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Etude comparative du comportement mécanique

des matrices de quatre types d’argile


Y. Gagou1, E. Padayodi2, K-E. Atcholi2, D. Mezzane3, M-A. Fremy4 et P. Saint-Grégoire4
1
LPMC, Université de Picardie Jules Verne, 33 rue Saint-Leu, 80039 Amiens Cedex 01
2
LERMPS, UTBM, BP 449, 90010 Belfort Cedex
3
FSTG, Université Cadi Ayyad, Marrakech, Maroc
4
L2MP, Université de Toulon-Var, BP 132, Bat R, 83957 La Garde Cedex

e-mail : yaovi.gagou@u-picardie.fr

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Abstract :

We present in this work, the experimental and theoretical results obtained starting from four types of
clays, taken in various sites in Togo, in order to understand the rheological behavior of these
materials during the process of forming structures and to show the effects of the heat treatment on
the latter. A calculation of digital simulation under software ANSYS, enabled us to describe the
distribution of the stress field in the matrix and to explain the origin of the cracking of the structures
formed with clay.

Keywords : clay, material, heat treatment, rheology, mechanical stress.

Résumé :

Nous présentons dans ce travail, les résultats expérimentaux et théoriques obtenus à partir de quatre
types d’argiles prélevées en différents sites au Togo [1] afin de comprendre le comportement
rhéologique de ces matériaux [2, 3, 4] lors de la mise en forme des structures et de montrer l’effet du
traitement thermique sur ces derniers. Un calcul de simulation numérique sous le logiciel ANSYS,
nous a permis de décrire la distribution du champ de contraintes dans la matrice et d’expliquer
l’origine de la fissuration des structures à base d’argile.

Mots clés : argile, matériau, traitement thermique, rhéologie, contrainte mécanique.

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I. INTRODUCTION
Les matériaux à base d’argile concurrencent aujourd’hui les matériaux composites et trouvent des
applications importantes dans divers domaines de l’industrie moderne notamment en génie civil pour
la construction d’ouvrages importants : monuments et bâtiments, barrages, installations portuaires,
ponts, terrains d’aviation, asphaltage des routes…
Les argiles sont également utilisées dans l’industrie des matériaux réfractaires pour la fabrication des
faïences émaillées et des porcelaines (matériels de laboratoire, sanitaire et cuisine), des céramiques
(objets d’art, poterie).

La meilleure tenue mécanique d’une structure à base d’argile dépend non seulement de la
composition chimique de la matière première, c’est à dire du site de prélèvement et des minéraux qui
la constituent, mais aussi des conditions expérimentales de mise en forme (consistance de la pâte,
contraintes mécaniques externes appliquées, conditions de séchage).

II. ETUDE EXPERIMENTALE

1. Dispositifs Expérimentaux

a. Le moule

Le moule utilisé est en duralumin d'empreinte cylindrique de 30 mm de diamètre à parois


parfaitement lisses. Il est muni d'un piston qui sert à comprimer la pâte d'argile introduite
manuellement dans l'empreinte. L'ensemble moule/piston est placé entre les deux plateaux de la
machine de compression qui permet d’appliquer une force contrôlée lors de la mise en forme. Le
démoulage se fait par poussée lente du piston à travers l’une des extrémités du moule qui s’appuie
sur un autre cylindre de diamètre plus grand à celui de l’empreinte.

b. La machine d'essais

La machine universelle de traction/compression de type INSTRON utilisée, est constituée d'un bâti à
2 colonnes muni d'une traverse dont le déplacement est assuré par deux vis à billes de 1000 mm de
long avec un pas de 0,01 mm. Elle offre la possibilité de déplacements à vitesse réglables de 0,5 à
500 mm/mn par pas de 0,01 mm/mn. Elle est munie de deux plateaux parallèles pour la compression
et la force maximale exercée est de 50 kN. La machine est entièrement pilotée par ordinateur pour
l’acquisition et le traitement des résultats expérimentaux.

2. Préparation de la pâte d’argile


a. Les argiles

Les argiles utilisées pour la briqueterie et la poterie sont en général un mélange naturel de trois
constituants principaux [5] :
l’argile pure kaolinitique [alumine (Al2 O3), silice (2SiO2), eau (2H2O)]
un flux (le feldspath) apportant les atomes de sodium (Na) ou de potassium (K) qui entrent dans
la composition de la phase vitreuse,
une charge comme du sable (quartz) qui réduit le retrait, mais n’intervient pas lors des réactions
de cuisson.
Plus une argile est plastique, plus elle nécessitera d’eau pour former une pâte de consistance dite
« normale », ne collant pas aux doigts. Elle peut donc supporter des corps inertes (dégraissants) tout
en conservant une aptitude appréciable au toucher et une résistance mécanique au modelage [6].

Les variétés d’argile étudiées proviennent de différents sites du Togo. Elles sont désignées par des
notation propres et reportées dans le Tableau 1.
b. Teneur en eau

La poudre d'argile est placée pendant 24 heures dans une étuve à 60°C pour une dessiccation totale.
La granulométrie joue un rôle non négligeable sur la consistance de la pâte d'argile. En effet, plus les
grains sont fins, plus la pâte est plastique. Les particules de plus petite taille sont plus réactives et
rehaussent très rapidement la densification de la pâte.
On prélève une masse anhydre m0 de poudre fine que l’on mélange avec une quantité nécessaire
d'eau me pour avoir une pâte de teneur en eau notée ω et qui a pour expression :
m m − m0
ω = 100 × e , avec me = m-m0 soit, ω = 100 ×
m0 m0
avec m0 : masse anhydre d'argile, m : masse de la pâte d'argile à la teneur en eau voulue,
me = m-m0 : masse d'eau nécessaire pour la préparation d'une pâte à partir d'une masse anhydre m0
d'argile.
Les masses d'eau et de poudres d’argile sont mesurées à l'aide d'une balance METTLE PJ 360 Delta
Range, de précision de 0,01g.

Une teneur en eau de 18% a été retenue après appréciation de la fluidité, de la consistance des pâtes
et de l'aspect extérieur des éprouvettes après démoulage. Les teneurs en eau pour les quatre variétés
d'argile étudiées se situent entre 15% à 20%. Ce domaine de plasticité des pâtes d'argile préparées est
inclus dans les limites définies par ATTERBERG [7, 8]. Les pâtes d'argiles se comportent comme
des solides et peuvent se rompre par fracture en fonction de leur teneur en eau [9, 10, 11].

c. Propriétés de la pâte

Le mélange obtenu est ensuite pétri et malaxé (pendant environ 2H) manuellement jusqu'à obtention
d'une pâte homogène. La pâte est ensuite stockée hermétiquement dans une enceinte climatique
pendant 24 heures au minimum, pour rendre homogène la teneur en eau tout en évitant l'évaporation
de l'eau et augmentant la plasticité de la pâte sous l'effet de micro-organismes.

Les pâtes d'argile sont formées de particules en feuillets polarisés électriquement avec des charges
opposées sur les deux faces. Ces charges attirent dans l'argile des molécules d'eau qui jouent le rôle
de lubrifiant entre feuillets rendant plastique la pâte d'argile. Ceci pourrait s’expliquer par l'existence
des forces de liaison entre les particules des minéraux eux-mêmes et les molécules d’eau : forces
électrostatiques entre particules, forces dynamiques entre les filons d'eau et les particules, forces de
type Van der Waals, forces de pesanteur et forces d'origine capillaire [12, 13, 14].
Les feuillets peuvent donc glisser facilement les uns sur les autres, lubrifiés par les couches d'eau ;
on dit que la pâte d'argile est hydroplastique.
Pour une teneur en eau appropriée, les argiles peuvent être moulées, extrudées, tournées ou
modelées.

3. Elaboration et séchage des éprouvettes


a. Compactage de la pâte d'argile

Les conditions retenues pour l'élaboration des éprouvettes sont proches de celles utilisées en tuilerie
industrielle (teneur en eau : ω = 20%, masse volumique : ρ = 2 g/cm3).
Toutes les éprouvettes ont été élaborées dans les mêmes conditions expérimentales à partir des
poudres des 4 variétés d'argile.
On introduit manuellement dans l'empreinte du moule la quantité nécessaire de pâte d'argile pour
obtenir une masse volumique, ρ = 2 g/cm3 après compactage.

Le volume nécessaire de pâte à introduire est défini par m = ρV, avec V = π×D2×h/4 (éprouvette
cylindrique). Les dimensions (diamètre : D = 30 mm, hauteur : h = 30 mm) sont définies de manière
à assurer un compactage uniforme dans toute l'épaisseur de l'éprouvette.

Le compactage s'effectue en imposant le déplacement nécessaire du piston avec une faible vitesse de
3 mm/mn pour éviter la résistance due à la viscosité de la pâte.
Les pâtes d'argiles, bien qu'elles aient de bonnes caractéristiques de cohésion, adhèrent aux parois
métalliques des filières en industrie. Dans la plupart des cas, la contrainte de frottement est inférieure
au seuil de cisaillement. Par conséquent, les pâtes glissent au lieu de se déformer, ce qui favorise un
bon démoulage sans lubrifiants spécifiques [15, 16, 17].

Pour marquer une différence des champs de contraintes de mise en forme dans les quatre types
d’échantillons, nous avons choisi de compacter les pâtes d'argiles à trois niveaux de charge : 5, 20 et
35 kN. Nous avons remarqué qu’à partir de la charge 5 kN, la masse volumique ρ = 2g/cm3 est
atteinte pour les 4 variétés d'argile.
La Figure I montre 4 courbes de compactage de pâtes des 4 variétés argiles correspondant à la force
35 kN.

La courbe la plus étalée correspond à l’argile AVK (pâte la moins résistante). La moins étalée
corresponds à l’argile ABB (pâte la plus résistante). Les courbes correspondant aux deux autres
argiles (ARGK et AVTK) sont intermédiaires. On introduit le facteur de résistance fr permettant de
les caractériser. Ce facteur est fonction du paramètre d’étalement de la parabole décrivant le
comportement de chaque pâte d’argile (et donc lié à la viscosité de cette pâte). Ainsi, plus la pâte est
résistante, plus son facteur fr est faible. Les quatre argiles pourraient être classées dans l’ordre
croissant de leur résistance au compactage : frAVK < frARG < frAVTK < frABB.

Les Figures II donnent le comportement de chaque argile pour trois différents niveaux de
compactages.

Ces figures montrent également que chacune des quatre variétés d’argile possède un comportement
intrinsèque propre. La courbe décrivant le déplacement du piston en fonction de la force appliquée
sur l’argile AVK montre des paraboles de plus en plus ouvertes avec des forces appliquées
croissantes. Les argiles AVTK et ARG suivent le comportement inverse. Quant à l’argile ABB, elle
décrit un comportement aléatoire par rapport à l’évolution de la force appliquée.

b. Observations visuelles sur les éprouvettes

Les caractéristiques et les observations sur les pâtes et les éprouvettes élaborées sont décrites dans le
Tableau 2.

c. Précautions de séchage

Les éprouvettes démoulées sont confinées dans une grande boîte étanche que l'on ouvre de temps en
temps pour le renouvellement de l'air séchant. L'ensemble est à la température ambiante de la salle.
La teneur en eau des éprouvettes est réduite progressivement par un séchage très lent pour ne pas
perturber le retrait normal de la matrice. Dans le cas contraire, ceci engendre des fissures localisées.
Au cours du séchage (lors de la consolidation de la structure) on observe toujours une contraction
des dimensions et de la masse due à l'évaporation de l'eau et de la réduction de certains pores.

4. Tests de compression sur les éprouvettes séchées


Les tests de compression sont réalisés sur les éprouvettes séchées avec une vitesse de déformation
faible 0,5 mm/mn (pour éviter une rupture brutale de l'échantillon), de façon à localiser et à suivre la
fissuration du matériau.

a. Résultats

Les résultats des essais montrent que les éprouvettes compactées à 20 kN s'endommagent moins vite
que celles compactées à 5 kN, mais plus vite que celles moulées à 35 kN, même si les observations
visuelles ne nous ont pas permis de marquer une différence notable de fissuration sur les éprouvettes
séchées. Ainsi, plus la force de compactage est élevée, mieux l'éprouvette séchée résiste à la
compression. Le tableau 3 donne les valeurs des contraintes à la rupture et les aspects visuels des
éprouvettes testées en compression. Ces résultats confirment le rôle essentiel du compactage dans
l'élaboration des matériaux à base d'argile (élimination des bulles d'air dans la pâte, réduction des
pores, densification du matériau, augmentation de la contrainte de rupture...)

Les Figures III donnent les courbes des essais de compression sur les éprouvettes séchées pour les
quatre variétés d’argile et pour les trois forces de compactage. Ces courbes montrent que le module
élastique et la contrainte à la rupture du matériau augmentent globalement avec la charge de
compactage appliquée lors du moulage. La valeur maximale de la contrainte à la rupture est de
l'ordre de 6 MPa.

L’analyse de toutes les données, permet de conclure que l’argile la plus plastique et la moins
résistante est l’argile ABB (module d’Young E = 0,8 MPa, σr-max = 1,90 MPa). La plus élastique et la
plus résistante est l’argile AVK (module d’Young E = 2,8 MPa, σr-max = 6,42 MPa).

b. Naissance de Fissures.

La fissuration d'une structure après la mise en forme dépend de plusieurs facteurs d'origines diverses,
couplés ou non. On peut citer les facteurs les plus courants : la nature de l'argile, les contraintes au
démoulage, le retrait du matériau au séchage.

III. APPROCHE THEORIQUE ET SIMULATION NUMERIQUE

1. Comportement rhéologique
Les pâtes d’argiles étudiées dans ce travail on été modélisées par une loi de comportement du type :
σ = kε& mε n , où σ est la contrainte appliquée, k la consistance de la pâte, ε& la vitesse de
déformation, ε la déformation généralisée, m le coefficient de sensibilité à la vitesse et n le
coefficient d'écrouissage.
En ajustant les courbes de mesures par la loi ci-dessus, les paramètres obtenus sont en accord avec
ceux généralement obtenus dans la littérature :

0,02 < k < 0.5 MPa.S-m , 0,05 < m < 0,8 et 0,03 < n < 0,60
Nos valeurs trouvées en ajustant par les courbes obtenues par la précédente loi sont en accord avec
les ordres de grandeur signalés.

Cette loi repose sur les propriétés d'une certaine classe d'écoulements dites viscométriques. Dans ce
cas, pour ces écoulements, le tenseur des contraintes (moyennant un choix convenable d'axes) peut
être écrit sous la forme [18, 19] :

⎡ σ 11 σ 12 0 ⎤
⎢ ⎥
σ = ⎢σ 12 σ 22 0 ⎥
⎢⎣ 0 0 σ 33 ⎥⎦

Par ailleurs, la mesure de la vitesse de déformation permet de caractériser trois fonctions :


τ (γ ) = σ12 , N1(γ ) = σ11 - σ22 , N2 (γ ) = σ22 - σ33, appelées fonctions viscométriques dont la
connaissance définit le comportement du fluide.

2. Modélisation de l'écoulement
Le problème est traité en coordonnées cylindriques. Les schémas de la Figure IV illustrent les
considérations de la géométrie utilisée.
Les seules contraintes non nulles, du fait de la symétrie de révolution appliquée à un élément
du cylindre sont σrr ,σθθ ,σzz ,τrz . Dans notre analyse des pâtes d’argile, nous négligeons les termes
de gravité, du fait de la grande rigidité de la pâte remplissant totalement la paroi interne de cylindre.
De la même manière nous nous limiterons à des écoulements suffisamment lents pour pouvoir
négliger les termes d'inertie.

Les équations d'équilibre s'écrivent alors:

∂p ⎡ 1 ∂ ⎛ (d ) σ θθd
( )
∂u r ∂τ (rzd ) ⎞ ⎤
ρ =− +⎢ ⎜ rσ − + ⎥
∂t ∂r ⎢⎣ r ∂r ⎜⎝ rr r ∂z ⎠ ⎥⎦

(d )
∂u θ 1 ⎡⎢ ∂p ∂σ θθ ⎤⎥
ρ =− −
∂t r ⎢ ∂θ ∂θ ⎥
⎣ ⎦

∂u z ∂p ⎡ 1 ∂ ∂σ (zzd) ⎤
ρ
∂t
=− +⎢
∂z ⎢⎣ r ∂r
((d)
rτ rz + )
∂z ⎥⎦

où u r , u θ , uz sont les composantes de la vitesse dans les directions radiale, tangentielle et axiale, p
est la pression du piston .
Si on fait l'hypothèse de l'incompressibilité du matériau, l'équation de continuité aura pour
expression :
1 ∂ 1 ∂u θ u z
r ∂r
( ru r ) +
r ∂θ
+
∂z
=0

On suppose que la loi de comportement du fluide est de la forme :

σ ij( d ) = Ψ.ε ij( d )

Ψ est une fonction des invariants du tenseur des vitesses de déformation indépendante de
l'histoire des déformations.

3. Simulation numérique
Le problème est axisymétrique en ce qui concerne les éprouvettes cylindriques. De même le
matériau est considéré comme isotrope une fois que les conditions de préparation de la pâte
énoncées ci-dessus, sont respectées.
Nous utilisons ici des éléments quadrangulaires isoparamétriques et le maillage est effectué en 2D
sur un plan diamétral du cylindre. Les simulations numériques sont effectuées à l'aide du code de
calcul ANSYS [20].

a. Utilisation du code de calcul ANSYS

Ce code ne permet pas de simuler la compression des pâtes viscoplastiques. Nous avons dans ce
cas simulé la compression d'un cylindre d'argile séchée considéré comme matériau isotrope élasto-
plastique. Les paramètres de calculs sont : le module d'Young et le coefficient de Poisson avec
l'option axisymétrique dans un chargement incrémental.

b. Résultats de simulation numériques

Les Figures V et VI montrent respectivement le champ de contrainte radial et le champ de


déplacements dans la structure. Nous constatons que le champ de déplacements varie suivant la
direction de chargement. Par contre, la répartition des contraintes axiales est uniforme. Pour cette
raison, il est difficile de relier les distributions du champ de contraintes, à la fissuration du matériau.

Les valeurs très faibles des contraintes radiales et la répartition homogène des contraintes axiales,
nous laissent penser que le modèle élasto-plastique utilisé et l'élément choisi ne sont pas les mieux
indiqués pour cette simulation. Toutefois, de façon qualitative, ce résultat numérique nous renseigne
sur le choix du modèle et de l'élément à étudier en fonction de la nature du matériau.

IV. CONCLUSION
Ce travail nous a permis de comprendre les problèmes rhéologiques de la pâte d’argile en comparant
le comportement de quatre variétés d’argiles et de montrer l'influence de la charge de compactage de
la pâte d'argile sur la résistance du matériau séché.
Les tests de compression sur la structure séchée ont montré des fissures longitudinales sur les faces
latérales qui sont plus denses sur les éprouvettes moins compactées.
Il est vraisemblable que les fissures constatées sur les faces latérales des éprouvettes en compression
après séchage, proviennent de celles amorcées par les contraintes résiduelles de mise en forme.
Une approche numérique sur un modèle élasto-plastique nous a permis de décrire la répartition du
champ de contraintes et de déplacement dans le matériau séché.
Une observation au microscope devrait nous permettre de quantifier le phénomène de fissuration de
la matrice afin d'en déduire l'influence de la contrainte de mise en forme.
Cependant nous suggérons qu’un modèle élasto-viscoplastique pourrait permettre d’obtenir de
meilleurs résultats.

REFERENCES
[1] NATIONS UNIES : Rapports finaux du Projet PNUD TOG-9, Centre de Construction et du Logement à Cacavelli
(Togo), 1971.
[2] PADAYODI E., "Etude des Matériaux Céramiques à Matrice d'Argiles et des Fibres
Cellulosiques : Caractérisation physico-chimique et thermomécanique". Mémoire de DEA, N°1992, UFC Besançon,
Juin 1997.
[3] DARVE F., HICHER P-Y., J-M. RENOUARD, "Les géomatériaux". Tome 1, Ed. Hermès, 1995 pp. 89-100,
Collection : Etudes en mécanique des matériaux et des structures.
[4] JOUENNE C.A. "Contribution à la prise des barbotines argileuses" (Bulletin S.F.C., n°45, Janvier - Février 1960).
[5] ASHBY M.F., JONES D.R.H., "Microstructure et mise en œuvre" Ed. Dunod, 1991.
pp. 149-194 T2.
[6] JOUENNE C.A." Traité de Céramiques et Matériaux Minéraux. Editions SEPTIMA, Paris
[7] COSTET J., "Cours pratique de mécanique des sols : Plasticité et calcul des tassements" ; troisième édition, Ed.
Dunod 1981-1983, Tome 1.
[8] JOMAA W."Séchage des matériaux fortement déformables : prise en compte de la
vitesse de retrait", Thèse N° 91 BOR 10607, 1991 de Bordeaux
[9] LAROZE S.,. BARRAU J-J., "Mécanique des structures solides élastiques, plaques et coques", Edition 1995, Tome
1 bis, Ecole Nationale Supérieure Aéronautique de l'Espace. Collection : Sup'Aéro.
[10] COUARRAZE G., GROSSIORD J. L., "Initiation à la Rhéologie", pp. 5-20, 51-91, Ed. Lavoisier-Tec & doc,
1991.
[11] BARTHELEMY B., "Notions pratiques de la mécanique de la rupture", Ed. Eyrolles, 1980.
[12] BIAREZ J. "Contribution à l'étude des propriétés mécaniques des matériaux pulvérulents", Thèse d'état soutenue à
Grenoble, 1962.
[13] DRUYANOV B.A., NEPERSHIN R.I., Problèmes of Technological Plasticity. Ed. ELSEVIER (38), 1994, PP.
357-389. Collection : Studies in applied Mécanics.
[14] PANTALEO A., Structure et rhéologie de dispersions concentrées de particules manométriques de TiO2.
Comparaison avec des sols de silice". Mémoire de DEA Chimie - Physiques, N°1708, UFC Besançon, 1994.
[15] LAROZE S., BARRAU J-J., "Mécanique des structures solides élastiques, plaques et coques", Edition 1995,
Tome 1 bis, Ecole Nationale Supérieure Aéronautique de l'Espace. Collection : Sup'Aéro .
[16] AOUADJA Z-F., "Comportement de mélanges eau-argile concentrés vis-à-vis du procédé d'extrusion. Thèse de
l'Institut National des Sciences Appliquées de Rennes, 1988.
[17] BARTHELEMY B., "Notions pratiques de la mécanique de la rupture", Ed. Eyrolles, 1980.
[18] COLLARD J-M., "Etude des transferts d'humidité et des déformations pendant le séchage d'une plaque d'argile",
Thèse de l'Université de Poitiers N° 259, 1989.
[19] COUARRAZE G., GROSSIORD J. L., "Init. à la Rhéologie". pp. 5-20, 51-91, Ed. Lavoisier-Tec & doc, 1991
[20] http://www.ansys.com/, ©2003 SAS IP, Inc. All Rights Reserved, 275 Technology, Drive, Canonsburg, PA 15317
Tableau 1 : Les 4 argiles et leurs notations

Variété d'argile Notation


Argile verte de Kouvé AVK
Argile verte de Togblékopé AVTK
Argile rouge Guérin-kouka ARGK
Argile blanche de Bandjéli ABB

Tableau 2 : Caractérisation des pâtes d'argile et observations visuelles sur les éprouvettes

Aspect de
Teneur en Consistance Aspect de
Variété d'argile l'éprouvette
eau (en %) de la pâte l'éprouvette humide
séchée
Argile verte de Kouvé pâteuse et lisse et humide peu de pores
18
(AVK) plastique fissures non visibles visibles
Argile verte de pâteuse très très humide, se porosité
18
Togblékopé (AVTK) plastique déforme au toucher ouverte
solide, présentant
Argile rouge Guérin- poudre mais pas de fissures ni
18 aspect extérieur très
kouka (ARGK) humide de pores
lisse
Argile blanche de pâteuse et peu bon aspect après
18 lisse et moins humide
Bandjéli (ABB) plastique séchage

Tableau 3 : Caractérisation des éprouvettes séchées

FORCES DE COMPACTAGE
5KN 20KN 35KN
Variété Contrainte Aspect Contrainte Aspect Contrainte Aspect
d'argiles max.(MPa) éprouvette max.(MPa) éprouvette max.(MPa) éprouvette
cassure cassure fracture
AVTK 4,37 6,06 6,35
totale moyenne prononcée
cassure cassure fracture
AVK 5,46 5,66 6,42
totale latérale prononcée
cassure cassure moins fracture par
ARGK 2,91 3,76 3,85
moyenne prononcée endroit
effritement
ABB 1,90 écrasement 2,06 effritement 2,72
partiel
35
ARGK_35kN
AVK_35kN
30
AVTK_35kN
ABB_35kN
25

Force (kN)
20

15

10

0
0, 0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0

Déplacement (mm)

Figure I : Courbe de compactage de pâtes des quatre variétés d'argiles


(avec une force F = 35 kN) .

35 35
AVTK_5kN
AVK_5kN
AVTK_20kN
30 30 AVK_20kN
AVTK_35kN
AVK_35kN
25 25
Force (kN)

Force (kN)

20 20

15 15

10 10

5 5

0 0
0, 0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 0, 0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0

Déplacement (mm) Déplacement (mm)

35 35
ABB_5kN
ARGK_5kN ABB_20kN
30 30
ARGK_20kN ABB_35kN
ARGK_35kN
25 25
Force (kN)

20
Force (kN)

20

15
15

10
10

5
5

0
0
0, 0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
0, 0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0
Déplacement (mm)
Déplacement (mm)
Figures II : Compactage des 4 variétés d'argiles
sous différentes forces : 5 kN, 20 kN et 35 kN
4,0 4,0

3,5 3,5

3,0 3,0
Contrainte (MPa)

Contrainte (MPa)
2,5 2,5

2,0 2,0

1,5 1,5

1,0 1,0
AVTK_5kN AVK_5kN
0,5 AVTK_20kN 0,5 AVK_20kN
AVTK_35kN AVK_35kN
0,0 0,0
0 ,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0 1,2 1 ,4 1,6 1,8 2,0 0, 00 0,25 0,50 0,75 1,00 1 ,25 1,50 1,7 5 2,00

Déformation (%) Déformation (%)

2,5 1,8

1,6

2,0 1,4
Contrainte (MPa)
Contrainte (MPa)

1,2
1,5
1,0

0,8
1,0
0,6

0,4 ABB_5kN
0,5 ARGK_5kN ABB_20kN
ARGK_20kN 0,2 ABB_35kN
ARGK_35kN
0,0 0,0
0, 00 0,25 0,50 0,75 1,00 1 ,25 1,50 1,7 5 2,00 0, 00 0,25 0,50 0,75 1,00 1 ,25 1,50 1,7 5 2,00

Déformation (%) Déformation (%)

Figures III : Courbes des tests de compression donnant les contraintes en fonction des
déformations pour les quatre variétés d'argiles et pour trois forces de compactage.

z z
σzz
Force appliquée
Plateau de
τrz
compression

σrr

σθθ τzr
R
Eprouvette
cylindrique

Figure IV : Plastomètre à plateaux parallèles et les contraintes sur un élément de cylindre


Figure V : Contraintes radiales Figure VI : Champ de déplacements