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Révision du PLU de Palaiseau

Contribution des élues du groupe PCF

Palaiseau, le 31 mars 2018

La vision que porte la révision du Plan Local d’Urbanisme initiée en 2015 pour la ville
de Palaiseau est inquiétante pour l’avenir des services publics de la commune et
manque d’ambition sociale et écologique.
Ce projet va figer Palaiseau sans aucune anticipation pour répondre aux enjeux du
futur et accélérer la ségrégation sociale au détriment d’une ville pour tous.

CONCERTATION
La concertation pour la préparation de l’adoption de ce nouveau plan d’urbanisme
s’est faite à minima.
Il aurait été utile que le comité de suivi créé lors de la révision du PLU en 2006 soit
réactivé. Ce comité avait fait la preuve de son utilité comme instance de concertation
et pourrait à l’avenir être remise en activité avec la participation d’élu.e.s,
commerçant.e.s, associations, personnalités référentes notamment.

LOGEMENTS
Une ville est un écosystème où tout le monde doit pouvoir continuer à trouver sa
place. Cela passe par son tissu pavillonnaire, son parc de logements accessibles, en
particulier à travers le logement social tant en location qu’en accession à la propriété.
Cela suppose de combattre la spéculation immobilière et cela engage aussi à un haut
niveau de services publics pour vivre mieux.
C’est pourquoi dans le cadre des projets d’aménagement, il y a nécessité à préserver
la règle des trois tiers (logements sociaux, accession à la propriété et accession
sociale à la propriété), qui assure à tous les Palaisiens la possibilité de se loger, en
particulier aux couples qui démarrent dans la vie et aux familles monoparentales.
Cette règle figurait jusqu’à présent dans le PLU de Palaiseau.
Supprimer cette règle revient à considérer que les jeunes Palaisiens en quête d’un
logement autonome, les familles monoparentales, les jeunes chercheurs, les salariés
ou privés d’emploi, les retraités à faibles pensions, bref tous ceux qui n’auront pas
les ressources suffisantes n’ont pas leur place à Palaiseau.

SERVICES PUBLICS
S’agissant des services publics, il manque un diagnostic en termes de besoins
(écoles, centre public de santé dans un contexte de départ à la retraite massif de
médecins généralistes et spécialistes, foyer-logement pour personnes âgées, aires de
jeux, terrains de sport etc.).
En particulier au niveau du nouveau quartier Camille Claudel avec la nécessité d’un
nouveau bureau de poste. Et sur le même sujet mais pour le quartier de Lozère, il
est fait mention d’un simple «maintien d’une activité postale ». Cela traduit le
manque de volonté politique regrettable pour la préservation d’un vrai service public
postal.
Ces composantes absentes ou imprécises indiquent en vérité l’encouragement de
facto à un recours massif au privé pour répondre aux besoins publics.
DÉPLACEMENTS
L’aspect « transport » et stationnement est lui-aussi peu développé et précis
notamment concernant l’absence d’anticipation pour encourager dans une large
mesure des modes de déplacements doux.
L’OAP sur les circulations douces n’est pas assez ouverte vers les communes
limitrophes et s’il est fait mention du développement de sentes piétonnes, il
conviendrait d’anticiper l’élaboration d’un plan de déplacement urbain permettant de
favoriser les modes de transports alternatifs (vélos, piétons etc.) et les transports en
commun électriques avec des navettes gratuites reliant les différents pôles de la ville
avec une attention particulière pour les liaisons plateau-vallée.

ENVIRONNEMENT
Dans le cadre de la transition énergétique, il faudrait afficher une ambition beaucoup
plus forte en termes d’isolation thermique des bâtiments. Les bâtiments représentent
en effet 43% de la consommation en énergie en France. Cela permettrait de
contribuer aux efforts nécessaires pour diviser par 4 cette dépense d’énergie d’ici
2050. Cela permettrait aussi de réduire la précarité énergétique.

Il s’agirait aussi de porter obligation de végétaliser les constructions neuves et les


toits-terrasses.
Avec un Plan de prévention des risques Naturels d'inondation (Ppri) pour l’Yvette
obsolète datant de 2006, le projet de PLU manque aussi d’anticipation afin de
prendre en compte le risque accru d’inondation du fait de l’urbanisation du Plateau
de Saclay.
C’est aussi préserver réellement les espaces verts existants comme le Parc Chabrol
au centre-ville menacé par un projet immobilier privé, centre-ville dont il s’agit aussi
de préserver le patrimoine architectural.
De manière plus générale, en ce qui concerne les Espaces Boisés Classés au titre de
l'article L. 113-1 du Code de l'urbanisme, les mesures de compensations prévues
devraient être réalisées sur le territoire communal.
C’est enfin travailler à un vrai projet d’avenir pour la Batterie de la pointe comme
espace protégé à qualifier tant sur le plan du patrimoine, que de la faune et de la
flore. Cela pourrait aussi permettre l’aménagement de jardins solidaires associatifs.
Puisque le PLU est la vision que l’on porte pour 20 ans, il y a à envisager aussi la
couverture partielle de la D36 tranchée urbaine qui sépare le quartier Camille Claudel
et le quartier du Pileu afin d’aménager un nouvel espace permettant le
développement de liaisons douces et d’espaces verts notamment.
Enfin, concernant les aménagements dans le cadre de l’intercommunalité et
conformément aux obligations réglementaires, la question reste posée de la création
d’une aire d’accueil des gens du voyage.

ORIENTATIONS D'AMENAGEMENT ET DE PROGRAMMATION


1) OAP ilôt Ferrié, paveurs de Montrouge
400 logements sont prévus mais de nombreuses questions subsistent :
- Quelle place pour le logement pour tous (cf. règle des 3 tiers) ?
- s’agissant des logements pour personnes âgées : nulle part il n’est indiqué dans le
projet le type de structure qui est envisagé ?
- idem pour le projet de parking (P+R) qui reste très imprécis dans la conception
présentée et qui n’anticipe pas l’avenir de futurs modes de circulations alternatifs.

2) OAP rue Tronchet


Concernant ce projet de logements privés haut de gamme remplaçant le foyer
Drouillette qui est un équipement public au cœur de la vie de nombreux palaisiens
contribuant au lien intergénérationnel, quid du rôle du futur “foyer Drouillette” ? Est-
ce que le périmètre en termes de services du futur foyer Drouillette sera le même
que l’actuel ?
Et quel avenir pour l’hébergement des associations solidaires telles que le Secours
Populaire, l’Étape (épicerie sociale) ?
Au sujet de la préservation de la fresque historique place de la Mairie dans le cadre
de requalification de la rue Tronchet, cette fresque fait partie du patrimoine de la
commune de Palaiseau. Elle devrait être intégrée à cette OAP comme le permet le
code de l’urbanisme pour être restaurée et préservée.

OAP MANQUANTES
Des quartiers sont oubliés dans ce projet de PLU.

1) OAP Unna/Cosmonautes/Petits Champs Ronds/Pavillons


Cela permettrait de travailler à la végétalisation des parkings de cette zone avec les
bailleurs sociaux et les syndics d’immeubles : ces espaces goudronnés n’ont connu
aucun aménagement depuis 40 ans.
Cela permettrait par la même occasion d’imaginer des liaisons douces afin de relier la
gare de Massy, d’intégrer dans ce cheminement la passerelle reliant le gymnase
Cabrol et la crèche Flaubert à la rue Jean Jaurès avec un accès direct à la gare RER B
de Palaiseau Centre.

2) OAP Ferry Vaillant Stalingrad


Quid aussi de l’avenir du quartier Ferry Vaillant Stalingrad avec le déménagement de
la sous-préfecture sur le plateau (et d’ailleurs à quel emplacement ?) : Pourquoi ne
pas envisager un projet d’aménagement pour Palaiseau-Est avec la création d’un
parc urbain comprenant l’hôtel particulier de la sous-préfecture au cœur d’une zone
comprenant le Ferry, la MDS et à proximité des écoles primaires Vaillant et Taillant et
du centre social Flaubert. Cela permettrait aussi de mettre en valeur ce patrimoine
de notre ville.

Joelle Pinna Chrystel Leboeuf


Conseillère Municipale Conseillère Municipale
Présidente du groupe des élues PCF Déléguée Communautaire