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I. Introduction
1.1 L’eau et la plante :

L’irrigation est un apport d’eau artificiel réalisé sur un terrain cultivé pour entretenir la
croissance des végétaux lorsque l’humidité dans le sol devient insuffisante.

L’irrigation permet aux exploitants :

- une sécurité pour leur revenu


- une pérennisation de leur exploitation en permettant une diversification.

Aujourd’hui, l’irrigation est parfois remise en cause pour des raisons


économiques et environnementales.

II. L’eau et la plante


La plante consomme de l’eau qu’elle rejette par transpiration. La demande en eau
d’une plante est fonction des conditions climatiques. Elle se caractérise par une
évaporation de référence ETP (évapotranspiration potentielle). Pour une culture donnée, il
existe une ETM (évapotranspiration maximale) qui dépend du stade de la plante.
Pour obtenir l’ETM, à partir de l’ETP on utilise un coefficient cultural Kc.

2.1 L’ETP :
C’est une donnée climatique. Elle s’exprime en mm. ETP = rayonnement + vent
- le premier terme est proportionnel au rayonnement
- le deuxième est fonction du pouvoir évaporant de l’air

2.2 Le coefficient cultural Kc :

Le coefficient cultural est différent pour chaque plante. Il est maximum au moment de la
phase de reproduction. Maïs :1,15 Pomme de terre: 1,05

2.3 L’ETM

ETM = Kc x ETP
La forte demande en eau correspond à un Kc supérieur à 1 car l’ETM est maximum. C’est en
général au mois de juillet.
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III. L’eau et le sol

3.1 Les réserves du sol :

Le sol doit se comporter comme un réservoir tampon et libérer l’eau quand la plante en a
besoin. La réserve en eau du sol (RU) est variable selon la texture, la profondeur du sol et
l’enracinement de la plante. Elle s’exprime en mm et se calcule de la façon suivante :

RU = (Hcc - Hpfp) x Da x P
avec : RU : en mm
Hcc et Hpfp : humidités pondérales en %
Da : densité apparente du sol
P : profondeur enracinement en dm

L’eau contenue dans la réserve utile n’est pas accessible aux racines avec la même facilité
d’où la notion de réserve facilement utilisable (RFU).

3.2 Mesures de l’état hydrique du sol :

Les mesures de l’état hydrique du sol permettent de piloter l’irrigation au plus juste. L’état
hydrique s’apprécie de plusieurs façons
- mesure de la teneur en eau
- tensiométrie

3.3 La méthode du bilan hydrique :

Cette méthode permet de déterminer le moment à partir duquel on doit déclencher


l’irrigation. Ce moment se détermine à partir d’un certain nombre de paramètres que l’on
recense dans un tableau.

Exemple de tableau d’un bilan hydrique.


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IV. Les systèmes d’irrigation par aspersion

Pivot

Rampe frontale

Enrouleur

4.1 Le quadrillage total :


Il consiste à déplacer les rampes à la main de poste en poste. Il peut être :
- 1 : mobile,
- 2,3,4 : semi-mobile,
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L’installation comporte une conduite primaire équipée d’une borne. La conduite secondaire
permet d’amener aux rampes secondaires au bout desquelles sont montés des asperseurs.

1 : Conduite primaire 4 : Rampede distribution


2 : Borne d’irrigation 5 : Asperseur rotatif
3 : Conduite secondaire

4.2 La couverture intégrale

Par rapport au quadrillage total, la couverture intégrale est une qui reste fixe pendant
toute la saison d’irrigation. A partir d’une borne d’irrigation, on alimente une conduite
secondaire (espacées tous les 18 ou 24 m) qui achemine l’eau à des asperseurs montés sur
des canalisations.

1 : Borne d’irrigation 3 : Rampes de couverture Ø 32mm


2 : Conduite primaire 4 : Asperseurs
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Le nombre d’ asperseurs par rampe et la longueur de celle-ci dépendent de :
- la pression à la borne d’irrigation
- le débit de chaque asperseur
- l’écartement entre chaque asperseur
- la pente
Les asperseurs doivent travailler à une pression d’environ 3.5 bars.
L’investissement d’une couverture intégrale est d’environ 1000 €.ha-1

EXEMPLE :

Supposons un maillage : 18 m x 18 m
Asperseurs : Q = 1,7 m3.h-1

-1 débit asperseurs (m3.h-1) x 1000


Pluviométrie horaire (mm.h ) =
maillage (m2)
Calculez la pluviométrie horaire. Si la dose à apporter est de 50 mm, combien de temps
faudra t’il pour irriguer la parcelle.
1,7 x 1000 Si la dose à apporter est de 50
-1
Pluviométrie = = 5,25 mm.h mm, il faudra irriguer pendant
18 x 18
environ 10 heures.
4.3 L’enrouleur :

1 : Bobine 7 : Régulation
2 : Châssis 8 : Chariot
3 : Roues 9 : Système d’accrochage
4 : Tourelle 10 : Système de Trancannage
5 : Turbine 11 : Vanne de surpression
6 : Crémaillère
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Il est constitué d’une bobine qui s’entoure sur une tourelle. La rotation s’effectue
grâce à la pression de l’eau. En bout de la bobine est monté un chariot qui permet
l’irrigation. L’arrêt de la rotation à lieu lorsque le chariot arrive en butée et appuie sur une
barre munie d’un capteur. L’information est transmise à un boîtier qui commande l’arrêt
soit par dépression, soit par surpression. Il représente 70 à 80 % de la surface irriguée en
France.

a) le trancannage : Au fur et à mesure de la rotation de la bobine, le tuyau s’


enroule pour former des spires. L’enroulement doit être régulier est synchronisé
avec le régime de rotation de la bobine. Il existe 2 types de trancannage : par
chaîne ou par vis sans fin.

b) le canon :

Il permet d’arroser en cercles complets. Il en existe 2 types :

- Retour rapide : qui arrosent dans le sens des aiguilles d’une montre et qui
reviennent brutalement
- Retour lent : qui arrosent dans les deux sens à l’aller et au retour.

Les débits obtenus avec ces matériels sont importants : 10 à 130 m3.h-1 avec des pressions
allant de 4 à 8 bars.
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1 : Corps
2 : Bras pivotant
3 : Buse
4 : Balancier
5 : Cuillère
6 : Centre poids
7 : Inverseur
8 : Butées d’inversion
9 : Une buse secondaire
10 : Frein

c) Utilisation de l’enrouleur :

1 - Positionnement et ancrage au sol : L’enrouleur au bord de la parcelle.


2 – Mise en place du traîneau
3 – Irrigation
4 – Fin d’irrigation
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4.4 Le pivot

1 : Groupe de pompage 4 : Tours motorisées


2 : Axe de pivot 5 : Porte-à-faux
3 : Rampe 6 : Canon

Le pivot tourne autour d’un axe où arrive l’eau en entraînant une rampe supportée
par des tours. Les tours (espacés de 30 à 60 m) sont entraînés par des moteurs
électriques commandés par le collecteur. L’inconvénient d’un tel dispositif est qu’il n’arrose
qu’une parcelle, en ronds, qui ne doit présenter aucun obstacle et avoir un relief le plus plat
possible. Longueur maxi : environ 800 m. Investissement : 2000 €.ha-1

1 : Dalle bétonnée
2 : Arrivée d’eau
3 : Armoire de commande
4 : Collecteur à balais
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4.5 La rampe frontale :

La structure d’une rampe est la même que celle d’un pivot. Elle se déplace en avançant
droit. L’alimentation en eau se fait soit par pompage direct dans un canal, soit par un tuyau
souple alimenté par une station de pompage.

1 : Portique moteur
2 : Tours motrices
3 : Canon

Le guidage de la rampe se fait soit :


- Câble aérien tendu à 1 m du sol
- Câble électrique enterré
- Sillon tracé au sol

Les rampes fonctionnent en aller retour, ce qui demande d’avoir des parcelles
rectangulaires. Les rampes et les pivots peuvent être équipés avec différents types
d’asperseur
Carter
Joint de Axe Bras
Axe inox
pivot pivot Buse mobile
Ressort du bras
mobile Frein régulateur

Roulement

Joint

Joint de Corps
Rotor
pivot

Ressort Joint

Amenée Manchon
d’eau fileté

Joint
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V. Les systèmes d’irrigation par micro-aspersion

Il comprend des rampes disposées sur le sol alimentant des micro-asperseurs. Elle est
utilisée en maraîchage et arboriculture. Il existe une grande variété de micro-asperseurs
que l’on peut classer en trois catégories
- les micro-jets
- les micro-aperseurs
- les mini-asperseurs

EXEMPLE : Plantation : 4 m x 2 m
Chaque arbre est équipé d’un micro-jet de 30 l.h-1
On suppose les besoins journaliers à 3 mm
La fréquence d’irrigation est de 7 jours

Dose d’irrigation = 3 mm x 7 = 21 mm
nombre de distributeurs/arbre x débit 1 x 30
Pluviométrie = =
densité de plantation 4x2
= 3,75 mm.h-1
Durée d’arrosage = 21
= 5,6 heures
3,75

5.1 Le goutte à goutte :


L’eau est administrée aux plantes quotidiennement à faible dose et faible pression par des
goutteurs qui délivrent l’eau aux racines. Il y a donc moins de pertes par évaporation et les
feuilles restent sèches ce qui évite les maladies.

1 : Pompe 5 : Réglage pression


9 : Electrovanne
2 : Manomètre 6 : Filtre à sable
10 : Programmateur
3 : Vanne de dérivation de débit 7 : Filtre à tamis ≤ 150 µm
4 : Vanne réglage débit 8 : Régulation débit manuelle
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5.2 La fertigation :
La technique consiste
à apporter des engrais
ou des produits
phytosanitaires en
utilisant l’eau pour le
transport. Une pompe
doseuse prélève la
quantité de produit
dans un bac principal
puis la renvoie dans le
circuit d’eau. Cette
solution est donc
répartie dans toute
l’installation puis
redistribuée à chaque
goutte à goutte.

VI. Les pompes

Il existe différents types de pompes que l’on choisi en fonction de la pression


souhaitée et la hauteur de pompage.

6.1 Les pompes de surface :

Elles sont utilisées lorsque la hauteur


d’aspiration ne dépasse pas les 6 à 7 mètres. Suivant le
type d’installation d’irrigation, la pompe doit fournir
une certaine pression à l’entrée du réseau en tenant
compte de la hauteur. C’est la hauteur totale HT qui
s’exprime en mètres de colonne d’eau (m ce) et se
calcule de la façon suivante :

HT = ha + hr + Ja + Jr + (Pr - Pa) 1O,2

ha = hauteur géométrique d’aspiration


hr = hauteur géométrique de refoulement
ha + hr = hauteur géométrique d’élévation
Ja = pertes de charges au refoulement
Pr = pression nécessaire à l’entrée du réseau
Pa = pression au niveau dynamique de l’eau
6.2 Les pompes immergées : Page 13 sur 20

Elles sont utilisées à partir de puits profonds ou de forages


lorsque la hauteur dépasse 7 mètres. Il existe 2 montages
possibles :
- soit la pompe et le moteur sont immergés
- soit la pompe est immergée et le moteur en
surface

Pour ce type de pompe la hauteur totale se calcule de la façon


suivante :

HT = hr – hc + Ja + Jr + (Pr - Pa) 10,2


hc = hauteur géométrique de charge
hr - hc = hauteur géométrique d’élévation.

VII. Dimensionnement d’une installation


Le dimensionnement d’une installation doit tenir compte d’un grand nombre de paramètres
qu’il faut maîtriser car l’irrigation coûte chère. Le dimensionnement consiste à calculer le
débit et la pression nécessaires pour l’installation de la station de pompage.

7.1 Le débit horaire :

L’installation doit couvrir les besoins pendant la période de pointe qui correspond au mois
de juillet. Il se calcule de la façon suivante :

consommation pluies contributions pertes


Débit horaire - 3 - 3
+
3
des plantes (m ) (m ) du sol (m ) (m3)
3 -1 =
d’équipement (m .h )
Temps effectif d’irrigation (h)

 Consommation des plantes

On sait que ETM = ETP x Kc


Pour la région considérée, l’ETP est donnée par la météorologie nationale.

 Les pluies

On se base sur des moyennes à partir de relevés de la station météorologique la plus


proche sur 20 ou 30 ans.

Pour ne pas surdimensionner l’installation, on admet que celle-ci doit couvrir les besoins
8 années sur 10.
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On élimine du relevé les 4 années les. phis sèches (sur 30 ans) et on retient la vale
immédiatement supérieure. (Ex: 23 min)

 Contribution du sol

Pour simplifier les calculs, on considère que la contribution du sol à l’alimentation des
plantes pendant le mois de pointe est nulle pour une RU < 50 mm et égale à 1/3 si RU > 50
mm.

 Pertes

Elles sont variables suivant l’évaporation et le vent et comprises entre 10 et 15 %

 Temps effectif d’irrigation

Il est variable en fonction du parcellaire et du type de matériel utilisé.

On retient les valeurs suivantes :


- 450 heures pour l’enrouleur
- 600 heures pour la couverture intégrale à commande manuelle et le pivot déplaçable
- 700 heures pour la couverture intégrale automatisée et le pivot fixe

EXEMPLE : Remplir la feuille suivante en fonction des données :

Données : Rappel 1 mm = 10 m3.ha-1

Mois de pointe : juillet


ETP : 120 mm
Cultures à irriguer : Maïs 15 ha
Pommes de Terre 5 ha
Pluies : 23 mm
Sol assez profond : Ru = 87 mm
Pertes estimées : 10 %
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7.2 La pression minimale à l’entrée :

Elle dépend du matériel utilisé et de sa taille. Pour chaque système, une pression minimale
à l’asperseur est nécessaire pour répartir uniformément la dose. Par exemple :
- Canons : 5 à 6 bars
- Asperseurs : 2.5 à 4 bars
- Diffuseurs : 1.5 à 2 bars
- Goutteurs : 1 bar

Pour une installation avec un enrouleur la pression se calcule de la façon suivante :

P = P1 + J1 + J2 + J3 + J4 + ΔH
10,2 10,2 10,2 10,2 10,2

P et P1 : en bar (1 bar = 10,2 m de hauteur d’eau)


J1, J2, J3 et ΔH : en mètres

P: pression nécessaire en tête de parcelle


P1 : pression nécessaire au canon
J1 : pertes de charge dans le tube en PE
J2 : pertes de charge pour l’entraînement hydraulique de la bobine
J3 : pertes de charge dans la conduite d’amenée
ΔH : dénivelé de l’installation

Les pertes J1 et J3 sont estimées à partir d’abaques.

Les pertes J2 : 0,5 bar pour un pneuride et 1 bar pour une turbine

Abaque de pertes de charge dans le tube PE


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EXEMPLE : Pour l’exercice précédent, calculez la pression en fonction des données


suivantes et de l’abaque (ce sont les mêmes calculs que le précédent).
On irrigue avec un enrouleur à entraînement par turbine
• Longueur du tube; 500 m
• Diamètre du tube : 110 mm
• Débit : 65 m3.h-1
• Dénivelé : 6 m

Conduite d’amenée en Al d’un diamètre de 4 pouces d’une longueur de 200 m. (on estime les
pertes de charge à 0,5 bar pour 100 m de conduite)

CALCULS :

500 200 6
P = 5 + 0,5 x + 1 + 0,5 x + = 10,1 bars
100 100 10,2

La pression nécessaire à l’entrée de la parcelle est de 10,1 bars. Il faudra ensuite choisir
une pompe adaptée.
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VIII.Choix des composants d’une installation
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Rappels des notions d’hydraulique

 DEBIT :

Q = S x V (avec S = Π x r²) Avec : Q en m3.s-1


r en m
S en m²
V en m.s-1

Le débit est constant tout le long d’une conduite quel que soit son diamètre (Si D
diminue, V augmente et inversement)

 PRESSION :

En hydraulique, la pression s’exprime en hauteur de liquide ou hauteur manométrique.


Pour l’eau, une pression de 1 bar correspond à une hauteur manométrique de 10,2 m ce
(m ce : mètres de colonne d’eau).
Sur un manomètre, on lit la pression relative p.

Prelative = Pabsolue - Patmosphérique

 PUISSANCE HYDRAULIQUE :

Ph = QH x ρ x g Avec : Ph en kW
Q en m3.s-1
g en m.s-2
ρ : 1000 kg.m-3 pour l’eau (Masse Volumique)
QHd
en pratique Ph = Ph en kW
367 Q en m3.h-1
H en m ce
d densité par rapport à l’eau

 RENDEMENT :

η = Puissance hydraulique fournie / Puissance mécanique absorbée


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 PERTES DE CHARGES :

Ce sont des pertes d’énergie occasionnées par le frottement de l’eau dans les
tuyauteries.
Elles s’expriment en m ce (mètres de colonne d’eau)

On distingue :

- Les pertes de charges linéaires :

Elles se produisent le long d’une canalisation. A partir d’abaques on peut facilement les
déterminer, ce qui permet de dimensionner correctement les canalisations.

J = λ.L/D . V2/2g J : pertes de charges en m ce


L : longueur canalisation en m
V : vitesse en m.s-1
D : diamètre en m
g : en m.s-2
λ : Coefficient dépendant du liquide et de la rugosité de
la paroi

- Les pertes de charges singulières :

Elles se produisent dans les tés, coudes, vannes,…


Elles sont également fournies par le constructeur.