Vous êtes sur la page 1sur 56

Université Cadi Ayyad

Faculté des Sciences Juridiques,


Économiques et Sociales,
Marrakech.

Filière : Économie et Gestion


Option : Économie et Gestion
Semestre : 6

Economie publique

Réalisé par :

AIT SOUSSANE Jihad

Année Universitaire
2016-2017

1
Définition de l’économie publique :

C’est une branche de la science économique qui s’intéresse à étudier les activités de l’Etat, ses
fonctions et leurs impacts sur l’économie. Ainsi les moyens alternatifs de financement des ses
activités.

Le développement de la théorie de l’économie publique : les classifications de


l’Etat.

De ce fait, l’Etat est le centre d’intérêt dans l’économie publique. En premier lieu, on aura besoin des
approches pour classifier les Etats, trois classifications sont présentées :

1- La première classification : une classification selon les théories économiques de l’Etat. Cette
typologie se fonde sur les pensées économiques et modèles théoriques pour conceptualiser l’Etat et
cerner son rôle dans l’économie. On a trois approches :

- L’approche libérale : selon les libéraux (classiques et néoclassiques), l’Etat gendarme est un
Etat qui exerce seulement les fonctions régaliennes (défense nationale, police, assurer les droits
de propriétés et le respect de contrats, etc.) sans intervenir dans l’économie du marché en vue
que les mécanismes naturelles s’occupent de réguler le marché (l’autorégulation du marché).
- L’approche keynésienne : selon les tenants de cette école, l’Etat providence et un Etat qui
intervienne dans l’économie pour corriger les défaillances structurelles du marché dans la
finalité d’assurer un équilibrage entre l’offre et la demande.
- L’approche marxiste : selon les marxistes, la société est composée de deux groupes, les
bourgeois, détenant le capital et les moyens de production, et les prolétaires, détenant la force
du travail. Selon eux, les marxistes, les capitalistes créent leurs profits en exploitant la plus-
value des ouvriers, le rôle de l’Etat est la maintenance de ce rapport d’exploitation.

2- La deuxième classification : une classification selon les fonctions assurées par l’Etat proposée
par Musgrave (1959), on les présente comme suit :

- Allocation optimale des ressources : l’Etat produit des biens et services publics aux citoyens
tels que l’éclairage public, réseaux routiers, défense nationales, etc.
- Redistribution de la richesse : dans le cadre de la justice sociale, l’Etat redistribue les revenus
par le biais de la fiscalité, avec laquelle, le revenu des riches se transfère aux pauvres, ce qui
réduit l’inégalité sociale.
- Stabilisation de l’économie : c’est assurer l’équilibrage macroéconomique et
microéconomique en employant des politiques conjoncturelles.

2
3- La troisième classification : une classification qui porte sur les moyens d’action de l’Etat, où la
manière avec laquelle, l’Etat offre ses services aux citoyens :

- La théorie de l’échange : les demandeurs adressent à l’Etat comme ils adressent à une
entreprise par le biais d’un marché où ils échangent des biens et services en contrepartie d’une
monnaie, l’Etat offre des biens publics en contrepartie d’un impôt.
- La théorie de la contrainte : l’Etat prélève obligatoirement les impôts auprès les demandeurs
pour financer ses dépenses et ses activités sans passer par la logique du marché et prix.

Le mode de fonctionnement du marché et du gouvernement :

En économie il ya deux type de processus de la prise de décision :

1- Un processus de la prise de décision décentralisé : c’est un processus qui caractérise l’économie


du marché dans laquelle le secteur privé qui détermine l’allocation des ressources via la confrontation
de l’offre et de la demande. Le mode de fonction du marché se caractérise par une décision :

- Individuelle : chaque agent économique du marché prend la décision en fonction de ses


propres objectifs et contraintes personnels avec une façon indépendante de l’autre, le
demandeur consomme en fonction de sa préférence, utilité, et revenu disponible ; alors que
l’offreur produit en fonction de sa technologie disponible et son budget.
- Volontaire : chaque agent économique fait sa décision d’une manière libre sans d’être entravé
par des barrières à l’entrés et à la sortie, le demandeur décide d’entrer le marché en
commençant à consommer et d’y sortir en cessant de consommer.

2- Un processus de la prise de décision centralisé c’est un processus qui caractérise l’économie


administrée dans laquelle le secteur public détermine l’allocation des ressources via les mécanismes
politiques avec lesquels les citoyens expriment leur demande par les élections, referendum, grèves,
manifestations, etc. contrairement au mode de fonctionnement du marché, le mode de fonctionnement
gouvernementale se caractérise par une décision :

- Collective : la distribution des biens et services publics n’est pas faite sur une base individuelle
mais sur une base collective quel que soit la préférence individuelle exemple : éclairage
publique).
- Obligatoire ou coercitive : l’Etat par nature est autoritaire, sa coercivité se traduit par
l’obligation de consommer ou de ne pas consommer. Les autorités publiques obligent un
citoyen de consommer l’éclairage public, quel que soit sa préférence, en le taxant pour financer
ce service.

3
Remarque : en effet, la méthode de distribution des biens et services entre les demandeurs constituent
aussi un autre point de différence entre le secteur publique et le privé. Tout d’abord, la distribution des
biens et services dans le secteur privé se faite à travers le rationnement par le marché et le prix où le
demandeur exprime la quantité à consommer à travers son prix maximum à payer qui reflète sa
disposition marginale à payer (en fonction de son revenu et préférence). D’autre part, la distribution
dans le secteur public se faite à travers le rationnement hors marché où tous les demandeurs
reçoivent la même quantité d’un bien quel que soit leur capacité contributive (à l’exception de
quelques biens publics comme l’hôpital).

L’interaction entre le secteur privé et le secteur public : l’économie mixte

Lequel des deux processus existe dans la réalité ? Les deux existent simultanément, le secteur public et
le secteur privé, une économie mixte, le degré de mixité qui se diffère entre les pays. Les dépenses
publiques représentent entre le quart et la moitié de revenu national brut (RNB). Cette figure suivant
montre les flux circulaire dans une économie mixte :

4
Nous présentons l’interaction entre les deux secteurs publics et privé d’une manière directe et
indirecte. Tout d’abord, le secteur privé se décompose en deux marchés, le marché des biens et
services et le marché des facteurs de production, nous exposant l’interaction entre les deux secteurs
indirectement comme suit :

- Le marché des facteurs de production est un intermédiaire entre les offreurs des ressources (les
ménages) et les demandeurs de ressources (les entreprises et l’Etat) en échangeant la monnaie
en Dh, qui est considérée comme une rémunération et salaire pour les ménages et comme une
charge pour les entreprises et l’Etat.
- Le marché des biens et services est un intermédiaire entre les offreurs de produits (les
entreprises) et les demandeurs de produits (les ménages et l’Etat) en échangeant la monnaie en
Dh, qui est considérée comme une recette pour les entreprises et comme une dépenses pour les
ménages et l’Etat.

Le secteur public interfère avec le secteur privé directement sans passer par le marché, en offrant des
biens et services publics aux ménages et aux entreprises, en contrepartie d’un prélèvement fiscal sous
forme des impôts et des taxes.

L’arbitrage entre le secteur public et le secteur privé :

Cependant, il existe un arbitrage entre les deux secteurs, du fait que l’expansion du secteur public
provoque une diminution de la taille du secteur privé, le graph suivant montre cet arbitrage :

5
En premier lieu, point A correspond à la distribution de ressources au secteur privé E1 et au secteur
public Q1, on suppose que A se situe dans la courbe des possibilités de ressources qui est une courbe
concave combinant toutes les distributions possibles de la richesse entre le secteur privé et public sous
l’utilisation des inputs limités et une technologie donnée. Si le gouvernement veut augmenter sa taille
en accroissant les dépenses publiques de Q1 à Q2, une baisse éventuelle du secteur privé se résulte de
E1 à E2 : une modification de la distribution des ressources du point A au point B dû à la rivalité
inhérente à l’économie.

On explique cette rivalité entre les deux secteurs comme suit : quand le gouvernement décide
d’agrandir sa taille pour financer ses dépenses, il impose des impôts et taxe aux ménages (IR), aux
entreprises (IS) et aux consommateurs (TVA), ce qui va priver ces agents d’utiliser une partie de leurs
ressources au profit du gouvernement, autrement dit, la taxe n’est rien qu’un transfert des ressources
privées au secteur public.

Les facteurs de l’expansion gouvernementale :

On sait bien la répercussion d’une expansion gouvernementale sur la création des biens et services
privés, mais quelle sont les causes à l’origine de l’augmentation de la taille du gouvernement ? On
présente ces facteurs comme les suivants :

1- facteurs économiques : le gouvernement s’inscrit dans les politiques de développement en réalisant


des projets d’investissements tels que l’infrastructure, éducation, industrie, logistique, etc.

2- facteurs sociaux : le gouvernement a une fonction social d’éradiquer la pauvreté et de réduire les
inégalités en subventionnant les classes vulnérables par des projets sociaux comme le system de
pension.

3- facteurs politiques et administratives : le gouvernement finance les dépenses d’exploitation pour


maintenir le fonctionnement du secteur public.

Les approches de l’analyse de l’économique publique :

Dans le but de répondre aux questions liées au rôle de l’Etat, ses activités et leurs impacts, on aura
besoin des instruments d’analyse de l’économie publique, la complémentarité entre ces deux
approches suivantes fournit une analyse riche :

- L’approche positive : une approche objective, neutre, sans jugement de valeur, avec laquelle
on décrit ce qui est, on explique ce qui était et on anticipe qui il sera dans une logique de cause
à effet.
6
- L’approche normative : une approche subjective, n’est pas neutre, qui porte des jugements de
valeur qui dépend de l’éthique individuelle. Elle impose des normes par rapport à la réalité, en
disant ce qui doit être, ce qui devrait être, et ce qui est souhaitable.

La réflexion qui en découle nous mène à poser la question suivante : qu’elle est l’objectif de
l’économie publique ? L’objectif ultime de l’économie publique c’est d’assurer et de réaliser
l’optimalité de production.

Les critères d’évaluation normative pour l’utilisation des ressources :

Sachant que la science économique soit la gestion de la rareté, dont on s’intéresse à satisfaire des
besoins illimité face à des ressources limité : le principe qui illustre cette contrainte est l’efficacité ;
avec laquelle on cherche à maximiser l’utilité et le résultat avec le minimum de ressources ; de couts et
d’effort.

Ce principe a été développé par l’économiste italien Vilfredo Pareto sous l’appellation : l’optimum au
sens de Pareto. L’optimalité parétienne est l’impossibilité d’augmenter ou d’améliorer l’utilité d’un
individu sans diminuer ou détériorer celle de l’autre.

Supposant deux individus ; i et j ; qui procurent une satisfaction représenté par une courbe concave
nommée la courbe de possibilité de satisfaction qui relie tous les points de combinaison d’une bien en
donnant le même niveau de satisfaction maximale pour les individus i et j . Sous l’utilisation des

7
inputs limités et une technologie donnée, la rationalisation de la production résulte un maximum de
production qui est représenté par la frontière de possibilité de satisfaction.

Le point X est impossible à atteindre ; car les couts occasionnés par sa production excédent les
bénéfices dégagés : l’économie fonctionne avec surcapacité. Le point Z n’est pas optimal au sens de
Pareto car on peut augmenter l’utilité d’un individu sans toucher celle de l’autre. Pourtant les points A
et B sont jugés optimaux au sens de Pareto dans la mesure où le passage d’un point à l’autre provoque
une diminution de l’utilité d’un individu.

L’arbitrage entre l’efficacité et l’équité : un deuxième critère d’évaluation


normative

Toutefois, assurer l’efficacité peut endommager l’équité. L’équité un autre critère d’évaluation
normative qui s’inscrit dans le cadre de modèle de développement humain selon lequel, les variables
économiques (croissance et efficacité économique) sont nécessaires mais pas suffisantes pour juger la
performance d’un pays, en cela s’ajoute les variables sociales en avançant que le progrès
social (inclusion social, justice, santé, éducation) soit primordial au développement de la société.
L’équité est le fait de sauvegarder de l’utilité d’un individu si l’autre augmente la sienne.

Imaginons maintenant que le point se déplace du point Z vers le point D, on remarque que l’utilité de
l’individu j s’améliore au détriment de celle de l’individu i. En effet, le critère de l’équité n’est plus
satisfait en raison d’une diminution d’une utilité d’un individu qui sera éventuellement mécontent de

8
ce réarrangement de distribution malgré la mise à niveau de l’efficacité économique. Néanmoins, tout
déplacement du point Z vers un point situant entre les deux points A et B engendre une augmentation
de l’utilité des deux individus i et j : une réalisation de l’efficacité économique et l’équité sociale en
même temps. Généralement, l’arbitrage entre les deux critère d’évaluation normative de l’allocation
des ressources se manifeste seulement en dehors de l’intervalle A,B.

Mais qu’on doit faire lorsqu’on se déplace vers le point D qui est jugé inéquitable ? La réponse à cette
problématique existe se trouve dans le test de compensation de Hicks et Kaldor : imaginons que la
distribution de Z est (3,3) 3 pour i et 3 pour j, le point Z n’est pas efficace au sens de Pareto car on
trouve que la production issue d’une rationalisation des ressources limitées et une technologie donné
soit 10 unités et la somme distribuée aux deux individus est 6 (Z en effet n’appartient pas à la courbe
d’efficience). Un déplacement de point Z vers le point D, à cause d’une rationalisation de production,
satisfait le critère de l’efficacité avec une distribution (2,8) 2 pour i et 8 pour j. Cependant, on
remarque que l’individu i a perdu une unité au profit de l’individu j, la satisfaction de l’individu i se
détériore. La solution proposée par Hicks et Kaldor est que la personne gagnant indemnise la personne
endommagée en lui accordant une compensation par un transfert égale au mentant de sa perte, dans
notre exemple l’individu j va transférer une unité à l’individu i, la nouvelle distribution sera (3,7) qui
correspond au point B. si l’individu j refuse de compenser le perdant, l’Etat intervient en le taxant et
compensant le perdant.

Le fonctionnement de l’économie privée :

L’efficacité économique est l’objectif principal de l’économie publique, et dans l’économie privée seul
le marché purement concurrentiel qui est capable de satisfaire ce critère : un marché purement
concurrentiel est un marché idéal qui se caractérise par les hypothèses suivantes :

1- seul le secteur privé existe, c'est-à-dire que le secteur public n’intervient pas dans ce marché, la
confrontation entre la demande et l’offre qui détermine la distribution des biens à travers le prix.

2- toutes les transactions se font sur le marché, c'est-à-dire que l’échange de bien entre offreur et
demandeur exigent que tout demandeur bénéficie d’un bien doit payer, et tout demandeur qui supporte
un cout doit bénéficier. Ici on suppose l’absence d’une externalité (positive et négative).

3- l’homogénéité : les produits sont homogènes lorsque les consommateurs ne sont pas fidèles à un
producteur donné : il n’y a pas une différenciation ou fidélisation de la clientèle parce que le les biens
sont identiques et similaires et ils procurent la même satisfaction.

4- aucune entreprise n’exerce un pouvoir sur le marché, c’est le principe de l’atomicité selon
laquelle il existe un grand nombre des producteurs et consommateur de petite taille dont laquelle aucun
9
parmi eux ne peut pas influencer ni le prix ni la quantité échangée sur le marché, c’est la raison pour
laquelle le mot « atomicité » est étymologiquement vient du mot «Atome » : très abondante et très
petite. En effet, les entreprises sont libellées comme étant des preneurs des prix « Price-Takers » ;
seule le marché qui a le pouvoir de déterminer le prix par la confrontation entre l’offre et la demande.

4- Liberté d’entrée et de la sortie : cette hypothèse se divise sur deux caractéristiques :

- La mobilité : c’est la liberté d’entrée et la sortie des entreprises et des consommateurs ; tout
agent économique peut exercer ses activités de consommation ou production dans l’absence
des barrières à l’entrée, technologique ou institutionnelles.
- La fluidité : c’est la liberté d’entrée et la sortie des facteurs de production ; soit les
capitaux financières ; matières premières et le travail.

5- Transparence : la symétrie d’information et le fait que l’information soit parfaite ; elle est partagée
entre tous les agents économiques gratuitement ; ou au moindre cout.

Les conditions marginales de l’efficacité :

Le marché purement concurrentiel est la situation où l’efficacité économique se réalise, nous allons
présenter ses conditions marginales.

1- Conditions de la demande :

BST= bénéfice social total : c’est l’ensemble de la satisfaction procuré par les consommateurs après
la consommation d’une quantité d’une bien dans un temps donné. Ce bénéfice est composé du bénéfice
privé total et du bénéfice externe totale (BST=BPT+BET) :

 BPT= bénéfice privé total : c’est l’ensemble des bénéfices enregistrés, comptabilisés et
explicite, c’est-à-dire ce sont toute consommation payé par les demandeurs.
 BET= bénéfice externe totale : c’est l’ensemble des bénéfices non enregistrés, non
comptabilisés et implicites, c’est-à-dire ce sont toute consommation non payé par les
demandeurs. Il s’agit ici d’une externalité positive avec laquelle il existe des consommateurs
qui bénéficie du bien sans payer ou supporter des couts. Puisque toutes les transactions se font
sur le marché (une des caractéristiques du marché purement concurrentiel), BET est nul, en
effet BST=BPT.

BSM= Bénéfice social marginal: c’est le bénéfice supplémentaire suite à la consommation d’une
BST
unité additionnelle du bien ( BSM  ). En effet, BSM=BPM+BEM, et puisque l’externalité
Q
positive n’existe pas dans ce marché, BSM=BPM. En outre, BSM représente la fonction de la
10
demande ou la disposition marginale à payer, c.à.d. le prix maximum que le consommateur est prêt à
payer.

Alors, les conditions marginales de la demande : BSM  BPM  P (1)

2- Conditions de l’offre:

CST= cout social total : c’est l’ensemble des couts des facteurs de production pour produire une
quantité d’une bien dans un temps donné. Ce cout est composé du cout privé total et du cout externe
totale (CST=CPT+CET) :

 CPT= cout privé total : c’est l’ensemble des couts enregistrés, comptabilisés et explicite,
c’est-à-dire ce sont toute charge supportée par les offreurs.
 CET= cout externe totale : c’est l’ensemble des couts non enregistrés, non comptabilisés et
implicites, c’est-à-dire ce sont toute charge non supportée par les offreurs. Il s’agit ici d’une
externalité négative avec laquelle il existe des agents hors marché qui supporte un cout sans
être compensé ou bénéficier du bien. Puisque toutes les transactions se font sur le marché (une
des caractéristiques du marché purement concurrentiel), CET est nul, en effet CST=CPT.

CSM= cout social marginal: c’est le cout supplémentaire suite à la production d’une unité
CST
additionnelle du bien ( CSM  ). En effet, CSM=CPM+CEM, et puisque l’externalité négative
Q
n’existe pas dans ce marché, CSM=CPM. En outre, CSM représente la fonction de l’offre qui reflète le
prix minimum que l’offreur est prêt à vendre.

Alors, les conditions marginales de l’offre: CSM  CPM  P (2)

3) l’équilibre du marché entre les conditions marginales de l’offre et de la demande :

L’analyse Avantages-Couts nous permet de déduire les conditions marginales de l’efficacité, alors :

BNT=bénéfice net total : c’est l’avantage procuré d’un bien après la déduction de ses couts occasionné
par sa production, il mesure le bien-être de l’économie : BNT=BST-CST

BNM=bénéfice net marginal : c’est le bénéfice net après la production d’une unité supplémentaire du
BNT
bien ( BNM  ). L’objectif de maximiser le BNT implique la dérivation de première ordre :
Q

BNT  ( BST  CST )


BNM  0  0 0
Q Q
BST CST
   0  BSM  CSM  0
Q Q
 BSM  CSM
11
Alors de (1) et (2) on a les conditions marginales : BSM  BPM  CSM  CPM  P
Le graph suivant montre l’allocation optimale des ressources dans un marché purement concurrentiel :

12
- Au point O, la quantité Qo reflète la production optimale du marché avec laquelle l’offre est égale
à la demande (O=D), autrement dit CSM=BSM qui résulte BNM=0, le BNT est maximum. En
terme de surplus, le surplus de consommateurs est l’espace MOPo, le surplus de producteur est
l’espace NOPo, alors le surplus social est l’espace MNO, ce surplus social est le maximum
possible.
- Au point A, la quantité Qa reflète la production sous optimale avec laquelle l’offre est inferieur à
la demande (pénurie), autrement dit CSM<BSM qui résulte BNM>0, c’est à dire qu’il ya un
bénéfice additionnel à exploiter, un manque à gagner, ce manque se manifeste par la différence
entre BNTi et BNTmax, il faut augmenter la production de Qa à Qo.
- Au point B, la quantité Qb reflète la production sur optimale avec laquelle l’offre est supérieur à
la demande (gaspillage), autrement dit CSM>BSM qui résulte BNM<0, c’est à dire qu’il ya un
bénéfice additionnel à exploiter, un manque à gagner, ce manque se manifeste par la différence
entre BNTi et BNTmax, il faut diminuer la production de Qb à Qo.

Remarque : la différence entre le BNT maximum et le BNT réalisé est appelé « une perte sèche » ou
la « charte morte » : c’est une partie du bien-être que l’on peut accaparer si une défaillance du marché
l’empêche.

Défaillance du marché concurrentiel et l’intervention de l’état :

En présence des hypothèses du marché purement concurrentiel mentionnées ci-dessus, L’Etat n’a
aucun sens d’y intervenir. Cependant ; si ces hypothèses sont violées par des éléments, l’Etat doit y
intervenir éventuellement. Alors, « l’échec du marché » est une situation dans laquelle le marché n’est
plus capable de réaliser d’égaliser entre l’offre et la demande, de maximiser le bien-être et le surplus
sociaux, cette défaillance est expliqué par les éléments suivants :

A. Pouvoir du monopole

B. Taxe et subvention.

C. Asymétrie d’information.

D. Externalité négative et positive.

E. Bien public.

Nous présenterons chaque élément en commençant par se définition, ensuite nous expliquerons sa
défaillance et son impact sur le bien-être, et finalement nous montrons les solutions proposés par l’Etat
dans le cadre de la politique publique.
13
A) Pouvoir du monopole:

1. Définition du monopoleur :

Le monopole est une situation où une entreprise est le seul vendeur sur le marché dû à l’existence des
barrières à l’entrée, technologiques ou institutionnelles, avec lesquelles les autres entreprises n’ont pas
les moyens de pénétrer le marché et concurrencer le monopoleur.

2. l’impact du monopole sur le marché et le bien-être :

En situation purement concurrentielle, l’équilibre est donné par l’égalisation entre le cout marginal et
le prix ; illustré par le point E qui reflète la confrontation entre l’offre et la demande. Le surplus du
consommateur est présenté par la surface EMPc ; et le surplus du producteur est présenté par la surface
ENPc. Alors que le surplus total est la surface EMN. Autrement dit, le point E correspond à
l’égalisation entre BSM et le CSM, le BNT est maximum.

Dans une situation monopolistique ; l’équilibre est le résultat de l’égalisation entre la recette marginale
et le cout marginal. Le surplus du consommateur est CMPm ; on constate que ce surplus diminue au
cas du monopole en perdant la surface PmPcEC. Une partie CBPcPm est accaparée par le monopoleur
et l’autre partie CBE est considérée comme une perte sèche du consommateur.

Le monopoleur va aussi perdre une fraction de son surplus comme une perte sèche DBE ; mais il
compense sa perte avec la partie du surplus du consommateur. Son surplus devient alors la surface
14
CPmNEB. Le surplus total MNDC est inferieur au celui de la concurrence parfaite, la différence entre
les deux CED est nommé la charte morte ou la perte sèche totale de l’économie.

On remarque ici que le marché monopolistique se situe au dessous de la quantité optimale avec
laquelle l’offre est inferieur à la demande (pénurie), autrement dit CSM<BSM qui résulte BNM>0,
c’est à dire qu’il ya un bénéfice additionnel à exploiter, un manque à gagner. Comme on a déjà
constaté auparavant, il faut augmenter la production de Qm à Qc

3. Le rôle de l’Etat :

Face à cette problématique, l’Etat doit y réagir afin d’assurer sa fonction comme bienveillant dans
l’économie. Ainsi, il existe plusieurs façons pour régler le pouvoir du monopole, on peut regrouper les
politiques publiques en deux catégories :

3.1. Les politiques ex-ant : ce sont des politiques qui empêchent l’existence du monopole en limitant
les stratégies des firmes qui modifient la concentration du marché significativement, d’une autre
manière, ces politiques assurent et surveille le bon fonctionnement de la concurrence. Chaque pays
possède un organisme publique chargé de ces fonctions, au Maroc on a « le Conseil de la
Concurrence », on présente comme suit les différentes politiques publiques :

- bannir la stratégie de fusion entre les entreprises : cette stratégie permet aux entreprises d’agrandir
leur taille relative, ce qui va augmenter significativement la concentration du marché, ce qui donne un
pouvoir d’influence sur le prix. L’Etat refuse toute opération de fusion ayant autre objectif que la
synergie.

- contrôler les prix : l’Etat fixe un prix plancher au dessous de laquelle l’entreprise, ayant un cout
moyen inférieur à celui de concurrents, ne peut pas brader le prix ou plutôt fixer « un prix prédateur ».
En outre, l’Etat interdit l’entente entre les entreprises dans le cadre de formation d’un cartel en raison
d’un cout social élevé du « price-fixing ».

3.2. Les politiques ex-post : ce sont les politiques qui font face à l’existence du monopole. Si le
monopole s’établit déjà dans le marché, les autorités publiques ont deux choix :

- la réglementation de comportement du monopole : c’est le fait d’intervenir dans le marché en


imposant au monopoleur la tarification au cout marginale (P=Cm), c'est-à-dire obliger le monopoleur
d’augmenter la production à la quantité optimale et de pratiquer un prix concurrentiel pour les
quantités supplémentaires. Apres la tarification au cout marginal, l’équilibre passe du point C au point
E, en augmentant la quantité de Qm à Qa, et en diminuant le prix du Pm au Pc. Les consommateurs
regagnent leur perte sèche alors leur surplus sera augmenté de l’espace CBE ; et le producteur regagne

15
sa perte sèche alors son surplus sera augmenté de l’espace BED. Le surplus social devient le même que
celui de la concurrence parfaite : une annihilation de la perte sèche et l’augmentation du bien-être
social.

- la nationalisation : c’est le fait de rendre le marché monopolistique un marché public où l’Etat qui
gère et fournit le bien ou servie au lieu du monopole privé en achetant l’entreprise auprès du
propriétaire. Cependant, cette politique est condamnée par plusieurs économistes libéraux qui avancent
que la gestion publique sera inefficace du fait que les bureaucrates ne cherchèrent pas à minimiser les
couts à l’égard des gestionnaires privés, en effet les consommateurs seront pénalisés par la mauvaise
gestion de ressources, alors ne faire rien est l’action la plus judicieuse. Néanmoins, la « nouvelle
gouvernance » ou la « nouvelle gestion publique » est une approche qui améliore la gestion publique
en intégrant des modalités de gestion similaire à celle du privé y compris la minimisation des couts et
le contrôle de qualité des services publics.

B). Taxe et subvention :

B.1. Taxe :

1. définition :

C’est un prélèvement obligatoire effectué par l’Etat dans le dessein de financer ses activités.

2. Les effets de la taxation sur le marché et le bien-être :

Dans le but d’appréhender les effets de l’impôt sur les acteurs économiques, on recourt aux deux
analyses :

2.1. L’analyse de l’équilibre partiel : les effets directs de la taxe :

L’analyse de l’équilibre partiel se base sur l’interaction entre l’offre et la demande dans un marché
donné. Tout d’abord, on fait l’hypothèse que le marché est purement concurrentiel :

16
Le point O (Qo et Po) reflète la production optimale du marché avec laquelle l’offre est égale à la
demande (O=D), autrement dit CSM=BSM qui résulte BNM=0, le BNT est maximum.

Apres le prélèvement fiscal, la course de l’offre se déplace en haut de la sorte que O+t soit supérieur à
la vraie courbe de l’offre qui reflète le CSM. Le nouvel équilibre du marché se modifie du point O au
point E : une augmentation du prix de Po au P2 et une diminution de la quantité de Qo à Q2.

Un prélèvement fiscal dans un marché purement concurrentiel produit une perte sèche de
l’économie représentée par l’espace OEB, avec laquelle le marché produit une quantité sous-
optimale.

2.2. L’analyse de l’équilibre général : les effets indirects de la taxe :

Une analyse de l’équilibre générale s’intéresse à étudier l’allocation des ressources entre les différents
marchés. Autrement dit, on analyse le choix des consommateurs entre les différents biens. Supposant
qu’on deux biens, X et Y dans une économie privée dans marché purement concurrentiel :

17
Dans la situation initiale, le consommateur maximise son utilité en épuisant son budget disponible, il
affecte son revenu à la consommation de Y0 et X0.

Sachant que son revenu soit : R  X .Px  Y .Py

R Px
Alors: Y  .X
Py Py

Px
La pente représente le prix relatif ou le cout d’opportunité entre X et Y.
Py

Maintenant, l’Etat impose une taxe avec deux manières différentes : une taxe neutre ou une taxe
sélective.

 La taxe neutre :

C’est une taxe impose sur les deux biens avec la même proportion sans discrimination :

18
L’imposition d’une taxe neutre engendre un déplacement parallèle de la courbe budgétaire en bas, ce
qui change l’équilibre de E à E2 ; ce nouvel équilibre réduit la consommation des deux biens avec la
même proportion.

On a le budget après la taxation comme suit : R  X .Px.(1  t )  Y .Py (1  t )

R Px.(1  t )
Alors: Y  .X
Py.(1  t ) Py.(1  t )

R Px
Donc: Y  .X
Py.(1  t ) Py

Px
On observe que la pente (le prix relatif) ne se modifie pas, ce qui explique le déplacement
Py
parallèle de la courbe budgétaire. En effet la taxe neutre ne réorganise pas les choix individuels de
consommateurs entre les biens, aucune distorsion de choix ne se résulte.

 La taxe sélective :

C’est une taxe impose sur les deux biens avec différentes proportions : on taxe seulement Y.

19
L’imposition d’une taxe sélective engendre un déplacement non parallèle de la courbe budgétaire en
bas, ce qui change l’équilibre de E à E2 ; ce nouvel équilibre réduit la consommation du bien Y et celle
du bien X par un effet de substitution et de revenu.

On a le budget après la taxation comme suit : R  X .Px  Y .Py (1  t )

R Px
Alors: Y  .X
Py.(1  t ) Py.(1  t )

Px Px
On observe que la pente se change de à ainsi le prix relatif, ce qui explique le
Py Py.(1  t )
déplacement non parallèle de la courbe budgétaire. En effet la taxe sélective réorganise les choix
individuels de consommateurs entre les biens, une distorsion de choix se résulte.

3. rôle de l’Etat face à l’incidence de la taxe :

Généralement, l’augmentation de la taxe engendre a son tours la perte sèche, le figure suivant montre
cette relation :

20
Cependant, la taxation est nécessaire pour le financer de l’activité publique. En effet, l’Etat assure la
minimisation de la perte sèche

B.2. Subvention :

1. définition :

C’est un versement en faveur des vendeurs ou des acheteurs destiné à accroitre leur revenu ou à
diminuer leurs couts et qui encourage la consommation et la production.

2. Les effets de la subvention sur le marché et le bien-être :

Dans le but d’appréhender les effets de la subvention sur les acteurs économiques, on recourt aux deux
analyses :

2.1. L’analyse de l’équilibre partiel : les effets directs de la subvention :

L’analyse de l’équilibre partiel se base sur l’interaction entre l’offre et la demande dans un marché
donné. Tout d’abord, on fait l’hypothèse que le marché est purement concurrentiel :

21
Le point O (Qo et Po) reflète la production optimale du marché avec laquelle l’offre est égale à la
demande (O=D), autrement dit CSM=BSM qui résulte BNM=0, le BNT est maximum.

Apres le versement de subvention, la courbe de l’offre se déplace en haut de la sorte que O-s soit
inferieur à la vraie courbe de l’offre qui reflète le CSM. Le nouvel équilibre du marché se modifie du
point O au point E : une diminution du prix de Po au P2 et une augmentation de la quantité de Qo à
Q2.

Un versement de subvention dans un marché purement concurrentiel produit une perte sèche de
l’économie représentée par l’espace OE, avec laquelle le marché produit une quantité sur-optimale.

2.2. L’analyse de l’équilibre général : les effets indirects de la subvention :

Une analyse de l’équilibre générale s’intéresse à étudier l’allocation des ressources entre les différents
marchés. Autrement dit, on analyse le choix des consommateurs entre les différents biens. Supposant
qu’on deux biens, X et Y dans une économie privée dans marché purement concurrentiel :

22
Dans la situation initiale, le consommateur maximise son utilité en épuisant son budget disponible, il
affecte son revenu à la consommation de Y0 et X0.

Sachant que son revenu soit : R  X .Px  Y .Py

R Px
Alors: Y  .X
Py Py

Px
La pente représente le prix relatif ou le cout d’opportunité entre X et Y.
Py

Maintenant, l’Etat verse une subvention avec deux manières différentes : une subvention neutre ou une
subvention sélective.

 La subvention neutre :

C’est une subvention versé aux deux biens avec la même proportion sans discrimination :

23
Le versement d’une subvention neutre engendre un déplacement parallèle de la courbe budgétaire en
haut, ce qui change l’équilibre de E à E2 ; ce nouvel équilibre augmente la consommation des deux
biens avec la même proportion.

On a le budget après la taxation comme suit : R  X .Px.(1  s)  Y .Py (1  s)

R Px.(1  s)
Alors: Y  .X
Py.(1  s) Py.(1  s)

R
Py.(1  s)

R Px
Donc: Y  .X
Py.(1  s) Py

Px
On observe que la pente (le prix relatif) ne se modifie pas, ce qui explique le déplacement
Py
parallèle de la courbe budgétaire. En effet la subvention neutre ne réorganise pas les choix
individuels de consommateurs entre les biens, aucune distorsion de choix ne se résulte.

24
 La subvention sélective :

C’est un versement d’une subvention aux deux biens avec différentes proportions : on subventionne
seulement Y.

Le versement d’une subvention sélective engendre un déplacement non parallèle de la courbe


budgétaire en haut, ce qui change l’équilibre de E à E2 ; ce nouvel équilibre augmente la
consommation du bien Y et diminue celle de X par l’effet de substitution et de revenu.

On a le budget après la taxation comme suit : R  X .Px  Y .Py (1  s)

R Px
Alors: Y  .X
Py.(1  s) Py.(1  s)

Px Px
On observe que la pente se change de à ainsi le prix relatif, ce qui explique le
Py Py.(1  s)
déplacement non parallèle de la courbe budgétaire. En effet la subvention sélective réorganise les
choix individuels de consommateurs entre les biens, une distorsion de choix se résulte.

25
D. Les externalités :

Le marché purement concurrentiel se caractérise par l’hypothèse selon laquelle toutes les transactions
se font sur le marché à savoir que tout agent économique bénéficiant d’un bien doit supporter une
charge et tout agent économique supportant une charge doit en bénéficier. Cependant, ce n’est pas
toujours le cas, il existe des individus qui bénéficient d’un bien sans payer, et des individus qui
supportent des charges sans bénéficier : c’est le principe de l’externalité. Les externalités sont tous
effets indirects occasionnés par la production d’un bien sur les tierces parties, le reste de la société.

D.1. L’externalité négative :

1. Définition :

L’externalité négative d’un marché sur son environnement externe est l’ensemble des effets négatifs de
la production ou de la consommation d’un bien donné sur le reste de la société qui ne font pas partie de
la transaction du marché. Rappelons que CST1=CPT2+CET3, dans ce cas là, le CET existe dont des
individus supportent le cout de production sans être engagé dans le marché. Exemple : la pollution,
fumeur, congestion, …

2. L’externalité négative provoque une défaillance du marché :

1
CST= cout social total : c’est l’ensemble des couts des facteurs de production pour produire une quantité d’une bien dans
un temps donné
2
CPT= cout privé total : c’est l’ensemble des couts enregistrés, comptabilisés et explicite, c’est-à-dire ce sont toute
charge supportée par les offreurs.
3
CET= cout externe totale : c’est l’ensemble des couts non enregistrés, non comptabilisés et implicites, c’est-à-dire ce
sont toute charge non supportée par les offreurs. Il s’agit ici d’une externalité négative avec laquelle il existe des agents
hors marché qui supporte un cout sans être compensé ou bénéficier du bien. Puisque toutes les transactions se font sur le
marché (une des caractéristiques du marché purement concurrentiel), CET est nul, en effet CST=CPT.

26
Le point E correspond à l’équilibre P1,Q1, cet équilibre représente la confrontation entre la demande
(BSM) et l’offre privé des entreprises (CPM). Notons ici que le prix P1 ne reflète tous les couts de
production occasionnés de la sorte que le point E est le résultat de la confrontation entre la demande et
le CPM au lieu de l’offre (BSM), alors le P1 néglige les couts externes.

Le point E correspond à l’équilibre P2,Q2, cet équilibre est optimal qui se résulte de la confrontation
entre la demande BSM et l’offre CSM. Notons ici que le prix P2 reflète tous les couts de production
occasionnés en prenant en compte le CEM : l’ajout des couts externes aux couts privés déplace la
courbe en haut.

Sous la présence de l’externalité négative, le prix du marché P1 est inférieur au prix optimal P2, parce
que la négligence d’une partie des couts implique une baisse du prix. Cette baisse du prix provoque
une quantité de consommation Q1 supérieur à la quantité optimal Q2. En effet, la quantité produite
correspond à une situation où l’Offre excède la demande (gaspillage de ressources) : une perte sèche
représenté par l’espace OEB qui provoque une baisse du bien-être sociale. La solution réside dans
l’internalisation de l’externalité afin d’augmenter le prix et de diminuer la quantité.

27
3. les solutions pour internaliser l’externalité :

Dans le dessein de rendre le prix efficient qui correspond à la quantité optimale, il faut internaliser les
externalités négatives en prenant en compte toutes les charges occasionnées par la production d’un
bien. Les solutions proposées pour remédier le problème de l’externalité négative se regroupent en
deux types de solutions comme les suivants :

3.1. Les solutions privées :

Ce sont toute solution proposée par les agents privés sans une intervention de l’Etat. On présente entre
autres les solutions privées :

- La morale, l’éducation et les valeurs : la mise à niveau des valeurs sociétales, des normes
civiques et des références morales à travers l’éducation et les compagnes de sensibilisation,
l’internalisation de l’externalité sera plausible. Cette solution est favorable à la situation dans
laquelle l’internalisation est difficile comme l’externalité émanant de consommateurs de
chewing-gum, de cigarette, etc…
- Le théorème de Coase : il argue que les agents privés peuvent aboutir à une solution d’une
manière efficace. La personne responsable de dommages compense la personne endommagée,
c.à.d. le pollueur indemnise le pollué en lui octroyant une somme égale au cout externe.
Toutefois, le processus de négociation entre ces deux agents provoque des couts de
transactions, le théorème de Coase est invalide lorsque les couts de transactions jugés trop
élevés.

3.2. Les solutions publiques:

Ce sont toute solution proposée par l’Etat dans le cas de l’incapacité des solutions privées. On présente
entre autres les solutions publiques :

- La réglementation : c’est le fait de contrôler directement le comportement des firmes. L’Etat


intervient en imposant aux industries des normes environnementales rigoureuses par une
législation laxistes et contraignantes. Ces normes, quantitatives et qualitatives, concernent le
produit et le processus de production, etc.
- Des politiques orientées vers le marché : ce sont des politiques qui favorisent le
fonctionnement du marché au lieu d’être coercitif. Il existe deux types de politiques du
marché :

1- la fiscalisation pigouvienne : la taxe à la pigou ou la taxe verte est une taxe marginale
qui s’impose aux marchés ayant une externalité négative. L’Etat ne fixe pas un niveau donné de
production mais laisse la prise de décision aux acteurs du marché pour le fixer. En principe la taille de
la taxe pigouvienne doit être égale au cout externe marginal.
28
2- Mércantilisation des droits de pollution : par exemple, l’Etat estime le seuil critique
de l’émission de CO2, au-delà duquel le system écologique ne pourra plus se rétablir, est 1000 tonne
de CO2, supposant qu’il existe deux industries, industrie du papier et industrie pétrolière, l’Etat
distribue le droit de pollution 500 tonne pour chacune. En outre, l’industrie du papier qui est moins
intensif à la pollution aurait besoin de 200 tonne de CO2 alors que l’industrie pétrolière qui nécessite
800 tonne de CO2. Les producteurs du papier vont offrir le résidu de droit de pollution (300 tonne
CO2) aux firmes pétrolières. L’objectif sous-jacent de cette politique est d’encourager les firmes à
réduire leur émission de CO2 en optimisant l’énergie et développant la technologie.

D.2. L’externalité positive :

1. Définition :

L’externalité positive d’un marché sur son environnement externe est l’ensemble des effets positifs de
la production ou de la consommation d’un bien donné sur le reste de la société qui ne font pas partie de
la transaction du marché. Rappelons que BST4=BPT5+BET6, dans ce cas là, le BET existe dont des
individus bénéficient d’un bien sans payer, sans être engagé dans le marché. Exemple : l’éducation, la
Recherche et Développement, industrie d’audiovisuel (cinématique et musicale), …

2. L’externalité positive provoque une défaillance du marché :

4
BST= bénéfice social total : c’est l’ensemble de la satisfaction procuré par les consommateurs après la consommation
d’une quantité d’une bien dans un temps donné.
5
BPT= bénéfice privé total : c’est l’ensemble des bénéfices enregistrés, comptabilisés et explicite, c’est-à-dire ce sont
toute consommation payé par les demandeurs
6
BET= bénéfice externe totale : c’est l’ensemble des bénéfices non enregistrés, non comptabilisés et implicites, c’est-à-
dire ce sont toute consommation non payé par les demandeurs. Il s’agit ici d’une externalité positive avec laquelle il existe
des consommateurs qui bénéficie du bien sans payer ou supporter des couts. Puisque toutes les transactions se font sur le
marché (une des caractéristiques du marché purement concurrentiel), BET est nul, en effet BST=BPT.

29
Le point E correspond à l’équilibre P1,Q1, cet équilibre représente la confrontation entre la demande
privée (BSP) et l’offre (CPM). Notons ici que le prix P1 ne reflète toutes la demande de
consommateurs de la sorte que le point E est le résultat de la confrontation entre l’offre (BSM) et la
demande privé au lieu la demande totale (BST), alors le P1 néglige le bénéfice externe.

Le point E correspond à l’équilibre P2,Q2, cet équilibre est optimal qui se résulte de la confrontation
entre la demande BSM et l’offre BSM. Notons ici que le prix P2 reflète tous les bénéfices occasionnés
en prenant en compte le BEM : l’ajout des bénéfices externes aux bénéfices privés déplace la courbe
en haut.

Sous la présence de l’externalité positive, le prix du marché P1 est au prix optimal P2, parce que la
négligence d’une partie de la demande implique une baisse du prix. Cette baisse du prix provoque une
quantité de production Q1 inferieur à la quantité optimal Q2. En effet, la quantité produite correspond
à une situation où la demande excède l’offre (pénurie) : une perte sèche représenté par l’espace OEB
qui provoque une baisse du bien-être sociale. La solution réside dans l’internalisation de l’externalité
afin d’augmenter le prix et la quantité.

30
3. les solutions pour internaliser l’externalité :

Dans le dessein de rendre le prix efficient qui correspond à la quantité optimale, il faut internaliser les
externalités positives en prenant en compte toutes les bénéfices occasionnées par la production d’un
bien. Les solutions proposées pour remédier le problème de l’externalité positive se regroupent en
deux types de solutions comme les suivants :

3.1. Les solutions privées :

Ce sont toute solution proposée par les agents privés sans une intervention de l’Etat. On présente entre
autres les solutions privées :

- La fusion : lorsque deux entreprises produit des effets positifs sur eux, elles décident de se
fusionner afin de tirer profit d’un effet de synergie. Supposons par exemple un producteur du
miel et un producteur de pommes : les abeilles qui produisent le miel ont besoin de nectar
situant dans les arbres de pommes, alors que la productivité des arbres de pomme nécessite la
vaccination par le biais des abeilles. Seule une fusion entre les deux producteurs qui permet
d’améliorer la production.

3.2. Les solutions publiques:

Ce sont toute solution proposée par l’Etat dans le cas de l’incapacité des solutions privées. On présente
entre autres les solutions publiques :

- La subvention : Les industries qui se basent sur la production de la connaissance et du savoir


comme marché de l’éducation, pharmaceutique et technologie, n’hésitent pas à s’investir dans
la Recherche et Développent et l’innovation, car l’externalité positive est forte (effet de
spillovers) : si une entreprise consacre un budget énorme pour aboutir à une technologie donné,
une autre firme va aisément profiter de cette R et D sans dépenser 1 Dh, en effet l’entreprise se
décourage. L’Etat accorde des subventions pour encourager les entreprises à investir dans la
Recherche et Développement.
- L’octroi des brevets : Afin de protéger l’invention et l’innovation des firmes contre
l’imitation, l’Etat accorde des brevets afin d’inciter les firmes à investir davantage.

E) Bien public et ressources communes :

Les biens publics et les ressources communes sont deux types de biens qui créent une distorsion dans
le marché et une allocation non optimale.

E.1. Définition du bien public et des ressources communes :

Tout d’abord, pour présenter les quatre types de bien on doit se baser sur ces deux typologies :

31
 La rivalité : c’est le fait que la consommation d’un individu réduit celle de l’autre.
 L’excluabilité : c’est la capacité de privé, ou d’exclure, un individu de consommer un bien.

Le tableau suivant montre les quatre types comme suit :

Bien excluable Bien non excluable

Bien rival Bien privé Ressources communes

Bien non rival Monopole naturel Bien public

- Bien privé : il se caractérise par la rivalité et l’éxcluabilité. Ce type de bien constitue la


majorité des biens dans l’économie de sorte que l’individu doit payer pour le consommer et sa
consommation réduit le stock disponible pour les autres usagers. Exemples : Café, viande,
textile, chaussure…
- Bien public : il se caractérise par la non-rivalité et la non-excluabilité. L’accès à ce bien n’est
pas restreint, et sa consommation ne réduit pas le stock disponible pour les autres. Exemples :
éclairage public, la bibliothèque publique, réseaux routiers.
- Ressources communes : il se caractérise par la rivalité et la non-excluabilité. Tout individu peut
consommer ce bien sans cout à payer, mais sa consommation engendre une détérioration du
stock disponible pour les autres. Exemples : Eau, l’environnement, richesse maritime…
- Monopole naturel : il se caractérise par la non-rivalité et l’excluabilité. L’accès à ce bien est
restreint par le payement, mais sa consommation ne réduit pas celle de l’autre car le cout de la
production est quasi-fixe (Cout marginal nul). Exemples : autoroute, distribution de l’eau et du
gaz, chaines câblées…

Nous somme intéressé par les biens publics et les ressources communes en raison de leur défaillance.

E.2. Les défaillances des biens publics et des ressources communes :

E.2.1. Défaillance du bien public : Le Passager Clandestin

Quand le bien public est fourni par le secteur privé, dans la logique de l’offre et de la demande à
savoir l’interaction du marché, ce bien sera caractérisé par une défaillance de la sorte que la demande
ne soit pas égale à l’offre. Le « Passager Clandestin » est une explication vulgarisée pour montrer les
enjeux conduisant à cette inefficacité du bien public dans un marché privé:

Supposant un entrepreneur (un offreur privé) souhaite investir dans un petit village par offrir des feux
d’artifice aux deux consommateurs A et B. l’entrepreneur comme étant un capitaliste veut priver son
bien. Cependant, les feux d’artifice, au fond, n’est pas un bien privé : tout d’abord, les feux d’artifice
32
est un bien non-rivale, c.à.d. que ses couts de production est totalement fixes, la consommation d’un
individu additionnel n’engendrera pas aucune charge supplémentaire de production (Cm nul), en outre,
les feux d’artifice est non exculable en raison d’incapacité de priver un consommateur de le regarder.
On constate alors que les feux d’artifice est un bien public. A travers le raisonnement de la théorie des
jeux qui est vulgarisé sous la forme de dilemme des prisonniers, on présente la défaillance comme
suit :

Consommateur A Il Paye Il ne paye pas

Consommateur B

Il Paye 7,7 2,10

Il ne paye pas 10,2 0,0

Supposant que le cout fixe des feux d’artifice soit 100 dh, si A paye pour le bien, B refuse de payer en
espérant de tirer profit de ce bien en se comportant un passager clandestin, alors seul A qui va
supporter la charge de production au minimum100dh, B va gagner plus que A car il a obtenu ce bine
gratuitement et A supporte toute la charge (10,2). La même chose, si B paye, A ne paye pas puisque ce
bien et non excluable, en effet B va supporter toute la charge de production et A gagnera davantage
(2,10). Cependant, lorsque A et B décident de participer au marché en payant le bien, les deux vont
supporter les charges (au minimum 50dh pour chacun) et les deux bénéficient de ce bien équitablement
(7,7), ce résultat et Pareto-optimal car la somme des utilités est maximum. Néanmoins, la réalité
stipule que tous les individus sont rationnels de la sorte qu’il cherche à augmenter leur satisfaction à
moindre cout, c’est ce qu’il fait que A et B refusent simultanément de payer pour obtenir ce bien en
espérant de se comporter comme passager clandestin au détriment de l’autre : cette résultat n’est pas
pareto-optimal en vue que la somme des utilités est le minimum (0,0), l’offreur se trouve dans une
situation où il réalise un déficit financier ( personne ne paye pas alors pas de recette qui couvre ses
couts) et l’offre est quasi-inexistante ( une situation de pénurie où la demande excède l’offre).

E.2.2. Défaillance des ressources communes : La tragédie des communs.

Prenons un exemple d’un petit village qui se base sur l’activité agricole. Les villageois sont des
agriculteurs qui utilisent un espace commun pour le pâturage, de la sorte qu’un n’a le droit de propriété
individuelle sur cet espace. L’accès à cet espace n’est pas privé, alors chaque agriculteur pense que ce
bien est abondant en raison d’un prix nul. En effet, l’utilisation de cet espace va connaitre une

33
surexploitation ou un abuse. Par conséquent, toute ressource commune se détériore au fur du temps :
les poissons dans la mer, les forets, l’eau, les énergies non renouvelables…

E.2.3. Similitude entre le bien public, les ressources communes et les externalités :
absence/mal-définition de droit de propriété.

- Le point commun entre le bien public et l’externalité positive est l’absence de droit de
propriété : l’individu qui se comporte comme passager clandestin est celui qui attend l’autre jusqu’à
qu’il paye pour qu’il puisse tirer profit de ce bien sans payer sous forme d’externalité positive.
L’offreur d’un bien non-excluable ne peut pas empêcher un individu de consommer son bien car le
cout d’exclusion est trop élevé, pourquoi ? Parce que le droit de propriété n’est pas bien défini,
l’offreur ne peut pas transférer exclusivement ce bien à un consommateur particulier.

- le point commun entre les ressources communes et l’externalité négative : la tragédie des
communs nous enseigne que lorsque un bien rival et non-excluable en même temps, ses utilisateurs
tentent à abuser sa consommation. Il arrive un point que lorsqu’un individu augmente son utilisation de
ce bien, il réduit celle de l’autre sous forme d’une externalité négative, pourquoi ? Parce que le droit de
propriété n’est pas bien défini, l’utilisateur ne peut pas priver l’autre d’utiliser son bien ce qui
engendre un dommage au lui.

E.3. les solutions proposées par l’Etat :

Nous avons montré ci-dessus que dans une situation d’un bien public et d’une ressource commune,
l’allocation n’est pas efficace, en effet une intervention de l’Etat est nécessaire.

E.3.1. Le cas d’un bien public : la nationalisation

Tout d’abords, nous avons démontré à travers le raisonnement du « passager clandestin » que la
fourniture d’un bien purement public par le secteur prix par la coordination du marché engendre des
allocations non optimal au sens de Pareto. La solution la plus adéquate c’est que l’Etat qui s’en charge
de fournir ce bien, pourquoi ? Parce que seul l’Etat a le pouvoir coercitif d’obliger les consommateurs
de payer à travers le system fiscal : la souveraineté de l’Etat lui permet de prélever les impôts
nécessaire pour financer le bien public d’une manière contraignante en atténuant le comportement au
« passager clandestin »

E.3.2. Le cas d’une ressource commune :

Il ya plusieurs problème pour remédier le problème de « la tragédie des communs » :

- Définir les droits de propriété : puisque l’absence du droit de propriété est à l’origine du
problème, l’Etat intervient en distribuant le droit de propriété privé aux usagers de ce bien, ce
qui provoque des calculs économiques corrects à travers le mécanisme du prix.
34
- Rationnement de consommation : si la définition du droit de propriété privé demeure difficile
voire impossible, l’Etat impose des restrictions qui visent à limiter la consommation de ce bien,
comme bannir la pêche maritime pendant une saison pour la reproduction des espèces, ou
l’imposition d’un quota.

Fonctionnement du secteur public :

A. Condition optimal de production du bien public :

A.1. condition d’efficacité de biens privés :

Avant de monter les conditions d’efficacité du bien public, il faut présenter celles du bien privé :
supposant une économie à deux individus 1 et 2, avec deux biens privés X et Y.

U1 ( X 1 , Y1 ) et U 2 ( X 2 , Y2 ) : les fonctions d’utilités à maximiser

Sous contrainte :

F ( X , Y ) : La fonction de production en fonction des deux biens

X  X1  X 2 : Dotation du bien X

Y  Y1  Y2 : Dotation du bien Y

La fonction Lagrangienne :

L( X , Y , X1, X 2 , Y1, Y2 ,  ,  , )  U1 ( X1, Y1)  U 2 ( X 2 , Y2 )   F ( X , Y )   ( X  X 1  X 2 )   (Y  Y1  Y2 )

Alors la 1ère condition de la maximisation :

35
 L U1 U 1
 X  0     0   
X 1 X 1
 1

 L U 2 U 2
 X  0     0   
X 2 X 2
 2

 L F F 
 X  0   X    0  X   


 L  0  U1    0    U1
 Y1 Y1 Y1

 L  0  U 2    0    U 2
 Y2 Y2 Y2

 L  0   F    0  F   

 Y Y Y 
Alors :

F 

 
TMTy / x  Y  
F  

X 

U1
 Y1
De ce fait: TMTy / x    TMS1( y / x )
 U1 (1)
X 1

U 2
 Y
TMTy / x   2  TMS2( y / x )
Ou :  U 2 (2)
X 2

De (1) et (2) : TMTy / x  TMS1( y / x )  TMS2( y / x )

Dans une économie à deux biens privés et deux individus, les taux marginaux de substitutions sont
égaux entre les individus.

36
A.2. condition d’efficacité d’un bien public :

supposant une économie à deux individus 1 et 2, avec deux biens : X public et Y privé.

U1 ( X 1, Y ) et U 2 ( X 2 , Y ) : les fonctions d’utilités à maximiser

Sous contrainte :

F ( X , Y ) : La fonction de production en fonction des deux biens

X  X1  X 2 : Dotation du bien X

La fonction Lagrangienne :

L( X , Y , X1, X 2 ,  , )  U1 ( X1, Y )  U 2 ( X 2 , Y )   F ( X , Y )   ( X  X1  X 2 )

Alors la 1ère condition de la maximisation :

 L U1 U1
 X  0     0   
X 1 X 1
 1
 L U 2 U 2
  0     0   
 X 2 X 2 X 2

 L  0   F    0  F   
 X X X 

 L  0   F  U1  U 2  0  F   1 ( U1  U 2 )

 Y Y Y Y Y  Y Y
Alors :

37
F 1 U1 U 2
 (  )
TMTy / x  Y   Y Y
F 

X 
U1 U1
TMTy / x  Y  Y
U1 U 2
X 1 X 2
TMTy / x  TMS1( y / x )  TMS 2( y / x )
Dans une économie à bien public et un bien privé, les taux marginaux de substitutions ne sont
égaux entre les individus, et le taux marginal de transformation égale à la somme des TMS.

B. la tarification du bien public :

B.1. Le principe de Wicksell : ce principe stipule une liaison entre la taxation et l’avantage procuré
par le citoyen. L’utilisateur d’un bien est tarifié au prorata de sa satisfaction d’un bien, par exemple ;
un utilisateur d’une autoroute doit payer un tarif pour l’utiliser.

B.2. Tarification selon l’usage :

Afin d’éviter la surconsommation du bien public, le gouvernement commercialise des biens et services
dans le marché à travers une entreprise publique. En principe, le marché public se caractérise par un
monopole naturel à savoir une structure des couts dominée par les couts fixes. Prenons l’exemple du
transport ferroviaire, il se caractérise par une installation publique qui coute une charge fixe
prépondérante par rapport les couts variables.

Le gouvernement impose à l’entreprise publique de tarifier le bien public au cout marginal (P=Cm)
comme étant l’optimum du premier rang « First Best ». Pourtant, cette solution n’est pas viable au plan
financier pour l’entreprise parce que la tarification au cout marginal ne couvre pas les couts fixes, et
puisque ces couts représentent la majorité des couts de l’entreprise, la dernière se trouve dans la perte.
Et si l’entreprise vend le bien au cout moyen (P=CMT), elle ne réalise aucun profit.

Le gouvernement peut compenser l’entreprise publique en lui octroyant une subvention. Cependant, la
subvention nécessitera une taxation des citoyens et cela provoque des inconvénients entre autre : une
imposition supplémentaire engendre des distordions dans le marché et des pertes sèches, de plus il est

38
injuste de taxer des individus qui n’ont pas utilisé ce bien. Quelle solution pour remédier cette
situation ? Une majoration du cout marginal sera un atout au lieu de recourir à la subvention.

B.2.1.La tarification du Dupuit (1844): une majoration du Cm par la valeur du produit


transporté.

Dupuit suggère que le gouvernement doit majorer le cout marginal du transport ferroviaire par la
valeur/poids du produit transporté : P = Cm + % poids

Avec %poids=Valeur/poids

B.2.2.La tarification du Boiteux (1956): une majoration du Cm par l’élasticité.

Boiteux propose une solution en majorant le Cm par la réciproque de l’élasticité demande-prix. Le


gouvernement fragmente la demande en deux catégories, la première est sensible au prix (une élasticité
élevé), et la deuxième est insensible au prix (une élasticité faible). La catégorie ayant une élasticité
forte sera tarifiée au prix proche au cout marginal malgré que cela aille engendrer une perte pour
l’entreprise, et la catégorie ayant une élasticité faible sera tarifiée au prix supérieur au Cm pour
1
compenser la perte : P  Cm(1  )
Ed

B.3. le rationnement des biens publics :

Il ya des biens publics qui se caractérisent par la gratuité qui résulte éventuellement une
surconsommation et un problème de financement des installations publiques. La solution réside dans la
mise en place d’un system de rationnement :

B.3.1. Le rationnement de l’offre : la file d’attente

La file ou la ligne d’attente qui est un regroupement organisé des individus lorsqu’il y a une incapacité
d’écoulement. Le service public demeure gratuit, mais la ligne d’attente augmente son cout réel :
l’individu sacrifice son temps pour occuper un espace physique dans la ligne d’attente pour bénéficier
du service public, plus que son cout d’opportunité est élevé, plus que le cout réel du service est élevé.

B.3.2. Le rationnement de la demande : Le ticket modérateur.

Lorsque la file d’attente n’est pas plausible, le gouvernement rationne la demande en lui imposant un
prix minimum pour lui empêcher de surconsommer le service public. Le ticket modérateur est un
exemple du prix minimum qui s’applique au secteur de la santé ; c’est la part de dépense de santé sui
est à la charge de l’assuré une fois que l’Assurance Maladie rembourse sa part.

39
C. La taille optimale du gouvernement :

C.1. le modèle de Bowen :

C.1.1.Pour le bien privé :

Supposant un marché purement concurrentiel ou il ya deux demandeurs 1 et 2. Le prix Pe est


déterminé par la confrontation entre l’offre et la demande, à ce prix, l’individu 1 consomme q1 et
l’individu 2 consomme q2. Alors la demande du marché est la sommation horizontale des demandes
individuelles dans lequel le prix est unique et la quantité de consommation est différente.

C.1.2. pour le bien public :

Le gouvernement fixe la taille de production du bien public en Q en fonction du besoin de l’économie.


Puis, chaque individu paye en fonction da sa capacité de contribution : l’individu 1 consomme Q au
prix P1, et l’individu 2 consomme Q au prix P2. Alors la demande du marché est la sommation
verticale des demandes individuelles dans lequel le prix est différent et la quantité de consommation
est unique.

40
C.2. La taille optimale du gouvernement :

Nous avons abordé le rôle de l’Etat comme fournisseur des biens et services publics du fait que le
gouvernement s’occupe de produire des biens dont le secteur privé en est défaillant. Cependant,
l’activité de l’Etat provoque des impacts négatifs sur la société : pour que le gouvernement puisse
financer la production des biens et services publics, il recourt à la taxation en prélevant
obligatoirement des recettes auprès le secteur privé, ce qui va résulter la perte sèche, la distorsion des
choix individuels, etc.

Alors, d’après la réflexion qui en découle, on se demande qu’elle soit la limite pour le gouvernement ?
Autrement dit, à quel degré le gouvernement doit s’arrêter ? Dans le but de fournir une réponse
pertinente à cette problématique, on recourt à l’analyse du Gain social Net maximal (GSNM).
41
- VST : la valeur sociale totale c’est l’ensemble de bénéfices et avantages procuré par les
citoyens lors de la production d’un bien public. c’est une fonction croissante mais avec un
rythme décroissant du fait que une production supplémentaire d’un bien public engendre une
satisfaction moins importante que celle de la précédente (VSM est décroissante)
- CST : le cout social total c’est l’ensemble des couts occasionnés par l’intervention du
gouvernement. Ces couts sont mesurés par le montant de la perte sèche par exemple. C’est une
fonction croissante avec un rythme croissant en raison qu’une augmentation supplémentaire
d’un bien public engendre des couts supplémentaires sur le reste de l’économie (CSM est
croissant).
- GSN ; le gain social net est la VST soustrait du CST. C’est les avantages net après la déduction
des couts ( GSN=VST-CST).

Au fur et à mesure la taille du gouvernement augmente, le gain social net augmente jusqu’à qu’il
atteint son niveau maximum. Au delà de ce point, tout projet gouvernemental provoque une diminution
du GSN en raison que le cout social marginal excède le bénéfice social marginale.

De ce fait, comment le gouvernement décide d’augmenter sa taille, c.à.d. sur quel critère le
gouvernement décide d’élaborer un projet qui va augmenter le GSNM ? il ya deux test pour cela :

- Test minimal : pour que le gouvernement puisse produire un projet, le bénéfice procuré de ce
projet doit être supérieur ou égale son cout social BSM  CSM .
- Test maximal : le gouvernement doit choisir le projet ayant le gain social net marginal le plus
élevé, c.à.d. le projet ayant le cout d’opportunité le minimum.

Condition de la taille optimale : afin de déterminer la taille optimale du gouvernement il faut assurer
les conditions suivantes :

- L’économie est en plein emploi : toutes les ressources sont utilisées avec une manière efficace
- Le gouvernement est le seul producteur du bien public : il dispose le monopole de la fourniture
du bien public.
- Pas d’externalité : on suppose que tout les bénéficiant des biens et services publics sont les
citoyens qui supportent la charge fiscale de financement du secteur public (absence d’un
passager clandestin).
- Le gouvernement a la capacité de mesurer les bénéfices procurés par les projets publics.

42
43
Le financement du secteur public :

A. la théorie des finances publiques :

a. objectifs et conséquences du financement du secteur public :

i. Objectifs du financement du secteur public : le gouvernement est le fournisseur des biens et des
services publics, alors dans le but d’assurer ses fonctions économiques, il recourt au financement de
ses activités.
ii. Conséquences du financement du secteur public : au fur et à mesure le financement des activités
du gouvernement à travers la taxation par exemple, l’économie privé est impacté en modifiant les
décisions individuels et en résultant des pertes sèches.

b. Origine du financement du secteur public : il ya plusieurs sources de financement que le


gouvernement en recourt par :
- la participation à l’économie en tant que partenaire : le gouvernement s’engage dans le marché en
commercialisant des biens et services comme toute entreprise privé.
- la participation en tant que souverain : le gouvernement collecte des fonds pour financer ses
activités à travers les taxes et impôts, l’endettement, etc…
- autres origine de financement : en recevant des dons et transferts auprès les organismes
internationaux.

c. distribution du financement des activités publiques entre les agents : la question qui se pose à
ce niveau est comment le gouvernement repartit le fardeau fiscal entre les agents à savoir la manière
avec laquelle le citoyen supporte le financement public. Il y a deux principes pour charger les agents :
i. le principe de la capacité contributive : c’est l’hypothèse selon laquelle le gouvernement ne peut
pas mesurer les bénéfices marginaux procurés par l’individu d’un bien ou service public donné.
Puisque il n y a aucune liaison entre l’avantage procuré et la charge imposée, le lien entre l’impôt et
l’offre du B/S public n’existe bien. En effet le gouvernement impose la taxe en fonction de la capacité
de contribution du citoyen au lieu d’être en fonction de bénéfices marginaux. Exemple : Police,
défense nationale, etc.
ii. le principe d’équivalence ou du contrat volontaire : lorsque les bénéfices marginaux son bien
mesurés et détectés, le gouvernement impose la taxe selon les avantages procurés. En effet il existe un
lien entre l’impôt et l’offre des B/S publics. Exemple : la consommation et le bénéfice procuré des

44
réseaux routiers est mesurés par la consommation du l’essence, alors le gouvernement impose
l’essence pour financer les réseaux routiers.
Cependant, les individus tentent à ne pas révéler leur préférence réelle pour éviter la charge fiscale.

d. critères d’évaluation des méthodes de financement du secteur public : le cas de la taxation


Chaque gouvernement a son propre system fiscal qui respect les contraintes socio-économique, de ce
fait, le gouvernement évalue la robustesse de son system fiscal à travers des critères comme suit :
1- principe d’équité : l’équité sociale est un critère important pour tout développement social du pays.
Tout d’abord l’équité verticale consiste à imposer les citoyens selon leur revenu (la justice
interclasses) : plus que le revenu est élevé plus que le taux d’imposition est élevé (au Maroc, le barème
de l’IR est 0% pour le revenu inférieur à 30 000dh et 10% entre 30 000 et 50 000dh et 20% entre
50 000 et 60000dh etc). L’équité horizontale consiste à la justice intra-classe, c’est le fait que tout
revenu d’un individu faisant partie d’un barème doit être imposé au même taux.
2. principe d’efficacité : un system fiscal qui minimise la perte sèche et ne perturbe pas le calcul et les
décisions des agents privés.
3. principe de neutralité : un system fiscal neutre est un system qui s’applique à tous les citoyens
sans discrimination ou privilège, il est objectif et impersonnel.
4. principe de simplicité administrative : la collecte des impôts nécessite des procédures
administratives rigoureuses, il faut assurer que le cout administratif ne soit pas excessif (exemple de
simplicité administrative : la déclaration et le payement numérique à travers l’internet).
5. principe de compatibilité au plan international : les économies sont mondialisées et
interconnectés du fait que tout pays est engagé dans les accords commerciaux et économiques qui lui
impose de respecter des politiques macroéconomiques y compris la politique fiscale.
6. principe de flexibilité et de stabilité : le system fiscal doit être flexible aux fluctuations socio-
économiques.
7. principe de cohérence : le system fiscal doit être assorti avec l’ensemble des politiques publiques.
8. principe d’acceptabilité : les agents privés doivent accepter le system fiscal sinon ce dernier sera
menacé par une revendication.

e. Les effets économiques de l’impôt : la translation de l’impôt


Les agents économiques sont rationnels de la sorte qu’ils cherchent à minimiser voire annihiler la
charge fiscale tout en refusant l’impôt. La translation de l’impôt se fait avec deux manières :
i- translation (répercussion de l’impôt) : c’est lorsque un agent économique manipule son statu
financier et patrimoniale pour éviter le payement de l’impôt par :

45
- La fraude fiscale : c’est lorsque un agent, entreprise ou individu, déclare un résultat ou un
patrimoine qui ne reflète pas la réalité, en fournissant des faux documents (faux bilan, faux
CPC, faux factures) pour payer le moindre impôt, c’est un acte illégale qui sera pénalisé et
sanctionné ! Exemple : une entreprise qui déclare des charges gonflé et un chiffre d’affaire
sous-estimé pour avoir un résultat comptable moins que le réelle pour qu’il puisse minimiser
l’impôt.
- L’évasion fiscale : c’est lorsque un agent économique exploite les lacunes de la loi fiscal pour
optimiser la charge fiscale en investissant dans des projets économiques ou sociaux pour tirer
profit de l’exonération, c’est un acte légale qui ne sera pas pénalisé et sanctionné ! exemple :
défiscalisation immobilière, la défiscalisation mobilière, l’assurance-vie, l’épargne-retraite, la
création d’entreprise, le mécénat…

ii- translation de l’impôt selon l’élasticité de l’offre et de la demande

La distribution du fardeau fiscal et la translation de l’impôt se base sur la structure du marché à savoir
l’élasticité. Tout d’abord, le fardeau fiscal est le montant de la charge fiscale supporté par les agents
économiques. Il se compose de deux éléments :
- Charge financière : la recette fiscale versée à l’Etat.
- Charge fiscale excédentaire : la perte sèche subi par les agents économiques à cause de la taxe.

46
Cas 1 : l’offre et la demande sont partiellement élastiques.

Situation avant la taxe :


- Le point O reflète la confrontation entre l’offre et la demande.
- Q0 : la quantité produite et consommé.
- P0= prix payé par le consommateur= prix reçu par le producteur.

Situation après l’imposition d’une taxe (t) :

- Le point E reflète la confrontation entre l’offre et la demande majoré par une taxe.
- Q2 : la quantité de consommation après la taxe.
- P2 = prix payé par le consommateur
- P1= prix reçu par le producteur.

Remarque : toujours le prix payé par le consommateur est le plus élevé et le prix reçu par le producteur
est le plus faible.

Le fardeau fiscal :

- La charge financière supportée par le consommateur : E P2 P0 B.


47
- La charge financière supportée par le producteur : B P0 P1 A.
- La charge fiscale excédentaire du consommateur : E B O.
- La charge fiscale excédentaire du producteur : O B A .

Alors :

- La charge financière totale : P2 P1 E A


- La charge fiscale excédentaire totale : E O A (il ya un effet de substitution)

Autrement dit :

- Le fardeau fiscal supporté par le consommateur : P2 E O P0


- Le fardeau fiscal supporté par le producteur : P0 O AP1
- Le fardeau fiscal total : P2 E O A P1

Conclusion : quand l’offre et la demande sont partiellement élastiques, les consommateurs et les
producteurs supportent tous les deux le fardeau fiscal. En outre, le fardeau fiscal est supérieur à la
charge financière dû à l’existence de la perte sèche (un effet de substitution).

Cas 2 : la demande est parfaitement élastiques (élasticité infinie), les consommateurs sont
parfaitement mobiles.

48
Situation avant la taxe :
- Le point O reflète la confrontation entre l’offre et la demande.
- Q0 : la quantité produite et consommé.
- P0= prix payé par le consommateur= prix reçu par le producteur.

Situation après l’imposition d’une taxe (t) :

- Le point E reflète la confrontation entre l’offre et la demande majoré par une taxe.
- Q1 : la quantité de consommation après la taxe.
- P0 = prix payé par le consommateur
- P1= prix reçu par le producteur.

Le fardeau fiscal :

- La charge financière supportée par le consommateur : rien (il paye le même prix)
- La charge financière supportée par le producteur : P0 E B P1.
- La charge fiscale excédentaire du consommateur : rien (il paye le même prix).
- La charge fiscale excédentaire du producteur : O B E .

Alors :

- La charge financière totale : P0 E B P1 = charge financière supportée par le producteur.


- La charge fiscale excédentaire totale : O B E = La charge fiscale excédentaire du producteur.

Autrement dit :

- Le fardeau fiscal supporté par le consommateur : rien


- Le fardeau fiscal supporté par le producteur : P0 O B P1
- Le fardeau fiscal total : P0 O B P1=Le fardeau fiscal supporté par le producteur

Conclusion : quand la demande est parfaitement élastique, les consommateurs ne supportent rien,
et le producteur qui va supporter le fardeau fiscal. En outre, le fardeau fiscal est supérieur à la
charge financière dû à l’existence de la perte sèche (un effet de substitution).

49
Cas 3 : l’offre est parfaitement élastiques (élasticité infinie).

Situation avant la taxe :


- Le point O reflète la confrontation entre l’offre et la demande.
- Q0 : la quantité produite et consommé.
- P0= prix payé par le consommateur= prix reçu par le producteur.

Situation après l’imposition d’une taxe (t) :

- Le point E reflète la confrontation entre l’offre et la demande majoré par une taxe.
- Q1 : la quantité de consommation après la taxe.
- P1 = prix payé par le consommateur
- P0= prix reçu par le producteur.

Le fardeau fiscal :

- La charge financière supportée par le consommateur : P1 E B P0


- La charge financière supportée par le producteur : rien (il reçu le même prix).
- La charge fiscale excédentaire du consommateur : O B E.
- La charge fiscale excédentaire du producteur : rien (il reçu le même prix)

50
Alors :

- La charge financière totale : P1 E B P0 = charge financière supportée par le consommateur.


- La charge fiscale excédentaire totale : O B E = La charge fiscale excédentaire du
consommateur.

Autrement dit :

- Le fardeau fiscal supporté par le consommateur : P1 E O P0


- Le fardeau fiscal supporté par le producteur : rien
- Le fardeau fiscal total : P1 E O P0=Le fardeau fiscal supporté par le consommateur

Conclusion : quand l’offre est parfaitement élastique, les producteurs ne supportent rien, et le
consommateur qui va supporter le fardeau fiscal. En outre, le fardeau fiscal est supérieur à la
charge financière dû à l’existence de la perte sèche (un effet de substitution).

Cas 4 : la demande est parfaitement inélastiques (élasticité nulle), les consommateurs sont
parfaitement immobiles.

Situation avant la taxe :


- Le point O reflète la confrontation entre l’offre et la demande.
- Q0 : la quantité produite et consommé.
51
- P0= prix payé par le consommateur= prix reçu par le producteur.

Situation après l’imposition d’une taxe (t) :

- Le point E reflète la confrontation entre l’offre et la demande majoré par une taxe.
- Q0 : la quantité de consommation après la taxe.
- P1 = prix payé par le consommateur
- P0= prix reçu par le producteur.

Le fardeau fiscal :

- La charge financière supportée par le consommateur : P1 E O P0


- La charge financière supportée par le producteur : rien (il reçu le même prix).
- La charge fiscale excédentaire du consommateur : rien (il consomme la même quantité).
- La charge fiscale excédentaire du producteur : rien (il produit la même quantité).

Alors :

- La charge financière totale : P1 E O P0= charge financière supportée par le consommateur.


- La charge fiscale excédentaire totale : nulle

Autrement dit :

- Le fardeau fiscal supporté par le consommateur : P1 E O P0


- Le fardeau fiscal supporté par le producteur : rien
- Le fardeau fiscal total : P1 E O P0=Le fardeau fiscal supporté par le consommateur

Conclusion : quand la demande est parfaitement inélastique, les producteurs ne supportent rien, et
le consommateur qui va supporter le fardeau fiscal. En outre, le fardeau fiscal est égale à la charge
financière dû à l’absence de la perte sèche (il n’ ya pas un effet de substitution).

52
Cas 5 : l’offre est parfaitement inélastiques (élasticité nulle).

Situation avant la taxe :


- Le point O reflète la confrontation entre l’offre et la demande.
- Q0 : la quantité produite et consommé.
- P0= prix payé par le consommateur= prix reçu par le producteur.

Situation après l’imposition d’une taxe (t) :

- Le point E reflète la confrontation entre l’offre et la demande majoré par une taxe.
- Q0 : la quantité de consommation après la taxe.
- P0 = prix payé par le consommateur
- P1= prix reçu par le producteur.

Le fardeau fiscal :

- La charge financière supportée par le consommateur : rien (il paye le même prix).
- La charge financière supportée par le producteur : P1 E O P0 rien (il reçu le même prix).
- La charge fiscale excédentaire du consommateur : rien (il consomme la même quantité).
- La charge fiscale excédentaire du producteur : rien (il produit la même quantité).

53
Alors :

- La charge financière totale : P1 E O P0= charge financière supportée par le producteur.


- La charge fiscale excédentaire totale : nulle

Autrement dit :

- Le fardeau fiscal supporté par le consommateur : rien


- Le fardeau fiscal supporté par le producteur : P1 E O P0
- Le fardeau fiscal total : P1 E O P0=Le fardeau fiscal supporté par le producteur

Conclusion : quand l’offre est parfaitement inélastique, les consommateurs ne supportent rien, et le
producteur qui va supporter le fardeau fiscal. En outre, le fardeau fiscal est égale à la charge
financière dû à l’absence de la perte sèche (il n’ ya pas un effet de substitution).

B. Principe de la dette publique :

a. la logique de l’endettement public : la taxation est la principale source de financement du secteur


public. Cependant, il arrive que les recettes fiscales ne soient plus suffisantes pour couvrir la totalité
des dépenses publiques : le déficit budgétaire. Dans ca cas, le gouvernement recourt à l’endettement
pour financer le gap entre la recette fiscale et la dépense publique. Les cas suivants montrent l’origine
de ce déficit qui est à l’origine de l’endettement :

i- étaler dans le temps le fardeau fiscal lié à certains chocs : c’est lorsque le revenu national des
résidents dans un temps donné est faible ce qui affaiblit la recette fiscale du gouvernement. En effet, le
gouvernement ne peut pas, provisoirement, augmenter la taxation. La solution réside dans
l’endettement pour couvrir ce problème de financement. Les citoyens vont payer ultérieurement dans
le futur à travers la taxation. Alors le fardeau fiscal sera reporté à l’avenir.

ii- stimuler l’économie en période de chocs macroéconomique négatif : dans le cas d’une phase de
récession économique (stagnation, chômage,…) le gouvernement investit dans les grands projets
économiques pour augmenter le PIB et l’emploi, cela nécessitera un financement par la dette.

iii- rapproché dans le temps le fardeau fiscal et les bénéfices associés à une dépense
gouvernementale : dans le cadre des politiques de développement industriel, le gouvernement décide
d’avancer ces projets en s’endettant eu lieu d’attendre jusqu’à la recette fiscale sera disponible.

b. gestion de la dette : sachant que la dette coute un prix, le prix de la somme emprunté n’est rien que
l’intérêt. Les frais d’intérêts constituent une charge sur l’économie, alors le gouvernement doit gérer la
dette d’une manière avec laquelle il minimise l’échéance de la dette puisque les frais d’intérêt
augmentent au fur du temps.
54
c. fardeaux découlant de la dette publique : la dette publique, comme les taxes et les impôts, a un
impact sur l’économie nationale dont laquelle les agents privés supportent des fardeaux réels comme
les suivants :

i – le report de service de la dette sur les contribuables futurs : quand le gouvernement contracte
une dette, cela veut dire que la génération future qui va la payer à travers la taxation : alors la dette
n’est qu’un impôt différé.

ii- effet d’éviction : lorsque le gouvernement emprunte indirectement à travers les banques ou
directement à travers le marché des capitaux, il éponge les fonds disponibles dans l’économie au lieu
d’être exploités par le secteur privé. Alors, l’investissement productif privé diminue au profit des
dépenses publiques.

iii- la sortie nette du pouvoir d’achat lorsqu’il s’agit d’une dette extérieur : la dette extérieur est
libellé en dollar ou en euro, alors à chaque dépréciation de la monnaie nationale, la dette et son service
se réévalue et le pouvoir d’achat des citoyen se détériore pour payer davantage la dette extérieure
(principe du péché originel de Eichengreen).

d. les problèmes liés à l’endettement public :

i- des problèmes des finances publiques : lorsque la dette publique est jugé trop élevé, le
gouvernement se trouve dans une situation de défaut de paiement ou crise de finance publique. La
crise de liquidité c’est lorsque un gouvernement ne peut pas honorer ses dettes qu’à courte terme (crise
mexicaine 1994 et asiatique 1997), et la crise de solvabilité lorsque le gouvernement ne peut honorer
ses engagement soit à courte terme soit à long terme (crise de la dette souveraine de la Grèce). En
outre, à cause de la dette, le gouvernement sera obligé de concentrer ses efforts pour rembourser la
dette au lieu de se focaliser sur les projets d’investissent

ii- des problèmes macroéconomiques : la réduction de l’épargne publique pour financer le service de
la dette et le déficit budgétaire, ce qui provoque la dépendance vis-à-vis l’épargne étrangère.

iii- des problèmes d’efficacité économique : un fardeau fiscal élevé pour financer le service de la
dette.

iv-des problèmes d’équité intergénérationnelle : les générations futures vont supporter la


consommation et les dépenses des générations présentes.

v-des problèmes politiques : les enjeux politiques constituent un cout pour le gouvernement où les
contribuables sanctionnent le parti responsable à travers les élections.

55
e- politique optimale d’endettement : comment décider la manière de s’endetter ? Comment juger un
gouvernement est peu ou trop endetté ? Tout d’abord, il y a plusieurs approches pour déterminer la
taille optimale de la dette publique :

i- la littérature économique : c’est l’approche selon laquelle on détermine les cibles de l’endettement
en comparant entre les avantages et les couts de la dette sur l’économie nationale.

ii- la comptabilité générationnelle : c’est une approche qui se base sur le critère de l’équité à savoir
est ce que la dette va bénéficier tous les cohortes équitablement ainsi la distribution de son fardeau
fiscal.

iii-fonction de la dette : cette approche détermine la dette selon sa fonction.

- Fonction temporaire : est une fonction conjoncturelle selon laquelle le gouvernement recourt
à l’endettement pour faire face aux chocs macroéconomiques négatifs.
- Fonction structurelle : le gouvernement décide de contracter la dette pour financer des projets
d’investissement qui s’étalent dans le temps, ainsi son cout.

56