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REPUBLIQUE DU NIGER

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MINISTERE DE L’HYDRAULIQUE ET DE L’ENVIRONNEMENT

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SECRETARIAT GENERAL
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DIRECTION GENERALE DE L’HYDRAULIQUE


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Direction de l’Hydraulique Urbaine et Semi Urbaine


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MAITRISE D’OUVRAGE COMMUNALE DU


SERVICE PUBLIC D’ALIMENTATION EN
EAU POTABLE DANS LE DOMAINE DE
L’HYDRAULIQUE RURALE AU NIGER

Janvier 2012
SOMMAIRE

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ................................................................. 3

DEFINITIONS DES TERMES USUELS ................................................................................ 4

INTRODUCTION ............................................................................................................ 6

I. LE CADRE ORGANISATIONNEL DU SERVICE PUBLIC DE L’EAU EN MILIEU RURAL .......... 7

1.1. Le cadre législatif et réglementaire .......................................................................................................... 7

1.2. Le cadre institutionnel .............................................................................................................................. 8

1.3. L’organisation du SPE ................................................................................................................................ 9

II. LA MAITRISE DE L’EXERCICE DE L’AUTORITE DELEGANTE DU SPE ............................. 10

2.1. Fonction de planification ........................................................................................................................ 10

2.2. Fonction de financement ........................................................................................................................ 11

2.3. Fonction gestion des infrastructures hydrauliques ................................................................................ 12

2.3.1. La gestion déléguée ............................................................................................................................ 12

2.3.2. La gestion communautaire ................................................................................................................. 13

2.4. Fonction de gestion financière des recettes du SPE ............................................................................... 13

2.4.1. Charges du service public de l’eau et la structure tarifaire ........................................................... 13

2.4.2. Principe de la tarification selon le niveau de service ...................................................................... 15

2.4.3. Les principes de gestion des différents comptes .............................................................................. 15

2.5. Fonction de suivi et contrôle du SPE .................................................................................................... 17

2.5.1. L’organisation du suivi ..................................................................................................................... 17

2.5.2. Les tâches et responsabilités ............................................................................................................. 18

2.5.3. Les rapports ....................................................................................................................................... 18

BIBLIOGRAPHIE CONSULTEE ....................................................................................... 19


LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

AEP: Adduction d’Eau Potable/Alimentation en Eau Potable


AEPA : Alimentation ou Approvisionnement en eau potable et assainissement
AFD : Agence Française de Développement
AO : Appel d’Offres
AUE : Association des Usagers de l’Eau
AUSPE : Association des Usagers du Service Public de l’Eau
BCC : Bureau de Conseil et de Contrôle
BF : Borne Fontaine
BP : Branchement orivé, Branchement Particulier
CGPE : Comité de Gestion de Point d’Eau
DAO : Dossier d’appel d’Offres
DDH : Direction Départementale de l’Hydraulique
DGH : Direction Générale de l’Hydraulique
DHUSU Direction de l’Hydraulique Urbaine et Semi Urbaine
DHR : Direction de l’Hydraulique Rurale
DRH : Direction Régionale de l’Hydraulique
FRE : Fonds de Renouvellement et d’Extension
FPMH : Forage équipé de Pompe à Motricité Humaine
GIRE : Gestion intégrée des Ressources en Eau
MHE : Ministère de l’Hydraulique et de l’Environnement
Mini-AEP : Mini Adduction d’Eau Potable
MO : Maître d’Ouvrage / Maîtrise d’ouvrage
PASEHA Programme d’Appui au Secteur Eau - Hygiène et Assainissement (Danida)
PC : Puits Cimenté
PDC : Plan de Développement Communal
PEA : Poste d’Eau Autonome
PHV : Programme d’Hydraulique Villageoise
PMH: Pompe à Motricité Humaine
PNAEPA : Programme National d’Alimentation en Eau Potable et d’Assainissement
PTF : Partenaires Techniques et Financiers
SEEN : Société d’Exploitation des Eaux du Niger
SPP : Station de Pompage Pastorale
SAC/SPE : Structure d’Appui Conseil du Service Public de l’eau
SMEA : Service Municipal d’Eau et d’Assainissement
SPE : Service Public de l’eau
UE : Union Européenne
Définitions des termes usuels

 Affermage « Mode de gestion d’un service public dans le cadre duquel l’Autorité délégante
finance elle-même l’établissement du service, mais en confie la gestion à un délégataire.
Celui-ci se rémunère directement auprès de l'usager et exploite le service à ses risques et
périls »
 Allotissement : fractionnement des travaux, fournitures ou services en lots présentant des
avantages techniques ou financiers intéressant et pouvant donner lieu chacun à un marché
distinct.
 AUE : Association des Usagers de l’Eau, organe composé des représentants des différents
groupes socioprofessionnels utilisateurs de la ressource en eau (éleveurs, industriels, irrigants,
pêcheurs, usagers du service public d’approvisionnement en eau, etc.) présents dans un
périmètre donné. Les AUE peuvent se regrouper pour former des fédérations d’associations des
usagers de l’eau (FAUE).
 Appui conseil « c’est le soutien apporté aux acteurs du service public de l’eau».
 Autorité délégante « Collectivité publique, contractante ou cocontractante d’une convention
de délégation de service public »
 Collectivité territoriale « Les régions, les départements, les communes sont érigés en
collectivité territoriale. La collectivité territoriale est un groupement humain,
géographiquement localisé sur une portion du territoire national disposant du pouvoir de
s’administrer par les autorités élues. Elle jouit de la personnalité morale et de l’autonomie
financière. »
 Concession de service public « Le mode de gestion d’un service public dans le cadre duquel
le délégataire réalise à ses frais les investissements nécessaires à l’établissement du service
et en assure la gestion. Celui-ci se rémunère directement auprès de l'usager et exploite le
service à ses risques et périls »
 Conseil municipal « L’organe délibérant de la commune est le conseil municipal. Il est
composé de membres élus (entre 11 er 25 suivant la population de la commune) et de
membres de droit. »
 Délégataire « La personne morale de droit privé ou de droit public bénéficiaire d’une
convention de délégation de service public »
 Délégation de service public « Le contrat par lequel la collectivité publique confie la gestion
d’un service public relevant de sa compétence à un délégataire dont la rémunération est liée
ou substantiellement assurée par le résultat d’exploitation du service. La délégation de
gestion de service public consacre principalement 2 formes : l’affermage, et la concession de
service public »
 « Extension » Les investissements pour extension de l’infrastructure de production, de
transport et de distribution d’eau comprennent toutes les études, conceptions, travaux et
fournitures nécessaires à étendre la capacité de production, de transport, de stockage et de
distribution d’eau (y compris les bornes fontaines et branchements à domicile) ou pour
améliorer la situation technique des installations existantes en vue d’une meilleure
performance, une meilleure qualité du produit ou une fiabilité accrue du fonctionnement.
L’extension de toute partie de l’infrastructure de production, de transport et de distribution
dans le but de satisfaire des améliorations techniques est considérée nécessaire uniquement
si ladite amélioration peut être prouvée en termes techniques, financiers ou économiques.
Toute décision d’extension de l’infrastructure de production, de transport et de distribution
doit être introduite par une proposition argumentée.
Les investissements pour extension sont à la charge du Fonds de Renouvellement et
d’Extension.
 « Fonds de Renouvellement et d’Extension » désigne le Fonds qui est alimenté
mensuellement par le Délégataire à partir des recettes d’eau et qui est destiné à couvrir les
frais de Renouvellement et d’Extension de l’Infrastructure. Le Fonds de Renouvellement et
d’Extension est géré conjointement par l’Association et le Délégataire.
 Gestion communautaire : Mode de gestion d’un service public dans le cadre duquel
la collectivité publique confie la gestion relevant de sa compétence à une structure
communautaire.
 Gérant : le représentant du délégataire au niveau de la localité qui est responsable
de l’exploitation et de la gestion quotidienne.
 Hydraulique rurale : sous secteur de l’hydraulique englobant tous les aspects relatifs à
l’approvisionnement en eau des populations rurales et du cheptel. Il se compose de
l’hydraulique villageoise et de l’hydraulique pastorale ; Hydraulique villageoise : volet de
l’hydraulique rurale relatif à l’approvisionnement en eau des populations des centres ruraux
de moins de 2000 habitants. Les centres peuplés de plus de 2000 habitants mais non pris en
compte par le sous-secteur de l’hydraulique urbaine relèvent du domaine rural ;
 Hydraulique pastorale : volet de l’hydraulique rurale qui concerne les points d’eau réalisés
en zone pastorale ou équipés de superstructures spécifiques à l’alimentation en eau du
cheptel ;
 Hydraulique agricole : volet de l’hydraulique englobant tous les aspects relatifs à l’amenée
de l’eau à la plante pour des objectifs de productions agropastorale et piscicole ;
 Hydraulique urbaine : sous secteur de l’hydraulique englobant tous les aspects relatifs à
l’approvisionnement en eau des populations des centres urbains et du cheptel. Sont
considérés comme centres urbains tous les chefs-lieux de régions, de départements,
d’arrondissements, de communes urbaines et rurales, les gros villages administratifs de plus
de 2000 habitants équipés de minis adductions d’eau. Pour ces derniers, la gestion de leurs
installations de production et de distribution d’eau pourra être transférée dans le domaine
de l’hydraulique urbaine sous certaines conditions particulières ;
 Maître d’ouvrage « La personne morale de droit public ou privé qui est propriétaire final de
l’ouvrage ou de l’équipement technique objet du marché ; mise à jour de l’ordonnance
n°2002-007 du 18 septembre 2002 portant code des marchés publics au Niger, modifié par
l’ordonnance n°2008-06 du 21 février 2008 ; Page 3 ».
 Maître d’œuvre « Le service public, la personne morale de droit public ou la personne
physique ou morale désigné par le maître d’ouvrage conformément au droit de l’Etat du
maître d’ouvrage, qui a la responsabilité de la direction et/ou du contrôle de l’exécution du
marché et à qui le maître de l’ouvrage peut déléguer des droits et/ou des compétences au
titre du marché. Mise à jour de l’ordonnance n°2002-007 du 18 septembre 2002 portant
code des marchés publics au Niger, modifié par l’ordonnance n°2008-06 du 21 février 2008 ;
Page 3 ».
 Maître d’ouvrage délégué : La personne morale de droit public ou de droit privé qui est le
délégataire du maître d’ouvrage dans l’exécution de ses missions
 Redevance pour service rendu « Somme demandée à des usagers en vue de couvrir les
charges d'un service public déterminé ou les frais d'établissement et d'entretien d'un
ouvrage public qui trouve sa contrepartie directe dans les prestations fournies par le service
ou dans l'utilisation de l'ouvrage. Il y a corrélation entre le montant de la redevance et le
coût réel du service rendu »
 Service public de l’eau « La production, le transport et la distribution de l’eau à l’aide
d’installations et de points d’eau publics, destinée à satisfaire les besoins des populations et
du cheptel constituent un service public ; projet de code de l’eau, page 7»
 Structure d’Appui Conseil (SAC/SPE) « Opérateurs privées (ONG, Bureau d’étude) qui assure
une prestation d’appui conseil, de suivi contrôle des acteurs du service public de l’eau pour le
compte du Maître d’ouvrage»
INTRODUCTION

Au Niger, pour garantir l’accès à l’eau potable, une stratégie de pérennisation du service public
d’alimentation en eau potable a été définie. La vision en matière d’organisation, de gestion, de
financement, de suivi et de contrôle du Service Public de l’Eau dans le domaine de l’hydraulique
rurale est désormais établie.

Le cadre stratégique d’intervention en matière d’alimentation en eau potable en milieu rural est en effet
basé sur les documents suivants :

- Le Guide national d’animation des programmes d’hydraulique villageoise (1992, 2ième édition) ;
- Le Guide des services d’alimentation en eau potable y compris ses annexes et les outils
réglementaires qui l’accompagnent (Octobre 2010) conformément aux principes énoncés au
Titre IX du Code de l’Eau « De l’Approvisionnement en Eau potable des Populations et du
cheptel » en prenant en compte les orientations nationales en matière de décentralisation et de
déconcentration
- Le Programme National d’alimentation en eau potable et d’assainissement (PNAEPA) (Décembre
2011).

Le guide national d’animation élaboré en 1992 reste le document de référence pour l’organisation de la
maintenance et de la gestion des infrastructures de type puits cimentés modernes, forages équipés de
moyen d’exhaure (humain, éolien, solaire) et forage artésien. Toutes fois, certaines dispositions du guide
d’AEP relatives aux aspects du contrôle du service public de l’eau et de la maîtrise d’ouvrage s’appliquent
néanmoins à ces types d’ouvrages.

La mise en œuvre des nouvelles dispositions doit permettre d’assurer la pérennisation des
infrastructures hydrauliques et la viabilité du service public de l’eau en créant les conditions pour que
tous es acteurs impliqués jouent pleinement leur rôle pour un service public de l’eau performant et
durable.

Le présent module récapitule les points saillants sur la maîtrise d’ouvrage communale en matière d’AEP
dans le domaine de l’hydraulique rurale au Niger. Il servira de cadre pour la formation des maires, le
personnel communal et les membres du conseil municipal.

L’objectif général de cette formation est de contribuer au renforcement des capacités des communes en
matière de « maîtrise d’ouvrage communale » dans le domaine de l’alimentation en eau potable des
populations et du cheptel en milieu rural par l’information, formation et sensibilisation de celles-ci sur les
principales dispositions du guide des services d’Alimentation en Eau Potable.
De manière spécifique, il s’agira de :
- Amener les participants à comprendre le cadre organisationnel du SPE en milieu rural ;
- Amener les participants à comprendre les principes de la maîtrise d’ouvrage du SPE ;

Les principaux résultats attendus sont :


- Le cadre organisationnel du PE en milieu rural est bien compris ;
- les conditions d’exercice de la Maîtrise d’ouvrage communale en matière d’AEP sont mieux
connues.
- les outils opérationnels et règlementaires de mise en œuvre du guide des services d’AEP en
milieu rural sont mieux connus ;
- les rôles et responsabilités ainsi que missions et fonctions des différents acteurs impliqués
dans service public de l’eau sont maîtrisés ;
- les modes de gestion du service public de l’eau sont maîtrisés ;
- Les mécanismes de financement et de suivi des performances du SPE sont bien compris.
I. LE CADRE ORGANISATIONNEL DU SERVICE PUBLIC DE L’EAU EN MILIEU RURAL

1.1. Le cadre législatif et réglementaire

Le cadre de référence en matière d’alimentation en eau potable en milieu rurale est désormais composé
des textes relatifs au secteur de l’eau, des marchés publics et la décentralisation.

Dans le domaine de l’alimentation en eau potable on peut retenir les textes suivants :

 L’ordonnance n°2010-09 du 1er avril 2010 portant «Code de l’Eau » au Niger précise les
conditions relatives à l’alimentation en eau potable. On retiendra :
- une définition plus pertinente des sous-secteurs de l’Alimentation en Eau Potable (AEP) :
l’hydraulique rurale est le domaine de le l’AEP transférable aux communes dans le cadre de
la décentralisation tandis que l’hydraulique urbaine correspond au périmètre concédé à une
société d’Etat et non transférable aux Collectivités Territoriales (article 62) ;
- l’application du principe « utilisateur payeur » d’un service (article 70) et l’obligation
d’affecter l’intégralité des recettes perçues par la vente de l’eau au Service Public de l’Eau
(SPE) (article 71) ;
- les grands principes en matière d’organisation, de gestion, de financement, de suivi et de
contrôle sont posés et précisés par des textes règlementaires d’application (articles 66 et
67).
 Décret N°2011-404/PRN/MHE du 31 août 2011 déterminant la nomenclature des
aménagements, installations, ouvrages, travaux et activités soumis à déclaration, autorisation et
concession d’utilisation de l’eau ;
 Décret N°2011-405/PRN/MHE du 31 août 2011 fixant les modalités et procédures de déclaration,
d’autorisation et de concession d’utilisation de l’eau ;
 7 arrêtés d’application du guide des services d’AEP.

Dans le domaine de la Décentralisation :

 Ordonnance N° 2010-76 du 09 décembre 2010 modifiant l’ordonnance N° 2010-54 du 17


septembre 2010 portant code général des collectivités territoriales de la République du Niger est
une avancée majeure pour le transfert de la maîtrise d’ouvrage. On peut relever notamment :
- l’établissement dorénavant de deux paliers de décentralisation (communes et régions)
(article 2) ;
- la commune est responsable de la planification, de la construction et de la gestion des
infrastructures destinées à l’alimentation en eau potable (article 30) ;

Dans le domaine des marchés publics et des collectivités territoriales :

 Ordonnance Nº 2010-57 du 17 septembre 2010 modifiant et complétant l’Ordonnance Nº 2002-


007 du 18 septembre 2002, portant Code des Marchés Publics au Niger, modifiée par
l’Ordonnance Nº 2008-06 du 21 février 2008.
 Décret nº 2004-192/PRN/MEF du 6 juillet 2004, fixant les modalités
de fonctionnement du Comité de Règlement des Différends
 Arrêté nº 000037/CAB/PM/ARMP du 2 mars 2009, portant composition-type,
Attributions et fonctionnement de la Commission ad’hoc d’adjudication des
marchés publics de l’Etat
 Arrêté nº 079/CAB/PM/ARMP du 09 avril 2010, portant composition-type,
Attributions et fonctionnement de la Commission ad’hoc d’adjudication des
marchés publics des Collectivités Territoriales
1.2. Le cadre institutionnel

Les dispositions législatives et règlementaires en vigueur au Niger, structurent le SPE autour des
principales fonctions suivantes :

La fonction de maîtrise d’ouvrage


La fonction de gestion et d’exploitation
La fonction de contrôle et de régulation
La fonction de Suivi technique et financier
La fonction de représentation des usagers

Sur le plan institutionnel, les principaux acteurs impliqués dans la gestion du service public de l’eau
sont :

Fonctions Acteurs Responsabilités


Contrôle et régulation Etat (Hydraulique, Santé) ● Elaboration et mise en œuvre de la politique
du secteur nationale
● Police du secteur et du SPE
● Suivi et évaluation du SPE
Exercice de la tutelle Etat (Décentralisation) ● Contrôle de légalité
de la commune
Appui conseil à la Etat (hydraulique, ● Accompagnement de l’exercice de la maîtrise
maîtrise d’ouvrage Aménagement du d’ouvrage
Territoire)
Contrôle des marchés
publics Etat (Finances,) ● Contrôle de la régularité de passation des
ARMP marchés publics
Maîtrise d’ouvrage Commune ● Elaboration du plan de développement
communal et est responsable de la planification ;
● Responsable de l’alimentation en eau potable des
populations sur son territoire
● Reconnaissance des structures associatives (CGPE
et AUSPE)
● Contractualise avec les différents acteurs du
service
● Responsable du renouvellement des
infrastructures (durée de vie <20 ans) à travers le
FRE
Gestion du service Délégataire et Comité de ● Exploitation des installations
gestion de point d’eau ● Gestion administrative et financière
(CGPE) ● Entretien et maintenance des équipements
Représentation et Association des usagers ● Défense des intérêts des usagers dans le cas de la
défenses des usagers du service public de l’eau gestion déléguée
(Gestion déléguée) (AUSPE)
Suivi et conseil Structure d’Appui ● Calcule et analyse les indicateurs techniques et
Conseil au Service Public financiers
de l’Eau (SAC/SPE) ● Formule des recommandations
● Assure une fonction de formation
1.3. L’organisation du SPE

Pour l’organisation de la gestion de ces systèmes, on distingue 3 cas de figures :

● Cas N°1 : Nouvelles réalisations/réhabilitations ou optimisation : systématiquement, il s’agit


de la délégation de service de type affermage entre une personne morale et la commune.
Cette dernière est toutefois responsable du renouvellement des équipements tandis que la
défense des usagers est assurée par l’AUSPE.
● Cas N°2 : Infrastructures existantes en gestion communautaire : la commune signe avec
chaque CGPE une convention de gestion. Celle ci détermine les responsabilités de chacune
des deux parties. Elle prévoit que le CGPE confie à des entreprises spécialisées, au travers de
contrats, l’entretien et les grosses réparations.
● Cas N°3 : Situation transitoire : Un certain nombre de situations qui existent sur le terrain
vont demeurer à titre transitoire. Il s’agit :
- des contrats d’affermage en cours signés entre une Association des Usagers de l’Eau (AUE)
et un délégataire. Il est prévu que 1 an avant la fin du contrat, les dispositions soient prises
pour se conformer au cas n°1 : transformation de l’AUE en AUSPE et lancement de la
procédure d’appel d’offre par la commune selon le principe de l’allotissement retenu ;
- des AUE qui gèrent des installations suite à la non prise de fonction du délégataire recruté
ou à la cessation du contrat par le délégataire : les AUE sont immédiatement transformées
en AUSPE et la commune procède au lancement d’un appel d’offres.

Relations contractuelles pour les mini-AEP, PEA et SPP

Relations contractuelles pour les PC, FEME et mini-AEP, PEA et SPP en gestion communautaire
II. LA MAITRISE DE L’EXERCICE DE L’AUTORITE DELEGANTE DU SPE

De manière générale, ces textes affirment le principe de la Maîtrise d’ouvrage communale


et attribuent la propriété des ouvrages aux communes (article 61 du code de l’eau, article 165 de
L’ordonnance N° 2010-54 du 17 septembre 2010 portant code général des collectivités territoriales
de la République du Niger). La répartition des fonctions entre l’Etat et les communes se présentent
de la façon suivante :
Etat Com
Etat Communes
1. Contrôle et Régulateur du secteur 1. Formulation des besoins
(installations, règles de conception, la gestion 2. Financement des investissements
des SPE, Suivi de la qualité de l’eau) 3. Propriété des ouvrages et installations
2. Mobilisation des financements du secteur 4. Délégation du SPE
3. Tutelle des collectivités territoriales 5. Suivi de la délégation du Service Public

L’exercice de la maîtrise d’ouvrage implique donc d’assumer plusieurs fonctions de base dont entre
autres :
- Fonction de planification (demande, formulation des besoins, planification des investissements
au travers des PDC, sélection des projets,…) (article 5 de L’ordonnance N° 2010-54 du 17
septembre 2010 portant code général des collectivités territoriales de la République du Niger);
- Fonction de financement des investissements (ressources, budget, …) ;
- Propriété des ouvrages et installations (prise en charge totale)
- Fonction de réalisation des travaux (programmation, appel d'offres, exécution, contrôle)
- Fonction de gestion des infrastructures (Délégation du SPE à travers des conventions de gestion
des PEM, choix et contractualisation des délégataires) ;
- Suivi et contrôle de la gestion du Service Public.

2.1. Fonction de planification

Les plans de développement communaux (PDC) régulièrement mis à jour indiquent


- La liste des ouvrages existants et leur état de fonctionnement par localité ;
- La situation de l’accès à l’eau potable (indicateurs tels que, Taux d’Accès Théorique et Taux
de Panne) ;
- Une liste des investissements prioritaires (localisation, nombre et type des ouvrages) pour les
nouveaux ouvrages et les réhabilitations.

La Commune a le devoir d’informer les services déconcentrés de l’Etat en ce qui concerne les
financements qu’elle aurait mobilisé directement, afin que ces services puissent exercer leur rôle de
contrôle réglementaire et d’appui-conseil dès la phase de conception et jusqu’à la mise en service
des ouvrages (Instauration d’un rapport annuel du maire : article 80 de l’ordonnance N° 2010-54 du
17 septembre 2010 portant code général des collectivités territoriales de la République du Niger).

2.2. Fonction de financement

Le principe du recouvrement total des coûts par les seuls tarifs n’est pas envisageable en milieu rural. Le
développement de l’approvisionnement en eau passe par une combinaison de différentes sources de
financement que l’on peut présenter selon le principe des 3 Ts à savoir
- les Tarifs
- les Taxes (nationales ou locales)
- les Transferts (aide au développement, prêts et subventions et les prêts auprès des banques
commerciales éventuellement)

Le financement du SPE s’appui sur le schéma suivant :


• Les coûts de premières installations sont financés par l’Etat (sources internes et externes) ou
certains partenaires directement (cas des ONGs et associations en particulier) ;
• Les coûts d’exploitation, fonctionnement et de maintenance (personnel, énergie,
consommables, petites réparations), doivent être couverts par les Tarifs ;
• Pour les coûts de renouvellement, on distingue deux catégories d’équipements: le petit
renouvellement qui doit être couvert par les tarifs et le gros renouvellement subventionné de
nouveau le moment venu. Ce dernier concerne les équipements qui ont une durée de vie égale
ou supérieure à 20 ans.

La classification des équipements selon leur nature est donnée dans tableau ci-après :

Equipements dont la durée de vie est Equipements dont la durée de vie est
inférieure à 20 ans (à la charge des supérieure à 20 ans (à la charge de l’Etat-Collectivités)
usagers)
 Le groupe électrogène dans le cas  Les forages ;
des  Le château d’eau ;
systèmes thermiques ;  Le réseau primaire de distribution
 Le convertisseur dans le cas des  Les panneaux solaires y compris les
systèmes photo voltaïques ;  supports des systèmes photovoltaïques
 Le système de pompage et  Les bornes fontaines et les regards
accessoires  Les superstructures et les aménagements Eventuellement,
 Les équipements de bornes le branchement au
fontaines;  réseau électrique (réseau,
 Les vannes et les ventouses;  transformateur, disjoncteur compteur)
 Les traitements spécifiques (qualité
de
l’eau : dispositifs de chloration…etc)

Dans le cas des ouvrages de type PC et FPMH, la classification et la répartition des charges entre
acteurs se présentent comme suit :
Petit renouvellement : équipements dont la Gros renouvellement : équipements dont la
durée de vie est inférieure à 20 ans (à la durée de vie est supérieure ou égale à 20 ans (à
charge des usagers) la charge de l’Etat-Collectivités)
La pompe à motricité humaine et Les puits
accessoires Les forages

2.3. Fonction gestion des infrastructures hydrauliques

Au sens des dispositions de l’article 67 du code l’eau, trois modes de gestion sont retenus : la
gestion communautaire, la régie directe et la gestion déléguée.

2.3.1. La gestion déléguée

La délégation de gestion revêt essentiellement deux formes : la concession de service public et


gestion déléguée de type affermage.
Le schéma organisationnel du SPE concernant les mini AEP, PEA et SPP, repose sur la délégation de
gestion du SPE de type affermage avec la nette séparation des fonctions de maîtrise d’ouvrage,
d’exploitation, de représentation des usagers, de contrôle / régulation du secteur et de suivi appui
conseil.

L’arrêté N°119/MEE/LCD/DGH/DL du 18 octobre 2010 portant approbation du Dossier de


Consultation Type (DAO-Type) des entreprises pour la délégation de service public de type affermage
fixe les principes de la gestion déléguée. On rappelle les grands principes suivants:

 Le délégataire assure à ses risques et périls la gestion du système ;


 Le délégataire est rémunéré sur les recettes du service sur la base d'un tarif défini dans
son contrat avec la commune (Part Délégataire de la redevance).
 Le délégataire doit assurer grâce aux recettes tirées de la vente de l'eau:
 l'exploitation courante ;
 l'entretien ;
 les réparations.
 Le délégataire perçoit pour le compte de la commune la Part Maître d’Ouvrage de la
redevance.
 L'organisation générale du délégataire est comme suit :
 Sur chaque site, le délégataire met en place un responsable d'exploitation
dont les tâches sont d’assurer le fonctionnement quotidien du système ;
 Pour l'ensemble des sites dont il a la gestion déléguée, le délégataire dispose
des compétences techniques lui permettant d'assurer la maintenance (autre
que l'entretien courant) et les réparations; pour cela il peut employer un
technicien ou passer un contrat de prestations avec une entreprise spécialisée et
des compétences en gestion.
 Le délégataire s'organise pour disposer en permanence des pièces détachées nécessaires
pour les réparations soit au travers de la constitution d'un stock soit au travers d’accords avec
les représentants des fournisseurs d’équipements.

Le profil, les missions et tâches du délégataire ainsi que les obligations contractuelles des deux
parties sont définies dans les dispositions de l’arrêté. Même après la délégation de service à une
personne morale, la commune demeure responsable du SPE et donc du renouvellement des
équipements.
Pour la mise en délégation, les systèmes sont regroupés afin de créer les conditions économiques
favorables sur la base d’une analyse économique et financière et d’une évaluation technique. Le
regroupement pourra comprendre i) des nouveaux systèmes en voie d’achèvement, ii) des systèmes
existants en gestion déléguée dont le contrat arrive à échéance, et iii) des systèmes existants en
gestion communautaires qui passent en gestion déléguée.

2.3.2. La gestion communautaire

L’arrêté N°122/MEE/LCD/DGH/DL du 18 octobre 2010 détermine les conditions d’exercice de la


gestion communautaire des points d’eau dans le sous secteur de l’Hydraulique Rurale (y compris
deux (2) modèles de convention de gestion pour respectivement les systèmes de type mini-AEP, PEA
et SPP et les systèmes de type PC, FE et forage artésien). C’est désormais par cette convention de
gestion que le comité de gestion doit assurer la gestion des infrastructures.

Suivant les dispositions de l’Arrêté N°121/MEE/LCD/DGH/DL du 18 octobre 2010 (visé par le


Ministère de l’Intérieur), c’est bien dorénavant les communes qui procèdent à l’agrément de
reconnaissance officielle des associations et comités de gestion de points d’eau (article 10).

La commune signe une convention de gestion avec le Comité de Gestion qui détermine les
responsabilités de chacune des parties. Les articles 4 et 5 de ladite convention précisent en effet les
engagements respectifs de la commune et du comité de gestion.
La convention type prévoie que le CGPE confie au travers de contrats le gros entretien et les grosses
réparations à des entreprises spécialisées, après accord préalable de la Commune et du Service
déconcentré de l’hydraulique.

2.4. Fonction de gestion financière des recettes du SPE

La Politique de recouvrement des coûts et des tarifs est basée sur le principe « utilisateur-payeur »
du SPE. « Toute utilisation de l’eau est assujettie au paiement d’une redevance pour service rendu
calculée sur la base en principe du volume d’eau mobilisé » (article 70).

Une redevance unique pour service rendu composée de 2 parts : part délégataire et part maître
d’ouvrage (quotes-parts : FRE, suivi SAC/SPE, suivi contrôle commune, subvention AUSPE) basée sur
le m3 vendu est instituée avec des règles d’élaboration des tarifs et de recouvrement partiel des
coûts et modalités d’adoption des tarifs.

Sur la base des principes de recouvrement des coûts du service public de l’eau, les charges qui seront
répercutés sur les tarifs sont :
• Les charges d’exploitation (personnel, énergie, maintenance et réparation) qui sont compilées
dans le compte d’exploitation
• Le renouvellement des équipements (‹ 20ans)
• Les autres charges du maitre d’ouvrage à savoir la rémunération de la SAC/SPE, la subvention
éventuelle accordée aux AUSPE et les frais liés à la gestion du SPE.

2.4.1. Charges du service public de l’eau et la structure tarifaire

Il faut rappeler que « les recettes perçues au titre du service d’approvisionnement en eau doivent
être entièrement affectées au service de l’eau» (article 71 du Code de l’Eau). Dans l’attente de la
mise en place d’un budget annexe eau et assainissement, le Guide des services prévoit la mise en
place de deux (2) comptes bancaires (i) Compte « FRE », et (ii) le compte « Service Municipal de l’Eau
(SMEA)/Part Maitre d’Ouvrage hors FRE.

La redevance pour service rendu est perçue auprès des usagers selon le principe de l’ «utilisateur
payeur ». Elle comprend 2 parts:

• La Part Délégataire (ou part CGPE dans le cas de la gestion communautaire) qui est destinée à
couvrir les charges d’exploitation ;
• La Part Maître d’Ouvrage qui est destinée à couvrir les frais de gestion liés à l’exercice de la
maîtrise d’ouvrage (Commune), au suivi et appui conseil fourni par le SAC/SPE. ; elle comprend
aussi la provision pour le renouvellement et l’extension des équipements.

Cas des mini AEP, PEA et SPP

Provisions pour
renouvellement et Compte bancaire : Provision pour
extension renouvellement et extension
Fonctionnement Service
Charges Communal de l’Eau
PART MITRE Compte bancaire : Service Municipal
d’exploitation Subvention AUSPE d’Eau et d’Assainissement
D’OUVRAGE Frais du suivi SPE
(Rémunération SAC/SPE)
Délégataire Commune

CGPE

Recettes

du SPE

Abonnés et
utilisateurs de BF

Cas des PC, PMH et forages artésiens

Compte bancaire :
Charges Provision pour Provision pour
d’exploitation renouvellement renouvellement

CGPE

Recettes
du SPE

Utilisateurs
2.4.2. Principe de la tarification selon le niveau de service

La différenciation sera plutôt fondée sur le niveau de service et de confort. Le principe est donc de
majorer le coût du service à chaque fois que le niveau de service ou du confort est amélioré. La
majoration sera au moins de 10% entre le prix à la BF et le branchement Privés (ces recettes
supplémentaires se répartiront entre le Maitre d’Ouvrage et le délégataire en prenant en compte les
charges supplémentaires de l’exploitation (relevé des compteurs, facturation…) ; cette répartition pourra
se faire à part égale.

Les tarifs sont élaborés en toute transparence. Ils sont fixés par décision de la Commune (sur la base d’un
compte d’exploitation prévisionnel).

Les tarifs sont soumis à l’approbation des services déconcentrés de l’hydraulique avant leur entrée en
vigueur. Ils sont donc formellement approuvés par écrit par les services déconcentrés de l’hydraulique
avant que leur application ne devienne effective.

2.4.3. Les principes de gestion des différents comptes


Une comptabilité analytique sera mise en place pour permettre la maîtrise de la situation financière
par mini-AEP, PEA et SPP : (i) les recettes par nature et par système, (ii) les dépenses par nature et
par système, et (iii) la situation financière détaillée par système (ressources disponibles, emplois et
solde de trésorerie).
Principes et modalités transitoires de gestion des fonds

Modalités Principes
Compte : SMEA : Part Maître Le délégataire collecte pour le compte du Maître d’Ouvrage
d’Ouvrage «PMO» sa part de la redevance ;
Mutualisation au niveau communal des PMO collectées par
système ;
Tenue d’une comptabilité analytique par nature de recettes
et de dépenses et par système.
Compte : Fonds de Renouvellement Part destinée à sécuriser les fonds nécessaires au petit
et d’Extension « FRE» renouvellement (équipements d’une durée de vie inférieur à
20 ans) ;
La gestion du fonds FRE n’est pas confiée au délégataire ;
La Commune est responsable de la mobilisation d’une
provision suffisante et fixe le montant de la quote-part FRE ;
Mutualisation au niveau communal des provisions
collectées par système ;
Tenue d’une comptabilité analytique par nature de recettes,
par dépenses et par systèmes.

Règles de gestion des fonds

Compte Règles de gestion


Compte : SMEA : Part Maître Un compte bancaire est ouvert dans une banque commerciale ;
d’Ouvrage «PMO» Principe de double signature (le maire et l’élu en charge des
questions d’eau et d’assainissement ou l’employé en charge de ces
questions) ;
Dépenses éligibles :
 Le développement du service de l’eau et de
l’assainissement ;
 La rémunération des prestations du SAC/SPE
contracté par la Commune ;
 Les subventions accordées aux AUSPE ;
 Les autres frais de gestion et de contrôle effectué par
le service municipal de l’eau et de l’assainissement ;
 Les frais bancaires assujettis au compte
Provisionnement du fonds :
 Le compte est approvisionné mensuellement, au plus
tard le 10 du mois suivant le mois considéré par le
délégataire ;
 des pénalités de 2% seront appliquées par semaine
de retard ;
 le compte est approvisionné aussi des intérêts
éventuels du compte
Actualisation :
 Suivre l’évolution de l’assiette de facturation ;
 Suivre l’augmentation des charges de la commune
Un compte bancaire ouvert dans une banque commerciale ;
Compte : Fonds de Principe de double signature de l’autorité délégante et d’un
Renouvellement et représentant des AUSPE ;
d’Extension « FRE» Accord écrit du service déconcentré du Ministère de
l’Hydraulique ;
Dépenses éligibles :
 Le Fonds ne peut être mobilisé à d’autres fins que le
développement du service de l’eau ;
 Le renouvellement des infrastructures à charge des
usagers (ceux dont la durée de vie est inférieure ou
égale à 20 ans) ;
 Les renforcements ou les Extensions des
infrastructures destinées à améliorer le service et/ou
à en étendre l’accès à de nouveaux usagers (à
condition que le montant du Fonds représente au
moins 75% de la valeur actuelle de renouvellement
des infrastructures existantes. Uniquement pour la
réalisation de bornes fontaines, les travaux de
branchement sont en effet payés par les
demandeurs.). Une distinction doit être clairement
faite entre le FRE et Fonds de Garantie. En effet, ce
dernier bien que logé sur le compte FRE reste
propriété du délégataire jusqu’à la fin du contrat, il ne
peut en aucun cas être mobilisé pour couvrir les
dépenses relevant du FRE sauf dans les conditions
prévues par le contrat;
 Les frais bancaires assujettis à ce compte.
Provisionnement du fonds :
 Mensuellement, au plus tard le 10 du mois suivant le
mois considéré par le délégataire ;
 Application de pénalité de 2% par semaine de retard ;
 Les intérêts éventuels du compte
Actualisation :
 Suivre l’évolution de l’assiette de facturation ;
 Suivre l’augmentation du coût des équipements ;
 Suivre l’augmentation du périmètre d’affermage
2.5.Fonction de suivi et contrôle du SPE

2.5.1. L’organisation du suivi

Le suivi des services s’organise autour de trois pôles :


- L’état à travers le Ministère de l’hydraulique (DRH, DDH)
- La commune en tant que maître d’ouvrage,
- La structure d’appui conseil (SAC/SPE) qui est un opérateur privé (bureau d’études,
- GIE,)
- La structure de représentation et de défense des intérêts des usagers (AUSPE) alertera le maître
d’ouvrage et le délégataire en cas de dysfonctionnement.

Dix sept (17) indicateurs techniques et financiers ont été adoptés (Arrêté N°116/MEE/LCD/DGH/DL
du 15 octobre 2010) pour le suivi des systèmes de type mini-AEP, PEA et SPP. Les Structures d’Appui
aux Services Publics de l’Eau (SAC/SPE) ont pour mission de collecter et de traiter les données. Elles
sont recrutées par les Communes qui sont regroupées sur la base d’une étude économique afin de
constituer des lots géographiques pertinents.

La Commune est responsable du suivi et du contrôle technique et financier de la gestion.


Le CGPE est tenu d’établir et d’adresser les états de gestion trimestriels du point d’eau, à la
Commune. En outre, tous les ans, avant la fin du mois de Janvier de l’année suivante, un rapport
technique et financier sera transmis à la Commune.

Le suivi et le contrôle du SPE est réalisé sur la base des informations échangées entre les acteurs
mensuellement, semestriellement et annuellement. Les flux d’information peuvent être schématisés
de la façon suivante :
SERVICE DE L’ETAT

Rapport annuel de la
commune Rapport
Fiche mensuelle
semestriel du SAC/SPE
de suivi
Commune

COMMUNE
DELEGATAIRE ET DELEGATAIRE,
CGPE (mini-AEP) CGPE (mini-
Note d’analyse Rapport AEP), AUSPE,
mensuelle annuel AUE et CGPE
(FPMH)
Note d’analyse Fiche mensuelle
mensuelle de suivi
Rapport semestriel
Commune

SAC/SPE
L’ordonnance N° 2010-54 du 17 septembre 2010 portant code général des collectivités territoriales
de la République du Niger en son article 80 alinéas 1 et 2 pose le principe du rapport annuel du
maire.
L’arrêté N°116/MEE/LCD/DGH/DL du 15 octobre 2010 fixant les modalités d’organisation, de
gestion, de suivi et du contrôle du service public d’approvisionnement en eau potable des
populations et du cheptel dans le domaine de l’Hydraulique Rurale au Niger en son article 16
confirme ce principe.
L’article 11 de l’arrêté sus mentionné fait obligation à la commune « de s’assurer l’appui d’une
structure d’appui conseil du service public de l’eau avec laquelle elle signe un contrat de prestation
intellectuelle ».

2.5.2. Les tâches et responsabilités

Les tâches et responsabilités en matière de régulation et suivi se répartissent comme suit :

Tâches et responsabilités Acteurs


Police du secteur
Fixation des principes de recouvrements des coûts et Etat : Ministère de
d’élaboration des tarifs l’hydraulique (DRH,
Appui conseil des acteurs DDH)
Signature d’un contrat de suivi avec le SAC/SPE et
rémunération de la prestation Maître d’ouvrage :
Adoption en conseil municipal des rapports de suivi du communes
SPE et transmission au service de l’Etat
Fixation des tarifs
Diffusion des rapports
Appui et suivi du fonctionnement du SPE (suivi technique et
financier) pour les communes
- Appui conseil à la gestion et à l’exploitation
- Evaluation de performance de l’exploitation (maîtrise des SAC/SPE
dépenses, optimisation des capacités de production)
Visite semestrielle de terrain pour vérifier les pièces comptables et
l’état des équipements
Visite trimestriel du service communal de l’eau pour la gestion
(analyse des données collectées par le service communal,
identification des actions urgentes à engager)
Rapport semestriel sur la gestion des AEP de la commune,
comparant les performances réalisées au niveau de la commune à
celles des autres communes de la même région assistée par ce
SAC/SPE

Outre les acteurs ci-dessus énumérés, la structure de représentation et de défense des intérêts des
usagers (AUSPE) alertera le maître d’ouvrage et le délégataire en cas de dysfonctionnement.

2.5.3. Les rapports

Les modalités de production des différents documents du suivi sont ci-après définies :
Périodicité Type de rapport Date Responsable Destinataire Remarque
Mensuel Note mensuel de 1 semaine SAC/SPE Commune La Commune transmet
synthèse après une copie aux
réception des délégataires
informations
transmises par
la Commune
Semestriel Rapport semestriel Au plus tard le SAC/SPE Commune La Commune transmet
31 Juillet et le une copie aux services
31 Janvier de l’Etat

Annuel Rapport annuel des Au plus tard le délégataire Commune Y compris des gestions
délégataires 31 Mars de déléguées (type AUE-
l’année délégataire)
suivante
Annuel Rapport annuel des Au plus tard le CGPE Commune CGPE (mini-AEP) :
CGPE 31 Mars de équivalent du rapport du
l’année délégataire
suivante
Annuel Rapport annuel des Au plus tard le AUSPE Commune Compte rendu technique
AUSPE 31 Janvier de et financier des activités
l’année confiées par la
suivante Commune dans le cadre
du programme annuel
Annuel Rapport annuel Au plus tard le AUE Commune Compte rendu
des AUE 31 Janvier de financier de l’utilisation
l’année de la quote-part AUE
suivante
Annuel Rapport annuel Au plus tard le CGPE Commune Pour les infrastructures
des CGPE 31 Janvier de de type FPMH :
l’année compte rendu
suivante technique et financier

Annuel Rapport annuel Au plus tard le Commune Service de Le SAC/SPE assiste la


de la Commune 30 Juin de l’Etat Commune
l’année
suivante

BIBLIOGRAPHIE CONSULTEE

1. Guide national d’animation des programmes d’hydraulique villageoise 2ème Edition,


Ministère de l’hydraulique, octobre 1992 ;
2. Guide des services d’AEP en hydraulique rurale au Niger, Edition 2010, Ministère de l’Eau, de
l’Environnement et de la lutte Contre la désertification, octobre 2010 ;
3. Code de l’eau au Niger, Ministère de l’Eau, de l’Environnement et de la lutte Contre la
désertification, avril 2010 ;
4. Code Général des collectivités territoriales, Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Public, de
la Décentralisation et des Affaires Religieuses, septembre 2010 ;
5. Le recueil des outils règlementaires d’application du guide des services d’AEP, Edition 2010,
Ministère de l’Hydraulique et de l’Environnement octobre 2010