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Le pact de Mazarin avec le

démon

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Le pact de Mazarin avec le démon. 1649.

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LE PACT
DE
MAZARIN
AYFCLEDEMGN.

M. DC. XLVIIII.
3

LE P AC T
DE
M A Z A R IN
AVEC LE DEMON-
Lc Démon.
H~*^ N6n if faut par tir sans faire résistance.
"* ' -
Dcmon nc fiitc pas icy de violance,
.
3

Le Mnzar'in.

Ne me persécutez dansla Maison du Roy,


Traistre retirez-vous.
'.'lie Démon*
;'-':. Nousn'.envoulons'qu'àtoyy
quel
.
;>
...
Nc no'usobiecteplus ce lieu on rétiere,
11 faut partir dlcy.
Le Mâz-Arin.
,''- Que vous este seucre ,-
Laissez moy respirer pour, vn petit moìriant, ,:.
Ha ! vous nie tourm entez plus que le Parlement,
Vous sçauczque ie dois, dans peu lendre mes cpm.- .

ptes. Le Démon.:, - - ;
Voleur, tu me surprend 3.mais.sera à.ta4ionte,
Tes comptes malheureux ! ô maudit Renégat,
N/ont quë':tróp:abufé cet illustreSciTa-r,'
!î:'-' ' .Aij
4
Mais tu n'en parle plus auec tant d'audace,
Depuis qu'ils t'o'nt iugé ces iours par coustùrnace.
La crainte de là mort qui trouble ton esprit
Te reduit en fantôme affreux & décrépie,
'
La grandeur d'vn supplice est affreux à ton Ame
Quand tu te represan-te & le fer & la flame,
Ces terreurs qui pénètre en l'imaginatif,
Ruine ton jugement & te reade craintif,
Pourquoyn'assiste-tuce Prince de courage?
Qui trauailie pouï toy qui se plaist au carnage? .
Vasuy ce generar,'diuerty ton Destin,
Va tremper ton épée au sang du Parisien,
Mais traistre ie voy bieil & conois à ta mine
Qu^e tu souhaite encor l'éclat de la machine:
Paris estoitl'endroitoù ces beaux mouuements
Ont rauy ton esprit par mes enchantements,
le c'ay rendu sçauant dans l'art de la Magie,
le t'ay rendu parfait dans la filouterie,
le t'ay donné le don d'estre bon Partisans,
Vn Crézus n'a jamais possédé tant d'argent,--,
Rome c'est"estonné de tá haute puissance,
Voyant entrer chez-luy les trésors de la France, <
Le Pape ne c'est peu tenir de t'honoré
Du filtre somptueux du Cardinal doré,
Et bien te plaindra-tu:, du cours de ta Cedulle
Répond moy hardiment parle donc seigneur Iulle.'
Le A'/azarin.
L e terme de mon Pact nepeut-estreacheué,
Pourquòydíffefe-tu demevouloirfàuué, .,../.
Ne mas^tu'p'ás promis, ô Démon infldelle ;... • ,
QH e ie rie fouffrirois qu* vn e mort naturelle,
le fcay ce que contiens ce funeste traitté,
Pourqúoy me trouble-tu dans ma félicité.
L& Démon.
Ie te veux faire Voir & comment t òut à l'heure,
::: qu'il
Qu'il te conuient sortir hors de cette demeure,
Regarde ce papier, ces lettres de ton sang,
Peuue bien te résoudre en nostre difseraas,
II ne faut point ici ioindre au nez tes lunettes
Les choses que tu voy font assez manifeste.

La, teneur de la Cedulle de Mazarin,


I [confesse donner son Corps & son Ame au Demoiì, àconditio»
qu'il fcroitle plus riche & Jc plus grand de l'Euiope, aymé des bel-
les Dames, chery des méchants, seruy des plus grands factionnaire
entre les Royaumes, la justice soumiseen fa puissance, & grand fi-
louticrau jeu,& mourir dans sonlict. Faictran1631.iusquea16.49.
Signé, IYLLE MAZARIN.
.

Le De?non.
Ce discours te plaist-il, parle grand Cardinal.
Le MazArin.
Oste toy à mes y eux, ennemy Capital,
Iefuisaccoustuméàvoir de beaux visage,
Entendre des discours ornez debeaux langage,
Mais ie ne puis souffrir ce vieux Bouc plain d'oreur,
Qui me fait enrager dans mon dernier malheur,
Cet oy seau empesté pire que n'est Lorfraye,
Vient tousiours m'attrister au milieu de ma joye,
Retire-toy Démon laisse moy en repos.
Le De?non.
Quelqu'vn est ta porte.
Le M.iz-ítri».
A que c'est à propos,
Vn Page.
Monsiëurl'on vous attend, vne affaire pressée
Met vnPrince en grand peine au bout de cette allée,
II vous prie de venir, il est comme en fureur.
Le Mazarin.
Ie m'en vois aprés-toy/ieerçuede bon cceur»
B
6
LcDcmon.
Tu cherche le repos au milieu de la guerre,
Tu n'en peux espérer ny sur mer ni sur terre,
Ce Prince quk'attend, tu le croy ton amy
Tu n'as point en ce monde vn plus grand enn.emy,
U vient dedans ce 1 ieu pour vneestrange affaire,
Laisse passer vn peu l'exced de fa colère,
Ce Prince généreux est fort impatient,
II faut, mais à ce coup luy donner de Targent.
Le Mazarin.
Que me d'y-tu Démon, helas ! ie pers courage.
le Démon.
Donne-luy ta Croix pour appaiser sa rage.
le Aiazartn.
Le présent est petit il n'aura point défait,
Moins de quatre milions, il n'est pas satisfait,
Ie ne puis plus fournir à ces sommes immense,
A moins que dépuiser le font de mes Finances.
O maudite entreprise, ó le maudit dessein
Qui me plonge atout coups la mort dedans le sein,
Piri tous, malheureux, vautour impitoyable
Qui me ronge le coeur au lict&à tablej,
Megere où courez-vous ostez-vous à m es y eux,
Ie ne serois souffrir tous ces fintôme affreux,
Ces foudres que ie voy vont tomber fur ma teste,
Ienepuis éuiter l'éclatde la tempeste.
í h e génie de U France.
Escoute malheureux ces mères en la Cité
Quiférue d'Holocauste à ton impieté,
N'entend-tu pas crier ces Ames enfantine
QUÌ transperce le Ciel dans ces voûte pourprine,
Tu ne peux expier la grandeur de ce mal >
A moins que d'abirher dans le gouffre infernal,,
Peuple qui languissez dans vos triste murailles
Venez.Voiler du inonde, arrachez ces entrailles,
% *
I
Vos armes.font trop noble ,M ! venez fans tarder,
Venez bons Citoyens, venez le lapider,
Venez ne tardez plus, çtoufez ce perfide,
Puis que de vos enfans il est seul homicide.
le Démon.
Tous ces cris furieux me font;perdre temps j
Nepenfepas icy faire du repentant,
Tes crimes íbnt trop noirs tu ne t'en peux dédire,
Tu ne peux échaper ni l'Enfer ni son ire,
Ta promesse en tes mains fçaura bien t'auertir
Qu'il faudra tout de bon vn de ces iours partir,
II ne fera plus temps de faire coniuance
Le Démon s'aura bien démontrer fa puissance,
Mais il ne faudra pas faire tant de débat,
Trouue toy dans trois iours au milieu du Sabat» "-.-
" ' le Mâzarìn.. -,
,
•-
Au Sabat malheureux? ô Démon détestable . . .


Retire-toyd'icyengeance abominable., .",. :
le sçay bien que ie fuis par ta tentation
Arriué à ce but d'abomination, ,...,.. .
Ton accusation del.'art de la magie - :
,'^
.
N'a iamais eu de lieu, mais bien ma perfidie:. ','. •".%
Mais à propos d'yrrioi le Mois & le cantiesme
Que mon pact est daté. .

h Démon.
-
Tu las daté toy mesme,\
.
le Mazarin.
... ,, '"'
Montre moi ce Biîet que tu tiens dans taïríain. .

le Dernon.
Ie me fient aux Filoux, mais non à Mazarin;
Ta Cedulle en ta main feroit tost déchirée,
Comme cette grand Paix des peuple désirée^
Qu'vn Prince Généreux apporta de Munster,
Tu laiettas au feu tranchant de Iupiter,
Sans craindre malheureuxd'offemer ce gradPrince.
Quj vieh't pòúîlfèxlcu{èr dedans cette PrcHíince. "
leíMazann. " •
Démon tóhirétoUrdyauec ton caquet, '
Finisons c e discours, ouure donc ce Billet. *'
lexDemon Eit'trompép^r'eMazarin.
Le cantieTme-cVlë Mbisíì'e'sont'dàn's ta Cédulle," ''
_

Helas ; ie fuis trdmpé ! ó'Démon trop credullc,


Ie t aù'ray tost òd tard, mais bien asseurément
Si tu tombe vne fois és mains du Parlement.
-''-:' ' [eMazarin.-.' ;
Tu me m'enaffêefi'yaindes mains deíalustice;,
Le Pactentrenòùsdeuxm'exantédu supplice.
' le Démon.
Ie ne peux t'exanter de ce rude Décret,
Toutvalet quidérobeestsujet au gibet,
Ta cause ne peut pas, auoir de subsistance
T'ayant trop déclaré ennemi de la France, ~
Pour prolonger ton mal i'ai fùt tout mon effort,
Mais tu n'as pas preueu, cet Illustre Beaufort,
íe ne te celle point i'ai peur que ta pratique
Ne soit que trop connue à cet homme héroïque, '."
G3est le cher protecteur, l'ami du Parisien
Et l'ennemimortel de Iulle Mazarin. ;