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Nous sommes les étudiants de l’université de N’Gaoundéré qui réclamons nos droits lésés

dans le cadre de la sélection des étudiants admis en master 2 recherche promotion 2017-2018.

Au cours de l’année académique 2016-2017, les autorités universitaires nous ont dit que
l’admission en master 2 est soumise à la condition de l’obtention de la note minimale de 12/20
de moyenne tout en tenant en compte la capacité d’encadrement que dispose chacune des
facultés. Fort de cela, nous avons donné le meilleur de nous-même à l’effet d’obtenir les
meilleures notes. Chemin faisant, il n’a été guère aisé pour nous de solder l’année scolaire. Vu
que nous avons dû passer des nuits blanches pour réviser sans compter les pressions diverses que
nous subissions de toute part. Fort heureusement, rendu à la fin d’année, nous avions rempli
cette condition et étions rassurés que notre inscription en master 2 était garantie.

En date du 19 au 24 octobre 2017, les inscriptions furent lancées. Ce délai réduit visant
selon nos avis à constituer le premier pallié de filtrage des potentiels candidats voulant s’inscrire
en master 2. Sauf qu’à notre grande surprise les informations officieuses ré-ouvrant les dépôts
des dossiers d’inscriptions ont commencé à circuler. Cependant la condition pour s’inscrire n’était
plus la même puisqu’il était désormais permis aux étudiants n’ayant pas eu 12/20 de moyenne
tout en s’étant acquitté des 60 crédits de déposer leurs dossiers. Selon certaines de nos sources,
ces derniers auraient été sélectionnés en tenant en compte leurs parcours scolaires et leur âge.

Pendant que nous attendions les listes des promus en master 2, une circulaire a été signé
par madame le recteur le professeur UPHIE CHINJE MELO le 05 décembre 2017 fixant de
nouveaux critères pour l’admission en master 2 et en cycle doctorat qui sont entre autre : le
genre, l’équilibre régional, l’âge, le bilinguisme, le parcours scolaire, la capacité d’encadrement,
etc. La publication de ladite circulaire est restée superflue puisqu’elle n’a été affichée ni au
babillard du rectorat, ni au babillard des différentes facultés.
Après une longue attente, le 31 janvier 2018, l’administration a finalement affiché les
listes de ceux qui étaient admis en master 2. Grande a été notre stupéfaction lorsque nous
n’avions pas vu nos noms respectifs sur celles-ci. C’est alors que débutait notre descente aux
enfers. Ceux dont les noms figuraient sur ces listes étaient en majorité nos camarades dont la
moyenne était circonscrite entre la note de 10/20 à 11/20 à nos détriments nous qui avions
obtenu les 12/20 à 13/20. Selon une de nos sources, il y aurait deux étudiants qui avaient échoué
lors de l’année académique 2016-2017 mais que comme par enchantement leurs noms figurent
sur ces listes. A charge d’illustration, le vice major de la filière de master 1 droit public n’a pas été
sélectionné. A cet effet, nous avons introduit des requêtes individuelles aux seins de nos facultés
pour demander l’insertion de nos noms dans lesdites listes. Nous avons également décidé - sous
le couvert d’un collectif circonstanciel que nous avons formé pour réclamer nos droits piétinés -
de saisir d’abord nos chefs de département qui nous ont renvoyé à leur tour vers nos doyens pour
qu’ils nous expliquent comment se sont faits les sélections et surtout pour qu’ils répondent à nos
requêtes. Force a été de constater que les facultés qui avaient fait les sélections sur la base de la
nouvelle réglementation étaient la faculté de sciences juridiques et politiques et la faculté des
arts, des lettres et des sciences humaines.

Au sortir de l’audience de quelques-uns d’entre nous avec le doyen de la faculté de


sciences juridiques et politiques, le professeur JANVIER ONANA, il nous a été donné de retenir
qu’il ne pouvait rien faire pour nous. Etant donné que l’acte qui nous défavorisait est du ressort
du recteur de l’université de N’Gaoundéré et que seul lui était habilité à reformer sa décision pour
que nous puissions être retenus. Il a ajouté qu’il nous fallait saisir le recteur de l’université qui est
la personne adéquate qui puisse donner suite à nos réclamations. Au cours de la démarche
administrative que nous avions initié, nous avons rencontré le secrétaire général de l’université
de N’Gaoundéré qui est nul autre que le professeur VICTOR EMMANUEL BOKALI qui n’a pas
manqué de nous donner de bons conseils dans le but de nous aider étant donné qu’il est soucieux
de l’avenir qui est le nôtre. Nous avons également rencontré le vice-recteur en charge des
enseignements, de la professionnalisation et du développement des technologies de
l’information et de la communication, Pr. BEDA TIBI ainsi que le vice-recteur en charge du contrôle
interne et de l’évaluation le professeur DAVID BEKOLLE qui nous ont fait comprendre que la seule
personne étant à même de régler notre problème est le recteur.

Après maintes tentatives de rencontre avec le recteur de l’université, le 11 février 2018, il


nous a été accordé d’avoir une audience qui nous a permis d’échanger sur le sujet de l’injustice
que nous avions subi… Préalablement à notre rencontre avec le Pr. UPHIE, nous avions adressé
une requête à elle expliquant notre situation et lui faisant comprendre qu’en principe la nouvelle
circulaire dont elle est à l’origine n’est pas censée nous être appliquée en nous basant sur la non-
rétroactivité des normes juridiques surtout que celle-ci a vocation à retirer un privilège qui nous
était désormais acquis. Toutefois, l’audience se solda par des conclusions que nous n’espérions
point car le recteur nous a dit qu’elle ne pouvait rien faire pour nous, que la capacité
d’encadrement que possède nos structures avait été atteinte à son maximum, qu’il était de mise
pour nous de remballer nos effets et de rentrer chez nous ; ce malgré le fait qu’elle nous a pas
permis de débattre sur les critères de sélections en soutenant que nous n’étions pas à même de
remettre en cause la décision du comité scientifique de délibération qui a siégé pour faire la
sélection. Ayant compris que le recteur ne nous donnerait pas raison, nous avons essayé de
l’interpeller en tant que mère pour avoir son indulgence en lui mentionnant que nous avions pris
des engagements auprès des bailleurs des mini-cités de la ville après avoir pris des chambres en
location, que nous nous étions que focaliser sur l’université de N’Gaoundéré puisque nous
n’avions plus postuler ailleurs et que les inscriptions dans les autres universités d’Etat étaient déjà
closes, que nos parents ne s’attendaient pas à nous voir rentrer de sitôt car ayant la certitude
comme nous l’avions au départ que nous serions admis en master 2 et surtout qu’irions-nous
faire chez en plein milieu d’année tout en sachant que nous n’avons aucun emploi ? Hélas, cela
n’eût que l’effet d’un coup d’épée dans l’eau…elle nous réitéra qu’elle ne pouvait rien faire, que
la décision ne lui revenait pas à elle seule parce que l’université est régie selon un fonctionnement
qui requiert l’aval du président du conseil d’administration ainsi que celui du comité scientifique
délibérant qu’elle constituera à sa guise dans les 2 à 3 mois à venir.

Outragé par la réaction du Pr. UPHIE, une lancinante humeur mélancolique commença à
s’emparer de nous car le traumatisme de la déception nous donnait des insomnies, des réflexions
longues et vaines, des frayeurs glaciales sans oublier que la dépression s’était installée. La seule
institution en laquelle nous avions foi, dans laquelle nous espérions que l’égalité de chance pour
tous trouvait tout son sens dans la méritocratie venait juste de nous régurgiter, trahis par ceux
qui sont à sa tête. Ne voulant pas entreprendre une démarche qui aurait trop duré avant de nous
rétablir dans nos droits qu’est la procédure judiciaire, il nous a paru convenable de nous tourner
vers les autorités administratives de la région de l’Adamaoua que sont le gouverneur, le préfet de
la ville de N’Gaoundéré et le sous- préfet de l’arrondissement de N’Gaoundéré IIIe par le biais
d’une requête collective dans laquelle nous leur avons demandé d’intervenir en notre faveur.

Dans cette perspective, nous avons rencontré le gouverneur de la région de l’Adamaoua


avec sa suite à qui nous avons expliqué tout le parcours que nous avons eu à cheminer avant de
nous retrouver devant eux. Il nous a écouté avec le plus grand soin et nous a fait comprendre qu’il
s’engageait personnellement à régler ce problème et dans la mesure où ça lui échapperait, il
demanderait au Pr. UPHIE de s’expliquer sur les raisons qui motivent le refus de nos dossiers de
candidature pour la sélection en master 2 recherche. Nous avons également cherché à rencontrer
le préfet de la ville de N’Gaoundéré cependant en vain puisqu’il ne nous a pas recontacté. Pendant
que nous attendions que ces autorités administratives matérialisent leurs promesses, les cours
avaient débuté en faculté de droit depuis la date du 06 février 2018. Inquiets du sort auquel le
recteur nous a condamné, nous sommes retournés vers le sous-préfet de N’Gaoundéré IIIe pour
avoir des précisons sur l’évolution de l’affaire en cours. C’est alors que l’intérimaire qui nous a
reçu dans son bureau, nous a dit que le recteur était en déplacement et qu’il n’avait pas pu la
rencontrer pour l’interpeller au sujet de la requête que nous leur avons adressé. Entre temps, le
préfet nous a adressé un message à travers son 3e adjoint qu’est l’intérimaire du sous-préfet de
N’Gaoundéré IIIe en ces termes : qu’il s’engageait à faire son possible pour résoudre notre
problème, qu’il allait rencontrer le recteur dès son retour de déplacement et qu’il allait obtenir
d’elle une rencontre tripartite où quelques-uns de nos représentants seraient conviés ainsi que
le recteur et ses collaborateurs sans toutefois oublier leur présence soit celle du préfet et de son
état-major ainsi que celle du sous-préfet et du sien. Jusqu’en date du vendredi 06 avril 2018, rien
n’a été fait dans ce sens.

Nous avons eu à rencontrer le Pr. BEKOLLE pour lui demander si nous pouvions espérer
un retournement de situation avec un avis favorable de la part du recteur à notre demande. Sauf
que celui-ci nous a confié qu’il a fait de son mieux en plaidant notre cause auprès du Pr. UPHIE
mais que celle-ci était restée stoïque et lui aurait rétorqué que la capacité d’encadrement était
atteinte et par conséquent qu’il n’y avait rien à faire pour nous ; soit que notre sort était
scellé…qu’il ne dirait qu’une chose de plus : que nous rentrions chez nous et revenions l’année
prochaine. De ce fait, nous avons donc déduit que les autorités administratives nous ont dupé
dans l’espoir qu’avec le temps nous nous découragerions et abandonnerions notre cause. C’est
ce qui nous à décider à déposer un préavis de manifestation à la sous-préfecture de N’Gaoundéré
IIIe où nous avons précisé que la marche se ferait de l’entrée du campus universitaire jusqu’au
rectorat prévue pour la date du lundi 16 avril 2018 à partir de 9 heures précises.

En somme, nous ne réclamons que justice soit faite en nous rétablissant dans nos droits,
c’est-à-dire que l’administration universitaire publie une nouvelle liste avec nos noms pour le
master 2 recherche promotion 2017-2018 car notre seule préoccupation est de fréquenter.
L’éducation qui est un droit consacré et garanti par la constitution camerounaise ainsi que par
des traités et accords internationaux signés et ratifiés par le Cameroun, ne nous est-il plus permis
d’en bénéficier ? Est-ce à dire que ceux d’entre nous qui ne sont pas des nationaux camerounais
ne peuvent plus faire leurs études supérieures de master 2 et doctorat à l’université de
N’Gaoundéré en se basant sur le critère de l’équilibre régional alors même que nous sommes
dans une logique d’intégration communautaire avec la signature et la ratification, en décembre
2017 lors du sommet des chefs d’Etat à N’Djamena au Tchad, des accords du libre-échange et de
la libre circulation des biens et personnes dans l’espace CEMAC ? La méritocratie qui est le seul
critère objectif pour jauger la qualité de formation des étudiants et leurs performances
académiques a-t-elle été reléguée au rang de critère subjectif au profit de la promotion de la
médiocrité et du favoritisme ? L’âge est-il devenu un poids insupportable au point où avoir plus
de 25 ans disqualifie forcement le concerné du privilège de voir ses études en cycle de master et
de doctorat se fracasser et se briser en éclat ? A chacun d’entre vous de juger du bien-fondé ou
non de nos réclamations.

Le Collectif.