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DOCUMENT RÉSERVÉ AUX SURVEILLANTS

Transcription des documents audio


S’assurer avant de commencer l’épreuve que tous les candidats sont prêts.
L’enregistrement sur cassette comporte l’ensemble des consignes ainsi que les temps de pause entre
les écoutes. Le surveillant ne doit donc pas intervenir sur le magnétophone avant la fin de l’épreuve.

[Mise en route du magnétophone]

DELF niveau B2 du Cadre Européen de Référence pour les Langues, épreuve orale collective.

Exercice 1
Vous allez entendre une seule fois un enregistrement sonore de 1 minute 30 à 2 minutes.
Vous aurez tout d’abord 1 minute pour lire les questions. Après l’enregistrement vous aurez 3 minutes pour répondre
aux questions. Répondez en cochant (❏) ✘ la bonne réponse ou en écrivant l’information demandée.
Lisez maintenant les questions.
[pause de 1 minute]

S’unir au niveau mondial pour sauver la planète des désastres du réchauffement climatique… A l’heure où les
Européens se demandent ce qui les rassemble et s’ils doivent ratifier la constitution qui définit leurs valeurs com-
munes, voilà un thème majeur, un combat essentiel engagé par l’Union. Une mission qui distingue l’Europe des
Etats-Unis. […] Dans cette affaire tout oppose les deux puissances. Les Américains disposent de vastes éten-
dues géographiques et d’une nature encore sauvage quand les Européens s’entassent dans un espace rétréci
par l’urbanisation. La perception de part et d’autre de la pollution en est évidemment influencée. Les premiers
disposent de réserves de combustibles fossiles, les seconds en sont largement dépourvus. Le choc pétrolier
du milieu des années 70 a rendu l’Europe consciente de la raréfaction des ressources et l’a poussée à imagi-
ner un système d’économies. Tandis que les Etats-Unis qui n’ont pas touché du doigt cette limite, continuent à
vivre dans une logique de gaspillage […]. L’Union européenne ne se décourage pourtant pas et bataille pour
obtenir la participation de la Russie qui, ajoutée à celles du Japon et du Canada, permet à ce premier instru-
ment de gouvernance environnementale d’entrer en vigueur aujourd’hui, malgré l’absence des Américains.
Les mesures à prendre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2012 sont contraignantes. Il s’agit
véritablement de changer le modèle de développement économique et à terme la vie de la société. […] Sans
qu’une amélioration évidente ne soit perceptible puisque les phénomènes en cause, recul des glaciers, inon-
dations, canicules, incendies de forêt n’enregistreront d’amélioration qu’après plusieurs dizaines d’années de
meilleure pratique. Il faudra ensuite convaincre les pays émergents de participer, alors que la Chine, l’Inde et
le Brésil sont aujourd’hui exemptés pour cause de développement. Le gros de l’effort est donc devant nous et
la route est longue, mais, restons confiant, cet accord est une première.
D’après Chronique Europe du 16/02/2005 – RFI

[pause de 3 minutes]

Exercice 2
Vous allez entendre 2 fois un enregistrement sonore de 5 minutes environ.
Vous aurez tout d’abord 1 minute pour lire les questions. Puis vous écouterez une première fois
l’enregistrement. Vous aurez ensuite 3 minutes pour commencer à répondre aux questions.
Vous écouterez une deuxième fois l’enregistrement.
Vous aurez encore 5 minutes pour compléter vos réponses.
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Lisez les questions.

[pause de 1 minute]

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Première écoute
– Aujourd’hui j’ai le très grand plaisir de recevoir Alberto Manguel pour Le Journal d’un lecteur, traduit de
l’anglais par Christine Lebœuf, éditons Actes Sud.
– L’anglais est ma première langue avec l’allemand, mais j’ai arrêté de parler l’allemand quand j’avais sept ans,
j’ai continué à parler l’anglais avec mes frères, par exemple, donc c’est la langue dans laquelle je nomme mes
expériences, ça…, ça me donne mon premier vocabulaire, c’est pour ça que j’écris en anglais, mais tout récem-
ment, j’ai eu l’idée pour un roman, pour une histoire qui se passait en Argentine, et j’ai essayé de faire parler
ces personnages , qui étaient argentins, en anglais, et la traduction n’était pas facile, donc je me suis dit :
« C’est bête ! Je vais essayer tout simplement de faire en espagnol, je verrai plus tard. » et le roman s’est écrit
comme ça en espagnol, et après j’ai eu énormément de mal à le récrire en anglais.
– Alberto Manguel, est-ce qu’il y a un espagnol ou des espagnols ? Est-ce que l’espagnol d’Argentine est le même
que celui qu’écrivent les écrivains espagnols d’aujourd’hui ?
– Ah non, non, il y a, je dirais, plus même en Argentine, il y plusieurs espagnols, il y a l’espagnol de Buenos Aires,
il y a l’espagnol des provinces, qui est plus proche de l’espagnol, mettons, de l’Uruguay ou de la Bolivie, euh,
il y a un autre espagnol qui se parle, qui s’écrit en Colombie, qui est très beau, et il y en a un autre au Mexique,
et ainsi de suite. Euh…C’est un peu différent avec les francophonies, parce que, connaissant par exemple le
français du Québec, c’est vrai qu’il y a des différences, mais le français de France reste au cœur de la fran-
cophonie, tandis que pour l’espagnol, il y a une situation curieuse, l’espagnol s’est développé en Amérique
Latine, a donné une littérature très importante au cours du XIXe, surtout le XXe siècle, et en Espagne il est resté
un peu figé, donc je dirais que le meilleur espagnol aujourd’hui s’écrit sûrement en Colombie, mais aussi en
Argentine, je dis ça avec un peu de fierté, et, et au Mexique, mais en Espagne, on a perdu l’espagnol.
– J’ai lu d’autre part, sous votre plume ou selon un de vos propos, que l’anglais se serait beaucoup appauvri.
– Ah oui ! L’anglais souffre de sa popularité, l’anglais est devenu, on le dit très souvent, la lingua franca de notre
époque, mais cela veut dire que pour que tout le monde puisse l’utiliser, surtout pour des raisons commer-
ciales et techniques, le vocabulaire de l’anglais, qui est une des langues les plus riches au monde, s’est énor-
mément appauvri ; les gens ne connaissent qu’une toute petite partie de l’anglais, et cette partie, ils la connais-
sent mal : on écrit mal l’anglais, on parle, on le parle encore pire, et il y a très peu d’écrivains en anglais aujourd’hui
qui à mon avis écrivent un bel anglais, dans le sens d’un anglais plein d’imagination, un anglais qui faisait recours
à ces sources de la langue anglaise qui sont le latin et l’anglo-saxon.
– Est-ce que Naipaul écrit un bel anglais ?
– Très bel anglais, oui, oui, oui, oui, très très bel anglais. Je ne partage pas tellement sa vision du monde, ses
idées politiques, il me paraît un esprit assez mesquin, mais sa littérature est très belle. Parfois une belle écri-
ture va au-delà des idées de son auteur et devient une œuvre qui est bien meilleure que son auteur.
– Alors là on effleure un des sujets dont nous allons reparler dans quelques instants, Alberto Manguel, c’est
votre exceptionnelle érudition littéraire, le fait que j’aie en face de moi un homme qui m’impressionne telle-
ment par tout ce qu’il a lu, par la manière dont il en parle, notamment dans Le Journal d’un lecteur, mais je
voudrais continuer…
– Je voudrais vous interrompre parce que je n’aime pas le mot « érudition », euh…
– « érudit », c’est un joli mot !
– Oui, mais…
– « Erudition », moins.
– Oui, mais…
– Un érudit, c’est quelqu’un…, oui, peut être…
– Je dirais que la plupart des lecteurs ressent une certaine timidité vers ce qu’ils connaissent, en fait ils connais-
sent beaucoup plus qu’ils n’avouent, et je crois que si vous et moi et d’autres lecteurs partageaient, mais
franchement, ce qu’on aime, ce qu’on connaît, ce qu’on a lu, on verrait que côté quantité, nos bibliothèques
ne sont pas tellement différentes.
– Je retire « érudition ».
– Merci.
– Alors, question bête, il y en aura beaucoup, certainement, de ma part, pourquoi pas en français, vous parlez
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si bien français ?
– Ah non, je me débrouille en français. Vous savez, j’ai appris le français à l’école, et j’avais un professeur qui
nous disait : « une faute de grammaire en français est une faute morale »

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– Oui, eh eh eh ! Godard disait du travelling en cinéma « le travelling au cinéma est un comportement moral »
– Alors je n’oserais pas écrire en français. Vous savez, en anglais, curieusement, il y a des langues dans
lesquelles on peut se permettre l’erreur. En anglais on peut le faire, en espagnol, en italien, même en allemand
jusqu’à un certain point, euh, et là, pour les lecteurs, cette erreur devient, bon, euh, une caractéristique du
style, quelque chose de voulu, tandis qu’en français, c’est tout autre chose, les erreurs de grammaire, une
méconnaissance de la langue est fautive.
6 mai 2006, Europe 1, Entretien avec Fréderic Mitterrand

[pause de 3 minutes]

Deuxième écoute

[pause de 5 minutes]

L’épreuve est terminée. Veuillez poser vos stylos.


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