Vous êtes sur la page 1sur 198

COLLECTfONDOUVRAGESRELATIFS

SCIENCES

ux

HERMETIQUES

THËORfES & SYMBOLES DHSA!.Ct!tS'i'S

SKM~'Mtt'.«.t;r.r'

[.r:(,K\))-(H'V):

.f\):'f~X'

')L'VR.tf;f:')K\t!;f:"f\t'i;.c;r'r!;rt';t'R!~

Hmijc'nH'Q!lnIH

(q-'I, ¡-(I

1

ùfHAY.o~XAC

(. HC\;C

 

~[)~X

 

–~(-i

 

~t

 

"–––

ALBERT

POISSON

~r.K'S,

-<

~<

~.= I-

r j_

~ËORIES ~SYM~ DESAÏ-CHIMISTES ~Ï~~G~Âi~*Œ~V'R~f:

S!

A<tf0t

'S'

~<a-

r

j

~~eS~

!M~~E~~

ir.

~S~O~E~

~AT~ys

~iN~É'T.IC~UES

dUX

!SH~mES~

~J~~ES~.ALCmM~STES.

\LE GRAND-ŒUVRE ~~<Wt ~M~Mt Mr~ ~~fa~M~tMtt~H~X~

~OOVRAGËORt)Ë.OE !'tAt<CHES;.REPRÉSE?!TAti'r;42FtGURES

.S~C~

BI&HOTHÈQHB

CHACORNAC

~L

ff, ~«Jt SJM~-AftC~~ PARtS

:t8~

'/f,~

~i~ëG'~<

~ET~LA~tR~~SMUJ~TiO~N

'DES~.MÉT~~

-J

~ParT.,TtFF'EREAU~ L'Atchimisteduxtx'sit'ido Procédé de Paracetse et l'Alchimieau xw si&cfe r Par FRANCK~de t'tnstHut

tvot.ia-S.ReitureanctenM

(<r,

;A,BRULER.7~

Goate astra). par .tutes LERMtNA

J Pf~fttco de PA.F'US.drccKHrde

t vot. in-S.Rëttttre ancienne

tf~t<M<<~

CINQ.

TRAITES

D'ALCHIMIE

}

DES PLUS GRANDS PH~.OSOP~ES

~S~

?

PÂRÀCBt.SB, ALBERT LE GRANB, ROGER BACON, R. LULLE, ~AtU)AUL& OE VH.LEHEUVE

rm~fh

t vo).'n-8.Reti6.

<~

~jFran~afi:

ParAtberfPO'SSON

Figures,

EN PRËP~ATTOJV

~~– ~A. ,PÔ!SSON'\ '

;ff.

-~v

Histoiregdn~rate de t'Atctiimie depuis ses onginesJB~qu'&aotfe-

temps

\f;

<

f~?KO~!7C7'2'<9~

L'A~fMMM<b science plus nJM<!HM que nous,

aK~K~ Ma~eft-4~c. La Scholastique avec son ar- ~Mmcn~Mnt~mm~ :!<??, ? T~<fd~d~të apec sa-

p&Mï~o~~amM~Ë~FA~ro~rc stf~~ q~, ne ~onf~M/mA: ~'<;nyfïn&,eompar~s

stcomp~-

l'Alchi-

'~t~

~A~s~~

ÔM~r~ ces vénvtablestraitds hermdtiqües dû

~uot~~goa~<t MtpJme~c~ ~t'~M~K~M~CMfM sur

tftfMsA la terminologiealchimique, M enfin vous ~'Cf~

e«f'M~7 St foss K'aM~

le sujet, XtMtUft'~M ~tt

unecertaineeoM~cnee

chimie inorganique, vous

/gfmer~MenM<<<:M7Mm6~M~~60Hra~

vides de

SCM,~6 CMsymbolesm~MfMtMXM<des figuresfaites

QM~aM-uns

~tront~

CM a

~<!Htr. ffM</f!Ct~ <<e ~t!~r une chose que

rOK

nf-

cn<M~p~,maMt&ïon~pgHnom&re~ ceux que la sislanceirrite et qui atmen~ Me. CetMC-MMn<<M ~M~~KtMe~, ? on<~per!~f4ncc qui est

~t-RR.~A<

,:°:

m~re~M <~ Mt'anf. Çf<'M~t prj~me M ~~M~ d ettx, t~ ~ŒM~~n~MMr~McAë A jM <K~r jb ~M- ~fo~ J't~M~ cAMM~t! Dum~ ~r~t!nf ~'Mnfait, mS

<ftx ah! ~o<tr ~eOM~r;r !ot ~M !M~t<tf<tOM1 f~! ~KM~ &erm''<M M~ oscars, f< Mt ~rat, ma

sous celleobscurité se cac~

neaikAtmt~tte<:on<m< ~an{6

~mëofM) MM~bMrr~~A~<m~ft<M<r~f~rc~

hm~re. Une fois fa théo-

clef ~('s~rmefjpfïffX

de J?<ncs<f Lulle, ~aMM~e, B~ncrJ

~ame~ ~o~rBjcon,

Mt< pMe tfe Mtï, WM <fouMf< bj~<~M, ces !m&o!M

~mf0t<s ~onnatett', poa~ fM~M: comme Mar.Ke f(M~ `:

Tr~Man,:

PMa~c. Ce ~M MM-paraM-

M~'o~'pAM, fOM ~prOMM~~ un ~rd~ ~atHr d

~e6~efMM-m~

~MeM.COMK~, M.tfC~<' ~!hm~

~i. n

~iM. mais Ï~Mn!M<MM

CofMtttc MM ~'ait~ï B<s':e~, fj~At/n est /t~ dans

fan~tM E~c. rpH~tM b connaissanceen r~Mn'~e atM~f~<rM~taM Mt~~ut n'o~JrjM~a~ le ptus ~'ran~ m/ï~re <fatM fe~f&nce sanctuaires. VM~a con~M~ romame7 7~ MC~~ ~s~rMf oax n~o-p~ontCtens et aKx g'noï~KM. C'e~ c~ ~o-

~«e~*

~p~pACB"

'Vt!

?" !t~6~

r~ c~tMne) que date ~n<a-

~menf f~tfcMmte. e'M< alors que /MfM(~c'<!

~j~s

~j'

Q~

nOtMï<!n< par-

fMMSMtM~î aomï ~'O~m~, P~a~, & ~M~o-D~tHe!- cnfe, S/n~mï, ~oHm~, jH~m~ r~.nott~m~ chrétien, trou~e à

C~o~CM

&o[f~o&a~

c~

~fK~M

métallurgiques et économiques ont

~~ï~mMaa/OMrj&arM.

cfMC~Mnd l'étude de fa Chimie Mr<o;t<~aM xa

B~Ag~~aMMn Intro-

« Co~M<tO~~M<!fcAtn!M<M grecs. » L'on j[)<:H< constater

q'UC ~S lors MYcAtmiee:t constituée ffe <0!<KSpt~CM, SM ~or<M fraMer~fonï~sd~'M sans changer, /t<t'<t h

TtO~'6~MMhf~<rMMMr.

fmï !M Bsr&arM MM~tMMf~'FM~ sciences, morfs'~nüctiâent. ~sten t?rienl- .6 nous les retrouvons M<reles mains ~M~AM~ Leurs cAtmMfM, observateurs ~a<Mt~ et opérateurs habiles,

ccerMrM~~ ~o~ ~Mt'MM

ar~

de

SM ~'nMb (Mnnt~rï, fM~e, cabale et mysticisme. Le p~ c~&rs ~'6n<Mgttx Cï< G~~r, qui par~k~MntKf fact~e ~~o~e ef & reM r~a~. Q!t'f< noMS ïH~e de- citer eJM<fe M~M~fM nomï AMce'M;, RA<!ï~,

~~A~M,Cj~,MoMn,/tM~oaf.Alphidius, ArjÈMMorien, ~A~c'ttmM,

les- débuts de t'A-tc.ii~nie~ efde e~

Avec les Arabesfinissen1

= pa~xormaMmareAer~~r~MMMMa<

?!

D~rEMro~

~rrMM

An

Mil,

PRÉFACE

t~

comme une Mr&Mt!MM~M6<'MKOM c~ aMcArMMmcaw ~n<f MMla cAoM~. Les °

CroisadesaMHMt permis à l'Occident a'acaMjnrgloire et science.Ce ~tM~ Crot~ï

ce furentles aMfrMd'Aristoteelles

<MAra~. La PAt7oMpMg un nouvel MMf< f<<mtg

comptaen ~fo~tM ~em~ grands Ma~M~.A~K

de Lille, A~Gr~

d'Aquin,Ra~mon~ ~t<HBLa voieétait format!

ment ouverte, nonïM~ms/ttd ~~ctt'mtemats4 Mt<<Mles

sciencesde ro&Mr~Mn

ra~porM~ft~e p~p~etCH~

<rat~ des alchimis-

Ro~r Bacon, Saint-Thomas

Roger

Bacon ~rt-fe-

faK~dn'~

Grand ~a~afe'!h'& pas substitué l'expérience à ~<M<

Les Alchimistesse

multiplient surtout à la fin du xtV

/Vor-

6~ttxv° !tM<M Angleterre, Georges R<

ton, ~ar~o~m~, en France, Bernardle Trévisan, lé

célèbre Mco<a! Flamel, en

&acA, Ulsted, rn~efm, Basile Fa~<M,~aae& ~0~- landais.

Allemagne Eck de St<

n~

AvecBacile Valentinnousentronsdans MM noa- yeMe,~/l?eA<mMtend au mystisisme, elle s'allie de nou

PRÉFACE

tX

Moa, cotKfM dans son en fance avec la cabale et la magie, en m~me~m~ hcAf'mMpropMme~ dite apparatt et peu itj&ëSM~ar~~Mm~.

r~M~ant~

plus illustre de <'A<cMntM(!Mxvt°

siècle est Paracelse. Jamais réformateur ne fut plus M'o<

~n~ /tmt!M homme n~t<<tfamtï aussi cn~o~t-M~ ci d'ennentis aussi acharnés. Mt voiume entier ne XM/<M<< pas JnumJrcr les n'H~r~!de ses disciples ci les pamphlets

de ses ~MC~t<fï.L!:sfftfï connusdes paracelsistes furent B~r~r~

P<'no< Q~rc~MM!et surtout Lt'~t'fK}.Les at~-s alchi-

7'AK~

Cro~, Dcra, \R~Bjt~f/,

mMfM celte époquen'appartenant d aucune école sont ~/amMA:Dcn)-~ Zaclaaire, Blaise de Vf~f~re, Bar-

Vteo~ G~~K C~fM pM D~co, Ccïmcjt'0~. On ~H< meRre

à cdMo"eMX Jean-Baptiste Por:a, l'auteur bien connu de la « Magie M<M~) et de la P~t'onomM humai- ne~. AKXVtt".S<JC~M<cMfHfee~ dans tout son JC~~M

naHM, Grcxpaff~

~5M~~M~ft:

sillonnent l'Europe, ~monfrM~ ~nM

-adeptes

SCMM6d'~fn~par des transmutations réellement ('ton-

nai. Véritablesapôtres, vivant pauvrement, se cachant sous une misérable apparence, ils vont par les grandes

villes, ne s'adressent qu'aux Mfanb; leur unique désir est

la

~HM~r

&f<'n~~f'cMMK

par des faits. C'est

n.

ainsi que Van Helmont,B~ard' Pise, CroH~

'X

-1

PRÉFACE

Maamert'e, ~~f~Tw /~r~CMM~M r~~HM~.f~ f~&t!</a< a~M~ la soif de l'or s'empara du mondee M<Kr,<OM~!COMMftbMfKnMoP~OtMttMprMM!< ~roMMCompa~AMfmMi)Md ~'a~e ~MfHent au ~')'at!<p«fr~ les médecinssurtout et les pharmaciens ï'<~onngn< l'hermétisme.En m~me<em~ ~M« /am~M!eM6t'~ des Rose-croixsur laquelle oaM Mt< ~neoM~a/M~'Af<t~'M~eMMMrf<!<n. Les traités a'afc&ftn'e~«t Oft(ft<le /0t<r att X~ff° st~e ïont innombrables, mais il n~' a paï di grand nom~ct~r, M!f/PAt~<A< p)'JïMMt~?~M~te<e< Michel Mayer. ~MMconjf fat~noM trouvons CAaf- tier, ~Vurseme~,Co~Mon,~fr~<t!0~,Salmon,~~f &ÏfeAt(! P~~HEaM~&!MtR<M!a))t~

-!V

AuXV~e~

M~eAt'm'e~M p~Mg~M~MCt!,

~aeAt'mMa pM~rM~(ta contraire, ~CM~t~g

science, les découvertes M XMC~M<,? faits s'entassent L'Alchimiea bien encore despartisans, mais ils se ca-

M

L

<;<n<a~apour travailler, on les regarde commedes

MïM!<'x.~n'a~Mïa'adep<M,OKMCo'!<M~~r~tn!-

primer ~M traités anciens, ou de produireau /0tfr~s compilations sans valeur aucune.P~R nomsà citer:

PRÉFACE

Xt

.F~me~, R~oar, Lenglet Dtt/rMno~ auteur de r~M- toiré de !a philosophie hermétique, JLf<'OMtSaint-Ger- m<!tn. f.MMtM {'A~cAtMtgau X~ !~e~ ~nf~ = avec deux charlatans, Cagliostro et E'~tta. BaMno~MJc~f/cA<m<e semble morte, ce n'est plus

~tt'tt~~ MM~ce CK''MMM, intéressante à eoMaKr<: pour l'histoire de la chimie. D'alchimistes attachés A l'anti- que doctrine, nous n'M trouvons que deux C~~M: et Cambriel. Quant à r~reaM et LoaM Lucas c'est sur

&! eAt'tnMnïOt~r~ ~tt'f'~ s1appuient pour arriver aux m~mMCOM~MStonï que tes abttmt!<M proprement dits, cor chose curieuse, les ~Mt~MS d~Oto'gf~ï de la

sctencetendent A démontrer <'Ht<M de la nt~M~

par e<!M~MM< pO!S<6tffM~<: h-<rans'MMMMa.Hest frat

~Kg ~<Aa~or0 apaf< (f~ dit positivcment

terre

tourne autour du soleil, et après deux mille ans d'erreur

Copernfc r~a&Mce~MCt<~ vérité 1

V

Quelques mob n)<!t'f!~naf!<sur ce livre. On s'est <~a~Ct' de, le rendreaussi clair que possible, niais toutes choses

s'y <Mha~<M< rigoureusement

~ra<Mf:, est n~MtH'~

comme en une ~moM- lire avec ~(Mt'Ot et mé-

?0~. Les gravures ont été reproduites par des procédés

.~XU.EMfACE_

pnotot~-pt~tMï, ctfMne MMMn<aonc rien dMfr~f pOKr l'exactitude, Les nombreuses citatians ~f<! ~~tM<<n<f[s-

pensables pour ~pt<)-er ce que nous avançons ont été traduites /t~<emM< OMsi elles étaientM ft'~Kx français

reproduites avec leur orthographe.

volumeun ~Mftjftndff~r~H-

mant la signification des ~tK~o~x hermétiques les plus communs,une liste des auteurs cités dans ecyo~med

un essai sur la bibliographieaMim~N~ de notre ~cf~ enfin une table analytiquc Mï A'StHjt!.

On trouvera /a

Cet ouvrage continue une ~nc ~x

sur rAMt-

mie, ïJrfC que nous avions COmm~Cjë ~r la puhlica-

lion- des Cinq traités d'Alchimie.Nous nous proposons de

fM'rer MCc~tMment r~jfM

~n~Mt'M/ttï~M'd nos /oars, puis une ~a~ sur les laboratoires alchimiques, les instruments~< ~s opérations

chimiquesdes Philosopheshermétiques.

FA~c&MtM &ptt<ï-

A. PotSSON.

THÉORIES & SYMBOLES DESAZC~A~r~

LE GRAND-ŒUVRE

PREMIËRE PARTIE

LES THEORIES

CHAPITRE 1

DÉFINITION

DE L'ALCHIMIE.

LA PHILOSOPHIE

HERMÉTIQUE.

L'ALCHIMIE

VULGAIRE ET

SOUFFLEURS

ET ADEP-

TES. LES BUTSDE L'ALCMMÏELE GRAND-ŒUVRE,

L'HOMUNGULUS,L'ALKAEST, LA PALINGÉNÉSIE, LESPI- RtTUS MUNDI, LA QUINTESSENCE, L'OR POTABLE.

Qu'est-ce que l'Alchimie ? pour nous ce n'est guère

qu'une science naturelle, mère de la Chimie. Mais les Alchimistes eux-mêmes, comment définissaient-ilsleur

2

THéORtES

ET SYMBOLES

science. « L'Alchimie, dit Paracetse, est une science qui apprend à changer tes métaux d'une espèce en une autre

espèce, a (Le cie! des philosophes). C'est la dé6nitioa qu'en donnent ta plupart des alchimistes, ainsi Denys

Zachaire, dans son «O~Mc«/c philosophie n~Kr~~ des métaux, a dit: «. C'est une partie de j-hitosophienatu- relie, taquette démontre la façon de partage les métaux sur terre, imitant la Nature en ses opérations, au plus

prèsquetuyestpossibte

donne une définition plus précise :« L'Atchimie esth

science qui enseigne à préparer une certaine médecine ou =- étixir, lequeléfantprojcté sur les métaux imparfaitsleur

RogerBacoft, esprit exact,

F

communique la perfection dans te moment même de ta projection)). (Miroir d'Atehimie.)E)e même (efÂrgyro- pée et la Chrysopée est l'art qui enseigne à donner à la

matière prochaine de l'or et de l'argent, la forme dec.s /,J~

métaux (G. Claves: Apo~og-MC/t~'sop~'ta' c<~r~ ro~M~. Au xvttt"siècle où la chimiebrillait dans tout

son éclat, it fallut din'érencier les deux sciences, et voici

commenten parle domPernety: « La chymie vulgaire est fart de détruire les composés que la nature a formés~ et-la chymie hermétique est l'art de travailler avec ta

'5

f(~

nature pour tes perfectionner ".(Fables grecques et

égyptiennes).

LESTHÉORtES

Mais tous ces alchimistesn'ont envisagé que la haute

Atchimie it y avait en effet deux espèces d'alchimistes

les souffleurs, gens dépourvus de théorie, travàiBantà l'aventure, its cherchaient il est vrai ta pierre phitoso-

phate, mais empiriquement, entre temps, ils faisaientde la chimie industrieUe,fabriquant des savons, de fausses

pierres précieuses, des acides, des alliages, des cou- leurs ce sont eux qui donnèrent naissance aux chimis-

tes ce sont eux qui vendaient pour-de l'argent le secret de faire de l'or, charlatans et filous, ils faisaientde la fausse monnaie, plus d'un souffleur fut pendu au gibet

doré, supplice réservé à cette sorte d'imposteurs; les philosophes /hermcttques au contratre, dédaignant ces

travaux qu'ils flagellaient dunom de sophistications, s'adonnaient à la recherche de la pierre philosophale non par avarice mais pour l'amour de la science, Ils

avaient des théories spéciales qui ne leur permettaient pas de s'écarter de certaines limites dans leurs recher- ches.

Ainsi, dans la préparation de la pierre philosophale.

ils ne travaillaient que sur les métaux et généralement sur les métaux précieux, tandis que les souffleurs fai-

saient déMèr dans leurs

clites du règne végéta!, animal et minéral. Aussi les.

cornues les produits hétéro-

4

THÉORIES

ET SYMBOLES

Philosophes perseverent-its dans la voie qu'its se sont tracée, leurs doctrines traversent intactes des siècles,

tandis que les soufreurs

abandonnent peu à peu des

recherches coûteuses et très longues pour s'cccuper

de choses prosaïques mais d'un bon rapport, peu à peu ta Chimie se constitue en science et se sépare de

~Alchimie. On ne peut mieux résumer la question qu'en citant un

passage de [af/~MMMMefMnM. de Beccher. <{ Les fauxalchimistes ne cherchent qu'à faire de l'or,

les vrais philosophes ne désirent que la science, tes pre- miers ne font que teintures, sophistications, inepties, les

autres s'enquierent des principes des choses ». Nous allonsmaintenant examiner les problèmes que

les atchimist~s se proposaient de résoudre. Le premier

et te principal consistait dans fa préparation d'un com- posa, nommé élixir, magistère, médecine, pierre philo-

sophique ou philosophale, doué

muer les métauxordinaires en or ou en argent. On recon- naissait deux élixirs, un blanc transmuant tes métauxen argent et un rouge les transmuant en or. Les alchimistes

de la propriété de trans-

grecs connaissaientcette distinction en deux élixirs, le premier blanchissaittes métaux,~uxM: te second tes

{aunissa~t, ~M&M?t;(voir Berthelot Oft~MM Mf~f-

t.ËSTH6oR!ES

mM).L.a p'erre philosophale n'eut d'abord quun simple pouvoir transmutatoire sur les métaux, mais plus tard les

philosophes hermétiques tui reconnurent une fbute~'au-

;tes propriétés produire des pierres précieuses, du dia- mant, guérir toutes les maladies, prolonger la vie humai- ne au-delà des timites ordinaires, donner à celui qui la

possède !a science infuse et le- pouvoir de commander aux puissances cétestes, etc. On trouvera ce point, plus

développé dans ta secondepartie de cet ouvrage. Les premiers alchimistes n'avaient pour but que la transmutation des métaux, mais ptus tard ils se proposè-

rent plusieurs autres problèmes. Dans leur orgueil, its crurent pouvoir s'égaler à Dieu et créer de toutes

ptèces des êtres animes/Déjàsuivant ta tégehde'Atbërt

le Grand avait construit un automate droïde auquel il avait donné la vie par

en bois, un an-

des conjurations

puissantes. Paracetseatlaptustoin et prétendit créer un .être vivant en chair et en os, t'homuncutus. On trouve

dans son traité De natura rcrunt (Parace~t opera omnia

m~teo c&MKco chirargica, tome 11) la manière de procé-

der. Dans un récipient on place différents produits ani- maux que nous ne nommerons pas et pour cause les .inftuencesfavorables des planètes et une douce chaleur

sont nécessaires pour la réussite de l'opération. Bientôt

t

6

THÉORIES

ET SYMBOLES

une tégêfe vapeur s'élève dans le récipient, elle prend

peu

elle parle, t'homuncutus estné! Paracets~indique très

sérieusement te parti que t'en en peut tirer et la façon de le nourrir. Les alchimistes cherchaient encore l'alkaëst ou dis-

solvant universel. Ce liquide devait dissoudre tous les corps qu'on y plongerait. Les uns crurent te voir dans

tapotasse caustique, d'autres dans t'eau régaje, Glauber dans son sel admirable (sulfate de soude). Ils n'avaient oubtté qu'un point, c'est que l'alkaëst dissolvant tout, aurait attaqué te vase qui le contenait. Mais comme il n'y a d'hypothèse si fausse qui ne fasse découvrir quel-

que vérité, en cherchant t'atkaëst tes alchimistes trou-*

vërent plusieurs corps nouveaux. La Patingétiésie, peut comme conception, être rap- prochée de t'homuncutus. Ce mot signifie résurrection,

c'était en effet une opération par laquelle on reconsti-

tuait

cher dans son AftM~M~rnMMM a indiqué la façon. de faire renaître une fleur de ses cendres.

& peu la forme humaine, la petite créature s'agite,

un arbuste, une fleur, avec ses seules cendres. Kir-

Les alchimistes essayèrent aussi de recueillir te Spi-

répan-

possé-

titus mundi, l'esprit du monde. Cette substance

due dans l'ait, saturée des influences planétaires

LES THÉORIES

7

dait unetoute de propriétés merveilleuses, notamment de dissoudre l'or. Ils la cherchaient dans la rosée, dans

tej~MC~Kouhostoc, sorte decryptogame, qui apparaît après tes grandes ptuies « La ptuye de t'ëquinoxe me sert d'instrument pour faire sortir de ta terre le flos ca~< ou ta manne universelle que je vais cueillir pour la faire

corrompre, afin d'en séparer miraculeusement une eau qui est la vraie fontaine de Jouvence qui dissout l'or

radicalement (de Respour.; Rares expériencessur f<?ï- prit minéral). Le problème de la Quintessence était plus rationne!,

il s'agissait d'extraire de chaque corps les parties les plus acttves te résultat nnmëd.atfut le perfectionnement des procèdes distittatoires. Enfin les alchimistes cherchaient l'or potable. Suivant eux, l'or étant un corps parfait, devait être un remède

énergique et communiquant à l'organisme une résistance cônsidérabte à toute espèce de maladies. Les uns se

servaient d'une solution de

chlorure d'or ainsi qu'on

peut levoir par te passage suivant « Si on verse abon-

damment de l'eau dans cette solution et qu'on y mette

de l'étain, du plomb, du fer ou du bismuth, l'or étant précipité, a accoutumé de s'attacher au métat. Et aussi- t&t que vous remuerez t'eau, t'or précipité qui ressemble

8

TttÉORtES

ET SYMBOLES

à un timon trouble se rassemble dans l'eau M (Glauber

L.i m~ectac Mm't'erM~c). ~ais gëneràtëm.ënt [es empiriques vendatént fort cher sous le nom d'or potabte, tout liquide offrant une belle

couleur jaune, notamment la solution de perchtorure de fer. Comme on le voit, les Alchimistesne manquaient pas

de sujets pour exercer leur patience mais le plus grand nombre délaissant les probi&mes secondaires, ne poursui- ~aient que la réalisation du grand-œuvre. La plupart

des traites hermétiques ne parlent que de la pierre phi- losophale, aussi n'examinerons-nous que ce seul point,

sans ptus nous occuper des proHètnes de second ordre~ qui au reste n'apparaissent que fort tard dans l'histoire de l'Alchimie, et qui furent soumis a une toute de varia- t;ons, chacun modifiant te problème ou lui donnant une solution différente.

LES THÉORtKS s

CHAPITRE

H

9

LESTHÉOR!ES ALCHIMIQUES. – UNtTÉDELAMATIÈRE.

LES TROISPRINCIPES SOUFRE,MERCURE, SEL OU ARSENIC. – THÉORIED'AR/TÉPHÏUS. LES QUATRE ÉLÉMENTS.

L'on a souvent répète que les alchimistes travaillaient

en aveugles, c'est une grave erreur, ils avaient des

ries très rationnelles qui émises par les philosophes grecs du second siècle de ['èrechrëtienn. se sont maintenae-;

A peu près sans altération jusqu'au xvm<'siecte. Ar fà basa ctâ ta théorie ttermetique, on trouve une grande toi: l'Unité de ta Matière. La Matière est une, mais elle peut prendre diverses formes et sous ces for-

mes nouvellesse combiner à elle-même et produire de nouveaux corps en nombre indéfini. Cette matière pre-

mière était encore appelée semence, chaos, substance universelle.Sans entrsr dans ptus de détails, Basile Va- lentin pose en principe t'unité de ta matière. « Toutes

choses viennent d'une même semence, elles ont toutes été à l'origine enfantées par la même mère (Char de

triomphe de l'antimoine). Sendivogius, plus connu sous

théo-

tO

THÉORIES

ET SYMBOLES

le nom de Cosmopolite, est plus explicite dans ses Let- tres « Les chrétiens, dit-it, veulent que Dieu ait d'a&ord crée une certaine matière première. et que

de cette matière par voie de

séparation, ayant été tirés

des corps simples, qui ayant ensuite été mêlés tes uns avec les autres, par voie de composition servirent à faire ce que nous voyons. H y a eu dans la création une

de subordination, si bien que les estres les plus

simples ont servi de principes pour la composition des suivans et ceux-ci des autres. H résume ennn tout ce

deux propositions « Sca- matière première que rien

n'a précède; 2° La division de cette matièreen étémens

et en6n moyennantcesctëtnensta fabrique et ta compo- sition des Mixtes (Lettre x<°'°). entend par Mixte

toute espèce de corps composé. D'Espagnet complète Sendivogius, en établissant l'indestructibilité de ta matière, il ajoute qu'ette ne peut

que changer de forme. «. Tout ce qui porte le caractère de l'être ou de la substance ne peut plus te quitter et par les lois de la nature, il ne lui est pas per-

mis de passer au non-être. C'est pourquoiTrismégiste dit fort à propos, dans le Pimander que rien ne meurt dans te monde, mais que toutes choses passent et chan-

espèce

qu'il vient de dire dans ces

voir t* la production d'une

LESTHÉORtES

JI

gent s (Enc~t'rMt'onpA)'S!Ctr rMït~a*). Naturellement il admet l'existence d'une matière première. « Les Phi-

losophes ont crû, dit-il, qu'il y avait une certaine matière première, antérieure aux éléments. » Cette hypothèse ajoute-t-il se trouve déjà dans Aristote. !t examine ensuite les qualités que tes métaphysiciens ont attribuées

à la matière. Barlet nous renseigne sur ce point c La substance universelle est toute tout intérieurement sans distinction de genre ou de sexe, c'est-à-dire grosse, féconde et empreinte de toutes choses sensibles & t'ad-

venir (Bartet La ~o~c~Mf'e ergocosmique). Ce qui revient à dire que la matière première ne contient aucun

corps en- action et tes représente tous en puissance. Génératëmertt l'on admettait que ta matière première est liquide, c'est une eau qui à l'origine du monde était te chaos. « C'était ta matière première contenant toutes

les formes en puissance. Ce corps uniforme était

aquatique et appelé par les Grecs SX~, dénotant par le même mot l'eau et la matière (Lettre philosophique). Plus loin it est dit que ce fut te feu qui joua te rote de mate par rapport à ta matière femelle, ainsi pri-

rent naissance tous tes corps qui composent l'univers. Comme on le voit l'hypothèse de fa matière première était ta base mêmede l'Alchimie, partant de ce principe,

<2

THÉORIES ET SYMBOLES

Il était rationnel d'admettre la transmutation desmétaux. La matière- se différenciait d'abord en soufre et en mercure, et ces deux principes s'unissant en diverses proportions formaient tous les corps. <f Tout se com-

pose de matières sulfureuses et nyme chrétien, alchimiste grec.

Plus tard on ajouta un troisième principe te sel ou. arsenic, mais sans lui donner autant d'importance qu'au soufre et au mercure. Ces trois principes ne désignaient

en aucune façon des corps vulgaires. Ils représentaient certaines qualités de la matière, ainsi le soufre dans un

métal, figure la couleur, tacombusttbitité, la propriété d'attaquer tes autres métaux, la dureté, au contraire te mercure représente l'éclat, ta votatitité, ta fusibilité, la

mercurielles x dit l'Ano-

maMéabitité. Quant au set c'était simplement un moyen d'union entre le soufre et le mercure, comme lesprit vital entre le corps et l'âme.

surtout

par Basile Valentin, Khunrath, Paracelse, en un mot par les alchimistes mystiques. Avant eux Roger Bacon en avait bien parlé, mais incidemment sans lui attribuer

de qualités spéciales, sans s'en occuper beaucoup, au

contraire Paracetse s'emporte contre ses prédécesseurs qui ne connaissaient pas Je sel. (f Ils ont cru, que ie Mer-

Le sel, fut introduit comme principe ternaire,

LES THÉORIES

!)

cure et le Soufre étaient des principes de tous tes mé- taux, et ils n'ont pas mentionné même en songe le troi-

sième principe (~ ~Mor des- ~!OM). Mais le set est fort peu important et même après P~racetse, nombre

d'alchimistes le passèrent sous silence. Le Soufre, le Mercure et le Sel ne sont donc que des

abstractions, commodes pour désigner un ensemble de

propriétés, un métalétait-it jaune ou rouge, fusible, on disait que le Soufre abondait en

difficilement lui. Mais il

ne faut pas oublier que le Soufre, le Mercure et le Set dérivaient de la Matière première: « 0 merveille, le Soufre, le Mercure et le Sel me font voir trois substances

en une seule matière (Lumière sortant par soi-même

des Ténèbres :Marc-Antonio). Éliminer dans un corps certaines propriétés, c'était séparer le Soufreou le Mercure, par exempte rendre un métal infusibleen le transformant en chaux ou oxyde,

c'était avoir votatitiséson Mercure et extrait son Soufre. Autre exemple, le Mercureordinaire contient des métaux étrangers qui restent dans la cornue quand on le distille,

cette partie fixe était considérée comme le Soufre du Mercure vutgairepar les alchimistes; transformantle vif-

argent ou mercure en bichlorure, ils obtenaient ainsi un corps complètement volatil et croyaient avoir extrait par

t.t

TMÉORtES

ET SYMBOLES

cette opératton le Mercure-principe du Mercure-méta!.

Nous ne pouvons quitter la question des trois princi- pes sans mentionnerta théorie d'Artphius.atchimiste du xf siecte. Pourvu! le Soufre représente dans les métaux

les propriétés visibles, le Mercure, les propriétés occul-

tes ou latentes. Dans tout corps il faut distinguer les propriétés visibles couleur, éclat, étendue, c'est le Sou-

fre qui représente cela puis les propriétés occultes qui ne se revêtent qua par l'intervention d'une force exté-

rieure fusibilité, mattéabifité, volatilité, etc., propriétés dues au Mercure. Cette explication diffère peu de celle donnée ci-dessus. A coté du Soufre, du Mercure et du Sel, les alchimis-

tes admettaient quatre éléments théoriques~ ta Terre, l'Eau, t'Air et ie Feu ces mots étaient pris dans un sens absolument différent du sens vulgaire. Dans la théorie

alchimique tes quatre dé.Ttents pas plus que les trois

principes, ne représentent des corps particuliers, ce sont de simples états de la matière, des modalités. L'Eau est

synonyme de liquide, la Terre c'est t'état solide,

l'air

l'état gazeux, le Feu un état gazeux très subtil, tel

qu.:

celui d'un gaz dilaté par la chaleur. Les quatre étéments

représentent donc les états sous lesquels la matière se présente à nous, on pouvait par suite dire logiquement

LES THÉORtES

t~

que les éléments composent tout l'Univers. Pour un alchimiste tout liquide est une Eau, tout solide est Terre

en dernière analyse, toute vapeur est Air. G'estpour cela que t'en trouve dans tes anciens traités de physique que l'eau ordinaire chauffée se change en Air. Ceci ne veut pas dire que l'eau se transforme dans le mélange respi-

rabte qui constitue l'atmosphère, mais bien que t'eau, d'abord liquide se change en unnuide aëritbrme,en un gaz comme on l'a dit plus tard.

Les Éléments représentaient non seulement des états

physiques, mais par extensiondes qualités.

« Tout ce qui était de qualité chaude a été appelé par les anciens: feu ce qui était sec et solide,terre ce qui

était humide et

tre d'Alexandre). L'Eau se transformanten vapeur ainsi que

tous tes li-

nuide.eau; froid et subtil, air~.(Ép!-

quides quand on les chauffe, d'autre part les corps soli-

des étant généralementcombustibles, des Philosophes Hermétiques avaient cru devoir réduire le nombre des Eléments à deux visibles, la Terre et l'Eau, renfermant en eux tes éléments invisibles, le Feu et l'Air. La terre

contient en soile Feu, et l'Eau renfermel'air à état invi- sible. Qu'une cause extérieure vienneà agir, le feu etl'air

se manifesteront. Rapprochons ceci de la théorie d'Arte-

16

THÉORtES

ET SYMBOLES

phius mentionnée plus haut, la Terre correspondra au

Soufre, l'Eau au Mercure et réciproquement. En somme tes quatre éléments avec !e Soufre et te Mercure repré- sentaient à peu près les mêmes modifications de ta ma-

tière première, destinées à composer le reste des corps. Seulement te Soufre et le Mercure représentant des

quatitésmétatttquesétaientptus spécialement réservés aux Métaux et aux minérauxtandis que les quatre Eléments

s'apptiquaient aurogne végétât et a.mmat. Quand un alchi- miste distillaitun bois et obtenait un résidu fixe, une essen-

ce ou huile, et des produits inflammables, il disait avoir décomposé ce bois en Terre, Eau et Feu. Plus tard aux

quatre Etéments on en surajouta un cinquième, ta Quin- tessence «L'on peut nommer tes parties iesptussoti-

des terre,

les plus humides eau, les plus défiées et spi-

rituelles air, ta chaleur nature~e, feu de la nature et les autres occultes et essentielles s'appellent fort à pro-

pos des natures célestes et astrales ou Quintessence. »

(D'espagnet Enchiridion ~KCtB n~fMa;.) Cette quintessence correspondrjit au Set. L'on voit combien

les théories des alchimistes étaient cohérentes. Alors

qu'un Soufreur se perdait dans ce dédate, trois principes quatre éléments, une Matière universette, un Philosophe conciliait facilement ces différences apparentes. Et

LES THÉORtES

t/

maintenant l'on comprendra comment il faut entendre ces paroles du moine Hélias. «C'est avec les quatre

éléments que tout ce qui est en ce monde à été créé par

:Mf'rotf~AM[-

la toute-puissance de Dieu (Hétias

mie). Ces théories existaient des l'origine de l'Alchimie.

Chez les Grecs l'alchimiste Synésius dans son Conim~- taire sur le livre de DJmoen~ nous fai t remarquerque dans ['opération alchimique l'artiste ne crée rien,it il modi-

fie la Matière, il change sa Forme. L'Anonyme Chrétien

que nous avons cité appartient à la même ëpoque. Quant aux quatre élémentsils étaient connus depuis longtemps. Zosime donne à leur ensmblele nom de Tétrasomie ou

tesQuatreCorps. Voicisous forme de tableau le résumé de ta Théorie

alchimiquegënérate.

Mati&repre-

miere.unique.

indestructibte.

Soufre

(Terre(visibte,c<atsotide.

principe Rxe jFeu (oecuhe, tQuintessenec,

Sel

{

<!ta( subt't. 6<a[compaMb)e& à

t'~therdesphysi-

ci<:n!).

Mercure

tEau(visib)e.~t!)t)iquide.

principevo)ati)jAir(oceu)te,ctatgMcux.

tg

THÉORIES ET SYMBOLES

CHAPITRE H!

LES SEPT MÉTAUX. LEURCOMPOSITIQN. – LEUR

GENÈSE. LE FEU CENTRAL. CYCLEDE FORMA- TtoN. INFLUENCES PLANÉTAtRES.

Les alchimistes travaillantsurtout sur les Métaux, on

comprend qu'ils se sont beaucoup étendus sur la genèse et la composition des métaux.Ils en reconnaissaient sept

attribuaient t&nBmetiesigne dessept pla-

Mercure 5. ou Mars d*.

auxquels-ils

nètes

Or ou Soleil Ô. Argent ou Lune €.

Ptomb ou Saturne h. Étain ou Jupiter~, Fer

Cuivre ou Vénus $. Ils les divisaienten métaux parfaits,

inaltérables, qui

parfaits,

t'atr, tacitement attaquables par les acides. « L'étëment

feu corrompt

c? o. Les métaux

parfaits sont inattérabtes dans le feu » (Paracelse Le

Ciel des philosophes). Voyons queue est

étaient l'or et l'argent et en métaux im-

se changeant en chaux, (oxydes) au feu ou à

les métaux imparfaits et les détruit. Ces

métaux sont au nombre de cinq f?

l'application de fa théorie hermé-

LES THÈORtES

!9

tique aux métaux. D'abord les métaux doivent tous dé-

river d'une mêmesource ta Matière première. Les phi- losophes hermétiques sont au reste unanimes sur ce

point. essence, ils ne diffèrent que par leur forme » (Albert le Grand De A~Af'mM). Il n'y a qu'une seu!e matière pre- mière des métaux, elle revêt différentes formesselon le

degré de cuisson, seton ta fbrcj plusou moins puissante d'un certain agent naturel (Arnautd de Villeneuve Le ~cmm du eAemm). Sjit dit en passant ta théorie est

absolumentapplicable aux minéraux. « H n'y a qu'une matière pour tous les métaux et tes minéraux ? (Basile

Les métaux

sont tous semblables dans leur

»

Valentin) et enfin « La nature des pierres est la même

que cëHe-desautres choses M ~<: CosmopoMt! Le passage d'Albert le Grand est on ne peut plus ex-

plicite la matière une pour tout ce qui existe, dirait-on

aujourd'hui,

c'est-à-dire

tent en se groupant diverses formes géométriques et de là vient la différenciation entre les corps. En chimie,

que les atomes identiques entre eux, afïec-

se diNérencie d'elle-même par ta forme,

l'allotropie justifie parfaitement cette manièrede voir.

It s'ensuit que le Soufre

et le Mercure, principes se-

la Matière, principe premier)

condaires (par opposition à

ne représentent qu'un ensemble de qualités « Et ainsi

20 THÉORIES

ET SYMBOLES

voir clairement que Soufre n'est pas une cho e

tu peus

à part

pas

métaux ne serait point d'une nature homogénée, ce qui

est contre le dire des philosophes » (Bernard le Tré-

PMoM~ttC naturelle des m~atue). Dans

visan Lt~r~

le même ouvrage, Bernard le Trévisan revient sur ce

« Le Soufre n'est point une chose qui

soit divisée

du vif-argent, ne séparée mais est seule-

ment cette chaleur et sécheresse qui ne domine point à la froideur et humidité du Mercure, lequel Soufre après digéré, domine les deux autres qualités, c'est-à-dire, froideur et moiteur et y imprime ses vertus. Et par divers dëgrez de décoctions se font tes diversité

ces

hors de la substance du Mercure, et que ce n'est

Soufre vutgat.Gar si ainsi estoit, ta Matière des

sujet important

métaux B (~m). Le Soufre, de nature chaude, est tif, le Mercure de nature froide est passif: « Je dis il y

a deux natures, l'une active, l'autre passive. Mon ma!tre

me demanda quelles sont ces deux natures ? Et je ré- pondis l'une est de la nature du chaud, t'autre du froid.

Quelle est la nature du chaud? Le chaud est actif et le

froid passif (Artéphius: Clavis m~orMMptM/M'). Le Soufre ou le Mercure peuvent dominer dans la composition des métaux, en un mot certaines qualités

peuvent l'emporter sur d'autres. Quant au Sel, nous

ac-

LES THÉORIES

M

avons déjà expliqué que ce principe inconnu aux pre- miers alchimistes, n'eut même plus tard qu'une impor-

tance restreinte malgré les Par~eétsistes. Le Set ou Arsenic n'était que le lien qui unit les deux autres prin- cipes « Le Soufre, te Mercure et l'Arsenic sont les principes composants des métaux. Le Soufre en est

le principe actif, te Mercure, te principe passif, t'Arse- nic est le lien qui les unit (Roger Bacon Br~g bre- ff'arMm <f<m<~ <<<:t.)Roger Bacon attachait tui-memest

peu d'importance au Sel, que dans un autre de ses ou-

vrages il n'en fait pas mention comme principe composant. <f Notez, dit-il, que les principes des métaux sont te _Mercure.et te Soufre. Ces deux. principes ont donné naissancetous tes métaux et à tous )ës mfnérauxdont

it existe pourtant un grand nombre d'espèces différen- tes (Miroir ~cAt'mt'e). Donc on peut dire que tous les métaux sont compo-

sés de Soufre et de Mercure, tous deuxréductibles à la

matière première.

t Car tous métauxde Soufresont Formezet Vif-Argentqu'ils ont Cesont deux spermes des métaux,x

(NtCOI.ASFt.AMBt. SomtMfft).

}

H THÉORtES ET SYMBOLES

Le Soutre est te pere ~p~~nc~pc acm~ uestucmu~, disaient encore les Alchimistes, et le Mercure (principe

pass!f)est!eur[nere.

< Mcrcttfiusest Vif-Argent Qui a tout le gouvernement Des sept métaux, car c'est leur mère.o

(JSBtH DEL4 FOHTAtSB Fontainedesamoureuxde science.

Nous ne nous occuperonsque du Soufre et du Mer-

cure et de leur rôle dans la Genèse des métaux. Ces

deux principes existent séparés dansée sein de la terre. Le Soufre sous forme d'un corps soMe,nxe, onctueux, le Mercure sous forme de vapeur. « Le Soufre est !a.

graisse

cuisson modérée, jusqu'à ce qu'eue durcisse, alors elle

constitue le Soufre (Albert le Grand: De A~cAtmM.)

Attirés sans cesse l'un vers l'autre, les deux principes se combinent en diverses proportions pour former métaux et minéraux. Mais il v a encore d'autres cir-

constMccs q-i .it -c des deuxprincipes le

de la terre, épaissie dans les Mines par une

degré decuisson, la pureté, les accidents divers. Les

Alchimistes admettaient en effet l'existence d'un feu

situé dans les entrailles de la terre, le mélange

de Sou-

LES THÉORIES

ffe et de.MeKure plus ou moins cuit et digéré,

par suite da~ropriétés « On a observé que la nature

variait

~des m~M, telle

'"engendrée par le Soufre et te Mereure. La différence seule de cuisson et de digestion produit la variété

que nous ta connaissons, est d'être

dans {'espèce métattique ') (Albert !e Grand le, Com-

ce qui est de ta pureté, nous

citerons le passage suivant « Selon ta pureté ou l'im-

pureté des principes composants, Soufre et Mercure, il se produit des métaux parfaits ou imparfaits(Roger Bacon Miroir d'Alchimie). Ceci nous amène à dire

que les métaux imparfaits naissent tes premiers, ainsi

le

ie

devient étain, mercure, puis argent et enfin Or. Les

parcourent une sorte de cycte « Nous avons

en effet démontré clairement dans notre T~ttM ~M MM<f-

posé des compoj~). Pour

fer se transforme en cuivre puis se perfectionnant cuivre se change en plomb, ce dernier à son tour

métaux

rattx, que la génération des métaux est circulaire; on passe facilement de t'un à l'autre suivant un cercle. Les métaux voisins ont des propriétés semblables c'est

pour ceta que l'argent se change facilement en or n

(Albert le Grand le Composé des compM&). Glauber va plus loin, il émet l'opinion singulière que tes métaux une fois arrivés à l'état d'or, parcourent le cycte en

2~

THÉORtE~

ET

SYMBOLES

sens inverse, devenant