Vous êtes sur la page 1sur 4

D@claration du President du Conseil de s6curit6

Le Conseil de s6curit6 demeure profond6ment pr6occup6 par la situation politique au


Burundi, la lenteur des progrÿs dons le dialogue interburundais engagÿ sous les auspices de la
Communautÿ d'Afrique de I'Est (CAE) et I'immobitisme du Gouvernement burundais ÿ cet ÿgard. II
rappelle sa dÿclaration S/PRST/2017/13.

Le Conseil salue et appuie I'engagement qu'ont de nouveau pris I'Union africaine et la CAE,
Iors du 30e Sommet de I'Union africaine et du 19e Sommet de la CAE, de trouver une solution
pacifique ÿ la situation politique au Burundi grace ÿ un dialogue ouvert ÿ tous, sur la base de I'Accord
d'Arusha du 28 ao0t 2000 et de la Constitution du Burundi, et rÿaffirme son appui ÿ la facilitation
dirigÿe par I'ancien President B. Mkapa, sous la mÿdiation du President Museveni. II demeure
profondÿment prÿoccupÿ par la lenteur des progrÿs rÿalisÿs dons le cadre de ce dialogue et
demande ÿ toutes les parties prenantes burundaises de prendre part activement et sans conditions
au processus. II est crucial que toutes les parties, et plus particuli&rement le Gouvernement,
s'engagent en faveur du processus menÿ sous les auspices de la CEA et parviennent ÿ un accord
avant les ÿlections qui se tiendront en 2020. Le Conseil souligne en outre que le dialogue est le seul
processus viable en vue d'un rÿglement politique durable au Burundi.

Le Conseil souligne qu'il importe au plus haut point de respecter, dans la lettre et dons
I'esprit, I'Accord d'Arusha, qui a aidÿ le Burundi ÿ connakre une dÿcennie de paix, et s'inquiÿte de ce
que la situation qui rÿgne au Burundi porte gravement atteinte aux progrÿs notables rÿalisÿs grace
I'Accord d'Arusha, ce qui a des consequences dÿsastreuses au Burundi et dons la rÿgion. II exhorte les
garants de I'Accord ÿ s'acquitter de leurs obligations ÿ cet ÿgard, pour s'assurer du respect de
l'Accord dons son intÿgralitÿ.

Le Conseil demande ÿ I'Organisation des Nations Unies, ÿ I'Union africaine, ÿ la CAE, ÿ la


Conference internationale sur la rÿgion des Grands Lacs et aux garants de I'Accord d'Arusha de
coordonner leurs efforts pour aider les parties prenantes burundaises ÿ rÿgler les questions en
suspens dans I'application de I'Accord d'Arusha. II note avec appreciation que I'Union africaine s'est
dite prate ÿ dÿpÿcher au Burundi son Comitÿ de haut niveau des chefs d'lÿtat.

Le Conseil rÿaffirme qu'il est fermement attachÿ ÿ la souverainetÿ, ÿ I'indÿpendance


politique, ÿ I'intÿgritÿ territoriale et ÿ I'unitÿ du Burundi. II souligne qu'il importe d'appliquer I'Accord
d'Arusha, demande aux autoritÿs burundaises de prendre toutes les initiatives politiques en se
fondant sur un large consensus de toutes les parties prenantes, lequel requiert des conditions
politiques et de sÿcuritÿ qui inspirent confiance ÿ tousles acteurs politiques et, ÿ cet ÿgard, appuie
avec force la dÿcision que I'Union africaine a prise ÿ son 30ÿ Sommet. I1 affirme que toutes ces
conditions sont un prÿalable aux initiatives politiques prÿvues.

Le Conseil demande aux Etats de la rÿgion de contribuer & trouver une solution politique ÿ la
situation qui rÿgne au Burundi, de s'abstenir de toute ingÿrence, notamment de n'appuyer les
activitÿs des mouvements arm,s d'aucune mani#re, et de respecter les obligations que leur impose
le droit international, et rappelle ÿ cet 6gard les engagements qu'ils ont pris dons l'Accord-cadre pour
la paix, la sÿcuritÿ et la cooperation pour la R6publique dÿmocratique du Congo et la rÿgion et la
Convention de Z951 relative au statut des rÿfugiÿs.
Le Conseil exprime I'espoir que les 61ections pr6vues pour 2020 au Burundi seront libres,
r6guliÿres, transparentes, pacifiques et pleinement ouvertes ÿ tous, avec la participation de tousles
partis politiques et une participation pleine et ÿgate des femmes & I'ensemble du processus. II
souligne 6galement que pour permettre la tenue d'61ections cr6dibles, il faudra pouvoir compter sur
des am61iorations consid6rables de la situation politique et de la situation des droits de I'homme, en
particulier pour ce qui est des libert6s fondamentales, notamment la libert6 de la presse et la libert6
des acteurs de la soci6t6 civile, comme les d6fenseurs des droits de I'homme, ainsi que sur des
progrÿs dans la r6conciliation.

Le Conseil exprime sa vive pr6occupation face & la d6gradation persistante de la situation


humanitaire, avec pros de 180 000 personnes d6plac6es, 3,6 millions de personnes dans le besoin et
plus de 429 000 Burundais cherchant refuge dans les pays voisins, salue les pays h6tes pour leurs
efforts et demande aux gouvernements de la r6gion de s'assurer que la d6cision de retour est
volontaire et prise en connaissance de cause et que le retour se fait dans la s6curit6 et dans la
dignit6.

Le Conseil constate qu'un certain nombre de partenaires bilat6raux et multilat6raux ont


suspendu leur aide financiÿre et technique au Gouvernement burundais, compte tenu de la situation
au Burundi, et encourage les partenaires bilat6raux et multilat6raux et le Gouvernement burundais
poursuivre leur dialogue afin que le Gouvernement burundais cr6e des conditions propices & la
reprise de I'assistance. II se f61icite que I'aide apport6e par les partenaires bilat6raux et multilat6raux
am6tiore la situation humanitaire et demande aux lÿtat Membres de continuer d'aider ÿ r6pondre aux
besoins humanitaires dans le pays.

Le Conseil condamne fermement toutes les violations des droits de I'homme ou atteintes
ces droits perp6tr6es au Burundi, quels qu'en soient les auteurs, yÿ compris les ex6cu;dons
extrajudiciaires, les violences sexuelles, les arrestations et d6tentions arbitraires, y compris celles qui
touchent des enfants, les disparitions forc6es, les actes de torture et autres traitements cruels,
inhumains ou d6gradants, les actes de harc&lement et d'intimidation commis contre les organisations
de la soci6t6 civite et les journalistes et la restriction des libert6s fondamentales, ainsi que le recours
aveugle aux attaques & la grenade, particuliÿrement contre des civils.

Le Conseil r6affirme que c'est au Gouvernement burundais qu'il incombe au premier chef
d'assurer la s6curitÿ sur son territoire et de prot6ger sa population, dans le respect de 1'6tat de droit,
des droits de I'homme et du droit international humanitaire, selon qu'il convient. II exhorte le
Gouvernement burundais ÿ respecter, prot6ger et garantir le respect des droits de I'homme et des
libert6s fondamentales pour tous, conformÿment ÿ la Constitution du pays et ÿ ses obligations
internationales, ÿ adh6rer ÿ 1'6tat de droit, ÿ traduire en justice et ÿ faire r6pondre de leurs actes
tous les responsables de violations du droit international humanitaire ou de violations des droits de
I'homme et d'atteintes & ces droits, selon qu'il convient, notamment les violences sexuelles et toutes
les violations,et atteintes commises contre des enfants, y compris les membres des forces de s6curit6
et de partis politiques.

Le Conseil note les mesures prises par le Gouvernement burundais pour lever les
interdictions visant certaines organisations de la soci6t6 civile, annuler des mandats d'arr6t et lib6rer
un certain nombre de d6tenus comme suite ÿ la grace pr6sidentietle du 31 d6cembre 2017. I1 exhorte
le Gouvernement burundais & prendre d'autres mesures pour prot6ger et garantir les droits de
t'homme et les libertÿs fondamentales pour tous, et assurer leur respect, conform6ment ÿ la
Constitution du pays et g ses obligations internationales.

Le Conseil regrette & nouveau que le Gouvernement burundais ait suspendu route
cooperation et route collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de
I'homme, present dans le pays depuis 1995 pour renforcer les institutions qui ceuvrent en faveur de
I'ÿtat de droit au Burundi, et demande au Haut-Commissariat et au Gouvernement de dialoguer afin
de trouver rapidement une solution permettant au Haut-Commissariat de reprendre pleinement ses
activitÿs, notamment de surveillance et de communication de I'information, et de s'acquitter de son
mandat. II rappelle que le Gouvernement burundais s'est engag6 # la 36ÿ session du Conseil des
droits de I'homme & r6tablir la pleine coop6ration mutuelle avec le Conseil des droits de I'homme et
le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de I'homme, notamment la pleine cooperation
avec le Bureau du Haut-Commissariat & Bujumbura, et ÿ accepter la visite d'une 6quipe de trois
experts du Haut-Commissariat charg6e de collecter des informations sur la situation des droits de
I'homme au Burundi. II note que les ÿchanges & propos des rÿvisions & apporter au projet de
mÿmorandum d'accord entre la Rÿpublique du Burundi et I'Organisation des Nations Unies
concernant I'actualisation du mandat du Bureau du Haut-Commissariat au Burundi se poursuivent
depuis plus d'un an et exhorte le Gouvernement burundais ÿ finaliser I'accord avec le Haut-
Commissariat sans plus tarder.

Le Conseil se dÿclare de nouveau pr6occup6 par les retards importants pris dons le
dÿploiement des observateurs des droits de I'homme et des experts militaires de I'Union africaine. II
appuie la demande de I'Union africaine tendant ÿ ce que le mÿmorandum d'accord concernant les
activit6s de ses observateurs des droits de I'homme et experts militaires soit rapidement signÿ, ce
qui leur permettra de mener pleinement dons le pays les tÿches pr6vues dans leur mandat.

Le Conseil salue la contribution des soldats de la paix burundais servant dans les operations
de maintien de la paix des Nations Unies et celles dirigÿes par I'Union africaine, et souligne
nouveau qu'il importe de respecter les normes de I'Organisation des Nations Unies.

Le Conseil exhorte le Gouvernement burundais ÿ renouer les liens avec les partenaires
internationaux, en particulier I'Organisation des Nations Unies, d'une maniÿre constructive et dans
un esprit de confiance mutuelle. II renouvelle son plein appui au Secrÿtaire gÿnÿral et & son Envoyÿ
special darts les efforts qu'ils dÿploient pour engager le dialogue et collaborer avec le Gouvernement
burundais pour aider & sortir de I'impasse politique actuelle et favoriser un processus de
r6conciliation ouvert ÿ tous. Ilprie par ailleurs le Secrÿtaire gÿn6ral et le Gouvernement burundais de
parachever et d'appliquer I'Accord sur le statut de Ja mission pour le Bureau de I'Envoyÿ special, de
faÿon & ceuvrer avec le Gouvernement burundais et les autres parties prenantes concernÿes en
faveur du dialogue interburundais tenu sous les auspices de la Communautÿ d'Afrique de I'Est dans
les domaines de la sÿcurit6 et de I'ÿtat de droit, ÿ dialoguer avec routes les parties prenantes & la
crise et ÿ oeuvrer avec toutes les parties burundaises ÿ I'ÿlaboration de mesures de confiance, en vue
d'amÿliorer ta situation des droits de I'homme et les conditions de sÿcuritÿ et d'instaurer un climat
propice au dialogue politique. II se fÿlicite de la participation active de la formation Burundi de la
Commission de consolidation de la paix, qui sert de plateforme viable pour le dialogue entre le
Burundi et ses partenaires, en suivant une approche globale pour rÿgler la situation politique et
socio-6conomique.
Le Conseil est d6termin6 ÿ continuer de suivre de pros ta situation au Burundi.