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N° d’ordre :……..……../….

UNIVERSITE MOHAMMED PREMIER


ECOLE NATIONALE DES SCIENCES APPLIQUEES
D’AL HOCEIMA

Département: Génie civil et Environnement

Optimisation de la consommation de l'eau

Gestion de la demande en eau, dimensionnement des bassins de rétention des eaux


pluviales et évaluation de l'impact de la cimenterie de l'usine de Meknès sur la
qualité des eaux souterraines et de surfaces.

Réalisé Par :
Salima Grefi

Effectué à
Lafarge Meknès

Encadrée à l’ENSAH par : Encadrée à Lafarge par :


Prof. Ali Ait Boughrous Mr. Khalid Hmichane

Soutenu le 23/06/2015 devant le jury composé de :

Pr. Ali Ait Boughrous Encadrant (ENSAH)


Pr. Said Bengamra Professeur (ENSAH)

Année académique: 2014-2015


Projet de fin d’études

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Projet de fin d’études

Dédicace

Louange à Dieu le plus puissant.

Je dédie ce modeste travail et ma profonde gratitude :

A mes chers parents :

Grâce à leurs tendres encouragements et leurs grands sacrifices, ils ont pu créer le climat
affectueux et propice à la poursuite de mes études.
Aucune dédicace ne pourrait exprimer mon respect, ma considération et mes profonds
sentiments envers eux.
Je prie le bon Dieu de les bénir, de veiller sur eux, en espérant qu’ils seront toujours fiers de
moi.

A mon cher frère :

Pour son amour et son incontestable appui.

A la famille Grefi et Lazrak :

Ils vont trouver ici l’expression de mes sentiments de respect et de reconnaissance pour le
soutien qu’ils n’ont cessé de me porter.

A tous mes professeurs :

Leur générosité et leur soutien m’oblige de leurs témoigner mon profond respect et ma
loyale considération.

A tous mes chers ami(e)s et mes collègues :

A tous mes amis, tous ceux qui me sont chers, et tous ceux qui m’aiment. Ils vont trouver
ici le témoignage d’une fidélité et d’une amitié infinie.

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Projet de fin d’études

Remerciements

Je remercie tout d’abord les membres de jury qui me font honneur en jugeant ce travail.

Ce mémoire de projet de fin d’études est le fruit d’un travail mené au sein de l’équipe de
Lafarge Meknès, pour lequel je présente mes vifs remerciements pour son soutien, son aide et
pour l’environnement de travail encourageant qu’il m’a offerts.

Je souhaite également remercier Monsieur Ali Ait Boughrous, mon encadrant à l’ENSAH pour
ses fructueux conseils, ses précieuses directives, le grand intérêt qu’il a porté à l’égard de mon
projet et pour son encadrement judicieux.

Je tiens aussi à exprimer mes plus sincères remerciements à mon encadrant Monsieur Khalid
Hmichane, animateur environnement et ISO, pour avoir encadré ce travail de fin d’études. Sa
disponibilité, ses conseils éclairés et son soutien m’ont été d’une aide inestimable et ont
largement contribué à mon travail, je n’oublierais certainement jamais cette extraordinaire
collaboration.

Ma gratitude et mes remerciements s’adressent à tout le corps professoral et administratif de


l’Ecole Nationale des Sciences Appliquées d’Al Hoceima pour la qualité de leur enseignement
ainsi que leur disponibilité tout au long de ces cinq ans de formation.

Enfin, mes remerciements vont à toute personne qui a contribué de près ou de loin à
l’élaboration de ce travail.

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Projet de fin d’études

Résumé

L’eau est nécessaire à la vie humaine, à sa dignité et au maintien de l’intégrité des écosystèmes
qui soutiennent la vie. Elle constitue aussi une condition nécessaire au développement humain,
agricole et industriel, car sans elle toute vie cessera sur terre.

Au cours du 20° siècle, les activités humaines ont entrainé une dégradation croissante de cette
ressource, au point où la capacité de réponse aux besoins des écosystèmes et des générations
futures s’en est trouvée menacée. En parallèle, un grand nombre de besoins en eau demeurent
toujours insatisfaits, malgré la multiplication des interventions visant à accroître la disponibilité
de l’eau.

Afin de préserver les ressources en eaux dans la région, Lafarge Meknès s’est engagée lors de
ces dernières années, à mieux gérer ses ressources en optant pour l’optimisation de ses besoins
en eau.
Le travail réalisé lors de mon projet de fin d’étude rentre dans le cadre de cette optimisation de
la consommation de l’eau au sein de Lafarge Meknès et cela en proposant des solutions
concernant la réutilisation des eaux domestiques traités et des eaux pluviales retenues au lieu de
les rejeter directement dans le réseau d’assainissement, et de proposer des mesures
d’atténuation et de compensation des impacts négatifs de l’usine sur les eaux.

Mots clés : optimisation, eaux de surface, eaux souterraines, gestion, dimensionnement, étude
d’impact.

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Projet de fin d’études

Abstract
Water is necessary for human life, dignity and maintaining the integrity of ecosystems that
support life. It is also a necessary condition for human, agriculture and industrial development,
for without it all life on earth will cease.

During the 20th century, human activities have resulted in an increasing degradation of this
resource, to the point where the response capacity to the needs of ecosystems and future
generations in was threatened. In parallel, a large number of water needs are still unmet, despite
the proliferation of interventions to increase the availability of water.

To preserve water resources in the region, Lafarge has committed in recent years to better
manage its resources by opting for the optimization of its water needs.

The work done during my final project is within the scope of this optimization in the
consumption of water within Lafarge and this offering solutions for the reuse of treated
domestic wastewater and storm water, and propose mitigation and compensation measures of
the negative impacts of the plant on the water.

Keywords: optimization, surface water, groundwater, management, design, impact study.

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Projet de fin d’études

Liste des abréviations

AC : Abreuvement du cheptel

AN : Alimentation de la nappe

EC : Encroutement des crues

I : Irrigation

PL : Plaisance

BPE : Béton prêt à l’emploi

CPJ : Ciment portland composé

DBO : Demande biochimique en oxygène

DCO : Demande chimique en oxygène

DRPE : La Direction de la Recherche et de la Planification de l’Eau

MES : Matières en suspension

SBVC : La société de la bourse des valeurs de Casablanca

SNI : Société Nationale d’Investissement

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Projet de fin d’études

Liste des figures

Figure 1: Organigramme juridique de Lafarge Maroc ............................................................... 16


Figure 2: Organigramme de Lafarge Meknès. ............................................................................ 21
Figure 3: composantes du ciment ............................................................................................... 22
Figure 4: Concassage et pré homogénéisation. .......................................................................... 25
Figure 5: Les silos de pré homogénéisation ............................................................................... 26
Figure 6: Broyage du cru ............................................................................................................ 27
Figure 7: ligne de cuisson ........................................................................................................... 28
Figure 8: Broyage et expédition du ciment ................................................................................ 30
Figure 9 : Disparité spatiale des apports en eau de surface (en millions de m3) ........................ 32
Figure 10: les principales nappes au Maroc ............................................................................... 34
Figure 11: Circuit d’eau de refroidissement industrielle de l’unité de production de Lafarge
Meknès........................................................................................................................................ 44
Figure 12: Image satellite de la cimenterie de l’usine de Meknès .............................................. 54

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Projet de fin d’études

Liste des tableaux

Tableau 1: Activités et implantation de Lafarge Maroc. ............................................................ 17


Tableau 2: La composition chimique des différentes classes de ciments. ................................ 20
Tableau 3: Constituants du ciment. ............................................................................................ 29
Tableau 4: Ressources en eaux de surface par bassin. ............................................................... 33
Tableau 5: potentiel en ressources en eaux souterraines. ........................................................... 35
Tableau 6: Ressources en eau de surface -Région Meknès-Tafilalet. ........................................ 37
Tableau 7: Ressources en eau souterraine -Région Meknès-Tafilalet. ....................................... 38
Tableau 8: Description de la zone d’étude. ................................................................................ 47
Tableau 9: Coefficients de Montana pour une pluie de période de retour de 10 ans. ................ 49
Tableau 10: Estimation du débit de pointe pour une période de retour de 10 ans. ..................... 50
Tableau 11: Hypothèses de dimensionnement. .......................................................................... 50
Tableau 12: Dimensions du bassin de rétention des eaux pluviales. .......................................... 51
Tableau 13: Mesures d’atténuation et de compensation. ............................................................ 57

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Projet de fin d’études

Table des matières

Remerciements........................................................................................................................................... 4
Résumé....................................................................................................................................................... 5
Abstract ...................................................................................................................................................... 6
Liste des abréviations ................................................................................................................................. 7
Liste des figures ......................................................................................................................................... 8
Liste des tableaux....................................................................................................................................... 9
Partie1 : Introduction générale ................................................................................................................. 13
Chapitre1 : Représentation de l’organisme d’accueil : LAFARGE (Meknès)..................................... 15
I- Présentation du groupe LAFARGE ......................................................................................... 15
1. Lafarge Maroc ...................................................................................................................... 15
2. Activités et implantation ...................................................................................................... 16
II- Présentation de LAFARGE Meknès .................................................................................... 17
1. Historique............................................................................................................................. 17
2. Capacités et réserves ............................................................................................................ 18
3. Installations .......................................................................................................................... 18
4. Produits fabriqués ................................................................................................................ 19
5. Organigramme ..................................................................................................................... 21
III- Procédé de fabrication du ciment ......................................................................................... 22
1. Composition chimique du ciment ........................................................................................ 22
2. Etapes de fabrication du ciment ........................................................................................... 24
Chapitre2 : Etat des ressources en eaux au Maroc ............................................................................... 31
I. Un contexte hydrologique sévère............................................................................................. 31
1. Les eaux de surface .............................................................................................................. 31
2. Les eaux souterraines ........................................................................................................... 33
II. Les ressources en eau dans la région de Meknès Tafilalet....................................................... 35
1. Représentation de la région .................................................................................................. 35

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Projet de fin d’études

2. Eaux de surface .................................................................................................................... 36


3. Eaux souterraines ................................................................................................................. 37
4. La qualité des ressources en eau .......................................................................................... 38
Partie 2 : Optimisation de la consommation de l’eau .............................................................................. 39
Chapitre1 : Les besoins en eau et la stratégie adoptée par Lafarge Meknès ........................................ 40
I. Introduction .............................................................................................................................. 40
II. Perspective de la croissance Lafarge Meknès et implication sur ses besoins en eau ............... 40
1. Situation actuelle et ressources en eau de Lafarge Meknès ................................................. 41
2. Utilisation de l’eau dans les opérations de Lafarge Meknès ................................................ 41
3. Evolution des besoins en eau de Lafarge Meknès ............................................................... 42
III. Optimisation du circuit de l’eau au sein de Lafarge Meknès ............................................... 43
1. Circuit existant ..................................................................................................................... 43
2. Circuit optimisé .................................................................................................................... 44
Chapitre2 : Dimensionnement des bassins de rétention....................................................................... 45
I. Introduction .............................................................................................................................. 45
II. Principe d’assainissement pluvial ............................................................................................ 45
III. Dimensionnement des bassins de rétention.......................................................................... 45
1. Méthode de dimensionnement des bassins de rétention ...................................................... 46
1.1 Description ................................................................................................................... 46
1.2 Choix de la période de retour ....................................................................................... 47
1.3 Calcul du volume des bassins de rétention ................................................................. 47
2. Dimensions et emprise du bassin de rétention ..................................................................... 51
IV. Conclusion ........................................................................................................................... 52
Chapitre3 : Impact de la cimenterie sur la qualité des eaux souterraines et superficielles .................. 53
I. Introduction .............................................................................................................................. 53
II. Localisation et description de la cimenterie ............................................................................. 53
III. Impact sur les eaux superficielles ........................................................................................ 55
1. Au niveau de l’usine ............................................................................................................ 55
2. Au niveau de la carrière ....................................................................................................... 55
3. Mesures d’atténuation .......................................................................................................... 55
IV. Impact sur les eaux souterraines .......................................................................................... 55

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Projet de fin d’études

1. Au niveau de l’usine ............................................................................................................ 55


2. Au niveau de la carrière ....................................................................................................... 56
3. Les mesures d’atténuation.................................................................................................... 56
V. Conclusion ............................................................................................................................... 58
Conclusion générale ................................................................................................................................. 59

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Projet de fin d’études

Partie1 : Introduction générale

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Projet de fin d’études

Introduction

L’eau est essentielle à toute forme de vie et on ne lui connaît aucun substitut. Bien qu’elle
soit souvent considérée comme une ressource disponible et inépuisable, on constate que l’accès
à l’eau suscite de nombreuses tensions qui sont liées soit à la nature même de sa répartition
spatiale, soit à l’augmentation de la demande consécutive à la croissance démographique ou
encore à l’amplification de phénomènes naturels comme le changement climatique qui
s’accompagne de phénomènes hydriques extrêmes.
Consciente de cet enjeu, Lafarge Meknès s’est engagée dans une gestion raisonnée et efficace
de ses ressources en eaux.
Au cours de mon stage de projet de fin d’étude qui s’est étalé sur une durée de quatre mois, j’ai
essayé de répondre aux différents objectifs visant à optimiser sa consommation de l’eau et
préserver ses ressources, le rapport comporte deux grandes parties :

- La première partie est consacrée à une présentation générale du groupe Lafarge Maroc.
Ensuite, une description du procédé et des étapes de fabrication du ciment ainsi que sa
composition chimique. Puis un aperçu sur les ressources de la région de Meknès-
Tafilalet.

- La deuxième partie comprend trois grands chapitres : la gestion de la demande en eau,


le dimensionnement des bassins de rétention des eaux pluviales et l’évaluation de
l’impact de la cimenterie sur les eaux de surface et les eaux souterraines.

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Projet de fin d’études

Chapitre1 : Représentation de l’organisme d’accueil : LAFARGE (Meknès)


I- Présentation du groupe LAFARGE
1. Lafarge Maroc

En 1930 Lafarge s’est installée au Maroc en créant la première cimenterie du pays à


Casablanca. Quelques années plus tard, le groupe met en place une deuxième cimenterie à
Meknès et il faut attendre l’année 1982 pour voire la naissance des deux cimenteries du nord du
Maroc (à Tétouan et Tanger) ainsi qu’une usine à plâtre à Safi et neuf centrales à béton.

Ce n’est qu’en 1995 que Lafarge s’associe de façon paritaire avec la société nationale
d’investissement (SNI) avec comme objectif la création de Lafarge Maroc.

Le groupe est désormais doté d’une structure financière forte avec une augmentation de
capital qui s’élève à 1.5 milliards de dirhams. Lafarge Maroc devient leader sur le marché
marocain en matériaux de construction grâce à un chiffre d’affaire de 2 milliards de dirhams, ce
qui se manifeste par une présence significative sur le marché avec une part de 42%, et pour
conserver son protagonisme Lafarge Maroc a mené une stratégie d’investissement, de
management et de contrôle de qualité très pointu.

La production de ciment est l’activité essentielle du groupe, elle représente 85% des
ventes. Lafarge ciments est ainsi coté en bourse à Casablanca (SBVC).

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Projet de fin d’études

Figure 1: Organigramme juridique de Lafarge Maroc


.

2. Activités et implantation

Ciment : 4 usines à Bouskoura, Meknès, Tanger et Tétouan

BPE : 10 centrales à béton situées à Casablanca, Berrechid, Rabat, Salé, Meknès, Larache et
Tanger

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Projet de fin d’études

Granulats : carrière à Bouskoura

Plâtre : une usine à Safi

Tableau 1: Activités et implantation de Lafarge Maroc.

Production du ciment : 4 usines


Lafarge  CPJ 35, CPJ 45, CPA 55  Ouest Casablanca
Ciments  Super blanc CPJ 45  Centre : Meknès
 Nord : Tanger et Tétouan
Fabrication de Béton prêt à emploi Centrales à béton :
Lafarge
Casablanca, Berrechid, Rabat, Salé,
Bétons
Tanger, Larache, Meknès et Jadida
Fabrication :
 De plâtre de construction, de Une usine à Safi avec deux fours d’une
moulage et de moulage capacité de 800000t.
Lafarge
industriel, Une presse à carreaux et un carrousel
plâtre
 De carreaux de plâtre standards pour dalles à plafond.
hydrofuges,
 De dalles pour plafond
Gravel Cette unité de granulats vient en appui Située à Khayayta Berrechid
Maroc au dispositif Béton
Fabrication de Sur le site de l’ancienne cimenterie de
 Chaux vive en roche Tétouan.
Chaux
 Chaux vive moulue en vrac
 Chaux vive hydratée en vrac

II- Présentation de LAFARGE Meknès


1. Historique

L'usine de Meknès est la deuxième cimenterie, en termes de capacité, du Groupe Lafarge


Maroc. Elle se trouve à 8 km à l’est de Meknès, et à 54 km à l’Ouest de Fès. L’usine est située
sur la commune urbaine d’Ouislane. Et la carrière, qui se trouve à 5 km de l’usine, est située
sur la commune rurale de Dkhissa.

1953 : Démarrage du premier four, en voie humide, 400 t/j

1971 : Extension des capacités avec l'installation d'un nouveau four de 650 t/j et augmentation
de la capacité broyage ciment à 650.000 t.

1978 : Nouvelle extension du broyage ciment

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Projet de fin d’études

1985 : Conversion du four 1 en voie sèche avec installation d'un mini précalcinateur

1993 : Nouvelle extension avec démarrage d'une seconde ligne de cuisson d'une capacité de
1.200 t/j clinker

1998 : Modification du précalcinateur du four 1

2001 : Installation d'un nouveau broyeur ciment portant la capacité de l'usine à 1.750.000 t

2002 : Certification ISO 14001

2003 : Construction du silo n°7 et ensacheuse Haver 3.

2004 : Début d’utilisation des pneus au four 2 comme combustible de substitution.

2005 : Certification ISO 9001.

2006 : Implantation du filtre hybride au four 2.

2008 : Remplacement du refroidisseur du four 1 et augmentation du débit à (1900 t/j).

2. Capacités et réserves

Capacité clinker : 998 000 t/an

Capacité équivalente ciment : 1 400 000 t/an

Capacité broyage ciment : 1 908 000 t/an

Réserves calcaire : 10,5 ans

3. Installations

Lafarge usine de Meknès dispose de :

 2 halls de pré homogénéisation,


 2 broyeurs verticaux,
 2 tours d’homogénéisation,

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Projet de fin d’études

 2 lignes de cuisson en voie sèche (Tour de préchauffage et four),


 3 broyeurs ciment d'une capacité totale annuelle de 1.750.000 tonnes,
 Un laboratoire d’analyses permettant d’assurer une logique de contrôle qualité aux
différentes étapes de la fabrication,
 Un atelier de stockage du ciment composé de 7 silos d’une capacité totale de 22000 t,
 Un atelier d’expédition sac et vrac,
 Branchement particulier à la voie ferrée.

4. Produits fabriqués

L’usine de Meknès se spécialise dans la fabrication de deux types de ciments le CPJ45 et


le CPJ35.

CPJ35 :

Le CPJ35 est un Ciment Portland Composé dont les constituants principaux sont :

 Le clinker.
 Le gypse.
 Calcaire.

La proportion maximale d’ajout est de 35%.

 Propriétés spécifiques :

- 35 MPa à 28 jours.
- Excellente ouvrabilité et facilité de mise en œuvre des mortiers.
- Durcissement normal.
- Bonne résistance à longue échéance.

 Domaine d’application :
- Béton courant non armé.
- Produits fabriqués en béton.

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Projet de fin d’études

CPJ45 :

Le CPJ45 est un Ciment Portland Composé dont les principaux constituants sont :

 Le clinker.
 Le gypse.
 Le calcaire.

La proportion maximale d’ajout est de 19%.

L’adjonction de gypse (sulfate de chaux) est évaluée selon les besoins nécessaires de la
régularité de la prise.

 Propriétés spécifiques :

- 45 MPa à 28 jours.
- Durcissement normal.
- Bonne résistance à courte et longue échéance.

 Domaines d’applications :

- Béton armé fortement sollicité,


- Travaux de grandes masses.
- Ciment portland avec ajouts CPJ45 en sac et en vrac.
- Ciment portland avec ajouts CPJ35 en sac.

Tableau 2: La composition chimique des différentes classes de ciments.

Désignation du
Cendres
type et de classe Clinker % Calcaire % Volantes %
Gypse %
des ciments
CPJ45 66.34 24 6.52 3.14
CPJ35 58.29 35.6 3.21 2.8

20
Projet de fin d’études

5. Organigramme

Figure 2: Organigramme de Lafarge Meknès.

21
Projet de fin d’études

III- Procédé de fabrication du ciment


1. Composition chimique du ciment
 Définition :

Le ciment est une poudre minérale qui a la propriété de former, en présence de l’eau, une pâte
capable de faire prise et de durcir progressivement, même à l’abri de l’air et notamment sous
l’eau, c’est un liant hydraulique. Il est réalisé à partir du clinker, du calcaire et du gypse dosés
et broyés finement. Le produit cru (farine) est obtenu par un broyage fin des matières premières
composées essentiellement de calcaires et d’argiles. La cuisson se caractérise principalement
par deux grandes étapes que sont la décarbonatation des calcaires et la clinckérisation du
produit. (Voir annexe 1).

Figure 3: composantes du ciment

22
Projet de fin d’études

 Les différentes composantes d’un ciment :

Le calcaire :

Le calcaire est une roche sédimentaire carbonatée contenant au moins 50% de calcite
CaCO3, pouvant être accompagnée d’un peu de dolomite, d’aragonite, de sidérite. Les calcaires
sont de faible dureté et font effervescence. Les roches de calcaire ont une composition
chimique et des propriétés particulières pouvant influencer leur érosion.

Schiste :

Les schistes sont issus des sédiments (argiles, boues...) accumulés au fond des océans, et
qui ont subi lors des différentes transformations géologiques, de fortes températures et de très
grandes pressions. C'est une roche métamorphique.

Bauxite :

La Bauxite est une roche sédimentaire principalement composée d'hydroxydes d'aluminium


(Gibbsite, Boehmite, Diaspore), associée à des oxydes de fer et des impuretés (Silice, Calcite).

Minerai de fer :

Le minerai de fer (Ferrite) est une roche contenant du fer, généralement sous la forme
d'oxydes. Les minerais de fer ont une teneur en fer variable selon le minéral ferrifère, sachant
également que l’isomorphisme, presque toujours présent dans les minéraux naturels, réduit la
teneur théorique.

23
Projet de fin d’études

Gypse :

C’est des sulfate hydraté Ca SO4, 2H2O du système monoclinique à aspect vitreux
translucide, nacré ou soyeux suivants les faces, sa dureté est faible, il est soluble dans l’eau.

2. Etapes de fabrication du ciment

 Concassage :

Afin d’optimiser et de faciliter le stockage et la manutention des matières premières, les


blocs extraits au niveau de la carrière sont introduits au niveau du concasseur pour réduire leurs
dimensions. Le concassage consiste à soumettre les matières premières à des efforts d’impact,
d’attrition et de cisaillement.

L’usine de Meknès est constituée de deux lignes de production, dont chacune contient un
silo de pré homogénéisation où la matière première transportée par un convoyeur à bande
CURVODUC sera emmagasinée.

 Pré homogénéisation :

La pré-homogénéisation des matières premières est une opération qui consiste à assurer une
composition chimique régulière du mélange des matières premières. Chimiquement, les
matières de la carrière sont souvent variables et il s’avère nécessaire de les mélanger pour
éviter les variations brusques qui ont un impact néfaste sur la cuisson, la pré-homogénéisation
consiste à construire un tas par superposition de multiples couches, ce mélange sera repris
perpendiculairement au sens du dépôt de façon à regrouper toutes les couches. (voir annexe 2).

24
Projet de fin d’études

Figure 4: Concassage et pré homogénéisation.

 Préparation et broyage du cru :

La préparation du cru consiste en la combinaison avec un dosage bien précis des principaux
constituants de base : la chaux, la silice, l’alumine et le fer.

La matière est raclée par des herses au niveau de toute la surface d'attaque du tas. Ce
raclage permet d'avoir un mélange homogène (appelé cru dosé) de l'ensemble des cordons
réalisés lors de la constitution du tas. La matière est envoyée par un ensemble de transporteurs
jusqu'à la trémie cru dosé du broyeur cru.

25
Projet de fin d’études

Figure 5: Les silos de pré homogénéisation

Le broyage du cru est une opération qui consiste à préparer un mélange homogène
avec une bonne répartition granulométrique pour assurer les meilleures conditions de
cuisson de la farine. Il procède par fragmentations successives jusqu’à obtention des
grains de faibles dimensions, donnant naissance à la matière crue ou la farine qui est
essentiellement constituée de la silice SiO2, l’alumine Al2O3, l’oxyde ferrique Fe2O3
et la chaux CaO. Elle est stockée dans des silos après avoir subi une opération
d’homogénéisation afin d’obtenir une composition chimique régulière prête à la
cuisson.

26
Projet de fin d’études

Figure 6: Broyage du cru

 Cuisson :

La cuisson recouvre toutes les étapes de transformation chimique de la farine crue, jusqu’à
la formation du clinker. Dans cette étape, les composants du mélange cru se décomposent et, en
se recombinant entre eux, ils forment de nouvelles liaisons minérales : ce sont les minéraux du
clinker. Cette partie est composée de trois étapes :

 Le préchauffage :

Le préchauffage permet essentiellement de préparer la farine du point de vue chimique et


thermique. Cette préparation consiste à sécher, déshydrater et décarbonater partiellement la
matière crue en réutilisant une partie de l’énergie calorifique évacuée par les gaz d’exhaure du
four. Les préchauffeurs permettent d’améliorer donc le rendement thermique global de
l’installation de la cuisson.

 La pré-calcination :

Elle se fait dans le pré-calcinateur placé entre le préchauffeur et le four. La décarbonatation


commencée dans le préchauffeur se fait essentiellement dans le pré-calcinateur et se termine
dans le four. Cette opération, qui s’effectue à des températures entre 650°C et 900°C, permet de
libérer le gaz carbonique pour obtenir la chaux nécessaire à la fabrication du clinker.

27
Projet de fin d’études

 La clinkérisation :

Cette opération a lieu dans le four caractérisé par une consommation calorifique
importante, portés à haute température, entre 900°C et 1450°C, la chaux, l’alumine, la silice et
l’oxyde de Fer, (CaO, Al3O2, SiO2 et Fe3O2) apportés par les matières premières, se
combinent entre eux pour former les nouveaux composés chimiques qui entrent dans la
composition minéralogique du clinker.

 Refroidissement :

Cette opération effectuée par les refroidisseurs consiste à garantir la trempe du clinker
pour avoir une structure minéralogique et des dimensions de cristaux favorables. Les
refroidisseurs permettent aussi de baisser la température du clinker pour faciliter la
manutention et le stockage.

Figure 7: ligne de cuisson

 Broyage du ciment :

Comme pour le cru, le broyage procède par fragmentation successive des grains, à
l’aide d’un broyeur à boulets (voir annexes 3 et 4), pour augmenter la réactivité du clinker
en augmentant la surface de contact. Ce traitement développe les propriétés hydrauliques du
ciment.

28
Projet de fin d’études

Selon la qualité du ciment à produire, l’usine produit deux types de ciment portland
avec ajout selon les besoins du marché.

 CPJ 35 : ciment portland avec ajout contenant au moins 65% de clinker.

 CPJ 45 : ciment portland avec ajout contenant au moins 79% de clinker.

Tableau 3: Constituants du ciment.

Constituants CPJ 45 CPJ 35


Clinker 79,3 % 67.4 %
Calcaire (HT) 17.8 % 30.2%
Gypse 2.9 % 2.4 %

Le clinker, le gypse et le calcaire seront dosés par des doseurs installés sous les trémies.
Chaque doseur est ajusté régulièrement en fonction des contrôles qualité du produit fini et des
consignes visées.

 Stockage et expédition du ciment :

Acheminé vers les silos de stockage par transport pneumatique ou mécanique, le ciment
quitte l’usine en sacs ou en vrac. Les sacs contiennent généralement 50 kg de ciment et
l’ensachage atteint fréquemment 100 tonnes par heure. Le ciment livré en vrac constitue 70%
de la production. Il est transporté par camion-citerne.

29
Projet de fin d’études

Figure 8: Broyage et expédition du ciment

30
Projet de fin d’études

Chapitre2 : Etat des ressources en eaux au Maroc


I. Un contexte hydrologique sévère

Le Maroc se trouve dans une situation singulière : c’est à la fois le pays du Maghreb qui
bénéficie des ressources en eau les plus importantes et celui qui risque dans le futur de
connaître les problèmes de pénurie les plus graves.

Le contexte hydrologique marocain reste principalement influencé par une irrégularité


annuelle très marquées des précipitations et une hétérogénéité de leur distribution, les
moyennes annuelles des précipitations atteignent plus de 1000 mm dans les zones
montagneuses du nord et moins de 300 mm dans les bassins de la Moulouya, du Tensift, du
Souss-Massa, des zones sud-atlasiques et de la zone saharienne, soit pratiquement près de 85%
de la superficie du Royaume.

L’alternance de séquences de forte hydraulicité et de séquences de sécheresse d’intensité et


de durée variables est également un trait dominant des régimes hydrologiques.

1. Les eaux de surface

Au Maroc, les écoulements superficiels sont tributaires des précipitations. Les crues,
généralement violentes et rapides, constituent l’essentiel des apports des cours d’eau. Les
ressources en eau superficielle sur l’ensemble du territoire sont évaluées en année moyenne à
18 milliards de m3, variant selon les années de 5 à 50 milliards de m3 (Selon le Secrétariat
d’Etat chargé de l’Eau et de l’Environnement (SEEE). Etude de la stratégie nationale de l’eau
Rabat : SEEE, 2009).

La grande disparité régionale des précipitations induit également une grande variabilité spatiale
des écoulements d’eau de surface. Les quatre bassins hydrauliques du Nord (Loukkos,
Tangérois, côtiers méditerranéens et le Sebou) qui couvrent 7,4 % de la superficie du pays
(figure 9), produisent 51 % des ressources en eau de surface.

31
Projet de fin d’études

Les écoulements de surface sont caractérisés par une très grande variabilité annuelle et
interannuelle marquée par l’alternance de séquences humides et sèches, avec quelques pics
exceptionnellement humides et secs.

Figure 9 : Disparité spatiale des apports en eau de surface (en millions de m3)

32
Projet de fin d’études

Tableau 4: Ressources en eaux de surface par bassin.

Superficie Ecoulement moyen


Bassins superficiel

Km2 % de la Mm3 % du global


superficie totale
du pays
Loukkos, Tangérois et 20 600 2.9 4119 21.7
Côtiers Méditerranéens 57 500 8.1 1656 8.7
Moulouya 40 000 5.6 5600 29.4
Sebou 20 000 2.8 830 4.4
Bou Regreg 35 000 4.9 3680 19.4
Oum Er Rbia 37 000 5.3 1110 5.8
Tensift 35 400 5 701 3.7
Souss-Massa 164 190 23.1 1300 6.8
Sud-atlasique 300 660 42.3 30 0.15
sahara
Total 710 850 100 19026 100
Source : DRPE

2. Les eaux souterraines

Les eaux souterraines constituent au Maroc une part importante du patrimoine hydraulique
du fait de sa constitution géologique: bassins sédimentaires à nappes phréatiques et à nappes
captives (Souss, Tadla, Haouz, Saiss), massifs calcaires karstiques à grandes sources (causes du
moyens Atlas), vallées alluviales à nappes très liées aux écoulements de surface (vallée de Ziz,
de Draa). Le pays compte une cinquantaine d'aquifères superficiels et une trentaine d'aquifères
semi-profonds a profonds.

Sur l’ensemble de ces ressources, le potentiel en eau souterraine mobilisable s’élève à près
de 4 Milliards de m3 réparti sur 80 nappes dont 48 sont superficielles. Sur les ¾ des ressources
déjà mobilisés, les 2/3 vont à l’irrigation et le 1/3 restant à l’eau potable et industrielle. (Selon
le Secrétariat d’Etat chargé de l’Eau et de l’Environnement (SEEE). Etude de la stratégie
nationale de l’eau Rabat : SEEE, 2009).

Les historiques piézométriques à travers le pays montrent le plus souvent des tendances
baissières du niveau des nappes, liées à l’effet combiné de la surexploitation et de la sécheresse.
Le bassin de la Moulouya est le plus pourvu en eau souterraine, suivi du sud de l’Atlas, puis du

33
Projet de fin d’études

Sebou et du Tensift. Par contre, le bassin du Bou Regreg, les zones montagneuses et le Souss
Massa y sont relativement pauvres.

Figure 10: les principales nappes au Maroc

34
Projet de fin d’études

Tableau 5: potentiel en ressources en eaux souterraines.

Potentiel en eau Prélèvements Possibilités


Bassins exploitable actuels d’exploitation
(Mm3/an) (Mm3) restantes
Loukkos, Tangérois et 226 140 86
Côtiers
Méditerranéens 779 270 509
Moulouya 453 380 73
Sebou 326 500
Bou Regreg 126
Oum Er Rbia 458 510 -
Tensift 240 640 -
Souss-Massa 762 230 532
Sud-atlasique 16
Sahara 614 - 6
Ecoulement diffus
Total 4 000 2 670 1 200
Source : DRPE

II. Les ressources en eau dans la région de Meknès Tafilalet


1. Représentation de la région

La région de Meknès-Tafilalet compte la préfecture Meknès comme chef-lieu et, cinq


provinces (El Hajeb, Ifrane, Khénifra, Errachidia et Midelt). Elle s’étend du Sud-Est vers le
Nord-Ouest du Royaume et couvre une superficie de 73 253 Km², soit 10,3% du territoire
national en plus qu’elle se caractérise par une diversité des milieux physiques et des conditions
naturelles.

La région comprend 127 communes sur 1503 que compte le Royaume, soit 8,4% du total
national dont 23 communes urbaines et 104 rurales.

Sur le plan démographique, la population de la région s’est établie à 2 223 000 habitants en
2009.

La région dispose de nombreuses potentialités, atouts naturels et sectoriels pouvant


favoriser un développement économique et social soutenu. Parmi ces potentialités, il y a les
richesses hydrauliques importantes que recèlent la région et qui qualifient sa partie (Moyen-
Atlas Central), de « château d’eau du Maroc ».

35
Projet de fin d’études

A cet effet, des barrages collinaires édifiés selon les spécificités requises par chaque zone,
pour l’encroûtement, l’alimentation de la nappe ou l’irrigation des terres agricoles. Il s’agit
notamment, du barrage de Sidi Chahed à la limite Nord de Meknès, barrage Hassan Addakhil
sur l’Oued Ziz dans la province d’Errachidia, barrage Hassan II situé sur l’Oued Moulouya
dans la province de Khénifra et barrage Tizguite amont et Tizguite aval dans la province
d’Ifrane. (selon l’Agence du bassin hydraulique de Sebou).

Les réserves d’eau dont cette région dispose lui confèrent une importance sur le plan de
ressources hydrauliques du Royaume. Elles sont constituées par les eaux de surface et les eaux
souterraines.

2. Eaux de surface

Les ressources en eau de surface sont préservées dans les barrages que compte la région et qui
sont présentés ci-après :

36
Projet de fin d’études

Tableau 6: Ressources en eau de surface -Région Meknès-Tafilalet.

Capacité de la retenue
Barrages Oued Province Usage
normale (Mm3)

Sidi Chahed Mikkes Meknès I 170,00


Tizguit Aval Tizguite Ifrane EC 0,12
Akkouz Akrouz Errachidia I,AC,AN 0,65
Achbarou Assif Gaiz Errachidia I,AC,AN 1,00
Boutaaricht Boutaaricht Errachidia I,AC 0,70
Amane seyerenine Défali El Hajeb I,EC 0,35
Ain Tourtoute Bhaligane Khénifra I,AC 0,90
Itzer Tifitchout Khénifra I 0,70
Tizguite amont Tizguite Ifrane PL 0,30
Douiss Douiss Errachidia I,AC 0,95
Hassan Eddakhil Ziz Errachidia I,EC 6,00
Hassan II Melouiya khénifra I,EC 4,00
Source: Atlas – Région: Meknès-Tafilalet (Edition 2006).

3. Eaux souterraines

Les ressources en eau souterraine dans cette région sont constituées des nappes dont les
caractéristiques sont présentées par le tableau suivant:

37
Projet de fin d’études

Tableau 7: Ressources en eau souterraine -Région Meknès-Tafilalet.

Nappes Profondeur (en m) Débit de captage (en l/s)

Rides Pré-rifaines Environ 300 200

Saïs De 200 à 1 500 20

Causses Moyen Atlassique Environ 400 100

Tigrigra - 10

Source: Atlas – Région: Meknès-Tafilalet (Edition 2006).

4. La qualité des ressources en eau

Les eaux souterraines sont généralement de bonne qualité sauf les pollutions de certaines
zones limitées de la nappe phréatique de Fès-Meknès causées par les margines.

A l’échelle de la province de Meknès, située au centre du Maroc, le réseau


hydrographique superficiel est constitué essentiellement par les Oueds : Boufekrane, Ouislane,
Bouishak et Khoumane, qui sont considérés généralement de bonne qualité.

38
Projet de fin d’études

Partie 2 : Optimisation de la
consommation de l’eau

39
Projet de fin d’études

Chapitre1 : Les besoins en eau et la stratégie adoptée par Lafarge Meknès


I. Introduction

L’eau est une richesse qui doit être préservée tant qualitativement que quantitativement. Cette
prise de conscience a généré des obligations légales, notamment la promulgation de la loi n°
10-95 sur l’eau et la stratégie nationale de développement du secteur de l’eau adoptée en 2009.

Face à la hausse exponentielle des besoins en eau, résultant de l’augmentation de la population


et d’une industrialisation galopante, Lafarge Meknès a pris conscience de l’importance de l’eau
et elle s’est engagée dans différentes démarches de gestion résonnée.

Afin de respecter les engagements pris dans le cadre de sa politique de gestion de l’eau,
Lafarge réalise régulièrement le suivi qualitatif de ses eaux :

- Le suivi des eaux de surface, pour déterminer le pH, la température de l’eau, et la teneur
en sulfates ou en ammonium.
- Le suivi des eaux souterraines, en effectuant des analyses physico-chimiques afin de
déterminer la DCO, la DBO, le pH, les MES …
- Le suivi des eaux industrielles, qui est également réalisé grâce aux analyses physico-
chimiques qui déterminent la teneur en sulfates, en chlorures, en ammonium, en MES,
les métaux lourds, la DCO …

II. Perspective de la croissance Lafarge Meknès et implication sur ses besoins


en eau

L’accès à l’eau est une question vitale pour la réalisation de la stratégie industrielle de Lafarge
Meknès.

L’effort d’accroissement de la capacité de production s’accompagne naturellement par


l’augmentation des besoins en eau. Cette demande en eau est prise en compte de manière
responsable dans la stratégie de développement de Lafarge.

40
Projet de fin d’études

C’est pour cela que cette demande en eau est prise en compte de manière responsable dans la
stratégie de développement de Lafarge.

1. Situation actuelle et ressources en eau de Lafarge Meknès

Afin de satisfaire ses besoins en eau, la cimenterie de Meknès assure son alimentation grâce à
deux moyens :

 L’eau provenant du réseau de la RADEM (Régie Autonome de Distribution d’Eau et


d’Electricité de Meknès) qui alimente Lafarge Meknès grâce à un piquetage réalisé sur
une conduite ramenant l’eau depuis le barrage Sidi Chahed qui permet de régulariser un
volume de l’ordre de 40Mm3/ An.

 L’eau provenant de la nappe phréatique extraite d’un puits situé sur le site de Lafarge
Meknès. (Voir annexe 5).

Dans le souci de préserver les ressources naturelles de la nappe phréatique, plus de deux tiers
des besoins en eau de la cimenterie sont assurés par la RADEM depuis le barrage, laissant au
puits le soin de fournir le tiers restant.

Ainsi la cimenterie réussit à profiter de la réserve des eaux souterraines sans pour autant
perturber l’équilibre de la nappe phréatique, en lui laissant le temps parfois de se recharger lors
des périodes de pluie en donnant la priorité à l’utilisation de l’eau fournie par la RADEM.
(Voir annexe 6 et 7).

2. Utilisation de l’eau dans les opérations de Lafarge Meknès

Les besoins en eau de la cimenterie peuvent être décomposés en deux grandes parties :

 L’eau utilisée dans les locaux pour différentes tâches dont :

➫ L’eau utilisée dans les douches et sanitaires


41
Projet de fin d’études

➫ L’eau équipant le club les annexes et le bâtiment technique


➫ L’eau utilisée dans la construction des différents bâtiments et structures au sein du site
de la cimenterie

 L’eau utilisée dans les différentes procédures de production du ciment dont :

➫ L’eau utilisée pour le refroidissement des fours


➫ L’eau injectée dans la tour de conditionnement et lors du broyage cru
➫ L’eau potable utilisée dans les installations sanitaires, pour la consommation humaine et
la cuisine ;

➫ L’eau du circuit de protection incendie, utilisée en cas de besoin (730 m3) ;


➫ L’eau utilisée par les camions citernes pour l’abattage des poussières ;

Ces multiples besoins en eau explique la grande consommation en eau de la cimenterie qui a
atteint une moyenne de 250 mètres cubes par jour lors des quatre derniers mois.

3. Evolution des besoins en eau de Lafarge Meknès

Depuis l’installation du premier four produisant 400 tonnes de ciment par jour, l’usine a connu
plusieurs phases de développement et plusieurs extensions qui ont abouti à une hausse
importante de la production qui a atteint en 2008, 1900 t/jour.

La capacité de broyage de l’usine a également triplé lors des trente dernières années.

Cette augmentation de production s’est accompagnée par une hausse des besoins en eau qui a
été prise en compte lors des différentes extensions qu’a connu le site.

42
Projet de fin d’études

Grace aux efforts fournis et les moyens investis dans les différents circuits d’alimentation en
eau et la réalisation d’un puits in site, Lafarge Meknès a réussi à subvenir à ses différents
besoins en eau.

Cependant l’usine à encore des efforts à faire dans la réutilisation des eaux domestiques
traitées sur place qui est inexistante

III. Optimisation du circuit de l’eau au sein de Lafarge Meknès


1. Circuit existant

 Les eaux industrielles (fabrication du ciment : refroidissement, conditionnement,


broyage cru) :

Les eaux industrielles passent par deux types de circuit :

- Un circuit fermé ou les eaux de refroidissement sont versées après utilisation dans une
tour de refroidissement ou elles subissent un adoucissement, passent par une bâche
avant d’être réinjecté dans le circuit. Une partie de l’eau s’évapore lors de son passage
par les refroidisseurs.

- Un circuit ouvert par lequel passent les eaux consommées dans la tour de
conditionnement et le broyage cru.

 Les eaux domestiques (douches, club et annexes) :

Après utilisation, les eaux domestiques sont acheminées vers un bassin de rejet ou elles
subissent un traitement primaire consistant en une décantation des matières en suspension puis
un déshuilage avant d’être évacuer vers le réseau d’assainissement.

43
Projet de fin d’études

2. Circuit optimisé

 les eaux industrielles :

Le circuit fermé de refroidissement est déjà optimisé

 Les eaux domestiques :

Les eaux domestiques traitées sont directement versées dans le réseau d’assainissement alors
qu’elles peuvent être réutilisées pour plusieurs taches telles que l’abattage de la poussière,
l’arrosage des espaces verts, les W.C et le lavage des camions, chose qui diminuera d’une
manière significative la consommation en eau de la cimenterie.

Figure 11: Circuit d’eau de refroidissement industrielle de l’unité de production de Lafarge


Meknès

44
Projet de fin d’études

Chapitre2 : Dimensionnement des bassins de rétention


I. Introduction

Lors des précipitations, les eaux pluviales se polluent en deux étapes : lors de la traversée de
l’atmosphère, puis lors du ruissellement. En ruisselant, au sein de l’usine, les eaux de pluie
entrainent les divers polluants présents sur les surfaces parcourues (voiries, parkings, toitures,
espaces verts), ainsi que de faibles quantités de margines qui s’écoulent des zones de stockage
des grignons d’olives qui sont utilisés pour l’alimentation du four. Ce qui rend la gestion des
eaux pluviales au sein de Lafarge Meknès est une nécessité primordiale.

II. Principe d’assainissement pluvial

Le principe de l’assainissement pluvial de l’usine est une collecte par des réseaux séparatifs,
un stockage dans des bassins de rétention et une vidange à faible débit vers le réseau
d’assainissement existant. Ce principe vaut pour une zone de superficie de 34 hectares (surface
totale de l’usine).

Le nombre, l’emplacement et les dimensions des bassins de rétention sont dictés par les
contraintes topographiques.

Compte tenu des volumes de stockage nécessaires, les bassins de rétention sont des ouvrages en
terre à ciel ouvert. Le coût de ce type de bassin est moins inférieur à celui d’un bassin enterré.

(Selon le Guide méthodologique pour la prise en compte des eaux pluviales dans les projets
d’aménagement).

III. Dimensionnement des bassins de rétention

Un bassin de rétention est caractérisé par plusieurs paramètres de base : son volume, la
fréquence de retour de la pluie pour laquelle il est dimensionné, la superficie du bassin versant
qu’il draine, la perméabilité des sols ainsi que le débit de fuite lors des événements pluvieux
importants.

45
Projet de fin d’études

1. Méthode de dimensionnement des bassins de rétention

Les paragraphes suivants exposent les étapes ayant conduit à la détermination des volumes
nécessaires des bassins de retenue au niveau de l’usine.

1.1 Description
a. La zone d’étude

La délimitation de la zone d’étude est le premier travail à faire pour :

 Détecter les parcours naturels préférentiels du ruissellement des eaux pluviales ;


 Repérer les zones de stagnation des eaux pluviales.

b. Estimation du coefficient de ruissellement

Le coefficient du ruissellement d’une surface donnée est le rapport du volume d’eau, qui
ruisselle de cette surface, au volume d’eau tombée sur elle. Ce coefficient est assimilé au taux
d’imperméabilisation du site. Il est défini comme étant le rapport de la surface totale des parties
imperméables à la surface totale du bassin.

En pratique, celui-ci est déterminé sur la base du type d’occupation du sol défini dans le plan
d’aménagement, il est évalué de la façon suivante :

 Zone d’habitat dense : 0,8 à 0,9


 Zone d’habitat économique : 0,6 à 0,8
 Zone Immeuble : 0,6 à 0,75
 Industriel : 0,5 à 0,8
 Voirie/parking : 0,9
 Espaces verts : 0,2

Le coefficient de ruissellement c :

46
Projet de fin d’études

Avec:

C : Coefficient de ruissellement

: Coefficient des parties imperméables

: Surface des parties imperméables en ha.

Les parties composantes la zone d’étude sont décrites dans le tableau suivant :

Tableau 8: Description de la zone d’étude.

Parties de la zone d’étude Surface (en ha) Coefficient de ruissellement


Bâtiments 9,31 1
Voirie/parking 3 0,9
Espaces verts 8 0,2

La surface totale de la zone d’étude est de 34 hectares.

1.2 Choix de la période de retour

Période de retour T (récurrence) est l’inverse de la fréquence au dépassement d’un évènement


c’est la probabilité que cet événement soit atteint ou dépassé chaque année.

Pour le dimensionnement des bassins de rétention, on préconise de retenir la pluie de retour 10


ans. (CHAÏB J. Les eaux pluviales, gestion intégrée, 1997).

1.3 Calcul du volume des bassins de rétention


a. Méthode

Il existe plusieurs méthodes pour calculer le volume d’eaux pluviales à stocker. Dans le cadre
de la présente étude, le calcul des volumes des bassins de retenue est basé sur une méthode
simple et d’usage pratique : la méthode des pluies, Il s’agit là de l’une des deux méthodes de

47
Projet de fin d’études

dimensionnement les plus utilisées l’autre méthode étant la méthode des volumes ; les deux
méthodes donnent des valeurs nettes de volumes très similaires.

Cette méthode repose sur l’exploitation d’un graphique représentant les courbes de la hauteur
précipitée H(t,T) pour une période de retour donnée (T) et de l’évolution des hauteurs d’eaux
évacuées qs.t en fonction du temps d’évacuation(t).

Pour tracer la courbe d’évolution des hauteurs d’eaux évacuées en fonction du temps, il est
nécessaire de déterminer la pente de cette droite (qs).

qs= 60000 x

Avec :

qs : débit spécifique de vidange (en mm/min),

Qf : débit de fuite de l’ouvrage (en m3/s),

Sa : surface active (en m²).

Après on trace la droite de vidange de l’ouvrage de stockage ayant pour équation :

h(t) = qs x t

Avec :

h(t) : hauteur vidangée au temps t (en mm),

t : temps (en min).

On trace alors la droite parallèle à la droite h(t)=qs x t passant par la courbe H(t, T). La
différence Δh entre la courbe h(t) et H(t, T) correspond à la hauteur maximale à stocker pour
qu'il n'y ait pas de débordement.

Le volume d'eau à stocker peut alors facilement être déterminé par la formule suivante :

V max = 1,2 x 10 x Δh x Sa

48
Projet de fin d’études

Avec :

V max : volume d’eau à stocker (en m3),

Δh : hauteur maximale à stocker (en mm)

Sa : surface active (en ha).

b. Données pluviométriques

Coefficients de Montana :

La méthode des pluies fait intervenir des paramètres locaux constitués par les coefficients de
Montana, les valeurs de a et b sont les suivant :

Tableau 9: Coefficients de Montana pour une pluie de période de retour de 10 ans.

Durée de pluie de 5min à 120 min

a 5,83

b -0,6

Pour la période de retour fixée, l’intensité moyenne i d’une pluie de durée t peut être approchée
par la formule de Montana : avec i en mm /min et t en min (voir annexe 8). La
hauteur de la pluie (en mm) peut alors être approchée par la formule :

Estimation du débit de rejet :

Le débit de rejet maximal du bassin est estimé en calculant le ruissellement sur la zone
collectée en état naturel à l’aide de la méthode rationnelle.

⁄ ( )

Avec :

: Débit de pointe décennal (m3/s)

49
Projet de fin d’études

Ca : Coefficient d’apport

I : Intensité de la pluie sur le temps de concentration tc (mm/min)

A : Surface totale (ha)

Tableau 10: Estimation du débit de pointe pour une période de retour de 10 ans.

Superficie 34 ha

Coefficient d’apport 0,4

Temps de concentration 54 min

Débit de pointe 0,23 m3/s

Le débit de rejet théorique au sein de l’usine pour un évènement pluviométrique de période de


retour de 10 ans est d’environ 0,23 m3/s.

c. Estimation du volume du bassin

Les hypothèses de dimensionnement du bassin sont reprises ci-dessous :

Tableau 11: Hypothèses de dimensionnement.

Superficie totale 34 ha
Superficie active 13,6 ha
Débit de fuite 0,23 m3/s

50
Projet de fin d’études

Le volume d’eaux maximum à stocker calculé avec une pluie de 10 ans est :

Vmax= 4243,2 m3

2. Dimensions et emprise du bassin de rétention

L’emprise d’un bassin de rétention dépend de sa profondeur, de la pente et de l’emprise des


surfaces nécessaires pour l’exploitation du bassin.

La profondeur du bassin dépend de la cote d’arrivée des collecteurs, de la pente du terrain, de la


hauteur utile retenue (par défaut 2,5) et du type de vidange (gravitaire ou par pompage).

Une largeur supplémentaire de 5 mètres est réservée autour du bassin pour l’aménagement des
accès et les systèmes de protection du bassin (clôture).

Les caractéristiques envisagées pour le bassin de rétention sont :

Tableau 12: Dimensions du bassin de rétention des eaux pluviales.

Volume Surface Hauteur Largeur Longueur


Observations
(m3) (m3) (m) (m) (m)

Bassin Dimensionné
pour la pluie de
4244 2122 2 25 85
retour de 10
ans.

51
Projet de fin d’études

IV. Conclusion

Pour la cimenterie de Meknès qui s’étend sur une superficie de 34 ha, un bassin sera projeté
pour une surface de 0,2122 ha et un volume de 4244 m3.

Les eaux pluviales seront décantées dans le bassin de rétention. Cette décantation permettra
notamment d’abattre une grande partie de la pollution (MES,…). Un volume mort prévu en
fond de bassin (hauteur supplémentaire de 40 cm) permettra le stockage temporaire des
éléments décantés.

Le bassin devra être régulièrement entretenu. Les dépôts et effluents seront pompés et évacués
vers une filière de valorisation adaptée (incinération dans les fours).

Le bassin sera également équipé d’une vanne de confinement permettant de retenir les effluents
en cas de déversement de flux polluants (vidange accidentelle, eaux d’extinction d’incendie,
…).

52
Projet de fin d’études

Chapitre3 : Impact de la cimenterie sur la qualité des eaux souterraines et


superficielles
I. Introduction

L’accès de tous à l’eau devient un défi auquel l’ensemble de la population mondiale est
confronté. Pour limiter les conséquences des pénuries d’eau, dues notamment à l’augmentation
démographique et au changement climatique, une mobilisation générale est nécessaire.

Convaincu qu’aucun progrès significatif ne sera réalisé sans un réel engagement des acteurs
économiques, Lafarge Meknès cherche toujours à évaluer son impact sur l’eau.

L’importance d’un impact sur l’environnement est définie selon son degré de perturbation pour
une composante environnementale donnée.

Généralement, la fabrication du ciment nécessite la consommation d’eau, pour le


refroidissement des machines et équipement, le lavage et le nettoyage…

L’évaluation de l’impact de la cimenterie permet de déterminer les impacts directs et indirects


sur la qualité des eaux souterraines et superficielles, donc elle consiste à définir l’importance de
chaque impact ainsi que ses mesures d’atténuation.

Ce chapitre traite les impacts générés par la carrière et la cimenterie de Meknès sur les eaux de
surface et les eaux souterraines et définis les besoins en matière d’atténuation.

II. Localisation et description de la cimenterie

La cimenterie se place à 8 km à l’est de Meknès, et à 54 km à l’Ouest de Fès. L’usine est


située sur la commune urbaine d’Ouislane. Et la carrière, qui se trouve à 5 km de l’usine, est
située sur la commune rurale de Dkhissa. Ce site a été sélectionné en raison de la qualité de son
gisement riche en calcaire. Rappelons ses principales installations et activités:

- Les activités de concassage associées à la carrière ;


- La réception, la manutention et l’entreposage ;

53
Projet de fin d’études

- Les activités de la cimenterie qui comprennent :


o La préparation du cru (reprise et dosage) ;
o Le broyage et l’homogénéisation ;
o La cuisson et le refroidissement ;
o La reprise et le dosage du clinker ;
o Le broyage du ciment ;
o L’expédition des produits finis ;
- Les activités connexes (combustion, laboratoire, entretien mécanique, ravitaillement,
…)

Figure 12: Image satellite de la cimenterie de l’usine de Meknès

54
Projet de fin d’études

III. Impact sur les eaux superficielles


1. Au niveau de l’usine

Oued Ouislane est le principal cours d’eau existant au voisinage de l’usine, il appartient au
réseau hydrographique superficiel de la région de Meknès, prenant naissance au Sud-est du
village Boufekrane, la largeur de son bassin versant est de 5 à 6 Km en moyenne.

Il n’existe pas de rejet au milieu naturel à partir des bassins de décantation. Cette absence de
rejet réduit la probabilité d’un impact sur les eaux superficielles.

Le seul impact qui peut être remarqué sur Oued Ouislane est l’augmentation des teneurs en
MES et la turbidité provenant de la cimenterie.

2. Au niveau de la carrière

Au niveau de la carrière le seul point d’eau superficiel est le lac près concasseur, il est influencé
par les MES et la turbidité. (Voir annexe 9).

3. Mesures d’atténuation

Vu l’impact faible des MES sur les eaux superficielles, il est nécessaire de :

- Arroser régulièrement le sol pour l’abattage des poussières.


- Lafarge Meknès utilise des filtres à manches pour réduire l’émission des poussières.

IV. Impact sur les eaux souterraines


1. Au niveau de l’usine

Lafarge Meknès est implantée au-dessus de la nappe de Fès-Meknès qui s’étend sur une
superficie d’environ 2200 Km2, avec une profondeur de 200 à 1500 et un débit de captage de
20 l/s. (Source: Atlas – Région: Meknès-Tafilalet (Edition 2006)).

55
Projet de fin d’études

Les eaux de la nappe au niveau de l’usine peuvent subir :

- Un risque de déversement accidentel des hydrocarbures (fuel, huiles) des engins de


transport de la matière première et des eaux usées issues du nettoyage et de la
maintenance de la machinerie.
- Un risque de pollution par dépôt des déchets, des grignons d’olives,… utilisés pour
l’alimentation du four.

2. Au niveau de la carrière

Au niveau de la carrière les eaux souterraines risquent de subir une contamination par
infiltration des eaux chargées de sédiments combinés à des stockages de déchets ou des huiles
de lubrification de la machinerie lourde. Ceci pourrait constituer un risque de propagation de
polluants vers les puits et les sources situés en aval.

3. Les mesures d’atténuation

- Pour les eaux chargées des hydrocarbures et de lubrifiants, elles sont acheminées vers
des bassins de rétention avant rejet.
- S’assurer que les déchets et les matières premières sont contenus dans des aires
étanches afin d’éviter les infiltrations.
- Les opérations de maintenance et de nettoyage se feront dans des zones équipées de bac
de rétention et de réseau de drainage.
- En cas de fuite, la procédure de gestion de déchet en carrière est appliquée
rigoureusement. Par l’établissement d’un plan d’intervention détaillé en cas de
déversement (évaluer, limiter et contenir l’étendue du déversement, puis recueillir le
liquide à l’aide de seaux ou de matières absorbantes).

56
Projet de fin d’études

➫ Le bilan des mesures d’atténuation et de compensation des impacts de la cimenterie sur


les eaux souterraines et superficielles :

Tableau 13: Mesures d’atténuation et de compensation.

Elément du milieu Impact Mesures d’atténuation

Au niveau
de l’usine -Augmentation des -Arrosage régulier du sol
teneurs en MES et la pour l’abattage de la
Eaux superficielles turbidité poussière.
Au niveau -Utilisation des filtres à
de la manche pour réduire
carrière l’émission des poussières.

-Risque de déversement -Pour les eaux chargées


accidentel des des hydrocarbures et de
hydrocarbures (fuel, lubrifiants, elles sont
Au niveau huiles) des engins de acheminées vers des
de l’usine transport de la matière bassins de rétention avant
première et des eaux rejet.
usées issues du nettoyage-S’assurer que les déchets
et de la maintenance de et les matières premières
la machinerie. sont contenus dans des
-Risque de pollution par aires étanches afin d’éviter
dépôt des déchets, des les infiltrations.
Eaux souterraines grignons d’olives -Les opérations de
maintenance et de
nettoyage se feront dans
-Contamination par des zones équipées de bac
infiltration des eaux de rétention et de réseau
Au niveau chargées de sédiments de drainage.
de la combinés à des stockages -En cas ce de fuite, la
carrière de déchets ou des huiles procédure de gestion de
de lubrification de la déchet en carrière est
machinerie lourde. appliquée rigoureusement.

57
Projet de fin d’études

V. Conclusion

Au cours de ces dernières années, les gens sont devenus de plus en plus conscients de leurs
relations avec l’environnement et du rôle qu’ils peuvent exercer pour préserver son intégrité.

Une étude d’impact est une étude technique qui vise à apprécier les conséquences de toutes
natures, notamment environnementales d’un projet pour tenter d’en limiter, atténuer ou
compenser les impacts négatifs.

La présente étude a permis à Lafarge Meknès d’identifier ses impacts sur les eaux de surface et
souterraines afin d’établir les mesures d’atténuation appropriés pour supprimer, réduire ou
compenser les éventuels impacts sur l’eau.

58
Projet de fin d’études

Conclusion générale

Depuis la période d’industrialisation qu’a connu le monde depuis les années 50, les besoins en
eau dans tous les secteurs n’ont cessé d’augmenter alors que les ressources en eau en diminuer,
ce rythme d’exploitation poussée n’est plus tolérable c’est pour cela que l’optimisation et la
bonne gestion de l’eau jouera dans le futur un rôle primordiale dans la préservation de la vie
humaine et de la prospérité industrielle.

Ce projet de fin d’étude a eu pour objectif l’optimisation de la consommation de l’eau au sein


de Lafarge Meknès.

Premièrement, une étude des ressources et des besoins en eau de Lafarge a été réalisé afin de
permettre une optimisation du circuit de l’eau existant.

La seconde étape est le dimensionnement des bassins de rétention des eaux pluviales, on a
commencé par une étude globale des données de base du site à savoir la pluviométrie, la
topographie…, puis on a procédé au calcul du volume des eaux pluviales en utilisant la
méthode des pluies, afin de dimensionner correctement les bassins de rétention.

Finalement, on a opté pour une évaluation de l’impact de la cimenterie sur les eaux de surface
et les eaux souterraines entourant cette dernière. Et suite aux résultats de l’étude, on constate
que l’impact de l’usine sur ces eaux est faible en général.

L’élaboration de ce travail m’a permis, d’une part d’approfondir les connaissances et le savoir-
faire acquis durant les années de ma formation à l’ENSA d’Al Hoceima, et d’autre part de
préparer mon intégration à la vie professionnelle, et acquisition de compétences en termes de
recherche bibliographique, de rédaction des rapports et d’analyse des données.

59
Projet de fin d’études

Références bibliographiques

(1). Agence du basin hydraulique de Sebou. Gestion du domaine public hydraulique, recueil
de la loi n° 10-95 sur l’eau et de ses textes d’application, 2010, 126p.

(2). CHAÏB J. Les eaux pluviales, gestion intégrée. Collection : écologie urbaine, les guides
pratiques. Co-édité par Foncier Conseil et les éditions Sang de la terre, 1997. 173 p.

(3). Guide méthodologique pour la prise en compte des eaux pluviales dans les projets
d’aménagement.

(4). http://www.hcp.ma/, site officiel du Haut-Commissariat au Plan.

(5). http://www.Lafarge.ma/, site official de Lafarge Maroc.

(6). http://www.mem.gov.ma/, site officiel du Ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et


de l’Environnement.

(7). www.googleearth.com

(8). Les eaux pluviales urbaines, élaborer une stratégie de gestion, prévenir les risques.

(9). Monographie de la région Meknes-Tafilalet, 2013.

60
Projet de fin d’études

Liste des annexes :

Annexe 1 : Les grandes étapes de fabrication du ciment

Annexe 2 : Pré-homogénéisation

Annexe 3 : Broyage à boulets

Annexe 4 : Broyage à circuit fermé

Annexe 5 : puits Lafarge

Annexe 6 : Consommation en eau à l’usine durant le mois de Mars

Annexe 7 : Consommation en eau à l’usine durant le mois d’Avril

Annexe 8 : Courbe de l’intensité de la pluie

Annexe 9 : Carrière de la cimenterie de Lafarge Meknès

61
Projet de fin d’études

Annexes

Annexe 1 : Les grandes étapes de fabrication du ciment.

62
Projet de fin d’études

Annexe 2 : Pré-homogénéisation.

63
Projet de fin d’études

Annexe 3 : Broyage à boulets.

64
Projet de fin d’études

Annexe 4 : Broyage à circuit fermé.

Annexe 5 : Puits Lafarge.

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1200000
consommation en m3

commercial
1000000
Annexes et clubs

Puits
800000
TC/BC

Appoint bassin
600000 B.T

Incendie

Comm.douche
400000
Douches SST

Douches LAFARGE
200000
Génie civil

0 Radem
02-mars
03-mars
04-mars
05-mars
06-mars
07-mars
08-mars
09-mars
10-mars
11-mars
12-mars
13-mars
14-mars
15-mars
16-mars
17-mars
18-mars
19-mars
20-mars
21-mars
22-mars
23-mars
24-mars
25-mars
26-mars
27-mars
28-mars
29-mars
30-mars
31-mars
Annexe 6 : Consommation en eau à l’usine durant le mois de Mars.
1200000

1100000

1000000 Commercial

900000 Annexes et clubs


Puits
800000
consommation en m3

TC/BC
700000 Appoint bassin

600000 B.T
Incendie
500000
Comm.douche
400000 Douches SST
300000 Douches Lafarge
Genie civil
200000

100000
Radem
0
01-avr.
02-avr.
03-avr.
04-avr.
05-avr.
06-avr.
07-avr.
08-avr.
09-avr.
10-avr.
11-avr.
12-avr.
13-avr.
14-avr.
15-avr.
16-avr.
17-avr.
18-avr.
19-avr.
20-avr.
21-avr.
22-avr.
23-avr.
24-avr.
25-avr.
26-avr.
27-avr.
28-avr.
29-avr.
30-avr.
Annexe 7 : Consommation en eau à l’usine durant le mois d’Avril.
Intensité en mm/min Courbes I(t,f)

1,8

1,6

1,4

1,2

1
Série1
0,8

0,6

0,4

0,2

Temps en minutes

Annexe 8 : Courbe de l’intensité de la pluie.


Annexe 9 : Carrière de la cimenterie de Lafarge Meknès.