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HYDRAULIQUE URBAINE

Alimentation en eau potable et réseau d’assainissement

GC2 2014-2015

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• Le cours d'alimentation en eau potable est actuellement une partie:

- du module d'Hydraulique Urbaine, dont les prérequis sont les


modules de Mécanique des Fluides,
- d'Hydraulique Générale et d'Hydrologie.

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Plan du Module – Session Printemps 2015

Partie 1: A.E.P

1. Généralité sur l’A.E.P


2. Besoin en eau et détermination des débits
3. Origine et captage des eaux
4. Etude des conduites d’adduction
5. Réservoirs et distribution des eaux de consommation

Partie 2: Réseau d’assainissement urbain

1. Introduction à l’assainissement
2. Evaluation des débits des eaux usées
3. Détermination des débits d’eaux pluviales
4. Dimensionnement des réseaux d’assainissement
5. Eléments constitutifs des réseaux d’assainissement

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Organisation
• 24 heures CM (TD ??)

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Objet de l’hydraulique :

• L’hydraulique est la science et la technique qui étudie l’eau sous


l’aspect aussi bien statique que dynamique.

• Elle essai de décrire, analyser et expliquer un certain nombre de


phénomènes ou propriétés à travers des lois connues de
sciences exactes (mécanique, chimie, thermodynamique…).

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Qu’est-ce que l’Hydraulique à surface libre

• Application de la mécanique des fluides aux écoulements en milieu


naturel (ex. canaux, conduites)
• Ecoulement à surface libre: en contact avec l’air (généralement au
repos, à la pression atmosphérique)
• Exemples:

- naturels: torrents, rivières, fleuves, estuaires,…(chute, confluents)


- construits: canaux de navigation, d’irrigation… réseau et conduites
d’égouttage, déversoirs, structures hydrauliques
- variations extrêmes de débits: entre sécheresse et crue
- capacité érosive de l’écoulement

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Chapitre 1: notions de base

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Hydraulique urbaine
Alimentation en Eau Potable

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• Vous êtes un ingénieur, on vous propose la question suivante. On
attend de vous des réponses précises.

→ Quelles sont les étapes par lesquelles passe un projet d’AEP ?

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Objectif

• Dans ce cours on se propose de mettre le point sur les différents


éléments (connaissances théoriques et pratiques) nécessaires pour la
conception et le dimensionnement d’un réseau d’Alimentation en Eau
Potable (AEP).

On va y traiter les volets suivants:

• L’évaluation des dotation ou besoins unitaires pour chaque type


de consommateur.
• Les ressources en eau disponibles
• Adduction des eaux
• Système de distribution des eaux: critères de conception et de
dimensionnement d’un réseau d’AEP, gestion de l’efficacité et de
l’entretien.

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 Dans cette partie du module, nous présentons les méthodes de calcul des
ouvrages nécessaires pour alimenter une agglomération en eau potable:

• Consommation spécifique et estimation des besoins en eau


potable, consommation de pointe, ressources en eau,
• Captage des eaux de surface et des eaux souterraines,
• Conception et calcul des réseaux d'adduction gravitaire et par
refoulement, caractéristiques et choix des pompes, choix du
diamètre économique, protection des conduites contre les coups
de bélier,
• Conception et calcul des réseaux ramifiés et maillés de
distribution d'eau, réservoirs d'eau, château d'eau et ouvrages
annexes.

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La conception générale d’un réseau d’eau potable

• Le schéma général d'une installation de distribution d'eau dépend du type


de la source d'eau exploitée.

• Cette source peut être:

- une Rivière (une eau généralement douce, avec une salinité


inférieure à 1 g/l),
- un Barrage (une eau généralement douce),
- une Nappe Souterraine (une eau douce, ou
- une eau saumâtre dont la salinité est entre 2 à 7 g/l) ou la Mer (eau
salée à environ 35g/l).

• L'eau souterraine (de la nappe) douce ne nécessite généralement pas de


traitement.

• L'eau de surface (des rivières ou des barrages), par contre, nécessite un


traitement physico-chimique pour la rendre potable. L'eau saumâtre (l'eau
de nappe salée ou l'eau de mer) nécessite un traitement spécifique (le
dessalement) pour ramener la salinité à moins de 1 g/l.
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• En toute généralité, un dispositif d’alimentation en eau potable
comporte les différentes parties suivante:

- un captage;
- une conduite d’adduction qui conduit l’eau par gravité vers une
station de pompage via une station de traitement;
- une station de pompage refoulant l’eau vers un réservoir;
- une conduite de refoulement aussi appelé ‘’feeder’’ allant de la
station de pompage au réservoir;
- un réservoir;
- un réseau de distribution.

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 Cycle artificiel de l'eau

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Canevas du cours théorique

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Constructions hydrauliques :
vie quotidienne

- Captage
- Adduction
- Stockage
- Epuration

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Fonctions des installations
• Captage ou prise :
- D'origine superficielle : lac, barrage, oued, mer ...
- D'origine souterraine : nappe, source ...

• Traitement des eaux :

• Conduite d'amenée : Conduite qui transporte l'eau entre la station de traitement et le


réservoir de stockage.
- Gravité, si le niveau de la station de traitement ( ou captage) est supérieur au
niveau du réservoir (conduite d'adduction).
- Refoulement si le niveau de la S.T (ou captage) est inférieur au niveau du
réservoir (conduite de refoulement).

• Accumulation : L'accumulation des eaux (ou stockage) s'effectue dans des réservoirs
pour assurer la régularité du débit capté et pour avoir des réserves d'eau en cas
d'indisponibilité de la conduite d'amenée.

• Réseau de distribution : Une série de conduites qui desservent les différents


consommateurs. L'écoulement de l'eau dans les conduites de distribution se fait le plus
souvent par gravité.

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Hydraulique : caractéristiques du cours d’eau

- La pente (moteur de l’écoulement)


- Sans unité. Caractéristique intrinsèque d’un
cours d’eau.
- Quantifie la dénivellation du cours d’eau
par unité de longueur.
- Influence directement l’écoulement.

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Hydraulique : caractéristiques du cours d’eau

- Rugosité / frottement (résistance à


l’écoulement).
- Unités très variables (dépend de la loi
caractéristique utilisée).
- Quantifie la rugosité du fond et des berges du
cours d’eau .
- Généralement caractéristique intrinsèque du
cours d’eau .

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 Usages fondamentaux de l'eau
Trois catégories de consommation :
 Domestique
 Publiques
 Industrielles, touristiques ...

 Consommation domestique :
Eau destinée aux besoins domestiques qui sont :
 Usages domestiques ( boissons, lavage, douche, WC, ...)
 Arrosage des jardins

 Consommation publique :
 C’est une eau destinée aux équipements publiques tels que les
écoles, les administrations, les hôpitaux ...

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 Consommation industrielle :
L'eau des industries est consommée de deux façons :
 Matière première
 Refroidissement
 La consommation dépend de la nature de l'industrie.

 Consommation touristique :
Il s’agit de la consommation des établissements touristiques :
hôtels, campings ...

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EVALUATION DES BESOINS EN EAU

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Calcul des besoins en eau
et détermination des débits aux noeuds

• Calcul des besoins en eau potable


• Application pour le calcul des besoins en eau
• Détermination des débits aux noeuds
• Application pour le calcul des besoins aux noeuds

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Critères généraux

1. Faut-il prendre en compte tous les besoins?

2. Peut-on agir sur la demande en eau potable?

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Paramètres régissant un besoin en eau :

Un besoin en eau quel qu'en soit la nature est exprimé par le biais de deux
grandeurs : la quantité et la qualité.
- la quantité est exprimée par le débit.
Le débit est le volume s’écoulant par unité de temps (Q = V/t), il s’exprime
en m3/s.
Exemple : écoulement dans une conduite cylindrique

- la qualité de l’eau dépend de l’usage prévu.

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Evaluation des besoins en eau

- Au Maroc, le secteur d’alimentation en eau potable a connu une réelle


dynamique et une augmentation importante de l’accès à l’eau.

- Au Maroc, c’est l’ONEP qui est chargé de la fourniture de l’eau potable


sur tout le territoire Marocain, notamment en milieu urbain.

- Elle est aussi chargée de l’exploitation, de l’entretien et de


renouvellement des installations de captage de traitement de transport
et de distribution de l’eau.

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• L’évaluation des besoins en eau constitue la première phase dans la
conception d’un projet hydraulique. (Eau potable, irrigation,
industrie). C’est à partir des besoins calculés qu’un
dimensionnement des différents organes peut se faire (pompes,
conduites, châteaux d’eau... etc).

• Les besoins sont variables dans le temps, il y a lieu de cerner cette


évolution dans le temps.

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• Les besoins moyens en milieu urbain Marocain sont de l’ordre de 80 à
150 l/j/habitant (ville moyenne à grande ville). En milieu rural, ils sont
de l’ordre de 30 à 40 l/j/habitant.

• A côté des besoins moyens, on définit les besoins de pointe. (Périodes


de forte demande).En milieu urbain par exemple, on prend souvent un
coefficient de pointe journalier qui est de l’ordre de 1,5 (jour de plus
forte demande).

• On parle également du débit de pointe horaire. (Heure la plus


chargée), on prend souvent un coefficient de pointe horaire de 2 à 3.

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 Calcul des besoins en eau

- Différents types de besoins en eau


→ Il existe trois niveaux de besoins en eau :

• Consommation: Quantité d’eau consommée par l’ensemble des


utilisateurs (Vcons)
• Distribution : Quantité deau distribuée à partir du (des) réservoir(s) (
Vdist)
Vdist = Vcons/Rendement réseau
• Production: Quantité d’eau produite = Quantité prélevée à partir du
captage – perte au niveau de la production (Vprod)
Vprod = Vdist/Rendement adduction = Vcons/Rendement global

 Le rendement global est le produit des rendements du


réseau de distribution et de l’adduction.

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 Calcul des besoins de consommation

Une distribution doit satisfaire aux besoins de ceux qu’elle dessert.


Ces besoins sont variés, ils peuvent être classés en :

- Besoins domestiques
- Besoins des administrations
- Besoins industriels
- Etc …

Les besoins de consommation sont calculés par l’expression suivante :


Vcons = DOT_ PB x PB + DOT_ PNB x PNB + DA x P + DI x P

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Historiquement, à cause de la nécessité absolue de l’eau pour la vie
humaine directement ou indirectement (pour l’élevage des animaux et pour
l’agriculture), les anciennes villes ont été conçues:

- Soit près des rivières (comme les grandes villes du monde),


- Soit près des sources naturelles ou des puits,
- Soit alimentées par des aqueducs, des citernes ou un autre moyen.

Notons qu’il y avait en général suffisamment d’eau propre (potable)


naturellement pour satisfaire les besoins qui était relativement faibles.

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Actuellement, du fait de:

• L’accroissement de la population,
• L’évolution du niveau de vie,
• Le développement de l’agriculture (engrais, mécanisation)
• Le développement de l’industrie,

d’une part, la consommation d’eau a grimpé et, d’autre part, la pollution


rejetée dans la nature a largement augmenté. Ainsi, l’eau propre
naturellement est devenue de plus en plus rare et même absente dans
quelques régions.

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 Deux types d’ouvrages sont devenues alors nécessaires: les stations
de traitement des eaux de surface, et les stations d’épuration des eaux
usées. Ainsi, avant d’alimenter en eau potable une agglomération, il faut
répondre à une série de question:

- Les besoins en eau?


- La source d’eau?
- La qualité de cette eau?
- Le traitement nécessaire?
- Le mode de transport (adduction)?
- Le réseau de distribution?
- Le réseau d’assainissement des eaux usées?
- Le degré de pollution des eaux usées?
- L’épuration de ces eaux?
- Le rejet des eaux usées?

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Cycle de l’eau dans les activités urbaines

• Les consommations d’eau sont classées en fonction des besoins spécifiques


de chaque groupe de consommateur. On distingue 4 catégories de
consommation de l’eau:

- la consommation domestique: c’est la consommation en eau de la population


branchée au réseau ou non branchée mais qui profite des bornes fontaines pour
s’alimenter en eau. Il s’agit donc de l’eau utilisée pour les besoins personnels
d’alimentation et d’hygiène et autres utilisations moins essentielles comme le lavage
de bien et l’arrosage?
- la consommation industrielle: elle correspond aux besoins en eau des
établissements industriels implantés dans la ville. Elle est difficile à évacuer, car il
existe une grande variation de consommation selon le type d’entreprise.
- la consommation touristique: c’est la consommation des locaux administratifs
et commerciaux, installations militaires, établissement scolaires et médicaux,
appareil publics et installation municipales.
- la consommation collective: la consommation touristique englobe la
consommation de toutes les infrastructures touristiques telles que les hôtels
classés, les complexes touristiques et les villages de vacances.

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Facteurs affectant la consommation

- Perte dans le réseau et gaspillage;


- Installation de compteurs d’eau;
- Pression disponible;
- Type d’industries installées sur le territoire de la localité;
- Qualité de l’eau;
- Coût;
- Importance de la ville;
- Richesse de la population (niveau de vie);
- Climat;
- Branché ou non branché.

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Evaluation des besoins en eau

a. Consommation unitaire et globale (l/j/hab)

Rapport de la production moyenne journalière et de la population totale


desservie.

CUG = Volume annuel/Nombre d’habitants/365jours

b. Consommation moyenne annuelle (m3/an)

Volume d’eau consommée pendant 1 an

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Estimation des besoins en eau:

• Bien que, dans certains pays, quelques réglementations existent visant à


fixer les demandes en eau potable, la quantification rigoureuse de ces
demandes repose généralement sur des statistiques.

Evaluation des besoins unitaires actuels par catégories de


consommation

• La consommation domestique moyenne est généralement rapportée au


nombre d'habitants, elle est alors exprimée en litres par jour et par habitant
(en l/jour/hab). Cette consommation varie en fonction de plusieurs
facteurs: le niveau de vie, les habitudes, la disponibilité de l'eau, le climat,
le prix de l'eau, la forme de la fourniture de l'eau (alimentation individuelle
ou borne fontaine), etc.

• D'autre part, elle évolue d'une année à l'autre, en liaison avec l'évolution
du niveau de vie.

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Les besoins domestiques d'une agglomération quelconque peuvent être
estimés par:

• soit des statistiques, qui concernent la consommation moyenne et


son évolution annuelle, ainsi que le nombre total d'habitants et le taux
annuel d'accroissement de la population. Ceci n'est possible que pour
une agglomération qui est déjà alimentée en eau potable.

• soit en comparaison avec d'autres agglomérations qui sont jugées


comparables, surtout en ce qui concerne le niveau de vie et le climat,
et pour lesquelles des données statistiques sont disponibles. Une
petite enquête permet alors de connaître le nombre d'habitants.

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• Dotation de la population branchée = consommation de la population
branchée / Population branchée

On peut admettre une dotation de 40 à 65l/j/hab en milieu rural et 80 à


120l/j/hab

• Dotation de la population non branchée = consommation des bornes


fontaines / Population non branchée

On peut admettre une dotation de 20 à 40l/j/hab

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Evaluation des besoins globaux

• Pour évaluer avec précision les besoins en eau potable d’une


agglomération quelconque, un recensement précis et complet de
l’ensemble des équipements socio-économique qui caractérisent
l’agglomération est nécessaire.

• Ce recensement est complété par une étude qui porte sur :


- Les données démographiques et urbanistiques;
- Les données économiques.
- Les équipements socio-économiques.

• La consommation totale C(n) relative à l’année n d’une


agglomération peut-être évaluée en connaissant:
- Le taux de branchement (%).
- La population totale
- La dotation de la population non branchée
- La consommation collective, industrielle, touristique.

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Prévision de la consommation en eau

• Une fois les besoins unitaires (dotations) par usage sont évalués, le
calcul des besoins globaux actuels et leur répartition dans l’espace
sera fait sur la base du plan d’aménagement et de la répartition de la
population actuelle entre les différents tissus urbanistiques.

• Les besoins et le nombre des usagers augmentent dans le temps,


alors que la durée de vie d’un réseau d’AEP est de l’ordre de 40 an
pour les canalisations et de 25 ans pour les pièces spéciales
(raccords, joints, tés…) et la robinetterie.

• Si on dimensionne un réseau d’AEP pour les besoins actuels, il sera


saturé après quelques années de mise en service, alors il faut le
dimensionner pour un future proche ou lointain avec des approches
dont seul l’ingénieur concepteur est responsable.

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• Avant de projeter un réseau d’AEP, on est amené à étudier l’évolution
de la population, et d’analyser le développement urbanistique et
socioéconomique prévu pour pouvoir finalement effectuer un choix en
matière de satisfaction des besoins à court, moyen ou long terme.

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Etude de l’évolution de la population
• Il est indispensable d’effectuer une étude démographique pour cerner
l’évolution de l’agglomération en se basant sur les résultats des
recensements officiels, des enquêtes réalisés et des résultats et
recommandations des études du plan directeur d’aménagement urbain.

• L’étude de l’évolution de la population des agglomérations est basée sur


les statistiques des recensements nationaux.

• Le nombre d’habitats futurs (à l’année de projet) dans une agglomération


urbaine, N est de déterminer par la formule suivante

N = N0 ( 1 + a )n

Où N: est le nombre d'habitants en une année quelconque.


a: est le taux d'accroissement annuel de la population.
n: est le nombre d'années séparant l'année de N à celle de No.

• Dans le cas où le plan d'aménagement de l'agglomération (ou le plan de


développement futur) est disponible, No sera alors calculé en se basant
sur le plan d'urbanisation prévu.
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Etude de l’évolution des dotations
• En cas de disponibilité de données statistiques de la consommation d’une
agglomération quelconque, la projection future des dotations des
différentes catégories de consommation sera obtenue par la méthode
tendationnelle qui consiste à ajuster les consommations enregistrées
dans le passé par une courbe donnant les besoins en fonction du temps
(année).

• La consommation moyenne future Co, par habitant, est donnée par


la relation suivante:
C = C0 . (1 + b)n

Où: C est la consommation moyenne, par habitant, en une année


quelconque.
b est le taux d'évolution annuelle de la consommation.
n est le nombre d'années séparant l'année de C à celle de Co.

• En cas de non disponibilité de données statistiques fiables, la projection


des besoins futurs en eau sera faite sur la base d’hypothèse pour les
différents paramètres compte tenu des résultats des statistiques d’une
autre agglomération similaire.
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La consommation journalière moyenne totale ( Q j,moy ) de l’année du
projet, de toute l’agglomération est alors:

Q j,moy = N . C

Dans quelques grandes villes, la consommation domestique varie d'un


quartier à un autre (selon le type d'habitation, la densité, le niveau de vie,
etc.). Il faut alors en tenir compte, et prendre des consommations
variables:
Q j,moy = Ni . Ci

Ni . Ci représentent respectivement le nombre d’habitants et la


consommation journalière moyenne par habitant dans le quartier numéros
i

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Coefficient de modulation
• Coefficient de pointe journalière

 Les ouvrages de prise, de traitement et d'adduction d'eau (stations de


pompage, conduites, etc.) doivent être dimensionnés pour pouvoir fournir la
demande journalière maximale (la journée de pointe ou la pointe
journalière), de l'année du projet. On définit alors un coefficient de pointe
journalière K1 :

 La valeur de ce coefficient K1 est, en principe, déterminée à partir des


statistiques sur la variation journalière de la consommation, sur les 365 jours
de l'année. Généralement, cette valeur de K1 varie de 1,3 à 1,6, selon le
climat et les activités estivales de l'agglomération (par exemple, pour une
zone touristique, K1 est proche de 1,6).

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• Coefficient de pointe horaire

 Les ouvrages de distribution d'eau (réseau, réservoirs) doivent être


dimensionnés pour fournir la demande horaire maximale (l'heure de
pointe ou la pointe horaire), de la journée de pointe, de l'année du
projet. On définit aussi un coefficient de pointe horaire K2:

 De même, la valeur du coefficient K2 est déterminée à partir des


statistiques sur la variation horaire de la consommation. Sa valeur
varie de 1,5 à 3,5 , selon l'importance de l'agglomération:

- Pour une Grande Ville K2 = 1,5 à 2


- Pour une Ville Moyenne K2 = 2 à 2,5
- Pour une Zone Rurale K2 = 3 à 3,5

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 Les pertes d'eau:

• Les différentes composantes des pertes d’eau sur un réseau d’A.E.P


sont:

- Volumes détournés.
- Volumes défaut de comptage.
- Volume de fuites (dans le réseau de distribution: branchement,
robinet de prise…)
- Eau de lavage et de nettoyage.
- Eau de vidange (cas de casse de conduite…)

• Pour tenir compte de ces pertes, on définit le coefficient de perte Kp


comme suite:
K3 = volume produit / volume consommé

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• Le volume de ces pertes d'eau dépend de :
- l'âge et l'état du réseau.
- la compétence et l'efficacité du service de maintenance du
réseau (rapidité de détection des fuites, efficacité d'exécution
des travaux, moyens humains, équipement en matériels
adéquats, organisation, etc.).

• En général, la valeur de K3 varie de 1,2 à 1,5:

- K3 = 1,2 ; pour un réseau neuf ou bien entretenu.


- K3 = 1,25 à 1,35; pour un réseau moyennement entretenu.
- K3 = 1,5 ; pour un réseau vétuste ou mal entretenu.

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Le débit de calcul des différents ouvra es du réseau d’A.E.P:

Le débit de calcul dépend alors du type et de l'emplacement de l'ouvrage à


calculer ou à dimensionner.

• Le volume d'eau annuel (Vtot) à prévoir au niveau de la source d'eau (ou


volume capté) :
Vtot = K3. 365. Q j m ; en m3/an

• Le débit de dimensionnement et/ou de calcul des ouvrages d'adduction


(station de pompage, station de traitement, réservoirs, conduites
d'adduction, etc.) est égal au débit journalier maximum ( Q j max ) :

Q j max = K3. K1. Q j m ; en m3/an

• Le débit de dimensionnement et/ou de calcul des ouvrages de distribution


(station de pompage, surélévation des réservoirs, réseau de distribution)
est égal au débit horaire maximum ( Q h max ) :
Q h max = K3. K2. K1 . Q j m / 24h; en m3/an

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Débit de pointe journalier :

Qp,j = besoins moyens x Cp,j avec Cp,j = coefficient de pointe journalier.

Débit de pointe horaire :

Qp,h = Qp,j x Cp,h avec Cp,h = coefficient de pointe horaire.

On parle souvent de la notion de rendements qui est liée aux fuites dans le
réseau. On définit ainsi le rendement à la production et le rendement à la
distribution.

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Exemple :
- Rendement à la production : 90%.
- Rendement à la distribution : 80%

• Coefficient de pointe journalière : 1,5.


• Coefficient de pointe horaire : 2

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On définit également les besoins à court terme, moyen terme et long
terme. Le choix des horizons est arbitraire.

Ex : court terme = 2013 ; moyen terme = 2025 ; Long terme = 2050

Dans la conception d’un projet d ‘eau potable .Il faut fixer les paramètres
suivants :

- L’année de référence (année où l’étude se fait)


- L’année de mise en service
- L’horizon de l’étude ou l’année de saturation.

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La consommation d’eau est la partie où volume d’eau réellement utilisé,
c’est un paramètre qu’il faut également cerner à partir de la production.

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• Le débit fictif continu est le débit qui serait théoriquement pompé d’une
manière continue (24h/24h).

• Autrement dit, on transforme un débit instantané qui est pompé pendant


une certaine durée (2h, 4h ou 8h etc.) en un débit durable dans le temps.

• On définit aussi la notion du taux d’accès à l’eau potable : c’est le


pourcentage de la population ayant accès à l’eau potable dans de bonnes
conditions par rapport à la population totale.

• Dans un réseau d’eau potable on définit également le taux de


raccordement ou de branchement au réseau. Comme son nom l’indique,
c’est le pourcentage d’abonnés qui sont branchés sur le réseau.

• Dans un projet, il peur y avoir plusieurs variantes en matière d’alimentation


en eau. Dans de tels cas, il faut procéder à des comparaisons technico-
économiques et faire des calculs concernant le prix de revient du mètre
cube d’eau produit. La variante retenue doit minimiser ce prix de revient.

• Dans un réseau hydraulique, il faut distinguer la partie production (ou


adduction) et la partie distribution.
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Exemple de calcul de besoins en eau

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1/- Dans un puits, on pompe chaque jour un débit Q=15 l/s pendant 10
heures. Quel est le débit fictif continu ?

2/- La production de l’ONEP en eau potable pour la ville d’Al Hoceima


pendant l’année 1995 a été comme suit :

Sachant qu’un abonné représente un foyer de 6 personnes, calculer la


consommation par habitant.

3/- En 1998, la population rurale de la Province d’Al Hoceima ayant accès à


l’eau potable dans de bonnes conditions est de 26649, la population rurale
totale est de 279975, calculer le taux d’accès à l’eau potable en milieu
rural.

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4/- En milieu urbain Marocain (grande ville), la dotation en matière d’eau
potable est en moyenne de l’ordre de 120 l/j/habitant. Une ville compte
50.000 habitant en 2007, calculer les besoins moyens et les besoins de
pointe pour les années 2007, 2015, 2025, 2050, on admet que
l’accroissement démographique est de l’ordre de 1 % annuellement. On
admet également un coefficient de pointe journalier de 1,5.
On suppose que les besoins (120 l/j/habitant) restent constants au cours de
la période étudiée.

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6) Il est prévu de construire un complexe hôtelier dans la région de
Marrakech. Déterminer les besoins en eau touristiques en millions de m3
/an et ce pour les horizons 2010, 2015, 2020, et 2030 à partir des
données suivantes :
- capacité en nombre de lits : 5000
- dotation brute en litre/jour/lit : 300
- taux d’occupation en 2010 : 80%
- taux d’occupation en 2015 : 85%
- taux d’occupation en 2020 : 90%
- taux d’occupation en 2030 : 100%

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