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[E 7 iTS 7 L haat ro I ri Te nouvel EUROPE-MAGAZINE Revue mensuelle dite par le CDEP. ondateur: Piere Blanc Rédacteur en Chet EMILE LECERF Direction = Rédection - Admiahtration ‘Rue DEKENS 5 ~ 1ou0 BRUXELLES Ta. O1/736.56.71, ABONNEMENTS Un aa: 700 FB, (tix pour envol par avion sur demande) Pour Peraggr: pax oundat interatonal dread 4 CIDER, 5. Rue Deters, 108) Brancles, pr enequ banca te Su ne banque bale ou pr wansert bancaire SEP 000-00 265 09 3 de Ce Inert tle GEdtiont Popes “CIDE” Eorope Magee ov: Sen $9001 103287 de S.A. CIDEP, Con- finemal Bank, 277, Rue de fab Brome Les articles publits par wle Nouvel Europes Magazine» a'engagent que la responsabilte detears autewse {Ee menuscis on ites ne son pas en- Tous droits réservés su Nouvel EUROPE- MAGAZINE» ‘Nous sommes un des rares organes de presse Ane ps tecepe impor que bite PAR RESPEI POUR NOS LECTEURS PAR RESPECT POUR NOS IDES Vous pouves dts lors faire confance & moe EDITORIAL. L'armée et le putsch On Je constatera, a la lecture de notre dossier, lors de notre enquéte sur l'état actuel de I'armée belge, nous avons pu ous rendre compte qu'elle avait un point commun avec les armées sud- américaines: une grosse (8te pour un petit corps mais ce n'est pour autant, Tassurez-vous, qu’elle soit préte & un utsch militaire, Elle est trop «respec tueuse» pour cela, fonctionnarisée, bureaucratisée, carriérisée. Depuis la scandaleuse éviction du général Close, la rogne et la grogne se font certes entendre a certains niveaux militaires. La lettre de protestation des quinze généraux en retraite n'en a fourni Qu’une illustration. En fait, cette rogne et cette grogne ne sont pas nouvelles; le mal existe depuis longtemps et aucun ministre de la Défense ne peut en etre rendu person- nellement responsable. {1 a di appli- quer, si possible en limitant les dégats, Je plan gouvernemental, lequel reflétait un systéme. Or ce systéme est, aut sein des démocraties libérales, celui dont parle Louis Pauwels dans son inter- view du présent numéro. Il ne s’accom- mode que du mensonge permanent du discours public: parce qu’il ne faut pas alarmer I'opinion, parce qu'il faut que fe consommateur continue & consom- mer, parce qu’il faut que I’électeur continue a électer et le contribuable & contribuer. Tout cela serait bel et bien si, sur la plangte, tout le monde prati- 4quait cette méme politique mercantile et insouciante, Effectivement, jusqu’auy début des années 70, soyons honntes, ‘mea culpa, chacun trouvait plutot agréables ces sortes de grandes vacan- ces a l"échelle occidentale. Mais il se fait qu’autour de "immense super-marché qu’est devenus I’Occi- dent, de méchants voyous rédent dans intention de dépouiller les clients qui sortent et, organisés en ban- des redoutables, ils’ envisagent méme de pénétrer en force parmi les rayons afin de tout rafler, Nous nous aperce- vons alors avec inquiétude, qu'aux Portes, nous ne pouvons compter que sur des vigiles mal armés et pauvre ‘ment entrainés, Aujourd’hui, soudai nement, le coup de Kaboul, chacun y va de son couplet sur I'effa: ante disproportion des forces entre VO.T.A.N. et le Pacte de Varsovie. Pour nous. ce n’est nas une découverte, ‘nous tirons la sonnette d’alarme depuis des années (alors qu'il était encore temps) mais, ce faisant, nous passions our des géneurs, des emmerdeurs, pis: des anticommunistes primaires. Quoi qu'il en soit, on se rend compte tout d’un coup qu'une armée sérieuse, 8 pourrait tout de méme servir. ‘Nous ne publions pas notre dossier sur Métat de nos forces armées pour al ‘mer l'opinion mais parce qu'il est dér soite de se cacher la tate dans les bras; ‘nous n’avons joué que trop longtemps, en Occident, & ce puéril Jeu de I'auteus cche. Les grandes vacances sont fini: hélas; il n'y a pas que la crise économi Que pour ie rappeler. D'une part, les barbares (n’a-t-on pas le droit de quali- flier de ce mot ceux qui font du goulag lun moyen de gouvernement?) sont & ‘OS portes et, d’autre part, leurs agents travaillent activement & saper, & linté- leur de nos pays, toute résistance, aussi bien morale que sociale, Le document que nous publions dans notre dossier est accablant. Edité par «Le Soir» fin 1939, début 1940, il Prouve que, face 4!'U.R.S.S., nos gouvernants ont trés exactement com. iis les mémes erreurs que leurs prédé ‘cesseurs, quarante années plus tot, face 4 I'Allemagne. C'est tout de méme assez chénaurmen, comme dirait Flaubert, Doit-on en conclure que ces dirigeants de l'Occident sont, Par une sorte de fatalité, complétement idiots? Suzanne Labin répond a cette uestion dans le présent numéro: non, ils trahissent. Mais pas sciemment, pas ar intention méchante, tout av plus, par lcheté morale mais sans cette Hacheté, ils n’occuperaient pas le pou- voir; ils sont dés lors victimes d’un systéme dont ils font partie intégrante et qui doit ¢mousser toute vérité pour la rendre légire a tous les estomacs car, en occurrence, tout se joue toujours au nivean du ventre et jamais de ja tte, méme et peut-Btre surtout chez ‘ceux qui font profession d'intelligent- sia. Cela dit, revenons au putsch, c'est-a- dire @ la prise du pouvoir'par des ‘moyens non-démocratiques. Il se porte bien, merci. Il a parfaitement réussi. C'est la junte des syndicats politiques qui est au pouvoi EL. LETTRE. Le général Close, ministre de la défense Bien-aimé directeur, Qui_done écrivit quelque chose comme : «mars en secret prépare le rintemps» ? Si le mot est Vrai, il me éjouit vraiment car un doux zéphye vient de m'apporter, comme les vents favorables d’ane révérende consoeur, deux nouvelles qui réjouiront nos coeurs de bons patriotes mais qui ris quent aussi de Faire pas mal de bruit dans le beau royaume de notre doux sire Baudouin. Pour débuter, il ne ‘agit pas moins d’un remaniement ministériel, Le mot me plait: la baronne m’a appris que, plus on manie tune pate, plus elle devient bonne. Les cabinets (ministériels) ne doivent certes pas échapper & cette réale. La perspective de ce changement me Pose pourtant quelques questions et, vous-qui-savez-tout, éclairerez ma lan- terme, Pour devenir général, un officier doit dtudier beaucoup, passer des examens que l'on affirme difficiles avant, enfin, d’&tre jugé par ses (Futurs) pairs. Son probléme consiste & démontrer ‘manu militari qu'il est apte & com- mander; cette aptitude potentielle, je la vols, moi, baron, comme mes. ance- tres : la capacité de mener des combats de préférence vietoricux en Faisant tuer le moins de monde possible de notre e016 et le plus possible de autre, Je congois donc sans peine — et vous me suivrez sur ce terrain de bataille Qu’un minimum de connaissances soit imposé au candidat, Cela étant dit, pourquoi un ministre, auguel le pays confie le soin de la défense nationale, ne passerait-il pas ar toutes ces épreuves ? Je pense, bien sr, aux épreuves de connaissan” es générales et, pourquoi pas, de come mandement pur car enfin, dans nos démocraties, & tort ou & raison, les civils commandent aux militaires et Peuvent meme se permettre de les démettre s'ils ne se soumettent pas, surtout quand les militaires ont raison. Bon, d'accord, bien-aimé directeur, je he veux pas, par malice, vous faire attend plus longtemps la grande nou- velle. Enfin, notre pays va voir la con Jonetion que je viens d’évoquer : notre tout prochain ministre de la Défense sera un militaire, mieux, un général et, Pour tout vous dire, le général Close deviendra, dans quelques jours, notre ministre de la Défense, Ou devrais-je Gcrire «de la Guerre ? Ce serait peut tre plus juste car chaque mili me I'a affirmé, sait que Close comi Que deviendra M. Desmarets ? Les textes restent muets mais je me sens 00, at. assuré sur son sujet. La politique, c'est comme le vélo : une fois que lon @ appris @ se tenir en selle, on y revient toujours sans difficulté (et je vous prie de remarquer que je ne me suis sendu coupable d’aucune allusion plus ou ‘moins intelligente au moyen de propul- sion des vélocipédes).