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DU RÍO DE LA PLATA À LA PATAGONIE.

L’Argentine, d’île en île | Courrier international 10/04/2018 07:39

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Du río de la plata à la patagonie.


L’Argentine, d’île en île

Dans l’imaginaire collectif, l’Argentine est un pays surtout continental.


Pourtant, le pays de la Pampa possède une longue côte Atlantique, des
fleuves, des lacs. Et, de Buenos Aires à Ushuaia, on rencontre toutes
sortes d’îles souvent peu connues et peu visitées.

Un seul nom d’île suffit parfois à évoquer tout un monde d’exotisme et de voyage :
Tasmanie, île de Pâques, Marquises, Islande… Mondes isolés, entourés d’eau (d’eau de
mer ou d’eau douce, peu importe) qui font resurgir instantanément à la mémoire les
livres préférés de notre enfance. Iles au trésor, îles de Robinson, îles abritant de
mystérieuses créatures, îles imaginaires dans lesquelles les rêves sont préservés

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comme à l’intérieur d’une bulle. En Argentine, ce type de tourisme n’existe


pratiquement pas, sans doute en raison de l’étendue du pays et des variétés
continentales qu’il offre d’emblée au voyageur. Pourtant, sans traverser de frontières,
sans changer de monnaie, ni acheter de billets d’avions en dollars, il est possible de
passer des vacances insulaires dans notre grand pays. Et il n’est pas nécessaire d’aller
bien loin ! Dès la sortie de la ville, on trouve des îles où se perdre et retrouver le
contact avec la nature. A quelques kilomètres de l’Obélisque [de Buenos Aires], le delta
du Tigre est ainsi un lieu idéal. Dans un inextricable labyrinthe d’ocre et de vert, les
bras du fleuve Paraná s’entrelacent avec des terres où fleurit, grâce au microclimat,
une végétation subtropicale. Les autochtones partagent le delta en trois zones : la
première, la plus proche du centre urbain, est essentiellement constituée de maisons
de campagne et de clubs. Dans la deuxième, les maisons sont cachées par la
végétation ; on y trouve des pontons sur l’eau, des rivières qui sont autant de routes
que l’on parcourt grâce aux canots collectifs. Quant à la troisième, c’est la préférée
des pêcheurs : elle remonte jusqu’à Villa Paranacito, dans la province de l’Entre Ríos.
Le delta recèle des surprises inépuisables. Durant tout le siècle dernier, il servit de
refuge à des excentriques, à des personnages bohèmes ou plus ou moins
recommandables, ravis par ce dédale de végétation et d’eau, à la fois proche et
éloigné du monde. Dans son roman Sudeste, Haroldo Conti [écrivain enlevé pendant la
dictature militaire, en 1976, et qui n’a jamais réapparu] décrivit cette ambiance
aquatique et sauvage aux portes de l’une des plus grandes villes du continent. On peut
naviguer dans le delta, et c’est d’ailleurs ce que font la majorité des presque 3 000
habitants, sur des canots collectifs, à bord d’un canot-taxi ou pendant l’une de ces
excursions régulièrement organisées à partir de différents points du fleuve. Les
nombreuses îles abritent diverses possibilités de loisir, dont El Tropezón n’est pas la
moindre. Cet établissement est situé sur l’une des îles du Paraná de la Palmas, la
principale voie navigable du delta. C’était un hôtel très fréquenté dans les années 30,
et sa réputation connut un tournant particulier lorsqu’en 1938 le poète Leopoldo
Lugones [1874-1938] se suicida dans l’une de ses chambres. L’hôtel est encore ouvert
aujourd’hui, mais la chambre de Lugones a été conservée telle quelle et constitue un
passage obligé pour ceux qui veulent connaître ce delta des légendes et des
personnages singuliers. Sur la rivière Sarmiento existe un autre musée : la maison de
vacances que Domingo F. Sarmiento [homme d’Etat et écrivain qui fut président de
1868 à 1874] se fit construire en 1855, transformée en musée en 1997. Un toit de
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verre a été posé afin de préserver le bâtiment de bois à l’intérieur duquel se trouvent
encore les meubles et objets personnels de Sarmiento.
Ces îles réservent une autre surprise : la maison du peintre Xul Solar, et une auberge
qui semble avoir été déposée ici, au coeur même du delta, par un cyclone venu des
Alpes : Alpenhaus, sur la rivière Capitán. Les lecteurs de Roberto Arlt [1900-1942]
auront une pensée pour lui en naviguant sur la rivière Sarmiento à sa confluence avec
le ruisseau Abra Vieja, puisque c’est à cet endroit que ses cendres furent dispersées.
Si une île est un monde en miniature, Martín García en est l’un des meilleurs
exemples. Ce petit bout de terre argentine (moins de deux kilomètres carrés) se
trouve dans la partie uruguayenne du Río de la Plata et possède une histoire
intéressante, retracée dans ses musées et dans ses bâtiments. L’île a été aperçue
pour la première fois en 1516, au cours de l’expédition de Solís, et doit son nom à l’un
des marins de son groupe qui y fut enterré. Martín García est située à 45 kilomètres
des côtes de Buenos Aires, et il faut presque trois heures pour y accéder en canot. La
première chose que l’on aperçoit en débarquant est la batterie de canons qui faisait
partie du dispositif mis en place par Sarmiento pour défendre l’île pendant la guerre de
la Triple Alliance [1865-1870, entre le Paraguay, d’une part, et l’Argentine, le Brésil et
l’Uruguay, de l’autre]. Il n’y a pas à proprement parler de véritable ville sur cette île où
l’urbanisation s’étend sur toute la partie sud-est. Les bâtiments les plus intéressants
sont concentrés sur la place Guillermo Brown. Le Centro Cívico abrite la poste et les
services administratifs. C’est là que fut retenu prisonnier l’ex-président Hipólito
Yrigoyen, de 1930 à 1933, après avoir été renversé. Jusqu’aux années 60, Martín
García servit de prison à d’autres présidents : Marcelo T. de Alvear (quelques mois en
1932), Juan Domingo Perón (en 1945) et Frondizi (en 1962). On peut également visiter
les ruines de la prison militaire navale, un musée historique, un phare et la maison des
médecins du lazaret de l’île. Dans ce Lilliput aquatique, les rêves se réalisent, comme
en fit l’expérience le poète Rubén Darío [1867-1916], l’un des hôtes les plus connus de
Martín García.
Ce n’est pas un paradis tropical et elle ne possède même pas la dense végétation de
Martín García. Pourtant, Ariadna est la seule île maritime argentine où l’on trouve une
auberge. En d’autres termes, c’est l’unique endroit du pays où l’on peut passer la nuit
sur une île baignée par la houle salée de l’Atlantique. La Bahía Blanca est une grande
avancée de la mer dans les terres, au fond de laquelle se trouve la ville du même nom.
L’île Ariadna se situe entre l’île Trinidad et la Peninsula Verde, à la limite extérieure de la
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baie. La richesse de ses eaux et ses caractéristiques naturelles ont fait de la baie un
lieu réputé pour la pêche sportive. La majeure partie de l’année, on y pêche des
requins qui s’aventurent près des côtes de cette région. Voilà pourquoi l’auberge du
coin se nomme la Posada del Tiburón [l’auberge du requin]. Et puisqu’on parle de
noms, sachez qu’Ariadna doit le sien à l’une des filles du marin anglais Wood, pionnier
du lieu. La mer y disparaît plusieurs heures chaque jour au gré des marées. Quand elle
se retire, des pans entiers de la baie restent à découvert. On peut y observer des
thons, des dauphins et, avec beaucoup de chance, des orques, ainsi que de
nombreuses espèces d’oiseaux. On y trouve aussi des plages de sable et des dunes,
et jusqu’aux vestiges des cuvettes utilisées pour apprêter de façon industrielle les
chiens de mer [squalidés] pêchés dans la région.
Au large de la côte de la “mer Argentine”, il existe d’autres îles qui ne sont, en général,
pas très éloignées. Mais la seule à avoir un quelconque intérêt touristique se trouve
dans les eaux du golfe de San José, au nord de l’isthme de Carlos Ameghino, dans la
presqu’île de Valdés, riche en histoire. On ne peut pourtant pas y mettre le pied, on ne
peut que l’explorer grâce à des longues vues installées sur la rive qui lui fait face. On
l’appelle l’île des Oiseaux et, comme son nom l’indique, elle sert de refuge à des
milliers d’entre eux. Dans cette arche de Noé qu’est la presqu’île de Valdés, l’île des
Oiseaux est sans aucun doute le secteur qui leur est réservé… Il y a des cormorans,
des mouettes, des huîtriers d’Amérique : ils se retrouvent par centaines, entassés sur
ce bout de pierre arraché à la mer. Sa forme très particulière et son histoire valent la
peine d’être connues. Il y a en son centre un petit plateau, pas très élevé mais qui
contraste avec les deux extrémités plates de l’île. La légende dit qu’Antoine de Saint-
Exupéry, l’auteur du Petit Prince, vit cette île et s’inspira de son étrange forme pour
décrire dans son roman le célèbre boa qui avait avalé un éléphant.
On trouve des îles dans les endroits les plus inattendus : au milieu des montagnes, par
exemple, comme sur le lac Nahuel Huapi, en pleine cordillère. Dans la région de San
Carlos de Bariloche, tout se visite : il était donc naturel que les îles du grand lac
deviennent la destination d’excursions populaires et se transforment même en lieux
d’hébergement.
L’île Victoria est la plus grande. Elle mesure environ 20 km de long et sa plus grande
largeur ne dépasse pas les 4 km. A l’origine, elle s’appelait Victorica, mais une erreur
typographique la fit connaître sous son nom actuel. Une bonne partie est protégée et
d’accès limité, et en général on ne peut se rendre qu’au centre de l’île, à l’endroit le plus
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étroit, là où les deux extrémités ne sont unies que par un isthme mince. C’est en ce
lieu que se dressent tous les bâtiments commerciaux de l’île. Le quai de Puerto
Anchorena accueille les catamarans venus de Puerto Pañuelo qui font escale sur l’île
Victoria au cours de leur voyage lacustre vers la péninsule de Quetrihué, où se trouve
un célèbre bois de myrtes. Trois promenades débutent à Puerto Anchorena, au cours
desquelles on découvre des parois rocheuses recouvertes de peintures rupestres
(certaines n’ont qu’une valeur archéologique limitée car elles ont été redessinées), des
bois de séquoias et d’autres espèces d’arbres exotiques tels que pins, eucalyptus et
frênes. On peut aussi gravir une montagne en télésiège, profiter des boutiques qui
vendent souvenirs et nourriture, et découvrir la maison du premier habitant blanc de
l’île.
L’autre île de Nahuel Huapi que l’on peut visiter s’appelle Huemul. Pour s’y rendre, il
faut embarquer à Puerto San Carlos, le port de la ville de San Carlos de Bariloche.
Cette petite île est devenue célèbre au début des années 50, lorsqu’un physicien
autrichien chargé d’un programme de fusion nucléaire y a installé son laboratoire. Il
s’agissait de l’un des programmes scientifiques lancés par le gouvernement Perón - et
qui n’était pas si secret que ça… Aujourd’hui, on peut visiter les ruines de ces
installations, et l’île a été classée réserve historique il y a quelques années.
Les autres îles du lac Nahuel Huapi ne se visitent pas. Près de l’île Huemul se trouvent
Isla de las Gallinas [l’île des Poules] et Isla de las Gaviotas [l’île des Mouettes]. Plus
loin, sur l’îlot Centinela, se trouve la sépulture de Perito Moreno [Francisco Pascacio
Moreno, explorateur et anthropologue argentin, mort en 1919], enterré dans ces terres
dont le gouvernement argentin lui fit cadeau un jour et qu’il transforma en parc
national pour qu’elles appartiennent à tous. Encore une curiosité : depuis le sommet
du mont Otto, près de la ville de San Carlos de Bariloche, on peut photographier une île
boisée en forme de coeur.
Pour trouver d’autres îles intéressantes, il faut se rendre aux extrémités les plus
australes du pays. Il y a bien entendu la Grande Ile de la Terre de Feu, la plus vaste
d’Amérique du Sud, qui ressemble à un continent en miniature avec ses chaînes de
montagne, ses lacs immenses, ses steppes étendues, ses paysages variés et ses
villes. Pour trouver de plus petites îles dignes de Robinson Crusoé, il faut naviguer sur
le canal de Beagle. La plus à l’ouest de toutes est l’île Redonda, sur laquelle on peut se
rendre en s’embarquant à Bahía Ensenada. Un établissement sympathique servant à
la fois d’office du tourisme et de poste s’y présente comme l’ambassade du pays de
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l’île Redonda. On peut y passer la nuit et combiner la sensation de vivre dans le monde
fermé d’une île avec celle d’être aux confins du monde. Au milieu du canal Beagle,
avec les Andes au nord et les montagnes effilées de l’île Navarino de l’autre côté, le
paysage possède une beauté rugueuse et dans l’air flotte ce parfum d’authenticité qui
accompagne souvent les grandes aventures.
Le plus connu des nombreux îlots du canal Beagle est le phare des Eclaireurs, un
rocher qui sort à peine de l’eau. La silhouette rouge du phare luit sous le soleil polaire
(quand il y a du soleil, ce qui n’est pas toujours le cas) et pose la seule tache de
couleur sur les nuances grises et bleues du canal et des montagnes. Dans les récifs,
près du phare, évoluent des colonies de loups de mer et de cormorans royaux. Plus à
l’est, l’île Gable est la plus grande du canal, côté argentin. C’est une étape des
excursions maritimes qui partent d’Ushuaia pour aller à l’estancia Haberton [grande
exploitation d’élevage], un peu plus à l’est. L’un des îlots abrite des manchots et, sur
toute cette partie de la côte, le paysage est marqué par les banderas [drapeaux], des
arbres déformés par le vent incessant (qui ne permet la croissance des branches que
du côté le moins exposé, donnant cette forme particulière de drapeau à l’arbre).
Les autres îles sont très emblématiques. La plus proche de la côte est l’île des Etats.
Les tentatives de peuplement y ont été abandonnées il y a un moment, tout comme a
été abandonné le pénitencier militaire édifié dans ce lieu aux côtes tourmentées. C’est
un petit bout de cordillère qui surgit de la mer, et ce relief, ajouté à la latitude à laquelle
il se trouve et aux difficiles conditions d’accès, restreint considérablement le
développement du tourisme. En un mot, c’est une île idéale : isolée, sauvage, avec une
faune et une flore préservées de l’action humaine. Il lui manque évidemment le sable
blanc, les palmiers et un peu de chaleur tropicale, mais c’est le prix à payer pour
connaître la seule île pratiquement vierge de toute l’Argentine. Elle se visite dans le
cadre d’excursions de plusieurs jours qui partent d’Ushuaia, l’été évidemment.
Dans les mers australes agitées, il y a d’autres îles : Sandwich du Sud, Orcades du
Sud, Géorgie du Sud et Shetland du Sud, accessibles seulement aux bateaux de
croisière antarctique ou aux membres d’expéditions polaires. Et, naturellement, les
Malouines [Falkland, pour les Britanniques], ouvertes aux Argentins depuis quelques
années seulement. Comme le projet d’ouvrir une voie aérienne entre Buenos Aires et
Puerto Argentino [Stanley] n’aboutit pas, il faut se résigner à prendre l’avion à Punta
Arenas, au Chili, pour se rendre à Mount Pleasant, l’aéroport militaire de l’île, le seul
capable d’accueillir de grands avions. L’accueil des soldats britanniques est loin d’être
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chaleureux et il n’a rien de touristique non plus, malgré le choc culturel que produisent
ces îles de langue et de culture anglaises qui résistent tant à l’appel de l’Argentine. On
trouve dans les magasins tous les articles londoniens ; le soir, dans les pubs, on joue
aux fléchettes en buvant de la bière, comme dans n’importe quel pub du West End, et,
les dimanches d’été, des courses hippiques sont organisées. On peut également
observer les colonies des cinq espèces de manchots qui vivent aux Malouines, visiter
les ruines du fortin français, premier établissement européen dans les îles, les
cimetières militaires argentin et britannique. Si les îles constituent un monde à part,
les Malouines le sont réellement : doublement à part, puisqu’elles vivent tellement
isolées du continent si proche. Mais ça, c’est une autre histoire.
Graciela Cutuli

. .
Bons vents
La capitale de l’Argentine fut fondée en 1536 par Pedro de Mendoza et baptisée alors
Nuestra Señora Santa María del Buen Aire [Notre-Dame du Bon Air] en hommage à la
patronne des navigateurs et en souvenir des vents cléments qui avaient conduit son
bateau jusqu’au Rio de la Plata. Ville-port, Buenos Aires est la plaque tournante du
commerce et de l’administration, et regroupe environ 11 des 34 millions d’habitants
que compte aujourd’hui le pays.

Terre de Feu
Partagé entre le Chili et l’Argentine, cet archipel, séparé du continent par le détroit de
Magellan, doit son nom au fait que le célèbre navigateur portugais, en 1520, lorsqu’il
s’engagea dans le détroit, aperçut des feux sur la côte. C’étaient les Indiens Onas et
Yaghans qui les allumaient pour aider à la navigation. La capitale de la Terre de Feu -
qui compte une île principale, la Grande Ile, et une vingtaine d’autres de dimensions
beaucoup plus réduites - est Ushuaia. Elle est située exactement à 3 580 km au sud
de Buenos Aires.

Carnet de route

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Y ALLER
Air France propose des vols directs aller-retour Paris – Buenos Aires à partir de 793
euros, si l’on réserve au moins vingt et un jours à l’avance. La durée du voyage est de
douze heures et le décalage horaire de quatre heures en hiver et de cinq en été.

DELTA DU TIGRE
Tigre, la ville située à l’entrée du delta du Paraná (appelé aussi “delta du Tigre”, par les
Argentins) et de l’estuaire du Rio de la Plata, se trouve, par la route, à 40 kilomètres de
San Isidro, la banlieue chic de Buenos Aires. On peut également y aller en train en
vingt minutes. On s’y déplace uniquement en bateau, de préférence en vedette
publique, superbe lancha à coque d’acajou. Des promenades en canots à moteur sont
organisées à partir de la gare fluviale de Tigre (tél. : 4512-4497). On peut aussi prendre
des bateaux-taxis.

ÎLE ARIADNA
L’île est située à 70 kilomètres au sud de la ville de Bahia Blanca, située à 653 km au
sud de Buenos Aires. L’île est accessible en bateau (entre une et quatre heures de
navigation selon l’embarcation, les marées et le port d’embarquement) ou en avion à
partir de l’aéroport international de Bahia Blanca. Pour se loger : Posada del Tiburón.
Renseignements : <www.islaariadna.com.ar>.

ÎLE VICTORIA
Elle est située sur le lac Nahuel Huapi, qui sépare, en pleine Patagonie andine,
l’Argentine du Chili. Elle abrite une réserve forestière et animalière de 3 700 hectares,
dans laquelle on peut apercevoir des cerfs rouges… On y accède en bateau à partir du
port de San Carlos de Bariloche, ville de 80 000 habitants située sur la rive sud du lac.
La région est aussi surnommée la Suisse de l’Argentine, d’une part en raison de sa
population (immigration de Suisses, d’Allemands et d’Autrichiens), d’autre part pour
son aspect physique et géographique. Sans compter qu’on y pratique le ski et qu’on y
fabrique du chocolat…

Île aux oiseaux


Située dans le golfe de San José, elle s’admire à partir de la presqu’île de Valdés, une
immense réserve naturelle célèbre pour ses colonies d’éléphants de mer. On peut
aussi y admirer, de septembre à fin novembre, les fameuses baleines franches et leurs

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baleineaux. La plupart des excursions sont organisées à partir de Puerto Madryn, une
ville de 45 000 habitants fondée par des immigrants gallois, qui malgré son aspect de
station touristique a su garder un cachet bien agréable, tout au moins en dehors de la
haute saison. Des vols réguliers permettent de se rendre de Buenos Aires à
Puerto Madryn.

ÎLES MALOUINES
Pour se rendre dans ces îles sous souveraineté britannique, il faut prendre un vol
depuis… le Chili (Santiago, puis Punta Arenas) ou depuis la Grande-Bretagne (deux fois
par semaine, dix-huit heures de vol avec une escale sur l’île d’Ascension).

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