme associe 2 logiques :

- Infériorisation
- Différenciation

Idée d’indifférenciation et d’infériorisation du groupe qui fait l’objet du racisme. Ce groupe


va occuper les places les plus basses de l’échelon. Cela se traduit par le travail pénible, jugé
dégradant. Période ségrégationniste aux USA avant les lois abolitionnistes lancées par
Kennedy, l’apartheid en Afrique du Sud jusque aux années 90.

L’idée de différenciation est le fait d’identifier et de tenir à l’écart, exclure un groupe de


population faisant l’objet de racisme, il n’a pas sa place pour la société, c’est une menace pour
l’économie, la culture… => populations rom, juive au XXe s, les indiens autochtone

B. Le populisme
Il désigne tout mouvement, doctrine, faisant appel exclusivement ou préférentiellement au
peuple en tant qu’entité indifférenciée.

Le populisme a un côté irréaliste dans ses discours. Il repose sur l’idée qu’il y a une distance
qui existe et celle-ci doit être abolie : entre le peuple et le pouvoir politique. Par rapport aux
grands décideurs….le peuple sont les faibles, les laissés pour compte. Il y a un peu de
victimisation. Va renvoie à des mécanismes de la peur. Le discours se tient par opposition aux
riches, à ceux qui possèdent le pouvoir et qui profitent tellement plus que le peuple de e que
peut offrir la société. Pour abolir cette distance qui peut exister entre le peuple et le pouvoir, le
populisme va se développer avec un mythe. Il tente de réconcilier par le discours ce qui dans
la pratique est inconciliable. Mythique car c’est un discours avant d’être une action, c’est
quelque part irréaliste. Il est dur de retranscrire les choses dites en actes.

On peut différencier nationalisme de populisme quand nationalisme renvoi au rejet de la


modernité. Le populisme s’en écarte bien qu’il comporte toujours une référence au passé, à la
tradition, mais il ne se réduit pas à cette seule dimension. Bien souvent ils sont tournés vers
l’avenir, des projets, le désir d’une partie de la population d’accéder à un meilleur mode de
vie, ne pas être exclu du changement. Il aspire à la modernité. Dans les années 30 à 60, les
populismes qui de développement en Amérique latine (Argentine) ne rejettent pas en bloc la
modernisation, mais évitent que cela entraine une dualisation de la société, entre ceux qui
profitent du progrès et les laissés pour compte.

Comment concilier la référence au côté stable et celle de la modernité, du progrès ? c’est


« bouger de manière statique ».

Le populisme est à la fois traditionnel, mais est favorable à la modernité. Ce sont des enjeux
et objectifs contradictoires, opposés. Le plus souvent, le populisme va s’appuyer sur des
leaders charismatiques. Cela repose sur le discours, il faut des personnes convaincantes tout
en ayant un discours contradictoire. Le discours est souvent physique : on gesticule beaucoup.
Cette notion de populisme n’est pas systématiquement rapprochée à l’idée de racisme. C’est
parfois s’adresser aux laissés pour compte, et bien souvent les couches les plus récentes de
l’immigration sont intéressées par ce type de discours. Malgré tout il porte en lui une capacité
à s’appuyer à des thématiques xénophobes. Il peut s’adresser au peuple en tant qu’entité
indifférenciée. Les populations se doivent d’être homogènes. Faisant référence au passé, à la
tradition, cela entraine le rejet de tous ceux qui ne cadrent pas avec le passé. Ca renvoie
également à la définition de peuple et à ce qu’on met derrière.

Le peuple est soumis à des forces qui le contraignent, des boucs émissaires peuvent être
évoqués. Depuis les années 80 en Europe de l’ouest et 90’s en Europe de l’est on a des partis
populiste qui connaissent un nouvel essor.

Parfois il est soupçonné d’appartenir à une puissance étrangère. Discours populistes : ils
s’appuyaient sur les courants antis américains : la théorie du complot.

C. L’ethnicité

L’idée d’ethnie renvoi aux massacres perpétrés en Afrique, en Bosnie…

Grec : ethnos : groupe d’humain lié par une origine et des conditions communes. Ca s’oppose
à la notion de « polis » qui est la cité-état qui renvoie à l’idée de démocratie et qui vise à
dépasser la notion d’ethnicité.

Un groupe ethnique se définit par un nom collectif, la possession d’une histoire commune,
une même culture, religion, une mythologie, un sens de la solidarité, une référence à un
territoire. Les liens ethniques qui sont noués au sein de ces groupes signifient qu’à l’intérieur
d’un groupe humain il y a des éléments d’attachement primordial, c à d une solidarité de sang,
de coutume, de religion qui vont s’imposer à toute personne naît dans ce milieu et les rendent
similaires.

A partir du XIXe s cette notion d’ethnie acquiert une connotation péjorative, à dimension
raciale essentiellement, pour certains observateurs, l’invention des ethnies est à la fois l’œuvre
des coloniaux et des ethnologues professionnels qui posent ces catégorisations. Dans une
certaine mesure, c’est les colonisations qui ont construit cette idée.

Pendant le début XXe, c’est la période ou on assiste à la diffusion du modèle administratif.


Elle aime avoir une vision claire de la société. Il faut que les gens entrent dans les cases.

Pour certains observateurs l’invention des ethnies est l’œuvre des administrateurs coloniaux et
des ethnologues professionnels. La colonisation a formalisé tout ça : on colle une étiquette.
Les dictatures s’appuient sur des distinctions ethniques et mettent en place des injustices
sociétales mais également les contiennent les tensions par un pouvoir de police très fort qui
cadenasse les capacités d’expression des individus, y compris celles basée sur de l’ethnique.
Quand c’est libéré par la fin de l’aire colonial/totalitaire : tonalités racistes.
Exemple de la Somalie : seul Etat africain homogène : même ethnie, même langue. Cela ne
l’a pas empêché de disparaitre dans les années 70 et de laisser la place aux seigneurs de la
guerre. C’est devenu le 1er Etat anarchique, sans état ni administration. L’homogénéité
ethnique n’est pas forcément signe de stabilité pour les pays issus de la colonisation. C’est
devenu le premier état

Les frontières, même si elles sont artificielles, inspirent un fort sentiment d’appartenance
national.

Pb des Etats africains : absence de tradition centralisatrice. Ils copient les institutions des
grands Etats européens.

Néanmoins cette logique ethnique n’est pas réservée aux pays délivrés d’une dictature ou
d’une colonisation. Cela concerne aussi les pays riches et développés ou de faon + ou –
affichée, on retrouve cette idée sous d’autres appellations : les minorités. On parle de
représentation des minorités, leur représentation médiatique.

USA : la population est découpée en catégories, reposant sur des distinctions ethniques : les
WASP, les noirs, les indiens, les hispaniques la société US connaissait l’expression de
melting pot dans lequel ces minorités s’intègrent au sein d’une nation. Finalement cela
consistait malgré tout à mettre de côté certaine ethnies : les amérindiens, les noirs… ca donner
lieu à des évènements violents.

On assiste aussi à des mouvements de discrimination positive, avec des politiques de présence
de quotas (positive action). Contre-productif : va à l’inverse des objectifs visés : rendre plus
équitable : on fait une entrave à l’idée d’égalité et l’action publique consiste à avoir un
traitement inégal pour ramener à une forme d’équité. Loin de créer une harmonie, cela
stigmatise d’autant plus ces populations.

En France, quand on met en lance des ZEP, on stigmatise des territoires, des populations.

Ethnicité auto désignée : revendication par un groupe d’individus qui se présente comme
une même ethnie en cherchant à promouvoir leur identité, culture. C’est par les individus eux-
mêmes, pour se différencier.

Ethnicité hétéro désignée : racisme voilé, plus discret : il est implicite de désigner la
population par sa couleur, son origine et de suggérer que la population dont on parle à un lien
avec cette idée de race. La notion d’ethnie renvoi à l’idée de racisme. Les personnes que l’on
définit en termes ethniques sont sujettes au mécanisme d’infériorisation. Ex : réserves des
amérindiens. Ils représentent aux yeux de la société une classe symbole de délinquance,
d’insécurité.

1. Un état des lieux des phénomènes nationalistes : un détour par


l’histoire
A. Un tour de la planète historique et des luttes pur l’indépendance avant la
fin de la Guerre Froide

L’avant fin de la guerre froide permet d’avoir une vision assez complète des nationalismes.

Au XIXe s on assiste à l’accès à l’indépendance des nations dites « historiques » : celles


désignées comme pouvant se prévaloir d’une institution politique pré existante, suffisamment
structurée pour assurer l’indépendance et l’autonomie politique, même si elle est lointaine : la
Norvège en 1814, l’Italie, la Grèce en 1830, la Serbie… les nations constituant les Etats
d’Amérique latine qui accèdent à leur tout à leur indépendance, avec le Venezuela en 1811, le
chili en 1818, le Brésil en 1822.

Il y a eu des mouvements d’indépendance qui gagne une partie des pays européens qui
profitent des désordres causés par la guerre, soit grâce aux désordres de la révolution, ou
encore à la défaites des puissances coloniales. Ils s’appuient sur le principe d’auto
détermination de Wilson. L’Albanie est libérée des turcs après la guerre balkanique de 1912.

2e guerre balkanique : unification contre la Bulgarie : balkanique : Serbie, Grèce,


Monténégro : évince les turques du continent européen. Italie + Autriche Hongrie : font
pression pour empêcher la Serbie d’annexer l’Albanie. Son indépendance est confirmée par
les grandes puissances européennes en 1919 alors que le territoire du Kosovo va rester Serbe.

En 1917 la Finlande s’émancipe de la Russie, la Tchécoslovaquie en 1918.

A l’issu de la 2e GM, les pays colonisés, notamment d’Afrique, vont s’approprier de logique
nationaliste, du principe d’autodétermination pour leur indépendance.

3 Janvier 1944 la Syrie et le Liban deviennent indépendants. La France reconnait leur


souveraineté alors qu’ils avaient été placés sous son protectorat 22 ans plus tôt. En Asie, les
Philippines en 1946, l’Inde et le Pakistan en 1947.

En Afrique le Gana en 57, la côté de l’or britannique, devient la premier pays a devenir
indépendant. En 58 la Guinée est la première colonie française à devenir indépendante.

En Europe, en 1960, Chypres, colonie britannique, devient indépendante.

A. L’après-guerre froid sonne le réveil des nationalismes

A ce moment la question du national est un peu passé sous silence alors quelle était très
présente dans l’entre deux guerres.

Des phénomènes de décolonisation se produisent, s’appuyant sur l’identité nationale, mais la


plupart des anciennes colonies rejoignent un des deux blocs.

Communisme : Corée du nord, Cambodge, Laos, Egypte, Syrie, Algérie.

Avec la chute du mur de Berlin, la scène va changer du tout au tout. La fin de la lutte
idéologique va rouvrir cette question nationale. Il y a l’affrontement des nationalismes qui va
faire de gros dégâts e Europe notamment en ex Yougoslavie : affrontement de nationalismes
qui prennent des tournures très violentes.

Des mouvements d’indépendance se poursuivent même s’ils n’ont pas tous la même ampleur :
les flamands, les québécois, les kurdes, la Catalogne… Pour qualifier ces mouvements au sein
des pays européens, on parle d’ethno régionalisme à partir des années 60. Ces mouvements
empruntent une partie de leur méthode aux mouvements d’émancipation des colonies du tiers-
monde. On a la lutte armée (ex : IRA en GB) avec une association entre lutte régionaliste et
combat anti capitaliste. Ces combats se sont plus ou moins concrétisés : en Espagne la
Catalogne a une très grande indépendance, la Corse a un statut particulier…

Dans un autre registre, des questions contemporaine renvoie au doit des peuple à disposer
d’eux même : peuples autochtones qui ont toujours étaient tenus dans une marginalisation
politique et sociale (amérindiens, Inuits…) une indépendance se fait un sein de leur état et sur
la scène internationale : ça va de la reconnaissance aux libertés fondamentales à
l’indépendance. Depuis 99 les Inuits ont un territoire doté d’institutions spécifiques.

Avec la chute communiste et de l’URSS, certains pays occidentaux ont parlé de fin de
l’histoire mais on a observé que le retour des nationalismes est un retour de l’histoire. A l’Est,
il y a le projet d’intégration communiste qui a échoué, un espace s’est libéré. A l’Ouest, le
processus d’intégration européen marque le pas même si l’UE n’a jamais accueilli autant de
pays, mais il y a des dissensions, des phénomènes de blocage du processus européen. Ex :
refus du traité constitutionnel.

Il y a une réaffirmation des particularismes locaux partout dans le monde. Il y a différentes


raisons, dont le droit à l’autodétermination des peuples qui est un point important. Le
nationalisme renait sans cesse car il repose sur ce principe du droit des peuple à disposer
d’eux même, notamment qu’il détermine leur statut politique. Ce droit semble positif et
humaniste, en pratique c’est compliqué et dangereux car ça pose une question fondamentale :
qu’est-ce qu’un peuple ? qui peut réclamer l’autodétermination ? il est impossible de répondre
objectivement. Certains éléments peuvent définir un peuple : culture, communauté de
destin… mais pour chaque règle il y a des exceptions.

2. La montée des nationalismes : quelles explications possibles ?

A. La dissémination des nationalismes, la faute du droit à


l’autodétermination ?
1. La définition et la redéfinition du droit à l’autodétermination des peuples

Les peuples doivent pouvoir disposer d’eux-mêmes, être indépendants. Ils déterminent
librement leur statut politique.
Cela pose une question centrale à laquelle il est quasiment impossible d’apporter une
réponse : qu’est ce qui est un peuple et qu’est ce qui n’en est pas un ? Sur quels critères on va
l’identifier ? Doit-on poser une définition universelle ? On a quelques pistes. Chaque règle
générale souffre d’exception. Si on parle de critère de localisation géographique, comme les
arméniens, juifs, qui sont disséminés par la diaspora, se sont pourtant des peuples qui s’auto
détermine ; ce n’est pas le cas des tibétains.

Derrière cette simplicité apparente (laisser les peuples décider) il y la difficulté de savoir qui
est le peuple. Ce principe d’autodétermination vient de Wilson en 1918. A l’époque, au sortir
de la 1e GM, les peuples d’Europe orientale étaient définis sur des critères nationaux, des
bases ethnico culturelle ; Wilson aborde 14 points : rectification des frontières de l’Italie selon
les frontières reconnaissables des nationalités. Etablir le principe d’autodétermination dans un
patchwork est extrêmement complexe.

Le secrétaire d’Etat de Wilson pointe du doigt les limites liées à ce principe. C’est au nom de
ce principe qu’Hitler a justifié son expansion, au nom des allemands autrichiens et des
sudètes. Pour éviter ce type de dérives, cette utilisation, les nations unies ont essayé de
redéfinir ce principe et de déterminer les bénéficiaires, avec une définition plus
opérationnelle. Ce droit est reconnu aux seuls peuples qui ont été privés de s’auto déterminer
à cause de la colonisation. Dans cette nouvelle définition, seuls les pays colonisés par des
puissances occidentales, peuvent, au regard du droit, se doter d’un Etat indépendant.

Ce droit est à usage unique. Une fois utilisée il ne peut plus être revendiqué par un autre
peuple à l’intérieur des anciennes frontières coloniales : il n’y a pas de droit à la sécession.
Ces états sont habilités à défendre, si nécessaire par la force, toute menace interne contre leur
intégrité territoriale. Pour autant, ça ne suffit souvent pas à empêcher les embrigades souvent
violentes. Le Biafra dans le Nigéria a échoué malgré le conflit de 1967-70, dénoncé par la
plupart des Etats du monde.

Tous les peuples ont-ils le droit à un état ?

On peut évoquer le cas du Sud-Soudan, 40 millions d’habitants, le plus vaste du continent. Il a


pâti pendant longtemps d’une guerre entre les nordistes musulmans et arabes et les sudistes
chrétiens => référendum en 2011 donne lieu à l’indépendance effective du Sud Soudan, des
chrétiens du Sud.

Aujourd’hui il y a de plus en plus de volonté d’indépendance des peuples qui se font entendre.
La question est de savoir si tous les peuples ont droit ou pas à un Etat. En 2008, des
évènements en plein cœur de l’Europe ont relancé le débat.

En 1999 les avions de l’OTAN bombardaient la Serbie pour forcer Milosevic d’arrêter les
violences contre les albanais.

L’Espagne et d’autres Etats européens ont contesté l’indépendance du Kosovo. La Russie en a


profité en 2008 pour reconnaitre l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, régions
pro russes, sécessionnistes de la Géorgie.
Aujourd’hui, il est difficile d’empêcher des groupes de bénéficier d ce droit. La guerre froide
a gelé els conflits, mais ils sont revenus sur le devant de la scène depuis les années 1990.

Le Soudan compte 2,7 millions de Km2, dominé par les nordistes musulmans, a subi pendant
22ans une guerre civile avec les sudistes chrétiens. Les nordistes se sont retournés contre les
musulmans du Darfour.

Sous la pression américaine, le président a accordé au sud le droit à l’autodétermination.


Référendum de 2001 : indépendance du sud soudan effectif le 9 juillet 2011. Les
infrastructures pétrolières permettant d’exploiter les gisements au sud sont au Nord. Cela crée
des tensions. Elle a été voulue par les dirigeants africains mais elle risque de créer par la suite
d’autres difficultés.

2. Les sécessions, manière douce

 absorption d’un groupe humain par un autre

C’est quand la sécession est prévue dans le droit constitutionnel national. C’est rare mais ça peut
arriver.

a. La sécession est une possibilité prévue dans le droit constitutionnel national

C’est ce que certains états fédéraux prévoyaient, comme l’URSS.

Question de l’URSS : Etat multinational fédéral et prévoyait le droit à la sécession (Brejnev,


1977). Son existence a donné une légitimité juridique à sa désagrégation en 1991.

Constitution Yougoslave de 1974 : prévoyait dans son préambule le droit de chaque peuple à
son autodétermination, mais dans son article 5 : les frontières de la république ne pouvaient
être modifiées sans l’accord de tous les Etats ; Slovénie, Croatie, Macédoine : l’ont fait
unilatéralement, sans demander l’accord des provinces.

Aujourd’hui il n’y a que l’Ethiopie qui reconnait un tel droit ainsi qu’un était insulaire des
Caraïbes, Saint Kitts et Nevis.

b. La sécession est acceptée par l’ensemble des partenaires

Les sécessions échouent, finissent dans des bains de sang mais ce n’est pas toujours le cas.
Norvège et Suède : séparation en 1905. Divorce Slovaquie/Tchéquie en 1993. 1990 :
seulement 6% des citoyens étaient favorables à la séparation. Pourtant cette rupture a eu lieu,
pacifiquement, en 6 mois. Divorce de velours : pas été lié à des manifestations populaires
mais l’œuvre des élites politiques sans forcément consulter les citoyens. Les 1ers ministres des
2 entités ont négocié la séparation.
Quand il existe un contexte démocratique et libéral, ce contexte engage les négociations et
permet d’éviter les violences pures et dures. Ex : Danemark et Island, ou si on imagine une
sécession entre le Québec et le Canada par exemple.

Quand l’état fédéral est trop faible, trop affaiblit pour retenir les régions qui souhaitent leur
autonomie : pas de violence, pas de répression.

Généralement il est préférable d’avoir un contexte démocratique et libéral. On va disqualifier


le recours à la violence. Quand l’Etat fédéral est trop faible pour maintenir la cohésion avec
les différentes républiques et provinces, on a des forces centrifuges : Tchécoslovaquie,
URSS…

3. Les sécessions d’Etat, seules issues aux nationalismes

On a évoqué l’effervescence autour des nationalismes et le droit à l’autodétermination, on voit


que ce doit est loin d’avoir épuisé tous ses charmes. C’est une mesure à portée universelle :
elle est large et tout le monde peut s’y retrouver.

On peut s’interroger si ces tendances vont conduire à une mutliplicité de petits états. Des
experts disent que non, qu’il existe une distance colossale entre les nationalismes potentiels et
les nationalismes réalisés, effectifs. Même s’ils sont réalisés, il existe une distance également
avec leur capacité à créer un état indépendant. Les barrières à franchir sont multiples :

- Assimilation volontaire non violente : distinction de la langue. Il existe sur terre 6000
groupes humains distincts si on prend ce critère. Si on le croise avec d’autres critères
(ex : religion) ça se complexifie. On ne peut donc pas avoir 6000 nationalismes en
puissance. Ce processus en douceur bloque la montée de nationalismes potentiels.

- Dispersion géographique

- Absence de classe intellectuelle qui pourrait porter le mouvement

- La question de l’ordre international : même si un nationalisme prend forme rien ne dit


qu’il pourra franchir cet obstacle, structuré en 200 états qui n’ont aucune envie de voir
se réduire leur souveraineté nationale.

En conséquence, la capacité des nationalismes effectifs à se réaliser est plus réduite que leur
potentiel de différenciation (religieuse, linguistique…) : le fait d’appartenir à des entités plus
importantes.

C’est un fait, il est difficile et très rare de voir un nationalisme accoucher d’un état
indépendant.

Basques, tamouls : mesurent aujourd’hui combien il est difficile de mener leur combat pour la
création d’un Etat indépendant. Il est difficile, surtout très rare qu’un nationalisme accouche
d’un Etat indépendant. Rare ne veut pas dire impossible.
TORRE, RALLET : développe les questions de la proximité en distinguant deux formes :

- Géographique, spatiale, territoriale : permet d’interroger ce qui se passe en terme


économique (pôle de compétitivité, clusters…)
- Organisée : ce n’est pas une proximité géographique qui fait du nationalisme. Malgré
l’absence de proximité géographique, les techniques de communication à distances
permettent la mise en lien entre des acteurs dispersés géographiquement.
 Une proximité vient renforcer l’autre.

B. La mondialisation, synonyme d’effacement ou d’accentuation des


nationalismes ?

1. La ressemblance aiguise la différence

Les frontières n’ont cessé de proliférer malgré la mondialisation qui progresse de même que
les différences qui se manifestent.

Plusieurs éléments :

 La mondialisation touche toute la planète, mais avec une intensité variable


et surtout une inégale répartition de ses méfaits, travers. On comprend que la M ne
conduise pas à une homogénéisation généralisée des pratiques, des comportements... Il
y a des épiphénomènes de ressemblances (les mégalopoles) mais pour d’autres
territoires il est difficile de parler d’homogénéisation des territoires. Ex : McDo est
présent partout mais propose des produits différenciés. On constate un
approfondissement concomitant de la mondialisation et l’essor des nationalismes.
Années 90 : naissance d’une kyrielle de nouveaux Etats : la plupart étaient assez peu
concernées par la M économique. Les pays qui ont connu le socialisme et ceux qui ont
connu une implosion sont l’URSS, la Tchécoslovaquie, Yougoslavie… avec la
renaissance des nationalismes.
 Malgré tout il y a des interactions entre nationalisme et M. Elle a rajouté
une 2e couche. On a évoqué des nationalismes particulier, il y a également des
nationalismes flamands, basques, catalan qui n’ont rien avoir avec l’éclatement du
socialisme, qui eux sont naît au XIXe s mais qui ont eux aussi grandis avec la
mondialisation. Quelque part la M servirait de catalyse aux nationalismes.
Là où les humains seraient amenés à se ressembler de plus en plus, ils marquent leur
différence. Malgré les processus que l’on a pu évoquer, on ne peut pas dire qu’il y ait
une culture standard commune au sein de la planète, même si elle existe par fragments
(référents culturels, valeur comme les droits de l’homme, des enfants, le patrimoine de
l’humanité…). Il y a des éléments de convergence, des traites communs : valeurs
universelles, habitudes de consommation…

La révolution tranquille au Québec : modernisation décalée avec le Canada anglophone qui


voit des disparités importantes entre anglophones et francophones : au début du XXes les
francophones constituaient le gros bataillon des classes ouvrières. Il s’accentue dans les
années 60 avec l’arrivée au pouvoir d’un parti libéral. Se met en place une révolution
tranquille. Deux mouvements concomitants sont paradoxaux ;

- Modernisation du Québec qui voit rattraper son retard avec le Canada et disparaitre les
disparités entre anglophone et francophone. Début 20ème : les francophone constituent
la majorité de la classe ouvrière. Ils connaissent une progression importante et voient
leur revenu devenir comparable à ceux des anglophones. Les taux d’urbanisation, les
pratiques de consommation se rapprochent… les Québécois sont moins pratiquants en
termes de religion, font moins d’enfants, divorcent plus.
- Dans le même temps, le parti au pouvoir tente par deux fois de faire du Québec un état
souverain. En 1970 34% des francophones se définissent comme canadiens, 21%
comme québécois, en 90, 9% se définissent comme canadien, 59% comme québécois.

Si la mondialisation entraîne la multiplication des interactions entre pays et des formes de


similitudes croissantes, elle ne contrarie pas les différenciations.

Ecrits né- institutionnels : Powel et Dimaggio observent les organisations sont le fruit de leur
environnement. Ils parlent d’isomorphisme : forme de convergence. Il y a des pressions :

- Coercitives
- Normatives : moins sujettes à la sanction ou alors plus d’ordre cognitive sur les
pratiques.
- Mimétiques : relèvent souvent de la concurrence

2. La globalisation a historiquement contribué à entretenir les logiques


identitaires

La colonisation entretient des logiques inégalitaires de 2 manières :

- Les nations européennes défendent des concepts positifs qui émergent, existent (ex :
démocratie). Les autochtones se les approprient peu à peu. On est sur une idée de
nation qui vient de l’Europe. Ils utilisent ces principes et les retournent contre les Etats
colonisateurs.

- Elles ont contribuées à diffuser des normes universelles de classement des individus
(ethnicité) => figent dans des catégories rigides des définitions de population qui
jusque-là étaient plus floues, moins affirmées
La globalisation permet d’entretenir des identités nationales. La M permet d’une façon
renouvelée d’entretenir ces identités nationales. Même avec le développement des moyens de
communication, la globalisation permet une audience inespérée pour certains nationalismes
qui souhaitent s’exprimer.

1. Le nationalisme des « nantis » : la montée des nationalismes ne concerne pas que


les plus pauvres

Certains nationalismes se développent sur le terreau du territoire pauvre, délaissé. Mais cela
n’est pas tout le temps le cas. Ex : la Flandre, le Nord de l’Italie… régions économiquement
dynamiques, insérées dans la mondialisation. Système de revendication nationalisme : les
régions les plus pauvres dépendent de l’Etat central pour leur survie. Elles ce n’est pas le cas.
Elles ont l’impression d’être perdante dans ce contrat social de vivre dans ce pays pour payer
des impôts.

Des nationalismes peuvent devenir violents : attentats, violence contre des touristes
occidentaux…

Ce nationalisme touche des régions qui sont insérés dans un processus de mondialisation :
catalogne, nord de l’Italie… il y a des régions qui sont en avance sur d’autres régions au sein
d’un même état. Ces régions peuvent prospérer même en dehors de l’Etat central. Comme
elles tirent leurs ressources en toute autonomie, elles considèrent ne plus avoir besoin de
l’Etat central.

Par l’insertion de certaines zones dynamiques, elle peuvent prospérer pour l’état souverain et
d’autres régions plus pauvres. Elles considèrent ne plus avoir besoin de s’inscrire dans une
entité plus grande avec laquelle il faudrait se montrer solidaire. La mondialisation encore une
fois pourra faire monter le nationalisme mais de façon différente.

Ex : villes du Nord en Italie, au mouvement est devenu un parti politique de premier plan, un
nationalisme au nom d’un processus fondé sur la dénonciation d’une bureaucratie jugée
parasitaire. On y retrouve des petits entrepreneurs qui fondent l’assise sociale : fait partie des
personnes du secteur économique le plus dynamique. On a des responsables de la ligue du
Nord qui fustige l’état et les transferts du Nord vers le Sud : ils appellent à une révolte fiscale
=> augmentation de la logique fédéraliste, allant jusqu’à des mouvements indépendantistes.
C’est une forme d’égoïsme économique rationnelle, dans le sens calculatoire. Les électeurs
flamands votent pour les partis nationalistes qui sont rationnels : arrêter les transferts sociaux
d’une Flandre en bonne santé économique vers une Wallonie en déstructuration industrielle.
Cette forme de nationalisme démentie ne concerne pas que les régions les plus riches du
monde : a d’autres échelle de richesse ça peut arriver ; sécession de la Tchécoslovaquie :
éclatement provoqué par le souci des élites dominantes de se séparer des régions qui
présentent un nationalisme virulents et économiquement à la traine. Les leaders tchèques
évoquent ça sous forme de menace pour faire rentrer les slovaques dans les rangs : ça pourrait
avoir des conséquences graves pour la région la plus pauvre alors sous perfusion de l’état. La
Slovaquie est finalement rentrée en même temps que la république tchèque dans l’UE.

Une solidarité qui peut être confortable à certains moments, et quand viens notre tour d’être
solidaire, cela est plus difficile. C’est aussi se montrer amnésique. Si on prend le cas français,
des parties du territoire ont porté économiquement le pays (le bassin Lorrain).

Est-ce que pour autant elles sont à suivre systématiquement ? Il faut à la fois, comme dans
tout modèle, il faut des éléments de responsabilités. La solidarité marche si les populations ne
sont pas infantilisées, si elles se donnent les moyens de se relever. Il faut développer des
formes de responsabilité à côté de ces formes de solidarité pour trouver un équilibre.

Dans l’idéal, il faudrait que toute la population soit touchée de la même manière par les
risques, afin qu’elle puisse bénéficier à part égale de la puissance financière du groupe.

Il y a une ambivalence structurelle économique de la mondialisation. Elle n’a pas de vocation


humaniste. Mais cette ambivalence accentue ou attenue les différences.

3. La montée des nationalismes, une manifestation de crises ?

La montée des nationalismes serait fonction de 2 processus :

- Les sociétés modernes connaissent une cri se économique et sociale depuis


une trentaine d’année, sinon plus, avec le chômage, la précarité, écart croissant entre
les riches et les pauvres. Il y a un phénomène de dualisation : UK : les Under class : le
sous prolétariat : correspond aux classes dangereuses du 19ème s. La question sociale
devient une question culturelle et renvoie à une question nationale. Cas de la France :
français de souche, quand ils se sentent exclus ou craignent de le devenir, perdent
leurs repères sociaux (exclue de la société du travail...) perde le lien avec le voisinage,
solidarité… Ils vont s’approprier de nouveaux repères identitaires. Le nationalisme va
s’exacerber, surtout en présence de problèmes sociaux, avec la peur du déclin. Cela
amène à des logiques égoïstes, et façonner des oreilles plus ouvertes au populisme.

- Le nationalisme s’organise autour de sources culturelles : quand les


symboles, les liens culturels qui font une société sont en danger, elle se replie vers des
symboles. La mondialisation et la peur d’une diffusion d’une culture standardisée
constituent pour de nombreux pays une source d’inquiétude (ex : Nord-américaine).
Cela est accentué par la M économique, avec une perte de souveraineté. Cela se
manifeste par un discours nostalgique, « c’était mieux avant ». Situation de repli,
position de fermeture sur tout ce qui peut caractériser, en termes de représentation
sociale, des menaces à cette stabilité, ce passé. Tout ce qui est la modernité que les
flux migratoires, ce qui peut bousculer un ordre établi. Poussé à un certain point, cette
aversion au changement peut être problématique. Mais c’est un mécanisme naturel.
L’homéostasie : la capacité de l’identité à conserver son intégrité face à son
environnement.
Les situations de crise sont un point important pour le développement de certaines formes de
nationalisme.

Dans les sciences de management, une organisation qui n’évolue pas avec son environnement
est en voie de désadaptation.

D . Les nationalismes : sociétés « complètes »

Il faut s’interroger si les nationalismes s’appuient sur des sociétés globales. Les plus actifs et
persistants s’appuient dessus : Québec, Ecosse, Catalogne… ces sociétés-là sont dotées d’u
certain nombre de caractéristique qui en font des sociétés globales : elles ont des structures
sociales complètes : le sentiment nationaliste est diffusé dans l’ensemble des couches sociales.
Elles ont une culture particulière, avec un style de vie différencié, à travers les activités
sociales, religieuses, éducatives, collectives. Elle bénéficie pour la transmission de canaux
divers : écoles, médias, institutions… Catalogne : culture présente dans le système scolaire,
universitaire, médias, dans le monde de l’entreprise. Elles ont des institutions propres : le
système politique, comme une assemblée législative élue au SU, un gouvernement. Elles ont
un territoire spécifique, avec des frontières stables. Comme ces sociétés sont globales, elles
sont des références complètes pour les citoyens. Il y aura toujours des revendications autour
de ce nationalisme, il faudra toujours compter sur lui.

4. La question de l’avenir pour le nationalisme

Plus les sociétés nationales se déstructurerons, plus le nationalisme se traduira par de la


xénophobie, du racisme, ou de manière infra politique, plus diffuse. Ils ne semblent pas
disparaitre à court terme. Les phénomènes qui l’alimentent ont tendance à s’approfondir. Plus
les sociétés nationales se déstructureront, plus le nationalisme se traduira par le racisme, la
xénophobie… sous forme politique (montée du FN en France par exemple) ou de manière
plus diffuse ou infra politique, parfois de manières très violentes (agressions racistes)

Le nationalisme a des racines de deux ordres : socioéconomiques et culturelles,


essentiellement. C’est sur ces racines là qu’il faut jouer. On va tenter d’apporter des éléments
là-dessus, en jouant sur ces variables d’ajustements, pour rectifier le tir.

Pour les Etats, sur le volet socioéconomique, ils doivent éviter 2 écueils, 2 tentations
opposées :

- Celle du libéralisme débridé. Ex : Thatcher, 1984 : libéralisme débridé


- Celle de la fermeture protectionniste de l’autre. Ex : les pays communistes, parfois
aujourd’hui encore avec la Corée du Nord, Cuba, le Venezuela
Concernant le libéralisme débridé, le marché peut être considéré comme un facteur
d’ouverture. Mais c’est une structuration qui détruit les anciens systèmes d’ordre. Le marché
n’est pas là pour construire des relations sociales, gérer des conflits collectifs, il est fondé sur
l’individualisme. Les individus sont des homo-economicus, pas des citoyens éclairés : pas
d’exigence de citoyenneté ou de responsabilité collective qui transsuderait les libertés
individuelles.

Cette structuration par le marché se solde souvent en période de crise par une hausse des
précarités, des inégalités et des phénomènes d’exclusion. Le marché peut affaiblir les états et
donne à penser que le situation de certains est le résultat d’actions des autres. Il y a un
sentiment d’anti américanisme notamment. Mais c’est aussi vrai à l’intérieur des frontières,
notamment à travers un racisme envers les immigrés. On voit que ce libéralisme peut conduire
à privilégier des formes d’égoïsme et de repli sur soi. On retombe sur des logiques de
protectionnisme.

Concernant le protectionnisme, l’objectif est de pouvoir déployer, redéployer l’action de


l’Etat providence avec des politiques sociales afférentes. C’est notamment une condition de
relance économique. Ex : relance de la demande de Keynes. Elles voient leur limite avec la
mondialisation. Ceci est acceptable si l’action est modérée, qu’elle s’inscrit dans des
négociations internationales plutôt qu’une mise à l’écart par rapport à l’international. Si le
protectionnisme est radicalisé, il peut devenir dangereux, voir contre-productif à l’objectif de
diminution des nationalismes au sens péjoratif. Il va se traduire par une récession économique
qui va dégrader les conditions de vie des citoyens et qui va renforcer leur sentiment et leur
comportement nationaliste et xénophobe. Un protectionnisme tempéré permet de trouver des
moyens internes d’enrayer l’augmentation des exclusions et de la fracture sociale. Quand les
gens ont le sentiment d’être rejeté, c’est la base du contrat social.

Contrat social : échanger un peu de sa liberté contre de la sécurité sociale et économique.


Si on tombe dans des excès c’est la porte ouverte à des nationalismes extrêmes. Il y a un
devoir d’exemplarité : corruption, utilisation laxiste des fonds publics : tend à casser ce
principe. La confiance de la nation doit passer par un volontarisme de l’état, des acteurs
territoriaux, des instances supranationales => on n’est pas obligé de jouer la carte de
l’isolement et de la fermeture.

2ème levier : culturel : 2 tentations opposées, 2 extrêmes :

- Quelqu’un de cosmopolite : se déclare citoyens du monde. Le cosmopolitisme de la


culture : fait qu’il n’y ait qu’une seule culture au monde.
- Idée d’une forme de protectionnisme : appel à la défense de la culture menacée.

La nation ne peut plus être le sel cadre de l’activité économique, mais elle ne doit pas cesser
d’être un cadre de référence, de préservation des héritages historiques, ni un cadre de
modernisation.

Ex de la métropole de Barcelone : une des agglomérations les plus en pointe en matière de


développement économique. On ne peut pas dire que sa culture soit menacée. Pour autant la
culture y est une des plus dynamiques d’Europe. L’ouverture économique au monde ne veut
pas dire que l’on va voir disparaitre une culture locale

Autre exemple : les cultures européennes : échanges entre les universités, entreprises… se
multiplient. Les cultures nationales ne disparaissent pas pour autant, elles s’enrichissent de
ces mouvements.

Les enjeux ne sont pas simples. Combattre ce nationalisme dangereux ne passe pas par le rejet
de tout nationalisme mais par l’effort politique de redonner un contenu positif.

Recherches : concept de dissonance cognitive : 2 concepts :

- Attitudes : valeurs, positionnement (ex : être pour ou contre les OGM)


- Comportements : actes, ce qu’on fait
 Deux choses différentes
 Met en jeu le mécanisme de la dissonance cognitive : on cherche à la réduire, avoir
quelque chose de plus harmonieux, ça passe par agir soit sur les attitudes, soit sur les
comportements => ça crée des tensions, des pressions (ex : qqn qui est contre les
OGM mais qui n’arrive pas à dissocier le vrai du faux).
Relations internationales : entre politique,
économie et humanitaire
I. La logique de la puissance versus la logique de la nuisance

A. La puissance des Etats, pendant longtemps seul moteur des relations internationales

Au cours de l’histoire ces stratégies de puissance se sont accompagnées de conquêtes qui se


sont soldées pour les peuples conquis par des privations de liberté, des tueries, génocides.
Puissance : connotation plutôt positive. Dans le cas des RI, les stratégies de puissance et de
nuisance peuvent avoir des conséquences assez fortes, dramatiques et sont aveugles aux
aspirations des peuples. Aujourd’hui, la puissance est une denrée rare réservée à un petit
nombre de pays. Pour les autres, la stratégie de nuisance est la seule porte de sortie.

B. L’émergence de nouvelles stratégies dans les relations internationales : les stratégies


de nuisance

1. La fin de la guerre froide : un contexte nouveau et favorable à la naissance des


stratégies de nuisance

Fin de la guerre froide : a constitué un nouveau contexte et a fait émerger de nouvelles


stratégies. Pendant la GF, les RI étaient inertes, avec 2 blocs. Ce clivage a pu constituer une
volonté d’ancrer et des opportunités pour bon nombre de pays. Les 2 superpuissances
cherchaient à rallier un maximum de pays. Dans cette course au ralliement les 2
superpuissances ont dépensé beaucoup d’argent.

Dès 1945 : Etat de l’Ouest : obtiennent des USA le plan Marshall. Retour sur investissement
partiel avec les ventes d’armes. Pays des caraïbes : ont perçus des aides économiques et
militaires, en 1961. On est dans le cadre de régimes dictatoriaux.

La France et la Roumanie ou essayé de jouer un rôle de nuisance durant la guerre froide.

La fin de la guerre froide marque la fin de cet état. Le monde bipolaire n’a pas été remplacé
par un monde multipolaire mais quand même unipolaire américain. On parle plus de
suprématie que de supériorité. Personne ne peut rivaliser dans les 4 domaines
fondamentaux qui font une puissance: militaire, économique,t echnologique, culturel. Même
quand les USA plongent ils restent au dessus, voire font plonger les autres.

 Hyperpuissance des USA


Il existe d’autres puissances dans le monde mais qui ne peuvent pas rivaliser, elles sont
qualifiées de puissance d’influences mondiales : France, le RU, l’Allemagne, le Japon…

 Place nouvelle des stratégies de nuisance : capacité des états qui ont des capacités
limitées et qui ne peuvent plus compter sur le conflit Est/Ouest.

Nuisance vs puissance : c’est plus une nécessité qu’un choix. On choisirait forcément la
puissance : plus noble, maitrisé, habituel, facile quand on en a les moyens. Faute de moyen on
en est réduit à d’autres voies.

2. Le détail des stratégies de nuisance

Essayer de prendre une part active dans le jeu des RI.

Nuisance : acte volontaire et négatif qui vise à entraver la puissance d’un autre Etat. Acte
politique de stratégie qui doit permettre de se okacer dabs kes RI, qui doit permettre d’obtenir
un échange. Ceux qui commettent cherche à prendre une part active dans les RI.

Nuisance : acte politique qui vise, malgré les absences des attributs de la puissance, de peser
dans les RI. Pour un Etat, c’est un moyen d’accès indirect à la puissance. C’est plus délicat à
mettre en œuvre. Elle a pour objectif d’arracher aux puissances des concessions, attentions,
faveurs, argent qu’ils n’auraient jamais consentis à donner naturellement.

Puissance : aussi un aspect officieux : qui est en mesure de faire quoi à qui : le pouvoir
s’exerce. Le fait d’être dominant ne signifie pas forcément d’exercer le pouvoir.

La nuisance n’est pas l’agressivité

Agresser reviens à défier ouvertement, directement, cela relève d’une logique de


confrontation avec la puissance adverse.

L’agression peut consister à prendre en otage des diplomates comme la prise d’otage à
l’ambassade américaine de Téhéran ou encore les attentats de 2001. Aujourd’hui ce n’est pas
une arme mobilisable de manière pertinente dans les RI. L’agression n’est pas une arme a
grande échelle. Elle se cantonne à un niveau régional, surtout quand cela n’intéresse pas les
grandes puissances (Tchétchénie, Darfour…). La nuisance permet d’éviter la confrontation, ce
à quoi est sensé aboutir l’agression. Les stratégies de nuisance visent les puissances à
coopérer. C’est arracher des faveurs, des aides, à un état qui ne veut pas l’aider à la base. On
est dans une logique de coopération plutôt de confrontation. Il faut paraître aux yeux de la
puissance comme victime de la situation.

1er cas de figure : agression avec Castro et Cuba : agression : confrontation. Il a fait usage de
la puissance de l’URSS. Cela n’a rien donné. Castro installe des fusées soviétiques en
direction des USA => il faut usage de puissance. L’affaire se termine sur le retrait des fusées.
Castro ne tire rien de cette histoire.

Autre cas de figure : il laisse partir de Cuba des flots importants de réfugiés. Parmi eux : des
criminels, délinquants : a nourri la criminalité. Les USA voient une menace à leur prospérité
=> il arrive dans des endroits pauvre, avec immigration présente déjà. Il y a un risque de
nuisance. On est ici dans une stratégie de nuisance. On ne peut pas riposter comme face à une
agression mais on signe un protocole avec le pays, le pays menacé accepte de partager de sa
puissance au lieu d’en faire usage contre l’agresseur.

C’est donc une différence radicale entre nuisance et agression.

Agression => fait par un état qui se sent et revendique fort. Il est conscient de ses actes et
qu’il peut l’emporter dans le rapport de force qui l’oppose à son adversaire.

Nuisance => qqn met en avant sa faiblesse, son incapacité à gérer la situation : c’est un aveu
de faiblesse. Il faut qu’elle pose l’auteur de la stratégie comme une victime.

L’agression entraine la riposte, la nuisance l’aide.

La nuisance est un art difficile

Art de manipuler, faire preuve de finesse.

Si elle est trop faible on a aucune chance d’obtenir quoi que ce soit, si c’est trop fort ça
s’apparente à de l’agression. Elles sont dures à manier : nuance, mesure… on est dans
l’inverse de la stratégie de puissance. Dans les stratégies de puissance, on peut se permettre de
ne pas faire dans la nuance, même faire preuve d’arrogance.

Dans les stratégies de nuisance, si on sort des marges de manœuvres qui sont les nôtre, l’effet
peut être contraire. Il faut contrôler la stratégie.

La stratégie de nuisance impose de la nuance.

Les règles du jeu des stratégies de nuisance

Elles ne peuvent pas s’appuyer sur des leviers classiques de l’Etat, comme l’armée,
l’économie, l’administration… elle doit s’appuyer sur des mouvements de population,
explosion de l’économie informelle et les mafias… on ne joue pas avec les mêmes armes.

1ere contrainte : domaine ultra concurrentiel. Les pays faibles sont beaucoup plus nombreux
que les états puissants. Beaucoup d’état ne peuvent agir par la puissance. On agit par la
nuisance et donc on rentre en concurrence avec d’autres. Ces stratégies sont à la portée de
tous. Après la guerre froide : les Etats faibles sont beaucoup plus nombreux que les
puissances. Exodes des réfugiés, famines, guerre civiles… tout cela peut atteindre un seuil de
banalité et ne pas attirer l’attention, d’accoutumance. Il faut savoir se distinguer de la masse,
comme dans une stratégie marketing. Il faut que la nuisance soit à un tel niveau qu’elle suscite
la réaction. Elle doit être tellement intolérable qu’elle appelle à une réaction. Mais on peut
entrer dans une surenchère.

Ex : médiatisation d’une guerre, images horribles…


Il en découle de cette difficulté aussi un phénomène d’apprentissage de la part des pays plus
puissants.

C’est acheter une bonne conscience que de mettre des parades, barrages aux nuisances.
Guerre du Biafra, avec les famines : cela a suscité l’émoi. Depuis ces évènements, les pays
ont établi tout un système d’aide d’urgence aux pays pauvres. C’est une façon de ne plus être
troublé de ces évènements, car on sait qu’une ONG, un organisme… s’occupe de régler le
problème.

Ni les stratégies de puissance ni celles de nuisance ne sont des valeurs. Ce sont des outils
utilisés pour atteindre un certain but. Mais comme tous les outils, les instruments il se pose la
question de leur bonne utilisation, judicieuse, dosée. On est sur des outils mal ou bien utilisés.

C’est un champ très concurrentiel, qui a fait l’objet de parade par les états plus riches.

II. Les stratégies de nuisance disponibles

A. La pauvreté des populations, une menace très relative

1. Le manque de visibilité de la pauvreté « ordinaire »

Il y a une déconnexion de la prise en charge de la puissance publique par rapport à


l’importance des problèmes posés.

Ex : les restos du cœur sont une association et non une initiative de l’état

Action humanitaire : moyen pour les pays riches de contrer les stratégies de nuisance. Les
Etats qui veulent mettre en place cette stratégie, peuvent jouer sur la paupérisation plutôt que
la pauvreté (processus. Pauvreté : c’est un état).

Aide financière bilatérale des USA en 2006 : on retrouve les programmes d’aide non
alimentaire. Il n’y a pas les aides spéciales en cas d’urgence. Il y a l’Egypte, Israël, l’Irak,
l’Afghanistan.

B. La démographie dans les pays du sud : quel potentiel de nuisance ?

Pays qui génère des populations sans avoir de quoi leur offrir des possibilités de
développement. Cela peut déclencher des phénomènes migratoires importants.

C. Le risque de pollution, une stratégie de nuisance moderne ?

 Dépense le seuil du seul état : peut faire l’objet d’aides extérieures

Ex : Tchernobyl : incapacité de maintenir un niveau de sécurité suffisant : peut faire l’objet


d’attention et d’aide particulière pour traiter
D. La folie du dirigeant, une stratégie de nuisance inextinguible

Quand on est face à qqn qui fait peur, on est sur des cas de figure où on va être plutôt
conciliant et essayer de ménager.

Par ses décisions, il peut nuire à tout le monde : stratégie irrationnelle, on ne sait pas comment
les choses peuvent évoluer. Cette capacité de nuisance, de par les prises de positions, de
décisions irrationnelles, peuvent constituer des moyens de pression et de négociation.

E. La victimisation, une exonération des responsabilités en matière de relations


internationales

Cela est assez contemporain. Le décideur, et même l’homme, dans les sciences sociales, dans
beaucoup de théories, il est décrit comme sujet à des forces qui le dépassent. Les
responsabilités sont moins faciles à dire et on peut se présenter en victime du système.

La stratégie de nuisance va jouer sur la logique de victimisation.

III. Un cas à part : l’URSS, ou comment passer d’une stratégie de puissance à une
stratégie de nuisance

A. Quelques rappels historiques élémentaires

Avant les années 80, l’URSS, dans les RI, et dans le contexte de la GF est positionné sur une
stratégie de puissance. Brejnev : 1964 => 1989 : sous sa direction l’URSS est dans cette
logique. Elle maintien sous sa domination militaire, économique, culturel, tout un ensemble
de pays d’Europe de l’Est. Elle a consacrée l’essentiel de son énergie à rattraper les USA
après 1945. Dans les années 70 on peut parler de parité stratégique. Dans les années 80 : suite
à l’invasion de l’Afghanistan ; l’URSS se fait distancer par son rival. Avec Gorbatchev, il
n’est plus en mesure d’assurer la stratégie de puissance. Il était dans une configuration
particulière, il était délicat de passer d’une stratégie de puissance à une stratégie de nuisance.
Il était à la tête d’un Etat affaiblit. Il avait trop de centre de responsabilités pour s’engager
vers une nuisance. Il a assuré quelque part la transition, que l’on peut qualifier de pacifique,
pour sortir du communisme. Il avait peut-être trop le sens des responsabilités pour se lancer
dans une stratégie de nuisance. Le monde occidental, là-dessus, lui doit beaucoup. En moins
de 7 ans au pouvoir, il a accompagné la fin de la division du monde en 2 blocs. Il a mis fin à
la guerre froide, la course aux armes nucléaires, a libéré un grand nombre de pays (Europe de
l’Est). La Perestroïka est une réussite : révolution sans violence et une fin d’empire qui n’a
pas abouti à une 3e guerre mondiale. Il a eu un prix Nobel de la paix en 1990. Peu de
dirigeants peuvent se vanter d’avoir changé la face du monde à un tel point.
Les dirigeants occidentaux savent que les marges de manœuvres de Gorbatchev sont limitées,
notamment avec les mouvements d’indépendances : s’il est trop conciliant, cela peut irriter les
conservateurs soviétiques. Il est écarté avec un putsch en 1991.

Boris Eltsine : il se lance dans une stratégie de nuisance. Après l’éclatement de l’URSS ? La
Russie ne peut plus jouer sur les jeux de puissance, même si la Russie a hérité d’un certain
nombre de choses : siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU, la dissuasion nucléaire.
Elle ne peut plus participer de la même manière aux RI. Après 91 le PIB diminue de moitié =
nouveau contexte, nouvelle stratégie.

Il va inventer la stratégie du chaos et parvient à repositionner la Russie dans les RI. Il brandit
la menace de l’éclatement et de l’anarchie. Il a montré que ceux qui ont perdu la puissance ne
sont pas dépourvus de moyens pour peser sur la scène internationale. En 1993, Eltsine a fait
donner l’assaut au parlement russe qui ne voulait pas voter son programme et organiser le
référendum pour assoir son autorité. Bilan de la journée : 150 morts. Autre décision : envoi
des troupes russes en Tchétchénie. Il va suspendre l’activité de la cours constitutionnelle et
les journaux d’opposition. Mais les principaux dirigeants occidentaux l’ont toujours soutenu.
Il fait peur, là où Gorbatchev était trop conciliant. Il est plus redouté.

Peut-on jouer sur l’arme nucléaire pour jouer sur les RI ? Maintenant cela est surtout
économique, politique.

B. L’alliance imparable de la paupérisation et du nucléaire


C. La méthode du « funambulisme »