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Carrés magiques indo-arabes et tortue chinoise de Lho Shu file:///D|/aaaJacques/CM/CM1.

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Carrés magiques indo-arabes


et tortue de Lho Shu
par Jacques Misguich <misguich@club-internet.fr>

Page personnelle : http://membres.lycos.fr/fusionbfr/JHM/JHM.html


Groupe de travail international "Fusion B F R" :
http://membres.lycos.fr/fusionbfr/

et Grégoire Misguich Page personnelle : http://www.lptl.jussieu.fr/users/misguich

Cette page est dédiée à Ronan Misguich, qui a assimilé avec


succès (le 9 déc. 2000) le concept du nombre 1 :

12 janvier 2001. Complétée ce 24 octobre 2001.

N.B.
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1. Introduction
Dans les souks au Maroc, pays principalement berbère de tradition et de monarchie, on
trouve aujourd'hui de plus ou moins anciennes "boîtes à Coran" métalliques, finement
décorées, au dos desquelles figure un carré de 9 cases remplies de différents "signes"
dont aucun des Marocains interrogés, religieux ou non, n'ont pu nous expliquer la
présence ou la signification.

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Au mieux on vous assure que "C'est un talisman, ça porte chance". L'un d'eux nous a
même expliqué que c'était l'écriture d'un code secret familial... "comme pour ta carte
Visa..." Ces signes diffèrent de boîte en boîte, et parfois toutes les cases ne sont même
pas remplies. L'artiste manquait-il d'information ou bien a-t-il volontairement laissé
inopérant le talisman pour les touristes ?

Seuls les Marocains habitués à lire le Coran savent en fait encore lire les chiffres qui
sont inscrits dans ce carré en anciens caractères indo-arabes (ou arabes orientaux)
abandonnés depuis longtemps dans les pays situés à l'Ouest de la Lybie. Très peu de
gens, parmi ce peuple principalement berbère, savent que les chiffres inscrits dans ce
carré peuvent être sommés dans toutes les directions (lignes, colonnes et diagonales)
pour donner toujours le même résultat 15...

Mais combien savent-ils que ce carré reproduit une des huit formes de cet ancien "carré
magique" qui remonte à la Chine de 2300 ans avant JC sous l'empereur Yü le Grand et
qui fut, selon la légende, aperçu sur le dos d'une tortue sortant de la rivière "Lo" pour
indiquer le nombre exact de sacrifices à opérer (15) ?

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(carré de Lo Shu, selon la légende trouvée en Chine dans le livre Yi-King)

C'est ce que nous allons tenter d'expliquer ici. C'est toute l'histoire des "carrés
magiques" depuis quarante-trois siècles... Mais combien de Marocains savent-ils que
ces carrés magiques et leurs généralisations ont été de tous temps un sujet d'intérêt non
seulement pour les pratiques divinatoires comme on les pratique aujourd'hui encore sur
la place Djama el Fnâ à Marrakech, mais aussi pour les artistes et mathématiciens
occidentaux, de Dürer à Euler et Fermat, jusqu'à Edouard Lucas, mathématicien du
XIXe siècle qui en écrivit la formule générale

et qu'ils sont aujourd'hui encore l'objet d'études mathématiques utilisant la théorie des
corps [5] ?

2. Résumé de l'histoire de l'écriture et des nombres


Pour situer les dates et les régions du monde où sont apparus l'écriture, les nombres et
leur notation avec rang il est utile de se rappeler les étapes suivantes (tableau et
histoire des chiffres , beaucoup des informations mathématiques sont prises sur le site

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de l'IREM ) :

- 5 000 : Les Sumériens développent une numération parlée de base 60


- 4 000 : Ecriture cunéiforme primitive
- 3 300 à 3 200 : Apparitions des chiffres sumériens et proto-élamites, tous deux
considérés comme les plus anciens systèmes de numération connus
- 3 100 : Hiéroglyphes égyptiens
- 3 000 : Période de l'empereur Chinois Fou-Hi dont le symbole magique,
l'octogone à trigramme contient les 8 premiers nombres représentés sous forme
binaire par des traits interrompus ou non : 000 001 010 011 etc...

Le souverain Fuxi (Fou-Hi) crée les huit premiers trigrammes. On situe le


règne de ce souverain entre le Vème et le IIIème millénaire avant JC. Sa mère
le conçut au moyen d’un bâton trouvé dans le marais. Après douze mois de gestation, il
fut mis au monde par des accoucheurs-dragons et il naquit avec une tête humaine et un
corps écailleux. On attribue à ce personnage une foule d’inventions pratiques appliquées à
la pêche, la chasse et la culture, ainsi que les rites du mariage et l’écriture. Mais son
invention la plus originale demeure l’élaboration des huit trigrammes qui ordonnent le
monde selon huit principes auxquels il attribua un nom pour chacun : 1- “Le ciel”, le
créateur. 2 - “La terre”, le réceptif. 3- “Le tonnerre “, l’éveilleur. 4 - “La montagne”,
l’immobilisation. 5 - ” L’eau”, l’insondable. 6 - “Le feu”, ce qui attache. 7- “Le lac”, la
sérénité. 8 - “Le vent”, le doux. Ces trigrammes relatent un vision abstraite du monde et
de ses mutations. Chaque trigramme étant issu d’un autre à la suite du changement d’un
seul trait, la connaissance de l’essence de ces mutations permettrait de prédire l’avenir.
Entre la Chine et les ordinateurs, il y a un lien étonnant. Le tableau des
hexagrammes (voir exemples) aurait pu être commandé par la compagnie
IBM à un peintre contemporain. Or il se trouve qu'il date de l'Antiquité
chinoise. Selon son propre témoignage, Leibniz fut émerveillé lorsque, grâce
aux conseils du père Joachim Bouvet, missionnaire en Chine, il crut être
parvenu à l'interpréter correctement. "Il croyait avoir trouvé par sa
numérotation binaire l'interprétation des caractères de Fo-Hi, symboles
chinois mystérieux et d'une haute antiquité, dont les missionnaires
européens et les Chinois eux-mêmes ne connaissaient pas le sens. C'étaient
64 combinaisons de traits pleins et rompus (correspondant respectivement
à O et à 1) rangées précisément dans l'ordre naturel des nombres supposés
écrits dans le système binaire. Il proposait d'employer cette interprétation à
la propagation de la foi en Chine, attendu qu'elle était propre à donner aux
Chinois une haute idée de la science européenne, et à montrer l'accord de
celle-ci avec les traditions vénérables et sacrées de la sagesse chinoise".
(Couturat, La Logique de Leibniz)
- 3 000 à 3 200 : Apparition de la numération hiéroglyphique égyptienne,
comportant un signe pour chacune des puissances de dix :

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permettant par exemple d'écrire 1 234 567 sous la forme

Exemple :

- 2 700 : Apparition des chiffres cunéiformes sumériens

- 1 900 à 1 600 : Les Babyloniens développent le premier système de numération


de position connu à ce jour. Utilisant la base 60 ce système ne comporte pas
encore de zéro.

- 1 400 (Fin du XIVe siècle av. J.C.) : Apparitions des plus anciens chiffres
chinois connus. Le système de numération chinois remonte à la seconde partie du
deuxième millénaire avant notre ère. Il est donc tout aussi ancien que l'écriture
chinoise elle-même. Les plus anciennes traces que nous possédons de ce système
sont celles que l'on trouve sur les os et les écailles de tortue, de la dynastie des
Shang (1600 à 1066 avant notre ère).

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Ces écailles de tortue étaient utilisées à des fins divinatoires. Avant toute
entreprise importante, le prince avait coutume de consulter l'oracle. Pour ce
faire on perçait un ou plusieurs trous dans une écaille de tortue, et on la
mettait dans le feu. Les craquelures qui s'y produisaient étaient alors
interprétées par des devins. Ces parties de carapaces de tortue, découvertes à
la fin du siècle passé seulement, étaient d'une importance capitale, puisque la
question posée à l'oracle, ainsi que la réponse donnée, étaient gravées sur ce
matériau. Ces écailles de tortue, que l'on a ensuite trouvées par dizaines de
milliers, sont non seulement des documents culturels, mais également
linguistiques de la plus haute importance. Le système de numération utilisé
sur ces écailles et os de tortue est déjà remarquablement constant et unifié. Il
utilise un total de treize signes:

Le système de numération chinois

~- 1 150 : Le Yi-king (ou Yijing) est un des plus anciens textes de la civilisation
chinoise. Appelé aussi "classique des transformations" il représente en quelque
sorte le discours de la méthode du système yin/yang. Sans auteur, il transcrit, sous
forme d'un code binaire formé de lignes brisées et pleines le "potentiel énergétique
d'une situation" à un moment précis. Sa première ambition est d'être un guide pour
l'action, utilisable individuellement comme aide à la prise de conscience et à la
prise de décision. En authenticité, le Yiking fait partie des cinq grands classiques
chinois et son influence fut grande car elle a nourri les deux grands courants de la
Chine ancienne, le Taoïsme et le Confucianisme.

Le livre des transformations (yi king) est sans contredit l'un des plus vieux
ouvrages de l'humanité.
Yijing ou Yi-king en chinois veut dire, «Livre des mutations», le plus
ancien des classiques, l'un des classiques du confucianisme, et manuel de
divination. Il contient soixante-quatre hexagrammes, composés chacun d'une
paire de trigrammes formés de trois traits parallèles. Les traits peuvent être pleins
(représentant le yang ou principe actif) ou brisés (représentant le yin ou principe passif),
selon la cosmologie chinoise ancienne qui expliquait tous les phénomènes en termes
d'alternance du yin et du yang. Il y a huit trigrammes de base correspondant chacun à un
phénomène naturel et l'ensemble des soixante-quatre hexagrammes représente toutes les
combinaisons possibles des six traits. Le livre est consulté par division de cinquante tiges
d'achillée, plante à laquelle on prête des vertus magiques, ou en tirant à pile ou face, pour
obtenir des nombres qui correspondent aux différents traits de l'hexagramme. Ces
nombres déterminent si un trait est yin ou yang, et s'il est «en repos» ou «mobile» (sur le

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point de se transformer en son opposé). Les hexagrammes se transforment constamment


en un autre, conformément à l'ordre cyclique de l'univers.
Avec le temps, ils sont devenus des symboles de divination. Selon la
légende, Fuxi le dieu-empereur (v. 2400 av. J.-C.) découvrit les huit
trigrammes sur le dos d'une tortue sacrée : les vieux devins chinois prédisaient
l'avenir en trouant par le feu des os ou des carapaces de tortues et en examinant les fêlures
ainsi produites. La signification symbolique de chaque hexagramme est donnée par des
passages poétiques énigmatiques et un commentaire philosophique.
Les parties les plus anciennes du livre remontent à la première dynastie Zhou. Wen
Wang (v. 1150 av. J.-C.) aurait, selon la tradition, ajouté des conseils d'ordre
moral aux hexagrammes divinatoires. Confucius et ses disciples ajoutèrent
probablement un commentaire philosophique au Yi king pour lequel ils avaient, dit-on,
une grande révérence. Les hexagrammes porte-bonheur du Yi king sont souvent employés
dans les arts chinois.
Le Yi-king établit les bases et surtout le fonctionnement de la philosophie chinoise. Les sages qui ont rédigé
cet ouvrage (outil) devaient avoir une profonde connaissance des cycles et des phénomènes qui régissent
l'univers et de la vie de tous les jours. Ils ont conçu un système binaire (deux) comparable à celui des
ordinateurs: ''YIN'' et ''YANG''. Les ordinateurs se servent des ''0'' et des ''1'', le yi king lui, se sert de traits
intermittents (ouverts) __ __ qui représentent le yin et de traits continus (fermés) _____ qui représentent le
yang. Pour le yi king tout fait partie d'un cycle et le yin et le yang en sont les composantes opposées mais
indissociables. (Lynda
Meyer).
Le Yi-king émerge de la nuit des temps. Le premier “livre des Mutations” est
une grosse tortue dont l’existence remonte à une époque mythique. Elle
émergea de la rivière Lo, portant sur sa carapace des taches qui figuraient un
carré magique où les nombres de 1 à 9 étaient arrangés de manière à ce que
leur somme fût toujours égale à 15.
L’histoire de la tortue de la rivière Lo est racontée dans “le livre des rites”,
livre canonique de la Chine Ancienne, où l’on y découvre une autre histoire
de ce genre, celle d’un dragon qui portait sur ses écailles un diagramme
différent mais tout aussi étrange que l’on appelle le “dessin du fleuve
Jaune”, et où les nombres impairs sont figurés par des ronds blancs et les
nombres pairs par des noirs. Dans ces deux diagrammes magiques de la
tortue et du dragon, se dessine une tentative de représenter par des signes les
lois de l’univers. Ces lois étant applicables aussi bien au présent, au passé
qu’au futur, tout un art divinatoire basé sur l’interprétation des craquelures
de carapaces de tortues et des os d’omoplates de boeuf s’est developpé dans
la Chine antique.
C’est vers la fin du XVIIè siècle que le Yi-King est introduit en Europe par
les Jésuites résidants à Pékin. Les premières traductions apparaissent au
XIXème siècle, mais c’est la traduction parue à Vienne en 1924 d’un
missionnaire protestant et ami de Jung, Richard Wilhelm, qui oeuvrera le
plus pour faire connaître le Yi-king à l’occident. Le psychologue Carl Jung
se déclara "fasciné par les remarquables et indéniables résultats du
Yi-King".

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-1 143 Le roi Wen crée les 64 hexagrammes. C’est vers la fin du IIème millénaire
avant JC que le roi Wen combina deux à deux les hexagrammes pour créer une
nouvelle grille de lecture du monde plus affinée de 64 figures.
Ce roi Wen qui gouvernait l’ouest de la Chine, était aux prises avec un tyran Shou Sin, le
dernier souverain des Yin, dont la noirceur de caractère était aussi grande que la sagesse
de Wen. S’inquiétant de la réputation grandissante de ce dernier, Shou Sin l’attira à la
capitale et le fit prisonnier en 1143 AC. Ce jour-là deux soleils apparurent en même temps
dans le ciel, la montagne Yao s’effondra et une femme se transforma en homme. Pour
passer le temps dans sa prison, le roi Wen entreprit de méditer sur les
trigrammes composés quelques millénaires plus tôt par Fuxi et il eut l’idée de
les accoupler deux à deux pour former les 64 hexagrammes que nous
connaissons aujourd’hui. Il leur donne à chacun un nom, qui intègre le sens et la
position des deux trigrammes qui le composent. Puis il écrivit un court commentaire sur
leur sens, assorti de quelques conseils. Et pendant que le roi Wen pénétrait les "lois
cosmiques" contenues dans les 64 hexagrammes, ses fils mettaient en place une armée
pour renverser le tyran et libérer leur père. A leur grande surprise, ils retrouvèrent un
homme serein et en pleine forme qui leur fit découvrir les murs de son cachot décorés des
hexagrammes.
Au Ier millénaire av. J.-C. (960-585), les Hébreux adoptent un système proche de
l'alphabet phénicien, dit "paléohébraïque ", qui subsiste dans l'écriture samaritaine
jusqu'à nos jours. Les plus anciennes inscriptions connues en écriture hébraïque
sont la tablette de Gezer (v. 950 av. J.-C., époque du roi Salomon) et la stèle de
Mesha (roi de Moab, v. 850 av. J.-C.).

Après l'exil à Babylone, l'écriture évolue vers un modèle araméen. Vers 535,
on utilise une nouvelle écriture dite "hébreu carré" : dont les caractères n'ont
presque pas changé d'aspect même si le Moyen Age vit chaque aire
géographique avoir, tant pour l'hébreu carré que pour son corollaire cursif,
son style et sa manière propre.
Les premiers textes de la Bible furent notés en hébreu carré et c'est grâce à la
Bible que la langue hébraïque a survécu et a pu renaître.
VIe s. av. J.C. Apparition supposée des écritures libyco-berbères,
vraissemblablement en Afrique du Nord
Système alphabétique, consonantique comportant 28 signes en libyque (à
Dougga), et de 23 à 27 signes en tifinagh selon les régions
Lecture: - verticale de haut en bas et de bas en haut, - horizontale de gauche à

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droite ou de droite à gauche.

Langues notées : libyque et touareg (sans certitudes pour d'autres).


Document le plus ancien : dédicace au roi Massinissa, stèle libyco-punique
de 138 avant J.-C. (Dougga, Tunisie).
Leur usage disparait au Maghreb, probablement à la fin de l'Antiquité mais
se continuent en touareg.

vers 551 av. J.-C., naissance présumée de Confucius dans le royaume de Lu


(province du Shandong ). Fils d'une famille pauvre mais d'ascendance illustre (il
remonterait à la dynastie Shang ), il fut orphelin de bonne heure.
Persuadé qu'il était nécessaire de moraliser la politique, Confucius, nommé gouverneur de
la ville de Zhongdu, chercha à mettre en pratique ses idées sur le gouvernement idéal. Ses
disciples affirmèrent que son exercice du pouvoir fut si remarquable qu'«au bout d'un an
aux quatre points cardinaux tous le prenaient modèle ». La tradition fait encore de lui un
intendant des travaux publics, un ministre de la Justice aux alentours de 5 av. J.-C., puis
un conseiller politique de la principauté de Lu. Mais, écarté de ce poste, il reprit, à partir
de 497, sa vie d'errance et parvint dans la pricipauté de Wei.
Le Yi King remonte à des temps immémoriaux. King signifie la trame d'une étoffe. - ce
qui ne varie pas - Yi figure un caméléon - Ce qui change, qui évolue en fonction des
situations. d'où la traduction de Yi King en "Livre des transformations" ou
"Livre des mutations".
Il est attribué à Fo-Hi, figure mythique, le représentant de l'ère de la chasse, de la pêche et
de l'invention de la cuisson. Il est désigné comme l'inventeur des trigrammes. ce qui
signifie qu'on assiganit à ces huit figures une antiquité précédant tout souvenir historique.
A noter que ces huit trigrammes primitifs portent des noms qu'on ne retrouve nulle part
dans la langue chinoise.
Les trigrammes combinés entre eux apparaissent dès la dynatsie des Hia (2000 av.JC).
Selon la tradition générale les 64 hexagrammes proviennent du roi Wen, ancêtre de la
dynastie des Tchéou. Il les dota de brefs jugements. Le texte ajouté aux différents traits est
dû à son fils, le duc de Tchéou.
Tel était le livre lorsque Confucius le découvrit, auquel il consacra une étude
assidue.
Au terme de quatorze années d'absence, Confucius serait rentré dans son pays natal et se
serait consacré à l'étude des textes, des chants et des rituels anciens. Selon l'historien
Sima Qian, il compila, remania ou rédigea plusieurs parties des grands textes
canoniques de l'antiquité, notamment le Livre des documents (Shujing ), le

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Livre des odes (Shijing ) et le Livre des mutations (Yijing ).


Le Classique des mutations, le célèbre Yijing, transmet les croyances magiques et
cosmologiques des temps les plus anciens (on y trouve la théorie du Yin et du Yang, ainsi
que celle des cinq éléments ). Le Yijing a donné lieu à de nombreuses et hasardeuses
spéculations de la part des théosophes occidentaux : le livre se présente en effet comme
un document codé, dont l'ésotérisme demeure impénétrable.
VIe - Ve s. av. J.C. : éveil des mathématiques chinoises

IIIe s. av. J.C. : Invention du zéro par les Babyloniens. Le zéro babylonien n'est pas
conçu comme un nombre pouvant être utilisé lors de calculs. Il sert simplement à exprimer
l'absence d'unités d'un certain ordre. Une intéressante histoire du zéro peut être lue sur le site
(ainsi que sur Pi).

IIIe s. av. J.C. : Apparitions des chiffres brâhmî (indiens), considérés comme les
précurseurs de notre système de numération moderne (indo-arabe)

IIIe s. av. JC : Pendant l'époque classique le système utilisé par les Grecs de
l'Antiquité était également décimal mais non positionnel. Ils se servaient de lettres,
éventuellement accentuées, et de signes complémentaires : il fallait de nombreux
symboles et un codage savant pour comprendre la valeur représentée :

Certains nombres avaient droit à des caractères spéciaux comme 900


(sampi). Pour distinguer un nombre d'un mot, on le surlignait.
Au IIIe s. av. J.C. la nouvelle numération grecque utilise comme symboles
numériques toutes les lettres de l'alphabet grec et trois autres symboles issus de
l'alphabet phénicien. Les neuf premières lettres de l'alphabet permettaient d'écrire les chiffres
de 1 à 9 ; les neuf lettres suivantes étaient employées pour les dizaines, de 10 à 90, et les neuf
dernières pour les centaines, de 100 à 900. Les milliers étaient indiqués par une barre placée à
gauche du chiffre approprié, et les dizaines de milliers par la lettre adéquate placée au-dessus de
la lettre M. Ce dernier système présentait l'avantage de pouvoir exprimer de grands nombres
avec un minimum de symboles. En revanche, l'utilisateur d'un tel système était contraint de
mémoriser vingt-sept symboles.

- 46 : Jules César, suivant les conseils de l'astronome alexandrin Sosigènes, décide


d'instaurer un système de calendrier fiable composé de 12 mois et d'une durée de
365 jours : tous les quatre ans un jour sera ajouté à l'année. Les mayas avaient
déjà un calendrier plus précis.

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1 : Naissance du Christ * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *

1 à 700 : Hiéroglyphes mayas. Calendrier très évolué et très précis, en raison des
moissons. Les nombres à base 20 étaient composés de points et de traits

Sur les stèles les nombres sont également représentés par des figures de
divinités.
Numération romaine. La numération romaine fut très particulière et totalement
inadaptée à des calculs même élémentaires. C'est un système décimal. Les
symboles principaux sont I, X, C et M (1, 10, 100 et 1000), les symboles
secondaires sont V, L et D (multiples de 5) :
1 5 10 50 100 500 1000
I V X L C D M
Pour leur calculs les romains utilisaient des casiers réunis en damier dans
lesquels ils plaçaient de petits cailloux pour désigner les unités, dizaines,
centaines, etc. De cette technique romaine, nous est resté le mot calcul
(calculus = petit caillou). Cette numération est additionnelle car la valeur du
nombre écrit est obtenue par somme ou soustraction des caractères
juxtaposées. Pour effectuer des calculs, les savants romains devaient utiliser
une table à calculs qu'on appelait abaque.

IVe s. : Naissance de la numération décimale indienne de position, ancêtre de


notre numération écrite actuelle. On applique aux chiffres brahmi le principe de
valeur de position.

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(Ancêtres des chiffres que nous connaissons aujourd'hui. Première grande


innovation des Indiens : remplacer chaque valeur de 1 à 9 par un symbole
abstrait.)

Aux neufs premiers chiffres, on ajoute également un signe en forme de


petit cercle ou de point représentant le zéro.

325 - 409 : Diophante d'Alexandrie, mathématicien grec. Il aurait écrit treize livres
d'un traité intitulé "Les Arithmétiques". On n'en connaissait que six jusqu'en 1972 -retrouvés au
15è siècle, en Italie, par Regiomantanus- lorsque quatre autres furent retrouvés en Iran.

Son oeuvre, constituée principalement de problèmes des premier et second degré (189
problèmes, résolus pour la plupart) conduisant à des équations dont les solutions sont
entières ou fractionnaires, influencera grandement les mathématiciens Arabes et, plus
proches de nous, Viète et Fermat. Elle fut traduite au 16è siècle à Heidelberg par le
célèbre linguiste et philosophe allemand Xylander (Wilhelm Holtzmann, dit Xylander,
1532-1596, qui traduisit également les six premiers livres des Eléments d'Euclide) puis
complétée et commentée en France, en latin, par Bachet de Méziriac (1621).
Equation diophantienne : équation de la forme P(x,y,z,...) = 0 où P est un polynôme à
coefficients entiers (ou rationnels) dont on cherche les zéros dans N (entiers naturels) ou
Q (nombres rationnels : fractions). Des exemples classiques d'équations diophantiennes :
l'étude de la forme générale des triplets pythagoriciens, le théorème de Bezout, la solution
générale de l'équation en nombres entiers ax + by = c, le grand théorème de Fermat,
l'équation de Pell, que Lagrange résoudra au moyen de la théorie des fractions continues.
Approximation diophantienne : algorithme consistant à approcher, à toute précision
donnée, un nombre réel par des rationnels. On peut citer, en particulier, le développement
en fraction continue qu'étudieront Aryabhata, Chuquet, Huygens (pour la construction
d'horloges astronomiques), puis Euler, Lagrange, Gauss, Lambert, Legendre et bien
d'autres dans l'étude des nombres irrationnels comme Liouville avec la découverte des
nombres transcendants (1844).
Ve s. La mathématique indienne (on dit souvent hindoue , car elle était plus
particulièrement étudiée par les religieux) se manifeste brillamment dès le 5è
siècle avec des mathématiciens comme Aryabhata, Brahmagupta, Bhaskara et
apparaît indépendante de celle des grecs.

476 - 550 : Aryabhata, astronome et premier grand mathématicien indien. Il affirme,


contrairement à la doctrine géocentrique de Ptolémée (la Terre est immobile au centre de

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l'univers) alors répandue, la rotation de la Terre.


Aryabhata est le premier grand mathématicien indien. Il nous fut connu par un important
traité appelé l'Aryabhatiya, écrit en sanscrit (la langue sacrée des brahmanes) relatif à
l'astronomie et aux mathématiques qui fut traduit en Europe au 19è siècle.
Aryabhata y décrit les algorithmes de d'extraction des racines carrée et cubique, résout de
difficiles équations diophantiennes par l'usage de fractions continues et fait usage d'un
système décimal positionnel dont le graphisme est proche du notre et où l'usage du zéro
apparaît implicitement. Le grand artisan de l'introduction du célèbre symbole sera
Brahmagupta.
458 : Première apparition du zéro dans un traité de cosmologie indien, le
Lokavibhâga, daté du lundi 25 août 458 (?)

512 : Premières traces de l'écriture arabe, probablement issue de l'écriture


araméenne. Selon la tradition, un membre de la famille de Mahomet l'aurait
inventée. L'alphabet arabe comporte 28 lettres.
vers 571 : Naissance de Mahomet à La Mecque. En 612 il reçoit la révélation de
l'ange Gabriel lui annonçant que Dieu le choisit comme prophète.

598 - 660 : Brahmagupta autre grand mathématicien et astronome indien. Ce


mathématicien et astronome indien s'intéressa à l'algèbre et aux équations diophantiennes à la
suite des travaux d'Aryabhata. Brahmagupta est sans doute le premier, dans des calculs
commerciaux, à user des nombres négatifs pour signifier les pertes et les profits et à les utiliser
en algèbre en énonçant la règle des signes.

Il emploie dans ses calculs, les chiffres décimaux (graphisme très proche de nos chiffres
actuels dits "arabes") et principalement le zéro (notation o) que les Arabes adopteront
au IXe siècle avec, principalement, les travaux de Al- Khwarizmi. Le célèbre "chiffre"
manqua cruellement aux grandes civilisations babyloniennes, égyptiennes et grecques.
Son apparition en Inde, tout particulièrement dans l'oeuvre de Brahmagupta, est un pas de
géant en algèbre.

622 : L'Hégire : Mahomet s'enfuit de La Mecque à Médine.

629 : Le mathématicien et astronome indien Brahmagupte publie son


Brahmasphutasiddhânta, qui révèle une parfaite maîtrise de la notation décimale
de position au moyen de neuf chiffres et du zéro.

630 : Mahomet conquiert La Mecque et y répand la religion musulmane après


avoir détruit les idoles.
651 : Ecriture du Coran
711 : invasion arabe en Egypte.

814 : les arabes adoptent les chiffres indiens. Il faut distinguer aujourd'hui les
chiffres arabes occidentaux dits "ghubâr" des chiffres arabes orientaux dits hindi,
tirés directement de la notation indienne et encore utilisés en Lybie et en Egypte.

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Fin du VIIIe s. : Introduction de la numération décimale positionnelle et du zéro


dans la culture islamique (le Coran aujourd'hui est écrit avec ces chiffres)
772 : al-Mansur, deuxième calife de la dynastie Abbasside a fondé la capitale
Bagdad, rapidement devenue un grand centre d'échanges commerciaux et
intellectuels. C'est à Bagdad que furent assimilés dans la culture islamique tous les
travaux des scientifiques Grecs et Indiens.

750 - 1258 : Essor de la calligraphie arabe dans le califat Abbasside de Bagdad.


ABBASSIDES. Deuxième grande dynastie de califes arabes, après celle des Omeyyades
de Damas, qui régna à Bagdad de 749 à 1258 et dont le nom provient d'al-Abbas, l'oncle
du prophète; trois grands califes en font la renommée, al-Mansur (764-775) le fondateur
de Bagdad, Harûn ar-Rashid (786-806) le calife des Mille et une nuits qui envoya un
éléphant à Charlemagne et al-Mamun qui fonda la Maison de la Science (Dar al-Hikma).
La prise de Bagdad par les Mongols en 1258 met fin à cette dynastie.
La transmission du savoir d'un professeur à un élève se faisait en partie par l'intermédiaire
de la calligraphie. L'élève recopiait d'abord l'oeuvre étudiée sous la direction de son
maître, puis il recevait de son professeur l'autorisation de transmettre cette oeuvre. Ce
"droit de transmettre" lui permettait de citer oralement l'oeuvre étudiée et de l'enseigner
aux autres. Il est intéressant de noter que ce "droit de transmettre" (Bi-haqq al-riwâya) à
servit à désigner notre Baccalauréat.
Certain livres étaient commandés par des mécènes, notamment pour les sciences, la
médecine, l'histoire officielle, et l'art militaire. Par contre, d'autres calligraphes étaient
plus indépendants et vivaient dans une grande rigueur, souvent sous l'influence de la
doctrine Soufi. Ce furent surtout des juristes et des théologiens. Dans certaines
bibliothèques les particuliers pouvaient venir copier gratuitement une oeuvre.
Il y avait quelques ateliers de très haute qualité artistique à la cour des dirigeants
importants, mais la majorité des oeuvres étaient faites par des copistes marchands
indépendants.
A la grande époque, il y avait près de cent copistes-marchands à Bagdad à qui chacun
pouvait demander la copie d'une oeuvre littéraire. Ces copistes habitaient le "Sûq
al-warrrâqîn." En plus des calligraphes on y trouvait aussi des échoppes appelées
"Warrâq" (baraque ?) où se revendaient les livres et tout le matériel d'écriture. C'était un
lieu de rencontre des représentants de l'élite cultivée (poètes, juristes, historiens,
théologiens...).
La calligraphie "une algèbre de l'âme". Exemple en styles Thuluth, Nashki et Ijaza

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(datant de 1829 - exemple tiré du CD "Calligraphie Islamique", exposition au Musée de


Marrakech, Fondation Omar Benjelloun )

et la signature du réalisateur du CD, Mohamed Sijelmassi

780 - 850 : AL-KHWARIZMI Muhammad Ibn Moussa, un des plus illustres


mathématiciens de son époque, vivait à la cour du calife Abbasside al-Mamum.
Son "Traité sur le Chiffre" est le plus ancien travail arabe dans lequel la
numération hindoue de position est utilisée. Astronome de Bagdad né à
Khwarizem (Ouzbékistan), d'où son nom, sous le règne du calife Abd Allah al
Mahmoun (786-833) qui encouragea la philosophie et les sciences en ordonnant la
traduction des textes de la Grèce antique.

La notoriété d'Al-Khwarizmi nous est parvenue à travers les siècles moins


par ses talents d'astronome que par son intervention dans l'art du calcul
algébrique : auteur d'un Livre sur la science de la transposition et de la
réduction ("Kitab Al jabr w'al mouqabala"), écrit à la demande du calife de
Bagdad, on peut le considérer comme un des premiers algébristes, mais ses
travaux auraient été inspirés de ceux de l'indien Brahmagupta.
Algèbre (14è siècle) vient ainsi de l'arabe al jabr utilisé par Al-Khwarizmi
pour signifier "la transposition" (mot à mot reboutement, soit : remise en
place, réparation) d'un terme d'un membre à l'autre d'une équation. Cette
transposition se traduit essentiellement par l'ajout d'une même quantité dans
les deux membres de l'équation afin d'éliminer les termes apparaissant en
soustraction.

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972 à 982 : Au cours d'un séjour en Espagne, le moine bénédictin de l'abbaye de


Cluny, Gerbert d'Aurillac

(945-1003, archevêque de Reims puis élu pape Sylvestre II en l'an 999) est initié
aux chiffres "arabes" avec la traduction des traités arabes de Ibn-Musa
el-Kharismi (ou "Al Khawarezmi", mathématicien perse à qui l'on doit l'algèbre et
la trigonométrie et d'où vient le terme algorithme) qui a lui même introduit dans la
science arabe les nombres et l'algèbre hindoue.

Exemple de chiffres indo-arabes encore utilisés dans le Coran aujourd'hui

Ce passage aux nombre indo-arabes semble avoir été mal accueilli à l'époque
dans une Europe qui se considérait comme fidèle héritière du monde grec et
romain. Ce moine s'initia aux mathématiques à l'astronomie et aux méthodes de calcul
arabes lors d'un séjour qu'il effectua en Espagne de 967 à 970. Il fut par la suite élu pape
en 999 sous le nom de Sylvestre II. La grande contribution de Gerbert est d'avoir modifié
l'ancien abaque romain afin de profiter de la notation positionnelle. Cet abaque était
constitué de plusieurs colonnes; sur lesquelles, on déplaçait jusqu'alors des pierres (
calculi , d'où le mot calcul) pour effectuer les opérations mathématiques. Gerbert
remplaça les calculiqui avait une valeur unitaire, par des jetons numérotés de 1 à 9
nommés aspices ( apex au singulier). Gràce à ce progrès technique, les opérations
mathématiques complexes comme la multiplication et la division ne représentaient plus
des défis réservés aux spécialistes.
Toutefois, étant donné que le système d'abaque ne nécessitait pas de zéro. Il faudra

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attendre le XIIième siècle avant de le voir resurgir. C'est ainsi que son Liber Abaci , le
mathématicien Léonard de Pise dit Fibonacci (v. 1170 à v. 1250) donna au zéro le nom de
zephirum , en provenance de l'arabe sifr (d'où vient aussi le mot chiffre).
L'usage systématique de ce système (nombres décimaux et fractions
décimales) n'apparaîtra qu'à partir du 15è siècle sous l'influence de
mathématiciens comme Chuquet, Viète et Stevin.
976 et 992 : Premières utilisations des chiffres indo-arabes dans deux manuscrits
espagnols écrits en latin.
1 168 : Ecriture de la Thora.
Figure prélevée dans le plus ancien imprimé mathématique chinois à avoir
survécu, réalisé en 1213. Elle accompagne l'algorithme sous la forme duquel se
présente le théorème de Pythagore en Chine ancienne (on remarque le triangle
dePythagore de côtés 3, 4 et 5)

Il s'agit de la reproduction anastatique de ce qu'il reste de l'edition de 1213 des "Dix classiques
de mathematiques", effectuée en 1981 par la maison d'édition wenwu chubanshe sous le titre
Songke suanjing liuzhong. (information aimablement communiquée par Karine Chemla de
l'université Paris 7).

XIIe siècle : Culture islamique (Un groupe arabisant écrit aujourd'hui) On voit donc
apparaître une culture arabe islamique universelle et de grands centres culturels, à Alexandrie
(Egypte), Bagdad (Irak), Cordoue (Espagne)... qui ont permis l'expansion dans les domaines
scientifiques, techniques et littéraires.
Ces foyers de civilisation se trouvent en effet au carrefour des grandes traditions
culturelles gréco-égyptienne, irano-indienne et judéo-chrétienne. Une vaste entreprise est
alors amorcée avec l'étude, la traduction et la mise en valeur de l'héritage antique-oriental
et gréco-latin. Si on a pu parler de Renaissance en Europe (c'est à dire de la découverte de
son passé gréco-romain et de l'humanisme), c'est grâce à l'aboutissement d'un processus
d'accumulation et de perfectionnement des connaissances transmises par les ouvrages
arabes à l'Europe via l'ltalie mais surtout l'Espagne (grand foyer de la culture
arabo-islamique).

Les connaissances les plus diverses ont ainsi pu parvenir en Occident (venant de l'Inde et
de la Chine), à commencer par les mathématiques et les fameux chiffres arabes (c'est a Al
Khawarezmi que l'on doit l'algèbre et la trigonométrie). En géographie, au Xlleme siècle,
a la demande du roi Roger Il de Sicile, Al Idrissi établit un planisphère et un atlas du
monde, et Thabit Ibn Qorra, lui, détermine la durée de l'année solaire. La médecine s'est
aussi beaucoup développée sous l'empire arabomusulman, et fût très brillante au
Moyen-Age: des traités sur les maladies, I'étude du corps humain y compris la chirurgie
virent le jour. D'ailleurs l'oeuvre d'Avicenne (Ibn Sina, né au Xème siecle), fût traduite
dans la plupart des langues européennes et constitua un ouvrage de référence pendant plus

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de six siècles. Dans le domaine de la navigation, les apports arabes sont entre autres la
carte nautique, le phare, la voile et la boussole. Beaucoup de noms de produits et
d'instruments entrant dans les expériences alchimistes européennes du Xllème siècle
puisent dans le vocabulaire arabe: alambic, élixir, alcool... Cette civilisation a influencé
jusqu'à la mode et les usages, notons par exemple que l'expression "échec et mat" vient de
l'arabe (le vieux est mort) .

Beaucoup d'autres mots français viennent de l'arabe : abricot, carafe, orange, alcool,
tasse,café, sucre, sirop, sorbet jupe, azur, satin, coton, mousseline, magasin, luth, jarre,
nacre, lilas, nénuphar, alambic, élixir, momie, talisman, girafe, gazelle, alchimie... et bien
sûr toubib, émir, couscous.

C'est à travers l'arabe du Moyen Age que sont parvenus en français certains mots grecs :
alambic, où l’on reconnaît l’article défini al de l’arabe, suivi du mot grec ambix « vase à
distiller » ;
élixir, où l’article arabe a été rendu par él-, et où l’on devine le grec ksêron « médicament
de poudres sèches » ;
estragon, dont l’origine serait le terme botanique grec drakontion « serpentaire », dérivé
de drakon « serpent » (nommé ainsi peut-être à cause de son aspect filiforme) ;
guitare, qui est passé par l’arabe qitâra (et plus tard par l’espagnol) et qui se trouve être
un doublet de cithare, également venu du grec kithara.

1 202 : Inroduction du signe zéro d'origine indienne en Europe occidentale.


Fibonacci(Liber Abacci) utilise les chiffres "arabes" dont le zéro (zifr = vide, zéro
en arabe ! Zéro vient de zefiro = chiffre en italien)
XIIe au XVe siècle : En Europe ocidentale, la graphie des chiffres "arabes" se
stabilise et donne naissance aux chiffres tels que nous les connaissons aujourd'hui.
1489 : Le mathématicien allemand Johann Widmann d'Eger introduit les signes
+et-pour exprimer l'addition et la soustraction (auparavant on utilisait les lettres p
et m).
1 514 : Albrecht Dürer grave Melancholia, avec un carré magique 4 x 4.

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1 557 : Le mathématicien anglais Robert Recorde introduit le symbole de l'égalité


=
1 582 : Bulle papale "Inter Gravissimus" instituant le calendrier grégorien. Le
pape Grégoire XIII suit les conseils de son géomètre Christoph Clau, dit Clavius :
chaque année multiple de 4 sera bissextile, sauf celles multiples de 100, mais
celles multiples de 400 seront bissextiles.
1 608 : Le Néerlandais Willebord Snellius développe la notation à virgule pour
représenter les nombres décimaux.
1 632 : le mathématicien anglais William Oughtred introduit le symbole de
multiplication X.
1 637 : René Descartes crée la notation algébrique moderne où les données
(paramètres) sont représentées par les premières lettres de l'alphabet (a,b,c) et les
inconnues (variables) par les dernières (x,y,z). Il introduit la notation moderne
pour les exposants positifs.
1 656 : Le mathématicien anglais John Wallis étend la notation exponentielle de
Descartes aux exposants négatifs ou fractionnaires. Il introduit le symbole de
l'infini.
etc... etc...

3. Traduction des nombres indo-arabes de la boîte à Coran


La traduction de cette boite à Coran peut donc s'écrire aujourd'hui :

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et l'on y reconnait immédiatement une des huit formes du carré magique (3x3)
composé des seuls chiffres 1 à 9, apparaissant chacun une fois, et dispoosés de telle
sorte que les sommes dans toutes les directions (lignes, colonnes et diagonales) soit
toujours égale à 15, soit trois fois la moyenne (1+2+...+9)/2 = 5

La règle générale vient de Chine et implique l'égalité de la somme dans toutes les
directions, par exemple :

Nous avons aussi pu relever sur une vieille boîte à Coran à Marrakech, chez un
revendeur de métaux, le carré magique suivant :
6 7 2
1 5 9
8 3 4

qui peut être obtenu par symétrie à partir du précédent.

Il faut signaler que de nombreuses boîtes à Coran au Maroc présentent des


imperfections, dues sans doute à l'oubli de la source. Certaines présentent une inversion
des chiffres de deux cases (voir ci-dessous, "carrés énigmatiques ou dégénérés"),
certaines présentent même deux cases vides...

4. Carrés magiques
Le concept de carré magique remonte à des temps très anciens et fut présent dans
toutes les grandes civilisations. Son origine semble provenir de l'Inde et de la
Chine , 2000 ans avant J.-C. On le retrouve dans les mathématiques Arabes. Les
plus grands mathématiciens comme Fermat et Euler ont étudié les carrés
magiques. Le non moins célèbre peintre et graveur Albrecht Dürer s'y intéressa
aussi : on retrouve un carré magique (ci-dessus) dans une de ses gravures. Sa

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propriété fascinante, magique (!) lui prêta un caractère ésotérique et on le retrouve


en astrologie ou dans des légendes plus ou moins diaboliques... Il existe de très
nombreux écrits et sites sur ce célèbre sujet.

La règle du "jeu" est la suivante : un carré n x n est quadrillé en n*n cases (n


au carré) à la façon d'un échiquier. Il s'agit de placer n^2 entiers naturels
distincts afin que la somme des entiers trouvés en ligne, en colonne et dans
les deux diagonales soit toujours la même (c'est la constante S du carré, n en
est l'ordre). Si la somme des diagonales diffère de la somme des lignes et
colonnes, le carré est dit semi-magique.

Une résolution simple du carré magique peut être dérivée


comme suit.
Quelques résultats très élémentaires d'algèbre linéaire concernant le carré général
de taille n*n a coefficients réels.

1) Notations

- Les éléments sont les x[i,j] avec i=1..n et j=1..n (i est l'indice de
ligne et j celui de la colonne).
- Je note L1,..., Ln les sommes des éléments des lignes 1 à n :
L1=x[1,1]+x[1,2]+...+x[1,n]
L2=x[2,1]+x[2,2]+...+x[2,n] etc.
- Je note C1 à Cn les sommes des éléments d'un colonne.

- Je note D1 la premiere diagonale:


D1=somme(x[i,i],i=1...n)
et D2 pour l'autre
D2=somme(x[i,n-i+1],i=1..n)
2) Equations

Il y en a, a priori, 2n+2:

n équations pour les lignes Li=S i=1..n


n équations pour les colonne Cj=S j=1..n
2 équations pour les diagonales D1=S
D2=S

En fait, seules 2n+1 équations sont indépendantes car


L1+L2+...+Ln=C1+C2+...+Cn
3) Nombre de paramètres:

Il y a n*n inconnues et 2n+1 équations indépendantes


Cela fait donc n*n-2n-1 paramètres libres dans le problème
à coefficients réels (+ la somme S qui est aussi un paramètre, bien sûr).

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4) Cas n=3

Pour n=3, il y a donc 2 paramètres. Mais on ne peux pas fixer


arbitrairement les valeurs de deux éléments quelconques du carré.
En particulier, le centre du carré 3*3 vaut nécessairement S/3.
Démonstration:
D1+D2-C1-C3+L2=3*x[2,2]
Or D1=D2=C1=C3=L2=S d'ou 3*x[2,2]=S.
En fait, voila la solution générale du carré 3*3:

a -a-b+S b
S/3+b-a S/3 S/3-b+a
2S/3-b a+b-S/3 2S/3-a
(qui est bien celle d'Edouard Lucas donnée ci-dessus).
Elle est entière dès que a,b et S/3 sont entiers.

Si on cherche une solution avec les nombres entiers de 1 à 9, alors


nécessairement S=15 (car
L1+L2+L3=3S=1+2+3+4+5+6+7+8+9=45).
Donc x[2,1]+x[1,2]=20-2*a doit être compris entre 3 et 17 (somme de
deux nombres distincts entre 1 et 9)
Donc a ne peut pas être =1 (ni 9).
Donc le 1 n'est pas sur un coin du carré mais au milieu d'un côté :
plaçons le en [1,2] (un choix sur 4).
Alors x[1,2]=15-a-b=1 et a+b=14. Prenons a<b (un choix sur 2),
alors il ne reste qu'un possibilite a=6, b=8. C'est fini, le carré est
déterminé :

6 1 8
7 5 3
2 9 4

(aux 4*2=8 symétries près).


Les carrés magiques étaient souvent utilisés comme talismans et étaient
intimement liés à la vie quotidienne. Il est donc naturel qu'ils ne se rencontrent pas
que dans les livres. Certains furent gravés sur des monuments, des médailles, des
tasses ou des assiettes de porcelaine. La plupart ont été découverts en Chine mais
il en existe beaucoup au Maghreb. De ce fait, les mathématiciens se disputent
encore son origine ["Les carrés magiques" d'Ahmed Djebbar in Histoire
d'algorithmes, édité chez BELIN en 1994, cité sur le site de l'université de Rouen]

Carré magique 3 x 3
Un exemple de carré magique d'ordre 3, avec la somme de chaque ligne S =

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15 (symétrique du précédent)
6 7 2
1 5 9
8 3 4
Le diagramme chinois "des neuf palais" date du Xe siècle et a été utilisé en
astrologie. Chacune des cases comporte l'indication d'une couleur, chaque
couleur est associée à un nombre

Il est simple de montrer (cf. supra) que dans un carré 3 x 3, le nombre


central ne peut être que 5 (la moyenne de 1 à 9). Un raisonnement simple
permet de montrer qu' il n'existe exactement que 8 carrés magiques d'ordre 3,
qui s'obtiennent par symétrie et rotation.
Selon la numérologie de Cornelius Agrippa (1486-1535) ce premier carré
magique 3x3 serait associé à Saturne, avec sa constante "magique" S=15, et
la somme de tous les nombres = 45.

Carré magique 4 x 4
Un exemple de carré magique d'ordre 4, avec S = 34
4 14 15 1
9 7 6 12
5 11 10 8
16 2 3 13
Une assiette en porcelaine fabriquée en Chine à l'intention des communautés
islamiques, probablement au XIXe siècle

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reprend au centre le carré magique suivant :


44 54 55 41
49 47 46 52
45 51 50 48
56 42 43 53
En soustrayant 40 à toutes les cases, on retrouve le carré 4 x 4 précédent.

Dans la gravue Melancholia d'Albrecht Dürer (cf. plus haut) on remarque en


haut à droite un carré magique d'ordre 4 :
16 3 2 13
5 10 11 8
9 6 7 12
4 15 14 1
Cette gravure date de 1514, nombre inscrit dans les deux cases centrales de
la dernière ligne. Ce carré se réduit au premier carré 4 x 4 par symétrie.
On peut montrer qu'il y a 880 carrés d'ordre 4 ! Leur liste complète est
donnée sur un site japonais.
Selon la numérologie de Cornelius Agrippa (1486-1535) ce second carré
magique 4x4 serait associé à Jupiter, avec sa constante "magique" S=34, et
la somme de tous les nombres = 136.

Carré magique 5 x 5
Le nombre de carrés magiques d'ordre 5 n'est pas connu, mais doit avoisiner
les 13 millions !
Un exemple de carré magique d'ordre 5, avec S = 65

3 7 14 16 25
11 20 23 2 9
22 4 6 15 18
10 13 17 24 1
19 21 5 8 12
On remarque ici une propriété nouvelle de ce carré appelé aussi
"pandiagonal" car toute une série (évaluée à 1128) de combinaisons de 5
cases donnent également une somme = 65 (par exemple la somme de 20et
des 4 nombres dans ses coins inférieurs et supérieurs) .
Cette propriété est identique à celle appelée "panmagique" et définie par une
somme de toutes les diagonales également = S. C'est le cas pour la diagonale
en bleu gras italique dans le carré ci-dessus. Les carrés panmagiques sont
aussi appelés "diaboliques" [p. 7 in 1]
Lorsque cette propriété "panmagique" est vérifiée, ainsi que plusieurs autres,

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on parle de "carrés ultra super magiques" . Pour n= 5 il n'existe que 16


carrés "ultra super" magiques dont le suivant :

1 15 22 18 9
23 19 6 5 12

10 2 13 24 16

14 21 20 7 3
17 8 4 11 25
Le nombre au centre est bien sûr le nombre moyen dans cette série : 13 = (1
+ 2 +....+25)/2: cette propriété se généralise aux carrés d'ordre supérieur et
impair.
Selon la numérologie de Cornelius Agrippa (1486-1535) ce carré magique
5x5 serait associé à Mars, avec sa constante "magique" S=65, et la somme
de tous les nombres = 325.

Carré magique 6 x 6
Un exemple de carré magique d'ordre 6, avec S = 111
28 4 3 31 35 10
36 18 21 24 11 1
7 23 12 17 22 30
8 13 26 19 16 29
5 20 15 14 25 32
27 33 34 6 2 9
C'est ce carré magique d'ordre 6 que l'on retrouve ci-dessous, gravé sur une
plaque de fer : les chiffres utilisés sont les chiffres arabes d'Orient.

Cette plaque de fer a été retrouvée récemment dans les ruines d'un palais
chinois (l'auteur du Lycée Les Bruyères, qui montre ce bel exemple ce carré
magique en chiffre indo-arabes, ne précise pas où ni quand...)

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Une photo du même carré nous a été rapportée en octobre 2001, qui a été
prise au Musée d'Histoire de la ville de XI'AN en Chine. Nous recherchons
sa datation:

Selon la numérologie de Cornelius Agrippa (1486-1535) ce carré magique


6x6 serait associé au soleil, avec sa constante "magique" S=111, et la somme
de tous les nombres = 666... le "nombre de la Bête" dans l'Apocalypse.

Carré magique 7 x 7

30 39 48 1 10 19 28
38 47 7 9 18 27 29
46 6 8 17 26 35 37
5 14 16 25 34 36 45
13 15 24 33 42 44 4
21 23 32 41 43 3 12
22 31 40 49 2 11 20
On en trouve un autre exemple sur le traité médiéval cité ci-dessous [1] :

Selon la numérologie de Cornelius Agrippa (1486-1535) ce carré magique


7x7 serait associé à Vénus, avec sa constante "magique" S=175, et la somme
de tous les nombres = 1225.

Carré magique 8 x 8, dit "de Benjamin Franklin". Le résultat est

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Sa construction est présentée sur le site.


Selon la numérologie de Cornelius Agrippa (1486-1535) ce carré magique
8x8 serait associé à Mercure, avec sa constante "magique" S=260, et la
somme de tous les nombres = 2080.

Carré magique 9 x 9
37 36 26 16 6 77 67 57 47
48 38 28 27 17 7 78 68 58
59 49 39 29 19 18 8 79 69
70 60 50 40 30 20 10 9 80
81 71 61 51 41 31 21 11 1
2 73 72 62 52 42 32 22 12
13 3 74 64 63 53 43 33 23
24 14 4 75 65 55 54 44 34
35 25 15 5 76 66 56 46 45
avec comme valeur centrale la moyenne 41 = (1+2+...+81)/2
Selon la numérologie de Cornelius Agrippa (1486-1535) ce carré magique
9x9 serait associé à la Lune, avec sa constante "magique" S=369, et la
somme de tous les nombres = 3321.

Carré magique 14 x 14
On trouve facilement des références à des carrés d'ordre supérieur, par
exemple 14 x 14 :

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Carrés magiques indo-arabes et tortue chinoise de Lho Shu file:///D|/aaaJacques/CM/CM1.html

Carré magique 17 x 17
155 174 193 212 231 250 269 288 1 20 39 58 77 96 115 134 153
173 192 211 230 249 268 287 17 19 38 57 76 95 114 133 152 154
191 210 229 248 267 286 16 18 37 56 75 94 113 132 151 170 172
209 228 247 266 285 15 34 36 55 74 93 112 131 150 169 171 190
227 246 265 284 14 33 35 54 73 92 111 130 149 168 187 189 208
245 264 283 13 32 51 53 72 91 110 129 148 167 186 188 207 226
263 282 12 31 50 52 71 90 109 128 147 166 185 204 206 225 244
281 11 30 49 68 70 89 108 127 146 165 184 203 205 224 243 262
10 29 48 67 69 88 107 126 145 164 183 202 221 223 242 261 280
28 47 66 85 87 106 125 144 163 182 201 220 222 241 260 279 9
46 65 84 86 105 124 143 162 181 200 219 238 240 259 278 8 27
64 83 102 104 123 142 161 180 199 218 237 239 258 277 7 26 45
82 101 103 122 141 160 179 198 217 236 255 257 276 6 25 44 63
100 119 121 140 159 178 197 216 235 254 256 275 5 24 43 62 81
118 120 139 158 177 196 215 234 253 272 274 4 23 42 61 80 99
136 138 157 176 195 214 233 252 271 273 3 22 41 60 79 98 117
137 156 175 194 213 232 251 270 289 2 21 40 59 78 97 116 135

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avec comme valeur centrale la moyenne : 145 = (1+2+...+289)/2


Ces auteurs (Allan Adler et Suzanne Alejandre) expliquent que cette
structure est celle d'un tore ("doughnut")

Carrés magique jusqu'à 20 x 20


Un exemple de tous les carré magiques n x n, jusqu'à n=20
obtenus par la méthode de Tamori est donné sur le site
japonais de Mutsumi Suzuki.

Construction des carrés magiques d'ordre impair.


Une méthode générale de construction graphique est présentée dans le site de
l'université de Nantes . La méthode est basée sur l'introduction de prolongements
(provisoires) des cases du carré. Dans le cas 3 x 3 cela introduit la construction
suivante :

puis on insère les impairs de façon croisée :

Dans un cas plus général (9 x 9) la construction est semblable : on part de

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Carrés magiques indo-arabes et tortue chinoise de Lho Shu file:///D|/aaaJacques/CM/CM1.html

puis

et ensuite :

et finalement on obtient:

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avec au centre la valeur moyenne 41=(1+2+...+81)/2


Cette même méthode de construction des carrés magiques d'ordre impair est
détaillée (avec ses difficultés) sur le site du Lycée Les Bruyères (Académie
de Rouen).
La littérature regorge de curiosités sur les carrés magiques: triangles,
rectangles, cercles, étoiles magiques, carrés antimagiques, carrés de nombres
premiers, carrés magiques au produit, cubes et tableaux de dimension n
magiques, etc. De très nombreuses propriétés mathématiques sont connues.
En revanche, il reste des questions en suspens: combien de carrés magiques
distincts et consécutifs existe-t-il pour des dimensions supérieures à 5 x 5 ?

Construction des carrés magiques d'ordre pair


La construction des carrés magiques d'ordre pair est beaucoup plus complexe
que celle des carrés impairs car on ne
peut pas appliquer la méthode précédente ni pour aucune autre méthode
s'appliquant à l'ordre impair. Pour construire un carré magique pair, il faut
d'abord construire 2 carrés auxiliaires avec lesquels l'on construira le carré
demandé. La construction du carré magique 4 x 4 est donnée par exemple sur
le site (en anglais).
Une explication détaillée est donnée sur un site "Mathématiques
théosophiques et kabbalistiques de la Genèse à l'Apocalypse"
D'autre sites sont consacrés à la magie des nombres, aux carrés magiques et
au chiffre de la Bête.

Une quantité d'autre carrés (ou étoiles) plus ou moins magiques,


antimagiques, pandiagonaux, avec incrustations peuvent être trouvés
sur le site de Harvey Heinz, qui semble avoir consacré sa vie aux carrés magiques.

Enfin, almost last but not least, les formes analytiques des
carrés magiques jusqu'à 5 x 5 sont donnés sur le site japonais.
"June 2000 : John R. Hendricks creates the first bimagic cube of
the world. It has order n=25 and is made by consecutive
numbers 1 to 15 625. The magic sum is 195 325, while the

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bimagic sum is 2 034 700 525."


etc... etc...

5. Carrés alphanumériques.
Le plus célèbres des carrés alphabétiques est le carré de SATOR.

A Rome, au Moyen Age, ce carré était inscrit sur un grand nombre d'objets
courants, ou au dessus de portes. On lui attribait des propriétés magiques pour
conjurer l'esprit du diable. Sa traduction serait "Le créateur (le sauveur) tient le
fonctionnement des spheres dans ses mains" (?). Sur ce carré le parcours du
cheval aux échecs indiquerait le mot "Pater Noster" ou plutôt "Paternoter"...
De nombreux carrés alphamagiques peuvent être discutés...

6. Carrés islamiques

Un traité médiéval sur les carrés magiques "De l'arrangement harmonieux des
nombres" .

L'auteur (inconnu) de ce traité a fait une synthèse des connaissances de son


temps sur les carrés magiques; il les a ordonnées et surtout les a présentées

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avec une exceptionnelle clarté. Son ouvrage a été recopié jusqu'au XVIIIe
siècle, et une traduction de Jacques Sesiano vient de paraître aux Presses
Polytechniques et Universitaires Romandes (ISBN 2-88074-310-9, 358,7
FF)

Cet ouvrage est la reproduction, la traduction et le commentaire d'un écrit arabe anonyme du XIe
siècle expliquant des modes généraux de construction des carrés magiques. Il enseigne en effet
comment placer dans les cases d'un carré de n'importe quelle dimension des nombres entiers,
positifs et différents, en sorte de trouver dans chaque ligne, chaque colonne et chacune des deux
diagonales une même somme. Cette édition constitue la première étude du plus ancien texte
conservé présentant des méthodes générales. Elle a été faite d'après deux copies conservées à
Istanbul. L'une, qui contient le texte complet, remonte au XVIIIe siècle; l'autre, fragmentaire, est
en revanche passablement plus ancienne, puisqu'elle fut écrite en l'an 648 de l'Hégire (ou 628 ?)
(soit 1250 de l'ère chrétienne - ou 1250 ?). Après un rappel de quelques notions fondamentales
sur les nombres naturels, principalement extraites des Eléments de géométrie d'Euclide,
l'auteur enseigne diverses sortes d'arrangements magiques des n2 premiers nombres naturels
dans un carré d'ordre n. Une seconde partie étudie comment remplir un carré lorsque n nombres
donnés doivent en occuper des cases particulières.

On y trouve des carrés d'ordre n contenant d'autres nombres que les n premiers nombres naturels
1,2...n.

On trouve également au Musée de Marrakech (Fondation Omar Benjelloun) un


très grand carré talismanique 100 x 100 sur une tunique de coton du XVIIe siècle
venant d'Iran

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Carrés magiques indo-arabes et tortue chinoise de Lho Shu file:///D|/aaaJacques/CM/CM1.html

Il a été rapporté [p. 14 in 1] que le premier à avoir placé un carré magique 100 x
100 sur l'étendard de l'Islam fut le quatrième calife, commandeur de croyants Alï
ibn abï Tälib, cousin et gendre du prophète Muhammad.

Dans sa partie supérieure on y voit des carrés 10 x 10 remplis d'écritures


identiques suivant chaque diagonale descendante,

et aussi des carrés 4 x 4 .

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Carrés magiques indo-arabes et tortue chinoise de Lho Shu file:///D|/aaaJacques/CM/CM1.html

La première ligne semble être du texte. Les douze cases inférieures portent des
inscriptions qui pourraient être des chiffres indo-arabes. On remarque que chacune
des quatre notations (908, 771, 107 et 137 ?) est reproduite trois fois, sur des
positions relatives correspondant à celles du cheval sur l'échiquier :

... ... ... ....

137 107 908 771

908 771 137 107

107 137 771 908

En un autre endroit, dans un Riad de Marrakech, on trouve un bas relief


ornementé qui présente d'autres inscriptions (texte) sur un grand rectangle 8 x 14
avec motif central , sans doute à signification religieuse.

7. Carrés énigmatiques ou dégénérés


J'ai déjà signalé plus haut que les carrés magiques 3 x 3 figurant sur de
nombreuses boîtes à Coran au Maroc présentent des imperfections, dues sans
doute à l'oubli de la source. Certaines présentent une inversion des chiffres de
deux case, certaines présentent même deux cases vides...

Par exemple, le carré suivant a pu être photographié sur une boîte à Coran, très
semblable à celle de la première page.

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Carrés magiques indo-arabes et tortue chinoise de Lho Shu file:///D|/aaaJacques/CM/CM1.html

La traduction de ces chiffres indo-arabes donne:


4 9 2
1 5 7
8 3 6

Comparé à un carré magique 3 x 3, ce carré présente une inversion manifeste


des chiffres 1 et 3 et les propriétés sont donc légèrement faussées.

Cette boïte est en vente à Marrakech dans le magasin d'antiquités de M.H.


Bouadani, conservateur du musée Yves Saint-Laurent, ainsi que l'objet
suivant

qui présente un carré 3 x 3 rempli apparemment de nombres écrits en chiffres


indo-arabes et probablement supérieurs à 320. Quel est son sens ?
A. D'autres carrés enfin présentent des carré 4 x 4 qui font manifestement
intervenir d'autres signes à côté de chiffres indo-arabes. Lors d'une visite chez un
antiquaire brocanteur, très près de la Place Jamaa el Fnâ à Marrakech, nous avons
trouvé à son doigt une bague ancienne en argent venant du Sud Marocain ou de
Mauritanie (région presque uniquement berbère, mais aussi plus spécifiquement
touareg). Il reste encore à déchiffrer le carré suivant d'ordre 4 :

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Carrés magiques indo-arabes et tortue chinoise de Lho Shu file:///D|/aaaJacques/CM/CM1.html

A.

Des premières informations, exposées plus bas, semblent montrer que le


4
signe qui ressemble à un chiffre quatre souligné est sans doute une
écriture de la lettre "t" en Tamazight, écriture de la langue berbère. Le chiffre
III semble apparaître en chiffres romains, de même que deux lettres
(Tamazight ?) non identifiées : tt ? et U ? . La traduction très partielle serait

3? 51 tt ? U?

4? 8 9? 5

7 4? 3? 2

4? 3? 8 9?

A.
Ce carré reste encore à déchiffrer.

B. Quant au carré suivant (sur une bague procurée par Mr. Abril Ali, Antiquités
du Sahara, 176 Rahba El Kadima, Marrakech, Maroc), il est d'ordre 5 :

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B.
Ses écritures ne correspondentent pas à un carré magique. Il présente :
à la fois des chiffres indo-arabes (faut-il interpréter les formes "04" et
"44" comme des chiffres modernes ou plutôt les lire comme chiffres
indo-arabes, 56 et 66 ?),

un nombre constant sur la diagonale principale, qui serait 18 en chiffre


indo-arabes, ceci interdisant par là-même au carré d'être "magique"

sur une diagonale secondaire (mineure) un signe que nous écrivons , #


qui semble inconnu aux personnes interrogées et n'apparaît pas dans
l'alphabet ci-dessous en tifinagh
Tifinagh: écriture de la langue targui "tamasheq outamahaq" des
touareg
Touareg : de l'arabe tawarîq, les "sans-chemins" ....
#
Nous verrons cependant plus bas que ce signe apparaît assez
clairement dans des écriture sur des bijoux berbères, mais nous n'en
connaissons pas encore la signification.

La traduction partielle de ce carré 5 x 5 (en supposant des chiffres


indo-arabes) donnerait :

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18 53 # 52 22
22 18 53 # 52
52 22 18 53 #
# 52 22 18 53
53 # 52 22 18

B.
et ne peut donc pas être magique.

8. Langue berbère TAMAZIGHT et écriture Touareg le


TIFINAGH
Le tamazight (gh=γ se prononce comme un r grasséyé) est un des grands
dialectes berbères. Il existe bien-entendu d'autres dialectes berbères comme
le tachelhit (ou chleuh) du haut atlas et le zenatiya (ou rifain) qui comme son
nom l'indique est parlé dans la région du Rif, le taqbaylit de Kabylie...etc

Caractères latins, arabes et tifinagh :

Il existe un site proposant la traduction des textes arabes ou tamazight ...


Cette langue Tamazight est enseignée dans plusieurs universités américaines.
L'alphabet Tamazight y est présenté comme suit (avec de légères
différences):

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Une petite différence peut être observée entre cette table (publiée sur le site )
en ce qui concerne la lettre que nous pouvons désigner comme un chiffre
4
quatre souligné ( ) qui semble apparaître dans le carré A.,d'ordre 3, et qui
est citée ici comme intervenant dans le mot Tit (oeil)

Dans l'écriture du mot, cette lettre a été remplacée par +, sans doute par
erreur et nous avons demandé des renseignements à l'auteur.

Une information complémentaire sur l'alphabet Tamazight (et sans doute


reliée) a pu être obtenue sur la photo suivante, provenant de la photocopie
d'une page de carnet, qu'un voyageur a aimablement laissée à Mr. Abril Ali
(Antiquités du Sahara, 176 Rahba El Kadima, Marrakech, Maroc). On y
trouve les symboles de l'écriture en Tamazight, avec quelques variantes
indiquées pour l'usage au Maroc

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En ce qui concerne la lettre que nous pouvons désigner comme un chiffre

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Carrés magiques indo-arabes et tortue chinoise de Lho Shu file:///D|/aaaJacques/CM/CM1.html

4
quatre souligné ( ) et qui est cité comme intervenant dans le mot Tit (oeil),
l'agrandissement suivant

indique une autre écriture du mot Tit (oeil), qui fait cette fois intervenir la
lettre que nous désignons (faute de mieux) par 4
Ceci confirme que la lettre Tamazight que nous désignons par 4 et
apparaissant sur la bague 3 x 3 (A.) ci-dessus serait bien une des formes de
la lettre "t".

Nous donnons à titre d'exemple un texte complet cité sur le site Tamazight
(pour l'agrandir, cliquez sur le bouton de droite puis sur "afficher l'image").

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#
On n'y trouve pas le caractère " ". On verra dans la section suivante qu'il
s'agit d'un signe, ou d'une lettre, d'origine berbère, mais non targui.

Conclusion : La disposition observée sur ce carré 4*4 ( B.) semble réminiscente des
propriétés des carrés magiques (importance de la diagonale principale et de la diagonale
secondaire), mais il nous reste à comprendre ce que signifient les signes sur ces carrés...
sont-ils devenus purement décoratifs ou ont-ils une signification ? dans quelle écriture ?
berbère ?

9. Quelques signes d'écriture berbère ?

Parmi les objets authentiques présentés Mr. Abril Ali (Antiquités du Sahara, 176
Rahba El Kadima, Marrakech, Maroc), on trouve des bijoux berbères où figurent
non seulement la spirale, caractérisant l'éternité dans la culture berbère, mais aussi
des signes d'écriture dont certains au moins reproduisent une forme allongée du
caractère " ". #
Des boucles d'oreille

Un pendentif

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#
sur lequel le signe " " apparait plusieurs fois, comme le montre le détail à
côté (pris en haut à droite).

Ce signe apparait également, à côté de caractères typiquement tamazight


(voir détail à gauche), sur d'autres bijoux, comme la main suivante,
composée de plusieurs couches séparées de métaux différents (argent,
cuivre, etc...).

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On finira cette lecture sur la simple admiration de ces bijoux berbères au


language très ancien....

10. Conclusions

Le plus ancien livre chinois, le Yi-king (1150 av. JC) ou "Livre des
transformations", repris par Confucius (né en 551 av. JC), introduit non
seulement le système binaire dans ses trigrammes et hexagrammes étudiés

par Leibnitz , mais il raconte aussi que, sous l'empereur mythique Yü


le Grand (2 300 av JC), une tortue émergea de la rivière Lo, portant sur sa
carapace des taches qui figuraient un carré magique où les nombres de 1 à 9
étaient arrangés de manière à ce que leur somme fût toujours égale à 15.

Les Babyloniens (1 900-1 600 av JC) nous apportèrent la numération de


position.

L'Inde nous apporta les chiffres brâhmî précurseurs de notre système de


numération moderne (indo-arabe). "De même que le contact des Hellènes
avec les Mycéniens et les Crétois a produit le miracle grec, le contact des
Aryens avec les pré-Aryens (ou Dravidiens) a produit le miracle indien. Ces
deux miracles, pratiquement synchrones, ont eu les mêmes causes et les
mêmes effets." (Soucé Antoine PITCHAYA in [3]). On peut s'interroger
sur une possible analogie des rôles ultérieurs joués par les deux
civilisations romaines et islamiques.

Si la civilisation arabe a été déterminante pour traduire, développer,


adapter, utiliser et transmettre les plus anciennes cultures orientales,

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Carrés magiques indo-arabes et tortue chinoise de Lho Shu file:///D|/aaaJacques/CM/CM1.html

chinoises et indiennes vers le monde occidental à l'occasion de l'islamisation


du bassin méditerranéen, il est sûr que les chiffres "arabes"

, la numération de position et le zéro


sont des inventions plus anciennes, d'origine babylonienne et indienne (ou
hindoue car développée dans les milieux religieux), facilitées par la structure
de la langue, le sanskrit védique (p.179 in [3]).

Les grands mathématiciens et astronomes indiens Aryabhata(476 - 550)et


Brahmagupta(598 - 660) précèdent l'Hégire (622) et la grande civilisation de
Bagdad (750 - 1258) ... bien avant que les chiffres indo-arabes ne soient
rapportés d'Espagne en occident (972 à 982) par un moine bénédictin de
l'abbaye de Cluny, Gerbert d'Aurillac et utilisés par Fibonacci (1202).

Les carrés magiques nous ont été transmis par la même voie islamique. On
les retrouve en abondance chez les peuples berbères dans le sud marocain, où
certains, cependant, semblent avoir perdu leur tracé précis, même si le rôle

de talisman reste actuel.

La mémoire de leur origine semble cependant avoir été perdue par ceux qui
les reproduisent : quand nous avons interogé des bijoutiers, antiquaires,
brocanteurs marocains sur la bague ci-dessus avec le carré 4 x 4 ( A.), on
nous a répondu successivement "C'est le diable", "C'est juif", "Cela ne veut
rien dire"... "cela porte chance". On nous dit que ces caractères ne seraient
ni hébraïques, ni berbères, ni touareg. Quelle est leur origine ?

Parmi de très nombreuses écritures en carré apparaissant au Maroc, nous


avons été particulièrement intéressé par deux carrés inscrits sur des bagues.

Sur le carré d'ordre 4 ( A.) , nous pensons avoir identifié


t
au moins une lettre correspondant au " " dans l'écritureTamazight de la
langue targui (à côté des chiffres indo-arabes). Sur le carré d'ordre 5 ( B.)

#
nous pensons que le signe " " est d'une autre origine

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berbère, mais aucun de ces deux carrés ne semble "magique". Il serait


néanmoins intéressant d'obtenir la traduction de ces deux carrés réminiscents
des carrés magiques.

Sans parler de leur usage numérologique ou divinatoire, les carrés magiques


ont été [1] et restent aujourd'hui l'objet d'études mathématiques [2, 4, 5].

11. Quelques sites intéressants sur Internet :


L'aventure des écritures (BNF) : http://www.bnf.fr/web-bnf/pedagos/dossiecr/
Histoire des chiffres : http://radio-canada.ca/tv/decouverte/3_chif/7a.html
Petite chronologie des mathématiques (IREM à Marseille) :
http://chronomath.irem.univ-mrs.fr/
L'apparition des nombres :
http://lechiffre.free.fr/chapter1/B-Naissance/titre1.html
Arabissimo : culture arabe http://www.lettres.univ-nantes.fr/asso/arabissimo/

"Vocabulaire historique du Moyen Age" (Occident, Byzance, Islam) par


François-Olivier Touati, dir., http://bhistoire.com/e09p.htm
CNRS Info : http://www.uiuc.edu/cnrs/Cnrspresse/cnrsinfo.html
Groupe de recherche en Astrophysique de l'Université Laval :
http://andromede.phy.ulaval.ca/
Site de H.D. Heinz sur les carrés magiques :
http://www.geocities.com/CapeCanaveral/Launchpad/4057/
The Math Forum : http://forum.swarthmore.edu/
Intéressante liste de jeux et problèmes mathématiques, dont certains restent
"ouverts" comme le jeu de Marienbad :
http://hypo.geneve.ch/www/math/html/DebHtml.html
etc... etc...

12. Références imprimées à consulter :

[1] Jacques SESIANO "Un traité médiéval sur les carrés magiques. De
l'arrangement harmonieux des nombres" , Presses Polytechniques et
Universitaires Romandes (ISBN 2-88074-310-9)
[2] René DESCOMBES "Histoire, théorie et techniques du carré magique, de
l'Antiquité aux recherches actuelles", Ed. Vuibert. ISBN 2-7117-5261-5 (299 F)
[3] Actes du colloque "L'Ocean Indien au carrefour des mathématiques
arabes, chinoises, européennes et indiennes", (édité par l'IUFM de la Réunion

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Carrés magiques indo-arabes et tortue chinoise de Lho Shu file:///D|/aaaJacques/CM/CM1.html

(1 allée des Aigues Marines, Bellepierre, F-97400 Saint-Denis de la Réunion).


Voir résumés sur leur site.
[4] William H. BENSON, Oswald JACOBY "New Recreation with Magic
Squares", Dover, NY (1976) Aborde les duplications de Strachey, les CM diaboliques de
Stern, les constructions de La Hire.
[5] Jacques BOUTELOUP "Carrés Magiques, Carrés Latins et Eulériens",
Editions du Choix, Argenteuil (1991) Ce livre reprend des démonstrations qui sont
bibliographiquement peu accessibles. Des études complètes, utilisant la congruence, mais aussi
la théorie des corps. Donne également des résultats sur des travaux récents.
[6] Ian STEWART "Les carrés alphamagiques, Les beautés des carrés
magiques, numériques et linguistiques" Pour la Science, No 232 (février 1997), et
Scientific American, 122-123 (Nov. 1999).
[7] J.-M. GROIZARD "Algèbre des carrés magiques" ISSN 0291-5709,
Publication de l'Association des Professeurs de Mathématiques de l'Enseignement
Public N° 55 (1984), APMEP, 26, rue Duméril 75013 PARIS .

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